Latest / Africa Fashion Tour / Sébastien Bazémo, ambassadeur du made in Burkina Faso
Transcript
- 0:00Donc,
- 0:00j'ai fait mes recherches.
- 0:01Il fait comme ça que je suis tombé sur le KwaKoDunda.
- 0:03Le KwaKoDunda,
- 0:05moi,
- 0:06je le voyais,
- 0:07ce peintre-là,
- 0:08au village.
- 0:09Quand je partais au village voir la famille,
- 0:12je voyais souvent un peintre qui était toujours porté par des grands mecs,
- 0:17par des gens défavorisés,
- 0:19des gens qui n'ont pas assez de moyens.
- 0:21Mais le peintre n'avait qu'une seule couleur,
- 0:23c'était le violet et le vert.
- 0:25Mais je me demandais ce peintre.
- 0:28Ce panneau,
- 0:28tout ça,
- 0:29on n'avait jamais vu l'histoire de ce panneau.
- 0:31Et un jour,
- 0:32je me retourne vers Ouagadougou,
- 0:34au grand marché de Ouagadougou,
- 0:36et je vois le panneau qui est vendu au grand marché.
- 0:39Mais je peux te dire que j'étais tellement content de voir ce panneau.
- 0:43Quand je l'ai touché,
- 0:44j'ai dit à la dame,
- 0:45j'ai dit le panneau me plaît.
- 0:46Bon,
- 0:46la dame n'était même pas là,
- 0:48sa fille était là.
- 0:49Et j'ai dit que je voulais acheter le panneau.
- 0:50J'ai acheté le panneau.
- 0:52Il était là,
- 0:52je ne sais même plus,
- 0:53une dizaine par exemple,
- 0:54qui ne coûtait rien.
- 0:56Je pense que le pain n'est pas le même parmi les fois quand je l'ai acheté.
- 1:01Donc,
- 1:01j'ai acheté une dizaine et j'ai donné ma carte à la petite.
- 1:05J'ai dit,
- 1:05ah,
- 1:05si ta mère venait,
- 1:07s'il te plaît,
- 1:07donne-lui la carte,
- 1:08si elle te le contente.
- 1:09Et c'est comme ça que je suis parti à l'épargne.
- 1:11Et quand je suis parti à l'épargne,
- 1:12j'ai commencé à aller travailler.
- 1:15J'ai commencé à faire des chemises,
- 1:16des tenues,
- 1:17tout ça.
- 1:18J'ai commencé à exposer ça dans les ateliers.
- 1:20Et j'ai le client qui est arrivé,
- 1:22je suis tout choqué de voir cette pari.
- 1:26Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:29Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 1:37Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:39Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:43responsables et ambitieux.
- 1:45Au fil des interviews,
- 1:46je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement
- 1:50des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:54Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 2:00de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 2:05C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 2:09éthiques et performants.
- 2:11Je suis Ramat Alialo,
- 2:12je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes,
- 2:15je suis également consultante en marketing et communication.
- 2:18Donc,
- 2:18J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 2:22En 2017,
- 2:23j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 2:26Et depuis,
- 2:27je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:33Au-delà de la mode,
- 2:34je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 2:38Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:47Aujourd'hui,
- 2:48je suis en compagnie de Sébastien Bazemot,
- 2:50fondateur de la marque éponyme Sébastien Bazemot,
- 2:53dont l'atelier est basé à Ouagadougou.
- 2:55Il utilise le pagne Cocodunda dans ses collections.
- 2:58Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de sa marque et de son parcours.
- 3:02Bienvenue Sébastien,
- 3:03comment vas-tu ?
- 3:05Oui,
- 3:05ça va très bien,
- 3:06et chez toi Ramata ?
- 3:07Écoute,
- 3:08ça va très bien.
- 3:08Je suis ravie qu'on ait eu l'opportunité d'organiser cette interview.
- 3:12Tu vas pouvoir nous parler du savoir-faire de Burkina que tu as mis en avant à travers ta marque et tu vas nous parler de l'actualité de ta marque et de ton parcours.
- 3:22Mais tout d'abord,
- 3:23ce que je vais te demander,
- 3:25c'est ce que je demande à tous mes invités quand je démarre les interviews,
- 3:28je vais te demander de te présenter.
- 3:30Merci,
- 3:31merci Romantin de t'intéresser à notre domaine qui est l'amour.
- 3:36Moi,
- 3:36c'est Sébastien Bazemont,
- 3:37en état civil.
- 3:39Et depuis cinq ans,
- 3:41ma maman,
- 3:42qui était auparavant appelée Bazem,
- 3:44s'appelle Sébastien Bazemont,
- 3:46comme le nom du créateur que j'ai su.
- 3:48Et j'exerce dans mes métiers depuis plus d'une trentaine d'années maintenant,
- 3:54je peux dire.
- 3:57Donc,
- 3:57on peut considérer que tu as un doyen,
- 3:59si tu me permets l'expression,
- 4:00dans le secteur de la mode africaine.
- 4:02Oui,
- 4:03je dirais que je ne suis pas étranger dans le domaine de la mode et j'ai roulé ma route dans presque beaucoup de pays en Afrique,
- 4:13comme en Europe,
- 4:13comme aux États-Unis.
- 4:14Donc,
- 4:14je ne dirais pas que je suis un designer.
- 4:19Je suis un designer qui a fait beaucoup,
- 4:22qui a fait ses paroles dans la mode.
- 4:24Eh bien,
- 4:24écoute,
- 4:25tu vas pouvoir nous parler de tout ça en détail.
- 4:27Moi,
- 4:27ce que j'aimerais savoir,
- 4:28c'est comment est-ce que tu as démarré ?
- 4:29Comment est venu le déclic qui a fait que tu as décidé de créer une marque de mode ?
- 4:33Est-ce que tu as toujours évolué dans le secteur de la mode ?
- 4:36Ou est-ce qu'à un moment donné,
- 4:37il y a eu un changement de carrière qui a fait que tu as décidé de t'intéresser à ce secteur ?
- 4:42Remarquement,
- 4:43je dirais que c'est la mode qui est venue à moi.
- 4:46Parce que je dis toujours que moi,
- 4:49je ne suis pas allé à la mode parce que je voulais faire la mode.
- 4:52Mais la mode est venue à moi depuis tout petit.
- 4:55Il faut dire depuis l'école première déjà.
- 4:57Moi,
- 5:00j'étais l'enfant qui était trop dans le jupon de sa mère.
- 5:03Donc,
- 5:04vous savez qu'en Afrique,
- 5:06nos mamans sont tout le temps chez les couturiers,
- 5:09en train de faire leurs tenues.
- 5:10Et moi,
- 5:10j'étais tout le temps avec ma mère quand je partais avec elle chez son couturier.
- 5:16J'avais cette passion de ramasser le bout de tissu,
- 5:19les aiguilles et tout ça.
- 5:20Et souvent en classe,
- 5:22je me mettais à poudre sous ma table de thé vire.
- 5:26Et cette passion ne m'a pas quitté jusqu'à un certain moment.
- 5:31Je dis à mes parents,
- 5:33moi j'aime la beauté,
- 5:34je ne veux plus continuer l'école.
- 5:36Mais c'était difficile déjà pour un parent d'antan.
- 5:41Parce que vous savez,
- 5:41nos parents,
- 5:42ils rêvent tous les jours de voir leurs enfants,
- 5:44avoir une docteure.
- 5:45qu'on va avoir une licence,
- 5:46avoir ci,
- 5:47avoir ça.
- 5:48Mais moi,
- 5:49déjà,
- 5:49à l'école primaire,
- 5:50je ne voulais plus continuer l'école,
- 5:51c'était compliqué.
- 5:53Mais le deal avec ma mère,
- 5:54c'était de continuer un peu l'école.
- 5:56Et puis voilà,
- 5:57après,
- 5:59on pourra voir si mes idées sont toujours les mêmes,
- 6:04elle pourra me soutenir.
- 6:05Et ce n'était pas facile du côté de mon père,
- 6:09parce que lui,
- 6:09il ne voulait jamais entendre ça.
- 6:12Déjà qu'à l'époque,
- 6:13on disait Oui.
- 6:15On appelait ça la série C.
- 6:16Ça veut dire les enfants qui n'ont pas réussi à l'école,
- 6:18c'est eux qui font l'opportunité,
- 6:19la poivre.
- 6:21Et mon père,
- 6:22lui,
- 6:22ne voulait pas ça.
- 6:22Et c'est là que j'ai compris le défi.
- 6:25Et moi,
- 6:26je pense que c'est après mon entrée en
- 6:296e que j'ai décidé de faire ce que j'aime,
- 6:32qui était l'arbre,
- 6:34d'apprendre l'arbre.
- 6:35Et voilà,
- 6:35avec le soutien de mon mère,
- 6:36il faut dire parce que mon père,
- 6:38c'était pas possible.
- 6:39Très bien.
- 6:41Donc,
- 6:41ce sera intéressant de voir que ça a toujours été une passion pour toi.
- 6:44Et effectivement,
- 6:46moi,
- 6:46j'ai entendu beaucoup de créateurs me raconter ce que tu racontes en disant que la mode,
- 6:51ce n'était pas du tout perçu comme une carrière à suivre,
- 6:54que les parents voudraient qu'on fasse plutôt médecine ou éventuellement du droit,
- 6:57des professions qu'on considère plus classiques et plus valorisées,
- 7:01et que la mode,
- 7:03ce n'était pas considéré comme un métier sérieux ou comme un métier,
- 7:08effectivement...
- 7:09qui pouvaient être réservées à des bons élèves.
- 7:12Est-ce qu'en termes de mentalité,
- 7:13toi,
- 7:14tu constates un changement aujourd'hui par rapport à la mode ?
- 7:17Oui,
- 7:17je constate beaucoup de changements.
- 7:19Il faut dire qu'à l'époque,
- 7:21nos parents,
- 7:22pour eux,
- 7:23la mode,
- 7:24je ne sais pas comment,
- 7:25qui est vécue en Côte d'Ivoire,
- 7:26il faut dire que je suis né et grandi en Côte d'Ivoire.
- 7:29Et en Côte d'Ivoire,
- 7:33quand je me rappelle,
- 7:35je pense pourquoi mon père ne voulait pas que je fasse ma mode,
- 7:38parce que...
- 7:38À l'époque,
- 7:40on avait des personnes qui se promenaient avec la machine sous les épaules pour juste faire des bricoles.
- 7:47Donc,
- 7:47quand tu disais à un parent que tu voulais faire la mode pour lui,
- 7:50il voyait son fils se promener avec la machine sous son épaule pour pouvoir bricoler la tenue des gens.
- 7:56Mais aujourd'hui,
- 7:57avec le temps,
- 7:57tout a évolué.
- 7:58Aujourd'hui,
- 8:00pour faire la mode,
- 8:01il faut faire de grandes études parce qu'il y a beaucoup de calculs aussi dans la mode.
- 8:07que prendre le tissu et le découper.
- 8:09Il y a beaucoup de calculs avant de découper le tissu.
- 8:11Donc,
- 8:11je dirais qu'il y a eu un grand changement dans le domaine de la mode,
- 8:17surtout du côté de l'Afrique,
- 8:19il faut dire.
- 8:20Mais je suis assez d'accord avec toi.
- 8:21Effectivement,
- 8:23l'appréciation du secteur de la mode et la possibilité de carrière que l'on peut faire dans ce secteur,
- 8:27ça a énormément évolué,
- 8:29que ce soit en Afrique ou en Occident,
- 8:30et il y a un changement de perception de ce secteur.
- 8:34Donc,
- 8:34toi,
- 8:35à partir du moment où à
- 8:37tu as été,
- 8:37on va dire,
- 8:38aidée,
- 8:38comme tu l'as dit,
- 8:39par ta mère et qu'elle a accepté que tu embrasses cette carrière dans le secteur de la mode.
- 8:43Comment est-ce que tu as commencé ?
- 8:44Est-ce que tu as commencé directement avec ta propre marque ou est-ce que peut-être tu as travaillé chez des personnes qui étaient déjà installées,
- 8:51qui t'ont appris le métier ?
- 8:52Comment est-ce que tu as démarré ?
- 8:54Non,
- 8:54parce que déjà,
- 8:56tu sais,
- 8:56comme j'étais très jeune et quand j'étais à ma mère,
- 8:59je voulais faire la...
- 9:03Elle se disait que c'était peut-être caprice d'un enfant.
- 9:10Pour ne pas jeter son argent,
- 9:12j'étais d'une famille midesse,
- 9:14mes parents n'avaient pas assez de moyens.
- 9:16Donc,
- 9:16pour ne pas gaspiller son argent,
- 9:18elle a voulu me mettre chez mon oncle,
- 9:21qui était son couturier,
- 9:22pour voir.
- 9:23Donc,
- 9:23j'ai fait un an chez mon oncle pour apprendre la pétule.
- 9:29C'était pour voir aussi si c'était...
- 9:33une folie ou bien c'était vraiment un défi de faire la boue.
- 9:37Donc,
- 9:38il a fallu aussi que mon oncle remarque si vraiment c'est le métier que j'aimerais faire.
- 9:46Mais je dirais que pour moi,
- 9:48j'étais tellement enthousiaste quand je commençais la boue de chez mon oncle que chaque jour,
- 9:54j'étais en train de faire des pécoles.
- 9:56Et puis,
- 9:56il faut dire que ma mère n'était pas mon mannequin parce que pour moi,
- 9:59il suffisait que je ramassasse les boues.
- 10:01je les mettais ensemble,
- 10:02je faisais des trucs pour ma mère et j'avais une petite nièce qui était chez nous j'en ai beaucoup de trucs pendant un peu,
- 10:08je ne savais pas trop d'un,
- 10:10mais c'était le plaisir pour moi de...
- 10:17De bricoler,
- 10:17même des chutes de pouture.
- 10:19Et jusqu'à un an après,
- 10:20mon oncle est venu voir ma mère pour lui dire
- 10:24« Je pense que votre fils est fait pour ce métier et vous devez accepter de l'aider. »
- 10:30Et c'est comme ça qu'on m'a même aidé à rentrer dans une école de pouture en Côte d'Ivoire.
- 10:38Quelque chose qui n'était pas donné à tout le monde,
- 10:39mais je pense qu'avec son petit commerce,
- 10:41elle a arrivé à m'aider parce que mon père,
- 10:43pour lui,
- 10:43n'était pas question.
- 10:44Donc,
- 10:44il ne voulait même pas mettre son argent.
- 10:46Mais plus que lui,
- 10:46il ne croyait pas trop en ça.
- 10:49Et il faut dire,
- 10:50je dis toujours,
- 10:51grâce à ma mère,
- 10:52aujourd'hui,
- 10:53je fais le métier que je voulais.
- 10:56Et je dirais que j'ai tellement envie d'apprendre aussi,
- 10:59parce que vous savez que quand déjà tu aimes quelque chose,
- 11:09le fait de l'aimer,
- 11:10le truc passe facilement.
- 11:11Tu as envie de tout faire.
- 11:14de tout faire bien.
- 11:15Donc,
- 11:16ça fait que pour moi,
- 11:16ça a été très facile d'apprendre le métier.
- 11:19Et donc,
- 11:20qu'est-ce qui se passe après cette année passée avec ton oncle où tu apprends les bases du métier ?
- 11:25Quelle est ton évolution ?
- 11:26Est-ce que tu restes travailler avec lui ou est-ce que tu décides de te mettre à ton compte ?
- 11:31Non,
- 11:31parce que j'ai appris avec mon oncle et arrivé à un moment,
- 11:34mon oncle,
- 11:35il a eu un problème de famille où il devait rentrer au Burkina,
- 11:39comme on vivait en Côte d'Ivoire.
- 11:40moins
- 11:42J'étais dans une école de formation.
- 11:45Quand j'ai fini l'école de formation,
- 11:48mon oncle a contacté une des reconnaissances encore pour que je me forme encore plus.
- 11:54Donc là,
- 11:54j'étais dans un atelier du côté de la Tiamé où j'ai appris,
- 12:01je dirais que j'ai fait plus de
- 12:063 à 4 ans là-bas aussi.
- 12:08à quoi passer pour moi,
- 12:09il fallait...
- 12:10Tu sais,
- 12:11le métier de la mode,
- 12:12on ne finit jamais d'apprendre.
- 12:14Donc,
- 12:14il fallait mieux connaître tous les hauts et les bas du métier.
- 12:22Donc,
- 12:23j'ai appris là-bas au fil.
- 12:25Avant de m'installer à mon propre compte,
- 12:28c'était quoi ?
- 12:28C'est que moi,
- 12:29j'ai commencé avec une machine que ma mère m'a achetée à une vente aux enchères.
- 12:36Et avec cette machine,
- 12:38j'avais ça à la maison et c'est comme ça.
- 12:40Je posais à la maison pour tout le quartier,
- 12:43presque tout mon quartier.
- 12:44J'avais des cas à la manifestation dans mon quartier.
- 12:46Je me proposais des coups pour mes camarades.
- 12:48Pour moi,
- 12:48c'était une manière de me former.
- 12:50Je ne demandais pas l'argent,
- 12:51mais je demandais à ceux que vous payez les fournitures et que moi,
- 12:58je vous fais votre tenue.
- 12:59Ça peut réussir comme ça peut ne pas réussir.
- 13:01Le point dit aussi,
- 13:02à un moment donné,
- 13:02que je n'étais pas facile pour moi.
- 13:05Comme on appelle là,
- 13:07tu ne payes pas la forme.
- 13:09si je prends ton habit que j'essaie de bricoler,
- 13:12que ça ne marche pas,
- 13:13tu n'as pas à te fâcher.
- 13:15Donc,
- 13:15c'était une manière pour moi d'apprendre avec mes amis tout ce qu'ils ne veillaient pas.
- 13:18Et il faut dire souvent,
- 13:19ça peut marcher comme ça peut ne pas marcher.
- 13:21Et pour moi,
- 13:22c'était la formation comme ça.
- 13:23Donc,
- 13:23j'ai commencé à travailler chez mes parents.
- 13:26J'avais ma machine à la maison.
- 13:27Et au fur et à mesure,
- 13:28j'ai commencé à prendre des tenues de poux,
- 13:31mes amis de captier.
- 13:33Et surtout,
- 13:33ma mère.
- 13:34Parce que je dis toujours,
- 13:35ma mère fait mon premier mannequin.
- 13:36offre une manière de faire une dernière...
- 13:38dorée s'habiller qui est très élégante.
- 13:42Et chaque dimanche qu'elle partait à l'église,
- 13:43elle avait une nouvelle tellure que je lui confets sur moi.
- 13:46Donc j'ai beaucoup appris avec les tissus de ma mère.
- 13:52Très bien,
- 13:52super intéressant de voir toutes les étapes d'apprentissage que tu as mises en place pour pouvoir acquérir ton expertise dans ce métier.
- 14:00Et à partir de quel moment est-ce que tu crées ta marque à part entière en fait ?
- 14:07Comment est-ce que vraiment tu passes du côté un petit peu petit tailleur qui travaille à son compte et qui propose un petit peu des arrangements avec les clientes à vraiment une marque à part entière ?
- 14:21Il faut dire que,
- 14:22comme on appelle,
- 14:23arrivé un moment pour moi,
- 14:26j'ai commencé à créer ma marque à Pédia en Côte d'Ivoire.
- 14:31Et déjà,
- 14:33je voyais que le...
- 14:36Le milieu était saturé là-bas.
- 14:37Donc,
- 14:38pour moi qui suis d'origine bouquinabé,
- 14:40et né en Côte d'Ivoire,
- 14:43je me suis toujours dit que je voulais visiter le bouquinabé.
- 14:46Parce qu'il faut dire que quand on était petit,
- 14:48on ne nous a jamais envoyé au bouquinabé.
- 14:49Parce qu'on a toujours vu les images du bouquinabé comme un pays qui n'est pas développé.
- 14:59Donc déjà,
- 15:00ça ne nous a jamais intéressé d'aller vivre au bouquinabé.
- 15:04Et moi,
- 15:05quand j'ai grandi,
- 15:07je ne sais pas,
- 15:07mais ça m'est venu en tête un jour comme ça de visiter le Burkina.
- 15:12Et quand je suis allé au Burkina,
- 15:15j'ai vu la manière dont les gens s'habillaient.
- 15:17J'ai trouvé que la mode était basique là-bas.
- 15:20Par rapport à un gros capital où je vivais,
- 15:23où les gens étaient pauvres,
- 15:24où on ne parlait pas encore,
- 15:25on ne parlait pas d'un mariage ou d'un anniversaire.
- 15:27Les gens étaient toujours bien habillés.
- 15:29Et quand je suis allé au Burkina,
- 15:31je pense deux semaines,
- 15:33et quand je suis retourné,
- 15:35j'ai dit à mes parents,
- 15:36j'ai dit que j'aimerais m'installer au Burkina Faso.
- 15:39Je vais m'installer au Burkina et c'est comme ça que je décide le
- 15:454 mai
- 15:472004 de m'installer au Burkina Faso et de créer ma marque.
- 15:54J'arrive au Burkina,
- 15:55ce n'est pas facile parce que c'est un pays,
- 15:57c'est vrai que c'est un pays,
- 15:59mais c'est un pays où je ne connais pas grand chose,
- 16:01je ne connais rien.
- 16:03Mais pour moi,
- 16:03c'est un effet.
- 16:06que j'y arrivais déjà,
- 16:07mes parents quand je leur ai dit que je voulais m'installer au Burkina,
- 16:09ils n'étaient pas pour.
- 16:12Alors que moi je voulais leur montrer que voilà,
- 16:15je suis devenu grand garçon,
- 16:17je peux me prendre en charge,
- 16:18je peux y arriver.
- 16:20Quand je me suis installé au Burkina,
- 16:21ce n'était pas facile mais avec le courage et tout ça,
- 16:25et cette volonté,
- 16:27cette envie de créer ma marque était vraiment un bon truc.
- 16:34Je suis arrivé en 2004 et il y avait le salon du
- 16:42CIO, je ne sais pas si vous connaissez le CIO,
- 16:45le CIO qui est le salon de la tisane à cette période.
- 16:50Et moi,
- 16:52je me suis inscrit à prendre un stand là-bas aussi,
- 16:56parce que je venais d'arriver au
- 16:57Boutilhé. Quand je me suis inscrit,
- 16:58j'ai pris un stand,
- 17:00les gens venaient venir.
- 17:01et voir mon stand,
- 17:02voir ce que j'avais créé et tout ça.
- 17:05Et c'est comme ça,
- 17:06de bouche à oreille,
- 17:07j'ai commencé à avoir la clientèle.
- 17:09Il faut dire que quand je suis arrivé au Burkina,
- 17:11je n'avais pas encore d'atelier.
- 17:13Je confectionnais chez moi jusqu'à ce que je prenne maintenant un atelier et que je commence à travailler.
- 17:20Et là,
- 17:20je me suis donné le nom de Bazemse.
- 17:22Bazemse,
- 17:23qui pour moi,
- 17:24c'était mon nom de famille et mon nom qui était Bazemo et Sébastien.
- 17:30Et c'est qu'en 2020 que j'ai voulu changer de nom parce que,
- 17:37voilà,
- 17:38au moins je me disais,
- 17:39je suis le créateur de la marque.
- 17:41Et quand je regardais à l'international,
- 17:43toutes les grandes maisons de boites portaient le nom de Trit.
- 17:49Et cette entreprise m'a donné l'envie de changer de nom et d'être au-dessus de me faire appeler Sébastien Valtenau,
- 17:58donc le SP.
- 17:59Très intéressant de voir comment tu as construit ta marque au fur et à mesure.
- 18:06Et puis,
- 18:07tu as pu faire un comparatif entre ce qui se passait en Côte d'Ivoire au niveau de la scène mode et ce qu'il pouvait y avoir au Burkina.
- 18:16Je sais que dans ta marque,
- 18:18le fait de mettre en valeur,
- 18:20mettre en avant des savoir-faire locaux,
- 18:22notamment le pan Coco Dunda,
- 18:25c'est vraiment important pour toi.
- 18:26est-ce que tu peux expliquer comment est-ce que...
- 18:30ça t'est venu en fait cette envie d'intégrer des parts dans ta marque,
- 18:34le fait de valoriser un savoir-faire local.
- 18:38Il faut dire aussi,
- 18:39Ramata,
- 18:39que ce qui m'a poussé à rester au Burkina,
- 18:44c'est le fait de savoir que le Burkina fait partie des pays cultivateurs des propres.
- 18:49J'ai vu qu'au Burkina,
- 18:51on travaillait beaucoup le façon d'orphaner.
- 18:54Et le façon d'orphaner,
- 18:55pour moi,
- 18:55c'est vrai que je n'ai pas commencé à travailler avec,
- 18:57Parce que pour moi,
- 18:58je trouvais que...
- 18:59C'est vrai que c'était un panicoton,
- 19:00mais qui était un peu épais pour moi,
- 19:02qui était un mot pour ma clientèle,
- 19:04c'était pas ça ma création.
- 19:06Et depuis des années,
- 19:08je travaillais des tissus,
- 19:11importais des tissus,
- 19:12ils venaient d'ailleurs,
- 19:13mais pas le fasson d'orphané,
- 19:14parce que pour moi,
- 19:15le fasson d'orphané,
- 19:16à l'époque,
- 19:17il était un peu très,
- 19:18très rigide,
- 19:19très dur.
- 19:20Et c'est ce qui m'a donné envie de chercher,
- 19:27comment on appelle ça,
- 19:28d'autres matières locales par exemple que je pouvais travailler.
- 19:32Et c'est comme ça que je suis tombé sur le concours d'UNDA je pense que c'était en 2016 comme on l'appelle là,
- 19:42où l'économie de Côte d'Ivoire est devenue compliquée parce que il y avait eu beaucoup d'états où on avait fait des faiblesses comparables donc tout était devenu plus on se cherchait,
- 19:52on n'avait pas de clientèle et moi l'idée hum
- 19:57de venir au Souss,
- 19:59donc de faire mes recherches.
- 20:00Il fait comme ça que j'ai trouvé celui de Corcordonda.
- 20:02Le Corcordonda,
- 20:04moi je le voyais ce peintre-là au village,
- 20:08quand je partais au village voir la famille,
- 20:11je voyais souvent un peintre qui était toujours porté par des grandes maires,
- 20:16par des gens défavorisés,
- 20:18des gens qui n'ont pas assez de moyens.
- 20:20Mais le peintre n'avait qu'une seule couleur,
- 20:22c'était le violet et le vert.
- 20:24Mais je me demandais ce que c'était ce panneau,
- 20:27tout ça.
- 20:28On ne m'avait jamais questionné l'histoire de ce panneau.
- 20:31Et un jour,
- 20:31je me retourne vers Wadagou,
- 20:34au grand marché de Wadagou,
- 20:35et je vois le panneau qui est vendu au grand marché.
- 20:38Mais je peux te dire que j'étais tellement content de voir ce panneau.
- 20:43Quand je l'ai touché,
- 20:43j'ai dit à la dame,
- 20:44j'ai dit le panneau me plaît.
- 20:45Bon,
- 20:46la dame n'était même pas là,
- 20:46c'était sa fille qui était là.
- 20:48Et j'ai dit que je voulais acheter le panneau.
- 20:49J'ai acheté le panneau qui était là,
- 20:51je ne sais même plus,
- 20:52une dizaine par exemple.
- 20:53qui ne coûtait rien.
- 20:55Je pense que le pain ne valait même pas le mire quand il a acheté.
- 21:00Donc,
- 21:00j'ai acheté une dizaine et j'ai donné ma carte à la petite.
- 21:04J'ai dit,
- 21:04ah,
- 21:05si ta mère vient,
- 21:06s'il te plaît,
- 21:06donne-lui la carte,
- 21:07si elle te le demande.
- 21:09Et c'est comme ça que je suis parti à l'épargne.
- 21:10Et quand je suis parti à l'épargne,
- 21:11j'ai commencé à aller travailler.
- 21:14J'ai commencé à faire des chemises,
- 21:16des tenues,
- 21:16tout ça.
- 21:17J'ai commencé à exposer ça dans une atelier.
- 21:19Et j'ai mes clients,
- 21:20quand ils arrivaient,
- 21:21je me suis choqué de voir ce pain.
- 21:23Je lui ai dit,
- 21:24mais
- 21:26Bazem, c'est...
- 21:26À l'époque,
- 21:27on m'appelait Bazem,
- 21:27c'est...
- 21:28Non,
- 21:28mais tu es tombé aussi bas pour utiliser ce pain-là.
- 21:31J'ai dit,
- 21:31comment ça ?
- 21:32Et en se mettant,
- 21:33on m'a expliqué l'histoire de ce pain-là.
- 21:35Je peux te dire que ça me faisait tellement rire.
- 21:38Parce qu'on dit,
- 21:38ce pain-là,
- 21:39quand tu le...
- 21:39On l'appelait Tchétchibarala.
- 21:41Tchétchibarala,
- 21:42du coup,
- 21:42là,
- 21:42tu fais des films,
- 21:42mon mari ne travaille pas.
- 21:45Donc,
- 21:45c'est un pain-là où beaucoup n'aimaient pas compter.
- 21:47Parce qu'ils se disent,
- 21:48si ils le portent,
- 21:49leur mari,
- 21:50soit son travail va se gâter,
- 21:51soit le malheur va faire par leur porte.
- 21:53Donc,
- 21:53personne ne veut le porter.
- 21:55Et moi,
- 21:57quelques jours,
- 21:58la dame m'appelle,
- 21:58la bonne dame m'appelle,
- 21:59et moi,
- 22:00je dis à la dame,
- 22:00je dis,
- 22:01ah,
- 22:02j'aimerais vous rencontrer,
- 22:03vous devez me donner un coup de bouche,
- 22:04je parle à moi.
- 22:05Et la dame m'explique qu'il faut du pain,
- 22:07qu'on peut tout faire.
- 22:08Moi,
- 22:08je dis à la dame,
- 22:08je dis,
- 22:09bon,
- 22:09mais est-ce que le pain,
- 22:10on ne peut pas le faire d'autres couleurs ?
- 22:12Pourquoi il n'y a que cette couleur ?
- 22:13Et est-ce qu'on ne peut pas changer les motifs et tout ça ?
- 22:16Elle me dit,
- 22:17oui,
- 22:17bien sûr,
- 22:18mais les gens ne vont pas payer.
- 22:19Je dis,
- 22:19mais moi,
- 22:20je veux commander ça,
- 22:21parce que je veux lancer ce pain.
- 22:23Et mes gars,
- 22:23ok,
- 22:24d'accord,
- 22:24moi je vis du point de vue,
- 22:25je profite des couleurs que j'ai données,
- 22:26le jaune,
- 22:27le rouge,
- 22:28j'ai donné des couleurs,
- 22:30parce qu'il y avait des couleurs un peu chaudes,
- 22:31des couleurs de tous les jours de la jeunesse.
- 22:35Et j'ai commandé le tissu,
- 22:36je suis parti,
- 22:37après la dame m'a appelé,
- 22:38je suis allé voir le tissu qu'elle avait fait.
- 22:41J'étais tellement enthousiaste de voir ce tissu,
- 22:44j'étais tellement content.
- 22:46Et quand j'ai pu s'éteindre,
- 22:47je suis allé,
- 22:48j'ai commencé à confectionner des trucs.
- 22:50Et j'ai dit à la dame,
- 22:51je dis bon,
- 22:52moi je vais partir à Bobo.
- 22:53Bobo,
- 22:54tu vois,
- 22:54c'est la deuxième ville,
- 22:55tu vois,
- 22:56où le pain,
- 22:58si tu veux,
- 22:58c'est comme l'usine du pain,
- 23:00tu trouves,
- 23:00là-bas.
- 23:00Parce que c'est là-bas,
- 23:03les mamans utilisent beaucoup le pain.
- 23:07Et quand je suis parti,
- 23:08je suis emmené dans un quartier qu'on appelait Cocon.
- 23:12Et quand je suis rentré dans le quartier Cocon,
- 23:14j'ai vu ces mamans-là,
- 23:17c'est le mari qui attachait le pain.
- 23:18Ils ont une manière d'attacher.
- 23:20Et les femmes m'étaient dans la teinture.
- 23:23Mais j'étais tellement content de voir ça,
- 23:26ce beau travail.
- 23:27Et au sorti de ce quartier,
- 23:30je me suis dit,
- 23:31est-ce que je ne vais pas changer le nom du parme là ?
- 23:34Et c'est là que j'ai trouvé le nom Corpon.
- 23:37Et quand je suis venu à Ouagadougou,
- 23:38j'ai organisé une conférence de presse en invitant toute la presse.
- 23:41Je me suis dit,
- 23:42je ne voudrais pas qu'on appelle le parme Chetidara là.
- 23:46Mais désormais,
- 23:46on va l'appeler le Popopo Ndunda.
- 23:48Vous savez,
- 23:49c'est l'auteur de Koko,
- 23:51qui est l'un des grands acteurs au niveau du lasso,
- 23:54que tout le monde connaît.
- 23:55Donc moi,
- 23:55j'ai voulu rendre hommage à cette maman,
- 23:57à cette femme-là-bas.
- 23:59Et depuis
- 24:022016 jusqu'au aujourd'hui,
- 24:03cette femme a été baptisée Koko Dunda,
- 24:06et elle est labellisée par les peuples qui l'ont répétée.
- 24:10Wow,
- 24:11c'est incroyable cette histoire que tu nous racontes sur l'origine même de l'appellation du nom Koko Dunda et le fait que
- 24:18de cette conférence de presse que tu as organisée pour pouvoir vraiment officialiser cette appellation.
- 24:26Donc là,
- 24:27tu parles de conférence de presse,
- 24:29donc ça m'intéresse de savoir justement quel est ton rapport avec les médias,
- 24:35avec les influenceurs,
- 24:36éventuellement les célébrités,
- 24:38parce qu'on sait que quand on veut partager une information par rapport à une marque de mode,
- 24:43ça peut passer effectivement par une conférence de presse et des médias,
- 24:46ça peut passer par les célébrités,
- 24:48Ça peut passer au niveau des médias,
- 24:51ça peut être la radio,
- 24:52ça peut être des magazines,
- 24:54ça peut être aussi la télévision.
- 24:56Quel est ton rapport avec les médias et avec le fait de faire connaître ta marque,
- 25:01en fait ?
- 25:02Il faut dire,
- 25:04Ramat Patou,
- 25:04moi,
- 25:04j'ai toujours collaboré avec les hommes de médias,
- 25:08les influenceurs,
- 25:09les artistes,
- 25:13les personnes du grand public,
- 25:14en fait.
- 25:15Donc...
- 25:16Et puis,
- 25:16il faut dire que depuis 2007,
- 25:18j'ai un événement qu'on appelle Folie de Maud.
- 25:21Folie de Maud,
- 25:22qui aujourd'hui est à sa 14e édition.
- 25:25Et c'est un événement que j'ai toujours organisé pour moi,
- 25:27pour valoriser la mode,
- 25:29l'attitude africaine en général.
- 25:31Et comme on appelle,
- 25:33quand j'ai voulu lancer le Pompadour,
- 25:35j'ai organisé une conférence de presse,
- 25:36comme je le fais quand j'organise mon festival
- 25:40Folie de Maud.
- 25:41J'ai fait pareil,
- 25:42j'ai invité la presse et ainsi de suite,
- 25:44et j'ai organisé la presse.
- 25:45conférence de presse,
- 25:48en les présentant déjà le pain.
- 25:51à l'état de l'ancienne époque et le pan que moi j'ai fait changer.
- 25:59Parce qu'il faut dire que j'ai changé la boutique,
- 26:01j'ai changé la texture.
- 26:04Et j'ai voulu changer les couleurs aussi.
- 26:08Donc il fallait la presse,
- 26:09il fallait toutes ces personnes des médias pour communiquer dessus.
- 26:13Et quand j'ai fait tout ça,
- 26:14quand j'ai fait la conférence de presse,
- 26:16à l'époque c'était...
- 26:20Et je pensais que les gens qui sont les plus suivis au pays,
- 26:22c'est souvent le groupe présidentiel.
- 26:25Donc,
- 26:25il fallait que j'appuie le groupe présidentiel.
- 26:27Et c'est comme ça que j'ai demandé une audience pour aller voir le président et son époux.
- 26:32Et je les ai parlé.
- 26:34Et je les ai dit,
- 26:35c'est eux qui peuvent donner un coup de main pour poster cette économie,
- 26:40l'économie de ce pays.
- 26:42Et c'est comme ça que le président a pris les mesures du président,
- 26:46les mesures de sa femme et que je les ai.
- 26:49Je les ai fait des tenues et en même temps qu'ils ont porté,
- 26:54ça a été un peu tout nouveau parce que le pain qu'on disait,
- 26:58c'était le pain des courses,
- 26:59a été porté par le groupe présidentiel.
- 27:02Il fallait que ça marche ou pas,
- 27:04il fallait que ça passe ou ça casse et c'est comme ça.
- 27:06Le pain a pris plus d'emploi et après ma conférence de presse,
- 27:12je pense un mois après,
- 27:13j'ai organisé un défilé privé.
- 27:16où j'ai invité les gens des médias pour montrer ce qu'on pourrait faire de ce panneau qui était marginalisé.
- 27:22Donc,
- 27:25j'ai fait un défilé de motos,
- 27:26j'ai présenté quatre tableaux en tenue de soirée,
- 27:29tenue de vie,
- 27:33tenue de tous les jours,
- 27:34et tenue de mariage dans le même panneau.
- 27:37Et je peux te dire,
- 27:38au lendemain de ce défilé,
- 27:41le défilé c'était un dimanche,
- 27:42mais au lendemain,
- 27:44c'était dans la bouche de tous les bons.
- 27:46où on parlait du corps cordonné.
- 27:49Il fallait que tout le monde ait son corps cordonné.
- 27:52Donc,
- 27:53comme le président a reporté,
- 27:56il a reçu des personnalités avec.
- 27:58Et ça fait que quand il y avait une personnalité qui arrivait au Burkina,
- 28:04on me demandait si je pouvais confesser une tenue pour cette personne.
- 28:08Et c'est comme ça que j'ai habillé Angéline Alkundi,
- 28:12la princesse de Monaco.
- 28:14Et aussi beaucoup d'artistes comme Alpha Blondie,
- 28:18comme on appelle Fali Poupa,
- 28:22beaucoup d'artistes que je ne peux pas me rappeler des noms.
- 28:26Très bien,
- 28:27c'est incroyable ce que tu racontes.
- 28:28Et comment,
- 28:30en fait,
- 28:30c'est le fait d'avoir habillé le couple présidentiel qui t'a ouvert les portes d'une certaine élite qui est venue s'habiller chez toi.
- 28:39Mais le point de départ,
- 28:40c'est vraiment ce côté...
- 28:42politiques où effectivement il va y avoir des hommes politiques et ça se voit de plus en plus,
- 28:47hommes et femmes politiques qui vont s'habiller et qui vont chercher à mettre en avant le savoir-faire traditionnel et ça a un impact réel sur la manière dont les populations et les célébrités vont considérer les savoir-faire africains puisqu'ils vont les valoriser alors qu'il y a toujours eu une comparaison entre certaines marques de luxe occidentales et des marques africaines et on pouvait avoir tendance à
- 29:10privilégier des marques africaines,
- 29:11mais dès qu'on voit des célébrités porter des savoir-faire africains,
- 29:15ça change vraiment la donne.
- 29:17Toi,
- 29:18le fait d'avoir eu cette grande visibilité avec toutes les célébrités que tu as citées qui ont porté en fait des pièces que tu as créées spécialement pour elles,
- 29:28est-ce que tu as eu un impact directement sur le développement de ta marque,
- 29:31sur tes ventes ?
- 29:34Comment toute cette visibilité a eu un impact sur ton développement ?
- 29:38Oui,
- 29:39je peux dire que ça a eu un grand impact sur ma marque déjà,
- 29:45parce que tout le monde ne voulait porter que du Sébastien Bazemont.
- 29:50Parce qu'aujourd'hui,
- 29:51il faut dire que c'est vrai que le corps cordonné est utilisé par beaucoup de créateurs.
- 29:55Mais aujourd'hui,
- 29:56les gens se disent que si je dois porter du vrai corps cordonné,
- 29:59c'est du Sébastien Bazemont.
- 30:01Comme moi,
- 30:02je travaille avec beaucoup de coopératives de femmes en difficulté.
- 30:08qui ont des associations,
- 30:09qui travaillent le façade d'enfant et le panthissier.
- 30:12Donc,
- 30:13toute la matière,
- 30:17la matière traînée,
- 30:18par exemple,
- 30:19qui est le coton,
- 30:20qui est le concordant d'advien de cette femme-là.
- 30:22Donc,
- 30:23c'est une manière d'apporter déjà mon aide,
- 30:26mon coup de main à cette femme-là.
- 30:27Donc,
- 30:27pour moi,
- 30:28dans ma première position,
- 30:29je dis toujours,
- 30:30quand tu achètes une tenue chez Sébastien Badimou,
- 30:33ne dis pas que c'est ton argent que tu jettes par la filette,
- 30:36nécessitent
- 30:37plutôt aider et soutenir des personnes qui sont dans des causes difficiles au milieu.
- 30:42Donc moi,
- 30:43je veux dire,
- 30:44comme on l'appelle,
- 30:45il y a des entreprises aujourd'hui qui me commandent des tenues pour leurs entreprises et tout ça,
- 30:50mais tout ceci est fait dans le corps,
- 30:52dans le dos ou dans la façon d'envoyer parce que je travaille tous ces deux matières.
- 30:56Et tout ça,
- 30:57je pense que c'est grâce à cette communication autour,
- 31:01à tout ce que la communication peut apporter dans le monde.
- 31:05dans la marque d'un créateur,
- 31:07dans la vision.
- 31:09Donc,
- 31:09à partir du moment où tu as eu cette visibilité,
- 31:11j'imagine que tu as dû organiser ton atelier,
- 31:14réunir une équipe,
- 31:15avoir peut-être ouvrir une ou plusieurs boutiques.
- 31:18Comment est-ce que tu t'es organisé d'un point de vue opérationnel pour pouvoir répondre aux différentes attentes ?
- 31:25Est-ce qu'aujourd'hui,
- 31:26tu as ton propre atelier ?
- 31:27Oui,
- 31:29j'ai toujours eu mon propre atelier,
- 31:30mais c'est vrai que j'ai augmenté mon effet.
- 31:34va augmenter parce qu'il fallait avoir beaucoup de couturiers qui travaillaient en même temps.
- 31:42Et ça fait qu'aujourd'hui,
- 31:43j'ai plus d'une trentaine d'employés qui travaillent pour moi,
- 31:50qui font un moment de vie et tout ça.
- 31:52Et j'ai des petits possibles un peu au bouclier en ville parce que tout le monde ne veut pas se déplacer,
- 32:00d'autres préfèrent être.
- 32:02dans 10 secondes.
- 32:04D'où la clientèle veut que je sois.
- 32:08C'est vrai que la privé n'est pas en centre-ville,
- 32:11elle est pas loin de la centre-ville aussi,
- 32:12mais à même pas,
- 32:13j'ai des petits postiers qui permettent aux clients de venir faire des choses.
- 32:21Il faut dire aussi que,
- 32:25pas que au Burkina,
- 32:26souvent il y a des concepts stores qui nous demandent des tenues que je dépose,
- 32:32par exemple,
- 32:32Merci.
- 32:33J'ai un concepteur qui représente ma marque là-bas.
- 32:37Abidjan aussi,
- 32:38c'est pareil.
- 32:39Pour le moment,
- 32:40il y a des gens qui m'approchent parce que je ne peux pas ouvrir partout.
- 32:44Mais je pense que je peux me faire présenter.
- 32:47Si je veux représenter ma marque.
- 32:50Très bien.
- 32:51Et aujourd'hui,
- 32:52je pense que la marque est bien connue dans la sous-végé.
- 32:56Elle est connue à l'international aussi puisque tu as des cédéonités qui ont porté ta marque.
- 33:02Est-ce que toi,
- 33:02tu constates que dans les commandes,
- 33:04tu vas avoir à la fois des personnes qui sont basées en Afrique et notamment au Burkina,
- 33:10et également une clientèle qui est à l'extérieur,
- 33:12une clientèle de la diaspora et pas que de la diaspora ?
- 33:16Oui,
- 33:17moi j'ai une clientèle qui vient de partout,
- 33:18mais ma clientèle n'est pas qu'africaine,
- 33:20il faut le dire,
- 33:22j'ai des clientèles un peu partout.
- 33:24Et puis il faut dire que j'ai tellement voyagé,
- 33:27donc presque,
- 33:28je dis souvent en Afrique,
- 33:30je ne sais pas qui est.
- 33:31pays d'Afrique,
- 33:32je n'ai pas encore fait.
- 33:33Parce que j'ai tellement voyagé partout pour présenter ma marque,
- 33:38pour des défilés de mots,
- 33:39des expositions,
- 33:40tout ça.
- 33:41Et même en Europe,
- 33:45aux États-Unis ou dans les pays européens,
- 33:48j'ai toujours fait des défilés.
- 33:50Et souvent,
- 33:51ce n'est pas vraiment les Africains qui achètent mes tenues,
- 33:53souvent c'est les Européens qui achètent,
- 33:55qui adorent.
- 33:56C'est plus que ça.
- 33:58La semaine dernière,
- 33:59j'étais à Paris.
- 34:00des filets,
- 34:01mais c'est un des filets qui n'était pas que des noirs,
- 34:03c'était avec des Européens.
- 34:07C'est plus les Européens qui étaient immergés de voir mes créations,
- 34:12de voir le tissu que j'utilise et tout ça.
- 34:14Donc pour moi,
- 34:15je peux dire que mes créations ne sont pas des choses africaines parce que c'est vrai que j'utilise un tissu africain mais je fais une coupe européenne donc tout le monde peut porter plus fort.
- 34:30porter un vêtement,
- 34:31c'est la seule nouvelle.
- 34:32Super intéressant de voir le côté international de ta clientèle.
- 34:36Et aujourd'hui,
- 34:39tes collections sont entièrement fabriquées en Afrique,
- 34:42à Ouagadougou ?
- 34:43Oui,
- 34:44mes créations sont fabriquées seulement à l'hôpital.
- 34:48C'est vrai que c'est un peu compliqué maintenant,
- 34:52mais j'essaie de toujours travailler avec le peu de personnes qui me restent au bout de la tête.
- 35:01Il faut dire qu'avec la crise qu'on a là-bas aussi,
- 35:04ce n'est pas un choix.
- 35:06Donc,
- 35:07beaucoup de petits-fils de l'hôpital et beaucoup de mes employés aussi qui étaient.
- 35:12Ce n'était pas forcément l'équilibre parce qu'il faut dire que même les couturiers,
- 35:15il y en a d'autres qui viennent du Nigeria,
- 35:17de la Côte d'Ivoire,
- 35:18du Tombo ou du Bénin et ainsi de suite.
- 35:20Ça fait que tout ce qui se passe au Bénin,
- 35:23il y en a d'autres qui sont venus par-ci.
- 35:26C'est un peu le plan de conduite pour nous présentement.
- 35:30Je comprends effectivement,
- 35:31la situation est délicate en ce moment sur cette zone-là.
- 35:37Donc aujourd'hui,
- 35:38quand on veut accueillir une pièce,
- 35:40en fait...
- 35:41Tu fais des expéditions,
- 35:43il y a un site e-commerce et tu fais des expéditions ou c'est plutôt au niveau des boutiques qu'on peut avoir accès aux collections de la marque ?
- 35:53Déjà,
- 35:53il faut dire au boutique,
- 35:54on avait essayé de faire une e-boutique,
- 36:00comme tu le dis,
- 36:00parce qu'il faut dire,
- 36:01en 2001,
- 36:07j'avais eu un appel à projet de l'Union Européenne.
- 36:11Et tous les staffs là derrière moi pour retravailler ma marque et retravailler la vente à l'international.
- 36:21Mais du coup,
- 36:23on a essayé,
- 36:25ça marchait.
- 36:27Pendant le Covid,
- 36:29on a beaucoup vendu les cachemires.
- 36:35Les cachemires fabriqués en Corse,
- 36:36on a beaucoup vendu sur l'international.
- 36:39Après,
- 36:39ça s'était très compliqué parce qu'aujourd'hui,
- 36:42on ne peut plus se compléter devant l'international.
- 36:47On passe par la boutique pour essayer de voir comment la personne peut avoir la tenue.
- 36:57On passe par quelqu'un pour faire venir la tenue.
- 36:59Parce qu'il faut dire même que la communication est très compliquée là-bas.
- 37:05Comme moi,
- 37:08je suis un grand voyageur,
- 37:09donc c'est profiter de mes voyages pour vivre des pays.
- 37:13Très bien,
- 37:14effectivement,
- 37:14c'est intéressant de voir la stratégie que tu as mis en place pour pouvoir assurer les ventes.
- 37:20Toi,
- 37:20dans ta manière de travailler,
- 37:22il y a une partie des collections qui est prête à porter,
- 37:24une autre partie qui est couture,
- 37:26sur mesure ?
- 37:27C'est ça,
- 37:28oui.
- 37:29Il y a une partie qui est couture,
- 37:31sur mesure,
- 37:33et il y a la collection prête à porter aussi.
- 37:36Et sur l'année,
- 37:37en fait,
- 37:38tu fais combien de collections près d'aborder ?
- 37:40Je dirais,
- 37:42c'est vrai que nous,
- 37:42on n'a pas de saison en Afrique,
- 37:45mais moi,
- 37:46je peux atteindre trois à quatre collections dans l'année.
- 37:51Ça dépend vraiment de mes sorties,
- 37:55mes invitations et tout ça,
- 37:56parce que souvent,
- 37:57quand je suis beaucoup invité dans le pays,
- 38:01je suis plus acheté dans le pays de la politique.
- 38:06C'est vrai que tu participes très régulièrement tout au long de l'année à des événements,
- 38:13soit en Afrique,
- 38:14soit en France.
- 38:15Et ça fait vraiment partie,
- 38:17toi,
- 38:17de la manière dont tu fais la promotion du Coco Dunda et de tes collections,
- 38:23le fait de participer à différents défilés.
- 38:26Je sais que tu as un défilé prochainement à Dakar.
- 38:29Alors peut-être qu'au moment où l'interview sortira,
- 38:32tu auras déjà participé à l'événement.
- 38:35Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de toi,
- 38:38l'importance que ça a le fait de participer à des défilés comme ça dans différents pays du monde,
- 38:45j'ai envie de dire,
- 38:46puisque ce n'est pas que des défilés en Afrique.
- 38:49Pour moi,
- 38:52c'est un peu la communication de tout ça,
- 38:54parce qu'un créateur de mode,
- 38:58on a toujours envie de créer,
- 39:00de montrer notre nouvelle collection.
- 39:02C'est vrai que tu peux organiser un défi.
- 39:04ou tu vas éviter ta clientèle.
- 39:06Mais je pense que souvent,
- 39:09on a souvent besoin d'autres regards.
- 39:16On a besoin de voir si nos tenues te plairont à d'autres clients,
- 39:22d'autres types de clientèles.
- 39:26Au Burkina,
- 39:27ma collection me plaît.
- 39:28À Pidja,
- 39:29ma collection me plaît.
- 39:31pourquoi pas aller du côté de l'Europe,
- 39:34de la Chine et tout ça.
- 39:35C'est ma collection.
- 39:37Et je pense que,
- 39:38voilà,
- 39:39je connais un peu la mentalité de ces clients aussi.
- 39:44C'est pour ça qu'il y a quelques années,
- 39:45j'avais fait une exposition.
- 39:49En Suisse,
- 39:50c'était pendant la journée internationale du Coton en
- 39:55Suisse. Et on avait une exposition pendant une semaine et une semaine sans penser n'importe quoi.
- 40:02Voilà,
- 40:04mes tenues allaient s'acheter là-bas comme des bouts de pain.
- 40:08Mais j'étais étonné de voir ça parce que ceux qui achetaient,
- 40:11ce n'étaient pas que des Africains,
- 40:12c'était que des Japonais,
- 40:13des Chinois,
- 40:16un peu tout le monde qui achetait.
- 40:18Je dirais même les Africains,
- 40:20c'est plus le côté asiatique qui marchait,
- 40:24le côté européen qui marchait.
- 40:26Et ça,
- 40:27ça plaît déjà de voir que les gens s'arrachent nos tenues,
- 40:38qui ne viennent pas forcément du même pays que toi,
- 40:40mais qui aiment ce que tu fais.
- 40:42Ça,
- 40:42c'est déjà un plaisir.
- 40:45ce qui nous pousse souvent à voyager,
- 40:47à vouloir présenter nos tenues.
- 40:50Effectivement,
- 40:52l'expérience du défilé,
- 40:53il y a énormément d'avantages à participer à ce genre d'événement qui permet,
- 40:59comme tu le dis,
- 41:00de rencontrer d'autres designers et de rencontrer aussi une autre audience et de faire découvrir ton travail au plus grand nombre.
- 41:11Maintenant,
- 41:12je sais qu'il y en a qui se disent que c'est important aussi que les défilés soient accompagnés de salons ou de moments de commerce pour pouvoir vendre.
- 41:22Parce que si c'est que pour présenter les collections et qu'on ne fait pas de business après,
- 41:25ce n'est pas rentable.
- 41:27Oui,
- 41:27ce n'est pas rentable.
- 41:29Si c'est faire les défilés comme on le fait en Afrique,
- 41:32en Afrique,
- 41:32le défilé pourrait y voir son spectacle.
- 41:35Et alors que ce n'est pas intéressant.
- 41:36Ce qui est intéressant quand tu voyages dans des pays européens ou américains ou tout ça.
- 41:40Après le défilé,
- 41:41forcément,
- 41:42les gens vont venir te demander cette robe-là,
- 41:43et puis de premier ça.
- 41:45Tu as toujours de la clientèle,
- 41:46ou même ils vont te commander quelque chose.
- 41:48C'est ce qui est intéressant.
- 41:49C'est là,
- 41:50souvent,
- 41:50on a besoin de voyager pour voir un peu la mentalité des autres.
- 41:54Pour pouvoir changer ce qui est chez nous.
- 41:56Parce que chez nous,
- 41:58on a tendance à voir les défilés comme un spectacle,
- 42:00qu'on vient regarder,
- 42:00après on s'en va.
- 42:01Alors que non,
- 42:02nous,
- 42:02on recherche la clientèle qui va nous commander,
- 42:04qui va nous acheter des trucs sur place,
- 42:06ou même commander des trucs sur place.
- 42:09Et moi,
- 42:11je peux dire aujourd'hui,
- 42:12comme un guide dans un défilé,
- 42:16je ne vais pas défiler pour les beaux yeux des gens.
- 42:20Je ne défile pas.
- 42:21C'est vrai qu'à l'époque,
- 42:22plus jeune encore,
- 42:23tu as envie d'explorer le monde,
- 42:25tu voyages partout.
- 42:27Quand tu es vite ici,
- 42:27tu te lèves tout le temps.
- 42:29Mais aujourd'hui,
- 42:30même si on paye mon billet,
- 42:32on paye mon hôtel et tout ça,
- 42:33je ne défile pas parce que j'ai envie de défiler.
- 42:35Je défile pour voir ce que je gagne derrière.
- 42:40Ce que je gagne derrière,
- 42:41c'est est-ce que j'aurai une clientèle derrière ?
- 42:43Est-ce que j'aurai quelqu'un qui va me commander de la marchandise ?
- 42:47C'est surtout ça.
- 42:48Et surtout,
- 42:51comme on appelle là,
- 42:52je voyais avoir des boutiques qui peuvent me commander des tenues.
- 42:56C'est ça.
- 42:57Voilà,
- 42:57on sent que le côté business,
- 42:59il est complètement lié au côté créatif et qu'il n'y a pas de séparation à se dire « Moi,
- 43:05je suis là pour créer,
- 43:06pour présenter mes œuvres et je ne fais pas de commerce. »
- 43:08Maintenant,
- 43:08les deux doivent...
- 43:10vraiment marcher ensemble.
- 43:13Toi,
- 43:14aujourd'hui,
- 43:15comment il y a énormément de...
- 43:17Ce que tu évoquais au début de cette interview,
- 43:19c'est que tu as 30 ans de métier,
- 43:21il y a énormément de nouveaux créateurs qui arrivent sur la scène internationale.
- 43:27Est-ce que toi,
- 43:28tu trouves qu'il y a des liens,
- 43:30il y a des collaborations avec la jeune génération ?
- 43:34Est-ce que tu es proche de cette jeune génération de créateurs ?
- 43:36Est-ce que tu sens des opportunités ?
- 43:39participer à des défilés ensemble ou participer à des salons ou même être dans les mêmes concept stores est-ce que tu vois une dimension un peu de fédération de la mode même s'il n'y a pas de structure officielle mais en tout cas tu vois des liens en fait moi
- 43:56déjà je n'ai pas de problème avec ça,
- 43:58déjà comme je le disais moi j'ai un événement qui dure 14 ans donc il faut lui donner ce qu'il fera ces 14 ans en...
- 44:08En novembre prochain,
- 44:10il faut que les Folies de Maud aient toujours rassemblé les créateurs.
- 44:12Que ce soit jeune créateur ou loyen,
- 44:15on a toujours invité des créateurs.
- 44:18Il faut dire depuis aujourd'hui 14 ans de Folies de Maud,
- 44:23il y a plusieurs créateurs qui sont passés sur Folies de Maud.
- 44:28On parle des grands créateurs comme
- 44:30Alphadip, Athéo ou
- 44:33Jean-Pas.
- 44:35aux jeunes créateurs aujourd'hui qui continuent de participer.
- 44:37Dans chaque année,
- 44:41on a des messages ou des gens,
- 44:44de nouveaux visages qui veulent participer à Fournide de Mour.
- 44:47Moi,
- 44:47je ne refuse pas,
- 44:49mais on a des critères aussi.
- 44:51Ça veut dire,
- 44:51quand tu dis que tu es un jeune créateur,
- 44:54que tu as créé ta marque.
- 44:57On aimerait savoir comment tu as fait,
- 44:59parce qu'aujourd'hui,
- 45:00il ne faut pas qu'on se blague.
- 45:02Il y a d'autres qui sont venus à la mode parce qu'ils n'avaient rien à faire ou ça les plaisait ou je ne sais même pas.
- 45:10Alors qu'il y a d'autres,
- 45:11ils ont pris ça comme un métier.
- 45:13Donc,
- 45:13deux choses qui sont différentes.
- 45:14Il y a d'autres qui font là,
- 45:15ils ont l'air ce qu'ils font et ils font la mode en parallèle.
- 45:19Et il y a d'autres,
- 45:20alors que c'est un métier pour eux,
- 45:22c'est leur vie.
- 45:23Donc,
- 45:24ils pensaient sans la mode,
- 45:25ils ne font plus rien.
- 45:26Donc,
- 45:26moi,
- 45:27je regarde tous ces critères-là pour pouvoir inviter les créateurs à venir à Folies de Maudit.
- 45:32Je n'ai pas de problème avec cette nouvelle génération.
- 45:36Et comme je vous le dis,
- 45:37je vous le dis,
- 45:38c'est vrai qu'en Afrique,
- 45:40les associations,
- 45:40ça marche.
- 45:41Je remets bien.
- 45:43Soit on commence,
- 45:44mais ça se termine très mal.
- 45:47On avait eu même cette idée à l'époque.
- 45:52Avec une de nos associations,
- 45:54on a créé un concept store où nous,
- 45:57tous,
- 45:57on a nos créations dedans.
- 45:58Mais c'est jamais un décalage.
- 46:01Alors,
- 46:01il fallait bien avoir une grande galerie où il n'y a que des marques africaines.
- 46:08Comme tu le sais,
- 46:09comme ça se passe avec nous,
- 46:11les Africains,
- 46:12ce n'est pas facile de se fédérer,
- 46:14ce n'est pas facile de lancer un truc comme ça.
- 46:17Il y a toujours des poids comme ça.
- 46:19Oui,
- 46:19c'est intéressant de voir qu'effectivement,
- 46:21toi,
- 46:21avec la création de ton événement,
- 46:23ça te donne une opportunité de créer des liens avec les créateurs et que ce soit,
- 46:29on va dire,
- 46:30des doyens,
- 46:31des fondateurs comme ceux que tu as cités,
- 46:32Pathéo ou Alphadie,
- 46:34ou alors la jeune génération.
- 46:36Ton événement,
- 46:37du coup,
- 46:37c'est à quelle fréquence ?
- 46:38Est-ce que c'est tous les ans,
- 46:39en fait,
- 46:39que tu le fais ?
- 46:41Oui,
- 46:41au départ,
- 46:41c'était tous les ans,
- 46:42mais maintenant,
- 46:43au départ,
- 46:45c'était chaque deux heures,
- 46:46mais maintenant,
- 46:47ça se fait chaque année.
- 46:49C'est le pire moment,
- 46:50on a commencé à la faire chaque année,
- 46:52mais cette année,
- 46:53j'espère qu'on pourra la faire,
- 46:54comme je le dis,
- 46:55avec la situation au Burkina Faso,
- 46:58je ne sais pas si on pourra la faire,
- 46:59mais je pense que,
- 47:00je le disais même,
- 47:02si je n'ai plus la faire cette année,
- 47:03je pense que j'ai risqué même une cause,
- 47:05parce que ce n'est pas facile avec la situation au Burkina,
- 47:09trouver des partenaires au Burkina Faso,
- 47:11ce n'est pas du domicile,
- 47:13c'est très compliqué.
- 47:14Là,
- 47:16je peux te dire que c'est vrai qu'on a lancé la campagne.
- 47:19La troisième édition qui est le 5 et 6 novembre prochain.
- 47:23Mais en même temps,
- 47:24on s'est dit,
- 47:25les cheveux,
- 47:26on espère que ça va se faire.
- 47:29On a déposé le courrier chez les partenaires,
- 47:32les sponsors.
- 47:33Et on croise tout le doigt que ça puisse se faire parce que c'est pas évident.
- 47:39Mais on va y arriver.
- 47:40Mais seulement,
- 47:41je sais que si je peux faire cette année,
- 47:43l'année prochaine,
- 47:44vraiment,
- 47:45il faut que...
- 47:47Je voyais plus clair avant de lancer le top.
- 47:49Moi,
- 47:49je suis toujours très respectueuse de vous autres qui vous lancez dans l'organisation d'événements dans le secteur de la mode.
- 47:55Je vous respecte.
- 47:56Moi,
- 47:57je n'ai pas le cardio pour ça.
- 47:58C'est vraiment...
- 48:00Il faut avoir du cardio.
- 48:02Non,
- 48:02mais en même temps,
- 48:03c'est ça.
- 48:03Parce que souvent,
- 48:04ma femme me dit mais tu gagnes quoi en organisant ça ?
- 48:07Mais je dis,
- 48:08c'est ma passion.
- 48:08C'est le plaisir que j'ai.
- 48:10Sinon,
- 48:10ce n'est pas qu'on gagne l'argent,
- 48:11mais c'est le plaisir de vouloir faire.
- 48:16connaître la mode africaine.
- 48:17Mais en même temps,
- 48:19c'est comme tu le dis fort dans le cadre du Pôle organisé.
- 48:23Tu organises un tour,
- 48:24tu t'en sors après avec des dettes de par-ci,
- 48:26par-là et tout ça.
- 48:28Et toutes ces personnalités que tu invites,
- 48:30ils semblent leur plaigner.
- 48:30Bon,
- 48:31mais il n'y a personne qui va te foutre les nuques.
- 48:33Et puis,
- 48:34il va y avoir des viennes arriver.
- 48:36Et surtout,
- 48:36chez nous,
- 48:37en Afrique,
- 48:37tu sais comment ça se passe.
- 48:39C'est toujours le côté gouvernement qui est toujours mieux.
- 48:43Parce que quand tu ne les mets pas aussi,
- 48:45ils vont se plaindre.
- 48:45Donc,
- 48:46toujours mieux de les mettre sous le parrainage de telle,
- 48:48mais aussi sous le parrainage de telle,
- 48:50de telle,
- 48:50alors qu'ils ne te donnent jamais rien.
- 48:52Et le même,
- 48:53tu t'en sors avec tes dettes,
- 48:55c'est pour ce que j'ai.
- 48:57Donc,
- 48:57on sait que là,
- 48:58on a fait un petit peu le tour,
- 48:59en fait,
- 49:00depuis les débuts de la création de la marque,
- 49:02jusqu'à tout ce que tu fais aujourd'hui en termes de développement.
- 49:07Et tu évoques aussi les difficultés qu'il y a au
- 49:11Burkina, qui peuvent un petit peu ralentir ton activité.
- 49:13mais comme on dit...
- 49:15on ne lâche rien.
- 49:17Quelles sont des perspectives pour les années à venir ?
- 49:20Quels sont les projets que tu as envie de voir se concrétiser ?
- 49:25Les projets que j'ai envie de voir se concrétiser,
- 49:27parce qu'il faut dire,
- 49:28aujourd'hui,
- 49:31je suis en train d'installer l'Europe et l'Afrique.
- 49:37Donc,
- 49:38pour moi,
- 49:38c'est de faire connaître mon map.
- 49:40C'est la seule loi en Europe.
- 49:44possiblement en France.
- 49:45Donc,
- 49:47je fais en sorte de pouvoir créer une chaîne,
- 49:52c'est la chaîne d'Atemo ici,
- 49:54qui va au moins faire une représentation où on pourra prendre des...
- 50:00d'être venu FDIC.
- 50:01Et c'est là mon projet.
- 50:04Et aussi,
- 50:05on va organiser des défilés de mode pour présenter un peu la marque
- 50:12Sébastien Nadeau.
- 50:13Très bien,
- 50:13donc c'est intéressant le côté international que tu cherches à donner à la marque.
- 50:19Aujourd'hui,
- 50:20tu as toujours ton atelier à Ouagadougou et tu vis une partie du temps en France ?
- 50:26Oui,
- 50:27c'est ça.
- 50:28J'ai toujours l'atelier à Ouagadougou.
- 50:30Je travaille à distance,
- 50:32donc je suis tout le temps sur les réseaux sociaux avec mon équipe.
- 50:44Et à même temps,
- 50:48je viens pour le moment.
- 50:50Effectivement,
- 50:51c'est un vrai challenge que de gérer une marque avec un atelier à distance.
- 50:55et j'imagine que tu dois faire des...
- 50:56des voyages réguliers pour vérifier que tout se passe comme tu le veux.
- 51:02Oui,
- 51:02c'est ça.
- 51:03Il faut dire que j'ai mon frère qui est en Afrique.
- 51:10Il y a lui qui me soulage un peu.
- 51:14Mais en même temps,
- 51:17tout ce qui est pour moi,
- 51:21il le fait et il les amène.
- 51:24Il faut voir les résultats.
- 51:27Moi,
- 51:28le côté le plus difficile,
- 51:29c'est de ne pas être réalisant pour voir quand on est en train de créer la méthode.
- 51:35Parce que souvent,
- 51:39tu te fais peut-être au prix et après,
- 51:42quand ils te font le montage,
- 51:43ce n'est pas ce que tu aurais imaginé.
- 51:45Alors que quand tu es réalisant,
- 51:47c'est un chemin venu.
- 51:48C'est l'un des plus importants,
- 51:50ce que tu évoquais.
- 51:51Tu as ton frère qui est sur place pour gérer,
- 51:53donc tu as constitué une équipe qui te permet de piloter la marque,
- 51:58toi en n'étant pas forcément sur place.
- 52:02Oui,
- 52:03pour le moment,
- 52:03ça va.
- 52:05Je ne suis pas sur place,
- 52:06mais c'est vrai que mon équipe qui travaille avec moi depuis longtemps,
- 52:13c'est vraiment mon frère qui travaille tout le temps avec moi.
- 52:17Et j'ai mon assistante aussi,
- 52:19tous les joueurs qui sont avec moi depuis.
- 52:21depuis des dizaines d'années.
- 52:23Je connais un peu ce que j'aime,
- 52:24ce que je n'aime pas.
- 52:25La banque,
- 52:27au moment où je vais être mort,
- 52:28comment ça doit être.
- 52:30Tous les détails que je n'ai pas émis.
- 52:36Au monde,
- 52:36je suis là.
- 52:38Très bien,
- 52:39on arrive à la fin de cette interview.
- 52:40Moi,
- 52:40j'ai été ravie d'avoir eu l'opportunité d'échanger avec toi et d'en savoir en plus sur la marque éponyme Sébastien Bazemo.
- 52:50Je te remercie beaucoup pour le temps que tu m'as accordé pour cette interview.
- 52:54Et comme je le dis toujours,
- 52:55j'espère te retrouver très vite en Afrique ou ailleurs.
- 52:58Merci Ramata,
- 52:59merci déjà de t'intéresser à la marque Sébastien Bazemo et merci pour cette interview.
- 53:07Moi aussi,
- 53:07je te dis à très bientôt.
- 53:08On se reverra forcément aussi des défilés de monde comme des expositions.
- 53:15Très bien.
- 53:15À très bientôt.
- 53:15À très bientôt.
- 53:19Merci.
- 53:23Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 53:25Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 53:32Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis
- 53:35Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 53:39Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force.
- 53:43Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.