Latest / SAFE PACE - Le podcast des sports d'endurance, présenté par Hugo Clément / HARCÈLEMENT, AGRESSIONS : LES COUREUSES DISENT STOP ! Avec Lucile Woodward et Ariane Brodier
Transcript
- 0:06safe pace le podcast des sports d'endurance présenté par hugo clem hésiter à aller courir seul parce qu'il fait nuit et que ça peut être dangereux ne pas vouloir mettre de leggings ou de brassières un peu trop moulante en se disant que c'est risqué se prendre des remarques déplacées par des passants ou d'autres coureurs tout ça
- 0:25malheureusement c'est le quotidien de nombreuses femmes qui pratiquent la course à pied.
- 0:29Alors que ressentent vraiment nos compagnes,
- 0:31nos amis,
- 0:31nos soeurs,
- 0:32nos mères lorsqu'elles partent courir ?
- 0:33Que peut-on mettre en place pour améliorer leur sécurité,
- 0:36pour faire reculer le sexisme et rendre la pratique sportive plus sereine ?
- 0:40Ce sujet est très important,
- 0:41on en parle dans cet épisode de Safe Pace.
- 0:43C'est parti !
- 0:44Je voudrais commencer par remercier notre partenaire
- 0:49Oka qui rend possible cet épisode de Safe Pace.
- 0:51Oka,
- 0:51ce n'est pas seulement une marque de running,
- 0:53ce n'est pas seulement le partenaire majeur du semi-marathon de Paris,
- 0:56où nous nous trouvons pour enregistrer cet épisode.
- 0:58Oka,
- 0:58c'est aussi une entreprise engagée,
- 1:00notamment sur la question des violences faites aux femmes,
- 1:02puisque la marque vient d'annoncer un partenariat avec l'association Cinequanon,
- 1:06qui se bat contre le harcèlement de rue et les violences sexistes.
- 1:10On va en parler longuement,
- 1:11mais c'est grâce au soutien de Oka qu'on peut faire cet épisode aujourd'hui,
- 1:14alors merci à eux.
- 1:17Et on retrouve,
- 1:18comme chaque semaine,
- 1:19nos experts de Safe Pace,
- 1:21Charlotte Morel,
- 1:21Fred Belot,
- 1:22Brugo Tormento,
- 1:22ça va les amis ?
- 1:23Pleine forme.
- 1:24Vous êtes en forme,
- 1:25prêts pour le Semi de Paris ?
- 1:26La patate.
- 1:26C'est demain,
- 1:27on enregistre la veille du Semi,
- 1:28demain c'est le Semi,
- 1:29on le court tous,
- 1:30on nous souhaite le meilleur.
- 1:31Et on est ravis d'accueillir nos deux invités du jour,
- 1:34Ariane Brodier,
- 1:35bienvenue dans Safe Pace !
- 1:36Eh bien merci de m'accueillir.
- 1:37Avec grand plaisir,
- 1:38on est très heureux que tu sois là,
- 1:39tu es animatrice,
- 1:40humoriste.
- 1:41Comédienne également,
- 1:43mais tu es aussi coureuse,
- 1:44amatrice,
- 1:44passionnée,
- 1:46maman de deux enfants.
- 1:47Et tu as notamment participé au marathon pour tous des JO de Paris.
- 1:50Oui,
- 1:50j'ai eu cette chance.
- 1:51Avec une belle perf quand même de 3h53 et 38 secondes.
- 1:54Ouais,
- 1:54premier marathon.
- 1:55Premier marathon,
- 1:56franchement,
- 1:56bravo.
- 1:57Ça pique,
- 1:57après t'as envie d'y retourner quoi.
- 1:59Et tu vas pouvoir nous partager ton expérience de sportive Et aussi,
- 2:03et c'est pour ça qu'on t'invite aujourd'hui
- 2:05De victimes de violences sexistes,
- 2:08de harcèlement Comme malheureusement la plupart des femmes qui courent Tu as déjà vécu ces situations-là,
- 2:12tu vas pouvoir nous en parler
- 2:13Et tu es actuellement,
- 2:14je le précise,
- 2:15en tournée dans toute la France
- 2:16Avec ton spectacle qui s'appelle Bonne
- 2:20Bonne, il est horrible,
- 2:21on est d'accord Où tu reviens notamment sur ton addiction au sport Et sur l'agression
- 2:27que tu as subi récemment et dont on va parler.
- 2:29Et tu fais tout ça sans avoir vu mon spectacle et ça,
- 2:31c'est bien que c'est possible.
- 2:33Ça veut dire que j'ai bien préparé.
- 2:34En tout cas,
- 2:34on va parler de tout ça.
- 2:35Merci Ariane d'être avec nous.
- 2:36On accueille aussi Lucie Woodward.
- 2:38Salut Lucie.
- 2:38Bonjour.
- 2:39Bienvenue dans Safe Pace.
- 2:40Tu as 44 ans,
- 2:41deux enfants,
- 2:42tu es coach sportif depuis plus de 20 ans et tu es ambassadrice de l'association Cinequanon,
- 2:47dont j'ai parlé en intro,
- 2:48qui promeut l'égalité dans la pratique sportive.
- 2:51une asso soutenue par Oka,
- 2:53qui organise beaucoup d'événements pour permettre aux femmes de se réapproprier l'espace public.
- 2:57Évidemment,
- 2:57on va en parler également.
- 2:59Pour lancer cet épisode,
- 3:00on s'est dit qu'on allait profiter de la présence de trois athlètes,
- 3:03de trois femmes qui ont des âges,
- 3:05des lieux de vie différents et des pratiques différentes sur ce plateau,
- 3:07Ariane,
- 3:08Lucille et Charlotte.
- 3:09Pour faire un petit test très simple,
- 3:11je vous ai mis des ardoises devant chacune d'entre vous,
- 3:14avec oui d'un côté et non de l'autre.
- 3:16Je vais vous poser des questions et vous allez pouvoir répondre par oui ou par non.
- 3:20savoir si vous êtes concerné.
- 3:22Est-ce que vous avez déjà été agressé ou harcelé pendant un footing ?
- 3:26Oui pour Ariane,
- 3:27oui pour Lucille.
- 3:29Agressé,
- 3:30j'irais pas...
- 3:32Ou harcelé.
- 3:33Remarque.
- 3:34Tu cours dans des conditions...
- 3:39Pas des grosses agressions.
- 3:41Tu peux mettre non.
- 3:43Heureusement qu'il y en a quand même qui disent non.
- 3:46Oui pour Lucille et Ariane.
- 3:49Ça vous est arrivé dans quel contexte,
- 3:51Lucille ?
- 3:53Plein de petites fois,
- 3:55des klaxons,
- 3:56une voiture qui s'arrête,
- 3:58où tu te sens un peu comme une proie.
- 4:00Des remarques aussi hyper désagréables.
- 4:02T'en parlais juste avant dans l'émission,
- 4:04t'es en entraînement dans un groupe,
- 4:06tu connais pas forcément les gens,
- 4:08t'es en montée et là t'as deux gars qui se disent « Ah,
- 4:11on a une belle vue ! »
- 4:12Ce genre de trucs,
- 4:13c'est...
- 4:15Ça c'est fréquent.
- 4:15J'ai vécu plein.
- 4:16Très fréquent.
- 4:17Très fréquent.
- 4:18Ariane ?
- 4:18Oui,
- 4:19pareil,
- 4:19la même.
- 4:20Je me rappelle d'une histoire...
- 4:22j'étais dans le désert du Sahara.
- 4:25Pourtant,
- 4:25ce n'est pas le lieu où il y a le plus de personnes qui sont susceptibles de t'agresser.
- 4:29Avec un leggings,
- 4:30un camel bag,
- 4:31vous imaginez comment on peut être en train de courir dans le Sahara.
- 4:34Et on s'est fait siffler avec ma binôme et on s'est dit,
- 4:36ben non,
- 4:37ce n'est pas le lieu.
- 4:39Donnez-nous de l'eau plutôt,
- 4:40on a soif.
- 4:41Voilà,
- 4:41donc non,
- 4:42ça arrive.
- 4:44Toi,
- 4:44Charlotte,
- 4:44du coup,
- 4:45comme tu t'es beaucoup entraînée dans des structures plus pro,
- 4:47peut-être que...
- 4:49Des groupes aussi,
- 4:50avec des gars d'ailleurs.
- 4:52C'est vrai que j'ai pas eu ce sentiment de m'être fait agresser,
- 4:56harceler.
- 4:56Après oui,
- 4:57se faire siffler,
- 4:58se faire klaxonner,
- 5:00ça m'est déjà arrivé,
- 5:00oui.
- 5:01Donc c'est peut-être une question de perception.
- 5:02Peut-être que toi tu le perçois pas comme quelque chose d'agressif,
- 5:07alors que beaucoup de femmes vont le percevoir comme ça et on peut les comprendre,
- 5:10évidemment.
- 5:10Je suis focus sur mon temps,
- 5:12moi.
- 5:12Voilà,
- 5:13tu regardes ta montre,
- 5:14tu penses que c'est des gens qui t'encouragent.
- 5:16C'est super.
- 5:18Deuxième question,
- 5:19est-ce que vous avez déjà été gênée par une réflexion,
- 5:21un commentaire ou un comportement de la part d'un coureur que vous connaissez ?
- 5:27Moi,
- 5:27perso,
- 5:28je ne l'ai pas vécu,
- 5:29mais j'ai vu des commentaires sur quelqu'un à côté de moi.
- 5:35En plus,
- 5:35ça m'a touchée.
- 5:36Pour le coup,
- 5:36c'était quand même un peu du harcèlement.
- 5:38C'était quoi ?
- 5:39Tu peux nous raconter ?
- 5:40Parce qu'Ariane et Lucie l'ont dit non.
- 5:42Des commentaires un peu insistants,
- 5:47méchants presque,
- 5:49lourds.
- 5:49Sur le physique de la femme ?
- 5:51Sur le physique,
- 5:52oui.
- 5:53Je ne vais pas citer de nom,
- 5:55mais c'est vrai que c'était tous les jours.
- 5:57On s'entraînait dans une structure pro.
- 5:59Au sein du groupe,
- 6:01un gars,
- 6:02presque c'était de l'acharnement sur elle.
- 6:04Toujours des critiques.
- 6:06Et franchement,
- 6:07elle,
- 6:07ça l'a touchée en plus.
- 6:08Moi,
- 6:08je ne l'ai pas vécue,
- 6:09mais vu de l'extérieur...
- 6:10Elle n'a pas été victime,
- 6:11mais elle était témoin.
- 6:12Exactement.
- 6:13Est-ce que vous avez déjà adapté votre tenue ou votre itinéraire pour éviter une situation à risque pendant une sortie running ?
- 6:21Non pour Ariane,
- 6:22oui pour Lucille,
- 6:23oui pour Charlotte.
- 6:24Lucille,
- 6:25dans quelles circonstances ça t'est arrivé ?
- 6:27Plein de circonstances.
- 6:29Moi,
- 6:29je cours majoritairement seule,
- 6:31que ce soit dans la rue,
- 6:32en forêt.
- 6:34Et très souvent je dois adapter ma tenue,
- 6:38par exemple si je vais dans un centre-ville d'une ville que je ne connais pas forcément,
- 6:41je ne vais pas forcément me mettre en brassière.
- 6:44Peut-être qu'à la fin j'ai vraiment hyper chaud et que je sens que c'est ok,
- 6:47j'enlève mon t-shirt par exemple pour être plus confortable.
- 6:50Mais oui,
- 6:51vraiment l'adaptation de la tenue énorme et aussi l'adaptation de l'itinéraire en fonction de l'horaire,
- 6:56de la perception.
- 6:58Donc il y a des zones où tu te dis,
- 6:59je n'y vais pas parce qu'il fait un peu sombre,
- 7:01c'est craignos.
- 7:03Oui.
- 7:03Voilà,
- 7:03parce que j'ai peut-être pas forcément senti.
- 7:05C'est vrai que parfois,
- 7:05moi,
- 7:06je suis en déplacement,
- 7:06je vais aller courir pour me défouler et tout.
- 7:08Et en fonction de la perception,
- 7:10de comment je sens le truc,
- 7:11de ce qu'on m'a dit aussi peut-être,
- 7:13si je me suis renseignée,
- 7:15je vais adapter mon itinéraire,
- 7:16ouais.
- 7:16Charlotte,
- 7:17t'as répondu oui aussi.
- 7:18Un petit peu comme Lucie,
- 7:21au final,
- 7:22c'est plus une adaptation de la tenue,
- 7:23quoi.
- 7:23Donc,
- 7:25partir en brassière dans une ville qu'on connaît pas,
- 7:27c'est quelque chose que je fais plus,
- 7:28que j'ai fait peut-être plus jeune,
- 7:30parce que j'étais un peu inconsciente.
- 7:31Mais tu te dis quoi ?
- 7:32Bah oui,
- 7:34du coup,
- 7:34ça revient un petit peu à la question à laquelle j'ai répondu non au départ.
- 7:37Mais tu provoques un peu les sifflements,
- 7:40les klaxons,
- 7:40les remarques.
- 7:41Et en fait,
- 7:42quand t'as juste envie pas d'entendre ça,
- 7:44tu mets un t-shirt comme ça.
- 7:45Alors là,
- 7:45on touche au cœur de la problématique,
- 7:47puisque tu utilises le mot provoquer,
- 7:50comme si les femmes étaient responsables du comportement des hommes et que le fait de mettre une tenue moulante,
- 7:56ça a quelque part,
- 7:56ça a justifié ou ça a expliqué le comportement que certains mecs peuvent avoir.
- 8:02Ariane,
- 8:02tu voulais réagir là-dessus ?
- 8:04Oui,
- 8:04parce qu'un homme qui court torse nu,
- 8:06et on en voit plein l'été,
- 8:08ça n'a jamais fait réagir personne et je présume que les garçons jamais vous aient dit « Ah non,
- 8:11je peux pas,
- 8:12faut que je mette un t-shirt,
- 8:13non ça n'arrive pas » ,
- 8:14donc c'est quand même vraiment dommage.
- 8:15Surtout Hugo Tormento,
- 8:15il adore se mettre torse nu.
- 8:17« Pourquoi tu fais du swimrun ? »
- 8:19Ouais,
- 8:19tu vois.
- 8:21« Il fait 3 degrés,
- 8:22il se met torse nu. »
- 8:27« Je me suis fait siffler deux,
- 8:27trois fois. »
- 8:28Ça,
- 8:28ça avait passé par-dessus,
- 8:29mais je me suis plus fait rattraper une fois où je me suis pris...
- 8:33Je me suis fait incendier complètement parce que c'était une attente à la puberté.
- 8:37À la pudeur.
- 8:38Pardon,
- 8:38à la pudeur.
- 8:39Je sais pas trop ce que c'est.
- 8:41On est fatigué.
- 8:42Et donc du coup,
- 8:42maintenant,
- 8:43je me pose vraiment la question de est-ce qu'on a le droit ou pas le droit de le faire ?
- 8:47Alors,
- 8:47je crois qu'on n'a pas le droit en théorie.
- 8:49Il me semble que,
- 8:51en théorie...
- 8:51t'es pas censé être torse nu dans un espace public.
- 8:54Je parle sous le contrôle des auditeurs qui vérifieront et qui nous diront en commentaire si on a raison ou pas,
- 8:59mais il me semble qu'en théorie tu peux te prendre une amende si tu te mets torse nu pour courir en ville,
- 9:03je crois.
- 9:04Vous nous direz,
- 9:04chers auditeurs.
- 9:06Ariane,
- 9:06pardon,
- 9:06on t'a coupé.
- 9:07J'ai répondu non,
- 9:08mais c'est un oui et non,
- 9:09parce que toute ma vie,
- 9:10je cours le matin,
- 9:12à 5h du matin,
- 9:13je réfléchis pas,
- 9:14je vais dehors,
- 9:14je vais beaucoup dans la nature,
- 9:18etc.
- 9:19Et...
- 9:19Et malheureusement,
- 9:20je me suis fait agresser cette année.
- 9:21Et maintenant,
- 9:22je réfléchis complètement différemment.
- 9:24Je ne cours plus autour de chez moi parce que je me suis fait agresser autour de chez moi.
- 9:28Quand il fait nuit,
- 9:29j'y vais vraiment tranquillement.
- 9:32Je mets la musique en extérieur parce que si jamais il y a des animaux,
- 9:35je veux qu'ils m'entendent.
- 9:37Effectivement,
- 9:38toute ma vie,
- 9:38je n'ai jamais réfléchi.
- 9:39Je cours depuis que j'ai 13 ans.
- 9:41Mais aujourd'hui,
- 9:42à 47 ans,
- 9:43je fais différemment.
- 9:44Lucille,
- 9:45sur ce que dit Charlotte,
- 9:47de ne pas oser mettre une brassière pour pas...
- 9:49je cite,
- 9:49provoquée.
- 9:51Qu'est-ce que ça t'évoque,
- 9:53ce positionnement ?
- 9:54En fait,
- 9:55c'est exactement ce qu'on constate avec l'association Cinequanon.
- 9:58On est partout en France,
- 10:00dans les quartiers de régions parisiennes,
- 10:02plein de villes,
- 10:03mais aussi au Luxembourg,
- 10:04en Suisse.
- 10:05On organise des squads,
- 10:06des groupes de femmes et aussi d'hommes,
- 10:09on est mixte,
- 10:09pour courir à la tombée de la nuit.
- 10:13Et en fait,
- 10:13c'est exactement la perception des gens.
- 10:16c'est...
- 10:17C'est souvent une peur qu'on pense.
- 10:20Ce n'est pas forcément que quand on va courir,
- 10:23ça va mal se passer.
- 10:25La plupart des runs,
- 10:26enfin bien sûr Ariane,
- 10:28tu as été agressée,
- 10:29on va t'écouter.
- 10:29On va en parler,
- 10:30bien sûr.
- 10:30Il faut qu'on en parle,
- 10:31mais la plupart des runs se passent très très bien.
- 10:34Il n'y a pas d'agression,
- 10:37on est libre,
- 10:38on peut très bien courir où on veut,
- 10:40habillé quand on veut,
- 10:41alors qu'on veut,
- 10:42la immense majorité des cas.
- 10:43Mais en fait,
- 10:44il y a cette peur,
- 10:45ce récit commun aussi.
- 10:46que les femmes et les pères et les maris et les conjoints et les frères ont,
- 10:51en se disant
- 10:52« tu parcours toute seule,
- 10:53mets bien ton Strava pour que le beacon me dise où tu es » .
- 10:56Il y a cette perception d'être une proie et donc cette impression que quand on est une femme et qu'on court en légume,
- 11:04en brassière,
- 11:05on va provoquer l'agression,
- 11:07on va encourager les réflexions,
- 11:09les remarques,
- 11:10les sifflements,
- 11:11les coups de klaxon.
- 11:12Donc c'est un peu une impression,
- 11:13alors que la majorité des cas,
- 11:15ça se passe très bien.
- 11:16Et qu'évidemment,
- 11:18le problème,
- 11:19c'est pas que les femmes mettent des habits adaptés à leur pratique sportive,
- 11:23qui coïncident,
- 11:23le problème c'est que certains mecs,
- 11:26ils voient un encouragement à harceler ou à agresser.
- 11:31C'est dans ce sens-là le problème.
- 11:32Alors oui,
- 11:33mais en même temps,
- 11:34on peut très bien être agressé en étant habillé...
- 11:38sans aucun apparat,
- 11:40sans avoir une tenue moulante.
- 11:41On peut se faire siffler aussi quand on est en jogging pourri.
- 11:44Ce n'est pas forcément la tenue,
- 11:46finalement,
- 11:48qui provoque ce genre de réflexion.
- 11:51C'est plus le fait d'être remarqué et qui est désagréable et qui nous fait toujours nous ressentir comme une proie potentielle.
- 11:58Alors que finalement,
- 11:59quand on fait les squads et qu'on traverse les quartiers,
- 12:03mais que ce soit des quartiers chics ou très populaires,
- 12:07il y a de tout.
- 12:07tout.
- 12:08Quand parfois on se fait comme ça siffler,
- 12:10applaudir,
- 12:11remarquer « Ah les filles,
- 12:12bravo ! »
- 12:13On va voir les gens,
- 12:14on leur parle.
- 12:15Nous,
- 12:16on est une association,
- 12:16on fait exprès d'être là,
- 12:19d'occuper l'espace pour vous montrer que c'est normal et que justement,
- 12:24vous ne nous remarquez pas.
- 12:26Et donc souvent,
- 12:27les personnes disent « Ah mais non,
- 12:27mais moi vraiment,
- 12:28j'étais là,
- 12:28mais c'était gentil,
- 12:30j'applaudis parce que vraiment,
- 12:31je suis admiratif. »
- 12:33Ou « Non,
- 12:33mais on vous aime bien les filles,
- 12:34il n'y a pas de problème. »
- 12:35Et en fait,
- 12:36Il y a aussi cette dimension,
- 12:38en fait,
- 12:38cette incompréhension,
- 12:39je pense,
- 12:39entre les parties.
- 12:40C'est-à-dire que nous,
- 12:41une femme en cours,
- 12:42on a surtout envie d'être pas remarquée,
- 12:44d'être normalisée et d'être juste ignorée,
- 12:47d'être libre.
- 12:48Et les personnes qui vont nous encourager,
- 12:50faire ces applaudissements,
- 12:51ces sifflements,
- 12:52des coups de klaxon,
- 12:53eux,
- 12:53ne pensent pas mal faire.
- 12:55Donc,
- 12:55en fait,
- 12:55il y a vraiment une cesse de communication à refaire,
- 12:58une pédagogie entière,
- 12:59un récit nouveau à raconter.
- 13:02Parce que nous,
- 13:03on ne veut pas être dans la provocation quand on est habillé comme on veut.
- 13:07Et les personnes qui nous remarquent ne veulent pas être dans l'agression.
- 13:10Donc en fait,
- 13:11il faut changer le débat et le dialogue.
- 13:15Dernière question,
- 13:17avec les petites ardoises.
- 13:18Est-ce que vous avez déjà écourté un entraînement à cause d'un sentiment d'insécurité ?
- 13:24C'est à dire rentrer plus vite parce que quelqu'un vous suit ou...
- 13:27Ariane oui,
- 13:29Lucille non,
- 13:29Charlotte oui.
- 13:30Ariane,
- 13:31est-ce que tu peux nous raconter ?
- 13:35Oui,
- 13:35moi c'est...
- 13:36alors c'était pas un homme,
- 13:37c'était un chien,
- 13:38je me suis fait mordre donc effectivement ça a stoppé mon run direct.
- 13:41Alors ça c'était récemment ?
- 13:43C'était récemment.
- 13:44Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 13:45Bah je faisais un...
- 13:46j'étais en trail et je me suis fait mordre par un chien.
- 13:50Un chien qui m'a chargé,
- 13:52qui était avec une longe,
- 13:53mais avec pas de mètre au bout.
- 13:54Et vraiment,
- 13:55il m'a chargé.
- 13:56Donc,
- 13:56il m'a mordu à la main.
- 13:58Il t'a sauté dessus alors que tu n'étais pas de 5 mois ?
- 14:00Ouais,
- 14:01vraiment,
- 14:01il m'a sauté dessus.
- 14:02C'était un monotrace,
- 14:03donc je n'avais pas d'autre solution que d'attendre.
- 14:07J'ai stoppé.
- 14:09Il m'a déjà mordu à la main.
- 14:11Je connais très bien des chiens,
- 14:12j'ai eu beaucoup de chiens.
- 14:12Donc,
- 14:13j'ai essayé de le rassurer.
- 14:14Oh,
- 14:14le toutou,
- 14:15il est mignon,
- 14:15etc.
- 14:16Parce qu'il a fait du mordant,
- 14:17mais il a...
- 14:17pas arraché la main.
- 14:18Déjà,
- 14:19ça pissait le sang.
- 14:20C'était l'hiver,
- 14:20j'avais un gant,
- 14:20heureusement.
- 14:23Et du coup,
- 14:23je lui ai donné des petits coups sur le museau pour qu'il lâche ma main.
- 14:28Et puis après,
- 14:29il m'a mordu au mollet.
- 14:31Et là,
- 14:31pareil,
- 14:32j'ai essayé de me libérer parce que c'était une meute de chiens.
- 14:35Ils étaient trois.
- 14:36Il y avait un autre chien,
- 14:36un pite à mes pieds,
- 14:37un troisième chien.
- 14:38Et du coup,
- 14:39j'ai essayé d'être le plus calme possible pour pas que...
- 14:42Que les autres possibles te sautent vers toi.
- 14:43Sinon,
- 14:43tu vois,
- 14:44je voulais pas être un danger potentiel.
- 14:47Et voilà,
- 14:48donc oui,
- 14:49j'ai dû écourter à cause de ça.
- 14:50T'as eu quoi comme blessure ?
- 14:53T'as eu des coups de suture ?
- 14:55Une suture à la main,
- 14:55normalement.
- 14:56Maintenant,
- 14:56sur les chiens,
- 14:57on ne suture plus du tout parce que c'est plein de bactéries.
- 15:00Au contraire,
- 15:00il faut mieux laisser la proie béante.
- 15:03Et quelle cicatrice ?
- 15:04Est-ce que j'ai eu une mollet ou on m'a mis un drain,
- 15:09etc.
- 15:09pour enlever l'infection ?
- 15:13Mais sur la main,
- 15:13c'était trop ouvert.
- 15:14Ils ont été obligés de recoudre un petit peu.
- 15:17J'ai eu des soins tous les jours,
- 15:19mais je n'avais jamais eu peur des chiens.
- 15:21Toujours quand on court,
- 15:22on est tous d'accord,
- 15:23on croise un chien,
- 15:24tu fais un petit peu attention.
- 15:26Moi,
- 15:27comme je cours beaucoup de nuit,
- 15:27j'ai plus peur des sangliers.
- 15:29Je n'ai jamais eu peur d'un chien,
- 15:31j'avais peur des sangliers parce que j'ai cette histoire de gens qui se font charger par les sangliers.
- 15:35Mais là,
- 15:35c'est vrai que maintenant,
- 15:36à chaque fois que je cours,
- 15:38quand je croise un chien,
- 15:39je ne suis pas sereine,
- 15:40je m'arrête.
- 15:41Tu vois,
- 15:41j'arrête ma montre,
- 15:42je m'arrête parce que je ne sais pas quel comportement avoir,
- 15:46si ça va l'exciter que je cours ou si,
- 15:49tu vois,
- 15:50c'est quelque chose qui me fait peur.
- 15:51Et quelques jours après cette attaque de chien que tu as subie,
- 15:55tu as aussi été agressée par un homme cette fois-ci.
- 15:56On va en reparler dans quelques instants.
- 15:59Oui,
- 15:59deux ou trois jours,
- 16:00mais ce n'est pas le chien qui a été le plus inhumain.
- 16:03On va en parler.
- 16:04Charlotte,
- 16:04t'as dit oui aussi sur le fait d'avoir déjà écourté un entraînement à cause d'un sentiment d'insécurité.
- 16:09Alors,
- 16:09j'ai dit oui parce que ça m'est arrivé une seule fois dans ma vie.
- 16:12Donc,
- 16:12c'est très peu finalement,
- 16:13surtout sur tous les nombres de runs que j'ai déjà fait.
- 16:15Mais ça m'est déjà arrivé et c'était un autre contexte.
- 16:18C'était en forêt,
- 16:19en région parisienne autour de Poissy et où j'ai eu vraiment ce sentiment d'être suivie par quelqu'un.
- 16:26d'avoir cette sensation de présence qui est insupportable.
- 16:31Et du coup,
- 16:31oui,
- 16:31j'ai écourté mon chemin,
- 16:32j'ai tracé au plus court et j'ai repris le chemin de la maison.
- 16:37C'était évidemment un mec qui te suivait.
- 16:38Oui,
- 16:39mais un peu bizarre.
- 16:40En courant.
- 16:42En courant,
- 16:42oui.
- 16:43Pour te suivre,
- 16:43il faut être enfin quand même...
- 16:45Oui.
- 16:46Ah,
- 16:46lui,
- 16:46il était en vélo.
- 16:47Ah,
- 16:47il était en vélo.
- 16:47Oui,
- 16:49c'est ça,
- 16:49parce que sinon,
- 16:50l'histoire n'était pas calide.
- 16:51Oui,
- 16:51c'est ça.
- 16:51Personne ne peut suivre Charlotte en courant.
- 16:55J'avais cette sensation.
- 16:57Je voyais bien qu'il y avait quelqu'un qui me suivait.
- 16:58Je me suis mis à accélérer,
- 16:59accélérer.
- 17:00Et puis,
- 17:00à un moment donné,
- 17:01j'étais presque au taquet.
- 17:02Vraiment,
- 17:02j'avais le cœur qui inquiétait.
- 17:03Le gars,
- 17:04il ne décollait pas.
- 17:05Oui,
- 17:05non.
- 17:06Mais je pense que c'est...
- 17:07Je ne sais pas.
- 17:08Après,
- 17:08quand j'ai quitté la forêt...
- 17:09Ça,
- 17:09malheureusement,
- 17:10je crois que c'est une expérience que beaucoup de femmes ont vécue,
- 17:13de se faire suivre.
- 17:14C'était qu'une seule fois dans ma vie,
- 17:15mais je m'en rappelle bien,
- 17:15en tout cas.
- 17:16Par des hommes à pied,
- 17:17en voiture,
- 17:18en vélo,
- 17:19qui n'échangent pas forcément de parole,
- 17:21d'ailleurs,
- 17:21mais qui sont là,
- 17:22qui suivent.
- 17:23Et puis,
- 17:23il y a beaucoup d'histoires autour des reneuses,
- 17:25etc.
- 17:26Vraiment,
- 17:26ça...
- 17:26Il y a des faits divers qui sont en actualité sur des reneuses qui se font enlever.
- 17:31La peur commune.
- 17:32Moi,
- 17:32effectivement,
- 17:32tu parlais du nombre de femmes qui a peur.
- 17:34Moi,
- 17:35c'est tous les jours quand je cours et que je poste.
- 17:37Je cours,
- 17:37enfin.
- 17:39On me dit,
- 17:39mais t'as pas peur de courir toute seule ?
- 17:41Mais tu vas toute seule en campagne ?
- 17:43Mais il fait nuit ?
- 17:45Et c'est un sentiment que j'avais pas.
- 17:46Et plus ça va,
- 17:47et plus les femmes l'ont aussi.
- 17:48En tout cas,
- 17:48c'est les questions qu'on me pose.
- 17:49Lucille ?
- 17:50Moi,
- 17:50je pense qu'il faut faire...
- 17:51Très attention,
- 17:52il faut bien sûr écouter et prendre conscience de la réalité des faits,
- 17:55comme nous dit Ariane.
- 17:57Mais je pense qu'il faut aussi éviter le récit petit chaperon rouge où tu vas dans la forêt et tu te fais forcément agresser.
- 18:02Parce que finalement,
- 18:04quand même,
- 18:04l'immense majorité des runs...
- 18:07Mais ça se passe bien,
- 18:07je n'ai jamais eu peur de runs.
- 18:09Et 90%
- 18:10des agressions...
- 18:12Je ne sais pas combien de runs.
- 18:13Oui voilà c'est ça,
- 18:1490%
- 18:16des agressions ou des problèmes d'agression sexuelle chez les femmes se font au sein du foyer par des personnes qu'elles connaissent.
- 18:24déjà,
- 18:24donc c'est quand même ultra,
- 18:26ultra rare,
- 18:27ce genre d'agression.
- 18:28Il y a une perception et il y a un récit aussi à changer qui va venir justement du fait de faire ce genre de podcast,
- 18:35de parler et de pratiquer parce que plus on sera nombreuses en tant que femmes à courir dehors,
- 18:43la nuit ou le jour,
- 18:44en ville,
- 18:44en forêt,
- 18:45en campagne,
- 18:46plus ce sera normalisé et plus on se verra entre nous et plus on sera rassurés et moins ce sera perçu comme dangereux.
- 18:53Il y a justement de plus en plus de femmes qui courent et c'est très bien.
- 18:56Les garçons,
- 18:57si je vous avais posé,
- 18:58Fred et Hugo,
- 18:58les mêmes questions qu'Aufy,
- 19:00est-ce que vous auriez répondu la même chose ?
- 19:02Est-ce que oui,
- 19:03vous avez déjà été harcelé pendant que vous courez ?
- 19:05Est-ce que oui,
- 19:05vous avez déjà écourté un run à cause d'un sentiment d'insécurité ?
- 19:10Fred ?
- 19:10Non,
- 19:11c'est sûr que je pense que chez les mecs,
- 19:12il y a beaucoup moins de cas.
- 19:16Ça ne s'est jamais arrivé.
- 19:17Ou si ça arrivait,
- 19:18il n'y a pas le même discours déjà,
- 19:20comme tu disais,
- 19:21qui est...
- 19:22qui est inscrit dans l'inconscient.
- 19:24Donc,
- 19:24même s'il y a quelqu'un qui va commencer à me suivre,
- 19:27au lieu de se dire mince,
- 19:30il y a peut être quelqu'un qui me veut du mal.
- 19:31Tu vas te dire putain,
- 19:32il faut que je le fume.
- 19:36Donc voilà,
- 19:37c'est sûr que dans l'inconscient,
- 19:39il n'y a pas cette cette épée de Damoclès.
- 19:41Et puis,
- 19:42le mec,
- 19:44le mec est un psychopathe.
- 19:46N'allez jamais vous en prendre avec Fred Veloz.
- 19:48Oh,
- 19:48tu vas voir.
- 19:50Tu nous joues à ça,
- 19:51je suis en santé.
- 19:52Allez,
- 19:53un kilomètre hors de plus.
- 19:58Non,
- 19:58mais c'est révélateur.
- 19:59C'est vrai que moi,
- 20:00honnêtement,
- 20:00ça ne m'est jamais arrivé d'avoir peur pendant que je cours.
- 20:03Jamais.
- 20:04C'est peut-être parce que vous n'êtes pas hyper beau gosse,
- 20:06les gars.
- 20:10Clairement,
- 20:10c'est des choses que les hommes ne vivent pas ou ne vivent quasiment jamais.
- 20:14D'ailleurs,
- 20:14juste pour revenir sur ce que tu disais,
- 20:17Lucie,
- 20:18Ariane et Charlotte,
- 20:19sur les gens qui vous suivent,
- 20:21le sentiment d'être suivi pendant que vous courez.
- 20:23Qu'est-ce que vous pouvez dire aux mecs,
- 20:25aux coureurs ?
- 20:27Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous rassurer ?
- 20:29Moi,
- 20:29c'est vrai que je pose la question parce que parfois,
- 20:31je me retrouve à courir à Paris en fin d'après-midi où il fait nuit.
- 20:35Et par la force des choses,
- 20:36tu te retrouves parfois derrière des femmes et j'ai peur de leur faire peur.
- 20:40Et du coup,
- 20:41je change exprès de trottoir ou j'accélère pour les dépasser.
- 20:46Je me sens mal à l'aise à être derrière parce que je me dis que je leur fais peur.
- 20:50Et je comprends ce que tu dis.
- 20:51Moi,
- 20:51je ne faisais vraiment pas gaffe à ça parce que pour le coup,
- 20:53je n'y pense pas du tout.
- 20:55Et pas plus tard que la semaine dernière,
- 20:56je descends un escalier à fond dans mon podcast en train de faire ma série.
- 21:01Et j'ai cru que j'allais me prendre une patate d'une femme qui était juste à côté de moi parce qu'en fait,
- 21:05je lui ai fait...
- 21:06énormément peur et je pense qu'elle a cru que j'allais l'agresser.
- 21:09La fille m'a poussé,
- 21:10je suis tombé.
- 21:11Je lui ai dit « Mais qu'est-ce qui vous arrive ? »
- 21:13« C'est toi,
- 21:13qu'est-ce qui arrive ?
- 21:14Qu'est-ce que tu cours là ? »
- 21:15« Oula,
- 21:16qu'est-ce qui se passe ? »
- 21:17Du coup,
- 21:17maintenant,
- 21:17je prends le trottoir d'en face.
- 21:19Qu'est-ce qu'on peut dire aux coureurs pour améliorer le sentiment de sécurité des femmes ?
- 21:23Je pense que ça,
- 21:24changer de trottoir,
- 21:25par exemple,
- 21:25quand on est en face,
- 21:27c'est très sympa.
- 21:29C'est très cool.
- 21:30Moi,
- 21:30ce que je dis parfois aux deux...
- 21:33aux deux fondatrices de l'association Cinecoanon,
- 21:36c'est qu'en fait,
- 21:36il faudrait faire vendre les t-shirts Cinecoanon à mort pour les hommes.
- 21:41Et en fait,
- 21:41c'est vrai que si tu vois qu'un gars,
- 21:42il porte le t-shirt,
- 21:43tu te dis que bon,
- 21:45il est éduqué.
- 21:46Et du coup,
- 21:47ça va bien se passer.
- 21:49Vraiment,
- 21:50le fait d'ignorer,
- 21:52d'éviter,
- 21:53c'est plutôt des bons signes.
- 21:55Et ensuite,
- 21:56on n'est jamais à l'abri de faire peur,
- 21:59en effet.
- 22:01Mais ça peut être aussi un petit signe de la main,
- 22:03genre,
- 22:04tu vois,
- 22:05cool,
- 22:06genre,
- 22:06salut,
- 22:06comme ça,
- 22:07bonjour.
- 22:09Juste rien.
- 22:10Moi,
- 22:10je trouve qu'entre coureurs,
- 22:11moi,
- 22:11ce n'est pas les coureurs qui me font peur.
- 22:13Pour le coup,
- 22:13je n'ai jamais eu peur de personne,
- 22:15vraiment,
- 22:15vraiment.
- 22:15Et quand on me dit,
- 22:16tu n'as pas peur ?
- 22:17Mais non,
- 22:17pas du tout,
- 22:18il n'arrive rien.
- 22:18C'est la liberté de courir.
- 22:20Les coureurs,
- 22:20entre eux,
- 22:21quand on se croise,
- 22:22on se fait un petit signe,
- 22:23un truc,
- 22:23machin,
- 22:23à n'importe quelle heure,
- 22:24le matin à 5h ou le soir à 11h.
- 22:26Je trouve qu'entre sportifs,
- 22:29au contraire,
- 22:30C'est plutôt...
- 22:30quand tu cours et qu'il y a une personne derrière toi qui ne court pas et qui te suit.
- 22:33C'est ça qui est flippant.
- 22:35Mais normalement,
- 22:35on est tous dans le même move de...
- 22:37On s'en fout de l'autre coureur.
- 22:39C'est vrai,
- 22:39en fait,
- 22:40c'est une très bonne remarque.
- 22:41C'est pas forcément les autres coureurs,
- 22:43finalement,
- 22:45qui nous donnent cette perception comme ça d'être une proie.
- 22:48C'est plus les voitures...
- 22:52Des gens à la terrasse d'un café.
- 22:55Elle est toujours là,
- 22:55la voiture.
- 22:56Pourquoi elle est encore là ?
- 22:57Moi,
- 22:57j'ai eu ça,
- 22:57tu vois.
- 22:58Pourquoi elle est encore là,
- 22:58la voiture ?
- 22:59Bon,
- 22:59tu vas plus justement en campagne et tout.
- 23:02Mais les autres couleurs,
- 23:03non,
- 23:03normalement.
- 23:04C'est vrai.
- 23:05Ariane,
- 23:05est-ce que tu peux nous raconter du coup ce qui s'est passé pour toi quelques jours après la morsure de chien que tu as subie ?
- 23:13Tu étais donc,
- 23:14je crois que c'était le 20 novembre 2025,
- 23:17tu as été attaqué par un chien.
- 23:19Et le 23 novembre 2025,
- 23:21donc trois jours après,
- 23:23tu as été attaqué par un chien.
- 23:24à nouveau victime d'une agression,
- 23:25mais cette fois par un humain,
- 23:26par un homme.
- 23:27Alors c'était justement parce que j'adore les chiens et parce que je fais beaucoup de trail,
- 23:32et bien je sais que je suis amenée à rencontrer d'autres chiens,
- 23:34et c'est quand même hyper dommage d'arrêter une pratique d'un sport que t'aimes,
- 23:39qui est la liberté,
- 23:40parce que t'as peur d'un chien.
- 23:41Donc je me suis dit,
- 23:42ouais,
- 23:42faut pas que j'ai peur,
- 23:43donc je suis sortie de chez moi avec mon chien,
- 23:47pour justement ne pas devenir phobique.
- 23:49Et là,
- 23:50malheureusement,
- 23:50j'ai croisé quelqu'un,
- 23:51alors je vais pas rentrer dans les détails,
- 23:53mais je vais ron...
- 23:53Parce qu'il y a une procédure judiciaire,
- 23:55donc tu ne peux pas en dire trop non plus.
- 23:56Je ne peux pas en dire trop non plus.
- 23:58Mais en gros,
- 23:59cette personne à qui j'ai demandé juste d'attacher son chien parce que je n'étais pas à l'aise avec ça,
- 24:04c'était trop frais par rapport à l'agression,
- 24:07s'est énervée,
- 24:09ça s'est ennumé.
- 24:11Au final,
- 24:12cette personne m'a frappée et m'a cassé le nez.
- 24:15Et tu n'as pas cassé le nez un peu ?
- 24:16Il m'a bien cassé le nez avant d'avoir explosé mon téléphone pendant que j'étais en train d'appeler les secours.
- 24:22Du coup...
- 24:22T'as une fracture ouverte,
- 24:23je crois,
- 24:24du nez.
- 24:24Ouais,
- 24:24c'est ça.
- 24:25J'avais le nez ici,
- 24:26c'était pas pratique.
- 24:28Et du coup,
- 24:29les suites sont ce qu'elles sont.
- 24:31Psychologiquement,
- 24:32c'est hyper dur,
- 24:33parce qu'effectivement,
- 24:34j'avais hyper peur de sortir de chez moi,
- 24:35parce que là,
- 24:36on parle de quelque chose d'autour de chez moi.
- 24:38Moi,
- 24:38justement,
- 24:39tu parlais de se mettre sur Strava,
- 24:41etc.
- 24:41Moi,
- 24:42au contraire,
- 24:42je voulais jamais que les gens sachent où je suis,
- 24:44parce qu'au contraire,
- 24:45je voulais avoir la liberté de me dire...
- 24:47Il ne faut surtout pas qu'on sache où je suis.
- 24:50Parce que tu as une notoriété.
- 24:51Il peut y avoir des gens qui cherchent à savoir où tu habites.
- 24:54Oui,
- 24:54tout ça.
- 24:57Et maintenant,
- 24:57effectivement,
- 24:58j'ai eu très peur.
- 24:59Je continue à courir,
- 25:00mais plus autour de chez moi.
- 25:01Pour l'instant,
- 25:01je suis obligée de prendre ma voiture pour aller courir.
- 25:03Alors que c'est aux antipodes de ce que j'aime faire.
- 25:06Moi,
- 25:06ce que j'aime,
- 25:07c'est prendre mes baskets et de me dire « Allez,
- 25:08aujourd'hui,
- 25:09je fais 10,
- 25:0915,
- 25:0920. »
- 25:10Et voilà,
- 25:10mais je pars de chez moi.
- 25:11Mais là,
- 25:12ça ne va pas.
- 25:13Mais parce que j'ai encore cette peur-là.
- 25:14Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête quand cet homme t'a agressé et t'a frappé ?
- 25:19Je t'ai dit putain ça y est ça m'arrive à moi.
- 25:22Oui et je me suis dit c'est le crescendo de l'horreur.
- 25:25Peut-être que je suis tombée sur quelqu'un qui a un problème psychologique.
- 25:28Peut-être que c'est mon dernier jour et d'ailleurs le médecin légiste m'a dit vous savez c'est vraiment le scénario classique d'un homicide involontaire.
- 25:37En fait ce qui est horrible c'est qu'aujourd'hui il y a un taux de violence qui est absolument dingue.
- 25:42On parlait en rentaine du fait que les femmes doivent porter des choses pour se défendre,
- 25:47des bombes,
- 25:48des choses comme ça.
- 25:50Sauf que le problème,
- 25:51c'est que les gens sont tellement à cran,
- 25:54il y a tellement un taux de violence énorme,
- 25:56qu'une petite histoire prend une ampleur incroyable.
- 25:59Le médecin légiste me disait,
- 26:01là vous est arrivé ça,
- 26:02vous avez eu la chance dans votre malheur,
- 26:03c'est juste le nez.
- 26:06Mais la semaine dernière,
- 26:07il y a eu une embrouille en voiture,
- 26:08la femme s'est fait planter pour un « wow,
- 26:11tu ne fais pas assez vite ton créneau » .
- 26:12Donc,
- 26:13c'est la réaction de la personne en face.
- 26:15Je suis tombée sur un chien qui avait un problème d'agressivité qui m'a chargée.
- 26:19Celui qui t'a mordu ?
- 26:20Voilà.
- 26:20Ça,
- 26:21c'est autre chose.
- 26:23Les chiens peuvent avoir des problèmes,
- 26:24peuvent avoir une faiblesse,
- 26:26être un petit peu agressifs à un moment donné.
- 26:28Les hommes et les femmes aussi.
- 26:29Donc,
- 26:30à partir du moment où tu es conscient de ça,
- 26:32ce n'est pas tout le monde.
- 26:33justement,
- 26:33moi j'ai 47 ans,
- 26:34je cours depuis que j'ai 13 ans et j'ai toujours prôné le fait d'aller courir de nuit,
- 26:38truc machin mais tu peux tomber sur une personne Alors c'est pas tout le monde,
- 26:42mais dans les faits c'est quand même quasi tout le temps des hommes qui agressent
- 26:49C'est vrai que c'est tout le temps des hommes On entend rarement des histoires de femmes qui se font agresser par une autre femme ou par il y en a,
- 26:55mais c'est quand même minoritaire
- 26:58Ouais ça peut arriver,
- 26:58mais le déroulement
- 26:59le dénouement n'est pas le même.
- 27:00Parce que moi,
- 27:01on m'a beaucoup dit,
- 27:01mais Ariane,
- 27:02quand même,
- 27:02tu fais de la boxe depuis des années,
- 27:04t'as fait des camps en boxe taille,
- 27:06vous êtes battue.
- 27:07Mais en fait,
- 27:07mais pas du tout.
- 27:08En fait,
- 27:08sur ce genre d'histoire,
- 27:09t'es juste en train d'essayer de calmer la personne,
- 27:12de lui parler.
- 27:13Mais t'es tétanisée.
- 27:14En plus,
- 27:14j'avais des trucs,
- 27:16des points,
- 27:17tout ça.
- 27:17Enfin,
- 27:17j'étais pas hyper en forme.
- 27:19Et surtout,
- 27:20c'est pas un scénario classique.
- 27:22On te pète pas la gueule comme ça un dimanche après-midi,
- 27:25quand t'es en train de promener ton chien.
- 27:27C'était...
- 27:28Pour moi,
- 27:29j'étais dans un rêve,
- 27:30tu vois.
- 27:31Un état de sidérase,
- 27:32pour moi.
- 27:32Exactement.
- 27:33Et puis surtout,
- 27:33je voulais calmer la personne et que le dénouement soit un peu cool.
- 27:38Bon,
- 27:38au final,
- 27:38j'ai les nez pétés,
- 27:40mais peut-être que si j'avais été plus agressive,
- 27:42que si je m'étais battue,
- 27:44au contraire,
- 27:45ça aurait été plus loin,
- 27:46je ne sais pas.
- 27:46Il n'a pas supporté que tu lui demandes de tenir son chien ?
- 27:50Je ne sais pas,
- 27:52il s'est senti...
- 27:54Il s'est senti sûrement...
- 27:58Il n'avait pas envie d'attacher son chien.
- 27:59Il n'avait pas envie d'attacher son chien.
- 28:01Il n'avait pas envie que je lui fasse cette remarque.
- 28:03Et je ne sais pas,
- 28:04je pense que ce n'est pas la réaction d'un mec normal.
- 28:08Je ne sais pas si vous courez avec vos chiens,
- 28:10mais si quelqu'un a peur d'un chien,
- 28:12même si tu te dis,
- 28:13ça va,
- 28:13il est con,
- 28:14mon chien est gentil,
- 28:15il ne va rien lui faire.
- 28:15Si quelqu'un te demande,
- 28:16est-ce que vous pouvez attacher votre chien ?
- 28:18Je ne suis pas à l'aise avec ça.
- 28:19Tu le fais.
- 28:20Je pense que juste ça part de là.
- 28:22On parle des gens qui agressent.
- 28:24Vraiment,
- 28:25ça se voit beaucoup chez les trailers,
- 28:27il y a beaucoup de gens qui partent courir avec leurs chiens parce qu'on aime que nos chiens soient en nature,
- 28:31courent,
- 28:31c'est cool,
- 28:32la liberté,
- 28:32comme nous on peut le ressentir.
- 28:34Mais quand vous croisez quelqu'un,
- 28:36attachez votre chien.
- 28:37Voilà,
- 28:37c'est tout.
- 28:37Alors évidemment,
- 28:39il y a un procès,
- 28:40une procédure judiciaire qui est en cours,
- 28:41parce que t'as porté plainte,
- 28:42donc ce monsieur,
- 28:44cet agresseur sera jugé.
- 28:47Tu reviens sur cette agression dans ton spectacle,
- 28:50qui je le rappelle s'appelle...
- 28:51bonne,
- 28:52tu passes partout en France.
- 28:54Si vous nous écoutez,
- 28:55allez voir le spectacle,
- 28:56ça vaut le coup.
- 28:57Vous pouvez prendre les billets sur Internet.
- 28:59T'arrives à en rire aujourd'hui de cette agression ?
- 29:04Je fais des vannes dessus parce que ce qu'il faut savoir,
- 29:05c'est que je me suis fait agresser quand même,
- 29:07donc c'était le 23,
- 29:08le 25,
- 29:09c'est la journée internationale de lutte des violences faites aux femmes.
- 29:14Donc tu vois,
- 29:15je lis à ça et je pense que c'est hyper important d'en parler comme on le fait aujourd'hui.
- 29:20Je me dis,
- 29:22est-ce que c'était une agression,
- 29:23est-ce que c'était une célébration ?
- 29:24Mais voilà,
- 29:25il y a eu un truc,
- 29:26c'est bizarre,
- 29:27je me suis fait agresser ce jour-là.
- 29:29Non,
- 29:29tu vois,
- 29:30deux agressions en trois jours,
- 29:31il y a un truc un peu...
- 29:32Faut en parler en tout cas,
- 29:33parce que justement,
- 29:34quand on me posait cette question,
- 29:35ça va,
- 29:35t'as pas peur d'aller courir ?
- 29:38Mais pourquoi avoir peur ?
- 29:39Et aujourd'hui,
- 29:39je peux le concevoir.
- 29:40Aujourd'hui,
- 29:41j'étais obligée de faire de l'EMDR pour pas avoir peur des gens.
- 29:44Le MDR,
- 29:44c'est une méthode de soins psychologiques,
- 29:46c'est ça qui te permet de surmonter des traumatismes ?
- 29:49Exactement,
- 29:49qui se fait beaucoup.
- 29:50En fait,
- 29:50ça a été mis en vogue après les attentats.
- 29:52Tu travailles,
- 29:54la nuit,
- 29:54on filtre nos souvenirs.
- 29:56Nos yeux font des battements très rapides pour filtrer nos souvenirs parce qu'on ne peut pas tout emmagasiner dans notre cerveau.
- 30:01Le MDR,
- 30:02ça reprend cette méthode-là où tu vas filtrer un peu les informations.
- 30:06Et là,
- 30:06en fait,
- 30:07ça va essayer d'aider à épurer tout ce que tu ne veux pas garder en tête.
- 30:10Donc,
- 30:10tu as quand même été traumatisé.
- 30:11Je n'ai pas envie de faire des courses.
- 30:13Tu as beau en rire dans le spectacle,
- 30:15c'est un traumatisme qui est énorme.
- 30:17Je pense que c'est important d'en parler parce que voilà.
- 30:20Mais aujourd'hui,
- 30:20je n'arrive pas à aller courir depuis chez moi.
- 30:23Je voulais prendre ma voiture et ça,
- 30:24franchement,
- 30:25ça me saoule.
- 30:27Quand il y a quelqu'un qui a un physique similaire à mon agresseur,
- 30:31j'ai quand même ce petit truc d'avoir peur.
- 30:34Donc non,
- 30:34effectivement,
- 30:36le traumatisme...
- 30:36Quel âge il avait à peu près ?
- 30:37C'était un jeune ?
- 30:38Non,
- 30:39c'était pas un jeune.
- 30:39C'est pour ça qu'on parle d'habit.
- 30:40Non,
- 30:40c'était pas un jeune.
- 30:41C'était un monsieur qui avait plus de 50 ans.
- 30:43D'accord.
- 30:44Est-ce que tu penses qu'il aurait réagi pareil si c'était un homme ?
- 30:47Je me suis posé plein de fois la question.
- 30:49Je me suis dit,
- 30:49est-ce que ça avait été mon conjoint qui baladait mon chien ?
- 30:53Alors ton conjoint,
- 30:54on précise pour les gens qui ne le connaissent pas qu'il fait 2 mètres,
- 30:58je ne sais pas combien de kilos,
- 31:00c'est un rugbyman professionnel.
- 31:01On l'embrasse d'ailleurs.
- 31:04Il est quand même assez massif et je me suis posé la question,
- 31:06j'ai dit au médecin légiste c'est quand même fou,
- 31:08si ça avait été mon conjoint est-ce que ça aurait eu...
- 31:11Est-ce qu'il serait passé la même chose ?
- 31:12Et le médecin légiste m'a dit peut-être que si parce que la folie de quelqu'un qui pète un câble et qui se sent agressé il voit pas l'agresseur,
- 31:20sauf que le dénouement n'aurait pas été le même parce qu'au final...
- 31:24C'est facile de péter un câble quand tu te sens en force Tu crois ?
- 31:28Et de se laisser aller à la déraison
- 31:31Plutôt que se dire,
- 31:32bon,
- 31:33là,
- 31:33je vais me faire défoncer.
- 31:37Je vais être raisonnable.
- 31:38Aujourd'hui,
- 31:38je vais être raisonnable.
- 31:40C'est ça aussi.
- 31:41Je pense qu'il y a beaucoup d'hommes qui se sentent plus à l'aise pour exercer des violences sur des femmes parce qu'ils ont l'impression de prendre moins de risques.
- 31:49C'est un câble.
- 31:50C'est une excuse facile.
- 31:53Tu parles à des combattantes professionnelles face à un homme,
- 31:59même si elles ont la technique,
- 32:00etc.
- 32:01La force d'un homme et la force d'une femme,
- 32:03malheureusement,
- 32:04il n'y a pas d'égalité là-dessus.
- 32:06En tout cas,
- 32:06merci de nous avoir raconté cette agression,
- 32:08parce que j'imagine que ce n'est pas facile d'en parler et que ce n'est pas un sujet...
- 32:12C'est important d'en parler.
- 32:14J'en ai un petit peu parlé sur les réseaux.
- 32:16Et justement,
- 32:16je trouve que c'est tellement dingue que ça peut vraiment arriver à tout le monde.
- 32:20Oui,
- 32:20il faut en parler parce que tu n'es pas à l'abri de faire une mauvaise rencontre.
- 32:24Et il faut mieux se prévenir de ça.
- 32:27Alors,
- 32:27un chiffre très parlant.
- 32:28qui est issu de la grande enquête du running qui a été faite par Campus Coach en 2025.
- 32:3374%
- 32:34des femmes déclarent ne pas se sentir de courir n'importe où ou n'importe quand.
- 32:3874%
- 32:39des femmes contre seulement 18%
- 32:42des hommes qui se font la même réflexion.
- 32:44Donc il y a quand même des hommes,
- 32:47mais bon,
- 32:48moins de 20%,
- 32:49alors que c'est l'écrasante majorité des femmes,
- 32:5074%,
- 32:52qui estiment qu'elles ne peuvent pas courir n'importe où et n'importe quand.
- 32:54Donc il y a une vraie inégalité là-dessus,
- 32:56Lucille.
- 32:56Oui,
- 32:56on a ces mêmes chiffres aussi dans une enquête qu'on vient de faire dans l'association.
- 33:01Nous,
- 33:01on est à 70%
- 33:03des répondantes qui déclarent se sentir régulièrement en insécurité ou qui hésitent à aller faire leur sport.
- 33:10Il y a aussi ce chiffre,
- 33:13un tiers des femmes ont arrêté de courir à un moment donné parce qu'elles se sentent en insécurité.
- 33:21Un tiers.
- 33:21Donc voilà,
- 33:22et donc dans ce tiers-là...
- 33:25certaines,
- 33:2515%,
- 33:26vont aller faire du sport en salle et d'autres vont carrément arrêter la pratique sportive.
- 33:32Donc ça éloigne des centaines de milliers de femmes de la pratique sportive,
- 33:37le sentiment d'insécurité.
- 33:38Enfin,
- 33:38on dit sentiment d'insécurité,
- 33:39mais l'insécurité pour les femmes.
- 33:41Et tu vois,
- 33:41moi,
- 33:41par exemple,
- 33:42je suis coach sportif depuis bientôt 20 ans.
- 33:45Je suis majoritairement coach de femmes.
- 33:47Et les femmes ont déjà beaucoup de freins à la pratique sportive,
- 33:50la charge mentale.
- 33:52le sentiment d'imposteur,
- 33:54il y a énormément de freins pour les femmes,
- 33:57le temps bien sûr,
- 33:58et cette contrainte d'insécurité.
- 34:00C'est insupportable parce que c'est quelque chose qu'on peut vraiment facilement arrêter et qui est vraiment pétrifiant pour certaines personnes.
- 34:10Et en plus,
- 34:11tout à l'heure tu disais voilà c'est parce que vous n'êtes pas assez beau gosse les gars,
- 34:14en réalité ça n'a,
- 34:14non mais bien sûr,
- 34:15mais ça n'a rien à voir en fait avec la beauté,
- 34:18avec l'âge.
- 34:21avec la tenue.
- 34:22Pour eux aussi,
- 34:22ça va avoir quand même...
- 34:26Mais c'est quand même important de le dire,
- 34:28c'est que c'est aussi...
- 34:30C'est partout,
- 34:31dans toutes les villes,
- 34:32tous les âges.
- 34:34Mais il y a une vulnérabilité qui est évidente.
- 34:38T'es toute seule,
- 34:38tu cours,
- 34:39t'es embrassée avant en short,
- 34:40t'es une proie facile,
- 34:41entre guillemets.
- 34:42Effectivement,
- 34:43ça n'a rien à voir avec le physique.
- 34:45C'est le contraire.
- 34:46Le fait de...
- 34:46courir,
- 34:46de faire du sport dehors,
- 34:48à la lumière du jour,
- 34:49ou même d'aller dans un espace de street workout quand t'es une femme,
- 34:53au contraire,
- 34:53en fait,
- 34:53ça te rend plus puissante.
- 34:55Enfin,
- 34:55toute femme,
- 34:56et même homme,
- 34:56a constaté.
- 34:57Tu fais ton run,
- 34:58peu importe la distance,
- 35:00t'es hyper contente,
- 35:01tu rentres chez toi,
- 35:01tu te sens plus fort,
- 35:02plus fière.
- 35:03Donc,
- 35:04la réalité est inverse,
- 35:06mais c'est toujours cette sorte de perception et de récit qu'on se crée.
- 35:09Alors avec l'association Cinequanon et avec Oka,
- 35:13vous avez organisé un happening au départ du semi-marathon de Paris cette année.
- 35:17Vous avez fait un sas de départ,
- 35:19vide,
- 35:20entièrement vide,
- 35:21pour symboliser justement ces
- 35:2320%, ce tiers de femmes qui sont poussées à arrêter de pratiquer la course à pied ou le sport à cause de cette insécurité sexiste.
- 35:33C'était un punning vachement fort visuellement,
- 35:35de symboliser l'absence de toutes ces femmes qui ne sont pas là.
- 35:38C'est un sas de départ qui est recouvert d'une bâche,
- 35:41donc le sas est vide de personnes.
- 35:43Il y a une bâche qui le recouvre et qui dit,
- 35:46voilà,
- 35:46on symbolise en fait,
- 35:48c'est toutes ces femmes qui ne peuvent pas participer parce qu'elles ont arrêté leurs entraînements à cause d'un sentiment d'insécurité.
- 35:55Alors pour bien comprendre à quoi peut ressembler la course à pied quand on est une femme en ville,
- 35:59ton assaut Lucille,
- 36:00l'assaut sine qua non ?
- 36:01a publié sur ses réseaux un petit audio qu'on va écouter.
- 36:04Ça s'appelle « Dans les baskets d'une runneuse »
- 36:05et c'est tout ce qu'une runneuse peut entendre pendant qu'elle court.
- 36:31Ça correspond à la réalité de ce que vous vivez,
- 36:34les filles ?
- 36:35Alors,
- 36:35pas aussi...
- 36:36C'est concentré,
- 36:37évidemment.
- 36:39Mais c'est vrai que oui,
- 36:40ça peut énormément arriver.
- 36:42Et je pense que n'importe quelle femme a déjà entendu ça en train de faire du sport dehors.
- 36:48C'est oppressant,
- 36:49en tout cas.
- 36:51On est aux antipodes de la liberté,
- 36:52tu vois.
- 36:53Je vais courir,
- 36:54c'est facile,
- 36:54je prends mes baskets,
- 36:55la liberté,
- 36:56c'est un moment pour moi.
- 36:58En fait,
- 36:58quand on organise les squads de la Ciné-Kwanon,
- 37:01on travaille sur la posture mentale de la ronde.
- 37:03Ce que tu appelles les squads,
- 37:04juste pour qu'on comprenne bien,
- 37:05c'est des groupes de femmes qui vont courir ensemble.
- 37:07C'est ça,
- 37:07exactement.
- 37:07Donc,
- 37:08c'est une fois par mois,
- 37:09une fois toutes les deux semaines,
- 37:09en fonction des villes et des ambassadrices qui représentent l'association.
- 37:14Et vous organisez des sessions dans des lieux,
- 37:16je cite,
- 37:16« peu fréquentables pour les femmes » .
- 37:18Ça veut dire quoi ?
- 37:19On fait et dans des lieux très fréquentables,
- 37:21il y a des runs à Montmartre.
- 37:22C'est ce qui est écrit sur le site de l'Ato.
- 37:23Il y en a aussi dans des endroits moins fréquentables,
- 37:26voilà,
- 37:27ou...
- 37:27C'est pas fréquentable,
- 37:28c'est juste qu'il y a cette perception de se sentir en insécurité.
- 37:33C'est quoi ?
- 37:33C'est un endroit un peu sombre ?
- 37:34C'est par bord de la chapelle,
- 37:36courir vers la porte de Pantin.
- 37:39Des quartiers qui peuvent être considérés comme un peu craignos.
- 37:42Départ de la gare Marseille,
- 37:45ce genre d'endroit.
- 37:48Et en fait,
- 37:48on travaille sur la posture mentale de la runneuse.
- 37:51Donc en fait,
- 37:52comment tu te positionnes physiquement et mentalement ?
- 37:57quand tu es face à ce genre de propos ou de petits signes,
- 38:01les klaxons,
- 38:02les sifflements.
- 38:02Et alors,
- 38:02comment tu fais ?
- 38:03En fait,
- 38:04il y a plusieurs façons.
- 38:05Donc,
- 38:06soit tu ignores et tu te mets dans ta bulle.
- 38:08Et ça marche très bien,
- 38:09finalement.
- 38:10tu t'ignores,
- 38:11tu fais comme si ça n'existait pas.
- 38:14Soit tu peux vraiment aller voir les gens.
- 38:17Donc après,
- 38:18c'est encore une posture très différente.
- 38:20Ignorer ou aller voir les gens.
- 38:21Exactement.
- 38:22Donc moi,
- 38:22par exemple,
- 38:23je suis de celle-là.
- 38:24La team,
- 38:25on va voir les gens.
- 38:25Moi,
- 38:25je suis de la team,
- 38:26on va voir les gens.
- 38:27Il ne faut pas tomber sur un fou comme...
- 38:30Je sais,
- 38:32je sais.
- 38:32Alors moi,
- 38:32j'ai plus le temps,
- 38:33je suis moins dans la compète.
- 38:35Mais voilà,
- 38:36moi,
- 38:36je vais voir les gens,
- 38:37je m'arrête.
- 38:38Et tu leur dis quoi ?
- 38:38Et je leur dis,
- 38:39vas-y,
- 38:39viens.
- 38:40« Viens courir avec moi ! »
- 38:40Tu vois,
- 38:41par exemple.
- 38:42Tu dis « Madame,
- 38:43vas-y,
- 38:43viens,
- 38:43on court ensemble. »
- 38:44Je dis « Ok,
- 38:44viens,
- 38:45vas-y,
- 38:45suis-moi ! »
- 38:46« Oh non,
- 38:46non ! »
- 38:47Et d'un seul coup,
- 38:47il se sent tout de suite diminué,
- 38:49parce que tu retournes.
- 38:51En fait,
- 38:51tu sais,
- 38:51c'est les méthodes de répondant.
- 38:54Tu retournes l'agression et la personne se sent tout de suite assez nulle,
- 38:59en fait.
- 38:59Ou alors...
- 39:00Tu le ferais à rien,
- 39:01ça,
- 39:01toi,
- 39:01aujourd'hui ?
- 39:02Ou avec ce que tu as vécu,
- 39:03tu serais plutôt dans la team éligible ?
- 39:06Il m'est arrivé de répéter...
- 39:07Enfin de...
- 39:08de répondre à quelqu'un qui me dit quelque chose dans la rue,
- 39:11tu vois,
- 39:11d'avoir plutôt la verve et de le piquer aussi,
- 39:13ça,
- 39:13ça m'amuse.
- 39:15En revanche,
- 39:16suite à l'agression,
- 39:17la police m'a dit,
- 39:18le meilleur comportement à avoir lorsque tu es une femme et que tu te fais insulter,
- 39:23c'est se taire.
- 39:24Et je ne sais pas pourquoi,
- 39:26ça me gêne de dingue d'entendre ça.
- 39:29Oui,
- 39:29alors après,
- 39:30nous aussi,
- 39:30ce qu'on dit,
- 39:30c'est...
- 39:31C'est dur à entendre,
- 39:31mais eux,
- 39:32ils ont des stats.
- 39:33Et si ton père te fait agresser pour d'autres raisons que pour ton physique quand tu es une femme,
- 39:39peut-être que les résultats montrent que...
- 39:41Mais je suis tout à fait d'accord avec toi,
- 39:43c'est vrai que c'est clair,
- 39:44mais ça veut dire que toi,
- 39:46tu manges l'insulte,
- 39:48la frustration,
- 39:49tout ça,
- 39:49tu continues ton run ou ce que tu es en train de faire avec plein de haine,
- 39:53lui il s'est déchargé à t'insulter,
- 39:55mais voilà,
- 39:55toi tu sais que,
- 39:56ok,
- 39:56il faut être raisonnable.
- 39:57Faut se taire,
- 39:58je me tais.
- 39:58Ce n'est pas toujours des insultes,
- 39:59encore une fois.
- 40:01C'est majoritairement des petites remarques qui,
- 40:03pour eux,
- 40:03paraissent insignifiantes et qui,
- 40:05pour nous,
- 40:05comptent énormément.
- 40:07Après,
- 40:07il y a aussi cette autre posture de l'ignorance,
- 40:10ou d'ignorer le truc,
- 40:12mais finalement,
- 40:13d'avoir une posture physique plus puissante.
- 40:16Et aussi,
- 40:16c'est pour ça que parfois,
- 40:17on travaille sur la technique de running,
- 40:20le fait de faire tes accélérations,
- 40:22de te sentir encore plus légitime,
- 40:24plus forte dans ton sport.
- 40:27Voilà comment tu pratiques,
- 40:29tu cours bien,
- 40:29tu cours vite,
- 40:30tu cours haute,
- 40:31tu cours légère,
- 40:31tu cours explosive,
- 40:32peu importe ton niveau.
- 40:34Mais en fait,
- 40:34rien que ça,
- 40:35le fait de se sentir forte dans ta technique,
- 40:38d'avoir une technique...
- 40:39Ça te donne plus confiance.
- 40:40Exactement,
- 40:40ça te donne plus confiance et donc c'est plus facile d'ignorer.
- 40:43Et les écouteurs,
- 40:44bonne ou mauvaise idée d'avoir des écouteurs pour ne pas entendre ce qu'on dit,
- 40:47ou au moins des écouteurs sans musique,
- 40:49mais pour pouvoir ignorer plus facilement,
- 40:50j'en sais rien.
- 40:51Je pense que ça t'aide à être dans ta bulle,
- 40:54surtout quand tu as le noise cancelling.
- 40:57Bon après,
- 40:58normalement on ne conseille pas le noise cancelling dans la ville justement pour pouvoir entendre les voitures,
- 41:02les vélos qui peuvent être sur le côté.
- 41:05Et avant de partir,
- 41:05de partager,
- 41:06comme on le fait quand on part en montagne,
- 41:08son itinéraire,
- 41:09l'heure à laquelle on est censé revenir ?
- 41:12Tu dis toujours à quelqu'un « je suis censé revenir dans une heure si je ne suis pas là dans une heure » .
- 41:15En fait,
- 41:15mon Strava est lié à mon conjoint.
- 41:18Et peu importe où il se trouve dans le monde,
- 41:19parce qu'en plus il est beaucoup en déplacement,
- 41:21il sait que je suis partie courir et où je suis.
- 41:24D'accord.
- 41:24Je sais que c'est...
- 41:25Au début je voulais pas le faire et maintenant je le fais.
- 41:29Vous le faites tous les garçons ou pas ?
- 41:29Est-ce que vous le faites ?
- 41:30Est-ce que vous partagez votre étude ?
- 41:32Sur du nom encore ?
- 41:33En plus de trail donc forcément je le fais.
- 41:34Ah tu le fais ?
- 41:35Pour d'autres raisons.
- 41:35Juste pour le rappel que tu vas croiser.
- 41:39Plutôt que des fois j'apprends pas forcément bien le danger.
- 41:43Mais Charlotte tu le fais toi,
- 41:44tu partages ta position ?
- 41:45Ouais je suis en partage tout le temps avec Fred,
- 41:48c'est aussi pour savoir...
- 41:50C'est juste pour te retrouver
- 41:52Charlotte et Fred.
- 41:52Pour savoir dans combien de temps je vais revenir.
- 41:55Mais oui,
- 41:56c'est vrai que je sais tout le temps où il est,
- 41:58il sait tout le temps où je suis,
- 41:59au moins.
- 42:00Je voudrais qu'on écoute une vidéo postée par Diane Lair,
- 42:04Miss France 2022,
- 42:06qui a pris la parole il y a quelques jours sur ses réseaux à l'occasion du retour des beaux jours.
- 42:11Diane,
- 42:11c'est une pratiquante de course à pied et elle a posté cette vidéo.
- 42:14Un petit rappel pour les hommes,
- 42:15ils commencent à faire de plus en plus beau,
- 42:17donc de plus en plus chaud.
- 42:18Donc on va commencer à se dévêtir,
- 42:20notamment pour faire du sport.
- 42:21Là,
- 42:21on est au début mars,
- 42:23donc on ne peut pas trop vous choquer.
- 42:24On garde encore le t-shirt,
- 42:26mais tout libère.
- 42:26On a fait du sport,
- 42:27on ne va pas se gêner de montrer nos abdos.
- 42:29Et surtout,
- 42:30on a pris un sacré niveau de course.
- 42:32Donc,
- 42:32s'il faut vous courser pour vous afficher,
- 42:34on va le faire.
- 42:35Voilà,
- 42:35cordialement.
- 42:37Une réaction,
- 42:38Ariane ?
- 42:39Oui,
- 42:39elle est passée,
- 42:39elle a beaucoup tourné cette vidéo.
- 42:41C'est vrai que c'est drôle et elle a raison.
- 42:43Oui,
- 42:43elle a raison.
- 42:44C'est l'incarnation de la posture mentale forte,
- 42:47de se sentir légitime,
- 42:49d'être là.
- 42:50De montrer que les femmes ont tout autant le droit que les hommes d'être dans l'espace public,
- 42:55de pratiquer leur sport selon leurs envies,
- 42:58leur tenue,
- 42:59l'horaire auquel elles ont envie de pratiquer.
- 43:02Donc je trouve que c'est super beau en fait ce genre de message.
- 43:06Et c'est justement en étant de plus en plus fière et...
- 43:13dans l'affirmation de soi exactement de nos pratiques.
- 43:16Est-ce que rejoindre des clubs de running,
- 43:19soit des clubs d'une fédération,
- 43:22soit des run clubs comme on dit aujourd'hui,
- 43:25de courir en groupe,
- 43:25ça peut permettre de réduire les agressions,
- 43:29le harcèlement pour les femmes ?
- 43:31Lucille ?
- 43:31Oui,
- 43:32bien sûr.
- 43:32De toute façon,
- 43:33dès qu'on est plus présente,
- 43:35peu importe qu'on soit ensemble,
- 43:36seul,
- 43:37matin,
- 43:37soir,
- 43:39Ça favorise justement les récits plus positifs autour de la course à pied et même du sport en général.
- 43:46Donc oui,
- 43:46oui,
- 43:46c'est super.
- 43:47En plus,
- 43:48souvent,
- 43:48ces run clubs sont dans vos quartiers.
- 43:50Donc ça va vous montrer aussi des itinéraires qui sont agréables,
- 43:54dans lesquels vous vous sentez bien.
- 43:56Et du coup,
- 43:56dans lesquels beaucoup de gens vont pratiquer.
- 43:59Et le fait de se voir entre coureurs,
- 44:02ça nous aide aussi à nous sentir mieux.
- 44:05Même avec les hommes,
- 44:05comme on disait,
- 44:06souvent,
- 44:06ce n'est pas les autres coureurs hommes qui nous font nous sentir menacés.
- 44:10Alors,
- 44:10ça peut arriver quand même,
- 44:12parce que tu disais juste avant l'émission que sur certaines courses,
- 44:16tu as assisté ou on t'a raconté des choses où des femmes qui participent à la course se faisaient emmerder par d'autres coureurs.
- 44:24Je trouve ça complètement ovnisque.
- 44:26C'est aux antipodes des valeurs du sport.
- 44:28En fait,
- 44:28je n'arrive même pas à comprendre.
- 44:31On me l'a raconté,
- 44:32je l'ai vu aussi.
- 44:33Mais je trouve que c'est...
- 44:34pire qu'un mec dans la rue qui est assis comme ça et qui se dit « Hey ! »
- 44:37Un mec qui est aussi dans le mal comme toi,
- 44:39qui se donne,
- 44:39qui en plus va tenir des propos sexistes.
- 44:42J'ai envie de lui dire « Vas-y,
- 44:43enlève ton dossard parce que franchement,
- 44:44ça sert à rien là. »
- 44:46Tu peux nous raconter,
- 44:47Lucie ?
- 44:47Ça m'est arrivé en trail dans les montées.
- 44:50Forcément,
- 44:51t'es en short,
- 44:51il fait chaud,
- 44:52c'est la montagne.
- 44:53Et donc,
- 44:54t'es en montée et t'as deux gars derrière et là,
- 44:57t'entends « Ah ben,
- 44:58on a une belle vue sur cette montée,
- 44:59on a bien fait de venir. »
- 45:01Ce genre de propos.
- 45:02Et là,
- 45:02tu réagis comment ?
- 45:04Moi,
- 45:05je me rappelle que comme j'étais un peu dans le mal,
- 45:10j'ai continué,
- 45:10mais je me suis dit qu'elle vende de con.
- 45:12Donc voilà,
- 45:14qu'est-ce que tu veux me dire là ?
- 45:16J'avais pas envie de m'arrêter pour eux aussi.
- 45:18Non,
- 45:18mais ça dit quand même quelque chose,
- 45:19c'est-à-dire que le sexisme,
- 45:21c'est présent partout,
- 45:23c'est présent partout.
- 45:24C'est un système qui est installé depuis la nuit des temps et qui se retrouve dans tous les...
- 45:30dépend de la société,
- 45:31de l'activité,
- 45:32y compris dans les milieux sportifs et dans les courses.
- 45:35Et en fait,
- 45:35je ne sais pas si vous êtes écouté,
- 45:37vous,
- 45:37plus par des hommes que par des femmes.
- 45:38C'est très moitié-moitié chez nous.
- 45:40Il y a vraiment aussi cette pédagogie et cette éducation à faire aux hommes.
- 45:46C'est-à-dire que si un de vos potes dit ça dans une course,
- 45:49dans un entraînement,
- 45:51juste ne réagissez pas ou faites-lui ressentir qu'il est vraiment has-been,
- 45:54en fait,
- 45:55et que ce n'est plus OK de tenir sur le groupe.
- 45:57Ça,
- 45:57c'est le rôle que les hommes peuvent jouer.
- 45:58Je pense que vraiment.
- 45:59De toute façon,
- 46:00l'égalité homme-femme passera par les hommes.
- 46:02On ne peut pas faire une guerre que femmes.
- 46:08C'est une pédagogie,
- 46:09c'est un vivre ensemble.
- 46:12Et il faut montrer aux hommes qui...
- 46:14Et c'est réduire tellement les femmes à son enveloppe physique.
- 46:18La fille,
- 46:18elle est comme toi,
- 46:20sur la même course que toi,
- 46:21avec le même dossard que toi.
- 46:22à peu près au même niveau si elle est devant c'est qu'elle est au moins aussi rapide au moins elle a le meilleur départ et du coup c'est la réduire à son enveloppe physique alors qu'on est tous les deux dans du dépassement dans du challenge et c'est pas du tout mon propos en fait après il peut y avoir cette histoire d'attirance tu peux trouver quelqu'un de joli quand il passe mais comme tu dis le tout c'est l'éducation tu peux le garder dans la tête voilà tu peux dire tiens
- 46:45j'aime bien ce paysage cette coureuse elle est jolie bon ok je le garde dans ma tête c'est une éducation
- 46:52Et ça passe par les gars.
- 46:53Ça passe par les gars.
- 46:55Entre potes,
- 46:56il faut se dire,
- 46:57mec,
- 46:58tu délires là.
- 46:58C'est gênant.
- 46:59Ouais,
- 46:59il faut oser dire,
- 47:01t'es à côté de la plaque.
- 47:03C'est hyper anxiogène pour la personne à qui tu dis ça.
- 47:07Et puis tu ne fais pas de la chauve-nique,
- 47:08c'est hyper beauf en plus.
- 47:10En plus,
- 47:10elle va plus vite que toi,
- 47:11donc c'est mort.
- 47:12Non,
- 47:12mais dans les clubs,
- 47:13il y a un discours à avoir par les entraîneurs,
- 47:17chez les jeunes,
- 47:18chez les adhérents.
- 47:19Tu me fais la passe.
- 47:20Tu me fais la passe parfaite en parlant des encadrants et des clubs,
- 47:25parce qu'il y a un phénomène de décrochage des adolescentes vis-à-vis du sport.
- 47:31Il y a une étude qui a été assez marquante,
- 47:33qui est sortie en janvier 2026,
- 47:34qui s'intitule « Adolescentes et sport,
- 47:36le grand décrochage » ,
- 47:37qui a été faite par la MGEN,
- 47:39et qui montre qu'aujourd'hui en France,
- 47:4049%
- 47:41des adolescentes,
- 47:42des jeunes filles,
- 47:44abandonnent le sport avant leurs 15 ans.
- 47:4549%
- 47:47des ados abandonnent le sport avant leurs 15 ans.
- 47:49C'est six fois plus que chez les garçons.
- 47:51Donc c'est vraiment un phénomène qui touche les jeunes femmes,
- 47:53les adolescentes.
- 47:54Parmi ces filles qui arrêtent avant 15 ans,
- 47:56près de la moitié déclarent avoir arrêté malgré leur intérêt pour le sport.
- 48:00Ce qui confirme que l'abandon n'est pas synonyme de désamour du sport,
- 48:03mais est plutôt le résultat de freins extérieurs.
- 48:06Alors il y a plein de freins différents.
- 48:08Il y a le changement physique de l'adolescent.
- 48:10de la puberté chez les femmes,
- 48:12avec le corps qui change.
- 48:13C'est très dur d'être adolescente,
- 48:15de commencer à courir,
- 48:16je ne sais pas,
- 48:16les filles si vous l'avez vécu,
- 48:18commencer à courir,
- 48:18avoir de la poitrine,
- 48:19tu as forcément des réflexions,
- 48:21c'est hyper dur,
- 48:22hyper dur.
- 48:22Et il y a cet aspect,
- 48:23comme tu le dis Ariane,
- 48:24du sexisme qui est très présent chez les ados,
- 48:27chez ces corps de femmes qui commencent à se former,
- 48:30et qui fait partie des freins qui font que les femmes,
- 48:34enfin les adolescentes lâchent le sport,
- 48:36et dans cette étude...
- 48:38Les jeunes femmes,
- 48:3860%
- 48:40des jeunes femmes déclarent qu'elles auraient aimé avoir davantage de coach ou d'encadrante femme.
- 48:45Et donc ça,
- 48:45c'est quelque chose qui joue visiblement beaucoup sur le décrochage des adolescentes.
- 48:49C'est d'être encadré très majoritairement par des hommes et de ne pas avoir de rôle modèle ou d'encadrante femme.
- 48:55Ça,
- 48:55c'est quelque chose aussi sur lequel on pourrait agir,
- 48:59Lucille,
- 49:00pour mieux encadrer les adolescentes.
- 49:02Oui,
- 49:02je suis totalement d'accord.
- 49:04aussi une notion d'accompagnement à la transformation physique,
- 49:08à la nouvelle répartition des masses et aussi aux sensations que tu as quand tu es adolescente.
- 49:14Moi,
- 49:14ça m'est exactement arrivé.
- 49:16C'était déjà il y a 30 ans.
- 49:17J'étais plutôt nageuse et donc j'étais que encadrée par des hommes.
- 49:20Et donc forcément,
- 49:21à l'adolescente,
- 49:22c'est très régulier que les filles qui étaient assez performantes en pré-puberté,
- 49:27au moment de la puberté et juste après,
- 49:29il y a des moins bons chronos,
- 49:31même en natation.
- 49:32parce que justement,
- 49:33il y a une différente répartition des masses.
- 49:36On a plus d'oestrogènes,
- 49:37mais les muscles n'ont pas encore pris.
- 49:39Et là,
- 49:40aucun accompagnement,
- 49:41aucune information.
- 49:42Et donc là,
- 49:43tu as l'impression juste que parce que tu grandis,
- 49:44tu es moins forte et donc c'est le moment qu'il faut arrêter.
- 49:47Et donc,
- 49:47il y a un besoin d'éducation.
- 49:49Je ne sais pas si c'est parce que ce sont des hommes ou juste parce qu'ils ne sont pas encore assez éduqués en tant qu'éducateurs sportifs ou entraîneurs de haut niveau.
- 49:58Mais il y a un énorme besoin d'éducation des entraîneurs sur la puberté des filles et le sport et la performance et les envies et le niveau d'énergie.
- 50:10Il y a quand même beaucoup de choses qui se passent.
- 50:12Il y a aussi un manque de valorisation de leur propre corps.
- 50:1655%
- 50:17des jeunes femmes ressentent un sentiment de décalage entre l'image corporelle qui est valorisée notamment sur les réseaux sociaux,
- 50:23souvent associée à des standards esthétiques très précis,
- 50:25et leur apparence.
- 50:26et donc elles se disent...
- 50:28je ne suis pas comme ce que je vois sur Insta et donc je n'ai pas envie de me mettre en tenue pour aller courir,
- 50:32etc.
- 50:33Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire à ces ados,
- 50:35Ariane ?
- 50:36Une chose est sûre,
- 50:37c'est qu'il n'y a que le sport qui fait que tu es bien dans ton corps.
- 50:39En fait,
- 50:39ton corps,
- 50:40c'est une machine.
- 50:41Je pense que là,
- 50:41on est avec des sportifs de haut niveau,
- 50:43on n'a jamais...
- 50:44Moi,
- 50:44c'est après 45 ans où je me suis dit tiens,
- 50:46il faut que je fasse du sport pour être jolie esthétiquement.
- 50:49Mais avant,
- 50:50tu te dis,
- 50:50mon corps,
- 50:51il arrive à faire ça,
- 50:51c'est un truc de dingue,
- 50:52cette machine,
- 50:53etc.
- 50:54Donc,
- 50:54il faut réussir à ce que...
- 50:56Les jeunes filles et même les jeunes garçons comprennent ça,
- 50:59qu'on a cette capacité folle d'avoir cette chance de pouvoir courir,
- 51:03nager,
- 51:04sauter.
- 51:04Et que c'est pas l'enveloppe esthétique et qu'on est vraiment loin des...
- 51:11Être jugé par l'esthétique et la beauté,
- 51:14c'est vraiment dommage et c'est ça qu'il faudrait arrêter.
- 51:16Parce qu'on ne ressemblera jamais au code esthétique qu'on peut voir.
- 51:20Après moi je constate quand même,
- 51:21parce que moi je suis touchée,
- 51:23mes enfants ont ces âges-là.
- 51:24Mon fils a 15 ans,
- 51:25ma fille 12,
- 51:26donc ils évoluent dans cette période-là.
- 51:32Il y a énormément de modèles filles sportives qui sont très dans l'esthétique,
- 51:37dans la perfection.
- 51:38Elles sont make-up,
- 51:39air,
- 51:40tout parfait.
- 51:41Et c'est vrai que c'est difficile de...
- 51:44On ne les voit pas transpirantes,
- 51:46dégoulinantes,
- 51:47avec la trace de la transpi au niveau de la poitrine.
- 51:50Instagram n'est pas la réalité.
- 51:51Exactement.
- 51:52Non,
- 51:52mais c'est vrai,
- 51:53mais finalement,
- 51:53il y a quand même cette perception.
- 51:55Je vois avec des jeunes collègues avec qui j'en ai discuté,
- 51:58parfois,
- 51:58elles se disent « moi,
- 51:59je ne suis pas assez canon pour aller en salle de sport ou pour mettre un legging comme ci ou comme ça » .
- 52:05Il y a aussi des contre-modèles.
- 52:07Il y a aussi,
- 52:08je pense par exemple à Joggeuse,
- 52:10qui,
- 52:10elle,
- 52:10ce film transpirante,
- 52:12ce film en train d'en chier,
- 52:15il y a aussi maintenant des influenceuses sport qui montrent aussi l'autre côté de la pratique.
- 52:22joggeuse ou quoi que ce soit,
- 52:23on parle justement de course ou de prono,
- 52:26de naturel,
- 52:27etc.
- 52:27On ne parle pas de corps.
- 52:28Est-ce que j'ai des abdos saillants et des fesses bombées ?
- 52:30Ce n'est pas le même goal.
- 52:33Ce qu'on arrive à faire avec notre corps,
- 52:35le corps machine,
- 52:36qu'est-ce qu'il arrive à faire et les exploits qu'il fait,
- 52:38ou le corps objet sexualité.
- 52:40Faire de l'effort accompli plutôt que fier de à quoi tu ressembles et de la vitesse à laquelle tu cours.
- 52:47Moi,
- 52:47je pense que c'est encore un autre sujet,
- 52:51Beaucoup trop de focus sur la compétition.
- 52:55chez les sports adolescents,
- 52:57dans la pratique fédération,
- 53:00que ce soit athlétisme,
- 53:01tennis,
- 53:02enfin ce que vous voulez.
- 53:03Ça éloigne aussi les ados.
- 53:04Ça éloigne les ados,
- 53:05mais surtout les filles.
- 53:06Surtout les filles.
- 53:08Parce qu'en fait,
- 53:09il y a déjà beaucoup de pression,
- 53:10pression à l'école,
- 53:11pression justement sur le physique,
- 53:14ce changement comme ça de corporel.
- 53:17Et là,
- 53:17en plus,
- 53:18la compétition qui est vraiment le focus.
- 53:20Si tu n'es pas bonne dans les chronos,
- 53:21on te fait sentir que tu n'as plus trop ta place dans le club.
- 53:25Et en fait,
- 53:26je pense qu'il y a un besoin beaucoup plus de pratiques bien encadrées,
- 53:31mais loisirs.
- 53:32Et ça,
- 53:33on a beaucoup de mal à l'avoir.
- 53:35Alors,
- 53:35parfois,
- 53:35ça se fait dans les associations sportives,
- 53:37collèges,
- 53:37lycées.
- 53:38Mais bon,
- 53:39pas...
- 53:39Mais même très peu,
- 53:39au final,
- 53:40parce que les groupes un peu ados ou adultes,
- 53:42c'est plutôt adultes et masters,
- 53:44d'ailleurs.
- 53:44Il n'y a pas trop de groupes ados.
- 53:46juste pour dire,
- 53:46bon,
- 53:47faire du sport,
- 53:48faire du sport.
- 53:48C'est tout de suite un groupe crescendo de performances de plus en plus performants.
- 53:53Et du coup,
- 53:54ça sort pas forcément adapté.
- 53:55Et je pense que du coup,
- 53:56par rapport à ta précédente question,
- 53:58le problème,
- 53:58il est plus là-dessus,
- 53:59c'est comment on adapte les programmes à toutes ces problématiques-là,
- 54:03plutôt que forcément avoir des coachs.
- 54:05Et pour terminer sur cette question,
- 54:07désolé,
- 54:07je suis longue,
- 54:08mais après,
- 54:09du coup,
- 54:09moi,
- 54:09je me retrouve avec ces femmes qui sont devenues adultes et qui se sentent...
- 54:12pas légitimes d'aller courir dehors parce qu'elles ne sont pas assez rapides par rapport à ce qu'on voit aussi sur les réseaux sociaux.
- 54:18Donc en fait,
- 54:18il y a tout un cercle comme ça,
- 54:19un peu vicieux de la représentation qu'il faut changer.
- 54:23Et donc,
- 54:23on a encore du super travail à faire.
- 54:25En une phrase,
- 54:26Ariane,
- 54:27qu'est-ce que tu as envie de dire aux femmes qui nous écoutent et qui ont parfois peur d'aller courir ou qui ne se sentent pas légitimes pour aller courir ou qui préfèrent éviter de sortir par peur de l'agression ou du harcèlement ?
- 54:36Éviter d'avoir peur,
- 54:37la peur n'empêche pas le danger.
- 54:41Utiliser notre corps.
- 54:42C'est vraiment une chance.
- 54:43On a cette chance là autour de la table.
- 54:45On a nos deux jambes,
- 54:45nos deux bras.
- 54:47On peut aller courir,
- 54:47on peut nager,
- 54:48on peut sauter,
- 54:49on peut vivre.
- 54:50On n'a qu'une seule vie,
- 54:51alors il faut en profiter.
- 54:52Moi vraiment,
- 54:53je fais du sport depuis que j'ai 13 ans.
- 54:55Pas pour des chronos ou quoi que ce soit,
- 54:56mais parce que j'en ai besoin.
- 54:57C'est viscéral,
- 55:00ça me fait respirer.
- 55:01Alors pourquoi se priver de quelque chose qui nous fait du bien ?
- 55:04Il y a tellement peu de choses sur cette planète qui nous font du bien.
- 55:07Ça vous fait du bien d'aller courir.
- 55:08Allez courir.
- 55:10Vraiment,
- 55:10il ne se passera rien.
- 55:11La peur n'évite pas de danger,
- 55:12alors on y va.
- 55:13Lucille ?
- 55:14Peuplons les forêts et les rues de femmes en train de faire du sport,
- 55:18habillées comme elles veulent,
- 55:19à l'heure qu'elles veulent,
- 55:20parce que plus on sera nombreuses,
- 55:21plus ce sera facile.
- 55:23Parfaitement résumé.
- 55:24Merci beaucoup Lucille,
- 55:25merci Ariane.
- 55:26On remercie à nouveau notre partenaire Oka,
- 55:28partenaire de l'association Cinequanon et qui permet la réalisation de cet épisode.
- 55:32Et Ariane,
- 55:33c'est l'heure de l'interview tapis.
- 55:34On y va ?
- 55:35Allez !
- 55:38Ariane,
- 55:38tu connais le concept de l'interview tapis ?
- 55:40Oui.
- 55:40Chaque mauvaise réponse,
- 55:41on prend un kilomètre heure de plus.
- 55:43On part à 10 km heure,
- 55:44c'est ton allure footing.
- 55:46Et je vais te poser des questions,
- 55:47on va voir jusqu'où t'arrives à aller.
- 55:48Ok.
- 55:48Allez,
- 55:49c'est parti !
- 55:50On en a parlé en début d'épisode,
- 55:51le harcèlement sexuel est un délit.
- 55:54Quelles peines sont prévues en cas de condamnation pour harcèlement sexuel ?
- 55:57Il y a de la prison ?
- 55:59Il y a de la prison,
- 56:00mais combien ?
- 56:01Alors je dirais 5 ans.
- 56:022 ans de prison et 30 000 euros d'amende.
- 56:05C'est la peine maximale en cas...
- 56:07de condamnation pour harcèlement sexuel.
- 56:09On augmente,
- 56:10on passe à 11 km heure.
- 56:11Ça va aller vite.
- 56:14Vous le saviez,
- 56:14les filles ?
- 56:15Non,
- 56:15non.
- 56:16Je crois savoir que tu pratiques le triathlon.
- 56:19Ouais.
- 56:20Comme notre chère Charlotte Morel ici présente.
- 56:22Enfin,
- 56:23j'en ai fait un en pratique.
- 56:24Ouais,
- 56:24ouais.
- 56:25Combien de fois,
- 56:26Charlotte Morel,
- 56:27as-tu été championne de France de triathlon longue distance ?
- 56:31Cinq.
- 56:32Non.
- 56:32Trois fois,
- 56:33en 2015,
- 56:342016 et 2017.
- 56:35Les deux premières fois,
- 56:36elle était bichemiche.
- 56:38On passe à 12 km heure.
- 56:40Quelles étaient les distances de chaque discipline au championnat de France de triathlon longue distance ?
- 56:47Je te donne un indice,
- 56:48elle a mis moins de
- 56:495h45 au total.
- 56:503 000 ?
- 56:51Oui,
- 56:51bonne réponse,
- 56:523 km de nage.
- 56:53Combien de vélos ?
- 56:5460.
- 56:57On va dire 60.
- 56:58Ben non,
- 56:59ben non.
- 57:00Non.
- 57:0290 de vélo et 20 de course à pied.
- 57:04Allez,
- 57:04on passe à 13 km heure.
- 57:08Cet été,
- 57:08tu as participé à l'ETC,
- 57:10une course de 15 km et 1200 de dénivelé positif à Chamonix pendant l'UTMB.
- 57:15Tu as fait un beau temps de 2h58min20s.
- 57:18En combien de temps a terminé la première femme sur cette même course ?
- 57:22Je dirais 1h43.
- 57:24Tu n'es pas très loin,
- 57:251h30 et 55 secondes.
- 57:27Madalina Florea qui a terminé.
- 57:3026e au scratch et donc première femme.
- 57:32On passe à 14 km heure.
- 57:34Allez,
- 57:34allez,
- 57:34allez !
- 57:36Ariane,
- 57:37tu es actuellement en tournée pour ton spectacle Bonne.
- 57:39Normalement,
- 57:40j'ai la bonne réponse,
- 57:40c'est sur moi !
- 57:41Attends,
- 57:42attends !
- 57:42Comme tu le sais,
- 57:43avec Fred et Charlotte,
- 57:44on habite à Biarritz.
- 57:45Oui !
- 57:45À quelle date vas-tu te…
- 57:47Stop !
- 57:47Oui !
- 57:48Le 1er octobre 2026 !
- 57:50Bonne réponse !
- 57:52On y sera avec grand plaisir !
- 57:53Bien,
- 57:53je fais ma promo !
- 57:55Combien de médailles la France a-t-elle remporté au JO d'hiver à Milan-Cortina ?
- 58:00Je n'ai même pas suivi le JO.
- 58:027 !
- 58:0323 médailles,
- 58:048 en or,
- 58:059 en argent et 6 en bronze remportées par la France.
- 58:08C'est 8 de plus que le bilan réalisé au JO de Pyeongchang en 2018 et Sochi en 2014.
- 58:14On passe à 15 km heure.
- 58:18Claudia Riegler est une snowboardeuse autrichienne.
- 58:21Elle a battu à Milan Cortina le record de l'athlète féminine la plus âgée à participer au JO d'hiver.
- 58:25Quel âge avait-elle lors de la participation ?
- 58:2858.
- 58:29C'est pas loin,
- 58:3052.
- 58:3052 ans.
- 58:31Elle a détrôné la patineuse de vitesse allemande
- 58:34Claudia Pechstein qui avait concouru au jeu de Pékin en 2022 à l'âge de 49 ans.
- 58:39Bravo à elle.
- 58:40On passe à 16 km heure.
- 58:41Tu es mariée avec le joueur de rugby Fulgence Ouédraogo.
- 58:45En quelle année a-t-il remporté le tournoi des Six Nations avec l'équipe de France ?
- 58:50Oh putain tu vas avoir des problèmes !
- 58:532002 !
- 58:53Mais non !
- 58:542008 !
- 58:55Putain pourquoi tu dis ça ?
- 58:582010 !
- 59:00Il va t'engueuler quand tu reviens à la maison.
- 59:01On passe à 17 kmh.
- 59:04Comment s'appelle l'athlète chinoise qui a remporté 3 médailles en ski freeride lors des jeux de Milan Cortina ?
- 59:10Vas-y,
- 59:10au goût !
- 59:11Elle s'appelle Eileen Gu.
- 59:12Elle a remporté l'or en half-pipe,
- 59:14l'argent en big air et en slopestyle.
- 59:16Elle est devenue la skieuse acrobatique la plus décorée avec 6 médailles.
- 59:19On passe à 18 km heure.
- 59:22Mâche sur le côté pour s'arrêter.
- 59:24Qui a remporté le 10 km des Champs-Élysées chez les femmes il y a quelques semaines ?
- 59:29Tu le sais ?
- 59:29Ah putain !
- 59:32Tu te tiens mais tu n'as pas le droit de te tenir.
- 59:33Bravo !
- 59:37Mais pourquoi je t'ai fait ça ?
- 59:39On en a parlé tout à l'heure.
- 59:40Angela Viziosa en 33 minutes 23 secondes,
- 59:43une allure de 3 minutes 20 au kilomètre.
- 59:45Bravo Ariane,
- 59:4618 km heure
- 59:4818 km heure avec une Aponebro Splentère,
- 59:50je précise donc merci de t'être prêté au jeu à ne pas reproduire chez vous,
- 59:55les kinés qui nous regardent vont nous détester mais bravo en tout cas,
- 59:58bravo Ariane,
- 59:5918 km heure.
- 1:00:00T'as pas eu beaucoup de bonnes réponses mais t'es montée très vite Mais oui,
- 1:00:02mais j'ai...
- 1:00:02Et t'as bien tenu Par contre toi tu donnais bien les explications,
- 1:00:04tu vois Bah oui,
- 1:00:06le but c'est quand même que nos auditeurs apprennent des choses
- 1:00:09J'aurais voulu monter jusqu'à 20.
- 1:00:1118,
- 1:00:11c'est solide.
- 1:00:11Merci beaucoup Ariane.
- 1:00:12Merci aussi Lucille d'être venue dans le podcast.
- 1:00:14Franchement,
- 1:00:15c'était un épisode super intéressant,
- 1:00:16sujet très important.
- 1:00:17Et on remercie encore une fois notre partenaire Oka qui a rendu cet épisode possible et notre partenaire Care Fitness qui nous fournit ce magnifique tapis qui t'a donné du fil à retordre.
- 1:00:27Merci l'équipe.
- 1:00:28Et moi,
- 1:00:28je vous dis à très vite pour un prochain épisode de Safe Pace.
- 1:00:31Bye bye !
- 1:00:38Safe Pace,
- 1:00:39le podcast des sports d'endurance,
- 1:00:42présenté par Hugo Klim.