Latest / JUNKO - Explorer sa vie professionnelle, sa carrière et ouvrir le champ des possibles de son évolution professionnelle. / #22 [ITW] - Romane Gautret : "Je ne pensais pas devenir cheffe d'entreprise"
Transcript
- 0:21Bonjour et bienvenue sur June Core,
- 0:22le podcast qui vous accompagne dans votre réflexion professionnelle et vous aide à construire une carrière qui vous ressemble.
- 0:28Je suis Florence Verdier,
- 0:29coach spécialisé en évolution et transition professionnelle.
- 0:32Dans chaque épisode,
- 0:33je partage avec vous des outils,
- 0:35des réflexions et des histoires inspirantes
- 0:38pour vous aider à clarifier vos aspirations et pour passer à l'action.
- 0:42Que vous soyez en quête d'idées,
- 0:43de motivation ou d'un nouveau départ,
- 0:45ce podcast est là pour vous accompagner,
- 0:47pour vous guider.
- 0:49Et si vous l'appréciez,
- 0:50pensez à lui donner un avis 5 étoiles et à laisser un joli commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée.
- 0:55C'est la meilleure façon de soutenir d'une co et de permettre à d'autres de les découvrir.
- 1:00Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour et je vous souhaite une très belle écoute.
- 1:12Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le nouvel épisode de
- 1:15Duneco. Alors aujourd'hui,
- 1:17nous recevons Romane,
- 1:18entrepreneur basé à Rennes et fondatrice de la marque Les Cotons de Romane.
- 1:24En 2018,
- 1:25elle a lancé ce projet pour proposer des produits éco-responsables en tissu,
- 1:29alliant la fabrication locale et la lutte contre le casquillage.
- 1:32Depuis,
- 1:33sa marque a trouvé son public et c'est peu de le dire,
- 1:36elle connaît une croissance forte et une communauté importante sur les réseaux sociaux.
- 1:40Avant d'en arriver là,
- 1:41Romane,
- 1:41construit son entreprise pas après pas,
- 1:43d'abord en parallèle de son activité salariée,
- 1:46puis en se consacrant pleinement à son entreprise jusqu'à structurer une équipe et donc développer une très belle entreprise.
- 1:53Alors si vous pensiez que sa présentation s'arrêtait là,
- 1:56pas du tout,
- 1:57parce que Romane ne s'est pas arrêtée là.
- 1:59Elle a créé récemment une seconde entreprise qui s'appelle Casa Casti et donc en pleine crise économique,
- 2:05politique,
- 2:06nationale,
- 2:06internationale,
- 2:08on y va.
- 2:08Et donc Casa Casti est une marque de vêtements.
- 2:11imaginer au sein de son atelier à Rennes.
- 2:13Alors bien sûr,
- 2:14on va découvrir ensemble son parcours,
- 2:15la création et la vie de ces deux entreprises et comment elle pense et vit sa vie professionnelle au quotidien.
- 2:21Alors chez Junco,
- 2:22on parle souvent de mettre du mouvement dans sa vie professionnelle et je crois qu'on a aujourd'hui derrière le micro la bonne personne pour parler de tout ça.
- 2:30Bienvenue Romane,
- 2:32merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui.
- 2:35Merci à toi surtout de m'avoir invitée.
- 2:37Alors,
- 2:37pour commencer,
- 2:37est-ce que tu peux présenter ce qu'est ta vie professionnelle aujourd'hui ?
- 2:41Alors,
- 2:41donc,
- 2:42ma vie professionnelle aujourd'hui,
- 2:44c'est la vie d'une ancienne infirmière puricultrice qui s'est donc reconvertie.
- 2:49Et aujourd'hui,
- 2:50je suis,
- 2:50j'ai du mal parfois à le dire,
- 2:52mais chef de deux entreprises.
- 2:54Donc,
- 2:54comme tu l'as dit,
- 2:55une entreprise d'éco-responsable et une entreprise de prêt-à-porter.
- 2:58Donc,
- 2:58c'est un mélange de beaucoup de communication,
- 3:00puisque c'est moi qui ai un peu l'image des deux marques,
- 3:03et de gestion d'entreprise,
- 3:05notamment sur...
- 3:05je suis à Zagatier où je suis toute seule.
- 3:07Donc voilà un peu à quoi ça ressemble ma vie professionnelle.
- 3:10En dehors de cette vie de chef d'entreprise,
- 3:12de dirigeante,
- 3:13pour qu'on fasse un peu ta connaissance,
- 3:15comment tu te présentes ?
- 3:16Qui es-tu en dehors de cette vie d'entrepreneur ?
- 3:19Alors j'ai 32 ans,
- 3:20je suis maman de deux enfants qui ont 4 et 6 ans.
- 3:24Je viens à la base de Laval en Mayenne,
- 3:27mais j'ai fait mes études ici à Rennes et du coup je suis restée dans la vie.
- 3:31Donc le travail a une énorme place forcément.
- 3:33Mais ma priorité,
- 3:34ça reste mes enfants,
- 3:35mes amis,
- 3:36mes proches.
- 3:37C'est vraiment le socle,
- 3:39on va dire,
- 3:40solide de ma vie.
- 3:42Pour revenir un petit peu à ton histoire,
- 3:44toi,
- 3:45quand tu étais petite,
- 3:46comment tu voyais le travail ?
- 3:48C'était quoi ta vision d'une vie professionnelle d'adulte ?
- 3:51Alors,
- 3:51ce qui est rigolo,
- 3:52c'est que je ne suis pas du tout née avec de l'ambition.
- 3:55Donc,
- 3:55en fait,
- 3:56moi,
- 3:57ma vision plus tard du travail,
- 3:58c'était pouponner.
- 3:59C'est pour ça que je suis devenue infirmière puricultrice.
- 4:02Je rêvais en gros de m'occuper d'enfants,
- 4:04mais d'être baby-sitter.
- 4:05Je suis allée jusqu'au diplôme de puricultrice parce que j'en avais les capacités,
- 4:10qu'on m'a poussé,
- 4:10etc.
- 4:11Mais moi,
- 4:11ce que je voulais en gros,
- 4:12c'était m'arrêter au CAP,
- 4:14travailler en crèche et pouponner.
- 4:16C'est aussi pour ça que j'ai eu mes enfants très jeunes,
- 4:18parce que c'était le rêve de ma vie.
- 4:20Et voilà,
- 4:20je n'avais pas du tout vocation ni à travailler beaucoup d'ailleurs,
- 4:25ni à gagner de l'argent.
- 4:26Enfin voilà,
- 4:27c'était juste m'occuper de petit et vraiment,
- 4:30c'est tout.
- 4:31Tu as donc,
- 4:32avant cette belle aventure entrepreneuriale,
- 4:34tu disais,
- 4:35eu une première vie professionnelle d'infirmière.
- 4:37Comment ça s'est passé,
- 4:38la transition ?
- 4:39Comment s'est opéré le virage ?
- 4:40Alors déjà,
- 4:41je n'ai pas été infirmière longtemps parce que j'ai été diplômée en
- 4:442016 du diplôme de PUER.
- 4:47J'ai démissionné de mon dernier travail en 2021.
- 4:50Donc,
- 4:51il y a eu six ans,
- 4:52mais ce n'est pas tant que ça pour une infirmière.
- 4:54Et en fait,
- 4:55sur ces six ans,
- 4:56j'ai passé trois ans,
- 4:57à peu près même quatre ans,
- 4:58à accumuler les deux,
- 4:59trois ans et demi,
- 5:00on va dire.
- 5:00Donc,
- 5:01très rapidement,
- 5:01en fait,
- 5:02j'ai eu une double activité que j'ai souhaité maintenir pendant autant d'années parce que je voulais acheter une maison,
- 5:07je voulais faire des enfants,
- 5:09avoir un congé maternité,
- 5:10on va dire financièrement,
- 5:11parce que dans les faits,
- 5:12le congé mater,
- 5:12je ne l'ai pas pris physiquement.
- 5:14Mais voilà,
- 5:14il y avait tout ça,
- 5:15en fait,
- 5:15tous ces avantages qu'on n'a pas en tant qu'entrepreneur.
- 5:18Et donc,
- 5:18du coup,
- 5:18j'ai fait une très longue transition.
- 5:20Et aussi parce que vu que ce n'était pas dans ma nature,
- 5:22je pense,
- 5:22à la base,
- 5:23d'être un leader.
- 5:23Enfin,
- 5:24en tout cas,
- 5:24c'est ce que je croyais.
- 5:25J'avais peur,
- 5:25en fait,
- 5:25de me reconvertir.
- 5:26En plus,
- 5:26j'étais en fonction publique pendant des années.
- 5:28Donc,
- 5:29en fait,
- 5:30c'est comme une prison dorée.
- 5:31On a énormément d'avantages.
- 5:33On est bien payé.
- 5:34Et j'avais très peur de quitter,
- 5:35en fait,
- 5:36cette activité-là.
- 5:37Je reviens sur ce que tu dis.
- 5:38La leader que tu ne pensais pas être,
- 5:41même dans ta présentation,
- 5:42tu as dit,
- 5:42tu as encore du mal à le dire,
- 5:44du coup,
- 5:44d'être chef d'entreprise.
- 5:45Qu'est-ce qui fait que pour toi,
- 5:46Pour toi,
- 5:46du coup,
- 5:47c'était tellement pas envisageable,
- 5:49c'était tellement pas justement dans ta vision même de petite fille que du coup,
- 5:52c'est encore difficile,
- 5:54je ne sais pas quel est le bon mot,
- 5:55de te présenter comme ça.
- 5:57En fait,
- 5:57je pense que c'est difficile de reconnaître,
- 6:00de se rendre compte de tout le travail qui a été accompli,
- 6:03surtout quand on n'a pas le diplôme qui va avec.
- 6:05Donc aujourd'hui,
- 6:06je suis quand même dans un état d'esprit où je me dis tout peut s'arrêter du jour au lendemain.
- 6:10Et moi,
- 6:10je n'ai pas.
- 6:11pas un master en commerce,
- 6:12je n'ai pas un master en communication,
- 6:13donc je n'ai aucune garantie que demain,
- 6:15si ça s'arrête,
- 6:16je vais trouver un travail dans cette branche-là.
- 6:18En fait,
- 6:18je n'ai que entre guillemets un travail,
- 6:20un diplôme de puricultrice.
- 6:21Et du coup,
- 6:22de la même façon,
- 6:23je pense que si j'avais eu un diplôme qui correspondait à ce que je faisais,
- 6:27j'aurais eu plus d'assises pour dire « Oui,
- 6:29je suis chef d'entreprise parce que j'ai fait des études pour gérer une entreprise,
- 6:32pour faire de la communication,
- 6:34du marketing,
- 6:34etc. »
- 6:35Alors qu'aujourd'hui,
- 6:36en fait,
- 6:36j'ai l'impression que j'ai appris au fil du temps,
- 6:39mais j'ai du mal à reconnaître.
- 6:40que les connaissances que j'ai apprises sont quand même solides,
- 6:42l'expérience,
- 6:43etc.
- 6:43Donc,
- 6:44j'ai du mal à réaliser que je suis chef d'entreprise.
- 6:45Moi,
- 6:45j'ai l'impression que je fais des trucs et que du coup,
- 6:48ça ressemble à ça.
- 6:49En fait,
- 6:49c'est un gros syndrome de l'imposteur,
- 6:51mais du fait que je n'ai pas ce parcours,
- 6:52que ce soit une reconversion,
- 6:54ce n'est pas mes études de base.
- 6:56Ça t'a manqué à un moment donné d'avoir fait des études ?
- 6:58Dans tout ça,
- 6:59tu as ressenti un manque ?
- 7:01En communication,
- 7:02pas trop,
- 7:03parce que je pense qu'on peut se former quand même si on est très en veille,
- 7:06curieux,
- 7:07etc.
- 7:08après je parle de communication sur les réseaux on me mettra en communication sur je sais pas moi,
- 7:13dans un domaine complètement différent,
- 7:15peut-être que je serai plus en difficulté ça me demanderait peut-être plus de formation etc.
- 7:19Par contre sur tout ce qui est gestion d'entreprise,
- 7:21management évidemment que j'ai été en difficulté plein de fois,
- 7:25que même encore aujourd'hui il y a plein de fois je le suis et notamment si
- 7:29Johan qui est le papa de mes enfants ne m'avait pas rejoint dans l'entreprise sur les cotons gourmands ça ne se serait pas développé à ce point et ce ne serait pas structuré à ce point en fait.
- 7:37parce que je pense que d'avoir quelqu'un qui a fait les études,
- 7:39qui a l'expérience pour,
- 7:40forcément,
- 7:41que c'est plus facilitant.
- 7:42Peut-être j'y serais arrivée,
- 7:43mais j'aurais encore plus galéré que là.
- 7:45Et donc là,
- 7:46pour faire un état des lieux de tes deux entreprises,
- 7:48vous êtes combien ?
- 7:49Comment c'est structuré justement aujourd'hui ?
- 7:51Alors,
- 7:51donc pour les cotons,
- 7:53on est,
- 7:53si je ne dis pas de bêtises,
- 7:55que ça bouge souvent avec tout ce qu'alternant,
- 7:56etc.
- 7:57On est neuf salariés de l'entreprise et on a à peu près une quinzaine de couturières qui sont,
- 8:03elles,
- 8:03en freelance.
- 8:04C'est-à-dire qu'elles ont leur auto-entreprise et toutes les semaines,
- 8:06elles viennent chercher des pièces prédécoupées qu'elles assemblent chez elles à la machine à coudre.
- 8:11Ça représente à peu près,
- 8:13en gros,
- 8:13une vingtaine de temps plein.
- 8:15Et sur Caisse à Castille,
- 8:16on est quatre plus une freelance.
- 8:20Et donc,
- 8:20Caisse à Castille,
- 8:21ça a commencé il y a à peu près un an,
- 8:22quelque chose comme ça ?
- 8:24Oui,
- 8:24c'était en début octobre 2024.
- 8:27Donc,
- 8:27une belle croissance aussi déjà du monde.
- 8:31Comment tu vis le fait d'être responsable d'une équipe comme ça ?
- 8:34Là,
- 8:34c'est la même chose.
- 8:35En fait,
- 8:36moi,
- 8:36dans ma façon de voir les choses,
- 8:38je n'ai pas l'impression d'être responsable d'eux,
- 8:40déjà parce que nos deux équipes,
- 8:42et c'est d'ailleurs là-dessus qu'on recrute,
- 8:44c'est des personnes qui sont hyper curieuses,
- 8:46hyper autonomes,
- 8:47qui savent très vite se gérer.
- 8:49Et ce n'est pas qu'on ne veut pas les accompagner,
- 8:51c'est qu'en fait,
- 8:52nous,
- 8:52notre vision du management,
- 8:53c'est donner le maximum d'autonomie possible,
- 8:55de liberté,
- 8:56parce qu'on pense tout simplement que l'épanouissement au travail,
- 8:59il passe par un meilleur équilibre vie pro-perso,
- 9:02en tout cas,
- 9:03que la vie pourrait être
- 9:03pro n'aura jamais plus d'importance que la vie perso.
- 9:06Et à partir de là,
- 9:07ça leur permet de gérer leur emploi du temps,
- 9:09de gérer leur façon de faire leurs tâches.
- 9:10Donc en fait,
- 9:11je n'ai pas l'impression d'être responsable d'elles,
- 9:12puisque tous nos employés font super bien leur travail.
- 9:15Ils n'ont pas besoin de nous,
- 9:16d'ailleurs.
- 9:17En fait,
- 9:17ça tourne.
- 9:18Si on n'est pas là,
- 9:18ça tourne très,
- 9:19très bien.
- 9:20On va dire,
- 9:21on chapote,
- 9:22on encourage,
- 9:23etc.
- 9:23Mais je n'ai pas de pression à être responsable d'elles,
- 9:26parce que dans notre façon de manager,
- 9:28on a instauré une forme d'autonomie.
- 9:30Et même sur des postes moins qualifiés,
- 9:32elles savent très bien ce qu'elles ont à faire.
- 9:35C'est ça qui est génial.
- 9:35Et surtout,
- 9:35on a pleinement confiance en nos équipes.
- 9:37Donc,
- 9:37en fait,
- 9:38ce n'est pas une charge pour moi.
- 9:41C'est super précieux,
- 9:41ça.
- 9:43Mais je pense aussi parce que j'ai été infirmière et que j'ai connu différents milieux où ce n'est pas toujours,
- 9:47on va se le dire,
- 9:48hyper bienveillant.
- 9:49En fait,
- 9:50malheureusement,
- 9:50dans ce secteur-là,
- 9:51il y a des choses qu'on n'a pas envie de reproduire non plus.
- 9:54Qu'est-ce qui te définit le plus,
- 9:55toi,
- 9:56dans ta manière de vivre ta vie professionnelle ?
- 9:59Je dirais que ce qui me définit le plus,
- 10:01c'est quelque chose que j'essaye de travailler,
- 10:04c'est la spontanéité.
- 10:07J'ai un cerveau,
- 10:08on va dire,
- 10:08qui est assez…
- 10:10J'ai une idée qui sort,
- 10:11je la mets en place,
- 10:12je n'attends pas.
- 10:13Donc,
- 10:13les organisations,
- 10:14elles changent souvent.
- 10:16Les projets,
- 10:16les directions,
- 10:19c'est des choses qui changent souvent.
- 10:20Donc,
- 10:20il faut avoir une grande capacité d'adaptation,
- 10:22je pense,
- 10:23pour travailler avec moi.
- 10:23Mais voilà,
- 10:24en gros,
- 10:25le truc qui me définit le plus,
- 10:26c'est que je crée au gré de ce que j'ai envie,
- 10:30de ce que je vois,
- 10:31de ce qui m'inspire.
- 10:32Et je ne suis pas dans un truc rigide,
- 10:35dans des cases ou avec des process,
- 10:37etc.
- 10:37C'est une façon de faire qui est beaucoup plus spontanée,
- 10:41qui peut paraître désorganisée d'extérieur,
- 10:43mais qui ne l'est pas tant que ça.
- 10:44Mais qui aujourd'hui,
- 10:45je trouve,
- 10:45paye dans notre développement,
- 10:47donc on continue.
- 10:48Mais voilà,
- 10:48c'est vraiment le truc majoritaire,
- 10:49mais sûrement aussi parce que je ne suis pas chef d'entreprise à la base.
- 10:53Donc,
- 10:53je fais comme je pense que ça doit se faire.
- 10:56Et tant que ça fonctionne,
- 10:58je continue.
- 10:58Mais voilà.
- 10:59Et dans les cotons de Romane,
- 11:02la croissance s'est faite quand même rapidement.
- 11:04On était donc en pré-Covid,
- 11:07Covid derrière,
- 11:08etc.
- 11:09Qu'est-ce que tu retiens de cette première aventure entrepreneuriale sur les cotons de Romane ?
- 11:14Clairement,
- 11:15ça m'a complètement forgé un caractère.
- 11:19J'étais quelqu'un de quand même très anxieux,
- 11:21etc.
- 11:22avant.
- 11:22très peureuse,
- 11:23très conforme aussi pour beaucoup de choses.
- 11:26Et ça m'a permis de voir qu'en fait,
- 11:29le diplôme,
- 11:30ce qu'on sait à un instant T ne va pas te définir.
- 11:33Ça ne t'empêche pas d'être quelqu'un d'autre,
- 11:35d'apprendre d'autres choses,
- 11:36d'aller vers d'autres projets,
- 11:38de changer aussi des traits de ta personnalité,
- 11:41ou de les mettre en avant,
- 11:41de les redécouvrir.
- 11:43Mais je pense que ça m'a donné vachement confiance en moi.
- 11:45Et ça m'a appris énormément d'autonomie.
- 11:51Parce que l'entrepreneuriat,
- 11:52c'est de la gestion de problèmes quotidiens.
- 11:55En fait,
- 11:55c'est beaucoup de galères.
- 11:57Il y a plein de trucs cools,
- 11:58etc.
- 11:59Mais en fait,
- 11:59c'est beaucoup de résolution de problèmes.
- 12:01Et je trouve que ça apprend à se démerder,
- 12:03à débrouillard,
- 12:04etc.
- 12:05Et ça te donne des clés après pour reproduire ça dans plein de choses de ta vie,
- 12:09perso ou pro.
- 12:10C'est hyper intéressant.
- 12:11Il y a eu des moments clés,
- 12:12des moments charnières,
- 12:13des moments où tu as eu des switches comme ça,
- 12:16des bons avant.
- 12:17Où ça a ouvert justement le champ des possibles.
- 12:21Il y en a eu plusieurs.
- 12:22Le premier,
- 12:23ça a été le Covid.
- 12:24En fait,
- 12:25il y a eu l'histoire de la production des masques et soit il fallait prendre le coche,
- 12:30soit tu passais à côté.
- 12:31Et nous,
- 12:32on l'a pris un peu tard même,
- 12:33mais on l'a pris quand même.
- 12:35Mais ça a été une période de 6h,
- 12:3723h non-stop où le chiffre a complètement explosé.
- 12:39Moi,
- 12:39je n'étais pas du tout habituée à ça.
- 12:41Donc,
- 12:41énormément de stress,
- 12:42etc.
- 12:43Mais après,
- 12:43ça nous a aidé dans la suite.
- 12:45Mais oui,
- 12:45il y a eu le Covid.
- 12:46le Covid,
- 12:46il y a eu nos déménagements aussi parce qu'on bossait depuis chez nous.
- 12:50Nos premiers employés bossaient chez nous.
- 12:52On a pris un premier local en location qui a duré six mois parce qu'en fait,
- 12:55la croissance s'explosait,
- 12:56c'était trop petit.
- 12:58Et après,
- 12:58on a acheté notre propre bâtiment qui fait quand même 700 mètres carrés.
- 13:01On a investi plus d'un million d'euros.
- 13:03Donc ça,
- 13:03ça a été une énorme étape parce qu'une énorme prise de risque aussi qui était nécessaire.
- 13:09Mais il y a eu plein d'événements comme ça qui me marqueront à tout jamais,
- 13:13ça c'est sûr.
- 13:14Qu'est-ce qu'on se dit dans ces cas-là,
- 13:15justement,
- 13:16sur des prises de décisions très stratégiques comme ça,
- 13:19quand on n'a pas baigné là-dedans,
- 13:21qu'on ne vient pas du tout de ce milieu-là ?
- 13:24Quelles ressources tu as activées pour passer ces gaps ?
- 13:27Ma principale ressource,
- 13:28quand même,
- 13:29c'est que j'ai Johan,
- 13:31qui a été mon partenaire dans la vie,
- 13:33qui est le papa de mes enfants et qui est le co-gérant de la première entreprise.
- 13:35Et à l'inverse de ma personnalité un peu plus,
- 13:38on va dire,
- 13:39désorganisée,
- 13:40lui,
- 13:41il a une personnalité beaucoup plus cadrée.
- 13:43donc là où moi j'apporte de la créativité lui il va apporter de la structure et il a toujours la tête froide donc en fait dès qu'il y a des grandes décisions à prendre évidemment on les prend à deux mais même pour Casa Castille je vais le consulter parce que je sais que les décisions elles vont être réfléchies je
- 13:59pense que la première ressource c'est de faire appel à d'autres mais même à mes parents on a toujours demandé conseil autour de nous on s'est toujours entouré parce que c'est des décisions qui sont très importantes,
- 14:11ce sont des prises de risques
- 14:12pour nos vies à nous,
- 14:13mais aussi pour nos salariés qui dépendent de cette activité.
- 14:16Et en fait,
- 14:17le premier truc le plus important,
- 14:19je trouve,
- 14:19c'est de demander conseil partout.
- 14:21Mais même des gens,
- 14:21enfin moi,
- 14:22mes parents ne sont pas du tout là-dedans,
- 14:23mais pour autant,
- 14:24ils sont les premiers à nous conseiller et nous appuyer parce qu'ils ont une forme de sagesse,
- 14:30d'expérience de la vie,
- 14:31etc.
- 14:32Et ça,
- 14:32c'est très important pour prendre ces décisions.
- 14:34Et justement,
- 14:35ton entourage,
- 14:36ils ont eu quelle vision sur tout ce que tu as construit,
- 14:39les étapes par lesquelles tu es passée ?
- 14:41Au début,
- 14:42ils avaient un peu peur,
- 14:43très honnêtement,
- 14:44parce que je pense que le métier d'infirmière est très rassurant.
- 14:47C'est un métier sous tension.
- 14:48C'est un métier qui est valorisant parce qu'on aide les autres.
- 14:51Il y a un côté un peu que les gens aiment bien.
- 14:54Souvent,
- 14:54on apprécie bien les infirmières.
- 14:56Donc au début,
- 14:57ils ont eu très peur.
- 14:58Et puis après,
- 14:59petit à petit,
- 14:59ils ont vu que ça fonctionnait,
- 15:01que c'était solide.
- 15:02Ils m'ont vu aussi évoluer,
- 15:03je pense,
- 15:04en termes d'épanouissement.
- 15:05Et aujourd'hui,
- 15:08ils ne me verraient pas faire autre chose.
- 15:10Elle me dit que c'est impressionnant la façon dont tu gères toutes ces choses avec autant de calme,
- 15:15etc.
- 15:16Alors que pourtant,
- 15:17quand j'étais infirmière,
- 15:18j'étais paniquée à l'idée d'injecter quoi que ce soit.
- 15:21À l'inverse,
- 15:22je n'avais pas du tout ce calme-là.
- 15:24Mais je pense que c'était le métier qui ne me correspondait pas.
- 15:26Pas surtout parce que je n'étais pas beaucoup à l'hôpital,
- 15:29mais je n'avais pas la même confiance et épanouissement perso et pro.
- 15:34Et c'est quoi qui te met en énergie ?
- 15:36C'est quoi qui te fait kiffer ?
- 15:37où justement ça donne du carburant,
- 15:39de l'élan.
- 15:40pour avoir la vision d'après,
- 15:42l'idée ?
- 15:43C'est quoi les conditions pour la Romane dirigeante,
- 15:47la Romane qui va créer,
- 15:48qui va aller encore plus loin ?
- 15:50Les conditions,
- 15:50je ne sais pas.
- 15:51En fait,
- 15:51je n'ai pas forcément volonté d'aller encore plus loin.
- 15:55En fait,
- 15:55moi,
- 15:55je ne rêve pas d'être riche ou d'avoir,
- 15:57par exemple,
- 15:58les entreprises au niveau où elles sont aujourd'hui,
- 16:00au niveau de chiffre d'affaires,
- 16:01de développement.
- 16:02Je n'ai pas forcément envie qu'il y ait beaucoup plus.
- 16:05Moi,
- 16:05ce qui me motive aujourd'hui,
- 16:07c'est qu'on garde ce cadre de travail.
- 16:09qui est serein pour tout le monde,
- 16:11qui est familial.
- 16:12Alors,
- 16:12je sais qu'il y en a qui n'aiment pas trop qu'on dise ça,
- 16:14qu'on est dans une ambiance familiale,
- 16:15mais clairement,
- 16:15c'est le cas.
- 16:16Voilà,
- 16:16c'est plus ça qui me motive.
- 16:17Par contre,
- 16:18rien qu'aujourd'hui,
- 16:19pour maintenir ce cadre-là,
- 16:21pour maintenir cette croissance ou au moins ne pas baisser,
- 16:24ça demande d'être toujours en veille,
- 16:26de toujours regarder tout ce qui est tendance,
- 16:28etc.,
- 16:29de toujours s'intéresser à tout.
- 16:30Donc,
- 16:30il faut être vraiment très,
- 16:31très curieux,
- 16:32je trouve,
- 16:32si on ne veut pas se perdre,
- 16:35se remettre en question.
- 16:36Ça,
- 16:36c'est très difficile,
- 16:37mais en fait...
- 16:38C'est essentiel parce qu'on ne sait pas tout,
- 16:41que des fois,
- 16:43on est la tête butée dans un truc et le temps a déjà évolué.
- 16:47Ça bouge tellement vite,
- 16:48notamment quand on a des entreprises qui dépendent des réseaux sociaux.
- 16:50Il faut constamment se remettre en question,
- 16:52parfois déléguer,
- 16:53parce qu'il y a des gens qui font beaucoup mieux que nous certaines choses qu'on imaginait bien faire.
- 16:58Voilà la façon dont je procède pour continuer comme ça.
- 17:02On en a parlé,
- 17:03tu as monté une deuxième entreprise,
- 17:06dans un contexte quand même...
- 17:08assez instable.
- 17:09Ça peut être vraiment des freins pour pas mal de gens finalement,
- 17:13tu vois,
- 17:14de se lancer,
- 17:15de se faire confiance et d'y aller.
- 17:17Comment ça s'est passé pour toi la naissance de cette deuxième entreprise ?
- 17:20Alors,
- 17:21dès que ça a des réseaux sociaux,
- 17:22je pense que tout le monde a vu un peu comme une espèce de deuxième success story trop bien incroyable parce qu'en fait,
- 17:28ça a pris...
- 17:29Moi,
- 17:29j'avais des prévisions de chiffre d'affaires de 10 000 euros par mois au bout de trois mois.
- 17:33Donc,
- 17:33je n'avais pas des grosses prévisions et en fait,
- 17:36on a fait sur une...
- 17:37première année,
- 17:38on a fait 1,4 million.
- 17:39Donc,
- 17:39vraiment rien à voir avec ces prix énormes de claques.
- 17:42Mais en réalité,
- 17:43pour être honnête,
- 17:44la naissance de Kazakastie,
- 17:46ça a été une période où j'ai coulé complètement mentalement parce que je l'ai lancé justement presque sans réfléchir,
- 17:53pas sur un coup de tête parce que ça fait longtemps que ça me trottait,
- 17:56mais je savais que ce n'était pas le bon moment.
- 17:58Mais je me disais,
- 17:59vas-y,
- 18:00fais-le,
- 18:00tu es capable,
- 18:01pousse encore un peu,
- 18:02alors qu'en fait,
- 18:02j'étais déjà surmenée par l'autre activité.
- 18:04Donc,
- 18:05je l'ai lancé,
- 18:05ça a explosé.
- 18:07super,
- 18:07mais moi,
- 18:07en fait,
- 18:08j'ai coulé intérieurement de fatigue,
- 18:10de surmenage.
- 18:11En fait,
- 18:11il y a eu,
- 18:12aujourd'hui,
- 18:13je le dis,
- 18:13il y a eu un burn-out qui a duré plusieurs mois,
- 18:15donc ça m'a demandé beaucoup de remise en question,
- 18:18etc.
- 18:18Donc,
- 18:19ça reste un souvenir positif parce que ça a été incroyable,
- 18:22en fait,
- 18:22les mois qui sont passés.
- 18:24Mais à côté de ça,
- 18:26il faut aussi comprendre que,
- 18:28super,
- 18:28j'avais des centaines de commandes,
- 18:29mais par contre,
- 18:30je ne dormais plus la nuit.
- 18:31Enfin,
- 18:31j'étais en mode pas forcément stressée,
- 18:34parce que du coup,
- 18:34je n'étais pas stressée que ça ne marche pas,
- 18:35mais j'étais
- 18:36excitée,
- 18:36en fait,
- 18:37surstimulée par le nombre de sollicitations,
- 18:39de messages.
- 18:40En plus,
- 18:40j'étais toute seule.
- 18:42Même si j'ai des gens,
- 18:43des cotons qui vont me donner des coups de main,
- 18:45etc.,
- 18:45je l'ai lancé sans filet de sécurité.
- 18:48Je ne me suis pas rendue compte du truc.
- 18:49Et après,
- 18:50il fallait assumer les conséquences.
- 18:51Et en fait,
- 18:52ça a été difficile.
- 18:53Aujourd'hui,
- 18:53c'est stabilisé.
- 18:54C'est une super expérience,
- 18:56mais ça m'apprendra qu'il ne faut pas le faire.
- 18:59De toute façon,
- 18:59il faut attendre,
- 19:00réfléchir un peu,
- 19:01prévoir tous les plans,
- 19:02si ça marche,
- 19:03si ça ne marche pas,
- 19:04comment on fait.
- 19:05plus prévu éventuellement que ça marche tranquille que plutôt un succès ?
- 19:12Je savais que ce ne serait pas un bide parce que j'avais,
- 19:14avant de lancer Kazakasi,
- 19:15je m'étais dit,
- 19:16il faut que je crée une communauté personnelle sur les réseaux sociaux,
- 19:19dans l'influence et dans la niche de la mode,
- 19:21parce que je me suis dit,
- 19:22comme ça,
- 19:22je ne partirais pas de zéro.
- 19:24J'aurais déjà des personnes qui me suivent pour comment je m'habille,
- 19:27tout ça.
- 19:27Mais je ne pensais pas,
- 19:28non,
- 19:28je suis sûre que je ne pensais pas du tout à ce point-là.
- 19:31Et en fait,
- 19:31ce que je n'ai pas mesuré,
- 19:33c'est que j'avais déjà,
- 19:34je pense,
- 19:34une image Merci.
- 19:35plus ou moins connu sur les réseaux sociaux du fait des cotons.
- 19:38Donc,
- 19:38ça facilite énormément.
- 19:40Et c'est pareil,
- 19:40j'avais déjà du réseau.
- 19:41En fait,
- 19:42j'avais déjà des contacts pour des ventes privées,
- 19:43etc.
- 19:44Donc,
- 19:45tout ça,
- 19:45je ne l'avais pas forcément pris en compte.
- 19:48Je ne m'étais pas dit que ça se ferait aussi facilement.
- 19:50Finalement,
- 19:50oui,
- 19:50ça a grandi vite.
- 19:51Tu avais déjà la confiance.
- 19:53Les gens te connaissaient déjà,
- 19:55savaient comment tu travaillais,
- 19:56ce que tu proposais.
- 19:58Et oui,
- 19:58c'est ça,
- 19:58les gens ont confiance en toi,
- 20:00en ce que tu peux proposer.
- 20:01Maintenant,
- 20:02tu es bien installé,
- 20:03tu as communiqué sur des belles valeurs.
- 20:05Donc,
- 20:05effectivement,
- 20:06on ne se pose pas du tout de questions sur ta crédibilité.
- 20:09et ce que tu peux proposer,
- 20:10tes projets.
- 20:11Il y a quelque chose de sain,
- 20:13de très stable.
- 20:15J'espère.
- 20:15En tout cas,
- 20:16c'est ce que j'essaye de transmettre.
- 20:18Comment tu as traversé ces mois de balade ?
- 20:20Quelle stratégie tu as adoptée ?
- 20:22Est-ce que tu as pris soin de toi ?
- 20:24Tu as baissé le rythme ?
- 20:25Comment tu as géré ces deux pans assez paradoxales de ta vie professionnelle à ce moment-là,
- 20:32entre toi,
- 20:33où tu étais donc dure,
- 20:34et ton entreprise qui,
- 20:36paradoxalement,
- 20:37était autre ?
- 20:38Comment je l'ai géré ?
- 20:41Je l'ai géré difficilement.
- 20:42Le premier truc,
- 20:42c'est que je suis entrée en thérapie,
- 20:45tout simplement.
- 20:46Aussi pour essayer de comprendre pourquoi.
- 20:48Il y avait toujours besoin parce qu'il y a eu l'entreprise des cotons.
- 20:51Quand ça s'est accalmé un peu,
- 20:53j'ai lancé l'influence qui m'a demandé encore du travail.
- 20:55Quand j'ai réussi à gérer les deux,
- 20:57j'ai lancé Casa Casti.
- 20:58Il y a toujours un peu volonté quand même d'être dans du lancement de projet,
- 21:02etc.
- 21:02Par contre,
- 21:02je vais jusqu'au bout,
- 21:03je ne les aborde pas du jour au lendemain,
- 21:04mais il y a toujours quand même volonté de faire toujours plus.
- 21:07Donc,
- 21:07il fallait aller chercher pourquoi,
- 21:09en fait,
- 21:10aussi pour pas que ça se reproduise.
- 21:11Et puis,
- 21:12tout simplement,
- 21:12je n'ai pas eu le choix.
- 21:13Alors,
- 21:13évidemment,
- 21:14je ne me suis pas mise en arrêt parce que ce n'est pas possible.
- 21:16Aujourd'hui,
- 21:17malheureusement,
- 21:18c'est impossible.
- 21:19Mais j'ai largement levé le pied.
- 21:21Je bossais 60 heures par semaine.
- 21:23Maintenant,
- 21:23j'en bosse
- 21:2445. Et encore,
- 21:26même il y a des semaines où c'est moins,
- 21:27il y a des semaines où c'est un peu plus.
- 21:28Mais en moyenne,
- 21:29je bosse 45 heures.
- 21:30Donc,
- 21:30j'ai levé le pied.
- 21:31J'ai délégué.
- 21:32J'ai embauché beaucoup plus vite parce que les cotons,
- 21:34j'ai eu beaucoup de mal à déléguer.
- 21:35Ça a été un gros sujet entre Johan et moi.
- 21:37Parce que je ne voulais jamais rien déléguer.
- 21:39C'était vraiment mon angoisse.
- 21:40Alors que Casa Casti,
- 21:41au bout de quatre mois,
- 21:44j'ai pris quelqu'un en contrat à temps plein.
- 21:46Six mois après,
- 21:47une deuxième personne.
- 21:49En fait,
- 21:49je n'ai pas eu le choix.
- 21:50J'ai délégué beaucoup plus vite.
- 21:52Et ça s'est très,
- 21:52très bien passé.
- 21:53Et c'est ça aussi qui a permis de continuer la croissance et que moi,
- 21:57je remonte de mon côté tranquillement,
- 21:59que je fasse mon petit travail sur moi-même,
- 22:00etc.
- 22:01Et ça a changé justement ton rapport au travail ?
- 22:04Oui,
- 22:04complètement.
- 22:05En fait,
- 22:05je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de choses que je faisais qui ne me permettaient pas de générer plus de chiffre d'affaires.
- 22:11Alors là,
- 22:12je n'ai pas d'exemple en tête là précisément,
- 22:15mais je pense que je faisais beaucoup de choses,
- 22:17beaucoup d'heures,
- 22:18alors que je peux être autant efficace en faisant moins d'heures,
- 22:21juste en améliorant l'organisation,
- 22:23en délégant.
- 22:24Évidemment,
- 22:25il faut faire un petit peu de chiffre d'affaires pour déléguer,
- 22:27mais je me suis rendue compte que je n'étais pas du tout indispensable pour plein de choses et qu'il n'y avait pas lieu que ce soit moi qui fasse tout ça.
- 22:34travail là ou qu'il soit toujours là,
- 22:35en fait,
- 22:37ça n'allait rien changer qu'on arrête certaines choses ou que ce ne soit plus moi qui le fasse,
- 22:41quoi.
- 22:42C'est donc moins,
- 22:42mais mieux,
- 22:43quoi.
- 22:43Ouais,
- 22:44complètement.
- 22:44Et puis que j'ai d'autres...
- 22:46Maintenant,
- 22:46j'ai d'autres priorités dans ma vie.
- 22:49Et je pense qu'il y a eu une saturation aussi parce que,
- 22:52du coup,
- 22:52comme je te disais,
- 22:53j'ai cumulé pendant trois ans les cotons et le travail de péricultrice.
- 22:56Donc,
- 22:56en fait,
- 22:56ça faisait des années que je bossais entre 50 et 60 heures.
- 22:59Donc,
- 22:59il y a eu une espèce de...
- 23:00Je pense que j'ai atteint mon point de non-retour.
- 23:02Et une fois qu'il est atteint,
- 23:04on n'arrive plus à y retourner.
- 23:04Là,
- 23:05par exemple,
- 23:05quand je sens qu'il y a trop de travail qui arrive,
- 23:08déjà,
- 23:08ça va me stresser.
- 23:09Je sens que je n'ai pas envie d'y retourner.
- 23:10Je n'ai pas envie de retourner dans ce truc d'angoisse,
- 23:12etc.,
- 23:13de ne pas dormir,
- 23:14de machin.
- 23:15C'est déjà compliqué de s'en sortir.
- 23:16Donc,
- 23:16voilà.
- 23:17Du coup,
- 23:17beaucoup plus rapidement,
- 23:18je vais mettre des choses en place pour que le travail ne soit pas mon refuge,
- 23:22parce que ça a longtemps été ça.
- 23:23Alors,
- 23:23en fait,
- 23:24il y a plein de choses cool dans la vie qui peuvent t'occuper l'esprit et te faire du bien.
- 23:28Donc,
- 23:28oui,
- 23:28complètement.
- 23:29Bon,
- 23:29du coup,
- 23:29tu es maman ?
- 23:30Oui.
- 23:31Comment ça se passe,
- 23:32entrepreneurs,
- 23:34projets,
- 23:34maman,
- 23:35comment tout ça s'imbrique ?
- 23:38Je dirais qu'aujourd'hui,
- 23:39en fait,
- 23:39on est extrêmement chanceux.
- 23:41Maintenant qu'on a trouvé l'équilibre,
- 23:43évidemment,
- 23:44parce que ça a été des années où on a trimé avant.
- 23:47Mais aujourd'hui,
- 23:47on a la chance d'avoir une vie sur mesure avec nos enfants.
- 23:51Donc,
- 23:51ils ont une maman qui est disponible,
- 23:54qui va les chercher tous les jours à 16h30,
- 23:56qui les emmène tous les matins à l'école.
- 23:57Ils ne sont jamais gardés.
- 24:00un peu pendant les vacances tout ça mais voilà ça reste à la marge et ils ont des parents qui sont là de 16h30 jusqu'au coucher dispo pour eux si on doit travailler on rebosse après mais je dirais qu'on a énormément de chance d'avoir pu adapter comme ça ce mode de vie s'ils sont malades on n'est pas stressé on se dit bon bah on va se débrouiller on peut les prendre et machin donc
- 24:19on a aujourd'hui cette chance après ça a été des années avant de travail et voilà j'ai déjà dit j'ai pris aucun congé mater enfin
- 24:27Il y a eu des périodes beaucoup plus sombres,
- 24:29en fait,
- 24:29dans ma façon d'être maman,
- 24:30dans la parentalité.
- 24:32Mais aujourd'hui,
- 24:33j'estime que ça s'imbrique.
- 24:34Ce n'est pas toujours facile,
- 24:35mais j'ai de la chance,
- 24:36oui.
- 24:37Une chance que tu as construit petit à petit.
- 24:40Après quelques déboires,
- 24:41tu as pu trouver un équilibre.
- 24:42Et enfin,
- 24:42on peut dire pour le coup.
- 24:44Ah bah oui,
- 24:45mais maintenant,
- 24:45il commence à être grand.
- 24:46Donc,
- 24:46je comprends un peu moins.
- 24:48Maintenant,
- 24:49je me dis,
- 24:49mes autres bébés,
- 24:50c'est mes entreprises.
- 24:51En fait,
- 24:52c'est sûr que voilà.
- 24:54Et puis même moi,
- 24:54en fait,
- 24:54je pensais qu'à mes enfants.
- 24:57Mais je pense que l'entrepreneuriat,
- 24:58ça m'a permis d'être autre chose que maman.
- 25:01D'avoir d'autres projets,
- 25:02d'autres ambitions.
- 25:03Et en fait,
- 25:04c'est important même pour eux.
- 25:05Je leur transmets ça,
- 25:05c'est très important.
- 25:06Donc,
- 25:07cet équilibre-là que tu as créé,
- 25:09est-ce que maintenant,
- 25:10tu as identifié des indicateurs,
- 25:13tu vois,
- 25:13un peu des signaux d'alerte,
- 25:15justement,
- 25:15pour pouvoir maintenir cet équilibre que tu as réussi à construire ?
- 25:18C'est toujours un peu compliqué parce qu'en fait,
- 25:20c'est toujours une histoire un peu de curseur.
- 25:23Concrètement,
- 25:24nous,
- 25:24par exemple,
- 25:25on essaye de…
- 25:27Tu parlais de mon équipe de personnel ou l'équipe de notre entreprise ?
- 25:32Ton équilibre à toi en tant que femme entrepreneur et aussi ton entreprise.
- 25:36Mais tu vois à quel moment tu peux te dire,
- 25:40là,
- 25:40ça,
- 25:40c'est un indicateur qu'il faut que je fasse attention,
- 25:42que là,
- 25:43c'est peut-être too much.
- 25:44Il faut peut-être que je délègue,
- 25:46il faut que je réfléchisse à une autre organisation.
- 25:48Concrètement,
- 25:49je pense que mon corps a la mémoire des signes du burn-out.
- 25:53Donc notamment,
- 25:56je peux le dire,
- 25:56des crises d'angoisse alors que je n'en ai jamais eu de ma vie.
- 25:59En fait,
- 25:59je ne savais même pas ce que c'était.
- 26:00Les premières que j'ai faites,
- 26:01je me suis dit,
- 26:02qu'est-ce qui se passe ?
- 26:03Je me suis dit,
- 26:04il y a peut-être un virus en gros.
- 26:05que pas du tout,
- 26:06c'était une crise d'angoisse.
- 26:07Maintenant,
- 26:08dès que je commence à sentir que ça me sert,
- 26:11des sensations comme ça qui sont désagréables dans le corps,
- 26:13je vais beaucoup plus écouter mon corps.
- 26:15Sommeil aussi,
- 26:15alors j'ai encore des troubles du sommeil,
- 26:18mais dès que je vois que je suis trop excitée pour dormir,
- 26:21parce que c'est vraiment pas un stress que ça marche pas,
- 26:23parce que si ça marche pas,
- 26:25j'aurai un stress différent encore.
- 26:27Mais c'est la surstimulation,
- 26:28en fait,
- 26:29de voir quand la croissance est trop rapide,
- 26:32quand les gens te sollicitent énormément.
- 26:34que ce soit ici ou sur les réseaux sociaux.
- 26:37C'est vraiment de la surstimulation.
- 26:38Dans ces cas-là,
- 26:39je coupe beaucoup plus facilement ce que je ne faisais pas avant.
- 26:43Je suis beaucoup moins sur mon tel,
- 26:44etc.
- 26:45Aussi,
- 26:45pour m'éviter ça,
- 26:46dès que je sens que ça commence à être trop,
- 26:48je coupe et je délègue.
- 26:49Et pareil,
- 26:50dès que je n'arrive pas à être concentrée sur le reste de ma vie.
- 26:53Si je me rends compte que mes enfants me parlent,
- 26:56qu'en fait,
- 26:56je n'écoute pas parce que je pense à des trucs qui me stressent,
- 27:00c'est qu'il y a un souci.
- 27:01Alors,
- 27:01ça m'arrive quand même.
- 27:02C'est très difficile de...
- 27:03peut-être toujours focus,
- 27:04etc.
- 27:05Mais c'est normal que je ne sois pas toujours concentrée sur...
- 27:09Enfin,
- 27:10voilà,
- 27:10aussi parce que c'est un travail où tu ne coupes pas à 100%.
- 27:13Tu n'es jamais vraiment un week-end,
- 27:15donc évidemment que je ne peux pas être
- 27:16100% focus sur le reste.
- 27:17Mais dès que je sens que ça prend une place trop importante,
- 27:19qu'il ne me convient pas ou que mes enfants me le renvoient,
- 27:23ça,
- 27:23ça fait partie des signes,
- 27:24tu vois,
- 27:24où je me dis stop,
- 27:26tu te calmes.
- 27:27Oui,
- 27:28donc c'est vraiment une sorte d'énergie qui est un peu trop haute et de place,
- 27:31quoi.
- 27:32prendre dans ta vie à toi.
- 27:33Ouais,
- 27:34ouais,
- 27:34ouais.
- 27:35C'est quoi que tu voudrais préserver coûte que coûte dans ta vie professionnelle ?
- 27:40Franchement,
- 27:40c'est...
- 27:41Je pense qu'il y en a plein qui rêveraient de leur croissance,
- 27:44de machin.
- 27:45Moi,
- 27:45ce que je rêve,
- 27:46c'est qu'on puisse continuer à pouvoir payer toutes nos charges,
- 27:49parce qu'aujourd'hui,
- 27:49on a énormément de charges,
- 27:50tout en proposant la même qualité,
- 27:52on va dire,
- 27:53de travail pour nos salariés,
- 27:56parce que c'est ça que je trouve le plus important,
- 27:59en fait,
- 28:01c'est qu'on puisse...
- 28:01tous y trouver de l'épanouissement,
- 28:03que tout le monde soit content de venir travailler dans nos locaux,
- 28:07que tout le monde soit content de faire ses missions.
- 28:08Et si ce n'est pas le cas,
- 28:09on va être obligés de le remettre en question et de comprendre quels ajustements on doit faire.
- 28:14Mais voilà,
- 28:14moi,
- 28:14je n'ai pas d'ambition,
- 28:15comme je te disais,
- 28:16de surcroissance.
- 28:18Mon ambition,
- 28:19c'est que cet équilibre puisse durer pour tout le monde.
- 28:23Et ça,
- 28:23c'est vraiment le plus important,
- 28:24que tout le monde s'y retrouve.
- 28:26Et comment tu fais pour préserver ça dans l'équipe ?
- 28:29C'est au quotidien ?
- 28:30Est-ce qu'il y a des temps forts ?
- 28:32Comment tu arrives à justement préserver ça et faire en sorte que ce soit le cas ?
- 28:38Notre façon de manager,
- 28:39Yohann et moi,
- 28:39à la différence de ce qu'on a connu,
- 28:42c'est qu'il y a beaucoup moins cette hiérarchie de chef et employé.
- 28:46Les filles,
- 28:46je ne pense pas qu'elles se disent « Ah,
- 28:48ça,
- 28:48c'est ma patronne » .
- 28:49Voilà,
- 28:50c'est...
- 28:51Des fois,
- 28:51elle me dit ça en rigolant.
- 28:52En fait,
- 28:53c'est pour me tacler parce qu'évidemment qu'on n'a pas ce rapport-là.
- 28:56Donc,
- 28:56en fait,
- 28:56on est dans une liberté de parole déjà qui est,
- 29:00je pense,
- 29:01très différente de plein d'autres entreprises.
- 29:02Alors,
- 29:02peut-être parce qu'on est aussi une petite équipe.
- 29:04Sûrement que si on était 30,
- 29:05ce serait différent.
- 29:07Mais voilà,
- 29:07les filles,
- 29:08elles sont,
- 29:08je pense,
- 29:08en toute confiance pour amener des choses au travail.
- 29:11On ne leur dira jamais vos problèmes,
- 29:13ils doivent rester à la maison.
- 29:15Et puis,
- 29:15il y a aussi le fait qu'il y a une grande confiance.
- 29:16En fait,
- 29:17il n'y a pas de contrôle chez nous.
- 29:18On ne sait pas les heures qu'elles font.
- 29:20Elles choisissent leurs heures de travail,
- 29:21leurs jours de travail.
- 29:22Des fois,
- 29:22il y en a une qui part en télétravail.
- 29:24Personne ne nous demande notre avis sur...
- 29:27Elles ont des tâches à faire.
- 29:28Je dis elles parce qu'on n'a que des filles.
- 29:31Mais elles ont des tâches à faire.
- 29:33Elles choisissent comment elles gèrent pour les faire en fonction de leurs priorités perso aussi,
- 29:39de leurs enfants,
- 29:39de leur convoi,
- 29:40de machin.
- 29:41Et ça,
- 29:42je trouve que c'est très important pour garder l'équilibre.
- 29:45Elles ont confiance en nous,
- 29:46mais elles savent qu'on a vraiment confiance en elles et qu'on n'a pas besoin de vérifier leurs compétences,
- 29:51de vérifier les heures qu'elles ont faites.
- 29:54Il n'y a pas de sujet là-dessus.
- 29:55C'est vraiment une collaboration.
- 29:57Oui,
- 29:57voilà.
- 29:58Et on estime qu'elle nous apporte que de toute façon,
- 30:01sans nos salariés,
- 30:02il ne se passerait rien du tout.
- 30:04On est très content qu'elles fassent aussi bien leur travail.
- 30:07Et on a aussi clairement remarqué que plus on leur donne de l'autonomie,
- 30:11de la liberté et de la confiance,
- 30:13et plus ils nous le rendent.
- 30:15Dès qu'il y a une période de rush,
- 30:16ce sont les premières à rester,
- 30:18à s'adapter,
- 30:20à essayer de modifier leur emploi du temps perso,
- 30:21etc.
- 30:23Donc,
- 30:23c'est super cool.
- 30:23cool que ça puisse fonctionner comme ça.
- 30:25Pour revenir à Casa Casti,
- 30:28c'est une entreprise de mode.
- 30:31Comment tu choisis tes articles ?
- 30:35Quels sont tes critères pour choisir ce que tu vas vendre sur Casa Casti ?
- 30:41Ce qu'il faut savoir,
- 30:41c'est qu'à la base,
- 30:42Casa Casti,
- 30:42mon ambition première,
- 30:44c'était que ce soit mes créations à moi.
- 30:46Quand ça s'est lancé,
- 30:47le premier jour du lancement,
- 30:48il n'y avait que mes créations.
- 30:49C'est des gilets ?
- 30:50Oui,
- 30:50je me rappelle.
- 30:54J'avais fait des gilets matelassés,
- 30:57des gilets bergers,
- 30:58des chouchous,
- 30:58mais là encore,
- 30:59je pensais faire quelques commandes.
- 31:00Je n'avais pas étayé ma gamme et je ne me rendais pas du tout compte.
- 31:06Mon objectif,
- 31:06c'était d'arriver au bout de deux ans à peu près à 50%
- 31:11de mes créations,
- 31:1150%
- 31:12de revente.
- 31:13Ça voulait dire,
- 31:13si tu as 500 articles au bout de deux ans,
- 31:15250 références de mes créations.
- 31:18Et puis,
- 31:19très honnêtement,
- 31:19je me suis fait complètement dépasser.
- 31:22vraiment dépassé par la demande.
- 31:25En plus,
- 31:25on n'avait pas encore notre machine de découpe,
- 31:28donc c'était moi qui faisais toute la découpe.
- 31:30Au début,
- 31:30j'avais cousu une grosse partie des modèles avec une autre couturière.
- 31:33C'était une énorme galère.
- 31:35Ce n'est pas que j'ai laissé tomber ce projet,
- 31:37c'est que je me suis dit,
- 31:38là,
- 31:38de toute façon,
- 31:39tu es trop tard.
- 31:40J'étais dans un espèce de tunnel.
- 31:44La priorité,
- 31:44ce n'était pas de faire un truc éthique ou quoi,
- 31:46c'était juste que je m'en sorte et que je ne me fasse pas complètement bouffer par mes...
- 31:51par mes exigences,
- 31:52que ce soit mes créations et machin.
- 31:54Donc en gros,
- 31:55je me suis dit,
- 31:55non,
- 31:56je vais accentuer la revente parce qu'il n'y a pas le choix.
- 31:59Je voulais reproduire le modèle des cotons de Roman,
- 32:01mais en fait,
- 32:02ce n'est pas du tout si simple de faire la même entreprise version vêtements.
- 32:05Ça demande beaucoup de savoir-faire,
- 32:06etc.
- 32:07Donc là-dessus,
- 32:07je me suis rendu compte de mes erreurs,
- 32:09on va dire.
- 32:10Donc on a commencé la revente,
- 32:11etc.
- 32:11Et j'ai rencontré plein de fournisseurs.
- 32:13Alors malheureusement,
- 32:14dans la mode,
- 32:15il y a,
- 32:16je dirais,
- 32:1680-90%
- 32:18de fournisseurs.
- 32:20où ça vient d'Asie.
- 32:21Et il y a peut-être 10-20%
- 32:23de fournisseurs européens.
- 32:24Ça,
- 32:24c'est un constat que tu fais assez rapidement quand tu commences à chercher des revendeurs.
- 32:29Donc,
- 32:29je me suis dit tout de suite que soit en gros,
- 32:32ça allait être beaucoup plus compliqué,
- 32:34soit il allait falloir que je m'assoie sur certains de mes principes en tout cas que j'avais,
- 32:38ou que j'essaye en tout cas de les ajuster.
- 32:41Donc,
- 32:42on a cherché des fournisseurs qui étaient...
- 32:44OK,
- 32:45c'était fait en Asie,
- 32:45mais qui étaient audités,
- 32:47qui étaient dans des ateliers certifiés.
- 32:49Et tout en parallèle,
- 32:49le projet,
- 32:50c'était d'augmenter un maximum de références européennes,
- 32:54voire françaises.
- 32:55Donc aujourd'hui,
- 32:56on a,
- 32:57je ne sais pas c'est quoi le ratio.
- 32:58Dernièrement,
- 32:59il faudrait que je regarde les derniers chiffres,
- 33:01mais je pense qu'on a peut-être
- 33:0330%, 20-30%
- 33:04de références européennes.
- 33:06Italie,
- 33:08Portugal,
- 33:09France,
- 33:10etc.
- 33:11Et peut-être 70%
- 33:12de références en Asie.
- 33:13J'espère que ça pourra augmenter sur le long terme.
- 33:17Mais voilà,
- 33:17c'est beaucoup.
- 33:18plus difficile d'aller vers quelque chose de production
- 33:22100% éthique par rapport à d'autres secteurs d'activité,
- 33:25je pense.
- 33:25Par rapport Ausha sur l'esthétique,
- 33:28tu fais en fonction de tes goûts,
- 33:30des tendances ?
- 33:32En fait,
- 33:32le problème,
- 33:33c'est que j'ai reproduit la
- 33:34« m'erreur » , je ne sais pas si c'est une erreur que sur les cotons,
- 33:37mais c'est que Casa Castillo,
- 33:39pour l'instant,
- 33:39dépend quand même grandement de mon image,
- 33:41même si j'ai intégré d'autres visages.
- 33:43Je ne prends que des choses que je pourrais porter moi-même.
- 33:46parce que je pense aussi que les gens achètent que ça a eu ce succès-là parce que les gens suivaient déjà comment je m'habillais,
- 33:51etc.
- 33:52Donc logiquement,
- 33:53je ne vais pas aller référencer des trucs qui ne me plaisent pas.
- 33:55Et aussi parce que je suis convaincue que plus tu aimes quelque chose,
- 33:59plus tu es sincère dans ce que tu vends,
- 34:01mieux tu vas le vendre forcément.
- 34:03Je ne me serais pas mise à vendre des armes,
- 34:06des choses avec lesquelles je ne suis pas en accord.
- 34:07Pour les fringues,
- 34:08c'est pareil,
- 34:08je ne vais pas vendre des trucs que je ne porterai jamais.
- 34:11Donc voilà,
- 34:11j'essaye de proposer des pièces intemporelles dont je ne me lasserai pas.
- 34:15et que je pourrais porter plusieurs années
- 34:18Donc là,
- 34:18projet plutôt de pérenniser tout ça,
- 34:21de garder cet équilibre que tu as construit,
- 34:25de profiter avec ton équipe.
- 34:27On a bien compris que tu étais super bien entourée et que ça faisait partie de ton équilibre et d'une sérénité de travail et qui correspondent,
- 34:36code du moment,
- 34:37à ce que recherchent aussi les gens maintenant,
- 34:39je pense,
- 34:40dans leur vision du travail,
- 34:42que ça puisse apporter effectivement le maximum d'épanouissement possible.
- 34:47Et tant mieux que les gens maintenant aient des exigences et recherchent ça,
- 34:51parce que c'est ce qui était avant qui n'était pas normal.
- 34:54De quoi tu es plus fière dans ton parcours depuis le début de ta vie professionnelle ?
- 34:59Quand tu regardes en arrière,
- 35:02de quoi tu es plus fière ?
- 35:05Ce que je dirais d'être la plus fière,
- 35:06c'est que je ne me suis jamais déconnectée de ma réalité.
- 35:10On a quand même eu des entreprises qui ont poussé très vite.
- 35:14on ne s'est jamais non plus versé des salaires mirobolants au détriment des autres on s'est toujours dit qu'on garderait une vie normale avec malgré tout des plus...
- 35:26bien sûr qu'on a une meilleure vie que ce qu'on avait avant mais je me suis toujours dit que l'essentiel était quand même dans ce qu'on vivait à côté,
- 35:35au quotidien et on ne s'est jamais déconnecté de ça on n'aurait pas renié nos valeurs on n'aurait pas fait des choses qui ne nous conviennent pas
- 35:43pour gagner plus,
- 35:44pour faire plus de croissance,
- 35:45etc.
- 35:47J'ai jamais eu envie,
- 35:48en tout cas,
- 35:48de chercher l'alignement,
- 35:50en fait,
- 35:50puisque la richesse la réussit trop,
- 35:53ou je ne sais quoi,
- 35:54en fait.
- 35:55Je trouve que c'est cool parce que c'est très tentant et qu'on aurait pu,
- 35:57plein de fois,
- 35:58faire des choix qui ne seraient pas alignés avec nos valeurs,
- 36:00mais qui nous apporteraient plus sur d'autres aspects,
- 36:03mais on n'a jamais lâché là-dessus.
- 36:05Oui,
- 36:06donc ça a été ton socle,
- 36:07quoi,
- 36:07pour garder une direction authentique.
- 36:11Oui,
- 36:12complètement.
- 36:13On parlait de la petite Romane au début de l'interview,
- 36:17qui voulait pouponner.
- 36:19Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire,
- 36:20si tu la voyais,
- 36:21de ce que va être sa vie d'adulte au travail ?
- 36:24Je lui dirais,
- 36:26aie confiance.
- 36:27Aie confiance.
- 36:29Tu finiras par trouver ta personnalité,
- 36:32ta voix,
- 36:33et tu es capable.
- 36:35C'est ça qui est le plus difficile de se le dire.
- 36:37C'est qu'on est capable,
- 36:39on a des ressources.
- 36:42et voilà
- 36:42Le plus dur,
- 36:43c'est de s'en rendre compte et d'en avoir conscience.
- 36:45Et pour terminer,
- 36:46aux personnes qui nous écoutent,
- 36:47qu'est-ce que tu aimerais transmettre de tes aventures professionnelles,
- 36:52des conseils qui te sont propres,
- 36:54qui restent ta réalité,
- 36:56mais quels conseils tu voudrais donner pour que les gens se sentent bien au travail,
- 37:01puissent avoir une vie professionnelle épanouie et alignée ?
- 37:05Moi,
- 37:06ce que je dirais,
- 37:06c'est qu'il ne faut pas avoir peur du changement,
- 37:09de sortir de sa zone de confort,
- 37:10parce que finalement,
- 37:11Merci.
- 37:11ce qui est le plus difficile,
- 37:12ce n'est pas de sortir de sa zone de confort,
- 37:14c'est de rester dans quelque chose qui est inconfortable.
- 37:16Et moi,
- 37:16j'ai longtemps cru que ça me sécurisait et que la prise de risque allait être encore plus inconfortable,
- 37:22mais pas forcément parce que plus tu sors de ta zone de confort,
- 37:25plus tu vas passer des étapes qui vont te permettre en fait de prendre des risques,
- 37:31de prendre confiance en toi,
- 37:31etc.
- 37:32Si dans son travail,
- 37:33il y a une forme d'inconfort,
- 37:35c'est qu'il faut en sortir et que ce sera très inconfortable de mettre les choses en place pour en sortir,
- 37:40mais...
- 37:41Toujours moins inconfortable que rester toute sa vie dans cette situation.
- 37:45Je trouve ça hyper intéressant ce que tu dis par rapport au fait que plus tu sors de ta zone de confort,
- 37:49et plus tu gagnes en confiance en toi finalement,
- 37:51et plus tu vas vers l'alignement.
- 37:54Complètement.
- 37:55C'est important dans le travail,
- 37:56mais ce que les personnes acquièrent justement en sortant de leur zone de confort au travail,
- 38:01c'est des choses qui se reproduisent dans plein de domaines de la vie.
- 38:05Et moi,
- 38:06je vois,
- 38:07ça m'a vachement appris.
- 38:08mais même
- 38:09avec mes enfants,
- 38:09enfin,
- 38:10dans plein de choses,
- 38:11en fait,
- 38:12parce que c'est des espèces de,
- 38:14je ne sais plus comment on dit en anglais,
- 38:15là,
- 38:16mais des espèces de compétences de savoir-être,
- 38:18en fait,
- 38:18qui sont très,
- 38:19très importantes et qui aident vraiment,
- 38:22ouais,
- 38:23dans plein de choses.
- 38:23Donc,
- 38:25c'est top,
- 38:25il ne faut pas avoir peur,
- 38:26il faut essayer,
- 38:27quoi.
- 38:28Il faut essayer.
- 38:29Ouais.
- 38:30Eh bien,
- 38:30écoute,
- 38:30un grand merci pour ton partage,
- 38:33c'était hyper inspirant de voir par quelles étapes tu es passée,
- 38:38de voir
- 38:38que ce n'est pas toujours simple,
- 38:40qu'on peut réussir,
- 38:42que du coup,
- 38:43ce n'est pas linéaire aussi,
- 38:44une transition professionnelle,
- 38:46ce n'est pas linéaire une vie professionnelle,
- 38:48que tout passe aussi,
- 38:50qu'on est capable.
- 38:51Tout passe,
- 38:52c'est sûr.
- 38:52Et que rien n'est figé,
- 38:53en fait.
- 38:55Un grand merci,
- 38:56Romane.
- 38:56On te souhaite plein de bonheur d'être toujours aussi alignée,
- 39:01de réussir à maintenir ton équilibre professionnel.
- 39:04C'est chouette de voir ce que tu as pu construire.
- 39:07Et puis,
- 39:08je te le disais avant l'interview,
- 39:09mais du coup,
- 39:10de façon très saine et très simple et très lucide aussi.
- 39:14Un grand merci pour ton partage.
- 39:17Merci beaucoup.
- 39:24Merci d'avoir pris le temps d'écouter cet épisode de Junko.
- 39:27J'espère qu'il vous aura apporté des pistes pour avancer dans vos réflexions et dans vos projets professionnels.
- 39:33Pour en savoir plus sur mes accompagnements ou me poser vos questions,
- 39:35rendez-vous sur mon site internet où vous trouverez tous mes contacts ou sur mon compte Instagram.
- 39:40Les liens se trouvent dans le descriptif de l'épisode.
- 39:43Et n'oubliez pas,
- 39:44chaque petit pas compte.
- 39:45Oser explorer,
- 39:46questionner et agir,
- 39:47c'est déjà avancer sur le chemin d'une carrière alignée avec vous-même.
- 39:51Prenez soin de vous et de vos projets professionnels et rendez-vous.
- 39:53très bientôt pour un nouvel épisode de TuneCo.