Latest / 7H40 Martin Buxant / Wouter Verschelden, journaliste politique, à l’occasion de la sortie de son livre « La Danse avec le diable »
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- 0:03Speaker 2: Que se passe-t-il vraiment entre le roi Philippe et Bart
- 0:05Speaker 2: de Wever? Quelles relations entretiennent-ils loin des caméras? Le journaliste
- 0:09Speaker 2: politique Waterverse Keldon est avec nous. Bonjour. Bonjour. Vous avez
- 0:12Speaker 2: enquêté dans les coulisses du pouvoir belge. Il publie aujourd'hui
- 0:15Speaker 2: la danse avec le diable et il est face à
- 0:17Speaker 2: Jim Nejman. Bonjour Waterverse Keldon.
- 0:19Speaker 3: Merci beaucoup d'être notre invité, vous êtes journaliste politique, ancien
- 0:22Speaker 3: journaliste de Standard et de Morgan. Vous racontez tout d'abord
- 0:25Speaker 3: une scène absolument étonnante dans votre livre absolument passionnant. En
- 0:29Speaker 3: pleine formation du gouvernement, le roi Philippe demande à Bart
- 0:32Speaker 3: de Wever, en tant que Premier ministre, aimerez-vous la Belgique?
- 0:36Speaker 3: Pourquoi le roi lui pose-t-il cette question
- 0:39Speaker 4: Ah, parce que je pense que c'est vraiment une question
- 0:41Speaker 4: honnête à sa part de se demander, est-ce que c'est
- 0:44Speaker 4: possible pour un républicain, un séparatiste, qui vient quand même
- 0:48Speaker 4: de très très loin, d'aimer profondément ce pays qu'il va mener?
- 0:54Speaker 4: Je pense que c'est une question assez légitime,
- 0:56Speaker 3: non? On a vu Théo Francken avoir du mal parfois
- 0:58Speaker 3: à dire ces mots aussi, j'aime la Belgique, il avait
- 1:00Speaker 3: dit j'aime la défense, il me semble. Qu'est-ce que Bardo
- 1:02Speaker 3: Weaver lui répond à notre roi
- 1:04Speaker 4: Ah, il était hésitant. Je ne sais pas littéralement la réponse,
- 1:08Speaker 4: mais il a formulé quelque chose comme« je veux servir
- 1:12Speaker 4: tout le peuple belge». Et ça, c'est toujours été sa réponse,
- 1:15Speaker 4: c'est de dire« moi, personnellement, je ne dois pas notamment
- 1:18Speaker 4: aimer le pays, mais quand même, je veux le servir
- 1:20Speaker 4: et je veux être à la service de tous les
- 1:23Speaker 4: Belges
- 1:23Speaker 3: On découvre dans votre livre Water vs. Keldon que finalement,
- 1:26Speaker 3: Bart de Wever et le roi Philippe s'entendent plutôt bien. Pourtant,
- 1:29Speaker 3: tous les opposent. Notre roi veut préserver l'unité de la Belgique,
- 1:32Speaker 3: là où Bart de Wever est plutôt, vous l'avez dit,
- 1:34Speaker 3: un républicain, un nationaliste flamand. Comment vous expliquez cette bonne
- 1:37Speaker 3: entente entre les deux hommes
- 1:39Speaker 4: Parce que je pense qu'il y a un pragmatisme à
- 1:41Speaker 4: deux côtés, c'est-à-dire les deux veulent vraiment travailler ensemble et
- 1:45Speaker 4: l'idée pour Bardoué de devenir Premier ministre, c'était quelque chose
- 1:48Speaker 4: qui était dans sa tête, il voulait vraiment faire ça.
- 1:51Speaker 4: Mais à part de ça, bien sûr, il faut aussi
- 1:53Speaker 4: noter que les deux sont des conservateurs. Ils sont par
- 1:57Speaker 4: exemple avec des sujets de politique étrangère, partagent aussi certains
- 2:01Speaker 4: points de vue. C'est pas tout à fait noir et blanc,
- 2:04Speaker 4: c'est quand même une mélange dans chaque mariage, j'estime. Et
- 2:08Speaker 4: je pense, dans ce cas-ci, ils ont vraiment compris les
- 2:10Speaker 4: deux côtés, qu'il fallait travailler ensemble.
- 2:13Speaker 3: pour le bien du pays. Vous racontez une scène complètement
- 2:15Speaker 3: folle aussi, avec un rendez-vous avec Donald Trump, où chacun
- 2:18Speaker 3: se répartit un petit peu ses missions, avec d'un côté
- 2:21Speaker 3: le roi qui va plutôt, comment dire, servir la soupe
- 2:23Speaker 3: au président Trump, et puis de son côté, Bardo Weber,
- 2:26Speaker 3: qui est plus agressif, notamment sur le Grondeland. On verra
- 2:27Speaker 3: si on a le temps d'en parler. Mais avant ça,
- 2:29Speaker 3: est-ce qu'ils ont vraiment développé une vraie relation personnelle aujourd'hui?
- 2:32Speaker 3: Est-ce qu'ils s'entendent bien les deux hommes aujourd'hui
- 2:35Speaker 4: Oui, on ne peut que constater ça, qu'en réalité, ce
- 2:38Speaker 4: ne sont jamais des amis en disant qu'ils partagent les
- 2:42Speaker 4: mêmes idées et tout ça, pas du tout. Mais il
- 2:45Speaker 4: y a certains moments dans la formation d'Arizona, mais je
- 2:49Speaker 4: pense aussi maintenant qu'ils partagent les mêmes soucis. Par exemple,
- 2:52Speaker 4: le roi est vraiment... On peut dire obsédé avec les
- 2:57Speaker 4: chiffres nationaux, c'est-à-dire le budget national, les défis, les problèmes
- 3:02Speaker 4: financiers de la Belgique. Et on voit que le Premier
- 3:05Speaker 4: ministre s'occupe de ça. Il veut vraiment faire pour le
- 3:08Speaker 4: bien de tout. Par contre, il y a toujours, bien sûr,
- 3:13Speaker 4: des petits tensions, même des petits blagues entre eux. Il
- 3:15Speaker 4: y a Bardemé, à un moment donné, qui raconte dans
- 3:21Speaker 4: Classe Nives que chaque fois qu'il est au palais, que
- 3:23Speaker 4: le café est froid. Et l'audience suivante, le roi laisse
- 3:29Speaker 4: servir un café, mais hyper chaud, c'est comme du lavin,
- 3:32Speaker 4: et il demande tranquillement au de Weaver, est-ce que c'est
- 3:36Speaker 4: assez chaud, monsieur de Weaver? Ça montre quand même qu'il
- 3:40Speaker 4: y a un rapport
- 3:41Speaker 3: entre les deux qui est assez spécial. Ça se taquine
- 3:43Speaker 3: un petit peu, si on vous suit bien. C'est vrai
- 3:44Speaker 3: qu'on comprend aussi dans votre livre que finalement, cette relation
- 3:47Speaker 3: est très opportuniste, très pragmatique. Vous racontez qu'au palais, on
- 3:50Speaker 3: espère faire de Bart de Weaver, je cite, Un bon belge,
- 3:54Speaker 3: qu'est-ce que ça veut dire ça
- 3:55Speaker 4: exactement? Je pense que pour eux, la conviction était plutôt
- 3:59Speaker 4: qu'il y a eu des exemples de premiers ministres à l'époque,
- 4:04Speaker 4: par exemple Wilfried Martens notamment, qui était vraiment de Flamingans,
- 4:07Speaker 4: qui était convaincu de leur cause flamande. Mais en devenant
- 4:11Speaker 4: premier ministre, on est quand même plongé dans le bain belge.
- 4:15Speaker 4: On incarne de plus en plus le pays belge. Et
- 4:18Speaker 4: de plus en plus, on devient quelqu'un qui peut vraiment
- 4:23Speaker 4: représenter la Belgique. C'est ça qu'on dit au palais, il
- 4:25Speaker 4: ne représente plus la Flandre. Si on voit à sa tête,
- 4:28Speaker 4: il y a maintenant la Belgique quand il est au
- 4:31Speaker 4: sommet européen, tout ça. Et là, il joue son rôle,
- 4:34Speaker 4: je pense aussi avec une certaine fierté pour le palais,
- 4:37Speaker 4: notamment la crise de Euroclear et tout ce qui s'est
- 4:39Speaker 4: passé là. Mais pour dire qu'il deviendra un Belgicain, Bardo Hever,
- 4:45Speaker 4: c'est encore loin, je pense
- 4:46Speaker 3: D'ailleurs, vous le dites, il faut rester prudent. Bardo Hever
- 4:49Speaker 3: a lui aussi sa stratégie. Vous racontez qu'il veut désormais occuper,
- 4:52Speaker 3: je cite à nouveau, la forteresse fédérale. Qu'est-ce que ça signifie,
- 4:56Speaker 3: ça concrètement? On va voir ce qu'il donne.
- 4:58Speaker 4: Ça veut dire qu'il y a eu vraiment un changement
- 5:01Speaker 4: de politique, de stratégie au sein de la N-VA. À
- 5:02Speaker 4: un moment donné, ils se sont dit« Ok, nous, nous
- 5:04Speaker 4: sommes la force dominante politique en Flandre. La région ici,
- 5:08Speaker 4: c'est dominante dans ce pays. On est le plus puissant
- 5:11Speaker 4: au niveau économique, au niveau social, tout ça. Il faut,
- 5:14Speaker 4: au lieu de toujours rester des séparatistes, il faut aller
- 5:18Speaker 4: vraiment occuper le CES». et prendre en main ce pays,
- 5:23Speaker 4: un peu forcer les francophones, notre politique flamand, plus de droite,
- 5:26Speaker 4: plus conservateur, à ce moment-là, en espérant peut-être qu'un jour,
- 5:30Speaker 4: les francophones voulaient partir de ce
- 5:32Speaker 3: pays. C'est pas dangereux ça? Pour nous, francophones, en plus
- 5:34Speaker 3: vous citez des médias, notamment RTL, qui ont d'une certaine
- 5:37Speaker 3: manière favorisé aussi l'image de Bardo Weber aux yeux des francophones.
- 5:41Speaker 4: Je remarque quand même que De Hivre est devenu très
- 5:43Speaker 4: populaire à côté francophone et il est traité vraiment comme
- 5:47Speaker 4: un Premier ministre responsable. Ça, je peux m'imaginer que c'est acceptable,
- 5:51Speaker 4: mais il ne faut jamais oublier qui est Barthes de
- 5:53Speaker 4: Hivre et d'où il vient et quelles sont ses propres politiques.
- 5:57Speaker 4: Parce que cette théorie d'occuper la forteresse, c'est exactement ce
- 6:01Speaker 4: qu'il raconte à ses propres troupes. Et c'est ça qui
- 6:03Speaker 4: est intéressant à savoir.
- 6:04Speaker 3: Est-ce qu'il n'y a pas aussi un risque qu'il n'ait
- 6:06Speaker 3: jamais abandonné son projet confédéraliste et que le roi se
- 6:09Speaker 3: fasse avoir? Vous racontez cette bonne relation entre les deux.
- 6:11Speaker 3: Est-ce qu'il en est conscient, ça, le roi Philippe, avec
- 6:13Speaker 3: les entretiens que vous avez pu mener? Je pense que
- 6:14Speaker 4: c'est un pari pour les deux. Qui a le plus
- 6:17Speaker 4: à perdre, selon vous? C'est pour ça que la danse
- 6:20Speaker 4: avec les diables s'applique ici. Je pense, je me répète,
- 6:24Speaker 4: mais pour le palais, l'idée était quand même, il faut
- 6:27Speaker 4: travailler avec des vivres, on n'a pas le choix. Parce
- 6:29Speaker 4: qu'il faut se souvenir, en Flandre, on a quand même
- 6:31Speaker 4: encore une énorme menace électorale de Vlaams Belang, qui
- 6:33Speaker 3: Vous dites que c'est une stratégie finalement que le roi
- 6:35Speaker 3: a favorisé plus ou moins les bonnes relations avec la
- 6:37Speaker 3: N-VA pour les éloigner du Belang, c'est ça
- 6:39Speaker 4: Oui, tout à fait. En 2013 déjà, quand il est
- 6:42Speaker 4: devenu roi avec son chef de cabinet, l'idée était de
- 6:46Speaker 4: créer un certain firewall, comme ils ont dit, un pare-feu
- 6:49Speaker 4: entre les deux partis nationalistes flamands et absolument éviter une
- 6:52Speaker 4: collaboration entre les extrêmes droits de Vlaams Belang et la N-VA. Pourtant,
- 6:55Speaker 4: le roi ne fait pas de politique. Comment vous expliquez ça?
- 6:59Speaker 4: C'est bien sûr le tension entre ses devoirs constitutionnels, mais
- 7:03Speaker 4: aussi l'ambition de vraiment sauvegarder le pays. Et ça, c'est
- 7:06Speaker 4: quand même aussi sa mission, ça n'étonne pas
- 7:09Speaker 3: Et si demain, de Beuver, justement, réclamait cette grande réforme
- 7:12Speaker 3: de l'État, jusqu'où le roi pourrait-il le suivre? Est-ce qu'il
- 7:15Speaker 3: pourrait accepter une Belgique confédérale pour tenter, par exemple, de
- 7:18Speaker 3: sauver la monarchie
- 7:20Speaker 3: Écoute,
- 7:21Speaker 4: je ne suis pas Madame Soleil, ça je ne peux
- 7:23Speaker 4: pas dire, mais on peut s'imaginer qu'il y a quand
- 7:26Speaker 4: même un devoir de collaborer, et avec les Coburg, la
- 7:30Speaker 4: famille royale, il y a toujours eu quand même, on remarque,
- 7:34Speaker 4: la volonté et le désir d'être pragmatique, et de toujours
- 7:40Speaker 4: à la fin sauver le brôle, comme disait le régent
- 7:42Speaker 4: Carrel de
- 7:43Speaker 3: Charles. Vous révélez aussi que Philippe est finalement beaucoup plus
- 7:46Speaker 3: conservateur qu'on l'imagine, sur l'avortement notamment. Eh bien, il aurait
- 7:49Speaker 3: exprimé son opposition à une extension du délai légal à
- 7:53Speaker 3: 24 semaines. Qu'est-ce qu'il a dit exactement sur ce sujet-là
- 7:56Speaker 4: Là, c'est un peu plongé dans les coulisses, mais ça
- 7:59Speaker 4: ne pourrait pas étonner des gens de constater que le roi,
- 8:02Speaker 4: avec toutes ses convictions religieuses, n'est pas du tout pro-avortement
- 8:08Speaker 4: et tout ça. Pour lui, c'est très sensible ce sujet.
- 8:12Speaker 4: Je ne dirais pas qu'il allait tellement loin que son oncle,
- 8:14Speaker 4: le roi Boudouin, d'aller bloquer des changements de loi, mais
- 8:17Speaker 4: quand même... Ça reste un sujet très sensible. Et vous
- 8:21Speaker 4: dites
- 8:22Speaker 3: avoir un conservateur au 16, le roi est ravi. Dernière question,
- 8:24Speaker 3: Wouter Voskelden. Après avoir enquêté sur cette relation, est-ce que
- 8:28Speaker 3: le roi Philippe est en train de transformer Bardo Hever
- 8:30Speaker 3: en défenseur de la Belgique? Ou au contraire, est-ce que
- 8:32Speaker 3: c'est De Wever qui est en train de transformer la
- 8:34Speaker 3: Belgique
- 8:36Speaker 4: Écoute, je pense qu'il faut me réinventer dans deux ans,
- 8:40Speaker 4: quand c'est la fin de ce premier gouvernement, on verra.
- 8:42Speaker 4: Mais c'est sûr que ça reste remarquable, ce danse entre
- 8:45Speaker 4: les deux.
- 8:46Speaker 3: La danse avec le diable, le tout nouveau livre du
- 8:48Speaker 3: journaliste politique Walter Voskelden. C'est un délice, Thomas Lebergeit
- 8:52Speaker 2: Et Jim, j'ai l'impression qu'il y aura un deuxième livre
- 8:54Speaker 2: dans deux ans. On vous retrouvera, Walter Voskelden. Ce qu'on
- 8:56Speaker 2: retient quand même, donc, Bart Dewever occupe la forteresse. Mais
- 8:59Speaker 2: le roi a compris qu'il fallait travailler ensemble. C'est pragmatique. Oui,
- 9:02Speaker 2: c'est ce que vous avez dit. Ils se font des blagues,
- 9:04Speaker 2: cela dit. Un rapport très spécial entre eux. Ça aussi,
- 9:07Speaker 2: on le retient. Merci à vous et bonne journée.