Latest / Le Café du Sport Business / Michel Cadot appelé en renfort pour stabiliser le modèle économique du Cojop
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:14Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:17Bonjour. Aujourd'hui, notre décryptage se
- 0:20concentré sur un dossier d'une ampleur monumentale, un dossier
- 0:23qui traverse actuellement une zone de fortes turbulences.
- 0:26De très fortes turbulences, effectivement.
- 0:29Il s'agit de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques
- 0:32des Alpes françaises 2030. Organiser un tel événement
- 0:35planétaire est toujours un défi titanesque.
- 0:37Absolument, il. Y a des infrastructures majeures
- 0:40à construire, des équilibres politiques locaux et nationaux à
- 0:43maintenir et bien sûr des budgets faramineux à sécuriser.
- 0:46Et c'est justement là que le bât blessé en ce moment.
- 0:48Exactement, la situation présente offre un pas d'étude
- 0:51particulièrement complexe en matière de gestion de crise et
- 0:54de restructuration interne. Le comité d'organisation des
- 0:57Jeux olympiques et paralympiques, ce que l'on
- 0:59appelle couramment le cojop, traverse un véritable trou
- 1:02d'air. Le terme est faible, on parle
- 1:05d'une crise structurelle majeure.
- 1:07L'objectif de cette analyse approfondie est donc de
- 1:10comprendre comment cette organisation tenté de redresser
- 1:12la barre. Les enjeux dépassent de loin le
- 1:14simple cadre sportif. Bien au-delà.
- 1:17Il est question de l'image de la France à l'international, de
- 1:20l'avenir économique et écologique de nos territoires
- 1:22alpins et naturellement de la gestion de budgets colossaux.
- 1:26Tout à fait. Pour mettre en lumière ces
- 1:27récents bouleversements de gouvernance, une expertise
- 1:30pointue est indispensable aujourd'hui pour bien poser les
- 1:32fondations de notre discussion, est-il possible de dresser
- 1:35l'état des lieux précis de cette gouvernance qui semble avoir été
- 1:38très durement mise à mal récemment ?
- 1:40Alors le point de départ, nécessité D examiner la séquence
- 1:43des événements avec une grande précision.
- 1:45Ce à quoi on assiste depuis quelques semaines n'est pas un
- 1:48simple remaniement de routine, il.
- 1:49YA1 petit ajustement, la marche pour optimiser les équipes.
- 1:52Voilà, c'est une véritable hémorragie au sommet de la
- 1:56hiérarchie organisationnelle. De manière chronologique et
- 1:59purement factuelle, les postes les plus stratégiques du comité
- 2:02ont été désertés les uns après les autres.
- 2:04La dynamique a débuté par le départ de la directrice des
- 2:07opérations. Un poste qui est absolument
- 2:09névralgique. Névralgique et le mot juste.
- 2:12Dans une organisation olympique, la direction des opérations,
- 2:14c'est le cœur même de la machine.
- 2:16C'est le poste qui transforme les promesses inscrites sur le
- 2:19papier des dossiers de candidature en une réalité
- 2:22logistique sur le terrain. C'est la tour de contrôle.
- 2:24Exactement. Cela englobe la gestion des flux
- 2:26de transport, la coordination des chantiers, la sécurité.
- 2:30Perdre la personne en charge de cette logistique, c'est appuyer
- 2:32violemment sur le frein. C'est un coup dur pour l'avancée
- 2:35concrète du projet. Est ce que ce départ a été un
- 2:38pas isolé ou bien le début d'une réaction en chaîne ?
- 2:42Ce fut malheureusement le déclencheur d'une série noire.
- 2:45Très vite, ce premier départ a été suivi par celui du directeur
- 2:48de la communication. Une fonction tout aussi vitale.
- 2:51Surtout lorsqu il s'agit de maintenir la confiance du grand
- 2:54public, de rassurer les médias et de garder le lien avec les
- 2:57acteurs institutionnels. Sans directeur de la
- 2:59communication, le récit du projet échappe totalement à
- 3:02l'organisation. On perd le contrôle narratif.
- 3:05C'est ça ? Puis, début février, un autre
- 3:08signal particulièrement fort a été envoyé avec le départ de
- 3:12Bertrand meilleux. L'ancien patron emblématique de
- 3:14Canal Plus. Lui même, il a décidé de quitter
- 3:17la présidence du comité des rémunérations.
- 3:19Il faut vraiment mesurer le poids d'un tel événement.
- 3:22Le comité des rémunérations, c'est l'instance qui garde un
- 3:25œil sur les salaires des hauts dirigeants, sur la bonne gestion
- 3:27financière interne. Et quand une figure économique
- 3:30de ce calibre, dotée d'une immense expérience dans la
- 3:33direction de structures ultra complexes et habituées aux
- 3:36tempêtes corporatives, décidé de se retirer d'un poste clé de
- 3:40supervision, le message est clair, cela.
- 3:42Indiqué que les tensions structurelles sont profondes.
- 3:44C'est un voyant rouge vif qui s'allume sur le tableau de bord
- 3:47financier. Le tableau devient effectivement
- 3:49très préoccupant, on perd l'opérationnel, on perd la voix
- 3:52publique du projet et on perd un garant de la supervision
- 3:56financière. Jusqu'où cette onde de choc est
- 3:58elle remontée dans la structure hiérarchique ?
- 4:00L'onde de choc a fini par percuter le sommet absolu de la
- 4:03pyramide exécutive. Le point culminant de cette
- 4:05séquence de déstabilisation a été la vacance soudaine du poste
- 4:09de directeur général. Suite au départ très commenté de
- 4:11Cyril Linette. Voilà, et ce départ, il faut le
- 4:15souligner, ne s'est pas fait pour des raisons personnelles ou
- 4:17de santé, comme on le voit parfois dans des communiqués
- 4:20diplomatiques. Les fameuses convenances
- 4:22personnelles. En l'occurrence, non.
- 4:24Ce départ fait suite à ce qui a été publiquement qualifié de
- 4:27désaccord insurmontable avec le président du comité
- 4:30d'organisation, Edgar Grospiron. Des accords insurmontables, ce
- 4:33sont des mots d'une intensité rares dans ce milieu.
- 4:37L'utilisation même de ces termes dans l'espace public démontre
- 4:40une fracture irréconciliable. Cela indique une rupture totale
- 4:44sur la vision stratégique du projet ou sur la méthode de
- 4:47management quotidien. C'est le scénario catastrophe
- 4:49classique dans toute grande entreprise où institution.
- 4:52Quand le Président et le directeur général ne s entendent
- 4:54plus, c'est la paralysie de l'ensemble de la structure, les
- 4:58décisions ne se prennent plus. Mais le chronomètre olympique,
- 5:01lui, ne s'arrête jamais de tourner.
- 5:03Chaque jour perdu coûte cher. Les échéances approchent à
- 5:06grands pas face à ce vide béant à la direction générale.
- 5:10Comment les pouvoirs publics ont-ils réagi pour éviter le
- 5:12naufrage ? En attendant de recruter un
- 5:14nouveau directeur officiel ? Face à cette urgence absolue, le
- 5:18gouvernement a fait le choix de l'expérience, de l'autorité et
- 5:21de la continuité institutionnelle.
- 5:22Ils ont appelé Michel Cadot à la rescousse.
- 5:25Un choix qui ne doit rien au hasard.
- 5:26Son profil a été méticuleusement sélectionné pour être
- 5:29immédiatement rassurant. Il s'agit d'un préfet honoraire
- 5:32de 71 ans, ancien préfet de la région île de France.
- 5:35Pour bien saisir l'enjeu. Il est utile de rappeler ce que
- 5:38représente la figure du préfet dans la culture administrative
- 5:40française. Un préfet, c'est le représentant
- 5:43direct de l'État sur un territoire, c'est une fonction
- 5:46qui incarné l'autorité de l'appareil d'État, la rigueur,
- 5:49le respect absolu des procédures et une immense capacité à gérer
- 5:53les crises multidimensionnelles. Et c'est l'homme des situations
- 5:55bloquées. Exactement, mais l'atout majeur
- 5:58de Michel Cadot, ce qui le rend véritablement incontournable
- 6:01pour cette mission d'intérim spécifique.
- 6:03C'est son rôle récent en tant qu ancien délégué interministériel.
- 6:07Ce titre de délégué interministériel sonne de
- 6:09manière très technique, en quoi cette fonction passée fait elle
- 6:12de lui l'homme providentiel pour les Alpes 2030 ?
- 6:15En tant que délégué interministériel, il a œuvré de
- 6:17manière décisive à la réussite des Jeux olympiques et
- 6:20paralympiques de Paris 2024. Son rôle consistait à faire
- 6:23travailler ensemble des ministères qui d'ordinaire
- 6:26fonctionnent en silo isolés. Intérieur, transport, sport,
- 6:28économie. Exactement, il connaît de
- 6:31l'Intérieur cette mécanique. Extrêmement complexe qu'il y ait
- 6:34un comité d'organisation indépendant, le Comité
- 6:37international olympique, l'appareil d'État lourd et les
- 6:40diverses collectivités locales. Il sait comment débloquer les
- 6:44situations de crise entre un maire mécontent, un ministre
- 6:47exigeant et un acteur privé impatient.
- 6:49C'est son cœur de métier. Il apporte donc une expertise
- 6:52validée et légitimée par le succès récent de l'événement
- 6:56Estival à Paris. La réussite de Paris 2024 est
- 6:59son meilleur CV. Cependant, les Jeux d'hiver,
- 7:01c'est un tout autre univers. Totalement différent.
- 7:04La dimension territoriale avec la montagne, ses vallées
- 7:07encaissées, ses stations de ski présentent des équilibres
- 7:10politiques locaux très spécifiques.
- 7:12Est ce qu'un ancien préfet d'île de France est vraiment armé pour
- 7:15naviguer dans l'écosystème complexe des Alpes ?
- 7:17La question est centrale et la réponse justifie pleinement sa
- 7:21nomination. Michel cadot ne part absolument
- 7:24pas en terrain inconnu, il possède un ancrage local très
- 7:27fort qui légitime son action immédiate sur ce territoire.
- 7:30Il a des attaches historiques dans la région.
- 7:32Ces attaches en Haute Savoie sont réelles et anciennes.
- 7:35Il fut notamment sous préfet de Saint Julien en genevois et ce
- 7:38dès 1988. Cela lui donne une antériorité
- 7:41sur le terrain. Cette connaissance intime du
- 7:43territoire alpin, de sa géographie complexe, de la
- 7:46mentalité de ses acteurs économiques et de l'historique
- 7:49de ses luttes politiques locales constituent un avantage
- 7:52stratégique inestimable. Il connaît les élus, il connaît
- 7:55les mentalités. De surcroît, il bénéficie d'une
- 7:57confiance politique établie au plus haut niveau de l'état
- 8:00actuel. Il a déjà épaulé le Premier
- 8:02ministre Michel Barnier dans sa mission d'accompagnement du
- 8:04cojop ces derniers mois. Il arrive donc sur le terrain
- 8:07avec une cartographie mentale très claire des enjeux locaux et
- 8:10nationaux. Dans une mission d'intérim où
- 8:13chaque journée, chaque heure compte, cette capacité à être
- 8:16pleinement opérationnelle dès la première minute est décisive.
- 8:20Il n'a pas besoin d'un mois d'observation pour comprendre
- 8:22qui fait quoi. Cette arrivée marque donc le
- 8:24début d'une phase de redressement intensif.
- 8:27C'est un peu comme devoir réparer les moteurs d'un avion
- 8:29en plein vol. L'image est tout à fait
- 8:31appropriée. Pour que cette mission d'intérim
- 8:34soit efficace, on imagine qu'il lui faut une feuille de route
- 8:37d'une clarté absolue. Quels sont les grands chantis
- 8:39qui incombent à Michel Cadot dès sa prise de fonction ?
- 8:42La feuille de route de cette mission d'intérim a été
- 8:45structurée de manière très précise, elle s'articule autour
- 8:48de 4 piliers fondamentaux qui doivent être menés de front. 4
- 8:52piliers pour sauver l'organisation commençons par le
- 8:55premier. Le premier d'entre eux concerne
- 8:57directement la vie quotidienne du Cojop, c'est le pilier
- 9:00interne. Il s'agit avant tout d'une
- 9:02gestion humaine et psychologique.
- 9:04L'urgence absolue est de rassurer les équipes du Cojop.
- 9:07Ce sont des professionnels souvent très engagés, des
- 9:10experts passionnés par le projet olympique, qui ont souvent mis
- 9:12leur carrière sur pause pour rejoindre cette aventure.
- 9:15Et qui voient leur hiérarchie s'évaporer.
- 9:17Ils ont vu toute leur ligne hiérarchique supérieure
- 9:19s'effondrer en l'espace de quelques semaines seulement.
- 9:21Le risque principal ici, c'est la perte totale d'adhésion au
- 9:24projet. La démotivation pure et simple.
- 9:26Le doute ? La perte de repères et l'anxiété
- 9:29quant à la viabilité même de leur emploi et du projet peuvent
- 9:33paralyser le travail quotidien. La toute première tâche de
- 9:36Michel Cadot est de restaurer un climat de sérénité.
- 9:39Il doit redonner du sens à l'action collective.
- 9:41Il doit prouver physiquement aux équipes qu'il y a de nouveau un
- 9:44pilote solide dans l'avion et que le projet bénéficie du
- 9:48soutien inébranlable de l'État. C'est la base de.
- 9:50Tout, c'est un préalable indispensable sans des équipes
- 9:54mobilisées et sereines. Aucune avancée technique n'est
- 9:57possible, mais une fois que le moral des troupes est stabilisé,
- 10:00comment abordé T il la structure décisionnelle qui vient
- 10:02d'exploser en plein MOL ? Cela nous amène naturellement au
- 10:052e pilier de sa mission qui est le volet institutionnel, il
- 10:09exige de remettre de l'ordre et vite dans la gouvernance
- 10:13globale. La crise récente a certainement
- 10:15mis en lumière de profonds défauts de conception.
- 10:17Elle a agi comme un révélateur impitoyable des failles de
- 10:20l'organisation initiale. Elle a mis en exergue des
- 10:24chevauchements de compétences entre différents départements,
- 10:27des ambiguïtés dangereuses dans les rôles de chacun ou au
- 10:30contraire des zones de vide décisionnelles où personne
- 10:32n'osait trancher. L'enjeu institutionnel, c'est
- 10:36donc de redessiner l'organigramme de manière
- 10:38rationnelle. C'est de redéfinir très
- 10:40clairement qui fait quoi, qui détient le pouvoir final de
- 10:43validation et comment les informations doivent circuler de
- 10:46manière fluide entre la direction générale, la
- 10:48présidence, le Conseil d'administration et les
- 10:51différentes tutelles étatiques et régionales.
- 10:53Michèle Cadaud doit et d'elle doit construire une matrice de
- 10:56gouvernance saine et parfaitement lisible pour tous
- 10:58les acteurs. L'objectif n'est pas seulement
- 11:00de régler la crise actuelle à court terme.
- 11:03Mais de créer des processus de décisions robustes pour prévenir
- 11:06de futurs désaccords. Il s'agit de léguer une machine
- 11:10administrative en parfait état de marche à celui ou celle qui
- 11:13prendra la suite de manière permanente à la direction
- 11:16générale. Assainir l'interne sur le plan
- 11:18humain et l'institutionnel sur le plan structurel, c'est
- 11:21crucial, mais cela doit se traduire par des résultats
- 11:24concrets et rapides. Le temps est compté, ce qui nous
- 11:26mène logiquement au 3e pilier de sa mission.
- 11:29Le 3e pilier est strictement opérationnel et c'est sans
- 11:32l'ombre d'un doute celui qui concentré le plus de tension
- 11:35immédiate et de pression de la part des instances
- 11:37internationales. Certaines échéances sont gravées
- 11:39dans le marbré et ne peuvent souffrir d'aucun retard.
- 11:42Parmi ces jalons incontournables imposés par le CIO, il y en a un
- 11:45qui revêt une importance capitale, c'est la carte des
- 11:48sites. Une carte qui est fermement
- 11:51attendue pour la fin du mois de juin.
- 11:52Il faut bien comprendre l'ampleur de ce document.
- 11:55Il ne s'agit pas d'un simple schéma géographique informatif
- 11:58ou d'une brochure touristique, c'est le contrat fondateur de
- 12:02l'organisation matérielle des jeux.
- 12:04C'est la base de toute la logistique future.
- 12:07Cette carte déterminé l'ampleur très précise des épreuves
- 12:09sportives, la localisation des villages pour les athlètes,
- 12:13l'organisation des flux de transport dans des vallées
- 12:15souvent encaissées et la gestion minutieuse des impacts
- 12:19environnementaux. Concevoir cette carte dans un
- 12:21environnement montagneux doit être un véritable casse-tête.
- 12:23Quelles sont les difficultés spécifiques de cette élaboration
- 12:26par rapport à des jeux d'été en métropole ?
- 12:29C'est un exercice D équilibriste d'une complexité rare,
- 12:32nécessitant des arbitrages permanents entre des exigences
- 12:35qui semblent parfois totalement contradictoires.
- 12:37On imagine le poids des fédérations sportives.
- 12:41D'un côté, il y a les cahiers des charges extrêmement stricts
- 12:44des fédérations sportives internationaux pour garantir
- 12:47l'équité et la sécurité des compétitions.
- 12:50De l'autre, il y a les contraintes écologiques très
- 12:52fortes inhérentes à la préservation de la montagne.
- 12:55Il faut aussi composer avec la réalité des budgets alloués aux
- 12:58infrastructures. Bien sûr, les limites
- 13:00financières sont réelles et pour ajouter à cette complexité, il
- 13:04faut gérer les sensibilités politiques des différents élus
- 13:06locaux qui souhaitent légitimement tous que leur
- 13:10territoire, leur station soit mis en valeur lors de cet
- 13:14événement mondial. Rater cette échéance de fin
- 13:17juin, on verrait un signal catastrophique au Comité
- 13:19international olympique. La mission opérationnelle de
- 13:22Michel Cadot est donc de s'assurer que les différents
- 13:25groupes de travail avancent, semblent au cas institutionnels
- 13:28et surtout que les arbitrages finaux, même les plus
- 13:31difficiles, soient rendus en temps et en heure.
- 13:33Il en va de la crédibilité du dossier français.
- 13:36Le défi logistique et politique est immense, on le perçoit bien.
- 13:40Et l'on imagine aisément que pour faire tourner cette immense
- 13:43machine, il faut du carburant financier, ce qui nous amène
- 13:46inévitablement au nerf de la guerre.
- 13:49Le 4e et dernier pilier de cette feuille de route qui concerne
- 13:52l'aspect purement financier. Dans le contexte actuel de
- 13:55gouvernance fracturée que nous venons de décrire, ce pilier
- 13:58doit être d'une complexité redoutable à gérer.
- 14:00La mission de Michel Cadot sur ce front est de rassurer à
- 14:03l'extérieur, il doit assainir l'image du comité pour relancer
- 14:07activement la quête des premiers partenaires privés.
- 14:10Et des sponsors le comité d'organisation s'est fixé un
- 14:13objectif final de recette issues du sponsoring qui est
- 14:16extrêmement ambitieux. On parle d'un objectif de
- 14:18591000000 d'euros. Un chiffre colossal qui repose
- 14:23entièrement sur la confiance du secteur premier.
- 14:25Mais pourquoi une crise de gouvernance interne, qui
- 14:28pourrait sembler être une simple querelle de bureaucrates,
- 14:30offrait elle à ce point les potentiels sponsors ?
- 14:33Pour le grand public, l'enjeu financier est crucial.
- 14:35Car si l'argent privé vient à manquer.
- 14:37Ce sont inexorablement les finances publiques qui doivent
- 14:40compenser le déficit. L'enjeu public est effectivement
- 14:43majeur, pour comprendre l'ampleur du défi, il faut
- 14:46analyser finement la psychologie, les attentes des
- 14:48grands sponsors. Un sponsor cherche un retour sur
- 14:50investissement positif. Lorsqu une grande entreprise
- 14:54décidé de s associer aux Jeux olympiques, elle n'achète pas
- 14:56seulement des encarts publicitaires au bord des
- 14:58pistes, elle achète une image de marque, un récit positif, des
- 15:03valeurs de cohésion et une garantie d'excellence
- 15:05opérationnelle. Et là, pire ennemie de cet
- 15:08investissement, c'est l'instabilité et la mauvaise
- 15:09presse. Aucun grand groupe du CAC 40 où
- 15:12d'ailleurs ne souhaite lier son image et engager des dizaines de
- 15:151000000 d'euros dans une structure dont les dirigeants
- 15:18démissionnent avec fracas dans les médias, le risque de dommage
- 15:21réputationnel est perçu comme trop élevé.
- 15:24Comment Michel cadot peut-il inverser cette perception de
- 15:26risque ? Le rôle de.
- 15:26Michel cadot ici est d'utiliser son autorité naturelle et son
- 15:30statut reconnu d'ancien artisan du succès de Paris 2024 pour
- 15:33agir comme un véritable saut de garantie de l'État.
- 15:36Il apporte la caution de la République.
- 15:38Il doit convaincre ses partenaires financiers que la
- 15:41crise actuelle n'est qu'une péripétie temporaire, une erreur
- 15:44de jeunesse de l'organisation. Il doit leur démontrer que la
- 15:47signature de l'État garantit l'achèvement et la qualité du
- 15:51projet et que là trajectoire financière reste solide malgré
- 15:54la tempête. Rétablir la stabilité perçue est
- 15:57donc la condition sinequanone. Pour espérer s approcher un jour
- 16:01de ce budget vital de 591000000 d'euros.
- 16:03Sans cette confiance restaurée, le modèle économique entier des
- 16:07jeux divers vacille. Face à un tel chantier global,
- 16:10rassurer 80 employés inquiets, redessiner de fond en comble
- 16:14l'organigramme, valider des décisions géographiques
- 16:17complexes comme la carte des sites et trouver près de
- 16:20600000000 d'euros. On se demande si Michel Cadot
- 16:24est le seul à intervenir pour redresser la barre.
- 16:26C'est une question légitime au vu de la charge de travail.
- 16:29Insiste t on à une manœuvre plus vaste, à un déploiement plus
- 16:33large de la part des pouvoirs publics ?
- 16:35La réponse des pouvoirs publics est, dans les faits, tout à fait
- 16:38proportionnelle à la gravité de la crise.
- 16:41Il s'agit d'une double stratégie de refonte de grande envergure
- 16:44et Michel cadot n'est pas seul à la manœuvre, il.
- 16:47Y a donc des renforts de poids ? Pour renforcer cette reprise en
- 16:50main spectaculaire. Il est épaulé par un autre
- 16:53vétéran incontournable de l'aventure olympique française,
- 16:56Étienne tauba. L'ex directeur général des JODT.
- 16:59En tant qu ex directeur général de Paris 20204, son expertise
- 17:03opérationnelle est inégalée. Il a été missionné
- 17:05spécifiquement par l'État pour analyser et revoir en profondeur
- 17:09la gouvernance des Alpes 2030. C'est une démarche d'audit
- 17:12croisée très pertinente. Ils se répartissent les rôles.
- 17:15Pendant que Michèle Cadot gère l'urgence opérationnelle, calme
- 17:18les esprits en interne et rassure les institutions,
- 17:21Étienne Thobois conçoit la nouvelle architecture
- 17:23décisionnelle en s'appuyant concrètement sur les modèles qui
- 17:27ont fait leurs preuves durant l'été 2024.
- 17:29Il est donc une véritable alliance d'experts de haut vol
- 17:32pour restructurer le projet. Est ce que l'appareil d'État
- 17:35s'arrête là en terme de supervision et de contrôle ?
- 17:37Le dispositif de contrôle va encore plus loin, pour garantir
- 17:41une transparence totale vis-à-vis des finances publiques
- 17:43et identifier de manière très objective les racines profondes
- 17:47des dysfonctionnements initiaux, le gouvernement a lancé en
- 17:50parallèle de cette mission d'intérim une mission
- 17:52d'inspection officielle. Une inspection d'État pour faire
- 17:55la lumière sur la jeunesse de la crise.
- 17:57Cette approche globale, à la fois réparatrice et
- 18:00opérationnelle avec le duo cadeau est au bois et purement
- 18:03évaluative avec l'inspection d'État, démontre une volonté
- 18:07implacable de ne plus rien laisser au hasard.
- 18:10Il y a une véritable mise sous tutelle de faits.
- 18:12En attendant que l'orage passe, tous ces efforts de
- 18:15restructuration convergent vers une date clé du calendrier.
- 18:18Le prochain bureau exécutif du Cojop, qui est prévu le 19 mars
- 18:21ce. 19 mars se profile donc comme le grand point d'inflexion
- 18:24de la crise. L'objectif sera sans doute
- 18:26d'acter formellement des axes directifs forts pour poser les
- 18:29bases définitives de la nouvelle organisation.
- 18:31Ce sera le moment de vérité institutionnelle.
- 18:33Pendant que toute cette immense machinerie étatique se met en
- 18:36mouvement pour auditer, inspecter et restructurer, il
- 18:39reste une figure centrale qu'il faut absolument analyser.
- 18:42Le Président en exercice ? Exactement le président du
- 18:45comité d'organisation. Quelle est la position d'Edgar
- 18:49grospiron face à cette tempête retentissante qui a emporté son
- 18:52directeur général ? Face à cette crise sans
- 18:54précédent, Edgar Grospiron a choisi d adopter une posture de
- 18:58résilience absolue. Il ne cède pas à la panique
- 19:01ambiante. Son objectif prioritaire est de
- 19:04maintenir le cap stratégique et de refuser catégoriquement que
- 19:07la crise interne dicte le récit public de l'événement.
- 19:11Son intervention formelle devant les sénateurs le 25 février a
- 19:14été particulièrement affirmée et elle mérite une attention.
- 19:17Sémantique méticuleuse. Elle fixe sa doctrine politique
- 19:21pour la sortie de crise. Il a déclaré, en pesant
- 19:23soigneusement chaque mot devant la représentation nationale, les
- 19:26épisodes de désaccord interne que nous avons connu au sein de
- 19:29l'organisation ne doivent pas pour autant masquer l'essentiel.
- 19:32Le cap qui est le nôtre demeure. C'est une stratégie de
- 19:35communication très intéressante et habile.
- 19:38On reconnaît publiquement la difficulté, on admet l'existence
- 19:42de ces fameux désaccords internes pour mieux désamorcer
- 19:45la polémique immédiate et recentrer l'attention de
- 19:48l'auditoire sur l'objectif final.
- 19:50C'est l'art de minimiser l'incendie tout en promettant
- 19:52que la maison tiendra debout. AT il précisé ses intentions
- 19:55concernant la suite concrète des opérations sous sa présidence.
- 19:58Il a complété son propos lors de cette même audition sénatoriale
- 20:01par une 2nde déclaration qui définit très clairement sa ligne
- 20:04directrice pour les mois à venir.
- 20:06Il a affirmé avec force, ma priorité est simple, c'est de
- 20:09garantir la solidité, la robustesse de l'organisation et
- 20:13la bonne conduite du projet. Solidité et robustesse.
- 20:16Le choix des mots n'est jamais innocent.
- 20:18L'utilisation répétée de ces termes est une réponse
- 20:21sémantique direct à l'image de fragilité et d amateurisme
- 20:25renvoyée par les multiples démissions des semaines
- 20:27précédentes. Edgar Grospiron S efforce de
- 20:30démontrer devant les institutions que le projet
- 20:33olympique des Alpes est structurellement plus vaste et
- 20:36bien plus solide que les individus qui composent
- 20:39temporairement sa direction exécutive.
- 20:41Afficher cette volonté inébranlable de robustesse
- 20:44devant les sénateurs dans un cadre feutré est une chose.
- 20:47Mais la mettre en œuvre au quotidien, face aux urgences
- 20:49logistiques en est une autre. Comment cette ambition du
- 20:51président s'articule t elle concrètement avec l'arrivée
- 20:54imposante de l'administration provisoire ?
- 20:56C. C'est précisément là que réside
- 20:58la clé définitive de la sortie de crise.
- 21:01La synergie opérationnelle entre la présidence incarnée par
- 21:04grosse piron et la mission d'intérim menée par l'État prend
- 21:07ici tout son sens stratégique. Ils ont besoin l'un de l'autre
- 21:11pour réussir. Le soutien direct de Michel
- 21:14cadot sera bien plus que précieux, il sera l'outil
- 21:17administratif et politique indispensable pour matérialiser
- 21:21cette fameuse robustesse voulue par le président Grospiron.
- 21:24C'est une redéfinition totale de l équilibre des pouvoirs au
- 21:27sommet. L'autorité incontestable de
- 21:29Michel cadot, vis-à-vis des différents ministères et
- 21:31préfectures, couplée à l'expertise technique redoutable
- 21:35d'Étienne Thobois sur l'ingénierie olympique.
- 21:37Et à la vision sportive et territoriale maintenue par Edgar
- 21:40Grospiron forme un tout nouveau triangle de gouvernance.
- 21:43Un triangle vira de gestion de crise.
- 21:45Ce trio de compétences complémentaires est spécialement
- 21:48conçu pour extraire définitivement l'Organisation
- 21:51des Alpes françaises 2030 de ce trou d'air extrêmement dangereux
- 21:53et relancer une dynamique positive et durable.
- 21:57Pour synthétiser les nombreux éléments de cette analyse
- 22:00approfondie, il est clair que l'on observé une gouvernance en
- 22:03pleine phase de reconstruction d'urgence.
- 22:06Face à une crise de croissance et de leadership d'une rare
- 22:09intensité, ce comité d'organisation s'appuie
- 22:11désormais de manière structurelle sur la puissance de
- 22:14l'État et sur des méthodes d'ingénierie éprouvées pour
- 22:16sécuriser son avenir immédiat et lointain.
- 22:19La reprise en main étatique est totale mais nécessaire.
- 22:22Cela soulève d'ailleurs une réflexion finale tout à fait
- 22:25fascinante à méditer concernant l'évolution récente du modèle
- 22:28olympique français dans son ensemble.
- 22:30Une évolution qui fera date. Il est particulièrement
- 22:33instructif de constater comment l'héritage organisationnel d'un
- 22:36méga événement estival majeur, en l'occurrence Paris 2024,
- 22:40dépasse aujourd'hui le simple cadre des compétitions d'été
- 22:42pour devenir le filet de sécurité absolue des Jeux
- 22:45d'hiver. Le savoir faire s'exporte d'une
- 22:47saison à l'autre. Les cadres dirigeants, les
- 22:49méthodes de travail millimétré et l'autorité administrative
- 22:52forgée lors des jeux d'été se transforment sous nos yeux en un
- 22:55modèle de gestion de crise indispensable pour la survie
- 22:58politique et la viabilité financière des Alpes 2030.
- 23:01Cette dynamique globale crée une passerelle inédite tant en terme
- 23:04de management public que d'ingénierie sportive complexe.
- 23:07Entre la métropole estivale et la montagne hivernale, ce sont 2
- 23:10univers pourtant traditionnellement très
- 23:11distincts qui se retrouvent aujourd'hui liés par une même
- 23:13urgence de réussite nationale. Un transfert de compétences
- 23:16imposé par la réalité du terrain.
- 23:18À très vite pour un nouveau podcast du café du sport
- 23:20business.