Latest / Archives / Il a tué pendant 17 ANS sans être soupçonné (Affaire Jacques Rançon)
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- 0:00Bonjour à tous, avant de commencer la vidéo, j'aimerais
- 0:02juste prendre le temps pour une fois de vous inviter à vous
- 0:04abonner à ma chaîne Youtube ou encore sur les plateformes de
- 0:07podcasts pour ceux qui nous écoutent là-bas je le fais
- 0:09rarement ou alors en général c'est en fin de vidéo et
- 0:12forcément tout le monde ne va pas jusqu'à la fin des vidéos.
- 0:14Si vous appréciez notre travail et que vous voulez pas louper
- 0:17certaines vidéos, Eh Ben n'hésitez pas à le faire.
- 0:19Ça nous aide énormément et c'est gratuit pour ceux qui sont pas
- 0:22forcément au courant. Et je profite de cet aparté pour
- 0:25vous remercier de manière générale pour vos retours sous
- 0:28toutes les vidéos. Vraiment, c'est formidable.
- 0:30On est trop content de faire de notre mieux pour vous donner les
- 0:33meilleures vidéos possibles et de voir vos retours derrière.
- 0:35Franchement, ça nous motive énormément, donc merci pour ça.
- 0:42Marie Hélène, enlevée à notre affection à l'âge de 22 ans dans
- 0:46les cimetières, les inscriptions se ressemblent.
- 0:48Quelques mots dorés gravés dans la Pierre, quelques mots qui
- 0:52tentent de résumer une vie entière derrière chacune
- 0:55d'elles. Il y a une histoire, une
- 0:59famille, des souvenirs, mais parfois certaines épitaphes ne
- 1:02racontent pas seulement une perte.
- 1:04Elles sont la. Trace d'une énigme une énigme
- 1:07qui, pendant plus de 20 ans, est restée sans réponse et qui n'a
- 1:11toujours pas dévoilé tous ses secrets.
- 1:14Parce que Marie Hélène a été sauvagement assassinée puis
- 1:17abandonnée dans un amas de déchets atrocement mutilé.
- 1:21Lorsque les enquêteurs la découvrent, elle n'a plus de
- 1:23tête ni main et ses organes sexuels ont été emportés.
- 1:27La scène est telle qu'aucun de ceux qui l'ont vu n'ont jamais
- 1:30pu l'oublier. Jamais.
- 1:32Et dans les rangs de la police, une certitude s'impose, il a
- 1:35recommencé. Parce que non.
- 1:37Marie Hélène n'était pas la seule.
- 1:39Entre le milieu des années 90 et le début des années 2000,
- 1:42plusieurs jeunes femmes disparaissent dans le secteur de
- 1:44la gare de Perpignan. À chaque.
- 1:47Fois. Sans témoin, sans lutte
- 1:49apparente et sans laisser aucune trace derrière elles.
- 1:53Comme si elles s'étaient volatilisées toutes.
- 1:55Se ressemblent. Elles sont jeunes, brunes,
- 1:58typées méditerranéennes, jolies. Elles s'appelaient Tatiana,
- 2:03Mokhtaria, Marie, Hélène et Fatima. 4 vies interrompues, 4
- 2:08trajectoires stoppenet à Perpignan, on les appelle
- 2:10désormais les disparus de la gare.
- 2:13Très vite, une idée s'impose, celle d'un prédateur, quelqu'un
- 2:17qui observe, qui choisit, qui attend.
- 2:20Dans la presse. Certains évoquent un tueur
- 2:22méthodique, insaisissable, un Jack l'Éventreur moderne opérant
- 2:26loin des ruelles sombres du Londres d'époque, mais selon une
- 2:29logique tout aussi. Incompréhensible.
- 2:32Et puis il y a cette gare, ce lieu qui peu à peu devient
- 2:37synonyme d'angoisse. Des décennies plus tôt, le
- 2:39célèbre peintre Salvador Dali affirmait que la gare de
- 2:42Perpignan était le centre cosmique de l'univers, une sorte
- 2:46de point de convergence. Un endroit où.
- 2:48Selon lui, les forces invisibles se rencontrent au fond.
- 2:52Pour les familles, il n'avait pas tort, cette gare est devenue
- 2:55un véritable trou noir, un lieu qui aspire les vies sans bruit,
- 2:59sans lutte et sans jamais rien rendre, un vide où la vérité
- 3:03finit par se perdre. Mais le lien avec Dali dépasse
- 3:06la simple philosophie, sa déclaration longtemps perçue
- 3:09comme une excentricité d'artistes.
- 3:11Revêtent à la lumière de cette affaire un tout autre sens,
- 3:14parce que derrière la légende, il y a des coïncidences qui
- 3:17glacent le sang, des similitudes troublantes entre certains
- 3:20tableaux du peintre et les scènes de crime.
- 3:23Alors, simple coïncidence ? Ou élément clé d'une énigme bien
- 3:27plus vaste ? Pendant des années, la justice a
- 3:30chassé un fantôme. Pendant des années, les
- 3:33enquêteurs vont suivre des pistes sans jamais parvenir à
- 3:35démêler les fils, sans jamais trouver la vérité.
- 3:39Face à eux, ils en sont sûrs, ils ont plus fort qu'eux.
- 3:42Il n'y a pas d'autres explications.
- 3:44Leur homme est méthodique, intelligent, malin, capable de
- 3:48tromper son monde et surtout. Il est joueur.
- 3:52Un maître dans l'art du crime, digne des plus grands criminels
- 3:55de thriller. Cette certitude, elle va devenir
- 3:58le moteur de l'enquête, mais aussi son plus grand angle mort.
- 4:01À force de chercher un génie du mal, les enquêteurs ont fini par
- 4:04oublier de regarder ce qu'ils avaient sous les yeux.
- 4:07Et si l'ombre qu'ils traquaient n'était pas celle d'un maître du
- 4:10crime, mais celle d'un homme tellement banal qu'il en était
- 4:14devenu invisible ? Il y a des affaires qui ne
- 4:16laissent pas indemnes des affaires qu'on ne peut pas
- 4:19laisser derrière soi. Et celles que je vais vous
- 4:21raconter aujourd'hui en est une. On est le 21 décembre 1997.
- 5:01Ce dimanche matin de vacances scolaires, le calme est revenu
- 5:04sur Perpignan. Dans la nuit, une tempête d'une
- 5:07rare violence a frappé la région.
- 5:10Le vent est désormais tombé, la pluie s'est enfin arrêtée et
- 5:13Perpignan se réveille doucement dans les rues.
- 5:15Les décorations de Noël sont toujours là, l'air est paisible,
- 5:18presque chaleureux et dans 4 jours, les enfants ouvriront
- 5:22leurs cadeaux et les parents digéreront les excès du
- 5:24réveillon. Rien ne laisse encore imaginer
- 5:27que quelques heures plus tôt, pendant que la ville dormait.
- 5:30Un drame s'est joué dans l'indifférence la plus totale.
- 5:33Sur l'avenue Nungesser Ecoli, une habitante regarde dehors,
- 5:37presque machinalement. Un simple geste qui va démarrer
- 5:41l'une des plus grandes épopées judiciaires françaises.
- 5:44En face de son immeuble, un terrain en friche, un espace
- 5:47vide, sans vie, qu'elle a l'habitude de voir sans vraiment
- 5:50y prêter attention. Depuis sa fenêtre, rien ne s'y
- 5:54passe jamais. Mais cette fois-ci, elle
- 5:56s'arrête net, quelque chose cloche.
- 5:59Plus exactement une forme qu'elle n'avait jamais remarqué.
- 6:02Elle croit d'abord à une. Erreur, hein ?
- 6:04Une simple. Hallucination mais le doute
- 6:06persiste. En descendant sur place, il
- 6:08disparaît devant elle le corps d'une jeune femme.
- 6:12Elle est nue, immobile, sans vie.
- 6:14Quelques heures plus tard, les premiers policiers arrivent,
- 6:17puis d'autres. Et encore.
- 6:18D'autres, ils sont partout à l'affût du moindre indice.
- 6:22Le terrain vague est devenu une scène de crime et le calme du
- 6:25quartier disparaît pour longtemps.
- 6:31La victime est quant à elle scrutée et les constatations ne
- 6:34tardent pas à venir. Elle a les cheveux noirs et
- 6:36bouclés et elle est plutôt grande, plus d'un mètre 70.
- 6:40Le corps nu est allongé face contre terre, les bras écartés.
- 6:44Autour d'elle, un tampax, un foulard et un ticket de bus,
- 6:47rien de plus. La prise est plutôt maigre, mais
- 6:51en examinant le sol, les enquêteurs remarquent autre
- 6:53chose, le sang dans la terre est sec, pas si abondant.
- 6:58Et il ne se trouve pas sous le corps.
- 7:00Il est plus loin et surtout, il est accompagné d'une traînée qui
- 7:03traverse la végétation. Une conclusion s'impose, le
- 7:06corps a été déplacé avant d'être abandonné ici.
- 7:10Pour l'instant, rien ne distingue cette scène de crime
- 7:12d'une autre. Les policiers suivent la
- 7:14procédure avec la distance que leur impose le métier.
- 7:18L'ambiance est donc à la concentration et au
- 7:20professionnalisme et non pas à l'émotion, mais au moment même
- 7:24où la victime est retournée. Tout bascule, les hommes de la
- 7:27police passent du drame malheureux à l'horreur la plus
- 7:30totale. Plusieurs ont la nausée, même
- 7:33les plus expérimentés sont choqués, sidérés par ce qu'ils
- 7:36ont sous les yeux. Cette image, elle restera gravée
- 7:40en eux. Le procureur lui fait un
- 7:42malaise, Et pour cause, le corps a été lourdement mutilé, toute
- 7:46la partie génitale de la victime a été retirée et ses seins ont
- 7:51été coupés. C'est un véritable massacre, un
- 7:53crime d'une haine sans nom. En réalité, si le procureur
- 7:57tourne de l'œil, c'est pas uniquement à cause de l'État du
- 7:59corps, c'est parce qu'il connaît la victime. 2 ans plus tôt, il
- 8:03avait accepté la demande de cette jeune femme déterminée en
- 8:06autorisant son placement au foyer.
- 8:08Cette jeune femme avait un nom, Mokhtaria chaib.
- 8:12Elle avait. 19 ans à la morgue, l'examen du corps soulève plus
- 8:19de questions qu'il n'apporte de réponse.
- 8:21Premier point qui interpelle les examinateurs, c'est que le corps
- 8:24est propre, anormalement propre. Tout laisse penser que le
- 8:27meurtrier l'a lavé. La peau quant à elle est livide,
- 8:31presque blanche, comme si elle avait été totalement vidée de
- 8:34son sang. Quantité de sang qu'on a pas
- 8:36trouvé sur la scène de crime d'ailleurs.
- 8:38Quant à la liste des sévices, et Ben, elle est accablante et en
- 8:41dit beaucoup sur ce qu'a pu endurer la victime sur le crâne.
- 8:44Une blessure provoquée par un objet Contendant.
- 8:47Et dans la région du cœur, 3 coups de couteau.
- 8:50Mais c'est surtout les mutilations qui frappent les
- 8:51esprits. Elles sont d'une précision
- 8:54extrême, elles sont si nettes et symétriques que le médecin
- 8:57légiste lui même est impressionné.
- 8:59Les plans musculaires ont été respectés rigoureusement.
- 9:02Pour lui, aucun doute, c'est une opération réalisée sur une table
- 9:06et qui a mis plus d'une heure 30, 01h30 à découper une jeune
- 9:10femme. Ils n'ont pas affaire à un
- 9:12amateur, l'auteur maîtrisait parfaitement ses gestes.
- 9:15Et aurait utilisé un scalpel ou une lame extrêmement fine.
- 9:20Face à ces premiers éléments, 2 hypothèses émergent.
- 9:24La première, le tueur est médecin ou chasseur.
- 9:27En bref, un homme habitué à la découpe.
- 9:30La 2e, il a voulu effacer ce qui faisait d'elle une femme, une
- 9:34sorte de punition de féminité ou de sa sexualité.
- 9:38Et si cette hypothèse s'avère vraie, il y a de très fortes
- 9:41chances que mokhtaria connaisse son agresseur.
- 9:53Chapitre 2, une jeune femme indépendante les policiers
- 9:59cherchent donc à comprendre qui était mokhtaria chaïb et qui
- 10:02était son entourage. Très vite, un portrait se
- 10:05dessine, pas simplement celui d'une victime, celui d'une jeune
- 10:08femme en pleine émancipation. Au moment de sa mort, mokhtaria
- 10:12étudie la sociologie à l'université de Perpignan.
- 10:15Mais son rêve, c'était de devenir infirmière.
- 10:17Elle avait raté le concours une première fois mais comptait bien
- 10:20le retenter. Elle n'en aura malheureusement
- 10:22pas le temps. Cette résilience, c'est sûrement
- 10:24ce qui la caractérisait le plus. Au foyer, elle était l'une des
- 10:27plus déterminées à se construire un avenir.
- 10:30Elle voulait réussir et elle était convaincue qu'elle y
- 10:32arriverait. Globalement, elle mène une vie
- 10:35d'étudiante classique, les cours, les amies, les sorties.
- 10:38Mais mokhtariens ne passe pas inaperçu.
- 10:40Ceux qui l'ont ? Croisé parlent d'une femme
- 10:42solaire, plein de vie. Avec une personnalité forte et
- 10:46un magnétisme naturel, elle attire les regards et elle
- 10:49l'assume. Mokhtaria avance libre sans
- 10:53demander la permission. Mais cette liberté, on ne lui.
- 10:59A pas donné, elle l'a. Conquise de force à 17 ans, elle
- 11:02s'oppose frontalement à son père qui tente de la marier au Maroc.
- 11:06Elle refuse. Pour échapper à ce destin, elle
- 11:08demande. Elle même son placement au
- 11:10foyer. C'est le procureur de la
- 11:12République qui valide son dossier et lui offre cette
- 11:14indépendance. Sans rêver.
- 11:16Ironie tragique du sort, c'est ce même homme qui, 2 ans plus
- 11:20tard, l'identifie sur une scène de crime.
- 11:22Ce contexte, il conforte une idée, celle d'une punition pour
- 11:27sa vie libérée. Et le suspect ?
- 11:28Est tout trouvé. Le père de Moktaria annoncer la
- 11:32mort d'un enfant, c'est l'une des épreuves les plus redoutées
- 11:34par un enquêteur. C'est un moment lourd.
- 11:37Où les mots semblent toujours insuffisants face à la douleur.
- 11:41Mais cette. Fois.
- 11:41Rien ne se passe comme d'habitude.
- 11:43Le père de Mokhtaria n'apprend pas la nouvelle chez lui.
- 11:46Entouré des siens, il l'apprend au commissariat entre 2
- 11:49questions. Mais très vite, la piste
- 11:51s'effondre. Le père chaïb est simplement
- 11:54trop faible physiquement pour avoir commis un tel meurtre.
- 11:56Les fils sont ciblés à leur tour, mais là encore, ça ne
- 12:00colle pas. Et la thèse de la punition pour
- 12:03sa vie débridée ne tient pas elle, non.
- 12:05Plus. Sa famille avait accepté sans
- 12:08discuter son refus de se marier. Le nom de mokhtaria avait été
- 12:12respecté. La piste s'arrête là et dans
- 12:15cette affaire, elle sera loin d'être la seule sans.
- 12:18Issue, les enquêteurs changent de direction et se replongent
- 12:21dans la soirée du 20 décembre 1997.
- 12:23Ce soir-là, le vent souffle en Rafale, la pluie tombe sans
- 12:26interruption, les rues se vident, la ville se replie sur
- 12:30elle même. Personne ne traîne dehors,
- 12:32personne. Ou presque.
- 12:36Mokhtaria, elle est chez un ami, il s'appelle Brice, il a 20 ans,
- 12:41il passe la soirée ensemble. Et contrairement à ce que l'on
- 12:44pourrait imaginer, il n'y a rien d'ambigu.
- 12:46Depuis quelques minutes. Elle veut rentrer, histoire de
- 12:48se changer et de prendre du temps pour elle.
- 12:51Elle attend une accalmie mais le temps passe et la météo ne se
- 12:55calme pas. Brice lui propose en toute
- 12:57logique de rester et d'attendre le lendemain.
- 13:00Mais la jeune femme a vraiment envie de rentrer chez elle.
- 13:03Problème, son foyer n'est pas tout près.
- 13:05Il faut compter 40 Min de marche contre seulement quelques
- 13:08minutes avec le scooter de son ami.
- 13:10Mais ce soir-là, Brice n'as pas le courage de ressortir.
- 13:12Il refuse de la raccompagner. Sans imaginer.
- 13:15Une 2nde que ce choix va le hanter toute sa vie.
- 13:23Fidèle à elle même. Mokhtarien n'abandonne pas son
- 13:26idée et Brice ne parviens pas à la retenir.
- 13:28Il sait que. Quand elle a une idée en tête.
- 13:31Rien ne l'arrête. Elle claque la porte de
- 13:33l'appartement et s'enfonce seule dans l'obscurité.
- 13:36C'est la dernière fois qu'on la voit vivante.
- 13:38Une dernière image d'elle libre et déterminée.
- 13:43Après ça, plus rien. La trace s'arrête là.
- 13:49Chapitre 3, une enquête. Difficile ?
- 14:00Face à la. Barbarie de la scène de crime,
- 14:02le doute n'est plus permis. Pour la police de Perpignan,
- 14:05c'est le début d'une course contre la montre.
- 14:07Rien n'est laissé au hasard. Près de 40 enquêteurs
- 14:10travaillent sur l'affaire. Parmi eux, un homme expérimenté,
- 14:14Jean-Claude Jenny, un policier rodé formé au 36 quai des
- 14:18Orfèvres et qui a notamment travaillé sur l'affaire Merin.
- 14:21Pour lui comme pour les autres, une évidence s'impose, si
- 14:25mokhtaria est rentré à pied, elle a forcément emprunté
- 14:28l'itinéraire le plus direct. L'avenue de la gare, puis la rue
- 14:32Courteline, c'est le trajet le plus logique.
- 14:35Le quartier est immédiatement ratissé, chaque rue, chaque
- 14:38recoin, mais rien, aucun témoin, aucune trace, aucun élément
- 14:43permettant de comprendre ce qui s'est passé pendant ces 40 Min.
- 14:47Puis 6 jours après la découverte du corps, on a trouvé quelque
- 14:51chose, enfin. Une chaussure de femme pas loin
- 14:54de la scène de crime. Mordiller et déplacer,
- 14:57probablement par un chien, peu importe, ils le savent et le
- 15:00moindre indice est bon à prendre.
- 15:02Quelques heures plus tard, rebelote, la 2nde chaussure est
- 15:05retrouvée. Elle était au bord du jardin
- 15:07d'une maison voisine, et plus exactement juste devant un
- 15:10muret. Ce détail intrigue Jean-Claude.
- 15:13Pourquoi ? Bah parce que pour lui, une
- 15:15chose est claire, la chaussure n'a pas été jetée d'une voiture.
- 15:18Celui qui l'a laissé là se trouvait à pied.
- 15:22Et s'il était à pied, alors il y a de fortes chances qu'il
- 15:24connaisse le quartier mieux qu'il y vive.
- 15:28Pendant que les policiers cherchent des indices, le visage
- 15:31de Mokhtaria est partout, dans les journaux, à la télévision,
- 15:35dans les vitrines. Son regard devient familier aux
- 15:38habitants de Perpignan. Ils ne l'ont jamais oublié.
- 15:41Les fêtes laissent place au deuil.
- 15:44À un autre type de commémoration, une marche
- 15:47blanche organisée en mémoire d'une enfant du pays.
- 15:56Les jours passent. Et dans la population, le calme
- 15:59revient, la vie reprend. Personne n'imagine que ce
- 16:02meurtre n'est que le début d'une série de drames qui vont
- 16:05traumatiser la France. Mis à part peut être certains
- 16:09policiers qui voient dans la sauvagerie de ce meurtre l'acte
- 16:12d'un récidiviste. D'un individu qui n'est pas à
- 16:15son coup d'essai, il pense à un serial killer.
- 16:18Et pour cause, on est en pleine période, dit Georges Tissier
- 16:21Holm. Les tueurs en série sont à la
- 16:23mode et on les redoute. Chapitre 4, le suspect idéal ?
- 16:33Les policiers cherchent un profil très spécifique, un
- 16:36médecin ou un homme qui connaît l'anatomie, ils ont fouillé dans
- 16:40toutes les directions. Amants, étudiants en biologie,
- 16:44médecins, camarades de licence. Mais le dossier s'essouffle et
- 16:48sans indice solide, ils ont l'impression d'être dans une
- 16:51impasse. À la fin des années 90, l'a DN
- 16:53est encore loin d'être une science exacte.
- 16:56Et les techniques sont encore à leur début.
- 16:58Le premier vrai suspect de l'affaire est trouvé grâce à un
- 17:01pressentiment fondé sur aucun indice.
- 17:04Si je peux le dire un peu vulgairement, c'est du flair de
- 17:07flic. Et il est bon.
- 17:08Ce flair, c'est celui de Jean-Claude Jennisse.
- 17:11En ressassant les profils de médecins, il se rappelle d'une
- 17:14histoire de son club de foot. Un des jeunes avait été
- 17:17confronté à des propositions inappropriées d'un adulte.
- 17:21Il était médecin à l'époque. Janice l'avait convoqué et lui
- 17:24avait mis un coup de pression pour qu'il reste loin du club.
- 17:27Et puis plus rien. L'homme n'avait pas recommencé.
- 17:30Mais ce qui l'intéresse, c'est que le type d'origine péruvienne
- 17:33vit dans le quartier des aviateurs, c'est à dire juste à
- 17:37côté de la gare. Bingo, le profil est idéal.
- 17:41Par chance, il. Se rappelle de son nom Andreas
- 17:44Palomino barreos. À ce stade.
- 17:55Rien ne permet de relier le crime avec l'homme.
- 17:58Mais les enquêteurs ont tellement peu de pistes que tout
- 18:00est bon à prendre. Sans trop y croire eux même, ils
- 18:02demandent à la juge d'enquêter et surveiller l'homme.
- 18:05Elle donne le feu vert, il remonte dans son passé et ce
- 18:08qu'il découvre n'a absolument rien de rassurant.
- 18:10Premier élément, Andrés n'est pas inconnu des services de
- 18:13police. En 1995, il est arrêté pour une
- 18:15affaire de faux papiers. Il fabriquait des identités puis
- 18:18dénonçait ses propres clients. Mais c'est pas ce qui est le
- 18:22plus important. Non, c'est plutôt qu'il.
- 18:24Travaillait à l'hôpital de Narbonne alors qu'il n'avait
- 18:28aucun diplôme. Lorsqu'ils viennent le chercher,
- 18:30l'information est terrifiante. Il est en train d'opérer face
- 18:34aux policiers, il perd tout contrôle.
- 18:36Il crie, s'agite et va jusqu'à surriner dessus pour paraître
- 18:41fou. Mais ce qui est vraiment fou,
- 18:43c'est pas lui. C'est son parcours palomino.
- 18:46Barrios est arrivé en France dans les années 80 et il est
- 18:49parvenu, sans aucun diplôme, à être employé dans pas moins de
- 18:5318 établissements hospitaliers. En tant que médecin, parfois en
- 18:58tant que chirurgien, non. Mais enfin, c'est c'est une
- 19:01folie quand même, c'est l'hôpital de Narbonne qu'il
- 19:03avait viré une première fois pour incompétence en 93 et qu'il
- 19:06avait réengagé en 95. Sans se rendre compte que
- 19:10c'était la même personne. C'est complètement lunaire.
- 19:13En 96, il fait de la prison pour cette histoire de falsification
- 19:16qu'il montre sur ça. Très bien.
- 19:19Mais de là à faire de lui un meurtrier, le gouffre est
- 19:22immense. Les policiers vont vite le
- 19:24combler avec une découverte à Narbonne, ils faisaient de la
- 19:27chirurgie viscérale, ciblée sur la partie basse du ventre, en
- 19:31gros les parties intimes. Alors, simple coïncidence ou
- 19:36coupable ? Pour l'heure, c'est un peu
- 19:37léger. Alors il lance une opération de
- 19:39surveillance pour essayer de mieux cerner le personnage.
- 19:43L'homme a un comportement étrange, mais rien de.
- 19:45Plus alors on questionne le voisinage.
- 19:49Le soir du meurtre, il a discuté avec les voisines et une leur
- 19:52apprend que Palomino a nettoyé son camion orange le lendemain
- 19:55de la mort de Mokhtaria. Évidemment, il ne le.
- 19:58Faisait jamais, mais le climax de ces interrogatoires, c'est
- 20:01une femme qui s'appelle Margot. Et qui ressemble comme. 2
- 20:04gouttes d'eau à la victime. Tellement que les policiers ont
- 20:07cru voir un fantôme le soir du meurtre.
- 20:09Elle portait une veste de la même couleur que mokhtaria.
- 20:12Sauf que fausse joie, elle n'a rien à dire de négatif sur le
- 20:16faux médecin et n'a aucun élément contre lui.
- 20:19Pourtant, dans l'esprit des enquêteurs, cette ressemblance
- 20:22ne peut pas être qu'un détail, c'est beaucoup trop gros.
- 20:25Elle vient donc semer la graine d'un scénario bien plus complexe
- 20:29auquel ils vont longtemps croire.
- 20:31Ce soir-là, Andreas aurait fait des avances à Margaux, elle les
- 20:35aurait refusées et il aurait vu rouge.
- 20:38Plus tard dans la rue, il croise une jeune femme qui lui
- 20:40ressemble. Il pense la connaître mais
- 20:42malheureusement il se trompe. La jeune étudiante aurait
- 20:46simplement été victime d'une erreur, hypothèse qui arrange
- 20:49bien les policiers et qui expliquerait pourquoi la victime
- 20:52et le meurtrier n'avaient aucun lien direct.
- 20:54Hypothèse qui fait surtout complètement abstraction du fait
- 20:57que Margaux affirme qu'il ne lui a jamais fait d'avance.
- 21:00C'est à se demander, les enquêteurs tiennent-ils enfin le
- 21:03bon suspect ? Ou ne sont-ils pas en train de
- 21:06construire une conviction sur une piste qui les arrange ?
- 21:08A défaut de preuves irréfutables, les policiers
- 21:10choisissent de forcer le destin. Le 22 janvier 98, ils
- 21:13perquisitionnent l'appartement d'Andres.
- 21:14Et derrière ? La porte du numéro 35 de la
- 21:19résidence Montserrat, le spectacle.
- 21:21Est. Innommable aucun mot ne semble
- 21:24assez fort pour décrire ce chaos.
- 21:26Sans parler des conditions d'hygiène épouvantables.
- 21:28Il n'y a pas d'électricité, des cartons sont scotchés aux
- 21:32vitres, des vêtements de femmes, d'hommes et d'enfants traînent
- 21:35partout par terre. Dans la salle de bain, il trouve
- 21:38des bacs d'eau qui lui servent à se laver et à tirer la chasse
- 21:42et. Finalement, un élément
- 21:43intéressant, une trace de sang. Palomino, barrios n'est peut
- 21:48être pas coupable, mais il est définitivement un personnage
- 21:51très particulier. Les policiers pensent avoir
- 21:54assez d'éléments pour l'interroger et intérieurement,
- 21:57ils espèrent que l'homme va avouer parce qu'ils ont une
- 21:59conviction, ils tiennent leur homme.
- 22:01L'interrogatoire est difficile. Le péruvien.
- 22:04Nie. Toujours la même réponse à
- 22:07chaque question, non, c'est simple, il a rien vu, il a rien
- 22:12fait et il ne sait rien à faire plier.
- 22:15Non pas avec les enquêteurs qui continuent de croire que l'homme
- 22:18est lié au meurtre. Alors il le travaille pendant
- 22:22des heures. L'homme de 47 ans affirme qu'au
- 22:25moment du meurtre, il n'était pas à Perpignan.
- 22:27Il se trouvait de l'autre côté de la.
- 22:29Frontière en Espagne, il rendait visite à un prêtre, mais n'a pas
- 22:32de preuve. Les voisines, quant à elles,
- 22:34affirment l'avoir vu dans la résidence en début de la soirée
- 22:37du 20 décembre. Autre contradiction, il nie
- 22:40avoir lavé son fourgon. En fait, c'est simple, il nie
- 22:43absolument tout. Même les évidences, comme le
- 22:46fait qu'il ait volé tous les objets retrouvés chez lui.
- 22:49Sauf que son compte en banque le fait mentir.
- 22:52Il ne dépense rien, pas 0,01€ pour vivre, il écume.
- 22:56Même. Les œuvres de charité française
- 22:58et espagnole. Pourtant, palomino ne manque pas
- 23:01d'argent, il possède un patrimoine de plus de 600000
- 23:04francs et il est propriétaire d'un appartement à Toulouse.
- 23:08Drôle de personnage, mais les. Incohérences ne s'arrêtent pas
- 23:12là. Alors ?
- 23:13Qu'il parle parfaitement français.
- 23:15Palomino exige un traducteur. Une première est appelée, elle
- 23:19est colombienne. Il refuse, il veut un péruvien.
- 23:23Pourtant, lorsqu'on le tutoie, il réagit immédiatement.
- 23:27Il corrige les policiers et leur rappelle qu'il connaît ses
- 23:29droits et va jusqu'à menacer de porter plainte pour abus.
- 23:33À un moment, l'atmosphère bascule.
- 23:35Après lui avoir dit qu'il comprenne qu'il ait pu déraper,
- 23:38l'homme quitte son attitude froide et semble sur le point de
- 23:41parler et. On frappe à la.
- 23:44Porte tout le monde sursaute, c'est l'avocate.
- 23:47Les enquêteurs le sentent, ils viennent de louper peut être les
- 23:50aveux du meurtrier de mokhtaria. Il dira même plus tard qu'il
- 23:54était sur le. Point de leur mentir.
- 23:56Personne ne comprend exactement ce qu'il veut dire par là, mais
- 23:59le doute. S'installe dans l'Assemblée.
- 24:01Les policiers ont un regret, ne pas avoir bloqué l'accès à la
- 24:05salle d'interrogatoire. Matériellement, on trouve pas
- 24:08grand chose. Dans son fourgon, aucune trace
- 24:10de sang, aucun cheveux, rien, mais on trouve rien qui.
- 24:15L'innocente, non plus le. Prêtre qu'il est allé voir en
- 24:17Espagne, dit ne tout simplement pas se souvenir de s'il l'a vu
- 24:20ou non. Son alibi tombe à l'eau.
- 24:22À ce stade, les preuves sont quasi inexistantes.
- 24:25Mais un élément dans son passé joue en faveur des enquêteurs,
- 24:29son passage en Bretagne en 1990. Au même moment, une femme de 30
- 24:32ans avait été assassinée avec des traces de violence sexuelle.
- 24:37Point culminant de cette découverte, elle avait
- 24:39rendez-vous avec un médecin le jour de sa mort.
- 24:41On l'a jamais retrouvé. Même si les soupçons sont forts,
- 24:45les policiers ne peuvent rien faire de cette information.
- 24:48Tous les éléments à charge l'a DN les scellés ont été détruits.
- 24:52On le comprend vite, son profil trouble profondément les
- 24:55enquêteurs. D'un côté, son parcours médical,
- 24:58sa connaissance de l'anatomie qui le désigne comme un suspect
- 25:01idéal. De l'autre, sa vie chaotique,
- 25:04désordonnée, presque marginale, qui ne correspond pas du tout au
- 25:08portrait de l'assassin. Un homme méthodique, sûrement de
- 25:11bonne famille, hyper intelligent, peu importe les
- 25:14contradictions. Il devient quand même le suspect
- 25:16principal et il est mis en examen pour assassinat avec.
- 25:20Acte de barbarie. Si la justice est encore loin de
- 25:23s'être prononcée, l'opinion publique, elle, a déjà condamné
- 25:27Palomino barrios. Les mutilations prennent alors
- 25:30une dimension absolument délirante.
- 25:32Ce serait des rituels Incas, des sacrifices ancestraux.
- 25:35Peu importe que de tels rites n'aient jamais existé dans cette
- 25:38civilisation, la presse s'en donne à cœur joie.
- 25:41C'est l'un des plus grands drames de cette affaire.
- 25:44Quand le mystère persiste, le fantasme prend toute la place.
- 25:48Quitte à. Piétiner la vérité.
- 25:53Chapitre 5, Tatiana Lévapore Palomino Barrios est maintenant
- 26:02derrière les barreaux et donc logiquement, dans l'incapacité
- 26:05de nuire à nouveau. À ce stade, beaucoup.
- 26:08Veulent croire que l'affaire est réglée, que l'horreur appartient
- 26:11au passé, mais en réalité, ce que peu savent encore, c'est que
- 26:14l'histoire n'a pas commencé avec mokhtaria.
- 26:17Elle a commencé 2 ans plus tôt, presque dans l'indifférence
- 26:20générale. La première des disparus de la
- 26:23gare de Perpignan, c'est Tatiana Andorrar.
- 26:26Et dans son cas à elle. Il n'y a.
- 26:28Pas de corps, pas d'indice et pas de piste solide.
- 26:31En résumé, il y a vraiment rien. Tatiana a disparu sans laisser
- 26:35aucune trace. Et le lien avec Moctaria et Ben,
- 26:39le profil de la jeune fille de 17 ans, Brune, typée
- 26:43méditerranéenne, jolie. Et en pleine phase
- 26:46d'émancipation, elle s'évapore. Le 24 septembre 1995, entre la
- 26:49gare et son domicile familial à Liupia, au sud de Perpignan.
- 26:53Ce jour-là, c'est un dimanche. Le temps est doux.
- 26:58Le soleil se couche encore tard sur la région catalane.
- 27:01On est très loin de l'ambiance morose du meurtre de Mokhtarya.
- 27:05Un air de vacances flotte encore dans l'air.
- 27:07Ou plutôt de weekends festifs pour Tatiana.
- 27:10Elle rentre de l'anniversaire d'une copine à font romeu en
- 27:13train. Ses parents, eux, sont à la
- 27:15maison avec des amis. Tatiana appelle pour prévenir
- 27:18qu'elle prend le train jusqu'à prade, puis qu'elle rejoindra
- 27:21Perpignan. Jusque là, rien d'anormal, mais
- 27:25elle rappelle. Une. 2nde fois, et c'est
- 27:27vraiment pas dans ses habitudes. Pourtant, rien de grave au.
- 27:30Bout de la ligne. Elle prévient juste qu'elle
- 27:32rentrera plus tard que prévu. Sa mère promet de l'attendre.
- 27:36Elle s'endormira avant que sa fille ne rentre le lendemain.
- 27:40Toujours personne malgré la présence des 3 frères de
- 27:43Tatiana. La maison semble vide, les
- 27:45parents partent au travail, persuadés qu'elle a sûrement
- 27:48dormi chez une copine et qu'ils s'inquiètent pour rien.
- 27:51Mais en rentrant, toujours personne et surtout pas de trace
- 27:55d'un quelconque passage, l'inquiétude commence à monter.
- 27:58Alors ils appellent ses amis. Non, elle n'est pas avec elle et
- 28:01pire, Tatiana n'est pas allée au lycée non plus.
- 28:04Pour l'établissement scolaire par contre, rien d'inquiétant
- 28:07là-dedans, Tatiana avait. Pris l'habitude de sécher les
- 28:09cours, il ne le savait pas. En fait, c'est comme dans
- 28:13beaucoup d'affaires, les parents se rendent compte qu'ils ne
- 28:15connaissaient pas si bien leur fille et c'est d'une violence
- 28:19absolue. Surtout quand ils comprennent
- 28:21que Tatiana n'était absolument pas à font romeu ce weekend là.
- 28:25Non, elle était à Toulouse, ce qui lui avait été formellement
- 28:28interdit. Il savait que leur fille était
- 28:30en plein changement, que ses fréquentations avaient changé,
- 28:33qu'elle rêvait d'une vie qu'il ne pouvait pas lui offrir.
- 28:37Mais qu'elle aille aussi loin, non.
- 28:39Le lundi soir, les parents se rendent à la gendarmerie de
- 28:42Thuir, la ville juste à côté. Et comme souvent dans ce genre
- 28:46d'affaire, on ne les prend pas au sérieux.
- 28:48C'est une fugue. Attendez, elle va rentrer,
- 28:50revenez demain. La fugue, extérieurement, c'est
- 28:54ce qui paraît le plus probable. Il n'y pense pas une 2nde.
- 28:59Dans un mois, elle. Doit fêter ses 18 ans et elle a
- 29:01absolument tout prévu. De la soirée costumée à ses
- 29:05cadeaux, une chaîne hi fi, et un voyage au Brésil pour voir son
- 29:08grand-père. Définitivement, ça ne tient pas.
- 29:11Le lendemain, c'est à dire le mardi, on les envoie à Toulouse,
- 29:14à la brigade des mineurs. 3 h de route pour rien. 3 h pour qu'on
- 29:19leur dise, grosso modo, on n'est pas dans un film américain ici.
- 29:24Les. Jeunes, on les retrouve.
- 29:25Mais cette assurance ne dure pas.
- 29:26Très vite, des incohérences apparaissent.
- 29:29Les détails ne collent pas et en un rien de temps, l'inquiétude
- 29:32gagne aussi les autorités. Le temps presse et le parquet
- 29:35décide alors d'ouvrir une information judiciaire.
- 29:38Il faut le. Faire tant que Tatiana est
- 29:40toujours mineure, une décision qui permet de traiter sa
- 29:43disparition pour ce qu'elle est peut être déjà autre chose.
- 29:46Qu'une simple fugue ? Les jours passent et le visage
- 29:49de Tatiana apparaît peu à peu dans la presse dans Perpignan.
- 29:53À ce stade, on s'inquiète, mais sans trop.
- 29:55Puis un appel change tout. C'est un jeune militaire qui a
- 29:59composé le numéro des endroits rares pour parler à Tatiana.
- 30:03Visiblement, il était passé à côté des avis de recherche.
- 30:05Quand le père de Tatiana lui dit qu'elle a disparu entre Toulouse
- 30:08et Perpignan, sa réponse est catégorique, non, c'est pas
- 30:12possible. Il.
- 30:13Était dans le même train que la disparu.
- 30:16C'est d'ailleurs là où elle lui a donné son numéro.
- 30:18Enfin plutôt le numéro de la maison.
- 30:20Tatiana avait donc bien prévu de rentrer et il l'affirme, ils
- 30:24sont bien arrivés à la gare de Perpignan.
- 30:27Grâce à cette information, le périmètre de recherche se
- 30:30restreint. Mais c'est pas tout.
- 30:32Elle était partie de la gare par la rue Courteline et prévoyait
- 30:36de faire du stop, sûrement au niveau du café figuier qui était
- 30:40connu pour ça. 7 mois plus tard, un routier témoigne enfin. 7
- 30:45mois pendant lesquels le temps a déjà effacé trop de traces.
- 30:49Il dit avoir pris en stop une jeune brune, correspondant
- 30:52parfaitement à Tatiana, au péage de Perpignan le samedi 23
- 30:55septembre aux alentours de 12h30.
- 30:57Et à la description, il y a aucun doute, c'est bien elle.
- 31:01Ce témoignage n'est pas anecdotique parce qu'il
- 31:04contredit la version des parents qui affirment que Tatiana est
- 31:07partie après 14 h. L'incohérence est telle que les
- 31:10endo rares seront soupçonnées un temps de l'enlèvement de leur
- 31:13propre fille. Ils finiront par être blanchis.
- 31:16Un coup de. Couteau de plus pour cette
- 31:17famille qui n'a jamais cessé de se battre.
- 31:27Pendant des années, sans jamais s'arrêter, ils vont placarder
- 31:30des affiches partout, mais pas seulement.
- 31:32Ils vont plus loin que ça. Ils écument les bars, les gares,
- 31:36les rêves partis, Marie Josée, la mère, va jusqu'à se faire
- 31:39embaucher dans un club pour adultes, persuadés que Tatiana a
- 31:43pu être enlevée par un réseau de prostitution.
- 31:45Pendant des semaines, il visionne des films à caractère
- 31:48sexuel, espérant et redoutant à la fois apercevoir leur fille
- 31:51dans un coin d'image. Ils ne trouvent rien.
- 31:55Mais coup de massue en mai 97, par courrier, ils reçoivent ce
- 31:59qu'ils redoutaient plus que tout.
- 32:00L'instruction est close. Tatiana Andrew rare disparaît
- 32:04officiellement, sans corps, sans vérité, sans suspect.
- 32:08Enfin jusqu'en 10091981 suspect. Ils en ont un et il est derrière
- 32:13les barreaux. Andres Palomino barrios.
- 32:15Les enquêteurs espèrent qu'il finira par avouer pour mokhtaria
- 32:20mais aussi pour Tatiana. Il pense être à 2 doigts de
- 32:24mettre un point final sur cette affaire macabre.
- 32:26Mais à peine 6 mois plus tard, cet espoir se brise.
- 32:29Un nouveau nom apparaît sur la liste, chapitre 6.
- 32:35Une nouvelle disparition inquiétante, Marie Hélène.
- 32:41On est maintenant le 16 juin 1998, toujours à Perpignan. la
- 32:44Coupe du monde se joue en France et partout dans le pays.
- 32:48Le quotidien s'est mis sur pause.
- 32:52La soirée s'annonce douce, l'air est encore chaud, les terrasses
- 32:55sont pleines, les rues animées et partout on sent
- 32:58l'effervescence d'un jour de grand match. 6 mois plus tôt, le
- 33:01meurtre de Moktaria Chaib avait plongé la ville dans l'effroi.
- 33:05Mais ce soir-là, ce souvenir semble lointain.
- 33:07Comme relégué au 2nd plan, la vie a repris ses droits.
- 33:12Ce soir, le Maroc affronte le Brésil et ici cet affrontement.
- 33:16Est très. Suivi d'une part parce qu'il est
- 33:17en France et de l'autre parce que la ville compte une
- 33:19importante communauté marocaine. À la 9e.
- 33:22Minute, Ronaldo ouvre le score, le Brésil mène et devant les
- 33:27écrans, on s'inquiète. Ce soir-là.
- 33:30Pourtant, le drame ne se déroule pas sur un écran de télévision.
- 33:33Au même moment, le téléphone sonne à Toulouse, dans la
- 33:36banlieue de Perpignan. Un appel comme il en existe des.
- 33:40Milliers. Pourtant, après celui-ci, plus
- 33:42rien ne sera jamais pareil pour la famille Gonzalez.
- 33:46La mère conceptionne décroche. A l'autre bout de la ligne,
- 33:50Nelly, la meilleure amie de leur fille Marie Hélène, qui
- 33:53téléphone pour savoir si sa copine est bien rentrée.
- 33:57Sauf que la réponse n'est pas celle qu'elle attendait
- 34:00directement. Nelly Panic Conceptionne.
- 34:03Elle pas encore. Il doit y avoir une.
- 34:05Explication, après tout, il n'est pas si tard que ça et
- 34:08Marie Hélène a dû simplement s'attarder.
- 34:11Rien de plus. Elle peut franchir la porte
- 34:13d'une 2nde à l'autre. Ce soir-là.
- 34:15Au cas où la mère de famille ne fermera pas la porte à clé.
- 34:19Malheureusement, elle ne s'est jamais ouverte.
- 34:28Mais pour l'heure, elle ne peut pas attendre sans rien faire.
- 34:31Si sa fille est quelque part, c'est à la gare.
- 34:34Plus tôt dans la soirée, Marie Hélène avait appelé pour donner
- 34:37l'heure d'arrivée de son train. Mais Madame Gonzalez ne pouvait
- 34:40pas la récupérer. Pas de problème pour Marie
- 34:43Hélène, habituée à se débrouiller seule.
- 34:45Elle va rentrer par ses propres moyens, sous-entendu, quand on
- 34:49connaissait la jeune femme de 22 ans.
- 34:50Je vais faire du stop à la gare s'il y a du monde partout pour
- 34:54qu'on réceptionne la. Ville est vide, le résultat est
- 34:57sans appel, Marie Hélène a disparu, la police est alertée
- 35:02et elle prend immédiatement le cas au sérieux.
- 35:05Pas de temps d'attente parce qu'elle est majeure, pas de
- 35:08c'est une fugue, elle va revenir.
- 35:09Non, la police de Perpignan réagit de suite.
- 35:13Comme très souvent dans ce dossier, ils le savent, l'homme
- 35:15peut recommencer à tout moment et une disparition de femme ne
- 35:18peut pas être pris à la légère. Justement, l'une des premières
- 35:22choses que les enquêteurs se disent en voyant le profil de
- 35:25Marie Hélène, c'est qu'il est très.
- 35:26Proche de celui de mokhtaria et de Tatiana, ils enquêtent sur la
- 35:31disparue. Marie Hélène Gonzalez est très
- 35:33belle, a des cheveux noirs très apprêtés, très souriante.
- 35:37Et une force de caractère certaine.
- 35:39Elle a fait 1BTS de vente avant de devenir saisonnière l'hiver
- 35:41aux menuires et l'été sur la côte méditerranéenne.
- 35:44Et quand elle manquait d'argent entre les 2.
- 35:48Il lui arrivait de faire de petits jobs, comme dans la
- 35:50boucherie. Dans sa vie, il ne se trouve
- 35:53rien qui puisse prédire une telle fin.
- 35:54À argelès, elle vivait chez sa meilleure amie Nelly.
- 35:58Les moyens financiers n'étaient pas énormes, mais les 2 femmes
- 36:00appréciaient. Leur colocation et leur vie de
- 36:03jeunes adultes. D'ailleurs, Marie Hélène
- 36:05aspirait à plus. Issue d'un milieu modeste, elle
- 36:08avait tendance à vivre au-dessus de ses moyens.
- 36:10En clair, elle rêvait de monter l'échelle sociale.
- 36:14Tout ? Comme mokhtaria et Tatiana,
- 36:18comme elles aussi, elles aimaient plaire et elles
- 36:21plaisaient et comme elles encore elles.
- 36:24Finissaient par disparaître aux abords de la gare.
- 36:27Bref, avant le. Drame elle menait une vie
- 36:29presque classique et insouciante d'une fille de 22 ans, oui.
- 36:34Mais pas vraiment. Marie Hélène semble préoccupée
- 36:37ces derniers temps. Nelly se rappelle d'un coup de
- 36:39téléphone qui aurait laissé son amie silencieuse avec qui ?
- 36:43Personne ne le sait. Marie Hélène est très secrète et
- 36:47pas du genre à tout raconter. De là à dire que ça a un lien
- 36:50avec la disparition, rien n'est moins sûr.
- 36:52Le soir de sa disparition, elle rejoint Nelly au camping où elle
- 36:56travaille. Elle porte un haut décolleté
- 36:59rose fluo et elle ne passe pas inaperçue.
- 37:02Elle discute toutes les 2 un long moment, mais sans manger.
- 37:05Marie Hélène fait attention à sa ligne et préfère s'abstenir.
- 37:09C'est un détail qui est important.
- 37:10Face au policier, sa meilleure amie ne se rappelle rien
- 37:13d'anormal à part peut être une chose, cet homme bizarre qui les
- 37:17fixait depuis une cabine téléphonique.
- 37:19Et c'est son. Problème que Nelly dépose Marie
- 37:22Hélène à la gare d'Argelès à 21h00.
- 37:24Elle lui fait la bise, la regarde partir.
- 37:27Et puis on perd sa trace à Perpignan.
- 37:30Ils essayent de refaire l'itinéraire le plus probable de
- 37:33Marie Hélène. Et comme un mauvais clin d'œil à
- 37:35Tatiana et Mokhtaria, ils passent par la terrible rue
- 37:39Courteline. Si elle est partie en stop,
- 37:41c'est sûrement ici du même endroit que Tatiana.
- 37:45Mais personne ne semble l'avoir vu.
- 37:47Il tape aux portes. Enquête auprès des habitants.
- 37:50Mais toujours le même constat, elle semble s'être évaporée,
- 37:55mais pas pour longtemps. Chapitre 7, un massacre sans nom
- 38:05ça fait 10 jours que Marie Hélène a disparu.
- 38:09Son portrait est affiché dans toute la ville, mais l'enquête
- 38:12ne donne rien. On le sait, dans ces cas-là,
- 38:15plus le temps passe, plus les chances de la retrouver évidente
- 38:18diminue. Et c'est un pur hasard qui va
- 38:20mettre fin au suspense. À quelques kilomètres de là, un
- 38:22homme s'arrête sur un chemin de terre.
- 38:24Près de la 9. Il se dirige vers une décharge
- 38:27sauvage et là, au moment où il finit de se soulager, il sent
- 38:32une odeur insoutenable. On est en plein été, la
- 38:35déchetterie pue mais il comprend tout de suite que ce n'est pas
- 38:39une odeur normale. Il s'approche pour en avoir le
- 38:42cœur net. Il regarde sous un tapis et ce
- 38:44qu'il voit n'a rien à faire là, c'est un pied, un pied humain.
- 38:56La police se rend sur place et tout recommence.
- 39:00D'abord les constatations. Le corps est dans un état de
- 39:03décomposition extrêmement avancé.
- 39:05L'odeur est telle que certains policiers doivent respirer à
- 39:08travers un. Mouchoir imbibé d'eau de Cologne
- 39:10pour tenir. Mais cette odeur, ceux qu'ils
- 39:13l'ont senti ne l'oublieront jamais.
- 39:15Et pourtant. Elle n'est rien.
- 39:17Comparée à ce qu'ils ont sous les yeux, la violence est
- 39:19inouïe. Encore un cran au-dessus de
- 39:22celle infligée à l'étudiante en sociologie.
- 39:24Le corps est découvert en position quasi fœtale.
- 39:27La mise en scène est atroce. La victime n'a plus de mains ni
- 39:31de tête. Sa poitrine et son bas ventre
- 39:33ont été mutilés. Et elle a été complètement
- 39:36éventrée, exactement comme mokhtaria.
- 39:39C'est la signature de celui qu'on surnommera plus tard,
- 39:42l'ogre de Perpignan. Tous comprennent immédiatement
- 39:45le meurtrier à recommencer un. Tueur en série rôde dans les
- 39:49rues de Perpignan. Et il est.
- 39:50Toujours en liberté autour du cadavre, il n'y a pas de sang.
- 39:54Elle n'a pas été tuée ici. Sur un carton juste à côté, les
- 39:58enquêteurs découvrent les viscères asséchés de la jeune
- 40:00femme. L'expression est dure, peut être
- 40:03inappropriée, mais elle a littéralement été mise en pièce.
- 40:06Quant à la tête et aux mains, elles sont introuvables.
- 40:10Les policiers ont beau ratisser la zone centimètre par
- 40:13centimètre, ils ne trouvent rien.
- 40:15On apprend alors le détail de trop, celui qui donne
- 40:18l'impression que le sort s'acharne.
- 40:20Les éboueurs sont déjà passés dans le secteur.
- 40:23Les chances de les retrouver sont quasi inexistantes.
- 40:26C'est un mystère de plus dans cette affaire qui en compte déjà
- 40:29beaucoup trop. C'est loin d'être fini.
- 40:31Un autre point vient compliquer le travail des enquêteurs.
- 40:34Le lieu, c'est véritablement le pire scénario pour eux.
- 40:38Non seulement la décharge regorge d'a DN et d'objets qui
- 40:41n'ont rien à voir avec l'affaire, mais en plus
- 40:44l'endroit est totalement à l'abri des regards.
- 40:47Pas un voisin, pas un témoin, personne pour donner le moindre
- 40:51indice. À ce moment-là, les policiers
- 40:53n'ont aucune preuve qu'il s'agit bien de Marie Hélène, mais tous
- 40:57en ont la conviction. Les similitudes sont trop
- 41:00nombreuses et c'est la seule jeune femme portée disparue dans
- 41:03le coin. Très vite, c'est confirmé,
- 41:06l'annonce à sa mère est une épreuve.
- 41:07Depuis 10 jours, conceptionne venait sans cesse aux nouvelles.
- 41:11Toujours pleines d'espoir. Mais cette fois, la vérité est
- 41:14là et elle est cruelle. Enlever Marie Hélène ne semblait
- 41:18pas suffire. Le meurtrier s'est arrangé pour
- 41:20que sa famille ne puisse pas lui dire adieu.
- 41:22Dans un tel État, impossible de leur montrer le corps.
- 41:25C'est donc en toute logique qu'en interne, les enquêteurs
- 41:28croisent les dossiers. Et les traitent comme.
- 41:31Une. Seule et unique affaire dans ce
- 41:33cas précis, la justice semble avoir retenu la leçon, Perpignan
- 41:36ne sera pas un énième crash judiciaire à la Guy Georges
- 41:39Fourniret ou encore Pierre Chanal si les policiers ont fait
- 41:42le lien. La presse ne met pas longtemps
- 41:44non plus. Et ce qui devait arriver à Riva,
- 41:47c'est la psychose. Les jeunes femmes ne traînent
- 41:49plus près de la gare, les rues se vident dès que le soleil se
- 41:52couche et l'inquiétude monte parmi les habitants.
- 41:56Chaque personne devient un agresseur potentiel.
- 41:59Perpignan vit dans la peur, il ne fait plus bon vivre.
- 42:05Chapitre 8, des pistes en cul-de-sac.
- 42:11À ce stade. Le bilan est maigre.
- 42:13Même l'inspection du petit amour d'à côté n'a rien donné et en
- 42:17prime, aucun témoin, aucun mouvement suspect.
- 42:21Cependant, une question dès le début, obsède les policiers,
- 42:24pourquoi avoir emporté la tête et les mains ?
- 42:27Retarder l'identification pour gagner du temps ?
- 42:29C'est le plus probable, peut être parce que le meurtrier
- 42:32savait que la victime pouvait être reconnue rapidement.
- 42:35Peut être parce que le connaissait et que le lien se
- 42:38refait rapidement. Et c'est pas tout.
- 42:40L'autopsie révèle un détail de taille, Marie Hélène avait mangé
- 42:44du riz peu avant sa mort, sauf qu'elle avait refusé de dîner
- 42:47avec Nelly. Mais alors ?
- 42:50Avec. Qui ?
- 42:51Si elle a partagé un repas, c'est qu'elle connaissait
- 42:53probablement son agresseur. Les policiers se tournent alors
- 42:56vers l'entourage de Marie Hélène, sa meilleure amie.
- 42:59Nelly évoque un homme dont elle n'a jamais vraiment parlé, un
- 43:02photographe d'une soixantaine d'années.
- 43:05Avec qui ? La jeune femme entretenait une
- 43:07relation discrète. Il la prenait en photo, lui
- 43:11offrait des cadeaux, l'emmenait parfois en voyage.
- 43:14Bref, leur lien était assez particulier pour éveiller la
- 43:17curiosité des enquêteurs. Mais le soir de sa disparition.
- 43:21Il a un alibi en béton, il est à l'étranger.
- 43:25Piste fermée dans les bureaux de la PJ.
- 43:28C'est le débat. 2 clans s'affrontent.
- 43:30D'un côté, il y a ceux qui croient à la thèse de l'homme
- 43:33invisible, c'est à dire qu'ils sont persuadés que le tueur est
- 43:37un monsieur de tout le monde, quelqu'un de bien éduqué qui
- 43:39passe totalement sous les radars.
- 43:41Mais de l'autre côté, une. Partie des enquêteurs refusent
- 43:45de lâcher Palomino barrios. Alors oui, il est en.
- 43:48Prison au moment des faits, mais pour eux, ça veut pas dire.
- 43:51Qu'il est innocent, ça voudrait plutôt dire qu'il a un complice.
- 43:54Quelqu'un qui aurait copié sa méthode pour essayer de le faire
- 43:58innocenter et YA1 détail qui les conforte dans cette idée.
- 44:02Cette fois, les mutilations sont.
- 44:04Beaucoup plus grossières, comme si quelqu'un d'autre avait
- 44:07essayé d'imiter sa signature. C'est d'ailleurs.
- 44:10L'une des rares fois où les hommes de la PJ envisagent non
- 44:13pas un, mais 2 meurtriers. Quoi qu'il en soit, qu'ils
- 44:17penchent d'un. Côté ou d'un autre.
- 44:18Ils n'ont toujours rien et surtout ils ont moins puisque
- 44:22Andreas Palomino Barrios a été innocenté et remis en liberté.
- 44:26Ils ressortent plus de 50 dossiers, interrogent tous les
- 44:29profils suspects de la ville et les éliminent un par un, mais
- 44:34rien. Fin août 4. 20108, une.
- 44:37Nouvelle hypothèse émerge et cette fois-ci, elle a du poids.
- 44:41Au moment où les experts travaillent dans la décharge
- 44:43sauvage. Après la découverte de Marie
- 44:45Hélène, une voiture est arrivée. Et.
- 44:48A fait demi-tour. Dès qu'elle a vu les policiers,
- 44:51le comportement est pour le moins suspect.
- 44:54Cette voiture, elle vient du hameau juste à côté.
- 44:57Et dans ce hameau, il YA1 homme au casier judiciaire bien plein,
- 45:00entre autres pour agression sexuelle.
- 45:04Bingo, il a le profil. Il s'appelle Eli Radondi.
- 45:09Le 20 août. À 06h00 du matin, la police
- 45:11débarque chez lui et fouille tout.
- 45:12Il trouve des armes, des livres de médecins, des taches brunes
- 45:16dans sa voiture. Rien ne va dans le sens de son
- 45:18innocence. En garde à vue, il s'énerve.
- 45:21Il nie tout, il crie. Son innocence.
- 45:23Et quand on lui montre la photo du corps de Marie Hélène, il la
- 45:26repousse violemment. Il a l'air vraiment secoué et
- 45:30écœuré. Sincérité ou jeux d'acteur ?
- 45:34Les policiers doutent, mais c'est.
- 45:36Finalement, la science qui va l'innocenter.
- 45:38La tâche dans la 2 chevaux. C'était du sang animal et son
- 45:41demi-tour devant la décharge, il n'était juste pas en règle avec
- 45:45ses papiers, il voulait éviter les flics.
- 45:47Rien ne le relie au meurtre. Il le remit en liberté.
- 45:51Encore une fois, la piste s'effondre et ils n'en ont pas.
- 45:5410000 ce qui leur manque, ils le savent, c'est ce petit coup de
- 45:57pouce du destin, ce hasard qui mène au dénouement de l'affaire.
- 46:02Mais la chance n'est définitivement pas de leur côté
- 46:04et a même tendance à leur jouer des tours.
- 46:07En novembre 98, ils sont appelés en urgence à Bordeaux.
- 46:10Un corps de femme a été découpé et les organes génitaux ont été
- 46:13prélevés, mais prenant connaissance du dossier,
- 46:17l'espoir chute, il s'agit d'un drame conjugal et les
- 46:19mutilations ne correspondent pas.
- 46:21Comment ils en sont ? Sûrs ?
- 46:23Eh Ben dans la presse, il YA1 élément qui n'a pas été révélé,
- 46:26c'est que les organes génitaux prélevés par le Jack l'Éventreur
- 46:29Perpignanais incluent l'anus. Là c'est pas le cas.
- 46:34Les enquêteurs décident quand même d'interroger le mari
- 46:36meurtrier et ce qu'on peut dire, c'est qu'ils ont bien fait.
- 46:40Ils réalisent que la découpe des parties intimes ne prend pas du
- 46:43tout. 01h30, comme l'avait dit le médecin légiste de
- 46:45Mokhtarien. L'homme a mis moins de 10 Min.
- 46:49Mais en plus il l'a fait à même le sol, sans table.
- 46:52Pour la PJ, c'est le choc. Ça veut dire que le tueur n'est
- 46:55peut être. Pas un médecin.
- 46:57Et qu'ils font fausse route depuis le début.
- 46:59Nous sommes désormais à la fin de l'année 1998.
- 47:00Et enfin, la roue tourne pour les enquêteurs.
- 47:02Le 30 décembre, un feu dérape dans un champ au sud de
- 47:06Perpignan. En éteignant les flammes, un
- 47:08pompier pensait trouver des cendres.
- 47:10Ils ont trouvé pire. Une.
- 47:14Tête, 2 mains. Et une bague dans un sac.
- 47:17Le meurtrier sort de l'ombre, comme s'il narguait les
- 47:20enquêteurs. Parce que ce sac, il est
- 47:21fortement probable qu'il l'ait posé récemment.
- 47:25Le lieu n'a pas l'air d'un hasard, le père et les oncles de
- 47:28Marie, Hélène, y ont travaillé. Coïncidence troublante ou
- 47:31tentative délibérée d'orienter les soupçons ?
- 47:34Les enquêteurs s'interrogent, d'autant qu'un détail refait
- 47:37surface près du corps des mois plus tôt.
- 47:40Un cartable d'écolier avait été retrouvé, portant un nom qui ne
- 47:44correspond à aucun élève connu en France.
- 47:47Comme si le tueur semait volontairement de fausses
- 47:50pistes, comme si ils jouaient avec eux.
- 47:53Face à cette mise en scène, les policiers cherchent à comprendre
- 47:56à qui ils ont à faire. Un profileur est consulté.
- 47:59Selon lui, l'auteur pourrait être animé par une haine
- 48:01profonde des femmes avec un comportement déviant et une
- 48:04possible dimension sexuelle dans les mutilations.
- 48:08Mais ses conclusions divisent. Le profilage, c'est tout récent.
- 48:11À l'époque, le grand public a connu ça avec le silence des
- 48:14agneaux. Mais sur le terrain, les
- 48:16profileurs passent souvent pour des charlatans.
- 48:18Certains pensent en effet comme. Lui qu'il s'agit d'un seul
- 48:21homme. D'autres n'écartant pas la
- 48:23possibilité de plusieurs auteurs.
- 48:25Une chose en revanche, ne fait plus de doute, celui qu'il
- 48:28traque est organisé, patient et surtout, il est encore libre.
- 48:37Le 25 avril 2000, à Lyon, l'enquête rebondit à nouveau de
- 48:41façon spectaculaire, un Espagnol de 45 ans, Esteban Reire, est
- 48:45arrêté alors qu'il nettoie le sang d'un homme qu'il vient de
- 48:48démembrer. Très vite, la PJ de Perpignan
- 48:50fait le rapprochement. Reire vivait près de la gare
- 48:53lors du premier meurtre et il travaillait près de argelès.
- 48:57Lors du 2nd. Il correspond en tout point au
- 49:01profil qu'il recherchait. Il est violent, instable et
- 49:04surtout le plus accablant, il possède cette effrayante
- 49:08maîtrise de la découpe. Les policiers n'en demandaient
- 49:11pas tant. Le suspect idéal leur est servi
- 49:13sur un plateau d'argent. C'est presque trop beau.
- 49:16En garde à vue, ils alternent entre délire et provocations,
- 49:19évoquant même les meurtres de Perpignan devant les témoins.
- 49:22Mais alors que les enquêteurs pensent tenir leur coupable, la
- 49:25preuve formellement. Puis, en 2002, raillir ce pan
- 49:29dans sa cellule en portant ses secrets dans la tombe et avec
- 49:33lui peut être une part de la vérité dans la presse.
- 49:36L'affaire des disparus de la gare s'évanouit.
- 49:39Peu à peu et avec elle, le souvenir de Tatiana Mokhtaria et
- 49:43Marie Hélène. Pourtant, juste après les
- 49:46meurtres, des théories de plus en plus folles ont inondé les
- 49:49kiosques, dont une en particulier, et si le meurtrier
- 49:54était un fan de Dali ? Les policiers ne ferment aucune
- 49:57porte. Après tout, cette théorie tient
- 49:59la route. Si on suit leur piste
- 50:01principale, celle d'un homme soigné qui s'y connaît en
- 50:04anatomie, alors pourquoi pas en art ?
- 50:07Cette hypothèse, elle est farfelue certes, mais elle vient
- 50:10pas de nulle part. La gare de Perpignan, pour le
- 50:12peintre, c'est une vieille obsession.
- 50:14Il y voit le centre de l'univers, mais s'il résume
- 50:17grossièrement, c'est plus une référence à sa double culture.
- 50:21Pour l'instant c'est un peu léger, c'est pas vraiment ce qui
- 50:24a permis de faire le lien. Non, c'est un détail bien plus
- 50:26macabre, un tableau sur lequel on voit un corps de femme
- 50:29démembré et la ressemblance. Avec les crimes est troublante.
- 50:33Faut-il maintenant chercher les indices des prochains crimes
- 50:35dans les œuvres du peintre ? L'énigme à la davinci code est
- 50:38tentante, mais les enquêteurs n'y croient pas et rapidement,
- 50:41les similitudes sont renvoyées au rang de simple coïncidence
- 50:45hasardeuse. Pourtant, le mal est fait.
- 50:47Le Buzz est tel que les disparus de Perpignan dépassent les
- 50:50frontières pour un moment seulement avant de sombrer
- 50:53lentement dans l'oubli. Mais un nouvel événement va à
- 50:56nouveau bouleverser le dossier. Chapitre 9, la dernière
- 51:03disparue, la disparue de trop, 3 ans.
- 51:14C'est le temps qu'il a fallu pour que l'enfer recommence.
- 51:17Le 9 février 2001, c'est au tour de Fatima de disparaître sans
- 51:21aucune explication. Elle A203 ans, elle est
- 51:23étudiante et elle possède exactement le profil qui semble
- 51:27fasciner le tueur. Brune, bouclée, jolie
- 51:29méditerranéenne. Ce soir-là.
- 51:32Elle quitte son job chez Darty pour rentrer chez elle à pied.
- 51:35Une collègue la voit s'éloigner. Personne ne la verra arriver.
- 51:40Elle portait une jupe noire, une veste en daim, des talons.
- 51:44Sous le bras. 1£ emprunté à la bibliothèque universitaire dans
- 51:47lequel elle a glissé son bulletin de paye.
- 51:50Un détail banal, presque dérisoire, qui va se révéler
- 51:53crucial chez les hydraouf. L'inquiétude monte de suite.
- 51:57Elle devait rentrer avant 19 h. Dès 19h30, sa sœur l'inonde
- 52:00d'appels, mais le téléphone sonne dans le vide.
- 52:04Fatima est une jeune fille sérieuse, très respectueuse des
- 52:06règles de sa famille, très stricte et très traditionnelle.
- 52:09Alors un retard sans prévenir, c'est pas envisageable ?
- 52:13Alors ce silence, ils le savent, il présage le pire.
- 52:17Ils préviennent immédiatement la police au commissariat, les
- 52:20policiers comprennent de suite le profil, le secteur, l'avenue
- 52:24n'guesser, Ecoli, le quartier de la gare.
- 52:28Tout ramène au triangle maudit. Le rhum a encore frappé, il n'y
- 52:33a pas de temps à perdre, c'est un contre la montre qui commence
- 52:36pour peut être retrouver Fatima vivante au sein de la PJ, c'est
- 52:40l'état d'alerte. Le dispositif déployé pour
- 52:43retrouver Fatima est colossal. Perpignan se transforme en
- 52:46forteresse. Personne ne peut entrer ou
- 52:49sortir de la zone sans passer entre les mains des forces de
- 52:52l'ordre. Les patrouilles quadrillent
- 52:54chaque mètre carré. Les rues sont bouclées et des
- 52:57bouchons interminables se forment sous l'effet des
- 52:59contrôles systématiques. On interroge, on fouille, on
- 53:03traque le moindre indice, le nom de Fatima est sur toutes les
- 53:05lèvres. Mais la réalité est cruelle, ce
- 53:08déploiement de force arrive trop tard, elle aussi s'est
- 53:11volatilisée. Là aussi, la même certitude
- 53:15s'impose, Fatima n'a pas fugué, son compte bancaire ne bouge pas
- 53:19pendant les jours qui suivent sa disparition et elle n'a pas
- 53:22emporté d'affaires. Elle n'aurait pas non.
- 53:24Plus fait du stop ni fait confiance à un inconnu.
- 53:27C'est une jeune femme discrète, prudente et attachée à ses
- 53:31valeurs familiales. La thèse d'un départ avec un
- 53:34amoureux ne tient pas non plus pour la simple et bonne raison
- 53:36qu'elle souhaite se préserver avant le mariage.
- 53:39Pour l'instant, rien ne la rapproche des autres victimes.
- 53:42Sauf que son profil est plus complexe.
- 53:45Fatima rêve d'indépendance et de liberté.
- 53:47Au point de s'opposer à certaines traditions
- 53:49familiales ? Et sur ce point, la ressemblance
- 53:52avec mokhtaria est fascinante. Avec un tel profil, les
- 53:56enquêteurs en viennent à une conclusion glaçante, elle
- 53:59connaissait probablement son agresseur comme les 3 autres.
- 54:03Une question s'impose, ces 4 jeunes femmes ont, elles,
- 54:06croisées le même homme ? Pour l'instant, aucun nom
- 54:09n'apparaît dans les 4 dossiers. Les jours passent, mais cette.
- 54:13Fois, c'est pas une fausse piste qui attend les enquêteurs.
- 54:16C'est un miracle, un pur hasard, une accumulation de petits
- 54:19détails. Qui vont pouvoir débloquer
- 54:22l'affaire. Il a d'abord fallu que le vent
- 54:23se lève. Il a fallu qu'un homme remarque
- 54:26un papier traîné sur un parking et qu'il ait la curiosité de le
- 54:29ramasser. Et enfin qu'il fasse le lien.
- 54:32Parce qu'en regardant ce papier de plus près, il réalise que
- 54:35c'est un bulletin de paye. Le nom dessus est sans appel.
- 54:39Fatima hydraou preuve que la campagne de.
- 54:42Recherche n'a pas servi à rien mais la chance ne s'arrête pas
- 54:45là pour les enquêteurs. En interrogeant le responsable
- 54:48du magasin, il lui demande. Si par hasard.
- 54:51Il aurait pas vu quelque chose d'étrange.
- 54:53La réponse est oui. L'homme se souvient d'une Opel
- 54:56Vectra blanche le soir du 9 février.
- 54:59D'abord, il y prête pas attention.
- 55:01Il a l'habitude que des couples illégitimes viennent y faire
- 55:04leurs affaires. Sauf que cette.
- 55:06Fois. Il entend un cri et voit une
- 55:08jambe sortir côté passager, une jambe de femme en jupe.
- 55:13La femme tente de sortir de la voiture mais le conducteur la
- 55:16retient et la ramène violemment dans l'habitacle.
- 55:19Il ne fait rien pour lui, c'est une dispute de couple banal.
- 55:23Il aurait suffit d'un peu de curiosité et de courage pour
- 55:26demander si tout allait bien et peut être que Fatima n'aurait
- 55:29jamais été dans la colonne. Fait divers au cas où, pour la
- 55:32forme, les policiers demandent sans trop y croire s'il a noté
- 55:35la plaque d'immatriculation. La réponse du gérant lessidère,
- 55:38oui, il a noté la plaque. Les enquêteurs n'y croient
- 55:41toujours pas. Mais l'identification n'a pas
- 55:44été aussi simple. Il y avait 2 erreurs dans le
- 55:46relevé mais le reste était assez solide pour finalement remonter
- 55:50jusqu'à un nom. Marc Delpech
- 56:05chapitre 10. Un homme perturbé.
- 56:11Marc Delpech, c'est un homme banal et sans histoire qui ne se
- 56:15fait pas remarquer. Mais dans les jours qui suivent
- 56:17la disparition de Fatima, son comportement intrigue
- 56:20immédiatement son entourage. Le 9 février, jour de la
- 56:24disparition, il ne se présente pas au travail.
- 56:27Il arrive avec près de 05h00 de retard, livide, méconnaissable.
- 56:31Ceux qui le voient ce soir-là. Parlent d'un homme.
- 56:33Absent et ailleurs, comme vidé, les soirs passent et il continue
- 56:37de travailler dans son bar, le San Diego.
- 56:40Et quelque chose a changé. Il oublie ses commandes, se
- 56:43trompe, fixe le vide. Son frère remarque aussi une
- 56:46blessure à la main. La faute au bricolage.
- 56:49L'explication passe. Sur le moment, chez lui à Canet,
- 56:53ses voisins notent également un changement brutal, Marc ne sort
- 56:56plus. Les volets restent fermés toute
- 56:58la journée. Sa femme et sa fille sont en
- 57:00vacances en Lorraine. Lui reste seul, enfermé dans le
- 57:03pavillon familial. Une semaine plus tard, il les
- 57:06rejoint là-bas aussi, son comportement inquiète.
- 57:09Il dort mal, se couche plus tôt, semble avoir besoin de parler,
- 57:12mais ne dit rien, comme si quelque chose pesait sur lui.
- 57:15Du côté des enquêteurs, on le cherche à son domicile, il n'y a
- 57:20personne. L'info tombe rapidement, le
- 57:22suspect est toujours à l'autre bout de la France, en Lorraine.
- 57:25Ils ne réfléchissent pas, il faut faire vite, très vite, 7 h
- 57:29de route, pieds au plancher et évidemment sans la moindre
- 57:32pause. L'enjeu est double, ils doivent
- 57:34arriver avant 21 h pour respecter l'heure légale de
- 57:37perquisition. Mais surtout, ils ont cette
- 57:39pensée qui les obsède, Fatima est peut être encore vivante.
- 57:44Le soir 21 février, Marc Delpech est effectivement chez ses beaux
- 57:47parents en Lorraine. Pendant que les policiers sont à
- 57:50pleine vitesse sur l'autoroute, lui est en famille, l'ambiance
- 57:52est calme, presque normale. Puis une voiture se gare devant
- 57:56la maison. Marc regarde par la fenêtre et
- 57:59son visage change, il comprend immédiatement, il se lève, il
- 58:03cherche une issue. Mais c'est trop tard.
- 58:06Le commandant Marseille entre et lui pose une question, où est
- 58:10elle à ce moment là ? Le temps s'arrête.
- 58:13Puis Delpech répond sans émotion, je l'ai jeté au Cap
- 58:16Béar. Personne ne parle, personne ne.
- 58:21Bouge, puis sa femme hurle et pleure.
- 58:24Lui reste immobile. Il vient d'avouer.
- 58:28Les policiers l'embarquent immédiatement, direction
- 58:31Perpignan. Pendant le trajet, il est calme,
- 58:34il est presque détaché. Il explique qu'il connaissait
- 58:36Fatima, qu'ils s'étaient rencontrés quand elle
- 58:39travaillait en caisse au Leclerc, puis qu'ils avaient
- 58:41sympathisé avant de devenir amants.
- 58:43Mais le 9 février, elle l'aurait menacée de révéler leur relation
- 58:46à sa femme. Alors il panique.
- 58:48Il l'étrangle dans sa voiture, puis rentre chez lui, place le
- 58:52corps dans un sac, le transporte jusqu'au cap Béar, à un endroit
- 58:56qu'il connaît bien. Il enfile une combinaison de
- 58:58plongée, nage au large et. Abandonne le corps dans l'eau.
- 59:02Ensuite il entre chez lui, pleure un coup.
- 59:05Puis reprend sa vie comme si de rien n'était sur le papier.
- 59:08Tout ? Semble cohérent, trop cohérent,
- 59:11peut être très vite. Les enquêteurs doutent.
- 59:14Le Cap Béar n'est pas un endroit isolé comme il le prétend.
- 59:17C'est un site escarpé, certes, mais surveillé, fréquenté par
- 59:21des pêcheurs, des promeneurs et surtout la route.
- 59:23Est semée de policiers et de douaniers.
- 59:25S'y rendre la nuit, transporter un corps, entrer dans l'eau et
- 59:28disparaître sans être vu relève déjà de l'exploit.
- 59:31Mais un détail achève de fragiliser son récit.
- 59:34Lors de la perquisition, les policiers retrouvent dans sa
- 59:37cave la combinaison et les palmes qu'il affirme avoir
- 59:39utilisées ce soir-là, elles sont intactes, couvertes de poussière
- 59:44et de toile d'araignée. Tout indique qu'elles n'ont pas
- 59:47été utilisées depuis longtemps. Sa version, pourtant si précise,
- 59:51commence à se fissurer. Un pompier sportif entraîné
- 59:54tente de reproduire ses gestes mais il galère.
- 59:57Peu probable étant donné que Marc Delpech n'a absolument.
- 1:00:00Rien d'un athlète. Non, Marc Delpech n'a rien d'un
- 1:00:03prédateur ou d'un surhomme, c'est plutôt le gros nounours
- 1:00:06par excellence, inoffensif, un peu effacé.
- 1:00:10Mais c'est justement ce qui le rend dangereux.
- 1:00:12Et c'est pour ça qu'il coche la case principale du tueur de
- 1:00:15Perpignan. Un homme lambda, banal au-dessus
- 1:00:19de tout soupçon, chapitre 11, Fatima et l'étang de Canet ?
- 1:00:30Puis le hasard frappe une nouvelle fois sur les rives de
- 1:00:33l'étang du Cannet. L'eau finit par reculer et
- 1:00:36révèle ce qu'elle cachait depuis des jours, un corps.
- 1:00:40Fatima, elle est là, à quelques kilomètres seulement de chez
- 1:00:44Marc Delpech. Enfouie dans la boue sur le
- 1:00:47ventre, les jambes prises dans la vase, sa peau est devenue
- 1:00:50pâle, presque blanche. Sur son visage, des traces de
- 1:00:53coups. Le reste de son corps est
- 1:00:55intact. Pas de mutilation.
- 1:00:57Marc Delpech aurait-il été pris de court et n'aurait pas eu le
- 1:01:00temps de couper le corps ? Est ce qu'il essayait d'utiliser
- 1:01:03un nouveau mode opératoire si il a menti sur le lieu du corps
- 1:01:07avec autant de précision et d'aisance ?
- 1:01:09Les enquêteurs le savent, il peut aussi mentir sur le reste,
- 1:01:12il le confronte à ses mensonges et finit par livrer une version
- 1:01:15un peu plus probable, surtout sur un point, l'adultère.
- 1:01:20Parce que si y a bien un truc que les proches et les policiers
- 1:01:22ne croient pas, c'est ça. Les quelques échanges retrouvés
- 1:01:25entre eux sont anodins. Des mails sans importance venant
- 1:01:29uniquement de Marc et ce sont des blagues.
- 1:01:31À l'époque, c'était à la mode de faire passer les mails
- 1:01:33humoristiques. Rien de personnel.
- 1:01:35Y a bien eu un certificat médical pour un arrêt médical de
- 1:01:39la jeune femme fait par le père médecin de Marc, mais rien de
- 1:01:42plus. Rien qui ressemble à une
- 1:01:45liaison, rien qui explique pourquoi cette jeune femme
- 1:01:48prudente, méfiante, aurait accepté de le suivre seul la
- 1:01:52nuit. Et finalement il finira.
- 1:01:54Par se mettre à table ? Il serait tombé.
- 1:01:56Par hasard sur elle et aurait proposé de la raccompagner par
- 1:01:59ce froid de décembre. Elle aurait hésité mais aurait
- 1:02:02fini par accepter. Là, il aurait prétexté devoir
- 1:02:06faire une course au Leclerc. Ce à quoi elle ne s'oppose pas.
- 1:02:09Mais arrivé sur le parking il lui dit qu'il a besoin de lui
- 1:02:12parler mais qu'il veut pas qu'il soit vu ensemble.
- 1:02:15Elle hésite mais ne bouge pas peut être par politesse.
- 1:02:19Il l'amène devant le fameux magasin et lui aurait dit qu'il
- 1:02:23voulait avoir un rapport avec elle.
- 1:02:25À ce moment-là, elle aurait eu un regard dédaigneux.
- 1:02:28Il aurait pété les plombs et l'aurait étranglée.
- 1:02:30Lorsqu'il relâche enfin la pression, Fatima ne réagit plus.
- 1:02:34Elle est morte et à. Cet instant précis, tout
- 1:02:37bascule. Au lieu d'appeler les secours,
- 1:02:39au lieu de tenter quoi que ce soit, il choisit de dissimuler
- 1:02:42ce qu'il vient de faire. Il rentre chez lui et enroule
- 1:02:45son corps dans des sacs poubelles, puis fait passer
- 1:02:47Fatima du siège passager vers le coffre.
- 1:02:51Puis referme soigneusement la voiture, comme s'il pouvait
- 1:02:53encore contenir la réalité dans ce coffre.
- 1:02:56Et le plus glaçant, c'est ce qu'il fait ensuite, il ne
- 1:02:59cherche pas immédiatement à se débarrasser du corps.
- 1:03:01Il part travailler toute la soirée.
- 1:03:04Il est derrière son bar, il sert des clients, échange des
- 1:03:07banalités, encaisse des consommations alors que dans son
- 1:03:10garage, dans l'une de ses voitures, repose le corps.
- 1:03:13Sans vie d'une jeune femme à qui il vient d'ôter la vie, ce n'est
- 1:03:16qu'au milieu de la nuit. Vers 03h00 du matin, lorsqu'il
- 1:03:19est certain que plus personne ne circule, qu'il reprend le volant
- 1:03:22et conduit jusqu'à l'étang de Canet.
- 1:03:24Un endroit sombre, isolé qu'il connaît suffisamment pour penser
- 1:03:28qu'il pourrait y faire disparaître toute trace.
- 1:03:30Il ouvre le coffre et tire le corps pour le jeter dans l'eau
- 1:03:34froide. Il pense qu'en un geste, son
- 1:03:36crime va disparaître. Mais dans le noir, tout dérape.
- 1:03:40Il trébuche, chute et perd même le cadavre dans l'obscurité.
- 1:03:44Il s'acharne et essaye tant bien que mal d'enterrer Fatima sous
- 1:03:47la vase avant de finir par lâcher prise en espérant
- 1:03:50simplement que la boue fera le reste.
- 1:03:52Le récit est chaotique. Un comportement qui ne ressemble
- 1:03:55pas à celui d'un routard du crime.
- 1:03:58Face aux enquêteurs, il admet également l'avoir entravée avec
- 1:04:01du ruban adhésif et évoque un viol, puis se rétracte, comme
- 1:04:05par hasard au moment du retour de l'autopsie, quand il apprend
- 1:04:08que le corps est si détérioré. Que rien ne prouve légalement
- 1:04:12qu'il a abusé d'elle. Ce qui est sûr, en revanche,
- 1:04:14c'est qu'après l'avoir tué, il a continué à vivre pendant
- 1:04:18plusieurs jours. Répondant même à une amie de
- 1:04:20Fatima qui lui a demandé si elle n'était pas passée dans son bar,
- 1:04:24Marc Delpech a avoué. Le corps a été retrouvé,
- 1:04:28l'affaire semble résolu. Mais pour certains policiers,
- 1:04:32quelque chose ne colle pas, pas complètement, pas avec les
- 1:04:36autres disparitions, pas avec mokhtaria.
- 1:04:39Pas avec Marie Hélène, mais le récit du camouflage du corps
- 1:04:43n'est il pas lui aussi un mensonge comme celui du Cap
- 1:04:48Béar ? Rien ne peut l'assurer.
- 1:04:50Alors une question persiste toujours YAT il ?
- 1:04:53D'autres victimes de Marc Delpech et Tatiana Mokhtaria et
- 1:04:56Marie Hélène en font elles partie chapitre. 12 Marc
- 1:05:04Delpech, un prédateur à une. Ou plusieurs pros ?
- 1:05:103 h, c'est le temps alloué aux enquêteurs pour interroger
- 1:05:13Delpech sur l'ensemble des disparus de la gare.
- 1:05:17Pourquoi ? Eh Ben parce que rien ne le
- 1:05:19relie directement et techniquement aux 3 autres
- 1:05:22dossiers. Officiellement, Marc Delpech
- 1:05:24n'est inculpé que pour le meurtre de Fatima et uniquement
- 1:05:28pour celui-là, malgré les similitudes troublantes avec les
- 1:05:31crimes de la gare, malgré les années d'enquête, malgré
- 1:05:33l'intime conviction de certains policiers.
- 1:05:36Il n'existe aucun élément matériel permettant de le relier
- 1:05:39juridiquement aux disparitions de mokhtaria, de Marie Hélène ou
- 1:05:43de Tatiana. La justice fonctionne sur des
- 1:05:46preuves, pas sur des intuitions. Alors faute de mieux, les
- 1:05:49enquêteurs n'ont que 3 h d'interrogatoire 3 h pour tenter
- 1:05:54de faire vaciller un homme qui peut être détient à lui seul la
- 1:05:58clé. D'une énigme vieille de.
- 1:05:59Plusieurs années. Les policiers et c'est tout pour
- 1:06:02le faire craquer. Il mise sur une fracture
- 1:06:05psychologique et espère que sa femme abandonne.
- 1:06:08Mais elle fait bloc. En gros, s'il pense qu'il a tout
- 1:06:10perdu, il pourrait parler. Mais si sa femme il l'attend
- 1:06:13dehors, il risque de tout faire pour passer.
- 1:06:15Le moins de temps en prison mais même menacé de perdre la garde
- 1:06:18de sa fille, sa femme ne lâche pas.
- 1:06:21Et Marc Delpech, du coup, il tient-il nie tout.
- 1:06:24Répète qu'il ne sait pas découper un corps.
- 1:06:26Il reste de marbre. Enfin, à l'exception d'un
- 1:06:29moment. 1/4 de 2nde terrifiant qui en dit long sur le double
- 1:06:33visage du personnage. Pendant l'interrogatoire, il
- 1:06:37fixe un stylo posé sur la table. Le policier le retire par
- 1:06:40réflexe. Delpech le regarde alors dans
- 1:06:42les yeux et lâche froidement, j'aurais pu m'en servir pour
- 1:06:45faire du mal. Le froid s'installe, c'est la
- 1:06:48seule fissure, le seul instant où le monstre a montré son
- 1:06:52visage, puis. Il y a le Graal.
- 1:06:54Un élément tellement troublant que la mère de Tatiana restera
- 1:06:57persuadée, même 30 ans après la disparition de sa fille, que
- 1:07:01Marc Delpech est bien le responsable.
- 1:07:03C'est sûrement. Le détail de cette histoire qui
- 1:07:06m'a le plus fasciné pendant mes recherches ?
- 1:07:08En fouillant la maison, les policiers tombent sur des
- 1:07:11coupures de presse sur les disparus de la gare.
- 1:07:15Ces suspects. Mais c'est rien.
- 1:07:17Comparé aux écrits de Delpech, au premier abord, ce sont de
- 1:07:20simples ébauches de romans policiers.
- 1:07:22Étrangement, le héros n'est autre que le patron du Bar San
- 1:07:26Diego, le nom de son bar dans la vraie vie.
- 1:07:29Jusque là, rien de criminel, une simple fantaisie.
- 1:07:32Mais en tournant les pages, il tombe sur un.
- 1:07:34Chapitre qui les glace, son titre, c'est.
- 1:07:37Tatiana, est ce que c'est une coïncidence ?
- 1:07:40Le contenu prouve le contraire. Il y raconte l'enlèvement d'une
- 1:07:43lycéenne brune. De 17 ans, elle est seule, elle
- 1:07:48fait de l'auto stop rue Courteline, le trajet, le lycée,
- 1:07:51la personnalité, absolument tout correspond à Tatiana andourar.
- 1:07:55Pour les enquêteurs, c'est une certitude, ils tiennent leur
- 1:07:59homme. Mais la réalité juridique est
- 1:08:01plus complexe. Un roman reste de la fiction.
- 1:08:04Par définition, ce n'est pas une preuve et ça ne peut pas être
- 1:08:08considéré comme un aveu. La vérité semble pourtant être
- 1:08:11là, écrite noir sur blanc, ou Marc Delpech est juste un homme
- 1:08:15attiré par le morbide qui a longuement étudié l'affaire.
- 1:08:18Tatiana andorrar pour trouver l'inspiration, c'est pas
- 1:08:21impossible, mais ça paraît un peu gros.
- 1:08:24À la fin de son interrogatoire, il pose une question
- 1:08:27dérangeante, si il sort, les enquêteurs pensent-ils qu'il va
- 1:08:32recommencer ? Comme s'il avait 2 visages, un
- 1:08:36gentil ? Et un mauvais.
- 1:08:37Et qu'il ne savait pas lui même de quoi il était capable.
- 1:08:43Chapitre 13, le procès du tueur de Fatima, le 16 juin 2004, près
- 1:08:52de 6 ans après la mort de Fatima.
- 1:08:54Le procès de Marc Delpech s'ouvre devant la Cour d'assises
- 1:08:58des Pyrénées Orientales l'audience est pleine à craquer,
- 1:09:02l'ambiance est tendue. Dans la salle, il y a les
- 1:09:05journalistes, les curieux, les anonymes venus apercevoir celui
- 1:09:08que la presse surnomme déjà le Jack Éventreur français.
- 1:09:11Mais surtout, il y a les familles.
- 1:09:14Celle de Fatima évidemment, et plus discrètement celle de
- 1:09:17Moktaria, de Marie Hélène et de Tatiana.
- 1:09:21Officiellement, Marc Delpech n'est jugée que pour un seul
- 1:09:24meurtre. Officieusement.
- 1:09:25Tout le monde est là dans l'espoir que le procès fasse
- 1:09:27avancer les autres dossiers, que le monstre parle.
- 1:09:30Lorsque Marc Delpech entre dans le box, la tension est à son
- 1:09:33comble. Tous les regards se tournent
- 1:09:35vers lui. L'homme a changé, il est plus
- 1:09:38lourd, En résumé, plus fermé. Il porte sur lui le poids de
- 1:09:43l'incarcération. Son visage est marqué par des
- 1:09:46cernes profondes. Il porte une tenue claire
- 1:09:48soigneusement choisie pour inspirer la confiance.
- 1:09:50Il ne laisse. Rien paraître, pas d'émotions,
- 1:09:54pas un geste de trop. Juste un regard fixe, presque
- 1:09:57vide. À quelques mètres de lui, la
- 1:09:59famille de Fatima fait face, sa sœur prend la parole, sa voix
- 1:10:03tremble parfois, mais ses mots restent dignes, le moment
- 1:10:06éprouvant et déchirant. Elle parle de Fatima, de sa
- 1:10:11douceur, de sa vie, de tout ce qui lui a été arraché.
- 1:10:15Dans la salle, le silence est total.
- 1:10:18Marc Delpech lui répond aux questions sans conviction, il
- 1:10:21est sous antidépresseur et il semble shooter complètement
- 1:10:25ailleurs. Il maintient sa version.
- 1:10:27Il reconnaît l'avoir tué mais nie.
- 1:10:28Toujours le viol. Il évoque un geste qui aurait
- 1:10:30échappé à son contrôle, un simple moment de panique, une
- 1:10:34impulsion qui n'est pas lui. Bref, une tragédie qu'il
- 1:10:37n'aurait pas voulu. Mais face à lui, personne ne
- 1:10:40croit plus à l'accident. Après 3 jours d'audience, le
- 1:10:42procès touche à sa fin. 3 jours pendant lesquels les familles
- 1:10:46ont dû revivre l'insoutenable. L'émotion est très forte.
- 1:10:49L'avocate générale prend la parole en dernier.
- 1:10:52Pour elle, il n'y a aucun doute. Les mensonges, les
- 1:10:55contradictions, l'état du corps. Tout indique que Fatima a été
- 1:10:59victime d'un viol. Elle demande la réclusion
- 1:11:02criminelle à perpétuité. La défense, elle, tente de
- 1:11:05sauver ce qui peut encore l'être.
- 1:11:07Elle parle d'un homme ordinaire, d'un père de famille, d'un homme
- 1:11:10qui a dérapé sans préméditation. Elle demande à la Cour de ne
- 1:11:14juger qu'un homme, pas un symbole.
- 1:11:16Le délibéré paraît interminable pour Marc Delpech, mais aussi
- 1:11:19pour les familles qui espèrent que justice.
- 1:11:21Leur sera rendu. Quand ils reviennent, Marc
- 1:11:24Delpech se lève. Il reste immobile même quand le
- 1:11:27verdict tombe, 30 ans de réclusion criminelle, dont 22
- 1:11:31ans de période de sûreté, mais pas de perpétuité.
- 1:11:33La préméditation n'est pas retenue.
- 1:11:36Dans la salle, la déception est. Immense pas parce que la peine
- 1:11:40est trop faible, mais parce que le procès n'a répondu qu'à une
- 1:11:42seule question, Marc Delpech était il seulement le tueur de
- 1:11:46Fatima ? Ou bien celui que les enquêteurs
- 1:11:48traquaient depuis le tout début ?
- 1:11:50Il fait appel de sa condamnation en espérant que le jury de
- 1:11:53Montpellier, plus citadin et moins touché par l'affaire, soit
- 1:11:56plus indulgent. La stratégie est claire, obtenir
- 1:11:58une réduction de peine. Mais le calendrier joue contre
- 1:12:01lui. Entre les 2 procès, le climat en
- 1:12:04France a changé, Nicolas Sarkozy est devenu ministre de
- 1:12:07l'Intérieur, il mène une campagne de tolérance 0.
- 1:12:11Le procès de Montpellier n'aura rien changé.
- 1:12:14Il écope de la même peine. La justice est faite pour
- 1:12:16Fatima, mais pour les autres, il faut espérer qu'un jour la
- 1:12:20lumière pourrait être faite sur ce qui est arrivé à Tatiana
- 1:12:23Mokhtaria et Marie Hélène. C'est sûrement ça le pire pour
- 1:12:26les familles comme d'habitude, c'est de ne pas savoir dans
- 1:12:29l'opinion publique. Le coupable est tout trouvé et
- 1:12:32très vite, ce qui apparaissait comme une énigme judiciaire
- 1:12:34haletante redevient un drame comme un autre qu'on évoque et
- 1:12:38dont les gens se rappellent à peu près.
- 1:12:39Mais heureusement, ceci n'est pas la fin de cette vidéo.
- 1:12:46Chapitre 14, le vrai routard du crime en 2014 1ADN match et ce
- 1:12:58qu'on n'osait même plus espérer se réalise.
- 1:13:01Le mystère de la gare de Perpignan va.
- 1:13:03Sûrement prendre fin. Un nom est sorti, Jacques
- 1:13:08rançon. Jacques comme le.
- 1:13:16Prénom de celui par lequel on. A cessé de le.
- 1:13:19Comparer Jack l'Éventreur pour les policiers, la nouvelle a un
- 1:13:22goût amer. Ce nom, ils le connaissent, ils
- 1:13:25l'ont déjà eu entre les mains. Ils l'ont même interrogé.
- 1:13:29Jacques rançon est passé entre les mailles du filet alors qu'il
- 1:13:32traînait derrière lui. Un casier judiciaire long comme
- 1:13:34le bras, rempli de viols et d'agressions sexuelles.
- 1:13:37En remontant le fil de sa vie, les enquêteurs découvrent
- 1:13:40l'itinéraire d'un. Prédateur comme la France n'en a
- 1:13:42jamais connu. Tout ?
- 1:13:44Commence en Picardie dans les années 60.
- 1:13:47Rançon grandit dans une famille très modeste, sans amour, entre
- 1:13:50un père violent et une mère handicapée.
- 1:13:52Moi, j'en avais peur. Ah oui ?
- 1:13:54Oui, j'en avais peur. Pourquoi ?
- 1:13:56Parce que il avait 1, 1 seul regard.
- 1:13:58Moi, je me méfiais de lui, je restais jamais tout seul avec
- 1:14:01lui. À Hayes, son village, les
- 1:14:04rançons sont connus pour les mauvaises raisons.
- 1:14:05Dès 1974, à seulement 15 ans, il agresse Maryline, une
- 1:14:08adolescente, pour la violer. Il est arrêté mais la plainte
- 1:14:11est classée. Le père de la jeune fille l'a
- 1:14:15déjà corrigée et les gendarmes estiment que la punition suffit.
- 1:14:18Difficile à l'époque de se douter que le petit Jacques
- 1:14:21rançon n'avait rien d'un petit criminel.
- 1:14:24Adulte, rançon est un homme instable.
- 1:14:26Il se Marie, bat sa première femme et divorce.
- 1:14:30Dès qu'il est seul, il rôde. On se rend compte que les
- 1:14:33périodes où il ne tue pas sont celles où il est en couple.
- 1:14:36En 1992, il utilise la manière forte pour arriver à ses fins.
- 1:14:39Il envoie la voiture d'une inconnue au fossé pour la
- 1:14:41violer. Il est condamné.
- 1:14:44À 8 ans de prison, je vous fais pas un dessin, vous savez très
- 1:14:47bien ce que je vais vous dire. Il sort au bout de 5 années, en
- 1:14:511997, l'année où il arrive à Perpignan.
- 1:14:52L'année. Où il tue mokhtaria à Perpignan.
- 1:14:58Rançon vit en toute impunité. Le plus dingue, c'est qu'il ne
- 1:15:02se cache pas avec sa nouvelle compagne, Lolita, qui est
- 1:15:05blonde, pas brune. Il s'installe à quelques mètres
- 1:15:08seulement du terrain vague où l'on a retrouvé mokhtaria.
- 1:15:11Plus tard, il déménage à moins d'un kilomètre du domicile de
- 1:15:14Marie Hélène Gonzalez. Il vit littéralement au milieu
- 1:15:17de ses victimes. En 1999, il est pourtant
- 1:15:19réentendu par la police. Il avait encore percuté la
- 1:15:21voiture d'une femme pour l'agresser.
- 1:15:23C'est pas un vrai loupé. À l'époque, il n'est qu'un
- 1:15:26détraqué parmi des dizaines et des dizaines d'autres.
- 1:15:29Et concrètement, rien ne le relie directement au meurtre de
- 1:15:32la gare. Sans compter que les enquêteurs
- 1:15:36cherchent un médecin, un génie du mal, un homme soigné.
- 1:15:39Mais en 98, l'histoire devient plus tragique, plus agaçante
- 1:15:43même. Alors que les services ont pris
- 1:15:44soin de toujours croiser leurs dossiers, un.
- 1:15:47Cas n'est pas transmis à la cellule de la gare.
- 1:15:49C'était malheureusement celui qu'il fallait transmettre dans
- 1:15:52ce dossier. On a du mal à savoir si c'est le
- 1:15:54sort qui s'acharne sur eux ou si, même avec la meilleure
- 1:15:58volonté du monde, le système judiciaire entrave le bon
- 1:16:00déroulé d'une enquête. Peu importe, le mal est fait.
- 1:16:04En 1998 donc, une femme survie par miracle à une agression
- 1:16:06atroce. Rue de Belfort, juste à côté du
- 1:16:09lieu du crime de mokhtarien, un homme l'a éventrée avant de
- 1:16:12fuir. Elle donne.
- 1:16:15Tout ? Au policier, son portrait,
- 1:16:17notamment ses dents dans un état catastrophique, sa voix et un
- 1:16:22détail crucial, l'agresseur lui a dit que c'était son
- 1:16:24anniversaire le 9 mars. C'est la vraie date de naissance
- 1:16:27de rançon. Mais l'affaire est classée sans
- 1:16:30suite. Pire.
- 1:16:31La PJ n'est même pas saisie. Jacques rançon vient de gagner
- 1:16:3416 ans de liberté supplémentaire.
- 1:16:36C'est en voyant le portrait de son agresseur à la télévision en
- 1:16:402014 que la victime l'a reconnu. Ce n'est pas la police qui a
- 1:16:43fait le lien ce jour-là. Cette femme a compris qu'elle
- 1:16:46avait survécu au pire, qu'elle était une miraculée.
- 1:16:49Alors comment l'a t on enfin coincée grâce à un juge
- 1:16:54d'instruction qui a eu le flair d'attendre que la technologie
- 1:16:56progresse pour analyser une chaussure de mokhtarien mais
- 1:16:59surtout. Grâce à Lolita, victime des
- 1:17:03violences de rançon, elle porte à nouveau plainte en 2014.
- 1:17:06Il était comment cet homme, avec vous, avec ses enfants ?
- 1:17:09Il m'a levée plusieurs fois la main dessus.
- 1:17:10La première fois ça a été quand j'étais enceinte de ma fille.
- 1:17:14Ensuite Ben les coups ils étaient un peu plus réguliers.
- 1:17:18C'est cette plainte qui fait entrer l'a DN de rançon dans le
- 1:17:21fichier national, le fameux FNAEG3 mois plus tard, le match
- 1:17:27tombe. Le timing est fou.
- 1:17:28Si l'analyse de la chaussure avait été faite 3 mois plus tôt,
- 1:17:32rançon serait encore libre. L'arrestation n'a rien d'un film
- 1:17:35d'action. Les policiers ne tombent pas sur
- 1:17:38un génie du mal mais sur un homme vieux portant des sacs de
- 1:17:41courses. Jacques rançon est massif, 120
- 1:17:44kilos pour 1m75. Il est négligé, son hygiène est
- 1:17:47douteuse et ses dents sont dans un état catastrophique.
- 1:17:52C'est un homme sans grande conversion qui se laisse
- 1:17:54embarquer sans résistance à la PJ.
- 1:17:56Le choc est immense. Les enquêteurs réalisent qu'ils
- 1:17:59ont cherché pendant 20 ans un profil qui n'existait pas.
- 1:18:02Ils cherchaient. Un médecin soigné, méthodique,
- 1:18:05presque élégant. Ils sont presque déçus.
- 1:18:08Ils se retrouvent pas face à un détraqué impulsif, non, rançon
- 1:18:11les désarçonne complètement. Il est respectueux, presque
- 1:18:15effacé. Mais sous cette apparence
- 1:18:17inoffensive, l'homme est une forteresse.
- 1:18:22Chapitre 15, les aveux terribles pendant plus de 30 h 38 h
- 1:18:32exactement. Il.
- 1:18:33Nie, c'est très long. Jacques rançon ne craque pas,
- 1:18:36peu importe la technique utilisée par la PJ.
- 1:18:39On l'emmène sur le terrain vague où mokhtaria a été retrouvé.
- 1:18:43Espérons un signe, une émotion. Rien.
- 1:18:46Le temps passe trop vite pour les enquêteurs qui voient la
- 1:18:48vérité en train de leur échapper.
- 1:18:50A 2 h du matin, il ne reste plus que quelques heures avant la fin
- 1:18:53légale de la garde à vue. En fait, petit point important,
- 1:18:56en 48 h de garde à vue, les suspects sont très loin de faire
- 1:18:5948 h de questions entre les rapports administratifs et les
- 1:19:02procédures. Le temps pour interroger.
- 1:19:05Est très court. Mais c'est au moment où ils
- 1:19:07commencent à ne plus y croire que l'histoire bascule.
- 1:19:10Une enquêtrice accompagne rançon pour une pause cigarette dans le
- 1:19:14calme de la nuit, hors salle d'interrogatoire, elle tente le
- 1:19:17tout pour le tout. Elle lui parle de choses
- 1:19:19banales. De la vie de ses enfants et sans
- 1:19:22qu'elle n'ait le temps de réaliser.
- 1:19:24Rançons à vous, comme si ils se soulageaient enfin.
- 1:19:28À 02h54, l'aveu tombe officiellement.
- 1:19:32Le soulagement dans les couloirs de la PJ est indescriptible.
- 1:19:36Il faut imaginer presque 20 ans d'espoir et de déception qui
- 1:19:40prennent fin. Les anciens, ceux qui ont passé.
- 1:19:42Leur vie sur ce dossier sont prévenus.
- 1:19:44Cet aveu, c'est pas juste la fin d'une histoire, c'est un travail
- 1:19:47d'équipe. Et une promesse finalement
- 1:19:49tenue, celle qu'ils avaient fait implicitement aux victimes, on.
- 1:19:53Vous ? Rendra justice cette nuit-là,
- 1:19:55personne ne dort. Tous veulent voir le visage de
- 1:19:58celui qui leur a échappé pendant 17 ans.
- 1:20:01Jacques rançon raconte alors son arrivée à Perpignan, 2 jours
- 1:20:05seulement après sa sortie de prison.
- 1:20:06Pourquoi Perpignan ? Parce que sur la carte, c'était
- 1:20:09le point le plus au sud, le plus loin possible de son passé.
- 1:20:13Mais ses démons ont voyagé avec lui.
- 1:20:16Le soir du 20 décembre 97, il sort de son hôtel près de la
- 1:20:19gare, il y a une tempête, les rues sont vides.
- 1:20:21Puis il aperçoit mokhtaria c'est pas une traque organisée.
- 1:20:26C'est la loi de l'aléatoire, ça aurait pu être n'importe qui,
- 1:20:30mais c'est tombé sur elle. Sous la menace d'un couteau, il
- 1:20:33l'entraîne dans les herbes hautes.
- 1:20:35Elle se débat. Elle hurle qu'elle va appeler la
- 1:20:37police pour rançon qui s'est promis de ne jamais retourner en
- 1:20:40cellule. C'est l'arrêt impensable.
- 1:20:42Il la tue pour la faire taire. S'il la découpe, ce n'est pas
- 1:20:45par rituel artistique, c'est par calcul.
- 1:20:48Il veut supprimer toute trace de son passage.
- 1:20:50Il lui faut à peine 5 Min pour mutiler le corps. 5 Min.
- 1:20:58J'insiste sur cette donnée, c'est celle qui a participé à
- 1:21:01créer le plus grand angle mort de cette enquête, celle d'une
- 1:21:04opération longue faite par un médecin.
- 1:21:07Il n'en était rien. Puis il rentre à l'hôtel.
- 1:21:10Ni vu, ni. Connu, pourtant couvert de sang.
- 1:21:13Et jette les organes dans une bouche d'égout.
- 1:21:15En prison, rançon tente de revenir sur ses aveux, il
- 1:21:18invente une histoire ridicule, moktaria aurait trébuché, il lui
- 1:21:22aurait juste rendu sa chaussure, ce qui expliquerait son ADN
- 1:21:25dessus. Personne n'y croit-il nie le
- 1:21:27viol mais la science l'accable. On retrouve des résidus de
- 1:21:31sperme dans la bouche de la victime.
- 1:21:32Les dernières minutes de mokhtaria ont été un calvaire
- 1:21:35sans nom. Pour Marie Hélène Gonzales, le
- 1:21:37mystère est plus long à percer car il n'y a pas d'a DN.
- 1:21:41Rançon finit par lâcher le morceau par épuisement.
- 1:21:44Le scénario est le même, mais avec une variante terrifiante,
- 1:21:48le STOP Marie. Hélène venait de manger près de
- 1:21:51la gare, elle rentrait chez elle.
- 1:21:53Il l'a prise dans sa Fiat Uno blanche.
- 1:21:55Elle lui a fait confiance mais au lieu de rentrer à Toulouse,
- 1:21:58il bifurque vers un chemin isolé.
- 1:22:00Elle comprend, elle panique. Il l'étrangle avec un câble
- 1:22:03électrique. Lors de la reconstitution, une
- 1:22:06scène va traumatiser les policiers.
- 1:22:08Tous découvrent le visage du meurtrier.
- 1:22:11La dernière chose que les victimes ont vu, et c'est
- 1:22:13effrayant. En miimant la scène, il
- 1:22:16transpire à grosses gouttes, il suffoque, son regard est celui
- 1:22:20d'un fou. À ce moment-là, rançon est un
- 1:22:22humain, mais il n'a plus rien d'un homme.
- 1:22:24Puis ses gestes deviennent précis, il mime la décapitation
- 1:22:28et l'ablation des mains. C'est là qu'il commet une erreur
- 1:22:30de calcul. Il affirme avoir coupé les pieds
- 1:22:33parce qu'il dépassait du tapis, mais les pieds de Marie Hélène
- 1:22:36étaient bien là. Toujours soudé à son corps,
- 1:22:38C'est d'ailleurs eux qui ont permis de la découvrir.
- 1:22:40On. Lui dit qu'elle n'a pas les
- 1:22:42pieds. Coupés ?
- 1:22:42Mais il insiste, il est sûr de lui confronté.
- 1:22:45Par la juge. Qui lui dit grosso modo que non.
- 1:22:47Il esquisse un sourire. Alors ça devait être une autre.
- 1:22:51Cette phrase restera comme l'une des plus effroyables de
- 1:22:54l'affaire Jacques rançon. L'homme invisible était un
- 1:22:58psychopathe au sens littéral, un homme incapable de remords.
- 1:23:02Pour l'anecdote, il a même versé de l'argent dans la cagnotte
- 1:23:04organisée pour les obsèques de Marie Hélène.
- 1:23:07Le cynisme est total. Cet homme que personne ne semble
- 1:23:11vraiment comprendre est attendu par les familles. rendez-vous à
- 1:23:14son procès. Il devra enfin affronter le
- 1:23:17regard des miraculés, celles qui ont survécu.
- 1:23:19Pour. Raconter l'horreur que les
- 1:23:21autres. Ont emporté dans la tombe.
- 1:23:25Chapitre 16, un procès sous haute tension.
- 1:23:39Mars 2018, le Palais de justice de Perpignan est littéralement
- 1:23:43en état de siège après 2 décennies d'errance et de pistes
- 1:23:46sans issues, le tueur, l'ogre, le monstre ou encore le Jack
- 1:23:50l'Éventreur de la gare a enfin un nom, Jacques rançon.
- 1:23:54Dans le box, l'homme qui apparaît ne ressemble pas au
- 1:23:56prédateur d'épaulards, c'est un homme massif, au regard fuyant
- 1:24:01et aux traits lourds. Il est négligé.
- 1:24:03Sale et il est très antipathique.
- 1:24:06Sa froideur est telle qu'il semble presque s'ennuyer face à
- 1:24:08l'horreur qu'on lui rappelle. Ce que l'instruction et les
- 1:24:11débats aux assises mettent en lumière, c'est le profil d'un
- 1:24:13homme ravagé par ses propres failles.
- 1:24:15Jacques rançon n'est pas un génie du crime, c'est un
- 1:24:18récidiviste complexé, hanté par l'idée que les femmes le
- 1:24:21quittent à cause de sa sexualité.
- 1:24:24S'ils ciblent des victimes si jeunes, c'est pour qu'elles
- 1:24:26s'assurent qu'elles n'aient aucun point de comparaison au
- 1:24:28lit pour ne pas subir leur jugement.
- 1:24:30La logique est tordue. Mais déjà, cette analyse donne
- 1:24:33quelques éléments de réponse aux familles.
- 1:24:35Quoi qu'il arrive, peu importe les raisons, elles seront pour
- 1:24:38eux toujours insuffisantes. Ces passages à l'acte sont des
- 1:24:41pulsions improvisées, juste des pulsions aléatoires rapides.
- 1:24:45Pourtant, les conséquences sont éternelles, il ne conceptualise
- 1:24:49même pas le viol. Pour lui, le meurtre n'est
- 1:24:51qu'une option technique, une solution radicale si la femme a
- 1:24:55le malheur de résister. Paradoxalement, cet homme
- 1:24:57terrifié par le regard des autres bâcle ses scènes de
- 1:25:00crime, il veut effacer ses traces, mais laisse des
- 1:25:03chaussures traîner. Quant aux mutilations atroces,
- 1:25:05il nie le fétichisme, il veut juste cacher l'identité de la
- 1:25:08victime. L'explication est peu
- 1:25:10convaincante, le fait qu'on n'a jamais retrouvé ceux de
- 1:25:13mokhtaria ni de Marie Hélène. Laissent plutôt penser qu'il les
- 1:25:17a gardées, au contraire. Mais alors où ?
- 1:25:19On ne le saura probablement jamais, l'ambiance dans la salle
- 1:25:23est électrique, saturée par une douleur qui a duré trop
- 1:25:26longtemps. Au premier rang, les familles de
- 1:25:29mokhtaria Chahib et Marie Hélène Gonzalez attendent les traits
- 1:25:32tirés, scrutant le moindre geste du monstre.
- 1:25:35Mélançon reste de marbre lorsque l'on.
- 1:25:38Détaille les mutilations chirurgicales et la sauvagerie
- 1:25:41dont il a fait preuve. Le silence devient insoutenable
- 1:25:45et c'est à ce moment que le tribunal bascule dans le chaos.
- 1:25:47À l'évocation du calvaire de Marie Hélène, les Frères ne
- 1:25:50tiennent pas. Ils se jettent sur le box des
- 1:25:52accusés. Ils tentent désespérément
- 1:25:55d'atteindre celui qui leur a tout pris, leur sœur, mais aussi
- 1:25:58leurs parents et leur vie entre parenthèses depuis 1998.
- 1:26:01Et tout ça ne reviendra pas. La scène est déchirante.
- 1:26:03Tous ressentent cette douleur profonde.
- 1:26:08Les gendarmes interviennent, le calme revient dans les rangs.
- 1:26:11Personne n'oubliera le cri de rage de ses 2 frères.
- 1:26:14Face à eux, Jacques rançon ne bronche pas.
- 1:26:16Il ne montre aucun remords, aucune trace d'humanité.
- 1:26:19Quand le Président l'interroge sur ses motivations, il se
- 1:26:22contente de balbutier des excuses qui ne convainquent pas,
- 1:26:26elles ont l'air mécaniques, pas naturelles.
- 1:26:28Sa défense n'a pas convaincu non plus, elle a même énervé.
- 1:26:32Il ne savait pas qu'il était malade, voilà, c'est tout.
- 1:26:36Comme s'il n'était pas l'auteur des crimes, mais la victime
- 1:26:39d'une maladie qu'il ne contrôlait pas.
- 1:26:41Pour les proches, c'est insoutenable.
- 1:26:43Il ne voit pas un homme malade, mais un prédateur lucide qui a
- 1:26:47choisi de les laisser dans l'ignorance pendant des années,
- 1:26:49des années où lui vivait en toute impunité.
- 1:26:52Même si la justice tranche 26 mars 2018.
- 1:26:56L'injustice est là dans ces années perdues, ces souvenirs
- 1:26:59heureux qui n'ont jamais pu exister.
- 1:27:01Jacques rançon prend la perpétuité.
- 1:27:03La peine de sûreté est de 22 ans.
- 1:27:31On s'est longtemps demandé qui était le monstre de la gare,
- 1:27:35jamais qui étaient les monstres de la gare.
- 1:27:38On n'avait jamais vraiment envisagé que dans les rues
- 1:27:40tranquilles de la ville catalane, plusieurs hommes
- 1:27:42dangereux étaient tapis dans l'ombre.
- 1:27:45Les policiers cherchaient un tueur en série, ils en ont
- 1:27:48trouvé un, Jacques rançon. Mais Marc Delpech était là
- 1:27:51aussi, tous 2 à l'abri de tout soupçon.
- 1:27:54Jacques rançon, lui, était loin d'avoir livré tous ses secrets.
- 1:27:57En 2015, face à la juge, il lâche 2 phrases qui en disent
- 1:28:00long sur les zones d'ombre de ce dossier.
- 1:28:02La première, oui, je suis le tueur de la gare, la 2e, celle
- 1:28:07qui terrifie encore plus. Un jour, je vous reparlerai.
- 1:28:11Il laisse derrière lui un sillage de sang dont on ne
- 1:28:14connaît peut être que la surface.
- 1:28:15En 2021, il est condamné. Pour un meurtre ?
- 1:28:18En 1986, la victime, Isabelle ménage.
- 1:28:22Pour chaque victime identifiée, combien de dossiers dorment
- 1:28:25encore dans des cartons poussiéreux ?
- 1:28:27C'est abyssal. À Perpignan, la gare a retrouvé
- 1:28:31son calme. Mais pour les familles, le
- 1:28:32voyage ne s'arrête jamais et au milieu de ce massacre, il reste
- 1:28:36le fantôme de Tatiana. Son dossier a plus de 30 ans, 30
- 1:28:40ans à ne pas savoir, elle aurait 47 ans aujourd'hui.
- 1:28:44Pendant des décennies, sa famille a vécu au rythme des
- 1:28:47faux espoirs. Sa mère s'arrête encore parfois
- 1:28:49dans la rue, persuadée de reconnaître sa silhouette avant
- 1:28:52que la réalité ne la rattrape. Ils ont tout tenté, les plateaux
- 1:28:56télé, les appels à témoins, un détective célèbre.
- 1:28:58Cette attente a tout brisé, la séparation des parents, la perte
- 1:29:02d'un emploi. Tatiana a disparu et a emporté
- 1:29:05avec elle la vie de ceux qui l'aimaient.
- 1:29:07Ce qui les fait tenir, c'est une conviction.
- 1:29:09Une conviction qui s'est forgée sur 3 éléments.
- 1:29:12Le premier, le manuscrit chez Marc Delpech.
- 1:29:14Le 2e, un objet découvert dans les affaires de Tatiana pendant
- 1:29:17un déménagement en 200011 flyer, mais pas n'importe lequel.
- 1:29:21Dessus écrit noir sur blanc San Diego, le bar de Delpech.
- 1:29:27À l'époque, il n'en est pas encore le propriétaire, mais il
- 1:29:29est déjà en train de se renseigner pour l'acheter.
- 1:29:32La coïncidence est troublante, mais l'élément le plus probant,
- 1:29:36c'est un souvenir d'une blague faite à Tatiana par son père.
- 1:29:41Alors qu'il a perdu son travail, elle lui dit qu'à port Leucate,
- 1:29:44là où elle travaille l'été, elle connaît quelqu'un qui pourra
- 1:29:48l'aider. Il s'appelle Marc, comme le
- 1:29:50frère de Tatiana et son nom de famille fait rigoler et chanter
- 1:29:54son père. Pour un flirt avec toi, je
- 1:29:57ferais n'importe quoi. Delpech le plus terrible Marc
- 1:30:02Delpech est sorti de prison depuis, il vit actuellement
- 1:30:07libre. Je clos ce dossier avec une.
- 1:30:10Conviction. On découvrira un jour d'autres
- 1:30:12victimes de Jacques rançon et avec un espoir le plus
- 1:30:15important, qu'un jour, enfin on sache ce qui est arrivé à
- 1:30:19Tatiana.