Latest / L'état d'esprit / Qu’est-ce qui rend encore une parole crédible ? L'analyse de Cyrille Arcamone, associé fondateur de l’agence MAARC.
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- 0:01Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit.
- 0:04A travers chaque rencontre avec mon invité,
- 0:07nous explorons le pouvoir de la parole.
- 0:09Une parole qui éclaire,
- 0:11qui engage et qui parfois répare.
- 0:15Comment parler vrai dans un monde où tout le monde communique,
- 0:18où chacun réagit immédiatement et où la confiance se gagne difficilement ?
- 0:23Dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit,
- 0:26je reçois Cyril Arcamone,
- 0:27fondateur et dirigeant de l'agence Marc,
- 0:30spécialisé dans la communication stratégique de dirigeants,
- 0:34communication de crise et communication sensible.
- 0:38Bonjour Cyril.
- 0:39Bonjour Olivier.
- 0:40Première question toute simple,
- 0:41qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler dans la communication ?
- 0:46Alors je pense que c'est plus la communication qui est venue à moi que moi qui suis venu à la com.
- 0:51Je me souviens quand j'étais étudiant,
- 0:52je fais des études de sciences politiques à Bordeaux,
- 0:55et puis ensuite je suis parti en Angleterre,
- 0:57à Paris.
- 0:57Et un jour,
- 0:58je me suis dit « Bon,
- 0:58il faut quand même que toutes ces études fantastiques que je fais servent à quelque chose » .
- 1:03Et il y avait plusieurs carrières.
- 1:04Il y avait les ressources humaines,
- 1:06il y avait la communication,
- 1:07il y avait la stratégie.
- 1:08Voilà,
- 1:08on réfléchissait à tout ça.
- 1:10Et la vérité,
- 1:11c'est que je me suis dit un jour,
- 1:12les gens de communication ont l'air plus cool que les autres.
- 1:15C'était donc un calcul à 19 ans tout à fait absurde.
- 1:20Et en fait,
- 1:20c'est une réalité.
- 1:20C'est que je trouve les gens de communication assez cool et que c'est surtout un métier qui est un métier passionnant et dans lequel je suis très heureux depuis trentaine d'années maintenant.
- 1:30Et ce choix,
- 1:31est-ce qu'il y a eu un déclic ?
- 1:33personne qui vous a donné envie de faire ce métier-là ?
- 1:37Je n'ai pas vraiment de mentor ou une personne en particulier.
- 1:41J'ai eu la chance en revanche dès mes premiers stages et mes premiers jobs d'avoir des gens qui m'ont accordé beaucoup de confiance.
- 1:50J'ai eu des patrons qui m'ont laissé beaucoup plus de responsabilités que ce qui était dans la fiche de poste ou dans ce que j'imaginais être capable de faire.
- 1:59Et c'est ça que je leur dois beaucoup,
- 2:00c'est d'avoir été très vite mis en situation,
- 2:03sur des dossiers passionnants,
- 2:05sur des dossiers avec des enjeux importants,
- 2:07de pouvoir travailler avec des gens qui me faisaient confiance.
- 2:10Mon premier vrai job a été dans un métier qui était un métier à l'époque assez particulier,
- 2:15c'était la distribution des journaux.
- 2:17Je travaillais dans la presse et au NMPP,
- 2:19une messagerie de presse,
- 2:20qui avait une petite particularité,
- 2:22c'était d'abord de travailler toutes les nuits pour que les journaux arrivent partout en France.
- 2:26Donc il y avait beaucoup d'intempéries,
- 2:27beaucoup de difficultés mécaniques.
- 2:29Une deuxième particularité,
- 2:30c'était le syndicat du livre,
- 2:32qui était un syndicat,
- 2:34une partie de la CGT,
- 2:35qui était assez puissante.
- 2:37Et donc l'une de mes grandes activités consistait quand même à expliquer aux journalistes pourquoi les journaux dans lesquels ils avaient écrit des articles ne seraient pas distribués le lendemain.
- 2:45Et donc j'ai découvert cet univers un petit peu de la communication sensible,
- 2:48de la com'
- 2:48de crise,
- 2:50dont j'ai fait profession par la suite pendant 30 ans.
- 2:53et que je continue à exercer aujourd'hui dans une entreprise que j'ai créée,
- 2:56une agence que j'ai créée,
- 2:57qui est très largement dédiée à ces sujets de comsensibles,
- 3:00de coms de crise,
- 3:01pas seulement sur des sujets de météo qui empêchent la distribution des journaux ou de conflits sociaux,
- 3:09mais sur toutes les sortes de crises que les organisations sont appelées à rencontrer au fil de leur parcours.
- 3:14À quel moment vous avez décidé de créer justement l'agence Marc ?
- 3:19C'est vraiment un moment où j'ai eu la chance de travailler dans des agences,
- 3:22dans des grandes agences américaines,
- 3:25installées à Paris mais d'origine américaine,
- 3:27et je fais partie de ces métiers de la communication de crise qui ont été un peu inventés par les américains,
- 3:32pour les compagnies aériennes,
- 3:34pour les compagnies pétrolières,
- 3:35pour l'énergie,
- 3:36tous ces domaines dans lesquels quand il y avait un accident c'était...
- 3:39des accidents extrêmement graves et qui appelaient une organisation de la communication.
- 3:43On l'imagine quand une usine explose,
- 3:45quand un avion se crache.
- 3:47Il y a une organisation derrière de communication qui se met en place.
- 3:49Donc il y avait beaucoup de méthodologie et c'est ce que j'ai beaucoup appris dans ces agences.
- 3:54La rigueur des procédures,
- 3:55des organisations,
- 3:56de la préparation des hommes et des femmes,
- 3:58parce qu'évidemment aller rencontrer des journalistes quand on doit annoncer un drame,
- 4:02une explosion,
- 4:03c'est difficile,
- 4:04et les hommes et les femmes qui le font ont largement travaillé pour le faire.
- 4:08Donc voilà,
- 4:08j'ai fait ça pendant une quinzaine d'années dans ces agences anglo-saxonnes,
- 4:12et puis un jour je me suis rendu compte que...
- 4:15Ces modèles d'organisation n'étaient pas très souples,
- 4:18c'était des grands groupes de communication,
- 4:19c'était des boîtes un peu rigides,
- 4:21et que moi je pensais qu'il fallait dans ces métiers où on demande beaucoup d'agilité,
- 4:25beaucoup de disponibilité aux consultants.
- 4:28et aux équipes,
- 4:29il fallait aussi savoir être réactif,
- 4:32ce que ces organisations savaient moins faire.
- 4:33Donc je me suis dit,
- 4:34puisque tu es si malin,
- 4:35va donc créer ton agence.
- 4:38Et voilà,
- 4:38ça fait une quinzaine d'années.
- 4:39Et c'est parti de ce sentiment de se dire que l'organisation doit parfois accepter une souplesse,
- 4:45une capacité à répondre aux attentes des équipes et des gens,
- 4:48et que toutes les organisations ne sont pas capables.
- 4:51Et que quand on constate qu'on n'est pas dans l'organisation la plus adéquate,
- 4:54l'une des options,
- 4:55c'est d'aller se frotter à l'exercice de l'entreprenariat.
- 4:58Et comment on se différencie ?
- 5:00Comment on porte une vision un petit peu différente de la communication quand on crée comme ça sa propre agence ?
- 5:07Alors il y a plusieurs volets là-dedans.
- 5:09Le premier je pense que c'est vraiment d'avoir des convictions,
- 5:11c'est-à-dire qu'on imagine que la communication ça consiste en gros à dire bon on a des choses à raconter et puis il y a des gars là qui vont vous expliquer comment vous allez raconter cette histoire.
- 5:21En vérité,
- 5:22les histoires,
- 5:22on peut les raconter de mille manières différentes.
- 5:25Les histoires des organisations,
- 5:27des entreprises,
- 5:28on peut décider d'être très ouvert,
- 5:30d'être très pédagogue...
- 5:32Plus ou moins transparent.
- 5:34Mais il faut avoir des convictions.
- 5:35C'est-à-dire que dans un monde où on est abreuvé d'informations,
- 5:38de fake news parfois,
- 5:39de recours aux IA,
- 5:41on a le sentiment d'être face à des montagnes d'informations.
- 5:45On est une organisation,
- 5:46on a un petit espace pour s'exprimer.
- 5:48Soit on se dit qu'on va raconter à peu près la même chose que tous les autres.
- 5:51Et nous,
- 5:51notre conviction,
- 5:52c'est que si vous racontez à peu près la même chose que tous les autres,
- 5:53personne ne va vous entendre.
- 5:55Mais vous aurez le plaisir au moins d'avoir raconté à peu près ce que raconte tout le monde.
- 5:58Ou bien on va se dire qu'on va aller sur des terrains où on est un peu moins attendus,
- 6:01on a des choses
- 6:02plus spécifiques à dire,
- 6:03parce qu'on est des entreprises spécifiques,
- 6:05parce qu'on représente des collectifs différents.
- 6:07Moi,
- 6:08ce qui m'intéresse,
- 6:08c'est ça.
- 6:09C'est de se dire quand est-ce qu'une entreprise dit des choses qui ne sont pas ce que racontent tous les autres,
- 6:14même si ça fait débat,
- 6:16même si ce n'est pas si évident à expliquer.
- 6:18Beaucoup de gens prennent la parole,
- 6:20mais est-ce que les entreprises sont finalement écoutées ?
- 6:22Et qu'est-ce qui fait qu'on va écouter une entreprise et pas forcément une autre ?
- 6:26La question est-ce que les entreprises sont écoutées ?
- 6:29Est-ce que les chefs d'entreprise sont écoutés ?
- 6:31C'est déjà une première étape,
- 6:32c'est-à-dire qu'il y a,
- 6:33oui,
- 6:33aujourd'hui,
- 6:34et beaucoup d'études le montrent sur les attentes,
- 6:37la confiance des Français,
- 6:38les personnalités dans lesquelles ils ont confiance,
- 6:41les chefs d'entreprise,
- 6:42ceux qui représentent des organisations,
- 6:45sont plutôt des gens qui ont plus de crédit que d'autres leaders d'opinion,
- 6:49les politiques,
- 6:50les journalistes.
- 6:51Donc oui,
- 6:51il y a une attente de se dire,
- 6:53on est quand même tous...
- 6:55La plupart d'entre nous,
- 6:57dans des organisations,
- 6:58on travaille,
- 6:58on a des patrons,
- 6:59ils ont des visions,
- 7:00on fait des choses.
- 7:01On fait des choses chacun dans sa boîte,
- 7:03dans son entreprise,
- 7:04dans son organisation.
- 7:05Et on a un peu envie de l'entendre,
- 7:07de se dire le bashing des chefs d'entreprise,
- 7:10de l'économie,
- 7:12du travail en général,
- 7:14ça atteint ses limites.
- 7:15C'est un peu plus compliqué que ça la réalité.
- 7:17Ça c'est le premier aspect.
- 7:18Le deuxième aspect c'est est-ce que les entreprises sont écoutées au sens,
- 7:21est-ce qu'on est...
- 7:23Plus critique vis-à-vis de la pub,
- 7:24vis-à-vis de discours où en fait on achète de l'espace et on raconte ce qu'on veut,
- 7:28oui il y a plus de critique et c'est pour ça que nous notre conviction parmi d'autres c'est de dire,
- 7:32c'est aux chefs d'entreprise,
- 7:33aux dirigeants,
- 7:34aux salariés,
- 7:35de faire comprendre ce qu'ils font,
- 7:36parce qu'une page de pub ça ne va pas suffire à expliquer les valeurs qu'il y a derrière des produits,
- 7:42les engagements qui sont pris par les entreprises,
- 7:45les progrès qui sont accomplis.
- 7:48Oui,
- 7:48bien sûr,
- 7:48on consomme de l'énergie.
- 7:50Oui,
- 7:50bien sûr,
- 7:50les relations sociales sont parfois difficiles.
- 7:52Mais il y a une évolution,
- 7:53une tendance.
- 7:54Et ce récit-là,
- 7:56nous,
- 7:56notre conviction,
- 7:56c'est qu'il doit passer par des relations avec la presse,
- 7:59par du digital,
- 8:00par tout un tas d'autres canaux,
- 8:01mais qui sont des canaux de confrontation,
- 8:03de dialogue,
- 8:03de questionnement.
- 8:04Et c'est pas juste un espace où on raconte ce qu'on a envie de raconter en payant.
- 8:08Vous dites que vous défendez le parler vrai.
- 8:10Oui.
- 8:12C'est quoi,
- 8:12le parler vrai ?
- 8:14Alors,
- 8:15le parler vrai,
- 8:16c'est...
- 8:17d'accepter de répondre sur les terrains
- 8:21où on n'a pas nécessairement envie d'aller.
- 8:23On a toujours envie d'expliquer que les produits sont formidables,
- 8:26que la nouvelle version est encore mieux que la version d'avant,
- 8:29etc.
- 8:29Et on dit,
- 8:30très bien,
- 8:30on va essayer de raconter ça aux journalistes,
- 8:32mais on va peut-être vous poser quand même des questions sur le sourcing de vos produits,
- 8:35ça vient d'où,
- 8:36vous achetez des trucs,
- 8:38dans quel pays,
- 8:39comment vous payez vos fournisseurs.
- 8:40Soit on se dit,
- 8:40on parlerait là-dessus aussi,
- 8:42parce qu'on accepte de le faire,
- 8:44soit on se dit,
- 8:45on ne parle que du reste,
- 8:46mais nous on a la conviction que ça ne répond d'abord pas.
- 8:49aux vraies questions,
- 8:50et ensuite que ça ne permet encore une fois pas de se différencier et de dire,
- 8:53moi j'ai les produits les plus formidables j'ai les produits les moins chers,
- 8:55c'est bien,
- 8:56mais tout le monde le dit,
- 8:58la question c'est de dire,
- 8:58mais est-ce que en plus je fais un effort dans ma relation au fournisseur,
- 9:02dans ma relation au collaborateur,
- 9:04dans mes partenariats avec qui est-ce que je bosse,
- 9:06est-ce que j'écoute ce que me disent les ONG l'opinion publique,
- 9:10ou est-ce que je ne les écoute pas et ça ma conviction c'est que ça,
- 9:12ça fait une différence de plus qui fait qu'en effet on peut être plus écouté et plus entendu.
- 9:16Qu'est-ce qui fait qu'on croit ?
- 9:18quelqu'un quand il parle ?
- 9:21Je ne pense pas que ce soit la manière de dire qui va faire qu'on va croire quelqu'un systématiquement.
- 9:27Je pense qu'en tout cas,
- 9:28nous,
- 9:28dans ce qu'on prône auprès de nos clients,
- 9:30c'est de dire on va déjà commencer par dire la vérité.
- 9:32Alors on n'est pas obligé de dire toute la vérité,
- 9:34mais en tout cas,
- 9:34on va dire la vérité et pas mentir.
- 9:36Parce qu'on est dans une société où le fact-checking,
- 9:38ou le fait de déclarer quelque chose et que la réalité est avérée,
- 9:44disent le contraire,
- 9:45ça fait qu'en fait vous avez doublement perdu.
- 9:47Vous avez perdu le choix que vous aviez fait de raconter quelque chose,
- 9:51mais en plus vous prenez tellement d'effets en retour que l'effet est désastreux.
- 9:55Donc pas mentir,
- 9:58il y a des aspects techniques dans la prise de part.
- 10:00Et c'est vrai qu'on a parfois des gens qui sont assez maladroits,
- 10:03alors même qu'ils ont des choses à dire qui sont intéressantes,
- 10:05mais que le fait d'être face à des caméras,
- 10:07face à des contradicteurs,
- 10:09dans des situations un peu mises en scène de plateaux de télé ou des choses comme ça,
- 10:13font que oui la forme a une importance et nous on travaille là-dessus.
- 10:16Pour mettre les gens en confiance,
- 10:17en fait.
- 10:17Et souvent,
- 10:18on voit des porte-paroles qui sont assez maladroits par un manque de confiance,
- 10:22un manque de technique.
- 10:23Bon,
- 10:23après,
- 10:24il y a parfois des gens qui racontent n'importe quoi.
- 10:26Et là,
- 10:26c'est plus difficile.
- 10:27Et nous,
- 10:28notre choix,
- 10:28c'est de se dire,
- 10:29quand les gens racontent n'importe quoi,
- 10:30on essaie un peu de passer notre chemin.
- 10:31Ou en tout cas,
- 10:32de leur dire,
- 10:33vous n'allez pas pouvoir raconter n'importe quoi indéfiniment.
- 10:35Et c'est dommage de le faire.
- 10:38Donc voilà,
- 10:39il y a un mélange un peu de technique et de fond.
- 10:42Je pense qu'on est cru quand on apporte des faits,
- 10:44quand on parle de manière précise.
- 10:46et factuelles,
- 10:49dans un débat social qui est aujourd'hui fait de beaucoup d'amalgame,
- 10:51de beaucoup de construction.
- 10:54Et je pense que la communication,
- 10:56c'est à la fois une capacité à révéler,
- 10:59à faire voir le logos,
- 11:01je montre et je fais voir ce que je fais.
- 11:03Ce qui est difficile dans les organisations,
- 11:05c'est ouvrir les portes,
- 11:06c'est laisser venir des gens,
- 11:08des témoins,
- 11:08des journalistes,
- 11:10des influenceurs que sais-je,
- 11:11où je vais vous montrer ce que je fais,
- 11:13et c'est les faits qui parlent plus que moi.
- 11:15Et le...
- 11:15Et la deuxième chose,
- 11:16c'est de donner du sens.
- 11:17C'est qu'il y a parfois des choses compliquées à expliquer.
- 11:19La question des produits phytosanitaires est une question extrêmement compliquée.
- 11:23D'expliquer pourquoi on doit utiliser certains phytosanitaires,
- 11:27comment on les utilise,
- 11:28comment il y a des trajectoires de progrès qui sont faites,
- 11:31c'est des sujets compliqués et pour lesquels on ne peut pas juste simplifier et jeter l'anathème.
- 11:39Donc voilà,
- 11:39c'est un travail de fond et de forme.
- 11:41Vous accompagnez souvent des entreprises dans des situations de crise ou des situations sensibles.
- 11:47Dans ces moments-là,
- 11:49qu'est-ce qui fait le plus de dégâts ?
- 11:51Les mauvais mots ou le silence ?
- 11:53Le silence est la pierre des options jusqu'à l'option de dire n'importe quoi.
- 11:58C'est-à-dire que dire n'importe quoi et mal le dire peut avoir un effet désastreux.
- 12:05En règle générale,
- 12:06ce terre a aussi un effet désastreux.
- 12:08La réalité,
- 12:09c'est que quand on ne dit rien,
- 12:10on a des situations très pratiques qui sont qu'on a d'abord des collaborateurs dans les organisations.
- 12:14C'est-à-dire que tout à coup,
- 12:16votre organisation est en crise,
- 12:17les journalistes disent que vous faites mal quelque chose,
- 12:20que vos produits sont dangereux.
- 12:23Si vous ne dites rien,
- 12:24vous avez déjà un premier public qui sont les collaborateurs qui perdent confiance dans l'organisation dans laquelle ils travaillent.
- 12:28Et ça,
- 12:29c'est une perte énorme.
- 12:30Quand vous avez des salariés qui ne croient plus
- 12:32dans ce qui se passe.
- 12:33Et on peut avoir des tuiles dans les entreprises.
- 12:35On peut avoir des gens qui font des trucs qu'ils ne devaient pas faire.
- 12:38Mais si on ne dit pas « Ça,
- 12:40ce n'est pas l'habitude.
- 12:41Ça,
- 12:41ce n'est pas systémique chez nous.
- 12:43Nous,
- 12:43en fait,
- 12:43on a des politiques internes.
- 12:44Elles ont été enfreintes cette fois-ci.
- 12:46Elles n'ont pas été respectées.
- 12:47On en tirera les enseignements » ,
- 12:49ce qui n'est pas très grave à dire jusque-là,
- 12:51vous avez une perte de confiance des équipes,
- 12:52des collaborateurs.
- 12:54Vous avez assez vite,
- 12:54quand vous êtes sur des produits grand public,
- 12:56une perte de confiance dans la distribution.
- 12:58Et donc on n'est toujours pas sur l'opinion publique,
- 12:59sur des espèces de mesures d'opinion publique,
- 13:01c'est-à-dire très factuellement vous êtes dans un environnement dans lequel les gens ont plus confiance en vous,
- 13:05parce que vous êtes tu,
- 13:06parce qu'on a dit beaucoup de choses et que vous vous taisez,
- 13:07je parle même pas des autorités publiques qui à un moment ou à un autre vont prendre une décision de manière arbitraire,
- 13:13on va fermer cette usine,
- 13:13on sait pas ce qui s'y passe,
- 13:14mais comme ils disent rien,
- 13:15bon on a l'impression qu'ils contrôlent rien,
- 13:17donc l'usine on va faire un arrêté,
- 13:18préfectoral on va l'arrêter,
- 13:20quand une activité industrielle est arrêtée ça prend quelques minutes.
- 13:23pour la décision administrative.
- 13:25Pour la rouvrir,
- 13:26ça prend des semaines et des mois.
- 13:28Donc tout ce temps de silence laisse à tout le monde l'occasion de douter et de se dire « Finalement,
- 13:33cette entreprise ne contrôle en rien,
- 13:35on va tous décider pour elle » .
- 13:37Et c'est ça le danger.
- 13:38Après,
- 13:39évidemment,
- 13:39il y a des organisations qui,
- 13:40en plus,
- 13:40perdent la confiance des consommateurs parce qu'ils font des trucs qui ne sont pas acceptables et qu'ils n'expliquent pas.
- 13:45Vous accompagnez des entreprises,
- 13:47vous accompagnez aussi des dirigeants en situation de crise.
- 13:52Qu'est-ce que vous observez chez eux en termes d'émotions ?
- 13:55Est-ce qu'on découvre des personnalités dans ces situations-là ?
- 14:01Dans la communication de crise,
- 14:02on a une activité qui est de préparer les organisations et de faire de simulations de crise.
- 14:07Donc c'est des exercices à blanc.
- 14:09On enferme des gens,
- 14:10un comité de direction dans une pièce,
- 14:12et puis on leur fait vivre un mauvais moment,
- 14:14il y a une première dépêche qui tombe,
- 14:16ils ont des coups de fil,
- 14:18alors c'est nos collaborateurs,
- 14:19c'est évidemment pas la vraie vie,
- 14:20on les met sous pression,
- 14:21on leur explique qu'il se passe des drames.
- 14:22machin de trucs.
- 14:23Moi,
- 14:23j'ai quand même vécu des simulations de crise où on a séparé des gens.
- 14:29Des fonctions,
- 14:29le directeur commercial,
- 14:30le directeur juridique,
- 14:32le gars de l'industrie,
- 14:32le gars des RH,
- 14:33il valait mieux les mettre dans une pièce à côté et leur dire tout cela est fictif,
- 14:37on n'est pas obligé de ressortir dix ans d'acrimonie et de tension dans l'organisation.
- 14:42Mais enfin,
- 14:42on a quand même ces situations-là.
- 14:44Donc il y a un très grand sentiment d'injustice.
- 14:49Dans les organisations,
- 14:51On a beaucoup de mal à faire connaître ce qu'on fait quand tout va bien,
- 14:54mais en revanche il y a ce sentiment d'une vague qui déferle quand il se passe un truc qui prend des propos.
- 15:00...portion insensée.
- 15:01Les organisations,
- 15:02ils ont beaucoup de mal à voir des journalistes qui viennent à leur conf de presse,
- 15:04ils ont tout à coup des cars régis avec les antennes qui se déploient sur le parking parce qu'ils sont confrontés à une crise.
- 15:11Donc c'est un sentiment de perdre le contrôle,
- 15:15d'être observé comme par un microscope par le monde entier,
- 15:22et un petit sentiment d'injustice.
- 15:24Donc il y a beaucoup de volets de préparation.
- 15:26Vous allez voir quand ça va arriver,
- 15:27si ça arrive évidemment,
- 15:29c'est violent.
- 15:29et on va se préparer,
- 15:30d'où les simulations,
- 15:31d'où les trucs pour purger toutes ces difficultés qui font qu'on va pas bien réagir.
- 15:36On va mettre en place une organisation quand même pour absorber le choc.
- 15:40pour définir qui va répondre aux journalistes,
- 15:42comment on va s'organiser,
- 15:44qui va répondre aux consommateurs,
- 15:45comment on va faire en sorte que les services consos soient dimensionnés pour répondre tout à coup.
- 15:50Parce qu'on met un numéro vert,
- 15:51vous avez des centaines de milliers de gens qui appellent,
- 15:54et donc le truc explose,
- 15:55et donc le premier sentiment c'est de dire « ça ne répond pas » .
- 15:57Donc toutes ces petites choses pratiques vont faire qu'on va être plus réactif,
- 16:00plus organisé,
- 16:01le jour où ça advient.
- 16:03Et surtout,
- 16:03on va avoir été confrontés à des exercices un peu difficiles pour voir justement si on a un problème de gestion des émotions,
- 16:11parfois d'absence d'émotions,
- 16:12qui peut aussi parfois être une espèce de très grande distanciation.
- 16:18Tout ça n'est pas très grave et ce n'est pas de notre faute.
- 16:20Donc voilà,
- 16:20c'est de travailler tout ça.
- 16:22La plupart des dirigeants aujourd'hui quand même savent la valeur de la réputation de l'entreprise.
- 16:26Ils savent qu'ils en sont les garants.
- 16:27Ils savent qu'il faut le protéger,
- 16:29ce capital.
- 16:30Ils s'y préparent à travers des organisations.
- 16:34Et puis on a aussi des patrons qui sont des patrons maintenant de génération plus jeune qui acceptent cette idée de dire on ne fait pas tout bien en fait.
- 16:42Ce qui est important,
- 16:43c'est de diagnostiquer ce qu'on a fait de plus ou moins bien.
- 16:46Parfois aussi.
- 16:47pas si mal que ça,
- 16:49et de prendre des mesures correctrices et de le faire savoir.
- 16:52C'est quand même une évolution qui est en train de s'opérer.
- 16:54Parmi les évolutions,
- 16:55il y a également la montée en puissance de l'intelligence artificielle,
- 17:00la production de contenus qui peuvent être des faux contenus,
- 17:04mais extrêmement bien faits.
- 17:07Et comment on accompagne,
- 17:10comment on s'arme,
- 17:10entre guillemets,
- 17:12face à cette montée en puissance de tous ces contenus qui sont basés parfois sur des rumeurs ?
- 17:18On parle beaucoup d'ingérence en ce moment.
- 17:20Comment on fait ?
- 17:22On veille.
- 17:23La première chose,
- 17:24c'est qu'il faut être très attentif à ce qui se raconte sur les réseaux sociaux,
- 17:27à ce qui se raconte dans les médias,
- 17:29et malheureusement,
- 17:30y compris désormais dans des médias qui ont pignon sur rue.
- 17:33Moi,
- 17:33j'ai un exemple récent où on a eu sur le site de cette radio un article pour un de nos clients basé sur une dépêche AFP.
- 17:41Donc c'est vraiment un site d'une radio qui a pignon sur rue,
- 17:45qui est signé avec l'AFP.
- 17:49Et pourtant,
- 17:50l'information a été...
- 17:51Ce contenu a été fait par une IA qui a effectivement pris une dépêche AFP,
- 17:55qui est allée chercher on ne sait quoi sur des LMN et qui sort un truc qui est faux.
- 18:04Et vous avez la caution de l'AFP,
- 18:05la caution d'un média,
- 18:06et vous avez un truc qui est pourtant faux.
- 18:08Bah il faut le détecter,
- 18:10donc c'est pour ça qu'on a des outils de veille et qu'on détecte tout.
- 18:13Faut prendre son téléphone,
- 18:15faut appeler la rédaction de cette radio,
- 18:16leur dire les gars on veut savoir qui a écrit ça.
- 18:19Les gars nous disent bah en vrai c'est une IA qui a écrit ça.
- 18:22Ils ont un peu peuneau quand même,
- 18:24un peu contrit,
- 18:24mais la presse a les difficultés qu'elle a et voilà.
- 18:29Et il faut le faire corriger,
- 18:30quoi.
- 18:30Donc ça demande beaucoup de vigilance,
- 18:32beaucoup d'intervention humaine.
- 18:34C'est-à-dire que face à ces intelligences artificielles,
- 18:36il faut un peu d'intelligence humaine pour détecter et se dire,
- 18:40on va faire corriger parce qu'on ne peut pas laisser ça.
- 18:41Parce que ça reste.
- 18:42Et plus globalement pour vous,
- 18:44l'IA,
- 18:44c'est une chance ou un risque ?
- 18:47C'est un peu des deux aujourd'hui.
- 18:48Je pense que tout le monde tâtonne.
- 18:49Il y a des tâches,
- 18:50effectivement,
- 18:51des tâches assez chronophages qui sont...
- 18:53On peut être assez facilement remplacé par des IA,
- 18:56sous réserve quand même qu'on vérifie ce qui en sort.
- 18:59Notre métier de communication,
- 19:00ce n'est pas juste de révéler les stratégies,
- 19:02c'est aussi de participer de leurs réflexions et de leurs organisations.
- 19:08Et ça,
- 19:09pour l'instant,
- 19:10je ne pense pas que les IA nous menacent encore beaucoup.
- 19:13Et au-delà de l'intelligence artificielle,
- 19:15justement,
- 19:15cette rapidité de l'information et cette rapidité de réaction,
- 19:21Comment on essaie de la gérer finalement,
- 19:24entre la rapidité et la compréhension de ce qui est en train de se passer ?
- 19:29On s'organise un peu pour aller un peu plus vite quand même,
- 19:31parce qu'on a quand même cette pression de se dire ce qu'on avait l'habitude de produire en 15 jours.
- 19:37il faut que nos organisations soient capables d'être plus rapides on va être attentif et on va veiller en parallèle parce que pendant le temps où nous on réfléchit à ce qu'on va répondre sur une crise,
- 19:47sur un sujet on va être en veille de ce qui se raconte parce qu'il se peut qu'il y en ait d'autres qui parlent avant nous donc l'aspect de la veille et d'être attentif à tout ce qui se dit est d'autant plus important on n'est plus dans une espèce de cadre isolé où on
- 20:00On attend d'avoir produit les messages de communication et d'envoyer un communiqué de presse et de répondre aux journalistes.
- 20:06On n'est plus dans cette dynamique-là.
- 20:08Il faut réagir beaucoup plus vite.
- 20:09Il faut parfois être capable d'avoir des messages d'attente avant de dire les choses,
- 20:12mais de se dire qu'on va quand même avoir un message d'attente,
- 20:15on va dire quelque chose avant même de...
- 20:17Donc voilà,
- 20:18on s'organise différemment pour être plus réactif,
- 20:20pour répondre plus vite,
- 20:21pour corriger plus vite les informations.
- 20:24Après,
- 20:24c'est aussi de trouver des sasses de réflexion et de se dire,
- 20:27oui,
- 20:27mais on doit quand même accepter qu'il faut du temps et que,
- 20:32oui,
- 20:32il peut y avoir des flots de trucs sur les réseaux sociaux.
- 20:36C'est la mesure.
- 20:37C'est de se dire,
- 20:38est-ce que ce qui est sur les réseaux sociaux circule très vite et ça s'accélère ?
- 20:42Ça,
- 20:42on peut le mesurer.
- 20:43Vous avez une fake news sur les réseaux sociaux.
- 20:45On sait très vite à quel rythme ça accélère.
- 20:48On sait aussi par qui c'est partagé.
- 20:50Donc on sait si c'est des robots qui se parlent entre eux,
- 20:52bon...
- 20:53Des bots qui se parlent entre eux,
- 20:54ce n'est pas très grave tant que ça en est là.
- 20:57Si c'est des informations complotistes qui ne sont partagées que par des complotistes,
- 21:00on sait le voir.
- 21:01Et bon,
- 21:03ça ne va pas nous pousser à changer grand-chose parce qu'en vrai,
- 21:05on n'arrive pas trop à les convaincre.
- 21:07C'est à partir du moment où on voit que les fake news commencent à se propager dans des sphères inhabituelles avec une accélération auprès de gens dont,
- 21:14a priori,
- 21:14on se dit que ceux-là ne sont pas particulièrement la cible de ce type de message.
- 21:18Et pourtant,
- 21:19il les relaie quand on se dit « là,
- 21:20oui,
- 21:20il faut agir » .
- 21:21Donc on sait aussi observer le temps qu'il nous est laissé avant que d'être amené à corriger ou d'intervenir d'une manière ou d'une autre,
- 21:28mais il faut faire vite.
- 21:29Tout ce qu'on se dit là depuis le début paraît être vraiment du bon sens.
- 21:35Comment se fait-il alors qu'il y a...
- 21:38à peu près tous les jours,
- 21:41des bourdes de communication,
- 21:42des erreurs de communication,
- 21:46qu'est-ce qui fait qu'une communication finalement ne marche pas bien ou ne marche pas du tout ?
- 21:52Alors il peut y avoir beaucoup de raisons.
- 21:57Il y a plusieurs aspects.
- 22:00Il y a d'abord des communications dont on se dit mais comment ils peuvent raconter cette chose-là,
- 22:05des pubs qui sont maladroites,
- 22:06des affirmations.
- 22:09Les faits vont démontrer que ce n'est pas vrai ce que vous racontez.
- 22:12Ça,
- 22:13c'est encore un univers dans lequel on a des organisations où on se dit bon,
- 22:17ce n'est pas très grave,
- 22:18le truc a l'air chouette.
- 22:19Donc,
- 22:20on prétend,
- 22:21on donne des dimensions scientifiques à des trucs qui n'ont aucune valeur scientifique.
- 22:25Mais on a trouvé une obscure étude quelque part qui démontre que mon café va vous permettre de gagner 10 ans de vie.
- 22:31Bon,
- 22:31il y a une étude sommaire dont on se dit,
- 22:33tiens,
- 22:33ça raconte un truc.
- 22:34Et il y a des gens de marketing qui disent,
- 22:36ça,
- 22:36ça va nous aider à vendre.
- 22:37Bon,
- 22:38là,
- 22:38on se dit quand même,
- 22:39il y a peu d'esprit critique dans l'organisation pour dire,
- 22:43hé les gars,
- 22:43on ne va pas raconter n'importe quoi.
- 22:45Il y a parfois une espèce de distance au monde réel.
- 22:47C'est-à-dire de se dire,
- 22:48les gens quand même vivent des situations où parfois il y a des messages qui sont difficilement audibles.
- 22:56Et donc c'est là que les agences de communication ou le monde extérieur a cette importance de dire,
- 23:00vous êtes vraiment sûr de ce que vous racontez,
- 23:02parce que voilà comment ça va être perçu.
- 23:05Et après,
- 23:07il y a des maladresses,
- 23:07alors c'est plus en communication de crise,
- 23:11C'est de lutter contre l'ultra...
- 23:15juridisation de tout.
- 23:18Oui,
- 23:18effectivement,
- 23:19si on craint tout juridiquement,
- 23:20on ne dit rien,
- 23:21mais l'effet de ce que l'on redoute dans 10 ans,
- 23:23en fait,
- 23:24on l'a dans les 10 minutes.
- 23:25À force de ne rien dire,
- 23:26on perd tout,
- 23:27et on n'aura même pas un juge qui nous reposera sur ce qu'on a dit dans 10 ans,
- 23:29parce que la boîte aura été mise à genoux.
- 23:32Donc voilà,
- 23:32c'est un arbitrage entre des risques et des situations dont aucune n'est optimale en situation de crise,
- 23:37mais de se dire quand même,
- 23:38si je vais au contact,
- 23:39si j'explique ce que je fais,
- 23:41si je ne raconte pas de carabistouilles,
- 23:43mais que je documente ce que je fais.
- 23:45Alors moi,
- 23:45ma conviction,
- 23:46c'est que oui,
- 23:47on commettra moins d'erreurs.
- 23:48Elle n'est pas toujours partagée.
- 23:50Et justement,
- 23:50est-ce qu'il y a eu des fois où vous vous êtes dit,
- 23:53ce qu'on me demande de faire,
- 23:56je sais que je vais au casse-pipe,
- 23:59je ne prends pas ?
- 24:00Vous avez une entreprise ou une organisation qui est confrontée à une situation de crise.
- 24:04Ils ne vont pas appeler 12 agences parce qu'en fait,
- 24:07on n'a pas envie de raconter ses problèmes.
- 24:09On va en appeler une ou deux.
- 24:11On se découvre,
- 24:12on dit voilà,
- 24:12on a tel problème,
- 24:13machin.
- 24:14Moi,
- 24:14je vais poser des questions,
- 24:15je vais demander « Racontez-moi,
- 24:17pourquoi est-ce que... »
- 24:17Et je sens assez vite dans mes questions s'il y a une gêne,
- 24:21une frilorité,
- 24:21et si on commence à me raconter n'importe quoi.
- 24:23Donc je continue de poser des questions.
- 24:25« Est-ce que ça pourrait être vrai ? »
- 24:27J'entends que ce n'est pas vrai,
- 24:28mais est-ce que cette chose aurait pu quand même arriver malgré tout ?
- 24:31Et donc là,
- 24:32je sens assez vite qu'on ne va pas me donner les informations qui vont me permettre de réfléchir et de communiquer.
- 24:37Mais je n'ai même pas le temps de refuser le dossier,
- 24:39parce qu'en vérité,
- 24:40les questions que j'ai posées font que la personne...
- 24:42ne me rappellent pas.
- 24:44Et de se dire on n'a pas envie de travailler avec des gens qui vont nous poser des vraies questions,
- 24:47alors même que mon job à moi,
- 24:48c'est quand même de poser les questions que vont poser les consommateurs,
- 24:51les journalistes,
- 24:52les blogueurs,
- 24:53que sais-je.
- 24:54Et ça s'arrête assez vite en fait.
- 24:56Qu'auriez-vous envie de dire aux jeunes Cyril,
- 24:5920 ans ?
- 25:00qui veut démarrer des études de communication à l'heure actuelle avec tout ce qu'on vient de se dire.
- 25:05Je lui conseillerais vraiment de profiter de ces études.
- 25:07On est dans un métier qui est à la fois un métier assez technique,
- 25:09il y a des éléments techniques,
- 25:10mais qui est surtout un métier de questionnement,
- 25:12qui est surtout un métier de compréhension,
- 25:14d'empathie.
- 25:15pratiques,
- 25:15de culture,
- 25:16donc de voir le monde,
- 25:17de voyager,
- 25:19d'aller dans des musées,
- 25:20de voir des films,
- 25:21de lire des livres,
- 25:22parce qu'un jour,
- 25:23tout ce capital de curiosité,
- 25:25en fait,
- 25:27trouve une expression dans un métier qui est celui de la communication,
- 25:29qui est un métier.
- 25:29métier de curiosité,
- 25:31qui est un métier de mots,
- 25:33où chaque mot est pesé,
- 25:34sous-pesé,
- 25:36et où on a ce plaisir,
- 25:37en effet,
- 25:38de travailler à de la compréhension.
- 25:40Et oui,
- 25:40moi,
- 25:40je suis très fier et très heureux de faire ce métier,
- 25:42parce que dans un océan d'amalgame,
- 25:46de polarisation,
- 25:48de fausses informations,
- 25:50dont malheureusement ma conviction n'est pas amenée à s'arranger dans les prochaines années immédiatement,
- 25:56notre métier de...
- 25:58Voilà.
- 25:59de porter la parole,
- 26:00d'être exigeant dans ce qu'on raconte,
- 26:02et un chouette métier,
- 26:03un métier d'avenir.
- 26:04Donc oui,
- 26:05jeune Cyril fait ce métier.
- 26:07Au-delà de toutes les paroles dont on vient de se parler,
- 26:09au-delà de la technique,
- 26:10est-ce qu'il y a une prise de parole qui vous a marqué ?
- 26:15Pour des raisons différentes,
- 26:16je pense assez spontanément à la prise de parole de la Fondation Abbé Pierre,
- 26:21qui a été assez volontariste,
- 26:23assez documentée,
- 26:24assez
- 26:27Honnête,
- 26:27franchir le cap sur une icône comme ça,
- 26:30j'ai trouvé qu'il y avait là une communication qui avait sans doute été très bien travaillée,
- 26:35préparée.
- 26:36Moi,
- 26:36c'est souvent les exemples de prise de parole de gens qui actent le fait qu'ils ont...
- 26:42passer des choses.
- 26:43Et que ces choses,
- 26:46on ne va pas les nier,
- 26:47on va essayer de les corriger,
- 26:49et on va travailler pour que ça ne devienne plus.
- 26:52C'est ce type de discours qui est assez rare,
- 26:54en fait,
- 26:55de gens qui actent.
- 26:58qui disent ce qui s'est passé,
- 26:59ni plus ni moins,
- 27:01avec ce qu'ils en savent,
- 27:02et qui expliquent surtout ce qu'on va faire après.
- 27:06Ce podcast s'appelle L'État d'Esprit.
- 27:08Qu'est-ce qui vous anime au quotidien ?
- 27:11Les gens avec qui je travaille.
- 27:12Foncièrement,
- 27:13mon état d'esprit,
- 27:14mon humeur,
- 27:15est largement déterminée par les gens avec qui...
- 27:18Alors que ce sont mes clients,
- 27:19que ce soit l'équipe avec laquelle je travaille.
- 27:21Un peu un tempérament d'éponge.
- 27:23Les sujets intéressants m'animent.
- 27:25C'est ça qui me fait...
- 27:27m'animer dans mon travail.
- 27:28Merci beaucoup Cyril pour cet échange.
- 27:29Merci Olivier.
- 27:31Merci d'avoir écouté l'État d'Esprit.
- 27:32Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui éclaire,
- 27:37qui engage ou qui répare.
- 27:39En attendant,
- 27:40réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'État d'Esprit.