Latest / Africa Fashion Tour / Linda Alves Nunes, fondatrice de l'Atelier Issé by Lita
Transcript
- 0:00Je recherche donc mes matières premières,
- 0:02mes étoffes,
- 0:04tout autour du Gabon.
- 0:05J'ai des correspondants en Côte d'Ivoire,
- 0:07j'en ai au Bénin,
- 0:08j'en ai au Togo,
- 0:10j'espère bientôt en avoir au Sénégal pour tout ce qui est le Ghana également,
- 0:14pour tout ce qui est fourniture en fait de matières premières africaines,
- 0:17je m'entends.
- 0:18Aujourd'hui,
- 0:20on entend trop de discours sur le pagne.
- 0:23Moi,
- 0:23je suis une révoltée contre ça parce que le pagne n'a rien d'africain,
- 0:27j'insiste.
- 0:28Le panier,
- 0:28on l'a,
- 0:29on l'a
- 0:30On l'a adopté,
- 0:31on l'a intégré dans notre culture,
- 0:33mais il ne vient pas d'Afrique.
- 0:38Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:41Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 0:49Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:51Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:55responsables et ambitieux.
- 0:57Au fil des interviews...
- 0:58Je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:06Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:12de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:17C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:21éthiques et performants.
- 1:23Je suis Amatalia Lowe,
- 1:24je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes.
- 1:27Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:30J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:34En 2017,
- 1:35j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:38Et depuis,
- 1:39je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:45Au-delà de la mode,
- 1:46je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 1:50Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 1:59Aujourd'hui,
- 1:59je suis en compagnie de Linda Alves Nunez Remishi.
- 2:04C'est la fondatrice de la marque L'Atelier Iseba Elita.
- 2:07Elle est basée au Gabon,
- 2:08à Libreville.
- 2:09Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque.
- 2:14Bienvenue Linda,
- 2:15comment vas-tu ?
- 2:16Merci,
- 2:17merci.
- 2:17Bonjour à tous.
- 2:19Je vais très très bien.
- 2:21Et voilà,
- 2:22donc je m'appelle Linda.
- 2:24Je suis donc la fondatrice de l'atelier Issei Bailita,
- 2:27qui est une marque de vêtements où nous avons deux casquettes,
- 2:31une partie prête à porter sur mesure et haute couture.
- 2:37Donc voilà un petit peu mon histoire pour commencer.
- 2:40Très bien,
- 2:41je te remercie pour cette petite introduction.
- 2:43On a démarré directement dans le vif du sujet.
- 2:46Moi,
- 2:46je t'ai rencontrée dans le cadre du pop-up Parlons Mode qui a été organisé par Dorine.
- 2:53au début du mois de juillet 2026.
- 2:56Moi,
- 2:57j'ai apprécié ce que tu faisais.
- 2:58Du coup,
- 2:58c'est la raison pour laquelle je t'ai proposé cette interview pour le podcast Africa Fashion Tour.
- 3:04Là maintenant,
- 3:05ce que je vais te demander,
- 3:06c'est de te présenter avec un peu plus de détails,
- 3:08c'est-à-dire ta carrière avant la mode.
- 3:11Est-ce que tu as toujours été dans la mode ou est-ce que tu as été dans un secteur totalement différent avant ?
- 3:17Et puis peut-être que tu peux nous parler aussi de tes études,
- 3:20de ton parcours scolaire.
- 3:22Alors,
- 3:22effectivement,
- 3:24ça fait très peu de temps que je suis dans le monde et le milieu de la mode.
- 3:29On est sur notre cinquième année.
- 3:31Et bien avant cela,
- 3:32on va dire que j'ai eu plusieurs vies dans une vie.
- 3:35Et je suis passée par plusieurs différents travaux de travail au cours de mon parcours.
- 3:41J'ai commencé dans l'aérien,
- 3:44j'ai continué un petit peu dans les assurances,
- 3:46j'ai fait aussi beaucoup de commercial.
- 3:50J'ai eu à faire aussi...
- 3:51de la décoration d'intérieur,
- 3:54pour qu'après le Covid,
- 3:55en fait,
- 3:56ce qui était en moi profondément ancré dans mes gènes,
- 4:01a trouvé un moyen de...
- 4:03En fait,
- 4:03c'était le moment d'exister.
- 4:06Et c'est comme ça que l'atelier est né.
- 4:08Très bien.
- 4:08Donc,
- 4:09effectivement,
- 4:09ce qu'on comprend,
- 4:10c'est que tu as évolué dans les secteurs,
- 4:12tu parles du côté aérien,
- 4:13tu parles de l'assurance,
- 4:14qui était totalement différent et éloigné de la mode.
- 4:17Et est-ce qu'à travers ces différentes expériences,
- 4:20Tu étais déjà en Afrique,
- 4:22parce qu'aujourd'hui,
- 4:23comme je l'ai dit en introduction,
- 4:24tu es basée à Libreville.
- 4:26Mais est-ce que ces différentes expériences étaient déjà sur le continent ou est-ce que tu as eu aussi,
- 4:31de la même façon qu'en termes de carrière,
- 4:33ce que tu évoques,
- 4:34c'est que tu as eu plusieurs vies dans une vie.
- 4:35Est-ce que d'un point de vue des endroits où tu as vécu,
- 4:38tu as aussi voyagé ?
- 4:40Alors,
- 4:41je suis née à Libreville,
- 4:42plus précisément dans un quartier qui s'appelle le Carrefour Léomba,
- 4:46à la maison,
- 4:47parce qu'à l'époque,
- 4:47ça se passait ainsi.
- 4:49Et je suis la dernière d'une fratrie de trois.
- 4:52Ensuite,
- 4:54toute ma scolarité s'est faite au Gabon.
- 4:57Par la suite,
- 4:58je suis effectivement partie vers l'étranger pour faire différentes choses.
- 5:03Parce qu'en fait,
- 5:04je suis une métisse,
- 5:05je suis ce qu'on appelle une octavone,
- 5:07donc un huitième.
- 5:08Et ayant des racines espagnoles très ancrées et profondes du côté de ma mère,
- 5:13j'ai eu à passer quelques années de ma vie en Espagne.
- 5:15Voilà.
- 5:16Plus précisément en Andalousie,
- 5:18à Malaga.
- 5:19Donc,
- 5:19toi,
- 5:19tu as toujours,
- 5:20on va dire,
- 5:21voyagé entre l'Espagne et le Gabon.
- 5:24Effectivement,
- 5:25quasiment,
- 5:25oui.
- 5:26Donc j'ai une forte influence,
- 5:27je dirais,
- 5:28hispanique,
- 5:29même arabo,
- 5:29parce que si on réfléchit bien,
- 5:32ils sont arrivés aux portes de Poitiers.
- 5:34Donc on est vraiment multiculturel en Espagne.
- 5:39On ne peut pas dire qu'un Espagnol soit 100%
- 5:41espagnol,
- 5:41en fait.
- 5:42On est tout à fait d'accord.
- 5:43On a des influences,
- 5:44effectivement,
- 5:46dans toute la zone méditerranéenne,
- 5:47où effectivement le Maroc est,
- 5:50comme on dit,
- 5:51est monté jusqu'en France.
- 5:54Ce qu'on apprend tous à l'école,
- 5:55en tout cas en France,
- 5:56c'est Charles Martel a arrêté l'invasion des Arabes.
- 5:59Je ne sais plus la date,
- 6:00d'ailleurs,
- 6:01ça ne me revient plus.
- 6:02Je crois que c'était 732,
- 6:03737,
- 6:04mais en tout cas,
- 6:04c'est un truc qu'on a appris.
- 6:06Donc effectivement,
- 6:06l'influence arabe,
- 6:07elle existe dans certains pays européens.
- 6:10Donc si on en revient maintenant,
- 6:12toi tu dis,
- 6:13tu évoques dans l'introduction que ce qui était en toi,
- 6:16à un moment donné,
- 6:18ça s'est exprimé.
- 6:19Donc ce que je comprends,
- 6:20c'est que tu as toujours eu un intérêt,
- 6:21une passion pour la mode.
- 6:23jusqu'à en faire ton activité principale.
- 6:26Est-ce que tu peux expliquer cette passion-là,
- 6:29avant que tu travailles dans la mode,
- 6:30comment ça se traduisait ?
- 6:32Est-ce que c'était parce que tu allais chez un couturier,
- 6:34un tailleur,
- 6:35faire faire tes propres tenues ?
- 6:36Ou est-ce que c'est parce que tu avais beaucoup dans ton réseau de designers ?
- 6:43Comment est-ce que ton lien avec la mode s'est forgé,
- 6:46avant que toi,
- 6:46tu crées ta marque ?
- 6:47Alors,
- 6:48ce lien s'est forgé bien avant ma naissance.
- 6:51Je m'explique.
- 6:53En 1965,
- 6:55ma mère fut une personne très forte et elle a ouvert la première mercerie à Libreville en 1965.
- 7:03Donc cinq ans avant mon arrivée sur Terre.
- 7:06Et dès ma naissance,
- 7:07j'ai été entourée de tout ce qui fait une mercerie et de la couture,
- 7:11parce que maman faisait déjà de la couture.
- 7:13Et donc à travers les machines à coudre,
- 7:15cet environnement...
- 7:17J'ai une anecdote d'ailleurs,
- 7:19je devais avoir cinq ou six ans.
- 7:21Et elle m'avait offert,
- 7:22vous savez,
- 7:22les petites machines à poudre d'enfants,
- 7:24mais électriques,
- 7:25qui fonctionnent,
- 7:26qui font de la couture.
- 7:27Et comme je n'avais pas le tissu qui allait avec,
- 7:29je me suis contentée de découper les rideaux du salon pour faire une jolie robe à ma jolie Barbie.
- 7:35Et ça m'a coûté,
- 7:37comme on dit,
- 7:37une belle roustre.
- 7:38Mais bon,
- 7:40ce sont des souvenirs,
- 7:40vous voyez,
- 7:41qui remontent à loin.
- 7:43Ensuite,
- 7:43j'ai toujours,
- 7:44toujours été sensible à la mode.
- 7:46J'ai toujours aimé,
- 7:47comme on dit en Afrique,
- 7:47la sape.
- 7:49Et pour moi,
- 7:49je trouve que ça,
- 7:50c'est...
- 7:53L'habit ne fait pas le moine,
- 7:54mais il y contribue.
- 7:57Donc,
- 7:57quand on est sensible à ce genre de choses,
- 8:01à l'environnement,
- 8:02en fait,
- 8:02que l'on va créer autour déjà,
- 8:04par exemple,
- 8:05en tant qu'architecte d'intérieur,
- 8:07tout ce qu'on peut faire pour améliorer la vie au quotidien des individus chez qui on travaille,
- 8:12eh bien,
- 8:12c'est encore mieux lorsqu'on crée des vêtements.
- 8:15Parce que là,
- 8:15on rentre vraiment...
- 8:17Dans l'intimité,
- 8:18le vêtement est sûr en contact avec la peau.
- 8:20Donc,
- 8:21il n'y a pas que l'aspect esthétique.
- 8:23Il y a aussi ce qui rentre en compte,
- 8:25c'est le toucher,
- 8:27le porter.
- 8:27Enfin,
- 8:28tout ce qui fait qu'un vêtement vit,
- 8:30en fait.
- 8:31Très bien.
- 8:31Et est-ce que aussi à travers...
- 8:34Donc,
- 8:34c'est intéressant de voir,
- 8:35là,
- 8:35tu nous recloses dans tes souvenirs d'enfants et dans ton premier lien avec la mode.
- 8:40Et est-ce que toi,
- 8:41à travers tes tenues vestimentaires,
- 8:43à travers ton style...
- 8:45Tu sentais déjà que tu avais envie peut-être de te différencier,
- 8:48tu avais envie d'affirmer quelque chose et tu avais déjà un intérêt pour les savoir-faire africains et notamment savoir-faire du Gabon.
- 8:57J'en ai toujours eu.
- 8:58En fait,
- 8:59déjà,
- 9:00il y a dès la naissance jusqu'à,
- 9:02je dirais,
- 9:02l'arrivée au lycée où j'étais vraiment baignée dans cet environnement.
- 9:06Et puis,
- 9:08je la flatte toujours,
- 9:09mais c'est un modèle.
- 9:10Une femme élégante devant moi qui me montrait.
- 9:13à quel point le vêtement pouvait être important sur le porté d'une femme,
- 9:17sur la présence qu'elle dégage.
- 9:24Moi,
- 9:25à travers ce que je fais,
- 9:27bon,
- 9:28déjà je vais essayer de décomposer le nom de ma marque.
- 9:32Au Gabon,
- 9:32nous avons plusieurs ethnies,
- 9:34mais à travers toutes ces ethnies qui ne font qu'un,
- 9:38donc le pays,
- 9:40j'ai cherché un mot
- 9:41qui symbolisait plusieurs choses,
- 9:44des éléments qui sont importants pour moi dans la vie d'une femme.
- 9:48Et Issei,
- 9:49malgré que ça nous rappelle aussi Issei Miyake,
- 9:51vient d'un dialecte gabonais qui est le Nzebi,
- 9:55et qui veut dire élégance,
- 9:56beauté et harmonie.
- 9:58Lita,
- 9:59en fait,
- 9:59c'était le petit nom de ma mère parce qu'elle s'appelait Ángela et qu'en espagnol,
- 10:03on dit souvent Ángelita.
- 10:05On rajoute ce petit suffixe pour embellir ou rendre les choses encore plus mignonnes.
- 10:13Ita ou Ito.
- 10:14Donc,
- 10:15voilà un petit peu l'histoire du nom.
- 10:17Parce que ce que je cherche à véhiculer à travers ce que je crée,
- 10:23c'est qu'une femme,
- 10:25aujourd'hui,
- 10:26quand j'observe dans la rue,
- 10:27et ça c'est des
- 10:28De plus en plus jeune,
- 10:31on expose son corps.
- 10:33Notre corps est un temple,
- 10:35est quelque chose de sacré.
- 10:37Donc l'exposer comme ça,
- 10:40ça n'a pas de sens.
- 10:42Alors qu'on peut être très bien sensuel,
- 10:45sexy,
- 10:46en ayant des vêtements un peu plus couverts,
- 10:49mais en ayant des petites touches,
- 10:52des petites coupes,
- 10:53des petites fentes à droite à gauche qui vont faire en sorte que suivant la tenue
- 10:58La prestance de cette femme,
- 11:00elle sera encore plus sensuelle qu'une femme qui est à moitié nue.
- 11:04Je comprends tout à fait ton point.
- 11:05C'est vrai qu'on est inondé de certaines images et de certaines injonctions sur le fait de découvrir sa peau,
- 11:13d'être très visible.
- 11:15Et on va avoir d'un côté tout un discours qui va être
- 11:19« je fais ce que je veux de mon corps et je fais ce que je veux » .
- 11:22Et donc dans le « je fais ce que je veux » ,
- 11:23il y a un côté
- 11:24« présenter ma peau »
- 11:25ou « en présenter beaucoup » ,
- 11:26ça fait partie de la liberté.
- 11:28Et de l'autre,
- 11:28il va y avoir,
- 11:29on va dire si on prend,
- 11:30je ne vais pas dire des extrêmes,
- 11:31mais en tout cas de l'autre bout,
- 11:33il va y avoir tout ce qui touche à la modest fashion où on va plutôt revendiquer quelque chose de beaucoup plus sobre,
- 11:40de beaucoup plus et de moins visible en termes de peau.
- 11:45Et autour de tout ça,
- 11:47ce dont on se rend compte,
- 11:48c'est aussi une manière de regarder le corps de la femme et de sortir de toutes ces injonctions qui peuvent venir à...
- 11:56D'un côté ou de l'autre,
- 11:57ça reste des injonctions,
- 11:58c'est comme ça qu'il faut se détirer,
- 12:02se couvrir entièrement ou être totalement libre en étant plutôt très dénudé.
- 12:07Ce que tu revendiques là,
- 12:08c'est d'apporter une certaine identité,
- 12:12un certain style en sortant de ces injonctions-là.
- 12:15Si on en vient à la marque,
- 12:16tu nous as expliqué le nom.
- 12:18En termes de savoir-faire,
- 12:20en termes de technique,
- 12:21est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton processus créatif ?
- 12:25Alors,
- 12:25moi,
- 12:25je dis souvent à ceux qui veulent bien me poser ce genre de questions,
- 12:29que c'est le tissu qui me parle et ce n'est pas moi qui parle au tissu.
- 12:33En fait,
- 12:33mon process créatif,
- 12:34il est simple.
- 12:37Je recherche donc mes matières premières,
- 12:39mes étoffes,
- 12:41tout autour du Gabon.
- 12:42J'ai des correspondants en Côte d'Ivoire,
- 12:44j'en ai au Bénin,
- 12:45j'en ai au Togo.
- 12:46J'espère bientôt en avoir au Sénégal pour tout ce qui est le Ghana également,
- 12:51pour tout ce qui est fourniture en fait de matières premières.
- 12:54africaine,
- 12:54je m'entends.
- 12:55Aujourd'hui,
- 12:57on entend trop de discours sur le pagne.
- 12:59Moi,
- 13:00je suis une révoltée contre ça,
- 13:01parce que le pagne n'a rien d'africain,
- 13:04j'insiste.
- 13:05Le pagne,
- 13:06on l'a adopté,
- 13:08on l'a intégré dans notre culture,
- 13:10mais il ne vient pas d'Afrique.
- 13:12Si on parle d'étoffes qui viennent d'Afrique et qui sont des étoffes,
- 13:16je dirais,
- 13:17qui étaient ancestrales,
- 13:19qu'on utilisait avant,
- 13:20Certains pays avaient déjà le coton,
- 13:23ça avait le tissé,
- 13:23notamment en Afrique de l'Ouest.
- 13:26Nous,
- 13:26en Afrique centrale,
- 13:27ce n'était pas du tout le cas.
- 13:29Nous avions le raffia qui était travaillé par les pygmées.
- 13:33Nous avions les écorces de bois qui étaient trempées dans de l'eau,
- 13:38martelées avec certains genres de marteaux de différentes tailles,
- 13:42de maillets en fait,
- 13:44reséchées à nouveau,
- 13:45retrempées dans l'eau.
- 13:47ce qui le rendait aussi fin que du cuir et aussi souple que du cuir.
- 13:51Et pour la plupart des autres,
- 13:53c'était des végétaux.
- 13:55Donc en fait,
- 13:56ayant fait toutes ces recherches,
- 13:58je me suis dit,
- 13:59voilà Linda,
- 14:00des designers,
- 14:01il y en a des centaines de millions sur Terre,
- 14:04quel est déjà ce que tu veux montrer à travers ton travail ?
- 14:07Donc ça,
- 14:08c'est ce que j'ai dit dans la première partie en expliquant le nom que j'ai donné à ma marque.
- 14:14Ensuite,
- 14:15Il y a ce retour aux sources parce que les matériaux que l'on a ici qui sont faits main comme le kente,
- 14:21le faso,
- 14:22le kokodunda et bien d'autres encore qui viennent de toute l'Afrique sont des matériaux nobles qui vont durer et résister dans le temps.
- 14:30Un petit peu comme les dentelles anglaises qu'on retrouvait en Europe et qui encore aujourd'hui dans des brocantes ou des choses un peu spécifiques on va retrouver des tissus,
- 14:39ils ont peut-être 50,
- 14:4060,
- 14:4080 ans.
- 14:41Ce sont des vêtements que l'on se passe de mère en fille.
- 14:45Donc c'est vraiment ça mon inspiration.
- 14:49Mais comme je suis aussi une métisse,
- 14:51je mélange.
- 14:52Je mélange l'Occident à l'Afrique,
- 14:53à l'Asie.
- 14:54Et c'est ce qui fait en fait ma richesse.
- 14:57Donc,
- 14:58toutes ces techniques,
- 14:59comme vous dites,
- 15:00le tisser main,
- 15:04la teinture aussi,
- 15:05ce que je me suis amusée à teinter du raffia et à le travailler un petit peu,
- 15:09comme on travaille le coco d'Unda en Afrique de l'Ouest.
- 15:13Donc,
- 15:13tout ça,
- 15:14c'est un petit peu ce qui m'inspire et qui me pousse encore à aller tester d'autres choses.
- 15:21Très bien.
- 15:21Dans ce que tu évoques,
- 15:22c'est que tu as fait un travail de recherche et tu parles de différentes techniques.
- 15:27Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as procédé ?
- 15:30Est-ce que tu t'es allée rencontrer des artisans qui travaillent dans des ateliers ?
- 15:36Est-ce que tu es restée au Gabon ou est-ce que tu as finalement un peu voyagé pour aller découvrir ces différentes techniques ?
- 15:42Est-ce que tu as aussi cherché à les apprendre ?
- 15:44Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce travail de recherche ?
- 15:47Alors déjà,
- 15:48ce travail de recherche a été à travers les livres,
- 15:52le peu de livres en tout cas sur notre histoire.
- 15:56où j'ai pu piocher certains petits passages,
- 15:59mais pas grand-chose.
- 16:00Nous,
- 16:00on a une transmission orale en Afrique.
- 16:03Donc,
- 16:03avant qu'elle soit vraiment transcrite,
- 16:05comme le font les Européens,
- 16:07je pense qu'il va falloir un peu de temps.
- 16:09Ce n'est pas encore vraiment...
- 16:10Tout se passe par voie orale.
- 16:13Donc,
- 16:14j'ai un petit artisan,
- 16:15un jeune qui a 20 ans,
- 16:17qui vit dans un village à l'intérieur.
- 16:19Et chaque fois qu'il est en vacances scolaires,
- 16:21il vient avec son métier à tisser et il tisse le raffia directement chez moi.
- 16:25Et là,
- 16:26j'essaie de lui faire apprendre d'autres techniques.
- 16:29Je vous donne un exemple.
- 16:32Les métiers à tisser qu'ils utilisent ici depuis des générations,
- 16:36ce sont des métiers qui nous donnent des coupons de tissu qui font 30 à 40 cm,
- 16:41longueur,
- 16:42largeur.
- 16:42Donc vous imaginez,
- 16:43quand vous faites une pièce,
- 16:44le nombre de petits coupons qu'il va falloir raccorder.
- 16:47Et les raccords sur une pièce,
- 16:49ce n'est vraiment pas très esthétique,
- 16:50à moins d'en jouer et de faire en fait...
- 16:53Comment dirais-je ?
- 16:54De détourner le défaut en avantage,
- 16:56en créant quelque chose autour de ça.
- 16:59Mais ce n'est pas purement...
- 17:01Moi,
- 17:01en tout cas,
- 17:02je trouve que pour un styliste,
- 17:04c'est quand même plus agréable d'avoir de grandes largeurs pour couper sa pièce et n'avoir qu'un morceau de tissu à rassembler.
- 17:11C'est beaucoup plus esthétique et mieux fini.
- 17:13Donc là,
- 17:15ce que j'essaye d'apprendre à ce jeune homme,
- 17:17c'est de sortir un petit peu de sa zone de confort.
- 17:20de créer,
- 17:20et c'est ce qu'on a fait,
- 17:21un métier à tisser qui fasse un mètre de largeur.
- 17:24Et là,
- 17:25la longueur,
- 17:25tant qu'on a du raffiant,
- 17:26on tisse,
- 17:27à mélanger aussi des couleurs avec des teintures que l'on fait naturelles.
- 17:33Lorsque je suis partie au Ghana,
- 17:35j'ai appris la technique du wax,
- 17:37de la teinture avec le wax.
- 17:39Donc en fait,
- 17:39dès que je peux apprendre quelque chose,
- 17:42parce que je suis quelqu'un d'hyper manuel,
- 17:45on dit souvent du côté de mon père qui est portugais,
- 17:49Soit on est intellectuel,
- 17:50soit on est manuel.
- 17:51Donc moi,
- 17:51je pense être quelqu'un de très manuel.
- 17:53Voilà un petit peu ce qui me pousse à tester tout ça.
- 17:56Et dès que je peux apprendre une nouvelle technique dans un autre pays,
- 17:59je le fais.
- 18:01Je prends le temps de le faire.
- 18:02Je pense que c'est la curiosité,
- 18:04en fait,
- 18:04qui me pousse à refaire toutes ces recherches,
- 18:07à comprendre,
- 18:07en fait.
- 18:08Et je suppose que ces recherches que tu fais,
- 18:10une fois que tu as intégré et compris les différents savoir-faire,
- 18:15tu les intègres dans la création de tes collections.
- 18:18Exactement.
- 18:19Je ne sais pas si vous avez vu,
- 18:22je crois que c'est le dimanche,
- 18:23j'avais mis une pièce couleur mauve avec un tissu qui vient du Burkina,
- 18:28qui s'appelle le Coco Dunda,
- 18:29et du raffia violet.
- 18:31Et en fait,
- 18:32tout ce raffia-là,
- 18:33je l'ai teinté moi-même.
- 18:34Donc voilà,
- 18:35c'est ma façon à moi d'évoluer avec les tissus et surtout les fibres végétales.
- 18:42Parce que moi,
- 18:42je m'inspire beaucoup,
- 18:43beaucoup de la nature.
- 18:44Tout est là,
- 18:44en fait.
- 18:45Très bien.
- 18:46Et en termes de processus créatif,
- 18:49je reviens un petit peu à cette question-là.
- 18:51Combien de collections est-ce que tu fais par an ?
- 18:54Est-ce que chaque fois que tu acquiers un nouveau savoir-faire,
- 18:56tu dis,
- 18:57écoute là,
- 18:58par exemple,
- 18:59j'ai appris une technique au Burkina,
- 19:01donc ça fera l'objet de ma prochaine collection.
- 19:04Est-ce que tu travailles comme ça et est-ce que chaque collection est quelque part un peu un prétexte pour aller explorer un nouveau savoir-faire ?
- 19:12Question très compliquée à répondre.
- 19:14Non,
- 19:15en fait,
- 19:15comme j'ai expliqué au préalable,
- 19:17je vais par exemple,
- 19:18admettons,
- 19:19je suis au Ghana.
- 19:20Donc,
- 19:21je vais au marché et là,
- 19:22je commence à regarder un petit peu tous les tissus.
- 19:26Et en fait,
- 19:27je m'arrête sur certaines pièces.
- 19:28Comme je vous ai dit,
- 19:29ce sont les tissus qui me parlent.
- 19:31Je ne sais pas encore ce que je vais faire avec,
- 19:33je vous le dis,
- 19:34mais je sais que je vais faire quelque chose avec.
- 19:38Ma base d'inspiration,
- 19:39et c'est pour ça que...
- 19:40En fait,
- 19:41c'est devenu instinctivement,
- 19:44et ce sont les autres qui me l'ont fait,
- 19:46enfin,
- 19:48qui m'ont permis de m'en rendre compte.
- 19:50Je travaille toujours avec les quatre éléments de la Terre.
- 19:53Donc,
- 19:53je les cite,
- 19:54la Terre,
- 19:55l'air,
- 19:55l'eau et le feu,
- 19:56qui font partie donc de cette mer nature,
- 19:58de cette Gaïa dans laquelle nous vivons tous,
- 20:00et encore plus au Gabon,
- 20:02on est entouré de nature.
- 20:04Chaque fois que j'ai eu à faire un défilé,
- 20:06ou même une petite collection de 15-20 pièces pour ma partie prête à porter,
- 20:12j'ai toujours travaillé à travers ces quatre thèmes qui me ramènent à certaines couleurs et qui me ramènent à une certaine expression.
- 20:20Donc,
- 20:21j'ai le tissu,
- 20:22je le regarde,
- 20:24je m'assois,
- 20:25je prends mon crayon,
- 20:27je prends mon papier et je commence à dessiner.
- 20:29En fait,
- 20:30c'est comme si on me soufflait quelque part à l'oreille ce que je dois faire.
- 20:35bon
- 20:36On peut y croire comme on peut ne pas y croire.
- 20:38Moi,
- 20:38je suis ancrée dans mes traditions et je sais que les morts ne sont pas morts,
- 20:43ils sont juste de l'autre côté.
- 20:44Donc,
- 20:45je pense que cette grâce que j'ai reçue me vient en fait d'un héritage générationnel.
- 20:53Parce qu'honnêtement,
- 20:54je n'ai pas vraiment fait d'études là-dessus.
- 20:56Et toutes les techniques,
- 20:57en fait,
- 20:58c'est comme si je les avais déjà dans la tête.
- 21:00Et ça a commencé très jeune,
- 21:02c'est-à-dire que je voulais faire un pantalon.
- 21:04Je ne sais pas comment faire un pantalon.
- 21:05J'ai un pantalon,
- 21:06je le retourne.
- 21:07Et c'est en regardant l'envers du vêtement que je vois le patronage du vêtement.
- 21:12C'est ainsi que j'ai appris.
- 21:14C'est incroyable.
- 21:15Effectivement,
- 21:16c'est très intéressant de voir comment ton intérêt pour le métier mode fait que tu vois aller dans un niveau de détail assez précis.
- 21:26Parce qu'il y a aujourd'hui des entrepreneurs dans le secteur de la mode qui vont avoir des marques mais qui ne savent pas.
- 21:33pas forcément coudre en fait et qui vont avoir des équipes et un atelier mais eux ils ne vont pas forcément avoir l'expertise technique,
- 21:42ils vont plutôt être dans le côté entrepreneuriat,
- 21:45ils vont avoir les compétences pour distribuer,
- 21:47pour communiquer pour promouvoir leur marque mais en tant que tel sur la partie technique,
- 21:52création du vêtement ils n'ont pas forcément acquis les compétences toi on comprend que c'est vraiment quelque chose d'important pour toi et que dans ton processus créatif il y a vraiment quelque chose de...
- 22:03qui a un côté un petit peu,
- 22:04comme tu le disais,
- 22:05instinctif lié à la matière,
- 22:09au savoir-faire et à laisser son imagination créative vagabonder jusqu'à faire une proposition.
- 22:17Aujourd'hui,
- 22:19d'après ce que tu m'avais expliqué quand on s'est rencontrés,
- 22:23il y a une partie couture dans ta collection avec des pièces sur mesure et il y a une partie prête à porter.
- 22:32Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as fait cette distinction-là ?
- 22:36Et aussi,
- 22:37finalement,
- 22:38chaque partie,
- 22:39ça correspond à quel client ?
- 22:40Parce que j'imagine que cette distinction-là,
- 22:42elle est aussi liée au consommateur.
- 22:45Alors,
- 22:46lorsqu'on parle de tendance,
- 22:47c'est vrai qu'on est quand même un petit peu obligé de la suivre parce que ce n'est pas tout le monde qui aime ton mood ou qui aime ta façon de voir les choses.
- 22:55Donc,
- 22:55il faut quand même…
- 22:56La personne à qui on doit plaire,
- 22:58c'est le client.
- 22:59C'est le client qui doit être satisfait.
- 23:01Mais nonobstant,
- 23:03nous,
- 23:03on doit quand même préserver l'identité et l'image que l'on souhaite véhiculer de notre marque.
- 23:10D'où ces vêtements assez modernes,
- 23:12mais toujours avec des matériaux qui viennent d'Afrique et mélangés avec des tissus qui viennent d'Europe.
- 23:19Voilà un petit peu ma façon de fonctionner.
- 23:21Le sur-mesure,
- 23:22en fait,
- 23:23Libreville est une petite ville.
- 23:25Elle est étendue,
- 23:26mais nous n'avons pas énormément d'habitants.
- 23:28Donc,
- 23:29si on veut être porté un petit peu tous les jours,
- 23:32il vaut mieux avoir quelque chose avec un prix,
- 23:36je dirais,
- 23:37d'appel,
- 23:38avec toujours de...
- 23:39entre guillemets,
- 23:41une certaine qualité,
- 23:42parce que dans mon atelier,
- 23:43j'ai trois couturiers.
- 23:44On est vraiment un petit atelier,
- 23:46et je tiens à rester ainsi,
- 23:47parce que c'est comme ça qu'on peut prendre soin et avoir des finitions impeccables.
- 23:52Lorsqu'on grandit,
- 23:53soit on a beaucoup de moyens,
- 23:54et là,
- 23:55effectivement,
- 23:55on peut avoir de très bons tailleurs,
- 23:58couturiers,
- 23:59dans un atelier,
- 24:00mais ce n'est pas très facile à gérer les hommes,
- 24:04en Afrique,
- 24:04en tout cas.
- 24:05La gestion de la personne est compliquée.
- 24:08Donc,
- 24:08je préfère travailler avec une petite équipe,
- 24:11avoir toujours un résultat qui me convient et l'exigence avec laquelle on travaille.
- 24:17Donc ça,
- 24:18lorsqu'il y a des mariages coutumiers,
- 24:20lorsqu'il y a des soirées,
- 24:21lorsqu'il y a un anniversaire,
- 24:24les gens viennent vers moi,
- 24:25je les reçois,
- 24:26on prend les mensurations.
- 24:28Et là,
- 24:28on propose soit les étoffes avec lesquelles on va leur faire leurs vêtements,
- 24:33soit ils viennent aussi avec des vêtements à retoucher.
- 24:36enfin bref
- 24:37on est assez ouvert dans notre façon de travailler.
- 24:40Maintenant,
- 24:41tout ce qui est sur mesure,
- 24:44je le rends dans la catégorie haute couture et défilé.
- 24:47Ce sont des produits que je peux présenter sur un podium,
- 24:51alors que le prêt-à-porter,
- 24:53c'est vraiment des vêtements de tous les jours.
- 24:54Et c'est un petit peu,
- 24:55en fait,
- 24:56quand vous avez vu sur Paris,
- 24:57sur Hopopop,
- 24:58il y avait peut-être trois pièces de défilé et surtout une présentation d'un prêt-à-porter que je veux en fait,
- 25:05comment dirais-je,
- 25:07facile à porter,
- 25:08ce qu'on appelle trois pièces en une,
- 25:10c'est-à-dire qu'à partir d'un vêtement,
- 25:12vous pouvez avoir un style complètement,
- 25:15je dirais,
- 25:16sportwear.
- 25:17Le même vêtement,
- 25:18le transformer et devenir un vêtement avec lequel vous pouvez aller travailler.
- 25:22Et le même vêtement,
- 25:24avec une veste accessoirisée d'un joli sac et de talons,
- 25:27devenir un vêtement,
- 25:28en fait,
- 25:29pour une soirée,
- 25:30pour un cocktail,
- 25:31des choses comme ça.
- 25:32parce que la femme en fait ça sert quelque part dans ma...
- 25:36façon de voir,
- 25:37ça ne sert à rien d'avoir des placards remplis comme nous toutes on fait.
- 25:40Malheureusement,
- 25:41on porte peut-être un tiers de ce placard.
- 25:43Donc,
- 25:43il vaut mieux prendre le temps de choisir ses pièces.
- 25:46Il vaut mieux avoir des vêtements que l'on peut associer à d'autres accessoires ou à d'autres vêtements que l'on a déjà et ainsi se créer une super garde-robe sans avoir pour autant des millions de vêtements dans le placard.
- 25:59Très bien.
- 26:00Je comprends ce côté dans ce que tu décris qu'il y a certaines de tes pièces,
- 26:04en fait,
- 26:05qui sont à la maison.
- 26:06modulables en fait et qui permettent d'avoir différents styles ça c'est quelque chose qui a toujours fait partie de l'ADN de ta marque,
- 26:13t'as toujours cherché à proposer en fait des silhouettes qui ne nous limitent pas à un seul style exactement,
- 26:21très bien je comprends que ça fait complètement partie de l'ADN de la marque aujourd'hui tout ce que t'évoquais c'est que la marque existe depuis
- 26:305 ans,
- 26:31qu'elle est basée à Libreville tu viens de faire un pop-up Merci.
- 26:35parisien en termes de déploiement de la marque à l'international.
- 26:40Est-ce que tu as fait d'autres pop-up à travers l'Afrique ou dans le reste du monde ?
- 26:45Comment est-ce que tu trouves tes clients en dehors du Gabon ?
- 26:51C'est la première fois que nous participons à un pop-up sur Paris et même dans le monde entier.
- 26:58J'ai plutôt fait connaître ma marque à travers des défilés internationaux.
- 27:03Puisque j'ai fait le Ghana récemment,
- 27:06nous avons gagné un award comme designer international de l'année.
- 27:12Nous avons eu la chance de pouvoir représenter le Gabon à Osaka,
- 27:17au Japon,
- 27:18lors de l'exposition universelle.
- 27:20Et ce fut quelque chose de magique parce que pouvoir faire un défilé dans le pavillon de la femme,
- 27:26je dis bien le pavillon de la femme créé par Cartier,
- 27:30ça se fut quelque chose en fait.
- 27:32personne,
- 27:34on ne s'y attendait pas et on nous l'a proposé et franchement je suis très heureuse de l'avoir fait ensuite j'ai eu aussi l'opportunité de défiler sur
- 27:43Los Angeles et c'est ainsi qu'en fait la marque s'est fait connaître que ce soit des Etats-Unis jusqu'à Paris j'ai eu aussi énormément de chance d'habiller une chanteuse gabonaise qui s'appelle Titan Zebi et que je remercie encore à travers vous
- 28:00Aujourd'hui,
- 28:02sa nouvelle pochette de disques,
- 28:04d'albums,
- 28:05elle porte en fait une robe de l'atelier.
- 28:08Elle a fait sa carrière sur la France et sur l'Europe et elle est venue présenter en fait ses chansons au Centre culturel français il n'y a pas très longtemps,
- 28:19il y a quelques mois de cela.
- 28:21On a eu la chance d'être présentée,
- 28:23donc je l'ai habillée pour le concert qu'elle a fait au Centre culturel français et elle est partie avec la robe qu'elle a donc portée pour la nouvelle pochette de son disque.
- 28:32Maintenant,
- 28:34j'aimerais bien avoir demain,
- 28:35et c'est dans mes objectifs,
- 28:37des concept stores où je peux présenter ma marque,
- 28:40que ce soit en Afrique ou en Europe.
- 28:43Là,
- 28:43je suis vraiment ouverte à toute proposition parce que ce n'est que comme ça qu'on va vraiment s'étendre et se faire connaître partout.
- 28:54Bien,
- 28:54écoute,
- 28:55l'appel est lancé en tout cas à l'audience du podcast.
- 28:58Effectivement,
- 28:59l'idée,
- 28:59c'est petit à petit d'identifier
- 29:05des concept stores qui peuvent être à Dakar,
- 29:08qui peuvent être à Abidjan et qui peuvent aussi être à Paris afin de faire découvrir la marque.
- 29:16Toi,
- 29:16aujourd'hui,
- 29:17en termes de collection,
- 29:22tu as présenté pas mal d'éléments lors du pop-up parisien.
- 29:27Tu es en train de travailler sur une prochaine collection.
- 29:30En général,
- 29:30ton rythme de collection,
- 29:31c'est deux,
- 29:32trois collections par an.
- 29:33c'est combien de conditions par an ?
- 29:35Pour la partie haute couture et défilé de mode,
- 29:38jusqu'à présent j'ai essayé de faire deux défilés internationaux par an.
- 29:43Là,
- 29:43le prochain,
- 29:44ce sera au FIMO à Paris,
- 29:46au mois de septembre,
- 29:47fin septembre.
- 29:48Donc là,
- 29:49on est en train de travailler sur cette collection.
- 29:52Et pour la partie prête à porter,
- 29:54j'essaye d'avoir des petites capsules,
- 29:58trois à quatre fois dans l'année.
- 29:59Je m'explique.
- 30:01En fait,
- 30:02je ne fais pas de séries.
- 30:04Je vais vous donner un exemple.
- 30:05J'ai une combinaison que je fais depuis cinq ans,
- 30:09qui est vraiment une signature de l'atelier,
- 30:12et que je reproduis à chaque fois.
- 30:14Et je ne reproduis jamais,
- 30:16je dis bien jamais au grand jamais,
- 30:18la même pièce dans le même tissu.
- 30:21Déjà,
- 30:21par rapport à Libreville,
- 30:22comme je vous ai dit,
- 30:23nous sommes une petite communauté,
- 30:25donc je ne pense pas qu'une femme soit très contente de porter quelque chose,
- 30:29d'arriver à un endroit,
- 30:30de se sentir belle et d'avoir la même tenue en face.
- 30:33Là,
- 30:33on s'assoit et on ne bouge plus de la soirée.
- 30:34Je sais comment ça se passe,
- 30:35ça nous est déjà arrivé.
- 30:37Donc,
- 30:38j'insiste bien que ce soit sur le prêt-à-porter.
- 30:41C'est ce que moi,
- 30:41je dirais un petit prêt-à-porter de luxe,
- 30:44parce que les pièces sont faites en série de cinq,
- 30:47dans des tissus différents à chaque fois.
- 30:48Très bien,
- 30:49effectivement,
- 30:49l'exclusivité,
- 30:50le fait de se sentir unique et surtout de ne jamais arriver à un événement où il y a une personne qui porte la même tenue que soi,
- 30:57c'est vraiment quelque chose d'important.
- 31:00et qu'on soit...
- 31:01Toi,
- 31:01tu les vois en disant,
- 31:02voilà,
- 31:02le gabon,
- 31:03c'est petit.
- 31:04Mais aujourd'hui,
- 31:04en fait,
- 31:05avec les réseaux sociaux,
- 31:07tout le monde sait qui porte quoi,
- 31:09puisque les gens postent volontairement,
- 31:11volontiers,
- 31:11des photos de ce qu'ils portent.
- 31:13Donc,
- 31:14c'est vrai qu'on a envie d'avoir tout le temps de nouvelles tenues à présenter.
- 31:19Donc,
- 31:19le fait d'avoir des tenues modulables aussi,
- 31:22c'est plutôt une bonne chose.
- 31:23Et c'est vrai que cette manière que tu as de proposer des éditions limitées,
- 31:29Ça correspond tout à fait à ce consommateur qui a ce désir d'exclusivité et qui correspond complètement au consommateur africain.
- 31:37Toi,
- 31:38aujourd'hui,
- 31:38ta collection,
- 31:39c'est plutôt une collection féminine.
- 31:41Tu es du prêt-à-porter femme ou est-ce que tu fais aussi du prêt-à-porter homme ?
- 31:44Alors,
- 31:45quand on a commencé,
- 31:46on travaillait exclusivement pour les femmes.
- 31:49Et bon,
- 31:50pas malheureusement,
- 31:51je suis très contente.
- 31:52Ces messieurs m'ont demandé aussi de travailler pour eux parce que,
- 31:55comme d'habitude,
- 31:55c'est des laissés pour compte.
- 31:57Donc,
- 31:57on a commencé à faire des petits costumes,
- 32:00des chemises,
- 32:01des ensembles sportwear en short,
- 32:04en petites chemises faciles à porter l'été.
- 32:06Et je pense qu'on va ouvrir encore plus notre atelier aux messieurs parce qu'ils sont très,
- 32:13très preneurs.
- 32:15Donc,
- 32:15OK,
- 32:15très bien.
- 32:15Donc,
- 32:16tu fais aujourd'hui du prêt-à-porter homme et du prêt-à-porter femme.
- 32:19Tu fais aussi du sur-mesure.
- 32:21Ce que tu évoques,
- 32:22c'est que tu peux également faire…
- 32:25des pièces de cérémonie pour des mariages.
- 32:31Est-ce que tu peux nous indiquer ton atelier,
- 32:34ton équipe,
- 32:35comment tu l'as constitué ?
- 32:37Alors tu évoquais tout à l'heure le fait que tu avais une petite équipe.
- 32:42Est-ce que tu peux nous dire un petit peu le qui fait quoi ?
- 32:44Et aussi sur la partie atelier,
- 32:47conception,
- 32:48mais aussi sur la partie vente,
- 32:51communication.
- 32:52Est-ce que c'est toi qui fais toute cette partie-là ?
- 32:54ou est-ce que tu as une équipe ?
- 32:56Alors,
- 32:57je vais te raconter un petit peu comment a commencé l'atelier.
- 33:00J'ai une machine domestique,
- 33:03une singère depuis...
- 33:04En fait,
- 33:04j'ai toujours une machine à coudre.
- 33:06Et donc,
- 33:08j'ai commencé,
- 33:09puisque les enfants sont tous partis finir leurs études et vivre en Europe,
- 33:13dans une des chambres de mes enfants,
- 33:15dans la maison,
- 33:16à faire donc des petits vêtements et à participer à des ventes privées à droite à gauche.
- 33:21Par la suite,
- 33:22je me suis organisée,
- 33:23comme j'avais un peu de place autour de ma maison,
- 33:29j'ai bâti un petit atelier qui fait 25 mètres carrés,
- 33:33où il y a les trois personnes qui travaillent avec moi.
- 33:36Et ensuite,
- 33:37j'ai créé une petite pièce qui donne accès sur l'extérieur où je reçois les clientes pour tout ce qui est sur mesure,
- 33:44donc pour présenter les tissus,
- 33:46présenter les dessins que je leur propose par rapport à ce qu'ils me demandent.
- 33:50et aussi prendre tout ce qui est mesure.
- 33:53Donc cette partie-là est vraiment dédiée aux surmesures.
- 33:57Dans l'équipe,
- 33:59j'ai une brodeuse et j'ai deux couturiers.
- 34:03Comment ça se passe ?
- 34:04Je sélectionne les tissus,
- 34:06je leur parle,
- 34:06ils me parlent,
- 34:08je dessine.
- 34:09J'arrive à l'atelier,
- 34:10je dis voilà,
- 34:11je voudrais ci,
- 34:12ça,
- 34:12ça,
- 34:12ça,
- 34:13comme ça,
- 34:13comme ça.
- 34:14Je suis tout le process à partir du début,
- 34:17donc du patronage.
- 34:18de la coupe à l'assemblage,
- 34:20la sélection de tout ce qui est ornements,
- 34:23donc les galons,
- 34:25les boutons pour accessoiriser les vêtements que l'on crée,
- 34:28c'est aussi ma part.
- 34:30Je fais aussi pas mal de broderie parce que maintenant j'ai un problème avec mes lunettes et mes yeux,
- 34:35mais j'adore faire de la broderie.
- 34:37À l'école,
- 34:37j'étais chez les sœurs et elles nous ont appris tout ça.
- 34:40Donc vous voyez,
- 34:40c'est encore quelque chose qui m'a enrichie lorsque j'étais adolescente.
- 34:44Et donc voilà,
- 34:46voilà un petit peu.
- 34:47Tout ce qui est commercial,
- 34:49c'est moi qui le fais.
- 34:51Réception des clients,
- 34:53c'est moi qui le fais.
- 34:54Lorsque l'on se déplace pour des ventes privées,
- 34:56comme à Paris,
- 34:57c'est moi.
- 34:59Sur Libreville,
- 34:59j'ai quelqu'un qui m'assiste.
- 35:00Comme ça,
- 35:01à deux sur un stand,
- 35:02c'est quand même plus facile.
- 35:04Et j'ai une quatrième personne qui est ma community manager,
- 35:07qui gère mes réseaux parce qu'à mon âge,
- 35:10franchement,
- 35:10c'est compliqué tout ça.
- 35:11Mais bon,
- 35:12on s'y intéresse,
- 35:13on apprend tous les jours,
- 35:14un peu,
- 35:14un peu.
- 35:15Voilà.
- 35:16Très bien,
- 35:16c'est top que tu nous racontes un petit peu comment tu as démarré et comment en fait,
- 35:21sur les sujets sur lesquels tu estimes que tu n'es pas en maîtrise,
- 35:24tu trouves des personnes qui vont t'accompagner,
- 35:28mais que tu restes quand même très impliquée et très présente dans le développement de cette marque.
- 35:35Toi,
- 35:35ton ambition pour les années futures,
- 35:38c'est quoi pour cette marque-là ?
- 35:39Sachant que ce que je vois,
- 35:40c'est que tu es très organisée sur le côté,
- 35:42tu fais des défilés à l'international et ça,
- 35:44tu as...
- 35:44Tu as toujours essayé d'en faire un ou deux par an.
- 35:47Tu cherches à être sur plusieurs points de vente,
- 35:51de trouver des partenaires concept store.
- 35:53C'est quoi,
- 35:54toi,
- 35:54ton ambition ?
- 35:56Est-ce qu'aujourd'hui...
- 35:57L'idée d'ouvrir une boutique,
- 36:00aujourd'hui j'imagine que tu as un atelier boutique à Libreville,
- 36:03est-ce que l'idée d'en ouvrir une à l'extérieur,
- 36:05ça fait partie de tes projets ?
- 36:07C'est quoi les projets que tu as en tête,
- 36:10en perspective pour la marque ?
- 36:12Alors moi je fonctionne avec deux,
- 36:15comment dirais-je,
- 36:18deux codes de vie.
- 36:20Le premier c'est aide-toi et le ciel va t'aider.
- 36:24Le deuxième c'est que...
- 36:26Il faut rester vraiment sur ses idées,
- 36:30ses principes dans tout ce que l'on fait.
- 36:33Je souhaite vraiment pouvoir me retrouver à Londres,
- 36:37me retrouver à Madrid,
- 36:39me retrouver dans de grandes capitales et que mes vêtements soient portés par la majorité des femmes.
- 36:44C'est vraiment mon souhait.
- 36:46Parce qu'en fait,
- 36:46je ne véhicule pas qu'un prêt-à-porter ou des vêtements sur mesure.
- 36:51Je véhicule une philosophie.
- 36:53Je véhicule une...
- 36:56La façon d'appréhender la femme,
- 36:58et je trouve qu'il est grand temps qu'aujourd'hui on se reprenne en main,
- 37:01qu'on arrête un petit peu d'être,
- 37:05excuse-moi l'expression,
- 37:06mais c'est des fois comme ça que je le perçois dans le regard des gens,
- 37:09des steaks sur pâtes,
- 37:11ou le fait d'être très dénudé,
- 37:13ou très déshabillé,
- 37:14ou très sexy,
- 37:16suivant la morphologie que l'on a,
- 37:18et bien le regard de l'autre n'est pas le même.
- 37:20Donc c'est quelque part à nous d'éduquer les autres dans ce sens.
- 37:25par un code de conduite,
- 37:27une façon de se présenter,
- 37:29une façon de se tenir,
- 37:30une façon de s'habiller.
- 37:32Donc je souhaite vraiment que toutes celles qui ont un peu cette philosophie et cette approche de la vie aient une pièce au fond de leur placard qui soit de l'atelier et c'est Balita.
- 37:40Voilà mon souhait pour l'avenir.
- 37:42Très bien,
- 37:43c'est tout ce qu'on souhaite au développement de la marque.
- 37:49Toi aujourd'hui,
- 37:50tu évoquais...
- 37:51le fait qu'il y a une chanteuse,
- 37:54une célébrité qui avait porté la marque à plusieurs reprises.
- 37:58Est-ce que le fait,
- 37:59en termes de communication,
- 38:00de travailler en collaboration avec des influenceurs,
- 38:03avec des femmes et hommes d'impact qui vont porter tes ténus,
- 38:07est-ce que ça,
- 38:08ça fait partie aussi de ta stratégie de communication ?
- 38:12Alors,
- 38:12elle en a fait partie au début.
- 38:14Parce que quand on ne te connaît pas,
- 38:16en fait,
- 38:17il faut bien qu'on parle de toi,
- 38:18il faut bien te faire remarquer d'une façon ou d'une autre.
- 38:21Donc aujourd'hui,
- 38:22on a vraiment beaucoup d'atouts pour pouvoir faire développer ce que l'on souhaite en fait avec du travail.
- 38:28Et c'est vrai qu'à travers les influenceurs,
- 38:29ça marche pas mal.
- 38:31Malheureusement,
- 38:32moi ça n'a pas très bien fonctionné.
- 38:34Soit j'ai pas pris les bons,
- 38:35soit on n'a pas pu s'entendre.
- 38:38Mais c'est plutôt les amis,
- 38:40c'est plutôt les nouvelles clientes qui ont fait en fait cette nouvelle communauté et qui prônent en fait mon style de vie ou ce que je prône à travers mes vêtements.
- 38:50Les influenceurs,
- 38:52je demande qu'à en avoir,
- 38:53qu'ils soient vraiment...
- 38:55Je pense qu'il faut qu'il ait un petit peu le même mood que nous,
- 38:58qu'ils perçoivent notre vision pour pouvoir vendre cette vision-là et pouvoir adapter au mieux la communication qu'il va faire autour.
- 39:05Et ça,
- 39:06c'est quelque chose de très délicat qui ne se fait pas,
- 39:08je pense,
- 39:08en un jour.
- 39:09On est une jeune entreprise.
- 39:11Moi,
- 39:12même si je suis née dedans et que j'ai toujours su coudre,
- 39:15ça ne fait que cinq ans que j'exerce.
- 39:17Donc,
- 39:18je...
- 39:20Comment dirais-je ?
- 39:23Les influenceurs,
- 39:24c'est bien,
- 39:24mais il faut avoir les bons.
- 39:26Effectivement,
- 39:28tu t'as bien résumé.
- 39:28Il faut avoir les bons.
- 39:30Mais c'est aussi parfois à force de tentatives qu'on finit par trouver qu'est-ce qui fonctionne bien avec l'ADN de ta marque,
- 39:37avec ton type de consommateur.
- 39:39Et moi,
- 39:40j'entends de plus en plus des créateurs dire...
- 39:42Ils vont plutôt aller chercher ce qu'ils appellent des femmes d'impact,
- 39:45donc des personnes dont ce n'est pas le métier d'être influenceur,
- 39:48mais plutôt des personnalités qui sont visibles,
- 39:51qui peuvent être des femmes d'affaires,
- 39:53qui peuvent être des journalistes,
- 39:55qui ont un métier qui fait qu'elles sont visibles.
- 39:58Et c'est avec ces profils-là qu'ils vont chercher à travailler et pas forcément avec une personne dont la principale activité est de créer du contenu sur les réseaux sociaux.
- 40:08Mais c'est vrai que d'établir la bonne stratégie et de trouver les bonnes personnes,
- 40:13ce n'est pas le plus simple.
- 40:14C'est pour ça que je pose souvent cette question à mes invités.
- 40:19Et puis,
- 40:19malheureusement,
- 40:20la mentalité dans chaque pays est différente.
- 40:23Au Gabon,
- 40:24il est temps que ça change.
- 40:26Quand on parle d'Afrique de l'Ouest,
- 40:28en Afrique de l'Ouest,
- 40:29ils trouvent des mécènes,
- 40:30les créateurs.
- 40:32En Afrique de l'Ouest,
- 40:33tout ce qui est créativité est perçu comme quelque chose de bien.
- 40:38Nous,
- 40:38en fait,
- 40:39aussi loin que j'en m'en rappelle et en parlant avec les jeunes encore aujourd'hui,
- 40:43tout ce qui est relatif au métier d'art,
- 40:46au métier artistique,
- 40:48ce n'est pas aussi bien qu'être médecin,
- 40:50avocat ou,
- 40:52je ne sais pas,
- 40:53un comptable.
- 40:54Et il est très difficile de faire changer les mentalités auprès des parents pour faire comprendre qu'en fait,
- 41:01un jeune homme ou une jeune femme aujourd'hui...
- 41:04à travers l'art,
- 41:05peut très bien vivre et très bien réussir sa vie,
- 41:08encore même mieux qu'un comptable,
- 41:10qu'un médecin ou qu'un avocat.
- 41:12Bon,
- 41:12c'est deux choses différentes,
- 41:14c'est des milieux différents,
- 41:15c'est une approche différente,
- 41:17mais c'est tout aussi important dans la société.
- 41:20Donc,
- 41:21il faut qu'on arrive à casser cette...
- 41:25tirer presque un implant que l'on a culturel,
- 41:28et qui est là,
- 41:30et qui revient sans cesse.
- 41:32Déjà quand on est jeune et qu'on doit se battre contre ses parents pour affirmer en fait ce que l'on souhaite faire en tant qu'artiste,
- 41:38c'est pas chose aisée,
- 41:39ça passe pas comme une lettre à la poste ici.
- 41:42Donc il y a ça,
- 41:43et puis ensuite,
- 41:46vivre de ses passions c'est pas toujours évident,
- 41:48mais je pense qu'il faut faire preuve de beaucoup de résilience et ne pas lâcher,
- 41:52surtout ne pas lâcher.
- 41:53Quand on a des rêves,
- 41:55il faut tout faire pour les réaliser,
- 41:56les concrétiser en fait.
- 41:58Écoute,
- 41:58c'est effectivement une belle philosophie et je comprends tout à fait ton point sur ça commence à évoluer,
- 42:04mais il faut savoir que c'est pas cette manière d'apprécier la mode comme étant un peu un secteur de seconde zone.
- 42:12Et ce qui est prioritaire,
- 42:13c'est les métiers nobles,
- 42:15on va dire la médecine,
- 42:16le droit,
- 42:18les sciences.
- 42:19Et donc,
- 42:20quand on va avoir tendance à faire un classement et considérer que la mode,
- 42:24vraiment,
- 42:24c'est en dessous,
- 42:25ça,
- 42:25c'est quelque chose qui n'est pas.
- 42:27que cet a priori-là.
- 42:29En France,
- 42:30il existe et il existe aussi.
- 42:32Je pense que c'est un a priori qui est commun.
- 42:34Après,
- 42:34on commence à voir les choses évoluer parce que quand on voit certaines entreprises à succès,
- 42:41on se dit,
- 42:42OK,
- 42:42c'est quand même,
- 42:44il y a quand même des opportunités à développer des beaux business,
- 42:47à faire des belles carrières.
- 42:48Et puis,
- 42:50il y a quelque chose qui est vraiment révélateur d'un savoir-faire.
- 42:55Ça appartient quelque part
- 42:56patrimoine national et donc la mode n'est pas à considérer comme un petit peu ce secteur mineur mais c'est vrai que,
- 43:06on va dire,
- 43:06les lignes commencent à bouger mais ça reste encore très très lent et on aimerait vraiment que ça évolue et aussi en termes de perception,
- 43:15c'est vrai qu'il y a ça commence à bouger mais il y a eu pendant longtemps des personnes qui avaient le budget qui étaient prêtes à dépenser certaines sommes pour des marques occidentales,
- 43:24des marques.
- 43:25considérées comme étant des marques de luxe et qui n'allaient pas forcément être prêtes à mettre les mêmes budgets pour des marques africaines avec des savoir-faire faits main.
- 43:34Ce sont des choses qui sont en train de bouger mais c'est vrai que c'est un processus qui est lent et on aimerait que ça aille plus vite.
- 43:39Tout à fait et puis on a quand même aujourd'hui,
- 43:42enfin toute chose a un bon et un mauvais côté.
- 43:47Pour ma part les réseaux sociaux sont un grand grand moyen et à moindre au cours
- 43:53de pouvoir communiquer,
- 43:54de faire de la publicité,
- 43:55de faire parler de nous,
- 43:57même dans le fin fond d'un village à partir du moment où il y a Internet et que vous avez un produit qui plaît.
- 44:04Maintenant,
- 44:05le mauvais côté,
- 44:07parce qu'il y a toujours quelque chose de négatif,
- 44:08c'est que tout est devenu banalisé.
- 44:10Mais franchement,
- 44:12si aujourd'hui,
- 44:12on ne profite pas des avantages,
- 44:14des atouts que l'on a avec Internet,
- 44:16les réseaux sociaux et tout ça,
- 44:18c'est dommage de ne pas mettre ça à profit parce qu'honnêtement,
- 44:21il fallait beaucoup
- 44:21beaucoup de budget pour la communication à l'époque,
- 44:24quand on ne pouvait communiquer qu'à travers les magazines,
- 44:27qu'à travers des panneaux publicitaires et compagnie,
- 44:30ou même des passages télévisés aux radios,
- 44:33c'était très cher.
- 44:34Alors qu'aujourd'hui,
- 44:35un petit sponsoring,
- 44:36je ne sais pas,
- 44:36à 20,
- 44:3625 euros,
- 44:37on peut toucher la Terre entière.
- 44:40Donc c'est vraiment un outil fabuleux que nous avons et qui nous permet quand même une vue sur le monde autour de nous qui est fabuleuse.
- 44:49À nous maintenant de trouver les bonnes stratégies.
- 44:52Les bons influenceurs.
- 44:54Effectivement,
- 44:55on ne peut pas nier l'impact des réseaux sociaux et la facilité que cela donne en termes de visibilité à l'international.
- 45:04Ça permet vraiment de bouger les lignes à moindre coût,
- 45:07même si aujourd'hui,
- 45:10les contenus qui sont les plus visibles,
- 45:11ça reste quand même des contenus qui sont travaillés avec une belle direction artistique.
- 45:16Donc,
- 45:16il n'en reste pas moins qu'il faut avoir...
- 45:18le bon oeil,
- 45:20la bonne équipe en termes de photographie,
- 45:22de vidéo,
- 45:22le bon mannequin pour avoir un contenu qui va vraiment sortir de l'ordinaire.
- 45:28Parce qu'effectivement,
- 45:28aujourd'hui,
- 45:29tout le monde peut publier,
- 45:30tout le monde a accès,
- 45:31donc on n'a pas un problème d'accessibilité.
- 45:33Par contre,
- 45:34en termes de direction artistique et de visuel,
- 45:36il y a un vrai travail à faire.
- 45:38Ce qui m'amène à cette question,
- 45:39toi,
- 45:39en termes de visuel,
- 45:40en termes de photographie,
- 45:42de vidéo,
- 45:42de contenu que tu crées pour...
- 45:45promouvoir ta marque,
- 45:46comment est-ce que tu travailles ?
- 45:47Est-ce que c'est toi qui gères toute cette direction artistique ou est-ce que tu travailles avec une équipe ou une agence ?
- 45:52Alors,
- 45:54je travaille depuis le début avec une agence de mannequins.
- 45:58Nous sommes toujours,
- 46:00lorsque je fais un défilé sur Libreville,
- 46:02ce sont avec ces mannequins-là que je travaille.
- 46:04Et lorsque je dois faire des photos,
- 46:07des shootings photos,
- 46:08que ce soit pour l'outcoutier ou pour le prêt-à-porter,
- 46:12je travaille toujours avec les mannequins de cette agence.
- 46:15Ensuite,
- 46:16c'est moi qui crée les DA,
- 46:17c'est moi qui imagine,
- 46:18c'est moi qui trouve les spots,
- 46:20c'est moi qui est…
- 46:22En fait,
- 46:23J'ai la chance d'avoir aujourd'hui une équipe à tous les niveaux,
- 46:28que ce soit une agence de mannequins,
- 46:30que ce soit des amis qui sont dans la com,
- 46:32avec qui on discute et avec qui on échange beaucoup,
- 46:35parce que nous sommes tous des passionnés.
- 46:37Et de fil en aiguille,
- 46:39en fait,
- 46:39les choses se font quand elles doivent se faire et comme elles doivent se faire.
- 46:43Donc voilà,
- 46:44je fais ce que je peux,
- 46:46je transmets ma vision,
- 46:48mes idées à travers ce que je crée,
- 46:50puisqu'à la base,
- 46:51c'est toujours moi qui gère tout.
- 46:53Et après,
- 46:53je fais appel à des gens parce que je ne suis pas tout corps de métier,
- 46:57moi.
- 46:57Je veux bien être manuale,
- 46:59mais je ne sais pas tout faire.
- 47:02Oui,
- 47:02c'est important de préciser ce point.
- 47:03L'idée,
- 47:03c'est d'arriver à trouver la bonne équipe.
- 47:05Mais j'aime bien le fait que tu soulignes que tu as une team de mannequins avec laquelle tu travailles depuis le début.
- 47:11Tu as cette agence et tu travailles avec cette agence-là depuis le début.
- 47:14C'est important aussi de se créer un collectif,
- 47:17de se créer des partenaires avec lesquels on travaille et on fait grandir.
- 47:21les projets ensemble,
- 47:23c'est important aujourd'hui dans le secteur de la mode parce qu'on doit faire appel à tellement de corps de métiers différents que clairement,
- 47:29on ne peut pas tout faire seul.
- 47:30Et quand on a des partenaires avec lesquels on travaille depuis le début,
- 47:33ça facilite quand même les choses.
- 47:37Oui,
- 47:38effectivement.
- 47:39Et le photographe,
- 47:39c'est pareil.
- 47:40Aujourd'hui,
- 47:40je travaille toujours avec le même photographe,
- 47:42en tout cas sur Libreville,
- 47:44avec lequel j'ai commencé.
- 47:47Je suis très fidèle et je trouve qu'à partir du moment où,
- 47:49Professionnellement parlant,
- 47:51Je ne parle pas de ma vie sentimentale,
- 47:52parce que là aussi je suis fidèle.
- 47:54Mais professionnellement parlant,
- 47:56quand on est satisfait de quelqu'un,
- 47:58on ne change pas.
- 48:00Vous allez chez le coiffeur,
- 48:01si le coiffeur vous coiffe bien,
- 48:02connaît vos textures de cheveux,
- 48:05s'occupe bien de vous,
- 48:06vous n'irez jamais voir quelqu'un d'autre,
- 48:07sauf si vous êtes en vacances à l'étranger,
- 48:10vous avez besoin d'une coupe de cheveux ou qu'il est en vacances et que là,
- 48:12il faut vraiment y aller.
- 48:14Donc je pense qu'on est nombreuses à fonctionner comme ça.
- 48:17c'est...
- 48:19Lorsque les choses se passent bien,
- 48:22pourquoi changer en fait ?
- 48:23Alors moi je suis d'accord sur ce point-là.
- 48:25Après je dirais que dans la mode,
- 48:26parfois si on change,
- 48:27ce n'est pas une remise en question de la personne avec laquelle on a toujours travaillé,
- 48:31mais c'est aussi parfois d'avoir une autre perspective,
- 48:34un autre style,
- 48:35de tester quelque chose que l'on n'aurait pas fait.
- 48:38Et ça,
- 48:39ça permet aussi parfois de se dire,
- 48:41bon ponctuellement je vais aller vers cet univers-là que je n'avais pas testé jusqu'ici,
- 48:47mais pourtant ça m'intéresse,
- 48:48ça m'interpelle parce que
- 48:49Parfois,
- 48:49quand on travaille tout le temps avec la même personne,
- 48:51on fait tout le temps la même chose et on ne se remet pas en question.
- 48:54Ça peut arriver.
- 48:55Oui et non,
- 48:56parce qu'en fait,
- 48:57cette expérience de s'en remettre aux autres,
- 48:59on la vit lorsqu'on va faire un défilé à l'étranger.
- 49:02Ce ne sont pas nos mannequins,
- 49:04ce n'est pas notre agence de com,
- 49:06ce n'est pas le community manager qui travaille pour nous,
- 49:10c'est une autre équipe.
- 49:11Donc,
- 49:11on s'adapte à l'autre équipe,
- 49:14on s'organise et au contraire,
- 49:16ça nous donne effectivement un autre point de vue.
- 49:19Maintenant,
- 49:19je sais que par rapport,
- 49:20je donne un exemple pressant,
- 49:21le Ghana,
- 49:23j'ai fait la rencontre d'une équipe de jeunes vidéastes et cinéastes avec qui,
- 49:28si jamais je suis au Bénin pour aller chercher des tissus ou quoi,
- 49:31je m'organiserai pour qu'ils me trouvent deux,
- 49:34trois mannequins et faire un shooting au Bénin parce que je trouve que c'est ça en fait.
- 49:38Aujourd'hui,
- 49:38on n'a plus de frontières et les rencontres lors des défilés nous permettent de travailler d'autres styles.
- 49:46Par contre,
- 49:46je ne sais pas si c'est…
- 49:48Je suppose que non.
- 49:49Une fois qu'on a les moyens,
- 49:51on peut tout obtenir.
- 49:52Mais par exemple,
- 49:54lorsque les photos sont faites sur un podium,
- 49:57en règle générale,
- 49:58elles ne sont pas aussi belles que celles qu'on va prendre le temps de travailler dans un studio.
- 50:03Est-ce que vous voyez ?
- 50:04Donc,
- 50:06différents styles,
- 50:07forcément,
- 50:07on va les avoir.
- 50:08Différentes approches,
- 50:09on va forcément les avoir par rapport au fait qu'on s'inscrive,
- 50:13par exemple,
- 50:13à le FIMO.
- 50:14Moi,
- 50:15je ne sais pas du tout qui vont être les photographes,
- 50:16qui vont être les mannequins.
- 50:17Je le saurai,
- 50:18je pense,
- 50:18au mois d'août,
- 50:20mais pas avant.
- 50:21Donc vraiment,
- 50:23on a un côté stable avec les gens avec qui on travaille,
- 50:26parce que,
- 50:27en tout cas pour moi,
- 50:28ça roule et ça se passe très bien.
- 50:30Et puis après,
- 50:31on se retrouve à devoir travailler avec de parfaits inconnus durant deux,
- 50:34trois jours,
- 50:35et puis ça se passe aussi très bien.
- 50:37Moi,
- 50:37je trouve que ce n'est pas plus mal.
- 50:39Ça nous fait sortir de notre zone de confort.
- 50:41Des fois,
- 50:42de vivre un stress,
- 50:42ce n'est pas possible,
- 50:44parce qu'en règle générale,
- 50:45les essayages se font deux,
- 50:46trois jours avant le jour J.
- 50:48pour nous permettre de réajuster les vêtements sur les mannequins au cas où besoin.
- 50:53Mais lorsqu'on vous le fait deux heures avant le début du défilé,
- 50:57c'est un peu plus compliqué.
- 50:58Donc là,
- 50:59on joue un peu au
- 51:01Samantha, ma sorcière bien-aimée.
- 51:02On trouve des épingles,
- 51:03on fait ce qu'on peut pour créer la magie,
- 51:05avoir une tenue,
- 51:06parce que le vêtement est un peu plus grand et que tu n'as pas eu le temps de le réajuster.
- 51:11Super intéressant ce point que tu évoques.
- 51:14Effectivement,
- 51:14quand on participe à des événements internationaux,
- 51:16on va à l'inconnu.
- 51:18En fait,
- 51:18on prépare sa collection,
- 51:19mais après,
- 51:20effectivement,
- 51:21on ne connaît pas les mannequins,
- 51:22on ne connaît pas les photographes.
- 51:22Alors moi,
- 51:23le film,
- 51:24en France,
- 51:24pour y avoir déjà assisté,
- 51:25je sais qu'il y a un énorme travail de Jacques Logo qui a l'initiative de cet événement,
- 51:32qu'il fait à la fois à Paris,
- 51:33mais qu'il fait également au Togo,
- 51:35d'aller faire une sélection de mannequins professionnels,
- 51:38au niveau des photographes aussi.
- 51:40Maintenant,
- 51:41moi,
- 51:41ce que j'ai pu constater sur certains événements,
- 51:43je ne dis pas que c'est le cas de l'événement de Jacques Logo,
- 51:45c'est que
- 51:45Il y a des photographes qui vont faire des très belles photos parce qu'ils sont bien placés,
- 51:49que la manière dont le podium est organisé,
- 51:52tout a été étudié pour que ce soit bien fait.
- 51:54Après,
- 51:54c'est plutôt la bataille pour récupérer les photos de sa collection.
- 51:57Encore une honneur,
- 52:00pas trois mois après.
- 52:01C'est ça.
- 52:04En fait,
- 52:05même dans ce métier-là,
- 52:06on travaille avec des photographes,
- 52:08certes,
- 52:09mais dans le photographe,
- 52:10il y a le photographe et le photographe qui m'expliquent.
- 52:13Un photographe qui est doué pour prendre des photos sur podium lors d'un défilé,
- 52:18il ne va pas vous faire de super portrait.
- 52:20Peut-être qu'il y en a qui peuvent tout faire,
- 52:22mais en règle générale,
- 52:23on a une spécificité,
- 52:24une spécialité.
- 52:26Après,
- 52:27peut-être avec l'expérience,
- 52:29l'envie de se former et tout,
- 52:30on peut faire beaucoup de choses.
- 52:31Mais il y a vraiment des photographes podium,
- 52:34comme il y a des photographes portrait,
- 52:36comme il y a des photographes studio.
- 52:38Et moi,
- 52:38je fais bien la différence parce que le rendu n'est pas le même.
- 52:42Là,
- 52:42je suis en train de préparer un catalogue de toutes les pièces que j'ai pu créer depuis cinq ans.
- 52:50Et je vais devoir faire ces photos-là en studio parce que le rendu sera beaucoup plus beau,
- 52:56mis en valeur sur une page de catalogue que celle qu'on va prendre sur un défilé,
- 53:00même si le photographe est très bon.
- 53:02Alors,
- 53:02je suis complètement allumée.
- 53:03Et de toute façon,
- 53:05la photo défilée,
- 53:07quand on l'utilise et comment on l'utilise,
- 53:09ce n'est pas le même objectif que
- 53:11La photo catalogue,
- 53:13quand on est catalogue,
- 53:14parfois on est plutôt prêt à porter.
- 53:17Et l'idée,
- 53:17c'est d'aller s'adresser à un client qui est sur le point d'acheter.
- 53:20Et on crée un catalogue dans une logique de vente.
- 53:23En tout cas,
- 53:24ça peut être ça.
- 53:25Et aussi,
- 53:25ça peut être pareil,
- 53:27les photos qu'on veut mettre sur un site Internet pour vendre.
- 53:30La manière dont on fait les photos,
- 53:31ce n'est pas du tout la même que des photos qu'on va faire pour un édito mode.
- 53:36où en fait,
- 53:37quand on veut
- 53:38Quand c'est pour vendre,
- 53:39il faut qu'on voit bien le produit,
- 53:40qu'on voit bien les détails.
- 53:41Donc,
- 53:41il y a certaines poses que le mannequin va faire.
- 53:43Il faut des détails.
- 53:45Exactement.
- 53:46Maintenant,
- 53:46quand on est plutôt sur un édito mode pour donner envie,
- 53:49pour inspirer,
- 53:50pour faire rêver,
- 53:51là,
- 53:51parfois,
- 53:52on ne voit même pas bien le produit.
- 53:53Mais c'est l'attitude du mannequin,
- 53:54c'est la situation qu'on veut mettre en avant,
- 53:57c'est les émotions qu'on veut faire ressentir.
- 53:59Et effectivement,
- 53:59on ne fait pas forcément appel à la même équipe,
- 54:01on ne fait pas forcément appel même au même type de mannequin.
- 54:05Je te rejoins tout à fait sur le fait que...
- 54:07Il y a des créateurs qui parfois n'ont pas cette connaissance-là de la différence qu'il peut y avoir entre les différentes expertises,
- 54:14des profils qu'ils vont solliciter,
- 54:15et qui se retrouvent déçus.
- 54:17Ils disent « Ah,
- 54:17mais j'ai sollicité le célèbre photographe qui a l'habitude de faire des portraits.
- 54:22Je voulais qu'il vienne s'occuper de mon défilé et ça n'a pas donné. »
- 54:25Ah oui,
- 54:26mais parce que sa spécialisation,
- 54:27c'est le portrait,
- 54:28ce n'est pas le défilé.
- 54:29Donc,
- 54:30ce n'est pas interchangeable.
- 54:32Je suis tout à fait alignée avec toi sur cette réflexion-là.
- 54:35il y a
- 54:36Il y a un vrai travail d'identifier les performances de chacun,
- 54:40les spécificités,
- 54:41et de les adapter.
- 54:42Je réalise que je ne t'ai pas demandé si tu avais un site internet.
- 54:45Non,
- 54:46malheureusement,
- 54:47il faut que j'en crée un.
- 54:48J'ai entendu au pop-up qu'il y a aussi un site de vente en ligne.
- 54:52Il faut que j'appelle la dame et voir comment pouvoir m'y inscrire.
- 54:56Mais tout ça,
- 54:57je t'assure qu'une seule personne,
- 54:59tout gérer,
- 55:00avoir cinq têtes,
- 55:00c'est compliqué.
- 55:02et elle dit...
- 55:03En plus de ton travail,
- 55:04tu as ta vie de femme,
- 55:05tu as ta vie de mère.
- 55:08Et tu as ta maison à gérer.
- 55:10J'avoue que c'est comme le catalogue.
- 55:12Ça fait des années qu'on le réclame.
- 55:14Là,
- 55:14je vais commencer à le faire parce que j'ai aussi beaucoup de photos et puis on venait en train d'en refaire.
- 55:21On peut l'étoffer correctement,
- 55:24mais tout ça,
- 55:24une seule personne.
- 55:26Seigneur,
- 55:26j'aimerais que les journées fassent 48 heures et pas 24 heures.
- 55:30J'arriverais à faire beaucoup plus.
- 55:32Écoute,
- 55:32on va te souhaiter en tout cas le meilleur pour le développement de cette marque.
- 55:37Effectivement,
- 55:38seul,
- 55:38on ne peut pas tout faire.
- 55:39Et c'est pour ça qu'il faut se mettre un plan qui soit réaliste en se disant si aujourd'hui tu arrives à développer ton activité sans le site Internet,
- 55:47parce que les gens ont accès à ton WhatsApp,
- 55:49les gens ont accès à toi parce que tu as un peu plus de temps
- 55:51ton atelier au Gabon,
- 55:52et puis que toi,
- 55:53tu te tiens informé via les réseaux sociaux des événements auxquels tu peux participer.
- 55:57À partir du moment où tu restes joignable,
- 56:00le site Internet n'est pas une fin en soi.
- 56:02Maintenant,
- 56:02ça fait partie des étapes à avoir en tête,
- 56:05de même que le catalogue,
- 56:06mais il faut aussi se dire qu'on fait les choses étape par étape et ne pas se sentir frustré de tout ce qu'on n'a pas,
- 56:12mais plutôt se féliciter de tout ce qu'on a réussi à accomplir.
- 56:15Sinon,
- 56:15on est dans une perpétuelle frustration et on se dit,
- 56:17mais comment je vais faire ?
- 56:19Moi,
- 56:20j'essaie toujours un peu d'apaiser les créatifs qui se sentent parfois toujours un peu démunis avec la quantité de choses à faire.
- 56:27Et après,
- 56:27moi,
- 56:27je trouve que c'est important,
- 56:29vos témoignages,
- 56:29parce que je vois beaucoup de jeunes vouloir se lancer dans la mode sans savoir tout ce que ça implique comme travail et en ayant l'impression que c'est facile.
- 56:37Et je leur dis,
- 56:37non,
- 56:37il faut écouter seulement les interviews des designers qui sont dedans depuis un an,
- 56:41deux ans,
- 56:41trois ans,
- 56:41quatre ans,
- 56:42qui vont vous dire si c'est facile.
- 56:44Et le niveau de compétence qu'il faut avoir.
- 56:48En tout cas,
- 56:48je tiens à te féliciter de tout ce que tu nous as partagé,
- 56:51surtout le travail de recherche que tu as fait pour acquérir des savoir-faire et pour les intégrer dans la création de ta collection.
- 56:57On arrive à la fin de cette interview.
- 56:59Moi,
- 56:59j'ai été ravie de notre échange,
- 57:01ravie d'en découvrir plus sur cette marque que je ne connaissais pas avant le pop-up.
- 57:10Et je te dis à très vite,
- 57:11notamment au défilé du FIMO à Paris.
- 57:14J'attends avec impatience.
- 57:16J'espère que tu seras des nôtres.
- 57:17Bien sûr,
- 57:18bien sûr,
- 57:18je serai là.
- 57:19Et puis,
- 57:20un petit merci à Jacques Logo.
- 57:23Parce que ce que j'ai dit,
- 57:25quand les choses doivent se faire,
- 57:26elles se font.
- 57:27On ne peut pas forcer la chose.
- 57:30Lorsque j'ai souhaité m'inscrire,
- 57:31les inscriptions étaient déjà bookées avant même la date limite d'inscription.
- 57:36J'ai discuté avec ce grand monsieur que je ne connaissais pas.
- 57:39Et il m'a dit,
- 57:41par rapport à l'excellent travail que je fais,
- 57:44Il nous permettait d'y assister.
- 57:46Donc vraiment,
- 57:46un grand merci à lui.
- 57:48Un grand merci aussi à Africa Fashion Tour,
- 57:51donc à toi,
- 57:52d'avoir aimé mon travail,
- 57:55d'avoir repéré mon travail et de m'avoir permis aujourd'hui de m'exprimer.
- 58:00Merci pour tout.
- 58:02Merci à toi,
- 58:02avec plaisir.
- 58:03Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 58:06Bye.
- 58:07Merci.
- 58:07Bonne journée à vous.
- 58:08Bye.
- 58:12Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 58:14Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 58:20Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 58:23Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify.
- 58:27Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 58:31Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.