Latest / Riskintel Média - Le podcast en cybersécurité / Cybersécurité versus IT, qui a raison ? avec Ivanti
Transcript
- 0:02Le RSSI doit-il être consulté ?
- 0:05Non,
- 0:06le RSSI doit être intégré.
- 0:08Le vrai sujet,
- 0:09c'est est-ce que le RSSI a accès au COMEX,
- 0:11faire passer les bons messages en collaboration avec le DSI.
- 0:13Je pense que chacun a un prix.
- 0:15Demain,
- 0:15on propose à quelqu'un autour de cette table 50 millions d'euros pour donner un accès privilégié.
- 0:20Peut-être qu'on sera amené à se poser la question.
- 0:21La sécurité arrive et il bloque tout.
- 0:23Parce que l'IT a pensé qu'on pouvait aller dans le cloud.
- 0:25La sécurité,
- 0:26non,
- 0:26ce n'est pas possible.
- 0:27Il y a beaucoup de RSSI qui n'arrivent pas à faire le shift entre eux.
- 0:30Je suis IT versus qu'est-ce que ça amène vraiment au business ?
- 0:33Donc si le fait d'intégrer le RSSI,
- 0:35c'est un prétexte pour les équipes informatiques,
- 0:37en disant « on s'en fiche,
- 0:38le type va régler les problèmes en fin de chaîne » ,
- 0:40ça ne marche pas.
- 1:04Bonjour à tous et bienvenue à notre nouvelle émission Risques Intel Média,
- 1:08aujourd'hui en partenariat avec Ivanti.
- 1:10On va parler de la thématique suivante,
- 1:11RSSI versus DSI,
- 1:13la grande confrontation ou la grande collaboration.
- 1:15Vous avez dû d'ailleurs pour plusieurs voir qu'on a eu deux communications cette fois-ci pour cette émission.
- 1:20Vous avez été nombreux à commenter,
- 1:22à nous envoyer des messages,
- 1:23justement parce que vous souhaitez échanger avec nous,
- 1:25mais également échanger avec les différents experts qui sont avec nous aujourd'hui.
- 1:28Et d'ailleurs,
- 1:29je vais leur donner la parole pour qu'ils puissent se présenter et je vais commencer par Luc Sabo.
- 1:34Merci Yasmine de me laisser en premier lieu la présentation de moi-même.
- 1:38Je suis le directeur France d'Ivanti.
- 1:41Je travaille dans cette société depuis plus de 15 ans,
- 1:43autour d'expériences cumulées dans la production informatique pour accompagner nos clients.
- 1:50Ivanti,
- 1:50c'est une société internationale,
- 1:53leader dans un certain nombre de domaines,
- 1:554 en référence,
- 1:56la gestion des terminaux sécurisés,
- 1:57un terminal,
- 1:58un poste de travail,
- 1:59un équipement de mobilité,
- 2:01des actifs en termes d'IoT.
- 2:03Un autre pilier sur lequel on est reconnu,
- 2:06la gestion des services IT,
- 2:07tout ce qui accompagne la production informatique en termes de run,
- 2:11pour pouvoir gérer le changement,
- 2:12l'évolution,
- 2:12la transformation du SI,
- 2:14les ticketing,
- 2:15les incidents,
- 2:15les demandes.
- 2:16Un troisième pilier pour présenter la gestion de la sécurité autour des correctifs applicatifs et un dernier sur les accès aux réseaux d'entreprise.
- 2:25On est les premiers à avoir créé une plateforme qui réconcilie les DSI et les RSSI.
- 2:31L'idée derrière cette plateforme,
- 2:32c'est d'apporter par l'intelligence artificielle la transformation,
- 2:36l'hyper-automatisation,
- 2:38de manière à adresser mieux l'expérience de l'utilisateur,
- 2:40car au final,
- 2:42celle-ci est importante pour le développement business de l'entreprise.
- 2:44Voilà pour la présentation d'Iventi.
- 2:45Vincent Champin.
- 2:47Bonjour,
- 2:48Vincent Champin,
- 2:48je suis au comité exécutif du groupe Framatome.
- 2:51Framatome,
- 2:52c'est un leader mondial des composants nucléaires et des services nucléaires,
- 2:55mais aussi des solutions digitales et cybersécurité.
- 2:58Et au comité exécutif de Framatome,
- 3:01je m'occupe de trois sujets,
- 3:02le développement de nos solutions digitales,
- 3:04la digitalisation,
- 3:05c'est-à-dire augmenter la performance de l'entreprise avec du digital,
- 3:08et l'informatique et la cybersécurité dirigée par Julien.
- 3:13Merci.
- 3:13Cédric Boisan ?
- 3:15Bonjour à tous.
- 3:16Ravi de reparticiper à une émission avec toi,
- 3:18Yasmine,
- 3:18ça va faire quatre ans depuis la dernière.
- 3:22Pour ceux qui avaient...
- 3:22Je n'ai pas eu l'occasion de la regarder,
- 3:24donc je suis Cédric Voisin.
- 3:25Moi,
- 3:25je vais être le schizophrène de la table ronde,
- 3:28je pense,
- 3:28parce que j'occupe aujourd'hui deux fonctions chez Doctolib.
- 3:32D'un côté,
- 3:33j'ai cette casquette de RSSI,
- 3:34de l'autre,
- 3:35cette casquette de
- 3:36DSI. Une autre dont on parlera peut-être,
- 3:39qui est la production de toutes les plateformes qu'on livre à nos équipes.
- 3:43Mais voilà,
- 3:44j'espère pouvoir amener un œil un peu différent.
- 3:48Benoît Moreau.
- 3:51Bonjour à tous,
- 3:52je suis directeur cyber de Ariane Group depuis maintenant
- 3:553 mois.
- 3:57Auparavant,
- 3:58j'étais dans un autre industriel de la défense.
- 4:00Donc on a une continuité dans des gros enjeux de besoins en sécurité et en même temps des gros enjeux d'accompagnement des nouveaux usages et de la perf associée à la digitalisation et donc deux univers qui se rencontrent et qui doivent vivre ensemble.
- 4:16Merci.
- 4:17Julien Dreyano ?
- 4:18Bonjour,
- 4:18je suis Andrano,
- 4:19le RSSI du groupe Framatome,
- 4:21avec Vincent Champagne ici présent,
- 4:23qui est en charge de la protection du groupe.
- 4:25Vincent a présenté nos activités dans le nucléaire.
- 4:28Et Fatima Jouba.
- 4:29Et du coup,
- 4:30Fatima,
- 4:30je suis RSSI du groupe Accor,
- 4:32le groupe hôtelier qui a environ 5500 hôtels,
- 4:35environ 40 marques et un environnement assez complexe.
- 4:39Merci pour ces présentations et puis merci surtout d'être avec nous aujourd'hui.
- 4:43Je vais commencer forcément par de l'actualité récente et je vais parler de ce qui s'est passé avec Free.
- 4:48Je pense que vous ne l'avez pas manqué,
- 4:49personne ne l'a manqué.
- 4:51Donc pour rappeler,
- 4:52Free a été piraté en octobre et le pirate a accédé notamment via l'OpenVPN d'un salarié avant de s'infiltrer dans l'ESI.
- 4:59Donc la réponse de Free est assez étonnante puisqu'ils ont fait le choix,
- 5:02à la suite de cette fuite de données,
- 5:03de supprimer le télétravail pour les collaborateurs.
- 5:06La première question est de savoir un peu si pour vous,
- 5:08c'est une décision qui vous semble cohérente.
- 5:10Est-ce que c'était la faute du VPN,
- 5:12des télétravailleurs,
- 5:13du protocole de sécurité ?
- 5:15Et puis surtout,
- 5:15j'aimerais avoir votre avis,
- 5:16car il me semble que justement,
- 5:18la mise en place de choses comme l'OpenVPN fait travailler autant l'ADSI que les RSSI.
- 5:24Voilà,
- 5:24je vous laisse la parole.
- 5:27Je pense que quand on a une crise,
- 5:30la question qu'il faut se poser,
- 5:31c'est quelles sont les causes racines ?
- 5:33En général,
- 5:33dans une crise cyber,
- 5:34des causes rasines,
- 5:35il y en a plusieurs.
- 5:35Il y a des vulnérabilités techniques ou dans les processus.
- 5:38Il va y avoir un attaquant qui va chercher à s'emparer de secrets ou faire des dommages.
- 5:44Et puis,
- 5:44il va y avoir aussi la réaction de l'entreprise.
- 5:47C'est vrai qu'on regarde Free.
- 5:49Probablement que le télétravail a introduit des faiblesses dans les processus,
- 5:53mais on voit qu'il y a d'autres sujets à voir.
- 5:56Il se trouve que...
- 5:59On est presque tous concernés,
- 6:00puisque toutes les personnes qui à un moment ont eu une offre chez Free ont eu leur nom et leur IBAN qui ont été fuités.
- 6:06La première réaction qui était de mentionner uniquement les données nominatives et de ne pas indiquer qu'il y avait un IBAN,
- 6:11ça n'a rien à voir avec le télétravail.
- 6:13Je pense que resserrer les processus,
- 6:15c'est une bonne idée.
- 6:17Centrer sur celui entre les mains duquel le problème explose,
- 6:22ça peut être un peu limité comme approche.
- 6:25Je vais rebondir.
- 6:27Sûrement que Benoît,
- 6:27à ma gauche,
- 6:28aura une autre position avec les activités fortement défenses vis-à-vis du télétravail.
- 6:32Mais si on se rappelle,
- 6:35pour Free,
- 6:35déjà,
- 6:35je crois,
- 6:36à priori,
- 6:36c'est une menace de l'intérieur.
- 6:37Ce n'est pas que lié au télétravail.
- 6:38Donc ça,
- 6:39c'est la vraie menace de l'intérieur.
- 6:40C'est comment on la gère,
- 6:40c'est un premier point.
- 6:42Et si on revient en 2020,
- 6:43quand on a eu le Covid,
- 6:44certaines grandes organisations ont tous activé massivement le télétravail parce qu'on n'avait pas non plus le choix.
- 6:49Enfin,
- 6:49on a ouvert les VPN.
- 6:51Et en 2020,
- 6:52pour certains grands groupes,
- 6:53il n'y a pas eu une augmentation d'attaque sur les entrées.
- 6:55Les KPI des SOC à l'époque,
- 6:57pas pour tous,
- 6:58on ne va pas faire une généralité,
- 6:59mais dans certains grands groupes sur lesquels on a pu le constater,
- 7:02le télétravail n'a pas généré plus d'attaques ou plus de fuites de données à ce moment-là.
- 7:06Mais par contre,
- 7:07on l'a activé effectivement pour un vrai besoin,
- 7:09un instant T.
- 7:10Et dans le cas de Free,
- 7:11c'est une menace de l'intérieur,
- 7:12le vrai sujet.
- 7:13Donc la root cause,
- 7:13comme le précisait Vincent,
- 7:15c'est la vraie analyse qu'on doit faire.
- 7:16Je suis désolé,
- 7:17mais je ne vais pas te contredire.
- 7:20Alors,
- 7:20est-ce que Free a raison de couper le télétravail ?
- 7:25Oui,
- 7:25complètement.
- 7:27Juste dans la façon dont il était implémenté.
- 7:29Oui.
- 7:29Voilà,
- 7:30s'il y a une vulnérabilité,
- 7:30il faut le couper.
- 7:32Est-ce qu'elle a réellement raison d'arrêter le télétravail ?
- 7:35Parce que l'entreprise a fait l'analyse du risque un peu global pour son entreprise,
- 7:39à savoir les conséquences RH,
- 7:41les capacités à recruter,
- 7:42la fidélisation.
- 7:44Et voilà.
- 7:44Donc,
- 7:44je pense que c'est une analyse de risque instantanée qui a été faite sur une menace.
- 7:48Sur une réaction.
- 7:48soit de la réaction,
- 7:49peut-être trop à chaud,
- 7:51et qu'il va falloir la contextualiser,
- 7:53comme tu le dis,
- 7:53dans quelque chose d'un peu plus global dans les usages actuels.
- 7:57Peut-être que c'est une opportunité aussi,
- 7:58un peu comme d'autres acteurs ou compagnies utilisent ce besoin de ramener les collaborateurs au bureau de manière à réduire leur masse salariale.
- 8:08Donc c'est peut-être utiliser cette situation.
- 8:10Effectivement,
- 8:11j'en ai entendu parler,
- 8:12j'ai vu pas mal d'articles qui posaient cette question,
- 8:14de savoir ce qui est réellement...
- 8:15Parce que Free a utilisé cette opportunité,
- 8:17donc cette attaque.
- 8:18pour arrêter le télétravail.
- 8:19Mais il y a beaucoup d'entreprises qui sont aujourd'hui en train de revenir sur le télétravail en mettant en avant soit un manque de productivité,
- 8:24soit une augmentation de problématiques de sécurité.
- 8:27Amazon en fait partie puisqu'à partir de janvier,
- 8:30ils demandent à tous les collaborateurs de revenir sur site.
- 8:32Ce qui est intéressant avec Free,
- 8:33c'est qu'ils demandent à tous les collaborateurs qui ne sont pas développeurs.
- 8:37Donc les développeurs restent à distance.
- 8:38Ce qui pose aussi la question de savoir effectivement est-ce qu'il y a une volonté de baisser la masse salariale puisqu'au final,
- 8:43le business de
- 8:45Amazon passe quand même par l'ensemble de leur market.
- 8:47place,
- 8:47donc par leurs développeurs.
- 8:49Ça pose vraiment la question.
- 8:51J'avais vu une statistique qui disait que
- 8:5387% des collaborateurs aujourd'hui seraient prêts à changer d'employeur si on leur interdisait le télétravail,
- 8:59pour dire à quel point c'est rentré dans nos habitudes.
- 9:01Faire du dégraissage en complexifiant l'environnement de travail de la personne,
- 9:07en général,
- 9:07les premiers que tu perds,
- 9:08c'est les bons qui savent retrouver ailleurs.
- 9:09Tu gardes ceux qui te perdent.
- 9:11C'est les talents qu'on perd.
- 9:12Je ne sais pas s'il faut l'aborder comme ça,
- 9:15cette question.
- 9:17On la pose un peu de manière biaisée.
- 9:19Il y a une partie sur laquelle je suis d'accord,
- 9:21la menace interne,
- 9:22c'est une question d'éthique.
- 9:23Et je pense que chacun a un prix.
- 9:25Demain,
- 9:25on propose à quelqu'un autour de cette table 50 millions d'euros pour donner un accès privilégié.
- 9:30Peut-être qu'on sera amené à se poser la question.
- 9:32Cette question de l'éthique,
- 9:33il faut la traiter à un moment.
- 9:34Si on ne sait pas la traiter...
- 9:36Il y a des moyens technologiques de la traiter,
- 9:38et enlever le télétravail ou enlever le VPN,
- 9:40ce n'est pas une bonne solution.
- 9:41Dans tous les cas,
- 9:42vous serez toujours vulnérable à cette problématique de
- 9:45« à quel prix on va vous acheter ? » .
- 9:48Ça,
- 9:48c'est un premier truc,
- 9:49je pense.
- 9:49Et plus largement,
- 9:50il y a aussi des sujets d'entreprise étendue.
- 9:51C'est-à-dire que si on supprime le télétravail,
- 9:53on supprime l'externalisation de ces femmes de ménage,
- 9:57on supprime l'externalisation de ces centres d'appel,
- 10:00si on ne le fait pas,
- 10:00on va avoir des gens qui travaillent pour l'entreprise,
- 10:02qui ont accès à des systèmes et qui sont à l'extérieur.
- 10:05Et au-delà de ça,
- 10:05on n'arrêtera jamais l'accès distant aujourd'hui,
- 10:08même avant le Covid,
- 10:09après le fait que ça se soit déployé généralement.
- 10:12On a toujours eu des accès distants pour une certaine population,
- 10:15des administrateurs.
- 10:16La question c'est,
- 10:17aujourd'hui on a beaucoup de technologies qui ont des failles sur la partie VPN.
- 10:23Et aujourd'hui c'est une réalité,
- 10:24le CISA en janvier dernier a demandé expressément de retirer certaines technologies liées au VPN.
- 10:31Aujourd'hui c'est comment,
- 10:33dans une entreprise,
- 10:33on considère le risque lié.
- 10:35aux technologies qu'on utilise par rapport au VPN.
- 10:37Le reste,
- 10:38c'est vraiment sociétal.
- 10:40On ne pourra pas revenir sur du télétravail massivement comme on l'a fait.
- 10:44Il y a des enjeux RH,
- 10:45clairement,
- 10:46mais derrière,
- 10:47comme tu l'as dit,
- 10:48les bons partiront.
- 10:50Et sur la partie technologie,
- 10:53on a vraiment du mal à embaucher des gens compétents et retirer cet avantage ou pas avantage,
- 11:00enfin vraiment quelque chose de basique maintenant,
- 11:03ça va complexifier.
- 11:04Ça va complexifier les IT et la tech.
- 11:08Surtout,
- 11:08je trouve,
- 11:09pour la nouvelle génération qui arrive sur le marché.
- 11:10La semaine dernière,
- 11:11on avait fait une émission un peu particulière,
- 11:13parce qu'habituellement,
- 11:13ce sont des experts qui sont autour de la table.
- 11:15Et là,
- 11:15on avait invité des jeunes,
- 11:16des jeunes qui étaient en études,
- 11:19plutôt jeunes,
- 11:19on était à 19,
- 11:2020 ans.
- 11:21Et j'avais posé la question à l'un de ses étudiants en lui demandant est-ce que lorsqu'il arriverait sur le marché du travail,
- 11:25pour lui,
- 11:25le télétravail,
- 11:26c'était une obligation.
- 11:27Et en fait,
- 11:27il avait l'air très étonné,
- 11:28même que je pose la question.
- 11:29C'est-à-dire qu'ils ne concevaient pas finalement qu'il puisse y avoir des métiers dans lesquels on n'a pas de télétravail,
- 11:33c'est tellement ancré chez eux.
- 11:35Donc comme tu le dis,
- 11:35je pense qu'en termes de recrutement,
- 11:36ça va être compliqué si on se retrouve à l'enlever.
- 11:39Ça dépend un peu des métiers.
- 11:41On est quand même très industriel,
- 11:43on a un temps métal qui est certain.
- 11:45Donc on a des machines,
- 11:46les machines ne tournent pas toutes seules.
- 11:48Oui,
- 11:48c'est sûr que oui.
- 11:49Je passe de col bleu.
- 11:51Eux,
- 11:52pendant le Covid,
- 11:53ils étaient présents dans les usines et on a ralenti toutes les chaînes de prod pour continuer à les maintenir,
- 11:57pas l'éteindre la chaîne de prod.
- 11:59C'est long à rallumer,
- 12:00mais on est obligé d'avoir une présence.
- 12:02Le télétravail,
- 12:03c'est une problématique très IT,
- 12:05pour les développeurs,
- 12:06pour certains métiers.
- 12:08Il n'y a pas que les développeurs.
- 12:09Ce qu'il faut aussi penser,
- 12:10c'est que les personnes handicapées ou qui sont malades,
- 12:13ou qui ont des difficultés ou des contraintes particulières,
- 12:15avec le télétravail,
- 12:17on les a sauvées et on les a intégrées d'une façon complètement homogène.
- 12:20J'ai été opéré d'une hernie discale il y a deux mois.
- 12:23Il y a un mois pendant lequel j'étais bloqué,
- 12:26avant le télétravail.
- 12:27J'aurais été exclu de l'entreprise si j'avais durablement un problème de dos.
- 12:32J'étais exclu du marché du travail.
- 12:33Donc attention,
- 12:34parce que,
- 12:35comme tu le dis,
- 12:36on part d'une anecdote,
- 12:37on se dit tiens,
- 12:38pouf,
- 12:38on a une solution.
- 12:39On se dit voilà,
- 12:40ils ont pris une décision,
- 12:41c'est fort,
- 12:41c'est le télétravail.
- 12:42Ça n'a pas forcément réglé le problème et ça va en créer des tas d'autres.
- 12:45C'est finalement dans la proche globale.
- 12:48C'est l'inversion des tendances dans le sens où,
- 12:50et si on se dit maintenant le télétravail c'est mandatoire.
- 12:53RSSI et DSI,
- 12:54comment on fait ensemble pour l'offrir ?
- 12:56C'est ce que tu disais,
- 12:57Cédric.
- 12:57Comment on fait pour l'offrir dans les bonnes conditions de sécurité ?
- 13:02Et on l'a fait pendant le Covid.
- 13:03Alors,
- 13:04on l'a fait rapidement.
- 13:05Je ne dirais pas que ça a été bien fait pour toutes les entreprises.
- 13:08Tout le monde n'a pas...
- 13:11Mais il n'y a pas eu beaucoup plus non plus d'impact.
- 13:12Bon,
- 13:13après,
- 13:13il y a eu d'autres sujets.
- 13:15Mais voilà,
- 13:15ça,
- 13:16c'est typiquement le moment où on se dit où le RSSI,
- 13:19il n'a pas le droit de dire non.
- 13:21Si l'entreprise dit que le télétravail devient un enjeu du groupe,
- 13:25et c'est là où RSSI et DSI,
- 13:26main dans la main,
- 13:27on se dit « Ok,
- 13:27c'est mandatoire,
- 13:28comment on fait pour l'offrir dans des conditions acceptables,
- 13:31à la fois de sécurité et puis aussi pour l'employé ? »
- 13:34Il n'y a pas 73 000 de trucs à rentrer,
- 13:35que ça ne tombe pas en panne,
- 13:36qu'il ne soit pas obligé de revenir tous les matins quand même.
- 13:39Si le sujet n'est pas le télétravail,
- 13:42pour ce débat que l'on a,
- 13:45il est important de considérer qu'il n'est pas full en termes de journée.
- 13:49Pour les employeurs,
- 13:51il est partiel ce télétravail,
- 13:52une manière à garder un lien,
- 13:54parce que les plus jeunes qui rentrent aujourd'hui sur le marché ont besoin de garder le lien social qu'on a connu quand on était plus jeunes et dont on savait le profit que ça a de pouvoir créer avec nos collègues cette ambiance,
- 14:07cette idée de ce pourquoi on va au travail aussi,
- 14:10qui n'est pas que l'intérêt à l'entreprise,
- 14:11qui est aussi celui du lien social.
- 14:13En plus,
- 14:13technologiquement,
- 14:14finalement,
- 14:15le télétravail,
- 14:15ce n'est pas une vraie question.
- 14:18Ce n'est pas une nouveauté,
- 14:19ça a d'ailleurs apporté beaucoup de choses.
- 14:21Pourquoi ?
- 14:22Parce que finalement,
- 14:23le télétravail,
- 14:24c'est juste des gens qui vont travailler à distance du bureau de chez eux.
- 14:27Mais aujourd'hui,
- 14:28notre population qui travaillait toujours loin du bureau,
- 14:31c'était tous nos VIP.
- 14:33tous nos cadres qui sont en mobilité,
- 14:35qui avaient besoin d'accéder.
- 14:36Alors,
- 14:36on bricolait,
- 14:37ils n'étaient pas forcément hyper sécurisés.
- 14:38Donc,
- 14:39finalement,
- 14:39traiter la sécurité pour tous a aussi pas mal permis de resécuriser la mobilité de tous nos gens qui se déplacent.
- 14:47Alors,
- 14:48avant,
- 14:48Vincent ?
- 14:48Je vais appuyer sur Benoît,
- 14:49il a raison.
- 14:51Le risque,
- 14:52il n'a pas changé,
- 14:53en fait.
- 14:53On avait déjà des populations de nomades,
- 14:55surtout les commerciaux qui se déployaient à travers le monde.
- 14:57Elle a toujours existé,
- 14:59cette population.
- 14:59Elle a toujours été accrochée à l'entreprise à distance.
- 15:01Et le risque,
- 15:02il n'a pas évolué en tant que tel,
- 15:03il s'est toujours matérialisé de la même façon.
- 15:05C'est le nombre d'utilisateurs de la solution qui a implosé suite au Covid et à cette généralisation du télétravail.
- 15:11Mais le risque,
- 15:11il a toujours été le même en tant que tel.
- 15:13Alors avant de passer à la prochaine question,
- 15:15je vous donne un petit peu la température à distance.
- 15:17Forcément,
- 15:17vous avez des deux bords.
- 15:19Vous avez typiquement Boris et Elisée qui disent que le télétravail est maintenant tellement ancré dans notre société que plus personne ne s'ignorerait pour du flou présentiel.
- 15:25Elisée qui dit,
- 15:26c'est très très clair,
- 15:26dans le télétravail,
- 15:27je n'entre pas dans une entreprise.
- 15:29mais il y a elle qui quand même remet un point important,
- 15:31pas partout dans l'écosystème de défense,
- 15:33bien souvent le télétravail n'est pas autorisé.
- 15:36Alors on va passer à la seconde question,
- 15:38alors celle-ci c'est dans un processus de transformation digitale impulsé dans l'entreprise,
- 15:42à quel moment doit intervenir le RSSI ?
- 15:44Est-ce que c'est au début ?
- 15:44Est-ce que c'est au milieu ?
- 15:45Est-ce que c'est à la fin ?
- 15:46Est-ce que le RSSI doit-il être consulté dans tous les grands choix technologiques ?
- 15:50Je partage à l'écran notamment une citation de Mike Tower,
- 15:52qui est CISO de Takeda Pharmaceutical,
- 15:54qui dit « Il y a encore trop d'organisations où une mentalité surannée s'est ancrée. »
- 15:58et presque impossible à éradiquer.
- 16:00Trop d'exemples où les départements informatiques demeurent focalisés sur des choses comme les services d'assistance gérés du code VETUST.
- 16:06Qu'est-ce que vous en pensez ?
- 16:08La citation est très juste.
- 16:11Une réponse très courte à ta question,
- 16:12ça serait dans toute la chaîne d'un processus de transformation digitale.
- 16:16Parce que si on le fait qu'au début et qu'après la qualité se délite,
- 16:21on ne répondra pas aux enjeux de sécurité.
- 16:22Si on le fait qu'à la fin,
- 16:23on risque d'avoir oublié des éléments dès le début qu'on aurait dû...
- 16:27intégrés dans le coût et la charge des équipes,
- 16:31et au milieu,
- 16:32évidemment,
- 16:32pour s'assurer de prendre la température de manière régulière.
- 16:34C'est très facile à dire comme ça.
- 16:35Ce n'est pas si compliqué que ça à mettre en œuvre.
- 16:39La grosse problématique,
- 16:40je pense,
- 16:41auxquelles la majorité des structures sont confrontées,
- 16:43c'est une problématique de culture.
- 16:45Et c'est là où on va commencer à avoir un achoppement entre l'ADSI qui a un enjeu de temps,
- 16:50de respect de budget,
- 16:52et de livraison de quelque chose qui est qualitatif,
- 16:54qui répond à un besoin,
- 16:55à un métier.
- 16:56et la sécurité qui est censée être le sparring partner de la DSI pour s'assurer que dans le cadre de ce processus,
- 17:04on va livrer quelque chose qui répond à des enjeux de qualité,
- 17:07sécurité.
- 17:08La problématique,
- 17:09c'est qu'en règle générale,
- 17:09et là c'est là où je vais être schizophrène,
- 17:12la sécurité a un discours qui est très mal compris de la DSI et la DSI laisse à penser à la sécurité qui sont absolument inutiles.
- 17:20Et là on commence à rentrer dans des discussions qui deviennent assez complexes où le récessif va dire mais...
- 17:25Moi j'existe,
- 17:26il faut que je fasse quelque chose,
- 17:28laissez-moi du temps,
- 17:28laissez-moi vous montrer que ce que vous faites c'est potentiellement dangereux.
- 17:32Ce à quoi le DSI serait tenté de rétorquer,
- 17:35oui,
- 17:35mais à chaque fois que vous intervenez,
- 17:37ça ralentit notre projet,
- 17:38ça engendre des surcoûts,
- 17:40et on explose les délais,
- 17:41le business n'est pas content,
- 17:43etc.
- 17:44Et en fait,
- 17:46il faut créer soit un couple qui fonctionne bien,
- 17:49couple au sens individu du terme,
- 17:51donc deux personnes qui arrivent à partager les mêmes enjeux et avoir une bonne compréhension des sujets,
- 17:57ou alors faire en sorte que DSI et sécurité soient parties prenantes au même poids de chaque projet.
- 18:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
- 18:06on a des organisations qui sont très,
- 18:08pour la plupart,
- 18:09silotées.
- 18:09La DSI va délivrer des projets,
- 18:11essayer de délivrer de la valeur,
- 18:12gérer un budget.
- 18:13La sécurité doit gérer les risques,
- 18:14si on le résume assez simplement.
- 18:16Et en fait,
- 18:17en faisant ça...
- 18:18C'est comme si vous disiez à quelqu'un,
- 18:21voilà,
- 18:21je te donne une voiture,
- 18:22tu la conduis,
- 18:23on accepte que tu n'aies pas le permis,
- 18:24mais à côté de toi,
- 18:25de temps en temps,
- 18:25il y a un moniteur d'auto-école qui va venir et dire,
- 18:27là,
- 18:28tu as gréé un stop,
- 18:28ce n'est pas bien,
- 18:29là,
- 18:29attention au feu rouge,
- 18:30et ça,
- 18:30ça ne marche pas.
- 18:32Ça ne peut pas être du copilotage,
- 18:35parce que ce n'est pas possible dans les faits,
- 18:37mais il faut que ça soit quelque chose où il y ait une vraie cohabitation.
- 18:41Nous,
- 18:41on a eu une approche qui est un peu spécifique chez Doctolib,
- 18:44où en fait,
- 18:44pour que ça fonctionne pour nous,
- 18:47On détache des gens de la sécurité directement dans les équipes opérationnelles.
- 18:51C'est-à-dire qu'il y a pour chaque sujet ou chaque grand projet,
- 18:54un membre de mes équipes sécurité qui va travailler avec un groupe de travail DSI et il travaille vraiment sur le même projet.
- 19:03Il se parle dès le début,
- 19:04il crée les budgets,
- 19:06il crée les roadmaps,
- 19:07etc.
- 19:08Je vais aller dans le sens de Cédric.
- 19:10Je vais juste rebondir sur un mot que tu as dit.
- 19:12C'est le RSSI doit-il être consulté ?
- 19:16Non ?
- 19:17Le RSSI doit être intégré,
- 19:18c'est ce que tu dis,
- 19:19doit faire partie.
- 19:21Alors après,
- 19:22sur tout le process,
- 19:23projet,
- 19:24pas forcément,
- 19:24mais tout en amont,
- 19:26on peut être aussi force de proposition sur comment on peut faire,
- 19:30sur l'imagination,
- 19:31et même en cyber,
- 19:32on peut innover.
- 19:33Je pense vraiment juste que,
- 19:34et c'est ce que tu dis,
- 19:35c'est que le lien
- 19:37DSI,
- 19:38RSSI et puis tous les autres métiers qui sont dans « mais qu'est-ce qu'on va faire demain ? »
- 19:42et qui,
- 19:43on parle d'un peu d'avenir,
- 19:44c'est là où on doit être intégré avant même.
- 19:48Et nous,
- 19:48ça nous arrangerait,
- 19:49pardon,
- 19:50sur Ivanti et les vendeurs,
- 19:52c'est que quand on arrive dans un circuit d'évaluation technologique où seul l'IT nous accompagne à évaluer l'offre et qu'en fin de circuit pour décision…
- 20:01La sécurité arrive et bloque tout parce que l'IT a pensé qu'on pouvait aller dans le cloud et que la sécurité dit non,
- 20:07ce n'est pas possible.
- 20:08Il y a tout un nombre de critères à répondre et donc on repart quasiment de zéro dans le process.
- 20:13C'est chronophage pour le client,
- 20:14c'est chronophage pour le vendeur.
- 20:16C'est vrai que nous,
- 20:16on clame souvent à demander à ce que la sécurité vienne s'intégrer dans le process de construction et d'évaluation de la technologie et du projet.
- 20:25En fait,
- 20:26la cybersécurité,
- 20:27c'est quoi ?
- 20:27C'est deux choses.
- 20:28Un,
- 20:29éviter d'avoir trop de vulnérabilité.
- 20:31gérer les vulnérabilités qu'on a.
- 20:34Pour éviter d'avoir trop de vulnérabilités,
- 20:35c'est là qu'on est sur les questions de projet,
- 20:38c'est un problème de qualité.
- 20:40C'est éviter qu'il y ait trop de défauts à la fin de la chaîne.
- 20:42Si je prends une métaphore industrielle,
- 20:44si vous faites des voitures,
- 20:45vous pouvez soit faire de la qualité en faisant n'importe quoi,
- 20:48puis à la fin,
- 20:48il y a un type qui retort les portes.
- 20:50Il y a une vidéo très amusante sur YouTube où on voit dans une vieille usine d'Allemagne de l'Est la façon dont ils faisaient.
- 20:55Il y a des types qui vont forcer les portes pour qu'elles entrent dans la voiture.
- 21:00Soit on fait du Secure by Design et on assure que la qualité soit l'affaire de tous.
- 21:06Donc ça c'est plutôt le modèle qui fonctionne,
- 21:10il n'y a pas d'autre modèle industriel pour faire de la qualité.
- 21:12Et pour ça,
- 21:13il faut que 1.
- 21:13le RSSI soit impliqué,
- 21:15mais ça ne suffit pas.
- 21:16Il faut aussi que ceux qui font le boulot aient une conscience de la qualité,
- 21:20considèrent que la qualité c'est leur problème et pas le rôle du RSSI.
- 21:23Donc si le fait d'intégrer le RSSI c'est...
- 21:27Un prétexte pour les équipes informatiques en disant « on s'en fiche,
- 21:30le type va régler les problèmes en fin de chaîne » ,
- 21:32ça ne marche pas.
- 21:33Donc c'est non seulement la présence du RSSI,
- 21:34mais un esprit de cybersécurité qui est by design et dans l'ensemble de l'équipe de développement.
- 21:41Et on tend de plus en plus vers ça,
- 21:42quand tu disais tout à l'heure qu'on ne fait pas partie du planning et sur la partie budgétaire on ne l'est pas.
- 21:48Aujourd'hui,
- 21:49c'est comment faire partie de l'équation et comment faire en sorte que les frictions diminuent ?
- 21:55Tu parlais tout à l'heure de déporter des gens.
- 21:57Il y a aussi dans certaines équipes des Security Champions,
- 21:59nativement dans des équipes.
- 22:01Et c'est comment on décentralise la cyber aujourd'hui dans les différentes équipes.
- 22:06Et c'est dangereux aujourd'hui de dire qu'on ne fait pas partie du plan parce qu'on arrive à la fin en disant la cyber est bloquante.
- 22:13Donc on revient sur comment se positionne le RSSI par rapport à tous ces projets-là qui sont structurants au final.
- 22:19C'est là où je suis assez d'accord avec Vincent.
- 22:21Pour le coup,
- 22:22il y a un enjeu qui est culturel.
- 22:24C'est ça le gros enjeu,
- 22:25ce n'est pas d'intervenir au bon moment,
- 22:28c'est que tout le monde ait compris à quel point ne pas faire de sécurité mettrait à risque un business X ou Y.
- 22:34C'est un peu la finalité en fait,
- 22:36donc ce n'est pas by design,
- 22:38dès le début on doit l'intégrer,
- 22:39en fait c'est une question de maturité en fait.
- 22:41Moins la sécurité est intégrée,
- 22:43moins il y a de la maturité cyber dans l'organisation,
- 22:45c'est un peu ça qui est dit.
- 22:47J'ai bien l'analogie sur les voitures.
- 22:50Et je rappelle qu'aujourd'hui,
- 22:51quand on achète une voiture,
- 22:52en fait,
- 22:53on achète,
- 22:53mais on ne négocie pas le prix de la voiture,
- 22:55sur son airbag,
- 22:55sa ceinture de sécurité,
- 22:56ses freins.
- 22:57Par défaut,
- 22:58c'est tout le package de la voiture,
- 22:59ça inclut.
- 22:59Et en fait,
- 23:00en termes cyber,
- 23:01c'est pareil aujourd'hui.
- 23:02Il serait par moments illusoire de ne plus mettre de sécurité sur les projets avant d'aller en prod,
- 23:06parce que de toute façon,
- 23:07si on ne le fait pas,
- 23:08dans la vraie vie,
- 23:08la prod,
- 23:09elle va tomber,
- 23:09et on va se faire attraper,
- 23:10pas par la police,
- 23:11mais par une attaque.
- 23:12Donc c'est by design,
- 23:13et c'est un business enabler.
- 23:15Il y a un côté darwiniste aujourd'hui,
- 23:16si on n'écoute plus la cyber.
- 23:18Enfin,
- 23:18c'est pas si on n'écoute plus,
- 23:19mais si on n'intègre pas,
- 23:22les projets auront des problèmes de performance,
- 23:23de qualité.
- 23:24Si j'étais Provoke,
- 23:25je te dirais que si on faisait tous les choses bien,
- 23:28on n'aurait pas Apache et des logiciels.
- 23:30Donc il y a encore des gens qui livrent des voitures sans airbag et sans ceinture de sécurité.
- 23:34Alors,
- 23:34à distance,
- 23:35ça a vraiment ouvert des conversations.
- 23:38Le public est vraiment d'accord sur ça,
- 23:39donc je vais vous lire juste quelques commentaires.
- 23:41Donc Didier qui dit « Je partage à 100%
- 23:43cette vision et c'est d'autant plus compliqué pour un SSI s'il n'y a pas cette communication. »
- 23:47Fabien qui dit que le RSSI doit être présent et consulté au début de tout,
- 23:50tout en majuscules,
- 23:51projet IT en relation avec la DSI.
- 23:53Et
- 23:53Yves qui rebondissait sur ce que vous disiez,
- 23:55d'où l'importance du security by design.
- 23:58Donc on a un public qui est plutôt convaincu.
- 24:00Jonathan qui pose la question,
- 24:01les DSI et RSSI ont-ils des parcours similaires s'ils étaient dans la même promo ?
- 24:06Est-ce qu'ils ont des parcours d'études qui se ressemblent ?
- 24:09On est le même barceau d'emploi en fait.
- 24:11C'est pour ça qu'on travaille fortement avec la DSI.
- 24:13C'est le même bras armé à la fin.
- 24:14C'est la DSI,
- 24:15le bras armé.
- 24:15C'est le même berceau d'emploi.
- 24:18Et à la question,
- 24:19on n'a pas rebondi dessus,
- 24:20mais est-ce que le RSSI doit être consulté dans tous les choix technologiques ?
- 24:23Ce n'est pas la question.
- 24:23Est-ce qu'on est consulté ?
- 24:24C'est comment on va accompagner toutes les transformations et comment on va sécuriser,
- 24:28protéger toutes les transformations.
- 24:29Donc,
- 24:30ce n'est pas vis-à-vis du choix de la techno derrière,
- 24:31du projet.
- 24:32Mais c'est comment on va l'accompagner.
- 24:34Et dans la vie d'un projet,
- 24:35il y a toutes les phases de design,
- 24:36tous les jalons,
- 24:37dont à un moment la sécurité.
- 24:40On va aussi regarder à un moment les données GDPR ou pas.
- 24:42Est-ce qu'il y a de la donnée personnelle dans le projet ?
- 24:44S'il y a de la donnée personnelle,
- 24:45c'est comment on va la traiter,
- 24:46comment on va la sécuriser ?
- 24:47C'est comment on accompagne.
- 24:48Comment simplifier le process ?
- 24:50Aujourd'hui,
- 24:53nous,
- 24:53on est en train de faire en sorte d'avoir un calculateur de risque pour dire que ton projet,
- 24:58s'il y a de la donnée personnelle,
- 24:59il est dans telle catégorie,
- 25:00donc tu dois plus ou moins mesurer tel risque et tel risque.
- 25:04Et comment on les accompagne ?
- 25:05Comment on est des facilitateurs de compréhension du risque pour dire
- 25:08OK,
- 25:08potentiellement,
- 25:09j'amène un risque.
- 25:10Donc,
- 25:10on ne peut pas traiter tous les projets de la même manière.
- 25:14Mais pour rebondir sur la question,
- 25:15puis je pense qu'il y a des jeunes qui nous écoutent,
- 25:18alors ça nous concerne beaucoup parce qu'on recrute beaucoup,
- 25:21on cherche à recruter des femmes.
- 25:23Vraiment,
- 25:23en IT et en RSSI,
- 25:24il y a deux profils.
- 25:25RSSI,
- 25:26vous avez les profils...
- 25:27qui sont plutôt process,
- 25:28donc eux ils vont être plutôt sur l'humain,
- 25:30l'application de l'ISO,
- 25:31mais moins fort techniquement.
- 25:34Et dans les entreprises qui ne sont pas très technologiques,
- 25:36ça peut tout à fait faire le job.
- 25:38Et puis vous en avez qui sont plus connaisseurs de la technologie,
- 25:41de la technique.
- 25:42Et donc ceux-là,
- 25:44et dans les DSI c'est la même chose,
- 25:45il y a des DSI qui ont fait des écoles de commerce,
- 25:47qui n'ont pas de formation,
- 25:48qui n'ont jamais écrit une ligne de code de leur vie,
- 25:50et puis d'autres au contraire qui ont plutôt des profils d'ingénieurs.
- 25:53Les DSI ingénieurs et les RSSI techniques auront fait les mêmes études.
- 25:57Les RSSI plutôt process et les
- 26:01DSI plutôt grand architecte,
- 26:03eux,
- 26:03n'auront pas forcément fait les mêmes profils.
- 26:05D'accord.
- 26:06Vous fonctionnez,
- 26:07là j'entends,
- 26:08entre
- 26:09RSSI et DSI.
- 26:10Mais comment vous pilotez aussi la transformation du business au travers de la direction qui impose un schéma ou un chemin ?
- 26:17Comment vous y associez l'un et l'autre,
- 26:19la combinaison ?
- 26:19Là,
- 26:20on a l'avantage d'avoir un RSSI et un DSI.
- 26:22Comment vous allez...
- 26:23je dirais,
- 26:23au front pour expliquer que la transformation peut être compliquée sans mettre en place un certain nombre de règles et de moyens.
- 26:29Moi,
- 26:30j'allais venir un peu là-dessus.
- 26:32Vas-y,
- 26:32je t'en prie.
- 26:34Alors,
- 26:34premier sujet,
- 26:35dans les tendances de Gartner de 2000,
- 26:37il y a deux ans,
- 26:38il disait quelque chose de très important,
- 26:40c'était le CIO devient CEO.
- 26:42C'est-à-dire que le responsable des outils informatiques va être responsable de processus.
- 26:46Donc,
- 26:46le travail et le métier que tu évoques,
- 26:48en fait,
- 26:48c'est en amont du travail en commun avec la RSSI.
- 26:51C'est que de plus en plus,
- 26:52de toute façon,
- 26:53on va s'intégrer dans le processus.
- 26:54Et pour une raison simple,
- 26:55c'est que le logiciel mange le monde.
- 26:57C'est vrai chez Accor.
- 26:58La personne qui s'occupe des ventes chez Accor,
- 27:01il y a 20 ans,
- 27:02elle n'avait rien à connaître de l'informatique.
- 27:03Aujourd'hui,
- 27:04si elle ne connaît pas le digital,
- 27:05elle n'est pas à sa place.
- 27:06Et donc,
- 27:07il y a tout un travail qui consiste aussi pour la DSI à être plus dans le process métier qu'on était auparavant.
- 27:13Et ensuite,
- 27:13pour moi,
- 27:14la sécurité.
- 27:15Déjà,
- 27:15je pense qu'un DSI qui n'a pas une compréhension forte de ses sujets.
- 27:20Au moins dans les boîtes où il y a des risques sérieux,
- 27:22je pense que c'est un problème.
- 27:24Après,
- 27:24il y a deux choix d'organisation.
- 27:25Il y a des organisations dans lesquelles le RSSI est plutôt du côté protection,
- 27:28donc c'est des gens qui gênent la sécurité physique,
- 27:30qui sont en relation avec les autorités militaires ou de police.
- 27:34Et puis des organisations,
- 27:35c'est plutôt du côté DSI.
- 27:38Je laisserai Julien s'exprimer.
- 27:39Moi,
- 27:39je considère que pour régler des problèmes techniques,
- 27:41c'est quand même mieux d'être dans une équipe ensemble.
- 27:43Le risque,
- 27:44à ce moment-là,
- 27:45c'est d'être jugé parti.
- 27:45Donc là,
- 27:46il faut le faire avec des personnes qui restent suffisamment exigeantes.
- 27:49pour que même si on est dans la même équipe,
- 27:50on n'ait pas trop de complaisance qui s'installe,
- 27:52sinon au bout d'un moment on fait de la mauvaise sécurité.
- 27:54Cette question de juger parti,
- 27:55je l'ai effectivement vue dans les commentaires,
- 27:58c'était l'un des retours qu'on a pu avoir.
- 27:59Julien,
- 28:00tu voulais rajouter quelque chose ou c'était Cédric ?
- 28:02Moi je voulais rajouter un truc.
- 28:04Je suis assez d'accord avec la transformation du rôle de CIO.
- 28:08La problématique,
- 28:09et peut-être que je vais pas me faire des amis en disant ça,
- 28:10c'est que autant le CIO a pris ce pas-là,
- 28:14d'avoir une compréhension très fine du business,
- 28:16de savoir ce que l'outil informatique amène comme valeur et à quel point c'est vraiment nécessaire pour transformer le business model d'une boîte qui est assez bien établie.
- 28:26Beaucoup moins vrai sur les boîtes digitales natives,
- 28:27mais restons sur cet exemple que tu as pris.
- 28:31A l'opposé du spectre,
- 28:32on a les RSSI historiques,
- 28:33qui ont une compréhension absolument proche de zéro des enjeux business de la boîte.
- 28:38Et c'est là où,
- 28:39en règle générale,
- 28:39on va avoir des gros chocs de culture.
- 28:43J'ai volontairement épaissi le trait pour...
- 28:46que ça réagisse peut-être un peu sur les commentaires,
- 28:48c'est que les RSCI sont juste en train de commencer à faire cette transformation-là,
- 28:52de se dire que je pense qu'on n'est pas beaucoup,
- 28:56alors je me mets encore dans le côté RSCI,
- 28:58bien que j'ai les deux casquettes,
- 29:00on n'est pas beaucoup à avoir fait ce chemin-là,
- 29:02d'avoir une compréhension fine de ce que représentent les enjeux de sécurité pour continuer à avoir un business qui fonctionne et qui se développe.
- 29:09On n'aurait pas de boulot s'il n'y avait pas de boîte et qu'il n'y avait pas de business derrière.
- 29:13Donc à partir du moment où...
- 29:15Ce déclic-là,
- 29:15il est arrivé avec la transformation du rôle de CIO que décrivait Vincent et je pense celui qui est en train de s'opérer sur les RSSI ou les CISO ou les CSO,
- 29:24indépendamment de comment on les nomme.
- 29:26ça va aller de mieux en mieux.
- 29:28C'est juste qu'on part d'assez loin pour le coup.
- 29:29Je l'aurais un peu dit autrement,
- 29:31sur le côté RSSI historique.
- 29:34Déjà,
- 29:34on va rappeler le mot-clé,
- 29:35cybersécurité n'existait pas dans les années 2000.
- 29:38On parlait de SSI,
- 29:39donc c'était notre approche de la sécurité,
- 29:41c'est qu'on allait patcher les vulnérabilités.
- 29:43La SSI,
- 29:43c'est l'approche par la vulnérabilité,
- 29:44la cyber,
- 29:45c'est l'approche par la menace.
- 29:47La discipline est arrivée dans les années 2010.
- 29:49Évidemment,
- 29:50le métier de RSSI existait vaguement avant les années 2000,
- 29:53il a évolué et il s'est élargi.
- 29:55Donc,
- 29:55oui,
- 29:56il y a eu.
- 29:56Ce n'est pas qu'il y ait un choc des cultures,
- 29:57mais il y a des générations différentes.
- 29:59Il y avait une génération avant,
- 30:00il y a une génération qui arrive,
- 30:01et demain,
- 30:01il y aura une nouvelle génération,
- 30:03et le métier va s'étoffer.
- 30:05C'est une discipline,
- 30:05maintenant,
- 30:05le métier.
- 30:06C'était un des points sur lesquels on allait aborder,
- 30:08mais on se doit…
- 30:09Ce n'est pas que de l'IT,
- 30:11ce n'est pas que de la gestion des risques,
- 30:12de la cybersécurité.
- 30:14Moi,
- 30:14j'aime bien le NIST.
- 30:15J'en parle assez souvent,
- 30:15mais c'est quoi les six fonctions du NIST ?
- 30:17C'est l'identification,
- 30:18la protection,
- 30:19la détection,
- 30:19la résilience,
- 30:20la réponse à incidents et la gouvernance.
- 30:22Et le RSSI,
- 30:23il doit faire 360 degrés d'activité pour protéger un métier et un business.
- 30:28Ça,
- 30:28c'est vrai.
- 30:29Mais il y a une question d'évolution du poste aussi.
- 30:31La notion de
- 30:32RSSI, de SISO,
- 30:33elle est arrivée en 1995,
- 30:35dans les années 2000.
- 30:36Mais au début,
- 30:36c'était très IT,
- 30:37c'était on protège la machine.
- 30:39La vulnérabilité.
- 30:39Voilà,
- 30:40la vulnérabilité,
- 30:40la machine,
- 30:41les assets IT.
- 30:42Et ensuite,
- 30:43là,
- 30:43depuis quelques temps,
- 30:44on change de paradigme en disant la cyber,
- 30:47c'est un risque business aussi.
- 30:48Et aujourd'hui,
- 30:49il y a beaucoup de RSSI qui n'arrivent pas à faire le shift entre...
- 30:52Je suis IT,
- 30:53je gère du matériel IT et je fais en sorte que la data slash les machines soient sécurisées,
- 30:58la partie très tech,
- 31:00versus qu'est-ce que ça amène vraiment au business.
- 31:02Et c'est là où la place ou le duo est parfois compliqué à se mettre en place.
- 31:10Je suis complètement d'accord.
- 31:13Ça rejoint ce que tu disais,
- 31:15Vincent.
- 31:18Aujourd'hui,
- 31:18la cyber,
- 31:19c'est devenu un métier.
- 31:21un métier support finalement de l'ensemble des autres business de la boîte,
- 31:27un peu comme les RH,
- 31:30mais qui finalement a des besoins de projets,
- 31:32d'outils et qui coûtent cher.
- 31:35Et aujourd'hui,
- 31:37si on le met dans la DSI,
- 31:38finalement que ça tombe dans le budget de la DSI,
- 31:39que c'est transparent,
- 31:40c'est que la DSI coûte trop cher.
- 31:42La DSI,
- 31:42parfois,
- 31:42elle a du mal à défendre son budget cyber,
- 31:45puisque c'est elle qui défend le budget global de la DSI.
- 31:48Le fait de faire de la cyber un métier...
- 31:50avec son budget,
- 31:51avec son coût,
- 31:53c'est que l'arbitrage,
- 31:54il n'est plus au niveau du DSI,
- 31:55il est au niveau de l'EXCO,
- 31:57en disant,
- 31:58dans les projets métiers,
- 31:59on a une nouvelle appli RH,
- 32:00on a un nouveau...
- 32:01puis on a le budget cyber,
- 32:03vous,
- 32:03membres de l'EXCO,
- 32:04regardez les risques métiers,
- 32:05les enjeux,
- 32:06à quel niveau on le met par rapport aux autres métiers.
- 32:09Et c'est important d'en faire un métier pour qu'on arrive à avoir des arbitrages d'intention,
- 32:13parce que finalement,
- 32:14c'est le seul arbitrage qu'on peut attendre d'un EXCO,
- 32:15c'est ce qu'on investit ou pas dedans.
- 32:17Et aider le DSI aussi.
- 32:19finalement apporter ces enjeux,
- 32:21qui souvent aimeraient en faire plus,
- 32:22mais on lui dit non mais t'es trop cher,
- 32:23et là il doit faire des arbitrages tout seul,
- 32:25et on lui oblige à faire les projets métiers.
- 32:27Donc il faut le métier de la cyber qui soit clairement identifié,
- 32:31pour que les arbitrages ne soient rendus bas par les porteurs de décision.
- 32:34Et Benoît,
- 32:34t'as raison,
- 32:35en 2025,
- 32:36ça sera 13,6%
- 32:38du budget qui est alloué au budget de l'IT,
- 32:40c'était en 2020 8,2%.
- 32:43Donc la proportion de la cybersécurité prend valeur,
- 32:47alors que les budgets sont assez…
- 32:49Il sort 12,
- 32:5113 ?
- 32:51Oui.
- 32:51Le 3 août,
- 32:52il arrive.
- 32:53Alors,
- 32:54justement,
- 32:54comme on est en train de parler des budgets,
- 32:58je vais avancer un petit peu,
- 32:59justement,
- 32:59comme on parle des budgets,
- 33:00parce que c'est une question que je comptais justement vous poser,
- 33:02donc je partage à l'écran certaines informations.
- 33:04Donc,
- 33:04en 2025,
- 33:05le budget de la cybersécurité doit être calculé comme un pourcentage du budget IT.
- 33:08Donc,
- 33:08c'est une question.
- 33:09Est-ce qu'il doit continuer à être calculé comme un pourcentage du budget IT ou est-ce qu'il faudrait avoir un budget peut-être à lui tout seul ?
- 33:14Je ne sais pas.
- 33:16D'autant plus qu'en fait,
- 33:17je pense que vous le savez bien,
- 33:19donc...
- 33:19On a des vrais impacts suite à des cyberattaques qui jouent.
- 33:23Donc là,
- 33:23je partageais justement à l'écran.
- 33:25Un,
- 33:26on voit quand même que les coûts liés à une cyberattaque sont quand même très,
- 33:28très importants pour les entreprises.
- 33:29Donc ça,
- 33:29c'est un rapport de IBM.
- 33:31D'autre part,
- 33:32sur une étude de Comparitech de 2024,
- 33:34on montre bien qu'il y a une baisse sur les marchés boursiers.
- 33:38Deux,
- 33:38en termes de réputation pour les entreprises.
- 33:40Et puis après,
- 33:40il y avait une petite information que je trouvais assez pertinente,
- 33:42c'est que les gens semblaient,
- 33:44en tout cas quand il y avait des fuites de données,
- 33:45plus choqués.
- 33:48beaucoup plus craintif quand ce sont des adresses mail que quand ce sont des numéros de sécurité sociale.
- 33:53Or,
- 33:54c'est beaucoup plus simple de faire fuiter des adresses mail,
- 33:56c'est la majorité de nos fuites de données,
- 33:57je pense,
- 33:58avant d'arriver à des choses comme des ibans,
- 34:00qu'on a pu voir avec Free.
- 34:01Donc,
- 34:01qu'est-ce que vous pensez de cette question du budget,
- 34:03puisqu'on en a parlé ?
- 34:04Est-ce qu'en 2025,
- 34:05on devrait maintenir le budget de la cyber dans le budget IT ?
- 34:08Sur le budget,
- 34:09j'ai été financier dans le passé.
- 34:13Un bon budget,
- 34:14en fait,
- 34:14vous faites en sorte que,
- 34:15quel que soit le domaine,
- 34:17la valeur marginale de l'euro en plus est la même.
- 34:20Donc si vous avez un bon budget,
- 34:21une gouvernance budget efficace,
- 34:23c'est ce que vous faites.
- 34:24Et si vous êtes dans cette situation-là,
- 34:26peu importe où vous mettez l'enveloppe,
- 34:27c'est-à-dire que vous êtes très rigoureux.
- 34:29Si vous avez un budget qui est fait à une version plutôt où chacun a une enveloppe,
- 34:32chacun se débrouille,
- 34:33effectivement,
- 34:33on a un risque de sous-investir dans l'IT en disant que ça coûte cher,
- 34:37donc on bloque.
- 34:38Là,
- 34:39on va laisser filer d'autres dépenses.
- 34:41Et donc par rapport à ça,
- 34:42c'est toujours utile d'avoir des benchmarks.
- 34:43Alors le benchmark en pourcentage...
- 34:46du chiffre d'affaires pour l'IT,
- 34:47il n'a pas beaucoup de sens.
- 34:49Vous comparez une boîte qui fait beaucoup d'achats-reventes type Carrefour à une boîte qui a 100%
- 34:53de valeur ajoutée ou presque comme Framatome,
- 34:55c'est des ratios qui n'ont pas de sens.
- 34:56Le ratio qui a du sens,
- 34:57c'est le ratio de dépenses par utilisateur connecté.
- 35:00C'est celui-là qui vous permet de savoir,
- 35:02dans l'IT,
- 35:02si vous êtes au bon niveau.
- 35:03Et puis effectivement,
- 35:04par rapport à ça,
- 35:05avoir un pourcentage pour savoir si on est à peu près dans la bonne zone,
- 35:09c'est utile.
- 35:10Après,
- 35:10à 20 ou 30%,
- 35:11ensuite,
- 35:12la vraie question,
- 35:13c'est est-ce qu'on a de l'efficacité de la dépense ?
- 35:15et surtout en cybersécurité,
- 35:17où est-ce qu'il faut investir pour renforcer le maillon faible de la chaîne ?
- 35:22Et il y a beaucoup de cas où on surinvestit dans les applications technologiques et on sous-investit dans la culture.
- 35:30Je vais donner un exemple.
- 35:31Beaucoup d'entreprises industrielles,
- 35:32vous allez visiter avec le PDG une usine,
- 35:34il y a un type qui ne porte pas ses gants,
- 35:36il va se faire rappeler à l'ordre.
- 35:38Vous venez le lendemain,
- 35:39il n'a toujours pas ses gants,
- 35:41ça va être plus ferme.
- 35:41Vous revenez une troisième fois,
- 35:42il n'a toujours pas ses gants,
- 35:43il va se faire virer.
- 35:44Maintenant,
- 35:45imaginez une entreprise dans laquelle il y a un salarié qui,
- 35:47trois fois de suite,
- 35:48échoue au test de phishing.
- 35:50Qu'est-ce qui va lui arriver ?
- 35:52Dans une entreprise où on tolérerait une réponse faible au test de phishing,
- 35:57ce n'est pas forcément sur les solutions techniques qu'il faut mettre l'argent,
- 36:00c'est plutôt plus sur les comportements.
- 36:03D'accord.
- 36:06On avait essayé de jouer l'exercice à l'époque où on faisait la PSSI de l'État,
- 36:09à une époque où je faisais partie d'un ministère.
- 36:12Et la première question,
- 36:14c'est finalement,
- 36:15c'est quoi le budget de la cyber ?
- 36:17Mais quoi dedans ?
- 36:17Est-ce qu'un routeur qui a des capacités de filtrage,
- 36:21c'est dans le budget de la cyber ou c'est dans le budget de l'IT ?
- 36:23Donc,
- 36:23juste la définition de qu'est-ce qu'on met dedans était un peu compliquée au début.
- 36:29Après,
- 36:29on était arrivé à une définition un peu simple,
- 36:30c'est que tout ce que tu peux retirer et que ton SI continue à fonctionner,
- 36:33c'est que c'est de la sécurité additionnelle.
- 36:35Voilà.
- 36:35Bon.
- 36:37Si tu enlèves tout et que ça marche,
- 36:39c'est de la sécurité.
- 36:40C'est comme quand on est électeur de fumée,
- 36:41tu l'enlèves,
- 36:42tu peux continuer à vivre.
- 36:44Après,
- 36:44on sait bien que tu as des phases de build et des phases de run.
- 36:46Donc,
- 36:47c'est un peu ça yoyote.
- 36:49Donc,
- 36:49cet indicateur,
- 36:49c'est une moyenne de moyenne de moyenne.
- 36:52Par contre,
- 36:54le budget à la fois financier et RH donne un indicateur sur ce que j'appelle la conformité capacitaire.
- 37:02On fait beaucoup de la conformité.
- 37:03réglementaire,
- 37:04technique,
- 37:04est-ce qu'à un instant donné vous avez bien tout à jour,
- 37:07vous avez bien les bons équipements et tu peux te faire aider par un prestat qui va venir tout mettre à jour.
- 37:11Si dans les trois années suivantes tu n'as pas les investissements pour le maintenir,
- 37:14c'est mort,
- 37:14tu vas redescendre très vite au niveau de sécurité.
- 37:17Et puis on ne sait jamais de quoi il fait demain.
- 37:19Nouvelle vulne,
- 37:19à zéro dette,
- 37:20tu ne sais pas sur quel bout de ton truc ça va toucher.
- 37:22Donc il est important en continu d'avoir les moyens de traiter l'inconnu.
- 37:27Et ça finalement une façon de l'évaluer c'est est-ce que j'ai les ressources,
- 37:30les gars qui sont un peu formés,
- 37:32le budget pour réagir.
- 37:33Souvent le budget cyber en début de l'année,
- 37:34en fin d'année,
- 37:35tu ne l'emploies pas exactement de la même façon parce que ce que tu disais,
- 37:38la menace elle a évolué.
- 37:40Mais donc,
- 37:40est-ce qu'on a les capacités de faire notre métier ?
- 37:45Pour revenir sur le ratio entre le budget cyber et le budget de la DSI,
- 37:50il y a des abats,
- 37:51je ne sais pas,
- 37:51le 13%,
- 37:51je n'ai pas compris,
- 37:52mais on parle en général de 5-10%.
- 37:55Il y a un autre point de vue aussi qu'on pourrait voir,
- 37:57c'est qu'il faut mettre au regard peut-être le budget de la cyber par rapport à ce qu'on souhaite protéger.
- 38:02Est-ce que c'est le petit projet de la machine qui va contrôler une machine-outil ?
- 38:05La machine,
- 38:06ça va être un Windows qui ne coûte pas cher.
- 38:07La machine-outil,
- 38:08elle va coûter 50 millions d'euros.
- 38:10Donc,
- 38:10il y a aussi un moment où il faut peut-être mettre au regard les enjeux de la cyber vis-à-vis des enjeux métiers.
- 38:14C'est quoi notre patrimoine informationnel,
- 38:16notre patrimoine industriel à protéger ?
- 38:18Et là,
- 38:19ça change peut-être l'équipe.
- 38:20Je n'ai pas de bonne réponse.
- 38:21Je ne sais pas c'est quoi le ratio.
- 38:22Ce n'est peut-être pas qu'un ratio cyber-DSI,
- 38:25enfin Slash IT,
- 38:26mais c'est peut-être cyber vis-à-vis business,
- 38:28investissement matériel.
- 38:29C'est un point.
- 38:30Et à une analogie,
- 38:31il y a eu un débat il y a quelques mois sur...
- 38:34On avait des frégates françaises en mer Rouge,
- 38:36je croyais.
- 38:36Donc il y a des drones qui arrivaient près des frégates.
- 38:38Et le débat,
- 38:39c'est,
- 38:39on tirait des missiles,
- 38:40les frégates,
- 38:41pour se défendre des drones.
- 38:42Le missile coûtait très cher,
- 38:44le drone,
- 38:44pas cher.
- 38:45Et la position de l'armée française,
- 38:46c'est de dire,
- 38:47on ne garde pas ce déséquilibre-là,
- 38:48on garde la cible à protéger qui la frégate.
- 38:50Donc OK,
- 38:51le missile coûte cher par rapport au drone,
- 38:52pas cher,
- 38:53mais avant tout,
- 38:53c'est de la protection.
- 38:54Donc ce n'est peut-être pas qu'un enjeu,
- 38:56en fait,
- 38:56cyber-IT.
- 38:57mais c'est comment positionner la couverture du risque de l'entreprise vis-à-vis de la cyber.
- 39:03Et tu as plusieurs risques.
- 39:04Tu as le risque stratégique de qu'est-ce qu'on fait sortir de la boîte comme payer de la boîte.
- 39:10Tu as aussi la partie opérationnelle.
- 39:12Est-ce que j'accepte le fait d'avoir un downtime de je ne sais pas combien de temps parce que mon service peut résister ?
- 39:20Tu as la partie réputationnelle,
- 39:21tu en as parlé tout à l'heure,
- 39:22mais tu as aussi le risque financier sur la partie régulation.
- 39:26Et tu as plein de...
- 39:28Tu as la CNIL,
- 39:29tu as...
- 39:30Moi,
- 39:30si je prends l'exemple d'un concurrent qui a eu beaucoup de data qui sont sorties de sa boîte,
- 39:37qui s'est retrouvé à avoir des fees énormes,
- 39:40des pénalités à droite à gauche,
- 39:43cet impact de pénalité est très gros pour une boîte.
- 39:47Donc cette partie-là,
- 39:47ce n'est pas juste
- 39:49« je vais perdre de l'information » ,
- 39:50c'est « qu'est-ce que vaut l'information par rapport à d'autres régulations ? »
- 39:54Il y a une autre question à poser,
- 39:55c'est la part des dépenses actives versus les dépenses passives.
- 40:00La cybersécurité,
- 40:01c'est de l'argent qu'on met pour régler des problèmes de qualité.
- 40:05Quelle est la part des moyens qu'on met pour régler des problèmes versus la part des moyens qu'on met pour éviter qu'ils se posent ?
- 40:11Quelle est la part de l'investissement qu'on fait dans le SecurePayDesign versus celle qu'on met pour régler des problèmes qu'on aurait mieux fait d'éviter ?
- 40:18Ça,
- 40:18c'est le bon indicateur.
- 40:20Il n'y a pas que les indicateurs,
- 40:22je pense.
- 40:22Oui,
- 40:22il y a...
- 40:23Il y a un truc qu'on a tous tendance à oublier,
- 40:27et toi,
- 40:28avec ton passé de financier,
- 40:29tu sais très bien comment ça marche,
- 40:30c'est les provisions pour risque.
- 40:34Tu parlais tout à l'heure des sociétés qui se sont fait hacker.
- 40:37L'impact financier,
- 40:38pour elle,
- 40:38au-delà des pénalités financières réglementaires,
- 40:42il est nul.
- 40:43On peut en prendre quelques-unes.
- 40:44Free,
- 40:45je serais curieux de connaître les chiffres du nombre d'abonnés qui ont résidé leur contrat.
- 40:49J'ai essayé de chercher,
- 40:49je n'ai pas trouvé.
- 40:50Je pense que ce n'est pas public.
- 40:51SFR,
- 40:52pareil.
- 40:52Je serais à Gobain quand même.
- 40:54Je vous donne un autre exemple.
- 40:55Equifax,
- 40:55il y a quelques années,
- 40:56aux US,
- 40:58plus grosse boîte de credit scoring des États-Unis.
- 41:02Ils ont fait fuiter 300 millions de records.
- 41:04Ils font encore du credit scoring sur l'intégralité de la population US.
- 41:08Et ça ne pose de problème à personne.
- 41:10Donc en fait,
- 41:10aujourd'hui,
- 41:11au-delà de la provision pour risque que pourrait mettre une entreprise dans son budget,
- 41:14et on pourrait imaginer que le budget de la cybersécurité ne serait qu'une provision sur risque.
- 41:20Est-ce que c'est ce qu'il faut faire ?
- 41:21Je ne sais pas.
- 41:22Mais en revanche,
- 41:23l'impact derrière,
- 41:25il est quasiment nul.
- 41:27Je n'ai pas vu à date une société qui a mis la clé sous la porte parce qu'elle a eu un leak.
- 41:31Il y a eu quelques sociétés en France,
- 41:33par ailleurs.
- 41:33Qui a mis la clé sous la porte,
- 41:34vraiment.
- 41:35Il y en a.
- 41:35Là,
- 41:36il y en a quelques-unes qui ont pris un pet sur leur business.
- 41:40mais ça n'a pas fermé du jour au lendemain.
- 41:41Elles ont perdu le départ du marché.
- 41:42Les PME ne se redressent pas.
- 41:44Saint-Gobain a perdu quelques centaines de millions.
- 41:46L'évaluation est dure.
- 41:47Les PME ne mettent pas de budget sur la cyber.
- 41:51C'est pour ça que je dis que c'est assez important d'avoir cette vue-là aussi.
- 41:55Les grosses structures font des provisions sur risque ou un budget sécu pourrait être une provision sur un risque puisque c'est ça finalement.
- 42:02Les petites acceptent de prendre le risque et si ça pète,
- 42:05ça pète.
- 42:06Mais ce n'est pas grave.
- 42:07Les grosses boîtes ne peuvent pas faire ça.
- 42:08Après,
- 42:09dans la gestion du risque,
- 42:09oui.
- 42:10Il y a un certain nombre de réglementations derrière.
- 42:12Mais tu as aussi les risques induits par,
- 42:14si tu attaques un service rendu à la population,
- 42:17de l'eau,
- 42:18de l'énergie,
- 42:20c'est aussi le risque qui ne va pas que être pour la boîte et son fonctionnement et ses finances.
- 42:24Ça va être possible si tu en...
- 42:25Mais ça,
- 42:26c'est réglementé.
- 42:27Alors,
- 42:29nous on finit,
- 42:30et après on va faire justement la mi-temps.
- 42:32C'est réglementé.
- 42:32On parlait de la conformité juste avant.
- 42:34La conformité,
- 42:35tu lui fais dire un peu ce que tu veux.
- 42:37L'appréciation du risque réel.
- 42:39Si tu protèges le SI qui est hypersensible,
- 42:41mais que tu ne protèges pas le fonctionnement de la boîte,
- 42:44sur du non réglementé,
- 42:46tu peux dire que si on perd cette fonction là,
- 42:47on va avoir du mal à assurer l'autre.
- 42:48Ça c'est pas réglementé.
- 42:50Mais c'est l'approche étatique aujourd'hui,
- 42:51on est d'accord.
- 42:52On est d'accord.
- 42:52Et donc finalement la conscience du risque,
- 42:54elle ne doit pas être que réglementaire.
- 42:55Il faut vraiment se dire,
- 42:56c'est ce que tu disais,
- 42:58l'impact sur le risque c'est mes finances,
- 43:00ma boîte,
- 43:00mes pénalités,
- 43:01mais les conséquences aussi pour les mairies qui se font taper,
- 43:06il n'y a pas d'enjeu financier.
- 43:07C'est pas réglementé.
- 43:09Par contre,
- 43:09ils perdent le cadastre des cimetières,
- 43:10ils ne savent plus enterrer les gens.
- 43:12À quel point ça interdit les opérations d'une structure ?
- 43:16Ça dépend des structures.
- 43:17Une structure digitale,
- 43:18ça dépend,
- 43:19ça dépasse.
- 43:21Non,
- 43:21ce n'est pas ce qu'on dit.
- 43:23Le risque,
- 43:23c'est que ça impacte différemment.
- 43:27En fait,
- 43:27l'impact d'une problématique cyber,
- 43:29c'est toujours la même chose.
- 43:30Ça a un coût pour les structures qui ne l'ont pas prévu,
- 43:33vraiment.
- 43:34Ça a des enjeux sur les opérations,
- 43:36ça peut les disrupter complètement.
- 43:38Et ça peut amener à carrément arrêter le business.
- 43:41Ça,
- 43:41c'est vrai pour n'importe quelle entreprise.
- 43:44Vraiment.
- 43:46Et donc,
- 43:46si à chaque fois,
- 43:46on dit « ça dépend » ,
- 43:48ça ne peut pas marcher.
- 43:50La résultante du risque,
- 43:52elle est identique quel que soit le business.
- 43:54Tu auras un...
- 43:55un coup,
- 43:56des problèmes sur tes opérations et potentiellement un arrêt complet de ton business.
- 44:00Et donc,
- 44:00une perte financière conséquente.
- 44:04Et c'est indépendant de l'industrie,
- 44:05vraiment.
- 44:07C'est rigolo ce qu'il y a.
- 44:09Il y a ce sujet sur la BITD,
- 44:11sur le niveau de maturité cyber de la supply chain,
- 44:14des fournisseurs.
- 44:15Et en fait,
- 44:15il y a deux approches un peu différentes.
- 44:16Il y a nous,
- 44:18industriels,
- 44:18où on a besoin de nos fournisseurs,
- 44:19et on a un mono-fournisseur qui fournit un boulon,
- 44:21par exemple.
- 44:24Et on se dit,
- 44:24si lui ne nous fournit plus le boulon,
- 44:25nous,
- 44:25on ne peut plus produire,
- 44:26donc on a un impact chez nous.
- 44:29Donc,
- 44:29il faudrait qu'on augmente,
- 44:32il faudrait qu'il ne meure pas d'un incident cyber,
- 44:35ou alors,
- 44:36il faut qu'on en ait un deuxième qui ne nous fournit plus le boulon.
- 44:38Et c'est là où il y a deux grandes approches différentes,
- 44:40une approche un peu étatique qui dit,
- 44:41l'intégralité des fournisseurs doivent avoir un bon niveau cyber parce qu'il faut qu'ils survivent tous,
- 44:48mais ça veut dire qu'ils vont investir,
- 44:49donc le boulon va être plus cher pour nous.
- 44:51Il y a une approche plutôt plus égoïste qui veut dire,
- 44:53mais en fait,
- 44:54finalement,
- 44:54moi,
- 44:54ce qui m'intéresse,
- 44:55c'est d'avoir le boulon.
- 44:56Donc,
- 44:56ça rejoint ce que tu dis sur l'impact derrière pour chaque entreprise,
- 45:02même vis-à-vis des tiers.
- 45:04Nous,
- 45:04on peut gérer l'impact sur le tiers qui va avoir des conséquences chez nous.
- 45:10Alors,
- 45:10pour ceux,
- 45:11justement,
- 45:12à distance,
- 45:12qui nous ont rejoints peut-être avec quelques minutes de retard,
- 45:14on vous a préparé les trois grands messages à retenir de cette première partie d'émission.
- 45:18Donc,
- 45:18le premier message,
- 45:19c'est...
- 45:20technologiquement,
- 45:20le télétravail n'est pas une nouveauté.
- 45:22Il y a toujours eu du travail à distance avec cadres en mobilité,
- 45:25par exemple.
- 45:26Le RSSI doit-il être consulté ?
- 45:28Non,
- 45:28il doit être intégré.
- 45:29De plus,
- 45:30la Security by Design doit être intégrée par tous les professionnels IT et cyber.
- 45:34Ce ne doit pas être que de l'inquiétude des RSSI.
- 45:36Et le troisième point,
- 45:37les RSSI sont parfois en retard par rapport aux DSI dans la compréhension fine des enjeux business de leur entreprise.
- 45:42De leur côté,
- 45:43les DSI conçoivent de plus en plus la cyber comme un risque.
- 45:46Voilà pour cette première partie.
- 45:48On va avancer,
- 45:48je rebondis notamment sur un commentaire qui a été fait dans le chat et qui correspond justement à une de mes questions.
- 45:55La personne disait « le RSSI,
- 45:57it's not the bad guy,
- 45:58not the good guy,
- 45:59it's the guy » .
- 46:00Donc,
- 46:01j'aimerais bien justement parler de cette image qu'on a du RSSI,
- 46:04parfois critiquée comme des freins en business.
- 46:07Est-ce que c'est justifié et comment changer ce stéréotype et encourager justement une meilleure collaboration entre la DSI et la RSSI ?
- 46:13Le sujet est assez classique en fait,
- 46:15on peut l'avoir avec toutes les fonctions support.
- 46:17Le juriste,
- 46:17ça peut aussi être le good ou le bad guy,
- 46:19le financier,
- 46:20le good ou le bad guy.
- 46:21Donc,
- 46:22dans une fonction support comme ça qui peut bloquer,
- 46:25je pense qu'il y a différents...
- 46:26Un,
- 46:27il y a différents contextes,
- 46:28c'est-à-dire que dans une entreprise très financiarisée où les gens comprennent vraiment les métriques,
- 46:33c'est plus facile d'être financier que dans une entreprise où les gens savent dépenser,
- 46:36mais pas forcément tenir leur P&L.
- 46:39Et puis,
- 46:40il y a aussi une façon de faire son job,
- 46:41c'est-à-dire qu'effectivement,
- 46:43pour moi,
- 46:44et c'est ce que tu disais,
- 46:45le...
- 46:46L'objectif ultime de la cybersécurité,
- 46:47ce n'est pas de maximiser la dépense de cyber,
- 46:50ce n'est pas de réduire à zéro les vulnérabilités,
- 46:54c'est d'assurer que dans la cartographie des risques,
- 46:57la cybersécurité ne soit plus en rouge et que dans la chaîne des risques,
- 47:00le maillon faible ne soit plus du côté de l'informatique.
- 47:05Pour faire ça,
- 47:05il faut le faire d'une façon où on travaille avec les métiers.
- 47:08Après,
- 47:08la difficulté,
- 47:10c'est ce que j'évoquais tout à l'heure,
- 47:10c'est que le logiciel mange le monde.
- 47:12De plus en plus de choses sont digitales.
- 47:14Et la difficulté du RSSI,
- 47:16c'est de les confronter à des personnes qui sont responsables d'un métier,
- 47:21mais en fait qui ne comprennent pas une partie de leur métier,
- 47:23toute la partie qui est devenue digitale.
- 47:25Et beaucoup des confrontations,
- 47:27elles sont liées d'une incompréhension de la personne responsable du process,
- 47:31des contraintes ou du coup des contraintes qu'il devrait intégrer s'il comprenait parfaitement la façon dont fonctionne sa machine.
- 47:39Pour faire évoluer les choses,
- 47:40c'est un,
- 47:42plus écouter.
- 47:43Enfin,
- 47:43les RSSI prennent le temps d'écouter les métiers,
- 47:47pour vraiment comprendre les enjeux,
- 47:48c'est ce que tu disais.
- 47:50Et je pense aussi que dans tous les modules de formation RSSI,
- 47:53ou d'ailleurs métier support,
- 47:55il va y avoir un module de communication.
- 47:57Il y a un devoir d'expliciter ce que c'est que notre métier,
- 48:01les enjeux,
- 48:01les risques,
- 48:02les menaces,
- 48:02et que si on le fait,
- 48:03ce n'est pas juste pour embêter le monde,
- 48:05c'est parce qu'on a envie qu'ensemble,
- 48:06la boîte aille le plus loin possible,
- 48:09de façon sécurisée.
- 48:10Mais c'était ce volet d'expliciter.
- 48:12de communication.
- 48:15Il est hyper important.
- 48:16Et on peut parler du micro-sujet technique de la boîte,
- 48:19mais il faut parler aussi des enjeux,
- 48:20de la menace en cours,
- 48:22des presque-incidents.
- 48:24Tous les RSSI qui ont failli mourir parce qu'il y a eu un presque-incident.
- 48:29Mais qui n'en parle pas.
- 48:30Il faut le dire au bord.
- 48:30Il faut dire,
- 48:31vous savez quoi,
- 48:31on n'est pas passé loin.
- 48:32On a eu de la chance,
- 48:33donc on a réussi à rattraper.
- 48:34Mais on n'est pas passé loin.
- 48:35On est exposé.
- 48:36Et tous ensemble,
- 48:38on doit le traiter.
- 48:39Il y a un sujet notamment vers les utilisateurs.
- 48:42On parlait des campagnes de phishing,
- 48:44tous y cliquent,
- 48:44enfin il y en a forcément au moins 10%
- 48:46qui y cliquent et tout ça,
- 48:47c'est pas grave,
- 48:47c'est des humains,
- 48:48ils sont faillibles.
- 48:49Par contre,
- 48:49ça permet de dire aux utilisateurs,
- 48:52nous sommes,
- 48:52nous,
- 48:52humains,
- 48:53faillibles,
- 48:53tous ensemble.
- 48:54Donc on met en place des mesures de sécurité,
- 48:56donc il ne faut pas les contourner.
- 48:58Ça augmente drastiquement l'acceptabilité des contraintes cyber,
- 49:04et c'est un outil de com.
- 49:05C'est pour embarquer tout le monde dans le sujet,
- 49:07ce qui n'est pas très drôle.
- 49:09La sécurité,
- 49:10c'est pas « qui est-ce que ça amuse à échanger sa pile de vol de son détecteur de fumée ? »
- 49:14Non,
- 49:15mais voilà,
- 49:16c'est pas très drôle,
- 49:16on comprend pourquoi on le fait,
- 49:18et on embarque les gens.
- 49:19Et on a vraiment gagné en cyber,
- 49:21quand finalement c'est les métiers qui viennent nous voir.
- 49:23Et qui exprime l'exigence avant même qu'on ait eu le temps de la dire.
- 49:26Je pense que le partage de l'univers,
- 49:28le « vie ma vie »
- 49:29favorise en effet l'empathie et la confiance de ce pourquoi la sécurité essaye au quotidien,
- 49:35non pas de mettre des freins au business,
- 49:37mais de sécuriser ce business pour l'entreprise.
- 49:40Ça c'est une question de posture,
- 49:42ça dépend de notre approche en termes de cyber.
- 49:44Est-ce qu'on est dogmatique ?
- 49:45On n'a plus que les référentiels,
- 49:47on a plutôt une posture défensive.
- 49:49Est-ce qu'on est pragmatique ?
- 49:50On accompagne le business ?
- 49:52Et la réponse,
- 49:54elle est simple.
- 49:54Il faut être pragmatique parce que,
- 49:55de toute façon,
- 49:55comme tu disais,
- 49:56si on met trop de sécurité,
- 49:58si on est tout le temps de façon dogmatique,
- 50:00les métiers vont nous contourner.
- 50:01Et on aura perdu parce que le métier va chercher à avancer,
- 50:03va chercher à faire du business et trouver une solution courte.
- 50:06Donc autant qu'on trouve la solution ensemble pour les accompagner,
- 50:09plutôt que de se faire contourner.
- 50:11Et dans la communication,
- 50:12tu as raison.
- 50:13Moi,
- 50:14j'aime bien considérer que dans un groupe de 20 000 salariés,
- 50:16ce qui est le cas de Fravato,
- 50:17que j'ai 20 000 capteurs.
- 50:19de sécurité.
- 50:19J'ai 20 000 humains qui peuvent nous remonter de l'information et j'ai 20 000 capteurs humains de renseignement.
- 50:25Et in fine,
- 50:25avec une belle communication,
- 50:26une belle sensibilisation,
- 50:28par capillarité,
- 50:28ça nous remonte instantanément.
- 50:32Alors ma prochaine question est de savoir est-ce que le rapport DSI-RSSI est-il le même dans les entreprises cloud natives,
- 50:38digital natives ?
- 50:39Je peux peut-être commencer sur celle-là,
- 50:41pour le coup.
- 50:42Avec lequel ?
- 50:42Avec le RSSI ?
- 50:44Avec les deux.
- 50:44Ça peut apparaître des petits panneaux.
- 50:49Je vais faire les deux en un.
- 50:50Ça va être assez simple comme ça.
- 50:55Ce ne sont absolument pas les mêmes approches parce que ce ne sont pas les mêmes enjeux.
- 51:00On en parlait avant le début de l'émission.
- 51:03Je prends l'exemple de Doctolib que je connais plutôt bien maintenant.
- 51:07On n'a pas de système on-premise.
- 51:09On n'a pas...
- 51:12d'intérêt à protéger fortement nos locaux.
- 51:15On ne développe pas d'application métier.
- 51:19Notre seul produit,
- 51:20c'est finalement ce qu'on met à disposition des praticiens et des patients.
- 51:23Donc notre seul enjeu en tant que structure,
- 51:26c'est ça.
- 51:27Ce que ça représente pour la DSI,
- 51:29c'est que la DSI chez Doctolib,
- 51:30c'est une fonction assez peu représentée dans les populations.
- 51:34C'est assez petit.
- 51:36Et son seul rôle,
- 51:37c'est d'amener du matériel et de préparer les connexions.
- 51:40pour le faire simplement,
- 51:42à tout le panel d'applicatifs SaaS qu'on a choisi.
- 51:44Et ça va se résumer à ça.
- 51:46Donc c'est assez facile.
- 51:48En revanche,
- 51:48pour les RSSI,
- 51:49c'est un petit peu plus complexe.
- 51:52Pas parce qu'on n'a pas grand-chose à gérer,
- 51:54mais parce que les risques sont complètement différents.
- 51:56Nous,
- 51:56on a beaucoup plus de risques composites que de risques très faciles à identifier.
- 52:02Si j'en reprends l'exemple de tout à l'heure,
- 52:03la supply chain,
- 52:04pour nous,
- 52:04c'est un risque énorme,
- 52:05notamment dans le cadre de notre activité de développement logiciel.
- 52:08On utilise énormément de librairies pour produire le code.
- 52:11Ça,
- 52:11c'est quelque chose dont il faut qu'on s'occupe.
- 52:14C'est lourd,
- 52:15c'est coûteux.
- 52:16Nos utilisateurs,
- 52:17enfin nos collaborateurs,
- 52:18ne le voient pas.
- 52:19Et puis,
- 52:20ils le vivent très bien.
- 52:21On a évidemment aussi des problématiques de phishing,
- 52:23on a pas mal de trucs.
- 52:24En revanche,
- 52:24on a eu une approche qui est assez différente des structures classiques,
- 52:28je dirais,
- 52:28qui n'ont pas la même empreinte cloud que nous.
- 52:31Alors nous,
- 52:31on est vraiment à l'opposé du spectre.
- 52:3299,9999%
- 52:35de notre système d'information ne nous appartient pas.
- 52:38si on le dit comme ça.
- 52:39Là où,
- 52:40pour les boîtes du CAC,
- 52:41c'est plutôt 10%
- 52:41qui a été claudifié,
- 52:4320%
- 52:43pour celles qui ont fait des très gros progrès.
- 52:48L'enjeu de la DSI là-dessus,
- 52:50il est assez simple,
- 52:50c'est d'accompagner bien le business sur le choix de ses solutions,
- 52:52de s'assurer que ça répond aux quelques exigences qu'on aura posées.
- 52:57Et après,
- 52:58l'enjeu de la sécurité,
- 52:59c'est de faire attention à ce que tout ça vive bien,
- 53:02ça cohabite bien,
- 53:03et que nos utilisateurs,
- 53:04en fait,
- 53:05on leur impose...
- 53:06On n'a pas de posture imposée à nos utilisateurs,
- 53:08ça peut paraître un peu délirant,
- 53:10ou ça va faire sauter les gens de leur fauteuil.
- 53:13Moi aujourd'hui je me fiche du comportement de mon utilisateur,
- 53:15parce qu'en fait on a essayé de construire quelque chose qui est idiot-proof.
- 53:21On est parti du principe qu'on avait que des idiots,
- 53:23ils ne comprendraient jamais rien à la sécurité ni aux technologies,
- 53:28et donc du coup on s'est dit,
- 53:30si on prend ça comme postulat,
- 53:31est-ce qu'on ne va pas construire quelque chose qui est un peu plus smart ?
- 53:35que si on essayait de tous leur expliquer à quel point le métier de Cédric sur sa casquette de RSSI,
- 53:40c'est un truc qui est complexe et il faut avoir une bonne compréhension de tous les enjeux technologiques,
- 53:45que la DSI fait ça,
- 53:46que les développeurs font ça.
- 53:48Et on est parti complètement à l'inverse.
- 53:49Alors évidemment,
- 53:50on fait de la sensibilisation,
- 53:51on n'a pas que des idiots,
- 53:52c'était juste pour illustrer un peu ce qu'on a pris comme approche.
- 53:55Mais on a essayé de retirer...
- 53:59Vous avez sûrement déjà vu cette image
- 54:01Bob de l'équation.
- 54:03Donc Bob c'est l'utilisateur qui va faire un truc qui est imprévu,
- 54:07il va utiliser une solution,
- 54:08vous ne savez même pas pourquoi il a pensé à faire ça,
- 54:10mais il a fait péter.
- 54:12Nous on a essayé de se protéger de Bob en premier,
- 54:14avant de regarder même ce qu'il y avait dehors.
- 54:18Non je suis d'accord,
- 54:18ce que disaient les utilisateurs sont humains et faillibles,
- 54:22je ne vais pas dire que c'est tous des idiots.
- 54:25Moi j'ai dit idiot de prouf.
- 54:26Voilà,
- 54:26c'est idiot de prouf.
- 54:27Non mais dans le sens de dire,
- 54:28mais je suis d'accord,
- 54:29il faut,
- 54:30voilà,
- 54:31de toute façon l'utilisateur il est fragile,
- 54:33on ne pourra pas toujours faire reposer sur lui l'erreur humaine,
- 54:35et alors taper sur le pauvre mec qui a fait une erreur,
- 54:37ce n'est pas forcément toujours la bonne approche,
- 54:39c'est un truc humain.
- 54:40S'il l'a fait trois fois d'affilé,
- 54:42alors là on peut revenir le voir quand même,
- 54:44et dire,
- 54:45prendre un postulé de base,
- 54:46comme pour le télétravail,
- 54:47ok,
- 54:47l'utilisateur il est faillible,
- 54:49oui les RH vont cliquer sur des PDF,
- 54:51c'est leur boulot en même temps.
- 54:53Donc,
- 54:54dire...
- 54:54partir du postulat,
- 54:55l'utilisateur est faillible,
- 54:57qu'est-ce qu'on lui propose ?
- 55:00Ce que tu disais,
- 55:01effectivement,
- 55:02sur l'erreur,
- 55:03l'erreur elle existe,
- 55:04effectivement,
- 55:04la cybersécurité elle est là pour corriger des erreurs et comme tu le disais,
- 55:09on a le droit à l'erreur,
- 55:10en revanche,
- 55:10ceux qui commencent à en faire un métier,
- 55:12il faut s'en méfier.
- 55:14Puisqu'on était sur les entreprises cloud native,
- 55:16il y avait vraiment pour moi trois différences entre une entreprise cloud native et une entreprise historique.
- 55:21Un,
- 55:22Dans l'industrie cloud-netic,
- 55:23il y aura un meilleur alignement sur la valeur et l'intérêt de l'IT comme cœur du moteur.
- 55:27Je pense que le PDG de Doctolib n'a aucun doute sur le fait que son système web doit marcher.
- 55:34Deuxième point,
- 55:35la part dans la structure de coût de l'IT sera beaucoup plus importante.
- 55:39Je ne sais pas quel pourcentage ça représente chez Doctolib,
- 55:42mais c'est très significatif.
- 55:44Et troisième point,
- 55:46puisque tu es de chez Ariane,
- 55:48il n'y a pas de legacy.
- 55:50Et le legacy...
- 55:54C'est régler les problèmes de ceux qui nous ont précédés.
- 55:56Personne n'a envie de gérer du legacy,
- 55:57mais il y a des entreprises dans lesquelles on est obligé de faire avec.
- 55:59Il y a une part significative de nos moyens qui sont liés au legacy.
- 56:05Et quand tu peux construire en neuf avec des choses qui ont des paradigmes de sécurité de 2020,
- 56:12ce n'est pas la même chose que quand tu dois maintenir des millions de lignes de code Fortran qui datent de...
- 56:17En 40 ans,
- 56:18et tu as l'obligation contractuelle de le garder.
- 56:21C'est cool.
- 56:22C'est vrai que nous,
- 56:23on voit dans les entreprises cloud natives qu'elles sont sujets à de l'automatisation,
- 56:28d'avoir une visibilité en temps réel de ce qui se passe,
- 56:30pouvoir manager et gérer de manière proactive tout dysfonctionnement.
- 56:34Parce que la sensibilité,
- 56:36elle est très forte du fait du cœur du métier.
- 56:39Alors,
- 56:40on arrive à la fin de cette émission,
- 56:41donc j'ai une dernière question avant de mettre fin.
- 56:43En termes d'organigramme,
- 56:44est-ce que l'ORSSI doit-il toujours être attaché au DSI ?
- 56:47Cela dépend-il de la structure ou du secteur d'activité ?
- 56:50Quels sont les avantages ?
- 56:51et les désinconvénients de ce type de rattachement ?
- 56:56J'ai déjà répondu au début sur le fait d'en faire un métier qui porte ces enjeux,
- 57:00qui peut aller faire arbitrer conjointement avec le DSI.
- 57:05Il y a les deux options principales,
- 57:07c'est de mettre sous la sécurité-protection d'un côté et l'IT de l'autre.
- 57:11Je pense que ça va dépendre de la maturité technologique.
- 57:14Plus on a une maturité où on pense que les risques sont les risques de police,
- 57:17plus on va mettre les cybersécurités de ce côté-là.
- 57:19Plus on pense que c'est du côté de la technologie,
- 57:21plus on va le mettre de l'autre côté.
- 57:23Et l'autre point,
- 57:23c'est que si on veut faire du secure by design,
- 57:26c'est quand même mieux d'avoir une équipe intégrée,
- 57:29en vérifiant que dans cette équipe intégrée,
- 57:31on garde un niveau d'exigence important.
- 57:34Et ça,
- 57:35c'est normalement l'échange avec le COMEX et la cartographie des risques qui sert un peu de signal de rappel.
- 57:42Pour aller dans cette direction,
- 57:44on l'a dit en début...
- 57:45Je considère le berceau de l'emploi du RSSI et côté IT.
- 57:49Le bras armé,
- 57:50c'est la DSI,
- 57:51celle qui est les opérateurs,
- 57:52tous les intervenants.
- 57:53Et nous,
- 57:53on est prescripteurs,
- 57:55on accompagne les projets.
- 57:57On a besoin de la DSI,
- 57:58on a besoin de cette collaboration.
- 58:00Le vrai sujet,
- 58:00c'est est-ce que le RSSI a accès au COMEX,
- 58:02pour faire passer les bons messages,
- 58:04en collaboration avec le DSIF.
- 58:05C'est ça le vrai sujet,
- 58:06c'est la collaboration qu'il faut viser.
- 58:08C'est globalement aussi un accès pour augmenter les points de décision,
- 58:11les risques.
- 58:12C'est ça l'approche.
- 58:13Après,
- 58:13savoir où est-ce qu'on est rattaché.
- 58:15A la rigueur,
- 58:15c'est de la cosmétique.
- 58:16C'est beaucoup de l'humain derrière.
- 58:19Il faut un RSSI et un DSI qui s'aiment.
- 58:22Oui,
- 58:22il n'y a pas que de l'humain.
- 58:23Si vraiment on prend la question du rattachement,
- 58:27il y a une appétence au risque de la structure.
- 58:30Je rejoins plutôt ton point.
- 58:32On pourrait imaginer qu'un DSI et un
- 58:34RSSI sont au convex tous les deux.
- 58:35En théorie,
- 58:36ils ne sont pas censés porter la même portion de risque.
- 58:41Moi,
- 58:41ça,
- 58:41ça dénote d'une certaine maturité des entreprises qui ont identifié que le risque technologique était très important pour elles d'un point de vue business.
- 58:49En France,
- 58:50c'est très rare.
- 58:51Moi,
- 58:51je suis parent au COMEX,
- 58:52en profil RFSI.
- 58:55C'est pas pour autant qu'on fait pas les trucs bien.
- 58:58Effectivement,
- 58:58tu as raison.
- 58:59À partir du moment où tu as un accès assez privilégié,
- 59:03plutôt aux boards qu'aux comex d'ailleurs,
- 59:04parce que c'est là où les grosses décisions structurantes sur l'avenir peuvent être prises,
- 59:11y compris sur des impacts comex,
- 59:12mais les deux sont très bien.
- 59:15Il y a d'autres structures,
- 59:17c'est assez vrai aux États-Unis pour le coup,
- 59:18où je pense que là-dessus,
- 59:19ils ont une belle avance sur nous.
- 59:22C'est quelque chose,
- 59:23peut-être qu'on verra en France,
- 59:25le RSSI,
- 59:25là-bas,
- 59:26il est pénalement responsable.
- 59:28Et donc,
- 59:28du coup,
- 59:29quand vous mettez pénalement responsable quelqu'un,
- 59:30au même titre qu'un représentant légal d'une structure,
- 59:34le poids dans la structure,
- 59:35il est tout de suite très différent.
- 59:37Et puis,
- 59:38les gens se battent moins pour être son chef.
- 59:39Exactement.
- 59:41Donc,
- 59:41peut-être que c'est ce vers quoi il faudrait qu'on aille.
- 59:44En tout cas,
- 59:46sur ce sujet-là vraiment particulier,
- 59:48il n'y a pas de bonne réponse.
- 59:49S'il y a une très bonne entente entre DSI et RSSI...
- 59:51et les autres fonctions business,
- 59:53ça devrait bien marcher.
- 59:54S'il y a une forte appétence au risque de la part du comité de direction et du board sur le risque cyber,
- 1:00:00probablement qu'on va avoir quelqu'un très proche du COMEX ou au COMEX.
- 1:00:04Et puis,
- 1:00:05si c'est juste plutôt un risque qui est porté,
- 1:00:08comme tu le disais,
- 1:00:09sur la partie juste technologique,
- 1:00:10auquel cas,
- 1:00:11c'est plutôt le CIO ou le DSI qu'on va représenter.
- 1:00:15Parfait.
- 1:00:15Eh bien,
- 1:00:15écoutez,
- 1:00:16merci beaucoup pour vos réponses.
- 1:00:17On arrive à la fin de cette émission.
- 1:00:19Merci aux experts d'avoir répondu à mes questions.
- 1:00:21Merci également au public qui nous a suivis.
- 1:00:22Vous avez beaucoup commenté,
- 1:00:24interagi entre vous,
- 1:00:25également interagi avec nous.
- 1:00:26C'était l'émission Table ronde des experts de Risques Intermediats en partenariat avec Ivanti.
- 1:00:30Vous aurez le replay dès la semaine prochaine.
- 1:00:32C'était la dernière émission de 2024.
- 1:00:34Je vous retrouve en 2025,
- 1:00:36en janvier,
- 1:00:37pour reprendre nos émissions.
- 1:00:39Je vous souhaite une excellente après-midi.
- 1:00:41Au revoir.
- 1:00:42Merci.