Latest / Les invités de Radio des Ballons / La fête du petit Paris au parc de Wesserling
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- — M. Édouard Gros, patron des usines de Weisserlein. Alors, comment vont les affaires ? — Ben, nous sommes en 1890. On a eu un coup de blouse quand l'Alsace est devenue allemande. Mais pour l'instant, finalement, on se déroule pas si mal dans l'Empire allemand. Nous avons été nommés récemment parmi les 3 plus belles entreprises de l'Empire, parce que Weisserlein, c'est 3 000 emplois. C'est de l'impression... Bien sûr, c'est la base de notre manufacture, mais c'était également du tissage et du blanchiment. Alors du blanchiment, d'ailleurs, on a créé une entreprise à Taron-les-Vauches, BTT. C'est nous qui l'avons créée, avec des capitaux français et alsaciens, donc les nôtres. Parce qu'effectivement, il fallait qu'on ait aussi une présence dans la vieille France, qui est notre amie à la vieille France, qui est d'ailleurs célèbre aujourd'hui, puisqu'effectivement, à Weisserlein, malgré la présence allemande, nous parlons français. Weisserlein, c'est un site de culture francophile, francophone, et c'est d'ailleurs pour ça qu'on s'appelle le Petit Paris. Aujourd'hui, c'est la fête du Petit Paris. On accueille tous nos amis en costume, qui viennent de Mulhouse-les-Vauches, parce que c'est très ouvert ici, bien sûr, pour magnifier cette enclave francophile et francophone au sein de l'Empire allemand. — On est le Tour de France, du coup. — Ah, le Tour de France... Ah oui, des engins un peu spéciaux, là, avec... avec une roue devant et une roue derrière. Oui, j'ai entendu parler de ça, certes, en 1890, c'était le premier Tour de France, hein. Euh... Un des premiers, hein. Alors, c'est vrai que ces pauvres gens qui s'activent sur leur machine roulante, ils ont un peu de mal, surtout que dans la montagne, chez nous, ben... ça monte, hein. Mais quand même, j'ai entendu dire que... euh... un tour est passé pas loin d'ici, pas loin de Weisserlein, par Saint-Amarin, ils sont montés dans la montagne, et ils ont fait une fête là-haut, à Marchetagne, avec les marquères. Voilà, le Tour de France... a connu un de ses débuts, aussi, euh... dans le secteur de Weisserlein. Alors bien sûr, le problème, c'était de franchir la frontière au col du Buissant. Parce que tous ces coureurs, qui venaient de tous les pays... euh, le Reich n'aime pas trop ça, hein. D'ailleurs, l'Empire français non plus, hein. Et donc, on a dû arrêter les coureurs au col du Buissant pour avoir le droit de passer, pour vérifier que c'était pas... des espions. Mais enfin, ça s'est bien passé. En tous les cas, c'est la fête du... du Petit Paris, alors... c'est... euh... on l'a fait plusieurs fois, c'est... c'est une nouveauté ? C'est une nouveauté, donc euh... chaque année, y aura la fête à peu près mi-juillet. Et alors, on n'en a pas encore beaucoup, aujourd'hui, mais les personnes qui viennent... costumer... comme... comme nous, en 1890, sont accueillies gratuitement, ils vont à boire... avec moi... Édouard Gros, donc le patron de Weisserlein, pour que... euh... valoriser, en fait, leur effort de... d'animation, quoi. Alors aujourd'hui, à la fête, y a beaucoup de choses. Y aura un défilé des enfants, hein, avec leurs costumes de 1890. Y a... des ânes, y a... des calèches avec des chevaux, y a... des jeux, des jeux, des jeux de l'époque, de notre époque ! 1890. Et plein de découvertes dans les Beaux-Jardins, à la ferme, et par ailleurs. — Ben merci, Édouard, et bonne fête ! — Voilà. Ben on accueille avec grand plaisir nos amis qui viennent de côté Vosges, hein. Qui trouvent dans Weisserlein un site... euh... qui les aime beaucoup. Puisqu'il y a toujours eu beaucoup de Vosgiens à Weisserlein, c'est un site mixte, depuis toujours, hein. Puisque les travailleurs qui étaient ici sont toujours venus à la fois d'Alsace, mais beaucoup, beaucoup de la vallée de Buissant. — Blandine. — Oui. — Blandine, la créatrice des robes, aujourd'hui, j'ai bien compris. — Oui, c'est... une des créations, mais c'est inspiré de modèles anciens, de catalogues et de... photos anciennes, on sait plus. — C'est bien vrai. — Oui. Oui, oui, c'est du vrai de vrai, c'est vraiment... — C'est pas triché. — Non, c'est pas triché. Oh ben non, alors ! C'est pas triché ! C'est fini à la main, et c'est vraiment choisi par rapport... aux textiles et aux imprimés de l'époque. Biopharmes, bien sûr. — Ça fait plaisir au patron d'époque qui est là ? — Ben oui, bien sûr ! C'est tout son château, là, qui revit. C'est super d'avoir de nouveau des enfants dans les jardins comme ça, comme ils auraient pu être réellement à l'époque. — Alors c'est parti pour nous refaire ça tous les ans ? — Peut-être bien. On verra. Ben voilà, c'est lancé, c'est lancé, hein. Les catalogues sont ouverts. — Nous voici avec monsieur le maire. Bon, aujourd'hui, à Vaisserlin, 3 000 employés ici, dans l'entreprise, c'est pas rien, hein. Ça compte pour la commune ? — Ben c'est une entreprise qui est très importante pour la commune. Oui, ça la fait vivre, ça donne du travail à beaucoup de familles, et on espère que ça durera dans le temps. — Voilà, c'est ça, tout le suspense, c'est de tenir bien longtemps. — Faut savoir retenir, faut savoir se renouveler, faut savoir avancer à la bonne mesure. — Vous pensez que ça va tenir jusqu'à quelle année, à peu près ? — Y a pas de fin, à Vaisserlin. — Merci, monsieur le maire. — Merci à vous.