Latest / 7H40 Martin Buxant / Valérie Lescrenier, ministre de l’Aide à la jeunesse
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- 0:00Speaker 2: 7h40, donc l'invité ce matin,
- 0:02Speaker 3: Valérie Le Crenier, bonjour. Bonjour. Vous êtes ministre de l'Aide
- 0:04Speaker 3: à la Jeunesse face à Neijman. Oui, bonjour madame la ministre,
- 0:07Speaker 3: merci d'avoir accepté notre invitation. Commençons évidemment par ce qu'il
- 0:10Speaker 3: y a de plus pressant, le meurtre du policier Nordin
- 0:12Speaker 3: El Talbi. Au total, 6 suspects ont été interpellés, 3
- 0:15Speaker 3: en Espagne, 2 en Belgique et puis 1 à Paris.
- 0:18Speaker 3: Selon la RTBF, il aurait été tué par un mineur d'âge.
- 0:22Speaker 3: Est-ce que vous pouvez le confirmer aujourd'hui
- 0:24Speaker 4: Alors ce que je peux vous confirmer, c'est qu'un mineur
- 0:27Speaker 4: a bien été arrêté dans le cadre de cette affaire
- 0:29Speaker 4: à Paris, qu'il va être extradé vers la Belgique et
- 0:33Speaker 4: qu'une place est réservée pour ce mineur en IPPJ. Pour
- 0:36Speaker 4: le reste, l'enquête suit son cours et je n'ai pas
- 0:38Speaker 4: d'autres éléments à avancer.
- 0:39Speaker 3: Vous nous dire s'il est déjà connu par exemple des
- 0:41Speaker 3: services d'aide à la jeunesse?
- 0:42Speaker 4: C'est un jeune qui est déjà connu par les services
- 0:45Speaker 4: de l'aide à la jeunesse.
- 0:46Speaker 3: Qu'est-ce qu'il risque si c'est avéré, si le mineur effectivement
- 0:48Speaker 3: est l'auteur de ce crime-là
- 0:50Speaker 4: Alors ça, la réponse n'est pas dans mon chef.
- 0:52Speaker 3: Alors certains avocats craignent que ce soit une stratégie mise
- 0:55Speaker 3: en place justement par ces réseaux criminels, faire commettre le
- 0:57Speaker 3: crime le plus grave par des mineurs parce qu'a priori
- 1:00Speaker 3: les sanctions pourraient être moins lourdes. Est-ce que vous partagez
- 1:03Speaker 3: cette inquiétude-là, vous
- 1:04Speaker 4: Écoutez, c'est un scope qui dépasse mon champ d'activité. Je
- 1:10Speaker 4: perçois le risque identifié dans les propos que vous tenez,
- 1:13Speaker 4: mais ça dépasse mon champ de compétences.
- 1:16Speaker 3: Alors revenons dans votre champ de compétences et parlons dans
- 1:18Speaker 3: quelques instants de la saturation de nos IPPJ. Mais avant ça,
- 1:21Speaker 3: est-ce qu'aujourd'hui notre justice est assez sévère avec les criminels
- 1:25Speaker 3: mineurs selon vous
- 1:26Speaker 4: Alors je pense aujourd'hui qu'on vit toute une série de
- 1:30Speaker 4: violences qui sont commises par les mineurs. que l'actualité nous
- 1:34Speaker 4: relaie régulièrement. On doit bien entendu condamner toutes ces formes
- 1:38Speaker 4: de violences. Et puis forcément, il y a toutes les
- 1:42Speaker 4: réponses qui sont amenées par les magistrats de la jeunesse,
- 1:45Speaker 4: tous les besoins qu'ils nous émettent. Et on constate aujourd'hui
- 1:48Speaker 4: que le système est sous pression.
- 1:50Speaker 3: Oui, sous pression, encore le mot est assez faible. Nos
- 1:52Speaker 3: IPPJ sont saturés après les violences, notamment du 9 octobre
- 1:56Speaker 3: à Bruxelles. Trois mineurs n'ont pas pu être placés alors
- 1:58Speaker 3: qu'un juge le demandait. Comment on en est arrivé là,
- 2:01Speaker 3: madame la ministre?
- 2:01Speaker 4: Alors, trois mineurs n'ont pas pu être placés, mais je
- 2:04Speaker 4: confirme qu'ils ont été placés depuis. Donc aujourd'hui, on a
- 2:08Speaker 4: 245 places disponibles au niveau de nos IPPJ. On sait
- 2:11Speaker 4: que le système est sous pression et c'est la raison
- 2:13Speaker 4: pour laquelle on va augmenter le nombre de prises en charge.
- 2:16Speaker 4: Puisqu'à l'horizon 2028, on aura créé plus de 50 places
- 2:20Speaker 4: complémentaires pour dépasser
- 2:21Speaker 3: le seuil... 2028, les magistrats en ont besoin maintenant. Qu'est-ce
- 2:24Speaker 3: qu'on fait maintenant alors
- 2:25Speaker 4: Alors maintenant, il y a 245 places qui
- 2:27Speaker 3: sont
- 2:27Speaker 4: disponibles et à côté des prises en charge en IPPJ,
- 2:30Speaker 4: il y a d'autres outils comme les équipes mobiles d'accompagnement
- 2:32Speaker 4: où des services vont au domicile du jeune pour veiller
- 2:35Speaker 4: à ce qu'il respecte sa peine, veiller à sa réinsertion,
- 2:39Speaker 4: veiller à son environnement familial aussi. On sait combien c'est
- 2:41Speaker 4: important dans le cadre de la reconstruction familiale. ou au
- 2:44Speaker 4: contraire dans un parcours qui pourrait dégénérer à nouveau pour
- 2:48Speaker 4: le jeune. Il y a d'autres outils qui sont les
- 2:49Speaker 4: services d'action restauratrice et éducatif, qui sont des outils similaires
- 2:53Speaker 4: à des peines de travail qui sont disponibles. On a
- 2:55Speaker 4: d'ailleurs augmenté le nombre de prises en charge en équipe
- 2:57Speaker 4: mobile d'accompagnement. Et la plus belle preuve que c'était une
- 3:00Speaker 4: réponse favorable, c'est que la liste d'attente pour ces outils
- 3:02Speaker 4: est passée depuis le mois de janvier de 120 à
- 3:05Speaker 4: une quarantaine de prises en charge en attente
- 3:06Speaker 3: Mais nos IPPJ, comment vous expliquez qu'elles soient saturées? C'est
- 3:09Speaker 3: quoi les explications
- 3:11Speaker 4: Il y a 300 jeunes aujourd'hui qui sont en attente
- 3:14Speaker 4: d'une place en IPPJ. Je pense qu'il faut relativiser ce
- 3:19Speaker 4: nombre de jeunes qui sont sur cette liste d'attente, parce
- 3:22Speaker 4: que ce n'est pas parce qu'il y a 300 jeunes
- 3:24Speaker 4: que ce sont des jeunes qui sont sans réponse, comme
- 3:26Speaker 4: je l'ai dit, Parfois, les magistrats mettent ces jeunes sur
- 3:30Speaker 4: une liste d'attente aussi parce qu'ils imaginent que la situation
- 3:33Speaker 4: peut dégénérer et on met le jeune sur la liste
- 3:35Speaker 3: d'attente. Mais sur le phénomène structurel, il y a plus
- 3:37Speaker 3: de cas commis justement par des mineurs. Est-ce que ces
- 3:40Speaker 3: cas sont plus violents? Est-ce que les juges eux-mêmes tentent
- 3:42Speaker 3: de plus faire appliquer justement la loi? Comment vous expliquez
- 3:45Speaker 3: simplement que ces IPPJ soient saturés
- 3:47Speaker 4: Alors, la liste effectivement a tendance à augmenter. Je pense
- 3:51Speaker 4: aussi qu'on est dans le cadre d'une justice plus répressive.
- 3:55Speaker 4: Vous le
- 3:55Speaker 3: dénoncez ça par exemple
- 3:57Speaker 4: Je pense que c'est au magistrat de décider eux-mêmes les
- 4:00Speaker 4: peines qu'il souhaite appliquer par rapport aux jeunes. Mais ce
- 4:04Speaker 4: que je voulais vraiment répéter, c'est le fait que ces
- 4:07Speaker 4: 300 jeunes... ne sont pas nécessairement sans réponse. Les deux
- 4:10Speaker 4: tiers de ces jeunes ont aujourd'hui une réponse qui leur
- 4:12Speaker 4: est appliquée. De manière parallèle, on doit aussi veiller à
- 4:16Speaker 4: ce que l'occupation des places en IPPJ soit optimalisée. C'est
- 4:20Speaker 4: tout un travail qu'on mène avec les magistrats. Parfois, on
- 4:22Speaker 4: a des jeunes qui occupent une place, qui sont en
- 4:24Speaker 4: congé pendant deux mois, trois mois. La place est libre.
- 4:26Speaker 4: Comment est-ce qu'on peut faire pour faciliter l'optimisation par rapport
- 4:30Speaker 4: à l'occupation de ces places
- 4:32Speaker 3: De quel genre de cas on parle quand on dit
- 4:33Speaker 3: qu'un jeune est envoyé en IPPJ? Est-ce que ce sont
- 4:35Speaker 3: des faits graves ou ça peut être des choses moins
- 4:37Speaker 3: graves
- 4:39Speaker 4: Évidemment ce sont toujours des situations individuelles mais ce sont
- 4:43Speaker 4: des jeunes qui ont commis des situations de violences sexuelles
- 4:47Speaker 4: d'atteinte aux personnes. Voilà, le panel de faits est large, évidemment.
- 4:55Speaker 4: Ceci étant, on vient de mener une étude avec l'Institut
- 4:58Speaker 4: National de Criminalité. On constate au travers de cette étude
- 5:01Speaker 4: que le nombre... de situations et de faits commis par
- 5:05Speaker 4: les jeunes en infraction restent assez stables. Ce qui varie aujourd'hui,
- 5:09Speaker 4: c'est le type de faits. Comme je l'ai dit, les
- 5:11Speaker 4: faits atteints aux personnes et les faits liés aux violences
- 5:14Speaker 4: sexuelles sont en augmentation. Et à contrario, on voit que
- 5:17Speaker 4: les situations liées au vol, par exemple, ou même au narcotrafic, étonnamment,
- 5:21Speaker 4: contrairement à ce qu'on pourrait penser, sont quant à eux
- 5:23Speaker 4: en diminution.
- 5:24Speaker 3: Mais donc, le scénario d'un juge qui va condamner un
- 5:27Speaker 3: jeune à être placé en IPPJ pour des faits graves
- 5:29Speaker 3: ou très graves et qui restera en liberté à cause
- 5:31Speaker 3: de la saturation de ces maisons-là, ce scénario, il n'existe
- 5:34Speaker 3: pas
- 5:35Speaker 4: Alors... Fait grave ou très grave, il y a toujours
- 5:38Speaker 4: en IPPJ des places qui sont disponibles pour les situations d'urgence.
- 5:41Speaker 4: La plus belle preuve, c'est la situation dont on a
- 5:43Speaker 4: parlé en début d'interview. Pour le reste, effectivement, je ne
- 5:47Speaker 4: vais jamais nier qu'un magistrat aujourd'hui peut se retrouver par
- 5:50Speaker 4: rapport à une demande de placer un jeune en IPPJ
- 5:53Speaker 4: pour laquelle on ne peut pas répondre positivement. Mais dans
- 5:56Speaker 4: les faits, le jeune se voit apporter une réponse, soit
- 5:59Speaker 4: au travers d'une place en IPPJ dans les jours qui suivent,
- 6:01Speaker 4: soit au travers d'un outil alternatif.
- 6:03Speaker 3: Sortons un tout petit peu de la Belgique, Madame la Ministre,
- 6:05Speaker 3: et regardons ce qui s'est passé en France. Des images
- 6:07Speaker 3: qui ont choqué à peu près tout le monde, des
- 6:08Speaker 3: images de violence. Est-ce que vous craignez qu'on puisse connaître
- 6:11Speaker 3: la même situation chez nous, en Belgique, avec parfois aussi
- 6:14Speaker 3: des mineurs impliqués
- 6:15Speaker 4: C'est des violences qui me choquent, bien évidemment aussi. C'est
- 6:18Speaker 4: des violences qu'on voit dans certaines manifestations en Belgique. Ceci étant,
- 6:24Speaker 4: moi je ne voudrais pas que ce soit la seule
- 6:25Speaker 4: image qu'on retienne de notre jeunesse. Je pense que la
- 6:27Speaker 4: jeunesse aujourd'hui, elle fait face à des préoccupations majeures, des
- 6:30Speaker 4: préoccupations liées... à la transition climatique, à l'arrivée de l'intelligence artificielle,
- 6:36Speaker 4: à des questionnements par rapport à la mobilité, par rapport
- 6:39Speaker 4: à l'enseignement, par rapport au logement. Et donc je pense
- 6:41Speaker 4: aussi qu'il faut retenir de ces manifestations que la jeunesse
- 6:45Speaker 4: veut se faire entendre, qu'elle a des messages à nous
- 6:47Speaker 4: faire passer et c'est ce à quoi on doit travailler
- 6:49Speaker 4: avec elle.
- 6:49Speaker 3: Mais plus largement, si un mineur casse, est-ce que le
- 6:51Speaker 3: mineur paye
- 6:52Speaker 4: Alors si le mineur casse, le mineur, s'il est condamné...
- 6:56Speaker 4: aura des sanctions qui sont derrière. Je voulais juste préciser
- 7:01Speaker 4: le mineur paye. Aujourd'hui, quand un mineur est pris en
- 7:06Speaker 4: charge par un service d'aide à la jeunesse, En ce
- 7:09Speaker 4: qui concerne les allocations familiales, aujourd'hui, deux tiers de ces
- 7:12Speaker 4: allocations familiales sont retenues pour les services d'aide à la
- 7:15Speaker 4: jeunesse et un tiers est mis sur un compte pour
- 7:17Speaker 4: le jeune
- 7:18Speaker 3: Donc la proposition de Jean-Louis Boucher de pénaliser les parents
- 7:20Speaker 3: et toucher aux allocations familiales des parents ou de la famille,
- 7:23Speaker 3: vous en pensez quoi vous
- 7:23Speaker 4: Mais c'est une disposition qui existe déjà aujourd'hui.
- 7:27Speaker 3: Un dernier mot peut-être sur les réseaux sociaux qui sont
- 7:28Speaker 3: parfois aussi source de rassemblements, notamment en France. Gabrielle Attal
- 7:32Speaker 3: propose de les suspendre en cas justement de manifestation d'ampleur.
- 7:36Speaker 3: Qu'est-ce que vous pensez de ça, vous
- 7:37Speaker 4: Ça met surtout en avant la nécessité de travailler l'éducation
- 7:40Speaker 4: aux médias auprès de nos jeunes.
- 7:41Speaker 3: Merci en tout cas Madame la Ministre d'avoir répondu à
- 7:43Speaker 3: toutes nos questions.
- 7:43Speaker 4: Merci à vous
- 7:44Speaker 2: Alors je retiens ce matin que vous avez confirmé l'arrestation
- 7:46Speaker 2: d'un jeune mineur dans le cadre de la mort de
- 7:47Speaker 2: Nordin El Talbi, arrêté, déjà connu des services et une
- 7:51Speaker 2: place est réservée en IPPJ. A propos de l'arsenal chez nous,
- 7:54Speaker 2: 240 places disponibles et d'ici 2028, 50 places supplémentaires. Et
- 7:58Speaker 2: puis sur l'argent qui fait tant parler, deux tiers des
- 8:01Speaker 2: allocations familiales retenues par les services d'aide à la jeunesse
- 8:03Speaker 2: s'il y a condamnation. Merci Valérie Lescroni d'être restée sur
- 8:06Speaker 2: Bel Air TL ce matin. Merci
- 8:08Speaker 4: à vous, bonne journée.