Latest / Le livre à lire / Avec « D’une beauté sauvage », Christian Signol signe un hymne à la nature et au vivant
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- 0:00Le livre à lire,
- 0:03un podcast
- 0:04d'Ouest France et lire magazine
- 0:08animé par Bernard Lehut.
- 0:13Le livre à lire,
- 0:14épisode 9,
- 0:15Bonjour Christian Signol,
- 0:17alors vous publiez chez Albin Michel d'une beauté sauvage.
- 0:20Vous y abordez un sujet
- 0:21inédit, je crois,
- 0:23sous votre plume
- 0:24et au combien ultra sensible,
- 0:26la présence du loup
- 0:28dans nos montagnes,
- 0:29voire désormais dans nos campagnes.
- 0:31Sur la couverture de votre roman,
- 0:33donc voilà,
- 0:33je l'ai sous les
- 0:34yeux figure un magnifique spécimen
- 0:36de l'animal.
- 0:37Quelle place Christian Signol
- 0:39occupe le loup
- 0:40dans votre
- 0:41imaginaire ? Il occupe une
- 0:44place extraordinaire
- 0:45depuis mon enfance.
- 0:46En réalité,
- 0:47depuis que j'ai lu croc blanc
- 0:49de Jack London,
- 0:50depuis ce moment-là,
- 0:51j'ai toujours été fasciné par les loups
- 0:54et finalement,
- 0:54j'ai toujours eu envie d'écrire sur le loup.
- 0:57Ce qui m'a été d'autant plus facile là cette fois-ci,
- 1:00c'est que ils sont arrivés en Limousin il y a très peu de temps.
- 1:03Ah oui donc voilà,
- 1:03ils sont chez vous quasiment à votre
- 1:05porte, vous qui
- 1:07vivez, je les cherche
- 1:09et donc
- 1:10au début évidemment il y avait qu'une
- 1:12une louve,
- 1:12ensuite il y a le loup
- 1:14Alpha qui est arrivé.
- 1:15Maintenant c'est une meute
- 1:16et donc il y a des attaques
- 1:18très fréquentes
- 1:20et ça provoque évidemment beaucoup de conflits et de heurts,
- 1:23mais de plus en plus violents dans cette région du Limousin.
- 1:27Alors moi évidemment je suis quand même
- 1:29favorable à la biodiversité
- 1:31parce que je pense pas l'humanité a pas le droit à mon avis,
- 1:34ni ni morale ni éthique de
- 1:36d'exterminer une espèce
- 1:38Tout ça ne serait pas.
- 1:39Mais en même temps
- 1:40je comprends les éleveurs par ce que j'ai vu moi,
- 1:44des brebis égorgées
- 1:45non pas par des loups mais par des chiens errants.
- 1:47Et je peux vous dire que quand on a vu ça une fois,
- 1:49on n'a pas envie de le voir 2 fois.
- 1:52Donc je comprends les éleveurs et je le et je
- 1:54les défends et je prétends qu'il faut les aider
- 1:56et je
- 1:56sais comment
- 1:57je sais comment.
- 1:58Alors on va revenir sur tous
- 2:00ces thèmes.
- 2:01Mais alors tout d'abord une petite question,
- 2:03est ce que
- 2:04il vous est arrivé
- 2:05de croiser
- 2:06un loup déjà
- 2:07dans le Limousin ?
- 2:09Non parce que je vis pas tout à fait dans le Limousin,
- 2:11je vis dans le Quercy où il y a une louve qui se promène,
- 2:13je la cherche,
- 2:14j'ai pas peur.
- 2:15Alors on me dit souvent mais vous allez.
- 2:17Dans les bois
- 2:18sans fusil,
- 2:18alors que vous savez qu'il y a une louve qui se promène.
- 2:20Je dis oui parce que en réalité,
- 2:22le loup,
- 2:22il sent l'homme à 300
- 2:23M, mais donc il a plutôt tendance à le fuir.
- 2:25Mais s'il sent une fragilité quand même une
- 2:28d'une proie possible,
- 2:29il est capable de
- 2:30d'intervenir notamment.
- 2:32C'est Hélène Grimaud,
- 2:33la pianiste,
- 2:34qui raconte ça,
- 2:35c'est que elle a créé un refuge de loups dans le Colorado.
- 2:38Un jour,
- 2:39elle est rentrée dans l'enclos
- 2:40pour aller voir sa louve favorite et pour lui faire le baiser matinal,
- 2:44la louve
- 2:45l'a saisi à la gorge
- 2:46pendant. 5
- 2:486 secondes.
- 2:49Et puis
- 2:50au bout d'un moment
- 2:51elle a relâché mais elle était à
- 2:521/2 centimètre de la carotide.
- 2:54Et alors ?
- 2:55Elle explique pourquoi.
- 2:56C'est parce que
- 2:56ce jour-là,
- 2:58Hélène Grimaud,
- 2:58elle était malade,
- 2:59c'est à dire elle était,
- 3:00elle avait pris des médicaments,
- 3:01elle était malade et donc elle était en état de fragilité.
- 3:04Et l'instinct du de la louve s'était réveillé.
- 3:06Elle avait compris qu'il y avait une proie possible.
- 3:08Alors justement,
- 3:09qu'est ce qui
- 3:11d'une manière générale,
- 3:12qu'est ce qui vous fascine chez cet animal ?
- 3:15C'est sa beauté sauvage
- 3:17et puis ce
- 3:19la manière qu'il a
- 3:20de d'apparaître et de disparaître et de réapparaître sans qu'on comprenne bien
- 3:25pourquoi, surtout en Limousin,
- 3:26ce qui rend le programme beaucoup plus aigu qu'ailleurs.
- 3:29Parce que en Limousin c'est la forêt et
- 3:30donc on le voit pas arriver
- 3:32et on le voit pas arriver.
- 3:34Et puis il est très difficile à débusquer finalement.
- 3:38Donc c'est son mystère si vous voulez,
- 3:39et puis son aspect sauvage qui m'ont
- 3:41qui m'ont toujours fasciné.
- 3:42L'intelligence aussi,
- 3:44non ? Oh,
- 3:44une intelligence très pointue
- 3:46contrairement à ce qu'on peut penser
- 3:48instinctive, évidemment,
- 3:50plus que
- 3:51plus que rationnelle,
- 3:52mais d'un d'un instinct vraiment
- 3:54phénoménal, si je puis dire.
- 3:56Oui. Alors vous avez déjà évoqué avec l anecdote qui concernait Hélène Grimaud.
- 3:59Certains comportements
- 4:01de des loups
- 4:02et dans votre livre alors vous mettez en scène
- 4:05un couple de
- 4:06loups, lupo et Léna
- 4:08et vraiment avec vous,
- 4:09on partage leur vie,
- 4:10on apprend et moi j'ai appris énormément de choses
- 4:13sur le
- 4:14la, façon dont vivent les loups,
- 4:16leur vie quotidienne.
- 4:18Et c'est à dire que
- 4:19vous avez
- 4:20en amont effectué un un gros travail de
- 4:22documentation. Non,
- 4:24pour moi c'était si je
- 4:25puis dire aussi instinctif que
- 4:27chez les loups finalement
- 4:28c'est à dire ?
- 4:28C'est à dire que pour vous êtes
- 4:30un loup,
- 4:30il y a du loup
- 4:31en vous
- 4:32quelque part.
- 4:32Je suis un loup solitaire,
- 4:33moi je vis là-bas,
- 4:34loin dans mon Quercy,
- 4:36dans ma
- 4:36dans mes campagnes,
- 4:37loin, loin,
- 4:39loin des forts vivants et Nissan comme les appelaient monterlant,
- 4:42c'est à dire de la population des grandes métropoles et tout ça.
- 4:44Donc finalement je vis aussi moi un peu avec cet instinct là
- 4:49de la solitude et
- 4:50je dirais pas de la survie.
- 4:51Mais pour les loups le problème c'est la survie,
- 4:53c'est à dire que
- 4:54pour suivre il faut qu'ils mangent
- 4:56de toute façon
- 4:57donc. Leur quête quotidienne perpétuelle,
- 5:00c'est la,
- 5:01c'est la quête de
- 5:02des troupeaux
- 5:03de brebis ou plus
- 5:05plus récemment hélas
- 5:06de veaux et de vaches
- 5:07Notamment en Limousin,
- 5:09c'est très régulièrement que on voit sur le journal La montagne dans le Limousin,
- 5:13attaque de
- 5:14loups et dernièrement,
- 5:16il y a une dizaine de jours,
- 5:1812 brebis égorgées.
- 5:20Ce qui fait quand même que
- 5:21ce qui fait que les éleveurs sont dans
- 5:24une. Une colère
- 5:26et d'une
- 5:27et d'une violence même qu'on peut comprendre
- 5:29parce que c'est
- 5:30ils jouent,
- 5:30eux aussi ils jouent leur survie,
- 5:31parce que là-bas c'est quand même des conditions économiques très difficiles
- 5:35du fait que
- 5:36bon, le
- 5:36milieu est très hostile finalement.
- 5:39Et puis ils sont soumis aussi à la concurrence des moutons
- 5:42néo-zélandais, ils sont soumis aux normes de Bruxelles de plus en plus rigides chaque année,
- 5:47et donc eux aussi ils sont en état de survie,
- 5:48ce qui fait que quand même il y a conflit là permanent
- 5:51qui est violent.
- 5:52Oui mais alors qui menace qui dans cette affaire ?
- 5:55Qui est le plus menacé aujourd'hui ?
- 5:57écoutez-moi je souffre autant
- 5:59de boire,
- 6:00je ferais autant d'eau à
- 6:01un loup
- 6:01tué que
- 6:03d'une brebis égorgée.
- 6:04Finalement, c'est une question de
- 6:06survie pour le milieu
- 6:08naturel, le milieu animal tout simplement.
- 6:10Bon, les écologistes prétendent que
- 6:14par exemple,
- 6:15tuer un
- 6:16mâle ou une femelle mâle Alpha,
- 6:18ça provoquerait.
- 6:20L'éclatement de la meute et donc la multiplication des attaques.
- 6:24Que répondre à ça ?
- 6:25C'est sûrement vrai.
- 6:26D'un autre côté,
- 6:27les éleveurs,
- 6:28eux, assurent que
- 6:31ils ont pas
- 6:32les moyens de se défendre.
- 6:33Les moyens financiers,
- 6:34c'est vrai parce que
- 6:35il faudrait créer davantage de brigade loup,
- 6:38c'est à dire des gens qui sont payés par l'Office national de la biodiversité
- 6:42et qui sont chargés de surveiller les troupeaux.
- 6:44Mais ça coûte cher.
- 6:45Et également par des ils pourraient être aidés par les bénévoles
- 6:48qui sont formés par une société qui s'appelle la Férus,
- 6:51dont dont la mission justement est de
- 6:53former des bénévoles
- 6:54pour surveiller les troupeaux.
- 6:56Mais tout ça coûte cher,
- 6:57donc c'est uniquement finalement
- 6:59pour résoudre
- 6:59ce problème.
- 7:00C'est presque uniquement une question d'argent
- 7:02tout simplement,
- 7:02comme d'habitude d'ailleurs.
- 7:06Alors vous mettez en scène cet affrontement ?
- 7:09Par l'intermédiaire de
- 7:102 couples,
- 7:11un couple d'éleveurs qui subit
- 7:13des attaques contre son troupeau de moutons et puis un couple de défenseurs
- 7:17de l'animal
- 7:18et de la biodiversité.
- 7:20Mais donc,
- 7:21on l'a compris depuis le début de cette conversation,
- 7:24vous, ne prenez pas vraiment
- 7:26parti parce que je
- 7:28pense que
- 7:29je pense que la cohabitation
- 7:31est possible.
- 7:32Elle l'est d'ailleurs dans les Abruzzes.
- 7:33Parce que
- 7:34voilà. C'est ce
- 7:35que vous
- 7:36répétez à
- 7:37plusieurs reprises,
- 7:38c'est que chez nos voisins,
- 7:39que ce soit en Italie ou en
- 7:40Espagne, cette cohabitation
- 7:42ou même dans le Mercantour déjà
- 7:44est possible.
- 7:44Pourquoi ne l'est elle pas
- 7:46chez nous ou ailleurs
- 7:47dans d'autres régions
- 7:48françaises ? Parce que
- 7:50je pense que les traditions sont pas du tout les mêmes,
- 7:53que tous les éleveurs de nos régions sont
- 7:56avant tout des chasseurs.
- 7:58Et que donc
- 7:59ils ont tendance à considérer le loup comme
- 8:02n'importe quel
- 8:03animal hostile finalement ?
- 8:06Mais je pense aussi que le milieu joue beaucoup,
- 8:09c'est à dire que
- 8:10c'est plus difficile encore une fois de
- 8:12déjouer les attaques des loups
- 8:14en milieu forestier.
- 8:15Que dans les Abruzzes ou dans le
- 8:17dans le Mercantour où la végétation n'est pas du tout la même,
- 8:20on les voit
- 8:22arriver les loups,
- 8:22on les voit de loin,
- 8:23tandis que dans quand ils sont,
- 8:24quand ils
- 8:24sortent de la forêt pour attaquer un troupeau,
- 8:26on les voit pas arriver et c'est beaucoup plus difficile
- 8:29en Limousin,
- 8:29c'est beaucoup plus difficile qu ailleurs.
- 8:30On sent quand même vous allez dire si je me trompe
- 8:33en vous lisant.
- 8:34Que à titre personnel,
- 8:37vous avez
- 8:38une empathie
- 8:39tout de même
- 8:40assez marquée pour le
- 8:41pour le loup,
- 8:42pour les loups,
- 8:43non ? Je me
- 8:43trompe ou
- 8:44oui c'est vrai,
- 8:45mais ça vient de loin encore une fois,
- 8:46et je voulais dire,
- 8:47on revient au début de notre conversation,
- 8:49on revient à Jack London tout simplement.
- 8:51Moi j'ai lu
- 8:52croc blanc,
- 8:53je devais avoir
- 8:546 7 ans,
- 8:55mais j'ai jamais oublié.
- 8:56Et puis je me souviens que dans croc blanc,
- 8:57on a vraiment le loup en direct,
- 8:59on a la pensée du loup et tout
- 9:01ça. C'est ce que j'ai voulu faire.
- 9:02C'est ce qu'on a un peu ici aussi dans votre livre.
- 9:04Oui, ce
- 9:04que je disais tout à l'heure,
- 9:05on partage vraiment non seulement leur vie quotidienne,
- 9:08mais il
- 9:09y a
- 9:09un peu une espèce d'anthropomorphisme.
- 9:11Voilà, oui,
- 9:11on devient le loup.
- 9:13C'est ce qui m'intéressait le
- 9:14plus finalement dans l'écriture
- 9:16de ce roman,
- 9:17avec le fait également que je l'ai situé dans
- 9:20un milieu naturel,
- 9:22le plateau Limousin,
- 9:23que j'aime beaucoup et que je connais parfaitement
- 9:25depuis que j'ai écrit la rivière espérance.
- 9:27Enfin bref,
- 9:28c'est un milieu que j'aime beaucoup.
- 9:30Donc finalement je l'ai écrit
- 9:31tout à fait sans grande difficulté malgré la difficulté du sujet.
- 9:35Parce que
- 9:36ça m'intéressait de ce
- 9:37double point de vue finalement.
- 9:38Mais est ce que
- 9:39pour parler
- 9:40comme un président
- 9:41de la République,
- 9:42ce en même
- 9:43temps entre d'un côté mais oui il faut défendre
- 9:46les éleveurs et de l'autre défendre le loup.
- 9:49Ce en même
- 9:50temps autour du loup
- 9:51est-il est-il tenable ?
- 9:52Christian Signol,
- 9:54je pense qu'il le sera,
- 9:55qu'il le
- 9:56deviendra tenable parce que
- 9:58parce que quand même,
- 10:00la raison va finir quand même par triompher dans la mesure.
- 10:04On va,
- 10:04on va aider davantage et comme il faut
- 10:07les éleveurs
- 10:08et que finalement les éleveurs finiront
- 10:11par admettre que
- 10:12la biodiversité
- 10:14est quand même indispensable et qu'on a pas le droit d'éradiquer une espèce comme
- 10:18on l'a fait à la fin du 19e siècle.
- 10:21Alors dans votre
- 10:22note d'auteur,
- 10:23à la fin du roman,
- 10:24vous écrivez que vous souhaitez faire avancer la compréhension
- 10:27entre les uns et les
- 10:28autres. Donc les partisans du loup et les
- 10:30adversaires, ce n'est pas un vœu pieux
- 10:33et ou et ou en quoi je
- 10:34pose ma formule,
- 10:35ma question autrement,
- 10:36en quoi vraiment vous pensez
- 10:38aider à cette compréhension ?
- 10:41Je pense aider justement en démontrant.
- 10:44Que les 2,
- 10:45les 2,
- 10:46les 2 tests sont sont
- 10:48sont possibles,
- 10:49mais je le crois vraiment.
- 10:51Mais il s'agit d'abord avant tout de convaincre les éleveurs,
- 10:54parce que c'est les éleveurs qui souffrent le plus.
- 10:57Finalement, pour les convaincre,
- 10:59il faut les aider.
- 11:00Et actuellement,
- 11:00on ne les aide pas comme il faut.
- 11:03les aider avec des brigades loups,
- 11:04avec des bénévoles,
- 11:05avec des appareils par exemple,
- 11:06avec des appareils qu'on appelle des effaroucheurs,
- 11:09ce sont des appareils.
- 11:10Qui déclenche quand un animal passe dans un
- 11:13rayon de 10 M,
- 11:14qui déclenche des hurlements d'apocalypse
- 11:16et qui éloigne
- 11:17tous les animaux et pas seulement le loup.
- 11:19Mais vous voyez avec
- 11:20des méthodes techniques comme ça,
- 11:21des et puis une aide financière
- 11:25notamment aussi
- 11:27en achetant
- 11:28des patous,
- 11:28parce qu'une
- 11:29enquête, les
- 11:30chiens des
- 11:31Pyrénées, les grands chiens des Pyrénées
- 11:32blancs. Une enquête a
- 11:34montré que 5
- 11:36patous dans un troupeau suffisaient.
- 11:39À des
- 11:40à éloigner non pas un ou 2 loups,
- 11:41mais une meute entière.
- 11:42Donc il faut leur acheter des Patou,
- 11:44parce que les Patou ça coûte cher à l'achat,
- 11:46mais ça coûte cher aussi à l'entretien,
- 11:47parce que ça c'est des gros chiens,
- 11:48ça mange ça.
- 11:49Voilà. Donc c'est encore une fois une question de moyens à mon avis,
- 11:53et je pense que tout est possible à l'avenir,
- 11:55du moins je l'espère.
- 11:56Alors cette incompréhension entre les éleveurs et les défenseurs du loup ?
- 12:01Vous la mettez en scène aussi là,
- 12:03et avec toute la violence qu'elle peut
- 12:06prendre parfois,
- 12:08est-ce que
- 12:08si on élargit cette incompréhension,
- 12:11cette violence,
- 12:12ne sont-elles pas le révélateur d'un mal plus profond aujourd'hui dans notre société,
- 12:17qui est l'impossibilité de se parler souvent,
- 12:19d'échanger, d'aboutir à de
- 12:21compromis ? Sans
- 12:24doute aussi,
- 12:25sans doute aussi bien que là quand même,
- 12:26on se trouve dans des conditions
- 12:29d'existence. Extrême quand même
- 12:33c'est à dire un milieu hostile,
- 12:35difficultés économiques,
- 12:37tout le monde est en tout le monde est en
- 12:38est en survie finalement quoi
- 12:40là-bas ? Que ce soit les loups,
- 12:42les éleveurs,
- 12:42tout le monde,
- 12:43tout le monde souffre quoi
- 12:44de la difficulté de la vie au point que
- 12:47ils ont quand même adopté
- 12:48des une attitude
- 12:50vraiment extrême les éleveurs quand
- 12:52ils ont
- 12:54apposé des affiches dans les villages.
- 12:58Autorisant une récompense à qui tuerait un loup.
- 13:03Et ça alors c'est
- 13:04absolument illégal ?
- 13:05Et pourtant ils ont fait ça.
- 13:06Mais pourtant ils risquent gros
- 13:07parce que éliminer tuer un loup qui
- 13:09est une espèce strictement protégée,
- 13:12c'est 150000€
- 13:13d'amende et 3 ans d'emprisonnement
- 13:15ferme, pas en sursis ferme.
- 13:17Et donc ils ont pris énormément de risques,
- 13:19ce qui montre justement la
- 13:21l'extrême difficulté de leur situation.
- 13:24Alors, est-ce que vous ne redoutez pas avec ce livre ?
- 13:25Même si on a compris.
- 13:27Voilà, vous défendez un peu la cause de
- 13:29chacun. Mais
- 13:30est-ce que vous ne redoutez pas de
- 13:32vous faire quelques ennemis
- 13:34dans le Limousin ?
- 13:36J'espère que non.
- 13:37Mais j'espère aussi que
- 13:39je serai toujours vivant au mois de décembre
- 13:41après la sortie du livre et surtout après la foire de
- 13:44après la foire du
- 13:45livre de Brive.
- 13:46Parce que
- 13:46bon, si
- 13:49le responsable m'avait proposé de
- 13:51faire une conférence
- 13:52à ce sujet avec des éleveurs et des bon,
- 13:55finalement, on y a renoncé parce que
- 13:57c'était quand même peut-être un peu trop périlleux malgré.
- 14:00La modération de
- 14:02des propos de ce roman quand même,
- 14:03ce qui
- 14:04est quand même un roman
- 14:06très raisonnable et
- 14:07très qui est qui est au contraire du qui est
- 14:11au contraire des conflits du
- 14:12qu'on constate quoi
- 14:14et heureusement
- 14:15auquel de
- 14:16vos personnages vous identifiez vous le plus
- 14:19dans ce livre ?
- 14:20Ah moi,
- 14:20le personnage qu'il préfère c'est lupo.
- 14:22Ah le loup Alpha,
- 14:23c'est le loup Alpha,
- 14:24le grand mâle,
- 14:25le grand mâle,
- 14:26enfin surtout le loup solitaire au début quoi,
- 14:28parce que
- 14:29finalement moi.
- 14:31Je suis
- 14:32un peu un loup solitaire aussi
- 14:33Je vis loin quand même des grandes agglomérations.
- 14:36Et bon,
- 14:36mon milieu n'est pas le même.
- 14:37Chaque fois que je
- 14:38suis sur le boulevard Montparnasse,
- 14:40je pense aux vers de Rimbaud
- 14:41que les oiseaux,
- 14:42les sources sont loin.
- 14:46Alors lupo,
- 14:47Christian Signol,
- 14:49pardon, la,
- 14:50nature, la vie sauvage sont ici célébrées comme jamais sous votre plume.
- 14:56Vous, ne vous en lasserez
- 14:58jamais de cette
- 15:00célébration et d'où vient cet amour chez vous de du vivant ?
- 15:04Je peux pas m'en lasser parce que c'est mon milieu naturel,
- 15:07c'est à dire je suis né là-dedans,
- 15:08dans ce milieu
- 15:09naturel vivant,
- 15:10des bois,
- 15:11des animaux,
- 15:12des forêts,
- 15:13des poissons,
- 15:13des rivières.
- 15:14Et finalement,
- 15:15c'est un
- 15:16monde, c'est le monde qui est le mien,
- 15:18celui que je préfère,
- 15:19et finalement je pourrais pas vivre ailleurs.
- 15:20D'ailleurs j'aurais pu aller travailler à l'âge de 20 ans dans des grandes villes,
- 15:24comme beaucoup de mes amis qui sont tous partis,
- 15:26mais moi j'ai choisi de rester,
- 15:28ça a pas été facile,
- 15:29mais quand même,
- 15:30je j'ai eu une vie telle que
- 15:32je telle que je l'espérais.
- 15:35Alors, vous êtes amoureux de la nature,
- 15:37est ce
- 15:37qu'on on pourrait vous qualifier d'écrivain
- 15:40écologiste d'une certaine manière ?
- 15:42Non, on ne
- 15:43peut pas.
- 15:43Pourquoi ? Parce
- 15:44que le
- 15:45je pense que l'écologie a pris un tour politique qu'elle ne devrait pas avoir.
- 15:49Pour moi,
- 15:49l'écologie c'est quelque
- 15:51chose de
- 15:51très important
- 15:52et de fondamental,
- 15:53mais avec des connotations politiques que ça a pris aujourd'hui,
- 15:56je pense qu'elle est
- 15:57largement dénaturée.
- 15:58Mon écologie à moi,
- 15:59c'est pas celle-là,
- 16:00elle existe,
- 16:00c'est la vraie,
- 16:01mais c'est pas l'écologie politique,
- 16:03c'est à dire
- 16:03quelle est votre écologie ?
- 16:04Christian Orsignol,
- 16:06c'est la,
- 16:07comment dire la
- 16:08préservation du milieu naturel.
- 16:11Et avec tout ce que ça suppose,
- 16:13tous les moyens que ça suppose.
- 16:14Mais pas
- 16:17à partir de positions aussi extrémistes que je constate dans les,
- 16:22dans, les attitudes des
- 16:24écologistes d'aujourd'hui
- 16:26qui sont avant tout
- 16:28des écologistes
- 16:29politiques. Moi je suis pas un écologiste
- 16:31politique, je suis
- 16:31un écologiste naturel,
- 16:33c'est pas la même chose.
- 16:34Et alors ?
- 16:34À ceux qui
- 16:35vous taxeraient,
- 16:36et ça a dû vous arriver d'ailleurs,
- 16:37depuis que vous écrivez de.
- 16:39De passéiste
- 16:40toujours plongé dans cette nostalgie de d'autrefois.
- 16:44Ben je réponds à la
- 16:45phrase de
- 16:46Renan, Tous les hommes de progrès sont des
- 16:49hommes qui auront le respect profond du passé.
- 16:51Et je le pense très sincèrement.
- 16:53Et je pense aussi souvent à
- 16:54Giono qui a
- 16:56qui a écrit,
- 16:56finalement, le
- 16:57monde n'appartient pas à ceux qu'il possède,
- 16:59mais à ceux qui le contemplent.
- 17:01Magnifique formule en effet,
- 17:03de Giono.
- 17:04Et dans quelle famille alors là,
- 17:06d'un coté,
- 17:07d'un aspect plus littéraire,
- 17:08dans quelle famille d'écrivains de la nature
- 17:11vous rangeriez vous ?
- 17:13Christian Cigal,
- 17:14c'est la famille des
- 17:16écrivains de
- 17:18du milieu naturel,
- 17:19c'est à dire
- 17:21tout ce qu'on
- 17:22Giono bien sûr,
- 17:23au départ,
- 17:25Maurice genevoix,
- 17:26André chanson,
- 17:27enfin des gens
- 17:28qui écrivaient non pas sur les grandes métropoles,
- 17:30mais encore une fois sur le milieu.
- 17:31Dans le milieu naturel,
- 17:32plus tard ça a été Jean-Pierre Chabrol,
- 17:34enfin des gens comme ça
- 17:36C'est une littérature qui a été un peu
- 17:39méprisée, que on qualifie ça souvent comme
- 17:43littérature de terroir,
- 17:45ce que j'aime pas du tout.
- 17:46Moi j'aime pas le mot terroir,
- 17:47j'aime le mot territoire
- 17:48mais pas le mot terroir.
- 17:49Mais parce qu'un territoire ça se défend,
- 17:51terroir je sais pas trop ce que c'est,
- 17:53ça m'intéresse pas beaucoup
- 17:54en tout cas.
- 17:56Ce milieu-là,
- 17:57c'est le mien
- 17:58et j'y
- 18:00finalement, j'ai été très
- 18:02heureux toute ma vie et
- 18:04je ne l'ayant jamais quitté malgré les difficultés.
- 18:07Alors il existe
- 18:09en France,
- 18:11chez une partie de la critique notamment,
- 18:13une forme de mépris.
- 18:15Pour cette littérature
- 18:16de la nature,
- 18:18alors que
- 18:19celle venue d'Amérique,
- 18:20ce qu'on appelle le nature Writing,
- 18:22est célébrée,
- 18:24vous trouvez ça quelque part
- 18:25injuste, vous ne comprenez ?
- 18:27Je trouve
- 18:28que c'est
- 18:29juste, c'est peut être pas le mot
- 18:30incompréhensible. Jim Harrison,
- 18:33Norman Maclean
- 18:34aux États-Unis,
- 18:35ce sont des écrivains extraordinaires,
- 18:36mais vous savez bon,
- 18:37par exemple,
- 18:38même Faulkner,
- 18:39à la fin de sa vie
- 18:40à New York,
- 18:40il était considéré comme un écrivain
- 18:42paysan. Vous
- 18:43voyez ce que
- 18:43je veux dire ?
- 18:43Donc il y a toujours un
- 18:44mépris dans les grandes métropoles
- 18:46pour les gens qui vivent,
- 18:47qui vivent ailleurs justement que dans ces grandes métropoles.
- 18:52Donc ça date pas d'aujourd'hui
- 18:54mais en France ça a été accentué à mon avis depuis la fin de la
- 19:002e Guerre mondiale.
- 19:01Et parce que
- 19:02de parce que la vie finalement a glissé
- 19:06des campagnes
- 19:06des du milieu rural vers les grandes métropoles justement,
- 19:10où se passe la vie d'aujourd'hui ?
- 19:12Et donc forcément,
- 19:13ça fait un peu écriture passéiste quoi.
- 19:16Bien que
- 19:16pour moi c'est pas une écriture du passé,
- 19:19c'est une écriture du présent et surtout j'espère une écriture de l'avenir.
- 19:23Mais vous sentez une parenté avec justement ces
- 19:25auteurs américains que
- 19:26vous venez
- 19:27de citer comme un un Jim
- 19:28Harrison ? Jimmy,
- 19:29moi je l'ai croisé sur le boulevard Montparnasse le jour.
- 19:32SN. Il était à jeun,
- 19:34non, non,
- 19:35non, il tanguait beaucoup.
- 19:37Je l'ai pris
- 19:38par le
- 19:38bras et on allait s'asseoir là où il s'asseyait souvent au café de
- 19:42boulevard Montparnasse,
- 19:43là et tout ça.
- 19:44Bon, ça a duré,
- 19:46ça a duré une demi-heure,
- 19:473 quart d'heure.
- 19:47J'ai rien compris à ce qu'il m'a raconté parce que de toute
- 19:49façon il était incapable
- 19:51d'articuler un mot.
- 19:52Mais j'ai lu tout ça.
- 19:53Moi j'ai lu
- 19:54dalva, la route du retour,
- 19:56North Michigan,
- 19:57enfin je le vraiment,
- 19:58je le connais très bien.
- 19:59Je l'ai lu très bien.
- 20:00De même que
- 20:01Faulkner, évidemment,
- 20:02et Norman Maclean
- 20:03surtout parce que moi,
- 20:04Norman Maclean,
- 20:05c'est au milieu
- 20:05d'une rivière
- 20:06avec Brad Pitt et
- 20:08le film de Redford qui est
- 20:09qui est extraordinaire et qu'on a revu récemment à la télévision.
- 20:12Et ça,
- 20:12c'est vraiment
- 20:14mon milieu à moi,
- 20:15ça, les rivières,
- 20:16les forêts.
- 20:20Alors on va se pencher sur votre succès incroyable
- 20:23qui dure.
- 20:24Depuis quoi ?
- 20:24Ça fait
- 20:2530 ans,
- 20:2640 ans,
- 20:27plus de
- 20:2740 ans,
- 20:281984, premier best seller
- 20:30quoi, une cinquantaine de
- 20:32livres. D'ailleurs,
- 20:33tout à l'heure,
- 20:34avant de commencer cet entretien,
- 20:36vous m'avez bluffé
- 20:38parce que vous etes capable année par année de
- 20:41me citer,
- 20:42de citer le livre que vous avez publié.
- 20:45Vous avez en mémoire donc
- 20:46tous ces titres et année par année.
- 20:49Alors je vous teste,
- 20:49chiche, je ne sais pas si je vous dis
- 20:512010, 2010,
- 20:54les enfants des justes
- 20:55dont on a tiré un feuilleton avec Antonin,
- 20:58c'est il
- 20:59y a 2 3 ans
- 20:59pour la
- 21:00pour Antenne 2,
- 21:01alors je ne vais même pas vérifier,
- 21:02j'ai la bibliographie là à côté de moi,
- 21:04mais je suis sûr que
- 21:05vous ne vous trompez pas,
- 21:06non, 2010 c'est une si belle école,
- 21:07c'est 2012,
- 21:08les enfants des justes,
- 21:082010 c'est une
- 21:09si belle école.
- 21:10Bon, une
- 21:11légère hésitation,
- 21:12mais on vous pardonne.
- 21:14Alors vous publiez au rythme d'un livre
- 21:17par an.
- 21:20Oui justement.
- 21:21Alors c'est ma question,
- 21:22est ce que
- 21:22vous n'êtes pas otage de
- 21:24votre succès ?
- 21:27Non je pense pas parce que depuis toujours ça a été une nécessité.
- 21:31Ça l'est de moins en moins
- 21:32Parce que bon,
- 21:33après avoir écrit presque 50 romans,
- 21:34effectivement, il faut toujours changer
- 21:37de personnage,
- 21:37de lieu,
- 21:38d'époque, tout ça.
- 21:39Bon, j'ai fait un peu le tour quand
- 21:40même alors,
- 21:41mais. Finalement j'ai je me dis que
- 21:44sur ces 5
- 21:4550,00£ ces 40 années j'ai peut être pas écrit beaucoup
- 21:50de chefs d'œuvre mais comme disait Goethe,
- 21:53le chef d'œuvre
- 21:53c'est de durée
- 21:55et c'est ce que je suis
- 21:56en train de faire parce que c'est miraculeux quand
- 21:57même faut bien le dire.
- 21:58Enfin de
- 22:01être 200000 exemplaires minimum depuis 40 ans,
- 22:04depuis Bernard Clavel ou peut être Sabatier encore Sabatier beaucoup moins.
- 22:09Il y a plus d'exemple et aujourd'hui c'est
- 22:10plus possible.
- 22:11Ça va tellement vite
- 22:13avec les
- 22:13aujourd'hui ce serait
- 22:14si J arrivais aujourd'hui ce serait impossible.
- 22:17Donc j'ai eu de la chance,
- 22:18je suis arrivé au bon moment
- 22:19finalement. Alors il existe une forme de
- 22:21paradoxe dans votre succès qui s'est construit
- 22:23en marge des médias et en même temps,
- 22:26bah il s'est construit grâce à l'impact de
- 22:28l'adaptation de vos livres
- 22:30par le média le plus puissant
- 22:32qui est la télévision.
- 22:34Oui, oui,
- 22:36ça a éclaté avec la
- 22:38rivière espérance
- 22:39qui a été tourné en
- 22:4194 et
- 22:43sorti en 95.
- 22:45Effectivement, ça a été déterminant pour moi.
- 22:47C'est à partir de ce moment-là
- 22:48que j'ai compris que le succès était quasiment
- 22:52définitif et que j'ai renoncé à mon travail de directeur administratif
- 22:56à la mairie de Brive.
- 22:58Et je
- 22:58vis de mes livres depuis ce moment-là.
- 23:02Assez facilement.
- 23:03Bon on
- 23:04peut dire voilà très facilement,
- 23:05mais ça a été déterminant.
- 23:07Mais ce chemin je l'ai fait moi même,
- 23:10j'ai pas attendu qu'il arrive,
- 23:11c'est à dire que moi
- 23:12j'étais. J'ai toujours été persuadé que le succès définitif viendrait par l'image
- 23:16parce que j'ai toujours pensé qu'on était passé dans la
- 23:18civilisation de l'image plutôt que dans celle de l'écrit.
- 23:20Et donc
- 23:21moi très tôt j'ai commencé à écrire des projets de scénario.
- 23:26C'est comme ça que j'ai
- 23:28pris contact avec le
- 23:30un des producteurs.
- 23:32Qui a fini par acheter les droits de la rivière espérance ?
- 23:35Vous savez,
- 23:35moi j'ai rien
- 23:36obtenu par hasard.
- 23:38J'ai obtenu tout ce que j'ai obtenu,
- 23:39je l'ai obtenu par le travail et quand j'écrivais moi des scénarii originaux,
- 23:43je savais pas faire ça.
- 23:44J'ai appris tout seul
- 23:46et c'est parce que j'ai fait ce chemin là que j'ai pu
- 23:48rencontrer des producteurs qui ont vendu ces projets à la télévision.
- 23:52Alors je
- 23:53le disais,
- 23:5450,15£ 1000000,
- 23:56c'est ça à peu près de
- 23:57un peu
- 23:58plus maintenant,
- 24:0040 ans de carrière,
- 24:02tous ces chiffres là,
- 24:03qu'est-ce que,
- 24:04qu'est-ce que ça suscite
- 24:05chez chez vous ?
- 24:07Plus rien
- 24:07aujourd'hui, mais
- 24:08à l'époque,
- 24:08ça m'a donné
- 24:09vous êtes blasé.
- 24:10Comment vous êtes blasé ?
- 24:11Non, pas du tout,
- 24:12pas du
- 24:12tout, mais.
- 24:13Comment dire
- 24:14à l'époque,
- 24:15au moment des de l'arrivée à l'espérance,
- 24:17là j'étais vraiment,
- 24:18j'avais des enfants qui étaient en âge de
- 24:20partir, de faire des études universitaires
- 24:23et c'est tombé vraiment au bon moment quoi.
- 24:25J'ai fait tout ce qu'il fallait pour que ça arrive,
- 24:27mais vraiment
- 24:28à ce moment-là ça a été
- 24:29une bénédiction.
- 24:31Bon ça dure depuis,
- 24:32mais ça aurait pu s'arrêter depuis,
- 24:34ça aurait pas été un
- 24:35un malheur.
- 24:36Vraiment pas,
- 24:36non, non,
- 24:36non, non.
- 24:37Finalement, j'ai bénéficié de tous les bienfaits de,
- 24:42l'existence. J'ai eu beaucoup de chance,
- 24:44donc j'ai eu beaucoup de chance parce que je suis arrivé au bon moment.
- 24:47Ensuite, j'ai compris qu'il y avait là un lectorat
- 24:51potentiel traditionnel,
- 24:53qui était celui qui
- 24:54était des gens qui habitaient en
- 24:57milieu rural,
- 24:58mais aussi
- 24:59et surtout
- 25:00tous ceux qui étaient nés en milieu rural
- 25:01mais qui étaient partis dans les grandes métropoles
- 25:04et qui étaient à la recherche de ce qu'ils avaient perdu.
- 25:07Et c'était le chiffre
- 25:10de ces de ces lecteurs là potentiels
- 25:12était énorme, ?
- 25:13Et ça et ça,
- 25:13il y
- 25:14avait un directeur littéraire qui l'avait compris.
- 25:16Le premier,
- 25:16il s'appelait Jacques Pochemore chez Robert Laffont
- 25:19et le premier qu'il a publié,
- 25:21c'était clancier,
- 25:22c'était le pain noir.
- 25:23Et c'était
- 25:24Théo Girard,
- 25:24en 1956,
- 25:25qu'il a publié le pain noir.
- 25:27Il avait compris ça,
- 25:28il avait senti ça,
- 25:28qu'il y avait un lectorat potentiel.
- 25:32Est ce que
- 25:32vous n'avez jamais été tenté de
- 25:35quitter Brive et votre région
- 25:37natale ? Parce que vous avez quand même un
- 25:39un cas un peu à part,
- 25:40longueur du succès,
- 25:42mais aussi fidélité à
- 25:44un un territoire,
- 25:45c'est ça ?
- 25:45Vous préférez le mot territoire à celui de terroir ?
- 25:49Ben vous savez,
- 25:50c'est la phrase de
- 25:51Chateaubriand, l'homme n'a pas besoin de
- 25:53voyager qui porte en lui l'immensité.
- 25:56Ben je pense beaucoup.
- 25:59C'est pour moi,
- 25:59c'est une,
- 26:00c'est fondé c'est
- 26:01je sens ça comme ça,
- 26:02c'est à dire que par l'imagination je voyage beaucoup,
- 26:04mais quand même,
- 26:05j'ai quitté Brive
- 26:06je suis pas resté
- 26:07toute ma vie à Brive
- 26:08je suis allé à l'étranger quand même,
- 26:10j'ai voyagé un peu
- 26:12mais toujours pour revenir
- 26:14près de
- 26:15finalement de ce qui est
- 26:16finalement le territoire
- 26:18de l'enfance.
- 26:19Il y a un proverbe
- 26:20musulman qui dit je crois,
- 26:22finalement, c'est le lait de l'enfance qui se répand dans le suaire.
- 26:26Vous voyez,
- 26:26ça veut dire que.
- 26:28C'est toujours l'enfance qui resurgit et
- 26:31c'est sans doute pour cette raison que j'ai jamais voulu
- 26:33quitter cette
- 26:35région là,
- 26:37celle où celle où je suis né,
- 26:38celle où je suis allé à l'école,
- 26:40celle où j'ai lu tout Victor Hugo
- 26:42dans mon
- 26:42école primaire parce qu'il y avait une toute petite bibliothèque
- 26:46de 3 étagères,
- 26:47mais où il y avait toutes les tous les livres de Victor Hugo.
- 26:49Et moi,
- 26:49pendant l'étude du soir,
- 26:51j'ai lu
- 26:52tout Victor Hugo avant l'âge de 12 ans.
- 26:55C'est ce qui a été déterminant,
- 26:56sans doute dans mon
- 26:57désir de
- 26:58d'écrire, je
- 26:59pense. Oui.
- 27:00Alors moi je vais évoquer une autre citation,
- 27:02celle de Georges Brassens
- 27:04qui moque dans une de ses chansons,
- 27:06tous ces imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
- 27:09Ils se trompent,
- 27:10Georges, je pense qu'il se trompe.
- 27:12Georges, parce que
- 27:13il avait une vision un peu partielle,
- 27:15lui, de
- 27:16des événements,
- 27:17parce qu'il avait été obligé de quitter Sète.
- 27:18Il était pas parti par hasard.
- 27:20Il avait été obligé de quitter Sète parce qu'il avait fait quelques petites.
- 27:24L'entourloupe là-bas
- 27:25qui a fait qu'il a été obligé de s'exiler dans le 14e arrondissement à Paris
- 27:30à ce moment-là.
- 27:30Sinon je suis pas sûr qu'il aurait quitté Sète.
- 27:32D'ailleurs rappelez-vous
- 27:33supplique pour être enterré à la place sur la plage de
- 27:36Sète. Donc vous voyez,
- 27:37il est quand même revenu à la
- 27:38fin quoi.
- 27:41Alors est-il vrai que
- 27:43vous avez évoqué l'enfance il y a un instant et vos lectures ?
- 27:46est-il vrai que vous vouliez devenir écrivain dès dès la,
- 27:49dès la petite enfance ?
- 27:51Oui, mon
- 27:52instituteur à l'école primaire,
- 27:54je devais avoir 11 ans,
- 27:5512 ans.
- 27:56Il interrogeait tous les élèves et leur demandait qu'est-ce que
- 27:59il voulait faire plus tard ?
- 28:00Et moi j'ai répondu,
- 28:01je veux devenir écrivain.
- 28:02Mais sûrement
- 28:03grâce à Victor Hugo, ?
- 28:05Parce que.
- 28:05Eh bien,
- 28:06cet instituteur,
- 28:07alors qu'on était au fin fond de la province.
- 28:13Et il m'a répondu,
- 28:14Eh bien,
- 28:14si tu le veux vraiment,
- 28:16tu le
- 28:17tu le
- 28:17deviendras. C'était quand même des
- 28:19hommes extraordinaires,
- 28:20mais vous savez,
- 28:20c'était les instituteurs,
- 28:23les héritiers des instituteurs de la 3e République,
- 28:25finalement quoi,
- 28:26qui croyaient vraiment aux
- 28:27enfants, au progrès,
- 28:28et cetera.
- 28:29Mais c'était
- 28:30des c'était
- 28:32111 homme extraordinaire.
- 28:33Oui, et le
- 28:34chemin était difficile,
- 28:35c'est ce que j'allais dire.
- 28:37Là, vous
- 28:37grillez devant,
- 28:38c'est ma
- 28:39ma question,
- 28:40donc l'envie d'être écrivain dès l'enfance.
- 28:42Et pourtant,
- 28:43votre premier livre,
- 28:44vous le publiez à quoi,
- 28:45près de 50 ans ?
- 28:46Non, en 84,
- 28:47j'avais 47
- 28:48ans. Ah oui,
- 28:49Ben près de 40 ans,
- 28:50oui, j'avais
- 28:51appris non,
- 28:51j'avais 37 ans en
- 28:5384, oui,
- 28:54seulement oui,
- 28:55oui, 37 ans,
- 28:55mais pourquoi le chemin était si long ?
- 28:57Parce que je vivais en province,
- 28:59c'est la phrase de Michon,
- 29:01le néant dans lequel nous étions plongés,
- 29:03mais c'est vrai,
- 29:04au fin
- 29:05fond de la province,
- 29:05dans ces années-là,
- 29:07c'était quasiment
- 29:09inaccessible, c'était
- 29:10un rêve inaccessible,
- 29:11d'où le fait.
- 29:13Que les éditeurs
- 29:14m'ont refusé des manuscrits pendant 10 ans.
- 29:17Mais moi,
- 29:18le jour où je recevais un
- 29:19manuscrit refusé,
- 29:20le jour même,
- 29:21je me remettais à écrire.
- 29:23Et ça a été difficile, ?
- 29:25Malgré l'appui souvent de
- 29:27Jacques Pechemore,
- 29:28le directeur littéraire
- 29:30de la France à ce moment-là,
- 29:31mais qui me
- 29:33qui me donnait pas des pistes
- 29:35très sûres.
- 29:36Vous voyez,
- 29:36il était un peu parce
- 29:38qu'il savait qu'il fallait.
- 29:39Qu'il faut faire ce chemin,
- 29:41c'est un chemin solitaire.
- 29:42L'écriture, normalement.
- 29:43Donc, par exemple,
- 29:44je me souviens de
- 29:45du premier BEST seller
- 29:47les cailloux Bleus.
- 29:48Je lui avais envoyé
- 29:49quelques pages,
- 29:50il m'avait répondu,
- 29:51C'est bien,
- 29:51mais on est à pied.
- 29:54J'ai mis 223 mois avant de comprendre ce qu'il voulait dire.
- 29:57Ça voulait dire simplement à pied,
- 29:59ça veut dire que ça allait,
- 29:59les choses allaient pas assez vite si vous voulez.
- 30:01Voilà exactement,
- 30:02mais c'est vrai que c'est un chemin solitaire
- 30:04qu'on ne peut faire que
- 30:05seul, et souvent,
- 30:07il faut y mettre le temps.
- 30:09Vous avez parlé de Victor Hugo,
- 30:11la lecture de
- 30:12votre enfance,
- 30:14et comment s'est forgée
- 30:16plus généralement votre
- 30:17culture littéraire
- 30:19par la suite,
- 30:19vous êtes toujours resté, ?
- 30:20Un grand lecteur ?
- 30:22Oui, toujours,
- 30:23même aujourd'hui,
- 30:23mais toujours
- 30:24je. Toute mon
- 30:25adolescence a été a
- 30:27été rythmée par les lectures de
- 30:30Giono, bien sûr,
- 30:31et Camus
- 30:33Giono par
- 30:34sa relation avec le monde naturel.
- 30:36Et Camus,
- 30:37parce que ces personnages étaient des personnages,
- 30:39notamment dans la peste,
- 30:40le personnage
- 30:40de Tarot ou
- 30:42d'autres. C'était des personnages
- 30:44généreux, positifs,
- 30:46comme l'étaient ceux de
- 30:48ma famille,
- 30:49des gens qui m'entouraient,
- 30:50si vous voulez.
- 30:51Donc j'ai grandi entre.
- 30:52J'ai grandi entre Giono et Camus,
- 30:54et ensuite j'ai tout lu,
- 30:55notamment les romanciers américains surtout.
- 30:59Pas le nouveau roman,
- 30:59à l'époque, ?
- 31:00Non mais parce que pour moi c'était c'était incompréhensible.
- 31:03Le nouveau roman,
- 31:04pour moi,
- 31:05je comprenais rien du tout,
- 31:06Mais Giono
- 31:07et Camus,
- 31:08oui, je,
- 31:09ils m'ont côtoyé pendant
- 31:1110 ans,
- 31:11de l'âge de
- 31:1215 ans jusqu'à
- 31:14bien après 20
- 31:14ans, C'était
- 31:16finalement c'est
- 31:17eux qui m'ont,
- 31:18qui m'ont,
- 31:18qui m'ont un peu guidé dans
- 31:20voilà la générosité,
- 31:22la positivité des personnages de Camus
- 31:25et le monde naturel de Giono
- 31:27et Jack London.
- 31:28Croc blanc,
- 31:28John London
- 31:30évidemment avant oui
- 31:31avec Croc blanc
- 31:33est ce qu'il y
- 31:34a 1£ bon vous
- 31:34parliez du nouveau Roman,
- 31:35mais est ce qu'il y a 1,00£
- 31:36que n'avait jamais réussi
- 31:38à terminer
- 31:39en tant que lecteur ?
- 31:40Pas de
- 31:41pas d'auteur bien sûr,
- 31:41il y en a
- 31:43beaucoup, je les citerai pas,
- 31:45mais il y
- 31:45en a beaucoup,
- 31:46pourquoi pas ?
- 31:46Allez, il
- 31:48y a des
- 31:49comment dire des univers où je peux où je rentre pas,
- 31:51où je peux pas rentrer
- 31:52parce que
- 31:53c'est pas.
- 31:54Mais je pourrais,
- 31:55mais j'ai pas envie de faire l'effort quoi si vous voulez.
- 31:57Moi pour moi la lecture ça doit être un plaisir
- 32:00et d'ailleurs
- 32:01actuellement je dirais plutôt que
- 32:03je ne lis pas,
- 32:04mais je relis
- 32:05tous les livres que j'ai aimé
- 32:07et ça me fait énormément de bien.
- 32:09Qui par exemple en ce moment ?
- 32:10J marison,
- 32:11je suis en train de relire dalva,
- 32:14quoi encore
- 32:16des gens comme
- 32:17genevois, qu'est ce que j'ai lu dernièrement ?
- 32:20Oui, des gens comme ça si vous voulez.
- 32:22Alors c'est pas
- 32:23c'est pas tourner en rond,
- 32:25mais c'est comment dire d'une certaine manière vérifier
- 32:29que l'essentiel était là
- 32:31et que je ne me suis pas trompé,
- 32:34mais j'ai pas,
- 32:34j'ai pas l'impression de m'être trompé.
- 32:36Je pourrais dire aujourd'hui,
- 32:38si j'étais prétentieux,
- 32:39je dirais comme Giono,
- 32:40ça fait
- 32:4050 ans que je suis assis dans mon fauteuil et c'est moi qui ai raison.
- 32:44Je n'irai pas jusque là,
- 32:45mais quand même.
- 32:46C'est un peu ce que je pense aujourd'hui quand
- 32:47même. Et alors ?
- 32:48Bah à propos,
- 32:50s'il ne fallait retenir
- 32:52qu'un seul
- 32:53de vos de vos livres,
- 32:55est ce que vous en seriez capable
- 32:56d'abord ? Et ce serait
- 32:58lequel ? Christian Signol,
- 32:59ce serait les cailloux Bleus,
- 33:00c'est à dire le
- 33:01premier livre
- 33:01édité par Lafont dans
- 33:03par un grand éditeur en 1984.
- 33:05Parce que
- 33:05ça, m'a sauvé
- 33:07Ça m'a sauvé la vie,
- 33:08C'était au bout de 10 ans d'efforts,
- 33:10De 10
- 33:11ans d'efforts,
- 33:11pas inutiles,
- 33:12mais très douloureux,
- 33:14Des manuscrits refoulés,
- 33:15alors c'était refoulé par Denoël,
- 33:17par Grasset,
- 33:18une fois par vous
- 33:20voyez des grandes maisons d'édition.
- 33:22Mais les cailloux Bleus,
- 33:23ça m'a sauvé la vie
- 33:25parce que
- 33:25parce que c'était à ce moment-là,
- 33:27c'était vraiment devenu
- 33:29vital, essentiel.
- 33:31Il le fallait
- 33:32vraiment il le fallait,
- 33:33parce que sinon je sais pas comment,
- 33:34je sais pas comment ça aurait tourné.
- 33:36Et donc 1984,
- 33:38mais j'avais 37 ans.
- 33:39Et j'écrivais depuis l'âge
- 33:42de 25 ans,
- 33:44j'envoyais des manuscrits depuis l'âge de
- 33:4525 ans,
- 33:46c'est plus de 10 ans,
- 33:47c'est 12 ans,
- 33:48Des manuscrits refoulés,
- 33:49il y a des c'était
- 33:50le prix à payer.
- 33:51Oui, il
- 33:52y a des manuscrits de cette époque là qui dorment toujours dans vos tiroirs.
- 33:55Oui, un ou 2.
- 33:56Mais bon,
- 33:57je pense que les éditeurs avaient raison à
- 34:00l'époque, c'est vrai,
- 34:01il fallait,
- 34:02il y avait,
- 34:03il fallait faire ce chemin.
- 34:05C'était absolument
- 34:06ça s'apprend,
- 34:07c'est comme un métier artisanal,
- 34:08mais il faut faire le chemin quoi.
- 34:11Votre prochain livre,
- 34:12vous l'avez en tête là déjà ?
- 34:14Ah oui,
- 34:15mais non seulement
- 34:18je l'ai en tête,
- 34:18mais il est écrit
- 34:19depuis. J'ai
- 34:20toujours un ou 2 manuscrits d'écrit
- 34:22d'avance, j'écris,
- 34:25j'écris tous les matins,
- 34:26pas beaucoup
- 34:271 h
- 34:2701h30 seulement,
- 34:29mais c'est beaucoup
- 34:32Si c'est 2 pages,
- 34:32Regardez, ça fait quand même 60
- 34:35pages. Par mois,
- 34:364*6 24
- 34:396 mois pour l'écrire,
- 34:406 mois pour le réécrire,
- 34:41Mais bon,
- 34:42aujourd'hui, j'écris moins quand même,
- 34:43parce que
- 34:43je crois que j'ai tout dit.
- 34:45Tout ce que je
- 34:45le peu,
- 34:46le peu que je savais,
- 34:47je l'ai écrit.
- 34:49Ce qui veut dire que alors
- 34:51vous avez 78 ans.
- 34:53Si je
- 34:53ne me
- 34:53trompe guère,
- 34:54vous ne comptez plus.
- 34:57Est ce que ça veut dire que
- 34:58un un écrivain
- 34:59pense à
- 35:00la retraite ?
- 35:02À cet âge là oui,
- 35:03c'est à dire que la retraite si vous voulez,
- 35:04je continuerai à écrire
- 35:05un peu,
- 35:06probablement pour moi
- 35:07beaucoup moins et pour
- 35:08moi, mais je pense que je
- 35:10peux. Je pense qu'il faut pas m'arrêter d'écrire
- 35:13mon fils qui est médecin,
- 35:14il me dit surtout
- 35:15n'arrête pas,
- 35:16mais je crois qu'il a raison.
- 35:17Mais il faut quand même
- 35:19écrire moins vite
- 35:20parce que c'est pas nécessaire et puis parce que
- 35:23ça devient quand même pour moi maintenant de
- 35:24plus en plus
- 35:25difficile, faut bien le dire.
- 35:27Qu'est ce qui est difficile ?
- 35:29De renouveler les sujets,
- 35:31c'est à dire les lieux,
- 35:32les personnages,
- 35:33les époques,
- 35:33tout ça.
- 35:35Finalement, je m'aperçois que j'ai
- 35:38utilisé à peu près tout ce qui m'était
- 35:41précieux. Vous voyez
- 35:42simplement, simplement,
- 35:44j'ai un petit projet là qui me
- 35:45qui me tient à cœur,
- 35:46mais qui
- 35:46se passe
- 35:47au bout.
- 35:48Chez Albin
- 35:49Michel, il y a une collection qui s'appelle
- 35:51lettres ouvertes
- 35:53et j'ai.
- 35:54J'ai écrit,
- 35:55j'ai commencé à écrire un tout petit peu.
- 35:56Je sais pas si je suis au
- 35:57bout quelque chose qui s'appelait
- 35:59lettre verte
- 36:00aux arbres et aux oiseaux,
- 36:01vous voyez ?
- 36:01Alors on
- 36:02parlait d'écologie,
- 36:03vous voyez l'écologie,
- 36:04la vraie écologie pour moi,
- 36:05c'est celle-là quoi,
- 36:06si vous voulez
- 36:07ce qu'on
- 36:07ce qu'on a fait aux
- 36:08arbres et aux oiseaux
- 36:09dans la civilisation contemporaine,
- 36:11voilà. Peut être on
- 36:14verra. Bon
- 36:14bah en tout cas,
- 36:15ne vous arrêtez pas trop
- 36:16vite d'écrire
- 36:17pour nous,
- 36:18pour notre plaisir.
- 36:20Et puis je rappelle que,
- 36:21en attendant,
- 36:21on peut lire donc votre nouveau roman d'une beauté sauvage publié chez Albin Michel.
- 36:26Le livre à lire,
- 36:27c'est un podcast de lire magazine et de Ouest France.
- 36:29Vous pouvez retrouver les meilleurs extraits de
- 36:32ce podcast par écrit
- 36:33dans le numéro de novembre du magazine Lire,
- 36:37Merci, beaucoup Christian Simard,
- 36:38merci à vous
- 36:39et puis à bientôt,
- 36:40à bientôt
- 36:41j'espère. Ah oui,
- 36:41nous aussi.