Latest / L'état d'esprit / Louise Lesparre Podcasteuse, Fondatrice de La Clé des Champs
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- 0:02Bonjour et bienvenue dans cet nouvel épisode de l'État d'esprit.
- 0:06Aujourd'hui,
- 0:06je reçois Louise Lespar,
- 0:08fondatrice du podcast La Clé des Chants et de l'agence de communication du centre de formation du même nom.
- 0:14Louise crée des ponts entre la ville et les champs,
- 0:17entre ceux qui produisent et ceux qui consomment.
- 0:19Bonjour Louise.
- 0:20Bonjour Olivier.
- 0:21Première question,
- 0:22on va se tutoyer,
- 0:22c'est pas simple.
- 0:24Qu'as-tu ressenti entendant ton micro pour la première fois à un agriculteur quand tu as démarré ce podcast ?
- 0:30Ah ouais,
- 0:31on démarre direct comme ça.
- 0:33Écoute,
- 0:33c'est une très bonne question parce que je me souviens très bien de cette fois-là.
- 0:36En fait,
- 0:36j'ai lancé le podcast pendant le Covid.
- 0:39Donc les premiers,
- 0:39je les ai fait en visio.
- 0:41Bon,
- 0:41c'était hyper cool.
- 0:42D'ailleurs,
- 0:43les trois premières qui m'ont fait confiance,
- 0:44j'avais rien.
- 0:45Et d'ailleurs,
- 0:46au bout d'un moment,
- 0:46il y en a une qui m'a dit « Mais Louise,
- 0:47en fait,
- 0:48t'as jamais enregistré de podcast ? »
- 0:49Je dis « Non,
- 0:49en fait,
- 0:50j'ai que l'intro et j'ai rien. »
- 0:52Mais la première fois que je suis sortie après le confinement,
- 0:54C'était pour aller chez Manon,
- 0:56qui est en Copain,
- 0:56en Jean Basta.
- 0:57qui est éleveur de blonde d'Aquitaine à Arzac-Araziguet,
- 1:00par chez toi d'ailleurs,
- 1:01dans le Véarn.
- 1:03Et en fait,
- 1:04je suis partie chez Jean l'interviewer,
- 1:06et je me souviens du moment où je suis dans la voiture au retour.
- 1:09Je me dis,
- 1:10tiens,
- 1:10ma grand-mère était agricultrice,
- 1:11mon père a fait sa carrière à la Chambre d'agriculture des Landes,
- 1:13et je me dis,
- 1:14je suis un peu à ma manière la troisième génération,
- 1:16et plus parce que celle du dessus,
- 1:18mais des générations que je connais,
- 1:20la troisième génération qui travaille à ma manière,
- 1:22certes,
- 1:22mais qui travaille dans l'agriculture.
- 1:24Où est venue cette idée ?
- 1:25En fait,
- 1:26j'ai passé.
- 1:26Donc moi,
- 1:26je suis issue d'une famille d'agriculteurs.
- 1:30Mes grands-parents étaient éleveurs laitiers des deux côtés,
- 1:32les uns en Ausha à Pomares et les autres dans le Pays Basque à Bardos à côté de Bayonne.
- 1:38Et mon père a fait toute sa carrière,
- 1:39j'ai dit,
- 1:39à la Chambre d'agriculture des Landes.
- 1:40Donc notamment,
- 1:41il s'occupait de l'organisation des concours bovins.
- 1:44Il s'occupe toujours d'ailleurs du
- 1:46Salon de l'agriculture de Bordeaux.
- 1:47Donc moi,
- 1:47j'ai toujours,
- 1:48entre les vacances scolaires et les week-ends,
- 1:50accompagné mon père sur les concours.
- 1:51à tenir la vache avec mes coffines sur le ring et tout ça,
- 1:54j'ai toujours baigné plus ou moins là-dedans.
- 1:57Après,
- 1:57je m'en suis éloignée.
- 1:59J'ai fait une prépa à Bordeaux,
- 2:01une école de commerce à Toulouse.
- 2:02Et ensuite,
- 2:03je suis partie à Paris travailler.
- 2:04Et j'ai travaillé pendant huit ans à des postes de direction marketing.
- 2:08Et à ce moment-là,
- 2:09je me suis aperçue de la quasi totale des connexions qui s'étaient opérées entre monde agricole,
- 2:14mais je dirais même monde rural,
- 2:15parce que c'est une thématique qui me tient aussi à cœur,
- 2:17le monde rural et la culture qui y est associée,
- 2:19et le monde urbain.
- 2:21Et pour la petite anecdote,
- 2:22ça m'est notamment venu parce que j'ai une collègue hyper sympa,
- 2:26brillante,
- 2:27elle rentre de Normandie et elle me dit
- 2:29« moi je bois plus de lait » .
- 2:30Je dis « ah bon,
- 2:30pourquoi tu veux plus boire de lait ? »
- 2:32Elle me dit « tu sais comment elles tombent enceintes les vaches ? »
- 2:34Je dis
- 2:35« oui, elles sont inséminées par l'inséminateur » .
- 2:38Et bien voilà,
- 2:39elles sont violées par le vétérinaire.
- 2:41Et là je me suis dit « punaise,
- 2:43si elle,
- 2:44elle pense ça,
- 2:45avec toute son éducation,
- 2:47puis c'est vraiment quelqu'un de bien et tout » .
- 2:49On est,
- 2:50excuse-moi de vite terme,
- 2:50on est vraiment dans la merde.
- 2:52La discussion finit par
- 2:54« Mais Steph,
- 2:56t'as un lapin dans ton appartement. »
- 2:59C'est là que le gros paradoxe de tout ça.
- 3:03Bref,
- 3:04du coup,
- 3:04je me dis qu'il y a un truc à faire,
- 3:05je me le garde en tête.
- 3:07Et finalement,
- 3:07le Covid arrive,
- 3:09on est confinés.
- 3:11Et en fait,
- 3:12un matin,
- 3:13je me lève,
- 3:14vraiment,
- 3:14ça se passe comme ça.
- 3:15Je dis « Tiens,
- 3:15je vais faire un podcast d'agriculteur » .
- 3:17J'écoutais beaucoup de podcasts,
- 3:18un média qui est très citadien,
- 3:19très urbain.
- 3:21Les gens ont l'habitude d'écouter des épisodes longs,
- 3:22donc ça permet d'expliquer la complexité de travailler avec le vivant.
- 3:27Et je trouvais qu'on n'entendait pas assez les agriculteurs dans les médias.
- 3:31Donc je voulais offrir aux citadins un accès direct à la voix des agriculteurs.
- 3:34C'était vraiment ça l'objectif du podcast.
- 3:36Et alors au départ,
- 3:38parce que ce n'est pas évident de créer un podcast,
- 3:40je sais de quoi je parle,
- 3:43comment tu as fait ?
- 3:46J'avais du temps parce que j'étais au chômage partiel,
- 3:49parce que j'étais directrice marketing d'une startup dans le tourisme.
- 3:53Ça s'appelle One Park,
- 3:54on faisait de la réservation de parking partout en Europe autour des gares et des aéroports.
- 3:57Donc autant dire qu'on avait tout faux.
- 3:59La période était difficile parce que j'ai fait partie des gens qui ont dû licencier des gens de leurs équipes.
- 4:04Fallait se battre pour savoir de qui on se séparait ou pas,
- 4:07c'était compliqué.
- 4:08Donc j'avais du temps,
- 4:10j'avais besoin de me changer les idées.
- 4:12et après,
- 4:12ben...
- 4:14On rentre vite dans le pratique au pratique.
- 4:16C'était mon anniversaire en ce moment-là,
- 4:18ma soeur m'a offert une formation pour comment monter son podcast.
- 4:21J'ai fait une vidéo avec des copains pour faire un brainstorm sur le nom,
- 4:25d'où a popé la clé des champs.
- 4:27Et puis après,
- 4:28j'ai contacté les agricultrices et les premières,
- 4:30je les ai faites en visio,
- 4:32en attendant de recevoir le matériel un peu le même que ce que tu as là.
- 4:36Mon Zoom qui ne me quitte plus et qui a fait maintenant
- 4:39200 exploitations quasiment,
- 4:41et que je tremble partout.
- 4:42Alors tu l'as dit,
- 4:43tu es issue d'une famille d'agriculteurs landais.
- 4:47Quel souvenir tu as de cette enfance ?
- 4:51Et finalement,
- 4:52qu'est-ce que cette famille t'a apporté,
- 4:55cet univers t'a apporté ?
- 4:56Alors basco-landais,
- 4:57parce que j'ai passé beaucoup de temps chez mes grands-parents au Pays Basque,
- 5:00j'y étais toutes les vacances scolaires quasiment.
- 5:01Bon alors évidemment,
- 5:02j'ai eu une enfance de ouf,
- 5:03c'était génial,
- 5:03on était cinq cousins-cousines,
- 5:04on s'appelait le club des cinq.
- 5:06Il y avait Pétiane,
- 5:07c'était le berger qui avait ses brebis,
- 5:09on bataillait avec lui,
- 5:10il y avait les vaches laitières,
- 5:11c'était l'époque aussi où il y avait des blondes d'Aquitaine,
- 5:14qu'on allait construire des cabanes,
- 5:15enfin bref,
- 5:16l'enfance idéale quoi.
- 5:17Donc ça c'était,
- 5:18déjà en ça,
- 5:19ça t'apporte des bases quand même hyper saines.
- 5:21Ça m'a aussi apporté...
- 5:23Une vision très claire de la vie,
- 5:25de la mort,
- 5:26de la place de l'homme par rapport à l'animal,
- 5:28ça m'a inculqué ça et j'ai beaucoup de chance de ne poser aucune question aujourd'hui sur le fait de consommer.
- 5:32J'estime que c'est une chance parce que quand on rentre dans ces...
- 5:35de se demander quel est son impact environnemental sur le bien-être animal,
- 5:39de manger de la viande et tout ça,
- 5:40je suis bien contente de ne pas me poser toutes ces questions.
- 5:43Pour moi,
- 5:43c'est assez naturel qu'on élève un animal pour qu'on puisse manger,
- 5:47mais que par contre,
- 5:48il faut respecter l'animal parce qu'on l'a tué pour manger.
- 5:50Donc ça veut dire bien cuisiner le produit,
- 5:52tout manger.
- 5:53et que pour moi c'est une forme de respect de l'animal qu'on a élevé et qu'on a aimé,
- 5:58puisque je rappelle que les éleveurs,
- 6:00pour la grande majorité,
- 6:02aiment leurs animaux.
- 6:03Donc ça m'a apporté ça aussi,
- 6:04et je trouve que c'est pas anodin.
- 6:06Bon,
- 6:06après voilà,
- 6:08quand on tuait le cochon chez mes grands-parents,
- 6:10c'est sûr qu'âmes sensibles savent se tenir,
- 6:12quoi.
- 6:13À l'époque...
- 6:13C'est pas le porc,
- 6:14ouais.
- 6:14Oui,
- 6:15pas les détails,
- 6:16mais c'est sûr qu'après,
- 6:17bon,
- 6:17ça nous vaccine un peu.
- 6:19Ça m'a ancrée...
- 6:21Et ça,
- 6:21je m'en suis aperçue en arrivant à Paris,
- 6:22que j'étais ancrée.
- 6:24Je sais d'où je viens,
- 6:25j'ai des appuis solides.
- 6:27J'ai eu beau être dans des startups,
- 6:28dans des directions marketing,
- 6:30etc.
- 6:32Un exemple tout bête,
- 6:32c'est que tous mes collègues avaient des femmes de ménage.
- 6:35À Paris,
- 6:35on est dans 40 mètres carrés.
- 6:37Moi,
- 6:37je me disais,
- 6:37si je prends une femme de ménage,
- 6:39mes tantes qui,
- 6:40là,
- 6:40dans la maison basque,
- 6:41c'est des grands corps de ferme et tout,
- 6:43se tuent à la tâche à faire le ménage.
- 6:45Si j'arrive au repas de famille et que je dis que j'ai une femme de ménage pour 40 mètres carrés,
- 6:49c'est pas possible.
- 6:50Donc c'est des choses comme ça où ça permet de rester à sa juste place et de se rappeler qu'il y a aussi des gens qui bossent dur pour qu'on mange.
- 7:01Je vais être un peu sévère avec moi-même,
- 7:03mais ça a quand même...
- 7:05Je brasse un peu de l'air.
- 7:06Ça a moins de valeur ce que je fais que ce qu'eux y font.
- 7:09Donc je trouve que ça,
- 7:10c'est important de toujours l'avoir en tête.
- 7:13Et dernière chose,
- 7:14après ça m'a appris plein de choses,
- 7:15mais c'est aussi que...
- 7:17parfois la vie c'est difficile et c'est comme ça et c'est pas grave il faut avancer,
- 7:20il faut faire le doron et ça ira mieux plus tard et la vie elle est faite d'épreuves et de travail et de rigueur et que tout n'est pas toujours tout beau,
- 7:28tout rose mais que il faut prendre les bons moments quand il se présente quoi.
- 7:33Et ça aussi c'est important parce qu'on peut vite paniquer maintenant quand on a un petit coup de moins bien dans la vie ou quoi alors que les coups de moins bien font partie de la vie et ça je l'ai appris à la ferme je pense.
- 7:42Quand on arrive à Paris qu'on est plutôt attaché,
- 7:44on voit dans
- 7:46Le sud-ouest,
- 7:46on va dire,
- 7:47qu'est-ce qu'on se dit ?
- 7:48On se dit,
- 7:48qu'est-ce que je fais là ?
- 7:49Ou au contraire,
- 7:50on profite de la vie parisienne ?
- 7:52Au début,
- 7:53on prend le train à Dax,
- 7:54on fait que pleurer dans le train,
- 7:55dans la première heure.
- 7:56Je pense que ça a duré au moins deux ans où je faisais que pleurer en repartant.
- 8:01Parce qu'en plus,
- 8:02je suis avec un conjoint qui est prof de PS,
- 8:04qui est landais aussi.
- 8:05Évidemment,
- 8:05les landais ne se mettent qu'avec des landais,
- 8:08grosso modo.
- 8:09Et en fait,
- 8:10lui,
- 8:10les vacances scolaires,
- 8:11il restait à la maison.
- 8:12Et moi,
- 8:12je remontais toute seule.
- 8:13Je n'allais pas le garder enfermé dans le 40 mètres carrés juste pour l'avoir le soir quand je rentre.
- 8:18Donc non,
- 8:21le début,
- 8:21ça a été dur.
- 8:22Surtout,
- 8:22j'ai démarré chez Total,
- 8:24le grand groupe que tout le monde connaît.
- 8:26C'est apprendre la vie professionnelle et le cadrage de la vie professionnelle et toutes les règles qu'il y a de bonne tenue,
- 8:34de respect de règles politiques et tout ça.
- 8:37Honnêtement,
- 8:37je les ai appris un peu dans la violence.
- 8:39Moi j'arrive demain de mars 1,
- 8:40j'ai un truc à dire,
- 8:41je le dis Après c'est super,
- 8:43j'ai appris à ne pas faire de la politique C'est être intelligente,
- 8:46qu'il y a des moments de dire les choses Des manières de les dire et tout ça Mais quand tu arrives demain de mars 1 et que tu es catapultée directement à la défense chez Total
- 8:53Après c'est une expérience,
- 8:55je suis tellement contente C'est hyper enrichissant,
- 8:57j'y ai passé 8 ans,
- 8:58c'était exceptionnel La clé des champs c'est quoi exactement ?
- 9:02Et pourquoi cette idée,
- 9:03cette volonté de créer sa propre entreprise ?
- 9:05Alors,
- 9:05la clé des champs,
- 9:06déjà,
- 9:06ça a pour mission de rendre l'agriculture accessible.
- 9:09Donc,
- 9:09effectivement,
- 9:09ça passe par le podcast où on donne accès à la voix des agriculteurs.
- 9:13Ensuite,
- 9:13on a une partie agence de communication et une partie formation.
- 9:18Je vais démarrer par la partie formation,
- 9:19parce que c'est celle-là où j'ai eu l'idée quand j'ai passé un an et demi au chômage partiel après le Covid.
- 9:23Et du coup,
- 9:24j'ai développé la clé des champs comme ça.
- 9:25Et puis,
- 9:26à un moment,
- 9:26je me suis dit,
- 9:26il y a peut-être un truc à faire.
- 9:27Il avait été lu coup de cœur de l'année par Apple Podcast.
- 9:32Et donc là,
- 9:33je réfléchis,
- 9:34je réfléchis et je me dis,
- 9:35mais en fait,
- 9:37il y a un vrai sujet pour les gens qui sont catapultés au contact du monde agricole,
- 9:40mais qui n'ont pas la culture agricole.
- 9:42Parce qu'on le sait,
- 9:42le monde agricole,
- 9:43il a un mode de fonctionnement qui est très particulier.
- 9:45Je veux dire,
- 9:45aller dire bonjour à un agriculteur,
- 9:48c'est passer le baptême du feu.
- 9:49Parce qu'ils se font le malin plaisir d'être froid en plus au démarrage.
- 9:52Donc,
- 9:52il y a quand même un truc à avoir dans la manière d'être et dans le vocabulaire qu'on emploie pour briser cette glace et réussir après à faire du commerce.
- 10:00à faire un partenariat,
- 10:02etc.
- 10:02Et du coup,
- 10:03je me suis dit,
- 10:03mais comment font les gens qui ont le même profil que moi,
- 10:05donc en l'occurrence,
- 10:06prépa,
- 10:07école de commerce,
- 10:08mais peu importe,
- 10:08fac,
- 10:09etc.,
- 10:09qui se retrouvent catapultés au contact du monde agricole sans avoir aucun passif,
- 10:14soit dans le cadre de leur éducation,
- 10:15soit personnel,
- 10:17avec l'agriculture.
- 10:18Et donc,
- 10:19l'idée m'est venue de faire une formation accélérée pour les acculturer au monde agricole.
- 10:23Avec une partie en e-learning et une immersion à la ferme,
- 10:26maximum par groupe de 5 pour faire un vie ma vie d'agriculteur.
- 10:29Et vraiment,
- 10:29on met les bottes,
- 10:30rendez-vous 7h du mat,
- 10:31on va soigner les animaux,
- 10:32etc.
- 10:33Et on a un accès direct,
- 10:34encore une fois,
- 10:34avec l'agriculteur pour échanger avec lui et lui poser toutes les questions.
- 10:39Donc c'est ça que j'ai voulu faire au début,
- 10:40ça y est,
- 10:40maintenant ça a bien décollé,
- 10:41on a formé 250 personnes,
- 10:43beaucoup de secteurs bancaires,
- 10:45des énergies,
- 10:46agroalimentaires et des services aux agriculteurs,
- 10:49grosso modo.
- 10:51Et donc ça,
- 10:51c'était mon idée de base.
- 10:52Et en fait,
- 10:53quand je me suis lancée,
- 10:54j'ai eu la chance d'avoir des demandes en train,
- 10:56c'est pour la partie agence de communication,
- 10:57parce que le monde agricole me connaissait pour le podcast.
- 11:01Et donc j'ai reçu,
- 11:02par exemple,
- 11:02le Salon de l'agriculture de Paris m'a proposé de faire leur podcast officiel dès la première année de mon lancement.
- 11:07Donc c'est ce qui m'a permis de lancer la boîte,
- 11:09l'agence de com,
- 11:10pour développer en parallèle les formations,
- 11:12où c'était plus de travail,
- 11:13parce que les e-learning et tout ça créé,
- 11:15c'est beaucoup de boulot.
- 11:16Et donc depuis,
- 11:18les deux vivent en parallèle et les deux ont la même importance chez la Clé des Champs.
- 11:23Voilà,
- 11:24donc on a ces deux activités-là.
- 11:25À un moment donné,
- 11:26on se dit,
- 11:27on regrette ?
- 11:29De les avoir lancé sa boîte ?
- 11:30Oui.
- 11:30Ah non,
- 11:30on ne regrette pas.
- 11:31Alors des fois,
- 11:31on se dit,
- 11:32il faut peut-être aménager certains trucs.
- 11:34Mais non,
- 11:35on ne regrette pas.
- 11:36En fait,
- 11:36j'ai eu aussi la chance que dans ma startup One Park,
- 11:41Gilles et David,
- 11:41qui étaient les fondateurs et qui sont toujours à la tête de One Park,
- 11:44Déjà,
- 11:45ils m'ont toujours partagé énormément de choses de leur quotidien d'entrepreneur à eux.
- 11:49Donc ça m'a donné le goût d'entreprendre,
- 11:50ils m'ont toujours beaucoup responsabilisé.
- 11:52Jamais sinon j'aurais eu l'idée de lancer une boîte à l'époque à la sortie d'études.
- 11:55Il y en a qui ont tout de suite ça dans le sein.
- 11:57Ils lancent une boîte,
- 11:58ils en amènent deux-un.
- 11:58Alors là,
- 11:59moi,
- 11:59vraiment pas du tout.
- 12:00C'était le schéma,
- 12:01je vais aller travailler dans un grand groupe,
- 12:02je vais travailler dans un grand groupe.
- 12:04Après,
- 12:04je suis allée à la start-up et après j'ai monté ma boîte.
- 12:06Ça s'est vraiment fait petit à petit.
- 12:09mais non on ne regrette pas parce que c'est alors c'est beaucoup d'exigence quand même
- 12:13C'est beaucoup de travail,
- 12:14parce que je ne compte pas mes heures comme tout entrepreneur.
- 12:20Mais par contre,
- 12:21c'est une liberté.
- 12:22Je veux une entreprise rentable et qui n'a pas besoin de financement extérieur.
- 12:26Donc,
- 12:26ça prend du temps à se développer.
- 12:28Et en fait,
- 12:28il y a des moments où pour embaucher,
- 12:31il faut rentrer de l'argent.
- 12:32Mais le temps de rentrer de l'argent pour embaucher la personne d'après,
- 12:34il y a un petit moment où il y a un peu trop de boulot en un peu surdimensionné.
- 12:39Donc là,
- 12:40ça y est,
- 12:40ça fait bientôt 4 ans que la clé des champs existe.
- 12:42Donc j'arrive dans une phase de plus de structuration.
- 12:45On automatise des choses.
- 12:47On regarde où c'est qu'on peut gagner du temps.
- 12:50Je m'entoure un peu plus.
- 12:51J'ai fait le choix de tester le modèle avec des freelances plutôt que des salariés,
- 12:54qui est plus flexible et puis moins coûteux,
- 12:56parce que c'est une réalité quand on est entrepreneur et qu'encore une fois,
- 13:00on n'a pas des millions qui sortent des poches.
- 13:06Quand on veut payer quelqu'un de 2 000 euros net,
- 13:08qui est un peu le minimum quand je veux embaucher des gens que j'ai besoin à Bordeaux,
- 13:12ça coûte autour de 45 000 euros brut chargé avec les charges,
- 13:1545 000 euros de chiffre d'affaires.
- 13:18Vous faites vite le calcul,
- 13:19il faut que l'argent rentre.
- 13:20Ce n'est pas la même pression derrière.
- 13:22Mais en tout cas,
- 13:23regret,
- 13:23je m'éclate.
- 13:24Franchement,
- 13:26c'est le kiff.
- 13:26C'est un mode de vie.
- 13:29C'est pour ça qu'il faut que ça dure.
- 13:30Tu as beaucoup parlé du lien.
- 13:32qui était important entre le monde rural et le monde urbain,
- 13:34on va dire.
- 13:36Pourquoi c'est important pour toi ?
- 13:37Et est-ce que tu considères que ce lien,
- 13:40il n'y a plus ?
- 13:42Déjà,
- 13:42c'est important pour moi parce que je viens des deux mondes.
- 13:44Je trouve que c'est une chance parce que je suis à la fois très rurale comme fille.
- 13:49C'est pour ça que je dis que le monde rural me chère.
- 13:52Je suis landaise avec tout ce qui ne va pas.
- 13:56Il n'y a rien qui va chez nous en termes de culture,
- 13:58mais les corridas,
- 14:00la course landaise.
- 14:01le foie gras,
- 14:03avec la chasse.
- 14:04Bon,
- 14:04je ne chasse pas pour le coup,
- 14:05mais je suis très empreinte de tout ça.
- 14:08Mon père a lancé une association qui s'appelle Esprit du Sud 40 pour défendre les cultures locales.
- 14:13Je suis dans une association qui s'appelle Chez les Landais,
- 14:16qui représente les agriculteurs landais.
- 14:17Donc,
- 14:18moi,
- 14:20plus je grandis,
- 14:20plus je m'aperçois que je suis quand même très rurale.
- 14:22Et à la fois,
- 14:23je me sens très bien dans les grandes villes.
- 14:25Je me suis éclatée à Paris.
- 14:26Là,
- 14:26on est à Bordeaux.
- 14:28Voilà,
- 14:28donc...
- 14:30Je me nourris de ces demandes.
- 14:33Et c'est important pour moi d'essayer de travailler pour qu'ils se parlent,
- 14:37à ma petite mesure.
- 14:39Parce que si on ne se parle pas,
- 14:41on ne trouvera pas les solutions de demain pour l'agriculture.
- 14:44Et en fait,
- 14:44je trouve que là,
- 14:45le plus grand malheur de l'agriculture,
- 14:48c'est l'incompréhension qui s'est installée vis-à-vis du métier d'agriculteur.
- 14:52Et puis la simplification des messages.
- 14:55Les débats,
- 14:56on est complètement à côté de la plaque.
- 14:58Le sujet est hyper intéressant,
- 15:00c'est comment on fait pour nourrir une population qui est croissante en respectant,
- 15:03en ayant un impact positif sur l'environnement,
- 15:05c'est même pas en le dégradant,
- 15:06c'est en ayant un impact positif sur l'environnement,
- 15:08à des prix accessibles.
- 15:10Bon,
- 15:10moi la solution,
- 15:11un claquement de doigts,
- 15:12je ne l'ai pas.
- 15:12Mais par contre,
- 15:13le sujet est hyper intéressant.
- 15:14Mais sauf qu'on passe à côté,
- 15:15parce qu'on est tout le temps en train de vulgariser tout,
- 15:18de simplifier,
- 15:19il y a des histoires de posture aussi.
- 15:21Ah oui,
- 15:21mais moi je suis contre les phytos,
- 15:23les pesticides.
- 15:24Ah oui,
- 15:24merci,
- 15:24tout le monde est contre les pesticides,
- 15:26ça d'accord,
- 15:27mais du coup,
- 15:28comment on fait,
- 15:29qui finance la transition,
- 15:31comment on aide les agriculteurs,
- 15:34et donc c'est ça le vrai sujet aujourd'hui,
- 15:37et on passe totalement à côté,
- 15:39et tant qu'on passera à côté,
- 15:40on ne trouvera pas les bonnes solutions pour concilier production et environnement.
- 15:44Comment ta démarche a été appréciée,
- 15:46vue par le monde agricole,
- 15:47justement,
- 15:48qui,
- 15:48comme tu le disais au début,
- 15:49est un monde...
- 15:50parfois un peu fermé,
- 15:52mais dès qu'on le découvre,
- 15:53il est plutôt très ouvert.
- 15:54Oui.
- 15:55Donc,
- 15:55comment a été perçue cette arrivée,
- 15:58cette approche ?
- 15:59Franchement,
- 16:00plutôt bien.
- 16:00Je n'ai vu que des retours positifs parce que le monde agricole a quand même conscience qu'il a un peu péché par manque de communication à un moment.
- 16:09C'était pour vivre heureux,
- 16:10vivre en cachet.
- 16:10Et ça,
- 16:11pour moi,
- 16:11c'est le tort du monde agricole.
- 16:13C'est qu'en fait,
- 16:14le métier a énormément évolué.
- 16:16dans les fermes,
- 16:17dans les innovations,
- 16:18dans l'agrandissement des exploitations.
- 16:20Sauf qu'en fait,
- 16:21à la population,
- 16:22on a toujours montré l'image bucolique de l'agriculture qu'on a envie de voir.
- 16:27C'est souvent des tiers qui ont véhiculé cette image,
- 16:30pas les agriculteurs eux-mêmes,
- 16:32puisque eux,
- 16:33après,
- 16:33ce n'est pas leur métier,
- 16:34ils ne peuvent pas tout gérer,
- 16:35ils ne communiquaient pas.
- 16:36Mais par exemple,
- 16:38l'agroalimentaire,
- 16:39etc.,
- 16:39avait envie de montrer aux consommateurs ce qu'il a envie de boire,
- 16:42encore aujourd'hui.
- 16:43Il y a une publicité en ce moment qui circule d'un distributeur que je ne citerai pas,
- 16:47où l'éleveur est en train de faire écouter de la musique à ses vaches.
- 16:49C'est insupportable,
- 16:50il faut arrêter.
- 16:50Après,
- 16:51on ne peut pas en vouloir aux gens de tomber de haut quand ils arrivent sur une exploitation et qu'ils découvrent comment ça se passe.
- 16:56Alors qu'il y a plein d'angles positifs de communication sur l'agriculture à prendre,
- 17:00notamment par exemple le fait que les agriculteurs sont des entrepreneurs,
- 17:03il y a plein de mecs brillants,
- 17:05que de montrer à un éleveur qui écoute de la musique à ses vaches,
- 17:07un gars avec ses trois carottes et ses deux poules à côté.
- 17:11On peut le regretter,
- 17:12mais le monde a évolué,
- 17:14l'agriculture a changé,
- 17:15le métier d'agriculteur a changé.
- 17:17À chaque fois que le monde agricole ne communique pas,
- 17:19ça lui revient en boomerang derrière,
- 17:20à un moment donné.
- 17:21Parce qu'il y a des gens qui se sentent...
- 17:23Il n'y a pas de problème de légitimité pour certains à prendre la parole sur un sujet qu'ils ne connaissent absolument pas et dire n'importe quoi.
- 17:28Le podcast a été plutôt bien accueilli,
- 17:32surtout que l'objectif,
- 17:33c'est vraiment d'expliquer la complexité du métier,
- 17:36surtout pas éluder les sujets qui fâchent.
- 17:37au contraire de demander à la grille pourquoi tu utilises des pesticides et pourquoi tu n'arrives pas à t'en passer là tout de suite ?
- 17:43Qu'est-ce qui fait que tu continues d'en utiliser ?
- 17:46Pour moi,
- 17:46c'est essentiel parce que je n'ai pas de légitimité.
- 17:48Si les agriculteurs ne valident pas ce que je fais,
- 17:51je n'ai pas de légitimité à le faire.
- 17:53Je ne suis pas agricultrice,
- 17:54je ne peux pas prendre la parole pour eux s'ils ne valident pas derrière.
- 17:57Imaginons qu'on refasse une nouvelle interview dans cinq ans,
- 18:03tu seras où ?
- 18:04Alors dans les Landes,
- 18:05j'espère,
- 18:05ou à Bayonne.
- 18:08Voilà,
- 18:08et après,
- 18:09j'espère que j'aurai structuré la boîte.
- 18:12Moi,
- 18:12j'ai envie de faire une
- 18:13TPE ou une PME qui tourne.
- 18:15Que je sois tranquille pour payer les salaires à la fin du mois.
- 18:18J'ai la chance que ça soit le cas déjà actuellement.
- 18:20Mais déjà,
- 18:20que ça,
- 18:20ça continue.
- 18:23Et puis que moi,
- 18:24par contre,
- 18:24je cours un peu moins partout.
- 18:25Que la boîte dépend de moins de moi.
- 18:26Que je puisse faire les trucs un peu cool.
- 18:30La politique et tout ça.
- 18:31La série des fins.
- 18:31La hausse en agriculture,
- 18:32etc.
- 18:33Mais que j'ai pris un peu de hauteur.
- 18:35que je puisse peut-être développer d'autres activités,
- 18:37m'investir.
- 18:38Là,
- 18:38je t'ai dit,
- 18:39je suis au bureau de Chez les Landais.
- 18:40C'est une association,
- 18:41c'est génial.
- 18:41Il y aurait mille trucs à faire.
- 18:43Il y a une équipe de foule.
- 18:45J'aimerais bien y passer plus de temps.
- 18:46Sur des trucs comme ça,
- 18:47ça m'éclaterait.
- 18:48Donc voilà,
- 18:49c'est vraiment structurer la boîte et que la clé des champs puisse un peu plus tourner sans Louis L'Espard dans cinq ans.
- 18:55C'est ça l'objectif,
- 18:56en plus que d'être redescendue un peu plus bas encore.
- 19:00Ce podcast s'appelle L'État d'Esprit.
- 19:02quel est l'état d'esprit qui t'anime au quotidien ?
- 19:04Alors j'essaie d'être le plus positif possible,
- 19:06j'ai la chance que ça soit assez naturel,
- 19:08et après dans le partage,
- 19:09moi ce qui m'anime c'est de rencontrer des gens,
- 19:12de batailler,
- 19:13je m'enrichis vachement de tous les agriculteurs que je rencontre,
- 19:16de tout ce que j'apprends sur le monde agricole,
- 19:18en plus c'est un puissant fond,
- 19:19enfin je veux dire,
- 19:21j'y connais encore rien quoi,
- 19:22ça fait 5 ans que je bosse tous les sujets et tout,
- 19:24j'exagère quand je dis que j'y connais rien,
- 19:26je commence à avoir compris 2-3 trucs,
- 19:28mais je veux dire,
- 19:28t'as toujours une filière à découvrir,
- 19:30etc.
- 19:32C'est vraiment d'être positive dans le partage et puis d'apprendre,
- 19:37de me nourrir de tout ça,
- 19:39aussi bien professionnellement que personnellement.
- 19:42Parce qu'encore une fois,
- 19:43ça m'apporte tellement de côtoyer tous ces agriculteurs.
- 19:45D'ailleurs,
- 19:45je ne l'ai pas dit,
- 19:46mais j'ai lancé la boîte.
- 19:47C'est ce qui m'a donné le courage de lancer la boîte.
- 19:49Je me suis dit,
- 19:50quand je vois les investissements qu'ils ont,
- 19:52avec le peu de visibilité économique et l'instabilité politique et climatique,
- 19:57Je me suis dit,
- 19:57bon,
- 19:57je peux bien acheter un ordinateur,
- 19:59ça va bien se passer,
- 20:00et tester le truc et on verra.
- 20:03Donc,
- 20:05ça me motive pas mal au quotidien de les côtoyer.
- 20:08Est-ce qu'il y a des surprises qui vont apparaître dans le podcast de la Clé des Chambres dans les semaines,
- 20:13dans les mois qui viennent ?
- 20:14On lance un nouveau format qui s'appelle « Que sont-ils devenus ? » .
- 20:16Parce qu'en fait,
- 20:17il y a des agrées,
- 20:17ça fait déjà cinq ans que je les ai interviewées.
- 20:19Donc,
- 20:20du coup,
- 20:20je repars un peu à leur rencontre pour...
- 20:24pour qu'ils nous donnent des nouvelles et qu'ils nous racontent ce qu'ils font actuellement.
- 20:30Donc ça,
- 20:30c'est la dernière surprise en date.
- 20:31Les prochaines,
- 20:32je ne les connais pas encore.
- 20:33C'est la petite surprise.
- 20:34Oui,
- 20:34et puis c'est l'avantage d'une petite boîte,
- 20:36c'est que franchement,
- 20:37des fois,
- 20:38il faut un peu me gérer parce que j'ai un peu une minute à la minute.
- 20:43Donc pour mes collaboratrices,
- 20:45ça peut ne pas toujours être simple.
- 20:47Mais bon,
- 20:48oui,
- 20:49en tout cas,
- 20:49c'est un peu action-réaction.
- 20:50On est trois,
- 20:51à la clé des champs.
- 20:52donc euh
- 20:52Il y en a une qui a une idée,
- 20:54dans les 15 jours,
- 20:55c'est en place.
- 20:56C'est génial.
- 20:58Merci beaucoup,
- 20:58Louise Lespar.
- 20:59Je vous encourage à écouter le podcast La Clé des Chants.
- 21:02Merci beaucoup,
- 21:03en tout cas.
- 21:03Merci,
- 21:03Olivier.
- 21:04J'étais ravie d'être là.
- 21:05À très vite.
- 21:05Merci.