Latest / Interviews sans fard / Naissance et développement d'une école supérieure avec Anis Matoussi, directeur de l'Institut du risque et de l'assurance du Mans
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- 0:00Voilà, ça enregistre.
- 0:02Alors peut-être pour commencer, un petit mot sur vous.
- 0:05Vous êtes le premier directeur de l'IRA?
- 0:08Non, je ne suis pas le premier, je suis le deuxième.
- 0:12Le premier, c'était Christophe Guettier, professeur de droit.
- 0:16Qui a fait un mandat de trois ans, de 2013 à 2017, et j'ai pris le relais depuis 2017 en fait, en tant que directeur.
- 0:25Je suis Anis Matoussi, je suis professeur de mathématiques appliquées, spécialité, disons, modélisation aléatoire appliquée à l'assurance et la finance.
- 0:35Et depuis la date où on a co-créé cet institut, au départ avec les mathématiciens, économistes et juristes, dont le but est de développer la thématique du risque de manière générale, en particulier pour l'assurance.
- 0:56Et donc ça, c'était la première étape.
- 0:58Après, les juristes ont préféré se diriger vers d'autres thématiques, comme la santé, etc.
- 1:07Il n'y avait pas beaucoup de monde qui travaillait sur la science, mais il y a quelques-uns quand même qui continuent à être avec nous, comme associés.
- 1:13Et sinon, on est resté concentré en tant que mathématicien-économiste, où on a développé depuis des formations spécifiques.
- 1:22Comme la double licence mathématiques et économie, qui permet en fait de préparer les étudiants pour faire le Master Actuaria.
- 1:30Puis par la suite, on a demandé plutôt de développer une certaine autonomie de cet institut pour rassembler les différentes activités, recherche, formation, innovation, ce qu'on appelle l'innovation de toutes les relations avec les entreprises, en termes de formation comme
- 1:50l'apprentissage, etc.
- 1:52Et aussi le développement des chaires industrielles sous l'égide de l'institut Louis Berthelier, en assurance par exemple avec Covea, avec Groupama, avec Natixis.
- 2:06Donc ça c'est...
- 2:07– Vous avez nommé.
- 2:08Des partenariats oui avec...
- 2:09– Oui on.
- 2:10A un partenariat très fort avec Covea.
- 2:12Covea c'est une marque GMF, MMEA, et puis Lamarck.
- 2:19Exactement, et puis ils ont aussi une réassurance également qui a été rachetée dernièrement.
- 2:26Donc ça c'est Covea, on a groupement un centre-manche, mais groupement de façon générale également.
- 2:32On a des partenariats.
- 2:33Un partenariat avec Natixis.
- 2:35La partie tout ce qui est risque du crédit où on a développé dernièrement une thèse-chiffre sur le sujet et un projet de recherche sur l'impact des risques ESG qu'on appelle ESG sur les portefeuilles de risque du crédit.
- 2:56Covid-19 c'était plutôt, on a renouvelé la chaire trois fois et c'était plutôt sur le risque atypique risques émergents ou atypiques en assurance avec un modèle de développement, en fait c'est un mécénat, ça reste un mécénats parce que c'est
- 3:16un financement avec crédit recherche pour les entreprises et pour nous ça nous permet aussi de développer des activités de recherche, de prendre des stagiaires, de prendre des postdocs, etc., financer nos activités de recherche.
- 3:30Mais on a présenté un modèle qui est basé sur des groupes de travail qui sont plutôt partagés.
- 3:38Les thématiques sont partagées par l'entreprise.
- 3:40Il y a une sorte de partage de savoir-faire.
- 3:46Entre les deux côtés et après l'échange de développement de recherche ou des pistes de développement de recherche sur ces thématiques-là qu'on choisit à chaque fois.
- 3:54Chaque année, on choisit des thèmes et on essaie de les développer.
- 3:58– Est-ce que les partenaires que vous avez influent sur le choix des thèses que vous menez?
- 4:04– Non.
- 4:05Sauf la thèse-chiffre, parce que la thèse-chiffre, spécifiquement, c'est un sujet où on se met d'accord sur un sujet, mais sinon, Dans toutes nos activités de recherche, ça reste mécénat et ça reste à nous, même quand on fait des
- 4:19groupes de travail, l'échange qu'il y a dans les groupes de travail c'est des échanges de méthodologie, des deux, pour apprendre.
- 4:28Comment ils font l'entreprise déjà pour quelque part pour le partager avec nos étudiants par la suite mais nous on partage de manière façon la recherche à les publics de manière nos travaux qui sont accessibles à tout le monde
- 4:44il n'y a pas de recherche spécifique ça reste mais c'est là.
- 4:50– Donc l'IRA, vous avez fêté vos 10 ans?
- 4:53– Oui, un peu plus maintenant.
- 4:55– Et donc, qu'est-ce que ça a changé cette accréditation par l'Institut des Actuaires?
- 5:00– Alors, ça change beaucoup, ça a beaucoup d'impact.
- 5:04L'impact était que, déjà pour les mathématiciens, la première fois qu'on a commencé à discuter avec les économistes et les juristes sur ce de construire cet institut, pour les matheuses, c'était de créer un environnement un vent favorable pour le
- 5:18développement de l'école d'actorial, du master actorial au départ.
- 5:22Et on avait une convention avec l'institut de sciences financières et actorielles à l'ESFA, au départ, c'était une première étape.
- 5:32Et on a vu qu'il faut quand même un environnement qui doit être adapté, c'est pas seulement une formation, c'est beaucoup plus.
- 5:41Et on a choisi de développer, nous avons choisi de développer pas que la formation, mais associer la recherche et la formation, c'est pour ça qu'on a qu'on a associé sur le développement des instituts, RFI qu'on appelle, qui correspondaient
- 5:56en même temps au CNRS, par exemple les ANR et le CNRS, ce qu'on appelle les projets d'avenir.
- 6:02D'accord.
- 6:03Donc les PIA, PIA 3, PIA 4, surtout PIA 3.
- 6:06Et nous, on n'était pas légibles pour ces projets-là parce qu'on n'était pas CNRS.
- 6:11Vous savez, il y a des labos CNRS.
- 6:13Nous, on était labos plutôt ministères.
- 6:17Des équipes d'accueil, aussi bien les mathématiciens que les économistes, mais on n'était pas légible.
- 6:21Du coup, on a développé notre propre modèle RFI, mais basé plutôt sur...
- 6:28On a choisi depuis 2012 de développer des formations en alternance, ce qui nous a permis d'avoir des ressources proches, importantes, pas que, c'est aussi pour les étudiants, pour une meilleure...
- 6:42Meilleure intégration dans l'entreprise.
- 6:46Mais aussi, c'était pour nous aussi un moyen pour développer avec cet argent, ça revient aux étudiants, quand on développe une bonne recherche, ça veut dire une bonne formation derrière, etc.
- 6:55Donc c'était un modèle pensé dans cette philosophie-là.
- 6:59D'accord.
- 7:00Et donc ça a changé beaucoup de choses.
- 7:02Oui, et donc l'école d'Actoria, l'accréditation, c'était 2024 qui était décidé, mars 2024, voté, Déjà validé par la commission scientifique de l'insus actuaire et par le conseil d'administration.
- 7:18Évidemment, comme c'est une association, il fallait qu'elle soit validée par un AG, par le vote des membres de l'IA.
- 7:25Et donc, c'était, je ne sais plus, mars 2024.
- 7:30Et la première promo qui va sortir avec le titre, c'est cette année.
- 7:34C'est la promo de cette année, 2026.
- 7:38Alors qu'est-ce que ça change?
- 7:40Ça change déjà la reconnaissance, c'est-à-dire qu'on avait une formation qu'on a essayé de développer depuis plus de 20 ans, on a essayé de s'adapter au marché, on avait la reconnaissance professionnelle, je pense que ça a aidé beaucoup pour
- 7:53l'IA, pour qu'ils le reconnaissent, mais on a développé notre propre modèle, parce que chaque école, l'Actoria qu'elle était, elle est différente à l'Institut d'Actoria.
- 8:04Nous, on a choisi de se baser sur un socle math, parce que l'Actoria, c'est le socle math.
- 8:12Et après, on a développé tout le reste.
- 8:14On a développé toute une activité d'innovation grâce à les intervenants des professionnels qui permet d'avoir nos étudiants opérationnels quand ils vont faire des stages, etc.
- 8:24Donc, c'est un mixte tout en développant tout ce qu'on appelle les outils numériques.
- 8:29Avancé, et ça on a mis le paquet, c'est vraiment la marque de fabrique.
- 8:37Avec des maths.
- 8:37Avec des maths, mais en parallèle des TP sur ordinateur et on pousse que les étudiants, ce qui est maintenant arrivé jusqu'à l'IA générative, on est quand même intégré aussi l'IA générative dans nos cours au fur et à mesure.
- 8:51Donc on essaye d'être...
- 8:52Vous avez déjà.
- 8:53Intégré l'IA avant, comme on est à génération?
- 8:55Avant, oui, oui, tout à fait.
- 8:57Assez tôt, en fait, on a fait un Master 2, la dernière année, la troisième année de l'école.
- 9:02On avait intégré, par exemple, un parcours Data Science.
- 9:07Maintenant, on va sûrement le changer, parce qu'avec les changements qu'il y a, on va changer le nom.
- 9:13Mais on a intégré tous les outils d'IA déjà, de façon générale.
- 9:18Et maintenant on a introduit même les génératifs, parce qu'on voit bien quand même que ça va impacter même le métier d'acteur.
- 9:26Donc on essaye d'anticiper.
- 9:28De quelle manière ça impacte?
- 9:30Pour les calculs déjà?
- 9:31Oui, déjà pour les calculs.
- 9:37On pourrait avoir besoin de moins d'actuaires peut-être demain si on n'essaie pas de s'associer avec l'IA.
- 9:44Je pense que c'est une réflexion aussi à l'insu des actuaires en ce moment, avec les formations.— D'accord.
- 9:50Et là, on vous disait ça change la reconnaissance.
- 9:52Donc c'était le premier point.
- 9:53Qu'est-ce qui change encore?—.
- 9:55La reconnaissance, déjà, premièrement, pour nos étudiants, pour avoir le titre d'actuaire, c'est quand même jusqu'à...
- 10:01Jusqu'à l'année dernière, on avait des étudiants qui faisaient une année en plus pour avoir le titre alors qu'ils avaient le niveau et ils finissaient parmi les premiers dans les autres formations.
- 10:12Ça nous permettait aussi la reconnaissance auprès de notre université parce que le deal avec eux c'était que si on a l'accréditation on pouvait avoir l'autonomie totale de notre institut.
- 10:24Pas totale, ça reste dans l'université, mais comme une faculté, comme une composante.
- 10:30Ça c'est une question en cours, par exemple.
- 10:33On a fait notre objectif, on attend notre objectif.
- 10:40Par contre les universités, comme ça change, on est en cours.
- 10:45Bon, on suit le rythme.
- 10:47– Est-ce que du point de vue des étudiants, il y a un attrait supplémentaire?
- 10:51Vous avez constaté plus de candidatures peut-être?
- 10:54– Plus de candidatures et trois choses.
- 10:59Garder nos bons étudiants déjà, qui ne sont pas obligés d'aller ailleurs pour avoir le titre, pour faire une année supplémentaire.
- 11:06Deuxièmement, la qualité des candidatures.
- 11:11On voit bien, même cette année, c'est mon master, pour rentrer au Master 1, il y a une plateforme, mon master, et les 35 places, je pense qu'elles vont être remplies là, tout de suite.
- 11:23Les 35 places par promo?
- 11:24Non, on a 50 en tout, mais comme on a des doubles diplômes à l'étranger, tout ça, 35 en France, et puis on laisse un peu ouvert pour avoir d'autres profils, en fait.
- 11:36Par exemple, le diplôme avec certaines écoles d'ingénieurs, On avait un double diplôme avec KPI par exemple, malheureusement KPI c'est l'Ukraine, c'est l''école politique technique de Kiev.
- 11:50Malheureusement, un peu moins ces dernières années, on a des écoles d'ingénieurs qui s'appellent Esprit à Tunis, qui matent un four, qui est plutôt un four, ça permet d'avoir des profils différents.
- 12:00Des comptes d'ingénieurs comme l'INIT, l'école nationale d'ingéniers de Tunis, c'est la deuxième école de Tunisie.
- 12:05On développe beaucoup de relations internationales pour avoir aussi des profils très différents, pour mixer.
- 12:10Et certains étudiants suivent tous les cours en télétravail?
- 12:14Enfin, ceux qui sont à distance.
- 12:16Certains ont fait des cours et certains viennent M1 et M2 ici sur place.
- 12:21Mais pas beaucoup, c'est un ou deux.
- 12:23On ne peut pas apprendre beaucoup plus d'étudiants.
- 12:25On est en promo normalement de 50 maximum.
- 12:28Cette année, ils sont en 42.
- 12:31En tour.
- 12:34Mais le nombre d'actuaires qu'on forme chaque année, c'est selon la convention signée avec l'institut des actuaires, c'est 30.
- 12:43On forme 30 actuaires par an.
- 12:47Il est premier donc il arrive cette année.
- 12:49Je crois qu'on a 28 cette année.
- 12:52Après le diplôme de master, ils valident le master et après ils font la queue pour la soutenance.
- 12:59Ou bien le dernier trimestre de l'année N ou bien le demi-trimestre de l'année N+.
- 13:08– On était sur l'attrait supplémentaire vis-à-vis des étudiants, donc gardez les bons, la qualité des candidatures, il y avait un troisième point que vous vouliez peut-être aborder?
- 13:17– Oui, j'avais dit 1, 2, 3, le troisième, je ne sais plus, mais bon au moins 1 et 2, c'est déjà pas mal.
- 13:26Donc ça c'est vraiment important de garder nos étudiants, les bons étudiants, Parce qu'en fin de compte, en 2021, on a déjà créé l'école d'actuarial sur trois ans.
- 13:36Ça veut dire, l'école d''actuarial, ça veut dire, on l'a créé à l'université.
- 13:40Ça veut dire qu'on l'a créée trois ans, L3, M1, M2.
- 13:43Première année, deuxième année, troisième année.
- 13:45On a déjà mis le format d'une école.
- 13:49Donc ça nous a permis d'avoir des bons candidats qui viennent de prépa, par exemple.
- 13:54Et puis cette année, depuis l'année dernière, on est ouvert au concours BECEA.
- 13:58C'est donc des concours pour C'est les grands écoles d'actuariat et statistique.
- 14:03B.E.E.A.S, ça s'appelle, je crois, pour ne pas se tromper.
- 14:07B.E., Banque d'épreuves.
- 14:12C.E.A., B.E.C.E.A..
- 14:17C.E.E..A.S, ok.
- 14:18Si vous tapez ça, vous...
- 14:20Oui, je trouve.
- 14:21C'est un concours comme les grandes écoles.
- 14:24D'accord, commun ou...
- 14:25C'est commun à toutes les formations des écoles d'acteur.
- 14:29C'est les neufs qui sont reconnus?
- 14:30Oui, les neufs qui sont reconnus.
- 14:31Et vous êtes la neuvième, c'est ça?
- 14:33Oui, on est la neuvième.
- 14:34Il y a deux autres, mais les autres, c'est comme le CNAM, c'est des formations continues.
- 14:37D'accord, oui.
- 14:38Les formations initiales, nous, les apprentissages, c'est neuf, on est la neuvième.
- 14:43Et donc vous êtes sur l'alternance, sur la formation initiale?
- 14:46On a les deux, on a les deux en parallèle, on fait les deux.
- 14:49Mais la majorité, on a à peu près 90% des étudiants sont en alternance.
- 14:54Par exemple, cette année, on a, je vous ai dit 42, c'était 41 plutôt.
- 15:01Et on a 37 alternants sur les 41.
- 15:06Donc, vous voyez, les pourcentages sont, c'est ce que je dis, 90%.
- 15:10Je n'ai pas fait les calculs, mais ça se rapproche.
- 15:14Les autres, en général, c'est les gens qui viennent en doublé diplôme et qui n'arrêtent pas à trouver d'alternance.
- 15:22Eux aussi, ils peuvent être alternants, mais des fois, ils ne peuvent pas trouver.
- 15:26– Et vous m'avez dit que vous étiez à l'origine de l'IRA.
- 15:30Vous étiez un co-fondateur, c'est ça?
- 15:32– Oui, oui, tout à fait.
- 15:33– Avec qui?
- 15:33– François Langot, économiste.
- 15:38Langot,.
- 15:43L-A-N-G-O-T.
- 15:45Faut pas que je le trompe, sinon il va me tuer.
- 15:48L-A- N-G-O T, oui.
- 15:50Economiste, professeur d'économie, qui fait partie du...
- 15:53En fait, on n'a pas parlé de la partie recherche, mais la partie recherche, en fait, on a deux laboratoires.
- 15:58Le laboratoire Mansour de mathématiques, on l'appelle LMM.
- 16:02Et le laboratoire Gains, G-A-I-N-S.
- 16:06Alors vous me dites pas ce que ça veut dire, je pense que c'est groupement, je ne sais pas quoi.
- 16:09Gains, en fait c'est l'économie de travail, c'est le groupe, il s'appelait comme ça depuis l'origine, mais leur spécialité c'est toutes les méthodes numériques, l'économetrie pour l'économie de travail, retraite, épargne.
- 16:29Donc ça c'est les deux labos sur lesquels s'appuie l'ERA.
- 16:33Plus les chercheurs associés qui peuvent venir se rejoindre à nous comme certains juristes.
- 16:38On a deux juristes qui font de l'assurance, qui sont des chercheurs associés, qui nous ont permis aussi, une des deux comme Marie-Julie Loyer, qui nous a permis d'avoir toute la partie cours droit pour l'école vectoriale, c'est très important.
- 16:51C'est elle qui assure en master 1 tous les cours, qui nous a aidé aussi à construire les cours de droit.
- 16:57Beaucoup plus facile grâce à l'ERA en fait, parce que sinon il faut trouver des enseignants qui font le droit, c'est compliqué.
- 17:03L'économie c'est pareil, c'est intégré directement, c'est des cours communs avec les autres masters.
- 17:08Comme MBFA et autres, de la monnaie Banque Finance Assurance, qui aussi forment quelque part des actuaires, mais à travers d'autres formations, mais forment aussi.
- 17:19Quand on a fait les 10 ans de l'ERA, on s'est rendu compte que beaucoup parmi les anciens des MBFA sont devenus aussi actuaires par voie formation continue, par voie professionnelle.
- 17:28D'accord, très bien.
- 17:31– OK.
- 17:34Et pour…
- 17:35oui, donc comment, quand vous avez créé l'école, pourquoi créer une nouvelle école d'actuaires?
- 17:41Pourquoi se lancer là-dedans?
- 17:43– En fait, historiquement, j'ai pris le relais après un des fondateurs qui s'appelait…
- 17:49c'était un des directeurs de thèse, d'ailleurs Jean-Pierre Lepultier, malheureusement il nous a quittés.
- 17:53Lui, il a fait…
- 17:56en 1997, donc ça faisait, ouais, ça va faire bientôt 30 ans.
- 18:02Donc il a créé ce qu'on appelle avant les DESS, vous savez, les masters appliqués s'appelaient DESS, et il l'appelait mathématicien d'entreprise.
- 18:09D'accord.
- 18:10Donc, et comme il avait un peu un environnement assurantiel ici, donc avec MMA, donc le cours d'actuariat a toujours été fait par des intervenants de MMA, par exemple, etc.
- 18:22Et c'est comme ça que ça a commencé.
- 18:24Et du coup, quand je suis arrivé, j'ai dit, bon, il n'y avait pas peu d'étudiants en maths ici, en maîtrise, etc.
- 18:30J'ai dit, pourquoi attendre de s'incrémenter?
- 18:33Peut-être qu'on peut faire un master.
- 18:34On ne s'appelait pas Actoria à ce moment, parce qu'il n'y avait pas la mention Actoria.
- 18:39Mathématiques appliquées pour l'assurance finance, on appelait comme ça.
- 18:41Et on a créé deux M1 et M2, on a dit on forme.
- 18:45Et depuis, on a vu extensions, on a passé à 25 quotidiens au master 1, 40, etc.
- 18:53Et le fait de proposer deux années pour faire le master avec un stage obligatoire de 4-5 mois en master 1 d'avril jusqu'à août et après c'est arrivé après stage et après c'est devenu l'alternance, c'est devenu une formation vraiment
- 19:09complète, reconnue par les professionnels.
- 19:11Et ça, après on a dit bon pourquoi on a des reconnaissances professionnelles, pourquoi on n'a pas la reconnaissance de l'insu actuaire.
- 19:19Et quand j'ai télévoi en 2010, ils m'ont dit qu'on ne faisait pas assez d'assurance, en recherche en fait, parce que je faisais beaucoup de tout ce qui est risque de modèle, modèle financier, etc.
- 19:36Il fallait faire de la recherche en assurance plus et de s'approcher de l'espace si on veut faire des conventions et développer.
- 19:43Et du coup, c'est ce qu'on a fait.
- 19:45On a développé, on a créé ce qu'on appelle le séminaire annuel de Actoria et Finance, avec l'ISFA initialement.
- 19:56Donc en 2012, on l'a créé.
- 19:59Et cette année, il est devenu un séminaire où la majorité des écoles d'Actoria y participent.
- 20:04Les UPS, l'NCAE, le CNAM.
- 20:10L'ESFA et nous.
- 20:11Donc on est cinq écoles d'Actoria qui organisent ce séminaire.
- 20:15Ça a permis aussi d'associer dans la coopération la recherche à la formation.
- 20:19Donc 2010.
- 20:22Après on a essayé et puis c'est avec je crois Philippe Talleux qui est le premier qui a commencé et David Dubois, les présidents de l'INSIS Actuaire.
- 20:31Ils ont commencé à à répondre à mes e-mails sur la possibilité, est-ce qu'on peut être...
- 20:39Est-ce qu'il y a possibilité d'étudier notre dossier et comment on fait?
- 20:42C'était pas clair au départ.
- 20:44Et donc, il fallait des étapes.—.
- 20:46Et le dossier, il a été déposé quand, alors?—.
- 20:48Alors, on a eu 2024, je crois.
- 20:51On l'a déposé 3 ans avant.
- 20:53Ça a duré 2024.
- 20:55À mon avis, 2021, oui, ça doit correspondre.
- 20:58C'était avec Philippe Talleux, je crois, après juste le Covid.
- 21:02Ça doit être ça, 2021 ou 2022.
- 21:05– Quels sont les critères pour devenir une école accréditée?
- 21:10– Les critères, on avait un dossier à remplir et je crois qu'il y avait trois écoles qui ont répondu.
- 21:18Je ne sais pas, il y avait Marle-la-Vallée et les Sives, vous savez, l'école de Léonard de Vinci.
- 21:28Il y avait trois écoles avec nous, avec l'école d'Actoria du Mans.
- 21:35Et je pense, d'après ce que j'ai eu comme retour, c'est le fait qu'on a déjà anticipé déjà le format école d'Actoria.
- 21:43L'environnement RFI de l'IRA a joué beaucoup d'importance parce que l'Institut Isactuel aussi développe pas mal d'activités en termes de recherche appliquée, avec ses congrès, etc.
- 21:56Et puis le fait aussi d'avoir la reconnaissance des professionnels parce qu'on avait des lettres de soutien de nos partenaires, etc.
- 22:03Donc voilà ce qui a fait peut-être la différence.
- 22:07On est très content.
- 22:09C'est le début, mais ça a débarré avant quand même.
- 22:16Et pour le futur, comment vous l'envisagez maintenant que vous êtes un peu plus installé, je dirais?
- 22:24– Déjà, il y avait une décision d'avoir une accréditation, je ne sais pas si vous avez remarqué, il y avait une période de probatoire jusqu'en 2030, c'est normal, c'est pratique, c'est normal.
- 22:40Nous déjà, on travaille pour l'après déjà, on essaie d'être toujours précurseur sur beaucoup d'aspects de développement de l'actoria en général.
- 22:53Comme quoi par exemple?
- 22:55Je reste sur toujours l'IA, les outils numériques pour moi c'est un outil très important et pour moi le point important à régler maintenant c'est l'IA générative, comment associer les génératives à l'actoria pour ne pas, d'une façon générale, pas
- 23:11l'actoria, déjà je trouve qu'on ne fait pas assez pour anticiper ça.
- 23:16Personnellement, et à l'échelle plus large que les universités.
- 23:21Oui, à l'échelle française ou européenne.
- 23:23Européenne, tout à fait.
- 23:24Je trouve qu'on est...
- 23:26Je ne comprends pas.
- 23:28Peut-être qu'il y a des contraintes fortes.
- 23:32Je ne comprends pas qu'on...
- 23:33C'est jamais trop tard.
- 23:35On manque toutes les révolutions numériques.
- 23:37Pour moi, c'est plus qu'une révolution.
- 23:39Vraiment.
- 23:40Je ne sais pas, peut-être que j'exagère, mais pour moi, c'est une rupture.
- 23:45Enfin, c'est quelque chose qui va, on ne sait pas dans...
- 23:49Je ne sais pas dans quel...
- 23:51Moi, personnellement, je n'arrive pas à mesurer, en fait, l'impact.
- 23:54Enfin, on le voit tous les jours.
- 23:56Même nous, en termes d'utilisation.
- 23:59Alors, je ne sais pas comment les entreprises...
- 24:03Mais ce que je vois, d'après ce que je discute avec les étudiants, c'est que toutes les entreprises de l'assurance ont intégré l'IA générative dans leur pratique.
- 24:11Ça veut dire que...
- 24:13Dans la façon comment ça fonctionne.
- 24:14Normalement, il y a des équipes, etc.
- 24:16Apparemment, l'outil est proposé automatiquement à l'utiliser.
- 24:21Et donc, je pense qu'ils observent et il y aura sûrement.
- 24:25Un après.
- 24:27Et les agents IA, vous êtes aussi sur l'IA agentique?
- 24:32Oui, oui, oui, on essaye.
- 24:34Moi, personnellement, je pense que c'est...
- 24:36Je suis abonné à Claude et à JPT, les deux, parce que je veux comparer.
- 24:42Et c'est vrai que ça peut vraiment aider à être un vrai assistant.
- 24:48On essaye, en tout cas, d'inculter pour les étudiants le fait que l'IA, je dirais, doit être un outil, un assistant.
- 24:55À ne pas remplacer.
- 24:56Je dis mais de toute manière, même quand on leur donne des projets à faire, si vous donnez à l'IA Générative à le faire, ça veut dire que vous avez perdu déjà la bataille, même pour vous plus tard.
- 25:07Donc vous voyez ce que je veux dire?
- 25:08Ça veut dire que si on vous propose, vous serez toujours derrière.
- 25:11Mais par contre, si vous vous proposez et qu'ils vous aident, ça c'est différent.
- 25:15Et c'est ça qu'on essaie de ne pas subir.
- 25:18Si on subit, à mon avis, on perdra notre capacité à...
- 25:26Evidemment, on reste peut-être...
- 25:29Mais il y a quand même un point important sur ce sujet-là.
- 25:32On essaye en tout cas de réfléchir et d'anticiper.
- 25:35Et à changer avec les professionnels.
- 25:37Moi ce qui m'aide aussi depuis 20 ans, au plus de 25 ans, c'est aussi le conseil de perfectionnement du Master et maintenant de l'école d'Actoria, qui se fait une fois par an et qu'on prend le temps de discuter
- 25:46avec eux pour nous remonter aussi ce qu'ils ont...
- 25:51Ils attendent de nous, est-ce qu'il va, est-ce qu'il va pas, etc.
- 25:54Et cet échange, c'est pas une obligation, mais cet échange, ça nous permet de clarifier pas mal de choses quand même, de nous aider en tout cas à régler les...
- 26:03Nos objectifs futurs.
- 26:06Je pense qu'on d'une année à l'autre, on n'a jamais proposé la même enquête depuis très longtemps.
- 26:12– Et les étudiants, vous avez dit qu'il y avait une partie qui est internationale, ceux qui suivent proprement la formation en alternance ou pas, ils viennent d'où?
- 26:22Ils sont de la région, du Mans ou c'est plus loin?
- 26:25– En fait, je ne sais pas la région, mais il y a 30% qui ont fait les doubles licences mathématiques et économiques chez nous, qui est une licence sélective après le bac, puisqu'il y a double licence, donc on
- 26:36a 40 places autour, donc il y a 30%.
- 26:39Et il y a à peu près, à mon avis, presque 40-50% région, Pays de la Loire et autres, jusqu'à Paris.
- 26:49Quand je dis la région, c'est autour de moi.
- 26:51Les côtés nord et sud, Nantes et Paris.
- 26:55Et après les 20%, c'est l'international.
- 26:58Ok, ok.
- 27:05Et...
- 27:07Il y a un point important, dans la parité, on est un des meilleurs.
- 27:11Vous êtes à combien?
- 27:11Des fois, on est à plus de 50%.
- 27:14Cette année, sur les deux années MA, on est à 56% femmes.
- 27:21Super.
- 27:23Et en général, on est à peu.
- 27:24Près...
- 27:26Et les autres écoles, elles sont à combien?
- 27:28Je pense qu'elles sont à 30-70%.
- 27:30Donc ça, c'est grâce au...
- 27:34Au multi et aussi à l'international.
- 27:36L'international, j'ai privilégié, comme on a la sélection, on peut prélire entre...
- 27:41J'ai privilégié quand même les femmes.
- 27:44Et en général, en maths, il y a beaucoup de femmes qui viennent aussi bien de Cap-Hill que de Tunisie ou de Maroc.
- 27:50C'est souvent des femmes, en fait, qui font les études actuarielles.
- 27:54D'accord.
- 27:55Et en matière de recherche, quels sont les domaines de recherche qui sont importants de nos jours pour l'actuarial?
- 28:02Pour l'Actoria, principalement, l'impact du risque de transition et climatique.
- 28:09Parce que la transition, ça peut être risque et climatique.
- 28:13Les deux, on les travaille.
- 28:14On a deux équipes, principalement statistiques et modèles aléatoires.
- 28:20Et on traite ces problèmes-là de manière différente selon les outils qu'on a en main.
- 28:27Il y a aussi d'autres risques.
- 28:28Par exemple, on a des gens qui travaillent sur le risque contemporain, comme le risque cyber.
- 28:38Et moi, personnellement, je participe à MIRT.
- 28:40C'est un projet qui s'appelle Donc en fait, ça fait partie de ce qu'on appelle les PEPR, c'est les CNRS, c'est le projet France 2030, sur les Maths Vives, ça s'appelle.
- 28:57Maths Vives.
- 28:58Mathématiques et...
- 28:59Vives.
- 29:00Vives, c'est V pour vivant, après écologie, et après c'est société.
- 29:08D'accord.
- 29:09Vives avec VI et S à la fin, si vous allez sur le site web.
- 29:14Donc il y a...
- 29:15C'est dans ce terme-là et on avait proposé avec des collègues à Paris un projet MIR sur la modélisation de la transition et la régulation.
- 29:27Dans ce contexte de transition écologique.
- 29:30D'accord, c'est des domaines de recherche qui sont très pointus.
- 29:32Qui sont très pointus, on essaie de regarder des problèmes d'interaction entre agents.
- 29:36Agents, ça veut dire, ça peut être nous, ça peut être des entreprises.
- 29:39Par exemple, l'État, par exemple, elle veut faire passer une loi type écologique.
- 29:48Et on peut tester, si vous voulez, comment ça se propage.
- 29:52Est-ce que les gens vont accepter ou pas?
- 29:54Donc voir comment ça s'interagit économiquement.
- 29:57Donc ce qu'on appelle les modèles MFG, c'est Mean Field Game, appliqué.
- 30:03Donc on regarde les méthodes numériques qui permettent d'aider l'État, par exemple, à savoir.
- 30:10Et vous simulez en fonction?
- 30:11C'est des jumeaux numériques?
- 30:13On veut faire ça, mais pour l'instant on fait du numérique avec l'IA, le deep learning, etc.
- 30:20Les méthodes numériques, comme on a certaines bases de données qu'on peut utiliser, donc avec l'apprentissage numérique, on utilise ça.
- 30:29Donc ça, si on a un projet jusqu'à 5 ans, Myrthe, on a une thèse qui est financée par ça.
- 30:35L'objectif c'est de développer des mathématiques nouvelles qui permettent d'aider à résoudre des problèmes sociétaux comme le problème des transitions.
- 30:50On a d'autres aussi, bon.
- 30:52– Et le climatique, le risque climatique?
- 30:53– Le risque climatique, ça fait partie, donc les transitions climatiques et les transitions.
- 30:58Et on a, je crois, mon collègue Alexandre Brousse qui vous a reçus, lui aussi il a une thèse avec la collectivité sur la pacte aussi pour la ville, sur ce côté climatique.
- 31:11Donc il y a une thèse de statistique là-dessus.
- 31:16Donc ça, c'est principalement les choses.
- 31:18Après, on a des recherches fondamentales, classiques, selon les équipes de recherche.
- 31:24On travaille beaucoup sur les préférences dynamiques.
- 31:28Les préférences, c'est pareil, ça peut être aussi lié aux transitions.
- 31:32Les préférences dynamiques, Les mesures de risques multivariés, c'est pareil dans le contexte climatique.
- 31:41Parce qu'en fait, on s'en rend compte, par exemple, quand vous avez des risques climatiques, il n'y arrive pas un seul risque.
- 31:47Par exemple, la tempête et le vent, l'inondation, en général, sont couplés et dépendants.
- 31:53Et ça, les calculs sont plus complexes quand ça arrive de manière dépendante.
- 31:58En fait, en maths, on sait faire des calculs conditionnels quand ils sont indépendants, plus simples, parce qu'on peut sommer.
- 32:04Mais quand c'est dépendant, c'est plus complexe.
- 32:08Du coup, on développe des mathématiques pour mesurer ces multirisques multivariés.
- 32:15Ça permet aussi, ces multirisques multivariés, de calculer le risque que rend court une assurance ou bien une institution quelconque, en fonction de ces risques-là.
- 32:29Mais il y a des risques quand même qu'on a étudiés, qui sont le RGA, je ne sais pas si vous avez entendu.
- 32:35Le RGA, c'est le gonflement...
- 32:39Rétention et gonflement de l'argile en fait.
- 32:44L'argile, quand il y a des sols argileux, quand il pleut, ça gonfle.
- 32:50Et quand il y a de la sécheresse, ça se rétracte.
- 32:53Et donc ce mouvement-là, ça crée des fissures dans les maisons.
- 32:56Et ça, c'est un coût énorme pour les gens, parce qu'ils peuvent perdre leur maison, ils peuvent devenir inhabitables, ça entre dans le multi-risques habitation.
- 33:05Sauf que ça, ce n'est pas pris par l'assurance directement, il faut que ce soit reconnu, catastrophe naturelle, par le département pour qu'ils puissent être indemnisés ou prendre en charge, etc.
- 33:17Et c'est des coûts énormes.
- 33:19C'est du coup, vous pourrez vous retrouver, vous savez, peut-être que vous avez vu, on peut se trouver avec des fissures larges, des centimètres, et ça peut risquer les fondements même de la maison.
- 33:31Et là, vous êtes obligé de quitter votre maison alors que vous êtes en train de payer, pas fini de payer, etc.
- 33:39Et ça, si vous regardez, vous pourrez taper, il y a des RGA, vous regardez les cartes géographiques.
- 33:45Entre 5 ans en arrière et maintenant, vous verrez la différence déjà.
- 33:48C'est devenu rouge partout en France, alors que c'était plutôt le nord et le sud.
- 33:54Maintenant, c'est toute la France qui est concernée, avec quand même une répartition très illégale.
- 34:01Ça, c'est un des risques les plus importants.
- 34:11Il y a un risque d'inassurabilité, c'est-à-dire que les entreprises d'assurance peuvent se retirer parce qu'ils sont incapables.
- 34:19De prendre en charge.
- 34:23Parce qu'ils sont trop importants.
- 34:26Parce que ça peut être quasiment de reconstruire la maison.
- 34:29Donc sûrement dans cet aspect-là, il y a beaucoup d'anticipation maintenant.
- 34:34Avec le climat, j'imagine que ça augmente.
- 34:36Oui, ça augmente.
- 34:37On a eu beaucoup d'eau, mais on a eu quand même beaucoup de sécheresse.
- 34:40Ça, c'est vraiment un risque après pour le RGA.
- 34:48Il y a un risque d'inassurabilité, de ne plus assurer ce type de choses.
- 34:53Il y a des prévoyances pour ça, il faut anticiper.
- 34:56Je pense qu'il faut anticiper les constructions.
- 35:00Et là, l'IA générative peut jouer un rôle important de surveillance.
- 35:05Avec des capteurs, des satellites, etc.
- 35:10Ça, ça peut jouer un rôle important dans l'avenir.
- 35:13Tout ça, c'est des recherches.
- 35:14Aussi, on y participe.
- 35:16Mais c'est pas une recherche mathématique parce que c'est une recherche avec plusieurs compétences.
- 35:24On a besoin de géographes, on a besoin de géologues, on a besoin...
- 35:29C'est vraiment de multi-compétences.
- 35:31Et là, clairement, ce type de risque, amateur tout seul, d'habitude on regarde le problème, on essaie de là, c'est pratiquement impossible.
- 35:39Parce qu'on a vraiment besoin des compétences multiples en fait.
- 35:43D'accord.
- 35:45Ça c'est un des problèmes, je pense qu'il y a même une discussion entre les assurances et l'État aussi.
- 35:55Comment faire développer, parce qu'on a le fameux, quand même, qu'on a créé en France, qui est important, comment ça s'appelle?
- 36:02Le système Catnat, qui est un système public-privé qui permet d'anticiper celui-là, qui permet de rembourser les catastrophes naturelles, c'est pour ça qu'on déclare.
- 36:13Mais ce fonds-là n'est plus adapté aux différents risques contemporains, tels que les RGA, tels que d'autres risques climatiques, les inondations à répétition.
- 36:26Tout ça, il n'est plus capable de faire face.
- 36:31Donc il y a aussi une grosse réflexion là-dessus.
- 36:34Mais c'est français.
- 36:36Alors ça, la question, pourquoi on n'a pas un léchiel européen?
- 36:40Il y a des choses un peu partout, mais je pense que ça sera beaucoup plus efficace si on fait...
- 36:46Sachant que les Américains, ils ont délaissé ça.
- 36:51Là-bas, avec ce qui s'est passé en Los Angeles, par exemple, dernièrement avec les incendies, là-bas, l'État n'intervient pas.
- 36:59Les entreprises, par exemple, des réassurances et assurances, ils mettent les clés sous la porte.
- 37:06L'État ne bouge pas.
- 37:10Il y a des organismes, surtout avec l'État actuel, ils ne veulent même pas entendre parler des risques climatiques.
- 37:18Mais ça, c'est vraiment une question, ça veut dire le 4NAT, qui est une très bonne idée, mais ça date, je ne sais plus, je ne peux pas raconter une date, je peux regarder, mais ça fait plus de 30
- 37:28ans peut-être que ça existe.
- 37:30Mais ce n'est plus adapté, il faut vraiment...
- 37:33Les fonds ne sont pas assez importants.
- 37:35Ils étaient importants pour ce qu'ils c'est.
- 37:37Jusqu'à maintenant, on avait des risques climatiques, on appelait ça des risques événements rares.
- 37:43Parce qu'ils étaient rares, mais ils arrivaient avec un coureur noir.
- 37:46Donc une probabilité, c'est-à-dire une fréquence d'arrivée faible, mais ça coûte cher, c'est un coût important.
- 37:56Maintenant, la répétition de ces phénomènes-là Déjà, il met en cause la théorie même, la mathématique, donc il faut revoir cette théorie-là.
- 38:08Et évidemment, les fonds qui sont derrière ne sont plus capables de faire face.
- 38:11– Mais il y a quand même une discussion avec l'État.
- 38:14– Ah oui, oui, oui.
- 38:15L'Institut des Actuaires joue un rôle important.
- 38:18Il y a d'autres institutions, il y a des commissions, etc.
- 38:22Mais la question d'assurabilité est une question posée entre les assureurs et l'État, Vous savez, vous avez entendu, par exemple, les assurances, certaines collectivités n'étaient plus assurées, etc.
- 38:34C'est pareil, ça fait partie de ces discussions-là.
- 38:38Mais pour moi, c'est un phénomène qui dépasse le risque, les maths, etc.
- 38:43C''est un problème sociétal important, un des problèmes les plus importants.
- 38:48Je pense que les gens, comme on paye les assurances en se rend compte, on ne se rend pas compte de l'importance de ne plus être assuré.
- 38:57Je ne sais pas, mais c'est comme les crédits.
- 39:01Tout le monde qui a besoin fait un crédit, mais on ne sait pas qu'il n'y a plus de crédit et qu'il faut compter sur tes épargnes pour acheter une maison.
- 39:09On n'achètera plus une maison, c'est clair.
- 39:11Donc c'est un peu comparable.
- 39:15– Je ne sais pas si c'est….
- 39:16– Oui, c'est très clair.
- 39:17– Ils n'étaient pas assurés.
- 39:18– Oui, oui.
- 39:19Écoutez, c'est très clair pour moi.
- 39:22Je réfléchis si j'ai d'autres questions.
- 39:24Vous voyez autre chose à rajouter peut-être?
- 39:26Un point sur lequel insister?
- 39:31Non, j'assiste, je profite de l'occasion.
- 39:33Bon, je ne sais pas si ça...
- 39:35Mais je vois qu'on a un modèle français.
- 39:39Vraiment, ça c'est...
- 39:41Même le modèle de l'institut actuaire, c'est un modèle français.
- 39:44D'accord?
- 39:45On devient actuaire autrement ailleurs.
- 39:48Moi je trouve qu'il faut défendre ce modèle français.
- 39:51Il a des bonnes assises, il a des bonnes...
- 39:54Les gens en voient, les gens conforment.
- 39:56Ils deviennent rapidement des managers, des directeurs, etc.
- 40:00Ils ont un rôle important.
- 40:01Je pense que ça prouve que notre modèle n'est pas «mauvais» en le comparant par rapport à d'autres.
- 40:08Maintenant, notre modèle aussi est ouvert vers le monde.
- 40:13Et on voit qu'en ce moment, il y a des tentatives par exemple d'augmenter le prix d'inscription pour les étrangers, les étudiants étrangers.
- 40:22Je pense que ça, ça peut faire très très mal à ce type de modèle français, sincèrement.
- 40:29Et si on veut changer de modèle, dans ce cas-là, il faut remettre en cause tout un modèle et ne pas juste jouer sur ça.
- 40:37Si on joue sur ces axes-là, on risque de poser problème, mettre des bâtons de roue dans le modèle ou bien mettre de l'énergie dans le modèle que d'améliorer les choses, à mon avis, même si l'objectif c'est peut-être d'augmenter,
- 40:54si vous voulez, la finance des universités, etc.
- 40:58Mais ce n'est pas ça qui va changer le problème financier des universités.
- 41:02Le problème financier des universités vient de sa propre modèle LRU qu'on a mis en place.
- 41:10C'est un modèle qui met nécessairement les universités en difficulté pour moi.
- 41:15Évidemment, ce n'est pas un modèle parfait, Donc ça, il faut faire attention.
- 41:20– Et pour le financement en tant qu'école, vous avez des latitudes différentes par rapport à l'université?
- 41:28– Non, on est comme n'importe quel.
- 41:30Un étudiant ici, c'est comme n'importe quel étudiant dans n'importe quelle autre formation.
- 41:34Il paye, je sais ne plus, 244 euros.
- 41:39Nous, on considère que, malgré que notre école, on a beaucoup de cours, parce que nous, l'école d'actuariat, on a un cours sur la busse à respecter.
- 41:47C'est pas une formation universitaire, on a un vrai cours sur la busse.
- 41:51Et donc ça, ça veut dire qu'il faut qu'on couvre le programme.
- 41:55Et ça, ça demande beaucoup d'heures.
- 41:56Nous, on nous étudie dans plus de 35 heures par semaine.
- 41:58C'est pour couvrir le cours sur la bus.
- 42:04Parce que l'aspect de l'actuaire, le métier d'actuaire dépasse largement les maths.
- 42:07C'est les maths, c'est les droits, c'est le contrat d'assurance, c'est les outils numériques, c'est la connaissance du marché.
- 42:18Et de plus en plus avec l'IA, ça va être...
- 42:20Voilà, donc il faudrait peut-être qu'on...
- 42:23Que l'IA, mais ça, c'est l'IA, l'Institut des Actuaires qui décide, mais peut-être revoir, peut-être, qu'est-ce qu'on peut enlever, qu'est ce qui est essentiel dans l'avenir.
- 42:33Ça, c'est un travail qui doit être effectué par l'Institut des Actuaires.
- 42:36D'accord.
- 42:38Ben écoutez, c'est parfait pour moi.
- 42:40Bon, j'espère.
- 42:41Je vais prendre une petite photo de vous, si vous permettez.
- 42:43Oui.
- 42:44Alors...
- 42:45C'est pas très...
- 42:45C'est joli.
- 42:46Si je dois enlever les lunettes, vous me dites.
- 42:49Bon, on va faire les deux.
- 42:51On va faire les deux, Et puis une sans lunettes.
- 43:04OK.
- 43:10Sinon devant le tableau peut-être avec les formules?
- 43:15Oui, je vais prendre.
- 43:17Non, ce n'est pas cliché, c'est très bien.
- 43:20C'est très bien, je me mets devant, de votre côté.
- 43:25Oui, c'est bien.
- 43:38Super.
- 43:39Merci beaucoup.
- 43:40Merci à vous.
- 43:42Et merci, pardon.
- 43:43Merci pour le gâteau, il était très bon.
- 43:46Oui, non, merci.
- 43:49OK, écoutez, c'est bon, j'arrête l'enregistrement.