Latest / Québécois et Canadien / Emna Braham : La productivité au Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:05Aujourd 'hui, on reçoit Emna Braham, économiste
- 0:07et PDG de l 'Institut du Québec. On a discuté
- 0:09de la productivité de l 'économie québécoise
- 0:11et des enjeux qu 'elle aura dans le futur. Bon
- 0:14épisode. Emna Braham, merci d 'avoir accepté
- 0:24l 'invitation. Salut, merci de m 'avoir invitée.
- 0:28Parfait, je vais commencer avec un sujet qui
- 0:29est un peu délicat parce qu 'à chaque fois que
- 0:31quelqu 'un fait une sortie là -dessus, je me
- 0:34rappelle de Lucien Bouchard, je pense qu 'il
- 0:36avait parlé de la productivité des Québécois,
- 0:38il y a toujours un syndicat quelque part qui
- 0:39dit nos employés ce n 'est pas des lâches, ce
- 0:42n 'est pas vrai qu 'on se pogne le bain essentiellement.
- 0:44C 'est quoi la productivité dans un contexte
- 0:47économique? La productivité, c 'est une mesure
- 0:50économique, c 'est une division finalement, c
- 0:52'est la valeur ajoutée, donc la valeur en dollars
- 0:56qu 'on va produire par heure de travail. Il faut
- 0:59bien comprendre que, parce que dans le langage
- 1:01courant, on va parler de productivité comme de
- 1:03la productivité individuelle. Donc moi, je sais
- 1:06que je suis beaucoup plus productive quand je
- 1:08travaille du bureau que de la maison. Mais quand
- 1:10on parle de la productivité comme mesure économique,
- 1:12on parle d 'autre chose. C 'est vraiment une
- 1:14mesure très, très macro, très agrégée, qui nous
- 1:17permet d 'évaluer un peu comment une économie,
- 1:20un pays, une province va performer par rapport
- 1:22à une autre, comment elle performe par rapport
- 1:24à... dans le temps, tu sais, comment ça évolue,
- 1:27ou à la limite une industrie dans son ensemble,
- 1:29parce que l 'industrie de la construction, par
- 1:31exemple, parce qu 'elle est plus productive qu
- 1:33'avant, moins productive, plus productive qu
- 1:36'en Ontario, moins productive. Donc, c 'est vraiment
- 1:38une mesure très, très agréable. Donc, il faut
- 1:39vraiment la distinguer de l 'aspect personnel,
- 1:42puis ça permet peut -être un peu de... de respirer
- 1:46un petit peu. Quand on dit qu 'on a un enjeu
- 1:47de productivité au Québec ou au Canada, on parle
- 1:50pas de la productivité des personnes, mais vraiment
- 1:52de l 'économie. Ce qu 'il faut comprendre, c
- 1:54'est que cette mesure -là, elle dépend beaucoup
- 1:57de ce qu 'on fabrique ou de ce qu 'on fait dans
- 2:01une économie. Donc, typiquement, si on se compare,
- 2:05par exemple, avec... Si on compare le Québec
- 2:08et l 'Ontario, la productivité du Québec est
- 2:10plus faible que celle de l 'Ontario. Pourquoi?
- 2:13La principale raison, c 'est vraiment le type
- 2:15d 'industrie qu 'on a. Donc, l 'Ontario va avoir
- 2:18un secteur financier qui est plus important en
- 2:21proportion de son PIB. secteur financier, c 'est
- 2:24plus d 'argent par heure travaillée, juste parce
- 2:26que... C 'est parce que la productivité, le calcul,
- 2:28de façon plus simple, c 'est combien l 'économie
- 2:31génère en revenus, en production économique,
- 2:34divisée par le nombre d 'heures. Exactement.
- 2:37Donc c 'est sûr qu 'en finance, il y a plus de
- 2:40dollars qui sont créés par heure de travail,
- 2:43versus au Québec où on a un secteur financier
- 2:45moins important. Donc c 'est pas nécessairement
- 2:47une mesure de... et d 'ailleurs qu 'on regarde
- 2:49en fait, nous on a fait l 'exercice, si au Québec
- 2:52on avait la même structure industrielle que l
- 2:54'Ontario, on aurait la même productivité. Donc
- 2:56ça explique en grande partie l 'écart, c 'est
- 2:59principalement que les gens travaillent moins
- 3:01bien ou moins fort. Parce que c 'est ça. Si on
- 3:04revient avec l 'exemple que tu viens de donner...
- 3:08Si jamais t 'es un gestionnaire de fonds financiers,
- 3:12mais ton gestionnaire qui gère un portefeuille
- 3:14de, je ne sais pas moi, 100 millions de dollars
- 3:16par heure à travailler va générer 1, 2 % de frais
- 3:19de gestion là -dessus. Ça va générer 2 millions
- 3:21de dollars en travaillant 40 heures semaine,
- 3:242 000 80 heures par année. cette personne -là
- 3:28va juste faire 40 heures par semaine. Puis là,
- 3:30de l 'autre côté, on a quelqu 'un qui travaille
- 3:31dans une épicerie, qui va générer X montants.
- 3:36en travaillant dans une épicerie, il va générer
- 3:38beaucoup moins par heure travaillée que quelqu
- 3:40'un qui fait de la gestion financière. Mais ça
- 3:42ne veut pas dire qu 'ils travaillent moins, ça
- 3:43veut juste dire qu 'ils travaillent dans des
- 3:44industries qui sont peut -être moins payantes
- 3:46ou que les marges de profession sont moins élevées.
- 3:48Exactement. La productivité, ça va dépendre de
- 3:49ça. Ça va dépendre aussi du type d 'entreprise
- 3:53qu 'on va avoir. Donc une économie avec plus
- 3:54de grandes entreprises, comme les États -Unis,
- 3:56va avoir une productivité plus élevée. juste
- 4:00parce que, bien, des grandes entreprises vont
- 4:02avoir plus de capacités à investir, elles peuvent
- 4:04avoir des économies d 'échelle sur certains projets,
- 4:07etc. Donc ça, ça fait qu 'elles vont être plus
- 4:09productives. Donc ça, c 'est des aspects un peu
- 4:11sur lesquels c 'est difficile de vraiment jouer
- 4:15ou de faire changer. Par contre, la productivité,
- 4:18ça dépend aussi de avec quoi on travaille. Donc
- 4:22typiquement, c 'est... dans quoi on a investi,
- 4:24est -ce qu 'on a investi dans de la machinerie
- 4:26qui est sophistiquée, dans de la technologie
- 4:28qui est sophistiquée, est -ce qu 'on a des logiciels
- 4:30qui sont intéressants, tout ça va améliorer la
- 4:33productivité et c 'est sur ce point -là en particulier
- 4:36que le Québec et plus généralement le Canada
- 4:39ne performe pas très très bien parce qu 'on voit
- 4:41que même avec des structures similaires, nous
- 4:44on investit moins, nos entreprises vont avoir
- 4:46tendance à moins investir justement dans ces
- 4:49nouvelles technologies, dans cette machinerie
- 4:51et ça, ça va expliquer une partie de... de l
- 4:54'écart de productivité qu 'on voit, par exemple,
- 4:56avec les États -Unis. Si on donne l 'exemple
- 4:59de la machinerie, si je comprends bien, on a
- 5:02une usine de montage qui fait des chaises. Il
- 5:05y a besoin de 10 employés pour faire une chaise.
- 5:07Chaque personne fait une étape de la chaise.
- 5:11La chaise se vend 100 $, 10 employés 10 $ par
- 5:14heure travaillée pour cette chaise -là. Si j
- 5:17'ai un employé qui a perdu une machine qui fait
- 5:20deux chaises à l 'heure, bien là, j 'ai un employé
- 5:22qui génère deux chaises, donc la productivité
- 5:25de l 'usine est plus élevée, mais la différence
- 5:28majeure entre les deux, c 'est qu 'une entreprise
- 5:30qui a investi pour une machine qui fait des chaises
- 5:33plus rapidement avec moins d 'employés, fait
- 5:35que l 'indicateur de... productivité qui est
- 5:38ce qu 'on produit divisé par le nombre d 'heures
- 5:40travaillées augmente. Plus que les entreprises
- 5:42investissent, plus que la productivité augmente
- 5:44normalement. Exactement. Puis de plus en plus,
- 5:46c 'est oui, c 'est de l 'automatisation en manufacturé,
- 5:49mais ça va être des logiciels, ça va être des
- 5:50abonnements, des choses comme ça. Donc ça, c
- 5:53'est une partie de. de ce qui fait la productivité
- 5:56d 'une économie. Puis j 'en parlais aussi pourquoi
- 5:59on s 'intéresse à cet indicateur -là. Pour plusieurs
- 6:03raisons. Le premier, c 'est peut -être parce
- 6:06que dans un contexte de vieillissement de la
- 6:09population où on a de moins en moins de travailleurs
- 6:12disponibles, cette question -là de combien est
- 6:15-ce qu 'on peut produire ou de combien de services
- 6:17à la population, de santé, d 'éducation, exactement,
- 6:19on peut offrir par heure de travail devient importante
- 6:22parce qu 'on a juste moins de corps. moins de
- 6:24personnes qui sont disponibles pour travailler.
- 6:27Et donc, cette volonté de rehausser la productivité
- 6:31est dans ce contexte -là. C 'est parce qu 'on
- 6:32a moins de monde, où on s 'attend à avoir moins
- 6:34de monde, que dans les précédentes décennies.
- 6:37Et donc, on veut améliorer notre productivité.
- 6:39Comment produire plus avec moins, essentiellement?
- 6:42Exactement. Ça, c 'est la principale raison pour
- 6:46laquelle on s 'intéresse à ça. La deuxième, c
- 6:48'est aussi en lien avec le vieillissement de
- 6:50la population. c 'est en lien avec notre niveau
- 6:52de vie ou la soutenabilité de notre niveau de
- 6:54vie. Parce que ce qu 'on voit, c 'est que la
- 6:56croissance économique et donc la croissance des
- 6:58revenus de l 'État, qui permettent de payer la
- 7:01santé, l 'éducation notamment, elle dépend de
- 7:05plusieurs choses, mais elle dépend de la croissance
- 7:08de la... le fait qu 'on a de plus en plus de
- 7:11personnes en âge de travailler qui arrivent dans
- 7:13l 'économie. et ça dépend de leur productivité.
- 7:16Donc, une économie va croître si la population
- 7:18qui augmente puis que chacune de ces personnes
- 7:21va produire plus. Or, on sait qu 'à partir de
- 7:242026, la population du Québec commence à diminuer,
- 7:28comme la population du Canada va augmenter beaucoup
- 7:30moins rapidement. Et donc, ce qu 'on voit, c
- 7:33'est qu 'on dit, bien, si on n 'a pas ce bout
- 7:35-là de la population qui croit, bien, c 'est
- 7:37sûr que pour faire croître nos revenus et notre
- 7:39croissance et notre économie, bien, on a besoin
- 7:42que cette productivité augmente. Donc, on a moins
- 7:44de personnes, mais il faut que chacune de ces
- 7:46personnes produise plus de richesses. On parle
- 7:49de création de richesses. Et tout le débit, le
- 7:52défi, c 'est pas vraiment pour aujourd 'hui parce
- 7:54que notre niveau de vie, notre qualité de vie
- 7:57au Canada, au Québec est... très bonne aujourd
- 8:00'hui, mais c 'est plus dans l 'avenir. Est -ce
- 8:02qu 'on est capable de soutenir ce niveau de vie
- 8:04-là? Bien, on voit qu 'on a besoin de faire évoluer
- 8:07nos économies un peu différemment dans les prochaines
- 8:10années si on veut générer des revenus justement
- 8:13pour fournir ces services -là, surtout que la
- 8:17population vieillissante, donc des soins de santé
- 8:19qui vont augmenter, des coûts de santé qui vont
- 8:21augmenter beaucoup. Donc, c 'est vraiment une
- 8:23question de comment on peut soutenir ce niveau
- 8:25de vie -là. plus que l 'économie produit, plus
- 8:30que l 'économie produit, plus qu 'on a des revenus
- 8:33d 'impôt, j 'imagine, plus que les salariés peuvent
- 8:36avoir une partie élevée de cette part -là, parce
- 8:39que si t 'as un travailleur qui produit beaucoup
- 8:42plus que dix travailleurs, bien là, cet travailleur
- 8:43-là, j 'imagine, peut avoir une meilleure énumération,
- 8:46parce que là, il y a probablement des compétences
- 8:47plus spécialisées et tout ça, fait que... Quand
- 8:49on parle de niveau de vie, c 'est vraiment notre
- 8:51capacité collective à générer du revenu pour
- 8:54nous, mais aussi pour la société. Mais pour la
- 8:56société, exactement. Et puis, quand on voit comme
- 8:59un... On parle toujours de niveau de dépendance
- 9:03dans une économie. Donc, quand on a une population
- 9:06qui vieillit, comme au Canada et au Québec, ça
- 9:08veut dire qu 'il y a de plus en plus de personnes
- 9:10qui ne travaillent pas parce qu 'elles sont plus
- 9:11âgées, elles ont atteint l 'âge de la retraite,
- 9:13pour moins de personnes qui travaillent. Et donc,
- 9:16ce moins de personnes doit... payer son niveau
- 9:19de vie à lui, mais aussi celui de ceux qui les
- 9:21ont précédés. Voilà. Donc, c 'est pour ça qu
- 9:24'on se dit que la productivité, pour qu 'on y
- 9:28revienne, c 'est un indicateur qui montre dans
- 9:30quelle mesure est -ce qu 'on est capable de générer
- 9:32des revenus pour nous -mêmes, mais des revenus
- 9:33pour l 'État aussi, parce qu 'on va payer des
- 9:35impôts, on va payer des taxes à la consommation,
- 9:38on va payer des permis, des choses comme ça.
- 9:41Il y a des programmes, disons, pour les personnes
- 9:42retardées, comme, par exemple, la Régie des rentes
- 9:44du Québec ou les régimes de pension de leur employeur.
- 9:46Ça, c 'est entièrement auto -financé. C 'est
- 9:48nous, à travers nos années de travail, qui payent
- 9:50pour ça. Ça fait que c 'est pas la charge de
- 9:52l 'État, mais la sécurité de vieillesse, par
- 9:54exemple, qui est en crainte d 'augmenter. Je
- 9:56pense que c 'est 80 quelques milliards, puis
- 9:57ça va monter vers les 100 milliards. C 'est quasiment
- 10:0020 % du budget fédéral. Ça, c 'est de l 'argent
- 10:04que, collectivement, on finance. Puis, en plus,
- 10:07on rajoute les soins de santé parce qu 'il y
- 10:09a une population vieillissante qui consomme plus
- 10:10de soins de santé. Fait que là, il faut que le
- 10:13peu de travailleurs qui va rester ou le moins
- 10:14de travailleurs qui va rester finance les services
- 10:16pour l 'ensemble de ces gens -là. Pour un même
- 10:18temps, j 'imagine honorer le contre -social qu
- 10:20'on avait pris envers ces gens -là, comme quoi
- 10:21qu 'ils vont pouvoir avoir une retraite, puis
- 10:23ils vont pouvoir avoir des soins de santé à la
- 10:25retraite. Oui, puis on est très différents qu
- 10:26'on regarde, par exemple, la France qui s 'est
- 10:28passée dans les dernières années, que, eux, c
- 10:30'est pas du tout le même mode de financement.
- 10:31Puis, eux, la plus grosse pression, c 'est les
- 10:33retraites. Nous, on n 'a pas cet enjeu -là. Mais
- 10:36c 'est beaucoup, au niveau provincial, les soins
- 10:38de santé, qui représentent au -dessus de 30 %
- 10:42des dépenses de l 'État actuellement, qui vont
- 10:44frôler les 40 % dans les 10, 15 prochaines années.
- 10:47Ça, c 'est comme une pression importante de dépenses
- 10:51qu 'on doit financer d 'une manière ou d 'une
- 10:53autre. Puis on s 'intéresse à la productivité
- 10:56aussi parce qu 'il y a eu... C 'est un indicateur
- 11:00qu 'on suit depuis toujours, les économistes,
- 11:02mais c 'est comme un peu revenu ou arrivé en
- 11:04avant de la scène il y a quelques années. Il
- 11:07y a eu notamment un grand discours de la Banque
- 11:11du Canada qui parlait d 'une urgence de la productivité
- 11:14au Canada et qui disait qu 'on a vraiment un
- 11:17enjeu. le Canada est en train de tirer de l 'arrière
- 11:22en termes de croissance de la productivité, surtout
- 11:24quand on se compare avec les États -Unis. Et
- 11:28c 'est un problème. C 'est un problème qu 'on
- 11:30doit absolument essayer de régler. Puis en vrai,
- 11:36c 'est un enjeu... Il y a les États -Unis qui
- 11:38sont comme... Ils ont une situation particulière.
- 11:43Ils ont un niveau de productivité qui est beaucoup
- 11:44plus élevé parce qu 'ils ont... des industries
- 11:47de pointe, parce qu 'ils ont un énorme marché,
- 11:50parce qu 'ils ont plus de grandes entreprises,
- 11:52parce qu 'ils investissent en capital beaucoup
- 11:54plus que n 'importe qui d 'autre, parce qu 'ils
- 11:55ont énormément de dépenses publiques pour stimuler
- 11:57l 'économie. Tout ça fait qu 'ils sont en avant
- 12:01de la parade. Mais ceci étant dit, la plupart
- 12:04des autres pays développés... ont cet enjeu -là
- 12:07parce que, en gros, ce qui arrive, c 'est que
- 12:09tu as une économie qui est plutôt mature. Donc,
- 12:13les plus gros gains, ils ont déjà été faits.
- 12:15Donc, le fait que si c 'est payant de mettre
- 12:18une machine, les entrepreneurs, ils sont pas
- 12:21bâtis. Ils l 'ont fait. S 'ils l 'ont pas fait
- 12:23ou ils l 'ont pas fait assez, c 'est le constat
- 12:26souvent qu 'on porte. C 'est parce que c 'est
- 12:27difficile, c 'est cher, c 'est compliqué. Il
- 12:30n 'y a peut -être pas les bons incitatives, certainement,
- 12:32mais quand même, les gains les plus faciles ont
- 12:34été faits. Donc, on a ce défi -là dans la plupart
- 12:39des pays développés d 'une productivité qui a
- 12:42augmenté puis aujourd 'hui qui stagne. Et donc
- 12:46là, c 'est comme, OK, comment tu vas essayer
- 12:48de chercher cette productivité supplémentaire
- 12:52-là en n 'étant pas à l 'Est de l 'Union? C 'est
- 12:55intéressant parce que je n 'avais jamais vraiment
- 12:57pensé à ça, mais c 'est vrai que disons que tu
- 12:59es une économie en voie de développement. Ta
- 13:02main -d 'oeuvre est extrêmement... mais n 'est
- 13:05pas très cher. Fait que t 'as pas vraiment des
- 13:07statifs à investir en automatisation parce que
- 13:10tu vas payer une fraction d 'un dollar pour tes
- 13:12employés qui vont faire peu importe que la tâche
- 13:14à faible valeur ajoutée que tu vas leur faire
- 13:16faire. Mais là, plus que tu vas te développer,
- 13:19plus que les salaires vont augmenter, plus que
- 13:21les droits des travailleurs vont être implantés,
- 13:24plus que le coût de la main -d 'œuvre va augmenter.
- 13:26Fait que là, plus que, inévitablement, tu as
- 13:28une incitatif à automatiser ou à réduire tes
- 13:30besoins main -d 'œuvre, parce que là, ta main
- 13:32-d 'œuvre va être plus chère, va être plus qualifiée.
- 13:34Ça fait en sorte que là, tu vas implanter des
- 13:36machines, des machines, des machines ou des nouveaux
- 13:38systèmes. Et éventuellement, tu vas arriver à
- 13:40un système où tu as une société comme la société
- 13:42nord -américaine, par exemple, ou la société
- 13:43européenne, où les gens gagnent des très bons
- 13:46salaires. Donc, toutes les machines que tu avais
- 13:48implantées, tu les as implantées. Puis là, on
- 13:49est rendu dans le, il faut la robotique, puis
- 13:51on n 'est pas sûr si ça va marcher ou ça marchera
- 13:53pas. C 'est intéressant comme ça. Oui, il y a
- 13:57juste la volonté d 'implanter, mais c 'est que
- 13:58là, tous les projets les plus faciles d 'implantation
- 14:00de technologies sont comme déjà faits dans une
- 14:02société mature. Oui, puis après, bon, la question,
- 14:05puis la grosse question de politique publique,
- 14:07c 'est est -ce qu 'on... Est -ce qu 'aussi on
- 14:09a une des incitatives ou est -ce qu 'on a une
- 14:12économie qui incite à faire tous ces changements
- 14:15nécessaires ou est -ce qu 'on les bloque? ou
- 14:19est -ce qu 'on incite à des mauvais comportements
- 14:21économiques? Mais donc, on va donner un exemple.
- 14:25Là, aujourd 'hui, ce qu 'on a entendu au cours,
- 14:28je dirais, la dernière année et demie, deux ans,
- 14:30on parle beaucoup de la réglementation. Alors
- 14:33oui, justement, on est une économie mature, mais
- 14:36au fil des années, on s 'est doté de règles environnementales,
- 14:40de santé et sécurité, de droits du travailleur,
- 14:43etc., mais qui fait qu 'aujourd 'hui, bien, ça...
- 14:47ça plombe les ailes des entreprises qui doivent
- 14:50se conformer à cette réglementation. Et c 'est
- 14:53des coûts, donc ça leur enlève des coûts pour
- 14:56aller investir, des choses comme ça. C 'est une
- 14:59bonne question. Après, c 'est très difficile
- 15:01de démontrer que c 'est exactement ça qui joue.
- 15:06Mais les politiques publiques, en fait, doivent
- 15:08s 'assurer qu 'au moins... on ne bloque pas les
- 15:12entreprises ou, en tout cas, ou, sinon, qu 'on
- 15:14met les incitatives nécessaires pour le faire.
- 15:17Donc, par exemple, pour ce qui est de tout ce
- 15:19qui est automatisé, est -ce que si, par exemple,
- 15:23on... puis on va parler d 'immigration tantôt,
- 15:24mais mettons, si justement on permet d 'aller
- 15:28recruter à l 'international lorsqu 'on manque
- 15:30de main -d 'oeuvre localement, est -ce qu 'on
- 15:32désincite les entreprises à automatiser des tâches
- 15:35qu 'elles auraient pu faire? Parce que c 'est
- 15:36moins cher, par exemple, de faire venir quelqu
- 15:38'un d 'étranger pour faire ça. C 'est intéressant
- 15:41ce que tu mentionnes, parce que moi, étant peut
- 15:43-être un peu plus de droite philosophiquement,
- 15:45le centre droit, disons, l 'argument de la déréglementation,
- 15:49c 'est toujours quelque chose que j 'ai trouvé
- 15:50intéressant. Il y a trop de réglementation. Moi
- 15:53-même, j 'opère une entreprise et je le vois,
- 15:56les différentes étapes, la confirmité X, Y. Le
- 16:00principe de la déréglementation, je pense qu
- 16:02'il est facile à adopter. Mais là... Tu regardes,
- 16:06par exemple, qu 'est -ce qui se passe aux États
- 16:08-Unis où ils ont détruit le département de l
- 16:11'environnement. Là, tu fais comme moi, la norme
- 16:16X qui était pour réduire les émissions de je
- 16:18ne sais pas trop quoi, ou la norme Y qui était
- 16:20pour empêcher qu 'on déverse des affaires dans
- 16:22l 'eau, puis toutes ces règles -là. il y a une
- 16:25raison pour qu 'on les adopte. Il n 'y a pas
- 16:26personne qui se lève le matin et qui dit comme,
- 16:28moi j 'aimerais tellement ça rendre ça la vie
- 16:30plus difficile d 'une entreprise, je vais leur
- 16:33empêcher de fonctionner efficacement. Non, c
- 16:35'est parce qu 'il est arrivé quelque chose à
- 16:36un moment donné et il y a quelqu 'un qui a décidé
- 16:37que c 'est une bonne idée de caper, de limiter
- 16:39telle -telle norme. Donc là quand tu veux dérèglementer,
- 16:42autant le principe, je pense que le monde peut
- 16:44être assez favorable à ce principe -là, parce
- 16:46qu 'il faut que tu te dises quelle norme, est
- 16:48-ce qu 'on va couper des normes de santé et sécurité
- 16:50pour mettre nos travailleurs à risque? pour que
- 16:52ce soit plus efficace et plus payant, ou est
- 16:54-ce qu 'on va couper sur l 'environnement et
- 16:56arrêter de protéger? Fait que c 'est ça, c 'est
- 16:58déreglementé oui, mais déreglementé de quoi,
- 17:00là, c 'est ça? Ben, je pense que ça a tout à
- 17:01fait raison, puis c 'est pour ça que je le questionne
- 17:03un peu, ce... Il y a comme un certain consensus
- 17:06dans la dernière année et demie, deux ans, sur
- 17:07le fait qu 'il faut alléger la réglementation.
- 17:11Honnêtement, c 'est vraiment un défi parce que
- 17:13c 'est super dur à quantifier, honnêtement. Mais
- 17:15il y a une étude de Statistique Canada récemment
- 17:17qui fait vraiment la démonstration que depuis
- 17:20le début des années 2000, la réglementation...
- 17:22Il regardait juste au niveau fédéral, mais juste
- 17:25au niveau fédéral, la réglementation a augmenté
- 17:28de manière très importante et il y a un effet
- 17:31de... ça a plombé la croissance du PIB. C 'est
- 17:35comme la meilleure étude que j 'ai vue sur ce
- 17:37sujet -là. Mais autrement, c 'est très, très
- 17:39difficile de dire, OK, bien, c 'est tel type
- 17:42de réglementation qui est problématique ou voici
- 17:47ce dont on devrait se débarrasser. Donc aujourd
- 17:49'hui, là, tout le monde dit, oui, il faut dérèglementer.
- 17:51fort bien, mais il y avait toujours une raison
- 17:53pour laquelle on a mis cette réglementation -là.
- 17:56Puis on a l 'exemple aux États -Unis, on a l
- 17:58'exemple en Argentine où on va tout dérèglementer.
- 18:01Mais je pense que ce que ça illustre, c 'est
- 18:03qu 'on ne peut pas tout avoir. Ces réglementations,
- 18:05les amis, parce qu 'on valorisait certains...
- 18:08On avait des valeurs. On voulait protéger certaines
- 18:11choses. Puis là, aujourd 'hui, on dit oui, mais
- 18:13ça nous empêche d 'aller vite. Bien... il y a
- 18:16un arbitrage à faire, puis je pense que ça, c
- 18:18'est comme la partie un peu plus inconfortable,
- 18:20mais c 'est peut -être la conversation la plus
- 18:21intéressante plutôt que de dire des réglementations
- 18:24oui ou des réglementations non. C 'est compliqué,
- 18:27puis en même temps, je pense... Il y a peut -être
- 18:28un travail d 'uniformisation aussi. C 'est une
- 18:32norme provinciale et une norme fédérale sur un
- 18:34sujet commun. La norme n 'est pas la même. L
- 18:36'entreprise doit faire deux rapports de conformité,
- 18:39un fédéral et un provincial pour la même chose.
- 18:41Je pense qu 'ils commencent à avoir une conscience
- 18:42par rapport à ça. On regarde notamment le processus
- 18:45d 'impact environnemental. Ils ont fait des ajustements
- 18:48pour que le fédéral reconnaisse les processus
- 18:50provinciaux. Je pense que ça, c 'est des bonnes
- 18:53avancées. Et les normes interprovinciales, on
- 18:57en parle beaucoup. Ce qui se passe aux États
- 19:00-Unis, on a parlé de réduire les barrières interprovinciales.
- 19:03Le camion, il est correct dans une province et
- 19:05il n 'est pas dans l 'autre. Je pense qu 'il
- 19:07y a peut -être une moyen d 'uniformisation. Mais
- 19:09est -ce que vraiment, dans une société occidentale
- 19:11avancée, où l 'environnement est important, où
- 19:15le droit des travailleurs est important, où la
- 19:17protection du français est importante, est -ce
- 19:20qu 'on a vraiment tant d 'opportunités de réglementation?
- 19:22Ça, c 'est une autre question. Il faut trouver
- 19:24des bonnes façons de le faire. Il y a un exemple
- 19:26intéressant en Californie. C 'est sur l 'aspect
- 19:29environnemental. Ils ont fait un gros travail
- 19:32et ils ont vraiment trouvé comme la loi cadre
- 19:35environnemental. les principes qui étaient dans
- 19:38cette loi -là dont découle un certain nombre
- 19:41de règlements qu 'on pourrait alléger ou revoir
- 19:44ou formuler d 'une certaine façon pour s 'assurer
- 19:46qu 'après la forêt de réglementation qui s 'ensuit,
- 19:51on la minimise, plutôt que d 'essayer d 'aller
- 19:53règlement par règlement, d 'essayer de les supprimer
- 19:55ou de les alléger, parce que là, c 'est sûr qu
- 19:57'il y avait toujours une bonne raison. Ça fait
- 19:58qu 'il fallait aller un peu en amont, puis je
- 20:01ne suis pas avocate, mais c 'était un peu le
- 20:04principe. C 'est un bon point. S 'il y a trois,
- 20:08quatre règlements qui font la même chose, peut
- 20:10-être, puis là, on dédouble. Fait que de revenir
- 20:12vraiment au principe premier de dire, OK, bien,
- 20:15c 'était quoi que cette toile -là voulait faire?
- 20:17Exactement. OK. Bien, c 'est intéressant. Là,
- 20:20on est dans une économie, disons, mature. Les
- 20:24perspectives de croissance sont plus faibles.
- 20:27Les projets d 'automatisation, en tout cas, la
- 20:31machinerie la plus simple à implanter a été implantée.
- 20:35Alors, est -ce que, considérant la réalité démographique,
- 20:41est -ce que le Canada, et particulièrement le
- 20:42Québec, c 'est comme un peu basé sur l 'immigration
- 20:45pour essayer de stimuler son économie? Parce
- 20:47que un des arguments, je pense, qui revient,
- 20:49c 'est de dire, bien, essentiellement, l 'économie
- 20:51québécoise et l 'économie canadienne n 'étaient
- 20:53pas super bonnes, pas vraiment de croissance.
- 20:57Ça fait qu 'on a fait le choix d 'ouvrir les
- 21:00portes, de faire rentrer l 'immigration. pour
- 21:02essayer de se stimuler. Est -ce que c 'est ça
- 21:04qui est arrivé? Est -ce qu 'on a essayé de ju
- 21:07-stop l 'économie, de droguer l 'économie pour
- 21:10qu 'elle soit plus performante avec l 'immigration?
- 21:12Bien, on peut se faire comme un peu une frise
- 21:15dans le temps, qu 'est -ce qui s 'est passé au
- 21:16cours des dernières années en immigration. L
- 21:19'histoire est un peu différente au fédéral et
- 21:21au Québec, mais il y a quand même certaines similitudes.
- 21:25À partir de... On a une réalité démographique,
- 21:30c 'est -à -dire que la cohort des BB Boomer,
- 21:33qui est une cohorte populaire, elle est passée
- 21:35dans les âges de la vie. Donc quand elle est
- 21:36arrivée sur le marché du travail, il y avait
- 21:38du chômage des jeunes, puis après ils travaillaient,
- 21:40puis là ils partent à la retraite. Et donc leur
- 21:42départ de la retraite, c 'est vraiment une grosse
- 21:47tendance de fond dans tout ce qu 'on voit depuis
- 21:49à peu près 2010, exactement, jusqu 'à 2030. C
- 21:54'est cette cohorte -là qui part à la retraite.
- 21:57Et donc, une population qui part à la retraite
- 22:00et en même temps des jeunes qui rentrent sur
- 22:01le marché du travail qui sont beaucoup moins
- 22:03nombreux. Donc aujourd 'hui, à peu près pour
- 22:06100 départs à la retraite, on a 80 et quelques
- 22:08personnes, jeunes qui rentrent sur le marché
- 22:10du travail. C 'est un déficit quand même important.
- 22:11Un déficit exactement de travailleurs. Et donc,
- 22:15ça c 'est quelque chose qui se fait un petit
- 22:17peu graduellement, qu 'on ne peut pas vraiment
- 22:20changer. À partir de 2016, on commence à avoir
- 22:24vraiment... cette friction -là, cette tension
- 22:26sur le marché de travail qui s 'opère. Le chômage
- 22:30diminue beaucoup. Il y a beaucoup de postes à
- 22:32combler pour lesquels on ne trouve personne.
- 22:34Et c 'est à peu près à ce moment -là qu 'on commence
- 22:36à avoir une hausse de l 'immigration temporaire.
- 22:39Donc, historiquement, au Canada, on accueille
- 22:41principalement des immigrants permanents, donc
- 22:43des personnes qu 'on va sélectionner de l 'étranger,
- 22:45qui habitent à l 'étranger, qu 'on va sélectionner
- 22:48selon des critères éduqués, un certain âge, en
- 22:51bonne santé, etc. et ils vont venir s 'installer
- 22:54de manière permanente au Canada. À partir, puis
- 22:57on avait bien sûr des programmes de travailleurs
- 22:59agricoles, des choses saisinières, mais sinon
- 23:01c 'était ça le plus gros. On avait des étudiants,
- 23:04mais pas beaucoup. à partir de 2016, c 'est qu
- 23:07'on voit toutes les catégories d 'immigration
- 23:09temporaire commencer à augmenter. Donc on met
- 23:12en place des programmes pour recruter à l 'international
- 23:15des travailleurs, des travailleuses de manière
- 23:17temporaire. C 'est le programme, le PTET, le
- 23:20programme des travailleurs étrangers temporaires.
- 23:22On crée plein de nouveaux programmes qui permettent
- 23:24à des gens de venir ou de renouveler des permis.
- 23:28On accueille davantage d 'étudiants internationaux
- 23:30et donc on voit vraiment le nombre d 'immigrants
- 23:32temporaires augmenter. et arrive la pandémie
- 23:36qui bouleverse complètement le marché du travail
- 23:39parce qu 'on ferme des secteurs, puis on les
- 23:42réouvre, puis tout le monde a plein d 'argent,
- 23:44il va l 'aller au restaurant, il va l 'aller
- 23:45dans les magasins, de la très forte demande alors
- 23:48qu 'il n 'y a plus de travailleurs, on a des
- 23:49besoins en santé. Et donc, en 2021, on arrive
- 23:53vraiment à un marché de travail qui est complètement...
- 23:55en pénurie de main -d 'oeuvre généralisée, taux
- 23:57de chômage très faible, beaucoup de postes à
- 23:59combler. Et là, le nombre d 'immigrants temporaires
- 24:01augmente encore plus parce qu 'on va recruter
- 24:03davantage à l 'international. Les établissements
- 24:06d 'enseignement qui arrivent plus nécessairement
- 24:08à avoir autant d 'inscriptions qu 'elles le voudraient
- 24:11vont aussi faire davantage d 'efforts pour recruter
- 24:13à l 'international. Et tout ça va faire augmenter
- 24:15la population canadienne beaucoup plus rapidement
- 24:17que ce qu 'on a vu historiquement. Et tout ça
- 24:21va créer un peu un... un déséquilibre, une perte
- 24:27de confiance surtout de la population envers
- 24:29le système d 'immigration qui était en général
- 24:31très apprécié à travers la fédération. Et là,
- 24:34on commence à voir dans les sondages, les gens
- 24:37ont moins confiance dans le système d 'immigration.
- 24:38Des partis politiques fédéraux qui sont anti
- 24:41-migration quasiment, ou qui disent qu 'on devrait
- 24:43réviser ça. Je me rappelle pas avoir déjà vu
- 24:46ça de mon vivant. Exactement, puis on voit même
- 24:48à l 'extérieur du Québec davantage ce sentiment
- 24:50-là. Et donc, à partir de janvier 2024, le fédéral
- 24:54va commencer à dire, bien, on va réduire le nombre
- 24:58d 'immigrants temporaires. Le Québec va emboîter
- 25:01le PAPA. Et à partir de, c 'est ça, début 2024,
- 25:04on est vraiment plus dans la phase de restriction
- 25:07de l 'immigration. On va venir changer les critères
- 25:12de plein de programmes. En plus, on va venir
- 25:14diminuer les seuils d 'immigration permanente
- 25:17au Québec, puis on peut en parler, mais... Donc,
- 25:20grosso modo, c 'est tout ça, l 'histoire. Donc,
- 25:21l 'histoire, c 'était beaucoup plus pour faire
- 25:24face aux enjeux de pénurie de main -d 'oeuvre,
- 25:26parce que les employeurs, donc le secteur privé
- 25:28qui criait beaucoup au fait qu 'ils n 'arrivaient
- 25:30pas à combler toutes les commandes qu 'ils recevaient,
- 25:34mais le gouvernement aussi comme grand employeur,
- 25:37et comme 24 % de la population au Québec qui
- 25:39travaillent pour le secteur public quand même,
- 25:41qui aussi ont du mal à recruter. Et donc, c 'était
- 25:44plus... comme on va dire, que l 'assouplissement
- 25:51des règles d 'immigration, puis c 'était pas
- 25:52une politique nécessairement très planifiée ou
- 25:56très homogène. Il y avait comme le Century Initiative
- 25:59qui était vraiment... Voilà, comme une pensée
- 26:04au fédéral. Le gouvernement Trudeau n 'était
- 26:10pas nécessairement complètement aligné avec,
- 26:12mais aligné un peu dans cette direction d 'une
- 26:14hausse de l 'immigration. Mais ça, c 'est comme
- 26:17une partie de l 'histoire. Plus généralement,
- 26:19on a juste vu les gouvernements dire qu 'on a
- 26:21besoin de faire venir plus de monde, puis on
- 26:23va le faire de plein de façons différentes, sans
- 26:25vraiment planifier ce que ça allait donner comme
- 26:28effet global d 'assouplir tous ces différents
- 26:31programmes. Après, sur la croissance économique
- 26:33en tant que telle, ça a eu un impact, mais c
- 26:37'était pas nécessairement... Je pense pas que
- 26:38c 'était vraiment l 'objectif, mais en 2023,
- 26:41il y a les taux d 'intérêt qui commencent à augmenter.
- 26:42L 'économie canadienne ralentit, puisqu 'on a...
- 26:46vu un petit peu après coup, c 'est de dire, bien,
- 26:48peut -être qu 'on a... l 'économie a moins pyréclité,
- 26:53justement, parce qu 'il y avait cette croissance
- 26:55de la population qui a compensé un peu. Donc,
- 26:58davantage de gens qui consomment. Donc, ça a
- 27:00un petit peu compensé le fait que les taux d
- 27:03'intérêt augmentaient, puis que les entreprises
- 27:05investissaient moins, il y avait moins de projets
- 27:07qui se faisaient, etc. Alors qu 'il y a un arrêt...
- 27:09Parce que je pense que certains partis politiques,
- 27:12je les nommerai pas, mais certains partis politiques...
- 27:14Il y a deux types d 'argumentaires, je pense,
- 27:16qui sont mis de l 'avant pour critiquer ça, pour
- 27:19critiquer ce qui s 'est passé. Il y a un argumentaire,
- 27:22d 'un côté plus nationaliste, disons québécois,
- 27:24de dire que c 'était comme une volonté fédérale
- 27:26de noyer le pays d 'immigrants pour, bon, attaquer
- 27:30le français, là, ou les Québécois, là. Ça, je
- 27:32pense que c 'est très très partisan. Mais...
- 27:36Et puis, de l 'autre côté, vraiment au niveau
- 27:37économique, on a eu des immigrants parce qu 'on
- 27:39n 'avait pas les moyens de faire de la croissance
- 27:40économique, donc on a fait ça. Mais de ce que
- 27:42je comprends, c 'est vraiment circumstantiel.
- 27:44À la fois, on s 'est fait frapper par le départ
- 27:47à la retraite des baby boomers qui a créé une
- 27:50pénurie de main -d 'oeuvre en soi et une augmentation
- 27:54des soins de santé. En plus, on a moins de travailleurs
- 27:57sur le marché du travail et on a une augmentation
- 28:00des besoins dans les domaines comme la santé.
- 28:03Puis même, au -delà de la santé, parce que la
- 28:06pandémie, ce que ça a fait, c 'est que ça a un
- 28:07peu rebrassé les cartes. Donc, les gens ont changé
- 28:09de secteur. Pour vrai, ils ont vraiment changé
- 28:11de métier pendant la pandémie. Et donc, l 'exemple
- 28:15le plus typique, c 'était que les emplois les
- 28:17moins bien rémunérés, on le voyait beaucoup,
- 28:20les Tim Horton puis les McDo, c 'était beaucoup
- 28:21ça aussi, la restauration dans le secteur manufacturier,
- 28:25les emplois de manoeuvre, etc. t 'avais de la
- 28:28compétition avec d 'autres employeurs qui étaient
- 28:30prêts à payer plus cher. Puis les gens, ils se
- 28:33disaient, ben moi, je peux travailler en télétravail,
- 28:36je peux avoir de meilleures conditions, je peux
- 28:38avoir de meilleurs salaires. Et donc les gens
- 28:40ont chargé d 'emploi et donc ça, ça a contribué.
- 28:42Puis d 'ailleurs, on a vu cette bulle -là. de
- 28:45demandes des employeurs qui s 'est vite affaissé
- 28:47en 2023, parce que c 'était comme... c 'était
- 28:49circonstançale, comme tu disais. Fait que là,
- 28:51tout le monde s 'en va. Ben, la plus grosse génération
- 28:54du Québec... Puis là, je pense que t 'as rien
- 28:56changé un peu, mais... Oui, c 'est ça. Une génération
- 28:58significative du Québec part à la retraite. Fait
- 29:00que là, on a une augmentation pour remplacer
- 29:02ces gens -là sur le marché du travail. arrive
- 29:05la COVID qui déstabilise totalement notre économie.
- 29:08Il y en a qui arrêtent de travailler. Il y en
- 29:10a qui sont en demande. Après ça, on réouvre l
- 29:13'économie. Soudainement, tout explose parce que
- 29:16là, tout le monde va aller au restaurant, va
- 29:17aller dans tous les services. Fait que là, il
- 29:19y a une demande accrue de travailleurs, en plus
- 29:21des effets du départ à la retraite des baby boomers
- 29:23qui est toujours là. Fait que là, le gouvernement
- 29:25fait, bon, répond aux besoins des entreprises
- 29:28essentiellement, puis il se dit, ben là, je veux
- 29:29pas que mes entreprises se ferment, je veux qu
- 29:30'ils puissent faire... atteignent leur potentiel
- 29:32économique. Fait que là, on rouvre les vannes
- 29:34d 'émigration pour combler tous les emplois qu
- 29:36'on n 'a pas besoin. Mais là, ça crée d 'autres
- 29:37problèmes structurels là -dedans. Puis là, on
- 29:40vient de refermer les portes. Fait que là, on
- 29:42remet dehors du monde. Fait que là, essentiellement,
- 29:44ça fait 5, 6, 7 ans qu 'on est en train de déstabiliser
- 29:48notre économie avec nos politiques puis un contraire,
- 29:51parce qu 'on réagit un peu à ce qui se passe.
- 29:53Oui, puis peut -être deux, trois trucs. Sur l
- 29:57'aspect... Québec -Canada, nous, on avait décortiqué
- 30:01un peu les choses, puis c 'était vraiment une
- 30:04responsabilité partagée sur l 'impact démographique
- 30:06au Québec. On voyait que, effectivement, le fédéral
- 30:09avait assoupli beaucoup de ses propres permis,
- 30:11parce que, il faut savoir, l 'immigration, c
- 30:14'est partagé, puis c 'est vraiment compliqué,
- 30:17parce qu 'il y a des programmes qui sont gérés
- 30:20entièrement par le Québec, comme les étudiants
- 30:24internationaux, d 'autres qui sont... complètement
- 30:28par le fédéral comme le permis de travail post
- 30:31diplôme. Pour les mêmes étudiants, mais le diplôme
- 30:34qu 'ils vont avoir après, c 'est le fédéral.
- 30:37Et t 'as le programme des travailleurs étrangers
- 30:39temporaires où c 'est octroyé par Québec, mais
- 30:44il y a des critères fédéraux, donc c 'est extrêmement
- 30:46compliqué. Puis quand on essaie de décortiquer
- 30:49les choses, on voit que les deux... les deux
- 30:51paliers de gouvernement avaient quand même assoupli
- 30:53pas mal les règles. Donc c 'est ça qui a fait
- 30:56augmenter. Puis il faut reconnaître que cette
- 30:59période -là, donc 2021 jusqu 'à 2024, la croissance
- 31:02de la population était en 2 -3 %. Ce n 'est pas
- 31:06normal ni soutenable pour une économie développée.
- 31:11En fait, on ne l 'a jamais vue. Donc il y avait
- 31:13nécessité de reprendre un certain contrôle. Après,
- 31:18le défi, c 'est comment on le fait? Et comment
- 31:21on le fait, c 'est là peut -être où c 'est un
- 31:23peu plus problématique actuellement, parce que
- 31:27le défi qu 'on a aujourd 'hui, c 'est qu 'on
- 31:29a un nombre très important de personnes avec
- 31:32des statuts temporaires sur le territoire. Donc
- 31:34on peut penser... Il y a des demandeurs d 'asile,
- 31:38par exemple. Donc avant d 'avoir le statut de
- 31:40réfugié, on arrive sur le territoire en demande.
- 31:42En tout cas, on stade sur là -dessus. Exactement.
- 31:44C 'est des personnes qui vont... peuvent a priori
- 31:47pas partir. C 'est pour ça qu 'elles ont demandé
- 31:49l 'asile. Donc elles sont là. Donc c 'est des
- 31:52raisons humanitaires. Il va falloir les régulariser.
- 31:55Mais le nombre de personnes qu 'on régularise
- 31:57chaque année est très, très, très restreint depuis
- 32:00la dernière planification de l 'immigration permanente
- 32:03au Québec. Donc, qu 'est -ce qu 'on fait avec
- 32:06ces personnes -là? Ou bien ça va prendre des
- 32:07années pour les régulariser? C 'est pas quelque
- 32:12chose qui a été fait historiquement au Canada,
- 32:14fait que c 'est difficile à voir. Puis il y a
- 32:16d 'autres types aussi de personnes qui répondent
- 32:19aux critères habituels de l 'immigration permanente
- 32:22du Québec. Donc par exemple, on peut penser à
- 32:25des personnes qui ont obtenu leur diplôme, qui
- 32:27travaillent actuellement, qui sont déjà sur le
- 32:29territoire. Mais on a encore le nombre de places
- 32:32disponibles pour passer au statut permanent et
- 32:36sont très, très, très limitées. Donc là, le défi,
- 32:38c 'est... Oui, il fallait reprendre le contrôle,
- 32:41mais là, ce qu 'on risque de créer, c 'est vraiment
- 32:43beaucoup des files d 'attente, des goulots d
- 32:44'étranglement. Les files d 'attente, en fait,
- 32:47pour les personnes les moins mobiles, celles
- 32:49qui ne peuvent pas bouger vont attendre en file
- 32:50d 'attente. Celles qui sont les plus qualifiées,
- 32:53les plus mobiles, elles vont aller ailleurs.
- 32:56Est -ce qu 'on a une idée, à peu près, en ce
- 32:57moment, il y a combien de personnes qui attendent
- 32:58pour se faire régulariser? Je ne sais pas. Non,
- 33:02je n 'ai pas les chiffres. Exact, puis en plus,
- 33:03c 'est très différent entre les demandeurs d
- 33:06'asile puis les... où là, c 'est peut -être un
- 33:09peu plus facile d 'avoir une estimée, mais après,
- 33:11pour ce qui est des diplômés, c 'est pas tous
- 33:14qui font une demande. Et ça, c 'est beaucoup
- 33:16aussi tout le débat qu 'il y avait eu autour
- 33:18du PEQ. Donc, c 'était un programme qui permettait
- 33:23grosso modo aux gens qui avaient obtenu un diplôme
- 33:27d 'une université ou d 'un cégep québécois d
- 33:30'obtenir la résidence permanente de manière...
- 33:32à peu près automatique. En tout cas, à un moment
- 33:34donné, on avait enlevé les seuils, donc ça veut
- 33:36dire que n 'importe qui qui répondait aux critères
- 33:38pouvait y avoir accès. Là, ça a été enlevé. Là,
- 33:43le gouvernement actuel propose de le remettre,
- 33:45mais de réduire d 'autant les seuils d 'immigration
- 33:48permanents. Ce que ça fait, ça crée exactement
- 33:50la même chose, c 'est un goulot d 'étranglement,
- 33:52parce qu 'il n 'y a pas plus de place finalement
- 33:54pour les personnes qui répondraient aux critères.
- 33:59Là, si on se met dans la situation aujourd 'hui,
- 34:02on a une économie qui a été un peu déstabilisée
- 34:06par la COVID et par tout ce que ça va impliquer.
- 34:11On a un contexte avec les Américains également
- 34:15qui a un impact là -dessus. Je ne rentre pas
- 34:17tout en détail par rapport à ça, mais essentiellement,
- 34:19c 'est une autre force déstabilisatrice. On a
- 34:23un nombre de retraités par personne. actives
- 34:27qui augmentent. On a beaucoup de gens qui s 'en
- 34:29vont à la retraite avec les baby boomers. L 'économie
- 34:32du Québec fait quoi pour s 'en sortir? C 'est
- 34:36quoi notre voie de sortie ou notre voie de passage?
- 34:39Ce qu 'on voit, c 'est qu 'effectivement, en
- 34:41fait, on a des... c 'est comme des polycrises,
- 34:44non? C 'est comme plusieurs crises les unes après
- 34:46les autres, donc la pandémie, l 'inflation, aujourd
- 34:51'hui les tensions commerciales, la guerre au
- 34:52Moyen -Orient. Donc ça, c 'est comme... C 'est
- 34:54tous des chocs sur nos économies. Le Québec est
- 34:59une économie assez diversifiée, arrive à soutenir
- 35:05ces chocs relativement bien, mais elle est très
- 35:08fragilisée. On le voit, par exemple, avec la
- 35:11guerre commerciale avec les États -Unis. Oui,
- 35:13il y a eu... Pendant plus qu 'une année, on voyait,
- 35:17par exemple, l 'emploi qui tenait le coup, même
- 35:19dans les secteurs les plus sensibles aux exportations
- 35:22américaines. Début 2026, ça commence à changer
- 35:25un petit peu. Donc, on voit qu 'on est capable
- 35:28de soutenir un coup, mais plusieurs coups à la
- 35:30suite, c 'est difficile, surtout que les fondements
- 35:33sont eux aussi fragiles. Donc, on l 'a vu, croissance...
- 35:38Au Québec, c 'est une population qui décroît,
- 35:40180 000 personnes de moins en âge de travailler
- 35:43au cours de la prochaine décennie. Donc, on a
- 35:47une population qui décroît, puis une productivité
- 35:48qui stagne. Donc, les fondamentaux ne sont pas
- 35:52excellents, ils sont fragiles. Après, qu 'est
- 35:55-ce qu 'on peut faire en termes de politique
- 35:56publique? Ça, c 'est la grosse question. Je pense
- 36:01qu 'il y a aussi une certaine fébrilité aujourd
- 36:03'hui parce que c 'est un peu un point tournant.
- 36:06On se dit que notre économie, elle a besoin d
- 36:09'être... plus performante, mais il y a aussi
- 36:12beaucoup le thème de la résilience qui vient
- 36:13aujourd 'hui. Donc, on veut s 'assurer de produire
- 36:17plus chez nous des certains intrants critiques
- 36:20pour des raisons de sécurité nationale, pour
- 36:23des raisons de résilience nos chaînes d 'approvisionnement.
- 36:27On veut s 'assurer de pouvoir avoir des vaccins
- 36:28quand on en a besoin, d 'avoir des batteries
- 36:30quand on en a besoin, d 'avoir des drones quand
- 36:31on en a besoin. Ça, c 'est quelque chose qui
- 36:33anime la plupart des économies aujourd 'hui,
- 36:35mais le Québec est là -dedans. Ça donne un certain...
- 36:39une certaine fébrilité justement sur toute la
- 36:41question de la réindustrialisation. On se dit,
- 36:45OK, notre secteur manufacturier, comme celui
- 36:47de la plupart des pays développés, était plutôt
- 36:50en train de s 'éroder. Depuis les années 90,
- 36:54on fait produire ailleurs, ce qui est plus efficace
- 36:56de produire ailleurs. Aujourd 'hui, on dit, oui
- 36:58et non. On veut s 'assurer de produire plus chez
- 37:01nous. Exactement. On a une stratégie industrielle
- 37:06de la défense au niveau fédéral qui est là également
- 37:11dans cet esprit -là. Donc, je pense que ce que
- 37:16ça reflète comme politique publique, c 'est la
- 37:19volonté de transformer l 'économie parce qu 'on
- 37:23l 'a vu, là, si on revient sur qu 'est -ce qui
- 37:25définit ou qu 'est -ce qui fait qu 'une économie
- 37:26est productive ou pas. Oui, c 'est ce que les
- 37:29entreprises vont faire individuellement, mais
- 37:31c 'est aussi comment on est... C 'est -à -dire,
- 37:34c 'est quoi le genre d 'industrie qu 'on a? Si
- 37:36on a des industries de pointe. Donc oui, on a
- 37:39ces termes manufacturés, mais... Puis là, bon,
- 37:42c 'est peut -être pas très polluaires, mais on
- 37:43a du bois, oui, mais c 'est assez... Relativement
- 37:47faible valeur ajoutée comme industrie. Mais là,
- 37:49on voudrait avoir plus de drones, puis des batteries,
- 37:51puis des choses qui ont plus de valeur. Des choses
- 37:53qui vont générer plus de revenus par heure travaillées.
- 37:56Exactement. Puis... C 'est un peu la même histoire
- 38:00qu 'on a vu avec la filière batterie. C 'est
- 38:02pas très populaire aujourd 'hui de reparler de
- 38:04ça, mais c 'était ça un peu l 'idée. Il y avait
- 38:06probablement les bons fondamentaux. Après, c
- 38:08'était des paris qui étaient risqués. Mais c
- 38:11'était ça, c 'était de dire... Pour changer notre
- 38:13économie, il faut qu 'on attire aussi des entreprises
- 38:16et des secteurs de pointe parce que c 'est ça
- 38:18qui va tirer toute la moyenne du Québec vers
- 38:20le haut. Ils vont acheter de nos entreprises,
- 38:22ils vont embaucher des personnes avec des hauts
- 38:25salaires, etc. C 'était un petit peu ça l 'idée
- 38:28aussi. Je pense qu 'on va continuer à voir ce
- 38:32thème -là réapparaître. Ça, c 'est comme l 'aspect
- 38:36un peu plus vraiment stratégie industrielle ou
- 38:39planification industrielle. les gouvernements
- 38:43sont peut -être plus à l 'aise aujourd 'hui d
- 38:46'y aller plus franchement. Au Québec, on a été
- 38:49peut -être un peu échaudés avec l 'histoire de
- 38:50North Pole, mais la plupart des... le Canada
- 38:53est là -dedans. Québec risque de retourner aussi,
- 38:56rejouer dans cette histoire -là, de dire qu 'on
- 38:58va attirer des secteurs de pointe ou qu 'on va
- 39:00développer des secteurs de pointe, en tout cas.
- 39:02Puis l 'autre histoire, c 'est comment est -ce
- 39:04qu 'on facilite l 'investissement? On a probablement
- 39:09des barrières... très importante à l 'investissement
- 39:13de nos entreprises au Québec, au Canada. On a
- 39:16parlé tantôt de réglementation. C 'est compliqué,
- 39:19mais il faut agir là -dessus. La fiscalité, est
- 39:22-ce que notre fiscalité est avantageuse? Il y
- 39:24a beaucoup d 'efforts qui ont été faits pour
- 39:25s 'assurer que d 'investir un dollar de plus
- 39:29au Canada, ce soit aussi intéressant que de le
- 39:31faire aux États -Unis. Mais il faut que le signal
- 39:34soit fort et qu 'il dure longtemps pour que les
- 39:37entreprises l 'entendent. On a des enjeux aussi
- 39:41sur la facilité et la rapidité de construire.
- 39:45Donc, si on veut produire plus, il faut construire
- 39:48des usines. Puis ça, on a un gros défi de productivité
- 39:51dans l 'industrie de la construction. Il faut
- 39:53s 'assurer d 'avoir la disponibilité de la main
- 39:54-d 'oeuvre. Donc, c 'est tout ce qu 'on peut
- 39:56faire pour réduire le coût de l 'investissement.
- 39:59On sait que c 'est un des endroits sur lesquels
- 40:01on performe moins bien que d 'autres économies.
- 40:05les politiques publiques qui vont essayer de
- 40:07faire ça, c 'est elles qui vont être payantes
- 40:10finalement. Donc essayer d 'attirer des secteurs
- 40:12de pointe, augmenter notre productivité, faciliter
- 40:15l 'investissement à ce niveau -là. Est -ce que
- 40:18structurellement, au niveau de la pyramide démographique...
- 40:21On s 'attend à ce que, parce que les générations,
- 40:24sa vie, sa mort, est -ce qu 'on s 'attend qu
- 40:27'éventuellement nos problèmes démographiques
- 40:29vont comme un peu s 'ajuster? Parce que là, j
- 40:31'imagine qu 'il, là, je le souhaite pas à personne,
- 40:33mais éventuellement, bon, il y a des boomers
- 40:34qui sont à la retraite, tu sais, qui ont pris
- 40:36leur retraite, qui sont nés peut -être, je sais
- 40:37pas, mi -quarante, parce que je pense que la
- 40:39génération des boomers qui commentent après la
- 40:41Deuxième Guerre mondiale, fait comme 1945, là,
- 40:44on avance en âge, ben là, éventuellement, il
- 40:47va y avoir des enfants qui vont naître, il y
- 40:48a des gens, il y a des gens retraités qui vont
- 40:50décéder. Est -ce que structurellement, il y a
- 40:53certains de nos problèmes qui vont être réglés
- 40:55avec le temps? Oui et non. Donc, sur le vieillissement
- 40:59de la population, il y a comme deux crunchs.
- 41:02Il y a le crunch sur le marché du travail, donc
- 41:03les départs à la retraite qui ne sont pas compensés
- 41:05par des jeunes qui rentrent. Puis il y a l 'aspect
- 41:09population vieillissant, donc le nombre de personnes
- 41:11de 70 ans et plus dans une population qui ont
- 41:14des coûts de santé qui vont être beaucoup plus
- 41:15élevés que la moyenne. Sur l 'aspect marché -travail,
- 41:19selon les prévisions démographiques, on s 'attend
- 41:21à ce qu 'à peu près en 2030, on ait autant de
- 41:23départs à la retraite que de jeunes qui rentrent
- 41:25sur le marché -travail. C 'est pas quand même
- 41:26régulier. En ce cas, il se détériore pas. Non,
- 41:29exactement. On voit cette tension -là disparaître.
- 41:32Par contre, l 'attention sur le nombre de personnes
- 41:33de 70 ans et plus, elle continue, je dirais pas
- 41:37pour toujours, mais pendant encore plusieurs
- 41:40décennies, parce que les BB -Boomers... et toutes
- 41:44les générations qui les suivent vont vivre beaucoup
- 41:46plus longtemps. Donc, cette pression -là, elle
- 41:49est là pour durer et c 'est pour ça qu 'il y
- 41:53a des défis sur le marché du travail, évidemment,
- 41:56mais peut -être que le plus important, c 'est
- 41:58vraiment cette question de soutenir nos services
- 42:02publics, être capable de payer pour les services
- 42:05publics, pour les générations plus âgées, parce
- 42:08que ça, c 'est une pression qui est là pour durer.
- 42:12Est -ce que... Parce que je sais que certains
- 42:14pays dans le monde qui font ça, est -ce qu 'on
- 42:16est rendu au stade où il faudrait peut -être
- 42:17se poser la question, est -ce que 65 ans, c 'est
- 42:19un âge raisonnable pour prendre la retraite si
- 42:21on vit jusqu 'à 90? Parce que c 'est sûr que
- 42:24là, plus qu 'on vit vieux, puis je le souhaite
- 42:26à toutes les personnes qui prennent la retraite
- 42:28de vivre aussi longtemps qu 'ils le veulent,
- 42:30le plus longtemps possible, c 'est sûr que ça
- 42:32fait beaucoup d 'années où on ne contribue pas
- 42:35financièrement là -dessus. Est -ce que... On
- 42:38est rendu à avoir une discussion sur peut -être
- 42:41que c 'est plus 65, peut -être que c 'est 67,
- 42:4270 ans de l 'âge de la retraite. Au Québec, on
- 42:45n 'a pas d 'âge légal de la retraite comme dans
- 42:50certains autres pays. Donc, c 'est plus est -ce
- 42:52qu 'on a les instatifs nécessaires pour que ceux
- 42:55qui veulent travailler continuent de travailler
- 42:56le plus longtemps? C 'est un peu ça la plus la
- 42:58question dans notre sécurité de vie. Exactement,
- 43:01c 'est plus ça qui va jouer. En réalité, Le Canada
- 43:07fait déjà très, très bien à ce niveau -là. Ce
- 43:12qu 'on a vu, c 'est qu 'il y avait des poches
- 43:15de population où on pouvait peut -être faire
- 43:17des efforts, surtout les femmes. Les femmes partent
- 43:19à la retraite plus jeunes. mais c 'est aussi
- 43:23parce qu 'elles sont davantage dans des secteurs
- 43:24où justement l 'âge d 'arrêt est plus précoce,
- 43:27santé, éducation, parce qu 'elles suivent leur
- 43:31conjoint, parce qu 'il y a des enjeux de santé
- 43:33qui peuvent être plus importants, des emplois
- 43:34plus difficiles, etc. Donc il y a plein d 'explications,
- 43:37mais si on devait prioriser, on devrait jouer
- 43:41là -dessus. Puis il y a eu des mesures qui ont
- 43:43été mises en place au cours des dernières dix
- 43:46ans pour essayer de... de retenir les gens au
- 43:49travail un peu plus longtemps. Il y avait des
- 43:51crédits d 'impôt pour les entreprises et pour
- 43:54les travailleurs. Les deux ont été retirés dans
- 43:56les trois dernières années parce que ça a été
- 43:59démontré qu 'elles avaient relativement peu d
- 44:02'impact finalement. Donc, tout ça pour dire qu
- 44:06'on fait déjà quand même bien. Les incitatives
- 44:09sont souvent, les incitatives fiscaux sont souvent
- 44:12très coûteux et pas très efficaces à changer
- 44:14la décision parce que c 'est une décision tellement
- 44:16personnelle. L 'âge auquel notre conjoint décide
- 44:23de prendre sa retraite, c 'est un des plus gros
- 44:25déterminants de ce qu 'on va faire nous aussi.
- 44:27Donc c 'est très difficile de jouer sur ce genre
- 44:29de décision très personnelle. Troisième élément,
- 44:32c 'est que l 'âge de la retraite augmente naturellement.
- 44:36Donc, ce qu 'on voit, c 'est que plus la population
- 44:39est éduquée, et on voit que chaque nouvelle génération
- 44:42est de plus en plus éduquée, chaque fois que
- 44:43les emplois sont de meilleure qualité et les
- 44:45emplois sont toujours de meilleure qualité, les
- 44:48gens vont avoir tendance à prendre leur retraite.
- 44:50Plus tard. C 'est moins exigeant physiquement,
- 44:54puis le monde voit plus très bien à 70 ans, comme,
- 44:56je ne sais pas moi, à Vaca ou dans un bureau,
- 44:58que dans une usine, peut -être. Exactement. Et
- 45:00donc, ce qu 'on voit, c 'est que les femmes aussi
- 45:03qui arrivent aujourd 'hui sur le marché de l
- 45:05'emploi ont eu des carrières beaucoup plus pleines
- 45:07et beaucoup plus intéressantes que les générations
- 45:10présidentes. Et donc, quand elles vont arriver
- 45:11aussi à 62, 63 ans, vont être... plus vont avoir
- 45:16d 'avantage vouloir rester sur le marché du travail.
- 45:19Après, la question, c 'est, il y a des pays où
- 45:22les travailleurs continuent à travailler très,
- 45:26très tard, mais pour des raisons financières.
- 45:28C 'est pas nécessairement notre objectif ou notre
- 45:31modèle, puis c 'est pas ça, ce qu 'on voudrait.
- 45:33Est -ce que la... C 'est pas une spécialiste
- 45:36d 'immigration, mais c 'est comme une question
- 45:37à vous regarder. Est -ce que l 'immigration...
- 45:41pourrait contribuer à renverser un peu la vapeur
- 45:43au niveau de la pyramide démographique? Parce
- 45:45qu 'on entend souvent des arguments contraires
- 45:47qui disent comme moi, mais les immigrants, ça
- 45:49vient avec des services aussi. Est -ce que l
- 45:52'immigration, c 'est une solution pour augmenter
- 45:55le nombre de travailleurs par rapport au nombre
- 45:57de retraités? Nous, on a fait des modélisations
- 46:00pour voir différents niveaux d 'immigration,
- 46:03c 'était quoi l 'impact. Puis ce qui revient,
- 46:05c 'est que... Non, on ne peut pas complètement
- 46:08compenser le vieillissement de la population.
- 46:10Précisément, puisque je parlais des deux crunchs,
- 46:13on peut travailler sur le marché du travail si
- 46:14on fait venir des travailleurs, des gens... Mais
- 46:18sur le vieillissement de la population, ça ne
- 46:20réduit pas le nombre de personnes de 70 ans et
- 46:22plus. Et ça, cette pression -là, elle est très
- 46:25difficile à compenser. Donc, on augmente significativement
- 46:29la population, mais là, ça vient d 'autres problèmes,
- 46:30là, c 'est sûr. Ce qui change vraiment, c 'est
- 46:35la catégorie ou la façon dont on sélectionne
- 46:37les immigrants. C 'est ça qui va le plus jouer.
- 46:40C 'est pas tant le nombre ou c 'est pas seulement
- 46:41le nombre, mais c 'est beaucoup. Est -ce qu 'on
- 46:44sélectionne des personnes qui vont avoir des
- 46:47revenus qui vont être élevés? Est -ce qu 'elles
- 46:49vont rapidement s 'intégrer et rapidement trouver
- 46:51un emploi? plus l 'intégration est rapide et
- 46:54de bonne qualité, plus l 'apport économique de
- 46:57ce nouvel immigrant va être important. Et donc
- 47:00nous, ce qu 'on voyait, c 'est qu 'on a mesuré
- 47:03sur différents types d 'indicateurs, mais en
- 47:05gros, une immigration plus élevée va faire croître
- 47:09le PIB, donc la Tarte va... pas beaucoup faire
- 47:14augmenter ou même parfois réduire la taille de
- 47:16la part de tarte que chacun a, parce qu 'on est
- 47:19plus nombreux à se partager cette même tarte.
- 47:22Mais par contre, ce que ça va faire, c 'est que
- 47:25si on arrive à avoir des immigrants bien sélectionnés,
- 47:29c 'est là qu 'on va réussir à avoir l 'impact
- 47:31le plus positif, finalement, sur la part de tarte
- 47:35que chacun va avoir et donc ce qu 'on va aussi
- 47:37pouvoir offrir comme service aux citoyens. Puis,
- 47:40je pense que ça, c 'est le bout qui manque souvent
- 47:43au débat actuel parce qu 'au -delà du volume
- 47:48de personnes qu 'on accueille, il faut savoir
- 47:51que le système d 'immigration canadien, historiquement,
- 47:55donne de bons résultats. On est un des... rare
- 47:58pays qui sélectionne autant les personnes qui
- 48:00vont venir s 'installer de manière permanente.
- 48:03On a des consultations publiques, on décide collectivement
- 48:06de qui on accueille et combien. On avait un système
- 48:09qui fonctionnait très bien et qui avait une certaine
- 48:11adhésion de la population. Aujourd 'hui, ce qui
- 48:14est compliqué, c 'est de reconstruire ça et de
- 48:19peut -être trouver des meilleures façons encore
- 48:21de sélectionner l 'immigration pour s 'assurer
- 48:24que ces personnes... Donc ces personnes -là apportent
- 48:26le plus possible au Québec et au Canada, mais
- 48:28aussi qu 'on réponde à la promesse qui a été
- 48:33faite d 'avoir une vie meilleure. Parce que,
- 48:36c 'est sûr, parce qu 'un travailleur non qualifié,
- 48:38par exemple, son apport économique jour un va
- 48:41être plus faible que... quelqu 'un qui a un doctorat
- 48:45dans un domaine super spécialisé. Moi, je travaille
- 48:48avec des clients dans le domaine de la haute
- 48:49technologie. Personne n 'a l 'expertise pour
- 48:52développer la Technologie X. Là, tu fais venir
- 48:53quelqu 'un d 'étranger avec cette expertise -là.
- 48:56Puis, bien, tu viens de gagner 10 ans de scolarité
- 48:59ou 15 ans d 'expérience, de scolarité, là, t
- 49:01'intègres cette personne dans ton économie. Demain
- 49:03matin, il peut commencer à travailler sur ton
- 49:06produit de haute technologie. C 'est sûr que
- 49:08son apport économique est immédiat, à haute valeur
- 49:12ajoutée, il va gagner 150, 200 000 par année
- 49:14pour son expertise. Puis, de l 'autre côté, bien,
- 49:16tu as un travailleur non qualifié qui, lui, bon,
- 49:17c 'est peut -être plus compliqué. Bien, ici,
- 49:19c 'est comme plusieurs niveaux. Est -ce que la
- 49:21personne va... va gagner et va rapporter à l
- 49:24'État jour un, donc quelqu 'un avec, comme tu
- 49:27dis, le niveau de diplôme, il y a potentiellement
- 49:30ce qu 'à travers une vie, elle va pouvoir apporter.
- 49:32Puis ça, c 'est un des gros défis. On les donne
- 49:35le montre, les travailleurs peu qualifiés qui
- 49:37rentrent au Canada vont avoir... vont pas aussi
- 49:40bien évoluer, vont jamais rattraper la médiane
- 49:44canadienne. Et donc ça, c 'est un peu un défi
- 49:48parce que là, on... Si la personne la rattrape,
- 49:50c 'est correct de commencer plus bas. Mais ce
- 49:53qu 'on voit, c 'est qu 'on n 'arrive pas à rattraper
- 49:55la médiane québéco -canadienne. Et donc, ça,
- 49:57c 'est problématique. Puis le troisième niveau,
- 49:59c 'est... Puis ça, c 'est beaucoup plus difficile
- 50:01à quantifier. C 'est dans quelle mesure est -ce
- 50:04que cette personne, elle débloque des choses
- 50:07dans de la recherche, dans des organisations.
- 50:09Puis ça, c 'est plus comme qualitatif. Mais mettons,
- 50:12si on est dans un secteur de pointe, une personne
- 50:14de plus peut tout changer. Ça, c 'est... Ça,
- 50:17c 'est très difficile à quantifier, mais on le
- 50:20voit quand même que des pays qui vont être très
- 50:23innovants vont permettre aux universités, aux
- 50:28entreprises d 'aller chercher des talents très
- 50:30spécifiques pour justement avoir ces déblocages
- 50:32-là. Si on se résume, ça va être des années difficiles,
- 50:36je pense, qui s 'en viennent au niveau économique
- 50:39de part nos faiblesses structurelles, si on peut
- 50:43dire, dans ce niveau -là, mais... Il y a quand
- 50:45même un certain impact que nos gouvernements
- 50:47peuvent avoir, peuvent avoir pour essayer de
- 50:52nous rendre plus efficaces, plus productifs,
- 50:54puis essayer d 'atténuer, disons, ces circonstances
- 50:59négatives -là. Parce que je pense que quand les
- 51:01baby boomers sont arrivés sur le marché du travail,
- 51:03comme tu expliquais, il y a une vague de chaud
- 51:05et de mal. Ça, c 'est le marché du travail. On
- 51:07a beaucoup de travailleurs par rapport aux gens
- 51:09retraités. Ça fait que c 'est des circonstances
- 51:11économiques qui sont favorables pour l 'économie.
- 51:14Là, en ce moment, on a des circonstances économiques
- 51:16qui sont comme un peu défavorables pour notre
- 51:18économie. Oui, puis on parlait de c 'est quoi
- 51:21le rôle de l 'État dans tout ça. Mais ça, c 'est
- 51:24une grosse question, je pense, parce que oui,
- 51:26on a une économie qui est fragilisée, mais on
- 51:28a aussi des finances publiques qui sont assez
- 51:31fragiles aussi au niveau, surtout au niveau des
- 51:33provinces qui, là encore, sont celles qui subissent
- 51:36le plus la hausse des coûts de santé. Donc, on
- 51:39a un déficit important au Québec, au fédéral.
- 51:44également, ce n 'est pas la même histoire, mais
- 51:45il y a quand même des enjeux de c 'est quoi la
- 51:47marge de manoeuvre qu 'on a pour agir, numéro
- 51:50un, puis numéro deux, sur quoi est -ce que l
- 51:52'État devrait effectivement intervenir et ce
- 51:56sur quoi il ne devrait pas intervenir justement
- 51:58parce qu 'on le voit dans notre économie, il
- 52:01y a des choses sur lesquelles on peut probablement
- 52:02agir, mais est -ce qu 'on veut nécessairement...
- 52:06choisir les gagnants, choisir c 'est quoi les
- 52:09secteurs de pointe qui vont réussir, c 'est quoi
- 52:10l 'entreprise qui va réussir, on voit que ça
- 52:13c 'est des paris qui sont risqués, puis dans
- 52:14un contexte où la marge de manoeuvre financière
- 52:17est beaucoup moins importante, bien, on va peut
- 52:19-être avoir beaucoup moins de patience finalement
- 52:21pour faire ces expérimentations. Parce qu 'une
- 52:24approche pourrait être de dire, bon bien, je
- 52:25veux stimuler mon économie, je veux la rendre
- 52:27plus productive, fait que moi je vais choisir
- 52:29les secteurs de pointe, puis je vais dire, toi
- 52:31tu vas avoir des subventions, toi tu vas avoir
- 52:32des subventions, toi tu vas avoir des subventions,
- 52:33ou ça peut être... Moi, je vais me désengager,
- 52:36mais je vais enlever la réglementation. Je vais
- 52:38essayer de créer des... T'sais, peut -être investir,
- 52:40oui, dans les universités, par exemple, pour
- 52:42qu 'eux autres développent certains types de
- 52:43technologies puis attirent des nouvelles pousses
- 52:45dans ce domaine -là. Mais c 'est pas nécessairement
- 52:48à travers un modèle Nord -Vault qu 'on est obligé
- 52:50de faire ça. C 'est -à -dire dans le spectre
- 52:52entre... s 'assurer d 'avoir les conditions de
- 52:55marché suffisantes, donc fiscalité, réglementation,
- 52:57mais aussi infrastructure de bonne qualité, disponibilité
- 53:01de la main -d 'œuvre. Donc je peux être là, je
- 53:03peux être dans une économie complètement planifiée,
- 53:05je peux être quelque part entre les deux où je
- 53:07choisis certaines industries stratégiques, mais
- 53:11aussi j 'essaie de donner les bonnes conditions
- 53:13de marché. Je pense que là où on se retrouve
- 53:15dans ce spectre, ça va être aussi une question
- 53:17très importante qu 'on va devoir se poser dans
- 53:20les prochaines années. On a eu quand même la
- 53:22pandémie qui a un petit peu poussé tous les gouvernements
- 53:25à être beaucoup plus présents, à intervenir sur
- 53:29beaucoup plus de dossiers. Puis aujourd 'hui,
- 53:34il y a un peu des choix à faire si on veut, comme
- 53:36le Québec, revenir à l 'équilibre budgétaire
- 53:38ou assurer la soutenabilité de nos finances publiques.
- 53:41Et donc, ça va aussi... inciter à faire des choix
- 53:43sur ce qu 'on fait comme stratégie industrielle
- 53:45ou politique économique, c 'est quoi la plus
- 53:48efficace, l 'utilisation la plus efficace des
- 53:50deniers publics, puis c 'est quoi le niveau de
- 53:53confort ou des soins par rapport à l 'intervention
- 53:56de l 'État? C 'est vrai, parce que tu parles
- 53:58de l 'infrastructure, je trouve ça intéressant
- 53:59parce que un port, exemple, il y a des projets
- 54:03d 'expansion du port, un port efficace, c 'est
- 54:07un argument pour une entreprise de venir s 'établir
- 54:09ici des routes... en bon état. C 'est un argument
- 54:12pour venir ici, des ponts, des infrastructures
- 54:15qui permettent d 'avoir accès à de l 'énergie
- 54:16ou d 'avoir accès à ce que tu as besoin. Puis
- 54:20une main -d 'oeuvre qualifiée. Ça aussi, c 'est
- 54:22des façons d 'attirer des jeunes qualités. C
- 54:23'est pas juste pour leur donner une subvention
- 54:25parce que moi, je les vécu avec certains clients.
- 54:29des fois, tes travailleurs, t 'es pas capable
- 54:30de les trouver. T 'es là et t 'es comme, OK,
- 54:32moi, je suis en telle ville, puis là, j 'essaie
- 54:34d 'avoir des gens spécialisés dans un domaine,
- 54:36puis y en a pas ici. Fait que là, faut que j
- 54:37'aille dans d 'autres villes. Puis là, finalement,
- 54:39t 'as assez de les attirer, mais y a personne
- 54:40qui veut venir dans ta ville. Fait que là, tu
- 54:42crées une nouvelle bureau, un nouveau aide -office
- 54:45là -bas pour pouvoir attirer des gens parce qu
- 54:47'ils veulent pas déménager. Fait que si on se
- 54:49dit que nous, on veut faire des, je sais pas
- 54:50moi, des batteries, ben t'sais, faut qu 'on aille
- 54:51des travailleurs spécialisés en batteries, faut
- 54:53qu 'on aille des infrastructures, l 'électricité
- 54:54pour faire des batteries. Et puis ce n 'est pas
- 54:57évident parce que même sur la disponibilité de
- 55:00la main -d 'oeuvre, il faut bien être conscient
- 55:02parfois aussi que les modèles d 'affaires qu
- 55:05'on a construits étaient basés sur la réalité
- 55:07telle qu 'on la connaissait. Donc par exemple,
- 55:10je suis capable de recruter tant de comptables
- 55:12par année. Si la réalité change, je ne peux pas
- 55:15engager autant de comptables par année. Ce n
- 55:17'est pas la faute de l 'employeur, mais si on
- 55:19prend un pas de recul, un peu de planificateur
- 55:21social, c 'est que... Peut -être que ce modèle
- 55:23d 'affaires -là, il ne fonctionne juste pas.
- 55:25Puis ça, c 'est plus difficile à accepter collectivement
- 55:29ou en tant que gouvernement, c 'est dire, bien,
- 55:31il y a des activités qui vont mourir ou il y
- 55:33a des types d 'entreprises qui vont plus exister.
- 55:40Mais je pense qu 'il y a souvent plusieurs choix
- 55:42à faire, il y a des arbitrages à faire parce
- 55:44qu 'on veut aussi avoir des régions en pleine
- 55:49santé. Oui, peut -être qu 'on va soutenir de
- 55:52l 'emploi dans ces régions -là, même si économiquement,
- 55:55ce n 'est pas le plus efficace, mais on veut
- 55:57que des gens restent, on veut que les gens puissent
- 55:59vivre dans différentes régions du Québec, on
- 56:01veut occuper notre territoire, où on va continuer
- 56:04à avoir de la production agroalimentaire, même
- 56:07si c 'est une industrie qui est peu productive,
- 56:09parce qu 'on a besoin de s 'alimenter, puis on
- 56:11veut s 'assurer d 'avoir de la résilience dans
- 56:13nos chaînes d 'approvisionnement alimentaires
- 56:15au Québec. Il y a comme l 'analyse économique
- 56:18d 'abord, puis après il y a d 'autres considérations
- 56:20qui doivent être prises en compte, puis là se
- 56:22fait, je pense, sécurité, résilience, souveraineté
- 56:25économique vont aussi beaucoup teinter, mettons,
- 56:29les analyses économiques qu 'on va faire dans
- 56:31les prochaines années. C 'est intéressant que
- 56:33tu mentionnes ça, parce que moi je reviens de
- 56:36la région de Portneuf, j 'ai de la famille qui
- 56:38vient de Saint -Basile, puis je demandais, puis
- 56:41l 'employeur de Saint -Basile, c 'est la cimenterie.
- 56:44Puis là, tu te dis, je pense que nous, comme
- 56:46des gens, à Montréal aujourd 'hui, on peut dire,
- 56:48pourquoi, on subventionnera pas. Si la cimenterie
- 56:50est pas rentable, elle est pas rentable, mais
- 56:52si la cimenterie, tu sais, elle va se le faire.
- 56:54Je sais pas combien de personnes la cimenteraient
- 56:56emploi, mais c 'est beaucoup de gens qui perdent
- 56:58leur emploi. Après ça, est -ce qu 'ils peuvent
- 56:59continuer à travailler là, à vivre là où il faut
- 57:02qu 'ils se déplacent? Comme tu dis, il y a des
- 57:05enjeux régionaux aussi. Là, on se dit, c 'est
- 57:09le seul employeur de la place. Est -ce qu 'on
- 57:12laisse le village fermé? Moi, j 'ai travaillé
- 57:15à Fermon. À Fermon, les employeurs, il n 'y en
- 57:17a pas tant que ça. Il y a des considérations
- 57:20régionales aussi. C 'est sûr qu 'on est aussi
- 57:23dans une nouvelle réalité où les promesses électorales,
- 57:28l 'habitude, sont toujours faites sur... On crée
- 57:30des emplois. Aujourd 'hui, nous, on a fait de
- 57:33la modélisation à l 'Institut de Québec puisqu
- 57:35'on voit, c 'est que pour garder un taux d 'emploi
- 57:38stable, donc il n 'y a pas plus de personnes
- 57:39qui sont au chômage, il y a autant de personnes
- 57:40qui travaillent, on a besoin de créer exactement
- 57:43zéro emploi. On n 'a pas besoin de créer des
- 57:45emplois. Donc ça, c 'est comme dans la vision
- 57:49économique, etc., c 'est quelque chose, c 'est
- 57:51très difficile de se défaire de ça. même lorsqu
- 57:54'on était en pénurie de main -d 'oeuvre, on parlait
- 57:56de création d 'emploi. Alors que c 'est un peu
- 57:59absurde, mais ce qu 'on veut dire, c 'est on
- 58:01préserve des emplois, on améliore les emplois,
- 58:03mais il n 'y a rien qui a battu ce slogan -là.
- 58:06Alors ça, c 'est un petit peu difficile. Puis
- 58:09aussi, ça sous -entend que les gens acceptent,
- 58:13veulent, c 'est intéressant pour eux de changer
- 58:14d 'emploi, de travailler ailleurs, avec les mêmes
- 58:17conditions de travail, pas nécessairement, que
- 58:19les gens déménagent au Québec. Et au Canada,
- 58:22on ne déménage pas en général lorsqu 'on perd
- 58:25notre emploi. Donc, oui, il faut arrêter de parler
- 58:29de création d 'emploi, mais je comprends que
- 58:30ça présuppose un certain nombre de choses qui
- 58:33sont un petit peu plus difficiles à accepter.
- 58:36Et en terminant, est -ce que, comme économiste,
- 58:39comme PDG d 'un think tank, est -ce que tu perçois
- 58:44les prochaines années pour le Québec? Est -ce
- 58:47que tu vois ça d 'un œil positif? Est -ce que
- 58:49tu es optimiste sur l 'avenir du Québec? Oui,
- 58:52oui parce que je suis de nature optimiste et
- 58:55je pense qu 'on va le plus souvent ou en général
- 58:59dans le sens du progrès. Donc c 'est une économie
- 59:02qui est tout de même résiliente, qui est diversifiée
- 59:07et il y a quand même une certaine fébrilité je
- 59:12pense sur l 'économie aujourd 'hui et ce qu 'on
- 59:14va faire. les prochaines années. Donc, au contraire,
- 59:17je trouve que c 'est un moment extrêmement intéressant,
- 59:20surtout pour être économiste. Parfait. Merci
- 59:23et bonne chance avec la suite de ton travail
- 59:26à l 'Institut du Québec. Merci. Merci d 'avoir
- 59:29été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 59:32abonnez -vous et laissez -nous vos commentaires
- 59:33pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 59:35prochaine.