Latest / Les invités de Radio des Ballons / Les Fatals Picards, au Festival des Efousnés, le 13 juin à Saulxures/Moselotte
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- Les Fatal Picard sont de retour dans les Vosges pour le festival Les Effoussenets qui aura lieu le 13 juin. Salut Laurent, guitariste du groupe entre autres. Oui, entre autres, je suis historique, j'étais là au début, je serai peut-être là à la fin, on sait jamais. Alors, prêt à jouer dans ce beau décor que va vous offrir le lac de Saulsure ? Ah oui, en fait, moi je dis ça sans démagoguer aucune, j'adore 1 la forêt, 2 les Vosges et 3 les lacs. Donc les lacs, 2 forêts dans les Vosges, c'est parfait. Oui, puis vous êtes des habitués des Vosges, on l'a évoqué un petit peu en rentraînement, mais vous avez joué chez Narcisse, vous avez chanté les Vosges également. Oui, sur le dernier album, on a une chanson qui s'appelle la prophétie des Vosges, parce qu'on a rendu hommage à un groupe qui n'existe pas mais qu'on a inventé qui s'appelle Epinalica et c'était une manière pour nous de faire du métal et de parler des Vosges, ça nous faisait bien marrer. Elle est venue comment cette chanson d'ailleurs ? A la base, on voulait vraiment faire, j'aime pas trop le terme, mais une espèce de parodie de métal, rendre un hommage à tout ce qu'on avait écouté, Van Halen, Iron Maiden, Guns and Roses, tous ces trucs-là en tracks et compagnie. Donc on est d'abord parti sur la musique, ce qui est très rare chez nous, et puis à un moment, on a inventé l'histoire, mais alors ça, je ne sais même pas comment on a sorti ça, ça a commencé par cette histoire dans les Vosges, au cœur de la forêt du banc du Xeniais. D'accord. C'était chouette. Finalement, les Vosges, c'était peut-être ce qui se rapprochait le plus du décor du Seigneur des Anneaux, notre imaginaire en France, en fait. Exactement, exactement. Alors, les effoussenés, justement, en patois vosgien, ça veut dire les ébouriffés, j'ai complètement l'impression que ça correspond bien au Fatal Picard, le fait d'être ébouriffé d'un peu partout. Ouais, alors, au niveau capillaire, les années passent, c'est moins glorieux et fringant qu'avant, quand même, faut être honnête. Plus dans l'état d'esprit, en tout cas. Oui, carrément. Non, mais ça, par contre, on n'a pas perdu notre envie d'être relativement libre de ce qu'on dit et de ce qu'on fait. Justement, avec pas mal d'années, comment tu vois la différence du groupe à ses débuts et maintenant ? Il y a eu pas mal d'évolutions, j'imagine, dans l'écriture des textes, de la musique aussi ? Oui, déjà, il y a un truc très normal, c'est qu'on a vieilli de 25 ans, donc évidemment, déjà, en tant que musicien, on est moins mauvais qu'avant, donc ça, c'est plutôt pas mal. On a appris à se tenir sur scène, à faire des albums, et puis on n'écrit pas à 50 ans comme on écrit à 25 ans, évidemment, il y a des problématiques, des fois, qui sont traitées différemment, même si l'humour est le second degré, c'est vraiment dans l'ADN du groupe. Mais effectivement, il y a aussi des sujets qu'on n'aurait pas forcément traités au début du groupe. On a fait une chanson qui s'appelle toujours « Gueule de rack et mort » quand on était plus jeunes. Là, les chansons récentes qu'on a faites sur Les Complotistes ou sur Poutine, par exemple, on ne les aurait pas faites, peut-être qu'on n'avait pas non plus la maturité pour traiter de certains sujets aussi. Et ça fait quoi de voir les enfants des fans du début arriver dans les concerts ? Ah, c'est génial ! Il y a un moment où on se dit « Waouh, on est vieux », et puis il y a un moment quand même qui est vraiment génial, on se dit « Bah, c'est cool », parce que nous, en tant qu'auditeurs, on a toujours trouvé génial de pouvoir voir… Moi, j'aime bien les artistes qu'on peut transmettre de génération en génération. Nous, ça fait partie vraiment de l'idée qu'on se fait d'un projet artistique, se dire que ce n'est pas seulement une génération qui va être intéressée par ça, et savoir qu'il y a des gamins de 15, 16, 17, 12, enfin de tous les âges, qui aiment notre humour, qui rigolent et qui viennent aux concerts, c'est hyper gratifiant aussi. Ouais, carrément. Justement, là, en parlant d'humour, on vous étiquette comme groupe d'humour, mais finalement, l'humour, c'est une façon de faire passer des messages sérieux sans forcément donner des leçons, je pense. C'est exactement ça, ça permet de faire des pas de côté. Moi, j'ai toujours du mal avec les gens qui pensent systématiquement que l'humour veut dire « manque de sérieux », c'est pas ça, c'est une manière de traiter les choses, de voir les choses, mais ça n'empêche pas que les sujets dont on parle sont des sujets hyper sérieux. Quand on parle de la Coupe du Monde au Qatar, des complotistes, de Vladimir Poutine, de la pédophilie, de l'homophobie, toutes ces choses-là, c'est des sujets éminemment sérieux. Bien sûr. Mais nous, on a été construit pour les traiter avec… J'aime bien le terme de second degré que je crois que je préfère à humour, finalement. Ouais, ouais, carrément. Et à une époque remplie de haters ou certains sophusques pour un rien, justement, est-ce que vous écrivez de la même manière ou en vous disant « attention à pas choquer un tel, un tel » ou vous en foutez complètement ? Alors, on s'en fout complètement. Il y a juste sur le « un tel, un tel », moi je serais triste de faire une chanson qui blesse quelqu'un pour de mauvaises raisons. Si j'ai blessé quelqu'un parce que cette personne a des idées juste horribles, ça me pose aucun souci, mais commettre une maladresse dans une chanson, dans l'écriture, et voir que cette maladresse, elle a blessé quelqu'un inutilement et que c'était parce que c'était une maladresse, ça, ça me gênerait plus. Mais c'est pas vraiment arrivé. D'accord. En tout cas, Poutine n'a rien dit. Ah, c'est déjà une bonne nouvelle, c'est déjà une bonne chose. Bernard Lavillier a toujours été content de ce qu'on disait, de ce qu'on faisait avec son album. Ah oui, ce fameux petit Bernard Lavillier, je crois que c'est avec ce morceau-là que je vous ai découvert, d'ailleurs, moi. C'est possible, c'est un des premiers succès, c'était l'album « Pamplemousse mécanique » et l'Eurovision, enfin, il y avait pas mal de trucs. Alors, avec autant d'albums, comment est-ce que vous allez choisir les morceaux que vous allez jouer pour le public vaugien ? Il y en a forcément qui sont obligés, certains que le public vous réclament. Alors, nous, on est très pragmatiques. Pour le public vaugien, on jouera « La prophétie des Vosges », parce que pour le coup, c'est un morceau de circonstance. Après, nous, on est très pragmatiques, on va sur les sites de streaming, les plateformes comme Deezer, Spotify et compagnie, et on regarde ce que les gens écoutent de nous. Et on essaie de construire la liste comme ça, parce que moi, je me suis toujours dit qu'en tant que spectateur, quand je vais voir un concert, surtout de chansons, pour le coup, j'aime bien être en terrain qu'on quitte, ça n'empêche pas des fois de faire des nouveautés, évidemment, et de surprendre les gens. Mais je pense que la chanson, c'est quelque chose de très… C'est ça qui fait que c'est populaire, c'est quelque chose qu'on aime partager, on aime être quelque part en terrain connu. Et nous, on essaie de faire en sorte que les gens, ils sortent du concert en se disant « Ah ouais, je suis content, ils ont joué ça, ils ont joué ça, ils ont joué ça », parce que ça rappelle des souvenirs aux gens, les chansons, c'est souvent comme ça. Et puis après, parfois, on fait des nouveaux titres, et puis les nouveaux titres, après, ils arrivent sur les albums, par exemple. Et puis là, en plus, pour le coup, les Effoussenets, c'est un premier festival, parce que justement, c'est une époque où c'est compliqué pour les festivals de perdurer, de trouver des financements, et là, c'est une première, donc voilà, on espère que votre « parrainage » va pouvoir permettre de lancer une belle chose. Ah, c'est horrible, tu m'as mis la pression, parce que je sais qu'on n'est pas un groupe gratuit, donc on est quand même impactant dans le budget d'un festival, et si tu me dis qu'ils débutent, et si à cause de nous, l'année prochaine, ils sont en redressement judiciaire, je vais me sentir hyper coupable. Ah merde ! Non mais sérieusement, nous, on est très conscients de ça, parce que évidemment, on est dans le business depuis longtemps, et c'est vrai que maintenant, monter un festival, d'une manière générale, c'est tellement d'énergie, et puis c'est une telle préhiste de risque financière, et ça suppose tellement d'enjeux qu'effectivement, c'est compliqué. On est contents, nous, de voir les festivals perdurer, je sais qu'il y en a un qui n'est pas trop loin de chez vous, je crois que ça s'appelle « Les gueules de bois », par exemple, qu'on a vu débuter et exploser en quelques années, pour les effousser, je leur souhaite la même chose, en fait. Et puis, justement, lors de ces festivals, il y aura aussi le groupe « Une touche d'optimiste », j'imagine que c'est un groupe que vous avez croisé quelques fois lors d'autres festivals ? Oui, on se connaît, parce qu'en plus, notre tourneur s'occupe aussi un peu d'eux, donc c'est peut-être aussi pour ça qu'on partage le contenu. Et puis, il y aura même aussi un groupe de lycéens-vaugiens, « The Blast ». Ah, ça, c'est bien, parce que nous, quand on était gamins, on a trop souvent souffert du côté un peu « Ouais, vous êtes des gamins, vous avez rien à faire sur scène, revenez quand vous serez habitués à faire de la scène ». C'est un peu comme le CV où on demande de l'expérience, mais tant qu'on ne nous laisse pas de chance, on n'a jamais d'expérience. Et moi, je trouve ça chouette, justement, qu'il y ait des… En plus, c'est pas parce qu'ils sont lycéens que c'est mauvais, ils font mieux que nous, en plus. Alors justement, avec la bouteille que t'as, si t'avais un conseil à donner à un groupe de jeunes qui débutent, ça serait quoi ? Un conseil de vieux con ? Non, en vrai, les deux seuls trucs qui marchent, c'est bosser comme des tarés. Ça, c'est presque à la portée de n'importe qui. Et là, l'autre truc, mais c'est un peu plus compliqué. En l'occurrence, nous, dans Les Fatales, on aime ou on n'aime pas ce qu'on fait, mais on est parti avec un cahier des charges très particulier. Et je pense que chaque projet qui fonctionne et qui dure, surtout, c'est un projet qui quelque part fait preuve d'une certaine originalité, en fait, répond quelque part à une demande des gens qu'il n'y avait pas avant, en fait, finalement. Et nous, on est arrivé avec ce mélange de rock, d'engagement, d'humour. On n'était pas les seuls, mais en tout cas, on l'a traité suffisamment originalement pour que… Voilà. Des gens qui sont hyper bons musiciens, il y en a un milliard sur terre. Donc, c'est rarement ça qui fait la différence. En général, c'est construire un projet, que ça soit du métal, de l'électro, de la chanson, mais qu'il soit vraiment… qu'il soit original et puis surtout se faire plaisir et ne pas penser à l'argent, parce que quand ça vient, on est bien content, mais ça ne doit pas être le moteur du travail. La tournée actuelle, elle va vous mener jusqu'à quelle date ? Nous, on ne s'arrête jamais, on n'a pas de notion de tournée. Là, on va boucler nos 25 ans, on sera au Zénith le 30 mai, à Paris. Donc, ça, c'est symboliquement en parlant, c'est la fin de la tournée des 25 ans. Mais après, nous, on est sur la route toute l'année, on fait juste des pauses entre le mois de décembre et le mois de janvier, parce qu'on est vieux et que le froid, ça fait des rhumatismes chez les vieux rockeurs, donc on supporte moins bien. Et puis, j'imagine qu'il y a peut-être déjà des textes pour un nouvel album sur les rails ? Oui, c'est en cours. Alors, ça ne sera peut-être pas un album dans un premier temps, parce que le métier évolue, donc on va faire un peu comme tout le monde, on va sortir des singles, alors peut-être pas un seul d'un coup, mais trois, quatre, d'ici la rentrée, là, en septembre. Et puis, à la fin, je pense qu'on sera un peu logique dans la démarche, c'est-à-dire qu'on fera peut-être une opération de pré-achat, comme ça, on fabriquera l'album en vinyle ou en CD en fonction des demandes. Ça ne sert à rien de faire 10 000 CD de nos jours et de se retrouver avec 9 990 CD qui traînent. Exactement, oui. Écoute, je vais te laisser le mot de la fin. En attendant, je vous souhaite à vous, Fath Alpicar, plein d'énergie, plein de master du lard des Brabels, et puis bonne venue chez nous le 13 juin. Eh bien, voilà, le mot de la fin, ça sera rendez-vous le 13 juin. J'ai quand même une révélation dans la Bible. Alors, dans la version estonienne, il est expliqué que si Dieu a créé le monde, c'est parce qu'il manquait une forêt dans les Vosges.