Latest / Le Café du Sport Business / Retards et restructuration : le Cojop Alpes 2030 accélère pour trouver son modèle
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:19Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:22Aujourd'hui, on se penche sur un dossier assez brûlant.
- 0:25Oui, un dossier qui occupé pas mal les esprits en ce moment,
- 0:28surtout depuis que les jeux de Milan Cortina viennent de
- 0:31refermer leurs portes. Exactement, le sablier olympique
- 0:34a été retourné et maintenant tous les regards se tournent
- 0:37vers le cojop, le comité d'organisation des Jeux
- 0:40olympiques et Paralympiques Alpes 2030.
- 0:43Et c'est là que les choses se compliquent, en fait, le passage
- 0:46de relais marqué le début officiel du compte à rebours
- 0:48pour la France. D'accord, décortiquons cela
- 0:51parce qu à 4 ans de l'échéance. La machine olympique traverse
- 0:55une zone de turbulences nécessitant une intervention
- 0:57d'urgence. C'est le moins qu'on puisse
- 0:59dire. Il faut imaginer qu'on passe
- 1:01brutalement de la phase de candidature avec toutes ces
- 1:04belles promesses à la réalité pure et dure de l'exécution.
- 1:07Sauf que pour exécuter un projet de cette envergure, il faut un
- 1:10pilote dans l'avion. Et avant de parler de la
- 1:12réorganisation actuelle, on doit vraiment comprendre la crise au
- 1:16sommet qui a rendu tout ça nécessaire.
- 1:18Tout à fait, les derniers mois ont été extrêmement tumultueux
- 1:21pour le comité d'organisation. On a assisté à une série de
- 1:24départs assez remarqués. Oui, avec en point d'orgue la
- 1:27rupture totalement actée entre les 2 figures principales, d'un
- 1:30côté, le président Edgar Grospiron.
- 1:33Et de l'autre, son directeur général, Cyril Linette.
- 1:36Voilà et ce désaccord profond a fini par conduire à la démission
- 1:39pure et simple de Cyril linette. Ce qui est énorme, c'est un peu
- 1:43comme un skieur de descente qui perd l'un de ses skis dès le
- 1:45portillon de départ. Ça force évidemment le reste de
- 1:48l'équipe à repenser toute la stratégie en pleine course alors
- 1:51que le Chrono tournait déjà. Ce qui est fascinant ici, c'est
- 1:54l'importance de la continuité qui est incarnée par Edgar
- 1:57Grospyon. Face à cette perte, on.
- 1:59Rappelle qu'il est champion olympique à Albertville en 92,
- 2:02donc une vraie figure tutélaire. Exactement, et lors de son
- 2:06audition au Sénat le 25 février dernier, il a catégoriquement
- 2:10exclu de démissionner. Certains auraient pu penser
- 2:12qu'il valait mieux faire table rase et changer tout le binôme,
- 2:15non ? D'un point de vue purement
- 2:17managérial, ça aurait pu se plaider.
- 2:19Mais dans l'organisation des méga événements sportifs, on a
- 2:21besoin d'un leadership extrêmement résilient.
- 2:24Ah je vois, si les 2 têtes tombent en même temps, le
- 2:27message envoyé au Comité international olympique est
- 2:29désastreux. C'est ça ?
- 2:31Le projet aurait été perçu comme cliniquement mort.
- 2:34En restant à bord, le président a agi comme un pare-feu.
- 2:37Il a évité l'effondrement total de la structure juridique et
- 2:40symbolique. Il a surtout fait gagner un
- 3:13temps précieux pour lancer une véritable opération sauvetage.
- 3:17Une opération sauvetage qui a consisté à aller chercher des
- 3:20profils extérieurs très spécifiques.
- 3:22Oui, parce que le vide laissé par le départ du directeur
- 3:25général devait être comblé immédiatement.
- 3:27Le Cojop a donc dû faire appel à des figures tutélaires des Jeux
- 3:30précédents pour stabiliser le navire.
- 3:33En gros, ils ont appliqué la méthode, Paris, 2024.
- 3:35Avec la nomination officielle du préfet Michel Cadot au poste de
- 3:39directeur par intérim. Une nomination qui a d'ailleurs
- 3:42été actée et prolongée le jeudi 26 mars.
- 3:45Michel cadot n'est pas n'importe qui, c'est l'ancien délégué
- 3:48Interministériello JO 2024, il connaît la mécanique complexe
- 3:51entre l'État, les collectivités et le monde sportif sur le bout
- 3:54des doigts. Et il n'est pas venu seul, si je
- 3:56ne me trompe pas. Non, il y a aussi eu
- 3:58l'intervention d'Étienne Toubois, l'ancien directeur
- 4:00général de Paris 2024. Lui, il était chargé d'une
- 4:04mission spécifique par le CO en personne.
- 4:06C'est la procédure classique de filet de sécurité du mouvement
- 4:10olympique. Étienne Aubois est venue
- 4:12formuler des recommandations très claires pour redresser la
- 4:15barre. Des recommandations qui ont
- 4:16d'ailleurs été adoptées par le bureau exécutif lors d'une
- 4:19réunion de 02h00 et on note au passage que cette réunion a été
- 4:23décrite comme se déroulant dans un climat serein et apaisé.
- 4:26Ce tu tranches radicalement avec les mois de tension qu'on vient
- 4:29d évoquer. Michèle Cadot à même tenu un
- 4:32discours de remobilisation très fort aux équipes la semaine
- 4:35précédente. Et Parmi ces recommandations
- 4:37adoptées, il y a cette proposition majeure de créer des
- 4:40équipes resserrées géographiquement autour des
- 4:42futurs clusters de compétition. L'idée est d'avoir un
- 4:45fonctionnement plus robuste. Absolument, c'est une refonte
- 4:49totale de l'organigramme, alors qu'est.
- 4:51Ce que tout cela signifie au fond est ce que calquer le
- 4:54modèle et les hommes de Paris 2024 sur les Jeux d'hiver est
- 4:57une garantie de succès ou la géographie alpine exige t elle
- 5:00une recette totalement différente ?
- 5:03C'est la grande question. Mais en fait, l'expérience de
- 5:06cadeau est au bois sert surtout à rassurer toutes les parties
- 5:09prenantes, ils ne vont pas faire un copier coller strict de
- 5:12Paris. Parce qu'une capitale hyper
- 5:14connectée, c'est pas du tout pareil qu'une série de vallées
- 5:16de montagne avec des risques d'AVALANCHES et des routes
- 5:18d'accès limitées. Exactement, et c'est bien pour
- 5:21ça que l'idée des clusters est si pertinente.
- 5:24Cette régionalisation permet d'éviter la dispersion des
- 5:27ressources et l engorgement au niveau des décisions donc.
- 5:29On délègue le pouvoir directement sur le terrain, au
- 5:32plus près des sites de compétition de neige ou de
- 5:34glace. C'est ça, au lieu d'avoir un
- 5:36hypercentre lointain, chaque pôle géographique devient une
- 5:40unité autonome tout en restant sous la coordination de la
- 5:43direction générale. Bon, l'organisation semble
- 5:46validée et repensée. Mais il YA1 problème de taille,
- 5:49la nouvelle équipe doit quand même affronter une sacrée course
- 5:53contre la montre. Oui, le temps perdu ne se
- 5:56rattrape pas facilement, on parle de près de 2 mois de
- 5:59retard sur les plans prévus initialement. 2 mois sur un
- 6:02cycle olympique de 4 ans, c'est énorme.
- 6:04C'est critique même surtout pour les dossiers urgents qui
- 6:07s'empilent sur le Bureau. Comme la finalisation de la
- 6:10carte des sites, la création de l'emblème et bien sûr la
- 6:13signature des partenariats. Sans compter le 2e grand
- 6:16obstacle, au-delà du temps, il y a l'instabilité politique
- 6:19régionale. C'est là que ça devient vraiment
- 6:21intéressant, parce qu'on se rend compte à quel point
- 6:24l'organisation d'un événement mondial est vulnérable aux
- 6:27scrutins ultra locaux si l'on relie.
- 6:28Cela à la situation globale, l'infrastructure olympique
- 6:32dépend intrinsèquement du soutien politique local.
- 6:34Et justement, YA1 nouveau contexte politique lié au
- 6:37changement des deals dans certains territoires clés, des
- 6:40maires ont changé ou risquent de changer.
- 6:42Je pense notamment à des communes incontournables comme
- 6:44Val d'Isère, Saint Jean de Ciste, Montgenèvre ou encore
- 6:46Méribel. À chaque fois qu'une nouvelle
- 6:48équipe municipale arrivé, c'est potentiellement des accords de
- 6:51financement ou des plans d'aménagement urbain qui sont
- 6:53remis sur la table. Exactement.
- 6:55Et si on regarde vers le littoral, c'est encore plus
- 6:57complexe. Une attention toute particulière
- 7:00est portée aux élections municipales à Nice.
- 7:02Oui, Nice, qui doit accueillir les sites olympiques des sports
- 7:04de glace en 2030. Et on a cette opposition très
- 7:08suivie entre le maire actuel Christian Estrosi et Éric
- 7:11Ciotti. Et il faut bien comprendre
- 7:13l'enjeu ici, en restant totalement factuel sur l'impact
- 7:16logistique, l'élection potentielle d'ÉRIC Ciotti
- 7:19rebattrait complètement les cartes.
- 7:21Parce qu'il est porteur d'un contre projet très différent
- 7:24pour la ville, c'est bien ça ? C'est ça ?
- 7:26Un changement de municipalité de cette ampleur peut obliger le
- 7:28Cojop à redessiner entièrement sa carte des sites de glace ou
- 7:32de neige. On.
- 7:33Imagine le casse-tête. Redessiner des sites pour des
- 7:36sports qui demandent des patinoires olympiques et des
- 7:38systèmes de réfrigération massifs à 4 ans des Jeux.
- 7:41C'est un plan d'urgence colossal qu'il faudrait déclencher.
- 7:44Donc, pour surmonter ces défis logistiques, sans parler de la
- 7:48politique locale, l'organisation a un besoin vital de 2 choses,
- 7:51un financement très solide et un leadership définitif.
- 7:55Tout à fait, l'intérim de Michel Cadot est essentiel, mais il
- 7:58faut un directeur général titulaire.
- 8:00Le processus de recrutement est toujours en cours.
- 8:02Et j'imagine qu'il cherche un profil assez rare.
- 8:05Un profil extrêmement expérimenté oui, on parle d'une
- 8:08short list de 5 à 6 noms actuellement.
- 8:10Avec 4 profils sélectionnés en phase finale si les informations
- 8:13sont bonnes. C'est ça, et la personne choisie
- 8:16devra être capable de naviguer entre l'État, les acteurs
- 8:19économiques et les élus locaux. Le problème, c'est qu'il faut
- 8:22enclencher la machine financière avant même que ce recrutement
- 8:25soit finalisé. On a vu le lancement de la
- 8:27stratégie de mobilisation des filières économiques le 25 mars.
- 8:31Oui, au palais de la Bourse de Marseille, c'est un rendez-vous
- 8:34capital. L'enjeu majeur de cette étape
- 8:36Marseillaise, c'est de trouver de futurs partenaires forts pour
- 8:39Alpes 2030, mais c'est un vrai défi, non ?
- 8:43Attirer des partenaires financiers et un nouveau
- 8:45directeur général de haut niveau alors que la carte des sites
- 8:49n'est pas encore définitivement stabilisée.
- 8:50Cela soulève une question importante sur la psychologie
- 8:54des investisseurs. C'est vrai que les sponsors
- 8:56investissent sur de la stabilité et un cap clair.
- 8:59Personne n'a envie de signer un chèque de plusieurs 1000000 sans
- 9:02savoir exactement où son logo sera affiché.
- 9:04Exactement. Mais c'est justement là que
- 9:06Michel Cadot joue un rôle clé. Son urgence lors de cette étape
- 9:09Marseillaise, c'est de rassurer le monde économique.
- 9:12En apportant la caution et la garantie de l'État.
- 9:15C'est exactement ça. Il s'efforce de garantir cette
- 9:18stabilité institutionnelle, même en période d'intérim, pour
- 9:21montrer que le projet avance. Bon, si on résumé la situation,
- 9:25le Cojo Palp 2030 est en pleine transition, l'organisation
- 9:29cherche à tout prix à rattraper son retard.
- 9:32Sous la houlette de figures historiques de Paris, 2024, on.
- 9:35L'a vu, voilà. Et tout cela en devant naviguer
- 9:38avec beaucoup de prudence à travers une carte politique
- 9:41locale en pleine mutation. Et d'ailleurs, ça amène une
- 9:43réflexion un peu plus large lorsqu on observé l'impact d'une
- 9:46élection municipale sur la tenue des profs de sport de glace à
- 9:50portée mondiale. C'est assez frappant.
- 9:52C'est vrai que la dépendance est énorme.
- 9:53Absolument, il est vraiment légitime de se demander si les
- 9:57futurs méga événements sportifs ne devront pas à l'avenir
- 10:00concevoir des modèles d'organisation totalement
- 10:02indépendants des aléas politiques locaux.
- 10:04C'est une excellente question pour conclure et qui va sûrement
- 10:07faire réfléchir beaucoup de monde dans l'écosystème sportif.
- 10:10À très vite pour un nouveau podcast, du café du sport
- 10:12business.