Latest / MUMONS / Épisode 119 - Le parc du Kruger - Les 7 lois fondamentales de la savane
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- 0:02Lorsque ce petit bolide atteindra 88 miles à l'heure,
- 0:05attends-toi à voir quelque chose qui décoiffe.
- 0:08Ce qui place votre zone d'atterrissage à 5,0667 degrés de latitude nord et 77,3333 de longitude ouest.
- 0:17Rien de tout ça,
- 0:17Mary.
- 0:18Qu'est-ce que le réel ?
- 0:19La seule variable constante est l'inattendue.
- 0:22On ne peut pas la contrôler.
- 0:23Je crois que vous êtes encore pire que ces créatures.
- 0:26Elles,
- 0:26elles n'essaient pas de se massacrer entre elles pour tirer le plus gros paquet.
- 0:30Voyons si une capacité de poussée de 10%
- 0:31permet de décollage.
- 0:33Et 3,
- 0:342,
- 0:341...
- 0:37Chères auditrices,
- 0:38chers auditeurs,
- 0:39bienvenue dans ce nouvel épisode de Science,
- 0:41Art et Curiosité,
- 0:42le podcast du MUMONS.
- 0:44Aujourd'hui,
- 0:45et comme très souvent,
- 0:46je suis dans la brasserie du Vanderval Côté-Lamonce et je viens de vivre une préparation d'épisodes complètement dingue.
- 0:53J'ai vraiment hâte de te partager tout cela,
- 0:55et sans en dire plus parce que j'ai envie que tu découvres...
- 0:58Tout ça avec moi au fur et à mesure.
- 1:00J'accueille deux personnes aujourd'hui.
- 1:03Cécile Gerbeau.
- 1:03Salut Cécile.
- 1:04Bonjour.
- 1:05Comment vas-tu ?
- 1:06Très très bien.
- 1:07Et Grégory Morlighem.
- 1:09Bonjour.
- 1:09Comment vas-tu ?
- 1:10Très bien,
- 1:10oui.
- 1:11Alors,
- 1:12je maintiens un peu le suspense.
- 1:14Tu l'as vu,
- 1:14cher auditeur,
- 1:14cher auditeur.
- 1:15Je ne vais toujours pas indiquer de quoi on va parler aujourd'hui.
- 1:19Avant ça,
- 1:20je vais vous demander à tous les deux,
- 1:22chacun à votre tour,
- 1:23en quelques minutes,
- 1:24de juste expliquer qui vous êtes.
- 1:26et je peux...
- 1:27pense que ça donnera quelques indices aux auditeurs et aux auditrices pour découvrir ce dont on va parler aujourd'hui.
- 1:33Alors je suis biologiste,
- 1:35je travaille quatre mois par an en Afrique du Sud et huit mois par an en Belgique.
- 1:41Super,
- 1:42merci,
- 1:42on n'en dira pas plus,
- 1:43on verra après.
- 1:44Voilà et donc moi je suis également biologiste et je passe une partie de mon année en Afrique du Sud et une partie de mon année en Belgique.
- 1:54Alors maintenant on va rentrer un petit plus
- 1:57dans le détail,
- 1:57je vais quand même lâcher le sujet maintenant,
- 1:59j'avais prévu de le faire une question après,
- 2:01mais je pense que c'est important de le lâcher maintenant,
- 2:03c'est,
- 2:04on a tous cette image d'épinal,
- 2:06ces stéréotypes,
- 2:07je vais dire,
- 2:08sur les safaris en Afrique,
- 2:09en l'occurrence en Afrique du Sud,
- 2:11et les deux personnes qui sont avec moi,
- 2:14donc Cécile et Greg,
- 2:15sont des guides dans le parc Kruger,
- 2:18en Afrique du Sud,
- 2:19ils vont tout de suite nous en dire plus,
- 2:21et justement,
- 2:22ils vont nous parler de comment ça se passe sur place,
- 2:25de qu'est-ce qu'on peut y vivre,
- 2:26Qu'est-ce que ça véhicule comme message vers les personnes qui font cette expérience ?
- 2:31Et en même temps,
- 2:32on va un petit peu confronter un petit peu cette réalité du terrain que vous vivez tous les jours à ce qu'on peut voir dans les films,
- 2:39les séries,
- 2:40dans les documentaires aussi,
- 2:42pour faire un petit peu le point sur c'est quoi la réalité derrière ça.
- 2:45Et avant de faire ça,
- 2:46avant de rentrer dans le vif du sujet,
- 2:48je voudrais que maintenant vous preniez chacun et chacune un petit temps pour détailler votre parcours.
- 2:54Et répondre au final à cette question que je me suis posée assez vite aussi,
- 2:57c'est comment,
- 2:58en tant que biologiste qui ont étudié en Belgique,
- 3:02vous vous êtes retrouvé dans le parc Huguer à être guide safari ?
- 3:06C'est la question,
- 3:07j'ai l'impression.
- 3:08Alors en fait,
- 3:08c'est une image.
- 3:09Quand dans les années 90,
- 3:12vers 18 ans,
- 3:14j'ai vu une émission avec Nicolas Hulot qui approchait un éléphant,
- 3:17ça s'appelait Opération Okavango.
- 3:20Je voyais cet éléphant qui s'approchait de la pirogue avec ses oreilles grandes ouvertes.
- 3:25Et là,
- 3:25je me suis dit,
- 3:26waouh,
- 3:27c'est ça que j'ai envie de faire.
- 3:28Ça,
- 3:28c'est mon rêve.
- 3:29Et puis après,
- 3:30il faut quand même choisir des études.
- 3:31Et je me suis dit que la biologie était peut-être le moyen le plus simple de m'orienter dans cette voie-là.
- 3:37Et donc,
- 3:38je suis parti pour des études de biologie.
- 3:40D'abord à l'université de Louvain-la-Neuve et ensuite l'université de Louvain-en-Valué.
- 3:44Donc,
- 3:44c'est une image.
- 3:45ou si c'est une image de...
- 3:46d'un documentaire animalier avec un animal qui s'avance vers une pirogue.
- 3:51Alors moi j'avais choisi la biologie au départ parce que j'aimais justement tout ce qui était animaux et autres.
- 3:59Et donc j'ai d'abord fait mes deux candidats à Mons,
- 4:01à l'université de Mons.
- 4:03Et puis quand j'ai fini ma deuxième candidat,
- 4:05Louvain-la-Neuve avait ouvert une section en biologie moléculaire cellulaire humaine.
- 4:09Je suis partie à Louvain-la-Neuve,
- 4:11j'y ai rencontré mon futur époux,
- 4:13donc Greg.
- 4:15qui en fait à l'époque était déjà passionnée par l'Afrique.
- 4:19Et là j'ai terminé mon parcours de biologie à Louvain-la-Neuve,
- 4:24j'ai fait mon doctorat.
- 4:26Et puis bon ben voilà,
- 4:27après avoir travaillé dans différents laboratoires,
- 4:31j'ai suivi son impulsion et je suis rentrée dans une société qui n'avait rien à voir avec la biologie.
- 4:38L'Afrique,
- 4:39on a dû un peu la mettre de côté à l'époque parce qu'il y avait le travail,
- 4:43il y avait les enfants.
- 4:44Et puis quand les enfants étaient plus âgés,
- 4:47quand elles ont été en âge de pouvoir voyager,
- 4:49on est parti en Afrique.
- 4:50Parce que malgré tout,
- 4:51l'Afrique est toujours restée dans l'esprit de Grégory quelque chose d'important.
- 4:56Alors juste pour que chers auditeurs,
- 4:57chères auditrices,
- 4:58nous comprennent bien ce dont on parle.
- 5:00Les deux personnes qui sont ici ne sont pas juste potes,
- 5:02elles sont ensemble.
- 5:03Vous êtes mariés ?
- 5:04Oui,
- 5:04on est mariés.
- 5:05Voilà,
- 5:05elles sont mariées,
- 5:06donc elles vivent en couple.
- 5:07Et donc,
- 5:07vous avez vécu ensemble cette expérience.
- 5:09Et à la base,
- 5:10j'ai l'impression,
- 5:10Greg,
- 5:10c'est plutôt,
- 5:11je vais dire,
- 5:12pas ton idéal,
- 5:13mais toi qui tires un petit peu vers l'Afrique ou ce n'est pas le cas ?
- 5:17Oui,
- 5:17donc c'est le cas parce qu'en fait,
- 5:19je pensais à la fin de ma thèse partir en Afrique.
- 5:23Et puis,
- 5:24ma thèse,
- 5:24je ne l'ai pas terminée.
- 5:25Et j'ai commencé à travailler dans une entreprise,
- 5:27une entreprise familiale.
- 5:29Et donc ce rêve d'Afrique,
- 5:30il a été mis de côté.
- 5:31Il a été mis de côté jusqu'à l'âge de 40 ans.
- 5:34Et à 40 ans,
- 5:35c'est le moment où on prend des grandes décisions dans sa vie.
- 5:37Et il fallait que l'Afrique revienne.
- 5:40Et donc notre premier voyage a été fait en Afrique au Kenya,
- 5:45exactement.
- 5:46Mais un voyage un peu particulier dans le sens qu'on a passé
- 5:4815 jours dans une ferme à voir comment la population locale vivait.
- 5:53Et avec nos enfants,
- 5:54on s'est rendu compte de ces conditions.
- 5:56Et pas seulement,
- 5:57je veux dire,
- 5:58une condition de...
- 5:58touristes qui seraient dans un parc animalier.
- 6:01Et c'est ce qui nous a plu,
- 6:02c'était découvrir cette Afrique authentique.
- 6:05Tu le suis dans,
- 6:06je vais mettre plein de guillemets,
- 6:08son délire,
- 6:09entre guillemets,
- 6:09pardonnez-moi l'expression,
- 6:10un grec.
- 6:11Mais tu finis quand même par y adhérer.
- 6:13Oui,
- 6:14parce que pendant
- 6:1510-15 ans,
- 6:16il m'a rabattu les oreilles avec l'Afrique.
- 6:19Malgré tout,
- 6:20je suis biologiste,
- 6:21donc les documentaires animaliers,
- 6:23j'ai dit que j'adorais.
- 6:24Et puis,
- 6:25quand on a commencé à parler de l'Afrique et de voyager en famille,
- 6:29j'étais plus que partante pour le projet.
- 6:31Et puis,
- 6:32une fois que j'ai mis les pieds là-bas,
- 6:34c'était fini.
- 6:35J'étais conquise.
- 6:36Alors,
- 6:37justement,
- 6:37on aurait pu s'arrêter là,
- 6:38entre guillemets,
- 6:39je caricature,
- 6:40un mois par an en Afrique en mode congé et le reste de la vie un peu comme tout le monde le connaît.
- 6:44Vous dépassez ça tous les deux ?
- 6:47Tous les quatre,
- 6:47quand même.
- 6:47Tous les quatre ?
- 6:48Oui,
- 6:48parce qu'en fait,
- 6:49on a deux enfants.
- 6:50Camille,
- 6:50qui est la plus grande,
- 6:51et Chloé,
- 6:52qui est la plus petite,
- 6:5327 et 25 ans.
- 6:54Et je pense que comme Cécile,
- 6:56elles ont été contaminées par le virus de l'Afrique.
- 6:59En tout cas,
- 6:59je veux dire des animaux.
- 7:01La plus grande,
- 7:01Camille,
- 7:01fait une thèse de doctorat sur la malaria.
- 7:03Et Chloé est vétérinaire.
- 7:06Donc,
- 7:06je pense que notre premier voyage a eu un impact sur le futur des enfants.
- 7:11Et alors,
- 7:11vous dépassez un petit peu tout ça.
- 7:13Quand je dis vous dépassez,
- 7:14c'est que vous allez plus loin,
- 7:15en l'occurrence.
- 7:16Maintenant,
- 7:17vous passez un tiers,
- 7:18voire un demi de l'année là-bas.
- 7:20Qu'est-ce que vous y faites ?
- 7:22Comment ça se passe ?
- 7:23Et comment vous avez passé le cap de rester là-bas si longtemps ?
- 7:26En fait,
- 7:26ce qui nous a fait changer de destination,
- 7:28donc on a d'abord été au Kenya,
- 7:30et on a été un peu déçus de l'image du safari,
- 7:35dans le sens qu'on nous avait montré les grands animaux,
- 7:38mais toute la complexité de l'écosystème,
- 7:40on ne nous l'a pas trop expliqué.
- 7:42Notre deuxième voyage s'est fait en Afrique du Sud,
- 7:45et là,
- 7:45c'est vraiment là que notre histoire commence,
- 7:47et c'est là qu'on a envie d'aller plus loin en Afrique.
- 7:49On rencontre des guides exceptionnels.
- 7:52qui passe autant de plaisir et de temps à nous expliquer une libellule,
- 7:57un caméléon,
- 7:58qu'un lion,
- 7:59qu'un éléphant.
- 7:59Et donc là,
- 8:00on avait la possibilité de comprendre l'écosystème de la savane,
- 8:03mais vraiment dans son entièreté.
- 8:04Et ça,
- 8:05on l'a retrouvé en Afrique du Sud,
- 8:06où il y a aussi un énorme volet conservation de la nature.
- 8:09Et c'est ce qui nous a porté.
- 8:11Oui,
- 8:11d'ailleurs,
- 8:11en Afrique du Sud,
- 8:12le parc Ruger,
- 8:13en fait,
- 8:14va fêter ses 100 ans l'année prochaine.
- 8:16Il y a une conservation énorme de la nature.
- 8:20il y a...
- 8:21un respect total des animaux.
- 8:24Et donc nous,
- 8:25on a vraiment adhéré au projet de l'Afrique du Sud quand on a découvert le parc Kruger.
- 8:29Et c'est plus ou moins à ce moment-là que vous décidez alors de vous investir en tant...
- 8:33Enfin,
- 8:33vous voulez devenir guide là-bas ou il se passe des choses entre eux ?
- 8:38Donc en fait,
- 8:39on aimait les animaux,
- 8:40mais après avoir la capacité de partager et de guider,
- 8:44c'est encore autre chose.
- 8:45Donc on a entamé une formation en tant que guide,
- 8:48justement,
- 8:49suite à...
- 8:50à la rencontre d'excellents guides qui se trouvaient là-bas.
- 8:52Et cette formation,
- 8:53elle a deux volets.
- 8:55Le premier volet,
- 8:56c'est guide en voiture,
- 8:58en 4x4.
- 8:59C'est un petit peu ce qu'on voit toujours dans les séries ou les films.
- 9:01C'est des gens qui sont dans des 4x4,
- 9:03etc.
- 9:03Je veux même dire,
- 9:04c'est ce que vous voyez dans les films,
- 9:05mais c'est aussi ce que vous rencontrez si vous faites du tourisme en Afrique.
- 9:07En tout cas,
- 9:08orienté safari,
- 9:0899 fois sur 100,
- 9:10c'est du safari en voiture.
- 9:12Et oui,
- 9:13je trouve que c'est intéressant pour voir les grands animaux,
- 9:15mais ça nous prive de...
- 9:17Plus petites espèces,
- 9:18mais aussi ça nous prive d'une immersion.
- 9:21Et quand on est à pied,
- 9:22là,
- 9:23on peut parler de véritable immersion.
- 9:25Vous avez fait guide en voiture,
- 9:27mais en fait,
- 9:27après,
- 9:27vous êtes passé au niveau suivant,
- 9:29guide à pied.
- 9:30Donc vraiment emmener les gens à pied en autonomie pendant plusieurs jours dans la savane.
- 9:35Oui,
- 9:36donc la formation se fait en deux parties.
- 9:38Il y a une partie théorique et grâce au Covid,
- 9:41on peut le dire.
- 9:41L'examen théorique se faisait à distance.
- 9:44et
- 9:45Pour pouvoir présenter cet examen,
- 9:47on a quand même étudié pendant un an.
- 9:49On a reçu des syllabus.
- 9:50Ces syllabus sont vraiment très généraux.
- 9:53Il y a de la biologie,
- 9:55de la climatologie,
- 9:56de la géologie.
- 9:58Il y a les bonnes pratiques pour pouvoir guider dans la savane.
- 10:02C'est vraiment très complet comme formation.
- 10:04Ensuite,
- 10:05il y a la partie pratique.
- 10:07Et donc là,
- 10:08cette partie pratique,
- 10:09nous on l'a fait en jury central,
- 10:10parce qu'on peut le faire avec des écoles,
- 10:12et donc ça implique de rester là-bas trois mois sur place et de suivre des cours,
- 10:16etc.
- 10:17Mais on peut également le faire en jury central,
- 10:19et donc on a étudié chacun séparément,
- 10:22et puis ensuite on a pris un mentor,
- 10:25un assesseur officiel,
- 10:27qui nous a fait passer cet examen pratique,
- 10:29là-bas sur place.
- 10:30Et l'examen pratique,
- 10:31il consiste en quoi en gros ?
- 10:33Alors l'examen pratique,
- 10:34c'est vous guider...
- 10:35votre assesseur pendant trois heures dans la savane,
- 10:38mais tout ce que vous rencontrez,
- 10:39que ce soit les arbres,
- 10:41les petits animaux,
- 10:42ou même les roches,
- 10:44vous lui donnez les explications.
- 10:47C'est ce qu'on avait apprécié,
- 10:48c'est cette approche globale de l'écosystème.
- 10:50Écosystémique,
- 10:51on le disait.
- 10:52Une approche systémique.
- 10:53Il y a quand même une différence chez les guides.
- 10:55Il y a des guides armés et des guides non armés.
- 10:57Est-ce que vous pouvez m'expliquer un petit peu la différence entre ces deux types de guides et quel est leur rôle dans tout ce que vous faites ?
- 11:03Il y a un terme qu'on entend souvent par ici,
- 11:05c'est ranger.
- 11:06Mais ranger en Afrique du Sud,
- 11:07ça n'a pas vraiment de signification.
- 11:09On va parler de field guide pour les guides qui sont en voiture et de trail guide et même big five trail guide pour les guides qui sont à pied.
- 11:17Et le big five,
- 11:18ça représente les environnements dans lesquels on a lions,
- 11:21buffles,
- 11:21rhinocéros,
- 11:22léopards,
- 11:23éléphants.
- 11:24Et là,
- 11:25le but est de faire des rencontres,
- 11:26notamment avec ces animaux.
- 11:28Et au niveau de l'Afrique du Sud,
- 11:29ça nécessite l'utilisation,
- 11:31en tout cas.
- 11:32le port d'une arme et une grande partie de l'examen va justement nous apprendre à utiliser cette arme en cas d'urgence tout en sachant,
- 11:41c'est important d'insister pour les gens qui nous écoutent,
- 11:43tout en sachant que c'est la dernière solution possible et que la présence des guides dans la savane est d'assurer la sauvegarde de la savane.
- 11:55Si aujourd'hui on n'a pas une présence à pied de guide avec des touristes ou même
- 12:00de rangers dans la savane,
- 12:03cette savane va être envahie par des braconniers.
- 12:06On a le rhinocéros qui est certainement une des espèces les plus menacées en Afrique.
- 12:11Et on a par exemple des anecdotes malheureuses,
- 12:13dans le sens où on était pendant un mois en campement,
- 12:17il y avait une présence sur place,
- 12:19mais à la fin du campement,
- 12:20quand on s'est retiré,
- 12:21quelques jours après,
- 12:23on a entendu que deux rhinocéros avaient été abattus par des braconniers.
- 12:27S'il y avait eu un relais,
- 12:29Donc à savoir s'il y avait suffisamment de personnes qui étaient intéressées par du safari à pied,
- 12:33de manière à pouvoir avoir des relais constants dans la savane,
- 12:37on assurait encore une meilleure protection à la savane.
- 12:40Oui,
- 12:41donc comme dit Greg,
- 12:42c'est l'occupation du territoire qui est vraiment très importante pour pouvoir se battre contre le braconnage.
- 12:47D'ailleurs,
- 12:48je veux dire que nous,
- 12:48quand on marche dans la savane régulièrement,
- 12:50on est confronté à la présence de collets.
- 12:52Et donc un des rôles notamment des guides à pied dans la savane,
- 12:55c'est d'enlever ces collets.
- 12:57ou pour les collègues qu'on ne sait pas enlever parce qu'ils sont trop grands,
- 13:00on va simplement prendre leurs coordonnées GPS et les transmettre à la section anti-braconnage qui viendra ensuite enlever ces collègues.
- 13:07Alors,
- 13:07toi Greg,
- 13:08tu es un guide armé.
- 13:09Cécile,
- 13:09toi tu es une guide non armée.
- 13:11Comment s'incarne cette différence dans votre métier de tous les jours et dans ce que vous pouvez faire ?
- 13:17Au niveau du guide armé,
- 13:19il y a relativement peu de femmes qui sont guides armées parce que l'examen est physiquement très difficile.
- 13:25Il y a une mise sous pression dans des exercices,
- 13:28dans des scénarios d'attaque.
- 13:30Et il y a aussi le calibre qui est utilisé.
- 13:33Et même si,
- 13:35moi clairement,
- 13:35je n'ai même jamais,
- 13:37en situation de marche dans la savane,
- 13:38je n'ai jamais chargé une seule cartouche.
- 13:41Donc il faut savoir qu'il y a des cartouches en magasin,
- 13:42mais il n'y a rien dans la chambre.
- 13:44Comme les pilotes,
- 13:45on doit logger nos heures de brousse,
- 13:47donc de marche à pied,
- 13:49comme un pilote log ses heures de vol.
- 13:51J'ai plus ou moins 900 heures de marche,
- 13:5454 face à face avec des animaux dangereux,
- 13:56donc le Big Five dont on a parlé avant.
- 13:58Et tout s'est toujours très bien passé,
- 14:00aussi bien pour l'animal que pour moi,
- 14:02que pour le groupe qui se trouvait derrière.
- 14:04Donc on ne doit vraiment pas voir l'arme comme une solution facile qui serait de se débarrasser d'un animal dangereux.
- 14:12L'utilisation de l'arme,
- 14:13ça représente un tiers de la formation.
- 14:16Et les deux tiers de la formation vont justement être...
- 14:19Comment comprendre ces animaux dangereux,
- 14:22Big Five,
- 14:23pour ne pas devoir utiliser son arme ?
- 14:26On a des connaissances qui ont 10 000 heures de brousse et qui n'ont même jamais chargé une seule cartouche.
- 14:31L'idée de ce que j'entends quand tu racontes ça,
- 14:33c'est...
- 14:34L'arme est là comme l'ultime rempart,
- 14:36le dernier élément à utiliser au cas où il y aurait vraiment un cas extrême avec un animal qui charge.
- 14:43Mais pour le reste,
- 14:44il y a toute une série d'autres méthodologies,
- 14:46processus qui permettent de vivre correctement la confrontation à l'animal.
- 14:51Et là,
- 14:51je me tourne peut-être vers Cécile parce que justement,
- 14:53toi,
- 14:53tu es guide sans arme.
- 14:55Oui,
- 14:55donc moi,
- 14:56je suis guide sans arme.
- 14:58Donc je peux guider des clients,
- 15:00des personnes dans des endroits...
- 15:02dans lesquelles il n'y aura pas le Big Five,
- 15:03donc comme Greg a dit,
- 15:04les animaux les plus dangereux.
- 15:06Maintenant,
- 15:06c'est sûr que le point le plus important est de comprendre l'animal qui est en face de soi et de repérer quels sont,
- 15:13dans son comportement,
- 15:14les signes qui montrent que l'animal est potentiellement dangereux ou pourrait éventuellement charger.
- 15:20Donc ça,
- 15:21c'est vraiment la plus grande partie de notre formation.
- 15:23Et quand on est face à un animal,
- 15:25il y a toute une série de signes que l'on va pouvoir interpréter,
- 15:28qui vont nous permettre de dire...
- 15:29oui effectivement là il y a un danger ou là il n'y a pas de danger.
- 15:32Mais je veux dire que moi je n'ai pas le permis d'arme et donc pour tout ce qui est plus technique au niveau de l'arme,
- 15:38c'est plus ce que Greg pourra le dire à ce moment-là.
- 15:41Moi ça me pose quand même une question,
- 15:42j'ai l'impression que le critère de sélection c'est le Big Five par rapport à l'arme.
- 15:46Pourtant j'imagine qu'il y a d'autres animaux quand même qui restent dangereux dans la savane.
- 15:49Pourquoi ce Big Five est aussi important par rapport à je peux guider si j'ai une arme ou je ne peux pas guider si j'ai une arme quand il y a une zone avec Big Five ?
- 15:58En fait,
- 15:59les zones sont clairement déterminées et c'est un aspect légal.
- 16:02Donc effectivement,
- 16:03on peut avoir une rencontre avec un serpent ou même,
- 16:07je dirais,
- 16:07avec une girafe.
- 16:08Il ne faut pas négliger le comportement d'une girafe.
- 16:10Ça peut être un animal dangereux,
- 16:12mais légalement,
- 16:13on va faire la différence entre ces environnements Big Five et l'autre qui ne sont pas.
- 16:17Je voudrais aussi attirer l'attention sur le fait que depuis le départ,
- 16:19on parle d'armes,
- 16:20on parle de munitions,
- 16:21on parle de dangers.
- 16:23mais ce qui nous vient et ce qui vient à l'esprit de les personnes qui nous suivent dans la savane
- 16:29C'est cet esprit de calme,
- 16:31de sérénité et de rencontre avec des animaux où on est émerveillé.
- 16:37Alors peut-être que le premier sentiment quand on voit un éléphant qui s'approche,
- 16:41ça va être ce sentiment de peur,
- 16:42mais tout de suite ça fait place à l'émerveillement.
- 16:45Et la compréhension des émotions,
- 16:48qu'est-ce qu'un animal peut ressentir ?
- 16:49Qu'est-ce que mon groupe peut ressentir ?
- 16:51Et moi en tant que guide,
- 16:52qu'est-ce que je peux ressentir ?
- 16:53Mais c'est toutes ces composantes qu'on va analyser pour que la rencontre se passe bien.
- 16:57Et ces rencontres se passent,
- 16:59je vais dire,
- 16:59à
- 17:0099,9%, très très bien.
- 17:02Même charger une cartouche,
- 17:03c'est quelque chose qui n'est pas du tout nécessaire.
- 17:06Parce qu'on a un rapport avec les animaux qui vont être,
- 17:10eh bien je ne vais pas presser un animal de manière à ce qu'il se sente harcelé et que par rapport à ça,
- 17:16il réagisse de manière dangereuse.
- 17:20Si on a un terme qui va regrouper tout ça,
- 17:22c'est comment je peux être bienveillant avec mon environnement et comment cette attitude bienveillante va me mettre en sécurité par rapport aux animaux,
- 17:30on va dire,
- 17:31dits dangereux qui se trouvent dans mon environnement.
- 17:34Et ce que tu dis là me permet de passer sur le sujet suivant qui est vraiment une philosophie de guide dans cet environnement qui est très marqué.
- 17:44tu me le disais,
- 17:45vous me le disiez même tous les deux c'est
- 17:47Au final,
- 17:48la seule chose que l'on doit laisser,
- 17:50c'est notre trace de pas.
- 17:51J'ai l'impression que derrière ça,
- 17:53il y a une espèce de grande leçon par rapport à la place de l'être humain dans la nature qui devrait être perçue,
- 17:59comprise par la globalité du genre humain et pas juste les personnes qui viennent en safari.
- 18:05On entend souvent parler de l'homme et la nature.
- 18:08Là,
- 18:09en Afrique du Sud,
- 18:09en tout cas dans la savane,
- 18:10on va parler de l'homme qui fait partie intégrante de la nature.
- 18:13Donc,
- 18:13il n'y a pas de raison de le séparer par rapport à la nature.
- 18:16Et ensuite...
- 18:17Pourquoi
- 18:18Cécile et moi,
- 18:19nous avons envie de sauvegarder la savane ?
- 18:21C'est parce que c'est l'endroit où est née notre espèce,
- 18:24c'est l'endroit où est née Homo sapiens.
- 18:26Et si pour nous on n'arrive pas à protéger notre berceau,
- 18:31j'ai l'impression qu'au niveau des autres environnements,
- 18:32c'est encore beaucoup plus compliqué à les protéger.
- 18:35Et si on n'est pas capable de protéger des espèces aussi intelligentes,
- 18:39magnifiques,
- 18:40comme l'éléphant ou le rhinocéros,
- 18:43là j'ai des craintes par rapport aux autres petites espèces qu'on peut rencontrer chez nous.
- 18:46Ce que tu dis est quand même assez intéressant par rapport à cette image aussi qu'on a,
- 18:51c'est le guide safari,
- 18:53il est là pour protéger le groupe.
- 18:55Or,
- 18:55dans toute l'histoire que tu viens de raconter,
- 18:57le guide safari,
- 18:58il est avant tout là pour protéger la savane du groupe,
- 19:01en quelque sorte.
- 19:02Donc comment en fait ce curseur est mis entre ces deux extrêmes que j'ai peut-être décrits,
- 19:07et encore une fois,
- 19:08je peux complètement me planter,
- 19:09donc n'hésitez pas à me reprendre sur cette vision,
- 19:11mais il y a toute une série de stéréotypes dans ce qu'on perçoit du safari.
- 19:14qui ne sont peut-être pas du tout exactes et que j'aimerais que vous puissiez détailler.
- 19:18En fait,
- 19:18on va s'appuyer sur les sept lois de la savane.
- 19:21Il y a sept lois qui ont permis à l'homme de cohabiter avec les animaux,
- 19:27on va dire,
- 19:27en relative sécurité.
- 19:30On entend souvent parler de...
- 19:32C'est la jungle,
- 19:34la loi de la jungle,
- 19:35mais il y a beaucoup plus de coopération entre les animaux que ce qu'on peut imaginer.
- 19:40Et justement,
- 19:41nous,
- 19:42on va travailler un peu sur cette coopération et le groupe se sent vraiment dans son milieu.
- 19:46On considère qu'il faut 24 heures pour que les personnes soient complètement détendues quand elles marchent dans la savane.
- 19:53Oui,
- 19:53c'est très rigolo d'ailleurs,
- 19:54parce que quand on emmène un groupe dans la savane,
- 19:56en général,
- 19:56en fait,
- 19:57le premier jour,
- 19:58ils sont extrêmement stressés.
- 19:59C'est mon Dieu,
- 20:00qu'est-ce qu'on va rencontrer ?
- 20:01Mon Dieu,
- 20:02qu'est-ce qui va se passer ?
- 20:03Où est-ce qu'on va manger ?
- 20:04Où est-ce qu'on va dormir ?
- 20:06Et on va devoir se laver dans la rivière,
- 20:08il y a des crocodiles,
- 20:09il y a des hippopotames.
- 20:10Mon Dieu,
- 20:11comment ça va se passer ?
- 20:11Et en fait,
- 20:12après 24 heures,
- 20:13il y a un déclenchement qui se fait chez eux.
- 20:17Ils sont chez eux,
- 20:18tranquilles.
- 20:20Au début,
- 20:20il faut les accompagner pour tout ce qu'ils doivent faire.
- 20:22Après,
- 20:22il faut parfois même les retenir parce qu'ils sont vraiment complètement déconnectés.
- 20:27Ils sont en toute tranquillité,
- 20:28en toute...
- 20:29confiance et je veux dire qu'il y a vraiment un retour aux sources par rapport à ça.
- 20:34Vous employez l'expression back to home,
- 20:37retour à la maison où il y a vraiment cette sensation de revenir dans le berceau de l'humanité.
- 20:41Ah oui vraiment et ça se ressent comme a dit Cécile le premier jour est le plus stressant et il y en a un autre qui est aussi très stressant ces derniers jours c'est quand les personnes se disent ah maintenant on va quitter cet environnement on n'a pas rencontré de voiture on a fait des rencontres avec des éléphants on a fait des rencontres avec des girafes
- 20:57Et puis là,
- 20:57maintenant,
- 20:58on va revenir dans un monde avec tout son stress.
- 21:01Et vraiment,
- 21:01c'est quelque chose qui est très ressourçant.
- 21:05Nous,
- 21:05on pensait que c'était propre à notre personnalité.
- 21:09On découvre ça chez toutes les personnes qui nous suivent.
- 21:11Il y a vraiment une déconnexion complète parce qu'on se lève avec le soleil,
- 21:14on va se coucher avec le soleil,
- 21:16on est bercé dans les sons de la savane.
- 21:19Et comme dit Grégory,
- 21:20quand on rentre le premier jour au lodge et qu'on a les bruits du frigo qui se met en route pendant la nuit...
- 21:26une portière qui claque,
- 21:28tout de suite,
- 21:28les gens se rendent compte qu'on revient vite,
- 21:31très vite dans un milieu plus industrialisé.
- 21:33Alors,
- 21:33à plus petite échelle,
- 21:35j'ai vécu un truc similaire.
- 21:36Il y a un festival à Mons qui s'appelle Mons en lumière.
- 21:39Et durant ce festival,
- 21:41toutes les voitures sont enlevées du parcours scénique qu'il y a dans Mons.
- 21:46Et Mons prend une autre dimension,
- 21:48en fait.
- 21:49Les piétons se réapproprient la rue.
- 21:51Il n'y a pas de bruit autre que ce...
- 21:54Il n'y a pas la voiture,
- 21:55en fait.
- 21:55Et c'est complètement dingue,
- 21:57ça.
- 21:57Ça nous permet de vivre la ville autrement.
- 21:59Alors,
- 21:59j'imagine que dans la nature,
- 22:01c'est encore un gap plus haut,
- 22:03quoi.
- 22:03Oui,
- 22:03il y a deux phases.
- 22:04Il y a d'abord la déconnexion,
- 22:05comme tu viens de le dire,
- 22:06par exemple avec l'absence de voiture.
- 22:08Et ensuite,
- 22:09il y a la reconnection du corps avec la nature,
- 22:13dans le sens que,
- 22:14évidemment,
- 22:15sans GSM,
- 22:16sans montre,
- 22:17et donc sans notion du temps,
- 22:19on n'impose rien.
- 22:20Donc,
- 22:20il n'y a pas d'heure de lever quand on marche dans la savane.
- 22:22C'est on se lève avec le soleil.
- 22:24on se rend compte qu'après 24 heures,
- 22:26les gens savent précisément où ils se situent par rapport à leur journée.
- 22:30On mange quand on a faim,
- 22:32on a quasiment tous faim en même temps.
- 22:34Donc il y a vraiment une symbiose qui se recrée avec l'environnement.
- 22:38Et c'est un petit peu ça que je trouve très intéressant.
- 22:41Je parlais dans ma question de grandes leçons à tirer par rapport à notre interaction avec la nature.
- 22:48J'ai l'impression que dans tout ce que vous vivez,
- 22:49il y a plein de choses à aller chercher pour justement...
- 22:52pouvoir permettre à chaque être humain de se reconnecter avec cette nature ?
- 22:57Il y a la reconnection avec la nature et aussi ensuite,
- 23:00ce qui apparaît,
- 23:01c'est la vulnérabilité.
- 23:03Le fait qu'on soit en groupe et que ce qu'on réalise en groupe n'est pas possible seul,
- 23:09ça donne une autre dimension à cette expérience-là.
- 23:12Il y a aussi le fait de devoir prendre des décisions.
- 23:15Je parle là notamment pour les guides.
- 23:18Un guide,
- 23:18face à une approche,
- 23:19va devoir prendre des décisions.
- 23:21mais avec toujours malgré tout un risque potentiel étant donné qu'on s'adresse au monde du vivant.
- 23:28Et le fait de devoir prendre des décisions où évidemment on va minimiser le risque,
- 23:33mais que le risque n'est pas nul,
- 23:35quand on revient en Belgique,
- 23:37ça nous facilite dans la vie de tous les jours.
- 23:39Parce qu'on est quand même dans une société où on essaye à ce que le risque soit nul et que s'il y a quelque chose qui se passe,
- 23:45on en cherche un coupable.
- 23:46Donc c'est une autre attitude aussi quand on revient en Belgique de travailler avec...
- 23:50Oui,
- 23:50je fais quelque chose,
- 23:52je prends un risque et peut-être que j'aurai un échec et la prochaine fois,
- 23:55je m'améliorerai.
- 23:57Moi,
- 23:57maintenant,
- 23:57par contre,
- 23:58si je me mets du côté des gens qui nous accompagnent,
- 24:00une des grandes choses qu'ils nous disent après,
- 24:02c'est la confiance en soi.
- 24:03Parce qu'il y a beaucoup de gens qui viennent avec nous et qui avaient un peu peur,
- 24:08justement,
- 24:09au départ,
- 24:09et avaient un manque de confiance en soi.
- 24:11Mais le fait de se rendre compte à la fin qu'ils ont pu le faire.
- 24:15Leur capital confiance explose en fait.
- 24:18Donc il y a la confiance en soi et alors il y a la solidarité.
- 24:21Donc c'est avant tout une expérience humaine puisque tout seul on ne peut pas le réaliser.
- 24:26C'est parce qu'on est tous en groupe,
- 24:28tous solidaires,
- 24:29que l'on peut réaliser ce genre d'expérience.
- 24:32Une anecdote,
- 24:33justement,
- 24:33quand on part en autonomie,
- 24:35on dort à la belle étoile et donc on va avoir un tour de garde autour du feu.
- 24:39Et les personnes nous disent,
- 24:40oui,
- 24:40mais enfin,
- 24:40comment je vais fonctionner pour assurer mon tour de garde ?
- 24:44Alors,
- 24:45c'est remarquable de voir que déjà,
- 24:46elles sont stressées vis-à-vis de leurs responsabilités,
- 24:48vis-à-vis des autres,
- 24:50mais pas spécialement stressées pour elles.
- 24:52C'est déjà l'effet de groupe.
- 24:53Et ce à quoi on leur répond,
- 24:54oui,
- 24:54mais toi,
- 24:55quand tu iras dormir,
- 24:56la personne sur qui tu as veillé...
- 24:58elle fera la même chose pour toi,
- 24:59c'est ce qu'elle va te rendre.
- 25:00Réciprocité.
- 25:01C'est une réciprocité et le fait que ces responsabilités soient partagées,
- 25:04en fait,
- 25:05ça se passe toujours très bien au niveau du groupe.
- 25:06Les personnes qui,
- 25:07justement,
- 25:07viennent en safari avec vous,
- 25:10qu'est-ce qu'elles cherchent au final ?
- 25:12Qu'est-ce qu'elles trouvent ?
- 25:12Est-ce que c'est la même chose ?
- 25:13Et si vous deviez retirer un petit peu des informations de tout ça,
- 25:18c'est pour elles,
- 25:19quand elles repartent,
- 25:20c'est quoi le sens d'avoir marché dans la savane ?
- 25:23Il y a sur le point commun entre toutes les personnes,
- 25:26c'est certainement de vivre quelque chose de différent.
- 25:29Et quand on dit vivre,
- 25:30c'est vraiment vivre intensément,
- 25:32vu que nous,
- 25:33on va travailler en complète immersion.
- 25:35Donc ça,
- 25:35je pense que ça réunit toutes les personnes.
- 25:37Ensuite,
- 25:38est-ce que ces personnes viennent exactement pour la même raison ?
- 25:42Ça,
- 25:42je ne sais pas.
- 25:42Peut-être que certaines vont chercher un dépassement de soi.
- 25:45Peut-être que d'autres vont rechercher une reconnexion avec la nature.
- 25:49Peut-être un défi à relever.
- 25:51Peut-être un break.
- 25:52simplement dans leur vie de tous les jours.
- 25:56Nous,
- 25:56ce qui nous importe dans tout ça,
- 25:57c'est les valeurs qu'elles vont emmener avec elles.
- 26:00Donc,
- 26:00qu'est-ce qu'on va partager ensemble pendant cette expédition ?
- 26:04Alors,
- 26:04on le fait peut-être tous pour des raisons différentes,
- 26:07mais si on partage les mêmes valeurs,
- 26:09l'objectif est atteignable très facilement.
- 26:11Une question qui,
- 26:12moi,
- 26:12me pend aux lèvres,
- 26:13c'est,
- 26:15on a parlé de ces fusils,
- 26:16etc.,
- 26:17mais ça ne se limite vraiment pas qu'à ça.
- 26:19Tu l'as dit plusieurs fois,
- 26:20mais...
- 26:21Comment ça se passe au final les interactions avec les animaux dans cette savane quand vous vous baladez ?
- 26:28Est-ce que c'est juste qu'on les voit de loin ?
- 26:30Est-ce qu'ils viennent de façon très très proche ?
- 26:34Est-ce qu'ils chargent ?
- 26:35Est-ce qu'ils sont agressifs ?
- 26:37Est-ce qu'ils sont passifs ?
- 26:37Comment ça se passe ?
- 26:39Et j'imagine qu'il y a tous les cas possibles et inimaginables.
- 26:41Mais nous raconter un petit peu ces interactions avec ces animaux qui parfois nous paraissent très déconnectés de ce qu'on en est,
- 26:48humains,
- 26:48alors qu'il ne faut jamais oublier que l'humain reste.
- 26:51Un animal parmi d'autres.
- 26:52Alors déjà,
- 26:53il faut partir sur une loi de la savane.
- 26:55C'est la loi numéro 4 qui nous dit qu'évite tout conflit inutile.
- 26:59Les animaux n'ont pas une énergie à perdre dans un conflit inutile.
- 27:04En tout cas dans la savane,
- 27:04c'est peut-être parfois devenu une spécialité chez l'homme,
- 27:07mais pas chez les animaux.
- 27:08Et donc,
- 27:10c'est possible qu'on ait un éléphant qui nous approche.
- 27:12Ça nous arrive.
- 27:12Un éléphant qui va approcher à une vingtaine de mètres.
- 27:16Et puis,
- 27:17par rapport à cette approche,
- 27:18nous,
- 27:18on va avoir toute une série d'outils.
- 27:21pour éviter justement de devoir mettre une cartouche.
- 27:24Alors le premier outil,
- 27:25c'est simplement se montrer.
- 27:27Ensemble,
- 27:27le groupe va se lever,
- 27:28ou s'il est déjà debout,
- 27:29il va avancer vers l'éléphant.
- 27:30Ça va être un signal pour dire à l'éléphant,
- 27:32voilà,
- 27:32nous existons aussi.
- 27:34Dans ta savane,
- 27:35nous aussi,
- 27:36nous sommes là.
- 27:37Ensuite,
- 27:37simplement lever la main,
- 27:38faire un signe,
- 27:40siffler,
- 27:41crier,
- 27:41et après,
- 27:42on va arriver dans des niveaux d'intimidation qui seront plus élevés,
- 27:45comme par exemple charger une cartouche.
- 27:47Il faut savoir que dans les 54 rencontres qu'on a déjà réalisées,
- 27:50siffler est le niveau le plus haut qu'on ait atteint.
- 27:53Ça peut paraître surprenant,
- 27:54mais de voir un rhinocéros à 5-6 mètres et que quand il veut encore s'approcher plus près,
- 28:00pas nécessairement avec des mauvaises intentions,
- 28:01mais à un certain moment,
- 28:02il faut quand même mettre une limite quelque part,
- 28:04le fait de siffler,
- 28:05de claquer des doigts,
- 28:06ça va éveiller son attention.
- 28:08Et c'est notre manière de lui montrer que nous aussi,
- 28:11nous avons une zone de confort et une zone d'alerte,
- 28:14une zone de warning,
- 28:15une zone dans laquelle on lui dit maintenant c'est tout.
- 28:17Là,
- 28:18tu es trop proche de nous.
- 28:19Et c'est le fait de placer ces limites par rapport à un animal qui va faire qu'on ne va pas devoir aller justement dans les étages supérieurs.
- 28:26Ça,
- 28:27c'est aussi une métaphore dans la vie de tous les jours.
- 28:29C'est où je mets la limite pour ne pas devoir réagir ou sur-réagir de manière trop importante.
- 28:35Moi,
- 28:35si je peux juste raconter une petite rencontre un peu marrante,
- 28:38en fait,
- 28:39c'est lors d'un tour de garde.
- 28:41Donc,
- 28:41on est en pleine nuit et donc pendant la nuit,
- 28:44on doit chacun à son tour pendant une heure.
- 28:47Surveiller simplement le camp et surveiller le feu.
- 28:50Et donc ça se passe comment ?
- 28:52On est autour du feu,
- 28:53on veille à ce que le feu soit maintenu.
- 28:55Et puis toutes les 5-10 minutes,
- 28:57on se lève,
- 28:57on fait un tour avec sa lampe torche pour voir qu'effectivement il n'y a rien autour du camp et aucun animal qui rentre dans le camp.
- 29:04Et en fait,
- 29:04ça fait 5 minutes que je viens de commencer,
- 29:06je me lève et puis là,
- 29:07avec ma lampe torche,
- 29:08je balaye et puis là,
- 29:09deux yeux rouges qui me regardent.
- 29:11Alors les yeux rouges,
- 29:11il faut savoir que ce sont des prédateurs.
- 29:13Donc là,
- 29:14tout de suite,
- 29:14je comprends bien que le prédateur n'est pas très loin et qu'il est en train de me regarder.
- 29:19Je me dis,
- 29:20il y en a peut-être d'autres yeux.
- 29:22Donc,
- 29:22je continue à balayer avec ma lampe torche et puis je me rends compte que non,
- 29:26ces deux yeux sont là toujours.
- 29:28Ils sont bien tout seuls.
- 29:29Je reviens sur les yeux qui sont toujours là.
- 29:31Et puis,
- 29:32normalement,
- 29:33l'histoire veut que je doive me rasseoir,
- 29:35attendre cinq minutes.
- 29:36Mais ça,
- 29:36je ne sais pas le faire.
- 29:37Je suis trop stressée.
- 29:38Et donc,
- 29:39je refais un tour sur moi-même.
- 29:40Et sur le temps où je fais le tour,
- 29:41en fait,
- 29:42les yeux se sont rapprochés.
- 29:44Alors là,
- 29:45ce que je fais,
- 29:45c'est que plutôt que de réveiller le mentor,
- 29:48je réveille mon mari en disant,
- 29:49Greg,
- 29:50regarde,
- 29:50là,
- 29:50il y a deux yeux.
- 29:52Et sur le moment où je lui fais le signe qu'il y a deux yeux,
- 29:54en fait,
- 29:55les deux yeux plongent sur le sol.
- 29:57Et là,
- 29:57on comprend tout de suite que c'est un félin,
- 29:59un chat.
- 30:00On réveille le mentor avec toutes les lampes torches braquées dessus.
- 30:04C'était un beau léopard qui s'était approché,
- 30:06qui venait voir ce qui se passait dans le camp.
- 30:08Mais là,
- 30:08une fois qu'il était repéré,
- 30:09simplement,
- 30:10il est parti.
- 30:11Donc voilà,
- 30:11ça,
- 30:11c'est le genre de petite interaction qu'on peut avoir.
- 30:14Mais in fine,
- 30:15qui se passe très bien,
- 30:16en toute bienveillance,
- 30:17puisque l'animal,
- 30:19il reprend son chemin,
- 30:20il s'en va.
- 30:21Il faut savoir quand même que je n'avais fait que cinq minutes de tour de garde.
- 30:24Donc là,
- 30:25tout le monde est reparti dormir.
- 30:27Moi,
- 30:27j'avais encore 55 minutes après à tenir toute seule autour de mon feu en sachant qu'il y avait un liopard pas loin.
- 30:33Question peut-être un peu délicate,
- 30:34donc peut-être qu'elle sera en off si vous me dites qu'elle doit passer en off.
- 30:37Mais là,
- 30:38on a parlé des animaux.
- 30:39Moi,
- 30:39je voudrais reparler des humains qui font les safaris,
- 30:42des accidents,
- 30:43des problèmes.
- 30:44Qu'est-ce qu'on peut rencontrer avec un groupe au final ?
- 30:47Alors,
- 30:48on pourrait tout rencontrer,
- 30:50mais nous,
- 30:51ce qu'on va craindre,
- 30:52c'est la déshydratation.
- 30:54Ce sont des personnes qui vont être chargées trop lourdement pour partir six jours en autonomie.
- 31:00Et c'est une mauvaise protection par rapport au soleil.
- 31:03Alors ça paraît surprenant,
- 31:04mais ce sont les canons.
- 31:06Heureusement,
- 31:07on prépare bien les personnes qui nous suivent au niveau des informations.
- 31:10Donc on n'a jamais rencontré ce genre de soucis.
- 31:13Mais ce sont les soucis qui sont les plus fréquemment rencontrés par les guides.
- 31:17Et donc pas nécessairement une aventure qui aurait mal tourné,
- 31:19une rencontre qui aurait mal tourné avec un animal.
- 31:23Encore une fois,
- 31:24je reste sur ce côté un petit peu touristique et ces images d'épinal.
- 31:29On a aussi cette image du documentaire animalier qu'on a tous,
- 31:32parce qu'on regarde National Geographic,
- 31:33parce qu'on regarde Arte,
- 31:35etc.
- 31:36Comment vous,
- 31:37qui êtes sur le terrain,
- 31:39et je pose la question à tous les deux,
- 31:40vous comparez ce qu'on voit dans ces documentaires et ce que vous vivez effectivement avec le groupe sur le terrain ?
- 31:46Alors,
- 31:48l'image qui est donnée aux spectateurs de manière générale,
- 31:51elle est quand même assez partielle parce qu'on présente la savane comme une grande étendue d'herbe avec de temps en temps un arbre,
- 31:59un acacia au loin et peut-être un éléphant au loin.
- 32:01Il faut savoir que les premiers safaris photo,
- 32:04les premiers documentaires animaliers ont été tournés au Maasai Mara.
- 32:07Et donc effectivement,
- 32:07c'est la plaine du Maasai Mara.
- 32:09Ça se trouve où ça le Maasai Mara ?
- 32:10Kenya.
- 32:11Kenya,
- 32:11d'accord.
- 32:12Et donc comme la majorité des documentaires animaliers ont été tournés là-bas et encore aujourd'hui,
- 32:16la majorité de documentaires...
- 32:17Alors pour une raison qui est très simple,
- 32:19c'est qu'en fait,
- 32:19ils ont le droit d'approcher au Maasai marin avec leur 4x4 très proche des animaux.
- 32:23C'est pour ça que les vidéastes choisissent en général ce parc.
- 32:28Mais à côté de ça,
- 32:29la savane est beaucoup plus complexe que ça.
- 32:31On peut avoir une savane inondée,
- 32:33on peut avoir une savane avec des arbres très très grands,
- 32:36on peut avoir une savane semi-arbustive avec des buissons partout.
- 32:42Et là,
- 32:42c'est certainement un atout du parc national Kruger.
- 32:46C'est comme il s'étend sur 300 km nord-sud.
- 32:49Eh bien,
- 32:49on va traverser cet écosystème.
- 32:52Et donc,
- 32:53effectivement,
- 32:53il existe cette savane herbeuse qui représente un écosystème.
- 32:58Mais il y a encore six autres écosystèmes à découvrir.
- 33:00Alors moi,
- 33:00si je peux rajouter,
- 33:02c'est que quand on regarde justement ces reportages qui sont faits sur le Kenya,
- 33:05comme disait Greg,
- 33:06en fait,
- 33:07ils ont le droit d'aller n'importe où avec leur
- 33:094x4. Et en allant n'importe où avec leur
- 33:114x4, ils écrasent simplement la savane.
- 33:13Ils écrasent tous les petits animaux,
- 33:15certains.
- 33:16tortu,
- 33:16caméléon,
- 33:17ils écrasent également toutes les jeunes pousses et toutes les plantes qui sont sensibles et donc ainsi ils détruisent l'écosystème parce que justement en écrasant tout,
- 33:26rien ne peut repousser.
- 33:27Par contre si on prend en Afrique du Sud dans le parc Kruger,
- 33:30en fait le hors pistes donc le fait de pouvoir voyager n'importe où est interdit.
- 33:34On est obligé de rouler sur des routes ou de rouler sur les pistes et donc ça permet justement à tout ce qui est en dehors de ces pistes de pouvoir se régénérer et Donc,
- 33:44c'est...
- 33:44C'est grâce à ça qu'il y a des arbustes,
- 33:46qu'il y a des grands arbres,
- 33:47comme Greg disait.
- 33:48Ce qu'au Maasai Maréa,
- 33:49malheureusement,
- 33:50c'est en train de disparaître.
- 33:51Je voudrais revenir ici,
- 33:52et ce n'était pas prévu,
- 33:53donc improvisation complète,
- 33:55mais sur la notion de parc.
- 33:57Un parc,
- 33:57c'est un territoire protégé.
- 34:00Qu'est-ce qui se passe dans ce parc ?
- 34:01Comment les animaux passent de l'extérieur du parc à l'intérieur du parc ?
- 34:04C'est quoi tout ça ?
- 34:05C'est une bonne question,
- 34:06c'est un grand débat.
- 34:07Parce qu'au départ,
- 34:09il y avait l'idée,
- 34:11pour les parcs nationaux qui ont été créés de manière générale en Afrique,
- 34:14que ces parcs ne soient pas clôturés.
- 34:17C'est le cas du Maasai Mara,
- 34:18par exemple,
- 34:18qui n'est pas clôturé.
- 34:19C'est le cas en Namibie du parc Etosha.
- 34:23Mais il faut savoir qu'avec une pression urbanistique constante aux portes du parc,
- 34:29qu'est-ce qui se passe ?
- 34:29On a des interactions entre les animaux et notamment les éleveurs.
- 34:34Donc il y a pas mal de lions,
- 34:35de prédateurs,
- 34:35qui ont trouvé que c'était beaucoup plus facile de chasser une vache qu'à l'intérieur.
- 34:41Et donc ils se sont fait abattre,
- 34:43si on parle de Namibie.
- 34:44Ils se sont fait empoisonner,
- 34:46si on parle du Maasai marin.
- 34:48Donc la question c'est,
- 34:49est-ce que c'est bien de fermer un parc ?
- 34:52En Afrique du Sud,
- 34:52le Kruger est fermé ?
- 34:53Alors,
- 34:54le Kruger est fermé dans sa partie ouest.
- 34:57Dans sa partie est,
- 34:58il n'est pas fermé.
- 34:59Ce sont des frontières naturelles comme une chaîne de montagne et comme les rivières au nord,
- 35:04c'est la rivière Lempopo.
- 35:06Mais il faut aussi se rendre compte que la taille du Kruger,
- 35:10c'est la taille de la Wallonie.
- 35:13Et quand on prend le Kruger plus toutes les réserves adjacentes,
- 35:16ce sont dans ces réserves-là que nous,
- 35:18on travaille principalement,
- 35:19ça représente la taille de la Belgique.
- 35:21Donc parfois,
- 35:22les gens se disent,
- 35:22ah mais tiens,
- 35:23c'est un parc fermé.
- 35:25Oui.
- 35:25Mais c'est énorme.
- 35:27C'est important de revenir là-dessus pour comprendre le chemin public.
- 35:31Si maintenant on prend les populations animales dans certains parcs ouverts,
- 35:36à cause de ces conflits entre les populations et les animaux,
- 35:39on a des diminutions de 50%
- 35:41de la population.
- 35:43Si on prend rien que le cas des éléphants dans le parc Ruger,
- 35:47nous,
- 35:48notre première visite,
- 35:48c'était il y a 11 ans.
- 35:50A l'époque,
- 35:51il y avait 12 000 éléphants dans le parc Ruger.
- 35:53Aujourd'hui,
- 35:54grâce à cette protection,
- 35:56grâce au fait que les interactions entre les populations locales et les animaux,
- 36:01et notamment au niveau de l'agriculture,
- 36:03ne sont plus permises à cause de ces clôtures,
- 36:06il y a 22 000 éléphants dans le parc rugueur.
- 36:08Donc là,
- 36:08on arrive à un problème maintenant,
- 36:10qui est un problème de surpopulation.
- 36:12La difficulté du parc rugueur,
- 36:13c'est de lutter contre une trop bonne conservation de la nature qui fait que certains animaux sont rentrés en grande quantité.
- 36:19Je voudrais vous poser une question un peu philosophique par rapport à ça.
- 36:23Est-ce qu'au final,
- 36:24dans notre société actuelle,
- 36:25il ne faudrait pas inverser le paradigme et dire qu'on a des zones très limitées où on peut mettre des industries et des zones beaucoup moins limitées,
- 36:34énormes,
- 36:35où la nature peut reprendre ses droits ?
- 36:37Oui,
- 36:37c'est ce qui se passe,
- 36:38notamment au niveau des parcs.
- 36:40C'est que certains parcs qui n'étaient pas du tout chauds pour avoir des clôtures,
- 36:44maintenant on voit qu'en Tanzanie,
- 36:46on a une clôture qui est en train de se construire parce qu'il y a eu trop d'interactions entre les humains et les animaux.
- 36:51Moi,
- 36:51ça ne me dérange pas du tout.
- 36:52qu'en fait on ait des animaux qui soient dans un espace complètement préservé et
- 36:57100% dédié aux animaux et que les activités humaines se fassent en dehors de ces parcs.
- 37:03Pour autant,
- 37:04pour autant,
- 37:05tout le monde a la possibilité financière de se rendre dans un parc
- 37:11Parce que quelque part,
- 37:11ça fait partie du patrimoine,
- 37:13je vais dire,
- 37:14patrimoine de l'humanité,
- 37:15notre patrimoine.
- 37:16Patrimoine terrien,
- 37:17parlons peut-être de patrimoine terrien,
- 37:18parce que ça donne un sentiment d'appartenance à l'être humain d'une zone qui lui appartenait,
- 37:22il n'y a pas nécessairement.
- 37:23Je reprécise quand même ma question,
- 37:25c'est en termes de rationalité d'espace,
- 37:27en termes de ratio d'espace,
- 37:29pour l'instant,
- 37:30les parcs occupent beaucoup moins d'espace que le reste.
- 37:34Est-ce qu'à un moment,
- 37:35ce ne serait pas intéressant d'inverser la tendance et de pouvoir agrandir ces parcs ?
- 37:39et de limiter les zones industrielles,
- 37:43habitées,
- 37:43etc.,
- 37:44pour que l'homme retrouve sa juste place dans la nature ?
- 37:46Point d'interrogation.
- 37:47C'est une question très vaste et je ne vous demande pas nécessairement un avis scientifique,
- 37:51peut-être juste un avis personnel par rapport à ce que vous vivez sur place.
- 37:54Je pense que c'est difficile d'inverser la tendance vu la pression humaine,
- 37:58simplement.
- 37:59Maintenant,
- 38:00ce qui est super important pour ma part,
- 38:02c'est la conservation des habitats actuels.
- 38:05C'est le plus important.
- 38:07Et malheureusement,
- 38:08cette conservation des habitats actuels doit passer par ce système de clôture,
- 38:12de parc clôturé.
- 38:14Actuellement,
- 38:15étant donné justement,
- 38:16comme disait Grégory,
- 38:17la surpopulation des éléphants dans le parc Ruger,
- 38:19il y a une volonté de faire un parc transfrontalier qui pourrait partir de l'Afrique du Sud et remonter jusqu'en Tanzanie.
- 38:27Et donc,
- 38:27ils sont en train justement d'essayer de pouvoir connecter différents parcs l'un à l'autre pour permettre à ces éléphants de pouvoir voyager sur des terres qui sont beaucoup plus grandes.
- 38:36Mais ça implique que chaque pays accepte les mêmes règles de conservation.
- 38:41Or malheureusement,
- 38:42certains pays,
- 38:43en fait,
- 38:43il y a encore de la chasse,
- 38:46les gens n'ont pas assez de travail pour pouvoir ne pas chasser simplement la petite antilope et autres.
- 38:52Donc il y a une volonté de pouvoir agrandir ces parcs,
- 38:56mais c'est très difficile actuellement.
- 38:58Il faut garder l'équilibre entre agrandir le parc,
- 39:01sauvegarder les animaux,
- 39:03et ensuite ne pas arriver à certaines situations.
- 39:05comme en Tanzanie où il y a des maceilles qui ont été déplacées et qui ont dû quitter leur terre ancestrale.
- 39:12Et après,
- 39:13pour revenir à la question de la cohabitation,
- 39:15on a la chance d'avoir le loup qui revient en France,
- 39:18mais il suffit de voir tous les problèmes que ça cause pour une cinquantaine de loups qui sont en train de se déplacer.
- 39:24Au final,
- 39:25j'ai l'impression qu'en fait,
- 39:26ça interroge réellement et c'est une vraie interrogation.
- 39:28Il n'y a pas de réponse claire.
- 39:30La juste place de l'homme dans la nature.
- 39:32Ce qu'il peut faire,
- 39:33ce qu'il doit faire,
- 39:34ce qu'il ne peut pas faire,
- 39:36c'est vraiment quelque chose de très compliqué à l'heure actuelle dans notre société,
- 39:39de limiter cette pression humaine tout en essayant de garder une place dans le cycle de la nature.
- 39:44J'ai l'impression que c'est sur ça peut-être qu'on peut se mettre d'accord.
- 39:48Oui,
- 39:48et alors peut-être,
- 39:49comme tu l'as dit,
- 39:50au niveau des guides,
- 39:51l'essentiel c'est de laisser le minimum de traces derrière nous.
- 39:55Quand on quitte un campement,
- 39:56il n'y a que la trace de nos pas et même le feu va être complètement réhabilité.
- 39:59On appelle ça la réhabilitation du feu.
- 40:01Donc on ne verra pas,
- 40:02même si c'est écologique,
- 40:03même si c'est des cendres,
- 40:04où on ne crée pas de déchets dangereux,
- 40:08au moins ces cendres n'existent plus.
- 40:09On a tout un système pour les faire disparaître.
- 40:12Et là,
- 40:13c'est de se dire,
- 40:14notre empreinte,
- 40:14qu'est-ce qu'elle est ?
- 40:15Parce qu'on est plus souvent en train de se poser la question de la protection des espèces.
- 40:18Je ne pense pas qu'il faut trop se tracasser pour la protection des espèces.
- 40:22tant qu'on est dans la protection de l'habitat.
- 40:24Après,
- 40:24la nature fait son travail elle-même,
- 40:26mais c'est la protection de l'habitat qui est plus importante que la protection de l'espèce.
- 40:30La question de l'interventionnisme,
- 40:31du non-interventionnisme,
- 40:32il y a une question qui,
- 40:33par exemple,
- 40:34vient sur le tapis au niveau des spécistes,
- 40:37ces gens qui refusent de manger différentes espèces,
- 40:39etc.
- 40:40Et c'est philosophique.
- 40:41Mais n'empêche,
- 40:42c'est intéressant parce qu'il y a tous des mouvements différents chez les spécistes où certains se disent non,
- 40:47on ne doit pas intervenir,
- 40:49et d'autres se disent non,
- 40:50on doit intervenir pour préserver le vivant.
- 40:52Et encore une fois,
- 40:53c'est une question de curseur.
- 40:54Où est-ce qu'on le met et qu'est-ce qu'on veut en tant que société humaine ?
- 40:57Et j'ai l'impression que cette question-là,
- 40:58elle est au centre des débats à l'heure actuelle et ce ne sera pas facile de trouver une réponse.
- 41:03Moi,
- 41:03je voulais aussi ajouter que l'éducation est quelque chose de très important parce que c'est bien beau tous ces parcs comme le Kruger,
- 41:11etc.
- 41:11Mais il faut savoir quand même que c'est un coût pour pouvoir entrer dans ces parcs et que donc la population locale qui vit autour de ces parcs,
- 41:17malheureusement...
- 41:18sont quand même encore des populations qui sont défavorisées et donc ces personnes n'ont pas la possibilité de rentrer dans le parc et de pouvoir voir exactement qu'est ce que c'est un rhinocéros,
- 41:28qu'est ce que c'est un éléphant et donc actuellement en Afrique du Sud en tout cas il y a plusieurs associations et initiatives locales qui justement se mettent en place et proposent aux enfants des communautés défavorisées de pouvoir passer trois quatre jours dans le parc Ruger justement pour se rendre compte Voilà.
- 41:46Pourquoi est-ce qu'il faut défendre un rhinocéros ?
- 41:48Pourquoi est-ce que c'est important ?
- 41:49Tout cet écosystème,
- 41:50pourquoi l'habitat est important ?
- 41:52Et c'est par l'éducation qu'on va pouvoir enseigner ce genre de choses.
- 41:57On ne peut pas demander à une population locale qui a des difficultés pour subvenir à ses besoins de préserver la nature sous seul prétexte que ça fera le bonheur de quelques touristes.
- 42:07Donc il y a des enjeux beaucoup plus grands.
- 42:08C'est le fameux dicton,
- 42:09la fin du monde ou la fin du mois.
- 42:11Et alors quand on parle d'agrandissement,
- 42:12Cécile a parlé d'agrandissement de parcs.
- 42:14Ce sont des projets qui prennent énormément de temps.
- 42:17On est sur des dizaines d'années pour avoir les accords.
- 42:19C'est en train de se faire,
- 42:20mais ça prend énormément de temps.
- 42:22Et comment aborder ce problème avec une population locale qui,
- 42:25elle,
- 42:26regarde à la fin,
- 42:26comme tu dis,
- 42:27à la fin de la semaine ou à la fin du mois ?
- 42:29Et ce qui est super intéressant dans ce que vous dites,
- 42:31c'est qu'au final,
- 42:33même les gens qui sont autour du parc,
- 42:34puisque de ce que je comprends,
- 42:36ils ne sont pas dans le parc,
- 42:37ils sont autour du parc,
- 42:38ne sont pas nécessairement sensibilisés à ce qui se passe dans le parc.
- 42:41C'est un peu comme si pour eux,
- 42:43même s'ils sont à 200 mètres de la clôture,
- 42:46ils ne savaient pas ce qui se passait au-delà de la clôture.
- 42:48Et au final,
- 42:48ils sont aussi déconnectés de la nature que nous on l'est en fait,
- 42:51alors qu'ils sont juste à côté.
- 42:53L'association dont
- 42:54Cécile parle,
- 42:56qui a pour but justement de réimmerger les populations locales et en tout cas de leur faire prendre connaissance de leur propre faune,
- 43:03on a une anecdote qui est triste.
- 43:05Une dame qui a 80 ans et qui se rend pour la première fois dans le parc et qui voit effectivement...
- 43:10rhinocéros,
- 43:11éléphant.
- 43:12Et quand tout le monde,
- 43:13de ce qu'elle en ressent,
- 43:14elle dit deux choses.
- 43:15D'abord,
- 43:16c'est formidable.
- 43:17Et la deuxième chose,
- 43:17c'est que pourquoi j'ai dû attendre l'âge de 80 ans pour voir ces choses formidables qui sont à côté de chez moi.
- 43:24C'est assez fou et c'est assez émouvant de se dire que cette déconnexion humaine de la nature,
- 43:29où qu'on soit,
- 43:30qu'on soit à
- 43:31500 mètres de ce parc ou à 5000 kilomètres,
- 43:35elle est là.
- 43:36Et on a du mal en tant qu'être humain à rester connecté avec cette nature.
- 43:40Et même quand on essaie de la préserver,
- 43:41on crée une déconnexion au final.
- 43:44Alors il y a quelqu'un qui nous a montré,
- 43:45alors ce n'est pas très récent,
- 43:46mais c'est le jeune Phyllis Jarrell Kennedy quand il était en visite au parc Yellowstone.
- 43:50Il avait une approche qui était beaucoup plus globale de la préservation de la nature et notamment des parcs.
- 43:56Il disait qu'en fait,
- 43:57on doit conserver des espaces dans un monde de plus en plus industrialisé où l'homme aura la possibilité de se ressourcer.
- 44:06Et donc on n'est pas dans une...
- 44:08protection de la nature simplement pour la protection de la nature,
- 44:10mais une protection de la nature avec un bénéfice pour l'homme.
- 44:14Et c'est parfois ce qu'on a tendance à oublier.
- 44:15On a l'impression qu'on veut sauver la nature avec ce geste de sauveur et de devoir,
- 44:21mais sans prendre connaissance qu'en fait,
- 44:24c'est un ressourcement pour l'homme.
- 44:26Et de voir qu'il l'est dit en 1967,
- 44:28en parlant d'un pays de plus en plus industrialisé et d'un homme déconnecté,
- 44:31je serais curieux de voir maintenant ce qu'il dirait de notre civilisation.
- 44:35Le but du podcast,
- 44:36c'est aussi de se rattacher à des œuvres culturelles.
- 44:37Donc là,
- 44:38je vais vous poser une question directement connectée à ça.
- 44:40C'est quand vous regardez des films,
- 44:42des séries,
- 44:42peut-être qui parlent de safari,
- 44:44de parcs nationaux,
- 44:46etc.
- 44:46Est-ce que vous voyez des stéréotypes qui vous font marrer ou vous vous dites,
- 44:49mais ils sont complètement à côté de la plaque,
- 44:50qu'est-ce qu'ils racontent ?
- 44:51Ou est-ce que vous voyez des choses plutôt assez cohérentes ?
- 44:54Est-ce que vous pouvez me partager quelques exemples de positifs et de négatifs que vous voyez dans ces films et séries par rapport à ce que vous,
- 45:00vous vivez sur le terrain ?
- 45:02Alors moi je vais parler du tourisme plutôt.
- 45:05J'essaierai Cécile parler de...
- 45:08Il te refile la patate chaude Cécile !
- 45:12Quand on organise le safari,
- 45:13les personnes nous disent,
- 45:14et notamment les guides sur place,
- 45:16c'est chouette vous travaillez dans ce qu'on appelle old style safari.
- 45:19Vous travaillez dans un safari de vieille époque,
- 45:21un peu comme Out of Africa.
- 45:23A savoir que si on cherche l'immersion,
- 45:26le luxe n'est certainement pas une piscine à débordement,
- 45:29le luxe n'est pas de l'air conditionné dans une chambre.
- 45:32Le véritable luxe pour nous,
- 45:33c'est l'espace,
- 45:35l'espace qui est autour de nous et le temps qu'on peut y consacrer.
- 45:38Donc,
- 45:38ce sont deux choses qui sont très importantes.
- 45:40Aujourd'hui,
- 45:41je pense que ça fait partie,
- 45:42en tout cas,
- 45:42ce serait bien que ça fasse partie d'un mode de tourisme qui doit être abandonné.
- 45:47Est-ce qu'on peut offrir des séjours avec des piscines à débordement dans une région où la population a des difficultés pour trouver de l'eau ?
- 45:55Est-ce qu'aujourd'hui,
- 45:57c'est normal d'apporter de l'eau par camion-citerne comme dans certains loges le font ?
- 46:02A mon avis,
- 46:02non.
- 46:02Ça n'a pas de sens.
- 46:04Est-ce que les gens sont coupables d'utiliser ces loges-là ?
- 46:07Non,
- 46:07parce qu'en fait,
- 46:07ils ne sont pas au courant.
- 46:10C'était un projet,
- 46:10on regrette qu'on n'ait pas pu le mettre en place.
- 46:14Mais quand vous achetez un frigo,
- 46:15vous savez s'il est A,
- 46:16B,
- 46:16C ou D.
- 46:18Nous,
- 46:18c'était l'idée de se dire,
- 46:19tiens,
- 46:19une réserve qui vous accueille,
- 46:20quelle est sa gestion de la nature ?
- 46:22Est-ce qu'elle est A,
- 46:23B,
- 46:23C ou D ?
- 46:24Non,
- 46:24moi je pense qu'il y a de très bons documentaires animaliers,
- 46:27je veux dire,
- 46:28il ne faut pas critiquer,
- 46:29mais c'est vrai qu'il y a certains documentaires qui aiment bien monter des images pour raconter une histoire et donner un caractère plus humain et raconter une histoire.
- 46:41Il y a un peu de l'anthropomorphisme dans certains documentaires,
- 46:45parfois même simplement,
- 46:46enfin bon,
- 46:46je veux dire,
- 46:47c'est parce qu'on a le côté biologiste qui ressort.
- 46:50où on monte un singe dans un arbre qui mange un fruit qui prend dans l'arbre,
- 46:53mais qui n'est pas du tout le fruit de l'arbre.
- 46:55C'est plus à ce genre de choses que moi je pensais...
- 46:57Certaines incohérences pour essayer de transmettre une histoire par-dessus tout,
- 47:01alors que cette histoire n'existe pas.
- 47:03Et en essayant de mettre des émotions qui sont certainement nécessaires pour le spectateur,
- 47:08mais des émotions qui n'existent pas dans le chef des animaux qui sont finis.
- 47:12Après,
- 47:12il y a évidemment une accroche qui doit être faite avec le spectateur.
- 47:16si la finalité c'est que la personne soit sensibilisée.
- 47:19à la protection de la nature,
- 47:20on peut pardonner évidemment des fautes qui sont faites.
- 47:24En tout cas,
- 47:25comme dit Cécile,
- 47:26ne pas partir sur l'anthropomorphisme et trouver des réactions qui ne sont pas nécessairement des réactions de l'animal,
- 47:32mais les réactions qu'un homme aurait s'il était à la place de l'animal.
- 47:36Une autre question par rapport à ce tourisme au final,
- 47:39c'est ces images de célébrités qui viennent chasser hors ou dans des parcs,
- 47:44je ne sais pas exactement,
- 47:45je vous laisse préciser tout ça.
- 47:46des animaux,
- 47:47des lions,
- 47:48des éléphants,
- 47:49des girafes,
- 47:50qui créent souvent beaucoup de remous sur les réseaux sociaux.
- 47:53Comment,
- 47:54vous,
- 47:54en tant que guide,
- 47:55vous vous positionnez par rapport à ça ?
- 47:56Qu'est-ce que vous vivez sur place ?
- 47:58Qu'est-ce que vous voyez ?
- 47:59Qu'est-ce que vous avez envie de partager par rapport à ces questions ?
- 48:01En sachant que,
- 48:03de notre préparation avant l'enregistrement,
- 48:06je comprends que ce sont des questions qui sont au final beaucoup plus compliquées que ce que moi je pensais initialement.
- 48:10Alors,
- 48:11le mot chasse,
- 48:12il soulève pas mal de questions.
- 48:14On va déjà remettre...
- 48:16à sa juste proportion,
- 48:18le nombre de touristes qui se déplacent en Afrique pour la chasse,
- 48:22il en existe,
- 48:23je parle de toute l'Afrique,
- 48:24je ne parle pas que de l'Afrique du Sud,
- 48:26c'est 18 000 touristes par an.
- 48:27Et si on prend le nombre de touristes qui se déplacent en Afrique du Sud pour du safari photo,
- 48:32donc pas du safari de chasse,
- 48:33c'est 9 millions.
- 48:35Donc déjà,
- 48:35même si évidemment certaines images sont choquantes quand on abat un animal,
- 48:40Ce ne sont pas les images les plus fréquentes.
- 48:41Ça reste très anecdotique.
- 48:43Les images les plus visibles,
- 48:44mais pas nécessairement les plus fréquentes en termes d'occurrence.
- 48:46C'est ça qui est important de faire comprendre.
- 48:48Maintenant,
- 48:49on a parlé de la protection de l'habitat.
- 48:52Sans être chasseur,
- 48:52je ne suis pas chasseur du tout,
- 48:53mais les 18 000 chasseurs qui viennent chaque année en Afrique vont occuper 60 %
- 49:00des territoires sauvages.
- 49:02Ça veut dire que ces territoires-là n'ont pas nécessairement un intérêt pour le touriste qui vient faire un safari photographique.
- 49:09Il faut comprendre qu'un Américain qui vient chasser un buffle et qui va mettre 25 000 $ pour tuer un buffle,
- 49:15lui,
- 49:15qu'on n'ait pas une superbe rivière,
- 49:18qu'il n'y ait pas d'autres espèces à cet endroit-là,
- 49:21somme toute,
- 49:21ça ne le dérange pas trop.
- 49:22Lui,
- 49:23ce qu'il veut,
- 49:23c'est abattre un buffle.
- 49:25Alors,
- 49:25qu'est-ce qui va se passer quand il aura abattu son buffle ?
- 49:28C'est que les 25 000 $ vont être répartis pour la conservation de la nature et pour la population locale.
- 49:36La question,
- 49:36c'est si demain,
- 49:38ces territoires ne sont pas utilisés pour la chasse,
- 49:41qu'est-ce qu'ils vont devenir ?
- 49:43S'ils sont utilisés pour l'agriculture,
- 49:45là,
- 49:46c'est clair qu'au niveau espèces sauvages,
- 49:48on aura perdu au change.
- 49:50Est-ce qu'il faut promouvoir la chasse ?
- 49:52Certainement pas.
- 49:53Mais c'est ce qu'on essaye,
- 49:54nous,
- 49:54avec le safari à pied,
- 49:56c'est de se dire...
- 49:57Toutes les surfaces,
- 49:58toutes les réserves,
- 49:59on peut y trouver quelque chose de très intéressant.
- 50:01Et donc le but,
- 50:01c'est que le touriste photo,
- 50:04le touriste safari photo,
- 50:05vienne aussi dans ces environnements-là.
- 50:08Et qu'il n'est pas que à l'idée de rencontrer le B5,
- 50:12les cinq espèces qui ont été vendues en agence de voyage.
- 50:14Je vais synthétiser un peu ton propos.
- 50:16Au final,
- 50:16ces chasseurs contribuent à un système par le fait de payer la chasse et donc permettent quand même une viabilité du système.
- 50:23Donc ils sont utiles dans le système.
- 50:25Est-ce que ce n'est pas triste à l'heure actuelle de se dire que c'est la chasse qui permet partiellement de faire en sorte que le système soit viable et qu'on puisse préserver cette nature ?
- 50:34C'est un peu paradoxal.
- 50:35Oui,
- 50:35c'est un peu paradoxal,
- 50:36mais de nouveau,
- 50:37comme Grégory le disait,
- 50:39c'est le fait d'occuper le territoire qui protège le territoire.
- 50:43Or,
- 50:44comme ces territoires-là n'ont pas forcément un bel attrait au niveau animaux,
- 50:50au niveau paysage,
- 50:52ces territoires-là ne sont pas...
- 50:53pas attirants pour le touriste normal.
- 50:56Et donc,
- 50:56il n'est pas protégé.
- 50:58Et donc,
- 50:58c'est malheureux,
- 50:59mais effectivement,
- 51:00le fait d'utiliser ces territoires-là pour de la chasse,
- 51:03même si je ne suis pas du tout chasseuse comme grec,
- 51:06le fait de faire de la chasse dans ces territoires,
- 51:08ça protège la...
- 51:11À l'heure actuelle,
- 51:12vous voyez que cette chasse vous permet de protéger des territoires qui sont hors parc et qui ne pourraient pas être protégés dans d'autres cas.
- 51:18Alors,
- 51:18il y a aussi un côté stratégique.
- 51:21Si vous avez une réserve dans laquelle vous avez des rhinocéros,
- 51:23il faut savoir que vous allez avoir une pression énorme au niveau du braconnage.
- 51:26Si cette réserve dans laquelle vous ne chassez pas,
- 51:30elle est attenante à d'autres réserves dans lesquelles,
- 51:34évidemment on ne chasse pas le rhinocéros,
- 51:35mais dans lesquelles on va chasser le buffle,
- 51:38il faut savoir que le fait d'être encerclé par ces réserves,
- 51:41vous avez une bonne ceinture contre le braconnage.
- 51:43Parce que jamais ces réserves ne vont laisser passer sur leur territoire des braconniers qui vont vouloir aller chercher une corde de rhinocéros dans votre réserve.
- 51:52C'est malheureux que le financement ne vienne pas d'ailleurs,
- 51:55mais effectivement,
- 51:56il y a un financement de la protection de la nature qui vient de la chasse.
- 51:58Donc,
- 51:58ce que vous êtes en train de dire,
- 51:59c'est qu'à l'heure actuelle,
- 52:00il faut faire avec les contraintes qu'il y a et ces contraintes intègrent la chasse.
- 52:05Le monde idéal,
- 52:06c'est un monde de protection de la nature avec suffisamment d'investissement des États dans la protection de la nature et suffisamment de ressources au niveau du tourisme pour la protection sans passer par la chasse.
- 52:17Alors maintenant,
- 52:18on va revenir un peu en Belgique.
- 52:20Après avoir parlé longtemps de ces territoires en Afrique du Sud,
- 52:23vous l'avez dit au tout début,
- 52:24tous les deux,
- 52:25vous passez un certain temps en Afrique du Sud,
- 52:27un certain temps en Belgique.
- 52:28Qu'est-ce que vous faites quand vous êtes en Belgique ?
- 52:30Qu'est-ce que vous avez rapporté de ce que vous vivez en Afrique du Sud,
- 52:34en Belgique,
- 52:35et que vous essayez de partager ?
- 52:37Alors en Belgique,
- 52:38ce que l'on fait,
- 52:39c'est qu'on fait des conférences sur justement notre vie là-bas,
- 52:44sur nos enseignements là-bas.
- 52:46Donc on a différentes conférences qui tournent,
- 52:48qui sont présentées en université,
- 52:52en école doctorale et autres.
- 52:54Et puis on organise des formations,
- 52:56mais ça j'ai plus laissé la main à Grégory puisque ça c'est plus son domaine.
- 53:00Ce qui nous est apparu en Afrique du Sud durant notre formation,
- 53:04c'est que pour pouvoir approcher un éléphant,
- 53:07un animal dangereux,
- 53:10vous devez avoir une formation qui vous permet d'avoir confiance en vous.
- 53:13et on comprend que quand on approche un éléphant,
- 53:15il n'y a pas de rapport de force possible.
- 53:17Et donc on doit travailler dans la bienveillance.
- 53:20Et puis on s'est rendu compte que cette image-là,
- 53:22elle collait bien avec un type de leadership qu'on peut proposer dans les entreprises.
- 53:28Elle fait son chemin dans des grandes entreprises,
- 53:31et elle permet de parler vidéo,
- 53:34que c'est principalement Cécile qui prend,
- 53:36ça permet de matérialiser des concepts et de visualiser des concepts de management.
- 53:41Et donc ?
- 53:41En quelque sorte,
- 53:42vous avez réimporté tout ce que vous vivez là-bas pour nourrir des leaders,
- 53:47des managers,
- 53:48des gestionnaires ici et qu'ils puissent intégrer les leçons que vous avez tirées dans cet environnement particulier à leur entreprise et essayer de changer le monde de l'entreprise vers un management plus juste et plus bienveillant.
- 54:01Oui,
- 54:01la bienveillance,
- 54:02elle est au stand.
- 54:04Alors,
- 54:05c'est clair que c'est une bienveillance qui n'est pas,
- 54:07comme on le dit,
- 54:07c'est pas une bienveillance bisounours où tout est possible.
- 54:10La bienveillance sans complaisance.
- 54:12La bienveillance,
- 54:12comme tu dis,
- 54:13la bienveillance sans complaisance.
- 54:14On va la différencier de la gentillesse.
- 54:17Mais oui,
- 54:18si on travaille ça au cœur des entreprises,
- 54:20avec les lois de la savane,
- 54:22on voit directement les fruits qu'elles portent.
- 54:24Alors,
- 54:24on arrive tout doucement à la fin de cet épisode.
- 54:26Et je vous ai prévenu,
- 54:28comme c'est votre premier épisode dans les podcasts,
- 54:29je n'ai pas été injuste avec vous.
- 54:32Généralement,
- 54:33quand les gens viennent une deuxième fois,
- 54:34je ne leur rappelle pas.
- 54:35Et donc,
- 54:35ils sont là.
- 54:36Non,
- 54:36c'est la citation.
- 54:38et donc
- 54:38Chaque épisode se clôture par une phrase.
- 54:41Ça peut être un motto,
- 54:43ça peut être une citation d'une personne célèbre,
- 54:46ça peut être un mantra que vous répétez chaque jour,
- 54:49mais qui vient un petit peu synthétiser tout ce qu'on a dit.
- 54:51Et je vous laisse partager sept ou sept phrases.
- 54:54Je ne sais pas ce que vous avez encore choisi.
- 54:57Alors,
- 54:58moi,
- 54:58j'ai simplement synthétisé,
- 55:00puisqu'on est guide en Afrique du Sud.
- 55:04Guide nature,
- 55:05la nature est un guide.
- 55:07Merci.
- 55:08Et toi,
- 55:08Greg ?
- 55:10Alors,
- 55:10on est dans un monde où on est bombardé d'informations.
- 55:16Et par rapport à ça,
- 55:17c'est une citation d'Albert Einstein qui nous dit que la connaissance vient de l'expérience et pas de l'information.
- 55:24Super,
- 55:25merci beaucoup.
- 55:26Je suis certain qu'on va se revoir pour d'autres choses,
- 55:28peut-être des podcasts,
- 55:29peut-être des formations,
- 55:30peut-être des conférences.
- 55:31Je ne sais pas encore.
- 55:32Mais j'ai beaucoup aimé cet échange.
- 55:34Merci beaucoup d'avoir partagé tout ça.
- 55:37Et chers auditeurs,
- 55:38chères auditrices,
- 55:39j'espère que tu as apprécié aussi la qualité de ces échanges.
- 55:43On se retrouve très,
- 55:44très vite pour le prochain épisode de Science,
- 55:46Art et Curiosité.
- 55:47Cécile,
- 55:47je te dis à très bientôt.
- 55:48Oui,
- 55:48merci beaucoup pour l'invitation et à très bientôt.
- 55:51Greg,
- 55:51même chose,
- 55:52à très bientôt.
- 55:52Oui,
- 55:53merci pour le partage.
- 55:54Merci.
- 55:54Et chers auditeurs,
- 55:55chères auditrices,
- 55:56on se retrouve dans deux semaines pour le prochain épisode de Science,
- 55:59Art et Curiosité.
- 56:00Très,
- 56:00très belle journée à vous tous.
- 56:05Tu viens d'écouter un épisode du podcast du MUMONS.
- 56:08Et franchement,
- 56:09j'espère qu'il t'a plu.
- 56:10D'ailleurs,
- 56:11si en passant,
- 56:12tu veux me faire un retour,
- 56:13ou si tu as des idées d'amélioration,
- 56:15surtout n'hésite pas à nous contacter.
- 56:17Tu peux aussi devenir notre ambassadeur et faire découvrir ce podcast tout autour de toi.
- 56:23Si tu as des idées de sujets,
- 56:24ou si tu souhaites enregistrer un épisode,
- 56:26surtout n'hésite pas à nous contacter.
- 56:28Rendez-vous sur le site internet mumons.be ou sur la page Facebook du MUMONS.