Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Luc : il était cadre de la fonction publique, il devient artisan !
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- Luc : il était cadre de la fonction publique, il devient artisan ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’invite un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité nous raconte comment après une formation universitaire, il intègre la fonction publique. Après plusieurs postes toujours liés à l’habitat au sein de différentes collectivités et dans différents lieux, il décide de se mettre à son compte en tant que plombier chauffagiste en prenant une disponibilité par rapport à la fonction publique. Tenu au devoir de réserve, notre invité se fera appeler Luc durant ce podcast. Comment Luc aborde-t-il ce virage à 180° ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s’est-il appuyé ? L’interview se fait à distance pour des raisons pratiques. Lila : Bonjour Luc, merci de prendre ce temps pour nous expliquer votre parcours. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse ? Luc : je pense que j'étais un enfant qui était assez rêveur, assez perdu dans mes pensées dans mes mondes imaginaires Lila : et du coup quel type de formation faites-vous ? Luc : tout au long de ma scolarité, c'était une question qui était récurrente de savoir ce que je voulais faire, vers quoi je voulais m'orienter et moi j'en avais aucune idée. Mes parents là-dedans, ils me faisaient absolument confiance en me disant que je ferai ce qui m'intéresse et qu’ils me soutiendraient dans les choix que je pourrais faire Lila : d'accord Luc : au lycée, je fais une formation scientifique parce que j'ai une appétence pour les mathématiques et puis, à l'issue du coup de mon bac, je prends une première année sabbatique parce que je n'avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire de mes études, pour voyager aux États-Unis et au Canada. Mes parents ont soutenu mon choix en me disant qu'ils étaient tout à fait d'accord pour que je prenne cette année mais que c'était à moi de m'en donner les moyens et donc c'était à moi de la financer et de m'organiser pour construire mon propre voyage. A l'issue de cette année-là, je reviens en France et je ne sais toujours pas ce que je veux faire de ma vie et je m'inscris en fac de géographie parce que, pour moi, la géographie fait déjà écho à mon année de voyage et aussi parce que c'est une discipline qui est très complète à la fois parce qu'elle touche aux sciences sociales sur toutes les questions de sociologie, d'anthropologie et puis à la fois aux sciences physiques avec la climatologie, la géologie et pour moi ça me permet de conserver en fait un panel de choix assez large pour ce que je veux faire par la suite sans avoir cibler tout de suite un sujet qui m'orienterait dans une voie dans laquelle j'aurais du mal à sortir par la suite. Et de fil en aiguille, je m'oriente de plus en plus vers les questions d'urbanisme et de politique, d'aménagement. Je fais un master 1 de géographie sociale. A l'issue de cette année-là, j'ai rencontré ma conjointe et on décide de reprendre une nouvelle année sabbatique pour voyager en Amérique du Sud. On travaille pour se financer notre voyage et on finit par revenir en France au bout de 8, 9 mois de voyage. Je suis en master 1, il faut que j'aille jusqu'au bout de mon master et je suis pris dans un master 2 sur les politiques d'aménagement et les politiques de l'habitat. Intermède musical Lila : et après cette formation quel est votre parcours ? Luc : j'ai pu intégrer une association d'insertion. Au bout d'un an, un an et demi, j'ai souhaité changer et je me disais je vais être un endroit où j'ai plus de prise sur les décisions. Et dans ce cadre-là, j'ai pu intégrer du coup la mairie de Paris où j'ai travaillé pendant plusieurs années toujours sur la thématique de l'habitat et de l'aménagement de façon plus globale pour construire des projets à destination des habitants des quartiers. J'étais vraiment à la jonction, en fait entre les habitants d'un quartier, les structures associatives, une administration et les élus pour justement essayer de proposer en fait des réponses qui soient adaptées aux besoins des habitants de ces quartiers-là. Et au bout de 5 ans à peu près, parallèlement à cette activité professionnelle, je préparais des concours d'entrée dans la fonction publique parce que j'exerçais en tant que contractuel, j'ai eu mon concours d'attaché territorial. Et je me disais que c'était aussi l'occasion de changer de collectivité pour avoir une autre expérience en fait dans la fonction publique. Et à ce moment-là donc je suis parti pour aller travailler en région parisienne dans une collectivité de plus petite taille, toujours sur les questions d'habitat. Je gérais la politique d'attribution des logements sociaux et la programmation des logements dans la commune ce qui me donnait pour moi le sentiment d'avoir encore une prise plus forte sur la décision parce que c'était une plus petite échelle. Après la question du logement dans la région parisienne, elle est très difficile ; elle est très tendue ; ce n'est pas récent ; ça fait des années que ça dure et ça tend à s'accentuer. Donc c'est vrai que j'ai été confronté à beaucoup de difficultés de situations familiales quand il faut proposer en tout cas, des candidats pour un logement à des commissions d'élus ; c'est des choix finalement qui sont assez pesants et puis on voit surtout la masse de personnes qui attend derrière, qui ne sera pas satisfaite dans l'immédiat, et c'était lourd à porter. En fait je me sentais très vite incapable d'apporter des solutions suffisantes pour ces publics-là. Donc au bout d'un an et demi, 2 ans, j'ai eu un enfant avec ma conjointe et puis on a souhaité quitter la région parisienne et on est parti dans l'ouest de la France où elle a trouvé un métier et moi ça a été aussi l'occasion de changer à nouveau d'expérience professionnelle, où j'ai intégré, toujours dans la fonction publique, une collectivité du coup d'une beaucoup plus grande taille, davantage sur les questions d'ordre économique. C'est une expérience qui ne m'a pas satisfait. J'y suis resté très peu de temps. J'ai encore rechangé de collectivité et à partir de ce moment-là je suis resté à peu près 3 ans donc toujours sur les questions de logement d'habitat de construction de logement et puis sur les questions de politique d'attribution des logements sociaux. Intermède musical Lila : comment est arrivée l'idée de sortir de la fonction publique ? Luc : Je me suis rendu compte que ça faisait plusieurs années que je me posais des questions sur le sens que je voulais donner à mon parcours professionnel en fait, vraiment à titre personnel. Il y avait deux choses ; quand je travaillais dans des trop petites structures, j'avais l'impression qu'on n’avait pas les moyens d'agir et quand on travaillait dans des très grandes organisations qui avaient une puissance financière, une capacité à agir, j'étais, en fait, un élément dans une chaîne de décision qui était généralement assez longue. J'avais l'impression de perdre le sens de mon travail en fait. Je me disais : "Mais finalement si je ne suis pas là, il ne se passe rien. Ça continue à fonctionner pareil donc autant mieux que je ne sois pas là et que j'aille faire autre chose qui pour moi aura plus de sens." Voilà je pense que c'est cette prise de conscience là et à travers différentes expériences qui m'a poussé aussi à changer d'orientation Lila : comment avez-vous choisi le métier que vous faites actuellement ? Luc : je me posais des questions sur ce que j'aurais pu faire ou ce que je pourrais faire. E t puis un beau jour on a dû faire des travaux chez nous avec ma conjointe et un plombier est venu avec qui j'ai très vite sympathisé en fait. Et il m'a parlé un peu de son parcours professionnel et finalement je me suis assez vite retrouvé sur ce qui se disait. Et il m'a dit en plaisantant : « ben, viens faire de la plomberie, tu verras c'est bien ». Et je me suis renseigné sur ce que c'était que le métier de plombier chauffagiste. Et je me suis dit : « ben finalement, ça regroupe pas mal tout le travail que j'ai fait avant sur la question du logement et de l'habitat à une échelle beaucoup plus fine dans une approche qui est assez différente ». Mais en fait, cette question du logement je pense qu'elle reste assez centrale dans mon parcours et j'ai demandé à ce plombier de m'expliquer plus précisément la formation, comment il avait organisé sa reconversion, si jamais je pouvais venir avec lui découvrir ce que c'était que le métier. Moi je voulais vraiment voir les aspects pas intéressants, négatifs mais ça m'a quand même plu et je me suis renseigné du coup pour organiser cette reconversion professionnelle. Ça s'est fait en plusieurs étapes au sein de ma famille déjà. C'est aussi une décision qui est à prendre ensemble parce que ça a forcément des effets, en fait, sur la vie de famille, à la fois sur l'organisation quotidienne mais aussi d'un point de vue financier. Donc là pour moi c'était essentiel d'avoir le soutien de ma conjointe pour que je puisse aller jusqu'au bout de mon choix. Il y a aussi, après, l'acceptation familiale au sens plus large. Moi il s'agissait aussi d'annoncer à mes parents que finalement j'avais fait des études que c'était bien j'étais cadre dans la fonction publique mais que finalement en fait, j'avais envie d'être plombier. Et je pense que j'appréhendais un peu ce choix-là parce que quand j'étais plus jeune, alors, mes parents ne me l'ont jamais dit mais c'est vraiment comme ça j'avais l'impression que c'était ce qu'ils attendaient de moi. J'avais l'impression que ma mère elle avait vraiment des attentes que ses enfants aient des métiers qui soient valorisants d'un point de vue intellectuel. Ça passait aussi par la réussite dans les études et puis montrer qu'on était capable de réfléchir et puis, pour mon père, j'avais l'impression que c'était la sécurité de l'emploi qui était importante et je me disais ben là, en ayant fini cadre dans la fonction publique, je permettais de répondre à l'un et à l'autre. Mais finalement, comme quand j'étais plus jeune ils m'ont soutenu dans ces choix-là. Voilà, ils me faisaient confiance en fait. Et puis ma décision je pense qu'elle était aussi accélérée parce que mon père est tombé malade en fait à peu près à ce moment-là et il est décédé. Et finalement, je me suis dit "Ah en fait la vie ça passe quand même très vite." Ce que je craignais finalement c'est d'avoir des regrets, quoi, et je crois que c'était ça qui me faisait le plus peur dans le fait de rester au même endroit. Je me disais, j'ai pas envie plus tard de me dire pourquoi est-ce que j'ai pas essayé d'autres choses quitte à ce que ça marche pas mais je veux surtout pas avoir de regret pour moi et puis je me disais que c'était aussi important pour mes enfants qu’ils voient en fait qu’on a la possibilité à un moment de faire des choix dans la vie et qu’on peut être à un endroit à un moment et puis changer et aller à un autre endroit donc voilà je pense que c'est aussi un peu tous ces éléments qui m'ont amené à prendre cette décision-là. E t puis l'autre étape ça a été aussi d'organiser concrètement cette reconversion. C'est difficile d'entrer dans la fonction publique parce que c'est des concours assez sélectifs et cetera mais en fait, c'est encore plus difficile d'en sortir parce que je pense que le cadre de la fonction publique aujourd'hui, il n’est pas adapté en fait à des départs dans le secteur privé et les dispositifs en fait sont pas adaptés. Moi je me souviens d'appeler des organismes de formation qui ne comprenaient pas en fait. Ils me disaient "Mais vous avez des droits chômage." Je leur disais ben, non en fait. Ils me disaient mais vous allez en avoir je disais bah non en fait moi je suis fonctionnaire, moi je n'ai pas de droit chômage en fait. Mon emploi, je l'ai et je peux le garder toute ma vie. Donc je rentrais toujours dans aucune des cases et c'était ça qui était pas évident. Et j'ai découvert un dispositif qui existait dans la collectivité dans laquelle je travaillais qui soutenait en fait des reconversions professionnelles. Donc j'ai pu repasser un CAP de plombier chauffagiste qui a été financé par la collectivité et durant tout le temps de ma formation perçu aussi une partie de mon traitement ce qui me permettait en fait d'avoir de quoi vivre en fait tout le temps où j'étais formé. Intermède musical Lila : Luc, depuis combien de temps exercez-vous en tant que plombier ? Luc : j'ai commencé ma formation il y a un peu plus de 3 ans donc c'était une formation qui a duré 8 mois et à l'issue de cette formation j'ai fait un petit peu d'intérim. L'idée, c'était de multiplier les expériences professionnelles. Et puis donc j'ai travaillé dans le milieu du BTP et je me suis rendu compte qu'il y avait aussi beaucoup de personnes qui ne partageaient pas forcément les valeurs personnelles que je défendais. J'ai ensuite été salarié dans une entreprise de plombier chauffagiste à vélo. J'y ai passé à peu près un an et demi et là c'est vraiment au cours de cette expérience là que j'ai vraiment découvert ce que c'était que le métier avec une approche pratique, aussi une culture de la formation qui était assez forte en fait dans cette entreprise avec la volonté aussi vraiment de faire apprendre le maximum de choses, tout en laissant une liberté d'initiative et d'autonomie à ses salariés. Et donc j'ai démarré une activité à mon compte, il y a 4 mois à peu près comme plombier chauffagiste dans une ville de l'Ouest à vélo en intervenant principalement chez des particuliers. Et il y a vraiment l'idée d'une proximité et d'une rapidité dans l'intervention ; dépannage et rénovation en centre-ville pour du particulier, c'est vraiment ça la spécificité. Après, ça fait plusieurs années que je vis dans cette ville et puis ce qui m'a intéressé c'était aussi de construire un réseau avec d'autres artisans, donc soit d'autres corps de métier soit j'ai gardé des très bonnes relations avec mon ancien employeur donc c'est aussi une forme d'entraide à l'échelle d'une ville. Et je pense qu'il y a d'autres formes de rapports au travail qui peuvent s'organiser dans la coopération et cetera et je trouve ça intéressant d'expérimenter. Ça c'est vrai que je n'avais pas imaginé que ça démarre aussi bien ! Intermède musical Lila : que retenez-vous de votre parcours ? Luc : déjà qu'il n'est pas terminé ! Qu'il y aura probablement d'autres étapes par la suite je ne sais absolument pas encore lesquelles. Ma conjointe me demandait il n’y a pas très longtemps "C'est quoi le coup d'après ?" Parce que voilà je fais un métier qui est physiquement assez éprouvant mais pour le coup, un peu comme quand j'étais plus jeune, je n'en sais absolument rien. Ce que je retiens de mon parcours c'est que finalement il y a des moments j'ai l'impression que, je ne sais pas si c'est un avantage ou un inconvénient, mais que je me suis aussi un peu laissé porter en fait ; que je suivais un peu mes envies à l'instant T en me disant je ne sais pas trop où est-ce que ça me mène mais en tout cas j'y vais parce que sur le moment ça m'intéresse on verra par la suite quoi Ce que j'essaie de me dire dans mon parcours c'est que finalement j'ai toujours eu le choix et que j'ai toujours essayé de me laisser le choix en fait d'aller là où j'avais envie d'aller même si c'était dans la fonction publique de changer de poste dans la fonction publique. J'avais envie de sortir de la fonction publique, j'ai réussi à le faire. C'est ça que j'aimerais bien retenir aujourd'hui c'est qu’un parcours professionnel, il peut être fait de plein d'expériences différentes et que c'est important de pouvoir toujours essayer de trouver les brèches finalement qui nous permettront de changer si on en a envie quoi ! Et puis sur mon parcours il y a quand même un élément important notamment sur ma reconversion c'est que ben j'ai été soutenu pour le faire, à la fois par ma conjointe et puis après par ma famille. Et c'est vrai que sans ça, clairement, je n'aurais pas pu changer en fait euh je pense que c'est aussi des éléments qui m'ont donné confiance en fait dans les choix que j'ai fait donc je pense que le soutien familial il a été structurant en tout cas dans mon dans mon parcours professionnel. Lila : et si vous aviez à refaire quelque chose est-ce que vous referiez différemment ? Luc : non je pense que je ne referai rien différemment. Ce qui est sûr c'est que je referai des études de géographie je pense que l'expérience universitaire en tant que telle elle est hyper enrichissante. En fait, c'est vraiment une période de ma vie où j'ai vraiment appris à réfléchir et puis c'est aussi une période de rencontre en fait qui est vraiment je pense essentielle pour la suite de la vie donc clairement je retournerai à la fac et je referai en fait les mêmes études. J'ai vraiment trouvé que c'était passionnant ! Pareil, les deux années sabbatiques que j'ai prises je me souviens je disais toujours mais en fait ça c'est des choses qu'il faut faire tant qu'on en a la possibilité, dans 10 ans je sais pas si j'aurais la possibilité de le faire là aujourd'hui c'est le cas donc je le fais en fait et j'essaie de pas me poser plus de questions et très clairement si j'ai encore la possibilité de refaire une année sabbatique je pense que je le referai avec plaisir Peut-être que… Si ! Il y a peut-être quand même une chose que je changerai. Je pense que j'ai trop démultiplié les expériences dans la fonction publique avant de me rendre compte que j'avais vraiment besoin d'aller voir autre part. A chaque fois, je me disais bon voilà j'ai fait le tour du poste il faut que je change et puis ça je l'ai fait à plusieurs reprises et peut-être que j'aurais dû engager une reconversion vers un autre domaine d'activité plus tôt Lila : un autre domaine d'activité que la fonction publique ou que l'habitat ? Luc : les deux, ça aurait pu être avoir une expérience toujours dans la question du logement mais dans le secteur privé. En fait j'aurais pu travailler chez un bailleur social, dans un bureau d'étude ou complètement changer d'activité professionnelle. Alors est-ce que c'est le temps nécessaire aussi , c'est des décisions qui sont importantes, donc est-ce qu'il me fallait moi ce temps-là avant d'être sûr de mes choix. Voilà ça a dû passer par différentes étapes ou est-ce que j'aurais pu le faire un peu plus tôt, ça c'est difficile à savoir. Lila : en fait concernant la fonction publique vous avez pris une disponibilité pendant 5 ans ce qui vous laisse la possibilité de revenir. Comment voyez-vous la suite ? Luc : certes là j'en suis parti mais en fait je ne sais pas de quoi l'avenir sera fait et peut-être qu'en fait dans 3 ans j'aurais de nouveau le souhait de réintégrer la fonction publique. Alors ça ne sera pas sur les sujets sur lesquels j'ai travaillé avant, mais je me dis là j'ai une expérience sur d'autres thématiques et c'est des métiers qui existent aussi dans les collectivités en fait donc peut-être qu'à un moment j'aurais un intérêt à y retourner. On évolue en fait au fur et à mesure des années. On n'est pas la même personne à un âge qu'à un autre. Peut-être que voilà dans quelques années en fait j'y retrouvais un sens réel, quoi ! Lila : vous dites que vous avez le sentiment de vous être laissé un peu porter par vos envies mais en même temps on vous sent très volontaire dans votre façon d'aller au bout Luc : en effet ouais je dis que je me suis laissé porter et en même temps je dis que la question du choix elle a toujours été très importante. En fait, je n'ai pas de vision à très long terme. Je n'arrive pas à dire moi dans 20 ans je vais être là et en ayant fait ça, ça, ça et ça. Je pense qu’elle est là la différence. En fait dans 20 ans, bah dans 20 ans, j'aimerais bien arrêter de travailler quoi. Mais ça je ne sais pas, en fait, peut-être que je ferai un truc qui m'éclate et qui ne sera pas fatiguant physiquement donc je serais très content de travailler encore ; mais je n'ai pas d'objectif de vie à long terme en fait parce que les envies, elles changent en fait au cours d'une vie en fonction des expériences, des événements qui s'y passent et voilà aujourd'hui moi je ne sais pas où est-ce que je serai dans 10 ans et en fait je crois que ça me rassure presque. Je me dis tout n'est pas écrit à l'avance et il reste une part d'inattendu et c'est ça qui est bien. Alors je pense qu'il y a des personnes que ça angoisse énormément mais je crois que moi c'est ça qui donne un peu une petite excitation aussi à la vie et à la vie professionnelle aussi quoi Lila : Merci Luc pour votre confiance et votre rapidité de réaction malgré vos obligations. Au fil du temps, vous conservez votre attrait pour exercer une activité professionnelle en lien avec vos valeurs. Avec l’expérience et la maturité, vous découvrez l’importance pour vous d’avoir un impact sur les situations à problème. Temps court et chaîne de décision ramassée correspondent à votre besoin de mesurer les résultats de votre action. Votre exigence vous amène à aller au bout de vos choix, à remettre en question votre sécurité de l’emploi pour ne pas passer à côté de votre vie ! Ce sont vos clés. Elles pourront ouvrir d’autres chemins. Qui sait ! Bon développement à votre activité de service d’utilité privée, Luc ! Fin sur fond musical Lila: vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et voix, les interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !