Latest / Nouvelle Acropole France Podcast / Le soufisme, de la religion à la philosophie
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- 0:00SPEAKER_01: Les podcasts de Nouvelle Acropole France Le soufisme, de la religion à la philosophie.
- 0:12SPEAKER_01: Interview de Grégory Vandamme, professeur de philosophie spécialisé dans Ibn Arabi et la religion de l'Islam.
- 0:21SPEAKER_01: Article de la revue Acropolis d'octobre 2026 par Laleh Tavasoli, philosophe, formatrice en philosophie à Nouvelle Acropole, Bordeaux.
- 0:35UNKNOWN: Musique
- 1:04SPEAKER_01: Grégory Van Damme est un chercheur doctorant à l'Université catholique de Louvain.
- 1:10SPEAKER_01: Il s'intéresse au soufisme classique, notamment dans les œuvres d'Ibn Arabi et d'Avicenne.
- 1:17SPEAKER_01: Il travaille également sur l'utilisation de la pensée d'Ibn Arabi qui pourrait être utilisée et actualisée à l'intérieur et autour de l'islam.
- 1:28SPEAKER_01: Revue Acropolis Vous êtes professeur de philosophie spécialisé dans Ibn Arabi.
- 1:34SPEAKER_01: Grégory Van Damme cela a été pour moi la rencontre d'un chemin de vie, la rencontre d'une façon de voir le monde qui m'a bouleversée parce que je venais d'un milieu qui n'était pas croyant.
- 2:16SPEAKER_01: Donc, si je devais vraiment me définir, je dirais que je suis entre l'islamologie et la philosophie.
- 2:24SPEAKER_01: Islamologie par l'étude de la tradition islamique et en particulier de la tradition soufie, mais j'aborde des questions très philosophiques.
- 2:34SPEAKER_01: Par exemple, je tiens de plus en plus à développer l'idée du soufisme comme philosophie de l'islam.
- 2:41SPEAKER_01: Parce qu'on a souvent tendance à mettre des typologies, telles que la philosophie en islam serait la falsafa, l'héritage grec traduit, puis des apports originaux en langue arabe, mais qui se placent toujours dans la continuité d'Aristote, etc.
- 2:59SPEAKER_01: Et ensuite, il y aurait la théologie, le kalam.
- 3:04SPEAKER_01: Revue Acropolis.
- 3:06SPEAKER_01: Pouvez-vous nous préciser ce qu'est la falsafah
- 0:00UNKNOWN: ?
- 3:10SPEAKER_01: Grégory Vendam.
- 3:12SPEAKER_01: Ce qu'on appelle la falsafah, c'est la translittération arabe du mot grec« philosophia».
- 3:20SPEAKER_01: Assez tôt, après le deuxième siècle de son existence, l'islam s'est intéressé à cet héritage grec.
- 3:28SPEAKER_01: Dans le Bagdad à Basside, au 8e siècle, il y a eu ce fameux mouvement dans lequel on a traduit tout ce qui était possible non seulement de l'héritage grec hélénistique, mais aussi de l'héritage indien et chinois.
- 3:43SPEAKER_01: Puis on a produit une philosophie originale, en arabe, qui se place dans les pas de cette philosophie grecque.
- 3:51SPEAKER_01: Le premier philosophe en langue arabe originale était Al-Kindi, qui meurt après 870 de l'ère chrétienne.
- 4:00SPEAKER_01: C'est important de souligner que dès le début de cette philosophie, la frontière entre entre l'islam comme religion et l'idéal philosophique est un peu poreux.
- 4:13SPEAKER_01: Comment cela se manifeste-t-il
- 0:00UNKNOWN: ?
- 4:16SPEAKER_01: Grégory Van Damme Par exemple, on voit Al-Kindi parler de Dieu avec des allusions aux termes coraniques.
- 4:26SPEAKER_01: Il était le tuteur du fils du calife qui lui pose une question sur un verset coranique qui dit que les arbres et les étoiles se prosternent devant Dieu.
- 4:36SPEAKER_01: Alors, Al-Kindi écrit toute une épître en expliquant de manière très philosophique ce que signifie la prostitution.
- 4:43SPEAKER_01: et l'obéissance et que l'obéissance est toujours la reconnaissance d'un ordre supérieur et qu'ici il s'agit de l'ordre cosmologique.
- 4:56SPEAKER_01: Il explique comment tout être, des astres, des sphères célestes, aux végétaux, se soumettent à l'ordre divin.
- 5:05SPEAKER_01: Puis cette falsafah va beaucoup évoluer dans le temps avec certaines figures qui vont revenir à l'idéal grec en se distançant au maximum des questions religieuses, comme Al-Farabi, et au contraire d'autres qui vont véritablement proposer une philosophie que l'on pourrait appeler philosophie de l'islam, comme Avicenne, sans doute le penseur majeur de cette tradition, qui développera une pensée très complexe de la prophétie et de la vie après la mort.
- 5:36SPEAKER_01: Revue Acropolis.
- 5:37SPEAKER_01: Quelle est cette théorie d'Avicenne
- 0:00UNKNOWN: ?
- 5:41SPEAKER_01: Grégory Van Damme.
- 5:43SPEAKER_01: C'est l'histoire C'est une question chère à Avicenne.
- 5:51SPEAKER_01: Le fait que Dieu, l'être, est un être.
- 6:03SPEAKER_01: l'être premier ou l'intellect premier d'une certaine manière, peuvent à un moment donné faire irruption dans l'histoire humaine et lorsqu'une âme humaine se trouve prédisposée, cette âme peut recevoir quelque chose.
- 6:18SPEAKER_01: Avicenne va tenter de l'inclure dans son système métaphysique qui est scientifique puisque c'est aussi un très grand médecin.
- 6:27SPEAKER_01: C'est souvent ainsi qu'il a été connu puisqu'il était l'auteur de références en médecine dans les universités européenne jusqu'au XVIIe siècle.
- 6:37SPEAKER_01: C'est un grand scientifique, mais il a une philosophie qui s'intéresse vraiment à l'islam et il va même produire des commentaires de certaines sourates du Coran.
- 6:48SPEAKER_01: Avicenne développe une philosophie islamique qui est tellement puissante qu'elle va infuser toute la pensée islamique des générations postérieures.
- 6:58SPEAKER_01: Que ce soit la théologie dialectique et scolastique, ce qu'on appelle le kala en arabe la métaphysique et la logique ou le soufisme on retrouvera Avicenne partout puisqu'il a proposé une mise à jour de la logique aristotélicienne qui fera référence Revue Acropolis Vous êtes plutôt un spécialiste du soufisme pourriez-vous nous définir cette tradition
- 0:00UNKNOWN: ?
- 7:27SPEAKER_01: Grégory Van Damme Le soufisme est une pratique qui est plutôt d'ordre individuel Très tôt, les soufis ont eu un adage répété à travers le temps qui dit qu'au départ, le soufisme était une réalité sans nom et puis il est devenu un nom sans réalité.
- 7:47SPEAKER_01: C'est un adage qui dit vraiment ce qu'est le soufisme, parce que les soufis ont une conscience depuis toujours que ce nom est totalement arbitraire.
- 7:57SPEAKER_01: Le nom soufisme a plusieurs étymologies, comme le fait de se vêtir de laine, ou le fait de se purifier, ou encore qui a à voir aussi avec une catégorie de gens qui vivaient dans l'entourage du prophète Mohamed, qu'on appelle les gens du sofa.
- 8:14SPEAKER_01: Sofa, en arabe, c'est la banquette.
- 8:18SPEAKER_01: Donc ce sont des gens qui avaient tout délaissé pour suivre Mohamed et n'avaient plus de famille ni de maison.
- 8:25SPEAKER_01: Ils vivaient dans la mosquée et dormaient sur la banquette du préau de la mosquée.
- 8:31SPEAKER_01: Ils étaient dans l'abnégation et s'étaient offerts totalement à ce message spirituel de l'islam et les soufis vont s'identifier à eux.
- 8:41SPEAKER_01: Une autre étymologie, plus rare et controversée, c'est que le mot soufisme, tasawuf, Soufia est mis en relation avec Sophia, la sagesse.
- 8:54SPEAKER_01: Revue Acropolis Quelle est la relation des soufis avec l'islam
- 0:00UNKNOWN: ?
- 9:01SPEAKER_01: Grégory Vandam Le soufisme et les soufis se vivent pleinement dans l'islam.
- 9:08SPEAKER_01: Ils se vivent même et se considèrent même au cœur de l'islam.
- 9:15SPEAKER_01: Pour le dire de manière très prosaïque, les soufis considèrent qu'ils sont les vrais musulmans, incarnant le véritable islam, celui du prophète Mohamed.
- 9:26SPEAKER_01: Mais c'est vrai de tout le monde, des sunnites, des chiites, des ismaéliens, etc.
- 9:32SPEAKER_01: Et donc, en ça, ils ne sont pas différents.
- 9:36SPEAKER_01: Le mot« soufisme» prend vraiment son ampleur au début du Xe siècle, avec une figure très importante, Junaïd de Bagdad.
- 9:46SPEAKER_01: C'est parce que son groupe s'appelait les soufis qu'on en est venu à appeler ainsi tous les spirituels de l'islam se rattachant à cette tradition.
- 9:57SPEAKER_01: Revue Acropolis Le soufisme est souvent présenté comme la mystique de l'islam.
- 10:04SPEAKER_01: Qu'en est-il
- 0:00UNKNOWN: ?
- 10:06SPEAKER_01: Il y a de la mystique et de la spiritualité dans d'autres traditions et le soufisme n'épouse pas tout cela, même si en arabe moderne aujourd'hui, on utilise le mot« soufisme» pour parler de spiritualité ou de mystique.
- 10:27SPEAKER_01: Le soufisme est une tradition tellement importante qu'on l'appelle la tradition mère en islam ou« malsouna».
- 10:37SPEAKER_01: Il y a une tradition importante, invoquée à la fois par les soufis et par les non-soufis sur la place du soufisme.
- 10:46SPEAKER_01: Dans cette tradition, le prophète Mohamed était avec ses compagnons quand arrive du désert un homme que personne ne connaît, qui vient, s'agenouille devant lui et met sa main sur ses cuisses avec une intimité qui frappe tout le monde.
- 11:03SPEAKER_01: Qui est cette personne qu'on ne connaît pas et qui vient comme ça au plus près du prophète prophète et qu'il l'interroge et dit« Informe-moi au sujet de l'islam.
- 11:13SPEAKER_01: Qu'est-ce que l'islam
- 0:00UNKNOWN: ?
- 11:16SPEAKER_01: » Et Mohamed répond« L'islam, C'est le fait d'attester qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mohamed est son prophète, de s'acquitter de la prière, de s'acquitter de l'aumône, de jeûner le mois de Ramadan et d'effectuer le pèlerinage à la maison sacrée.
- 11:36SPEAKER_01: Ce qui deviendra les fameux cinq piliers de l'islam, qui constituent la pratique fondamentale de l'islam.
- 11:43SPEAKER_01: Et puis cette personne, de manière résonante, lui répond« Tu as raison, c'est bien ça».
- 11:49SPEAKER_01: Et tout le monde se demande ce qui se passe.
- 11:52SPEAKER_01: En fait, il n'est pas venu s'informer, il est venu interroger et vérifier le propos du prophète.
- 12:00SPEAKER_01: Et puis, il lui pose une deuxième question.
- 12:04SPEAKER_01: « Et maintenant, qu'est-ce que la foi
- 0:00UNKNOWN: ?
- 12:06SPEAKER_01: » Et le prophète lui répond,« La foi, c'est de croire en Dieu, de croire en ses anges, en ses livres, en ses prophètes, de croire en la prédestination pour le bien comme pour le mal, et de croire en Dieu comme pour le mal.
- 12:19SPEAKER_01: Et de nouveau, l'homme confirme que ce sont bien les éléments de la foi.
- 12:28SPEAKER_01: Et puis il lui demande.
- 12:31SPEAKER_01: C'est un mot difficile à traduire.
- 12:37SPEAKER_01: Littéralement, lissane, c'est le fait de faire le beau, le bien, le bon.
- 12:43SPEAKER_01: C'est le bel agir.
- 12:47SPEAKER_01: Alors Mohamed lui répond.
- 12:49SPEAKER_01: C'est de servir Dieu comme si tu le voyais, parce que si toi tu ne le vois pas, lui te voit.
- 12:57SPEAKER_01: Et de nouveau, l'homme répond« Tu as raison».
- 13:02SPEAKER_01: Au terme de l'histoire, les compagnons sont bouleversés et le prophète leur dit« C'était l'ange Gabriel qui est venu vous enseigner votre religion».
- 13:13SPEAKER_01: L'ange Gabriel est considéré par les philosophes comme agent intellect qui vient des sphères immatérielles pour pénétrer dans la matière et informer l'humain de ce qui le dépasse.
- 13:28SPEAKER_01: Donc traditionnellement, on a dans l'islam les cinq piliers.
- 13:32SPEAKER_01: C'est de l'ordre du rituel et le rituel à la fois individuel et collectif qui dépend d'une norme pratique.
- 13:41SPEAKER_01: Et il y a aussi une norme intellectuelle, voire métaphysique, quand on parle de Dieu, de la prophétie, de la foi, de l'ordre de ce qu'on appellerait aujourd'hui la théologie.
- 13:54SPEAKER_01: Et enfin, ce qui est l'apanage du soufisme, c'est de faire les choses avec beauté ou de faire les choses pour la beauté, pour le bien et pour ce rapport à la présence divine invisible.
- 14:10SPEAKER_01: Autrement dit, Servir Dieu comme si on le voyait, parce que si on ne le voit pas, lui nous voit, donc il est toujours présent.
- 14:20SPEAKER_01: Je le définirais comme une espèce de conscience spirituelle ou conscience morale.
- 14:27SPEAKER_01: Revue Acropolis Comment tout cela s'articule-t-il
- 0:00UNKNOWN: ?
- 14:33SPEAKER_01: Grégory Van Damme C'est la combinaison de ces trois dimensions qu'on pourrait appeler la dimension plus normative, pratique, sociale, puis la dimension plus théologique, métaphysique, intellectuelle, et enfin la dimension mystique, expérientielle, mais aussi éthique, qui va définir quel musulman vous êtes.
- 14:59SPEAKER_01: certains seront obsédés par le rituel, par la norme, et très souvent auront peu d'intérêt pour les choses de la foi et pour la dimension spirituelle et éthique.
- 15:11SPEAKER_01: D'autres, au contraire, vont dire que si on ne prie pas en faisant une belle prière, ça ne sert à rien de prier, car pour eux, il faut d'abord mettre cette dimension spirituelle au cœur de la pratique.
- 15:26SPEAKER_01: L'idée est vraiment celle de trois cercles concentriques.
- 15:30SPEAKER_01: Pour cela, les soufis ne vont pas prétendre, par exemple, s'extraire du cadre de la charia.
- 15:37SPEAKER_01: C'est un mot qui fait peur, mais qu'il faut comprendre pour ceux qui connaissent l'hindouisme, comme le dharma.
- 15:44SPEAKER_01: La charia, c'est le dharma.
- 15:47SPEAKER_01: Donc, ils vont voir la charia comme un moyen et non pas comme une finalité.
- 15:53SPEAKER_01: La charia, c'est le chemin.
- 15:56SPEAKER_01: L'étymologie du terme charia, c'est la voie.
- 16:00SPEAKER_01: Là où il peut y avoir des tensions, c'est avec ceux qui vont faire de la norme un but en soi.
- 16:08SPEAKER_01: Une fois que la norme est appliquée, tout appartient à Dieu et on ne doit plus s'occuper de rien.
- 16:15SPEAKER_01: C'est le cas avec des mouvements salafistes ou wahhabites contemporains d'un islam très rigoriste.
- 16:23SPEAKER_01: Revue Acropolis Quel rôle les soufis ont-ils joué dans l'histoire
- 0:00UNKNOWN: ?
- 16:29SPEAKER_01: Grégory Van Damme Historiquement, les soufis ont fait partie de l'économie de ce qu'était l'islam.
- 16:37SPEAKER_01: Depuis le Xe siècle, ils ont été au cœur de l'islam, avec des places différentes selon le lieu et le temps.
- 16:46SPEAKER_01: Mais ils faisaient totalement partie intégrante de la civilisation du plus haut au plus bas, c'est-à-dire que les soufis étaient présents à la cour des souverains comme avec le petit peuple.
- 16:59SPEAKER_01: Le soufisme était la vie spirituelle de l'islam jusqu'au bouleversement de l'époque moderne.
- 17:07SPEAKER_01: Au final, ce qu'on voit sur l'histoire de l'islam de manière générale, c'est vrai du Maghreb, de l'Andalousie mais aussi de l'Asie, de l'Afrique subsaharienne, c'est que la dimension théologique métaphysique à laquelle tout le monde avait accès, souvent par le biais de textes dévotionnels, était porté par le soufisme qui était la philosophie de l'islam.
- 17:32SPEAKER_01: D'où l'importance de cette tradition et le fait que certains l'ont appelé le cœur de l'islam.
- 17:52SPEAKER_01: qui traduisait des doctrines métaphysiques parfois très complexes, très subtiles, dans un langage auquel tout le monde participait, et donc c'était la culture philosophique commune.
- 18:06SPEAKER_01: Revue Acropolis Selon vous, quel serait le message le plus actuel que le soufisme et l'islam pourraient transmettre
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- 18:16SPEAKER_01: Grégory Vandam Je pense que c'est le message de l'unité.
- 18:22SPEAKER_01: Cette obsession de l'islam pour l'unité a permis de montrer que l'unité se vit toujours dans la diversité et que l'unité n'est pas l'uniformisation.
- 18:33SPEAKER_01: Et s'il y a quelque chose de très instructif dans l'islam comme tradition intellectuelle, c'est qu'elle a d'emblée été une tradition diverse qui a dû construire une façon de cohabiter avec des points de vue différents.
- 18:48SPEAKER_01: Cela n'a pas été systématisé comme ça peut être le cas dans l'Inde avec les darsanas.
- 18:55SPEAKER_01: Ce qui a été cultivé est plutôt un art de vivre ensemble, un art de vivre la divergence.
- 19:03SPEAKER_01: Et je pense que c'est intéressant car cela n'a ne se vit pas seulement au niveau social, politique, académique, cela se vit aussi au niveau métaphysique.
- 19:14SPEAKER_01: C'est-à-dire que les penseurs de l'islam ont toujours été amenés à penser ce rapport de l'un et du multiple et à ne pas tomber dans l'illusion d'une formulation, d'une présentation de l'un qui soit universelle en soi, qui puisse valoir comme vérité pour tout individu, toute culture, toute langue, contrairement aux lumières occidentales.
- 19:39SPEAKER_01: Je pense que la beauté de l'islam, c'est d'être obsédé par l'universel, mais de toujours comprendre que cet universel ne se vit que dans le particulier, et d'avoir construit une civilisation sur ce principe-là.
- 19:54SPEAKER_01: Et je pense qu'il y a quelque chose dans l'art de vivre de l'islam qu'à mon sens le soufisme incarne particulièrement, qui donne à l'unité une pertinence vivante, à dimension humaine, qui reconnaît l'altérité.