Latest / Vocal du Jeudi / Peut mieux faire
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- Ce mois-ci, plusieurs entreprises m'ont contacté pour former des alternants. Pas des débutants total, hein, des bac+2, des bac+4, déjà en poste. Et à chaque fois, le même constat côté entreprise : leur niveau sur l'IA ne correspond pas à ce qu'on attend d'eux aujourd'hui. Pile au moment où le système scolaire, lui, commence tout juste à s'y mettre. Alors qu'est-ce qui se passe vraiment côté école, cette rentrée 2026 ? Deux choses bien différentes, et beaucoup de monde les confond. Au lycée, la Région Île-de-France propose aux enseignants un assistant de correction par IA, en maths et en français. Attention, c'est pas l'IA qui corrige toute seule dans son coin : elle propose une correction, façon brouillon, et c'est le prof qui valide, modifie ou reprend, avant que ça arrive à l'élève. Un sondage Kantar de cet été le confirme d'ailleurs bien : 74% des parents acceptent l'IA pour les devoirs, mais 95% rejettent l'idée qu'elle donne directement la réponse à l'élève. Le message est clair, les gens veulent un outil d'aide, pas un substitut. Et justement, cette généralisation fait grincer des dents : des syndicats d'enseignants s'y opposent, en pointant le risque sur la relation prof-élève. Au collège, c'est différent : c'est pas de la correction, c'est de la sensibilisation. Depuis cette rentrée, un parcours appelé Pix IA devient obligatoire pour tous les élèves de 4e, ainsi que les secondes générales et les premières années de CAP. L'idée, c'est d'apprendre à comprendre l'IA avant de la manipuler. Et c'est là que je fais le lien avec mon anecdote du début. On est un peu dans la scène de Matrix où Néo se fait uploader le kung-fu direct dans le cerveau et dit « je sais faire du kung-fu ». Ce serait pratique, hein, choisir une compétence, l'installer, et hop, c'est bon. Sauf que dans la vraie vie, il faut du temps pour former quelqu'un correctement à l'IA, et ce temps, notre système est en train de le rattraper. C'est pas une critique gratuite, c'est ce que je constate sur le terrain, avec mes propres missions de formation ces dernières semaines. Moi je le vis comme un vrai décalage. Pas une catastrophe nationale, je n'ai pas de chiffres pour comparer la France aux autres pays là-dessus, mais sur le terrain, très concrètement, je vois des jeunes diplômés qu'on doit re-former d'urgence parce que l'école n'a pas eu le temps de les préparer. On est en train de rattraper ce temps de formation, mais on n'y est pas encore. Et j'ajouterais un point qui me tient à cœur : utiliser une IA, ça a un coût énergétique réel, et apprendre à se poser la question avant de s'en servir devrait faire partie du socle de base, au même titre qu'apprendre à s'en servir. Utiliser un marteau-piqueur pour planter un clou, ça n'a jamais été une bonne idée, pour ton mur ou pour la planète. Cette rentrée, l'IA arrive à deux vitesses : correction assistée au lycée, sensibilisation obligatoire au collège avec Pix IA. Deux dispositifs, deux publics, ne les confonds pas. Et le vrai enjeu, à mon avis, c'est le temps de formation qu'on n'a pas encore rattrapé. Moi c'est Stéphane, et j'essaie juste de t'aider à avancer dans l'IA sans perdre tes valeurs en route.