Latest / Le Café du Sport Business / Pourquoi le rugby féminin français joue gros avec la Coupe du monde 2025
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:18Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:21Aujourd'hui, on se penche sur un sujet passionnant, les enjeux
- 0:25économiques, qui sont vraiment cruciaux pour le rugby féminin
- 0:29français. Surtout avec la Coupe du monde
- 0:312025 en Angleterre qui arrive. On sent bien que c'est un
- 0:34secteur en plein boom et la visibilité augmente, les
- 0:37ambitions sont fortes. Pour décrypter tout ça, on a
- 0:40notre experte avec nous. Alors dites nous.
- 0:43Quels sont les indicateurs concrets de cet engouement
- 0:46économique autour des bleus ? Oui, l'intérêt est vraiment là.
- 0:49C'est très net, hein. On a des chiffres assez
- 0:51parlants, vous voyez. Par exemple, 40% des amateurs de
- 0:54rugby disent maintenant suivre les matchs féminins.
- 0:57C'est quand même significatif. Ah.
- 0:59Oui, 40%, c'est pas rien. Non, et surtout le nombre de
- 1:02licenciés là, c'est impressionnant.
- 1:05Ça a triplé en 10 ans. On frôlé les 53000 aujourd'hui
- 1:08et juste sur la dernière année, on a eu une hausse de 18%.
- 1:11C'est une vraie accélération. 18% en un an, oui.
- 1:15Et puis y a la télé aussi. Les audiences pour le tournoi
- 1:17des 6 nations féminins sur France 2, c'est solide.
- 1:20On parle d'un ,8 1000000 de téléspectateurs en moyenne.
- 1:23Et sur le terrain, même en championnat élite un, on a eu un
- 1:27record d'affluence pour la finale, près de 19000
- 1:29spectateurs. C'est un signe qui ne trompe
- 1:31pas. Quoi ?
- 1:33C'est impressionnant cette montée en puissance.
- 1:35Alors, face à cette dynamique, cet élan populaire, médiatique,
- 1:39quels investissements sont mis en place ?
- 1:40Comment on accompagne ça ? Alors justement, la Fédération
- 1:43française de rugby la FFRA décidé de on peut dire mettre le
- 1:47paquet. Ils ont lancé ce qu'ils
- 1:49appellent un plan Marshall. Ah oui, j'ai entendu parler de
- 1:51ça. Voilà, concrètement, c'est
- 1:5320000000 d'euros qui sont alloués spécifiquement au
- 1:56développement de la pratique féminine, c'est 1/3 d'une
- 1:59enveloppe globale de 60000000 pour le développement. 20000000,
- 2:02c'est un investissement majeur. Oui, c'est conséquent.
- 2:05Et il n'y a pas que là FFR. Adidas aussi a mis 2000000
- 2:08d'euros sur la table. Et puis bien sûr, la diffusion
- 2:11télé est clé. Des matchs de la Coupe du monde
- 2:13sur TF un, le championnat sur Canal plus, ce sont de vrais
- 2:16leviers. D'accord ?
- 2:18Tout ça avec un objectif très clair affiché par là fédé,
- 2:21atteindre 100000 licenciés d'ici 2033, c'est un doublement
- 2:25quasiment. Doubler le nombre de licenciés,
- 2:27c'est vrai que ces investissements, cette
- 2:29visibilité qui explosent, ça fait un peu penser à ce qu'on a
- 2:32vu pour le football féminin en France, non ?
- 2:33Est ce qu'on peut faire le parallèle ?
- 2:35Oui, oui, là comparaison est pertinente.
- 2:37Le foot féminin a connu une accélération un peu similaire,
- 2:40c'est vrai. Notamment grâce aux coupes du
- 2:42monde. Celle de 2019 en France a été un
- 2:44énorme coup de projecteur, bien sûr, et l'exposition médiatique
- 2:47a vraiment tiré la discipline. Cependant, il y a une différence
- 2:51de taille pour le rugby féminin français aujourd'hui, c'est le
- 2:53défi de la professionnalisation. C'est à dire ?
- 2:56Bah malgré ces investissements dont on parle aujourd'hui, seuls
- 2:5932 joueuses de l'équipe de France ont un contrat fédéral.
- 3:01Et attention, c'est un contrat semi professionnel.
- 3:06Semi professionnel. Oui, ça veut dire qu elles sont
- 3:08payées à 75% d'un temps plein. Pour un salaire qui se situe bon
- 3:12entre 3500 et 4000€ par mois. D'accord donc on n'est pas
- 3:15encore au niveau des anglaises ou des néo zélandaises ?
- 3:18Non, clairement pas là-bas. La majorité des joueuses sont
- 3:21professionnelles à plein temps. C'est une différence majeure en
- 3:24terme de préparation, de niveau de jeu potentiel.
- 3:27Et c'est aussi Ben un retard par rapport à certaines
- 3:30footballeuses de haut niveau en France, où la
- 3:32professionnalisation est quand même plus avancée pour les
- 3:34meilleurs. C'est un point essentiel
- 3:36effectivement. Cette tension entre l'ambition,
- 3:40l'investissement et la structure pro qui est encore en
- 3:43construction. Si on revient sur la Coupe du
- 3:46monde 2025 elle même là en Angleterre, quelles sont les
- 3:49retombées économiques qu'on attend ?
- 3:51Et c'est quoi le principal défi pour la FFR avec cet événement ?
- 3:54Alors World Rugby, l'Instance mondiale estime l'impact
- 3:57économique de la compétition entre 25 et 33000000 d'euros,
- 3:59c'est déjà une belle somme, mais ce qui est peut être encore plus
- 4:03frappant, c'est le succès populaire.
- 4:06Avant même le début, on parle de 375000 billets déjà vendus sur
- 4:11les 470000 disponibles. 375000. Oui, c'est du jamais vu, c'est 3
- 4:16fois plus que pour la dernière édition en Nouvelle-Zélande donc
- 4:19l'engouement est là, c'est indéniable.
- 4:22Impressionnant. Mais ça pose la question clé
- 4:24pour la FFR, comment transformer cet engouement ?
- 4:28Le grand défi au-delà de l événementiel pur.
- 4:30C'est d'utiliser cette vitrine incroyable pour contrer la
- 4:35baisse générale du nombre de pratiquants de rugby en France.
- 4:38Ah oui, parce qu'il y a cette tendance de fond.
- 4:39Exactement, il faut absolument éviter, et c'est le président de
- 4:43la FFR qui utilise cette expression, le syndrome du foot
- 4:46US. Le syndrome du foot US, c'est à
- 4:49dire ? Ben un sport hyper médiatisé,
- 4:51très suivi à la télé ou sur les réseaux, mais qui à la base est
- 4:55assez peu pratiqué dans les clubs.
- 4:57D'accord, je vois. Un décalage entre la popularité
- 5:00médiatique et la pratique réelle ?
- 5:03Voilà donc, l'enjeu fondamental, c'est de réussir à convertir
- 5:07cette visibilité, cet enthousiasme populaire, en une
- 5:11augmentation réelle et durable du nombre de joueuses et de
- 5:14joueurs aussi d'ailleurs, dans les clubs partout en France
- 5:16donc. On a une vitrine exceptionnelle
- 5:18avec cette Coupe du monde, des retombées économiques
- 5:21prometteuses, une ferveur populaire record.
- 5:23C'est clair, mais le défi reste double.
- 5:25Si je résumé ? D'un côté, il faut accélérer la
- 5:27professionnalisation. Pour que les Bleus puissent
- 5:30vraiment rivaliser au sommet mondial et de l'autre, il faut
- 5:33s'assurer que cette popularité se traduise concrètement par
- 5:35plus de monde sur les terrains en France.
- 5:36C'est tout à fait ça, c'est un moment charnière.
- 5:39Reste une question en suspens, finalement, est ce que cette
- 5:42Coupe du monde sera vraiment le déclic qui ancre durablement le
- 5:46rugby féminin dans le paysage sportif et économique français ?
- 5:50Ou est ce que l'intérêt risque de retomber un peu une fois que
- 5:52les projecteurs seront éteints ? L'avenir nous le dira.
- 5:55Merci beaucoup pour cet éclairage.
- 5:56Passionnant. Merci à vous.
- 5:58À très vite pour un nouveau podcast du café du sport
- 6:00business.