Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Tony Jouanneau - ATELIER SUMBIOSIS - Eco Design, Bio ennoblissement quand la couleur végétale n’est pas l’unique ressource
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast à récovers Tony Jouanneau de l'atelier Sumbiosis.
- 0:51Bonjour Tony.
- 0:53Bonjour Pauline.
- 0:54Alors Tony,
- 0:55on rigole parce que j'ai enfin réussi à prononcer le nom de l'atelier correctement.
- 1:00Déjà je suis très contente de vous accueillir parce qu'on va élargir un peu le champ et ne pas parler que du végétal mais aussi d'autres choses.
- 1:08Je vous en remercie et je voulais commencer avec vous par vous présenter pour les auditeurs votre parcours et comment vous en êtes arrivé à cette histoire de symbiose entre le vivant et les matériaux parce que ce sont des sujets qui nous intéressent sur le podcast.
- 1:22Merci.
- 1:22Donc c'est à vous Tony pour vous présenter pour les auditeurs.
- 1:25Ok,
- 1:26ça marche.
- 1:26Donc je m'appelle Tony Joanneau,
- 1:29je suis designer et enoblisseur textile.
- 1:32Alors,
- 1:34mon parcours.
- 1:34Donc j'ai,
- 1:36moi j'ai été élevé en partie par des grands-mères couturières,
- 1:40tricoteuses et l'une de mes grands-mères était chef d'atelier d'une ganterie dans le Loir-et-Cher.
- 1:48et je crois que c'est vraiment elle qui m'a donné une certaine appétence pour les matériaux souples et pour le textile au départ,
- 1:57plus particulièrement pour le cuir,
- 1:58mais en tout cas pour les matériaux souples en général.
- 2:01Et donc j'ai suivi des études au Beaux-Arts,
- 2:06qui est devenu une école d'art et de design,
- 2:08les SAD d'Orléans,
- 2:10donc ça c'était en 2005.
- 2:13Et durant mes études,
- 2:15j'ai fait la connaissance d'un designer textile qui s'appelle Tsuri Geta,
- 2:20qui était enoblisseur textile et qui travaillait à partir d'un brevet qui alliait le silicone et l'étoffe.
- 2:28J'ai été complètement fasciné par ce brevet à partir duquel on pouvait fabriquer toutes sortes de matières organiques très inspirées du vivant et plus particulièrement de
- 2:42coraux ou de formes d'organismes qu'on peut trouver dans les fonds marins.
- 2:48et j'ai commencé en fait à faire un stage chez lui,
- 2:52ça a très bien marché,
- 2:53on a fait des concours ensemble,
- 2:55et il m'a embauché à l'issue de mes cinq années d'études,
- 2:58et j'ai travaillé dans cet atelier pendant sept ans.
- 3:03Je me suis formé au métier d'ennoblisseur textile en travaillant au sein de son atelier.
- 3:08J'étais en charge du département design,
- 3:12mise en volume des tissus.
- 3:15L'activité principale,
- 3:16c'était du bijou,
- 3:18bijou contemporain,
- 3:20parfois des pièces uniques.
- 3:21On faisait un peu de tout à l'atelier.
- 3:24Je me suis formé évidemment à cette technique,
- 3:26à ce brevet de textile siliconé.
- 3:30Et en parallèle,
- 3:31j'étais aussi en charge de développer d'autres techniques,
- 3:36mais surtout de concevoir des objets,
- 3:40voire de carrément changer d'échelle,
- 3:43d'aller jusqu'à des installations.
- 3:46Et c'est aussi ce qui m'a fasciné dans ce travail de l'ennoblissement textile,
- 3:50c'est ces changements d'échelle du bijou à l'installation.
- 3:56et en
- 3:592016, au bout de 7 années de pratique,
- 4:01j'ai travaillé,
- 4:02et ça je dois le préciser aussi,
- 4:04grâce à Tsuri,
- 4:06avec beaucoup de maisons de couture,
- 4:09j'ai travaillé dans le milieu du luxe,
- 4:10et c'est un milieu qui est très exigeant,
- 4:13et le fait de travailler au sein d'un atelier en faisant,
- 4:17finalement...
- 4:20Je dirais que l'apprentissage a été peut-être plus intuitif,
- 4:26plus sensible à plein d'endroits.
- 4:30Je trouvais personnellement qu'il me manquait une approche théorique sur les technologies textiles.
- 4:37Je me suis formé aussi en parallèle,
- 4:39mais je ne l'ai pas précisé.
- 4:42lorsque j'étais chez lui,
- 4:44je prenais des cours du soir,
- 4:45des cours qui sont très bien faits,
- 4:48des cours municipaux de la ville de Paris,
- 4:50je ne sais pas si vous connaissez.
- 4:51Non.
- 4:53C'est des cours pour adultes,
- 4:55et moi j'avais pris un cours sur les technologies textiles,
- 4:58et un autre cours avec une personne qui avait fait les arts déco,
- 5:03Hélène Guénin,
- 5:05et c'était un cours sur la couleur et ses applications professionnelles.
- 5:08Il se trouve que chez Torrigas,
- 5:10C'est souvent moi qui faisais les teintures.
- 5:14Ça me plaisait beaucoup.
- 5:15Je pense que j'avais une...
- 5:17une sorte d'intuition pour les associations colorées.
- 5:22Et donc,
- 5:22j'ai voulu pousser un peu,
- 5:25comprendre théoriquement,
- 5:26symboliquement,
- 5:27le travail de la couleur et voir comment,
- 5:30à travers certains codes,
- 5:32je pourrais me le réapproprier dans ma pratique.
- 5:35Donc ça,
- 5:35c'était Hyperformateur.
- 5:36J'ai adoré ce cours qu'on avait avec Hélène Guénin.
- 5:41à travers l'histoire de la couleur,
- 5:43ça symbolique,
- 5:44mais aussi sur un travail de colorisme plus précis où on faisait des gouachés.
- 5:50Ça,
- 5:51ça m'a vraiment beaucoup plu.
- 5:55Et donc,
- 5:55en 2016,
- 5:58je ne voulais plus travailler avec la silicone.
- 6:02pour plusieurs raisons,
- 6:03mais il se trouve que l'ennoblissement textile,
- 6:06à plein d'endroits,
- 6:07c'est un monde de chimie,
- 6:10avec des chimies souvent nocives,
- 6:12et j'ai donc choisi de réorienter ma pratique et de reprendre des études à l'ENSI Les Ateliers,
- 6:19l'École Nationale Supérieure de Création Industrielle,
- 6:22à travers un master spécialisé qui s'appelle Création et Technologie Contemporaine.
- 6:30Et à travers ce master,
- 6:33j'ai pu faire un bilan sur ma pratique et j'ai choisi de réorienter ma pratique dans l'ennoblissement sur l'éco-conception.
- 6:43Donc j'ai commencé à pas mal étudier les moyens et j'ai compris qu'il fallait vraiment que je m'attaque aux procédés,
- 6:53aux processus de fabrication pour pouvoir la réorienter.
- 6:58Et je suis tombé aussi complètement,
- 7:06je ne vais pas dire qu'en admiration,
- 7:07mais j'ai découvert...
- 7:08Beaucoup de nouvelles postures de recherche sur un domaine émergent qui était le biodesign et la biofabrication.
- 7:16Le biodesign,
- 7:17c'est un principe de convergence entre la biologie,
- 7:20qui va identifier des principes,
- 7:22des fonctions et des mécaniques du vivant,
- 7:25et le design qui va transférer ces principes dans des applications humaines,
- 7:28en pensant la fonction,
- 7:29l'usage,
- 7:31le dispositif ou la fabrication.
- 7:35Et moi,
- 7:35ce qui m'intéressait,
- 7:36c'était plutôt le domaine de la biofabrication et voir comment une ressource biologique pourrait,
- 7:44à un endroit précis,
- 7:46répondre à une pollution de l'ennoblissement textile.
- 7:51ou d'un savoir-faire plus précisément,
- 7:53de l'ennoblissement textile.
- 7:55Ce concept-là s'est affiné peu à peu.
- 7:57J'ai travaillé sur de la méthodo.
- 7:59J'ai fait beaucoup de méthodologie quand j'étais dans cette année d'études.
- 8:03Et je me suis entouré d'experts scientifiques.
- 8:07L'idée de ce...
- 8:09Le projet,
- 8:11c'était de mettre en place des hypothèses créatives,
- 8:13de prendre plusieurs savoir-faire de l'ennoblissement textile et de comprendre comment je pourrais les réorienter à travers des hypothèses créatives en leur faisant rencontrer des ressources biologiques régénératives,
- 8:27voir en quoi ces ressources pourraient contrecarrer des pollutions,
- 8:33être intéressantes en termes de production.
- 8:38et c'est un peu comme ça que j'ai fondé l'atelier Sumbiosis et je me suis donc plus précisément intéressé à un principe biologique qui a donné son nom à mon projet,
- 8:49c'est la symbiose et la symbiose dans le vivant,
- 8:53elle peut être...
- 8:56manichéenne,
- 8:56soit parasitaire,
- 8:59soit vertueuse,
- 8:59et évidemment j'ai choisi le côté vertueux,
- 9:02l'idée étant d'associer un traitement à un tissu,
- 9:09ou une matière souple,
- 9:12dans une optique symbiotique et écologique.
- 9:16Et donc j'ai commencé par un premier domaine qui est la recherche.
- 9:22En fait,
- 9:23sans m'en rendre compte,
- 9:24je me suis lancé dans de la recherche fondamentale.
- 9:27Je me suis entouré pour plusieurs de mes recherches de chimiste,
- 9:35physicien ou biologiste.
- 9:38Toute cette recherche à l'ENSI,
- 9:39elle était...
- 9:41Alors voilà,
- 9:41quand on est étudiant,
- 9:42on bénéficie peut-être...
- 9:45une approche un peu plus facile auprès de tous ces partenaires.
- 9:49Après,
- 9:50il faut pouvoir changer l'essai.
- 9:54Il y a quelque chose quand même qui m'a vraiment frappé dans le milieu scientifique académique,
- 9:59c'est cette ouverture.
- 10:00En fait,
- 10:00j'ai trouvé que c'était un milieu qui était peut-être assez fermé et qui était en demande de profils comme le mien,
- 10:08qui avait vraiment envie que les disciplines soient plus poreuses.
- 10:13Et donc je me suis dit que l'atelier allait devenir une sorte de laboratoire d'ennoblissement collaboratif.
- 10:20C'est un petit peu comme ça que ça s'est lancé.
- 10:22Je n'avais pas,
- 10:24en revanche...
- 10:28une perspective très très arrêtée sur ce que j'allais faire à l'issue de l'ANSI,
- 10:33mais il se trouve que j'ai arrêté l'ANSI,
- 10:38donc ça a duré un an,
- 10:39un an et demi à peu près le master,
- 10:45et j'ai fait un programme de la Fondation d'entreprise Hermès,
- 10:48en fait j'ai passé un concours et j'ai été lauréat de ce programme qui était vraiment fabuleux,
- 10:55qui s'appelle l'Académie des savoir-faire,
- 10:58et qui portait en 2019 sur les textiles.
- 11:02Donc l'Académie des savoir-faire,
- 11:03c'est un programme qui est porté depuis plusieurs années par la Fondation d'entreprise Hermès.
- 11:08L'idée étant de mettre à l'honneur,
- 11:11tous les deux ans je crois,
- 11:13ce qu'ils appellent un matériau premier.
- 11:15Il y a eu le bois,
- 11:18le métal,
- 11:20la terre,
- 11:21la pierre.
- 11:23le vert et évidemment les textiles.
- 11:27Et donc j'étais ravi de pouvoir rencontrer,
- 11:34on était 22 académiciens avec des profils d'artisans,
- 11:38designers et ingénieurs.
- 11:42L'objectif de ce programme,
- 11:43c'est de nous perfectionner,
- 11:45de porter une réflexion sur la matérialité textile dans son ensemble,
- 11:49d'un point de vue historique,
- 11:51sociologique,
- 11:52philosophique.
- 11:53D'ailleurs,
- 11:53ce sont des matinales qui sont mensuelles,
- 11:57sur les six premiers mois de l'année,
- 11:59ouvertes au public.
- 12:02C'est sur inscription,
- 12:02mais ce sont vraiment des très beaux moments.
- 12:07et donc plusieurs experts vont venir parler d'un sujet en particulier,
- 12:10d'un angle sur ce sujet du matériau.
- 12:14Et nous,
- 12:14le reste du week-end,
- 12:16les académiciens,
- 12:17on allait un peu partout en France rencontrer des ateliers,
- 12:22des entreprises ou des experts sur un domaine particulier.
- 12:27du textile,
- 12:28de la fibre ou de l'ennoblissement.
- 12:31Et à l'issue de ce programme,
- 12:32on avait aussi des semaines de workshop où on travaillait sous la direction pédagogique de Mathalic.
- 12:38Et c'est durant ce programme que plusieurs personnes,
- 12:43et donc pour les nommer précisément,
- 12:45c'est Juliette Vergne que vous avez...
- 12:49Donc Juliette est dans mon groupe de recherche.
- 12:53Il y a aussi Capucine
- 12:55Bonnetère avec qui on s'est super bien entendus.
- 13:02Notamment ces deux personnes-là qui me reviennent tout de suite en tête,
- 13:06qui m'ont parlé de la couleur végétale.
- 13:11des formations en couleur végétale,
- 13:12puisque je ne l'ai peut-être pas précisé avant,
- 13:14mais moi j'avais commencé de mon côté à intégrer le végétal dans certaines de mes recherches,
- 13:22notamment des recherches autour de la cellulose bactérienne,
- 13:24mais il se trouve que je le faisais de manière très empirique,
- 13:29en autodidacte,
- 13:30avec des livres,
- 13:33et je choisissais le végétal parce qu'il me permettait dans des procédés...
- 13:39de transformation chimique et biologique,
- 13:41de ne pas perturber certains organismes.
- 13:44Donc,
- 13:45je ne l'ai pas choisi par hasard.
- 13:46En fait,
- 13:47c'est vraiment venu soutenir certains procédés de recherche que j'ai fait.
- 13:51Et j'ai une recherche en particulier sur l'impression de cellulose bactérienne sur tissu,
- 13:59où l'idée était de venir aussi allier certaines couleurs végétales dans le procédé.
- 14:04Donc,
- 14:04j'avais commencé à intégrer certains...
- 14:08certains extraits dans cette cellulose et effectivement pour ne pas perturber le liquide bactérien le végétal était la première réponse en couleur et la plus pertinente et
- 14:24donc à l'issue de ce programme il y a eu le covid donc grande pause et pendant le covid j'en ai profité pour faire moi me lancer un peu dans la teinture de mon côté aussi en autodidacte donc j'avais monté
- 14:38un petit labo dans le sous-sol de chez ma belle-mère.
- 14:42Et j'ai commencé à faire pas mal d'expérimentations,
- 14:47de nuancier.
- 14:48Et je m'étais associé juste avant le Covid avec une botaniste qui s'appelle Jeanne Basile,
- 14:55que j'avais rencontrée au sein d'un laboratoire communautaire où je suis resté pendant...
- 15:02un an et demi aussi en résidence,
- 15:04c'est le laboratoire communautaire de la Payasse,
- 15:07où étaient menées des actions d'amorçage de projets entrepreneuriaux à la croisée de la science et d'autres disciplines.
- 15:15Ça,
- 15:15c'est un endroit vraiment génial,
- 15:18où j'ai pu construire mon réseau scientifique.
- 15:25Et en tout cas,
- 15:27par la paillasse,
- 15:28j'ai pu rencontrer Jeanne.
- 15:29Et avec Jeanne,
- 15:30on avait le projet de faire un nuancier aux couleurs de Paris.
- 15:35Et on s'était intéressé aux friches urbaines.
- 15:42Donc on avait commencé à travailler en cueillette sur certaines friches.
- 15:50Et voilà,
- 15:50après il y a eu le Covid,
- 15:52Jeanne a déménagé.
- 15:53Donc moi j'avais commencé à nuancer autour de ça.
- 15:58J'en ai profité pour le continuer un peu pendant le Covid.
- 16:01Et dès que les premières restrictions sanitaires ont été levées,
- 16:07on est parti dans le Luberon avec mon compagnon.
- 16:13et je voulais à tout prix aller au jardin conservatoire des plantes tinctoriales et aller chez Couleur Garance donc c'était fermé je me souviens à ce moment là donc j'ai fait un forcing sur Facebook en disant ouvrez-moi
- 16:28s'il vous plaît et en fait ça a été ma première rencontre avec Lise
- 16:35Lise Camoin qui m'a qui m'a ouvert la porte et je me souviens parce qu'elle avait un petit petit
- 16:40Elle était couverte de bleu,
- 16:42elle était dans l'indigo.
- 16:44Avec Aromi,
- 16:45elles étaient couvertes de bleu,
- 16:46elles étaient dans une grosse pote d'indigo.
- 16:50Et ouais,
- 16:52elles m'ont accueilli hyper chaleureusement,
- 16:54et j'ai été tout de suite enchanté déjà par le lieu dont on m'avait dit beaucoup de bien.
- 16:59J'avais évidemment entendu beaucoup parler de Michel,
- 17:01et j'ai...
- 17:07là,
- 17:07j'ai compris que quelque chose allait s'actionner autour de la teinture végétale.
- 17:11Ce ne serait pas la tiers partie de mon activité,
- 17:14mais qu'en tout cas,
- 17:16j'ouvrais une porte qui n'allait plus se refermer.
- 17:20Donc,
- 17:21ça,
- 17:22c'est vraiment avec l'iséromie que ça s'est fait.
- 17:27Et puis après,
- 17:28j'ai...
- 17:31Je me suis quand même formé sur de la fabrication de pigments avec Lise,
- 17:35un étudiant qui avait embarqué mon compagnon avec moi.
- 17:38On l'a fait ensemble et c'était vraiment très chouette.
- 17:43Et après,
- 17:44moi,
- 17:44de mon côté,
- 17:46dans la mesure où sur la recherche,
- 17:48je mettais en place beaucoup de protocoles,
- 17:51scientifique et chimique.
- 17:55Si vous voulez,
- 17:55ce n'est pas un truc qui me rebute assez vite.
- 17:58J'ai compris les méthodes et assez vite,
- 18:03j'ai pu me les approprier.
- 18:04Donc,
- 18:06voilà,
- 18:07il existe plein de chimies différentes.
- 18:11loin de moi l'idée de penser que je suis un expert de la teinture végétale,
- 18:16vraiment pas du tout.
- 18:17Je sais qu'il y a des gens,
- 18:18des vrais chercheurs,
- 18:20comme Michel,
- 18:22Clément,
- 18:22Sandrine,
- 18:25des gens,
- 18:26Clément Bautier,
- 18:26je ne l'ai pas rencontré,
- 18:27mais je sais que Sandrine m'en a parlé,
- 18:31et là je sais que c'est des personnes qui œuvrent
- 18:35d'un point de vue de la recherche.
- 18:37Par contre,
- 18:37j'avais rencontré Dominique Cardon par le biais de la Fondation d'entreprise Hermès.
- 18:40On avait eu une conférence avec elle et j'ai été retourner discuter avec elle dans une autre conférence.
- 18:49Et pareil,
- 18:50Dominique,
- 18:50elle m'avait fasciné dans son approche théorique,
- 18:52toute la recherche qu'elle a faite.
- 18:58Et puis,
- 18:58voilà.
- 19:01En tout cas,
- 19:01la chimie ne me faisait pas peur,
- 19:03ne me fait pas peur.
- 19:06Donc,
- 19:06assez vite,
- 19:07je peux m'approprier des protocoles.
- 19:10Et puis,
- 19:11ce que je n'ai peut-être pas dit aussi,
- 19:13c'est que…
- 19:14Du coup,
- 19:15j'avais cette activité de recherche,
- 19:17mais en parallèle,
- 19:18j'ai une activité de transmission,
- 19:19une activité pédagogique qui s'est mise en place.
- 19:22J'ai une première demande de l'ENSI et des arts décoratifs par le biais d'Aurélie Mossé sur...
- 19:34de nouveaux modèles de recherche,
- 19:39de rencontres entre des savoir-faire traditionnels et des recherches en biologie.
- 19:45Donc j'avais commencé à animer des workshops à l'NCD autour de ça.
- 19:50J'en ai fait un aussi avec
- 19:52Aurélie aux arts décoratifs,
- 19:54qui s'appelait Nouveaux savoir-faire.
- 19:58Et puis après,
- 20:00ça a un petit peu basculé parce qu'en fait,
- 20:02c'est des formats courts sur une semaine.
- 20:05Et quand on travaille sur ces procédés,
- 20:08on est souvent confronté à des matières en culture qui demandent un temps,
- 20:14des procédés de croissance.
- 20:17Et pour ça,
- 20:19des formats studio sur un semestre sont parfois plus adaptés.
- 20:22Et donc après,
- 20:23à l'ENSI,
- 20:24j'ai proposé un studio expérimental qui s'appelait Matières à cultiver,
- 20:29où là,
- 20:30les étudiants avaient vraiment le temps de s'emparer.
- 20:34d'un protocole entouré bien sûr d'une expérience quantique à chaque fois,
- 20:38mais de pouvoir aussi observer les temps de croissance et voir en quoi ça pouvait déterminer une preuve de concept intéressante ou non,
- 20:48ou la réorienter en fonction.
- 20:51Et donc à l'ENSI,
- 20:51sur les formats workshop,
- 20:53le département textile m'a demandé de...
- 20:56revoir les choses.
- 20:58J'avais discuté avec plusieurs personnes,
- 21:02mais Dominique Cardon,
- 21:04sur la valorisation de déchets organiques,
- 21:07je me souviens qu'il y avait une matinale en 2018 super intéressante,
- 21:13où
- 21:14Dominique Cardon présentait une partie de sa recherche,
- 21:16mais qu'en parallèle,
- 21:17on avait Pili Bio,
- 21:18justement,
- 21:18qui était présent ce jour-là et qui présentait aussi la recherche.
- 21:21Donc là,
- 21:21c'était vraiment les confrères.
- 21:24Oui,
- 21:24il faudrait que vous retourniez sur cette matinale,
- 21:27elle est vraiment super.
- 21:29À l'ENSI,
- 21:30on demande,
- 21:31en tout cas,
- 21:31on incite les étudiants.
- 21:34à porter une recherche et la mettre en perspective dans le secteur industriel.
- 21:42Moi,
- 21:42ce n'est pas du tout mon secteur de prédilection.
- 21:44J'ai toujours travaillé dans l'artisanat,
- 21:46voire l'artisanat d'art.
- 21:48Mais en tout cas,
- 21:48je dois leur donner des clés pour ça et je dois les inciter à mettre ces recherches en perspective pour l'industrie.
- 21:57on m'avait demandé d'animer un atelier en teinture végétale et je leur avais dit non mais moi la teinture végétale,
- 22:02il y a d'autres experts qui peuvent faire ça.
- 22:04En revanche,
- 22:05ce que je trouverais intéressant,
- 22:07c'est de travailler de manière frugale sur la valorisation de déchets organiques et du coup à partir de ces premières recherches,
- 22:16commencer à mettre en place encore une fois des hypothèses de concepts pour l'industrie.
- 22:22Donc en fait c'est un...
- 22:25un workshop qui commençait par un banquet.
- 22:29Je trouvais qu'on n'avait plus jamais besoin de se retrouver après toute cette période Covid.
- 22:36Je voulais fédérer autour du banquet,
- 22:38donc un banquet initial où on partageait,
- 22:42il y avait quand même évidemment des ressources choisies,
- 22:47des ressources qui avaient un potentiel colorant.
- 22:50L'idée,
- 22:51c'était d'emmener ensuite les étudiants sur une...
- 22:55demi-journée à faire des récoltes sur le territoire parisien,
- 23:00enfin vraiment en ville,
- 23:01et donc faire surtout les fins de marché,
- 23:06et aller à la réserve des arts pour récupérer aussi des tissus naturels de seconde main.
- 23:15et en gros,
- 23:16coloriser nos poubelles à travers des premières gammes textiles colorées.
- 23:22Donc ça va très très vite,
- 23:23c'est une semaine super intense,
- 23:25et en fait c'est un format qui a été beaucoup apprécié,
- 23:28et depuis,
- 23:29je le refais tous les ans,
- 23:32je trouve que c'est un workshop qui est très inspirant,
- 23:35c'est aussi une première incursion dans le milieu de la couleur organique,
- 23:39qui est très accessible pour tout le monde.
- 23:42donc j'ai une première journée d'incubation avec beaucoup d'entrées en théorie,
- 23:51où je leur donne quand même beaucoup de clés théoriques sur les transformations des ressources,
- 23:57mais aussi sur des lieux ressources pour après aller se former plus précisément,
- 24:04et c'est vrai que ça plaît beaucoup parce que...
- 24:10de proximité de toute façon,
- 24:11de la même manière qu'on va prendre de plus en plus attention à ce qu'on mange,
- 24:17et on le voit bien avec le bio qui est arrivé dans nos assiettes,
- 24:22maintenant c'est complètement établi.
- 24:25en 15 ans,
- 24:26je pense.
- 24:27Il y a eu quand même un bouleversement dans nos assiettes.
- 24:31Je pense que de la même manière,
- 24:33on va glisser ces questions-là autour du vêtement et de la manière...
- 24:38J'aimerais.
- 24:39J'aimerais tellement.
- 24:41Et du coup,
- 24:42dans les biodéchets que vous utilisiez,
- 24:43il y avait style peau d'avocat,
- 24:46peau de grenade,
- 24:47oignon...
- 24:48Oui,
- 24:48c'est ça.
- 24:49Oui,
- 24:49voilà,
- 24:50enfin,
- 24:51ceux qu'on peut trouver en tout cas sur les marchés en saison au mois de février.
- 24:57Intéressant.
- 24:57En saison au mois de février,
- 24:59donc ce n'est pas forcément le moment le plus adapté,
- 25:03mais voilà.
- 25:04Et donc,
- 25:04ils expérimentent.
- 25:07Chaque année,
- 25:08je mets l'accent sur un procédé.
- 25:10Donc,
- 25:11la première année,
- 25:11c'était vraiment que teinture.
- 25:12Après,
- 25:13on a fait impression.
- 25:16impression de mordant et révélation et puis des fois je mélange un peu je leur donne ce qu'ils ont envie de tout faire mais on ne peut pas tout faire en une semaine donc souvent un groupe en une ressource et
- 25:33pour compléter un peu l'avant dernier jour je ramène des extraits végétaux et ils ont le droit de compléter la gamme avec un peu de couleur végétale je monte quand même une cuve d'indigo en début de semaine parce que je
- 25:44Je trouve que c'est toujours magique et pour ceux qui n'en ont jamais fait,
- 25:48c'est quand même génial de pouvoir…
- 25:50toucher à l'indigo.
- 25:51Moi,
- 25:51en tout cas,
- 25:54c'est la couleur que je préfère.
- 25:56C'est ce que je préfère.
- 25:58Non,
- 25:58mais c'est dingue.
- 25:59Comme elle est magnétique,
- 25:59cette couleur,
- 26:00il y a plein de gens qui sont en amour de l'indigo.
- 26:03C'est incroyable.
- 26:04Et c'est toujours la même approche dans la manière de le dire en disant,
- 26:08je ne sais pas pourquoi,
- 26:09mais l'indigo,
- 26:10c'est marrant d'entendre ça.
- 26:12Je crois que je...
- 26:12Enfin,
- 26:13si,
- 26:13moi,
- 26:13je sais que c'est le changement de couleur,
- 26:16la révélation.
- 26:18Tout se fait dans la révélation.
- 26:19J'adore ce moment où...
- 26:23J'adore cette couleur.
- 26:26Quand on commence à sortir le tissu et qu'il verdit,
- 26:30verdit-bleuille,
- 26:31ça,
- 26:32c'est un peu la couleur que j'aimerais toujours garder et qui tourne après un bleu magnifique.
- 26:38Mais je crois que c'est ce moment que je préfère à chaque fois.
- 26:42Et oui,
- 26:43oui,
- 26:43c'est le procédé chimique que j'adore.
- 26:48et toute la transformation c'est vraiment fascinant l'indigo moi loin de j'en parlerai peut-être après parce qu'au Japon j'ai eu l'occasion de le découvrir aussi autrement mais
- 27:03voilà dans l'approche j'ai la recette simplifiée de Michel qui fonctionne super bien et souvent les étudiants ne le prennent pas vraiment compte,
- 27:13je leur en parle dès le début de semaine mais en fin de semaine
- 27:17tout le monde veut faire de l'indigo et c'est incroyable parce que en épluchant votre site votre compte insta etc j'ai vu des oeuvres avec je supposais que c'était de la couleur végétale mais je savais pas que vous aviez fait tout ça,
- 27:33que vous en aviez fait autant que vous aviez rencontré toutes les personnes ressources que vous vous aidiez et je suis agréablement surpris,
- 27:39je trouve ça top et je l'avais pas forcément perçu après j'en parle pas trop non plus
- 27:46peut-être que je ne communique pas trop là-dessus toute l'activité de transmission je vais faire de temps en temps une communication plutôt sur LinkedIn parce que je veux bien montrer ce que feront les étudiants là cette année je n'ai pas eu le temps de le faire encore mais chaque année quand même je fais un petit post en story j'ai une une workshop parce que ça c'est
- 28:09hyper important,
- 28:10ça a été hyper important à un moment dans mon activité il se trouve que voilà j'allais venir peut-être à ça
- 28:17Il y a une deuxième activité qui est une activité de création que j'ai entamée en 2021 et qui finalement a basculé et a pris vraiment beaucoup de place aujourd'hui.
- 28:30Elle a commencé en 2021 avec d'ailleurs une lauréate de l'académie qui était aussi dans mon groupe de travail avec Juliette,
- 28:38c'est Clémentine Brandybasse qui est artiste brodeuse.
- 28:43et ce que j'ai peut-être pas précisé aussi dans mon parcours c'est que à l'issue du co vide j'ai intégré l'incubateur des ateliers de paris qui est un endroit
- 28:56Vraiment génial,
- 28:56un service de la ville qui propose à...
- 29:00Maintenant,
- 29:00ça ne s'appelle plus les Ateliers de Paris,
- 29:02ça s'appelle le Bureau de la Mode,
- 29:05des Métiers d'Art et du Design.
- 29:07Et donc,
- 29:08il propose à des créateurs de ces trois secteurs d'activité d'intégrer l'incubateur pendant deux ans en les accompagnant sur le...
- 29:20le modèle économique de leur entreprise.
- 29:23Et il se trouve que moi,
- 29:24quand je suis arrivé aux ateliers de Paris,
- 29:25c'était un petit peu spécial parce que je n'avais pas de modèle productif.
- 29:28Je faisais surtout de la recherche et de l'enseignement.
- 29:32Et je les remercie beaucoup parce qu'ils ont été vraiment super…
- 29:38super aidant à l'époque.
- 29:40C'était Françoise Sainz,
- 29:41la dernière année où Françoise était là,
- 29:44et Lauriane Duriez,
- 29:46qui a pris le relais à la direction.
- 29:49Mathilde Noni,
- 29:50qui a été une personne clé que j'ai rencontrée par l'intermédiaire de quelqu'un qui est aussi très important dans mon parcours,
- 29:58c'est Aurélia Gualdo.
- 29:59Là,
- 30:00je vous donne plein de noms,
- 30:01mais en fait,
- 30:03elle est anthropologue.
- 30:04C'est une activiste dans les mouvements de mode éthique.
- 30:10C'est quelqu'un de fabuleux et c'est elle qui m'a fait connaître les ateliers de Paris.
- 30:13C'est elle qui m'a aussi beaucoup aiguillé pour m'y présenter et qui m'a fait rencontrer Mathilde Noni.
- 30:23Je pense que ça arrivait à un moment de bascule aussi pour tout le monde,
- 30:26ce Covid,
- 30:27où peut-être qu'ils ont un peu réorienté les choses.
- 30:30En tout cas,
- 30:30je suis rentré dans cet incubateur,
- 30:32ça a été hyper bénéfique pour moi.
- 30:35J'avais quand même ces 7 ans déjà de...
- 30:39d'expérience dans l'atelier Tsurigeta.
- 30:41Donc,
- 30:41je savais aussi comment fonctionnait une petite entreprise.
- 30:48Ce qui me ralentissait sur un modèle productif,
- 30:50c'est que je ne voulais pas produire pour rien,
- 30:54pas n'importe comment.
- 30:56Et je ne voulais que ça se fasse que par association,
- 31:00donc toujours dans cette logique symbiotique.
- 31:02Je voulais aussi m'associer et collaborer avec des artisans d'art.
- 31:05Donc j'y viens,
- 31:08je me suis associé pour le tout premier projet qui m'a été proposé par les Ateliers de Paris,
- 31:13qui s'appelait le Paris des talents.
- 31:2016 créateurs étaient invités à revisiter la trame d'un plan de Paris par leur savoir-faire.
- 31:26Il se trouve qu'à l'époque,
- 31:27je travaillais pas mal les bioplastiques marbrés de chlorophylle.
- 31:34Et donc j'étais aussi en contact avec Greening.
- 31:43J'avais fait des essais de peinture sur soi qui fonctionnaient pas mal et d'impression.
- 31:49Et j'ai proposé donc à Clémentine Brandybass de venir broder ces matières.
- 31:55Donc on s'est mis ensemble sur une direction artistique.
- 32:01Et on...
- 32:02On a travaillé sur ce projet,
- 32:04j'étais vraiment super heureux de la retrouver sur ce premier projet,
- 32:10qui a été un peu le lancement de mon activité de création.
- 32:16Je ne l'avais peut-être pas précisé,
- 32:18mais la première fois où je suis allé chez Couleur Garance à l'ORIS,
- 32:23j'avais rencontré Aromi qui m'avait présenté ses plissages de soie colorée de végétaux.
- 32:30Je connaissais bien le plissage sur matière synthétique.
- 32:36J'avais en tête aussi certains plissages de la maison Fortuny sur des matières naturelles,
- 32:42mais je savais que ça ne tenait pas vraiment.
- 32:44dans le temps.
- 32:48Et j'ai beaucoup aimé aussi la matière qu'Arumi utilisait,
- 32:52qui est un organza de soie assez transparent.
- 32:56Ce que je trouvais intéressant dans son approche,
- 32:59c'est qu'elle l'appliquait sous forme d'encre.
- 33:02Et dans le procédé,
- 33:04du coup,
- 33:04on utilise aussi beaucoup moins d'eau.
- 33:07Je trouvais le procédé intelligent,
- 33:11intéressant.
- 33:12Donc elle,
- 33:13elle avait à ce moment-là pas mal d'échantillons.
- 33:16Moi,
- 33:17j'avais vu beaucoup d'échantillons très géométriques.
- 33:19Je pense qu'à Rumi,
- 33:20elle était passée de l'origami.
- 33:23Au départ,
- 33:23elle faisait des bijoux en origami et elle est arrivée au plissage occidental,
- 33:28entre guillemets,
- 33:29plissage au carton,
- 33:31toujours dans des formes très géométriques.
- 33:34Et je pense qu'elle cherchait aussi des designers pour travailler avec elle,
- 33:40l'orienter peut-être dans une direction artistique.
- 33:44Moi,
- 33:44j'ai eu envie en tout cas de ramener beaucoup de courbes dans tout ça.
- 33:49Et on s'est retrouvés un premier été tous les deux.
- 33:51On a commencé à faire des recherches ensemble.
- 33:55Et il y avait des échantillons qui fonctionnaient super bien.
- 34:01On a travaillé dans un premier temps avec des couleurs que je n'avais pas trop explorées moi de mon côté,
- 34:06mais des bois de campêche,
- 34:08bois de sapin magnifiques.
- 34:11Et...
- 34:13A l'issue de ce premier été de recherche,
- 34:19j'étais toujours aux ateliers de Paris,
- 34:25j'ai passé un concours de la Fondation
- 34:29Banque Populaire,
- 34:31une bourse artisanat d'art qui m'a permis d'avoir un peu de fonds pour réaliser des premiers prototypes.
- 34:40et du coup j'ai créé des pièces à partir de ces plissés végétaux et ça a été les premiers prototypes d'une collection assez longue depuis sur votre site ?
- 34:51voilà,
- 34:52que j'ai appelée Undula qui reprend tous ces mouvements à queue on a des sensations,
- 35:00des passages de couleurs ce qui m'intéressait c'était que ces tableaux soient la rencontre entre au moins deux couleurs
- 35:09toujours dans cette logique symbiotique.
- 35:13Et donc on a pu présenter grâce aux ateliers de Paris ces premiers photos pour le salon Révélation en 2022.
- 35:25Et ça a été une grande bascule ensuite,
- 35:28puisque la Maison est venue nous voir à la fin,
- 35:33juste avant qu'on remballe la fin du salon.
- 35:37C'était assez génial comme rencontre,
- 35:39ils avaient beaucoup aimé notre proposition.
- 35:44qui entrait en résonance avec une collection qui avait été créée,
- 35:49je le découvrais,
- 35:51c'est vrai que ça résonnait beaucoup avec une collection pour hommes qui avait été créée un an plus tôt,
- 35:57et ils nous ont demandé si on avait les moyens de travailler en...
- 36:01en plus grand format.
- 36:05Et donc là,
- 36:05j'ai repris la casquette vraiment design installation telle que je l'avais entrepris quand j'étais chez Tsurigeta.
- 36:14Donc ça,
- 36:16on est rentré dans de la production à plus grande échelle.
- 36:20Et là,
- 36:20c'était vraiment génial.
- 36:21J'ai aussi beaucoup aimé qu'une maison de luxe.
- 36:26réintègrent le végétal dans des pièces,
- 36:30alors là c'est des œuvres d'art,
- 36:32ils achètent comme des œuvres d'art dans leur magasin.
- 36:37Et donc moi je leur ai proposé,
- 36:39j'ai fait un travail conceptuel avec eux au départ.
- 36:56Et j'ai imaginé qu'on pourrait créer ces séries de tableaux comme des promenades de l'aube au crépuscule.
- 37:06Ce n'était que des variations,
- 37:08des sensations comme ça,
- 37:10colorées,
- 37:10réalisées avec les végétaux.
- 37:13Et je suis ravi parce que c'est une très belle collaboration qu'on développe avec cette maison.
- 37:19ça nous a permis aussi d'explorer des associations colorées qu'on n'avait pas pu encore faire et voilà,
- 37:25donc ça c'est cette activité de création qui m'occupe beaucoup depuis deux ans avec
- 37:30Harumi et alors du coup,
- 37:32donc Harumi de couleur garance que j'ai eu pour parler des voyages au Japon,
- 37:39etc sur une autre activité qu'elle a et donc du coup là,
- 37:41avec la maison c'est des objets d'art du coup c'est pas du vêtement,
- 37:47on est d'accord
- 37:48Non,
- 37:48non,
- 37:48non.
- 37:49Les tableaux qu'on voit sur votre site ?
- 37:51Oui.
- 37:51D'accord.
- 37:51Moi,
- 37:51ça a été un vrai choix.
- 37:53Dès que je suis...
- 37:55Pour le coup,
- 37:55j'ai vraiment travaillé plutôt dans la haute couture,
- 37:58un petit peu dans le prêt-à-porter,
- 38:00mais le calendrier de ces maisons sur la haute couture et le prêt-à-porter ne me convenait pas.
- 38:06Il ne convient pas avec ce temps du végétal.
- 38:09Il ne convient pas avec ces manières de travailler.
- 38:12Alors,
- 38:13je pense qu'il pourrait convenir parce qu'il y a quand même...
- 38:15plein d'outils maintenant aujourd'hui qui se sont mis en place mais en tout cas moi je viens du design objet et espace aussi,
- 38:27j'avais fait espace à Orléans et mon envie et c'est ce que je développe avec l'atelier sous Biosis,
- 38:33c'est de transposer des savoir-faire de haute couture à l'échelle architecturale
- 38:39Donc c'est plutôt comme ça que je vois les choses et je ne suis pas dans la création de bêtements.
- 38:45Il y a plusieurs créateurs de mode qui m'ont demandé d'ailleurs de travailler sur des tissus.
- 38:50Alors en haute couture,
- 38:51ça pourrait marcher,
- 38:54mais en prêt-à-porter,
- 38:56pour le moment,
- 38:56en tout cas,
- 38:57ce n'est pas du tout un chemin que je souhaite prendre.
- 39:00C'est d'autres processus qui sont hyper intéressants,
- 39:04mais qui ne sont pas les miens.
- 39:06Alors,
- 39:06je fais juste une parenthèse,
- 39:07Tony,
- 39:08parce qu'on avait reçu à l'époque Chantal Guillon,
- 39:10qui avait travaillé dans plusieurs maisons de luxe,
- 39:13et je lui avais demandé son retour par rapport à est-ce que pour elle,
- 39:17la teinture végétale pourrait revenir sur les devants,
- 39:21on va dire,
- 39:22grâce aux maisons de luxe ?
- 39:24Juste,
- 39:24j'aimerais bien avoir votre point de vue là-dessus.
- 39:27Qu'est-ce qui pourrait faire qu'elles y aillent ?
- 39:29Et quels sont ces fameux process qui pourraient faciliter ?
- 39:34le retour du végétal dans la mode de luxe.
- 39:38Alors,
- 39:38pour les maisons en tant que telles,
- 39:39l'enjeu,
- 39:40mais comme pour n'importe quelle entreprise au départ,
- 39:42il est économique.
- 39:44S'il y a un enjeu économique,
- 39:47par glissement,
- 39:48il deviendra écologique.
- 39:50Mais l'enjeu de départ quand même pour ces maisons,
- 39:52il ne faut pas l'oublier,
- 39:53c'est économique.
- 39:55En tout cas,
- 39:56c'est mon avis.
- 39:57Il y a de très beaux projets,
- 40:01et ça,
- 40:01c'est plus une approche...
- 40:05que j'ai par l'éco-conception en design plus précisément,
- 40:09qui me laisse penser ça.
- 40:11Un modèle de symbiose industrielle que je trouve fabuleux,
- 40:15qui date des années 70 et dont on pourrait vraiment s'inspirer aujourd'hui,
- 40:20c'est le modèle de Kellenburg aux Pays-Bas,
- 40:24où dans un pôle...
- 40:28Un pôle industriel,
- 40:30la proximité de certaines entreprises fait que les déchets d'une entreprise peuvent devenir la matière première de l'autre.
- 40:37Ça c'est un exemple de symbiose industrielle,
- 40:39quelque chose d'intelligent.
- 40:44qui existe depuis longtemps,
- 40:46mais qui demande plusieurs paramètres pour pouvoir se mettre en place.
- 40:52En tout cas,
- 40:52l'enjeu de départ n'était pas écologique pour Kallenbourg,
- 40:55c'était économique.
- 40:57Et je pense que c'est la même chose déjà pour ces grandes maisons.
- 41:01Alors,
- 41:02elles ont quand même un travail en R&D depuis très longtemps sur ces questions,
- 41:06toutes à plein d'endroits.
- 41:08Ça,
- 41:09je suis bien informé là-dessus,
- 41:10je suis certain qu'il y a beaucoup de choses qui se font depuis longtemps et elles ont certaines réponses.
- 41:18Après,
- 41:18d'un point de vue marketing,
- 41:20pour que ça puisse marcher,
- 41:22c'est souvent une histoire de communication.
- 41:24Enfin,
- 41:25je pense qu'il y a une histoire qui doit s'activer par la com,
- 41:30je crois.
- 41:31donc ça veut dire qu'elles s'y intéressent ça on en avait eu plusieurs échos donc plusieurs maisons il y a un intérêt il y a vraiment un travail en R&D qui est mené par je suis persuadé par toutes les maisons elles sont obligées d'ailleurs je
- 41:46suis hyper intéressée par la partie le déchet d'une entreprise devient la ressource d'une autre parce que je travaille une quinzaine sur justement les autres ressources qui ne sont pas cultivées
- 42:00mais qui seraient disponibles,
- 42:02donc soit végétales,
- 42:03champignons,
- 42:04les algues,
- 42:05ou des déchets industriels,
- 42:06parce que moi je viens de la grande distri à la base,
- 42:08je travaille dans l'agroalimentaire,
- 42:09et en fait il y a plein de ponts,
- 42:11je me dis non mais attendez,
- 42:12là il y a de quoi faire,
- 42:13donc ça,
- 42:13ça m'intéresse beaucoup,
- 42:15mais du coup j'ai du mal à comprendre,
- 42:16il faudrait trouver des ressources végétales qui pourraient donner de la couleur,
- 42:21et qui seraient économiques par le fait qu'elles soient présentes,
- 42:24disponibles,
- 42:24et du coup pas chères,
- 42:25c'est ça en gros,
- 42:26qui ferait que la...
- 42:28Je pense que c'est ça.
- 42:29Et d'ailleurs,
- 42:29ce n'est pas que des ressources végétales,
- 42:31c'est des ressources organiques,
- 42:32je dirais.
- 42:33D'accord.
- 42:34Je ne suis pas expert dans ce domaine,
- 42:37mais ce que j'ai retenu,
- 42:39en tout cas,
- 42:39de ce principe,
- 42:40par exemple,
- 42:41de symbiose industrielle,
- 42:43c'est qu'il y a un point à ne pas mettre de l'autre côté,
- 42:46c'est la proximité des entreprises pour que ce transfert de ressources puisse avoir lieu dans les mêmes conditions.
- 42:53Là,
- 42:53je crois que sur le modèle,
- 42:55je ne l'ai pas étudié.
- 42:58dans le détail,
- 42:58mais sur ce modèle de Callenbo,
- 43:00ce qui s'est passé,
- 43:01c'est que c'est la ville,
- 43:02c'est la mairie de la ville qui,
- 43:04à un moment,
- 43:05a rassemblé les entrepreneurs et a décidé de travailler en bonne intelligence et où chacun s'est dit,
- 43:13Oui,
- 43:13évidemment,
- 43:15on gagnerait tous à travailler comme ça.
- 43:18je pense au départ d'un point de vue financier,
- 43:20et évidemment,
- 43:24par glissement,
- 43:25ça pouvait être vertueux d'un point de vue écologique.
- 43:29Après,
- 43:30sur...
- 43:31Je ne sais pas,
- 43:32vous,
- 43:32c'est plusieurs filières,
- 43:33c'est ça,
- 43:35du déchet que vous pouvez...
- 43:37Non,
- 43:37en fait,
- 43:39je me dis,
- 43:39il y a plein de...
- 43:40Donc,
- 43:40on a parlé des biodéchets tous les deux avec les restes alimentaires,
- 43:44mais il y en a plein d'autres ressources.
- 43:47Il y a les ressources de l'agriculture,
- 43:49les coproduits agricoles,
- 43:51il y a les déchets de l'industrie agroalimentaire.
- 43:54Il y a aussi des choses surprenantes que je...
- 43:56Non,
- 43:56mais ça,
- 43:57c'est des sujets brûlants.
- 43:58Par exemple,
- 44:00à l'ENSI Les Ateliers,
- 44:01en création industrielle,
- 44:03tous les coproduits à valoriser,
- 44:05je ne sais pas combien de diplômes.
- 44:08Je vous invite vraiment à aller voir.
- 44:10Ce serait chouette de mettre en relation,
- 44:11parce que je suis en train de bosser là-dessus ardemment.
- 44:14Oui,
- 44:15la question écologique,
- 44:16de toute façon,
- 44:16est au cœur de leur démarche.
- 44:18Ce n'est pas forcément le projet en tant que tel,
- 44:21mais ça intervient de toute façon aujourd'hui de manière nécessaire.
- 44:25il y a eu énormément de projets autour de la valorisation de coproducts ça il y en a plein moi c'est vrai que j'en ai pas parlé mais celui qui m'anime le plus c'est la recherche que je fais avec la Sorbonne depuis
- 44:39deux ans maintenant,
- 44:40avec une chercheuse au CNRS qui s'appelle Marie-Albéric,
- 44:44et qui m'a proposé en
- 44:472022, du coup,
- 44:50peut-être un petit peu avant,
- 44:52de travailler sur un procédé d'extraction pigmentaire des épines d'oursin.
- 44:59Oh,
- 45:00incroyable !
- 45:01Voilà,
- 45:01donc ça,
- 45:01c'est un projet que elle,
- 45:03alors elle a fait une thèse dessus.
- 45:05Marie a commencé à travailler dessus et il se trouve qu'elle était en lien avec un ingénieur biomatériau que j'avais rencontré à la Payasse,
- 45:14Christophe Tarabou,
- 45:15donc il nous avait mis en contact.
- 45:19Vous parliez de l'étranger tout à l'heure,
- 45:22c'est question peut-être de la biofabrication au sens large,
- 45:26en tout cas d'un point de vue de la couleur.
- 45:28Nous,
- 45:29en France,
- 45:30on a beaucoup de retard,
- 45:31par exemple,
- 45:31par rapport à l'Angleterre,
- 45:33d'un point de vue pédagogique,
- 45:35à la centrale Sainte-Martine.
- 45:37Telle qui a vraiment donné l'input,
- 45:40je dirais que c'est Carole Collet.
- 45:41Alors,
- 45:42biofabrication,
- 45:43mais elle,
- 45:43en plus,
- 45:44c'est plutôt biologie de synthèse au départ.
- 45:47Avec une de ses étudiantes,
- 45:51Audrey Natsa-Echesia,
- 45:53elles ont fait connaître la biologie synthétique appliquée au textile en Angleterre,
- 46:00en Europe,
- 46:00mais je dirais presque dans le monde entier.
- 46:02Parce qu'elles ont fait des premiers projets qui ont été un véritable bouleversement.
- 46:07Il y avait une super expo à EDF qui s'appelait Alive,
- 46:11où elles présentaient plein de projets autour de la biofab.
- 46:14Je dirais qu'elle s'est faite connaître au départ.
- 46:16Pour ce projet,
- 46:18où elle proposait,
- 46:20et je crois qu'elle s'était faite accompagner d'un prix Nobel pour ce projet,
- 46:25elle proposait de changer la séquence ADN d'une plante.
- 46:29En l'occurrence,
- 46:30elle partait dans un scénario prospectif,
- 46:34où les plantes devraient devenir des usines multifonctionnelles d'ici quelques années pour les humains.
- 46:45J'espère que je vous ai aidé.
- 46:46Je ne bafoue pas trop son projet,
- 46:48que j'en parle bien,
- 46:49mais en tout cas,
- 46:51dans ma tête,
- 46:51c'était un fraisier qui,
- 46:55modifié,
- 46:56contenait beaucoup plus de nutriments.
- 46:59et dont le système racinaire formait des points de dentelle.
- 47:05C'est un projet,
- 47:06je crois,
- 47:06qui s'appelle BioLace,
- 47:10et qui,
- 47:11dans sa dimension éthique,
- 47:13scientifique,
- 47:15poétique,
- 47:16posait plein de questions,
- 47:18et je crois que ça a été un grand bouleversement dans le champ de la biofabrication.
- 47:22L'une de ses élèves,
- 47:23Audrey Natsachesia,
- 47:25a beaucoup travaillé avec cette bactérie colorante,
- 47:30l'Agentinolividum.
- 47:32Bacterium que
- 47:35PiliBio a utilisé à ce qu'il est à grande échelle.
- 47:42PiliBio c'est vraiment génial ce qu'ils ont fait.
- 47:44C'est la vision industrielle du projet qu'ils ont eu dès le départ et pas pour rien.
- 47:50C'est né aussi à l'ENSI avec Marie-Sara Adoni qui a un double cursus en biologie à l'ENS et en design.
- 48:03Et je crois qu'il y avait un partenariat qui était fait avec
- 48:06BIC, les stylos BIC,
- 48:08et elle avait imaginé que l'encre des stylos BIC pourrait être remplacée par la production de cette bactérie.
- 48:19Le projet a pris pas mal d'ampleur ensuite à La Payasse,
- 48:24qui avait été cofondé par Thomas Landrin.
- 48:27Et donc Jérémy Blach,
- 48:29président de Pili,
- 48:30a rejoint aussi le projet.
- 48:32Aujourd'hui,
- 48:32Pili,
- 48:33c'est une équipe,
- 48:34je crois qu'ils sont 20 personnes,
- 48:3620 chercheurs à Toulouse.
- 48:38L'objectif,
- 48:39c'est de mettre en place une unité de production dans la région lyonnaise et de démocratiser aussi cet accès à...
- 48:49la couleur par fermentation bactérienne,
- 48:54qui est vraiment incroyable dans le procédé,
- 48:58et démocratisé,
- 48:59puisque je crois que l'objectif qu'ils ont,
- 49:01c'est de teindre des vêtements,
- 49:03mais à un prix accessible.
- 49:04C'est ça,
- 49:05vraiment,
- 49:05tout l'enjeu.
- 49:06Et c'est pour ça que ça prend aussi autant de temps.
- 49:11Et je les trouve vraiment inspirants.
- 49:15inspirants,
- 49:16exemplaires,
- 49:16mais parce qu'ils sont aussi hyper intègres.
- 49:19Ils ont une vision depuis le départ,
- 49:22je pense qu'ils ont reçu beaucoup de pression,
- 49:26de plein de lobbies,
- 49:28sans doute,
- 49:30sur la teinture synthétique,
- 49:32mais aussi sur plein de gens qui voulaient certainement s'emparer de ce type de recherche.
- 49:39peut-être pas les porter de la meilleure manière qu'ils soient.
- 49:43Et voilà,
- 49:44moi,
- 49:44en tout cas,
- 49:46c'est un modèle,
- 49:47et j'en parle beaucoup.
- 49:49Je vais les relancer.
- 49:50Oui,
- 49:50j'aimerais bien les avoir.
- 49:51Et je rebondis sur ce que vous dites quand vous dites qu'on est un peu hors tard,
- 49:55côté français,
- 49:56sur cette histoire de valorisation,
- 50:00que ce soit des biodéchets,
- 50:02des coproduits,
- 50:04des invasives,
- 50:05ou autres.
- 50:07j'avoue que je vois un petit peu,
- 50:09je suis contactée un peu par le Canada,
- 50:11l'Angleterre,
- 50:12et je me dis,
- 50:12c'est vrai qu'en fait,
- 50:13on a tout ce qu'il faut chez nous,
- 50:15mais soit,
- 50:16alors,
- 50:16il y a peut-être ça aussi,
- 50:17soit on n'en parle pas.
- 50:19soit les gens qui travaillent là-dessus,
- 50:20ils ne sont pas assez mis en lumière.
- 50:21Plus on parle,
- 50:23et plus j'ai des noms,
- 50:25et du coup,
- 50:25je peux essayer d'en parler,
- 50:28mais je trouve qu'on en parle peu alors qu'on a tout.
- 50:31On a beaucoup de gens qui travaillent,
- 50:35de chercheurs,
- 50:36de process,
- 50:38et ce n'est pas assez mis en valeur.
- 50:40Je pense.
- 50:41Ce n'est pas toujours mis en valeur,
- 50:42mais effectivement,
- 50:43peut-être pour d'autres raisons.
- 50:45C'est-à-dire que dans le milieu de la recherche,
- 50:46il y a quand même une culture du secret qui est instaurée à plein d'endroits.
- 50:52Il se trouve que,
- 50:52par exemple,
- 50:53Marie-Albérique,
- 50:54avec qui je travaille maintenant sur les teintures d'oursins,
- 51:00elle mène cette recherche depuis des années.
- 51:03Donc,
- 51:04moi,
- 51:04c'est tout récent.
- 51:08Et je lui...
- 51:09proposé et c'est vrai que ça prenait sens.
- 51:11Donc,
- 51:11elle m'a demandé d'appliquer
- 51:14ces pigments sous forme de colorant en revisitant certaines recettes de teinture végétale.
- 51:22Et j'ai commencé à avancer dans l'étude et l'application de ces molécules colorantes.
- 51:29C'est assez génial.
- 51:31Pendant deux ans,
- 51:33et à l'issue de ces deux ans,
- 51:34j'ai trouvé que ça prenait une autre dimension.
- 51:36Mais ça,
- 51:36c'est plus le côté design.
- 51:41qui a repris le dessus.
- 51:43Je trouvais intéressant que cette recherche se fasse dans les lieux où la ressource se trouve en grande quantité,
- 51:50où elle est parfois invasive,
- 51:53et pas qu'un peu.
- 51:54Et au Japon,
- 51:55ça prenait tout son sens.
- 51:57parce que le Japon,
- 51:59et ça elle le savait très bien,
- 52:01Marie-Alvérique,
- 52:02le Japon est le premier consommateur importateur au monde d'oursins,
- 52:07et il y a à peu près un gisement de matière de 60 000 tonnes à valoriser par an,
- 52:14et donc je lui ai proposé qu'on fasse progresser cette recherche par le biais d'une résidence à la Villa Kojoyama,
- 52:21et ça a été génial parce que je crois que le projet a été vraiment très bien reçu,
- 52:28Déjà au niveau de l'Institut français,
- 52:33la Villa Kujoyama,
- 52:34la directrice de la Villa qui l'a soutenue,
- 52:37et bien sûr la Fondation Métancourt-Schuller qui soutient aussi tout ça,
- 52:40et c'est vraiment un super programme de recherche,
- 52:43la Villa Kujoyama,
- 52:44j'ai eu une chance inouïe de pouvoir aller au Japon cette année,
- 52:47donc j'y suis allé de septembre à décembre.
- 52:50L'objectif,
- 52:50moi,
- 52:51sur place,
- 52:51c'était de tenter de remonter une filière du déchet d'oursin,
- 52:55et de la faire dialoguer avec l'artisanat textile,
- 52:59le...
- 53:00traditionnels sur des techniques de teinture à la réserve en partie,
- 53:06mais aussi d'autres techniques qu'on peut trouver plutôt au sud-ouest du Japon.
- 53:11Il y a beaucoup de savoir-faire et de traditions textiles vers Okinawa,
- 53:17et c'était vraiment passionnant.
- 53:20j'ai eu très peu de temps pour amorcer le projet,
- 53:23enfin,
- 53:23j'ai préparé en amont.
- 53:25On avait identifié certains acteurs pour remonter la filière avec Marie-Alberic,
- 53:31Harumi aussi,
- 53:32parce qu'il faut quand même parler japonais,
- 53:34qui m'a aidé à identifier une entreprise en particulier.
- 53:38Là,
- 53:38on va faire une émission de télé avec elle et Marie-Alberic,
- 53:42et ça,
- 53:43je suis vraiment ravi,
- 53:44parce que c'est une entreprise qui me fournit
- 53:48désormais les épines d'oursins,
- 53:50c'est l'entreprise Ozuka Suisan,
- 53:53qui se trouve complètement à l'ouest,
- 53:55dans la préfecture de Kagoshima.
- 53:58Et en fait,
- 54:00eux ont déjà commencé à breveter aussi ce procédé de teinture.
- 54:07Il se trouve qu'ils s'en sont rendus compte de manière très simple.
- 54:11En fait,
- 54:11c'est des oursins qui étaient conditionnés
- 54:14Et c'est un peu la direction qu'on avait prise parce qu'au départ on cherchait par les marchés de poissons,
- 54:19comment est-ce qu'on allait réussir avec les coopératives de pêcheurs à récupérer ces déchets.
- 54:25C'était vraiment hyper complexe,
- 54:26il y avait plein de normes sanitaires qui nous empêchaient aussi un peu.
- 54:31Et donc les oursins sont très consommés au Japon et parfois en conserve,
- 54:39sous forme de conserve.
- 54:40Donc on est allé sur ce type de conditionnement et c'est comme ça que Harumi a identifié Uzuka Suisan.
- 54:48qui est une entreprise dirigée par une femme,
- 54:51Madame Ozuka,
- 54:53et qui,
- 54:54elle,
- 54:54a fait appel à un chercheur de la région de Kagoshima,
- 55:00de la préfecture de Kagoshima,
- 55:02M.
- 55:02Fujimoto,
- 55:03il y a une dizaine d'années à peu près,
- 55:06pour travailler sur la valorisation de ces squelettes et épines d'oursins.
- 55:13Et donc,
- 55:14elle avait pressenti…
- 55:16le potentiel colorant puisque ses employés avaient les doigts tachés quand ils conditionnaient les...
- 55:22Et justement,
- 55:22j'allais dire,
- 55:23c'est de quelle couleur du coup les épines d'oursin ?
- 55:25Alors là,
- 55:26c'est une espèce d'oursin qu'on appelle le Murasaki uni,
- 55:30qui donne un violet en première couleur et qui peut varier selon les pH,
- 55:38vert du rose ou un bleu très clair quand on va en milieu alcalin.
- 55:49Et donc j'ai eu la chance d'aller rencontrer cette femme qui m'a présenté ce chercheur,
- 55:55Monsieur Fujimoto.
- 55:56Maintenant on a une plateforme.
- 55:59communes d'échange avec Marie-Alberi qu'ils ont pu se rencontrer.
- 56:03Donc,
- 56:03c'était hyper émouvant que ces chercheurs puissent se rencontrer et qu'ils puissent évoluer leurs recherches aussi les uns les autres.
- 56:11Elle,
- 56:11je pense qu'au Japon,
- 56:13elle essaye de faire connaître cette recherche,
- 56:15mais que jusqu'à présent,
- 56:17il n'y avait pas eu énormément d'engouement.
- 56:20Alors,
- 56:21le gouvernement japonais investit
- 56:25à hauteur de 25 000 euros dans cette région par an pour la pêche de ces oursins,
- 56:30parce qu'on ne peut les pêcher qu'à la main.
- 56:32Et pourquoi ?
- 56:33Parce qu'il y a un enjeu vraiment écologique,
- 56:35c'est des destructeurs des fonds marins.
- 56:37En fait,
- 56:37les oursins,
- 56:38ils ont des dents et en fait,
- 56:39ils rongent vraiment tous les fonds.
- 56:43Et ça empêche toute une biodiversité de se développer en côte.
- 56:47Ça empêche une certaine pêche aussi.
- 56:50et donc j'ai pu rencontrer la coopérative de pêcheurs d'Hakune,
- 56:56dans la région de Kagoshima,
- 56:58qui m'a expliqué ça.
- 57:03C'est pas sûr.
- 57:03Mais ça ne veut pas dire que le gouvernement a compris qu'il y avait un levier technique forcément intéressant.
- 57:09Et j'espère que par le biais de la Villa Kujoyama et du type de recherche que j'ai porté,
- 57:15on peut en tout cas amener un certain regard.
- 57:18Alors nous,
- 57:18on avait trouvé de notre côté avec Marie-Albéry que quand même,
- 57:23pareil,
- 57:23il y a presque six ans,
- 57:24je crois...
- 57:25À l'université d'Okayama,
- 57:28ils avaient fait aussi une première recherche sur ces pigments,
- 57:31mais plutôt utilisés dans les colorants alimentaires.
- 57:35Jusqu'à présent,
- 57:36ça n'a pas été vraiment exploré.
- 57:42Et donc,
- 57:43moi,
- 57:44l'objectif,
- 57:44c'est de poursuivre cette recherche.
- 57:48la faire évoluer et travailler même sur cette matière par épuisement.
- 57:53Donc là,
- 57:54il y a une idée couleur d'un côté,
- 57:56mais il subsiste aussi une matière là-dessus et je suis en train de travailler sur un prochain projet,
- 58:02je ne peux pas vraiment encore en parler.
- 58:04Pas de souci.
- 58:07En tout cas,
- 58:07il sera présenté au
- 58:10JAD, le Jardin des métiers d'art et du design,
- 58:12où j'ai mon atelier désormais.
- 58:16Super.
- 58:16En tout cas,
- 58:17Tony,
- 58:17n'hésitez pas,
- 58:18si vous voulez qu'on se refasse un petit épisode actue au moment où ça sort et au moment où vous voulez,
- 58:24même si c'est 10 minutes,
- 58:25mais de tenir informé des avancées de tous.
- 58:28Moi,
- 58:28je trouve ça hyper chouette.
- 58:30Donc,
- 58:30dans tout ce que vous avez raconté,
- 58:31vous avez répondu à pas mal de mes questions.
- 58:33Donc,
- 58:33sans les avoir lues,
- 58:34c'est quand même magnifique.
- 58:35Ce que je voulais savoir avec vous,
- 58:37c'est qu'il y a cette histoire qui m'intrigue de biofabrication.
- 58:41Sur votre site,
- 58:42quand je les ai épluchées,
- 58:43j'ai vu tout ce qui était bio-ennoblissement que vous travaillez avec de l'organique.
- 58:50Et en fait,
- 58:51j'aimerais savoir,
- 58:52quel type,
- 58:53si vous avez le droit de le dire,
- 58:54mais organique,
- 58:55c'est quoi ?
- 58:57On a parlé des bactéries,
- 58:58ça peut être des algues,
- 59:00c'est quoi votre champ d'action ?
- 59:03Oui,
- 59:03c'est vrai que je n'ai peut-être pas précisé toutes ces ressources que j'ai investies dès 2016.
- 59:10Donc,
- 59:11évidemment,
- 59:11les algues,
- 59:12ça a été les premières.
- 59:14J'ai travaillé sur un projet en partenariat avec la Manufacture des Gobelins et plus précisément l'atelier de teinture de la Manufacture des Gobelins.
- 59:22À l'époque,
- 59:23il était encore dirigé par Francis Tribier et il y a eu une passation qui s'est opérée à ce moment-là avec la…
- 59:30la nouvelle responsable de l'atelier Sylvie Sicaleschi.
- 59:35Ce qui m'intéressait,
- 59:36c'était de rentrer dans un savoir-faire patrimonial,
- 59:39de comprendre comment on était passé au colorant synthétique dans les années 50.
- 59:46soi-disant pour des questions de solidité,
- 59:49mais on sait bien que c'est pour des impuls économiques aussi.
- 59:52C'est bien de le dire,
- 59:53c'est bien de le rappeler.
- 59:55Voilà,
- 59:55et oui,
- 59:56parce que Sylvie Sicaleschi,
- 59:57elle me le dit,
- 59:59elle a entièrement raison.
- 1:00:02Elle m'a alerté là-dessus dès le début,
- 1:00:04et je trouve qu'elle a vraiment raison.
- 1:00:06On a très peu de recul sur les colorants synthétiques.
- 1:00:09Ces histoires de solidité à la lumière,
- 1:00:10alors ça,
- 1:00:11c'est aussi un truc que j'ai...
- 1:00:15Sur n'importe quelle autre matière,
- 1:00:17ça passe.
- 1:00:19Mais nous,
- 1:00:19ça ne va pas.
- 1:00:20Le tissu,
- 1:00:21il faut qu'un tissu soit immortel.
- 1:00:22Je ne comprends pas.
- 1:00:23En fait,
- 1:00:25les colorants,
- 1:00:26ils passent à la lumière.
- 1:00:28De toute façon,
- 1:00:28il n'y a pas un colorant synthétique.
- 1:00:30Il va passer aussi.
- 1:00:31Alors évidemment,
- 1:00:32si on ne maîtrise pas la couleur végétale,
- 1:00:34ça passe plus vite.
- 1:00:35Mais si on sait bien travailler la couleur végétale,
- 1:00:38je pense qu'à côté d'un colorant synthétique,
- 1:00:42on n'a pas vraiment d'ailleurs de recul.
- 1:00:43Voilà,
- 1:00:43c'est ce que je voulais dire.
- 1:00:44elle me disait aussi Sylvie il y a 400 ans de recul parfois parce que c'est des tapisseries qui ont été par exemple pour les bleus certains indigos tiennent encore très bien au bout de 400 ans j'étais
- 1:01:01avec une mexicaine historienne maya qui me parlait du bleu maya sur les devantures ou sur les masques qui ont des milliers d'années et qui sont là on a reçu Dominique Cardon qui nous parlait de la garance
- 1:01:13sur certaines tenues.
- 1:01:15Donc,
- 1:01:15en fait,
- 1:01:15je suis d'accord avec vous,
- 1:01:16mais je me demande si ces fausses idées reçues,
- 1:01:19elles ne sont pas glissées par des gens qui n'ont pas intérêt à ce que le végétal revienne d'une certaine manière,
- 1:01:25je pense.
- 1:01:25Peut-être.
- 1:01:26En tout cas,
- 1:01:28ça naît de...
- 1:01:32ça n'est de logique industrielle ce principe de devoir faire durer une couleur c'est répondre à des normes dans la mode,
- 1:01:42vous parliez tout à l'heure du pré-tap c'est des normes dans le monde du luxe les normes elles sont hyper strictes
- 1:01:54Alors,
- 1:01:54bien sûr,
- 1:01:55peut-être que sur certains objets de grande valeur,
- 1:01:59il y a quand même une logique de transmission,
- 1:02:01effectivement,
- 1:02:02mais...
- 1:02:03c'est quand même aussi en grande partie culturel.
- 1:02:05Un bois ou un cuir,
- 1:02:08ça se patine,
- 1:02:09et on trouve ça très beau.
- 1:02:11Un textile,
- 1:02:12culturellement,
- 1:02:14ça pose question.
- 1:02:18Et dans d'autres cultures,
- 1:02:19et notamment au Japon,
- 1:02:21c'est tout à fait accepté,
- 1:02:22en fait.
- 1:02:23Il n'y a pas cette question.
- 1:02:25Je pense que c'est quand même culturel.
- 1:02:27Je ne sais pas à quel moment en tout cas ça a changé,
- 1:02:30je pense que des historiens,
- 1:02:31d'autres experts pourraient mieux vous aiguiller là-dessus,
- 1:02:34mais moi en tout cas c'est une question qui m'occupe déjà depuis...
- 1:02:40longtemps,
- 1:02:40puisque mon premier diplôme,
- 1:02:42quand j'étais à l'ESAD d'Orléans,
- 1:02:44je l'avais fait sur les phénomènes d'usure appliqués aux matériaux,
- 1:02:48ça s'appelait d'ailleurs l'usure pour usage,
- 1:02:50et je travaillais sur l'évolution des objets et des phénomènes d'usure qui pouvaient devenir usuels dans l'objet.
- 1:03:03Donc soit en le transformant de manière structurelle,
- 1:03:06soit par la couleur.
- 1:03:08Et...
- 1:03:09Et voilà,
- 1:03:10et là je vois qu'il y a pas mal de choses qui se font là depuis deux ans autour de ça,
- 1:03:14je trouve que c'est très bien.
- 1:03:15En fait c'est un...
- 1:03:18un chemin qui me paraît en tout cas culturellement logique à atteindre pour pouvoir tout simplement peut-être aussi prendre soin différemment de nos objets,
- 1:03:32de nos matières,
- 1:03:33de nos tissus.
- 1:03:37Ça,
- 1:03:37c'est quelque chose qu'on aborde beaucoup avec une tisserande avec qui je travaille,
- 1:03:44j'ai donné en tout cas des cours
- 1:03:48en formation continue à l'IFM,
- 1:03:50l'Institut français de la mode.
- 1:03:52C'est Anne Corbière,
- 1:03:53c'est une personne vraiment super.
- 1:03:55Si vous ouvrez sur la fibre et sur le tissu,
- 1:04:00c'est une experte que j'ai pu rencontrer grâce à la Fondation d'entreprise Hermès et qui d'ailleurs a ouvert la toute première matinale qui était créée pour l'Académie.
- 1:04:12Et
- 1:04:13Anne Corbière,
- 1:04:13elle est tisserande,
- 1:04:14elle a fait d'ailleurs la section textile de l'ENSI qui s'appelait avant la NAT.
- 1:04:19Donc c'est vraiment,
- 1:04:20à l'ENSI,
- 1:04:21ils forment vraiment des techniciens,
- 1:04:24techniciennes,
- 1:04:25c'est souvent,
- 1:04:26c'est encore très genré,
- 1:04:27mais c'est souvent des femmes.
- 1:04:31au tissage,
- 1:04:33au tricot,
- 1:04:33mais il y a vraiment tout ce côté fibre,
- 1:04:39fil,
- 1:04:40tissu,
- 1:04:42qui est très imprégné dans cette section de l'école,
- 1:04:45contrairement aux arts déco où la partie en oblissement est beaucoup plus...
- 1:04:50beaucoup plus large,
- 1:04:51enfin ils ont des moyens en tout cas pour leur noblissement qui ne sont pas donnés.
- 1:04:57Donc là je digresse complètement,
- 1:04:59mais c'était pour dire qu'on fait des algues avec Anne Corbière à l'IFM qui s'appelle Textile Durable ?
- 1:05:07et où on revient aux origines de la matière,
- 1:05:12et elle fait toute la partie fibre,
- 1:05:15fil,
- 1:05:16tissu,
- 1:05:16et moi je fais la partie en noblissement,
- 1:05:18et...
- 1:05:20on revient à ses origines pour travailler dans une logique écologique sur les procédés.
- 1:05:26Et oui,
- 1:05:26on était sur les algues,
- 1:05:27pardon,
- 1:05:28mais j'ai fait ce projet.
- 1:05:33Le tout premier projet que j'ai porté à l'ENSI,
- 1:05:36c'était ce projet qui s'appelait Spirouil.
- 1:05:39Mon objectif était de revisiter le cercle chromatique de Michel-Eugène Chevreul,
- 1:05:44qui a dirigé la manufacture des gobelins en
- 1:05:4619e, qui était le chimiste qui a beaucoup travaillé sur la théorie des couleurs,
- 1:05:53les contrastes simultanés notamment.
- 1:05:56et je m'intéressais à une ressource biologique en particulier,
- 1:06:01qui était une micro-algue à contenance en pigments,
- 1:06:05la spiruline,
- 1:06:07qui contenait du rouge des caroténoïdes,
- 1:06:13du vert de la chlorophylle et du bleu de la phycocyanine.
- 1:06:17Et en dehors de l'indigo,
- 1:06:20je trouve intéressant d'amener une nouvelle ressource colorante en bleu,
- 1:06:25ce bleu qui me fascine beaucoup.
- 1:06:28Et voilà,
- 1:06:29on a commencé à travailler de manière empirique avec
- 1:06:32Sylvie Sicaleschi.
- 1:06:34C'est vrai qu'elle aussi...
- 1:06:37par observation m'a formé à des...
- 1:06:39C'est une vraie teinturière,
- 1:06:41au Gobelin.
- 1:06:42J'ai trouvé aussi génial qu'une institution comme celle des Gobelins m'ouvre ses portes pour ce type de recherche.
- 1:06:53Et un peu par accident,
- 1:06:54on s'est rendu compte que ce bleu allait surtout s'extraire à froid.
- 1:07:03J'ai fait évoluer ce projet ensuite avec un ingénieur du Muséum d'Histoire Naturelle,
- 1:07:11Claudier Prémian,
- 1:07:13qui est aussi quelqu'un de complètement fascinant dans son approche et qui lui m'a initié à un vrai procédé d'extraction de la phycocyanine.
- 1:07:29Cette couleur reste de toute façon éphémère puisqu'elle est photo-thermosensible.
- 1:07:36Donc on a commencé,
- 1:07:38mais ça,
- 1:07:38ça fait trois ans,
- 1:07:40à réfléchir à certains moyens de pouvoir les fixer.
- 1:07:43J'avais d'ailleurs commencé à contacter Michel pour faire évoluer cette recherche.
- 1:07:50Et puis,
- 1:07:51j'ai d'autres projets qui sont arrivés entre-temps,
- 1:07:52donc je compte les reprendre à un moment.
- 1:07:55Comme toutes les recherches de l'atelier Sumbiosis.
- 1:07:59je les mène jusqu'à un certain point et de toute façon la recherche c'est souvent quand on sort de l'école aussi ça je le dis parce que c'est quand même 80% de temps à trouver des financements pour faire la recherche c'est ça,
- 1:08:11c'est ce que j'allais dire voilà et ça elle me tient à coeur cette recherche,
- 1:08:18donc par exemple les micro-algues
- 1:08:20Je me suis intéressé aussi beaucoup à tout ce qui est parasites,
- 1:08:23et notamment les moisissures,
- 1:08:26les micro-champignons.
- 1:08:27Et là,
- 1:08:28je me suis entouré d'une mycologue et microbiologiste,
- 1:08:36Gisèle de Villherbecq,
- 1:08:38avec qui d'ailleurs j'anime aussi un...
- 1:08:41un module à l'ANSI Les Ateliers dans la section
- 1:08:46Nature Inspired Design donc plus destiné à des professionnels qui s'orientent sur la question du biomimétisme par extension du biodesign,
- 1:08:54donc ça c'est un autre format d'études qui est aussi intéressant pour les auditeurs et en fait c'est assez drôle,
- 1:09:02ça s'est fait au cours d'un repas
- 1:09:05avec Gisèle,
- 1:09:05on parlait de manière un peu informelle,
- 1:09:07on était à la paillasse ensemble.
- 1:09:10Et elle me dit que,
- 1:09:12donc elle,
- 1:09:13elle relève,
- 1:09:14elle travaille pour les archives patrimoniales,
- 1:09:17et son objectif,
- 1:09:18c'est plutôt de trouver des traitements antifongiques pour préserver certains papiers et tissus de l'apparition de moisissures.
- 1:09:28Et elle me dit,
- 1:09:28tu sais qu'il y a certains microchampignons qui tâchent de manière définitive
- 1:09:34les tissus et les papiers.
- 1:09:36Et elle fait,
- 1:09:38ça donne des couleurs.
- 1:09:41C'est comme ça que c'est un peu né.
- 1:09:43Là où elle cherchait à trouver ces traitements antifongiques,
- 1:09:45je lui dis,
- 1:09:45mais attends,
- 1:09:46c'est génial,
- 1:09:46il faut que tu me fasses des relevés de ces organismes et qu'on les mette en culture sur certains tissus.
- 1:09:55Et du coup,
- 1:09:55on a mis en place plusieurs protocoles de recherche.
- 1:09:57Et pareil,
- 1:09:58on a dû,
- 1:09:59pour le moment,
- 1:09:59arrêter cette recherche.
- 1:10:02parce que voilà,
- 1:10:04faute de moyens mais l'idée en tout cas et les couleurs qu'on a pu obtenir c'était de pouvoir guider ces organismes sur le tissu à travers le motif et ça j'avais réussi à le faire
- 1:10:18J'ai vu ça sur votre site aussi,
- 1:10:19je ne sais plus si c'est sur le site ou sur Insta mais je l'ai vu,
- 1:10:22il faudrait que je mette des liens dans le descriptif pour envoyer au visuel,
- 1:10:25je pense que ça pourrait être intéressant
- 1:10:27Ouais,
- 1:10:27mon site n'est pas très à jour,
- 1:10:28mais il y a eu pas mal de recherches que je ne montre pas aussi,
- 1:10:32qui sont en cours.
- 1:10:33Là,
- 1:10:33je dois en avoir quatre seulement sur le site.
- 1:10:37Voilà en tout cas le type de ressources organiques et évidemment les déchets organiques.
- 1:10:42Ah,
- 1:10:43ça passe beaucoup,
- 1:10:45puisque à échelle industrielle,
- 1:10:46ils ont un...
- 1:10:48ils ont une vraie portée,
- 1:10:50un vrai intérêt.
- 1:10:53Donc voilà,
- 1:10:53tout dépend des ressources,
- 1:10:55de la manière dont on les applique,
- 1:10:56comment les procédés de transformation sont faits.
- 1:11:01Mais c'est passionnant et je pense que c'est vraiment porteur.
- 1:11:04Et je pense que
- 1:11:05Dominique, elle est vraiment sur ces sujets,
- 1:11:07Dominique Cardon,
- 1:11:07sur ces sujets depuis un petit moment.
- 1:11:10D'accord,
- 1:11:10je ne l'ai pas interrogé là-dessus Dominique,
- 1:11:12mais je vais lui demander parce que du coup,
- 1:11:14moi je cherche et comme je voudrais organiser cet événement,
- 1:11:18je suis en train de rassembler tous les invités ou contacts que j'ai eus qui m'ont parlé de démarches qu'ils avaient,
- 1:11:25mais des trucs hyper surprenants.
- 1:11:28Et j'aimerais les rassembler pour que chacun prenne la parole,
- 1:11:31comme on a fait pour l'agriculture tinctoriale,
- 1:11:33chacun vienne raconter un peu.
- 1:11:36donc je vais essayer de collecter ça mais en tout cas il y a plein de trucs hyper intéressants que vous avez abordés moi je trouve ça vraiment hyper canon alors j'essaye de regarder on a parlé des ressources donc du coup je vois mieux rien sur les lichens je suppose que c'est si
- 1:11:52j'ai essayé en plus les lichens ça me tient à coeur puisque c'est des organismes symbiotiques qui associent algues et champignons c'est un peu le coeur du ouais ouais il y a
- 1:12:03Il y a pas mal de choses qui ont déjà été faites de toute façon sur les lichens.
- 1:12:08Donc disons que les recherches de l'atelier Sumbiosis,
- 1:12:14je les ai conçues pour interpeller au départ et questionner nos rapports aux vivants dans les modèles de production.
- 1:12:22Donc tout ce qui a été déjà pas mal exploré,
- 1:12:27je vais peut-être le revisiter si ça a un intérêt à un moment mais en tout cas sur l'hélicène je le voyais pas spécifiquement comme tous les champignons de Tintorio ça n'a rien à voir avec les microchampignons c'est exploré,
- 1:12:39il y a plein de choses superbes qui peuvent être faites avec mais il faut en tout cas que ça interpelle à un autre endroit et moi j'aime bien interpeller sur le statut du parasite voir comment le parasite à un moment
- 1:12:53peut prendre un autre statut pour le sublimer dans un procédé d'ennobissement et d'ornementation.
- 1:13:00En plus,
- 1:13:01les lichens,
- 1:13:01le problème,
- 1:13:01c'est que c'est souvent protégé ou des zones à risque,
- 1:13:07des tourbières,
- 1:13:08etc.
- 1:13:08Je sais qu'aussi sur la ressource,
- 1:13:10ce n'est pas tout à fait des invasives.
- 1:13:14J'ai eu plusieurs invités qui m'ont parlé de ça.
- 1:13:18Tout ce que vous faites,
- 1:13:21ça a des débouchés dans l'art.
- 1:13:26c'est ce que vous parliez par exemple les projets avec dans le textile est-ce qu'il y a d'autres débouchés que vous envisagez avec ces recherches de couleurs de symbioses etc vous parliez d'architecture ça peut aller vers quoi encore ?
- 1:13:41je pense que ça peut la biofabrication au sens large elle peut toucher tous les domaines de création en termes d'échelle ça peut aller loin alors de toute façon le biodesign il est né déjà donc
- 1:13:55je dirais plutôt du bio-art au départ.
- 1:13:58C'est vrai que c'est plutôt les artistes au départ qui ont interpellé aussi.
- 1:14:02Je pense que c'est là où mon profil est peut-être un peu hybride,
- 1:14:06où je passe peut-être de l'artiste au designer.
- 1:14:13Mais alors ça,
- 1:14:13c'est peut-être aussi très français,
- 1:14:14on a besoin de catégoriser.
- 1:14:16Moi,
- 1:14:16c'est un peu hybride,
- 1:14:17je fais un peu de tout.
- 1:14:19Donc,
- 1:14:19je ne sais pas vraiment comment me positionner.
- 1:14:22J'ai une formation en design,
- 1:14:23mais je fais de la recherche.
- 1:14:25Je suis artisan parce que je fabrique,
- 1:14:28je fais,
- 1:14:30je mets en peinture.
- 1:14:31Enfin,
- 1:14:33donc je...
- 1:14:35Je ne sais pas si...
- 1:14:37Pour moi,
- 1:14:37il n'y a pas de domaine qui ne soit pas concerné par ce type de recherche.
- 1:14:46Après,
- 1:14:46tout dépend comment elles sont investies.
- 1:14:48Il y a plusieurs niveaux de lecture.
- 1:14:51Au départ,
- 1:14:51ça peut être juste inspirationnel,
- 1:14:54comme le biomimétisme,
- 1:14:55où on va s'inspirer du vivant pour repenser des principes,
- 1:14:59des formes,
- 1:15:00des fonctions.
- 1:15:02voilà,
- 1:15:03mais ça n'a pas forcément une visée écologique,
- 1:15:07sinon ça va être plutôt les ressources,
- 1:15:10et ça c'est plutôt mon domaine autour de la biofabrication,
- 1:15:16comment les intégrer à un endroit dans le procédé,
- 1:15:20et les faire évoluer,
- 1:15:23et je pense,
- 1:15:25et j'en suis même persuadé,
- 1:15:27c'est que,
- 1:15:29que dans le design produit,
- 1:15:31design d'espace,
- 1:15:32il y a beaucoup d'acteurs qui s'en emparent.
- 1:15:37Alors,
- 1:15:37je pense qu'il y en a beaucoup aussi,
- 1:15:39effectivement,
- 1:15:40qui le taisent,
- 1:15:40parce qu'il y a des recherches qui sont en cours depuis longtemps,
- 1:15:45et si vous n'avez pas les moyens de les communiquer pour vous protéger,
- 1:15:49ben...
- 1:15:49Ah oui,
- 1:15:50il y a ça aussi,
- 1:15:50c'est vrai.
- 1:15:52C'est quand même des secteurs très concurrentiels,
- 1:15:54donc si...
- 1:15:57Je sais que sur mon projet,
- 1:15:58il y a eu beaucoup de visibilité dès le début.
- 1:16:03Et quelque part,
- 1:16:06je crois que ça protège certaines choses.
- 1:16:09Après,
- 1:16:09j'étais aussi dans d'autres postures au début,
- 1:16:11où j'étais vraiment un fervent adepte de l'open source.
- 1:16:15Mais en fait,
- 1:16:15l'open source,
- 1:16:16c'est beaucoup plus compliqué que ça.
- 1:16:17Et en France,
- 1:16:18il n'y a pas vraiment de cas juridiques qui fait qu'on peut être...
- 1:16:27vraiment protégé et crédité et rétribué,
- 1:16:31puisque c'est un système que je trouve génial,
- 1:16:33l'open source,
- 1:16:34où on peut faire émerger des savoir-faire par la communauté.
- 1:16:38Je trouvais ça vraiment génial au début,
- 1:16:40et toute la recherche que j'ai faite autour de la cellulose bactérienne,
- 1:16:42je l'ai faite en open source.
- 1:16:44Mais c'est vrai qu'au bout de six ans,
- 1:16:46quand vous voyez que les gens se servent et qu'ils rétablissent,
- 1:16:51c'est compliqué,
- 1:16:52c'est un autre combat à mener.
- 1:16:53J'ai vu beaucoup de gens qui travaillaient dans l'open source sont arrêtés parce qu'en fait,
- 1:16:56c'est un système qui ne fonctionne pas.
- 1:17:01Et après,
- 1:17:02quand vous menez des recherches...
- 1:17:07j'imagine que jusqu'à un certain point vous ne pouvez pas forcément divulguer,
- 1:17:14en parler ça s'entend,
- 1:17:19je comprends beaucoup de gens en tout cas s'en en parlent ouais d'accord j'avais une question alors un peu comment on va dire un peu de relou très clairement donc on parle de bio-enoblissement on voit en fait
- 1:17:35on voit l'intérêt que pourrait avoir toute cette inspiration sur plein de domaines d'application.
- 1:17:41On sait que ça passera par un enjeu économique,
- 1:17:44c'est que si c'est abordable,
- 1:17:46accessible,
- 1:17:46et qu'en plus c'est écologique,
- 1:17:48il y a des domaines qui vont y passer.
- 1:17:51Ma question,
- 1:17:51c'est,
- 1:17:52est-ce que vous avez pu faire la preuve d'une réduction d'impact par rapport à...
- 1:17:58votre approche versus l'approche pétrochimique dans l'ennoublissement traditionnel etc est-ce que vous avez fait genre une analyse de cycle de vie ou des trucs comme ça moi je fais pas d'ACV mais parce que je
- 1:18:10Vous avez vu à quelle échelle je travaille ?
- 1:18:13Non,
- 1:18:13mais je veux dire,
- 1:18:14j'entends,
- 1:18:16je la pose cette question parce que...
- 1:18:18Elle est hyper pertinente,
- 1:18:21je pense pour autant l'industrie que l'artisanat.
- 1:18:26Il se trouve que je ne suis pas encore dans un modèle productif,
- 1:18:33je pense,
- 1:18:33suffisamment impactant pour pouvoir m'engager dedans,
- 1:18:37parce qu'une ACV,
- 1:18:38c'est quand même costaud.
- 1:18:39C'est lourd.
- 1:18:40Et justement,
- 1:18:42à l'ANSI...
- 1:18:44j'avais fait un module éco-conception,
- 1:18:46il y avait une personne de l'UTC de Compiègne qui était venue dans le détail nous montrer comment mettre en place une ACV.
- 1:18:54Je pense que c'est fondamental à plein d'endroits,
- 1:19:00mais en tout cas,
- 1:19:00pour ma pratique,
- 1:19:02c'est très lourd.
- 1:19:03Et vous avez vu,
- 1:19:04en plus,
- 1:19:04je fais quand même beaucoup de choses.
- 1:19:06Moi,
- 1:19:06je travaille beaucoup.
- 1:19:08Je travaille cette semaine un peu en ce moment,
- 1:19:10depuis un petit moment.
- 1:19:12et je mène plein d'activités et c'est vrai que celle-ci je pense qu'il faudrait l'amener la CV sur un projet de recherche où j'aurai suffisamment de financement et où je vois le levier économique qui peut servir
- 1:19:27derrière,
- 1:19:27donc par exemple sur les oursins l'objectif c'est d'attirer à un moment l'industrie par l'artisanat ce sera peut-être pas mon projet,
- 1:19:37il va peut-être pas m'appartenir je sais pas comment la Sorbonne va euh...
- 1:19:42Oui,
- 1:19:43ça va s'organiser.
- 1:19:45Mais en tout cas,
- 1:19:47moi,
- 1:19:48c'est une mise en regard que j'amène par l'artisanat.
- 1:19:51Et là,
- 1:19:53oui,
- 1:19:54évidemment,
- 1:19:56l'ACV a sa place,
- 1:19:59mais dès le début,
- 1:20:00j'ai envie de dire.
- 1:20:02mais pour ça,
- 1:20:02il faudrait qu'il y ait une application déjà concrète,
- 1:20:06qu'on sache pertinemment si cette application c'est la plus pertinente,
- 1:20:10pour pouvoir déjà décortiquer au niveau du process,
- 1:20:13avant de lancer la CV.
- 1:20:15Un bon designer,
- 1:20:17il doit déjà mettre ça en place en amont.
- 1:20:24Moi,
- 1:20:24en tout cas,
- 1:20:24à mon échelle,
- 1:20:25non.
- 1:20:26D'accord.
- 1:20:28Pas de cette manière.
- 1:20:29Mais...
- 1:20:30j'imagine quand je travaille sur les principes de recherche je le fais de manière cyclique donc je pense un cycle de vie après j'en fais pas l'analyse parce
- 1:20:45que je pense que ce type d'analyse elle sert à soit un brevet derrière plus précisément soit moi je pense que ça en fait depuis tous les épisodes que je fais les gens que je rencontre
- 1:21:00J'ai vraiment l'impression que ça pourrait même...
- 1:21:02Ça pourrait être un levier de faire taire tous les préjugés qui restent collés à la couleur végétale au sens large,
- 1:21:10que ce soit dans la cosmétique,
- 1:21:12le textile,
- 1:21:13le design,
- 1:21:13les biomatériaux,
- 1:21:15tout ce qu'on veut.
- 1:21:15Et j'ai vraiment...
- 1:21:17Je le redis,
- 1:21:18mais je serais vraiment ravie.
- 1:21:20Je sais qu'il y a des projets d'ACV dans différents domaines d'application,
- 1:21:23j'ai entendu dire,
- 1:21:24parce qu'il y a beaucoup de off aussi dans les échanges que j'ai avec les invités.
- 1:21:27Mais j'aimerais vraiment que ce soit mis à jour et divulgué,
- 1:21:32parce qu'en fait,
- 1:21:33je sais que ça serait un énorme levier.
- 1:21:36de prise de conscience et que ça inciterait davantage les marques parce que je suis d'accord avec vous qu'il y a le levier économique,
- 1:21:42parce qu'on ne va pas se mentir c'est quand même,
- 1:21:44voilà,
- 1:21:44si c'est 15 fois plus cher on ne va pas y aller,
- 1:21:47mais par contre si en plus on vous dit que ça réduit votre impact considérablement je pense qu'il y a quand même pas mal d'entreprises qui pourraient y aller,
- 1:21:55soit pour des raisons de com soit pour des vrais intérêts,
- 1:21:59mais
- 1:22:00si ça démarre par la com,
- 1:22:02peu importe,
- 1:22:03le principal,
- 1:22:03c'est qu'on avance dans la couleur végétale.
- 1:22:05Oui,
- 1:22:05oui,
- 1:22:06après,
- 1:22:06voilà,
- 1:22:07mais c'est une com qui sert un intérêt économique.
- 1:22:11Oui,
- 1:22:12mais le résultat,
- 1:22:13ce serait quoi ?
- 1:22:14Ce serait qu'on ait moins de synthétique,
- 1:22:16un peu plus de place pour la couleur végétale ou la couleur...
- 1:22:21Je tiens quand même à dire,
- 1:22:22mais ça,
- 1:22:22c'est un truc entre...
- 1:22:23Je ne sais pas si vous auriez envie de le mettre en avant.
- 1:22:26mais moi je ne diabolise pas du tout le synthétique.
- 1:22:29Moi non plus.
- 1:22:30Voilà,
- 1:22:30parce qu'il y a quand même plein d'applications où il a beaucoup plus sa place.
- 1:22:34Le végétal,
- 1:22:35pour moi,
- 1:22:35n'est pas une réponse...
- 1:22:37Globale ?
- 1:22:38Non,
- 1:22:38non,
- 1:22:38non,
- 1:22:38on est d'accord.
- 1:22:39Globale,
- 1:22:39à un grand endroit,
- 1:22:40ça ne fonctionne pas.
- 1:22:42Sur la CV,
- 1:22:43je pense quand même,
- 1:22:44enfin en tout cas,
- 1:22:45par exemple à l'IFM,
- 1:22:48on a surtout des grands groupes qui viennent sur ce module de formation.
- 1:22:55ces groupes ils font des ACV donc il faut que je me rapproche de leur vie moi je suis en quête je pense qu'ils ne les divulguent pas forcément mais ils sont obligés en interne d'en faire
- 1:23:12Ils sont obligés parce qu'il y a d'énormes RSE,
- 1:23:14enfin,
- 1:23:14il y a plein de choses à...
- 1:23:16Donc...
- 1:23:20aujourd'hui s'installe de manière pérenne elle peut pas le mettre de côté moi j'ai des amis dans la production textile là c'est des vrais bouleversements depuis 10 ans déjà c'est des crises parce
- 1:23:34que c'est des gens qu'on mal fait au départ qu'on peut délocaliser qu'on suivez tout un mouvement ça fait pas que 10 ans vous me direz mais
- 1:23:46en tout cas qu'on travaillait,
- 1:23:49qu'on profitait certainement aussi d'un certain système.
- 1:23:55et là ils ont été obligés de revoir leur copie parce que les gens n'achètent plus de la même manière donc on a un point d'extrême aujourd'hui où il y a des gens qui ont peut-être envie d'acheter autrement et de l'autre côté la
- 1:24:10majeure partie elle va continuer d'acheter de la merde pardon de le dire comme ça c'est une réalité économique qui fait que la plupart et puis
- 1:24:23aussi beaucoup de gens ne sont peut-être pas suffisamment alertés.
- 1:24:27Alertés et n'ont pas encore forcément les moyens,
- 1:24:29il y a ça aussi,
- 1:24:31parce que,
- 1:24:31non mais oui,
- 1:24:32il y a plein de points,
- 1:24:34mais oui,
- 1:24:35j'ai bossé dans la RSE,
- 1:24:39dans la grande distri pendant 4 ans,
- 1:24:40donc j'ai suivi les ACV,
- 1:24:42le changement des marques,
- 1:24:43la réglementation,
- 1:24:44tout ça,
- 1:24:45je vois,
- 1:24:46mais je trouverais ça tellement intéressant qu'il y ait des ACV qui...
- 1:24:51qui viennent apporter des preuves et qu'elles soient communiquées,
- 1:24:54je trouverais ça vraiment génial.
- 1:24:56Mais bon,
- 1:24:56ça,
- 1:24:56c'est un autre débat,
- 1:24:58mais j'irai voir,
- 1:24:59comme vous l'avez dit.
- 1:25:00Je pense qu'il faudrait qu'un truc qui serait vraiment intéressant pour faire le lien vraiment vestiaire pour vous,
- 1:25:10ce serait d'aller,
- 1:25:11de suivre de près tous les mouvements de mode éthique.
- 1:25:14Enfin,
- 1:25:14je pense,
- 1:25:14vous avez rencontré Catherine Doriac.
- 1:25:17Doriac,
- 1:25:18oui.
- 1:25:20Catherine,
- 1:25:20moi je l'ai rencontrée par Aurélia Gualdo,
- 1:25:22dont je vous parlais tout à l'heure.
- 1:25:24Catherine,
- 1:25:25on se connaît depuis longtemps,
- 1:25:25d'ailleurs c'est l'une des premières à avoir assisté à mes ateliers.
- 1:25:29Je faisais des ateliers tout public autour de la biophab au début,
- 1:25:32Catherine elle venait,
- 1:25:34elle s'est ouverte aussi à toutes ces questions,
- 1:25:36et en France,
- 1:25:37dans les mouvements de mode éthique,
- 1:25:39Je dirais que la pionnière,
- 1:25:40c'était Isabelle Kay,
- 1:25:41je crois.
- 1:25:42Il y a eu beaucoup de choses qui se sont mises en place dans les mouvements de mode éthique.
- 1:25:45Il y a beaucoup de marques qui donnent à voir la chaîne,
- 1:25:52enfin,
- 1:25:52qui essayent de donner à voir,
- 1:25:53ou en tout cas de la suivre de A à Z.
- 1:25:56Il y a plein de gens qui travaillent comme ça,
- 1:25:59dans le bon sens.
- 1:26:00Donc,
- 1:26:00je ne les ai plus en tête.
- 1:26:01Moi,
- 1:26:02je me suis intéressé à ça.
- 1:26:04pas mal au début de l'atelier parce que je faisais des conférences souvent et j'ai mis un petit peu de côté mais avec le Fashion Green Hub tout ça je pense que vous pouvez vous mettre et vous pouvez avoir pas mal de ressources autour de ça et vous verrez qu'il y a quand même plein de marques qui
- 1:26:23le font,
- 1:26:23qui l'ont fait qui donnent à le voir pour sensibiliser en France il y en a c'est sûr
- 1:26:32bon bah parfait bon j'aimerais encore parler avec vous pendant des heures mais ce que je voudrais vous poser comme dernière question c'est est-ce que vous auriez un livre à recommander sur ce qui vous inspire ce qu'on a un peu abordé et une personne à qui vous passeriez le micro avant
- 1:26:50qu'on ne se quitte ah ouais un livre
- 1:26:57Moi,
- 1:26:57j'ai un livre de chevet que j'aime beaucoup,
- 1:27:00qui s'appelle La fabuleuse histoire des hommes et des animaux,
- 1:27:03de
- 1:27:04Boris Cyrulnik.
- 1:27:06D'ailleurs,
- 1:27:07ce n'est pas que de lui.
- 1:27:09Désolé,
- 1:27:10j'ai vu les autres auteurs.
- 1:27:13Je crois qu'il l'a écrit...
- 1:27:15Ils sont trois,
- 1:27:15en fait.
- 1:27:17à l'avoir écrit.
- 1:27:18C'est un tout petit livre très simple qui raconte notre rapport à l'animal,
- 1:27:26le principe de domestication et en fait,
- 1:27:29ça en dit aussi plus long sur notre rapport au vivant.
- 1:27:34Nos rapports au vivant,
- 1:27:36nos rapports de servitude et de contrôle par rapport au vivant.
- 1:27:41Et je pense que c'est ce dont on parle depuis le début avec le...
- 1:27:46par le prisme de la couleur,
- 1:27:47du végétal,
- 1:27:48organique,
- 1:27:48c'est exactement ça.
- 1:27:50C'est un livre que j'aime beaucoup et que je recommande chaudement.
- 1:27:58Il y en a beaucoup après sinon sur la couleur,
- 1:27:59mais je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont été déjà évoquées je pense dans vos podcasts.
- 1:28:05J'en ai plein.
- 1:28:08En revanche,
- 1:28:10si j'avais à passer le micro...
- 1:28:13Je suis en train de réfléchir.
- 1:28:15À qui je pourrais passer le micro ?
- 1:28:17C'est vrai que Marie-Sara,
- 1:28:18ce serait super.
- 1:28:20Marie-Sara,
- 1:28:21Denis...
- 1:28:22c'est une autre approche,
- 1:28:23on n'est plus dans le végétal mais pour parler bio,
- 1:28:27ce serait vraiment génial alors elle est je pense qu'elle est super super prise c'est pas grave on peut planifier moi je m'adapte,
- 1:28:37franchement je serais tellement content de les avoir pili et si vous pouviez être levier ce serait top,
- 1:28:41après ils font comme ils veulent mais on peut relancer pili bio,
- 1:28:45ce serait génial ouais,
- 1:28:48Marie-Sara ce serait vraiment chouette voilà
- 1:28:52Bon bah top
- 1:28:54Tony franchement un grand grand grand grand merci c'était super passionnant je pense que vous avez battu le record de personnes citées dans un épisode de podcast dans Medialité,
- 1:29:04ah ouais franchement c'est un truc de dingue j'en ai noté tellement plein je souligne,
- 1:29:08franchement merci pour tout ce,
- 1:29:11enfin c'est sympa de citer plein de gens du coup ils sont ravis d'être mentionnés
- 1:29:16Merci beaucoup
- 1:29:18Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram à Recover ArtEcoVert A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:29:28Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast et de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix,
- 1:29:36c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:29:41Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale innovation tendance nuances indigo