Latest / Archives / La pire CATASTROPHE INDUSTRIELLE de FRANCE (Usine AZF 2001)
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- 0:01Nous sommes le matin du vendredi 21 septembre 2001, c'est la fin
- 0:05de l'été à Toulouse. Le temps est encore chaud, le
- 0:08soleil brille haut dans le ciel et en cette fin de semaine, les
- 0:11Toulousains qui ont bien profité de la ville rose, réputée pour
- 0:15sa douceur de vivre et sa culture très vivante.
- 0:18Dans ce climat à l'accent plus que charmant, absolument rien ne
- 0:22laisse présager que bientôt la vie allait basculer dans le
- 0:25chaos le plus total. Les 300000 habitants
- 0:37s'apprêtent, sans le savoir, à être les victimes du plus grand
- 0:41accident industriel que la France n'ait jamais connue.
- 0:52En 1/4 de 2nde, tout s'est arrêté.
- 0:55Les voitures qui roulaient sur la rocade sont immobilisées, les
- 0:58cris des enfants dans les écoles se sont stoppés, les hôpitaux
- 1:01sont figés, les oiseaux ne chantent plus et le silence le
- 1:05plus total règne. Une partie de la ville vient
- 1:09d'être pulvérisée au JT. Les images choquent.
- 1:12Partout où l'on regarde, il n'y a plus rien.
- 1:15Juste un nuage de fumée jaunâtre et dense qui donne l'impression
- 1:19d'être arrivé sur un champ de bataille ou d'avoir atterri dans
- 1:23une scène apocalyptique. Passé la surprise, les
- 1:26Toulousains comprennent très vite.
- 1:28C'est l'usine de Pétrochimie au sud de la ville qui vient
- 1:31d'exploser. Son nom restera ancré au plus
- 1:35profond des mémoires à ZF. Si
- 1:48cet événement a été quelque peu oublié partout en France.
- 1:52A Toulouse, le souvenir et le traumatisme sont encore très
- 1:56vifs là-bas. Chacun se rappelle exactement ce
- 1:59qu'il faisait en ce vendredi 21 septembre à 10h17 et 50
- 2:03secondes. Aujourd'hui, j'avais envie de
- 2:04revenir avec vous sur une histoire dont on parle trop peu.
- 2:08Une catastrophe qui malgré son ampleur, a un peu disparu des
- 2:12conversations, des programmes scolaires et surtout des
- 2:14mémoires. Pourtant, ce drame a bouleversé
- 2:17une ville entière et bien au-delà.
- 2:21Il a posé des questions essentielles sur la sécurité
- 2:24industrielle, sur la transparence des institutions et
- 2:27sur ce qu'on est prêt à accepter au nom du progrès.
- 2:31Cette explosion, elle a laissé derrière elle un cratère de
- 2:34plusieurs dizaines de mètres, mais aussi un vide beaucoup plus
- 2:37difficile à combler, celui de la vérité.
- 2:41Car même si des conclusions officielles ont été rendues,
- 2:44même si la justice a tranché, il reste encore pour beaucoup une
- 2:47zone d'ombre dans ce dossier. Des incohérences et des doutes.
- 2:51Ce que je vais vous raconter aujourd'hui, C'est l'histoire
- 2:53d'un drame local devenu une affaire d'État.
- 2:56Un dossier complexe, parfois dérangeant, que certains
- 3:00aimeraient définitivement enterrer, mais qu'il est peut
- 3:03être temps de rouvrir pour de bon.
- 3:05Voici l'histoire d'a ZF. Il y a un grand souffle et
- 3:09voilà, il y avait tout de retourné, tout, tout un grand
- 3:14massacre. Quand l'explosion d'a ZF secoue
- 3:43Toulouse ce 21 septembre 2001, la France est déjà dans un
- 3:47climat de tension extrême. Le monde entier vient de vivre
- 3:51un choc sans précédent. À peine 10 jours plus tôt, les
- 3:54images chaotiques des attentats du 11 septembre ont envahi les
- 3:57écrans du monde entier pour ne plus jamais quitter les
- 4:00mémoires. 2 avions détournés par des membres d'Al Qaïda ont
- 4:04percuté l'un après l'autre les tours jumelles du World Trade
- 4:07Center à New York, faisant près de 3000 morts.
- 4:10Les images semblent irréelles et pourtant, la nation la plus
- 4:18puissante du monde venait d'être touchée dans une attaque
- 4:21gratuite d'une violence inouïe. Les médias parlaient déjà d'un
- 4:25avant et d'un après 11 septembre.
- 4:29Et il n'avait pas tort au passage.
- 4:30Il y a 3 ans, on vous avait fait une vidéo sur place à New York
- 4:33pour traiter de toute cette affaire.
- 4:35Je vous laisserai aller voir la vidéo un peu plus tard, elle est
- 4:38disponible sur ma chaîne si ça vous intéresse.
- 4:40Cette insécurité diffuse va s'installer un peu partout.
- 4:44Peu à peu, la peur du terrorisme s'immisce dans le quotidien.
- 4:47Prendre le métro, aller au cinéma, fréquenter une gare en
- 4:51France, ça ravive des événements passivieux les attentats des
- 4:56années 90. Les attentats du GIA, le groupe
- 5:00islamique armé, les bombes dans les gares et les stations de
- 5:04RER, autant de souvenirs qui nourrissent la psychose. les
- 5:08Français sont inquiets. Paradoxalement, dans le sud de
- 5:11la France, loin de la capitale parisienne, on se sent un peu
- 5:15plus à l'abri. Pourtant, Toulouse, c'est pas
- 5:17qu'une ville tranquille, c'est avant tout un pilier de
- 5:20l'aéronautique et de l'aérospatiale européen.
- 5:22Ici, on Assemble les Airbus et on conçoit des satellites.
- 5:28Bref, c'est un symbole de savoir faire français et donc
- 5:31potentiellement une cible. Alors quand les JT annoncent
- 5:34qu'une explosion a eu lieu, Toulouse, c'est d'abord la
- 5:37sidération la plus totale. Puis une question hante toutes
- 5:41les têtes, Toulouse vient, elle, d'être victime d'un attentat.
- 5:46Le site de l'usine a été, lui, entièrement dévasté,
- 5:49stupéfiantes. Images qui rappellent celle d'un
- 5:51bombardement. Pour comprendre l'ampleur de la
- 5:59catastrophe, il faut comprendre ce qu'était AZF avant 2001AZF
- 6:05faisait totalement partie du décor pour les Toulousains, un
- 6:08élément banal du quotidien auquel on ne faisait plus
- 6:11attention. On pouvait la voir au loin, au
- 6:14niveau de la jonction des rocades, un lieu incontournable
- 6:18pour entrer dans Toulouse. Il faut s'imaginer.
- 6:20C'est l'équivalent du Périph parisien.
- 6:22Les voitures klaxonnent, les fils bouchonnent, les
- 6:25automobilistes s'énervent en oubliant qu'à seulement quelques
- 6:28mètres de derrière les murs gris, une des usines de
- 6:32pétrochimie les plus sensibles de France, elle a rempli de
- 6:36produits plus explosifs les uns que les autres.
- 6:39Une bombe à ciel ouvert à seulement quelques dizaines de
- 6:42mètres de. Aujourd'hui, avec du recul, on
- 6:46se dit que c'est un peu fou que cette usine hyper dangereuse,
- 6:48elle a été installée là, mais il faut revenir en arrière pour
- 6:51comprendre. À l'origine en 1924, année de sa
- 6:53fondation. Le site est situé en périphérie
- 6:57de Toulouse, à 3 km du centre. Plus exactement, il faut avoir
- 7:01en tête qu'à l'époque, y a absolument rien autour, ni
- 7:04quartiers résidentiels, ni hôpitaux, ni rocade.
- 7:07On ne parle alors pas d'a ZF, diminutif d'azote, fertilisant,
- 7:11mais de l'onia, un sigle un peu flou et pompeux qui veut dire
- 7:15Office national industriel de l'azote.
- 7:17Tout est dans le titre. L'usine avait un but, produire
- 7:20de l'ammoniac synthétique pour régler le manque d'azote, un
- 7:24produit qu'on retrouve. Les engrais.
- 7:26À l'époque on est dans l'entre 2 guerres. la France cherche à
- 7:29moderniser et renforcer son autonomie agricole.
- 7:32Il faut nourrir la population, développer les cultures et
- 7:36l'azote devient clairement stratégique.
- 7:38L'usine répond donc à un besoin national presque vital à
- 7:42l'époque. En bref, AZF, c'est le symbole
- 7:53du progrès dans une France en reconstruction.
- 7:55Mais entre les années 60 et 90, le paysage s'est transformé,
- 7:59Toulouse s'est étendue et AZF s'est retrouvée progressivement
- 8:03entourée de tout ça. La ville est venue à elle sans
- 8:06que personne n'interroge la proximité d'un tel site avec la
- 8:10population. Ce qui fait qu'à la veille de
- 8:13l'explosion, plusieurs milliers de personnes vivent et
- 8:15travaillent à moins d'un kilomètre des installations.
- 8:20Des milliers d'individus qui avaient une épée de Damoclès sur
- 8:24la tête alors comment ce qui paraît presque innocent de
- 8:28l'extérieur, une usine destinée à l'agriculture peut se
- 8:31transformer en bombe ? En fait, le nitrate d'ammonium,
- 8:35il ne sert pas qu'à ça. Il est également utilisé dans
- 8:38les explosifs industriels. Il est d'ailleurs tellement
- 8:41dangereux que l'usine est classée Seveso 2 dans les années
- 8:4580, ce qui veut grosso modo dire qu'elle est considérée comme un
- 8:48site à risque majeur. Et de ce fait, en toute logique,
- 8:51ça implique des obligations, notamment de prévention, de
- 8:55contrôle et d'information des populations environnantes.
- 8:58Enfin, en théorie. Du moins, tout seul.
- 9:01Le nitrate n'est pas dangereux. En fait, il faut le mettre en
- 9:05contact avec d'autres éléments pour qu'il le devienne,
- 9:08notamment le DCCNA, un produit chloré.
- 9:12Mais encore là, techniquement, pas de quoi s'affoler.
- 9:15Pour que les 2 provoquent un désastre, faut ajouter un
- 9:18dernier élément, l'eau. Un trio qui naturellement ne se
- 9:29rencontre pas, mais qui au sein d'a ZF cohabite.
- 9:33Ça paraît ahurissant dit comme ça.
- 9:35Mais sur le site, on trouve tout le nécessaire à ce cocktail
- 9:38explosif à seulement quelques mètres les uns des autres, du
- 9:41nitrate d'ammonium, du DCCNA et la Garonne juste à côté.
- 9:47Mais pas de quoi inquiéter les autorités ou les responsables de
- 9:50l'usine. Pour eux, il y a très peu de
- 9:52chances que tout ce monde se rencontre.
- 9:54Après tout, au sein d'a ZF, il existe de nombreux protocoles de
- 9:57sécurité qui garantissent que ce genre d'accident ne peut pas se
- 10:01produire. Malheureusement, il s'était bien
- 10:04trompé. Le 21 septembre 2001, vers 10h00
- 10:15du matin, l'usine AZF fonctionne comme n'importe quel autre jour.
- 10:21Les 300 salariés du site sont à leur poste, répartis dans les
- 10:24différents secteurs de production et de logistique.
- 10:27Certains travaillent dans les unités de fabrication des
- 10:30engrais, où le nitrate d'ammonium est conditionné.
- 10:32D'autres sont chargés du contrôle qualité de la
- 10:35maintenance où assure le suivi administratif et logistique des
- 10:39flux entrants et sortants. Les camions.
- 10:43Entrent et sortent de l'usine, acheminant des matières
- 10:46premières ou récupérant les produits finis.
- 10:48A cette heure-là, rien de particulier n'est à signaler
- 10:51dans le bâtiment 221. Ce hangar, où sont entreposées
- 10:55plusieurs centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, fait partie
- 10:58des zones les plus sensibles du site.
- 11:00Comme à leur habitude, les techniciens s'affairent à gérer
- 11:03les résidus, à déplacer des sacs ou à vérifier les stocks.
- 11:07La plupart des salariés présents ce jour-là n'ont aucune idée du
- 11:11drame qui est sur le point de se produire.
- 11:13En bref, une journée de tout ce qu'il y a de plus normal au sein
- 11:17DAZF. À 10h17 et 50 secondes, un bruit
- 11:24sourd et bref résonne. Il ressemble à une détonation
- 11:27étouffée. Le compte à rebours vient de se
- 11:31lancer, mais en ce 21 septembre. Absolument rien n'aurait pu
- 11:37l'arrêter. Ceux qui l'entendent n'ont même
- 11:39pas le temps de s'inquiéter que c'est déjà trop tard. 5
- 11:48secondes, c'est le temps qu'il a fallu pour que tout bascule.
- 11:52Un bruit, un flash, du feu, puis un souffle destructeur qui
- 11:56emporte tout sur son passage. Tout ça, ça se passe en un
- 12:01claquement de doigts. Une simple fraction de 2nde,
- 12:03sans aucun retour. Il est 10h17 55 secondes, AZF
- 12:08vient d'être rayé de la carte. La déflagration est tellement
- 12:37violente qu'elle pulvérise aussi une partie de Toulouse.
- 12:40Personne ne peut se préparer à ça.
- 13:07Le hangar 221 contenant plusieurs centaines de tonnes de
- 13:09nitrate d'ammonium vient d'exploser.
- 13:11C'est l'équivalent de 20 à 40 tonnes de TNT qui se sont
- 13:16abattues d'un seul coup. L'explosion est tellement
- 13:18puissante qu'elle génère l'équivalent d'un séisme de
- 13:21magnitude 3,4 sur l'échelle de Richter.
- 13:23Et une onde de choc presque aussi rapide que le mur du son,
- 13:27elle rase. Tout sur son passage à un rayon
- 13:32de 3 km avant d'être ressenti sur près de 80 km.
- 13:36Dit comme ça, ça a l'air plutôt abstrait.
- 13:38Mais pour se faire une idée, j'ai vu que l'explosion du port
- 13:41de Beyrouth au Liban en 2020 est assez similaire.
- 13:43Ce que les caméras ont capté là-bas.
- 13:46C'est exactement le genre de phénomène qui s'est produit à
- 13:49Toulouse. Personnellement, les images
- 13:50effrayantes de cette onde de choc qui fonce sur les Libanais
- 13:54à la vitesse d'une fusée m'ont quand même pas mal marqué.
- 13:59Comme comme beaucoup d'entre vous, je me doute.
- 14:01Quand Toulouse reprend son souffle, c'est le chaos total.
- 14:05À la place du hangar 221, il n'y a plus rien.
- 14:07Juste le silence, la désolation et un cratère ovale immense.
- 14:11Il fait jusqu'à 65 M de diamètre et 7 M de profondeur pour que
- 14:16vous mesuriez l'étendue des dégâts.
- 14:18C'est l'équivalent de tout simplement 4 piscines olympiques
- 14:20en surface et une quinzaine en volume.
- 14:26Rapidement, les secours arrivent.
- 14:28Mais ce qu'ils s'apprêtent à voir, ils ne l'oublieront
- 14:31jamais. Ils ont face à eux une véritable
- 14:35scène de guerre. Des bâtiments entiers ont été
- 14:37soufflés, les structures métalliques ont fondu, des
- 14:40véhicules ont été projetés à des dizaines de mètres, des vitres
- 14:43brisées jusqu'à 5 km autour du site.
- 14:47L'hôpital psychiatrique marchand, situé à proximité, est
- 14:50dévasté. Des enfants dans les écoles
- 14:52alentour sont blessés, des hommes èrent sans but.
- 14:55Le visage recouvert de sang, l'air irrite la gorge et les
- 14:59yeux. La liste est sans fin, les
- 15:02Toulousains sont seuls au monde, isolés de tous. la France
- 15:06entière tente de joindre Toulouse, mais c'est comme si
- 15:08Toulouse avait été mis sous dôme, le réseau mobile est
- 15:11tombé, l'aéroport est suspendu, le métro est arrêté, des fumées
- 15:17blanches épaisses envahissent l'air, un nuage en forme de
- 15:20champignon s'élève dans les airs et créent la psychose.
- 15:24Et si l'air ? Est contaminé.
- 15:32Sur le moment, personne n'est capable de répondre à cette
- 15:35question. Il faut s'imaginer la confusion
- 15:37qui règne. Les Toulousains ne savent rien,
- 15:40ils paniquent, courent, pleurent, cherchent leurs
- 15:42proches et c'est peut être ça le pire en ce 21 septembre 2001,
- 15:47c'est de savoir si oui ou non leur femme, époux, enfants et
- 15:51amis sont vivants. Le calvaire va durer pour
- 15:54certains. Plusieurs heures.
- 15:56La catastrophe est telle que les autorités n'attendent pas plus
- 15:59et déclenchent le plan rouge, le dispositif d'urgence pour les
- 16:02accidents de grande ampleur. Des centaines de blessés
- 16:05arrivent en flux tendu dans les hôpitaux et surchargent les
- 16:08urgences. Partout où on peut-on installe
- 16:11des patients dans les couloirs, ça court dans tous les sens.
- 16:13Ceux qui arrivent là sont des chanceux, car sur le terrain,
- 16:16les pompiers sont obligés de faire des choix, un triage
- 16:19massif entre ceux qui sont sauvables ou ceux qu'il faut
- 16:23abandonner. Pour beaucoup de secouristes,
- 16:25cette sélection reste un vrai traumatisme.
- 16:28Certains ne se le pardonneront jamais.
- 16:31Le bilan humain est lourd, 31 morts, dont des employés d'a ZF,
- 16:36des riverains et des travailleurs présents à
- 16:39proximité. On dénombre également à peu près
- 16:422500 blessés, certains gravement mutilés ou devenus sourds, qui
- 16:48garderont des séquelles toute leur vie.
- 16:50Du côté matériel, c'est pareil, les nombres donnent froid dans
- 16:53le dos. 26000 logements dégradés sur un rayon de 6 km, 1200
- 16:56familles déplacées, 74 écoles touchées.
- 16:58Mais au fond, peu importe les dégâts matériels ou les
- 17:03blessures visibles, le plus dur c'est ce qu'on ne voit pas, les
- 17:06séquelles psychologiques, le traumatisme et la perte.
- 17:09Certains parlent d'un avion qui se serait écrasé, comme à New
- 17:12York, d'autres évoquent un missile.
- 17:14Chacun y va de son hypothèse, mais la vérité, c'est que
- 17:18personne ne sait. Pendant ce temps, le reste de la
- 17:22France retient son souffle. Le pays découvre sous le choc
- 17:26des scènes qui ont l'air sorties d'un film.
- 17:28Sur le plan national, la panique gagne du terrain.
- 17:32Les autorités, elles, ne tardent pas à réagir.
- 17:35Pour l'heure, la population de Toulouse est confinée.
- 17:38Le ministère de l'Intérieur finit par annoncer l'ouverture
- 17:41d'une enquête, tout en évitant soigneusement de confirmer quoi
- 17:45que ce soit. Aucune piste ne doit être
- 17:48écartée, ils le savent. Les Français, mais surtout les
- 17:52Toulousains les attendent au tournant.
- 17:54Il faudra donner des réponses, ou du moins une seule compte.
- 17:58Qu'est ce qui est à l'origine de cette catastrophe ?
- 18:06Dès le début, et sans trop d'étonnement, la piste
- 18:09terroriste prend de la place. Il faut dire que la coïncidence
- 18:13avec le 11 septembre est quand même énorme.
- 18:16Sauf que cette fois-ci, aucun groupe ne revendique l'attaque.
- 18:18Il n'y a pas non plus d'indice qui pointe vers un acte délibéré
- 18:22venu de l'extérieur. Il faut se faire une raison,
- 18:24l'histoire de l'attentat tient de moins en moins.
- 18:27Surtout qu'il y a un détail qui intrigue pas mal, c'est que
- 18:30l'épicentre de l'explosion est vraiment au cœur même du site
- 18:34industriel, à l'emplacement d'un bâtiment très précis.
- 18:37Le hangar 221. Il faut tenir compte que tout ce
- 18:41qui a été conclu reste de l'ordre de l'hypothèse et donc
- 18:45il faut le prendre avec des pincettes.
- 18:46Comme le hangar a été atomisé, les preuves sont plutôt minces.
- 18:51Il n'y avait ni caméra, ni capteur, ni enregistrement,
- 18:54juste des témoignages, des fragments et des résidus
- 18:57chimiques. Tout ça pour dire que la vérité,
- 19:00on ne la saura jamais complètement, selon l'hypothèse
- 19:03qui a été retenue par l'enquête. C'est un enchaînement de petites
- 19:07négligences qui, mis bout à bout, ont suffi à déclencher
- 19:10l'impensable. Honnêtement, ça rend le bilan
- 19:13encore plus insupportable. L'accident aurait pu être évité,
- 19:1731 personnes n'auraient pas perdu la vie.
- 19:19Environ une demi-heure avant l'explosion, un manutentionnaire
- 19:22aurait jeté des déchets en vrac à l'entrée du bâtiment 221.
- 19:26Les produits venaient d'une autre zone de l'usine, au Sud,
- 19:28où l'on utilise des substances chlorées.
- 19:33Pour les employés, rien d'anormal à la manœuvre.
- 19:36Ce qu'ils ne savent probablement pas à ce moment-là, c'est qu'il
- 19:39reste des résidus de nitrate d'ammonium au sol.
- 19:42En livrant ces résidus en vrac dessus, l'employé vient de
- 19:46commettre un acte sans précédent.
- 19:48Mais c'est que la partie immergée de l'iceberg, derrière
- 19:52une cloison dans le même bâtiment, se trouve plusieurs
- 19:54centaines de tonnes de nitrate d'ammonium.
- 19:57Et ce matin là, pour couronner le tout, un élément naturel que
- 20:00connaissent bien les Toulousains s'ajoute dramatiquement à
- 20:03l'equo. Le vent d'autant qui est connu
- 20:06pour être chaud mais surtout chargé d'humidité.
- 20:10Résultat, le nitrate forme une croûte et en dessous des poches
- 20:15de gaz, s'accumule. Il suffit alors d'un peu de
- 20:17chlore pour littéralement mettre le feu aux poudres. 3 mois après
- 20:22la catastrophe, les experts rendent leurs premières
- 20:24conclusions, pas d'attentat, pas de sabotage, mais un accident
- 20:28provoqué par négligence. Une routine dangereuse et un
- 20:32site où tout pouvait mal tourner.
- 20:35Et c'est certainement ça le plus terrible dans cette histoire.
- 20:38Ce n'est pas une cause unique, c'est une addition de failles,
- 20:41une routine devenue dangereuse, une tragédie annoncée mais que
- 20:45personne n'a voulu voir comment ce genre d'accident est possible
- 20:48dans une usine pourtant considérée comme dangereuse à ce
- 20:51niveau-là. Est ce qu'on parle encore de
- 20:53simple oubli de malchance ou bien d'un système qui en
- 20:57réalité ? Était complètement défaillant.
- 21:04Même après toutes ces années, il reste une chose qui résiste, le
- 21:08doute. Parce que dans cette affaire, ce
- 21:11ne sont pas les versions qui manquent, mais les certitudes.
- 21:14Dès les premiers jours, il y a un sujet qui pose problème, la
- 21:17première détonation. Selon les rapports officiels,
- 21:21elle n'existe tout simplement pas.
- 21:23Officiellement, les capteurs ne retiennent qu'un seul impact
- 21:25sismique. Pourtant, y a la masse de
- 21:27témoignages qui vont dans ce sens et surtout des
- 21:29enregistrements audio où on distingue bien 2 détonations.
- 21:34Alors qu'est ce que ça signifie ?
- 21:36Est ce que c'est un acte criminel ?
- 21:38Quelqu'un qui aurait fait exploser quelque chose au milieu
- 21:41de la poudrière ? Eh Ben pas forcément, ça
- 21:44pourrait être une première réaction chimique qui a entraîné
- 21:47la 2nde. Le sujet fait débat mais le
- 21:49constat reste le même dans les 2 cas, il est impossible à
- 21:53vérifier dans les thèses évoquées, y a celle du sabotage
- 21:56interne. Certains salariés ou
- 21:58sous-traitants ont parlé de tensions au sein de l'usine.
- 22:01Mais là encore, je me répète, il y a absolument aucun élément
- 22:04palpable et c'est tout le complexe de cette affaire.
- 22:06L'enquête doit se baser sur des ressentis et des paroles.
- 22:10Et puis il y a une hypothèse qui est plus technique, moins
- 22:12croustillante, mais tout aussi sérieuse, celle d'un incident
- 22:16électrique, un court circuit, une surtension.
- 22:19Et là, c'est le drame, elle est techniquement plausible.
- 22:22Enfin, une plus intéressante, celle d'un homme très suspect,
- 22:25aperçu sur place dans une zone pourtant interdite.
- 22:29Il aurait été vu en train de fuir.
- 22:31Les services de renseignements sont mobilisés, une enquête
- 22:34parallèle est lancée, mais rien ne viendra confirmer cette
- 22:37piste. Pas de nom, pas de
- 22:39revendications, pas de preuves. Et pourtant, cette silhouette
- 22:43continue encore aujourd'hui d'alimenter les soupçons.
- 22:45Et elle arrangerait bien certains, surtout ceux sur le
- 22:48banc des accusés. Étonnamment, cette absence de
- 22:51preuve n'a pas empêché la justice de trancher.
- 22:54C'est l'accident chimique qui l'emporte.
- 22:56Pourtant, pour beaucoup d'experts, cette hypothèse tient
- 22:59très difficilement la route. Pour eux, la probabilité d'un
- 23:02tel scénario est quasiment nulle et C'est d'ailleurs pour ça que
- 23:05le risque n'avait pas été pris au sérieux et considéré lors des
- 23:08évaluations de sécurité. Cette faible probabilité, ça va
- 23:13être le nerf de la guerre lors du procès.
- 23:25Le 23 février 2009, près de 8 ans après l'explosion, le
- 23:29premier grand procès AZF s'ouvre enfin.
- 23:32C'est à Toulouse, au tribunal correctionnel.
- 23:34Sur le banc des accusés, Serge Bichelin, ancien directeur de
- 23:38l'usine, et la Société Grandes paroisses, filiale du groupe
- 23:41Total. L'enjeu ?
- 23:42Déterminer s'ils sont oui ou non responsables de la catastrophe.
- 23:47Les chefs d'accusation sont homicides involontaires et
- 23:50blessures. Les débats vont s'enchaîner
- 23:52pendant plus de 3 mois. Les experts défilent, les
- 23:55parties civiles racontent leur traumatisme et les avocats
- 23:58s'affrontent sur des détails extrêmement techniques.
- 24:01C'est assez complexe, mais ce qu'il faut retenir, c'est que
- 24:04tout se joue sur le manque de preuves directes, sur les
- 24:06rapports contradictoires et les hypothèses difficiles à
- 24:09confirmer, notamment sur la probabilité qu'une telle
- 24:12explosion ait pu se produire involontairement.
- 24:15Résultat ? Relaxe général plus simplement,
- 24:18le tribunal estime que la responsabilité pénale des
- 24:20prévenus n'est pas démontrée car il n'y a clairement pas assez
- 24:24d'éléments. Ce verdict, vous vous en doutez,
- 24:26hein, comme très souvent, encore une fois dans les différentes
- 24:28vidéos qu'on aborde en ce moment, ne passe pas auprès des
- 24:32victimes, des familles et des associations.
- 24:34Pour eux, il y a un déni de justice.
- 24:36Et quand on voit l'ampleur des dégâts, le nombre de personnes
- 24:39que l'explosion a impacté, on comprend que cette conclusion
- 24:42n'est pas du tout acceptable. Le procès est historique. 3 ans
- 24:50plus tard, en 2012, le ton change.
- 24:54Cette fois, la Cour d'appel condamne.
- 24:56Serge Michelin est reconnu coupable d'homicide
- 24:58involontaire. Grande paroisse aussi, la Cour
- 25:01estime que les règles de sécurité n'ont pas été
- 25:03respectées, que le stockage était inadapté, que la
- 25:07surveillance était insuffisante. En clair, ce drame.
- 25:11Aurait pu être évité. Mais le feuilleton ne s'arrête
- 25:13pas là. En 2015, la Cour de cassation
- 25:16casse la décision, pas sur le fond, mais pour un vice de
- 25:19procédure. C'est un énorme coup de massue
- 25:22pour l'accusation. Nouveau procès, cette fois à
- 25:25Paris, devant la Cour d'appel. En 2017, il faut encore tout
- 25:29recommencer. Même dossier, même visage, même
- 25:32question. Les experts redéballent leur
- 25:35modèle, les témoins re racontent leur choc, tout le monde est
- 25:39épuisé mais personne ne veut lâcher, l'enjeu est trop
- 25:43important. Mais cette fois, enfin, les
- 25:45victimes obtiennent gain de cause.
- 25:47L'issue est différente. En 2019, la condamnation est
- 25:51confirmée définitivement, Serge Bichelin et grande paroisse sont
- 25:55jugés responsables, le dossier AZF est clos.
- 25:59Juridiquement parlant, mais dans les faits, c'est un peu plus
- 26:02compliqué. Il n'a jamais établi avec
- 26:04certitude ce qui a provoqué la réaction chimique.
- 26:06Ce jour-là, aucune reconstitution complète, aucune
- 26:10certitude scientifique, juste une chaîne de négligence, une
- 26:14gestion hasardeuse des risques et une culture du ça passe qui
- 26:19cette fois n'est pas passée. Et c'est là que le malaise
- 26:22s'installe. Quand on est une famille, c'est
- 26:24difficile de se contenter de ça. Ils vivent.
- 26:27Tous, l'absence de réponse comme une condamnation à vie, celle de
- 26:30rester éternellement dans le doute.
- 26:32Pour eux, c'est absolument insupportable.
- 26:35Parmi eux, pas mal doutent encore de la version officielle.
- 26:39La justice a désigné un responsable par défaut parce
- 26:42qu'il fallait une réponse, parce qu'on ne pouvait pas dire on ne
- 26:46sait pas. Officiellement, c'est grande
- 26:47paroisse, la filiale de Total, qui est condamnée, une amende,
- 26:51un sursis, mais le groupe Total, lui, s'en sort sans condamnation
- 26:55directe. Pas un mot, pas une ligne de
- 26:57jugement à son nom. Pour beaucoup, bah ça ne passe
- 27:00pas. Certains dénoncent une stratégie
- 27:02bien huilée, des enquêtes internes menées en parallèle de
- 27:05l'enquête judiciaire, des témoignages encadrés, des
- 27:08éléments mis sous silence et surtout une trop grande opacité.
- 27:12À ça s'ajoute une indemnisation colossale, plus de un milliard
- 27:16d'euros versés aux victimes. Un chiffre impressionnant, qui
- 27:20ne répare pas et qui est très loin.
- 27:22D'apaiser parce que dans cette affaire, il ne s'agissait pas
- 27:25que d'argent, il s'agissait aussi de reconnaissance, de
- 27:28responsabilité morale, de justice.
- 27:31Et à ce niveau-là, beaucoup ont eu l'impression qu'un géant
- 27:34industriel avait su jouer avec les règles pendant que les
- 27:38familles, elles, cherchaient simplement des réponses.
- 27:52Mais une chose est sûre, même avec un verdict, l'affaire AZF
- 27:55reste une blessure ouverte. à Toulouse, le souvenir est
- 27:58toujours là et les doutes, eux, n'ont jamais vraiment disparu.
- 28:00Parce qu'au fond, ce que ce procès a surtout révélé, c'est à
- 28:04quel point la vérité peut se heurter au silence des
- 28:07décombres. Après le procès, c'est l'heure
- 28:20du bilan. Les assureurs ont estimé les
- 28:22dégâts à environ 2 milliards d'euros.
- 28:25La catastrophe a aussi permis de mettre un grand coup de pied
- 28:27dans la fourmilière. Après l'accident, de nombreuses
- 28:30commissions se sont réunies pour durcir les normes de sécurité et
- 28:34que plus jamais un autre AZF se produise.
- 28:36Une loi de 2003 en est la conséquence directe, c'est la
- 28:39loi Bachelot. Son but, mieux encadrer les
- 28:42usines à risque et protéger les gens qui vivent autour.
- 28:47En imposant plus de prévention, plus de sécurité, plus
- 28:50d'informations pour les riverains et surtout en créant
- 28:53un cadre plus précis sur l'indemnisation.
- 28:56Dans ce genre de catastrophe industrielle, écologiquement,
- 28:59c'est aussi une catastrophe. Vous vous en doutez, avec de
- 29:02tels éléments chimiques, la terre a aussi pris un sacré
- 29:05coup. Pour que la zone soit rétablie,
- 29:07il a fallu traiter plus de 750000 M cubes de terrain. la
- 29:11Garonne, qui passe juste à côté, a aussi été contaminée par de
- 29:15l'azote d'ammonium. Ce qui a eu un impact
- 29:18dévastateur sur l'écosystème. Résultat, plus de 8000 poissons
- 29:22en sont morts aujourd'hui. Difficile de se rappeler que
- 29:25quelques années plus tôt encore, le site ressemblait à un no
- 29:27man's Land. Le paysage est vert, presque
- 29:30tranquille. À la place d'a ZF, il y a des
- 29:33champs, des instituts médicaux, des laboratoires de recherche,
- 29:36de très hautes pointes. Impossible de se douter qu'ici
- 29:39étaient produits tous les jours des éléments chimiques
- 29:41explosifs. C'est comme si on avait essayé
- 29:44d'effacer le passé traumatique. La mort avec ce qui sauve le
- 29:49médical. Enfin, quand je dis qu'il y a
- 29:51plus rien, il y a quand même un mémorial construit à
- 29:53l'emplacement du cratère. Il devait symboliser la violence
- 29:57de l'onde de choc, rappeler ce qu'il s'était passé il y a plus
- 30:00de 20 ans. Des hommes et des femmes ont
- 30:03arpenté les routes d'une des usines les plus importantes de
- 30:07France. AZF, c'est certes l'histoire
- 30:22d'un drame qui aurait pu être évité, celle de milliers de vies
- 30:25chamboulées, mais oubliées et qui doivent se battre pour ne
- 30:28pas juste figurer en note de bas de page dans les médias.
- 30:32Il ne reste que quelques archives ressorties à chaque
- 30:36anniversaire. La mémoire collective s'efface
- 30:38peu à peu. Parce qu'on préfère oublier,
- 30:41parce qu'on ne veut pas trop gratter là où ça fait mal, parce
- 30:44que ça remettrait. En cause, trop de choses.
- 30:47Et pourtant, AZF est la plus grande catastrophe industrielle
- 30:49que la France n'ait jamais connue.
- 30:51Alors pourquoi ce silence ? Pourquoi ce flou persistant ?
- 30:55Peut être parce que cette affaire dérange, parce qu'elle
- 31:00met en lumière les failles d'un système, une industrie qui prend
- 31:04des risques. AZF, c'est pour beaucoup le
- 31:06symbole d'une industrie qui a fait passer l'économie devant
- 31:08l'humain. C'est pour ça que certaines
- 31:11victimes tiennent les autorités pour responsables.
- 31:15Au fond, l'affaire AZF pose une autre question, jusqu'où ?
- 31:18Nous sommes prêts à aller pour le progrès ?
- 31:21Mais se souvenir d'a ZF, ce n'est pas entretenir un
- 31:24traumatisme, c'est reconnaître qu'un jour, en plein cœur d'une
- 31:27grande ville française, le progrès a failli.
- 31:29Que l'erreur humaine ou la routine, ou la négligence, peu
- 31:33importe le mot, a laissé derrière elle des familles
- 31:36brisées et des quartiers anéantis à Toulouse.
- 31:41Il suffit de demander. Chacun a une histoire à raconter
- 31:44sur le 21 septembre 2001. Pour la petite anecdote, une des
- 31:45personnes avec qui je travaille sur ce sujet de vidéo m'a
- 31:48raconté une histoire assez marquante.
- 31:50Un membre de sa famille avait pour habitude de s'asseoir
- 31:53absolument tous les jours dans le même fauteuil.
- 31:55Sauf que ce jour-là, il a décidé de choisir un autre siège et
- 31:59après l'explosion, ils ont découvert un morceau de verre
- 32:02qui était planté dans le fauteuil qu'il occupait
- 32:04habituellement. C'est pour dire à quel point ?
- 32:08Bah parfois, la vie ne tient qu'à un fil.
- 32:11Alors voilà, aujourd'hui encore, on ne sait pas tout.
- 32:14Il manque des pièces au puzzle, mais une chose est sûre,
- 32:18l'histoire d'a ZF mérite qu'on s'y attarde.
- 32:20Merci d'avoir suivi cette vidéo. Merci aux personnes qui m'aident
- 32:30à créer toutes ces vidéos chaque mois pour qu'on vous offre le
- 32:33plus de contenu possible. Dans la meilleure qualité
- 32:35possible et évidemment merci à vous.
- 32:38Merci pour vos commentaires, merci pour vos like, c'est ce
- 32:40qui fait que les vidéos fonctionnent donc merci pour ça.
- 32:44Et je vous rappelle, vous pouvez vous abonner à la chaîne, c'est
- 32:46complètement gratuit et ça va vous permettre d'être au courant
- 32:48de toutes les dernières vidéos. Merci à vous, c'était néoxie.