Latest / Africa Fashion Tour / Fatouma Allélé Bally, fondatrice de Inaz Concept Store
Transcript
- 0:01Bon,
- 0:02moi je ne vous cache pas que c'est plutôt ces marques,
- 0:05j'ai eu beaucoup de chance,
- 0:06elles m'ont contacté aussitôt.
- 0:09Dès que j'ai ouvert le concept store,
- 0:11elles m'ont contacté.
- 0:12Et comme je les suivais sur les réseaux sociaux,
- 0:17on s'est quand même remarqué,
- 0:22on s'est apprécié et choisi les marques qui ont le goût.
- 0:27Le goût du détail,
- 0:28c'est incroyable.
- 0:29Quand je reçois un vêtement,
- 0:30la première chose que je fais,
- 0:31c'est le retourner et regarder,
- 0:32mais alors les moindres petits détails.
- 0:35Et là,
- 0:35quand je vois qu'il y a le souci du détail,
- 0:38que le souci du détail est bien respecté,
- 0:40là,
- 0:40je peux rentrer en contact avec vous,
- 0:42essayer de voir,
- 0:44OK ?
- 0:45Et selon,
- 0:46parce que ma clientèle aussi,
- 0:47il faut apprendre à connaître sa clientèle et les goûts.
- 0:53Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:56Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:00Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:02Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:07responsables et ambitieux.
- 1:09Au fil des interviews,
- 1:10je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:17Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:23de savoir-faire et de créativité Merci.
- 1:26trop souvent sous-représentés.
- 1:28Je suis Ramata Diallo,
- 1:29je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:38En 2017,
- 1:39j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 1:42je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:49Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:57Aujourd'hui,
- 1:57je suis en compagnie de Fatouma Alelebaï,
- 2:00la fondatrice de Concept Store,
- 2:02Inez Concept Store.
- 2:03Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son profil et également de la genèse de ce projet de Concept Store et de son développement à Bamako,
- 2:12au Mali.
- 2:13Bienvenue Fatouma,
- 2:14comment allez-vous ?
- 2:15Bonjour Amata,
- 2:16je vais bien,
- 2:17merci.
- 2:18Merci pour l'invitation.
- 2:21C'est un plaisir pour moi de vous avoir aujourd'hui sur le podcast Africa Fashion Tour.
- 2:25Moi,
- 2:26ça fait un moment que je suis le compte Instagram Inas Concept Store et ça fait aussi un moment que j'ai plusieurs créateurs qui me disent pour trouver ma marque,
- 2:34il faut aller à Bamako dans le Concept Store Inas.
- 2:37Et donc,
- 2:37je me suis dit,
- 2:38bon,
- 2:38j'ai fait des interviews de créateurs,
- 2:40mais je n'ai pas eu l'occasion de faire des interviews de fondateurs de Concept Store.
- 2:44Et c'est quelque chose qui me tenait à cœur,
- 2:46puisque dans l'écosystème de la mode,
- 2:48c'est important d'avoir les créateurs,
- 2:50mais c'est important aussi d'avoir des alliés,
- 2:53des supports,
- 2:53des appuis qui participent
- 2:55à la promotion,
- 2:57la distribution des collections.
- 2:58Donc c'est ce dont on va parler aujourd'hui.
- 3:00Mais pour commencer l'interview,
- 3:02je vais vous demander de vous présenter comme je le fais avec chacun de mes invités.
- 3:06Et plaisir partagé Ramata.
- 3:08Écoutez,
- 3:09ça fait chaud au cœur de savoir que les créateurs vous disent aller à Bamako retrouver mes créations.
- 3:16Ça fait vraiment plaisir.
- 3:18Voilà,
- 3:19je suis Fatouma
- 3:21Alilibali, donc nigérienne d'origine,
- 3:24malienne de cœur.
- 3:25Et africaine,
- 3:26je dirais,
- 3:27tout simplement,
- 3:27parce que j'ai vécu dans pas mal de pays d'Afrique.
- 3:34J'ai grandi,
- 3:36j'ai quitté le Niger à l'âge de 10 ans.
- 3:39Donc,
- 3:39j'ai passé mon adolescence à Abidjan,
- 3:42où j'ai obtenu mon bac.
- 3:45Après quoi,
- 3:45moi,
- 3:45je suis partie en France.
- 3:48J'ai fait des études de langues étrangères appliquées à l'Université de sciences sociales de Toulouse.
- 3:54mais
- 3:55État l'africaine que je suis,
- 3:56je n'ai pas voulu rester plus longtemps.
- 3:58Je suis rentrée au Niger,
- 4:00où j'ai retrouvé mes parents,
- 4:02qui étaient rentrés après avoir fait le tour du continent,
- 4:05entre Dakar,
- 4:08Abidjan,
- 4:09Dakar,
- 4:10Conakry,
- 4:12Lomé,
- 4:12Cotonou.
- 4:14Je suis revenue au Niger,
- 4:16après je me suis mariée,
- 4:18après je suis repartie,
- 4:19et je suis revenue au Niger.
- 4:24Donc déjà au Niger,
- 4:26en fait,
- 4:26j'ai vécu quand même un laps de temps au Niger.
- 4:29Et j'avais ouvert à l'époque un atelier de couture.
- 4:32J'avais fait venir des tailleurs.
- 4:34J'étais venue à Abidjan chercher des tailleurs,
- 4:36parce que les tailleurs ivoiriens,
- 4:37franchement,
- 4:40ils ont beaucoup de talent.
- 4:42Je les ai ramenés à Niamey.
- 4:45J'ai essayé du mieux que je pouvais.
- 4:47Et j'avais franchement toute la clientèle à l'époque de Niamey.
- 4:54La clientèle qui pouvait s'offrir des vêtements bien confectionnés.
- 5:01Les soucis du détail et tout,
- 5:03mais ça n'a pas marché parce que vous savez,
- 5:04les tailleurs,
- 5:06quand vous portez dans votre dos,
- 5:07ils essaient de récupérer les clients.
- 5:09Et donc,
- 5:10j'ai dû fermer malheureusement,
- 5:11mais cet amour pour la mode,
- 5:14je l'ai depuis toujours en fait.
- 5:16Et je savais qu'un jour ou l'autre,
- 5:17je finirais dans la mode malgré cette mauvaise expérience.
- 5:22Mais bon,
- 5:23les expériences,
- 5:24c'est toujours bon,
- 5:24vous savez,
- 5:25ça vous fortifie,
- 5:26ça vous fait aller de l'avant.
- 5:28Donc voilà.
- 5:31Et quoi ?
- 5:32Donc,
- 5:33le temps est passé,
- 5:36je me suis mariée,
- 5:37j'ai eu des filles,
- 5:37j'ai quatre filles.
- 5:38Et ma fille aînée,
- 5:40Sarah,
- 5:41qui vit aujourd'hui en Afrique du Sud,
- 5:42est une féru de mode aussi.
- 5:45Après ses études universitaires,
- 5:50son master 2,
- 5:52elle est rentrée à Bamako où elle m'a retrouvée.
- 5:54Donc,
- 5:54elle travaillait dans le système des Nations Unies.
- 5:58Mais elle a fait entre-temps une formation dans une école de mode de Londres.
- 6:02Et à son retour,
- 6:03elle m'a dit « Maman,
- 6:04on peut faire quelque chose » .
- 6:06Et moi,
- 6:07il se trouve qu'au fil de mes voyages,
- 6:10j'ai vu un peu les concept stores.
- 6:14Et je disais « Tiens,
- 6:14pourquoi pas un concept store ? »
- 6:16Et je commençais à m'intéresser à la mode africaine,
- 6:19à tous ces créateurs avec lesquels je travaille aujourd'hui.
- 6:23J'ai dit « Bon,
- 6:23c'est quelque chose qu'on peut voir de près » .
- 6:25Donc avec l'aide de Sarah.
- 6:27On a commencé à regarder et mon mari a fait l'acquisition d'un centre commercial à Bamako,
- 6:35donc avec de très grandes boutiques,
- 6:37très belles boutiques.
- 6:38J'ai dit tiens,
- 6:39on peut faire quelque chose avec ça.
- 6:41Donc on a choisi une boutique assez spacieuse,
- 6:44lumineuse.
- 6:45On a commencé à en parler.
- 6:50Elle a commencé à faire des petits reportages sur la boutique.
- 6:56posté sur les réseaux sociaux.
- 6:58Et là,
- 6:58la première styliste,
- 7:00créatrice qui m'a contactée,
- 7:02c'était Hélène Dabat de S.O.A.
- 7:04Donc l'aventure a commencé avec Hélène Dabat.
- 7:07Et de fil en aiguille,
- 7:09j'ai eu Diarra Blue,
- 7:10de Diarra Blue.
- 7:11Après,
- 7:12tout le monde a commencé à venir.
- 7:13Et c'est comme ça que c'est parti,
- 7:15tout bêtement.
- 7:17Voilà.
- 7:18Très bien,
- 7:18merci pour cette présentation extrêmement riche.
- 7:21Ça laisse présager un épisode passionnant.
- 7:24Moi,
- 7:24j'ai envie de revenir un peu sur les débuts.
- 7:26Ce que vous expliquez,
- 7:27c'est que vous avez toujours eu une passion pour la mode.
- 7:30À travers vos études et vos différents voyages,
- 7:32a priori,
- 7:33ce n'est pas forcément le secteur d'activité dans lequel vous aviez travaillé au départ.
- 7:38Vous avez un traitement dans la mode ou rien à voir en termes d'études ou en termes de travail ?
- 7:44Non,
- 7:44rien à voir en termes d'études ou de travail.
- 7:46C'est quelque chose que j'ai toujours aimé,
- 7:48en fait.
- 7:49Mon premier voyage,
- 7:50je me rappelle,
- 7:50au Japon,
- 7:51j'avais quoi ?
- 7:52La vingtaine.
- 7:54Donc mon mari,
- 7:55sachant que j'aimais beaucoup la mode,
- 7:57m'a amenée dans des usines de tissus parce que j'aimais les tissus.
- 8:00On revenait toujours avec des tonnes de magazines de mode.
- 8:03Et il me disait toujours,
- 8:04mais c'est pas possible,
- 8:06ça pèse des kilos tes affaires-là.
- 8:08Mais je les ramenais avec moi et je suivais.
- 8:11Je faisais que ça en fait.
- 8:12Et dans cette usine qu'on a été visiter,
- 8:14ils m'ont offert pas mal d'échantillons de tissus que j'ai ramenés avec moi et que j'ai gardés parce que j'avais peur comme les abîmes.
- 8:22Et voilà,
- 8:24je ne sais pas d'où c'est parti cette histoire,
- 8:26mais ça a toujours été en moi.
- 8:28Et ma fille aussi,
- 8:28comme je vous dis,
- 8:29ma fille aînée,
- 8:30Sarah,
- 8:30pareil.
- 8:32Elle payait ses études dans une école à Londres qui lui ont coûté cher.
- 8:35Moi,
- 8:35je lui dis,
- 8:35écoute,
- 8:36tu termines tes études d'abord,
- 8:37après tu fais ce que tu veux.
- 8:38C'est ce qu'elle a fait.
- 8:39D'ailleurs,
- 8:40très bien.
- 8:41Après,
- 8:41donc,
- 8:41son Master 2 en Chine,
- 8:43elle est partie dans cette école de Londres.
- 8:45Et puis,
- 8:46bon,
- 8:46voilà,
- 8:47elle est revenue à Bamako.
- 8:48Elle m'a dit,
- 8:49bon,
- 8:49maman,
- 8:49il faut que tu fasses quelque chose.
- 8:51En fait,
- 8:51elle m'a un peu poussée aussi.
- 8:53Elle,
- 8:53il se trouvait qu'elle avait déjà fait un petit voyage à Dakar,
- 8:56donc elle avait repéré ces marques,
- 8:57Sofatu,
- 8:59Elendaba,
- 9:00Soa,
- 9:00qu'elle connaît,
- 9:01en fait.
- 9:02Un peu aussi,
- 9:02Radijaba,
- 9:04l'artisan.
- 9:06Donc,
- 9:06elle leur a dit,
- 9:07bon,
- 9:07maman,
- 9:08voilà,
- 9:08on a ce projet-là avec maman,
- 9:10on veut faire quelque chose.
- 9:11Et dès qu'elle est rentrée,
- 9:12elle m'a dit,
- 9:13maman,
- 9:13on commence.
- 9:14J'hésitais,
- 9:14en fait,
- 9:15j'hésitais beaucoup.
- 9:16Elle m'a dit,
- 9:16t'as le local,
- 9:17bien situé.
- 9:20assez spacieux,
- 9:20on peut commencer.
- 9:21Donc,
- 9:22elle a commencé à communiquer.
- 9:23En fait,
- 9:25elle m'a presque obligée à commencer.
- 9:27Moi,
- 9:27j'hésitais.
- 9:28Je ne vous cache pas que j'étais hésitante.
- 9:30Je me disais,
- 9:30est-ce que ça va marcher ?
- 9:31Est-ce que ça va marcher ?
- 9:32Est-ce qu'on est prêts encore pour un concept ?
- 9:34Parce que c'est quand même le premier à Bamako.
- 9:37Les gens ne le connaissaient pas.
- 9:39Et c'est comme ça que je me suis lancée dans cette affaire.
- 9:42Et je n'ai jamais regretté,
- 9:43d'ailleurs.
- 9:43Très bien.
- 9:44Donc,
- 9:44c'est vraiment la passion qui vous a guidée.
- 9:47Oui.
- 9:48Et du coup,
- 9:50ce que vous évoquez,
- 9:51c'était l'idée tout de suite de faire un concept store.
- 9:52Et vous parlez bien du soutien.
- 9:54C'est un peu une entreprise familiale quelque part,
- 9:56parce que vous parlez...
- 9:57Beaucoup de vos maris ou de votre fille qui ont vraiment insisté pour que vous lanciez cette initiative ensemble.
- 10:06Est-ce qu'il n'y avait pas aussi un projet de créer sa propre marque ?
- 10:09Ou est-ce que vous,
- 10:10dès le départ,
- 10:10vraiment ce qui vous intéressait,
- 10:11c'était plutôt la dimension concept store distribution ?
- 10:15Oui,
- 10:16moi,
- 10:16ça a toujours été ça,
- 10:17la dimension concept store distribution.
- 10:19Et mettre en lumière,
- 10:20en fait,
- 10:21ces créateurs qui ont beaucoup de talents et qui ne sont pas connus.
- 10:24Et ça,
- 10:25je l'ai fait.
- 10:27J'ai pris une jeune créatrice ghanéenne qui a beaucoup de talent,
- 10:31Radiance Bainadra.
- 10:33Elle était timide,
- 10:34elle est venue me voir à la boutique.
- 10:36Aujourd'hui,
- 10:36je vous garantis que c'est une des marques que je vends le mieux.
- 10:39Les finitions sont parfaites.
- 10:41Elle n'était pas connue.
- 10:42Mais là,
- 10:42aujourd'hui,
- 10:43elle m'a dit,
- 10:44grâce à vous,
- 10:45les gens m'appellent de partout.
- 10:46Parce que j'ai vu le talent en elle.
- 10:48Très timide et je suis la mettre à l'aise et la faire aller de l'avant.
- 10:53Aujourd'hui,
- 10:54je vous garantis que ce qu'elle fait,
- 10:55c'est incroyable.
- 10:57Le travail qu'elle a fait,
- 10:59les finitions sont nickels.
- 11:01Les tissus sont parfaits.
- 11:02Même,
- 11:03j'étais à Alger,
- 11:04j'ai fait une vente éphémère,
- 11:05parce qu'à chaque fois que je fais quelque chose,
- 11:07on me dit
- 11:09« ramène des pièces » .
- 11:10Et c'est les pièces que j'ai le plus vendues à Alger.
- 11:15Ma propre marque,
- 11:16j'ai voulu la développer,
- 11:17comme je vous ai dit,
- 11:18en faisant venir des tailleurs.
- 11:20Mais ça s'est très mal passé.
- 11:22Donc,
- 11:22c'est quelque chose qui m'a découragée.
- 11:26J'ai dit,
- 11:26bon,
- 11:27tu laisses tomber et tu essaies de faire connaître les autres.
- 11:30Et c'est ce que je fais le mieux,
- 11:31d'ailleurs.
- 11:32Je sais mieux vendre les marques des autres que la mienne.
- 11:36Peut-être,
- 11:37si je l'avais faite,
- 11:37je ne sais pas.
- 11:38Je ne sais pas.
- 11:39Je n'ai pas voulu insister.
- 11:41J'ai dit,
- 11:41bon,
- 11:42ça n'a pas marché.
- 11:43On passe à autre chose.
- 11:44Voilà.
- 11:45C'est comme ça.
- 11:46Très bien.
- 11:46et du coup donc c'est
- 11:49Quelque part,
- 11:49votre rôle,
- 11:50c'est un peu un rôle d'ambassadeur,
- 11:51en fait,
- 11:51de vraiment être là pour promouvoir différentes marques.
- 11:56Au niveau de la sélection,
- 11:57ce que je comprends,
- 11:58c'est,
- 11:58voilà,
- 11:59il y a votre fille qui avait fait un voyage au Sénégal,
- 12:01qui connaît en fait des créatrices et fondatrices de marques.
- 12:05Vous avez évoqué Sisters of Africa.
- 12:07Moi,
- 12:07j'ai eu l'occasion d'interviewer Marie-Madeleine,
- 12:09l'une des sœurs de Sisters of Africa,
- 12:11d'écrire des articles sur la marque.
- 12:14La marque Sofato aussi,
- 12:15la fondatrice,
- 12:16j'ai eu l'occasion de l'interviewer aussi.
- 12:17Donc,
- 12:18c'est vraiment des marques qui sont connues,
- 12:19bien implantées et qui ont dans leur stratégie vocation à être présentes dans différentes capitales de la mode en Afrique.
- 12:29Comment vous faites ?
- 12:30Donc là,
- 12:30on sent que la sélection s'est faite un peu de manière organique à travers des rencontres.
- 12:36Quels sont vos critères pour sélectionner les marques en fait ?
- 12:40Bon,
- 12:41moi je ne vous cache pas que c'est...
- 12:43Plus tôt,
- 12:44ces marques,
- 12:44j'ai eu beaucoup de chance.
- 12:45Elles m'ont contactée aussitôt.
- 12:48Dès que j'ai ouvert le concept store,
- 12:50elles m'ont contactée.
- 12:51Et comme je les suivais sur les réseaux sociaux,
- 12:56on sait quand même,
- 12:57on sait remarquer,
- 13:01on sait apprécier et choisir les marques qui ont le goût.
- 13:05Moi,
- 13:06j'ai le goût du détail,
- 13:07c'est incroyable.
- 13:08Quand je reçois un vêtement,
- 13:09la première chose que je fais,
- 13:10c'est le retourner.
- 13:11Et regardez,
- 13:12mais alors les moindres petits détails.
- 13:14Et là,
- 13:14quand je vois qu'il y a le souci du détail,
- 13:17que le souci du détail est bien respecté,
- 13:19là,
- 13:20je peux rentrer en contact avec vous,
- 13:21essayer de voir,
- 13:23OK ?
- 13:24Et selon,
- 13:25parce que ma clientèle aussi,
- 13:26il faut apprendre à connaître sa clientèle et les goûts.
- 13:29Donc,
- 13:30je sélectionne selon les goûts de mes clientes,
- 13:33OK ?
- 13:34Et là,
- 13:35donc,
- 13:35ce que je fais le mieux,
- 13:36c'est commander.
- 13:38Je vais sur leur...
- 13:39Salara
- 13:41Je commande.
- 13:42Quand je reçois les pièces,
- 13:43je regarde.
- 13:44Et quand ça ne va pas,
- 13:46il m'arrive de retourner certaines pièces.
- 13:48Et elles comprennent tout à fait.
- 13:50Elles comprennent franchement,
- 13:51elles sont très coopératives.
- 13:52On est devenu d'ailleurs une grande famille.
- 13:54Toutes ces dames avec lesquelles je travaille,
- 13:56même les messieurs,
- 13:57Pélébé en Côte d'Ivoire,
- 13:59un petit clin d'œil à Zach,
- 14:00que j'aime beaucoup,
- 14:02Elie,
- 14:03qui ne travaille pas du tout avec les concept stores,
- 14:05mais qui m'a fait confiance,
- 14:06qui m'envoie des pièces extraordinaires,
- 14:08Adam à Paris.
- 14:09que j'ai connue aussi comme ça par le plus grand des hasards à Dakar.
- 14:14On s'est parlé vite fait,
- 14:15elle m'a dit tu m'attends,
- 14:16je suis à Paris,
- 14:16je rentre et puis on se voit.
- 14:18Elle est venue et tous ces gens sont venus à Bamako.
- 14:21Ils se sont déplacés pour venir faire les ventes éphémères à Bamako.
- 14:24Et comme je vous dis,
- 14:25c'est devenu une grande famille aujourd'hui.
- 14:28Quand je vais à Bijan,
- 14:29je les appelle,
- 14:30on déjeune ensemble,
- 14:31on mange ensemble,
- 14:31je les visite.
- 14:33J'ai assisté à trois fashion week d'Adam à Paris.
- 14:36et j'ai assisté à la...
- 14:38première Fashion Week de Ellie.
- 14:40C'était en fin 2024.
- 14:43Et franchement,
- 14:44tout se passe très bien.
- 14:45Je sélectionne,
- 14:46je choisis mes pièces.
- 14:48Je choisis les coloris,
- 14:49les pièces,
- 14:50tout.
- 14:50Et moi,
- 14:51franchement,
- 14:51c'est le souci du détail qui m'importe.
- 14:54Et c'est pour ça que les gens vous disent,
- 14:56vous cherchez des pièces uniques,
- 15:00des pièces bien exécutées,
- 15:02allez à Inas Concept Store.
- 15:04Ce que ça me coûte,
- 15:05c'est beaucoup de travail.
- 15:06Je vous ai garanti que des fois,
- 15:08je peux travailler jusqu'à 1h du matin.
- 15:09Et même mon mari,
- 15:10des fois,
- 15:10il me dit,
- 15:11mais tu es plus avec ton téléphone qu'avec nous.
- 15:14Les clientes peuvent m'appeler à toute heure.
- 15:17Je ne ferme pas mon téléphone.
- 15:19Et c'est comme ça que ça marche.
- 15:20Donc,
- 15:20il y a une relation de confiance qui s'est installée entre nous.
- 15:24créateurs,
- 15:25mes clients.
- 15:27Et franchement,
- 15:29ça se passe assez bien.
- 15:30Ça se passe bien,
- 15:31je dirais.
- 15:33C'est une belle façon,
- 15:33en tout cas.
- 15:34On sent que c'est quelque part une forme de fédération.
- 15:37Vous parlez de famille,
- 15:38c'est le fait de travailler ensemble en bonne intelligence qui fait que ça peut être un succès.
- 15:45Ce que vous évoquez aussi,
- 15:46c'est que vous avez parlé plusieurs fois de vente éphémère,
- 15:48notamment à Alger.
- 15:50Vous parliez d'un voyage à Alger.
- 15:52Mais vous avez aussi dit qu'ils viennent à Bamako quand vous faites des ventes éphémères.
- 15:55Donc,
- 15:55est-ce que vous pouvez expliquer un petit peu ce concept ?
- 15:58Alors,
- 15:59les ventes éphémères,
- 16:00c'est quoi ?
- 16:01On les fait,
- 16:02moi j'en faisais jusqu'à 3-4 par an.
- 16:05C'est booster en fait les ventes de ces créateurs.
- 16:09J'invite un ou deux en même temps.
- 16:11Je le fais venir à Bamako et il s'amène avec sa dernière collection.
- 16:17Donc,
- 16:17qu'est-ce qu'on fait ?
- 16:17On l'organise sur deux jours,
- 16:19en général les week-ends.
- 16:20Les vendredis et samedis,
- 16:22on clôture l'événement toujours avec un cocktail.
- 16:25Et donc les dames,
- 16:26ça leur fait une sortie en plus,
- 16:27vous savez.
- 16:29Elles viennent,
- 16:29on fait le cocktail,
- 16:30elles échangent avec le créateur,
- 16:32ce qui n'est pas rien aussi.
- 16:34Donc elles ont en face d'elles Elie,
- 16:36le grand Elie.
- 16:37Bon voilà,
- 16:38je viens,
- 16:38Adama elle est là,
- 16:39Zach est là,
- 16:40Pélébé est là,
- 16:41Sofatou est venu,
- 16:43Hélène Dabat est venu,
- 16:44Ali Abaré est venu.
- 16:45Franchement,
- 16:46on a eu tout ce monde à la boutique,
- 16:48ce qui n'est pas rien,
- 16:49vous voyez.
- 16:50Je pense que tout le monde n'a pas cette chance que nous,
- 16:51on a eu à Inaz Concept Store.
- 16:54Comme je vous ai dit,
- 16:54Elie n'a pas de représentation dans les Concept Store.
- 16:57Le seul Concept Store dans lequel il envoie ses vêtements,
- 17:01c'est Inaz.
- 17:02Et je vous garantis qu'avec la plupart de ces gens,
- 17:05je n'ai pas de contrat écrit.
- 17:07La confiance,
- 17:08elle est là.
- 17:09On travaille comme ça.
- 17:13Donc ces événements,
- 17:14moi je les organise.
- 17:15J'ai fait le musée d'Inaz il n'y a pas longtemps.
- 17:18c'était au mois de juin de l'année dernière,
- 17:20il y a un an,
- 17:21j'ai demandé à toutes ces grandes maisons de couture de m'envoyer des pièces uniques.
- 17:26Et c'est à cette occasion qu'Elie s'est déplacée pour venir à Bamako.
- 17:30Ils m'ont envoyé leurs plus belles pièces,
- 17:32on a mis sur des mannequins,
- 17:33on a raconté l'histoire des vêtements qui étaient exposés,
- 17:38et j'ai eu du monde.
- 17:39Et comme je vous ai dit,
- 17:40on finit toujours par un cocktail qui réunit tout le monde.
- 17:42Et franchement,
- 17:44tout le monde était ravi.
- 17:45et les gens attendent
- 17:46toujours de vous ce genre d'événement vous voyez,
- 17:49parce que ça leur fait une sortie.
- 17:51Et donc c'est quelque chose qu'on a initié aussi à INAZ,
- 17:54que personne ne faisait auparavant.
- 17:57Ça nous coûte ce que ça nous coûte,
- 17:58mais moi franchement,
- 17:59je vous dis c'est un truc que je fais,
- 18:01c'est pas pour gagner de l'argent,
- 18:02on ne gagne pas de l'argent dans ça.
- 18:04Parce que ça vous prend votre temps,
- 18:05ça vous pompe votre énergie et tout,
- 18:07mais je le fais avec plaisir.
- 18:10Parce que ces gens,
- 18:10j'ai appris à les connaître,
- 18:12comme je vous dis,
- 18:12c'est devenu une famille pour moi.
- 18:15Donc,
- 18:16moi,
- 18:16mon plus grand plaisir,
- 18:17c'est de faire connaître leur marque.
- 18:19Et je ne compte pas pour ça.
- 18:22Enfin,
- 18:22je ne compte pas mes sous,
- 18:23je le fais.
- 18:24Je fonce tête baissée.
- 18:26Voilà.
- 18:27C'est un bel engagement.
- 18:29Vous parliez des clientes,
- 18:31en fait,
- 18:32qui viennent à ces cocktails,
- 18:33ça leur fait une sortie,
- 18:34elles ont l'opportunité de rencontrer les créateurs.
- 18:37Est-ce que vous pouvez parler un petit peu du profil des différents clients,
- 18:40en fait,
- 18:41du concept sort Inase ?
- 18:43Bon...
- 18:45Je ne peux pas dire que c'est un profil bien défini.
- 18:49J'ai de l'avocat à la femme d'intérieur qui ne travaille pas,
- 18:59mais qui aime.
- 19:00Vous savez,
- 19:00les femmes en Afrique sont très élégantes,
- 19:02elles aiment s'habiller.
- 19:04Il y a toujours des cérémonies de mariage,
- 19:05de baptême.
- 19:07Elles ne comptent pas aussi pour bien s'habiller,
- 19:11les femmes africaines.
- 19:12Elles investissent beaucoup dans les vêtements.
- 19:14On fait des bijoux également.
- 19:16Je travaille avec Imara,
- 19:19ces jeunes dames qui ont beaucoup de talent,
- 19:21qui sont au Sénégal,
- 19:22qui font des choses magnifiques.
- 19:25Donc,
- 19:25des bijoux modernes.
- 19:26Je travaille avec Dine aussi,
- 19:28Dine Djivoulri.
- 19:29Je crois qu'elle est installée aux États-Unis,
- 19:30Madina,
- 19:31qui fait de très belles choses.
- 19:33Donc,
- 19:33on a habitué ces dames qui étaient...
- 19:34À l'époque,
- 19:35elles ne portaient que des bijoux en or pour aller dans les cérémonies.
- 19:38Mais aujourd'hui,
- 19:39elles ont vu qu'il y a du potentiel,
- 19:40des bijoux fabriqués en Afrique.
- 19:43emplacés or et qui restent en fait.
- 19:47Le prix de l'or aussi a tellement monté qu'aujourd'hui,
- 19:50voilà,
- 19:50elles préfèrent acheter ces pièces-là qui sont très bien exécutées.
- 19:55Franchement,
- 19:55non mais,
- 19:57ils ont du talent ces artisans,
- 19:59ces créateurs,
- 20:00franchement.
- 20:00L'Afrique a beaucoup de talent.
- 20:03Donc on a appris à ces dames à porter autre chose que de l'or.
- 20:07Aujourd'hui,
- 20:07elles viennent choisir leur tenue et elles choisissent les bijoux en même temps et les chaussures aussi.
- 20:14Je travaille avec une jeune dame qui est installée en France.
- 20:17Paulelle,
- 20:18qui fait de très belles chaussures en cuir,
- 20:20des sacs aussi,
- 20:21des sacs à main,
- 20:22tout cuir.
- 20:24Et voilà,
- 20:25donc elles choisissent leur tenue,
- 20:26on les aide,
- 20:27parce qu'en même temps,
- 20:29on les aide,
- 20:29en fait,
- 20:30selon leur...
- 20:32Enfin,
- 20:32quand la cliente s'amène,
- 20:34elles ont aussi besoin de conseils.
- 20:36C'est pour ça que quand je suis pas là,
- 20:37c'est un peu compliqué.
- 20:38Pourtant,
- 20:38j'ai une fille qui est très bien,
- 20:39Mariam.
- 20:40Mais elles disent toujours,
- 20:41Madame Bali n'est pas là,
- 20:42elle ne rentre qu'en parce que je les habille de la tête au pied,
- 20:45je les aide du mieux que je peux.
- 20:47Cette couleur vous va,
- 20:48cette tenue pour telle cérémonie,
- 20:53vous ira.
- 20:55Pour un cocktail,
- 20:56voilà ce qu'il vous faut.
- 20:57Et le sac qu'il faut à côté,
- 21:00la paire de chaussures,
- 21:01les bijoux.
- 21:02Donc voilà,
- 21:03elles se sont habituées à mes conseils et des fois quand je ne suis pas là,
- 21:07c'est un peu compliqué.
- 21:09Mais on arrive toujours à s'en sortir parce qu'on fait des fois même des appels vidéo quand je ne suis pas à la boutique.
- 21:14Et je choisis avec elle et je regarde les essayages.
- 21:18Et voilà,
- 21:18donc la clientèle,
- 21:19je ne peux pas vous dire qu'il y a du tout en fait.
- 21:22Il y a du tout.
- 21:23Comme je vous ai dit,
- 21:24les Africaines sont des femmes très élégantes et qui savent mettre l'argent,
- 21:31s'habiller en fait.
- 21:33Donc,
- 21:33ce que je comprends,
- 21:34c'est que votre rôle au niveau du concept store,
- 21:37ce n'est pas seulement...
- 21:39Alors,
- 21:39ça va être toute une partie de sélection des pièces,
- 21:43mais ça va aussi être un rôle un peu de personnel styliste,
- 21:46en fait,
- 21:46de vraiment être là pour conseiller en détail la cliente.
- 21:50Et aujourd'hui,
- 21:50vous avez créé un lien qui fait que la consommatrice,
- 21:53elle va même être en...
- 21:55Comment dire ?
- 21:55Elle va être demandeuse de vos conseils pour s'assurer qu'elle va avoir le bon look.
- 22:00Exactement.
- 22:01On en est là.
- 22:02Je vous dis,
- 22:02on fait des appels vidéo quand je ne suis pas là.
- 22:05Des fois,
- 22:06je suis à la maison,
- 22:06je suis à la bourre,
- 22:07je suis en retard.
- 22:08Maria,
- 22:08elle m'appelle et me dit,
- 22:09bon,
- 22:09il y a telle cliente qui est là.
- 22:10OK,
- 22:10on met la vidéo.
- 22:12Faites-lui essayer telle robe.
- 22:14Bon,
- 22:14ça ne va pas,
- 22:14ça.
- 22:15Donnez-lui celle-là.
- 22:16Et puis voilà,
- 22:16OK,
- 22:17celle-là,
- 22:17elle est parfaite.
- 22:18Bon,
- 22:18maintenant,
- 22:19on passe aux bijoux.
- 22:20Et puis comme ça,
- 22:21de fil en aiguille,
- 22:22oui.
- 22:22La plupart du temps,
- 22:23ça se passe comme ça.
- 22:24Bon,
- 22:24il y en a qui arrivent et qui ne veulent pas trop qu'on les importe.
- 22:28Oui,
- 22:29oui,
- 22:29non,
- 22:29moi je suis venue pour...
- 22:30On a une cliente,
- 22:31elle ne vient que pour Sofatou.
- 22:33Elle se reconnaîtra.
- 22:34Moi,
- 22:34je ne veux que du Sofatou.
- 22:35Je dis,
- 22:35OK,
- 22:36voilà le Sofatou.
- 22:37Elle choisit ce qui est toute seule.
- 22:39Mais pour la plupart,
- 22:40elles ont besoin de mes conseils.
- 22:42Pour la plupart.
- 22:43Très bien.
- 22:44Et au niveau des clientes,
- 22:46la boutique,
- 22:46elle est située à Bamako.
- 22:47Donc,
- 22:47j'imagine qu'il y a une grande partie de la clientèle qui vient du Mali.
- 22:51Il y a aussi des ventes éphémères que vous faites en dehors de Bamako.
- 22:56Vous avez parlé d'une vente éphémère.
- 22:58Alger,
- 22:58mais est-ce que ça vous est arrivé d'en faire dans d'autres pays,
- 23:01dans d'autres villes ?
- 23:02Ah oui,
- 23:03j'en ai fait pas mal à
- 23:05Abidjan. J'ai fait une vente privée pour les fins d'année,
- 23:09l'année dernière,
- 23:10dans le local d'ailleurs de Sofatou,
- 23:12Abidjan,
- 23:13rue Desjardins.
- 23:14Elle m'a dit,
- 23:14écoute tata,
- 23:15j'ai une boutique là-bas,
- 23:16pourquoi tu vas aller chercher,
- 23:18tu vas louer une boutique ailleurs ?
- 23:21Je te mets à ta disposition là.
- 23:25Une partie de ma boutique et les vendeuses sont là.
- 23:27Effectivement,
- 23:28ça s'est très bien passé sur deux semaines.
- 23:30Et beaucoup de clientes.
- 23:31Vous savez,
- 23:31à Abidjan,
- 23:32pour les fêtes de fin d'année,
- 23:33vous avez toutes les clientes.
- 23:35Les gens viennent de partout pour fêter à Abidjan.
- 23:38Donc,
- 23:38j'ai retrouvé des clientes de Bamako,
- 23:40d'ailleurs.
- 23:41On a vu Inaz.
- 23:43Avec plaisir,
- 23:44elles nous ont retrouvées là-bas.
- 23:45On a fait de très belles ventes.
- 23:47Ensuite,
- 23:47ça a été chez une amie qui a organisé une vente privée chez elle.
- 23:51Une amie très chère que j'avais connue à Bamako.
- 23:54Le mari a été muté à Abidjan,
- 23:55il a organisé une vente privée autour d'un thé chez elle,
- 23:58avec des amis,
- 23:59ça a très bien marché.
- 24:00J'en ai fait trois à Abidjan quand même,
- 24:03courant 2024.
- 24:05Moi à Dakar,
- 24:05ce n'est pas possible parce que tous les dizaineurs sont à Dakar.
- 24:08Faire une vente privée à Dakar,
- 24:09non.
- 24:10Mais à Abidjan,
- 24:11ça marche très bien.
- 24:12Et j'ai des projets pour la fin 2025,
- 24:15fin d'année 2025 à
- 24:18Abidjan. Oui,
- 24:18une grande vente éphémère.
- 24:20Et là,
- 24:20comme je vous ai dit,
- 24:21j'allais à Alger et mes nièces m'ont dit,
- 24:22« Mais tata,
- 24:23tu ramènes des pièces avec toi parce qu'il y a beaucoup de demandes. »
- 24:26Elles commandent beaucoup à Bamako,
- 24:28elles portent beaucoup les vêtements de nos créateurs.
- 24:31Et ce que j'ai fait,
- 24:32à la dernière minute,
- 24:33j'étais ici à Paris,
- 24:35j'ai fait envoyer des pièces de Bamako,
- 24:37d'Abidjan,
- 24:38que j'ai amenées avec moi à Alger et c'est parti.
- 24:40Mais alors,
- 24:42comme ça,
- 24:43tout est parti.
- 24:44Parce que les Algériens aussi découvrent la mode africaine de l'Ouest.
- 24:49Ils apprécient beaucoup.
- 24:52Est-ce que,
- 24:53du coup,
- 24:53avec le succès de ces ventes éphémères dans différentes capitales,
- 24:57est-ce qu'il y a une volonté peut-être de créer d'autres concept stores Inas dans d'autres pays que le Mali ?
- 25:05Oui,
- 25:05peut-être.
- 25:07Dans un proche avenir,
- 25:08peut-être.
- 25:09Pas dans plusieurs pays,
- 25:10parce que ce n'est pas évident.
- 25:11Là,
- 25:12pas perasserie et tout.
- 25:13Ce n'est pas évident.
- 25:14Peut-être dans une ville,
- 25:16je me dis que si je dois le faire,
- 25:17ça sera à Bidjan.
- 25:18Parce que j'ai un pied à terre à Bidjan,
- 25:20désormais.
- 25:21C'est ma ville,
- 25:22j'y ai grandi et je la retrouve avec plaisir.
- 25:25J'ai de très bons souvenirs de la Côte d'Ivoire.
- 25:28Et donc je me dis,
- 25:30peut-être que si je dois ouvrir un second concept store,
- 25:33ça sera à Bidjan.
- 25:34Parce qu'à Dakar,
- 25:35non,
- 25:35il y en a trop à Dakar.
- 25:38Et d'ailleurs,
- 25:38tous les créateurs ont des boutiques à Dakar.
- 25:43On pignon sur rue à Dakar,
- 25:45donc ce n'est pas possible là-bas.
- 25:47Par contre,
- 25:47à Abidjan,
- 25:48ça peut le faire.
- 25:50Mais c'est surtout la paperasserie le problème.
- 25:52En Afrique,
- 25:53c'est ça notre problème.
- 25:54S'installer,
- 25:55ce n'est pas évident.
- 25:56Ça fait vraiment partie des déchets,
- 25:58en fait,
- 25:59de pouvoir un peu s'exporter dans d'autres pays.
- 26:04Effectivement,
- 26:07Abidjan serait un choix assez judicieux par rapport à...
- 26:11aux ventes éphémères qui ont déjà été réalisées,
- 26:13qui ont été un succès.
- 26:15Du coup,
- 26:16parmi les personnes qui connaissent Inas,
- 26:17il va y avoir forcément des gens qui sont au Mali,
- 26:21mais aussi des gens à l'extérieur.
- 26:23Et donc,
- 26:24au fil de nos clientèles,
- 26:25vous allez avoir,
- 26:26j'imagine,
- 26:27des personnes issues de la diaspora,
- 26:29des personnes qui sont basées en Afrique,
- 26:32peut-être aussi des expatriés ou des personnes qui ne sont pas forcément africaines d'origine,
- 26:38mais qui sont consommatrices.
- 26:40Oui,
- 26:41j'ai eu pas mal d'experts.
- 26:42J'ai eu des Italiens,
- 26:44vraiment des clients fidèles à Inas Concept Store,
- 26:49des Italiens,
- 26:50des Américains aussi.
- 26:53Je ne citerai pas de noms qui m'ont beaucoup aidé.
- 26:57Franchement,
- 26:57des Américains qui m'ont beaucoup aidé,
- 26:59qui ont porté mes pièces aux États-Unis,
- 27:02qui ont amené des clients à chaque fois qu'ils avaient des amis de passage à Bamako.
- 27:09Allez visiter Inas Concept Store,
- 27:10vous allez,
- 27:11et puis de l'Afrique aussi du sud,
- 27:13j'en ai eu beaucoup.
- 27:14De ce côté de l'Afrique,
- 27:16du Rwanda,
- 27:17d'ailleurs j'ai une amie du Rwanda qui me demande de venir faire une vente,
- 27:20du Burundi.
- 27:21Ah oui,
- 27:21j'ai pas mal de clients de tous ces pays-là.
- 27:24Autant d'Europe,
- 27:25la diaspora,
- 27:26et les Européennes aussi,
- 27:28j'en ai eu pas mal.
- 27:29Oui,
- 27:30j'en ai eu pas mal.
- 27:31Et qui continuent à commander d'ailleurs de loin.
- 27:34Oui,
- 27:34donc voilà.
- 27:36Et ces gens m'ont beaucoup aidée,
- 27:38ont beaucoup parlé de Inas Concept Store dans leur pays d'origine.
- 27:41Et des fois,
- 27:43j'ai à la boutique des gens qui viennent,
- 27:44des dames qui viennent et qui me disent « Ah,
- 27:45j'ai été recommandée par une telle,
- 27:48j'ai vu de belles tenues sur elle,
- 27:50elle m'a dit qu'elle les a achetées chez vous,
- 27:52ici au Mali. »
- 27:53Donc voilà.
- 27:54Et à l'époque,
- 27:57j'avais des clientes qui sont rentrées aujourd'hui chez elles de Burundi qui venaient pour un après-midi habiller toute la famille.
- 28:04Elles faisaient des appels vidéo de la boutique,
- 28:06les parents choisissaient,
- 28:08les soeurs,
- 28:09les cousines.
- 28:10Franchement,
- 28:12c'est que du bonheur,
- 28:13que du bonheur.
- 28:14Et avec celle-là aussi,
- 28:15on a créé des liens.
- 28:17Comme je vous dis,
- 28:18c'est devenu,
- 28:18même mes clientes,
- 28:19c'est devenu des...
- 28:21En fait,
- 28:21c'est devenu une grande famille.
- 28:24Même de loin,
- 28:24elles continuent à acheter.
- 28:27J'aime bien ce concept de famille que vous répétez parce qu'il y a le côté,
- 28:30il y a la famille avec les créateurs,
- 28:32mais il y a la famille également avec les clients.
- 28:34Et à chaque fois,
- 28:35vous avez réussi à créer des liens authentiques et solides.
- 28:39Donc,
- 28:40ce que vous évoquez,
- 28:40c'est que vous avez été recommandé et donc,
- 28:44il y a des gens qui connaissent la marque.
- 28:45Mais j'imagine aussi qu'en termes de stratégie de communication,
- 28:49notamment sur les réseaux sociaux,
- 28:50il y a un certain nombre de choses que vous avez mises en place pour faire connaître Inès Concept Store.
- 28:54Est-ce que vous pouvez parler un petit peu de la manière dont vous travaillez la communication ?
- 28:58Alors,
- 28:59j'ai un bon petit community manager que j'appelle mon fils,
- 29:03Djibril Améga.
- 29:05Je lui fais un clin d'œil.
- 29:06Il est vraiment très,
- 29:08très actif sur les réseaux sociaux.
- 29:11Il communique beaucoup.
- 29:12Et moi aussi,
- 29:13je ne suis pas très calée dans ce...
- 29:15Mais je sais,
- 29:16je poste des story-to-story au quotidien,
- 29:18à tel point que quand je n'en fais pas du tout...
- 29:20Mais qu'est-ce qui se passe,
- 29:21Madame Bali ?
- 29:22On ne vous a pas entendue aujourd'hui,
- 29:23on ne vous a pas vue et tout.
- 29:25Donc,
- 29:25tous les jours,
- 29:26je communique sur mes voyages,
- 29:28sur ce que je fais en fait.
- 29:29Ils ont besoin de savoir ce que je fais au quotidien.
- 29:32Mais Djibrila,
- 29:33franchement,
- 29:34il est bon,
- 29:35il est excellent.
- 29:36Il fait bien son boulot.
- 29:37Et d'ailleurs,
- 29:38tout le monde l'apprécie,
- 29:39je l'appelle mon fils.
- 29:40Parce qu'il est jeune,
- 29:41il est à l'âge de mes filles.
- 29:42Il est toujours là quand je fais les ventes,
- 29:44quand je fais les événements.
- 29:45Il est là et il fait du mieux qu'il peut pour faire connaître Inaz.
- 29:48Donc on communique beaucoup.
- 29:50Autant lui que les filles,
- 29:52ma co-gérante Mariam.
- 29:55Je fais un petit clin d'œil à Mariam parce que c'est elle qui tient la boutique aujourd'hui.
- 29:59Moi,
- 30:00je bouge beaucoup.
- 30:01Je voyage énormément,
- 30:02mais Mariam tient d'une main de faire la boutique.
- 30:04Et je n'ai que de bons retours.
- 30:06Par rapport déjà,
- 30:08parce qu'elle a pris le relais.
- 30:09Elle sélectionne aujourd'hui.
- 30:10Elle a pris à mes côtés.
- 30:12Elle sélectionne,
- 30:13elle choisit.
- 30:14Tout le monde me dit,
- 30:15mais Mariam,
- 30:16elle est parfaite.
- 30:17Et d'ailleurs,
- 30:18c'est elle qui m'apaise un peu,
- 30:20parce que moi,
- 30:20des fois,
- 30:20je suis un peu,
- 30:21vous savez,
- 30:24les clientes aussi,
- 30:26des fois,
- 30:26on en a des...
- 30:27Enfin,
- 30:28c'est pas toujours évident.
- 30:30Alors,
- 30:30quand je m'énerve,
- 30:31c'est elle qui me...
- 30:32Bon,
- 30:32madame,
- 30:33vous me laissez faire,
- 30:34vous êtes fatiguée.
- 30:34Mettez-vous de côté,
- 30:35je vais gérer.
- 30:36Elle est d'une douceur extraordinaire.
- 30:38Donc,
- 30:38Mariam,
- 30:38merci pour tout ce que tu fais à
- 30:41Inaz Concept Store.
- 30:42C'est une de mes filles aussi.
- 30:44C'est toutes mes filles.
- 30:46Et d'ailleurs,
- 30:47j'ai vu une fois une dame poster sur Instagram,
- 30:52parler d'Inaz.
- 30:53Elle a présenté ses tenues.
- 30:54Elle dit,
- 30:54je vous recommande la Tata.
- 30:56Elle est très gentille.
- 30:57Ça fait chaud au cœur,
- 30:58ça.
- 30:58Parce que je communique beaucoup avec elle.
- 31:01Je communique énormément avec les clientes.
- 31:03Dès que vous franchissez le sol de la boutique,
- 31:06Mariam vous accueille et moi,
- 31:07je prends le relais.
- 31:08Et elles sont vraiment à l'aise.
- 31:09Elles aiment ça.
- 31:10C'est important aussi en même temps.
- 31:12Quand les gens viennent acheter une pièce,
- 31:15c'est des pièces qui coûtent des fois assez cher pour les cérémonies.
- 31:19Alors,
- 31:19on est obligé de donner quand même toute notre attention.
- 31:22Enfin,
- 31:22même pas obligé,
- 31:23moi je le fais avec plaisir,
- 31:24ce n'est pas une obligation,
- 31:25je le fais avec plaisir.
- 31:27Et quand ça ne va pas,
- 31:28je dis à la cliente,
- 31:29non,
- 31:29moi je trouve que ça,
- 31:30ça ne vous met pas en valeur.
- 31:31Et elles écoutent.
- 31:32Donc côté communication du Brilamega,
- 31:34franchement,
- 31:35bravo à lui.
- 31:36Ce jeune homme,
- 31:37il assure.
- 31:38Et moi aussi,
- 31:39je vous ai dit,
- 31:40j'ai commencé,
- 31:40et là je ne peux plus m'arrêter.
- 31:43Dès que j'arrête,
- 31:44on me dit « Qu'est-ce qui se passe,
- 31:45Tata Fatouma ?
- 31:46Vous êtes où ?
- 31:46On ne vous a pas vu aujourd'hui. »
- 31:49Effectivement,
- 31:49c'est une communication efficace de tous les instants et c'est aussi un rapport de proximité que vous avez su créer avec votre audience qui fait que les gens…
- 31:59C'est un peu un prolongement de l'expérience en boutique.
- 32:03Et d'un point de vue logistique,
- 32:06ce que j'entends,
- 32:06c'est qu'aujourd'hui…
- 32:09certes la boutique est à Bamako,
- 32:11mais vous faites des ventes éphémères,
- 32:12donc il faut faire acheminer la marchandise,
- 32:17que ce soit à Abidjan ou à Alger.
- 32:19Quand vous avez des clients à l'international,
- 32:21il faut être capable de les livrer aussi.
- 32:23Comment est-ce que vous vous organisez d'un point de vue logistique pour pouvoir gérer cette partie-là,
- 32:28qui elle aussi doit être un enjeu assez costaud en fait ?
- 32:33Exactement,
- 32:34très costaud.
- 32:35Mais je suis aussi tissée des liens très étroits.
- 32:38Avec les GP,
- 32:40je travaille avec des GP très efficaces,
- 32:42Amadou Dia au Sénégal,
- 32:44Bassirou Dia,
- 32:45qui sont devenus aussi des membres de la grande famille Inaz.
- 32:48D'ailleurs,
- 32:49ils m'envoient des fois des messages.
- 32:51Ah oui,
- 32:51Madame Bali,
- 32:52j'ai une jeune créatrice qui vient de commencer.
- 32:54Je dis Amadou,
- 32:55c'est bon,
- 32:55ça suffit,
- 32:56j'en ai au moins une vingtaine,
- 32:57vingt-cinq.
- 32:59Il faut déjà gérer cela,
- 33:00OK ?
- 33:01On se calme.
- 33:02Abidjan,
- 33:02pareil.
- 33:03Donc,
- 33:03on a tous les bons GP.
- 33:05En fait,
- 33:05aujourd'hui,
- 33:06en Afrique,
- 33:06ils sont tellement bien organisés que vous pouvez envoyer des vêtements partout.
- 33:10On en a envoyé au Canada,
- 33:11aux États-Unis.
- 33:12Ils sont vraiment efficaces.
- 33:14Donc,
- 33:14voilà.
- 33:15En fait,
- 33:15ils nous aident beaucoup aussi,
- 33:16ces GP.
- 33:18Énormément.
- 33:18Ils font bien leur boulot,
- 33:20franchement.
- 33:21Je tiens à les saluer,
- 33:22d'ailleurs,
- 33:23pour ça,
- 33:23parce que c'est du sérieux.
- 33:26Là aussi,
- 33:26on a pu tisser des liens de famille,
- 33:30pareil.
- 33:30Très bien,
- 33:31donc c'est vraiment un pilier solide,
- 33:33parce que c'est clair qu'il faut un client satisfait en boutique,
- 33:36il faut aussi que la personne qui achète à distance,
- 33:38elle puisse se sentir sécurisée sur le fait qu'elle va recevoir son article dans un délai relativement court et puis dans des conditions parfaites.
- 33:49Donc là,
- 33:50vous avez mis ça en place.
- 33:51Moi,
- 33:52j'ai envie de revenir un petit peu sur la boutique,
- 33:54le concept store.
- 33:56Vous parliez de 25 marques.
- 33:58Comment ça s'organise en termes de merchandising ?
- 34:00Parce qu'il faut réfléchir à la manière dont on dispose les différentes marques.
- 34:04Et puis,
- 34:04est-ce qu'il y a des marques qui disent,
- 34:05moi,
- 34:05je vais être devant,
- 34:06moi,
- 34:06je ne vais pas être à côté de celle-ci ?
- 34:08Comment est-ce que vous gérez,
- 34:09en fait,
- 34:10l'harmonie dans la boutique ?
- 34:12Parce que quand on a 25 marques,
- 34:13il faut quand même arriver à créer quelque chose d'harmonieux.
- 34:16En général,
- 34:16c'est ça la force des concept stores,
- 34:18c'est d'avoir l'œil pour...
- 34:21proposer quelque chose d'harmonieux,
- 34:23de joli,
- 34:23offrir la meilleure expérience au client et en même temps s'assurer qu'on donne à chaque marque l'opportunité d'avoir un espace pour bien s'exprimer.
- 34:32Bon,
- 34:33franchement,
- 34:33je n'ai pas de problème du style.
- 34:35Je ne veux pas être à côté de celle-ci ou celle-là,
- 34:38non.
- 34:39Avec ces dames ou avec ces messieurs,
- 34:41non.
- 34:41Je n'ai jamais eu ce genre de problème.
- 34:43Moi,
- 34:43je vais vous raconter une petite anecdote.
- 34:45J'ai fait une vente privée avec Jacques Pélébé qui est venu à
- 34:49Bamako.
- 34:50Et je l'ai vu,
- 34:51ce monsieur,
- 34:51vendre des vêtements d'autres marques qui ne sont pas la sienne.
- 34:57Ah oui,
- 34:58quand une cliente rentrait,
- 35:00il disait,
- 35:01bon,
- 35:02madame,
- 35:02voilà,
- 35:03ça c'est du Alia Baré,
- 35:06elle fait de belles choses.
- 35:07J'ai dit,
- 35:08mais ça,
- 35:08qu'est-ce qu'il me dit ?
- 35:09Mais c'est comme ça.
- 35:10C'est comme ça qu'il faut travailler,
- 35:11il faut s'entraider,
- 35:12il faut s'entraider les uns les autres.
- 35:14Et je l'ai vu,
- 35:15d'ailleurs,
- 35:15vendre plus de vêtements d'autres marques que la sienne.
- 35:18Bon,
- 35:18nous,
- 35:19qu'est-ce qu'on fait ?
- 35:20Il n'y a pas de marque,
- 35:22on essaie de toutes les mettre en valeur.
- 35:25Donc qu'est-ce qu'on fait ?
- 35:25On a des mannequins et ça roule en fait.
- 35:28Aujourd'hui,
- 35:28les quatre mannequins,
- 35:29on les habille à Damapari.
- 35:31Deux jours après,
- 35:32on fait porter du amour de tunique,
- 35:35après ça sera SOA.
- 35:36Bon,
- 35:37on les met toutes sur les mêmes pieds d'illégalité quand même.
- 35:40On essaie du mieux qu'on peut,
- 35:43donc de valoriser toutes en même temps.
- 35:45Mais je n'ai jamais eu de problème du genre.
- 35:47je ne veux pas être avec celle-ci parce que ce n'est même pas possible ça.
- 35:50Moi,
- 35:50le designer,
- 35:51le créateur qui commence à me dire je ne veux pas être à côté de celui-ci ou de celle-là,
- 35:55là,
- 35:55je vais réfléchir plus de dix fois avant de continuer avec.
- 35:59Parce que pour moi,
- 36:00tout le monde est pareil.
- 36:01Comme je vous dis,
- 36:03j'ai commencé à travailler avec une jeune styliste du Ghana et qui aujourd'hui a sa place parmi les plus grands.
- 36:12Elle n'était pas connue il y a un an,
- 36:13mais aujourd'hui,
- 36:14elle m'a dit que tout le monde m'appelle de partout.
- 36:16Elle a un travail bien soigné,
- 36:19elle fait bien les choses,
- 36:21de beaux coloris,
- 36:22de beaux designs.
- 36:24Et aujourd'hui,
- 36:24elle a sa place parmi les plus grands,
- 36:26vous voyez.
- 36:27Donc,
- 36:27on essaie du mieux qu'on peut,
- 36:28on les met tous sur le même pied d'égalité.
- 36:30Moi,
- 36:30je n'ai pas de préférence pour tel ou tel.
- 36:32Une fois que je vous ai accepté,
- 36:34ça veut dire que vous êtes à la hauteur.
- 36:35Donc,
- 36:35je dois vous mettre sur le même pied d'égalité que les autres.
- 36:39Et c'est comme ça que ça doit fonctionner.
- 36:41Et donc,
- 36:42on change souvent les vitrines,
- 36:43on met tout le monde à l'honneur.
- 36:45Alors une semaine c'est elle,
- 36:47la semaine d'après c'est celui-là et c'est l'autre.
- 36:49Et on présente toutes les marques à la cliente qui rentre.
- 36:52Maintenant selon l'événement pour lequel elle veut être habillée,
- 36:56on lui dit bon il y a des robes de cocktail,
- 36:58celle-là c'est celle qui fait le mieux les robes de cocktail.
- 37:01Pour les grandes cérémonies de mariage,
- 37:02voilà c'est cette marque et ainsi de suite.
- 37:04Donc c'est comme ça qu'on procède.
- 37:07Et on s'en sort plutôt bien parce qu'on n'a jamais eu de plainte de qui que ce soit,
- 37:11jamais.
- 37:12Sur ce plan-là,
- 37:12non.
- 37:15Je pense qu'il voit quand même qu'on fait notre maximum.
- 37:18Vous savez,
- 37:18ce boulot n'est pas facile.
- 37:20Ça vous bouffe,
- 37:22ça vous pompe toute votre énergie,
- 37:24c'est un vrai casse-tête.
- 37:26Et on travaille tout le temps,
- 37:27en fait.
- 37:28On travaille sans arrêt,
- 37:29on ne s'en rend pas compte.
- 37:30Même en vacances,
- 37:31là,
- 37:31vous voyez,
- 37:31j'étais venue pour un mois de vacances,
- 37:33mais j'ai travaillé pendant trois semaines au moins.
- 37:36Et ça n'arrête pas.
- 37:37Heureusement que les enfants sont grands,
- 37:39d'ailleurs.
- 37:40Tout le monde est parti,
- 37:41sinon c'est compliqué.
- 37:43Si j'avais eu des enfants en bas âge...
- 37:45Je ne pense pas que j'aurais pu le faire.
- 37:47Et du coup,
- 37:48qu'est-ce qui vous prend le plus de temps,
- 37:49justement,
- 37:49quand vous dites,
- 37:50voilà,
- 37:50c'est un travail de tous les jours qui prend énormément de temps ?
- 37:53C'est finalement des clients qui vont faire des demandes ?
- 37:56C'est des marques qui vous sollicitent ?
- 37:58Qu'est-ce qui fait que ça prend du temps en permanence ?
- 38:01Ou c'est des événements que vous êtes en train d'organiser sur la fin d'année et vous commencez dès à présent ?
- 38:07Les événements,
- 38:08déjà,
- 38:08c'est vrai.
- 38:09On commence déjà là,
- 38:10on en a un en fin d'année.
- 38:12Et on en parle déjà.
- 38:13Mais les clientes aussi,
- 38:15qui peuvent,
- 38:15qui vous écrivent à tout moment,
- 38:17en fait.
- 38:18De jour comme de nuit.
- 38:19Et il faut répondre.
- 38:20Il faut être là.
- 38:22Mon téléphone,
- 38:22il est toujours à côté de moi.
- 38:24Elles savent que je suis là,
- 38:25mais elles m'écrivent,
- 38:26voilà,
- 38:27tel événement,
- 38:29qu'est-ce que vous me conseillez ?
- 38:30Je dis,
- 38:30mais Maria,
- 38:31oui,
- 38:31mais on préfère que ce soit vous qui nous conseillez.
- 38:34Vous voyez,
- 38:35la cliente de Burkina Faso,
- 38:37du Mali ou du Sénégal,
- 38:39enfin non,
- 38:40pas le Sénégal,
- 38:40non,
- 38:41de la Côte d'Ivoire ou ailleurs,
- 38:43de Burundi,
- 38:43de Rwanda,
- 38:44du Kenya,
- 38:45de l'Afrique du Sud même,
- 38:47ils vous diront,
- 38:47bon,
- 38:47moi,
- 38:48j'ai quelqu'un qui vient dans tant de jours,
- 38:51qui est dans le système des Nations Unies.
- 38:53Vous devez envoyer le vêtement,
- 38:55choisir déjà avec elle,
- 38:56finaliser le choix de la cliente.
- 39:00Pouvoir expédier le vêtement sur Abidjan,
- 39:03le remettre à la personne en question.
- 39:05Et tout ça aussi,
- 39:06c'est du travail.
- 39:08Et à tout moment,
- 39:09vous avez ce genre de doléances,
- 39:11à tout moment.
- 39:12Donc moi,
- 39:13mon téléphone,
- 39:14c'est seulement ces derniers temps que j'ai commencé à l'éteindre,
- 39:16parce que ce n'est pas possible.
- 39:17Des fois,
- 39:18jusqu'à une heure du matin,
- 39:19je vous ai dit à mon époux.
- 39:20Il y a des moments où ça l'a gassé,
- 39:22pourtant il m'a beaucoup soutenu et encouragé.
- 39:30Mais il y a des moments où lui aussi,
- 39:32il en a marre de mon téléphone qui fait du bruit.
- 39:35Donc maintenant,
- 39:35j'ai appris à l'éteindre.
- 39:36Au-delà d'une certaine heure,
- 39:38je l'éteins.
- 39:40Oui,
- 39:40c'est important de savoir se préserver.
- 39:41C'est important de se sentir investi de sa mission et de bien faire son travail,
- 39:45mais il faut aussi savoir se préserver parce qu'en fait,
- 39:47il y aura toujours un nouvel événement et il y aura toujours...
- 39:50comment dire,
- 39:51quelqu'un qui a un besoin,
- 39:52mais en même temps,
- 39:52c'est aussi une réussite.
- 39:53Donc,
- 39:53je peux comprendre que vous ayez du mal à l'éteindre parce que d'être sollicité,
- 39:57c'est que le concept fonctionne,
- 39:59que les gens pensent à vous.
- 40:01Et d'un côté,
- 40:02il y en a,
- 40:02leur téléphone sonne tout le temps.
- 40:04Il y en a d'autres,
- 40:04le téléphone ne sonne pas et ils aimeraient le voir.
- 40:08Donc,
- 40:11je ne sais pas.
- 40:11Qu'est-ce qu'il y a de mieux ?
- 40:12Avoir le téléphone qui sonne trop ou le téléphone qui ne sonne pas ?
- 40:14Ce n'est pas évident.
- 40:16Le juste milieu.
- 40:17Ça n'existe pas.
- 40:19Le juste milieu.
- 40:22quand ça sonne trop c'est pas évident et quand ça sonne pas aussi on est pas bien et quand ça sonne trop c'est quand même un signe que il y a quelque chose qu'on a bien fait dans l'histoire d'une manière ou d'une autre donc c'est ça qui est important aussi oui oui exactement exactement mais je sais que je travaille beaucoup et franchement je
- 40:42dirais à la limite que c'est normal parce que je me suis beaucoup investie je m'investis un peu trop dans cette affaire
- 40:48Je ne fais que ça,
- 40:49d'ailleurs.
- 40:49Comme je vous ai dit,
- 40:50les enfants ont grandi,
- 40:51les filles ont pris leur voie.
- 40:52Donc,
- 40:52je ne fais que ça.
- 40:54Je ne fais que ça.
- 40:55Même en vacances,
- 40:56je n'arrête pas.
- 40:57J'ai une amie très chère,
- 40:58elle se reconnaîtra.
- 40:59On est souvent ensemble.
- 41:00Elle me dit toujours,
- 41:01toi,
- 41:02ton téléphone et toi,
- 41:03c'est une histoire d'amour.
- 41:05Je dis,
- 41:05ben oui,
- 41:05je ne peux pas lui quitter mon téléphone.
- 41:07D'ailleurs,
- 41:07on m'a volé mon téléphone.
- 41:08La première semaine de vacances à Paris,
- 41:10on m'a volé mon téléphone.
- 41:12Mais j'étais perdue.
- 41:13J'avais tous mes comptes,
- 41:14toutes mes données,
- 41:15les photos et tout.
- 41:16mais je voudrais...
- 41:17Je vous jure que ça a été très,
- 41:18très dur pour moi.
- 41:19Bon,
- 41:19heureusement que j'avais un deuxième téléphone.
- 41:22Il fallait récupérer tous les contacts,
- 41:24les photos.
- 41:24Bon,
- 41:25heureusement qu'Innaz Concept Store a toutes ses photos.
- 41:28Mais ça a été un coup dur pour moi.
- 41:32Comme quoi.
- 41:32Oui,
- 41:32il y a vraiment toutes ces...
- 41:34Parfois,
- 41:34on ne pense pas toujours à...
- 41:35Enfin,
- 41:36on n'aime pas forcément,
- 41:38comment dire,
- 41:40conserver toutes ces données dans le cloud pour être sûre que si on perd l'appareil,
- 41:44on retrouve forcément ces données.
- 41:45Mais parfois,
- 41:46ça...
- 41:47Si,
- 41:47parce que ça peut arriver,
- 41:48effectivement,
- 41:50de perdre ou d'être volée.
- 41:52Désolée pour vous que votre arrivée à Paris...
- 41:55Ah oui,
- 41:56je vous jure,
- 41:57ça a été dur.
- 42:00J'étais déprimée ce jour-là.
- 42:01Heureusement que j'étais avec cette amie,
- 42:03cette sœur,
- 42:05qui a su vraiment trouver les mots pour me consoler.
- 42:08Et bon,
- 42:09avec le cloud,
- 42:09effectivement,
- 42:10j'ai retrouvé pas mal de contacts.
- 42:14Et comme je vous dis,
- 42:14ma chance est que le...
- 42:16de la boutique aussi,
- 42:17qui est en permanence à bas,
- 42:18l'ordinateur,
- 42:18ils ont tout ça.
- 42:20Donc,
- 42:20en fait,
- 42:21voilà.
- 42:22C'est juste à mon niveau.
- 42:24Parce que le téléphone,
- 42:25c'est incroyable.
- 42:26Sans téléphone,
- 42:27on ne peut pas vivre.
- 42:28Je me dis,
- 42:29mais comment on faisait avant ?
- 42:31Et pourtant,
- 42:32on faisait.
- 42:34Oui,
- 42:35on faisait,
- 42:35oui.
- 42:35Oui ?
- 42:37Oui,
- 42:38mais bon.
- 42:39En tout cas,
- 42:40voilà quoi.
- 42:41C'est comme ça qu'on essaie de gérer du mieux qu'on peut.
- 42:44Mais c'est sûr que moi,
- 42:45je suis un peu trop disponible.
- 42:47Un peu trop.
- 42:51Je fais beaucoup.
- 42:52Je pense que je devrais ralentir un peu le rythme.
- 42:54Ralentir,
- 42:55arriver à déléguer.
- 42:57Vous évoquiez Mariam qui a pris le relais dans la boutique.
- 43:00Voilà,
- 43:00il faut essayer de déléguer au mieux.
- 43:04Mais après,
- 43:04quand on fait les choses par passion,
- 43:06c'est pas évident de trouver le bon curseur pour...
- 43:12pour dire « bon ben là,
- 43:13je réponds pas à cet appel »
- 43:14ou alors « je vais demander à quelqu'un de gérer pour moi cette partie-là » ,
- 43:18c'est pas évident,
- 43:19c'est vraiment pas évident.
- 43:19Quand on est très investi et qu'on a mis ses tripes dans un projet,
- 43:23c'est pas évident de déléguer en fait.
- 43:26Exactement,
- 43:27et d'ailleurs ça me dérange parce que je me dis que Mariam peut mal le prendre,
- 43:30mais bon c'est une fille qui comprend.
- 43:33Des fois c'est vrai que je me dis je lui fais de l'ombre,
- 43:35c'est pas normal,
- 43:36mais bon.
- 43:37En même temps,
- 43:40c'est les clientes aussi qui me forcent,
- 43:42elles me forcent.
- 43:46De toute façon c'est difficile de leur dire non c'est pas possible cette fois-ci,
- 43:50je ne serai pas dispo,
- 43:51mais au moins s'offrir des...
- 43:53Peut-être prévenir avant,
- 43:54petit message,
- 43:55pendant les deux prochaines semaines.
- 43:56Il faut faire un test pendant une semaine.
- 43:58Cette semaine-là,
- 44:00mon téléphone est fermé.
- 44:01Commencez par une,
- 44:02peut-être deux,
- 44:03peut-être trois.
- 44:04Il faut le faire progressivement,
- 44:05en fait.
- 44:05Et après,
- 44:05les gens vont s'habituer.
- 44:06Si vous dites,
- 44:07voilà,
- 44:08tous les ans,
- 44:08de telle période à telle période,
- 44:09ce n'est plus moi qui gère.
- 44:12En général,
- 44:12quand on fait ça,
- 44:13ce que font les gens,
- 44:14ils disent,
- 44:14tu as dit du 1er août au 31,
- 44:16d'accord.
- 44:16Au mois de juillet,
- 44:17ils vont bombarder.
- 44:18Au mois de septembre,
- 44:19ils vont bombarder.
- 44:19Ils vont respecter,
- 44:21mais ils vont...
- 44:22En termes de planning,
- 44:23mais ça peut être ça.
- 44:25Si les gens sont venus,
- 44:25en général,
- 44:26ils sont compréhensifs.
- 44:28Oui,
- 44:28très compréhensifs.
- 44:29Non,
- 44:30mais la plupart des clientes quand même s'adressent à Mariam.
- 44:34Madame n'est pas là,
- 44:35elle est partie.
- 44:36Ah oui,
- 44:36Mariam a assuré.
- 44:38Elle a été là,
- 44:39l'accueil a été formidable.
- 44:42À votre image,
- 44:43vous voyez,
- 44:44Mariam est une fille formidable.
- 44:45Franchement,
- 44:46c'est une chance que j'ai eu de la voir,
- 44:47cette fille-là.
- 44:48C'est une bénédiction pour moi.
- 44:51Donc voilà,
- 44:51elle s'est habituée à Mariam.
- 44:53Bon,
- 44:54pour certains,
- 44:54les plus récalcitrantes,
- 44:55qui sont vraiment habituées à ce que je les conseille,
- 44:58là,
- 44:59c'est autre chose.
- 45:01Celle qui aime être habillée des pieds à la tête,
- 45:03c'est moins évident.
- 45:06Il faut toujours que je donne mon petit avis.
- 45:07Oui,
- 45:07mais après,
- 45:08il y en a qui se sont habituées comme ça et ça les rassure.
- 45:11Et si chaque fois qu'ils ont été conseillés par vous,
- 45:14ça a été un succès,
- 45:16ils se disent...
- 45:17Je ne vais pas changer la recette du succès.
- 45:19Il faut que je...
- 45:20J'ai toujours fait comme ça et je vais continuer comme ça.
- 45:22Donc,
- 45:22ça peut se comprendre.
- 45:24Oui,
- 45:24exactement.
- 45:25Ça se comprend,
- 45:26oui.
- 45:26Je comprends.
- 45:28Au niveau de la boutique,
- 45:29donc,
- 45:29vous faites des sélections auprès des marques.
- 45:31C'est des sélections de pièces de prêt-à-porter.
- 45:34Est-ce qu'il y a de la place pour du sur-mesure ou pour,
- 45:38parfois,
- 45:39certaines modifications ?
- 45:41parce qu'on veut raccourcir quelque chose ou allonger quelque chose.
- 45:45Est-ce que vous faites ça ou c'est vraiment du prêt-à-porter uniquement ?
- 45:49Non,
- 45:49on fait des retouches aussi.
- 45:50Alors,
- 45:50qu'est-ce que les stylistes font ?
- 45:53Ils font toujours du très long.
- 45:55Nous,
- 45:55tout ce qu'on peut faire,
- 45:56c'est raccourcir et mettre la taille de la cliente.
- 46:00Comme c'est des boubous en général,
- 46:01vous savez,
- 46:01donc il n'y a pas de problème de taille en général.
- 46:05Bon,
- 46:05quand c'est des vêtements un peu plus près du corps,
- 46:07on a toutes les tailles.
- 46:09Moi,
- 46:09je choisis toujours du
- 46:10S au XL.
- 46:13Et c'est souvent,
- 46:14en fait,
- 46:14plus de problèmes de longueur qu'on gère qu'autre chose.
- 46:16On a un très bon tailleur avec lequel on collabore depuis des années.
- 46:20Donc,
- 46:20il le fait très bien.
- 46:22Et franchement,
- 46:23de ce côté-là,
- 46:24il n'y a pas de souci.
- 46:25Il n'y a pas de souci.
- 46:26Il y a les tailles.
- 46:28OK,
- 46:28donc on est sûr que quand on arrive,
- 46:29on a sa taille.
- 46:31Et puis,
- 46:32éventuellement,
- 46:32il peut y avoir des retouches.
- 46:34Mais on n'arrive pas dans la boutique en se disant...
- 46:36Bon,
- 46:36moi,
- 46:36j'ai une idée d'un modèle,
- 46:37mais je vais prendre celui-là,
- 46:38mais je voudrais rajouter ceci ou enlever cela.
- 46:41Ce n'est pas tout ça le concept.
- 46:45Non,
- 46:45non,
- 46:45on ne touche pas aux créations.
- 46:48Non,
- 46:50le modèle,
- 46:50on le vend tel quel.
- 46:51On n'a pas le droit de le changer.
- 46:53Tout ce qu'on peut faire,
- 46:54c'est mettre à la taille de la cliente.
- 46:57On n'a pas le droit de toucher le modèle.
- 47:00Non,
- 47:00non.
- 47:01Et les clients,
- 47:02de toute façon,
- 47:02elles viennent pour rechercher ces marques et pour rechercher ces styles.
- 47:05Donc,
- 47:05elles ne font pas ce genre de demande non plus.
- 47:08Voilà,
- 47:08exactement,
- 47:09non.
- 47:10Elles ne le font jamais.
- 47:10Moi,
- 47:11on ne m'a jamais demandé de changer un modèle,
- 47:14non.
- 47:14Elles viennent parce qu'elles suivent aussi ces maisons de couture.
- 47:18Elles regardent.
- 47:19Est-ce que vous avez tel modèle ?
- 47:20Il y en a qui appellent.
- 47:21Je viens de voir la dernière collection de Sofatou qui est sortie.
- 47:24Est-ce que vous avez le modèle en boutique ?
- 47:26Et puis,
- 47:26on peut commander aussi le sur-mesure.
- 47:28Je l'ai fait pour des anniversaires.
- 47:30Il n'y a pas si longtemps,
- 47:31j'ai été sollicitée par une dame ivoirienne,
- 47:34une dame très élégante d'ailleurs,
- 47:36qui voulait un truc spécial pour ses 60 ans.
- 47:38Et c'est Alia Barri qui l'a confectionnée.
- 47:40Et vraiment,
- 47:41ça s'est très bien passé.
- 47:43Elle était contente,
- 47:44elle m'a envoyé les vidéos et les photos.
- 47:46Et ça,
- 47:47je le fais aussi avec Jacques,
- 47:49avec Bélébé,
- 47:50avec Elie aussi.
- 47:52On a fait des pièces sur mesure.
- 47:53Bon,
- 47:54ça se passe très bien de ce côté-là.
- 47:55Mais là,
- 47:56il faut savoir mettre le prix.
- 47:58Et elles le savent.
- 47:59Parce que le sur-mesure,
- 48:01ça se paye,
- 48:03c'est pas donné.
- 48:04Mais elles le font,
- 48:05pour des occasions spéciales comme ça,
- 48:07des anniversaires spéciaux de mariage,
- 48:09un anniversaire,
- 48:10les 50 ans,
- 48:11les 60 ans,
- 48:12les 40 ans,
- 48:12pourquoi pas.
- 48:13Donc là,
- 48:14elles commandent des pièces exclusives,
- 48:16et avec le styliste,
- 48:19les croquis,
- 48:20elles choisissent,
- 48:20et puis la matière,
- 48:22le tissu,
- 48:23ils exécutent.
- 48:24Et ça,
- 48:24on l'a souvent fait aussi.
- 48:26C'est pour ça que je vous dis,
- 48:27c'est une grande famille.
- 48:28Ces gens-là sont tellement disponibles que franchement,
- 48:32ça fait chaud au cœur.
- 48:34Ça fait chaud au cœur.
- 48:35Ils sont là.
- 48:37J'avais envie de poser une question maintenant sur les niveaux de prix,
- 48:40en fait,
- 48:41des pièces que vous proposez dans le concept store.
- 48:45En fait,
- 48:45les différentes marques que vous intégrez,
- 48:48on se situe sur quel niveau de prix ?
- 48:51Bon,
- 48:51franchement,
- 48:52les gens disent qu'ils sont chers,
- 48:54mais ce n'est pas vrai.
- 48:55Vous avez des pièces à 50 euros.
- 48:57Ça peut commencer par 50 euros jusqu'à
- 49:00150, 200,
- 49:01250 euros,
- 49:02300 max.
- 49:04Franchement,
- 49:04je leur dis toujours,
- 49:06vous dites que c'est cher,
- 49:06mais allez chez Zara aujourd'hui.
- 49:08Chez Zara,
- 49:09vous avez des pièces à 100 et quelques euros.
- 49:11Je dis,
- 49:11vous imaginez,
- 49:12c'est des pièces faites quand même,
- 49:14je vais dire,
- 49:16dans des ateliers,
- 49:17par des artisans de chez nous,
- 49:18par des créateurs de chez nous.
- 49:20Des fois,
- 49:20peut-être qu'ils reprennent même cette pièce deux à trois fois avant de la commercialiser.
- 49:26Alors,
- 49:26vous voyez le travail qui est...
- 49:27Et c'est comme ça que j'arrive à leur faire changer.
- 49:30Ah oui,
- 49:31mais c'est un peu cher.
- 49:31Je dis non,
- 49:32je ne suis pas d'accord avec vous.
- 49:33Chez Zara,
- 49:34aujourd'hui,
- 49:35vous avez des robes à 65 euros,
- 49:37100 euros,
- 49:38140,
- 49:38150 euros.
- 49:40J'ai dit ça,
- 49:40ce n'est pas du Zara quand même.
- 49:42Et effectivement,
- 49:43ils me disent oui,
- 49:43madame,
- 49:44vous avez raison.
- 49:45En général,
- 49:45il y en a qui viennent aussi en se disant oui.
- 49:48On m'a dit qu'à Inaz,
- 49:48c'est cher.
- 49:49Mais ils me disent,
- 49:50mais finalement,
- 49:50ce n'est pas si cher que ça.
- 49:51J'ai dit,
- 49:52ben oui,
- 49:52il faut venir,
- 49:53il faut pousser la porte.
- 49:54N'écoutez pas les gens qui vous disent que...
- 49:56Parce que quand elles entendent Eli Kouam,
- 49:58pour elles,
- 49:58Eli,
- 49:59c'est dans l'ordre des 1000 euros.
- 50:00Ce n'est pas vrai,
- 50:01ce n'est pas le cas.
- 50:02On a des pièces d'Eli qu'on a vendues à 250 euros.
- 50:07Des pièces magnifiques.
- 50:10Pareil pour Adama Parey.
- 50:11Et dans des matières nobles,
- 50:13vous savez,
- 50:13en soie,
- 50:14en satin de soie,
- 50:15en mousseline de soie.
- 50:17Un lin,
- 50:18ça se paye quand même.
- 50:20Mais c'est ça nos prix.
- 50:21Franchement,
- 50:21ils ne sont pas chers.
- 50:22Pour moi,
- 50:23ce n'est pas cher.
- 50:24Je vois en France ici ce que vous pouvez acheter dans la fast fashion.
- 50:28Aujourd'hui,
- 50:28Zara,
- 50:29c'est quand même valable.
- 50:31Moi,
- 50:31je me dis comparer aux pièces qu'on a en boutique,
- 50:33mais il n'y a pas photo.
- 50:35Et surtout,
- 50:35ce qu'il faut préciser,
- 50:36c'est que si on compare en tout cas avec un Zara,
- 50:40quand vous achetez une pièce,
- 50:43une robe,
- 50:43effectivement à 89 euros,
- 50:46à 129 euros chez Zara ou 70.
- 50:49En fait,
- 50:50elle a été produite en
- 50:515 000,
- 50:5210 000 exemplaires.
- 50:54Donc,
- 50:54vous êtes potentiellement,
- 50:56si l'intégralité est vendue,
- 50:57vous pouvez être 5 000 dans le monde à avoir la même robe,
- 50:59en fait.
- 51:00Alors que quand vous achetez une pièce,
- 51:02c'est une Asconcept Store,
- 51:03vous avez quand même de la production limitée.
- 51:07Donc,
- 51:07vous n'êtes pas si nombreuses que ça à avoir la pièce.
- 51:10Et finalement,
- 51:11quand vous vous...
- 51:12Vous allez à une cérémonie ou autre,
- 51:13vous n'allez pas vous retrouver dans une situation où il y a deux personnes qui vont porter la même tenue,
- 51:17en fait.
- 51:17Exactement.
- 51:19Et donc,
- 51:19c'est sur ça,
- 51:20moi,
- 51:20que j'attire l'attention de mes clientes.
- 51:22Je leur dis,
- 51:23écoutez,
- 51:23ces pièces-là,
- 51:24on n'en fait pas plus de deux,
- 51:26OK ?
- 51:27Ça peut être une cliente de Bamako qui prend une et une autre d'Abidjan qui prend la deuxième,
- 51:33OK ?
- 51:33Donc,
- 51:34je dis,
- 51:34comme vous avez dit,
- 51:35vous ne risquez pas de vous retrouver à 10 000 à porter la même robe,
- 51:39comme c'est le cas avec Zara.
- 51:42Et là,
- 51:42ils me disent parfaitement,
- 51:43madame,
- 51:44vous avez raison.
- 51:44Parce qu'ils viennent avec cette idée de...
- 51:47Ah,
- 51:47on a appris qu'Inaz...
- 51:48En fait,
- 51:49c'est les noms qui leur font peur.
- 51:51Quand ils entendent les noms des créateurs,
- 51:54ils se disent,
- 51:54bon,
- 51:55il y a un machin,
- 51:56c'est sûr que la moins chère de ses robes coûterait dans les,
- 52:01je ne sais pas,
- 52:02moins 150 000 francs CFA,
- 52:03200 000,
- 52:04ce n'est pas vrai.
- 52:04Ce n'est pas vrai.
- 52:06Donc,
- 52:06quand ils viennent,
- 52:07ils se rendent compte que finalement,
- 52:08Ah,
- 52:08c'est...
- 52:09Les gens disent que Inaz est une boutique pour les grandes,
- 52:13c'est cher,
- 52:14mais après elles partent en se disant heureusement qu'on est venus.
- 52:18Quand je vous dis que j'ai des clientes qui viennent habiller toute leur famille,
- 52:21ça veut dire que c'est encore à la portée de tout le monde.
- 52:27Avec 50 000,
- 52:27vous avez une pièce à Inaz.
- 52:29Même à 35 000 des fois.
- 52:3240 000,
- 52:3335 000,
- 52:34vous avez des pièces.
- 52:36Mais il faut oser pousser la porte et venir.
- 52:39le voir par soi-même.
- 52:42C'est important de préciser ce point parce qu'il peut y avoir des a priori sur le made in Africa,
- 52:47la mode,
- 52:48et sur parfois quand on va positionner certains prix,
- 52:51on va se dire,
- 52:52mais est-ce que vous êtes pris pour des grandes marques de luxe occidentale ?
- 52:55Alors qu'en fait,
- 52:56il ne faut pas faire cette comparaison-là.
- 52:58Il faut se dire que si on compte la main-d'œuvre,
- 53:02le tissu,
- 53:02et puis le travail qui est fait par les marques pour acheminer la marchandise,
- 53:07Quand on est aux alentours entre 150 et 250 euros,
- 53:12pour des pièces qui sont en édition limitée,
- 53:14on est sur des prix qui sont cohérents,
- 53:16voire même accessibles.
- 53:17Maintenant,
- 53:19ça peut être...
- 53:20Je peux l'entendre,
- 53:21ça peut être difficile à entendre pour certains,
- 53:22mais...
- 53:23Parfois,
- 53:24à 200 euros,
- 53:24on n'est vraiment pas du tout sur l'édition limitée.
- 53:27Et puis,
- 53:27on n'est pas du tout sur un niveau de détail ou de matière ou de savoir-faire qui est aussi qualitatif que ce qu'on peut retrouver chez des créateurs de mode africain.
- 53:37Exactement.
- 53:40Exactement,
- 53:42c'est ça.
- 53:43Moi,
- 53:44j'ai un monsieur qui est venu aussi une fois à la boutique.
- 53:46Il voulait habiller.
- 53:49C'était son épouse,
- 53:50ses filles.
- 53:51Il a pris des pièces pour 1 000 euros.
- 53:53Il m'a dit,
- 53:53madame,
- 53:54c'est un peu cher,
- 53:54vous ne pouvez pas faire de remise.
- 53:56Je dis,
- 53:56non,
- 53:56je n'ai pas le droit de faire de remise,
- 53:57je ne fais pas les prix.
- 53:59C'est les prix des créateurs.
- 54:00J'ai dit,
- 54:01écoutez monsieur,
- 54:02vous avez vu la tonne de vêtements que vous avez pris là ?
- 54:05Un exemple tout bête.
- 54:06J'ai dit,
- 54:07allez en France et dites-moi si vous pouvez avoir dans une boutique en France autant de vêtements pour ce budget.
- 54:14Il m'a regardé,
- 54:14il m'a dit,
- 54:15mais madame,
- 54:15vous avez parfaitement raison.
- 54:17Et j'ai dit,
- 54:18en plus là,
- 54:20vous aidez des jeunes Africains.
- 54:23Voilà quoi,
- 54:24des gens de votre communauté.
- 54:26Il m'a dit,
- 54:26ah oui,
- 54:27vous avez parfaitement raison.
- 54:28Vous savez,
- 54:28des fois,
- 54:29il faut faire la leçon aussi aux gens.
- 54:31Donc,
- 54:31il y a tout ce travail qui est fait avec les clients.
- 54:33Et il ressort tout content,
- 54:35tout fier d'avoir apporté
- 54:38Pierre à l'édifice.
- 54:39Vous voyez,
- 54:40tout fier.
- 54:41J'ai dit,
- 54:41mais vous avez combien de paquets de vêtements là pour 1000 euros ?
- 54:45Toute une famille quand même.
- 54:47Bon,
- 54:48voilà.
- 54:49Et c'est ce travail qu'on fait,
- 54:50sans arrêt,
- 54:51sans relâche.
- 54:52Mais bon,
- 54:53on le fait avec plaisir.
- 54:57Non seulement les choix des tissus,
- 54:59vous avez des tissus de qualité,
- 55:00ce n'est pas du fast fashion,
- 55:02c'est des vêtements qui sont exécutés dans des ateliers,
- 55:05dans des conditions très difficiles.
- 55:08Des fois,
- 55:08cette pièce,
- 55:08il faut la reprendre deux ou trois fois pour arriver au résultat final que nous,
- 55:12on reçoit,
- 55:13surtout quand on est...
- 55:14Comme je vous ai dit,
- 55:15le souci du détail,
- 55:16il est là.
- 55:16Le bouton mal placé,
- 55:18la boutonnière mal faite,
- 55:19je retourne.
- 55:21L'ourlet mal fait,
- 55:21je retourne.
- 55:22Le surfilage mal fait,
- 55:23je regarde tout ça.
- 55:26À la loupe,
- 55:27je regarde tout ça.
- 55:28Donc je me dis,
- 55:28les gens n'ont pas le droit de venir,
- 55:30parce que c'est fait par des Africains,
- 55:31dire qu'il faut le brader à 25 000.
- 55:33Non,
- 55:34il faut les respecter,
- 55:35ces gens-là.
- 55:36Et ça,
- 55:37tout doucement,
- 55:38aujourd'hui,
- 55:38dans l'inconscient des Africains,
- 55:40aujourd'hui,
- 55:40les Africains ne s'habillent qu'à l'Africaine.
- 55:43Et ça,
- 55:44c'est une grande satisfaction pour nous tous.
- 55:47Moi,
- 55:47qui vous parle,
- 55:48je vous garantis que je ne suis à l'aise que dans les vêtements de ces créateurs.
- 55:51Dès que je m'habille un peu à l'occidental,
- 55:54je suis mal à l'aise.
- 55:58Mal à l'aise parce qu'en parlant parfois de fitting,
- 56:01les morphologies des Africaines,
- 56:03elles ne sont pas toujours bien...
- 56:04Enfin,
- 56:05elles ne sont pas...
- 56:06Voilà.
- 56:07Présentées.
- 56:07comptent par les barèmes occidentaux,
- 56:10mais parce qu'eux,
- 56:11ils habitent des Occidentaux,
- 56:13ils se situent beaucoup au marché asiatique.
- 56:16Donc,
- 56:17ils font attention à ce que les tenues qu'ils vont proposer vont être adaptées au marché asiatique.
- 56:22Mais c'est vrai que la morphologie de la femme africaine,
- 56:25ça ne va pas forcément être...
- 56:28Et puis même,
- 56:28on parle de morphologie,
- 56:30mais même les tailles,
- 56:32les grands...
- 56:33Les tailles,
- 56:33oui !
- 56:34Les tailles,
- 56:35en fait !
- 56:36Les grands Sénégalais s'habiller dans certaines marques occidentales,
- 56:40ce n'est juste pas possible en fait.
- 56:43Pas possible,
- 56:43exactement.
- 56:44Vous savez,
- 56:45nous,
- 56:45avec les formes qu'on a,
- 56:47c'est vrai,
- 56:47ce n'est pas évident.
- 56:48Vous imaginez des tailles asiatiques,
- 56:50le XXL en Asie,
- 56:52c'est peut-être du S chez nous.
- 56:54Donc,
- 56:55c'est plus réaliste pour nous de porter ces marques-là,
- 56:58parce qu'elles prennent en considération tous ces détails-là,
- 57:02qui sont la taille,
- 57:03la morphologie et tout.
- 57:05Donc voilà,
- 57:06moi aujourd'hui je ne suis à l'aise que quand je suis dans mes vêtements africains,
- 57:12je veux dire.
- 57:14Mais bon,
- 57:14quand je viens en Europe,
- 57:15c'est sûr que je porte des jeans,
- 57:16des chemises,
- 57:17c'est plus facile pour faire les courses.
- 57:18Mais en Afrique,
- 57:19non.
- 57:20En Afrique,
- 57:21non.
- 57:22Pas question.
- 57:23Et d'ailleurs,
- 57:24toutes mes copines me disent ça.
- 57:25On ne veut plus acheter,
- 57:26aujourd'hui on n'achète que des accessoires en Europe quand on vient.
- 57:30Elles me disent « Non,
- 57:30moi je ne suis pas à l'aise,
- 57:31j'ai une tonne de vêtements qui sont là-bas dans les placards,
- 57:34qui pourrissent parce que je ne peux plus les porter. »
- 57:36Et il y a ce truc,
- 57:37vraiment,
- 57:38cet éveil de conscience qui est là.
- 57:40qui est en marche.
- 57:41Il y a vraiment une belle,
- 57:44comment dire,
- 57:45un moment en fait qu'on attendait des créateurs qui proposent des pièces que les gens ont envie de porter.
- 57:52Et puis,
- 57:52à un moment donné,
- 57:53les créateurs,
- 57:54ils se plaignent un peu en disant mais on a le sentiment que le consommateur n'est pas encore prêt à acheter du Made in Africa,
- 58:01qu'il va plutôt être intéressé par des marques occidentales et qu'il ne voit pas la valeur dans ce qui est Made in Africa.
- 58:06Et là,
- 58:07en fait,
- 58:08c'est vraiment en train de changer.
- 58:09On sent qu'il y a même une fierté à porter des marques africaines,
- 58:11mais parce qu'il y a eu un travail énorme comme le vôtre,
- 58:14comme celui des marques en termes de communication,
- 58:17en termes de création,
- 58:18de présentation de savoir-faire,
- 58:20pour vraiment montrer qu'on est au même niveau,
- 58:23en fait que les marques,
- 58:24elles sont au même niveau que des marques occidentales,
- 58:26voire même qu'elles peuvent proposer des choses meilleures que beaucoup de marques occidentales.
- 58:30Et que donc,
- 58:31du coup,
- 58:31il n'y a pas de...
- 58:34Au contraire,
- 58:34il y a une vraie fierté.
- 58:36aller chercher à porter du made in Africa.
- 58:38Et être bien habillée,
- 58:41c'est être habillée avec des marques de créateurs africains.
- 58:43Maintenant,
- 58:43aujourd'hui,
- 58:44qu'on se le dise,
- 58:45en fait.
- 58:45Exactement.
- 58:46Moi,
- 58:46je suis entièrement d'accord avec vous.
- 58:48J'ai assisté à un mariage en région parisienne l'été dernier,
- 58:52mais c'est écrit sur la carte qu'il fallait s'habiller à l'africain.
- 58:56Et je vous garantis qu'il n'y avait que de belles tenues.
- 59:00Moi,
- 59:00je porte un bobo d'une...
- 59:02créatrice avec laquelle je ne travaille pas,
- 59:04qui s'appelle le Boubou,
- 59:05je crois.
- 59:06Mais ce Boubou,
- 59:07il a eu un succès incroyable.
- 59:10Tout le monde me demandait l'adresse et le contact de la jeune dame.
- 59:13C'est une Sénégalaise qui a beaucoup de talent aussi.
- 59:15D'ailleurs,
- 59:15il faut que je travaille avec elle.
- 59:17Ce Boubou,
- 59:17ça a été la révélation du mariage.
- 59:20Et j'ai vu que de belles couleurs,
- 59:21de belles coupes,
- 59:22des belles femmes bien habillées.
- 59:23Pourtant,
- 59:24c'était en région parisienne.
- 59:26Et aujourd'hui,
- 59:26de plus en plus,
- 59:27les Africains portent leur tenue dans leur mariage,
- 59:29même en Europe.
- 59:31Et ça,
- 59:31c'est une fierté.
- 59:32C'est une fierté.
- 59:34Quelque part,
- 59:34c'est aussi...
- 59:36Pour moi,
- 59:36la mode,
- 59:37c'est vraiment aussi un révélateur d'identité.
- 59:39C'est comme ça qu'on raconte nos histoires.
- 59:41Et quand on,
- 59:42finalement,
- 59:43quelque part...
- 59:43Et c'est aussi du patrimoine,
- 59:45en fait,
- 59:45quelque part.
- 59:46Donc,
- 59:46c'est important de savoir d'où viennent les tissus,
- 59:49de valoriser les savoir-faire du continent,
- 59:51parce que quelque part,
- 59:52c'est raconter une histoire.
- 59:53Et lors des cérémonies de portée du Made in Africa,
- 59:57il y a des photos qui vont rester,
- 59:58qui vont être partagées pendant des années.
- 1:00:01et c'est comme ça qu'on...
- 1:00:02qu'on crée des souvenirs,
- 1:00:04qu'on crée du storytelling et qu'on fait que les gens vont trouver ça maintenant.
- 1:00:08Il n'y aura plus besoin de militer,
- 1:00:10en fait.
- 1:00:10Les gens vont naturellement acheter des marques africaines sans même se poser la question.
- 1:00:13Quand on va leur dire,
- 1:00:13mais tu sais,
- 1:00:14à une époque,
- 1:00:16on ne revendiquait pas le Made in Africa,
- 1:00:18les gens vont dire,
- 1:00:19ah bon,
- 1:00:19mais comment ça ?
- 1:00:20Ils ne vont même pas comprendre.
- 1:00:21C'est ce qu'on souhaite,
- 1:00:22en fait,
- 1:00:22aujourd'hui.
- 1:00:22C'est vraiment qu'on soit dans une ère où le Made in Africa,
- 1:00:25il est toute sa place,
- 1:00:27en fait.
- 1:00:28Oui,
- 1:00:28mais on est carrément sur cette voie.
- 1:00:30Exactement ce que vous avez dit est tellement vrai.
- 1:00:33Ah oui,
- 1:00:33comment ça se fait qu'il y a quelques années,
- 1:00:35les gens ne pensaient pas comme ça ?
- 1:00:37Mais moi,
- 1:00:38justement,
- 1:00:39la satisfaction,
- 1:00:40elle est là.
- 1:00:40Je vois que tout a changé en termes de mentalité et tout.
- 1:00:43On n'est bien que dans le made in Africa.
- 1:00:46Ça,
- 1:00:47c'est une réalité.
- 1:00:48Moi,
- 1:00:49je ne suis à l'aise que quand je suis dans mes vêtements africains.
- 1:00:53En Europe,
- 1:00:54je m'en fous,
- 1:00:54comme je vous ai dit,
- 1:00:55vous m'excusez le terme,
- 1:00:56personne ne me connaît.
- 1:00:57Je m'habille ici,
- 1:00:58on court,
- 1:00:59on marche pendant des heures.
- 1:01:01Mais quand je rentre chez moi,
- 1:01:03c'est mes vêtements.
- 1:01:05J'en ai plein.
- 1:01:06D'ailleurs,
- 1:01:06mon mari n'arrête pas de dire,
- 1:01:08depuis que tu as commencé à travailler avec ces stylistes-là,
- 1:01:11on n'a même plus où nous mettre les pieds.
- 1:01:13Il dit à mes filles,
- 1:01:14mais regardez le dressing de votre maman.
- 1:01:16Je dis,
- 1:01:16ben oui,
- 1:01:17je suis le meilleur mannequin.
- 1:01:19Quand je porte,
- 1:01:20tout le monde m'appelle.
- 1:01:21Et souvent,
- 1:01:22c'est vrai,
- 1:01:22je fais beaucoup ce sacrifice.
- 1:01:24Les marges,
- 1:01:25je les remets dans les achats de ces vêtements que je porte,
- 1:01:28moi,
- 1:01:28et que je poste.
- 1:01:30Ah oui,
- 1:01:30mais Madame Balise,
- 1:01:31ce boubou,
- 1:01:31c'est de qui ?
- 1:01:32Je le veux,
- 1:01:32je veux cette tenue,
- 1:01:33je veux ça.
- 1:01:34Et c'est comme ça qu'on vend aussi.
- 1:01:35Il y a secret.
- 1:01:37Il faut réinvestir dans ça.
- 1:01:41Bon,
- 1:01:41elles m'offrent aussi beaucoup.
- 1:01:42Franchement,
- 1:01:42elles me font beaucoup de cadeaux.
- 1:01:43Moi,
- 1:01:44quand je vais à Dakar,
- 1:01:44je reviens avec les valises pleines de cadeaux.
- 1:01:48Franchement,
- 1:01:48elles sont très,
- 1:01:49très généreuses.
- 1:01:51Elles savent qu'on le fait,
- 1:01:52on fait beaucoup pour elles.
- 1:01:53Mais en même temps,
- 1:01:55elles offrent beaucoup de vêtements.
- 1:01:56Moi,
- 1:01:56j'ai eu plein de cadeaux.
- 1:01:57À chaque voyage,
- 1:01:58je reviens avec.
- 1:02:01plein de cadeaux.
- 1:02:02Là,
- 1:02:03ce sera le mot de la fin.
- 1:02:04Vous avez vraiment pris à cœur votre rôle d'ambassadrice de la mode africaine,
- 1:02:09avec non seulement la création du concept Torinaz,
- 1:02:14mais aussi le fait de finalement s'habiller,
- 1:02:19se poster sur les réseaux sociaux pour promouvoir les marques et puis c'est générer des commandes.
- 1:02:24Donc tout ça,
- 1:02:25la finalité,
- 1:02:25c'est du business,
- 1:02:26mais ça contribue aussi à prendre
- 1:02:28promouvoir la créativité africaine au Mali,
- 1:02:32à Bamako et au-delà.
- 1:02:33Et pour ce travail-là,
- 1:02:34on ne peut que vous féliciter.
- 1:02:39Oui,
- 1:02:40mais oui,
- 1:02:40tout à fait,
- 1:02:41ce que vous avez dit est bien vrai.
- 1:02:42Mais comme je vous ai dit,
- 1:02:44moi,
- 1:02:44je le fais avec plaisir.
- 1:02:47Je le fais,
- 1:02:47c'est une passion.
- 1:02:49C'est une passion qui...
- 1:02:51Oui,
- 1:02:52ben oui,
- 1:02:52c'est ça.
- 1:02:53C'est ça qui m'anime,
- 1:02:53en fait.
- 1:02:54Comme je vous dis,
- 1:02:54on ne devient pas riche avec un concept store.
- 1:02:57Ça bouffe votre temps,
- 1:02:59votre énergie,
- 1:02:59votre argent.
- 1:03:01Parce que moi,
- 1:03:01à chaque événement,
- 1:03:02j'investis,
- 1:03:03j'investis.
- 1:03:03Et la boutique aussi,
- 1:03:04il faut toujours la mettre à l'ordre,
- 1:03:06au goût du jour.
- 1:03:08Il faut refaire,
- 1:03:09il faut...
- 1:03:11Là,
- 1:03:12dernièrement,
- 1:03:12j'ai refait toute une partie de la boutique.
- 1:03:16J'ai refait un côté,
- 1:03:19j'ai fait un boudoir avec
- 1:03:21Fatouma Edba,
- 1:03:22que je salue d'ailleurs,
- 1:03:23qui a refait...
- 1:03:24de High Design,
- 1:03:25qui est assez connue.
- 1:03:27Cette fille,
- 1:03:27elle a beaucoup...
- 1:03:27de talent,
- 1:03:28elle m'a refait carrément le coin essayage,
- 1:03:30salon et tout ça.
- 1:03:31Et bon,
- 1:03:32ça,
- 1:03:32ça demande de l'argent.
- 1:03:33Donc à chaque fois,
- 1:03:34cette boutique se réinvente.
- 1:03:36Même là,
- 1:03:36on ferme et on va faire les travaux encore.
- 1:03:38Donc vous voyez,
- 1:03:39garder de l'argent,
- 1:03:39c'est pas possible.
- 1:03:41Parce qu'il faut toujours...
- 1:03:42Je suis très maniaque et sur ce plan-là,
- 1:03:45la boutique...
- 1:03:46Moi,
- 1:03:46j'ai investi toujours dans la boutique.
- 1:03:48Je suis toujours en train de refaire quelque chose.
- 1:03:51Toujours.
- 1:03:53Donc voilà,
- 1:03:54Fatouma Edara a fait un bon boulot.
- 1:03:57Elle a refait carrément la cabine d'essayage,
- 1:04:00elle a refait le coin salon.
- 1:04:04Et puis voilà,
- 1:04:04ça m'a coûté ce que ça m'a coûté,
- 1:04:06mais franchement c'est du bon boulot et les dames apprécient beaucoup.
- 1:04:10Quand elles viennent,
- 1:04:11elles sont émerveillées.
- 1:04:12J'ai d'ailleurs une cliente américaine qui m'a dit,
- 1:04:14on a un coin café aussi,
- 1:04:17Inas Café,
- 1:04:18elle m'a dit ça me rappelle Soho.
- 1:04:20un coin de Soho à New York je dis écoutez ça fait plaisir d'entendre ça,
- 1:04:24elles viennent elles prennent leur petit café,
- 1:04:26leur thé et puis elles s'asseillent,
- 1:04:29on a un espace de co-working aussi,
- 1:04:31elles s'asseillent avec leur ordinateur,
- 1:04:33on a la connexion le wifi,
- 1:04:34elles travaillent tranquillement donc voilà c'est tout ça Innaz en fait il faut réinvestir donc on ne peut pas se faire de l'argent dans ce boulot là ou on le fait comme ça ou on ferme ok,
- 1:04:45il ne faut pas compter on devient
- 1:04:48riche dans cette affaire.
- 1:04:49Mais bon,
- 1:04:50on est riche des expériences,
- 1:04:53de belles rencontres qu'on fait parce que ça,
- 1:04:55ça n'a pas de prix.
- 1:04:56Moi,
- 1:04:56pour moi,
- 1:04:57ça n'a pas de prix,
- 1:04:57ça.
- 1:04:58J'ai fait tellement de belles rencontres.
- 1:05:00Mais vous voyez,
- 1:05:52c'est ça,
- 1:05:52c'est ça le boulot aussi.
- 1:05:54C'est toutes ces belles rencontres qu'on fait,
- 1:05:56des gens qu'on ne connaît pas qui viennent vers vous.
- 1:05:59Et même à Paris,
- 1:06:00ici,
- 1:06:00j'en ai rencontré qui m'ont dit,
- 1:06:01« Ah,
- 1:06:02ce n'est pas vous,
- 1:06:02Madame Bali,
- 1:06:03la promotrice de Inas Corse ? »
- 1:06:04J'ai dit,
- 1:06:04bon,
- 1:06:05finalement,
- 1:06:07ça porte ses fruits,
- 1:06:08vous voyez.
- 1:06:08Moi,
- 1:06:09c'est plus ces relations-là qui me font plaisir qu'autre chose.
- 1:06:13On crée des relations,
- 1:06:15des gens qu'on n'a jamais vus.
- 1:06:17qui vous abordent et qui vous soutiennent de loin et qui apprécient ce que vous faites.
- 1:06:24Donc ça,
- 1:06:24ça n'a pas de prix.
- 1:06:26Ça n'a pas de prix,
- 1:06:26à mon avis.
- 1:06:27Ce sera le mot de la fin,
- 1:06:28effectivement.
- 1:06:29Ce n'est pas qu'une question de chiffre d'affaires qu'on va réaliser et les bénéfices,
- 1:06:34mais c'est aussi presque plus un engagement à faire rayonner la mode africaine.
- 1:06:42le point de départ,
- 1:06:43l'ambition première quand on veut bien faire son job,
- 1:06:46quand on est à l'initiative du premier concept store à Bamako,
- 1:06:53c'est sur un temps long qu'on va voir les résultats et qu'on va pouvoir se dire,
- 1:06:57là c'est bon,
- 1:06:58on est sur un concept rentable mais ça se travaille sur un temps long.
- 1:07:04J'ai été ravie en tout cas d'avoir l'opportunité d'échanger avec vous pendant cette heure.
- 1:07:09J'ai appris plein de choses sur le Concept Store et sur la manière dont vous l'avez développé.
- 1:07:15J'ai hâte de venir à Bamako pour pouvoir le voir en vrai.
- 1:07:20On va finir avec ma formule habituelle.
- 1:07:22Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 1:07:24Plaisir partagé,
- 1:07:25Ramata.
- 1:07:26J'ai vraiment apprécié.
- 1:07:28Moi qui n'aime pas parler,
- 1:07:29vous voyez,
- 1:07:29vous avez réussi à me faire parler pendant plus d'une heure.
- 1:07:32Les gens ne vont pas me reconnaître là.
- 1:07:36Je parle rarement,
- 1:07:37moi.
- 1:07:38mais vous avez réussi et vraiment ça a été un plaisir pour moi et au plaisir de vous rencontrer à Bamako ou à Bijan ou à Dakar qui sait on verra Inch'Allah l'un des trois en tout cas c'est sûr Inch'Allah avec grand plaisir vraiment ça a été que du bonheur merci merci
- 1:07:56d'avoir porté votre intérêt sur Inas Concept Store et merci de vouloir faire connaître
- 1:08:03Inas Concept Store sur votre podcast vraiment merci du fond du cœur
- 1:08:08À très bientôt.
- 1:08:09À très bientôt.
- 1:08:10Bye.
- 1:08:14Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:08:16Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:08:22Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 1:08:33Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.