Latest / Le Café du Sport Business / Les Burdis, entre gouvernance inédite et croissance sportive
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- 0:03Le. Café.
- 0:03Du sport business ? On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non on.
- 0:07Parle des enjeux financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Euh toute l'arrière boutique économique.
- 0:13Du sport en fait. Bonjour, bienvenue au café du
- 0:19sport business. Aujourd'hui on s intéressé à un
- 0:22cas assez passionnant dans le sport féminin.
- 0:24Les burgdis, le Bordeaux Mérignac volé promu en élite, le
- 0:28club a tout de suite marqué les esprits hein, en allant jusqu'en
- 0:31playoff et avec un modèle économique très particulier, une
- 0:35coopérative sportive. Alors pour nous éclairer sur
- 0:38cette réussite et les défis plus larges du volet féminin pro en
- 0:41France, notre experte est avec nous.
- 0:44Commençons justement par ce modèle économique, la Scic,
- 0:47c'est pas courant dans le sport pro, ça ?
- 0:50Comment ça marche exactement ? Et quel poids ont vraiment les
- 0:53partenaires privés là dedans ? Oui, c'est assez original
- 0:56effectivement. Alors pour la saison prochaine ?
- 0:59Le club. Vise un budget de 1,15 1000000
- 1:02d'euros. Et là-dedans, les partenaires
- 1:04privés, c'est une grosse part, on parle d'environ 600000€.
- 1:06C'est près de 80 entreprises hein ?
- 1:08Et la structure SCIC, donc société coopérative d'internet
- 1:10collectif. Elle permet en fait de les
- 1:12associer plus directement. À la.
- 1:16Vie du club, ils sont pas juste des sponsors, ils ont un peu
- 1:18leur mot à dire. D'accord ?
- 1:20Et qu'est ce qui attire ces 80 entreprises ?
- 1:22au-delà de la structure ESEC, la performance sportive uniquement.
- 1:26C'est le seul club pro féminin de volley en nouvelle Aquitaine.
- 1:28C'est ça, c'est ça ? La performance joue.
- 1:31Bien sûr. Être le seul club pro ?
- 1:34Féminin de volley dans la. Région ça.
- 1:36Aide, mais ce. N'est pas tout.
- 1:39Les entreprises adhèrent aussi beaucoup aux valeurs que le.
- 1:41Club. Met en ?
- 1:42Avant l'égalité ? L'engagement, la solidarité.
- 1:46Bon, toutes. Ces valeurs fortes quoi.
- 1:48Même si, soyons clairs, à tirer. Des sponsors pour le sport
- 1:51féminin, ça reste. Un défi, mais le club arrive à
- 1:54vendre, disons le spectacle, du Volley Ball, des hauts niveaux
- 1:58et ça, ça séduit. Et surtout, il soigne vraiment.
- 2:01L'activation des. Partenariats.
- 2:03C'est à dire comment ils font vivre ces partenariats ?
- 2:06Bah il y a une vraie proximité qui est cultivée.
- 2:08Les joueuses, par exemple, elles peuvent intervenir dans les
- 2:11entreprises pour des opérations vraiment sur mesure.
- 2:14Et cette saison, ils ont lancé un truc nouveau, le parrainage
- 2:17individuel. Chaque joueuse pro est parrainée
- 2:20par une entreprise avec. Le nom sur le maillot
- 2:22d'échauffement, 11 joueuses, 11 par un et puis.
- 2:25Il y a le club d'entreprises BMV à côté.
- 2:28Qui aide ? Aussi à.
- 2:29Animer ce réseau, tout ça fait que le.
- 2:32Ticket moyen par partenaire. Il a bien grimpé, il est.
- 2:35Passé à. 7. 1000€. Ah oui, c'est une belle
- 2:37progression. On sent un vrai écosystème local
- 2:39qui se met en place. Mais ce modèle privé, même
- 2:42innovant, j'imagine qu'il ne peut pas tout financer.
- 2:45Quid ? Des soutiens publics et de la
- 2:46visibilité dans les médias. Non, bien sûr, les
- 2:49financements ? Publics restent.
- 2:51Essentiels, ils représentent environ. 35% du.
- 2:54Budget total, la. Ville de.
- 2:55Bordeaux, par exemple, apporte 250000€.
- 2:58Et met. Aussi à.
- 2:59Disposition, le Palais des sports, c'est crucial pour la
- 3:02pérennité. Et puis, dans une région où le.
- 3:04Sport féminin. De haut niveau a un peu de mal
- 3:06à. Émerger ?
- 3:07À part peut être le rugby avec les lionnes du stade Bordelais ?
- 3:10Les burgdistes deviennent un vrai relais d'images pour les
- 3:12collectivités. Le soutien des médias régionaux
- 3:15ici, France 3, nouvelle Aquitaine, sud-ouest, tout ça
- 3:18c'est aussi très important pour la notoriété et pour créer un
- 3:21lien avec le public local. Justement, le public est ce
- 3:25qu'il suit, est ce que les matchs attirent du monde ?
- 3:27Ah oui, les chiffres sont plutôt bons, l affluence moyenne, c'est
- 3:301374 spectateurs. C'est bien au-dessus de la
- 3:34moyenne nationale en SAS Foral Power 6 qui tourne autour de
- 3:371080. Ils ont même fait 3 matchs à
- 3:39guichets fermés cette saison. Impressionnant pour une première
- 3:42saison en élité et c'est quel type de public ?
- 3:45C'est assez varié, il y a les fidèles bien sûr, beaucoup
- 3:48d'invités aussi, via les partenaires justement.
- 3:51Et puis. Ce que le club appelle les
- 3:52spectateurs opportunistes, des gens attirés par le spectacle,
- 3:56l'ambiance et sans doute aussi par là com digitale qui est
- 3:59assez active. Le club travaille beaucoup sur
- 4:01l'expérience client. Il y a des animations entre les
- 4:047, un show de danse, la mascotte aliénor qui met l'ambiance, de
- 4:07quoi se restaurer. Et surtout les joueuses sont
- 4:10hyper accessibles après les matchs pour les photos, les
- 4:13dédicaces, ça, ça crée une vraie proximité.
- 4:16Et évidemment, le parcours sportif, arrivée en play off
- 4:19contre les futurs championnes, ça a forcément aidé à créer cet
- 4:23engouement. C'est une belle réussite locale,
- 4:24c'est clair, mais si on dézoome un peu au niveau national pour
- 4:28le volet féminin français, la situation semble plus
- 4:31compliquée, non ? Quels sont les principaux
- 4:33freins ? Oui, c'est plus contrasté.
- 4:35Au niveau national, il y a. Plusieurs défis.
- 4:37Déjà le naming du championnat Saforel Power 6.
- 4:41Bon, ça donne une certaine image, une crédibilité peut être
- 4:44à la Ligue. Mais les clubs eux se plaignent
- 4:46de n'avoir aucune. Retombée direct.
- 4:48C'est à dire l'argent ne redescend pas.
- 4:50Voilà. En gros, l'argent finance
- 4:52surtout la structure. De la Ligue.
- 4:54Mais les clubs n'en voient pas directement la couleur, alors ?
- 4:57Qu'ils doivent. Assurer la visibilité de la
- 4:58marque, c'est un peu. Frustrant pour eux et puis.
- 5:01Il y a l'absence pénalisante de droit de diffusion TV, ça
- 5:04manque. Cruellement, on voit aussi un
- 5:06retard par rapport au championnat masculin, même si la
- 5:09fédé fait des efforts pour le féminin et que l'équipe de
- 5:11France obtient de bons résultats.
- 5:13Le souci ? C'est que les partenaires
- 5:15économiques. Privés ne suivent pas forcément
- 5:18à l'échelle nationale comme ils peuvent le faire localement pour
- 5:21un club comme les burdis. Ça met en danger certains clubs
- 5:23qui ont peut. Être grandi un peu.
- 5:25Trop vite ? Autre point faible, nos
- 5:27meilleures. Joueuses de.
- 5:28L'équipe de France, elles jouent quasiment toutes à l'étranger.
- 5:31Ça n'aide pas à rendre le championnat national plus
- 5:33attractif. Et il faut ajouter les
- 5:34disparités de subventions publiques entre les territoires,
- 5:37c'est complexe. Et là gouvernance de la Ligue
- 5:40nationale de volée dans tout ça ?
- 5:41Elle est parfois pointée du doigt, non ?
- 5:43Oui, il y a des critiques certains.
- 5:45Présidents de clubs estiment être consultés à minima sur des
- 5:48décisions importantes, comme le format des compétitions par
- 5:51exemple. Leurs propositions ?
- 5:53Ne seraient pas toujours bien. Prises en compte du coup, c'est
- 5:55difficile d'avoir une voix commune forte face à la Ligue,
- 5:58même s'il y a des tentatives d'organisation des présidents
- 6:01pour essayer de peser un peu plus.
- 6:02D'accord, donc un environnement national déjà bien chargé et
- 6:06maintenant il faut aussi composer avec une concurrence
- 6:08internationale qui s'intensifie. Exactement, c'est le nouveau
- 6:12gros défi. L'arrivée très rapide de ligues
- 6:15professionnelles aux États-Unis comme Atlet Unlimited, la LOVB
- 6:19ou la nouvelle Ligue issue de la fusion MLVPF, ça change
- 6:23complètement la donne. Ces ligues ont des moyens
- 6:26importants. Ajouter à ça la loi Nil en NCA,
- 6:30qui permet aux étudiantes de gagner de l'argent.
- 6:32Eh bien, ça crée un appel d'air énorme pour les talents
- 6:35mondiaux, y compris pour les jouets formés en France, qui
- 6:38sont logiquement attirés par de meilleures conditions
- 6:40financières. La crainte, c'est une perte de
- 6:43compétitivité pour notre championnat français, c'est un
- 6:46vrai risque, mais il y a peut être un côté positif à cette
- 6:49effervescence. Oui, il faut voir le bon côté
- 6:51aussi, toute. Cette médiatisation mondiale du
- 6:55volet féminin et aussi les bons résultats de notre équipe de
- 6:57France, cette qualification historique en quart de finale du
- 7:00mondial, la première depuis 51 ans, ça donne une visibilité
- 7:03énorme au volet. Ça peut potentiellement attirer
- 7:05plus de jeunes filles vers ce sport qui a déjà une bonne
- 7:09image, notamment avec le Beach Volley.
- 7:11Y a une carte à jouer là, mais pour que ça prenne vraiment.
- 7:14Il faut réussir à. Créer ou à faire émerger des
- 7:17joueuses iconiques, des figures qui inspirent.
- 7:19On voit l'exemple d'Elena Cazot qui est très suivi.
- 7:22Même à l'étranger, on a besoin de ce genre de leader pour
- 7:25attirer les nouvelles générations.
- 7:26Un sacré défi donc, consolider des modèles locaux solides comme
- 7:31celui des buredis, tout en composant avec un contexte
- 7:34national difficile et une concurrence internationale de
- 7:37plus en plus forte. La grande question, au fond.
- 7:41C'est de savoir si le modèle des burdis est une exception ou s'il
- 7:44peut vraiment inspirer d'autres clubs et aider le volet féminin
- 7:47français à franchir un cap à très vite pour un nouveau
- 7:50podcast du café du sport business.