Latest / Chemin(s) / 62. Travailler 2 jours/semaine : le rêve entrepreneurial qui oublie l'essentiel
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- 0:00On nous vend la liberté du temps comme le sommet de la réussite entrepreneuriale.
- 0:04Travaillez moins,
- 0:05profitez plus.
- 0:07Derrière cette promesse,
- 0:07il y a un angle mort que personne ne montre et qui change tout.
- 0:10C'est ce dont on parle aujourd'hui.
- 0:13Bienvenue dans Communiquer avec Sens,
- 0:15le podcast des entrepreneurs du vivant qui ne se reconnaissent plus dans leur communication.
- 0:19Je suis Émilie Lemaitre et chaque jeudi,
- 0:22j'ouvre un espace pour repenser la communication autrement.
- 0:25Fluide,
- 0:25efficace et respectueuse de ton rythme et de tes valeurs.
- 0:28pour enfin dire bye au « il faut que »
- 0:31dans ta communication.
- 0:32C'est parti pour l'épisode du jour.
- 0:35Bonjour,
- 0:36tu écoutes l'épisode 62 de Communiquer avec Sens.
- 0:40Il y a une promesse qui circule beaucoup dans l'espace entrepreneurial et tu l'as sûrement vu passer.
- 0:45C'est celle qui prône un business qui tourne en deux jours par semaine.
- 0:49Et je vais être honnête,
- 0:51cette promesse,
- 0:51elle m'attire moi aussi parce que l'idée d'avoir du temps,
- 0:56clairement...
- 0:56qui est-ce qu'on ne voudrait pas en fait.
- 0:58Donc oui,
- 0:58moi aussi,
- 0:59ça m'intéresse.
- 1:00Mais malgré tout,
- 1:01au fond,
- 1:01il y a quelque chose qui me dérange.
- 1:03En fait,
- 1:03il m'interroge sur tout le récit qu'il y a autour.
- 1:07Aujourd'hui,
- 1:07j'aimerais qu'on explore ça ensemble dans cet épisode pour t'inviter à te poser une question que peut-être personne ne pose vraiment,
- 1:15à savoir les jours qu'on libère dans l'éventualité où on puisse créer un business qui tourne en deux jours par semaine,
- 1:22qu'est-ce qu'on en fait vraiment ?
- 1:25Travailler moins,
- 1:26c'est une aspiration légitime.
- 1:28Je trouve que c'est aussi un super avantage qu'on a par rapport au salariat.
- 1:33En tant qu'entrepreneur,
- 1:34on a la chance de pouvoir créer un business sur mesure qui nourrit nos envies,
- 1:38notre vision,
- 1:39notre rythme.
- 1:40Et derrière cette idée,
- 1:42c'est la valeur liberté,
- 1:43si appréciée par les entrepreneurs,
- 1:45qui est mise en avant.
- 1:46D'ailleurs,
- 1:47lorsqu'on nous vend sur les réseaux le business à deux jours par semaine,
- 1:50ce qu'on montre derrière,
- 1:51c'est souvent la plage.
- 1:53le café en terrasse,
- 1:54le voyage à l'autre bout du monde.
- 1:56Et finalement,
- 1:57c'est une image de la liberté comme seule possibilité de se reposer,
- 2:02de lâcher prise,
- 2:03qui permet d'assouvir une satisfaction très personnelle,
- 2:07plutôt égocentrique et qui,
- 2:10je pense,
- 2:10peut avoir un effet secondaire assez désastreux dans la comparaison parce que quand nous,
- 2:16on tombe sur ce genre de contenu sur les réseaux,
- 2:18on a forcément tendance à se dire que ce qu'on fait,
- 2:21ce n'est pas assez bien.
- 2:23qu'on n'a pas réussi.
- 2:25Et donc,
- 2:25ça donne quand même une image assez fausse de ce que c'est vraiment l'entrepreneuriat.
- 2:31Et puis,
- 2:31au-delà de ça,
- 2:32je trouve que cette image de l'entrepreneuriat qui permet d'avoir accès à un espace immense de liberté pour ne pas faire grand-chose,
- 2:44ou en tout cas,
- 2:45ne penser qu'à soi,
- 2:46je trouve que c'est une idée de l'entrepreneuriat qui est assez creuse.
- 2:49En tout cas,
- 2:50ce n'est pas celle que je défends.
- 2:52Parce que pour moi,
- 2:53entreprendre,
- 2:53c'est avant tout servir une mission,
- 2:55c'est aider.
- 2:56C'est aider celles et ceux qu'on a envie d'accompagner.
- 3:00Et je pense que si j'avais un business à deux jours par semaine,
- 3:05la thématique du bien-être personnel resterait forte.
- 3:10Donc par exemple,
- 3:11c'est sûr que je prendrais aussi peut-être un peu plus de temps pour moi,
- 3:17parce que c'est primordial en fait quand on est entrepreneur.
- 3:20de s'accorder du temps et d'avoir un espace suffisant pour prendre soin de son bien-être mental.
- 3:28Mais je trouve que c'est quand même déjà une dimension qu'on peut complètement intégrer même si on bosse plus,
- 3:33même si on bosse déjà
- 3:355 jours par semaine.
- 3:36C'est possible en fait de s'accorder une demi-heure,
- 3:39une heure par jour ou en tout cas 2 à 3 fois par semaine pour prendre soin de son bien-être mental.
- 3:48Et donc,
- 3:48Moi,
- 3:49quand je pense à un business à deux jours par semaine,
- 3:51j'imagine autre chose que se prélasser parce que je pense que ce temps libre me permettrait finalement de continuer ma mission d'une autre manière.
- 4:01J'imagine par exemple écrire des romans qui incarnent les nouveaux récits,
- 4:05qui permettent de transformer la société car je pense que pour changer et agir,
- 4:11il faut avoir des modèles,
- 4:13des nouveaux modèles et je pense que les romans participent vraiment.
- 4:18à la création de ces nouveaux récits.
- 4:20Je suis hyper aussi engagée dans l'agriculture et notre modèle d'alimentation.
- 4:31Et je pense que c'est un levier majeur dans la transformation et la transition du monde.
- 4:35Et donc,
- 4:36avec un peu plus de temps dans la semaine,
- 4:39j'imagine mettre les mains dans la terre,
- 4:41m'associer à un agriculteur,
- 4:43donner de mon temps libre à des agriculteurs qui en ont besoin.
- 4:47de manière locale et l'aider à se développer.
- 4:50Et ça peut être aussi donner mes compétences pour les aider à être plus visibles ou à mieux communiquer ou à développer,
- 4:58à leur donner des idées,
- 4:59en fait,
- 4:59pour développer aussi leur activité.
- 5:04Et j'imagine aussi donner de mon temps aux associations pour les rendre plus visibles.
- 5:09Ça,
- 5:09c'est une grande frustration que j'ai dans mon activité.
- 5:12Quand j'accompagne des structures engagées,
- 5:14des associations,
- 5:15le manque de budget,
- 5:17c'est le premier frein qu'elles ont pour se développer.
- 5:21Alors que je pense que les associations ont de grandes choses à montrer à la société.
- 5:29Elles ne sont pas assez visibilisées.
- 5:31Et j'aimerais beaucoup réussir à donner plus de temps.
- 5:35aux associations.
- 5:36Et donc,
- 5:36c'est vrai qu'un business à deux jours par semaine me permettrait de faire ça.
- 5:40Donc,
- 5:41je pense que finalement,
- 5:43ce serait avoir deux jours par semaine travaillé et trois jours de temps libre,
- 5:51ça me permettrait rien de moins que d'étendre ma vision du monde.
- 5:55Avoir plus de temps libre me permettrait de décupler mon impact.
- 6:01Et je pense que cette partie-là...
- 6:03vraiment ce point fondateur de pourquoi est-ce qu'on entreprend,
- 6:08à mon grand regret,
- 6:09elle reste trop invisibilisée sur les réseaux au bénéfice de la vision plage et cocktail que permet d'offrir un business à deux jours par semaine.
- 6:19Et donc finalement,
- 6:19je pense que la vraie question à se poser,
- 6:21ce n'est pas comment travailler moins ou comment te créer un business à deux jours par semaine ou à 100 000 euros par an,
- 6:28mais c'est plutôt pourquoi est-ce que tu veux du temps libre ?
- 6:31Au service de quoi tu as besoin ?
- 6:33de plus de temps ou de plus d'argent ?
- 6:35Et la réponse à cette question,
- 6:37elle te donne vraiment la vision du monde que tu as envie de créer.
- 6:41Et je pense que devenir ou être entrepreneur,
- 6:43c'est une façon de choisir comment tu occupes ta vie,
- 6:47comment tu occupes le monde.
- 6:49En fait,
- 6:49quelle est la place vraiment que tu joues dans le monde ?
- 6:51Et ce que tu fais des jours que tu libères dit vraiment quelque chose d'essentiel sur ce que tu penses du sens,
- 6:57de la contribution et de la place dans le monde.
- 7:00Et donc...
- 7:02Je pense que la liberté de lézarder à la plage ne devrait pas être une finalité,
- 7:07comme le signe que tu as réussi dans ton activité d'entrepreneur,
- 7:10parce qu'au final,
- 7:12je pense que c'est hyper réducteur.
- 7:15Par contre,
- 7:16la liberté de faire autrement,
- 7:17d'investir ce temps libéré dans des projets qui n'ont pas forcément de valeur marchande immédiate,
- 7:22mais qui participent à quelque chose de plus grand,
- 7:26c'est la vraie liberté de l'entrepreneuriat,
- 7:28et c'est vraiment celle de l'entrepreneuriat à impact.
- 7:31Et je pense que...
- 7:33dans notre monde là qui est assez bouleversé c'est vraiment une vision importante et primordiale à intégrer dès aujourd'hui en fait et cette vision là elle rebat les cartes de l'entrepreneuriat classique qui prône la croissance à outrance et disons-le un petit peu crûment la satisfaction de son propre nombril je
- 7:57pense que cette vision là elle est assez dépassée
- 8:01On a vraiment besoin de voir collectif et d'agir collectif pour transformer les choses de manière massive.
- 8:09Et là,
- 8:10j'ai envie de te parler de
- 8:11Bronnie Ware.
- 8:13Désolée pour l'accent très francisé.
- 8:16Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de cette personne.
- 8:18C'est une infirmière en soins palliatifs qui a posé une question aux patients qu'elle a accompagnés durant leurs dernières semaines de vie.
- 8:28Et cette question,
- 8:28c'était,
- 8:29à votre avis,
- 8:30quelle...
- 8:30pourraient être les plus grands regrets de votre vie et notamment les cinq plus grands regrets de votre vie.
- 8:36Et donc,
- 8:38suite à cette question-là,
- 8:39elle a sorti un livre,
- 8:42elle a été beaucoup interviewée et elle a donné beaucoup de conférences sur ce sujet.
- 8:47Je ne vais pas,
- 8:47dans cet épisode,
- 8:48partager les cinq réponses qui ont été données parce que ce n'est pas l'objectif de cet épisode.
- 8:53Par contre,
- 8:54je pense que c'est important d'en aborder deux parce qu'en fait,
- 9:00Tu verras que c'est hyper lié avec la notion de l'entrepreneuriat à impact que moi je prône.
- 9:08Et donc,
- 9:08tu verras,
- 9:09le lien vraiment se crée de manière très,
- 9:11très naturelle.
- 9:12Et je trouve que c'est hyper important de pouvoir associer cette vision-là de à quoi pensent les gens à la fin de leur vie et qu'est-ce qu'on peut faire,
- 9:21nous,
- 9:21aujourd'hui,
- 9:22pour ne pas avoir ces regrets-là quand on sera à l'aube de notre vie.
- 9:27Donc,
- 9:27Bronieware,
- 9:28elle observe...
- 9:29Combien ces patients regrettent d'avoir privilégié le travail au détriment du temps passé avec leurs partenaires ou leurs enfants pendant des années,
- 9:37et donc ces années qui ne reviendront pas de fait.
- 9:40Et ici,
- 9:41du coup,
- 9:42on comprend,
- 9:43je pense,
- 9:43pourquoi de plus en plus de personnes se mettent à leur compte.
- 9:46Et effectivement,
- 9:49dans cette vision-là,
- 9:50le business à deux jours par semaine prend vraiment tout son sens,
- 9:52parce que,
- 9:54effectivement,
- 9:54ça permet d'avoir plus de temps pour s'occuper de sa famille,
- 9:57pour s'occuper de ses proches.
- 9:58Et donc ça,
- 9:59c'est hyper louable.
- 10:01Cependant,
- 10:01il y a un autre regret qui a été rapporté par les patients de Brownie Ware,
- 10:05c'est d'avoir été dominés par leur recherche continue de toujours plus de plaisir et d'occupation divertissante,
- 10:12cela au détriment de la recherche d'une vie pleine de sens.
- 10:15Et là,
- 10:16je pense qu'on arrive à ce que je disais tout à l'heure,
- 10:20que finalement l'entrepreneuriat classique sert le plaisir spontané,
- 10:25mais pas le sens qu'on met dans sa vie.
- 10:28Et quand on fait en sorte de construire un business qui a du sens,
- 10:31qu'il est en accord avec nos valeurs,
- 10:33qui contribue à quelque chose qui nous dépasse,
- 10:35comme par exemple les multiples défis sociaux et environnementaux auxquels on est confrontés aujourd'hui,
- 10:41on est de fait plus heureux.
- 10:43Alors oui,
- 10:44peut-être que l'objectif,
- 10:45c'est deux jours par semaine.
- 10:46Peut-être que ton objectif,
- 10:48ce sera de travailler quatre jours par semaine,
- 10:49peu importe le chiffre.
- 10:50En fait,
- 10:50je pense que ce qui compte,
- 10:52c'est ce qu'on met dans ces jours qu'on aura libérés ou dans ces heures.
- 10:56aussi.
- 10:56Ça peut être vraiment quelques heures par semaine,
- 10:59ça peut être peut-être une matinée par mois,
- 11:00peu importe.
- 11:01En fait,
- 11:02l'important,
- 11:03c'est vraiment ce qu'on décide d'en faire.
- 11:04C'est la part qu'on donne au collectif et c'est la part qu'on donne au sens qu'on va mettre là-dedans,
- 11:11en fait.
- 11:12Parce qu'un entrepreneuriat qui se construit uniquement pour toi,
- 11:17même s'il tourne parfaitement en deux jours,
- 11:20ne suffit pas pour nous rendre vraiment heureux et pour nous sentir vivants.
- 11:24Et Merci.
- 11:25pour éviter de regretter quelque chose à la fin de notre chemin de vie.
- 11:30Je t'invite vraiment à te poser cette question et je conclurai sur ça pour cet épisode.
- 11:37Je t'invite à te demander si tu arrivais à te libérer deux jours par semaine,
- 11:42qu'est-ce que tu ferais avec ?
- 11:43Quelles actions tu mettrais en place ?
- 11:46La réponse peut vraiment t'aider à donner une nouvelle direction à ton activité et potentiellement aussi à ta communication parce que...
- 11:54Ce sera des choses vraiment que tu pourras partager et ce sera presque ce qu'on appelle des coulisses ou de la construction en public parce que peut-être que déjà,
- 12:07il y aura des premières briques que tu pourras mettre en place dans ton quotidien,
- 12:11même si actuellement,
- 12:11tu travailles cinq jours par semaine.
- 12:13Peut-être que tu te diras,
- 12:14je peux réussir une demi-journée par mois à aller aider cette association,
- 12:20à donner du temps.
- 12:23Et petit à petit,
- 12:23du coup,
- 12:24tu seras sur ce chemin de plus de sens dans ton activité entrepreneuriale et de plus d'impact dans ton activité d'entrepreneur.
- 12:33Donc,
- 12:33j'espère que cette question pourra t'apporter des réponses et puis te donner cette nouvelle direction ou en tout cas,
- 12:41te permettre de voir l'entreprenariat d'une manière un peu différente et d'arrêter de culpabiliser,
- 12:48de ne pas être sur ses deux jours par semaine et d'être sur une plage à boire du cocktail.
- 12:52mais plutôt de te donner envie de prôner cet entrepreneuriat qui a plus de sens et d'impact et qui permet vraiment le changement de la société parce que je reste convaincue que les entrepreneurs et surtout nous
- 13:08en tant qu'entrepreneurs indépendants,
- 13:10en tant que solopreneurs,
- 13:11on a énormément de choses à faire,
- 13:14à construire,
- 13:15à créer,
- 13:15à transformer et on a une grande puissance qui cumulait.
- 13:20peut vraiment permettre de changer les choses.
- 13:24Si cet épisode t'a plu,
- 13:25pense à le partager à une entrepreneuse qui en aurait besoin.
- 13:28Et puis,
- 13:28tu peux aussi laisser une note 5 étoiles ou un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 13:34Je te remercie pour ton écoute et ta fidélité.
- 13:36Et je te dis à jeudi prochain dans un nouvel épisode.
- 13:39Bye bye !