Latest / Entretien avec un dentiste / Mon voyage à travers l' argent en dentisterie : 6/8 Le va-et-vient du conventionnement
Transcript
- 0:04Bienvenue dans ce sixième épisode de la série Mon voyage à travers l'argent en dentisterie
- 0:08Je suis Florence Echeverry,
- 0:09dentiste et productrice de ce podcast.
- 0:12Aujourd'hui,
- 0:13nous abordons un sujet qui m'a moi-même tracassée à un moment clé de ma carrière,
- 0:17à savoir lorsque j'ai décidé d'orienter mon exercice vers la parodontologie.
- 0:20J'avoue qu'après quelques mois passés à devoir expliquer pourquoi les soins relatifs au traitement de parodontologie n'étaient pas remboursés,
- 0:26l'idée de me déconventionner m'a effleurée.
- 0:29Je me souviens très bien d'une conversation avec mon associé,
- 0:32Marie,
- 0:33qui se posait la même question.
- 0:35Marie ayant un exercice exclusif en pédo-noncie et moi en parodontologie,
- 0:39ressentions toutes les deux une grande frustration face à la nécessité constante de justifier les actes non remboursés que nous réalisions.
- 0:47Nous pensions peut-être naïvement que le déconventionnement nous épargnerait cette tâche délicate,
- 0:52nous permettant ainsi de nous concentrer davantage sur notre pratique et nos patients.
- 0:56Mais comme nous allons le découvrir à travers l'expérience de la docteure Pauline Chardon-Mazière,
- 1:00la réalité est souvent bien plus complexe qu'il n'y paraît.
- 1:05Avant de plonger dans cet épisode,
- 1:07je souhaite vous parler d'un projet imminent qui me tient particulièrement à cœur.
- 1:11Dans quelques semaines,
- 1:12je vais partir avec Cécile,
- 1:13mon assistante,
- 1:14en mission humanitaire à Madagascar,
- 1:16où j'aurai l'occasion de travailler en tant que dentiste auprès de populations
- 1:19qui,
- 1:19comme vous le savez,
- 1:20ont un besoin urgent en soi en tout genre.
- 1:23Cette mission,
- 1:24vous vous en doutez,
- 1:25sera aussi l'occasion de réaliser une série documentaire pour partager avec vous cette aventure,
- 1:29les moments forts,
- 1:30les craintes,
- 1:31les rencontres et les leçons que je tirerai de cette expérience.
- 1:34Pour mener à bien ce projet,
- 1:35j'ai besoin plus que jamais de votre soutien.
- 1:38Les fonds récoltés serviront à l'achat de matériel nécessaire pour la mission,
- 1:41mais aussi pour la création musicale,
- 1:43les visuels et le montage de la série.
- 1:45Si ce projet vous parle et que vous souhaitez y contribuer,
- 1:48je vous invite à faire un don.
- 1:49Chaque geste compte et m'aidera à concrétiser cette aventure humaine et professionnelle.
- 1:54Vous trouverez toutes les informations pour participer dans la description de cet épisode,
- 1:58dans laquelle je vous ai mis le lien vers la cagnotte Tipeee.
- 2:00Merci infiniment pour votre soutien.
- 2:06Épisode 6,
- 2:07le va-et-vient du conventionnement.
- 2:14Place au sujet du jour,
- 2:15revenons à l'expérience de la docteure Pauline Chardron-Mazière qui va nous expliquer pourquoi elle a fait le choix de se déconventionner avant finalement de revenir sur cette décision.
- 2:24Son parcours atypique éclaire avec profondeur les réalités économiques et éthiques de notre métier.
- 2:30Moi je me qualifierais plutôt de fourmi.
- 2:33Donc je suis d'un naturel très prudent.
- 2:39Et donc,
- 2:40je gère mon cabinet avec beaucoup de prudence aussi.
- 2:46Sachant que dans l'ensemble de ma vie,
- 2:50je considère que c'est un peu une banalité,
- 2:53mais que l'argent est un moyen et non une fin.
- 2:56Et donc,
- 2:57je garde toujours en mémoire mon objectif de vie et je détermine la question de l'argent en fonction de cet objectif de vie et non pas le contraire.
- 3:07Ce que Pauline exprime ici.
- 3:09Selon moi,
- 3:10est loin d'être une banalité.
- 3:11Au contraire,
- 3:12je pense que c'est une réflexion fondamentale.
- 3:14Analyser son propre rapport à l'argent est essentiel,
- 3:17car il est souvent façonné par une multitude de facteurs.
- 3:20L'éducation,
- 3:20le modèle parental,
- 3:21la culture de notre pays,
- 3:23et bien plus encore.
- 3:24Prendre conscience de ces influences peut changer notre façon d'aborder notre carrière,
- 3:28nous permettant d'éviter de suivre des chemins tout tracés,
- 3:31qui ne sont pas forcément les nôtres.
- 3:33Avant de se lancer dans la vie professionnelle,
- 3:35et particulièrement avant d'investir,
- 3:37je trouve qu'il est crucial
- 3:38de savoir quels sont nos objectifs de vie.
- 3:40Cela implique de bien se connaître,
- 3:42de comprendre ce qui nous motive vraiment,
- 3:44ce qui,
- 3:45avouons-le,
- 3:45n'est pas toujours évident lorsqu'on est jeune.
- 3:48Ce qui est certain,
- 3:49c'est que nous n'avons pas tous et toutes les mêmes critères de réussite.
- 3:53Ce qui,
- 3:53pour certains,
- 3:54peut symboliser le summum de la réalisation de soi,
- 3:56comme avoir un gros cabinet à la Nip-Tuck,
- 3:59peut pour d'autres représenter une véritable prison dorée,
- 4:02voire un précipice vers le burn-out.
- 4:04La question de la relation à l'argent avec les...
- 4:06parents de mes patients,
- 4:08ça peut être aussi avec mes patients parce que pour l'anecdote,
- 4:11j'ai quand même beaucoup de petits,
- 4:13c'est-à-dire même à partir de l'âge scolaire,
- 4:176-7 ans,
- 4:18qui font des commentaires sur les tarifs,
- 4:20c'est assez rigolo.
- 4:22Et parenthèse aussi,
- 4:24peut-être ce qui me choque beaucoup,
- 4:26c'est que depuis le paiement sans contact,
- 4:28les enfants touchent beaucoup plus la carte bancaire de leurs parents et automatiquement le mettent sur le lecteur de carte bancaire en sans contact.
- 4:36Moi qui suis de l'ancienne génération,
- 4:39je suis un peu abasourdie et je pense que ce n'est pas très sain de donner facilement une carte bancaire à un enfant de 6-7 ans.
- 4:47Je pense qu'en termes de connaissance de la valeur de l'argent,
- 4:51on est dans l'erreur.
- 4:52Petite parenthèse.
- 4:53Alors avec mes patients,
- 4:55j'ai un rapport qui est très clair parce que tout est transparent et tout est écrit.
- 5:02C'est-à-dire que dans la salle d'attente,
- 5:04les tarifs sont écrits comme ils doivent être.
- 5:07Je mets également tout sur devis,
- 5:11que j'appelle proposition thérapeutique et devis,
- 5:13parce que par contre,
- 5:14je suis très mal à l'aise avec le terme de devis.
- 5:17Et donc,
- 5:17tout est affiché,
- 5:19tout est écrit et tout est signé.
- 5:21Et donc,
- 5:21à partir de ce moment-là,
- 5:23les choses deviennent très très simples pour moi et je distingue vraiment le côté soins médicaux du côté...
- 5:32financier.
- 5:34Donc,
- 5:34une fois qu'on a parlé de la question finance,
- 5:38j'insiste vraiment sur le fait que maintenant,
- 5:40on va parler médecine avec les parents et avec les patients et qu'on arrête de parler argent.
- 5:47Je distingue bien le patient et la personne qui paye ensuite,
- 5:51parce qu'effectivement,
- 5:53tout se paye.
- 5:54Pourquoi tu disais que tu n'étais pas à l'aise avec la notion de devis ?
- 5:58Enfin,
- 5:58je comprends,
- 5:58mais j'aurais aimé que tu l'expliques.
- 6:01Alors,
- 6:01En fait,
- 6:02pour moi,
- 6:02le devis,
- 6:03c'est le devis que je vais signer avec mon garagiste,
- 6:06avec mon plombier.
- 6:07Et le devis d'une prestation médicale,
- 6:10vraiment,
- 6:11ça me choque comme terme.
- 6:13Et là,
- 6:13j'ai enfin trouvé,
- 6:14au bout de vingt et quelques années d'exercice,
- 6:18la manière de m'en sortir moi,
- 6:20parce que je conçois que ça soit un terme officiel,
- 6:22ok,
- 6:24mais en même temps,
- 6:24moi,
- 6:24j'étais très mal à l'aise,
- 6:25parce que pour moi,
- 6:26un devis se négocie.
- 6:28Moi,
- 6:28ça,
- 6:28je n'aime pas du tout dans le côté soins médicaux.
- 6:31Ça,
- 6:31c'est le premier point.
- 6:32Le deuxième point,
- 6:33c'est que je n'aime pas non plus le côté en pédodensie,
- 6:39je fais la chirurgie si le devis du mainteneur d'espace est signé.
- 6:43Ça,
- 6:43ça me choque aussi beaucoup,
- 6:45le côté avance des soins prothétiques qui fait qu'on va faire l'acte de soins ou pas.
- 6:50Et donc ça,
- 6:51je n'aime pas,
- 6:52ça me choque aussi.
- 6:53Et en même temps,
- 6:53je l'entends.
- 6:54Et le troisième point,
- 6:56c'est que le patient ayant...
- 6:58la liberté de choix de son traitement du début à la fin et même quand il a commencé éthiquement,
- 7:03il a le droit d'arrêter.
- 7:05Ça m'ennuie d'avoir cette notion de finalement,
- 7:10dans le devis,
- 7:11je fais premier point,
- 7:12deuxième point et puis je vais m'arrêter.
- 7:14Et en même temps,
- 7:15il a le droit d'arrêter.
- 7:16Donc,
- 7:17avec ces trois choses-là,
- 7:19je me suis creusé la tête et maintenant j'envoie un document qui s'appelle
- 7:24Proposition Thérapeutique et devis.
- 7:27Et...
- 7:28Ça me permet,
- 7:28moi,
- 7:29d'être beaucoup plus à l'aise quand je le présente et de dire,
- 7:32voilà,
- 7:32dans mon cabinet,
- 7:34si on vient me voir,
- 7:35voilà ce que moi je propose comme thérapeutique.
- 7:38Parce que c'est cohérent par rapport à votre besoin de santé,
- 7:41par rapport au besoin de santé de votre enfant.
- 7:44Il se trouve qu'associé à cette proposition thérapeutique,
- 7:47il y a des codes administratifs.
- 7:49et des tarifs.
- 7:51Mais d'abord,
- 7:52on va discuter sur est-ce que vous êtes OK pour que moi,
- 7:56Pauline Chardon-Mazière,
- 7:57je soigne votre enfant dans la globalité de ses besoins de soins de santé alimentaire tels que moi je les évalue.
- 8:05Si c'est oui,
- 8:05parfait,
- 8:06on passe au devis.
- 8:08Si c'est non...
- 8:09Mais il n'y a pas de problème,
- 8:10en région parisienne,
- 8:10pour le coup,
- 8:11on est beaucoup de cabinets pédodontiques,
- 8:13donc on peut tout à fait aller voir un collègue ou une collègue qui proposera peut-être une autre thérapeutique.
- 8:20Mais en tout cas,
- 8:21c'est important pour moi de faire le distinguo entre cette proposition thérapeutique qui est vraiment mon document cadre de travail et mon objectif de traitement,
- 8:30et il se trouve qu'il est associé à des codes et à un aspect financier qui s'appelle le devis.
- 8:35Pauline associe le terme devis à une transaction commerciale similaire à celle que l'on ferait avec un garagiste ou un plombier.
- 8:42Elle trouve cela inapproprié dans le contexte des soins médicaux,
- 8:45car pour elle,
- 8:45un devis implique une négociation,
- 8:47ce qui ne correspond pas à la nature des soins qu'elle propose.
- 8:51Pour moi,
- 8:51la notion de négociation est complexe,
- 8:54car elle sous-tend une question de confiance qui me semble primordiale,
- 8:57que ce soit dans le domaine des soins,
- 8:58de l'artisanat ou de n'importe quelle transaction.
- 9:01Cela fait écho à ce tact et mesure évoqué par Anne-Catherine dans le précédent épisode.
- 9:06Personnellement,
- 9:07lorsque je fais appel à un artisan,
- 9:09puisque l'exemple avancé par Pauline est celui du plombier,
- 9:12j'estime que son devis reflète le coût des matériaux,
- 9:14de la main d'œuvre et de son expertise.
- 9:17Même si je sais qu'il y a une marge d'erreur possible,
- 9:19je fais confiance à l'artisan pour la justesse de son devis.
- 9:22Si je lui demande de baisser son prix et qu'il le fait,
- 9:25cela signifie soit qu'il a artificiellement gonflé le prix,
- 9:28ce qui me donnerait l'impression d'avoir été berné,
- 9:30soit
- 9:31qu'il a cédé sous la pression et qu'il a renié sur la qualité des matériaux du temps passé,
- 9:36ce qui va me pénaliser d'une manière ou d'une autre.
- 9:38C'est pourquoi je ne négocie jamais les devis.
- 9:40Pour moi,
- 9:41c'est une question de respect.
- 9:42Si je trouve que le devis est trop élevé,
- 9:44je vais alors entamer une conversation avec l'artisan pour lui demander pourquoi son prix est si élevé,
- 9:50qu'est-ce qui le justifie.
- 9:51Dans un deuxième point,
- 9:52Pauline exprime son malaise face à une pratique qu'elle observe en pédodontie où la réalisation de certains actes,
- 9:58chirurgicaux notamment,
- 9:59peut être conditionnée par la signature préalable d'un devis pour les soins non remboursés,
- 10:03tels que les mainteneurs d'espace.
- 10:05Cela la choque,
- 10:06car cela revient à conditionner l'accès à des soins indispensables et pris en charge par l'acceptation d'actes supplémentaires non remboursés.
- 10:14Cette situation crée une inégalité de traitement qui,
- 10:17selon Pauline,
- 10:18et je la rejoins sur ce point,
- 10:19ne devrait pas exister.
- 10:21Ce parallèle entre les soins pris en charge,
- 10:23donc jugés indispensables,
- 10:24comme évoqué dans l'épisode 2 avec la docteure Anne-Charlotte Bas,
- 10:28Et les soins non remboursés met en lumière une problématique éthique.
- 10:31L'acceptation du devis pour des actes non remboursés ne devrait jamais être un frein à la réalisation des soins médicaux indispensables.
- 10:38Même si,
- 10:38comme Pauline,
- 10:39je comprends la réalité économique qui peut pousser à de telles pratiques,
- 10:43cela reste une source de grandes préoccupations éthiques.
- 10:45Nous y reviendrons ultérieurement.
- 10:49Pauline souhaite que ses patients adhèrent pleinement à la proposition thérapeutique globale qu'elle juge la plus adaptée à leurs besoins de santé.
- 10:56Elle veut que les considérations financières ne soient pas l'unique motivation ou frein au traitement.
- 11:01C'est pourquoi elle dissocie clairement le devis de la proposition thérapeutique.
- 11:05Elle encourage les patients à choisir un autre praticien s'ils ne sont pas en accord avec sa proposition de traitement,
- 11:12car elle estime que pour offrir des soins de qualité,
- 11:14il est essentiel que le patient et le praticien partagent la même vision du traitement.
- 11:19Enfin,
- 11:19en troisième point,
- 11:20ce qui chagrine Pauline,
- 11:22c'est le fait que le patient puisse retirer son consentement à tout moment,
- 11:25ce qui,
- 11:26selon elle,
- 11:26complique la continuité et l'efficacité du traitement.
- 11:29Elle rejoint ainsi la réflexion d'Anne-Catherine Gallou dans l'épisode précédent,
- 11:33qui soulignait que la médecine n'est pas comparable à un supermarché où l'on peut composer sa liste de courses en choisissant certains actes et en laissant de côté d'autres.
- 11:41Pour Pauline,
- 11:42un traitement doit être envisagé dans son ensemble avec une logique et une cohésion qui vont du début à la fin.
- 11:47C'est dans ce souci d'intégrité thérapeutique qu'elle préfère parler de proposition thérapeutique plutôt que de devis.
- 11:53Cette approche est particulièrement pertinente en pédononcie,
- 11:56un domaine où la relation thérapeutique se construit à trois acteurs,
- 11:59l'enfant,
- 12:00les parents et le ou la dentiste.
- 12:03Dans cette dynamique triangulaire,
- 12:04l'enfant n'est pas toujours le décisionnaire,
- 12:06ce qui complexifie encore davantage la notion de consentement.
- 12:09Chacun doit être en phase avec le traitement proposé,
- 12:12ce qui rend essentiel le maintien d'une stratégie thérapeutique claire et bien définie.
- 12:17Et si je comprends bien,
- 12:18c'est ce besoin de clarté et d'engagement mutuel qui pousse Pauline à séparer nettement la proposition thérapeutique représentant l'approche globale du soin du devis qui en découle.
- 12:29Je glisse ici une petite parenthèse.
- 12:31Si ces sujets vous intéressent,
- 12:32je vous invite à venir assister à une table ronde que j'aurai l'honneur et le plaisir de présider à l'ADF en fin de cette année 2024,
- 12:39dont Pauline fera partie.
- 12:41Nous y aborderons ces questions en profondeur dans le cadre d'une discussion riche et constructive avec des intervenants passionnants sur le thème du consentement.
- 12:49Quand tu as décidé de te consacrer exclusivement à la pédodoncie,
- 12:55est-ce que tu étais consciente des difficultés que ça pouvait induire d'un point de vue financier ?
- 13:03Pas du tout.
- 13:05Pas du tout puisque j'ai commencé la pédodoncie en salariat.
- 13:11Mais en salariat,
- 13:12au chiffre.
- 13:13C'est-à-dire que je n'avais pas de fixe.
- 13:16J'avais qu'un pourcentage sur les actes.
- 13:19Par contre,
- 13:20dans un centre de santé,
- 13:22tu travailles vite.
- 13:23Alors,
- 13:24tu peux travailler vite et bien.
- 13:25Je n'ai jamais bâclé du tout,
- 13:27mais tu travailles vite.
- 13:28Et surtout,
- 13:29tu commences avec un pool de patientelle énorme.
- 13:31Je n'ai pas eu à créer de patientelle dans mon premier exercice,
- 13:36puisque c'était du salariat.
- 13:39Donc en fait,
- 13:39avec un planning plein,
- 13:41Et avec une façon de travailler qui était très méthodique,
- 13:45très cadrée et sans du tout avoir d'aspect administratif à faire,
- 13:50moi franchement j'ai très très bien gagné ma vie pendant mes années de salariat.
- 13:53De pédos exclus,
- 13:55donc absolument sans aucun NPC,
- 13:58que du soin.
- 13:59Et que j'avais une assistante.
- 14:01Est-ce que le fait que tu me disais tout à l'heure que tu avais des...
- 14:04des patients qui venaient quand même de milieux défavorisés.
- 14:09Tu faisais des soins qui étaient tous des soins qui faisaient partie de la nomenclature.
- 14:14Il n'y avait pas à présenter des devis,
- 14:16à avoir des patients qui ne voulaient pas faire ou faire tels actes et pas tels autres actes.
- 14:22Ça t'a simplifié la vie aussi ?
- 14:25Alors oui,
- 14:26absolument.
- 14:26Vraiment,
- 14:27la question de l'argent en salariat,
- 14:30là où j'étais,
- 14:31elle ne se posait pas.
- 14:32Par contre,
- 14:34j'avais quand même beaucoup de temps de discussion parce que,
- 14:37parce qu'il y avait la barrière de la langue,
- 14:40parce qu'il y avait des contextes financiers terribles d'habitats insalubres dans les hôtels.
- 14:46Donc,
- 14:47par contre,
- 14:47je prenais...
- 14:47beaucoup de temps à faire de la prévention et de la prévention adaptée.
- 14:51Alors tu me diras c'est pas la question de l'argent mais mine de rien quand il faut expliquer quand il faut dialoguer sur l'alimentation avec un parent qui te dit qu'il est à l'hôtel,
- 15:02qu'il peut pas faire à manger donc que tous les soirs ses enfants mangent McDo parce que c'est pas cher et au moins c'est un peu chaud ben là d'un coup tu passes pas de temps à parler argent
- 15:11directement.
- 15:12Par contre,
- 15:13tu passes du temps à réfléchir à comment tu vas adapter tes connaissances en matière de prévention fraîchement acquises à la fac avec cette situation économique que toi-même tu ne connais pas du tout,
- 15:24parce que moi je viens d'un milieu assez tranquille,
- 15:27banlieue ouest parisienne,
- 15:30à ces personnes qui sont en difficulté,
- 15:32elles d'argent,
- 15:33qui sont incroyables.
- 15:35Donc la question de l'argent finalement,
- 15:36tu vois,
- 15:37c'est intéressant,
- 15:38elle ne se pose pas comme ça.
- 15:40à moi en tant que praticien réalisant un devis,
- 15:44mais elle se pose dans la question de est-ce qu'il y a assez d'argent pour acheter une brosse à dents et pas pour une brosse à dents pour cinq,
- 15:51mais une brosse à dents pour chaque enfant de la fratrie ?
- 15:54Est-ce qu'il y a un point d'eau dans le logement ?
- 15:57Est-ce qu'il y a la possibilité de cuisiner et non pas de manger n'importe quoi à bas prix ?
- 16:06Et donc,
- 16:06cette question de l'argent,
- 16:07elle,
- 16:08mine de rien,
- 16:08tu vois.
- 16:09Je m'aperçois qu'elle est là quand même,
- 16:11mais à un autre point de la relation.
- 16:13Mais disons que là,
- 16:14toi,
- 16:14tu pouvais te décorréler de cette question-là pour tes actes et le temps que tu allais passer avec tes patients,
- 16:22et en fait,
- 16:23tu étais beaucoup plus dans le soin.
- 16:25Ah ben,
- 16:26100%.
- 16:27Je trouve que ce que Pauline décrit ici est extrêmement révélateur.
- 16:30Lorsqu'on parvient à se détacher de la question de la rentabilité,
- 16:33on peut se permettre d'accorder davantage de temps à écouter,
- 16:36informer et accompagner les patients.
- 16:39Quelque part,
- 16:39cela confirme l'idée persistante que j'ai que la pression économique limite notre capacité à offrir des soins complets et humanistes.
- 16:46Pauline a eu la chance de vivre cette expérience en début de carrière,
- 16:49dans un contexte où elle n'avait pas à se soucier de la rentabilité de chaque acte.
- 16:54Mais il est important de souligner que le paysage de la santé a considérablement évolué ces dernières années.
- 16:59Aujourd'hui,
- 16:59la course à la rentabilité et à la mercantilisation des soins,
- 17:02que nous avons évoqué avec Olivier Sirand dans l'épisode 3,
- 17:05se sont intensifiées.
- 17:07Les conditions d'exercice que Pauline a connues à ses débuts pourraient bien avoir changé,
- 17:11avec des répercussions sur la qualité des soins et le temps que l'on peut accorder à chaque patient.
- 17:18L'autre point intéressant soulevé par Pauline est l'aspect financier du point de vue des patients.
- 17:23Même si dans ce contexte,
- 17:24elle n'avait pas à discuter directement d'argent pour ses actes,
- 17:27la question d'argent refaisait surface sous une autre forme.
- 17:30Les préoccupations financières des patients se manifestaient dans des détails qui peuvent sembler anodins,
- 17:36mais qui sont en réalité essentiels.
- 17:38La capacité à acheter une brosse à dents pour chaque enfant,
- 17:41à avoir un point d'eau pour se brosser les dents,
- 17:43ou même à pouvoir cuisiner des repas sains.
- 17:46Cela nous rappelle que...
- 17:48même lorsque l'on parvient à s'extraire des considérations financières dans notre pratique,
- 17:52la question de l'argent reste omniprésente dans la vie des patients,
- 17:55influençant indirectement la qualité de nos soins.
- 17:58Je reviens à ce que tu disais tout à l'heure sur la méconnaissance des nomenclatures et le fait qu'on est...
- 18:05On n'a pas beaucoup de connaissances en matière administrative.
- 18:11Là,
- 18:11je vois,
- 18:12j'ai eu quelques appels de jeunes praticiens qui se demandaient pourquoi...
- 18:20je facturais des choses NPC et qu'ils m'avaient envoyé des patients et que les patients étaient revenus en n'étant pas contents actuellement parce qu'il y avait du NPC en plus des soins.
- 18:31Et à ces jeunes-là,
- 18:32je leur ai dit il faut absolument que vous ayez une connaissance importante de la nomenclature.
- 18:39La CCAM,
- 18:40ça s'apprend.
- 18:42ce n'est pas juste une ligne dans un tableau fourni par les réseaux sociaux.
- 18:47Ça s'apprend et ça se décortique.
- 18:49Et en fait,
- 18:50quand on décortique bien la CCAM,
- 18:52quand on lit bien tous les termes,
- 18:55c'est beaucoup plus simple ensuite de savoir
- 18:59ça c'est remboursé correctement,
- 19:02ça c'est un NPC,
- 19:03etc.
- 19:03et de pouvoir l'expliquer au patient.
- 19:06Je pense qu'il y a un manque de travail réflexif autour de la CCAM chez les jeunes praticiens qui ne la digèrent pas.
- 19:14Il ne s'agit pas de faire passer un NPC,
- 19:16il s'agit juste de comprendre.
- 19:19à quoi ça sert,
- 19:20et de savoir si ça répond aux besoins du patient.
- 19:22Si ça répond aux besoins du patient,
- 19:25on va lui exprimer et lui dire que si ce n'est pas remboursé,
- 19:29ce n'est pas pour ça qu'il n'en a pas besoin.
- 19:32Pauline fait ici référence à la discussion que nous avons eue juste avant l'enregistrement au sujet de ma conversation avec Anne-Catherine Gallou pour l'épisode précédent.
- 19:40Je rejoins Pauline.
- 19:41C'est essentiel de bien connaître la nomenclature.
- 19:44Elle a raison de souligner l'importance de maîtriser la CCAM.
- 19:47Je dirais même que c'est une compétence indispensable pour expliquer clairement aux patients ce qui est remboursé de ce qui ne l'est pas,
- 19:53et pour éviter tout malentendu.
- 19:55Mais je dois bien avouer que de mon côté,
- 19:57je n'ai jamais eu le courage ni la patience de me plonger dans les méandres de la CCAM comme Pauline l'a fait.
- 20:02L'idée de passer des heures à décortiquer des lignes de code m'a toujours rebutée.
- 20:06Mais voilà,
- 20:06on peut changer,
- 20:07et ce podcast sert aussi à ça,
- 20:10à comprendre et à évoluer.
- 20:11C'est pourquoi,
- 20:12à l'instant où j'enregistre ces lignes,
- 20:13je viens juste de faire un tour sur internet et d'acheter le livre de notre confrère Marc Sabeck,
- 20:18Honoraires et Nomenclature.
- 20:21Peut-être que cela va enfin me motiver à m'y mettre.
- 20:24Et non,
- 20:24ce n'est pas de la publicité,
- 20:26promis,
- 20:26Marc Sabeck ne sait même pas que je vais le citer ici.
- 20:32On a vu cette étape de salariat,
- 20:34je voulais savoir en fait ce qui t'avait conduit à vouloir créer ensuite ta propre structure.
- 20:41Alors j'ai été salariée pendant dix ans,
- 20:43c'était vraiment super et puis il se trouve que j'ai voulu pour des raisons personnelles me rapprocher de mon domicile et soigner,
- 20:57orienter mon exercice vers les personnes en situation de handicap et ce n'était absolument pas possible dans le centre où j'étais.
- 21:05J'en soignais quelques unes,
- 21:07quelques enfants.
- 21:08mais c'était vraiment la configuration des lieux ne s'y prêtait pas du tout.
- 21:12Donc j'ai eu l'occasion par le centre où j'étais de faire un DU de management par la qualité en odontologie dans lequel j'ai appris beaucoup beaucoup de choses sur l'organisation d'un cabinet,
- 21:28sur des points pratiques,
- 21:30sur des points économiques,
- 21:32sur des points de management.
- 21:34Je suis loin de mettre tout en pratique,
- 21:35mais en tout cas,
- 21:36j'ai beaucoup appris.
- 21:37Et surtout,
- 21:37ça m'a donné à ce moment-là la force de me dire,
- 21:42allez,
- 21:43je me lance toute seule en libéral.
- 21:45J'avais
- 21:4611 ans de pratique,
- 21:47donc j'étais assez sûre de moi sur la qualité de mes soins.
- 21:51Et donc,
- 21:52je me sentais capable de me lancer en libéral à ce moment-là.
- 21:57Donc,
- 21:58c'est pour ça que j'ai passé le pas.
- 22:00Et c'est pour ça que j'ai créé
- 22:02Prêt de chez moi.
- 22:03une structure vraiment dédiée au handicap.
- 22:08Alors toute seule,
- 22:09au départ,
- 22:10je m'étais dit,
- 22:10oh là là,
- 22:11toute seule,
- 22:11c'est pas facile.
- 22:13Est-ce que je vais pas essayer de trouver quelqu'un pour m'associer et tout ?
- 22:16Et puis autour de moi,
- 22:17il y avait des associations qui n'étaient pas forcément hyper,
- 22:21qui se passaient pas hyper bien.
- 22:22Donc je me suis dit,
- 22:23bah non,
- 22:23je vais être toute seule,
- 22:25toute seule,
- 22:25très bien.
- 22:26J'ai,
- 22:27mon assistante du centre est venue avec moi.
- 22:29Donc là aussi,
- 22:30j'étais assez assurée d'avoir quelqu'un avec qui,
- 22:33Je travaillais depuis plusieurs années,
- 22:34donc ça allait bien rouler.
- 22:37Et puis après,
- 22:40classique,
- 22:43l'achat des locaux.
- 22:44Alors là,
- 22:44ça a été un peu compliqué d'obtenir un prêt,
- 22:47parce que forcément j'avais un business plan qui ne correspondait pas du tout au business plan d'un cabinet dentaire classique.
- 22:52Donc là,
- 22:53le banquier a un peu fait les yeux ronds en me demandant comment j'allais me débrouiller.
- 22:57La question du handicap a été très problématique.
- 23:00Dans le business plan,
- 23:01à partir d'actionnel,
- 23:02j'avais mis cette spécificité en avant.
- 23:04Et en fait,
- 23:05c'était,
- 23:06aux yeux du banquier,
- 23:07c'était un facteur de risque.
- 23:10Donc,
- 23:11ça a été compliqué pour moi d'obtenir un prêt,
- 23:15de par le faible chiffre d'affaires par rapport à la grille classique des cabinets,
- 23:19et de par cette notion de je vais soigner des personnes en situation de handicap Bon,
- 23:23forcément,
- 23:23ça m'a fait hurler,
- 23:24et du coup...
- 23:26Au final,
- 23:26j'ai réussi à avoir mon prêt.
- 23:28Et puis après,
- 23:28je me suis lancée.
- 23:30Et très rapidement,
- 23:32l'activité s'est développée.
- 23:35J'ai commencé en décembre 2013.
- 23:38Et j'avais un planning subcomplet en juin 2014.
- 23:43Donc ça s'est passé assez facilement.
- 23:44Au bout de combien de temps de création de ton cabinet,
- 23:48tu as décidé de déconventionner ?
- 23:51Et qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur ?
- 23:56Alors,
- 23:56l'élément déclencheur,
- 23:58ça a été le changement de comptable.
- 24:01Et la nouvelle comptable,
- 24:02quand elle a mis le nez dans les comptes,
- 24:05elle a trouvé qu'il y avait quelqu'un qui était très très mauvais payeur.
- 24:08Et elle m'a demandé qui c'était.
- 24:09Je lui ai dit,
- 24:09c'est la sécurité sociale et le tiers payant.
- 24:12Je ne sais pas si c'était pareil pour tous les départements,
- 24:14mais il y avait des retards de paiement incroyables,
- 24:17ou alors il y avait des paiements partiels.
- 24:19Alors parfois,
- 24:20je me souviens très bien à l'époque,
- 24:22le détartrage à tu pouvais avoir un paiement à...
- 24:2625,03 euros.
- 24:29Et puis,
- 24:29le mois d'après,
- 24:31le paiement du complément.
- 24:32Et donc,
- 24:33pour faire les rapprochements comptables,
- 24:35c'était la croix et la bannière.
- 24:37Ça,
- 24:37c'était le premier point.
- 24:38Et puis,
- 24:38le deuxième point,
- 24:39c'est que il y avait beaucoup de nouveaux...
- 24:41au centre,
- 24:42qui ne voulaient plus soigner les enfants et qui avaient qui m'envoyaient beaucoup de leurs petits patients ce qui ne me dérangeait pas mais du coup ils oubliaient de préciser que je n'étais pas moi-même un centre ni un hôpital public et donc les actes en NPC m'ont
- 24:58posé problème à ce moment-là parce que les patients arrivaient sans avoir cette notion de spécialiste enfant cabinet privé et là je me suis retrouvée
- 25:11trouvés dans ce dont on parlait tout à l'heure,
- 25:13c'est-à-dire des patients qui ne voulaient faire que la chirurgie,
- 25:17à l'époque 16,72 euros l'attente temporaire,
- 25:20et puis pas de mainteneur d'espace après.
- 25:23Ok,
- 25:23c'est leur choix,
- 25:24mais 16,72€ quand on y passe une demi-heure,
- 25:28le compte est vite fait que c'est assez intenable.
- 25:31Et puis en plus,
- 25:32ça a été à l'époque le passage à la CCAM avec une espèce de rumeur qui parlait justement des conventions,
- 25:40des conventionnements.
- 25:42Je ne me souviens plus exactement,
- 25:43mais...
- 25:44Avec tout ça,
- 25:45j'en parle en juin 2015,
- 25:48j'en parle à la comptable qui me dit Ah non,
- 25:50mais il faut changer de moyen de financement,
- 25:52ce n'est pas possible.
- 25:54J'étais la première dentiste qu'elle avait en comptabilité.
- 25:57Qu'est-ce que c'est que ces choses à perte là ?
- 26:00Non,
- 26:00non,
- 26:00c'est bizarre.
- 26:02Est-ce qu'il y a un autre moyen ?
- 26:03Et je lui dis Ben,
- 26:04il y a un autre moyen qui est de travailler hors convention.
- 26:07Je lui ai expliqué ce que c'était.
- 26:08Elle m'a dit Ah ben,
- 26:09c'est très bien.
- 26:09Allez-y,
- 26:10en septembre,
- 26:10on commence.
- 26:11Comme ça,
- 26:12on a l'impression que je me suis fait imposer le truc,
- 26:13mais non,
- 26:14je pense que c'était juste la petite pichenette qu'il me fallait,
- 26:17parce que moi aussi,
- 26:18ça m'énervait,
- 26:19cette histoire d'actes sous-payés.
- 26:22Parce qu'effectivement,
- 26:24là,
- 26:24par rapport au salariat,
- 26:25je voyais l'argent qui passait.
- 26:27Donc là,
- 26:27effectivement,
- 26:28j'ai beaucoup plus eu la notion des paiements de cabinet dentaire,
- 26:33par rapport à l'exercice en salariat.
- 26:35Après dix années d'exercice en tant que salarié,
- 26:37Pauline décide donc de créer sa propre structure.
- 26:40motivé par des raisons personnelles et un désir profond d'orienter son activité vers les soins aux personnes en situation de handicap.
- 26:47Sa démarche était audacieuse,
- 26:49mais elle s'est vite heurtée à une difficulté que je n'aurais pas soupçonnée,
- 26:52obtenir un prêt pour un projet de cabinet qui ne correspond pas au modèle financier classique.
- 26:57Pour le banquier,
- 26:58soigner des personnes en situation de handicap représentait un risque financier.
- 27:02Cette approche purement économique,
- 27:04qui mettait en doute la viabilité de son cabinet à cause de la nature même de sa patientèle,
- 27:09l'a profondément choqué.
- 27:10ce que je comprends aisément.
- 27:12Mais Pauline n'a rien lâché.
- 27:13Elle a réussi à surmonter ses obstacles et à créer une structure florissante dédiée à une population souvent négligée.
- 27:19Toutefois,
- 27:20une fois son cabinet créé,
- 27:21Pauline a rapidement dû faire face à un autre défi,
- 27:24cette fois lié à la gestion financière courante.
- 27:27La gestion comptable est devenue de plus en plus complexe avec des retards de paiement ou des montants partiellement versés de la part de la Sécurité sociale.
- 27:34Pour ajouter à cela,
- 27:35elle a commencé à recevoir de plus en plus de patients venant de centres,
- 27:38qui ne prenait plus en charge les enfants.
- 27:41Les parents de ces petits patients arrivaient souvent sans comprendre que le cabinet de Pauline n'était ni un centre de soins,
- 27:46ni un hôpital public,
- 27:47et se retrouvaient confrontés à des actes non pris en charge,
- 27:50ce qui a généré,
- 27:51ce dont on a parlé tout à l'heure,
- 27:52des choix de traitement orientés vers les soins pris en charge,
- 27:55et donc peu rémunérateurs.
- 27:57C'est à ce moment-là que sa carrière a pris un nouveau tournant.
- 28:00En échangeant avec sa comptable,
- 28:01Pauline a réalisé à quel point certains actes sous-payés,
- 28:04imposés par la Convention,
- 28:06étaient financièrement intenables.
- 28:08Pour elle...
- 28:08L'idée de continuer à soigner avec des tarifs aussi bas,
- 28:1116,72€ l'extraction par exemple,
- 28:14en y consacrant parfois une demi-heure devenait tout simplement impossible.
- 28:18Le passage à la CCAM et les ajustements liés à cette nouvelle nomenclature ont ajouté une pression supplémentaire.
- 28:24C'est pourquoi,
- 28:25encouragée par sa comptable,
- 28:26Pauline a finalement fait le choix de se déconventionner.
- 28:29Ce que je retiens du parcours de Pauline,
- 28:31c'est que lorsqu'on choisit de sortir des sentiers battus,
- 28:34ici en orientant son activité vers les patients en situation de handicap,
- 28:38un domaine où elle était relativement précurseur en tant que libérale,
- 28:42on est souvent confronté à des obstacles et à des difficultés qu'il est impossible d'anticiper.
- 28:47Pauline a dû essuyer les plâtres,
- 28:48pour ainsi dire,
- 28:50dans un contexte où peu de soutien lui a été offert,
- 28:52que ce soit de la part des banques ou même des organismes comme la Sécurité sociale.
- 28:56Et je dois dire que,
- 28:57comme elle,
- 28:58je suis gênée par le fait qu'un choix d'exercice aussi ambitieux et courageux n'ait pas été davantage soutenu ou facilité.
- 29:05Pourtant,
- 29:05il me semble essentiel de soutenir les praticiens ou praticiennes qui font le choix d'innover et de se consacrer à des populations plus vulnérables.
- 29:16C'est très facile de se déconventionner et de se reconventionner.
- 29:18Là aussi,
- 29:19c'est un mythe.
- 29:20En fait,
- 29:21c'est assez simple.
- 29:21Il y a un courrier envoyé à la Sécurité sociale qui nous renvoie une autre CPS et basta.
- 29:26Et je n'ai jamais eu de discussion,
- 29:28moi,
- 29:29sur le pourquoi du comment.
- 29:30J'avais quand même essayé de voir avec la dentiste conseil.
- 29:33Je lui avais parlé que là,
- 29:36au bout d'un an et demi d'exercice,
- 29:38je commençais à avoir les problèmes financiers qui étaient là.
- 29:44Et la dentiste conseil,
- 29:45à l'époque,
- 29:46m'avait dit,
- 29:46si vous posez 2-3 implants,
- 29:48ça vous fera votre chiffre du mois.
- 29:49Et là,
- 29:51je me suis dit que manifestement,
- 29:52on n'habitait pas sur la même planète.
- 29:55Donc voilà,
- 29:58en fait,
- 29:58je n'ai eu aucun soutien de la sécurité sociale.
- 30:02Et moi,
- 30:03c'est vrai que j'étais un peu déçue.
- 30:06su,
- 30:06un peu triste même,
- 30:07de me dire Ah mince,
- 30:09j'ai une activité quand même pédo et handicap,
- 30:12il me semble que je réponds à un besoin de santé publique qui n'est pas forcément pourvu à 100% et je dis que je vais partir et en fait,
- 30:19on ne me dit rien.
- 30:21C'est le jeu,
- 30:22mais vraiment,
- 30:22j'ai...
- 30:23Je ne sais pas,
- 30:25le fait de ne pas avoir été un minimum retenu ou un minimum aidé ou un minimum soutenu en me disant Mais non,
- 30:32mais est-ce qu'on ne peut pas trouver une autre solution ?
- 30:35Vous voulez que je m'en aille ?
- 30:36Je m'en vais.
- 30:38Et voilà.
- 30:38Et donc,
- 30:38en trois mois,
- 30:39c'était fait.
- 30:40Alors après,
- 30:41il faut créer une nouvelle grille tarifaire.
- 30:43Donc,
- 30:44hors convention,
- 30:45on applique toujours la CCAM.
- 30:47Donc,
- 30:48simplement,
- 30:48les tarifs sont libres.
- 30:50Donc,
- 30:50ce n'est pas compliqué.
- 30:51On prend le code CCAM et puis,
- 30:53à côté de l'ancien tarif,
- 30:55on met notre nouveau tarif.
- 30:56Voilà.
- 30:57Et on le calcule en fonction du coût horaire du cabinet.
- 30:59Pour le coup,
- 31:01la question de l'argent hors convention face à soi-même,
- 31:04c'est-à-dire quand on est devant son ordinateur,
- 31:07en faisant sa grille tarifaire,
- 31:08c'est ultra simple.
- 31:09C'est une règle de trois.
- 31:10Il faut que l'ensemble de notre chiffre d'affaires corresponde à l'ensemble de nos dépenses.
- 31:17Donc c'est très facile mathématiquement.
- 31:19Après,
- 31:20il y a le problème du remboursement du patient.
- 31:24Du coup,
- 31:24qu'est-ce que le déconventionnement a changé dans tes relations avec tes patients concernant ces sujets d'argent ?
- 31:34Merci.
- 31:35Alors,
- 31:36ce que le déconventionnement a changé,
- 31:38c'est qu'on parlait encore moins d'argent.
- 31:42C'est-à-dire qu'avant,
- 31:44lorsque je présentais les devis,
- 31:46que je n'appelais pas encore propositions thérapeutiques et devis,
- 31:50j'expliquais qu'il y avait des soins entièrement remboursés et des soins pas du tout remboursés.
- 31:57Ensuite,
- 31:57je détaillais.
- 31:59Et donc,
- 32:00j'ai été confrontée à des patients qui me disaient,
- 32:03moi je ne ferais que la partie remboursée.
- 32:05Assez logique.
- 32:06Et donc,
- 32:07forcément,
- 32:08on était obligé de rediscuter du besoin de soins des enfants,
- 32:11mais on se heurtait toujours à cette notion de,
- 32:14oui mais ce n'est pas remboursé,
- 32:15donc si ce n'est pas remboursé,
- 32:16c'est que ce n'est pas indispensable.
- 32:18Quand tu n'es pas conventionné,
- 32:20en fait,
- 32:20moi je faisais tout passer en acte remboursable.
- 32:25C'est-à-dire qu'il n'y avait plus aucun
- 32:27NPC.
- 32:28Tout était inclus dans du remboursable.
- 32:31Après,
- 32:31c'est très peu remboursable,
- 32:33mais tout est remboursable.
- 32:35Et donc en fait,
- 32:36il n'y avait plus cette suspicion un peu de je compense ce qui est peu payé avec ce qui est NPC,
- 32:46quand il y a quelque chose qui est très peu facturé et puis quelque chose qui est très grandement facturé,
- 32:52alors que finalement la valeur de l'acte est...
- 32:56ne le justifie pas et je prends comme exemple la fluoration forcément on met très cher par rapport à un acte de soins qui est sous-payé les patients sont pas idiots ils voient bien qu'il y
- 33:11a un truc alors que là
- 33:14Je faisais un soin global,
- 33:15mettons,
- 33:16je te donne un exemple,
- 33:17moi mon soin de restauration de carie,
- 33:20il était à 75 euros,
- 33:22quel que soit le nombre de faces,
- 33:23parce que cette histoire de nombre de faces,
- 33:25je la trouve débile,
- 33:26on met autant de temps et autant d'intention à soigner une face et deux faces,
- 33:30et dans ces 75 euros,
- 33:31il y avait également la fluoration qui était comptée dedans.
- 33:35Ou alors c'était 150 avec la coiffe pédodontique qui était comptée dedans.
- 33:40Et donc du coup,
- 33:42tout était remboursable.
- 33:43Donc,
- 33:43il n'y avait plus cette histoire de suspicion de compensation.
- 33:49Et après,
- 33:50tout était sur devis.
- 33:52Donc,
- 33:52moi,
- 33:52mon discours,
- 33:53il était très simple.
- 33:54Voilà,
- 33:55je ne suis pas conventionnée.
- 33:56Ils étaient au courant de partout.
- 33:58Donc,
- 33:58ils savaient qu'ils n'allaient pas être beaucoup remboursés.
- 34:01Tout était écrit sur devis et rien n'était commencé avant le retour de la mutuelle.
- 34:06Donc,
- 34:07en fait,
- 34:07c'est une relation qui,
- 34:09de ce point de vue-là,
- 34:10pour moi,
- 34:11était beaucoup plus simple.
- 34:13Ce que l'expérience de Pauline nous montre ici,
- 34:15c'est que le déconventionnement a radicalement changé sa relation à l'argent avec ses patients.
- 34:20En supprimant les actes non pris en charge,
- 34:22NPC,
- 34:23et en appliquant des tarifs clairs,
- 34:25même pour des soins non remboursés,
- 34:26elle a simplifié les échanges.
- 34:28Fini les discussions sur la légitimité des soins en fonction de leur prise en charge.
- 34:32Les patients savaient d'emblée que peu de choses seraient remboursées,
- 34:36et tout était désormais transparent.
- 34:38En dissociant totalement le soin de la complexité des remboursements,
- 34:41Pauline a pu instaurer une relation plus simple avec ses patients concernant les questions d'argent.
- 34:46Ce qui ressort aussi,
- 34:47c'est que le déconventionnement,
- 34:49bien qu'il puisse paraître compliqué ou risqué à première vue,
- 34:52est simple à mettre en place et a permis à Pauline de retrouver une forme de liberté dans sa pratique.
- 34:57Plus de compromis sur la qualité des soins,
- 34:59Plus de suspicion de la part des patients concernant la tarification des actes.
- 35:03Cela lui a permis de structurer ses tarifs de manière juste,
- 35:06en fonction de son temps et de ses coûts,
- 35:08tout en restant fidèle à ses principes.
- 35:10Cependant,
- 35:11il est clair que ce choix demande une certaine adaptation de la part des patients,
- 35:14qui doivent accepter un niveau de remboursement bien moindre,
- 35:17mais aussi un engagement plus clair dès le début du traitement.
- 35:21Ce que je perçois,
- 35:22moi,
- 35:22au travers de ce parcours,
- 35:23c'est une critique implicite du système de conventionnement,
- 35:26qui,
- 35:26au lieu de favoriser des pratiques justes et transparentes,
- 35:29impose parfois des règles qui brouillent la relation avec le patient.
- 35:32Pauline,
- 35:33à travers son choix,
- 35:34montre qu'il est possible de repenser cette relation en plaçant la qualité des soins au centre,
- 35:39sans pour autant renoncer à la viabilité financière de son cabinet.
- 35:45La question de la gratuité des soins,
- 35:46et on est en train de glisser vers...
- 35:49vers cette notion-là.
- 35:51Déjà depuis la loi Kouchner,
- 35:53la relation soignant-soigné a beaucoup évolué.
- 35:58On est dans un pays de droit,
- 36:00donc les gens pensent,
- 36:02et c'est à juste titre,
- 36:04que la santé c'est un droit,
- 36:07que tout le monde devrait avoir le droit de se faire soigner de la même manière,
- 36:12quelle que soit la situation financière.
- 36:16Mais dans la réalité,
- 36:18c'est difficilement possible.
- 36:19Les gens qui ont plus d'argent auront toujours plus de facilité à accéder aux soins que ceux qui n'en ont pas.
- 36:25Donc toi,
- 36:25est-ce que tu dirais que ce déconventionnement,
- 36:28pour toi,
- 36:28a été une bonne solution pour revenir à une relation de soins plus saine ?
- 36:39Alors,
- 36:40je dirais qu'il y avait effectivement cette...
- 36:47fluidité des échanges par rapport aux finances,
- 36:49puisqu'on ne parlait pas de bidouilles et que tout était remboursable.
- 36:53Donc ça,
- 36:55ça facilitait l'échange.
- 36:56C'est-à-dire que très rapidement,
- 36:58on n'en parlait plus,
- 36:59puisqu'il n'y avait pas à en parler.
- 37:02Par contre,
- 37:03ce qui perturbait les gens,
- 37:04c'était le fait que j'étais quand même hyper sympa.
- 37:07C'est-à-dire que,
- 37:08dans l'image,
- 37:10Le praticien qui n'est pas conventionné,
- 37:13il est dans un cabinet chic,
- 37:15dans un quartier chic et il roule en Porsche.
- 37:17Et moi,
- 37:17il se trouve que je suis dans un quartier normal et que,
- 37:22j'ai pas de Porsche mais peu importe,
- 37:23et que mon cabinet n'est pas chic dans le sens où il ressemble plus à une crèche qu'au chic.
- 37:31Donc je ne propose pas de café,
- 37:33je ne propose pas de journal,
- 37:34il n'y a pas...
- 37:36tout cet accompagnement que les gens parfois attendaient.
- 37:40Et donc,
- 37:41par rapport à mon statut,
- 37:43j'ai eu des réflexions sur
- 37:47Mais en fait,
- 37:48vous êtes hyper sympa,
- 37:49mais pourquoi vous n'êtes pas conventionné ?
- 37:51Parce que ça ne vous ressemble pas en fait,
- 37:53vous chantez,
- 37:54vous dansez,
- 37:54vous êtes hyper cool !
- 37:56Et ça n'a rien à voir d'être hyper cool et conventionné ou pas.
- 38:00Mais en fait,
- 38:00les gens s'attendaient,
- 38:03sauf à part ceux qui me connaissaient d'avant,
- 38:05mais les nouveaux parfois se sont attendus à avoir beaucoup de personnel.
- 38:11des signes extérieurs de richesse de cabinet qui ne sont pas ceux que j'avais dans le cabinet et qui les déroutaient un petit peu sur le statut conventionné.
- 38:19Après,
- 38:19j'ai eu des réflexions aussi sur à un moment donné,
- 38:22je me souviens,
- 38:23j'arrête un soin parce que le gamin,
- 38:25il est...
- 38:26il était ingérable et j'avais déployé tout ce que je pouvais,
- 38:29tout ce que je pouvais,
- 38:30voilà,
- 38:31pour essayer d'y arriver.
- 38:32Je pense que ça me dépassait.
- 38:34Et il y a une maman qui m'a dit,
- 38:36mais écoutez madame,
- 38:37je vous paye pour que vous passiez du temps avec mon enfant.
- 38:40Et j'ai trouvé cette phrase assez terrible en fait.
- 38:44Et là,
- 38:44tu vois,
- 38:45sur certaines fois comme ça,
- 38:47il y a la question de l'argent qui revenait un peu en boomerang.
- 38:50Cette partie de notre discussion,
- 38:52me rappelle ce que nous avions évoqué avec Benjamin Derbez,
- 38:55sociologue dans l'épisode 4,
- 38:56le fameux cliché du dentiste qui roule en Porsche.
- 38:59C'est une image encore bien ancrée dans l'imaginaire collectif,
- 39:02souvent associée à une certaine élite et à la rentabilité de la profession.
- 39:06Mais Pauline,
- 39:06avec son déconventionnement,
- 39:07a dû faire face à un autre verre de la médaille.
- 39:10Pour certains patients,
- 39:11le fait d'être hors convention implique que le praticien s'adresse à une patientelle plus élitiste.
- 39:17Ce qui,
- 39:17dans leur esprit,
- 39:18doit forcément s'accompagner d'un service en adéquation,
- 39:21un cabinet chic,
- 39:21un voiturier,
- 39:22un café à l'accueil.
- 39:23C'est une attente implicite qui peut dérouter.
- 39:26Et c'est là que réside le paradoxe.
- 39:28Pauline,
- 39:28en choisissant de se déconventionner,
- 39:30a simplifié les échanges financiers et recentré sa pratique sur le soin.
- 39:34Pourtant,
- 39:34elle a aussi attiré des patients qui ne correspondaient pas forcément à son approche ou à ses valeurs.
- 39:39Comme cette maman qui lui a dit
- 39:41Je vous paye pour que vous passiez du temps avec mon enfant
- 39:44Cette phrase,
- 39:45comme le dit Pauline,
- 39:46résonne d'une manière assez terrible.
- 39:48Elle illustre bien ce boomerang que peut entraîner le déconventionnement.
- 39:52Lorsqu'on s'extrait du système classique,
- 39:54on peut se retrouver face à des attentes parfois démesurées de la part de certains patients,
- 39:59qui estiment que le prix justifie tout,
- 40:01y compris un service qui n'a finalement rien à voir avec la qualité des soins.
- 40:06Cela nous rappelle qu'il y a toujours un revers de la médaille,
- 40:08quel que soit le choix d'exercice.
- 40:10Dans le cas du déconventionnement,
- 40:12Le risque est d'attirer des patients avec des attentes élitistes,
- 40:14bien loin de l'objectif initial qui était simplement de proposer un soin plus libre,
- 40:18plus transparent et déconnecter des contraintes administratives et financières de la Convention.
- 40:23Et cela fait écho à mes propres questionnements d'il y a quelques années,
- 40:27lorsque j'avais envisagé de me déconventionner.
- 40:29A l'époque,
- 40:29je n'avais pas mesuré tout ce que cela impliquait.
- 40:32Le fait de prendre le risque de perdre des patients que j'apprécie profondément,
- 40:35au profit d'autres qui ne me correspondraient peut-être pas autant,
- 40:38ne m'était pas apparu aussi clairement.
- 40:40Finalement,
- 40:41Avec le recul,
- 40:42je ne regrette pas mon choix d'être restée conventionnée.
- 40:44Cela me permet de maintenir une relation plus équilibrée avec mes patients,
- 40:48tout en gardant un cadre qui correspond à mes valeurs.
- 40:55Je voudrais revenir sur l'histoire de la gratuité des soins parce que c'est vraiment,
- 40:58je pense,
- 40:59la grosse problématique.
- 41:01C'est ce que moi j'appelle le tiers payant transparent.
- 41:04Je ne sais pas s'il a un terme officiel,
- 41:07mais le tiers payant transparent,
- 41:08c'est-à-dire où on ne sait même pas combien autrui va payer pour nous,
- 41:13ça c'est vraiment,
- 41:14je ne sais pas d'où ça sort,
- 41:16mais je pense que c'est vraiment une erreur majeure.
- 41:20Alors nous on en bénéficie aussi,
- 41:22à la pharmacie plus personne ne paye rien.
- 41:24C'est quand même incroyable.
- 41:25Et l'autre fois,
- 41:26par exemple,
- 41:27j'ai un patient à qui je fais une ordonnance antibiotique,
- 41:30qui va chercher les médicaments,
- 41:31il fait une erreur de composition,
- 41:33et il ne le laisse pas au frigo.
- 41:35Du coup,
- 41:35le lendemain,
- 41:36tout naturellement,
- 41:37il me redemande une ordonnance antibiotique.
- 41:40Et en fait j'ai dit mais on se rend pas compte mais là la sécurité sociale a payé deux fois un traitement.
- 41:47Alors c'est peut-être pas grand chose de la moxiciline mais mise bout à bout ça coûte vachement cher.
- 41:52Et il est certain que s'il l'avait payé de la poche avant d'être remboursé ou même s'il avait eu une facture de vous avez l'avance totale des frais mais votre facture c'est tant.
- 42:03peut-être qu'il aurait peut-être fait plus attention.
- 42:05Quand on va dans les hôpitaux,
- 42:07je me souviens quand j'ai eu un problème de récupération des droits de sécu,
- 42:12quand je me suis déconventionnée.
- 42:14Pendant trois mois,
- 42:14je n'avais plus de droits de sécurité sociale.
- 42:16C'était un peu la galère.
- 42:19Et pour le coup,
- 42:20un de mes ayants droit a dû faire un séjour en réa à l'hôpital.
- 42:26Et quand j'ai vu le prix de la nuit en réanimation,
- 42:31je dis mais...
- 42:32Alors,
- 42:32instinctivement,
- 42:33je savais que c'était très cher.
- 42:35Mais là,
- 42:35en fait,
- 42:35je me suis retrouvée devant le caissier,
- 42:36il m'a dit mais vous n'avez plus le droit de sécurité sociale,
- 42:38madame.
- 42:39Vous nous devez tant.
- 42:40Et je dis mais moi,
- 42:41je ne peux pas avancer tant.
- 42:43Après,
- 42:44ça s'est arrangé.
- 42:45Mais vraiment,
- 42:46cette histoire de tiers payant où on ne sait même pas à combien correspond la prestation,
- 42:53c'est,
- 42:53je trouve,
- 42:54incroyable.
- 42:54Donc,
- 42:55s'il y a vraiment quelque chose qui pourrait être,
- 42:57me semble-t-il,
- 42:58changé dans notre rapport à l'argent,
- 43:02dans tous les corps médicaux,
- 43:03c'est,
- 43:04ok,
- 43:04je ne paye pas parce que la solidarité nationale fait que quelqu'un paye pour moi,
- 43:09mais au moins,
- 43:10je sais combien ça coûte.
- 43:11Pauline a souhaité revenir sur un point essentiel,
- 43:14la confusion entre gratuité et solidarité nationale.
- 43:18Ce qu'elle appelle le tiers payant transparent révèle un décalage entre la perception des patients et la réalité des coûts des soins.
- 43:24Comme nous l'avions évoqué avec Anne-Charlotte Bas dans l'épisode 2,
- 43:27cette absence de communication sur les valeurs des soins pris en charge alimente cette confusion.
- 43:32On ne distingue plus ce qui relève de la solidarité nationale et ce qui est perçu à tort comme gratuit.
- 43:39Cela crée une déconnexion.
- 43:40qui dans les cas des soins non remboursés,
- 43:42place souvent le soignant dans une posture inconfortable,
- 43:45presque comme un vendeur de soins.
- 43:47Le patient qui n'a pas conscience du coût réel des actes peut avoir du mal à comprendre pourquoi certains soins ne sont pas pris en charge.
- 43:53Le praticien doit alors non seulement expliquer le besoin médical,
- 43:58mais aussi justifier le coût de son travail.
- 44:00les dépenses liées à son cabinet et parfois même l'importance du soin lui-même.
- 44:04Cette situation peut altérer la relation de confiance et générer des tensions inutiles qui détournent l'attention du cœur de notre métier soigné.
- 44:11Toi qui aussi a fait beaucoup de bénévolat,
- 44:15il me semble que c'était à la Croix-Rouge.
- 44:17Oui.
- 44:17Du coup,
- 44:18cette situation où tu t'es retrouvée dans une position presque inversée,
- 44:22où là...
- 44:24Les gens qui payent peuvent aussi être en droit de se dire moi,
- 44:28si je paye,
- 44:28j'ai le droit à ça ou ça et où tu devais peut-être plus avoir les patients dans des situations financières compliquées.
- 44:38Comment tu l'as vécu,
- 44:39toi,
- 44:39cette situation ?
- 44:41Est-ce que tu t'es sentie aussi en dissonance par rapport à tes valeurs ?
- 44:47Alors,
- 44:49quand je n'étais pas conventionnée,
- 44:50la patientèle n'a pas beaucoup changé,
- 44:52parce que finalement,
- 44:55je n'ai...
- 44:58Alors,
- 44:58en matière de structuration socio-professionnelle,
- 45:01ça n'a pas trop changé,
- 45:03c'est-à-dire que je n'avais pas de gens hyper fortunés qui venaient me voir,
- 45:07parce que,
- 45:07mine de rien,
- 45:08comme je te disais...
- 45:09il n'y avait pas le côté accompagnement,
- 45:14personnel,
- 45:15café,
- 45:16journaux sur tablette et voiturier.
- 45:18Donc au final,
- 45:19les gens qui recherchent ce type de prestations-là ne sont pas venus chez moi.
- 45:24Et puis,
- 45:25il y a aussi le fait que j'ai un petit caractère qui fait que si on commence à trop,
- 45:34trop...
- 45:34Me prendre de haut et me prendre pour le larbin de service parce que j'ai de l'argent,
- 45:40donc je vais t'acheter pour que tu t'occupes de mon enfant que je n'ai pas éduqué.
- 45:45Très rapidement,
- 45:45la relation thérapeutique ne s'est pas faite et ils sont partis d'eux-mêmes.
- 45:48Je pense que je ne correspondais pas à leur demande.
- 45:51après les autres ceux qui m'avaient connu depuis très longtemps ça ne changeait pas grand chose pour eux parce qu'en fait ils me disaient nous ça nous ennuie un peu,
- 46:01bon mais on sait pourquoi on vient et à partir du moment où finalement quel que soit ton statut d'exercice à partir du moment où tu le fais avec du sens
- 46:11et que tu le fais avec ton cœur,
- 46:14pas ton bon cœur,
- 46:15mais ton cœur et justement tes valeurs,
- 46:18ce en quoi tu crois,
- 46:19la manière dont tu vois le métier,
- 46:22l'humanité et la relation de soins.
- 46:25Finalement,
- 46:25les gens se disaient,
- 46:27écoutez,
- 46:27moi je paye 60 euros chez la pédiatre,
- 46:29je paye 60 euros chez vous,
- 46:31vous êtes aussi sympa,
- 46:32vous prenez du temps,
- 46:34voilà,
- 46:35donc ça ne posait pas de problème.
- 46:36Là où c'était plus problématique et ce qui a conduit d'ailleurs un peu à mon...
- 46:41à mon reconventionnement qu'on abordera après,
- 46:45c'est que les patients qui n'avaient pas d'argent,
- 46:49j'ai appelé mon ami Hippocrate et je les ai soignés gratuitement.
- 46:53Parce que j'ai prêté serment et que pour moi,
- 46:56c'est hyper important.
- 46:59C'est non discutable,
- 47:00non négociable.
- 47:01Je me souviens d'une petite famille,
- 47:03il y avait deux jumeaux autistes,
- 47:05un enfant trisomie,
- 47:05ils habitaient dans un studio.
- 47:08Il est hors de question que je fasse payer ces personnes.
- 47:12C'est pas possible.
- 47:13Ces personnes-là,
- 47:14elles ont besoin d'être aidées.
- 47:16Et moi,
- 47:16je fais partie de la chaîne des petits colibris qui doit les aider.
- 47:22Sinon,
- 47:22j'ai rien à faire ici.
- 47:24Je le dis avec beaucoup de gravité et beaucoup d'émotion,
- 47:27parce que c'est vraiment...
- 47:30Le point fondamental de ma vie en général et de la manière dont je vois le métier,
- 47:36c'est vraiment la relation d'aide.
- 47:38Donc j'ai commencé à faire des soins gratuits et probablement trop de soins gratuits.
- 47:44On va en venir à ce qui finalement t'a ou décidé ou peut-être contraint à te reconventionner.
- 47:55En fait,
- 47:55je n'ai pas vu les finances qui n'allaient plus.
- 47:59Probablement que d'autres les auraient vues.
- 48:01Moi,
- 48:02je pense que tu auras compris que mon grand intérêt dans le métier n'est pas mon relevé bancaire.
- 48:08Donc,
- 48:09j'ai fait l'autruche.
- 48:11J'ai géré le Covid et le post-Covid comme tout le monde.
- 48:14Plutôt bien d'ailleurs,
- 48:15parce que je n'ai même pas pris de prêt.
- 48:18J'ai remonté le chiffre,
- 48:19je ne suis pas partie en vacances.
- 48:21J'étais assez fière de moi,
- 48:22mais finalement de ma gestion Covid,
- 48:23post-Covid.
- 48:24Et puis...
- 48:24Et puis,
- 48:25qu'est-ce qui s'est passé après ?
- 48:27Il y a eu beaucoup moins de patients.
- 48:29Moi,
- 48:30j'avais repris des études par ailleurs.
- 48:31Donc finalement,
- 48:32j'étais assez contente d'avoir moins de patients.
- 48:35J'avais plus d'heures de déj.
- 48:37Enfin,
- 48:38voilà,
- 48:38un côté un peu...
- 48:41Voilà,
- 48:41on verra bien.
- 48:43Bon,
- 48:43un peu,
- 48:44je me suis un peu laissée porter par...
- 48:46Je me suis laissée flotter,
- 48:47voilà.
- 48:48Et puis,
- 48:49de plus en plus de gens qui avaient besoin de soins et qui n'avaient pas d'argent.
- 48:52Donc,
- 48:53de plus en plus de...
- 48:54de séances gratuites ou payées.
- 49:00J'ai rarement fait du tout gratuit,
- 49:02mais j'ai fait des séances à 5 ou 10 euros,
- 49:03par exemple.
- 49:04Parce que je voulais quand même,
- 49:05pas pour les patients qui gèrent la CMUR,
- 49:07mais il y a quand même des patients qui n'ont pas leurs droits.
- 49:10On ne sait pas comment ça se passe,
- 49:11mais il y a des gens qui probablement ne recouvrent pas tous leurs droits.
- 49:15Et donc,
- 49:16en fait,
- 49:16j'ai fait payer...
- 49:18Voilà,
- 49:19des sommes symboliques,
- 49:20histoire d'avoir quand même un échange.
- 49:24Je fais une petite parenthèse,
- 49:25moi j'aime beaucoup les travaux de Maurice Godelier,
- 49:27qui est un anthropologue qui travaille beaucoup sur le don et la dette,
- 49:31et le fait que quand tu donnes quelque chose à quelqu'un,
- 49:33ce quelqu'un est en dette vis-à-vis de toi.
- 49:36Et donc je ne voulais pas rendre service,
- 49:39je ne voulais pas que les patients se sentent redevables ou en dette,
- 49:42donc c'est pour ça qu'on avait quand même un échange de...
- 49:47soins médicaux contre argent,
- 49:51et
- 49:515 ou 10 euros pour un soin.
- 49:53C'était OK pour eux et ça permettait de neutraliser le lien et que je ne le rendais pas service.
- 50:00Ils ne me devaient rien puisqu'ils m'avaient payé ce qu'ils pouvaient me payer.
- 50:04Mais par contre,
- 50:05comptablement,
- 50:05ça n'allait pas du tout.
- 50:07Et je n'ai pas vu la situation s'empirer.
- 50:08Vraiment,
- 50:10la méa culpa complet,
- 50:12j'ai rien vu.
- 50:13J'ai rien vu jusqu'au moment où le compte en banque a été quasiment vide.
- 50:20Entre temps,
- 50:21j'ai encore changé de comptable et le comptable n'a rien vu non plus.
- 50:26Et en fait,
- 50:27j'aurais pu changer avant.
- 50:28Parce que faisant beaucoup de soins aux personnes en situation de handicap,
- 50:32il y a le fameux 4Y.
- 50:34Y183,
- 50:35ça,
- 50:35ça aurait pu m'aider.
- 50:38Et en fait,
- 50:39quand je me suis aperçue de tout ça,
- 50:41j'en ai discuté avec deux,
- 50:44trois pâtissières hyper sympas qui m'ont dit,
- 50:45mais ce n'est pas possible.
- 50:47Allez hop,
- 50:48elles m'ont reboostée,
- 50:49un peu comme la comptable avait fait pour le déconventionnement.
- 50:51Elles m'ont pris en main,
- 50:52elles ont regardé mes comptes et tout.
- 50:53Elles m'ont dit,
- 50:54ah non,
- 50:54non,
- 50:54non,
- 50:54allez hop,
- 50:55tu te reconventionnes,
- 50:56tu vas voir,
- 50:56ça fonctionne comme ça très,
- 50:57très bien.
- 50:58Et elles ont eu raison et elles m'ont beaucoup accompagnée.
- 51:01J'ai rebossé beaucoup la CCAM pour refaire une grille et refaire un argumentaire vis-à-vis des patients pour expliquer pourquoi ce changement et pouvoir voir comment est-ce que je pouvais comptablement m'en sortir entre les actes remboursables
- 51:17et les NPC qui sont tous justifiés,
- 51:20motivés auprès des patients et qui correspondent tous à un besoin.
- 51:24Donc en fait,
- 51:24c'est les contraintes économiques qui m'ont poussé à me reconventionner.
- 51:29C'est un peu bizarre,
- 51:32mais c'est comme ça.
- 51:32Dans ma pratique de pédo-handicap,
- 51:35avec beaucoup de patients dans cette situation-là,
- 51:41la CCAM est très favorable pour mon exercice.
- 51:46Les propos de Pauline nous rappellent à quel point le besoin d'humanisme dans notre métier est essentiel.
- 51:50Prendre soin de nos patients,
- 51:52notamment ceux en grande précarité,
- 51:54est un devoir que nous portons avec gravité.
- 51:56Mais cet engagement se heurte.
- 51:57parfois à une réalité implacable,
- 51:59l'équilibre financier de nos cabinets.
- 52:01Pauline l'a vécu en multipliant les soins gratuits au point de fragiliser son activité jusqu'à ce que cette générosité devienne insoutenable économiquement.
- 52:09Pauline revient aussi sur le confinement qui a complètement chamboulé notre rapport au travail.
- 52:14Cette période résonne aussi avec mon propre parcours puisque c'est justement à ce moment que je lançais ce podcast.
- 52:19Comme beaucoup,
- 52:20j'ai profité de cette parenthèse hors du temps pour m'interroger sur mes priorités et mes envies professionnelles.
- 52:25Je me suis même prise à rêver qu'un jour je pourrais vivre de cette activité.
- 52:29Mais moi aussi la réalité m'a vite rattrapée.
- 52:31Il m'a fallu du temps pour comprendre que mon métier de dentiste m'offrait de nombreux avantages auxquels je n'avais pas envie de renoncer.
- 52:37Vivre du podcasting me demandait des sacrifices ou des compromis que je n'étais pas prête à accepter.
- 52:46Ce que l'on perçoit dans le témoignage de Pauline,
- 52:48comme dans nos propres expériences,
- 52:50c'est que l'équilibre entre passion,
- 52:52engagement et viabilité économique est souvent fragile.
- 52:55Et c'est là également qu'intervient une autre forme d'entraide,
- 52:58celle de nos confrères et consoeurs,
- 53:00qui,
- 53:01dans des moments de doute ou de difficulté,
- 53:03peuvent nous permettre de nous recentrer et de retrouver une stabilité.
- 53:11Peut-être une question un peu compliquée,
- 53:13mais j'aurais aimé savoir un peu quel bilan tu tirais de ces trois expériences salariat,
- 53:18convention,
- 53:19hors convention.
- 53:20Parce que finalement,
- 53:22tu as pu en tirer énormément de choses aujourd'hui.
- 53:26Ton exercice,
- 53:27c'est une deuxième question dans la question,
- 53:29mais aujourd'hui,
- 53:31tu es heureuse dans ton fonctionnement ?
- 53:34Absolument.
- 53:35En fait,
- 53:37j'adore le parcours que j'ai eu.
- 53:40Je trouve qu'ils me correspondent parfaitement bien.
- 53:42Pour la première fois,
- 53:43j'ai voulu arrêter le métier.
- 53:45Je ne suis pas d'ailleurs convaincue de terminer dentiste,
- 53:48mais après il y a les nécessités économiques qui font loi,
- 53:52donc on verra.
- 53:54Mais je trouve que le cheminement depuis la fin de mes études,
- 53:59le cheminement que j'ai eu,
- 54:01me correspond parfaitement.
- 54:03Et je pense qu'actuellement,
- 54:06je suis beaucoup plus sereine.
- 54:08maintenant,
- 54:08alors il y a l'âge aussi qui fait que,
- 54:10mais je suis beaucoup plus sereine dans mon exercice maintenant,
- 54:14parce que je pense que je suis passée par toutes ces étapes,
- 54:16et que probablement,
- 54:18par rapport à ce que je voulais faire de ma vie,
- 54:22c'est-à-dire être vraiment dans une relation d'aide,
- 54:27par rapport aux écoles philosophiques en quelles je crois,
- 54:31et que j'essaie d'appliquer à mon quotidien,
- 54:34j'ai l'impression d'être maintenant bien bien en phase.
- 54:39avec moi,
- 54:42avec ce que je pense,
- 54:44avec mes valeurs,
- 54:44avec ce que j'ai dans mon cœur,
- 54:45avec ma vie personnelle.
- 54:48Je suis très très contente d'avoir fait ce trajet.
- 54:50En plus,
- 54:51j'aime bien toujours faire les choses un peu en itinéraire bis.
- 54:55Et donc,
- 54:56quand je repense ou quand je suis sortie de mes études où j'ai dit,
- 54:59moi je vais faire de la pédo en centre de soins ou qu'on m'a regardée avec les yeux ronds,
- 55:03et finalement où j'en suis maintenant,
- 55:05je suis assez contente.
- 55:07Je suis aussi contente un peu de faire un petit pied de nez à mes anciens profs qui ne me connaissent plus,
- 55:13et ce n'est pas grave,
- 55:14mais de leur dire,
- 55:15voyez les gars,
- 55:16il n'y a pas un seul mode d'exercice,
- 55:18il n'y a pas une seule vie.
- 55:20Je pense que ça ne se fait plus maintenant,
- 55:21mais on n'était peut-être pas obligés de nous faire rentrer aux forceps dans des moules qui ne nous convenaient pas.
- 55:27Et je suis bien contente de leur dire t'as vu où je suis maintenant ?
- 55:32Pauline souligne ici une vérité,
- 55:33que beaucoup d'entre nous oublient parfois,
- 55:35notre chemin n'est pas tout tracé.
- 55:37Il est façonné par nos expériences,
- 55:38nos choix,
- 55:39mais surtout par nos valeurs.
- 55:41Son parcours en est le reflet.
- 55:42Ce qui est essentiel,
- 55:43c'est de rester fidèle à ce que nous sommes,
- 55:45à ce qui nous anime profondément.
- 55:48Nos valeurs servent de boussole,
- 55:49même lorsque le doute s'installe.
- 55:51D'ailleurs,
- 55:52je pense que le doute est une force.
- 55:53Il nous permet de questionner,
- 55:55de réfléchir,
- 55:55de ne pas accepter les choses telles qu'elles sont.
- 55:58Et je dois dire que j'aime les gens qui doutent,
- 56:00parce qu'ils me rassurent.
- 56:01Il montre qu'il est possible d'avancer tout en se remettant en question,
- 56:04et c'est peut-être ce qui nous aide à rester sincères,
- 56:06en accord avec nous-mêmes,
- 56:08comme Pauline évoque si bien.
- 56:13Je tiens à remercier chaleureusement Pauline Chardron-Mazière pour cet échange sincère et profond.
- 56:18Son parcours en itinéraire bis est une belle preuve qu'il n'y a pas de chemin unique.
- 56:22Chacun d'entre nous doit trouver sa propre voie,
- 56:25celle qui résonne avec ses valeurs et sa vision du métier.
- 56:30Un immense merci aussi à Pauline Bussy pour le montage de cet épisode,
- 56:33à Maxime Wattieu pour la réalisation et la composition musicale,
- 56:36et à Camille Covez pour l'illustration,
- 56:38qui donne vie à ce podcast à travers leur talent et leur créativité.
- 56:44Avant de conclure,
- 56:44je vous rappelle que nous préparons une série spéciale autour de ma mission humanitaire à Madagascar,
- 56:49et j'ai besoin de votre soutien plus que jamais.
- 56:51Les dons que vous pouvez faire serviront à financer le matériel nécessaire à la mission,
- 56:55mais aussi la création de cette série.
- 56:57Musique,
- 56:57visuel,
- 56:58montage.
- 56:59Si vous souhaitez participer à cette aventure,
- 57:01vous trouverez toutes les informations dans la description de cet épisode.
- 57:05Pour le prochain épisode,
- 57:07nous aurons le plaisir d'accueillir notre confrère Jérémy Bazar,
- 57:10qui nous parlera de son parcours de dentiste et de son choix de toujours avoir travaillé en salariat.
- 57:15Une autre façon d'exercer,
- 57:16une autre perspective sur notre métier,
- 57:18que j'ai hâte de partager avec vous.
- 57:21Merci à toutes et à tous pour votre écoute.
- 57:22Si cet épisode vous a plu,
- 57:24n'hésitez pas à lui donner 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.
- 57:27Cela m'aide profondément.
- 57:28à faire découvrir le podcast à d'autres.
- 57:30Mais surtout,
- 57:31parlez-en tout autour de vous,
- 57:32partagez-le sur les réseaux sociaux,
- 57:34faites fonctionner le bouche à oreille.
- 57:36C'est grâce à vous que cette aventure continue à grandir.
- 57:39N'oubliez pas de vous abonner pour ne pas manquer les prochains épisodes et à très bientôt pour de nouvelles réflexions autour de notre métier de dentiste.