Latest / Le Café du Sport Business / Le COJOP au bord de l'implosion avant le transfert de drapeau
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:18Bonjour et bienvenue au café du sport business.
- 0:23Aujourd'hui, on se penche sur un dossier qui devrait être porteur
- 0:27d enthousiasme. Les Jeux olympiques d'hiver de
- 0:302030 dans les Alpes françaises mais voilà, en coulisses, c'est
- 0:35une crise majeure qui secoue le comité d'organisation.
- 0:40Bonjour, oui, on peut même parler d'une véritable tempête
- 0:43au sommet. Le départ forcé du directeur
- 0:45général Cyril Linette, n'est en fait que la partie visible d'un
- 0:48problème bien plus large, avec une série de démissions assez
- 0:52inquiétantes. C'est exactement ça, la question
- 0:54qu'on se pose, c'est de savoir ce qui se passe réellement.
- 0:58Pour nous éclairer, pouvez vous nous expliquer pour commencer,
- 1:01qui est vraiment au cœur de ce conflit ?
- 1:03Alors, le conflit, il opposé les 2 têtes du comité
- 1:06d'organisation. D'un côté, on a le président
- 1:09Edgar grospiron, bien sûr le champion olympique de bosse en
- 1:121992, une icône et de l'autre son directeur général Cyril
- 1:14Linhet. Et le plus ironique, c'est que
- 1:17c'est grosse, pyrron lui même qui l'a nommé en avril dernier.
- 1:19Aujourd'hui, Ben le divorce est acté.
- 1:23Un départ si rapide, ça fait même pas un an.
- 1:26Est ce que cette rupture est une surprise ?
- 1:28Franchement, pour ceux qui suivent le dossier de près, pas
- 1:30vraiment, le courant n'est jamais vraiment passé entre les
- 1:342 hommes. Pourtant, c'est lui qui l'a
- 1:36choisi. C'est ça qui est fou.
- 1:37Gros spiron a insisté pour avoir l'inette, il a refusé d'autres
- 1:41candidats qui étaient proposés, mais le tandem, en fait, n'a
- 1:44jamais fonctionné et. J'imagine que les conditions de
- 1:46sortie sont compliquées. Ah, extrêmement.
- 1:48On parle de négociation financière très difficile.
- 1:52Certains affirment même, je cite.
- 1:54Qu'ils demandent des sommes extravagantes, donc l'ambiance
- 1:57est assez tendue. Vous disiez que ce n'était pas
- 1:59un cas isolé, qui d'autre a quitté le navire ?
- 2:02C'est une véritable hémorragie. Avant même Cyril linette, il y a
- 2:06eu plusieurs départs clés. D'abord Anne murak, la
- 2:09directrice des opérations. Elle est partie début décembre.
- 2:12C'est un poste absolument essentiel.
- 2:14Ah oui, là logistique, c'est le cœur du réacteur.
- 2:17Exactement ensuite, le 23 janvier, c'est Arthur Richer.
- 2:21Le directeur de la communication qui s'en va ?
- 2:23Donc l'image et l'organisation, ça commence à faire beaucoup.
- 2:26Et puis il y a eu la démission qui a vraiment mis le feu aux
- 2:29poudres, celle de Bertrand Méheut.
- 2:31Il était président du comité des rémunérations et son départ lui
- 2:34a vraiment mis en lumière les tensions profondes entre grosse
- 2:37piron et linette. Et ces tensions, est ce qu'on a
- 2:40des exemples concrets, des moments où ça a débordé en
- 2:43public ? Oh que oui.
- 2:44Il y a eu un incident à Milan qui est très très révélateur.
- 2:49C'est un cas d'école. On est lors d'une table ronde et
- 2:52Renaud Muselier, le président de la région Provence Alpes Côte
- 2:55d'Azur, demande publiquement à Cyril Linette de ne pas parler à
- 2:59la presse. Attendez publiquement.
- 3:01Devant tout le monde. En public, il lui a rappelé que,
- 3:05je cite, ce n'était pas au directeur général de prendre la
- 3:08parole, mais au président. C'est d'une violence.
- 3:11C'est un désaveu terrible, ça illustre parfaitement cette
- 3:14lutte de pouvoir, ce dysfonctionnement au sommet.
- 3:17Et pendant ce temps-là, ils essayaient de montrer une image
- 3:19d'unité en signant un accord avec Salt Lake City.
- 3:22La façade c'est complètement fissurée à ce moment-là alors
- 3:25décortiquons un peu le calendrier.
- 3:27Pourquoi cette crise éclaté t elle maintenant avec une telle
- 3:30force ? 2030 ça paraît encore loin.
- 3:33En fait, le temps presse beaucoup plus qu'on ne le pense,
- 3:36il y a 2 dates qui sont absolument cruciales.
- 3:39Lesquelles ? La première, c'est le 22
- 3:42février, c'est un moment très symbolique.
- 3:45Les Alpes vont récupérer le drapeau olympique à la fin des
- 3:47jeux de Milan cortina, impossible d'arriver à ce
- 3:50moment-là avec une direction en guerre ouverte.
- 3:53Il fallait sauver les apparences.
- 3:55Tout à fait. Et la 2e date, c'est le 19 mars.
- 3:57Ce jour-là, les membres du bureau exécutif du comité
- 4:01doivent se réunir. Et ce n'est pas une réunion de
- 4:04routine. Qu'est ce qu'elle a de si
- 4:05particulier ? Ils doivent examiner les
- 4:07conclusions d'une mission d'accompagnement et cette
- 4:10mission est menée par Étienne Thoboin.
- 4:12Ah oui, l'ancien directeur général de Paris 2024.
- 4:15Exactement le l'homme qui a réussi sa présence.
- 4:19Ajouter une pression énorme, un regard extérieur sur la
- 4:22gouvernance. Il fallait faire le ménage avant
- 4:24son arrivée. D'accord, et maintenant ?
- 4:26Alors le départ de linette est ce que ça résout tous les
- 4:30problèmes ? Loin de là.
- 4:32Vraiment, loin de là. Edgar Grospiron a gagné une
- 4:35bataille, c'est vrai. Il s'est offert un peu de répit,
- 4:38mais sa propre position est décrite par beaucoup comme
- 4:41fragilisé. On s'interroge sur sa capacité à
- 4:44piloter le projet seul, c'est. Ça, on se demande s'il a les
- 4:47épaules pour redresser la barre, pour reprendre l'expression.
- 4:50Et on a déjà des signaux qui le confirment.
- 4:52On parle de l'agacement de la région Auvergne Rhône Alpes par
- 4:54exemple. L'un des principaux financeurs.
- 4:56Oui. Et ce n'est pas que des mots.
- 4:58La région à récemment décidé de différer le versement d'une
- 5:01subvention de 4000000 et demi d'euros.
- 5:03Ah ça, c'est un message politique très fort.
- 5:06C'est un avertissement très clairement, c'est une manière de
- 5:09dire remettez de l'ordre et ensuite on.
- 5:13Verra. Et pour les remplacements ?
- 5:14Alors pour reconstruire cette équipe, est ce qu'on a déjà des
- 5:17noms qui circulent ? Oui, ça s'agite en coulisse pour
- 5:21le poste de directeur général. Un nom revient beaucoup, c'est
- 5:24celui de Jean François Villotte qui est actuellement à la
- 5:27Fédération française de football.
- 5:28Un profil d'expérience donc. Oui mais il YA1 hic, il avait
- 5:33déjà refusé le poste par le passé et ce qu'il acceptera
- 5:36cette fois, c'est la grande question et.
- 5:38YAT il d'autres pistes ? Oui, une autre piste serait de
- 5:41nommer un directeur général adjoint qui serait un vrai
- 5:44spécialiste de l'olympisme. Et là, le nom qui est cité,
- 5:47c'est celui de Xavier Becker qui est actuellement directeur au
- 5:50CO. Ce serait un message fort envoyé
- 5:52à Lausanne au Comité international olympique.
- 5:54Exactement une façon des rassurer.
- 5:58Et il pourrait même prendre en charge les opérations pour
- 6:01remplacer Anne Murak. Ce serait faire d'une Pierre 2
- 6:04coups. Donc pour résumer, on a une
- 6:06direction qui était en pleine crise, des départs en série et
- 6:10un président qui bon a obtenu le départ de son directeur général
- 6:14mais qui se retrouve lui même sous une forme de surveillance.
- 6:16C'est la photographie parfaite de la situation.
- 6:19Le départ d'une personne, c'est plus un symptôme qu'une
- 6:22solution. Le véritable enjeu maintenant,
- 6:24c'est de reconstruire une gouvernance qui soit stable et
- 6:27efficace. Le drapeau olympique arrive dans
- 6:29quelques jours et comme le dit l'expression, une montagne
- 6:33d'obstacles reste à surmonter. C'est tout à fait ça.
- 6:35La crise de gouvernance était le premier de ces obstacles et ce
- 6:39n'était peut être pas le dernier.
- 6:40Merci beaucoup pour cet éclairage très.
- 6:42Précis avec plaisir. À très vite pour un nouveau
- 6:44podcast du café du sport business.