Latest / 7H40 Martin Buxant / Jean Deboutte, directeur à l’Agence fédérale de la Dette.
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- 0:00Speaker 2: Et notre invité, c'est Jean Debout, le directeur de l'Agence
- 0:03Speaker 2: fédérale de la dette. Bonjour. Bonjour. Pendant que le gouvernement
- 0:06Speaker 2: négocie son budget, la facture de notre dette continue de grimper.
- 0:09Speaker 2: Combien nous coûte l'attente et quelle marge reste-t-il pour agir?
- 0:13Speaker 2: Jean Debout répond aux questions de Jim Neijman ce matin
- 0:19Speaker 3: Bonjour Jean Debout. Bonjour. Merci d'accepter mon invitation. Pendant que
- 0:22Speaker 3: le gouvernement négocie son budget, une question très simple. Dans
- 0:25Speaker 3: quel état sont les finances de la Belgique ce matin,
- 0:28Speaker 3: Jean Debout
- 0:29Speaker 4: En fait, pour cette année, on s'attend toujours à un
- 0:31Speaker 4: déficit budgétaire de l'ordre de 5,1% du PIB, alors que
- 0:35Speaker 4: notre taux d'endettement, il est déjà de 108,1% à la
- 0:39Speaker 4: fin de l'année passée.
- 0:40Speaker 3: C'est inquiétant, ces chiffres-là
- 0:41Speaker 4: Ce sont deux fois, les deux chiffres sont parmi les
- 0:44Speaker 4: pires de la zone euro, tant pour le déficit que
- 0:47Speaker 4: pour la dette en même temps
- 0:47Speaker 3: Est-ce qu'on mesure aujourd'hui, que ce soit les citoyens, les
- 0:50Speaker 3: auditeurs et auditrices qui nous écoutent ce matin, mais aussi
- 0:52Speaker 3: les personnalités politiques, la gravité de la situation économique aujourd'hui?
- 0:55Speaker 3: J'ai bien l'impression que oui. Oui? C'est vrai? Vous le
- 0:57Speaker 3: ressentez comme ça? Oui. Qu'est-ce qui vous inquiète le plus aujourd'hui,
- 1:00Speaker 3: Jean
- 1:00Speaker 4: Debout? Ce qui nous inquiète le plus à l'agence fédérale d'alerte,
- 1:03Speaker 4: c'est qu'il n'y aurait pas encore d'accord ici ce week-end
- 1:06Speaker 4: ou la semaine prochaine et qu'on entre dans un système
- 1:09Speaker 4: de douzaine provisoire et qu'en fait tout est retardé, ce
- 1:13Speaker 4: qui peut faire encore une pression sur le taux d'intérêt
- 1:16Speaker 4: à la hauteur.
- 1:17Speaker 3: On va tout expliquer, mais est-ce qu'on fait partie des
- 1:19Speaker 3: plus mauvais de la classe, par exemple au sein de
- 1:21Speaker 3: l'Union européenne, par rapport à notre budget
- 1:23Speaker 4: Pour le budget, effectivement, on risque d'être le deuxième, avec
- 1:27Speaker 4: le déficit budgétaire, le deuxième plus grand de la
- 1:30Speaker 3: zone euro
- 1:31Speaker 4: Peut-être même le premier, parce que ce sont des estimations.
- 1:34Speaker 4: Il faudra attendre fin mars 2027 pour savoir exactement quel
- 1:37Speaker 4: était le déficit, mais on pourrait aussi être le premier
- 1:40Speaker 3: Vous êtes allé avertir, début octobre, les principaux ministres, en
- 1:43Speaker 3: compagnie de Pierre Winch, le gouverneur de la Banque Nationale.
- 1:45Speaker 3: Qu'est-ce que vous leur avez dit? qu'il devait absolument entendre
- 1:48Speaker 3: à ce moment-là
- 1:48Speaker 4: Le Premier ministre nous avait demandé de refaire nos calculs
- 1:51Speaker 4: pour les années suivantes, donc en termes de charges d'intérêt,
- 1:55Speaker 4: et aussi de parler de l'effet des boules de neige,
- 1:57Speaker 4: est-ce qu'il va se rapprocher ou pas avec les taux
- 1:59Speaker 4: qui étaient devenus plus élevés, comparé à l'estimation de juin.
- 2:03Speaker 4: Et donc c'est les calculs qu'on a présentés.
- 2:05Speaker 3: Vous avez le sentiment d'avoir été entendu
- 2:07Speaker 4: Absolument, je pense que c'était très clair, je pense que
- 2:10Speaker 4: tout le monde a entendu les nouvelles prévisions.
- 2:12Speaker 3: Ça, c'était début octobre. Est-ce que depuis, vous avez refait
- 2:14Speaker 3: vos calculs? Est-ce que l'addition s'est encore dégradée
- 2:17Speaker 4: aujourd'hui? Heureusement, pas trop. Les taux ont quand même encore
- 2:21Speaker 4: augmenté un tout petit peu. Ce qui a surtout augmenté,
- 2:23Speaker 4: c'est le différentiel de nos taux avec les taux, par exemple,
- 2:26Speaker 4: de l'Allemagne ou des Pays-Bas. On peut dire que l'Allemagne
- 2:29Speaker 4: et les Pays-Bas profitent un petit peu de la situation
- 2:30Speaker 4: des autres parce que maintenant, tout le monde veut leur dette.
- 2:33Speaker 4: parce qu'elle est vraiment considérée comme très sûre et très certaine.
- 2:36Speaker 3: On a l'impression que la situation s'accélère, notamment aujourd'hui et
- 2:39Speaker 3: puis cette semaine, avec d'autres réunions qui sont prévues entre
- 2:41Speaker 3: Bardo Weaver et puis les autres personnalités autour de la table.
- 2:44Speaker 3: Est-ce qu'on a encore le temps de négocier pendant plusieurs jours,
- 2:47Speaker 3: plusieurs semaines, avant de voir vraiment une véritable dégradation de
- 2:50Speaker 3: la situation économique
- 2:51Speaker 4: La situation économique, ce n'est peut-être pas du jour au lendemain,
- 2:54Speaker 4: mais c'est vrai qu'ici, comme ils l'ont dit eux-mêmes, si
- 2:57Speaker 4: on veut encore voter un budget avant la fin de l'année,
- 2:59Speaker 4: il ne faut plus trop tarder. Il faut aussi savoir
- 3:02Speaker 4: que les États de la zone euro, donc les pays
- 3:04Speaker 4: de la zone euro, doivent soumettre leurs plans budgétaires à
- 3:07Speaker 4: la Commission européenne avant la fin de l'année. Déjà le
- 3:11Speaker 4: 15 octobre, là on a raté les deadlines.
- 3:13Speaker 3: Donc tout le monde presque a rendu son budget, sauf
- 3:15Speaker 3: la
- 3:15Speaker 4: Belgique? Il y a 18 pays de 21 qui ont déjà,
- 3:18Speaker 4: tout le monde peut consulter cela, les investisseurs, le marché financier.
- 3:21Speaker 4: Suisse a aussi, donc 18 pays l'ont déjà fait. Je
- 3:24Speaker 4: pense que l'Autriche était là en juin, donc en fait
- 3:26Speaker 4: il y a quand même des gens qui sont très fidèles.
- 3:27Speaker 4: Mais
- 3:28Speaker 3: ça a des conséquences sur le long terme aussi? C'est-à-dire
- 3:30Speaker 3: cette instabilité et parfois aussi le manque de confiance que
- 3:33Speaker 3: peuvent ressentir les investisseurs vis-à-vis de la Belgique
- 3:36Speaker 4: En fait, ici, on peut dire qu'on ne doit plus
- 3:38Speaker 4: lever beaucoup d'argent d'ici la fin de l'année.
- 3:40Speaker 3: Ça,
- 3:40Speaker 4: c'est positif. Mais il faut quand même savoir que les
- 3:43Speaker 4: investisseurs dans la dette belge, quand le taux augmente, la
- 3:46Speaker 4: valeur de leurs investissements diminue. Et là, c'est quelque chose
- 3:50Speaker 4: qu'on peut vraiment s'en souvenir longtemps. Quand on achète la
- 3:55Speaker 4: dette belge, la valeur peut quand même s'effondrer. C'est une
- 3:57Speaker 4: mauvaise nouvelle pour les investisseurs
- 3:59Speaker 3: Avec possiblement aussi un cercle vicieux. Est-ce qu'on peut dire,
- 4:02Speaker 3: ce matin, si ça coûte quelque chose aux Belges, cette attente? Si, effectivement,
- 4:06Speaker 3: le pouvoir d'achat des Belges diminue? Ou s'il y a
- 4:08Speaker 3: des vraies conséquences sur le portefeuille de ceux qui nous
- 4:11Speaker 4: écoutent? Il faut savoir que les taux des obligations de
- 4:14Speaker 4: l'État belge influencent les taux des crédits bancaires belges.
- 4:17Speaker 3: Ça veut dire quoi très concrètement? Ça veut dire que moi,
- 4:19Speaker 3: si je cherchais un crédit aujourd'hui, j'aurais des moins bonnes
- 4:21Speaker 3: propositions qu'il y a quelques mois avant qu'on commence à
- 4:24Speaker 3: négocier ce
- 4:24Speaker 4: budget? Bien sûr, sans tardement. Donc tôt ou tard, les
- 4:26Speaker 4: taux d'entrée du crédit bancaire vont vraiment s'adapter aussi, plutôt
- 4:31Speaker 4: tôt que tard, je dois dire. Donc ça se passe
- 4:33Speaker 4: assez vite, en quelques jours, en quelques semaines. Les taux
- 4:35Speaker 4: des crédits hypothécaires, les crédits de la consommation suivent les
- 4:38Speaker 4: taux de l'État belge. Donc les taux de l'État belge
- 4:40Speaker 4: fédéral sont vraiment à la base de tout en Belgique
- 4:43Speaker 3: Plusieurs parties autour de la table, Jean Debout, qui espèrent
- 4:45Speaker 3: parvenir enfin à une issue dans ces négociations budgétaires. Certains
- 4:49Speaker 3: pourraient dire, mais au pire des cas, on ne s'arrange pas.
- 4:52Speaker 3: On peut poursuivre avec les douzièmes provisoires? Qu'est-ce que vous
- 4:55Speaker 3: en dites, vous, quand vous entendez ça? Je ne
- 4:56Speaker 4: sais pas si c'est les gens qui étaient prêts à
- 4:58Speaker 4: conclure un prêt hypothécaire ou un crédit de la consommation
- 5:00Speaker 4: ou des entreprises qui étaient prêtes à prendre un crédit d'investissement,
- 5:03Speaker 4: on pense. Mais ça pèse vraiment sur leurs finances. C'est vrai,
- 5:07Speaker 3: à ce moment-là? Bien sûr, bien sûr. Ce serait une
- 5:09Speaker 3: catastrophe de ne pas s'accorder? C'est un
- 5:11Speaker 4: gros mot, mais on peut s'attendre à une pression encore
- 5:14Speaker 4: plus élevée sur les taux belges. On a l'exemple de
- 5:17Speaker 4: la France. La France, la situation est vraiment très compliquée.
- 5:19Speaker 4: La France, pour l'instant, paye un demi-pourcent de plus en
- 5:22Speaker 4: termes de taux d'intérêt. Donc, la chose qui pourrait arriver,
- 5:25Speaker 4: c'est qu'on va rejoindre la France tout simplement d'ici quelques semaines.
- 5:28Speaker 3: On entend un demi-pourcent, mais au final, ce sont des
- 5:30Speaker 3: sommes absolument astronomiques. Vous êtes directement aussi au contact avec
- 5:34Speaker 3: ceux qui prêtent à l'État belge. Est-ce que vous constatez
- 5:37Speaker 3: une espèce de changement dans leur attitude aujourd'hui
- 5:40Speaker 4: Oui, c'est déjà un petit temps. Ce n'est pas justement aujourd'hui,
- 5:43Speaker 4: c'est déjà un petit temps. On a vu le downgrade
- 5:45Speaker 4: par les agences de rating. Depuis lors, les gens regardent
- 5:48Speaker 4: deux fois et disent« Ok, qu'est-ce que c'est?» À certains moments,
- 5:59Speaker 4: il faut quand même agir aussi
- 6:00Speaker 3: Mais certains commencent presque à hésiter à nous prêter sur
- 6:02Speaker 3: le long terme. Il y
- 6:03Speaker 4: a déjà des investisseurs qui n'achètent plus.
- 6:04Speaker 3: C'est vrai? Ils vous disent quoi, par exemple? Ils disent
- 6:06Speaker 3: que la situation est trop instable? Déjà
- 6:08Speaker 4: le rating n'est peut-être pas assez élevé depuis qu'on a
- 6:10Speaker 4: vraiment quitté la zone double A. Mais aussi, comme je
- 6:14Speaker 4: vous dis... S'ils investissent maintenant et le taux d'intérêt belge augmente,
- 6:18Speaker 4: et le différentiel des taux augmente encore par rapport à
- 6:20Speaker 4: l'Allemagne ou aux Pays-Bas, ils vont voir une diminution de
- 6:24Speaker 4: la valeur de leurs investissements. Autant qu'ils ne vendent pas,
- 6:27Speaker 4: ce n'est peut-être pas une valeur réalisée, c'est sur papier,
- 6:30Speaker 4: mais ils doivent faire un rapport tous les mois. Le chef,
- 6:32Speaker 4: j'ai investi dans ça. S'il ne l'avait pas fait, ça
- 6:35Speaker 4: aurait été mieux. Et ce sont des choses qu'il n'aime pas,
- 6:37Speaker 4: bien entendu, parce qu'il n'aime pas que les investissements s'effondrent
- 6:39Speaker 3: Si on revient sur cet accord budgétaire qui pourrait, si
- 6:41Speaker 3: je vous suis bien, Jean Debout, nous aider à... à
- 6:44Speaker 3: passer une étape aussi, à sortir un petit peu de
- 6:46Speaker 3: ce marasme économique dans lequel se trouve la Belgique. Est-ce
- 6:49Speaker 3: que vous imaginez vraiment un accord qui pourrait à la
- 6:51Speaker 3: fois satisfaire les cinq parties autour de la table, mais
- 6:53Speaker 3: aussi les investisseurs potentiels? Est-ce que ce juste milieu, il
- 6:56Speaker 3: est possible aujourd'hui? Alors, première question, je n'ai pas de réponse, excusez-moi.
- 6:59Speaker 3: Bien sûr, vous êtes un politicien. Ce que je peux
- 7:01Speaker 3: vous
- 7:01Speaker 4: dire, c'est que s'il y a un accord, effectivement, et après,
- 7:03Speaker 4: on peut envoyer le plan budgétaire à la Commission européenne,
- 7:06Speaker 4: ce qui pourrait être vérifié par les investisseurs partout dans
- 7:09Speaker 4: le monde, parce que je vous assure, ils regardent ça.
- 7:11Speaker 4: Et s'il y a des chiffres dedans qui sont un
- 7:13Speaker 4: peu mieux quand même que les chiffres actuels, on a
- 7:16Speaker 4: cité un target de 4% de déficit ici en 2029,
- 7:19Speaker 4: Je pense que ça ferait une très bonne impression sur
- 7:21Speaker 4: les investisseurs et on peut être presque sûr que, d'ici
- 7:24Speaker 4: la fin de l'année, le différentiel des taux avec l'Allemagne
- 7:27Speaker 4: et avec les Pays-Bas aura diminué, peut-être de 0,10%, peut-être
- 7:30Speaker 4: même 0,20% ou 0,25%. Je pense que c'est possible
- 7:34Speaker 3: Un peu d'optimisme aussi, évidemment, avec des négociations qui, on l'espère,
- 7:37Speaker 3: s'accélèrent en ce moment
- 7:38Speaker 4: Les marchés obligataires sont toujours prêts à féliciter et à rémunérer.
- 7:42Speaker 4: les pays qui font un bon travail
- 7:44Speaker 3: Oui, on l'espère évidemment. Pour terminer, Jean Debout, vous aviez
- 7:46Speaker 3: évoqué des nouvelles formules de bon d'état, je pense pour décembre.
- 7:50Speaker 3: Qu'est-ce qu'on peut déjà annoncer aux Belges ce matin
- 7:52Speaker 4: Qu'il y aura sans doute une émission. Donc, à partir
- 7:56Speaker 4: du 23, 24 novembre, tout le monde sera invité à
- 7:58Speaker 4: investir sans doute dans deux types de bons d'État. On
- 8:02Speaker 4: précise déjà la maturité vers mi-novembre.
- 8:05Speaker 3: Et comment donner envie aux Belges d'y souscrire, justement, à
- 8:07Speaker 3: ces bons d'État? C'est quoi le discours aujourd'hui? Il
- 8:09Speaker 4: faut regarder les taux qui auront augmenté. Ça sera intéressant
- 8:12Speaker 4: pour
- 8:12Speaker 3: les
- 8:12Speaker 4: Belges? Oui, ça sera certainement intéressant, parce qu'en fait, avec
- 8:15Speaker 4: ce produit, on suit l'évolution du marché, donc on n'attend pas...
- 8:19Speaker 4: C'est vraiment en direct. Donc, si les taux augmentent, autant
- 8:21Speaker 4: les donner aux Belges en particulier et pas aux investisseurs
- 8:25Speaker 4: étrangers
- 8:25Speaker 3: Oui, ça a du sens. Et donc, évidemment, de faire
- 8:27Speaker 3: davantage appel à leur épargne pour financer le pays. Merci beaucoup,
- 8:32Speaker 3: Jean Debout. C'était un plaisir de vous entendre ce matin
- 8:34Speaker 3: sur la situation économique du pays. Et puis, ces négociations budgétaires, Thomas,
- 8:37Speaker 3: qui se poursuivent
- 8:38Speaker 2: Oui, je retiens que les taux sur les taux belges
- 8:41Speaker 2: se resserrent. Notre dette est parmi les pires de la
- 8:43Speaker 2: zone euro. Le retard dans le budget pourrait faire une
- 8:46Speaker 2: pression énorme. sur les taux d'intérêt. Merci beaucoup Jean Deboutet.
- 8:49Speaker 2: Bonne journée!