Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Des datas et des Hommes : Capitaliser le savoir
Transcript
- 0:00Et ceux qui pensent qu'acheter un outil,
- 0:03le mettre en place,
- 0:04ça va résoudre tous leurs problèmes,
- 0:06ils se mettent le doigt dans l'œil.
- 0:07Si je devais recevoir un euro à chaque fois que j'ai un prospect ou un client qui m'a dit « je veux faire de l'IA » ,
- 0:12je crois que je serais riche.
- 0:13En gros,
- 0:13il y a énormément de pocs qui n'ont jamais débouché sur rien.
- 0:17Ceux qui ne font pas le pas,
- 0:18je dirais,
- 0:19dans dix ans,
- 0:20on n'en entendra plus parler.
- 0:21Et quelque part,
- 0:22la data,
- 0:23ce sont les yeux quand on est dans l'industrie de procédés.
- 0:26Globalement,
- 0:26aujourd'hui,
- 0:27en termes de ressources humaines,
- 0:28on est à l'os.
- 0:29C'est les équipes du terrain qui ont pris l'initiative et on découvre qu'il y a des choses qui ont été faites et qui sont pertinentes.
- 0:35Parce que c'était techno-centré ou outil-centré et pas du tout centré sur des besoins,
- 0:41des usages,
- 0:41des enjeux.
- 0:42Quand je fais visiter l'usine à des jeunes et qu'ils voient la pile de papier,
- 0:48les saisies à faire au stylo,
- 0:50dans les papiers,
- 0:50etc.
- 0:52Alors qu'à la maison,
- 0:52ils ont la tablette ou ils servent au quotidien.
- 0:58C'est un vrai frein pour recruter.
- 1:00Quand on dirige une PME industrielle,
- 1:01on avance à l'instinct,
- 1:02d'urgence en urgence.
- 1:04Et parfois,
- 1:04on se sent seul face à des décisions toujours plus complexes.
- 1:07Ce podcast,
- 1:08c'est l'endroit où on prend une pause utile,
- 1:10où on s'ouvre à d'autres façons de faire,
- 1:12où on puise de l'inspiration pour améliorer l'efficacité sans y laisser sa santé.
- 1:17Je suis Perrine Thiébaut,
- 1:18et j'ai créé ce podcast comme une boîte à outils pour les dirigeants de l'industrie.
- 1:22Tools make connect,
- 1:23but process makes perfect.
- 1:25Et si on parle vrai,
- 1:26on part du terrain.
- 1:27et on partage ce qui fonctionne.
- 1:29Bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- 1:38Bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- 1:40Aujourd'hui,
- 1:40on plonge au cœur de la transformation digitale des usines avec un expert du terrain,
- 1:44Mathieu Cura,
- 1:45ingénieur de formation et cofondateur d'Optimistik.
- 1:48Après une carrière dans l'industrie de procédés,
- 1:50en Chine puis en France,
- 1:52Mathieu a vu de près les défis et blocages du monde industriel.
- 1:55Son constat ?
- 1:56Sans data.
- 1:56pas de performance durable.
- 1:58On parle de choc culturel au retour de Chine,
- 2:00de modernisation indispensable,
- 2:02mais surtout de l'importance de redonner du pouvoir aux équipes grâce à la donnée.
- 2:06Pourquoi certains projets digitaux échouent-ils ?
- 2:08Faut-il absolument viser les technologies les plus avancées ?
- 2:11Comment embarquer les équipes dans un projet viable tout en évitant les pièges de gadgets techno ?
- 2:16On y répond sans langue de bois dans cet échange riche en retour d'expérience.
- 2:19C'est parti !
- 2:21Bonjour à tous et bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- 2:23Aujourd'hui,
- 2:24je reçois Mathieu Cura
- 2:25le fondateur d'Optimistik.
- 2:28Déjà,
- 2:28bonjour Mathieu,
- 2:29bienvenue sur le podcast.
- 2:30Bonjour Perrine,
- 2:31merci.
- 2:32Est-ce que pour commencer,
- 2:32tu pourrais nous présenter ton parcours et nous parler un peu de comment tu es en arrivé là aujourd'hui ?
- 2:38Alors,
- 2:38moi c'est simple,
- 2:39je suis un ingénieur généraliste.
- 2:40J'ai commencé ma carrière dans l'industrie de procédés,
- 2:45de l'industrie lourde,
- 2:46pour la fabrication d'acides aminés par fermentation,
- 2:49pour être précis.
- 2:51Métier que j'ai commencé à pratiquer d'abord en Chine.
- 2:54sur des fonctions de support technique pendant 4 ans,
- 2:58puis en France pendant 7 ans,
- 3:01en prenant progressivement diverses responsabilités et pour finir directeur de production sur un site industriel.
- 3:07Ensuite,
- 3:08j'ai passé quelques années dans le secteur de l'énergie,
- 3:11à nouveau sur des fonctions opérationnelles,
- 3:13pour ensuite créer Optimistik en 2015 avec deux autres associés,
- 3:18avec pour idée de simplifier et démocratiser l'usage de la donnée dans les usines.
- 3:24C'est absolument pour ça que je t'ai invité aujourd'hui.
- 3:29Ton profil m'intéresse beaucoup et je pense qu'il intéressera aussi nos auditeurs.
- 3:33Tu as vraiment ce profil industriel qui s'est rendu compte des problèmes sur le terrain et qui est venu finalement avec une solution d'exploitation de la donnée.
- 3:40Donc,
- 3:40on va en reparler.
- 3:41D'ailleurs,
- 3:42quand on a préparé l'épisode ensemble,
- 3:43tu m'as parlé justement de ton retour de Chine,
- 3:47puisque tu as commencé à travailler là-bas,
- 3:48comme tu nous l'as dit,
- 3:49et tu m'en as parlé comme d'un choc.
- 3:50tu peux nous...
- 3:52nous parler de ton ressenti justement quand tu es revenu de Chine et de ce que tu as constaté en France en comparaison ?
- 3:58L'histoire,
- 3:59c'est que quand j'étais en Chine,
- 4:01l'industrie était en train de se construire là-bas.
- 4:03Donc,
- 4:03on était dans une dynamique qui n'avait rien à voir avec la France ou au contraire,
- 4:07on avait des entreprises industrielles qui souffraient de la concurrence internationale.
- 4:12Alors,
- 4:12je précise,
- 4:13j'étais en Chine dans une activité qui produisait là-bas pour le marché local,
- 4:18pas dans une logique...
- 4:19de produire à bas coût pour renvoyer les produits chez nous en Europe.
- 4:24Parce qu'en fait,
- 4:24je travaillais dans un domaine qui est plutôt un domaine de commodité et où la proximité était importante avec le marché du logistique.
- 4:31Mais j'irais,
- 4:32oui,
- 4:32sur cette différence de dynamique,
- 4:33c'est-à-dire qu'on était dans une,
- 4:36on va dire en France,
- 4:37dans une situation quelque part d'usine vieillissante,
- 4:41ayant du mal à se renouveler dans sa manière de produire de manière efficace.
- 4:46mais pour autant je dirais ce choc
- 4:49passé avec mes collègues et mes équipes,
- 4:52on a pu faire de belles choses,
- 4:54en particulier avec des démarches d'excellence opérationnelle pour redresser la barre et aujourd'hui c'est une usine qui tourne bien,
- 5:00donc je dirais que ce n'est pas une fatalité.
- 5:02Par contre,
- 5:03je dirais que
- 5:05L'industrie est un métier qui demande beaucoup d'exigence.
- 5:08C'est un métier très exigeant qui nécessite des approches pluridisciplinaires et donc de l'engagement si on veut résoudre des problèmes et s'améliorer.
- 5:19Et donc,
- 5:19je pense qu'il y a beaucoup de choses autour de la volonté et la volonté du management pour faire évoluer les choses.
- 5:27Et moi,
- 5:28je reste convaincu qu'on a largement moyen de concurrencer nos...
- 5:34compétiteurs étrangers,
- 5:36en faisant tourner nos usines le mieux possible.
- 5:40Donc,
- 5:40en fait,
- 5:41quand tu reviens,
- 5:42tu te dis qu'on a peut-être pris un peu de retard,
- 5:46mais que finalement,
- 5:48en mettant les bonnes personnes au bon endroit et la bonne énergie,
- 5:51tout est possible.
- 5:51C'est plutôt positif,
- 5:52du coup,
- 5:53comme bilan.
- 5:53À l'époque,
- 5:54je n'aurais pas dit qu'on avait du retard,
- 5:56puisqu'en fait,
- 5:57l'industrie en Chine était en train de se développer et de se moderniser un peu en même temps.
- 6:03Le retard,
- 6:03c'est quelque part aujourd'hui qu'on l'a.
- 6:05C'est-à-dire que l'industrie chinoise correspond en fait à des investissements qui ont été faits ces dernières 20 années.
- 6:12Donc les Chinois ont un outil de production industrielle,
- 6:15je dirais,
- 6:15qui est moderne,
- 6:16qui a pu,
- 6:18je dirais,
- 6:18quand on construit un site en greenfield,
- 6:21en partant de rien ces 20 dernières années,
- 6:23on a moyen d'optimiser tous les aspects,
- 6:25la logistique,
- 6:26les flux,
- 6:27les aspects environnementaux,
- 6:28etc.
- 6:29Quand on est sur un site industriel qui a 150 ans,
- 6:32d'histoire,
- 6:33c'est pas la même chose.
- 6:35C'est beaucoup plus compliqué de se moderniser et quelque part,
- 6:38la France a une longue histoire industrielle et fait face à ces défis-là.
- 6:43Il y a des sujets autour du foncier,
- 6:44autour des bassins industriels,
- 6:47de la logistique.
- 6:48Quand on construisait des usines d'aluminium au fin fond des Alpes parce qu'il y avait l'électricité qui venait des barrages il y a un siècle et demi,
- 6:56je dirais que la situation géographique n'est plus forcément optimale aujourd'hui où l'électricité
- 7:02n'est pas le sujet,
- 7:03mais la logistique pour amener la bauxite dans l'usine en est un.
- 7:06Donc,
- 7:07je dirais,
- 7:08on a quelque part,
- 7:09on souffre du fait d'avoir été pionnier dans le développement de l'industrie.
- 7:13Et aujourd'hui,
- 7:14il faut se moderniser,
- 7:15on n'a pas le choix.
- 7:16À nouveau,
- 7:16ce n'est pas impossible,
- 7:18mais on a un certain nombre d'enjeux de ce point de vue-là.
- 7:20Donc,
- 7:21non,
- 7:21la Chine à l'époque n'était pas en avance.
- 7:22Par contre,
- 7:22ce qu'on voyait,
- 7:23c'est qu'elle allait très,
- 7:24très vite.
- 7:25Et aujourd'hui,
- 7:26la question,
- 7:26c'est,
- 7:27il faut aussi qu'on aille vite.
- 7:30De ce point de vue-là,
- 7:31il y a peut-être quand même des sujets autour de la responsabilité de nos institutions et de l'État pour permettre d'aller vite.
- 7:37C'est un autre sujet que je n'aborderai pas aujourd'hui,
- 7:40mais également dans les organisations des entreprises,
- 7:42peut-être à changer de momentum pour poursuivre la réalité du monde dans lequel on évolue.
- 7:49Est-ce que c'est tout de suite à ton retour en France que tu t'es dit que le digital,
- 7:53c'était un incontournable et qu'il fallait le mettre en place le plus vite possible ?
- 7:58Alors,
- 7:59pas immédiatement.
- 8:00Alors,
- 8:00il s'avère que moi,
- 8:00j'ai une formation à la base où je me suis plutôt spécialisé dans les sujets autour de l'électronique,
- 8:08des systèmes d'information,
- 8:10du digital.
- 8:11Et donc,
- 8:11quand je suis rentré en France,
- 8:14je suis arrivé sur des sujets de performance industrielle où quelque part,
- 8:20la data devenait indispensable.
- 8:22Alors,
- 8:22je vais m'expliquer.
- 8:23Alors,
- 8:23je suis un peu biaisé parce que je viens de l'industrie de procédés.
- 8:26Et l'industrie de procédés,
- 8:27c'est quoi ?
- 8:27C'est des très gros équipements,
- 8:29on ne voit pas forcément ce qui se passe dedans.
- 8:31Il y a des tuyaux,
- 8:32il y a des cuves,
- 8:32ce n'est pas comme un atelier d'assemblage où,
- 8:35quelque part,
- 8:36quand on veut améliorer les choses,
- 8:37on va sur le terrain,
- 8:38on fait du game-bas,
- 8:39on regarde,
- 8:40on observe et on va trouver,
- 8:41en général,
- 8:42plein de pistes d'amélioration.
- 8:43Dans une usine qui est faite de tuyaux et de gros équipements,
- 8:45on ne voit pas ce qui se passe à l'intérieur,
- 8:47ce n'est pas tout à fait la même chose.
- 8:49Donc,
- 8:49les approches sont différentes.
- 8:51Et quelque part,
- 8:52la data,
- 8:53ce sont les yeux.
- 8:54quand on est dans l'industrie de procédés.
- 8:55C'est-à-dire qu'on a des capteurs qui vont nous informer sur ce qui se passe dans les équipements.
- 8:59On va avoir également des informations qui sont récupérées par les opérateurs qui sont sur le terrain.
- 9:05On va avoir également d'autres choses.
- 9:07Par exemple,
- 9:08quand on prélève des échantillons,
- 9:09qu'on fait des analyses au laboratoire,
- 9:11là,
- 9:11c'est à nouveau de l'information qui va être pertinente.
- 9:13Et quelque part,
- 9:15c'est cette matière-là qui est intéressante.
- 9:16Et en fait,
- 9:16je me suis rendu compte d'une chose,
- 9:17c'est que si je reviens en 2005,
- 9:21quand je suis rentré en France,
- 9:23on avait assez peu d'outils pour manipuler cette data,
- 9:27pour la collecter et pour l'utiliser de manière efficiente.
- 9:30Et surtout,
- 9:31c'était un sujet,
- 9:32et ça l'est encore dans beaucoup d'entreprises d'ailleurs,
- 9:35un sujet d'experts,
- 9:36c'est-à-dire quelques personnes qui,
- 9:38dans l'organisation,
- 9:39ont une petite appétence pour la donner et se disent « je vais regarder et je vais le faire » .
- 9:43Mais ça reste limité.
- 9:46Ok. Je pense que je me doute de la réponse,
- 9:47mais je vais quand même te poser la question.
- 9:49Aujourd'hui,
- 9:50là,
- 9:50maintenant,
- 9:51Le digital,
- 9:51c'est un levier de performance ou c'est un passage obligé pour rester compétitif ?
- 9:55Alors en fait,
- 9:57pour moi,
- 9:57c'est un passage obligé.
- 9:58C'est-à-dire qu'en gros,
- 10:00on est dans le prolongement de ce qu'on a mis en place avec le Lean,
- 10:04l'excellence opérationnelle,
- 10:06les démarches Six Sigma,
- 10:07etc.
- 10:07Et en fait,
- 10:08la data n'est pas à opposer à tout ça.
- 10:11En fait,
- 10:11c'est un élément en plus qui vient nourrir ces approches.
- 10:14Comme je le disais,
- 10:15ce sont des approches qui sont basées sur la mesure.
- 10:19La mesure,
- 10:19c'est de l'information.
- 10:20Et la data,
- 10:21c'est ça.
- 10:21Donc la question,
- 10:22c'est comment cette donnée
- 10:24On va la collecter de manière,
- 10:25je dirais,
- 10:26la plus exhaustive possible et d'une certaine manière,
- 10:29être capable de la mettre dans les mains de ceux qui en ont besoin au quotidien,
- 10:34de l'opérateur jusqu'au patron de site,
- 10:36en passant par les services centraux au niveau groupe,
- 10:39en passant par la maintenance,
- 10:41la production,
- 10:41la qualité.
- 10:42Donc la question,
- 10:43c'est comment cette matière qui est indispensable pour s'améliorer,
- 10:47on la met à disposition de ceux qui en ont besoin et qui vont pouvoir construire par eux-mêmes
- 10:53les usages dont ils ont besoin pour travailler et répondre aux objectifs qu'on leur fixe,
- 11:00sachant que,
- 11:01petite précision,
- 11:02ces objectifs,
- 11:03il y a une particularité dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui,
- 11:06c'est qu'ils changent assez fréquemment.
- 11:08On peut se retrouver à passer d'une situation où l'outil de production est saturé,
- 11:12ce qu'on a connu dans un certain nombre de secteurs d'activité pendant le Covid,
- 11:15à une situation où l'enjeu numéro un,
- 11:17c'est de réduire les coûts d'énergie et les coûts matière.
- 11:21Et en fait,
- 11:22les priorités évoluent et donc l'agilité et la capacité à passer d'un enjeu à un autre en fonction du contexte devient de plus en plus important.
- 11:33Et donc,
- 11:34il va falloir que le système,
- 11:36on va dire,
- 11:36autour de la donnée,
- 11:37permette de le faire.
- 11:38Savoir bien collecter la donnée,
- 11:40bien la contextualiser pour qu'elle soit exploitable.
- 11:42Et le sujet sur lequel je te rejoins complètement,
- 11:45c'est la présenter à la bonne personne,
- 11:47au bon endroit,
- 11:48au bon moment,
- 11:48pour qu'on soit capable d'en faire quelque chose et de ne pas non plus noyer dans le marasme de données les différentes personnes.
- 11:56Et petite,
- 11:56pour rebondir,
- 11:57tu as dit la présenter.
- 11:59Et en fait,
- 12:00ce n'est pas forcément la présenter,
- 12:02c'est que celui qui en a besoin puisse aller la chercher et construire les choses.
- 12:07Parce qu'en fait,
- 12:07on a été pendant très longtemps,
- 12:09et c'est encore le cas dans beaucoup d'organisations,
- 12:11dans une logique où il va y avoir un service qui va construire les choses pour l'utilisateur.
- 12:17En fait,
- 12:17il faut donner la main à l'utilisateur.
- 12:19C'est le cas dans toutes les applications qu'on a dans nos systèmes,
- 12:23dans nos outils,
- 12:25au quotidien,
- 12:25à titre personnel.
- 12:27Il faut que dans l'usine,
- 12:28ça soit pareil.
- 12:30En soi,
- 12:30je te rejoins.
- 12:31Pour moi,
- 12:32c'est un petit peu le monde idéal,
- 12:33le fonctionnement du monde idéal,
- 12:34parce qu'aujourd'hui,
- 12:35on a quand même beaucoup de monde dans l'industrie qui a besoin d'être un petit peu poussé pour prendre plus tard les outils en main.
- 12:41Mais en soi,
- 12:41oui,
- 12:41une fois qu'ils ont mis les mains dedans,
- 12:43souvent,
- 12:43ils sont très capables et ils ont très envie de faire eux-mêmes et de chercher par eux-mêmes.
- 12:47Alors,
- 12:48tu viens de lever un sujet,
- 12:49c'est la conduite du changement.
- 12:51C'est-à-dire que quand on veut faire ça,
- 12:52il y a des freins à tous les étages.
- 12:55Alors,
- 12:55ça va dépendre de la culture de l'entreprise,
- 12:57ça va dépendre de plein d'éléments,
- 12:58mais on peut trouver des freins au niveau du management,
- 13:01on peut trouver des freins au niveau des DSI,
- 13:03on peut trouver des freins au niveau du terrain.
- 13:07La question,
- 13:08c'est ces freins,
- 13:09il faut trouver les moyens d'élever.
- 13:10Et donc ça,
- 13:11c'est des choses,
- 13:12je dirais,
- 13:13des approches qui existent depuis longtemps.
- 13:16pour traiter ces sujets-là.
- 13:18C'est vraiment un point à ne pas négliger.
- 13:19Il faut savoir embarquer les équipes,
- 13:21fédérer aussi les équipes autour de ce sujet en leur montrant,
- 13:26et ça c'est la responsabilité de ceux qui portent ces démarches,
- 13:29en leur montrant ce que ça va leur apporter,
- 13:31à eux également,
- 13:32à ces équipes.
- 13:33Parce que,
- 13:34je dirais,
- 13:35la digitalisation,
- 13:37c'est aussi l'opportunité de supprimer des tâches qui ne sont pas les plus intéressantes aux différents niveaux de l'organisation.
- 13:45mais c'est également un moyen de revaloriser l'autonomie,
- 13:49la prise de décision,
- 13:50et de la ramener là où c'est le plus pertinent dans l'organisation,
- 13:54et quelque part de donner cette logique de
- 13:57« chacun doit réfléchir quand des sujets se posent »
- 14:00pour apporter des solutions.
- 14:02Et ça,
- 14:02je dirais que ce n'est pas naturel.
- 14:04Il y a des organisations qui sont habituées à ça parce qu'elles sont biberonnées aux lignes depuis très longtemps.
- 14:09Je dirais que ce n'est pas la majorité.
- 14:10Donc il y a un vrai enjeu à accompagner ce changement-là.
- 14:13Et ceux qui pensent qu'acheter un outil,
- 14:16le mettre en place,
- 14:17ça va résoudre tous leurs problèmes,
- 14:19ils se mettent le doigt dans l'œil.
- 14:21Il y a un vrai enjeu d'accompagnement et d'avoir toute une démarche pour que le digital soit au service de la performance de l'entreprise.
- 14:28Oui,
- 14:28et de clarification du besoin,
- 14:30parce qu'effectivement,
- 14:30on peut acheter des tas d'outils qui ne correspondent pas à ceux dont on a besoin et les laisser sur étagère pendant longtemps,
- 14:35après avoir dépensé des milliers d'euros,
- 14:37voire plus,
- 14:38pour investir dedans en croyant à la solution magique.
- 14:42Je vois bien de quoi tu parles.
- 14:44J'essaye de convaincre là-dessus,
- 14:46mais ce n'est pas toujours simple de sortir de l'idée qu'un outil résoudra tous mes problèmes.
- 14:52Et puis,
- 14:53je dirais,
- 14:54chaque fois qu'on a des nouveaux mots-clés marketing,
- 14:57on va dire on a eu le big data,
- 14:58on a maintenant l'intelligence artificielle,
- 15:01l'IA générative,
- 15:02etc.
- 15:03Ce sont des technologies qui sont passionnantes,
- 15:05qui sont très pertinentes pour tout un tas de choses.
- 15:08Nous,
- 15:08typiquement,
- 15:08on les intègre dans nos produits au fur et à mesure que ces technologies sont disponibles.
- 15:13Mais ce ne sont que des technologies.
- 15:15Et la question,
- 15:16c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
- 15:17Pour quels usages ?
- 15:19Alors,
- 15:19nous,
- 15:20notre enjeu,
- 15:20c'est,
- 15:21comme on est éditeur de logiciels,
- 15:23C'est de transformer une technologie en des usages,
- 15:27des applications pour nos clients.
- 15:30Mais la question,
- 15:30en fait,
- 15:31ce n'est pas de savoir si j'ai de l'IA ou si j'ai de l'IA générative ou du big data.
- 15:35C'est comment j'ai des outils qui me permettent de répondre à mes enjeux.
- 15:39Et c'est ça le point de départ.
- 15:41C'est ça.
- 15:42Si je devais recevoir un euro à chaque fois que j'ai un prospect ou un client qui m'a dit je veux faire de l'IA,
- 15:47je crois que je serais riche,
- 15:48j'aurais plus besoin de travailler.
- 15:50Mais l'IA,
- 15:50ce n'est pas une fin en soi.
- 15:51Je te rejoins.
- 15:53On ne peut pas passer à côté,
- 15:54pour être clair.
- 15:56On ne peut pas passer à côté.
- 15:57C'est exactement comme l'automatisation.
- 15:59Quand on a eu les premiers automates programmables,
- 16:02ceux qui n'ont pas sauté le pas,
- 16:06ils ne sont plus là pour en parler aujourd'hui.
- 16:09Une des raisons pour lesquelles la France a un retard au niveau industriel,
- 16:12c'est que l'investissement dans la robotisation,
- 16:16par exemple,
- 16:16si on prend les industries plus manufacturées,
- 16:19On a très peu investi dans la robotisation comparé à d'autres pays,
- 16:23y compris en Asie.
- 16:24La Chine est un des pays où on investit le plus dans la robotisation.
- 16:27Ça paraît surprenant,
- 16:28mais par contre,
- 16:29c'est ceux qui ne font pas le pas,
- 16:31dans dix ans,
- 16:32on n'en entendra plus parler.
- 16:34En fait,
- 16:34c'est des outils,
- 16:35des technologies qui ne sont pas une fin en soi,
- 16:38mais qu'on doit obligatoirement prendre en compte et intégrer pour rester dans le jeu de la compétition.
- 16:44Tu avais commencé à aborder un peu le sujet de...
- 16:48La conduite du changement,
- 16:49vraiment,
- 16:49de toute la partie qui puisse avoir un impact positif sur l'ensemble des équipes,
- 16:54c'est un truc qui revient assez régulièrement,
- 16:56de se dire,
- 16:57si je digitalise ou si vous digitalisez,
- 16:59parce que souvent,
- 17:00les plus grands réfractaires à la transformation numérique de l'industrie globalement,
- 17:06vont être des gens qui n'ont jamais mis les pieds dans une usine et qui ne voient que de l'extérieur que ça va supprimer massivement des postes.
- 17:13Tu l'as dit tout à l'heure,
- 17:14et je trouve ça très important de le souligner encore,
- 17:17c'est c'est
- 17:17On réduit la tâche chronophage,
- 17:19on responsabilise,
- 17:21on transforme le métier aujourd'hui dans l'usine grâce à la digitalisation,
- 17:26mais globalement,
- 17:26on ne supprime pas des postes.
- 17:28Il faut être clair,
- 17:29je pense que si on discute avec les acteurs industriels,
- 17:33globalement,
- 17:34aujourd'hui,
- 17:34en termes de ressources humaines,
- 17:36on est à l'os.
- 17:36C'est-à-dire que tout le gras a déjà été enlevé,
- 17:39et on est plutôt dans une situation où les industriels n'arrivent pas à avoir suffisamment de gens compétents pour faire tourner.
- 17:47comme ils souhaiteraient leurs usines.
- 17:48Donc,
- 17:49il y a un vrai enjeu avec les ressources disponibles,
- 17:54faire,
- 17:54je n'irai pas le plus,
- 17:55mais le mieux.
- 17:56Et quelque part,
- 17:57quand on a des gens qui sont pointus,
- 17:59qui ont un savoir-faire,
- 18:00et à nouveau,
- 18:01quel que soit le niveau dans l'organisation,
- 18:04se poser la question de quelles sont les tâches inutiles qu'ils réalisent et comment les supprimer,
- 18:09parce qu'en fait,
- 18:10ce sont des tâches qui ne sont même pas intéressantes à faire,
- 18:13et comment on se remet au cœur du savoir et de la
- 18:16compétences,
- 18:18je pense que c'est un enjeu clé et globalement pour moi l'industrie sera très peu impactée en termes de réduction d'effectifs,
- 18:24voire pas impactée du tout par toutes ces transformations,
- 18:28les secteurs tertiaires seront beaucoup plus impactés et là je pense par contre il y a un vrai sujet de société à se poser autour de ça y compris de la place qu'on laisse à l'humain dans nos sociétés dans la relation client-fournisseur etc.
- 18:43Mais bon c'est pas le sujet de notre podcast mais clairement je pense que Merci.
- 18:46Et je te rejoins parce que j'ai eu le même genre de questions lors de conférences par des gens qui ne connaissent pas l'industrie.
- 18:52Ceux qui sont dans l'industrie voient très bien qu'on ne peut pas aller plus loin.
- 18:56Et le vrai sujet,
- 18:57c'est comment on fait mieux avec ce qu'on a.
- 18:59C'est ça.
- 19:00Tu parlais tout à l'heure d'usines qui ont été placées à certains endroits parce que c'était pratique à une époque.
- 19:05Il y a aussi la problématique d'aujourd'hui de certaines qui sont loin de la main d'œuvre.
- 19:09et il faut se différencier pour autre chose si on veut attirer enfin sur autre chose si on veut attirer des gens qui n'habitent pas forcément euh
- 19:15Pas loin,
- 19:16parce qu'aujourd'hui,
- 19:17les chiffres montrent qu'on change plus facilement de travail que de maison.
- 19:22Donc de toute façon,
- 19:22il va falloir être hyper convaincant pour attirer des talents si tu n'es pas au bon endroit.
- 19:26J'ai un de mes clients qui,
- 19:28je crois que c'était il y a 4-5 ans,
- 19:30j'allais le visiter sur son site,
- 19:32et il me disait « mais moi j'ai un problème,
- 19:35c'est que quand tu fais visiter l'usine à des jeunes et qu'ils voient la... »
- 19:38piles de papier,
- 19:40les saisies à faire,
- 19:41au stylo,
- 19:42dans les papiers,
- 19:43etc.
- 19:44Alors qu'à la maison,
- 19:45ils ont la tablette où ils servent au quotidien.
- 19:50C'est un vrai frein pour recruter.
- 19:52Aujourd'hui,
- 19:53eux,
- 19:53ils ont fait leur transition et je dirais tout est digitalisé.
- 19:56Et leurs équipes,
- 19:57d'ailleurs,
- 19:57c'est assez marrant,
- 19:58quel que soit l'âge,
- 20:00sont ravies et ne veulent surtout pas revenir au papier.
- 20:02Donc,
- 20:03il y a un vrai enjeu à la fois de motivation des équipes.
- 20:07de valorisation des équipes,
- 20:08mais également d'images de marques pour le recrutement.
- 20:12Tu prêches une convaincure de toute façon,
- 20:13mais je crois que c'est un message qu'il faut continuer de marteler.
- 20:17C'est important.
- 20:19Quand une entreprise décide de justement faire le pas,
- 20:23d'investir dans des outils qui répondent à un besoin,
- 20:26on va partir du principe qu'elle a déjà identifié ce dont elle avait besoin.
- 20:30Comment se met en ordre de bataille pour que ça marche ?
- 20:34pour que derrière l'outil soit bien accepté ?
- 20:38Qu'est-ce que tu as vu,
- 20:39toi,
- 20:39dans les accompagnements que tu as pu faire qui font qu'une entreprise va réussir et une autre,
- 20:44ça va être plus compliqué ?
- 20:45Alors,
- 20:46je vais préciser un point.
- 20:47Nous,
- 20:47on est éditeur de logiciels.
- 20:48On travaille avec un réseau de partenaires pour les implémentations et accompagnements.
- 20:52Pour autant,
- 20:52on a quand même une vue sur ce qui se passe.
- 20:55Clairement,
- 20:58ça naît assez tôt dans le process si on veut que ça réussisse.
- 21:01Et la première chose,
- 21:02c'est d'impliquer.
- 21:04le terrain et d'y aller progressivement.
- 21:06C'est-à-dire de chercher à attaquer sur un périmètre qui soit potentiellement réduit au départ,
- 21:12qui permette en fait de montrer ce qu'on peut apporter et comment on transforme la vie des équipes sur le périmètre qu'on va traiter,
- 21:19comment ça change la manière de travailler,
- 21:21comment ça permet d'aller plus loin,
- 21:23et pour ensuite,
- 21:24quelque part,
- 21:26embarquer le reste des équipes.
- 21:27Donc il y a un peu une approche tirée par l'exemple.
- 21:30Alors,
- 21:31c'est des notions de faire un pilote.
- 21:33Ce pilote permet également d'avoir des retours d'expérience sur les spécificités,
- 21:39on va dire,
- 21:40culturelles,
- 21:41organisationnelles,
- 21:42de l'industriel,
- 21:43pour penser la phase de déploiement derrière.
- 21:46Donc ça,
- 21:46c'est une première chose.
- 21:48La deuxième chose,
- 21:49c'est de focaliser quand même des sujets sur lesquels il y a des enjeux,
- 21:53et pas juste être,
- 21:54je veux digitaliser pour digitaliser.
- 21:57Donc c'est bien d'avoir quand même un fil conducteur,
- 21:59même si les enjeux vont s'ajouter.
- 22:01par la suite parce que comme je disais l'idée c'est d'avoir une approche globale de la data qui fait que l'industriel au fur et à mesure des nouveaux enjeux challenge qu'il va avoir va pouvoir avec ce qu'il a mis en place traiter ces nouveaux enjeux et être agile mais effectivement au démarrage il faut quand même avoir un fil conducteur c'est à dire qu'on travaille pas pour rien et que les équipes sentent la valeur qu'elles vont créer ça
- 22:21je dirais c'est le premier point c'est du pilotage après les méthodologies les approches je pense qu'on va pas réinventer le show de nouveau il y a des bonnes pratiques qu'il faut mettre en oeuvre
- 22:31Il faut que les gens aient de la ressource en temps.
- 22:33Il faut de l'animation,
- 22:37les basiques,
- 22:38les fondamentaux.
- 22:39Et puis,
- 22:39une fois qu'on a ça,
- 22:40qu'on a réussi à embarquer,
- 22:42c'est communiquer.
- 22:43Et d'ailleurs,
- 22:44c'est assez drôle,
- 22:44les clés pour que ça marche,
- 22:46c'est un peu les mêmes.
- 22:47Il s'avère que moi,
- 22:48j'ai lancé des chantiers d'excellence opérationnelle dans l'usine où je travaillais.
- 22:53Quand on a commencé,
- 22:54on a fait un premier chantier 5S.
- 22:56On a essuyé les plâtres de la première...
- 23:00réalisation,
- 23:01on a fait du retour d'expérience,
- 23:03pris des mesures pour améliorer tout ça,
- 23:05toujours amélioration continue,
- 23:06et puis on communique,
- 23:07on met en valeur ce qui a été fait par les gens.
- 23:09Ça,
- 23:09je pense que c'est un des points importants,
- 23:11c'est tout au long du projet de déploiement,
- 23:13c'est mettre en valeur ce qui a été fait pour qu'on embarque le reste des équipes.
- 23:18Voilà un petit peu quelques clés.
- 23:21Après,
- 23:21il n'y a rien non plus de nouveau sous le soleil.
- 23:25Quand tu parlais de tes chantiers,
- 23:28d'amélioration continue,
- 23:30toi,
- 23:30en tant qu'ancienne industrielle,
- 23:32tu avais eu à mettre en place du logiciel,
- 23:35du support numérique ?
- 23:38Ou justement,
- 23:39c'est parce que tu n'as trouvé aucun outil que tu as lancé Optimistic Direct ?
- 23:41Oui,
- 23:42oui,
- 23:42oui.
- 23:43On a,
- 23:44sur une partie,
- 23:44on va dire maîtrise des procédés.
- 23:46Effectivement,
- 23:46on a mis en place des outils qui,
- 23:48à l'époque,
- 23:48étaient encore assez basiques.
- 23:50C'était essentiellement de l'historisation de données sur nos systèmes de supervision.
- 23:54Et puis ensuite,
- 23:54une myriade de fichiers Excel au-dessus qui permettaient de gérer tout ça.
- 23:58pour autant on arrive à plein de limitations c'est à dire que c'est peu maintenable on sait plus trop qui fait quoi il y a des problèmes de fiabilité de la data fichiers Excel quand on dépasse certaines tailles ça commence à devenir compliqué donc à l'époque on avait régulièrement des fichiers corrompus et puis on avait nous un enjeu c'est qu'on était sur une industrie de process avec à la fois des procédés continu des procédés batch et
- 24:23on va dire l'intégration de tout ce qui est traçabilité,
- 24:26événements
- 24:27données de capteurs,
- 24:29données de laboratoires,
- 24:29avoir en fait toute cette variété de données.
- 24:32les outils de l'époque ne le permettaient pas.
- 24:35D'ailleurs,
- 24:36c'est un peu ce qui a amené à la création d'Optimistic,
- 24:38c'est-à-dire comment on offre un référentiel de données qui est complètement adapté à l'industrie de procédés et qui va permettre très rapidement de déployer et collecter l'ensemble des données liées au process de production et de les structurer d'une manière qui va permettre de les exploiter de manière efficiente et en autonomie par la suite.
- 24:58Donc ça,
- 24:59je dirais que c'est un des socles importants.
- 25:00qui vient en fait de cette expérience.
- 25:02Et le deuxième élément,
- 25:03c'est que les outils qui servent ensuite à exploiter cette donnée qu'on a structurée et contextualisée,
- 25:09il faut qu'ils soient les plus simples possibles d'utilisation et que quelque part,
- 25:13l'outil,
- 25:14on va dire,
- 25:14en fonction du type de personne qu'on vise dans l'organisation,
- 25:19soit adapté à ce public-là en termes d'utilisation,
- 25:23de consommation d'informations,
- 25:24mais également de construction.
- 25:27Typiquement,
- 25:28il faut que la construction de visualisation soit à la main de tout un chacun dans l'organisation.
- 25:33Pas de raison de dépendre d'informaticiens pour ça.
- 25:36Je pense à des outils d'analyse un peu avancés.
- 25:39L'idée,
- 25:40c'est que ça puisse s'adresser à n'importe quel ingénieur ou technicien qui a vraiment une expertise métier,
- 25:46sans être un expert de la data et de la data science.
- 25:50Donc,
- 25:51c'est vraiment cette idée de regarder par rapport aux besoins et aux usages de chacun dans l'organisation,
- 25:57comment on a des outils qui sont bien adaptés à leurs besoins et sur lesquels ils ont la main pour pouvoir avancer,
- 26:03construire et développer leurs usages.
- 26:07Ok,
- 26:07merci.
- 26:08Est-ce que tu as une anecdote,
- 26:10un souvenir d'un truc à surtout pas faire,
- 26:14que ce soit chez un client ou quelque chose que tu as vécu toi ?
- 26:16Tu te dis,
- 26:17ça,
- 26:18j'ai appris,
- 26:19c'est bon,
- 26:20à ne surtout pas refaire.
- 26:21Alors,
- 26:22il y a un concept,
- 26:23et je dirais que nous,
- 26:25on a vécu au début de l'entreprise,
- 26:28et qui est confirmé par un certain nombre de grands cabinets de conseils et d'analystes,
- 26:34parce qu'ils l'ont vu chez leurs clients,
- 26:35c'est la notion de POC.
- 26:37On a eu,
- 26:38pendant tout un temps,
- 26:39les proof of concept.
- 26:41Donc,
- 26:41en gros,
- 26:42c'était souvent piloté soit par les équipes digitales,
- 26:44les équipes innovation.
- 26:46en disant voilà il y a des nouvelles technologies,
- 26:48des nouveaux produits,
- 26:49des nouveaux outils,
- 26:50on va tester,
- 26:50on va voir ce que ça donne.
- 26:52Je me souviens toujours d'un grand cabinet de conseil qui nous avait invité à son université d'été et qui avait une de ses conférences qui était sur le sujet des cimetières d'époque.
- 27:02Je trouve que le mot est bien choisi,
- 27:05en gros il y a énormément de POC qui n'ont jamais débouché sur rien,
- 27:09il y a plein de gens qui se sont fait plaisir à tester plein de choses,
- 27:12mais au final qui ont créé très peu de valeur pour l'entreprise.
- 27:15Tout simplement,
- 27:15pourquoi ?
- 27:15Parce que c'était technocentré ou outil centré et pas du tout centré sur des besoins,
- 27:21des usages,
- 27:21des enjeux.
- 27:23Et je pense que c'est la principale erreur à ne pas faire.
- 27:26C'est vraiment de toujours partir de c'est quoi mes enjeux en tant qu'industriel.
- 27:31Et là,
- 27:32on arrive à un autre domaine qui va échapper à ce que l'on fait et où on se positionne.
- 27:38C'est vraiment,
- 27:39en tant qu'industriel,
- 27:40revenir aussi à des fondamentaux,
- 27:42d'analyse de la valeur de de
- 27:44de compréhension de où sont les enjeux dans l'activité industrielle pour bien prioriser et définir les chantiers sur lesquels on va investir du temps et de l'argent.
- 27:53C'est hyper intéressant de reprendre effectivement cette approche là parce que de l'outil naît rarement le besoin.
- 28:03Effectivement,
- 28:03ça va totalement à l'encontre de POC qu'on appelle plus
- 28:07POV maintenant.
- 28:09D'ailleurs,
- 28:10on est plus sur des proof of value,
- 28:11de dire
- 28:12Ce truc-là correspond à votre besoin et ça marche,
- 28:16que peut-être éventuellement on trouvera un usage dans le futur.
- 28:20C'est un des points,
- 28:21je dirais,
- 28:21je pense,
- 28:21qui est le plus important.
- 28:24Tu vois une différence d'approche sur le sujet du numérique,
- 28:28la digitalisation entre une petite entreprise et un grand groupe ?
- 28:32Alors là-dessus,
- 28:33je ne vais pas forcément être bien positionné pour en parler puisque nos clients sont plutôt des ETI et des grands comptes.
- 28:39Pour autant,
- 28:39je pense qu'on a une chance aujourd'hui,
- 28:42c'est que le digital,
- 28:43grâce à deux éléments technologiques récents,
- 28:47c'est-à-dire le cloud et le SaaS,
- 28:52le cloud et le software as a service,
- 28:53donc c'est les logiciels par abonnement,
- 28:56a permis de rendre beaucoup plus accessibles les outils en termes de coûts.
- 29:01et même je dirais aujourd'hui de complexité d'implémentation et donc les outils sont de plus en plus accessibles pour les structures les plus petites alors je ne dis pas que tous les outils sont accessibles à toutes les tailles d'entreprise mais globalement on a une tendance de fond qui va dans cette direction là donc je
- 29:17pense qu'il y a une très grosse évolution de ce fait là et je dirais on arrive sur des solutions où les coûts sont compatibles avec des PMI de demander
- 29:29des petites et moyennes entreprises industrielles.
- 29:32Alors,
- 29:32pas forcément nos solutions,
- 29:34ça va dépendre d'autres critères,
- 29:37mais globalement,
- 29:39il y a plus en plus de choses qui sont accessibles aux petites structures.
- 29:43Là où il y a encore potentiellement un frein,
- 29:45c'est peut-être la ressource en temps qui est nécessaire pour les mettre en œuvre,
- 29:50les compétences également.
- 29:52Mais à nouveau,
- 29:53je parlais tout à l'heure,
- 29:54nous,
- 29:54dans notre...
- 29:56du moins notre mission,
- 29:57on a de démocratiser l'usage de la donnée.
- 30:00On n'est pas les seuls à avoir cette logique-là par rapport à la construction des outils,
- 30:04c'est-à-dire avoir des outils qui sont de plus en plus accessibles.
- 30:07C'est quand même une tendance lourde du marché.
- 30:11Ce qui veut dire que,
- 30:12pareil,
- 30:13ces coûts d'appropriation vont se réduire et on va avoir des tendances.
- 30:20Ceux qui auront été les premiers,
- 30:21bien entendu,
- 30:22sont chérés.
- 30:23je pense les plus dynamiques si les étudiants
- 30:25des entreprises de taille intermédiaire,
- 30:26parce que les grands groupes essayent de faire par eux-mêmes,
- 30:28globalement,
- 30:29et ce n'est pas forcément toujours des succès,
- 30:31mais les entreprises de taille intermédiaire sont assez précurseurs dans ces sujets de digitalisation,
- 30:36et je pense que ça va,
- 30:38derrière,
- 30:39décliner assez rapidement sur les PMI.
- 30:43Il n'y a qu'à voir dans d'autres domaines,
- 30:45je prends par exemple,
- 30:46si on prend dans la vente,
- 30:47les CRM,
- 30:48c'était quelque chose qui était réservé à des grosses structures,
- 30:51aujourd'hui,
- 30:52un indépendant va avoir un CRM,
- 30:54donc on a cette chance où les choses se démocratisent.
- 30:58Et d'ailleurs,
- 30:59c'est,
- 30:59je dirais,
- 31:00pour permettre la croissance de petites structures et leur permettre d'être plus efficientes.
- 31:06Je pense qu'on a un vrai atout grâce à ces transformations qu'on a pu voir ces dix dernières années.
- 31:12C'est un très bon exemple que tu donnes,
- 31:13le CRM.
- 31:14C'est vrai que c'est typiquement le type de logiciel un peu référence où il existe pour tous les besoins,
- 31:20pour toutes les tailles d'entreprise.
- 31:22Et derrière,
- 31:22effectivement,
- 31:23en tant qu'indépendant,
- 31:23tu n'as pas besoin de celui qui est très cher parce que très complexe et qui correspond à une équipe commerciale d'un millier de personnes à travers le monde.
- 31:31Et pourtant,
- 31:33quelque part,
- 31:33dans l'industrie aujourd'hui,
- 31:35chez les clients que j'accompagne,
- 31:36c'est une réflexion que je vois encore souvent qui est si on n'est pas capable de s'acheter la Rolls sur le sujet,
- 31:43alors qu'il n'est pas forcément la Rolls pour eux,
- 31:46qui est juste l'outil en vogue du moment,
- 31:48ça ne sert à rien de le faire parce qu'on aura forcément quelque chose qui n'est pas.
- 31:51pas assez bien,
- 31:52sans avoir réfléchi à c'est quoi mon besoin et c'est quoi que je veux adresser.
- 31:55C'est un peu dommage.
- 31:56Exactement.
- 31:57Après,
- 31:57on voit quand même des tendances sur l'EMES,
- 32:00sur l'ERP,
- 32:02sur tous ces outils-là.
- 32:04On a de plus en plus,
- 32:05même sur les systèmes de supervision,
- 32:06on a de plus en plus d'approches,
- 32:08on va dire,
- 32:09plus low-cost qui arrivent avec plus d'autonomie également et qui se mettent à disposition des industriels.
- 32:16Je dirais même une solution comme la nôtre aujourd'hui,
- 32:18dans le travail qu'on fait de Merci.
- 32:21de simplification,
- 32:22d'amélioration d'expérience utilisateur et autres,
- 32:24c'est quelque chose qui peut se déployer dans des structures.
- 32:26On a même,
- 32:27nous,
- 32:27des...
- 32:27Alors ça reste des ETI,
- 32:29mais c'est des ETI qui ont potentiellement des sites avec peu de personnes.
- 32:33Donc au final,
- 32:34les sites en question sont l'équivalent de PMI.
- 32:36Ça se déploie bien et ça apporte de la valeur.
- 32:40Toujours,
- 32:41c'est le plus important.
- 32:44Est-ce que tu as des exemples de cas concrets,
- 32:48justement,
- 32:48d'entreprises qui se sont...
- 32:49transformé avec l'implémentation plutôt de ton outil.
- 32:53Du coup,
- 32:53je sais que vous travaillez avec des intégrateurs,
- 32:54mais tu as des chiffres par rapport à du développement de performance suite à l'implémentation de l'outil ?
- 33:00Alors oui,
- 33:01les chiffres,
- 33:01c'est toujours un bon sujet,
- 33:03parce que ça dépend énormément du degré de maturité de l'entreprise,
- 33:06des enjeux qui ont été traités.
- 33:07Nous,
- 33:08ce qu'on sait,
- 33:08c'est qu'on a des retours sur investissement qui sont relativement courts.
- 33:11On est toujours en dessous d'un an,
- 33:13donc je dirais que ça va assez vite.
- 33:16On a même des fois des...
- 33:18des retours sur investissement beaucoup plus rapides,
- 33:20surtout sur des gros sites où on a des volumes de production importants.
- 33:24Donc si on améliore certains paramètres de pas grand-chose,
- 33:26ça a tout de suite des conséquences économiques très importantes qui sont beaucoup plus importantes que le coût d'un tel projet,
- 33:32d'une telle solution.
- 33:34Mais ce qu'on voit par contre,
- 33:35c'est que ça transforme également l'organisation.
- 33:37C'est-à-dire que si je prends des clients qui utilisent nos solutions depuis quelques années,
- 33:43On voit que dans la manière de travail des équipes,
- 33:46ça a complètement changé la donne.
- 33:47Il y a beaucoup plus d'autonomie dans la résolution de problèmes.
- 33:50Il y a aussi beaucoup plus de créativité et de curiosité pour aller mettre en place des nouveaux cas d'usage.
- 33:56Et quelque part,
- 33:57des cas d'usage qui vont se faire un peu indépendamment de ce que le management va imaginer.
- 34:03Et ça,
- 34:03c'est vachement bien parce que ça va permettre d'identifier des poches de performance et d'aller les traiter sans avoir à mettre toute une organisation lourde pour le faire.
- 34:12Cette autonomisation change vraiment les organisations.
- 34:19D'ailleurs,
- 34:19quand on parle de conduite du changement,
- 34:20il y a une vraie question sur comment se repositionne le management intermédiaire.
- 34:24Il y a un travail d'accompagnement dans ce que c'est d'être un manager intermédiaire dans une organisation industrielle.
- 34:32Souvent,
- 34:32c'était un étage dédié à faire la courroie de transmission entre le terrain et le management.
- 34:39faire du reporting,
- 34:40etc.
- 34:40Et quelque part,
- 34:41la digitalisation supprime beaucoup de choses.
- 34:43Pour autant,
- 34:43leur rôle reste clé,
- 34:45mais avec,
- 34:46on va dire,
- 34:47un angle très différent.
- 34:48Donc,
- 34:49il y a de l'accompagnement qui est nécessaire ici.
- 34:51Donc,
- 34:51on voit clairement que ça change la manière de travailler et nos clients,
- 34:55on va dire,
- 34:55dans leur manière de traiter ces sujets de performance industrielle,
- 34:58sont beaucoup plus efficaces,
- 34:59vont pouvoir traiter plus de sujets dans le même laps de temps,
- 35:03mais également vont être plus agiles et réactifs quand il s'agit de s'adapter à des nouvelles conditions.
- 35:08C'est tout ce que je classe en général dans les gains intangibles sur les projets.
- 35:11Mais c'est vrai que,
- 35:13quel que soit l'outil finalement,
- 35:15même sur une simple démarche d'amélioration continue,
- 35:18sans forcément parler de digitalisation,
- 35:20d'allumer cette petite flamme chez l'ensemble des équipes,
- 35:24de se dire,
- 35:25en fait,
- 35:26ça c'est possible.
- 35:27En fait,
- 35:27si j'ai un problème,
- 35:29je peux trouver une solution.
- 35:31C'est juste génial pour développement derrière,
- 35:32parce qu'effectivement,
- 35:33tu lèves les freins.
- 35:34De toute façon,
- 35:34tu l'as dit,
- 35:35tu lèves les freins sur...
- 35:37la capacité à être autonome,
- 35:39à résoudre soi-même ses problèmes.
- 35:41Et effectivement,
- 35:42chacun a sa place dans la résolution de problèmes.
- 35:44Il y a beaucoup moins de goulots d'étranglement.
- 35:46On n'attend plus que les choses se passent.
- 35:48On sait faire.
- 35:49Et ça,
- 35:50je trouve ça génial.
- 35:51Je vais donner un exemple qui correspond plutôt à mon expérience sur l'excellence opérationnelle quand j'étais dans l'industrie,
- 35:58où à un moment donné,
- 36:00avant qu'on lance ce genre de démarche,
- 36:02le management était dans une logique de dire oui de toute manière,
- 36:06on ne peut pas compter sur le fait que les gens s'impliquent là-dedans,
- 36:09ils sont toujours réfractaires à tout,
- 36:10etc.
- 36:11Et en fait,
- 36:13après,
- 36:13je dirais 12-18 mois de déploiement de ces démarches,
- 36:17on voit apparaître des chantiers un peu,
- 36:19pas pirates,
- 36:20mais je dirais des chantiers sur lesquels,
- 36:21en fait,
- 36:22c'est les équipes du terrain qui ont pris l'initiative et on découvre qu'il y a des choses qui ont été faites et qui sont pertinentes.
- 36:28Et en fait,
- 36:29il y a un vrai...
- 36:30D'ailleurs,
- 36:32nos politiques devraient se...
- 36:34faire exactement ce même raisonnement.
- 36:36Qu'est-ce qui se passe quand on libère les énergies dans l'entreprise ?
- 36:40Et quand on fait ça,
- 36:42on est souvent très agréablement surpris.
- 36:44Et je dirais la digitalisation concourt à ça en amenant l'information,
- 36:51on va dire,
- 36:52en la rendant disponible aux différentes équipes dans l'organisation pour qu'elles puissent avoir cette autonomie-là.
- 36:58Ça me fait un peu penser à celui à qui justement...
- 37:01On ne donne pas l'opportunité d'explorer les outils pour travailler mieux,
- 37:05qui va commencer à se débrouiller tout seul sur Excel.
- 37:07Et puis,
- 37:08quand on voit que ça marche,
- 37:09on va lui dire,
- 37:09maintenant,
- 37:09vas-y,
- 37:10déploie et débrouille-toi,
- 37:11et toujours sans aucun soutien.
- 37:13Mais fais-le,
- 37:13c'est le meilleur moyen pour ceux qui ont voulu s'investir,
- 37:17tuer l'énergie dans l'œuf dès le départ.
- 37:20Alors qu'effectivement,
- 37:21si tu es dans une entreprise qui le pousse,
- 37:24tu auras peut-être derrière un groupe de travail pour...
- 37:28pour pérenniser finalement ce qui a été fait et ce qui est né des différentes initiatives à droite à gauche ?
- 37:33Alors,
- 37:33il y a un sujet,
- 37:36il y a un côté un peu schizophrène dans ce qu'on fait,
- 37:38c'est que la data,
- 37:39il y a quand même une petite contrainte qui est autour de la gouvernance de la donnée.
- 37:44On ne peut pas faire n'importe quoi,
- 37:45surtout quand on est dans un groupe industriel qui a plusieurs sites,
- 37:48etc.
- 37:49Et là,
- 37:49il y a un vrai enjeu de trouver le bon équilibre entre un peu de contraintes pour structurer
- 37:56et créer un cadre qui facilite le travail des uns et des autres,
- 38:00parce qu'au final,
- 38:00c'est quand même important de structurer les choses,
- 38:03et beaucoup de latitude,
- 38:04d'autonomie,
- 38:04de liberté pour construire des cas d'usage.
- 38:06Donc ça,
- 38:08pareil avec l'expérience,
- 38:09maintenant on a un certain nombre de manières,
- 38:11d'approches de faire en mettant le curseur au bon endroit.
- 38:15Mais il y a quand même,
- 38:16je dirais,
- 38:17il faut jouer un peu avec toutes ces réalités,
- 38:19je dirais,
- 38:19de l'entreprise.
- 38:21Mais il ne faut pas qu'on soit...
- 38:22On a eu tendance,
- 38:23je pense,
- 38:24pendant trop longtemps,
- 38:24à mettre le curseur du côté de la contrainte pour dire qu'il faut que tout soit hyper structuré.
- 38:30La cybersécurité,
- 38:32c'est le sujet numéro un.
- 38:33C'est un sujet important,
- 38:34c'est un prérequis indispensable.
- 38:36Pour autant,
- 38:37si ce qu'on décide en termes de cyber fait qu'on ne peut rien faire sur le terrain...
- 38:42à quoi sert la cyber ?
- 38:43Et ça,
- 38:43c'est d'ailleurs,
- 38:44on a une mutation qu'on a pu observer ces dix ans,
- 38:47c'est que les DSI ont vraiment bien évolué.
- 38:50Dans une majorité d'entreprises avec lesquelles on discute,
- 38:53les DSI sont passées d'un peu une posture qui pouvait être créer des blocages,
- 38:57à une posture de,
- 38:58on est là,
- 38:59au service de l'organisation pour accompagner ces transformations.
- 39:05Dites-nous ce que vous voulez faire,
- 39:06ce dont vous avez besoin,
- 39:07et nous...
- 39:08On ne vient pas la mettre des contraintes,
- 39:10mais on vous aide à le faire dans un cadre qui permet de s'assurer qu'on respecte la gouvernance de la donnée,
- 39:15qu'on respecte les contraintes de cybersécurité,
- 39:17mais vraiment en support.
- 39:19Et ça,
- 39:19c'est vrai que les entreprises avec lesquelles on travaille,
- 39:22ou les DSI ont fait ce cheminement-là,
- 39:25c'est hyper efficace et ça marche très bien.
- 39:27On a les mêmes contraintes en cybersécurité que sur tous les types de projets qu'on a abordés en début d'épisode.
- 39:32C'est d'abord le besoin,
- 39:33et d'ailleurs,
- 39:34tu l'as dit,
- 39:34c'était plus une croyance de DSI de se dire Merci.
- 39:37cybersécurité avant tout,
- 39:38je veux me blinder au maximum.
- 39:40Alors que tu échanges avec un expert cybersécurité,
- 39:43il va te dire,
- 39:44ça dépend du besoin,
- 39:45en fait,
- 39:45comme n'importe quel...
- 39:47Exactement,
- 39:47et on adapte les règles en fonction du sujet,
- 39:49du besoin.
- 39:51Et du coup,
- 39:52on arrive maintenant à pousser du sas dans certaines entreprises qui ne voulaient pas en entendre parler avant.
- 39:58Même des entreprises ont complètement changé de posture en disant maintenant,
- 40:02on veut du sas parce que ça a tout un tas d'avantages.
- 40:06C'est une manière de déléguer sa cybersécurité.
- 40:08C'est clair.
- 40:10À un moment,
- 40:11il faut se dire aussi,
- 40:12est-ce que je suis moi-même expert cyber ou est-ce qu'une personne qui vend un SaaS pourrait potentiellement l'être plus que moi ?
- 40:18C'est comme nous,
- 40:18est-ce qu'on veut avoir nos serveurs ou est-ce qu'on va faire confiance à un gros de l'infrastructure as a service qui,
- 40:25lui,
- 40:26va être au top en termes de hardware,
- 40:29de gestion de son data center,
- 40:31même d'optimisation environnementale et bien entendu de cybersécurité.
- 40:34On va quand même dans une société aujourd'hui de plus en plus de spécialisation et donc de savoir déléguer aux gens qui savent faire pour bien travailler ensemble.
- 40:42Et chacun son métier.
- 40:43Et chacun son métier,
- 40:44absolument.
- 40:45D'ailleurs,
- 40:45c'est pour ça que je te précisais qu'on était éditeurs de logiciels.
- 40:48Absolument.
- 40:48Parce que pareil,
- 40:49faire de la conduite du changement,
- 40:52du déploiement,
- 40:53de l'intégration,
- 40:54ce n'est pas le même métier que de faire du logiciel.
- 40:56À l'inverse,
- 40:57moi,
- 40:57j'adore aller intégrer des logiciels chez les gens parce que je trouve qu'il y a des gens qui ont très bien travaillé.
- 41:02Et moi,
- 41:02j'aime bien voir sur le terrain comment ça s'intègre chez mes clients.
- 41:05Chacun son métier,
- 41:06comme tu l'as dit.
- 41:08Ça marche.
- 41:10On a fait à peu près le tour du sujet et des questions que je voulais te poser là-dessus.
- 41:15On va un petit peu se projeter dans l'avenir maintenant sur toujours un peu ces sujets-là.
- 41:20On a parlé des différentes innovations qu'il y a pu y avoir.
- 41:27actuellement surtout autour de l'IA.
- 41:29Qu'est-ce que tu vois justement comme grande tendance émergente actuellement sur le sujet de la digitalisation industrielle ?
- 41:35Alors,
- 41:36si on voit ce qui émerge le plus au niveau marketing,
- 41:38c'est tout ce qui est mise en œuvre des IA génératives,
- 41:42LLM et autres.
- 41:43Alors,
- 41:44on peut en rigoler,
- 41:45par contre,
- 41:45c'est hyper puissant.
- 41:47Quand on l'utilise à bon escient pour les bonnes tâches.
- 41:50En l'occurrence,
- 41:51nous,
- 41:52on est en train de l'intégrer à nos solutions pour...
- 41:54faciliter encore plus l'interaction des utilisateurs avec notre solution.
- 42:02Je n'en dirai pas plus puisqu'on va annoncer ça lors d'un de nos événements clients au mois de juin.
- 42:07Mais ça fait partie des sujets importants.
- 42:09Ça ne fait pas tout.
- 42:12Je prends un exemple,
- 42:13faire de l'analyse de données pour extraire des informations pertinentes sur l'influence de paramètres,
- 42:19sur la performance d'un procédé.
- 42:21Il y a d'autres algos beaucoup plus performants.
- 42:23que les LLM pour y répondre.
- 42:25Et je dirais,
- 42:25le LLM,
- 42:26ce n'est pas adapté à ça.
- 42:27Donc,
- 42:28on va dire,
- 42:28il y a IA et IA.
- 42:29Il y a une palette d'outils,
- 42:31en fait,
- 42:31dans l'IA.
- 42:32Il faut savoir utiliser le bon outil pour le bon usage.
- 42:34Par contre,
- 42:35le LLM,
- 42:35comme ça porte son nom,
- 42:36c'est un outil qui est très fort en linguistique.
- 42:39Donc,
- 42:39si on lui fait traiter des sujets qui reposent sur le langage,
- 42:43on peut faire des choses très intéressantes.
- 42:45Et c'est notre travail d'amener ce genre de technologie dans nos produits.
- 42:51pour améliorer l'expérience de nos clients.
- 42:53Et c'est quelque chose qu'on développe et qui va être présenté prochainement.
- 42:59Donc oui,
- 42:59ça c'est une tendance.
- 43:00Et pour être clair,
- 43:01quand on va sur des salons ou des conférences,
- 43:02il y a tout un barouf autour de ce sujet des LLM.
- 43:06Par contre,
- 43:06nous,
- 43:06on reste convaincus qu'il y a d'autres approches algorithmiques qui peuvent être utilisées pour la compréhension des procédés,
- 43:11la surveillance des procédés,
- 43:13la maîtrise statistique des procédés,
- 43:15il y a pas mal de choses.
- 43:16Et il ne faut pas oublier tout ça,
- 43:18et c'est ce que nous on fait en intégrant ce type d'approche algorithmique dans nos solutions.
- 43:24Aujourd'hui,
- 43:24je trouve qu'il y a une grosse confusion,
- 43:25de toute façon c'est depuis l'explosion de ChatGPT,
- 43:28IA égale LLM,
- 43:29globalement.
- 43:45c'est déjà de l'intelligence artificielle.
- 43:46Donc,
- 43:46c'est qu'est-ce qu'on met derrière,
- 43:48qu'est-ce que ça doit faire ?
- 43:49Et à côté de ça,
- 43:50tu l'as dit,
- 43:51il y a des choses pour lesquelles les LLM font faire des choses incroyables.
- 43:54Je ne sais pas si c'est un sujet,
- 43:57je pense que ça doit être un sujet chez les clients d'Optimistic aussi,
- 44:01mais je n'en parlais pas plus tard qu'hier à une personne qui recrute des personnes en situation de réinsertion.
- 44:10Ils ont pas mal de...
- 44:12de problèmes de recrutement liés à la langue,
- 44:16à la lecture et à la compréhension des consignes.
- 44:20Déjà,
- 44:21de pouvoir adapter la langue pour permettre à la personne de bien comprendre et de bien intégrer son poste,
- 44:27c'est un premier levier pour l'insérer et lui apprendre la langue au fur et à mesure par le travail.
- 44:32Mais ça,
- 44:33c'est typiquement des exemples sur lesquels nous,
- 44:35on utilise l'IA depuis maintenant un certain temps.
- 44:37C'est-à-dire qu'on a commencé par l'automatisation de la traduction de l'application et de notre documentation.
- 44:42Alors effectivement,
- 44:43avant on faisait appel à des traducteurs,
- 44:45mais il s'avère qu'en faisant comme ça,
- 44:46on a des traductions qu'on obtient beaucoup plus rapidement,
- 44:49donc ça nous permet d'avoir de la doc et une application qui est en permanence à jour sur les différents plans qu'on déploie,
- 44:55et puis en plus qui est beaucoup plus qualitative parce qu'on peut mettre des règles qui font qu'on est sûr que c'est toujours le même vocabulaire qui est utilisé pour décrire un même mot,
- 45:02ce qui est beaucoup plus compliqué quand on demande à un humain de faire la traduction.
- 45:05alors on a toujours des humains qui font les vérifications parce que c'est important d'être sûr que le
- 45:11le contexte est bien gardé,
- 45:12mais je dirais la traduction en elle-même,
- 45:14aujourd'hui,
- 45:15est complètement automatisée.
- 45:17La même chose sur nos supports marketing,
- 45:18on a tout un tas de vidéos de témoignages clients,
- 45:21d'ailleurs que si les gens veulent voir un peu ce que font des industriels autour de la digitalisation,
- 45:26on a une douzaine de témoignages clients sur notre site web et sur notre chaîne YouTube qui parlent de ça.
- 45:31Typiquement,
- 45:32on les a doublés en anglais,
- 45:34en espagnol,
- 45:35de manière automatisée,
- 45:37et ça marche très bien.
- 45:39Et ça permet d'avoir aussi un time to market,
- 45:43c'est-à-dire qu'une fois qu'on produit une vidéo,
- 45:45on peut publier les versions doublées quasiment simultanément et avec un workflow qui est vachement réduit en termes de temps de traitement pour faire la transcription,
- 45:55la traduction et la génération de voix.
- 46:00Dans ces domaines-là,
- 46:01ça a vraiment transformé la manière de travailler.
- 46:05Oui,
- 46:05c'est sûr.
- 46:06Rien à ajouter,
- 46:06en fait.
- 46:07C'est vrai que c'est...
- 46:09C'est assez impressionnant pour le bien travailler ensemble et de faire tomber les limites de la langue qui était encore très présente il y a quelques années.
- 46:16Alors,
- 46:17comme on le disait,
- 46:17ça peut avoir certains impacts sociétaux.
- 46:19Et ça,
- 46:20c'est en tant que collectivité qu'il faut qu'on se pose la question.
- 46:23Mais la réalité,
- 46:25c'est que l'IA permet de faire ça aujourd'hui.
- 46:26C'est ça.
- 46:28J'espère effectivement que ça ne nous empêchera pas d'apprendre des langues parce que ça...
- 46:31Ah,
- 46:31ça,
- 46:32ça reste responsable.
- 46:35Et donc,
- 46:35on parle d'humains.
- 46:36et bah c'est
- 46:37Nous,
- 46:38là,
- 46:38typiquement,
- 46:38une des nouveautés,
- 46:39c'est qu'on va faire notre première journée client.
- 46:41On invite nos clients et partenaires pour partager,
- 46:45échanger autour de nos solutions et de la performance industrielle sur une journée.
- 46:49Et c'est ça qu'il ne faut pas qu'on oublie,
- 46:51c'est-à-dire qu'on parle de digital,
- 46:52etc.
- 46:52Mais on a besoin de ces moments où on est ensemble pour partager,
- 46:57pour partager les expériences,
- 46:59challenger ce qu'on fait à partir de ce que les autres font.
- 47:03Et ces moments...
- 47:04moment-là,
- 47:05il faut qu'on continue à les créer même si on a tous ces supports,
- 47:08ces médias digitaux.
- 47:09Je pense que justement,
- 47:11tu as des médias digitaux qui vont permettre de briser la glace et de peut-être acquérir des clients,
- 47:17des prospects un peu plus rapidement,
- 47:18mais derrière,
- 47:20tu peux apporter quelque chose en présentiel que l'IA ne fera pas.
- 47:22Il y a une chouette newsletter d'Aurel IA,
- 47:27d'ailleurs,
- 47:27qui est sortie cette semaine,
- 47:28je crois,
- 47:28sur le sujet de se faire dépasser même avec l'IA.
- 47:33Justement parce que si tu ne mets plus d'humains,
- 47:36il n'y a plus de service.
- 47:36C'est ça.
- 47:41Pour toi,
- 47:41c'est quoi les compétences qui font justement la différence entre un humain et toute la digitalisation qu'on en mérame autour ?
- 47:51Alors,
- 47:52là,
- 47:52je vais revenir un peu sur la théorie.
- 47:55L'IA,
- 47:56ce sont des algorithmes,
- 47:58que ce soit un LLM ou une IA plus simple,
- 48:00du machine learning avec des algorithmes plus classiques.
- 48:04On est sur de l'apprentissage,
- 48:06et cet apprentissage,
- 48:07il apprend d'un historique d'informations,
- 48:11de données,
- 48:12et il va construire une modélisation du monde à partir de cet historique de données.
- 48:17Cette modélisation des choses,
- 48:21c'est comme quand on fait une régression linéaire,
- 48:23la courbe,
- 48:24la droite,
- 48:25elle ne passe pas par tous les points.
- 48:26En particulier,
- 48:27elle passe d'autant plus...
- 48:28peu sur les points qui sont un peu écartés de la moyenne des autres.
- 48:33Donc c'est très bien pour répéter des choses,
- 48:37du moins des actions,
- 48:39des traitements qui sont répétitifs et je dirais,
- 48:45comment dire,
- 48:46quelque part on va automatiser une tâche qui est répétitive en termes de traitement de l'information.
- 48:52Par contre,
- 48:53ce n'est pas du tout créatif.
- 48:54C'est-à-dire que l'IA ne sortira jamais du cadre du...
- 48:58l'ensemble d'apprentissage qu'elle a utilisé.
- 49:01Et c'est ça qui fait notre force,
- 49:02c'est que nous,
- 49:02on est capable de venir avec des idées qui n'ont jamais été pensées par personne et qui sont complètement en dehors des clous.
- 49:10Donc,
- 49:11le côté curiosité à explorer des voies nouvelles,
- 49:15capacité à innover,
- 49:16à proposer des solutions nouvelles,
- 49:19c'est quelque chose que l'IA ne sera jamais capable de faire.
- 49:23C'est mécanique.
- 49:24La mécanique mathématique qu'il y a derrière ne permet pas de le faire.
- 49:27Et c'est là où l'humain a une capacité qui est énorme.
- 49:30Et puis,
- 49:31j'aime bien rappeler,
- 49:33regardez la consommation électrique pour faire tourner un chat GPT,
- 49:36le cerveau humain,
- 49:36c'est 2 watts.
- 49:39On est très efficace.
- 49:41Et d'ailleurs,
- 49:42il faut regarder une chose,
- 49:43c'est ce qu'on automatise,
- 49:44ce sont,
- 49:44comme je disais tout à l'heure,
- 49:45ce sont des tâches rébarbatives.
- 49:47Donc quelque part,
- 49:48ce que va faire l'IA,
- 49:49c'est supprimer des tâches rébarbatives,
- 49:51mais les tâches où on a besoin de se poser,
- 49:53de réfléchir en général.
- 49:54elle est incapable de le faire et je pense qu'elle le sera encore très longtemps.
- 49:58C'est ça,
- 49:58tu peux l'utiliser pour mettre de l'ordre dans tes idées,
- 50:01mais quand tu as déjà réfléchi avant,
- 50:03elle va t'aider à structurer mais elle ne va pas t'inventer un nouveau concept.
- 50:07Par exemple,
- 50:07si on parle de webmarketing,
- 50:09tu veux rédiger un article avec l'IA,
- 50:10oui,
- 50:10elle va te générer un article,
- 50:12mais qui va être relativement standardisé sur le sujet que tu vas lui demander de traiter.
- 50:16Par contre,
- 50:17si toi tu mets ta patte et que tu commences à créer une trame avec ta vision des choses qui est un peu
- 50:23différentes,
- 50:24on va dire.
- 50:24Là,
- 50:25l'IA va être très utile pour aider à rédiger.
- 50:27Par contre,
- 50:28la matière,
- 50:29les choses un peu différentes,
- 50:31c'est toi qui l'amènes.
- 50:32C'est ça.
- 50:33Mais c'est vachement intéressant ce que tu dis,
- 50:35parce que je trouve qu'on entend un message différent aujourd'hui,
- 50:38surtout en parlant de création de contenu,
- 50:41de dire qu'il faut utiliser l'IA pour de l'idéation.
- 50:45Oui.
- 50:45D'accord,
- 50:45ça va peut-être te permettre d'avoir une idée à laquelle tu n'as pas pensé pour parler de ton sujet d'une manière différente.
- 50:53Néanmoins,
- 50:54c'est une idée qui viendra de toute la masse de connaissances qui est déjà accumulée.
- 50:58Donc,
- 50:58il n'y aura pas de fulgurance.
- 51:00Exactement.
- 51:02Et ça,
- 51:02je trouve qu'on passe un petit peu à côté.
- 51:04Du coup,
- 51:04tu m'as fait une transition un peu vers ma prochaine question.
- 51:09Est-ce que tu penses que l'innovation va jouer un rôle déterminant dans la...
- 51:13compétitivité de l'industrie française,
- 51:16du coup,
- 51:16puisqu'on est en France,
- 51:17dans les prochains temps ?
- 51:18Je pense que la question et la réponse est assez directe.
- 51:21On ne peut pas être compétitif si on n'innove pas.
- 51:25On n'a pas le choix.
- 51:25Je vais faire le parallèle avec le monde du logiciel.
- 51:29Les acteurs qui ont été pionniers dans le monde de la data sont pour certains des acteurs qui aujourd'hui ont arrêté d'investir parce que en gros,
- 51:36ils ont développé des produits qui sont des cash machines et donc ils ont arrêté d'investir.
- 51:41Le seul problème,
- 51:42c'est que quand on fait ça,
- 51:43on s'est dépassé à un moment donné.
- 51:44Donc aujourd'hui,
- 51:45on voit un renouveau autour de la data industrielle parce que l'innovation est clé.
- 51:51Donc oui,
- 51:53malheureusement,
- 51:54pour ceux qui croiraient le contraire,
- 51:56on ne peut pas rester compétitif,
- 51:58quel que soit son secteur d'activité,
- 51:59sans continuer à innover.
- 52:00Et à nouveau,
- 52:01c'est ça qui fait que nos métiers sont intéressants.
- 52:05Oui,
- 52:05sinon on s'ennuierait,
- 52:06c'est sûr.
- 52:08Avant de passer à ton actu,
- 52:10j'ai quatre petites questions rapides,
- 52:12sans réfléchir.
- 52:13La première réponse qui te vient.
- 52:15Qu'est-ce qui te rend fou ?
- 52:17Ce qui me rend fou,
- 52:17c'est quand je vois des industriels où on se dit,
- 52:19mais ils ont tout pour réussir et ils s'y prennent avec les pieds.
- 52:23Et on se dit,
- 52:23mais comment on peut les aider ?
- 52:24Mais en fait,
- 52:26on a cette problématique de ne pas venir faire d'ingérence.
- 52:29Donc,
- 52:30on va dire,
- 52:32on reste dans notre posture d'éditeur de logiciel.
- 52:35Mais moi,
- 52:35avec mon regard industriel,
- 52:37des fois,
- 52:37ça me rend fou de voir des pépites qui sont en train d'aller dans le mur parce que...
- 52:41problèmes d'organisation,
- 52:42problèmes de management,
- 52:44problèmes de méthode,
- 52:45mais voilà,
- 52:46c'est ça qui m'en fout.
- 52:47Parce que ça m'en fout de voir l'industrie aller à la dérive dans notre pays,
- 52:53clairement.
- 52:54Et en plus,
- 52:54tu ne peux pas aider des gens qui n'ont pas envie d'être aidés,
- 52:56donc ce n'est pas simple.
- 52:58Quel est ton pire souvenir lié au numérique et à la digitalisation en général ?
- 53:02Pire souvenir lié au numérique et à la digitalisation ?
- 53:06C'est très libre,
- 53:07on m'a déjà répondu le site de l'Ursaf,
- 53:09ça marche si jamais.
- 53:12Oula,
- 53:12c'est une question difficile.
- 53:16En fait,
- 53:16le problème,
- 53:17c'est que je suis tombé dans la marmite de la digitalisation très jeune et pour moi,
- 53:22ça a toujours été quelque chose de positif.
- 53:28Peut-être le pire souvenir de la digitalisation,
- 53:29c'est quand on voit beaucoup de moyens qui sont investis dans des choses qui font plouf parce qu'en fait,
- 53:33on était technocentré.
- 53:35Ça,
- 53:35par contre,
- 53:36si je regarde le paysage des startups autour de la data,
- 53:41quand on a démarré notre activité chez Optimistique il y a 10 ans,
- 53:44et qu'on voit l'argent qui a été englouti dans des trucs complètement farfelus et qui ne sont plus là pour en parler aujourd'hui,
- 53:52on se dit,
- 53:52mais on a eu,
- 53:54comment dire,
- 53:56On n'a pas vraiment bien fléché l'argent aux bons endroits,
- 53:58mais ça,
- 53:59c'est un autre sujet.
- 54:00Je te rejoins parce que je suis assez tech addict aussi,
- 54:05mais pour les projets où j'ai dû utiliser une techno,
- 54:09la faire marcher à tout prix sur un cas d'usage pour lequel elle n'était pas prévue,
- 54:14ça rend fou.
- 54:15Du coup,
- 54:15c'est la première question aussi.
- 54:19Quelle est ta plus belle réussite inattendue ?
- 54:22Ma plus belle réussite inattendue ?
- 54:26Je pense que c'est un des exemples que j'ai cités tout à l'heure quand je parlais d'expérience opérationnelle.
- 54:29C'est-à-dire que tu mets en place une démarche et en fait,
- 54:32tu as des initiatives qui émergent toutes seules sur le terrain.
- 54:35Et ça,
- 54:36c'est hyper intéressant et grisant,
- 54:39on va dire.
- 54:40Mais également,
- 54:41ça amène à la réflexion.
- 54:42Et souvent,
- 54:43on a tendance,
- 54:43et en particulier avec nos formations d'ingénieurs très scientifiques,
- 54:47à être beaucoup dans le contrôle.
- 54:48Et qu'en fait,
- 54:49quelque part,
- 54:50quand on lâche prise,
- 54:51on arrive à générer des choses.
- 54:53En fait,
- 54:53elles se génèrent toutes seules,
- 54:54on n'y est pour rien.
- 54:55Mais le fait de lâcher prise amène des résultats surprenants et souvent très positifs.
- 55:01Et je dirais,
- 55:02c'est un peu la même chose aujourd'hui en tant que chef d'entreprise.
- 55:05Tu vois des choses qui émergent des équipes,
- 55:07et tu te dis,
- 55:07mais c'est génial.
- 55:09Et tu es très heureux que ça soit la génération spontanée,
- 55:12entre guillemets.
- 55:13C'est chouette.
- 55:15Et j'ai une dernière question.
- 55:16Tu ferais quoi si tu étais ministre de l'Industrie ?
- 55:20Ah,
- 55:20si j'étais ministre de l'Industrie ?
- 55:22Alors,
- 55:22je pense qu'il y a eu des auditions à l'Assemblée nationale et au Sénat récemment d'industriels,
- 55:29d'anciens ministres,
- 55:30etc.
- 55:31Et je rejoindrai un certain nombre de propos qui ont été dits simplifiants,
- 55:35simplifiants,
- 55:35simplifiants,
- 55:36simplifiants.
- 55:37Et c'est vrai pour,
- 55:38je pense,
- 55:38toutes les entreprises.
- 55:41Et ça va rejoindre le point d'avant,
- 55:43c'est-à-dire qu'il va falloir que l'État lâche prise et qu'il arrête de se croire comme étant le meilleur gestionnaire des choses.
- 55:52En tant qu'entreprise,
- 55:53et je pense en particulier dans l'industrie,
- 55:55l'industrie a surtout besoin de respiration,
- 55:58de ne pas être noyée de milliards de contraintes dans tous les sens.
- 56:02Et je dirais qu'on a un État qui a effectivement investi beaucoup d'argent au travers de subventions,
- 56:08de financements,
- 56:09etc.
- 56:10Mais on peut vraiment se poser la question,
- 56:11c'est-à-dire qu'à un moment donné,
- 56:13il vaut mieux peut-être se poser la question du coût du travail,
- 56:16des charges,
- 56:17de manière systémique.
- 56:18plutôt que de mettre en place des systèmes avec des subventions qui font vivre d'ailleurs une myriade de sociétés de conseil divers et variés,
- 56:26de gens qui vont gérer tout ça où quelque part,
- 56:29on n'est pas sûr que ça soit distribué de la manière la plus juste et logique qui soit.
- 56:35Je pense qu'il faut simplifier tout ça.
- 56:36Et c'est vrai.
- 56:39D'ailleurs,
- 56:40nous,
- 56:40notre mission,
- 56:41c'est de simplifier l'usage de la donnée dans l'usine.
- 56:44Je pense que...
- 56:45va falloir que l'État libère un peu les énergies qu'il y a chez les entrepreneurs,
- 56:51les industriels,
- 56:52et puis l'ensemble de nos concitoyens.
- 56:55On lui transmettra.
- 56:56C'est un beau message,
- 56:57ça me parle bien en tout cas.
- 57:01C'est quoi ton actu et comment est-ce qu'on peut te contacter ?
- 57:04Alors c'est simple,
- 57:05pour nous contacter optimistik.com avec un K à la fin je précise.
- 57:10On est donc présent sur le web,
- 57:12on est également joignable sur les réseaux sociaux par email etc.
- 57:18Et notre actu,
- 57:19j'en parlais,
- 57:19on a cette première journée client et je dirais on est dans une phase,
- 57:24à nouveau on va avoir pas mal d'actu au niveau développement produit qui vont être annoncées à cette occasion.
- 57:28Et puis,
- 57:29le deuxième élément qui est important pour nous,
- 57:31c'est qu'on est en train d'accélérer notre déploiement à l'international.
- 57:34Donc,
- 57:34on avait mis un premier pied en Asie il y a deux ans.
- 57:37Et là,
- 57:38on vient de mettre un pied en Amérique du Nord.
- 57:39Et donc,
- 57:40on a un gros focus dans notre développement commercial sur ces deux zones,
- 57:44en plus de la France et de l'Europe.
- 57:46Ça fait des chouettes projets.
- 57:47Ça fait des chouettes projets.
- 57:49Et à nouveau,
- 57:50pareil,
- 57:51là,
- 57:51c'est peut-être un message aux entrepreneurs.
- 57:53Si on veut faire émerger des acteurs français,
- 57:57Sur la scène internationale,
- 57:58il ne faut pas avoir peur de se lancer dans cette aventure et d'exister à l'international.
- 58:02Nous,
- 58:02on est dans un métier,
- 58:04si on ne fait pas ce pas-là,
- 58:05on ne pourra pas exister tout court.
- 58:07Puisque je dirais,
- 58:08nos clients ont une implantation internationale et on doit être présent à proximité de leur centre industriel pour pouvoir les accompagner.
- 58:17Donc,
- 58:18c'est indispensable de sortir de France.
- 58:21Ça marche.
- 58:21Je mettrai dans la description.
- 58:23Le site internet,
- 58:24le compte LinkedIn et la chaîne YouTube pour les avis clients dont tu parlais tout à l'heure.
- 58:30Comme ça,
- 58:30vous aurez tout dans la description.
- 58:33Est-ce que tu as un dernier mot pour nos auditeurs ou pour des dirigeants d'industrie qui hésiteraient encore à se lancer ?
- 58:42Parlez entre vous.
- 58:43Nous,
- 58:44on n'a pas de mal à faire que nos prospects,
- 58:47nos contacts puissent échanger avec des clients.
- 58:50Je pense que c'est important le partage d'expérience,
- 58:53à la fois pour savoir comment s'y prendre,
- 58:55qu'est-ce qui marche,
- 58:56qu'est-ce qui ne marche pas,
- 58:57et je dirais se rassurer sur ce qu'on peut faire avec la digitalisation.
- 59:01Donc,
- 59:01voyez,
- 59:02échanger avec vos pairs,
- 59:03c'est,
- 59:04je pense,
- 59:04un point important.
- 59:06On arrête de se cacher.
- 59:08Exactement.
- 59:08C'est fini,
- 59:08le temps d'industrie se cache.
- 59:09Je dirais,
- 59:10on a beaucoup à gagner,
- 59:11que ce soit dans l'industrie,
- 59:13dans le monde du logiciel,
- 59:14etc.,
- 59:15à se parler au sein des écosystèmes,
- 59:17parce que c'est ça qui nous rend plus forts.
- 59:19Parfait,
- 59:21j'ai pas mieux pour la fin.
- 59:23Merci beaucoup Mathieu pour ta présence sur le podcast.
- 59:25Merci beaucoup Périne pour ton temps et pour l'invitation.
- 59:29A très bientôt et d'ici là,
- 59:31je vous retrouve dans deux semaines avec un nouvel épisode.
- 59:33D'ici là,
- 59:34n'oubliez pas d'oser l'efficacité.
- 59:36Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout.
- 59:38Si ça t'a parlé,
- 59:39pense à t'abonner,
- 59:40à en parler autour de toi ou à me laisser 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute préférée.
- 59:44Ça m'aide énormément pour la visibilité du podcast.
- 59:47Et si tu veux aller plus loin...
- 59:48que tes process méritent un bon coup de propre,
- 59:50je t'attends sur LinkedIn.
- 59:52Merci d'être là et surtout,
- 59:53n'oublie pas d'oser l'efficacité.