Latest / À propos / Un an de Trump II en trois mots : sidération, imprévisibilité et arbitraire - « À propos », le podcast du Soir
Transcript
- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre
- 0:05quotidien. Bonjour,
- 0:10vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:24Un an
- 0:24depuis que Donald Trump a prêté serment pour la
- 0:262e fois en tant que président des États-Unis.
- 0:29Une année pendant laquelle il s'est passé beaucoup de choses.
- 0:31Alors, que faut-il retenir ?
- 0:33Que peut-on tirer de ces 12 mois ?
- 0:34On va voir ça dans un instant.
- 0:37Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:38À propos,
- 0:39voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:43Grand angle,
- 0:45le 20 janvier 2025,
- 0:46Donald Trump était investi président des États-Unis pour la 2e fois de sa vie.
- 0:50Un 2e et normalement dernier mandat dont la première année a été mouvementée.
- 0:55Il y a eu les droits de douane,
- 0:56des expulsions en masse des pays bombardés
- 0:59et l'obsession d'un Nobel de la paix qu'il n'a finalement jamais obtenu.
- 1:03Plus que jamais,
- 1:04Trump président,
- 1:05ça n'a rien d'un long fleuve tranquille.
- 1:06On va revenir sur quelques moments forts,
- 1:09sur quelques
- 1:10enseignements de cette année avec certains et certaines spécialistes de la rédaction.
- 1:14Et pour revenir sur ces 12 mois écoulés,
- 1:15on est avec notre éditorialiste en chef,
- 1:18Béatrice Delvaux.
- 1:18Bonjour Béatrice,
- 1:19bonjour. Face à vous,
- 1:20le chef du pôle international Maxime Biermé,
- 1:22bonjour Maxime,
- 1:23Bonjour et Véronique Lamequin,
- 1:24la chef du pôle ID.
- 1:26Bonjour Véronique,
- 1:26Bonjour Pierre,
- 1:27je vous avais demandé un petit exercice,
- 1:28un petit devoir en préparation
- 1:30de cette émission,
- 1:31un tour de table
- 1:32rapide avec.
- 1:33Un mot pour qualifier,
- 1:35d'après vous,
- 1:36cette première année du 2e mandat de
- 1:38Donald Trump ?
- 1:38Béatrice, quel mot est ce que vous avez choisi ?
- 1:40Sidération, ce sera sidération,
- 1:42on va l'expliquer dans un instant.
- 1:43Maxime, imprévisible ou imprévisibilité,
- 1:46sidération, imprévisibilité et Véronique,
- 1:48arbitraire. On commence donc avec Béatrice.
- 1:50Pourquoi la sidération,
- 1:51c'est quoi qui vous sidère chez Donald Trump ?
- 1:53Je pense que tout le monde a été sidéré et ne cesse de l'être.
- 1:55C'est une permanence,
- 1:56c'est un État dans lequel on n'arrive pas à sortir depuis qu'il est entré
- 1:58au pouvoir,
- 1:59déjà en campagne,
- 1:59mais depuis qu'il est entré au pouvoir,
- 2:00on a été sidéré par cette déclaration.
- 2:03Sidéré de voir que les déclarations devenaient des
- 2:05actes, ce qu'on a pas cru souvent.
- 2:06On a été sidéré aussi de la multiplicité des choses qui arrivaient tout le temps,
- 2:10à tout moment,
- 2:10encore aujourd'hui,
- 2:11là où on ne les attend pas,
- 2:12comme s'il y avait un espèce de tableau
- 2:14de bord sur lequel il pousse en permanence.
- 2:15On a été
- 2:16sidéré du nombre de choses qui étaient hors la loi.
- 2:17On a été sidéré aussi par des moments qui vont rester
- 2:21et qui s'accumulent.
- 2:22C'est Zelensky à la Maison Blanche.
- 2:23L'attaque de l'Iran,
- 2:24ICE, les interventions que vous regardez sur le New York Times,
- 2:26les vidéos
- 2:27des interventions des agents de ICE,
- 2:28c'est sidérant.
- 2:29On était sidéré par la Gaza,
- 2:31la Riviera
- 2:32de Gaza,
- 2:32on est sidéré par le Groenland et on est pas sidéré par des intentions,
- 2:36on est sidéré par des actes,
- 2:37par des faits.
- 2:38C'est ça qui est
- 2:39encore plus,
- 2:39encore plus impressionnant.
- 2:40Maxime imprévisibilité,
- 2:42et oui,
- 2:42parce que chaque matin on se réveille sans savoir
- 2:44ce que Trump a fait pendant la nuit.
- 2:46Chaque soir on ose aller
- 2:47se coucher en se demandant qu'est ce qui va se passer,
- 2:49est ce que je peux aller dormir ?
- 2:50Parce que évidemment avec le décalage horaire en plus,
- 2:51il peut nous surprendre à tout instant.
- 2:53C'est très difficile de gérer Trump,
- 2:56même journalistiquement je trouve.
- 2:58Il nous a
- 2:58surpris, il nous a sidéré,
- 3:00mais il nous a aussi surpris en permanence.
- 3:02Aussi, il donne des deadlines,
- 3:03par exemple,
- 3:04qui ont souvent aucun sens.
- 3:05Donc on va nous s'accrocher à 20 jours pour le Groenland ou
- 3:08un une
- 3:09phase 2 de Gaza,
- 3:09mais dont on ne sait pas exactement quand ça va survenir.
- 3:13Puis c'est annoncé,
- 3:14mais ce n'est pas vraiment en train de démarrer,
- 3:15donc c'est en permanence l'incertitude et on ne sait pas toujours ce qu'on doit faire.
- 3:19C'est assez impressionnant.
- 3:21Je trouve un espèce de
- 3:22fil rouge en point commun en tout
- 3:24cas entre vos 3 mots.
- 3:25D'abord, avant ça,
- 3:26Véronique, pourquoi le mot arbitraire ?
- 3:28Parce qu'on parle souvent de pouvoir arbitraire et je me
- 3:31suis dit que c'était ce qui caractérisait Donald Trump.
- 3:32Alors on peut dire qu'il est illibéral,
- 3:34j'aurais pu dire autoritaire,
- 3:36mais il me semblait que pouvoir arbitraire et
- 3:38arbitraire lui collait bien.
- 3:40Et pour vérifier,
- 3:41j'ai été relire hier la définition
- 3:43du mot arbitraire que donne le Robert.
- 3:45Je vais prendre 2 secondes pour vous la lire aussi.
- 3:46Vous allez voir,
- 3:47c'est la première définition qu'il donne,
- 3:48c'est en plusieurs morceaux.
- 3:50Arbitraire, c'est.
- 3:51Qui dépend de la seule volonté d'une personne,
- 3:53qui n'est pas liée à l'observation de règles,
- 3:55qui ne tient pas compte de la réalité ou des exigences de la science,
- 3:58qui dépend du bon plaisir ou du caprice
- 4:00de quelqu'un.
- 4:01Et ça,
- 4:02je trouve que ça caractérise terriblement bien Donald Trump.
- 4:05Mes collègues
- 4:06Pauline Hoffman et Véronique Hiesel ont fait,
- 4:07y a pas tellement longtemps,
- 4:08un excellent dossier sur qui peut arrêter Donald Trump,
- 4:11excellent mais glaçant dossier,
- 4:12parce qu'en réalité pas grand monde était leur conclusion.
- 4:15Et cette question en fait,
- 4:16les journalistes du New York Times qui ont eu droit
- 4:18à 04h00 de rencontre avec Donald Trump mercredi dernier.
- 4:21La lui ont posé
- 4:22et la réponse de Donald Trump dit tout.
- 4:24En fait,
- 4:24ce qui peut l'arrêter,
- 4:25c'est sa conscience et c'est lui-même et personne d'autre,
- 4:29et surtout pas le droit international.
- 4:30C'est vraiment il y a
- 4:31cette espèce d'incertitude,
- 4:32je trouve,
- 4:33qui rassemble
- 4:33les 3 mots.
- 4:34Il y a d'un côté la sidération de Béatrice,
- 4:36mais à côté de
- 4:37ça, il y
- 4:37a aussi le côté,
- 4:38comme disait Maxime,
- 4:38où on ne sait jamais ce qui va se passer 2 h après.
- 4:41C'est peut-être
- 4:42tout à fait arbitraire et c'est peut-être ça qui
- 4:44caractérise le plus cette première année.
- 4:46Un des premiers thèmes que je voulais aborder,
- 4:48c'est la question de la géopolitique et de la place des États-Unis dans le monde.
- 4:51Donald Trump s'est fait élire
- 4:52notamment à grands coups d'America First.
- 4:55On s'était dit les États-Unis,
- 4:56les gendarmes du monde,
- 4:57c'est fini,
- 4:57il va se replier sur lui-même,
- 4:59etc. Au final,
- 5:01Béatrice, il y a encore une tendance à l'interventionnisme ?
- 5:03Il est extrêmement interventionniste.
- 5:04Il intervient surtout en interne,
- 5:06dans son propre hémisphère,
- 5:08parce qu'on dit que c'est un repli sur l'hémisphère
- 5:10américain, mais c'est pas vrai,
- 5:11parce que c'est
- 5:11aussi sûr en Europe comme
- 5:14en Iran,
- 5:15à Gaza,
- 5:16et c'est un interventionnisme qui est multiforme en fait,
- 5:18parce que
- 5:19ça peut être
- 5:20dans l'Europe,
- 5:20C'est un
- 5:21interventionnisme sur les démocraties
- 5:23via une ingérence intérieure
- 5:25en faisant basculer les régimes politiques européens.
- 5:28C'est un interventionnisme en lançant des missiles,
- 5:30c'est un
- 5:30interventionnisme en paroles,
- 5:32en fait,
- 5:32en dégradant les adversaires en
- 5:34par la menace.
- 5:35Donc c'est extrêmement puissant.
- 5:36C'est un interventionnisme,
- 5:37c'est à dire que c'est pas celui.
- 5:39Ce qu'il ne fait pas,
- 5:40c'est qu'il n'envoie pas des troupes sur le terrain,
- 5:42il à la
- 5:43manière de ce qui s'était passé en Afghanistan.
- 5:45ou. En
- 5:47Irak, oui,
- 5:47pardon, où il y a eu
- 5:49un bourbier,
- 5:49ils se sont enfermés là-dedans.
- 5:51Mais c'est un interventionnisme particulier parce que c'est aussi un
- 5:54qui crée
- 5:55parfois le
- 5:56une simplification.
- 5:57une C'est très direct,
- 5:59mais en même temps,
- 6:00c'est le chaos qui est derrière,
- 6:01parce que
- 6:01comme il n'intervient pas sur le sol,
- 6:03il bouge des situations
- 6:04dans lesquelles il laisse,
- 6:05il les laisse se dérouler comme ça et on
- 6:06ne sait pas très bien ce qu'elles deviennent
- 6:08après son passage.
- 6:09Et donc on parle d'un nouveau colonialisme aussi,
- 6:11qui est une forme
- 6:12d'interventionnisme avec un intérêt propre,
- 6:14c'est à dire qui sert son propre.
- 6:16Avec la caractéristique que cet ce pouvoir-là,
- 6:19cet interventionnisme-là se fait aussi
- 6:21avec un moyen 9 qui sont les moyens technologiques extrêmement puissants
- 6:25de firmes privées qui accompagnent l'interventionnisme de Donald Trump,
- 6:28mais souvent avec une puissance
- 6:30décuplée par rapport
- 6:31à son propre pouvoir à lui.
- 6:32Oui, je voulais exactement rebondir là-dessus.
- 6:34Maxime, c'est
- 6:35un interventionnisme
- 6:37d'intérêt, en tout cas sur
- 6:39certaines régions du monde dans lesquelles
- 6:42il est
- 6:43intervenu. Il a en tout cas,
- 6:44il a essayé de changer les choses.
- 6:46On peut lire de façon assez claire,
- 6:48assez directe,
- 6:49pourquoi est ce qu'il va jouer dans ces parties là du monde ?
- 6:51C'est un interventionnisme du business aussi,
- 6:53surtout au début et encore maintenant,
- 6:55même si parfois il y a un certain doute dans les arguments avec l'Iran récemment,
- 6:59est ce qu'il y va pour sauver le peuple iranien ?
- 7:01C'était pas très clair et d'ailleurs finalement il n'a
- 7:02plus l'air de vouloir le faire.
- 7:03On a,
- 7:04On a comme d'habitude du mal à suivre,
- 7:06mais par contre pour la plupart des autres cas,
- 7:08le Venezuela était le plus
- 7:09flagrant, mais il y en a eu d'autres avant,
- 7:11c'est juste qu'on oublie tellement
- 7:12ça s'enchaîne.
- 7:13Mais effectivement,
- 7:14il assume.
- 7:15Complètement, j'y vais pour le pétrole par exemple.
- 7:17Il le
- 7:18dit. Et effectivement,
- 7:19ça c'est quand même assez nouveau.
- 7:20Quand les
- 7:20USA avant intervenaient et jouaient aux gendarmes du monde,
- 7:23c'était plutôt au nom d'idéo et pas
- 7:25de la
- 7:26money. L'obsession du Nobel de la paix,
- 7:28ça a joué aussi.
- 7:29On a beaucoup dit qu'il voulait absolument ce prix,
- 7:31qu'il a été un
- 7:31petit peu déçu de ne pas le recevoir.
- 7:34Et dès les premiers jours de son mandat,
- 7:37même juste avant d'entrer en fonction,
- 7:38il disait je vais résoudre
- 7:40la guerre
- 7:40en Ukraine en 2 mois,
- 7:42je vais résoudre le conflit au Proche-Orient en 2
- 7:44semaines. Il y avait
- 7:45vraiment cet objectif en se disant
- 7:47je dois opérer des résolutions de conflits ou en tout cas essayer.
- 7:51Pour aller chercher ce Nobel de la paix ?
- 7:53Oui, et comme d'habitude,
- 7:54c'est avec plein de fake news puisque
- 7:56il n'a pas résolu
- 7:57789 guerres comme il le prétend.
- 7:58Alors, il a participé à ce qu'il y
- 8:00ait des cessez le feu à plusieurs endroits.
- 8:02On doit quand même lui
- 8:03reconnaître ça.
- 8:04Quand il agit,
- 8:04il y a quand même des résultats.
- 8:05Mais souvent,
- 8:07ce qu'on comprend avec les semaines qui passent,
- 8:09c'est que
- 8:09il agit,
- 8:10il parle.
- 8:10Mais les résultats dans les faits,
- 8:12et je trouve que Gaza est le meilleur exemple,
- 8:14ne suivent pas puisque on ne sait toujours pas exactement comment on va
- 8:18sauver les Gazaouis de d'une situation.
- 8:20Qui est toujours catastrophique.
- 8:21Il passe un hiver impossible.
- 8:23Dites ça aux Ukrainiens qui sont en train de
- 8:25geler par moins 25 dans la capitale parce qu'il
- 8:28y a plus de y a plus d'électricité,
- 8:29y a plus de chauffage.
- 8:30Donc en fait,
- 8:31il fait des grandes annonces,
- 8:32mais derrière il se passe pas grand chose.
- 8:34Ça c'est un peu quand même
- 8:35un des
- 8:36un des choses qui ressort très fort de ce que
- 8:38de ce que Trump fait au niveau.
- 8:40Internationale. Béatrice,
- 8:41c'est ça,
- 8:41c'est de la résolution de conflits de façade,
- 8:43de la résolution de conflits juste pour pouvoir
- 8:45s'en vanter dans une conférence de presse et
- 8:46après ce qui se passe sur le terrain,
- 8:48par exemple,
- 8:48s'en vanter dans
- 8:49une conférence de presse,
- 8:50s'en servir comme
- 8:51moyen de négociation.
- 8:52On dit
- 8:53par exemple que
- 8:54aussi certains
- 8:56défendent l'idée que le
- 8:57ces attaques sur le Venezuela et sur l'Iran
- 8:59visent à déstabiliser les
- 9:01approvisionnements en pétrole de la Chine et dès lors de
- 9:04fragiliser la Chine,
- 9:04que l'objectif final
- 9:05serait la Chine.
- 9:06Je vais dire aussi une chose qui est assez troublante en fait,
- 9:08même pour ceux qui regardent,
- 9:09c'est à dire que.
- 9:10Souvent, quand il intervient,
- 9:11ses interventions,
- 9:12on les trouve
- 9:13insupportables et
- 9:14intéressées et pataudes,
- 9:17et sans effet vraiment
- 9:18pour les peuples qui sont sur place.
- 9:19Mais en même temps,
- 9:20il est le seul à
- 9:21intervenir là où les situations sont désespérées,
- 9:23où les peuples appellent à l'aide.
- 9:24On le voit pour l'Iran,
- 9:26quelque part pour l'Ukraine,
- 9:27c'est un peu moins visible,
- 9:28mais c'était vrai pour le Venezuela.
- 9:30Donc il espèce de
- 9:31allié des peuples en détresse parce que lui,
- 9:33parce le fait qu'il est disruptif,
- 9:35qu'il est arbitraire,
- 9:36qu'il s'en fout,
- 9:36qui suit son propre chemin.
- 9:37Et qui respecte pas les lois,
- 9:38il donne
- 9:38le sentiment à un moment donné d'être
- 9:39le recours des peuples opprimés.
- 9:43C'est très paradoxal.
- 9:44C'était vrai aussi à Gaza aussi.
- 9:45À un
- 9:45moment donné,
- 9:45c'est de lui que
- 9:46ça dépendait qu'il ait une intervention
- 9:48et ça montre aussi toute l'impuissance des
- 9:50autres aussi.
- 9:51Mais de là à lui donner le prix Nobel de la paix,
- 9:52ce serait
- 9:52quand même un
- 9:53signal qui aurait été complètement fou à l'image de Trump,
- 9:55mais il ne le mérite pas.
- 9:56On peut quand
- 9:57même le dire,
- 9:58même quand on
- 9:59souligne. Et après,
- 9:59c'est aussi un
- 10:01bon exemple d'un côté un peu
- 10:03louvoyant comme ça,
- 10:04l'organisation de la Coupe du monde par la FIFA.
- 10:07Fédération internationale de football,
- 10:08notamment aux États-Unis,
- 10:10lui a permis de
- 10:11plus ou moins s'auto décerner
- 10:13un prix spécial pour la paix.
- 10:14Ouais, ils ont
- 10:15pas fini,
- 10:15il essaie d'obtenir le prix Nobel quand même via la
- 10:18celle qu'il a reçu,
- 10:19donc c'est assez fou comme d'habitude.
- 10:20On a beaucoup lu sur cette dernière année,
- 10:23écrit aussi sur
- 10:25l'arrivée, la mise en place d'un espèce de nouvel ordre mondial.
- 10:29Est Ce que,
- 10:30Maxime, vous avez
- 10:31aussi participé à une
- 10:33session plénière ?
- 10:33Enfin, vous avez assisté à une session plénière de
- 10:35des Nations unies.
- 10:36C'est Trump 2,
- 10:38c'est la fin de l'ère
- 10:41post Seconde Guerre mondiale.
- 10:42C'est y a un
- 10:43un changement profond dans
- 10:45en tout cas la fin du multilatéralisme dans la façon dont s'organisent les relations internationales.
- 10:48Y avait déjà eu beaucoup de gros indices lors du premier mandat,
- 10:51ils s'étaient déjà retirés de
- 10:52d'organisations internationales,
- 10:54de grands traités sur le climat,
- 10:55et cetera.
- 10:55Donc on s'attendait,
- 10:56on ne s'attendait pas à autre chose,
- 10:58mais il a mis
- 10:59la 2e vitesse ou la 10e vitesse si vous voulez.
- 11:01C'était très impressionnant à voir à l'ONU.
- 11:04Enfin, je sais pas,
- 11:05je ne sentais pas le bâtiment trembler,
- 11:06mais. Presque tellement on attendait que Trump vienne parler,
- 11:09il est venu parler,
- 11:10il s'est moqué de l'o nu,
- 11:11peut être même un peu moins fort que ce qu'on attendait,
- 11:13mais il n'empêche,
- 11:14c'était très symbolique.
- 11:15Le multilatéralisme,
- 11:16ce n'est pas du tout
- 11:18ce que Trump
- 11:19goûte, il veut
- 11:20des empires,
- 11:21il veut
- 11:21une Amérique très forte,
- 11:22il veut aller au combat avec les Russes et les Chinois,
- 11:25et c'est eux
- 11:26qui dominent le monde.
- 11:27Et ce n'est pas
- 11:28l'o nu ou d'autres organismes qui peuvent
- 11:31qui peuvent aider.
- 11:31Il a quand même coupé dans tout,
- 11:32il y a,
- 11:33il a coupé dans par exemple dans l'aide internationale,
- 11:35on n'en parle pas.
- 11:36Tellement, mais l'u s
- 11:37aide, c'était ce qui permettait à des dizaines de pays de
- 11:41tenir et tout est en train de s'écrouler aussi.
- 11:43C'est ça le concret de
- 11:44ce qu'on ne voit pas avec Trump.
- 11:45Véronique, on a beaucoup disserté là sur notamment le côté imprévisible,
- 11:49le côté
- 11:50je décide un petit peu comme
- 11:52j'en ai envie.
- 11:53Mais est ce que ça marche
- 11:54auprès de son électorat au cœur des États-Unis?
- 11:56? Les recettes de Trump,
- 11:57ça convainc
- 11:58d'abord dans son camp.
- 12:00Alors son camp,
- 12:01quoi qu'on en dise et quoi qu'on ait pu en penser,
- 12:03notamment quand il s'est lancé dans des interventions à l'étranger,
- 12:05jusqu'à présent le soutien est fait bloc.
- 12:08Donc y a pas mal de alors
- 12:09les États-Unis,
- 12:09forcément, c'est un pays où y a énormément de sondages.
- 12:13Et donc juste après l'intervention au Venezuela,
- 12:15on a pu mesurer selon certains sondages
- 12:18un léger doute.
- 12:19Et là maintenant,
- 12:19quelque part,
- 12:20ils font bloc.
- 12:20Mais comme le disait Béatrice,
- 12:21l'intervention au Venezuela,
- 12:22c'est quelque part une démonstration
- 12:24de la force de Donald Trump.
- 12:25Ce n'est pas un bourbier avec des troupes
- 12:27qui vont là pour des mois ou des années,
- 12:29c'est quelque part la.
- 12:30Capture d'un dictateur
- 12:31hyper réussi à
- 12:32une opération,
- 12:33c'est un
- 12:33coup d'éclat,
- 12:34donc ça ne fait que renforcer
- 12:35cette image du leader maître du monde,
- 12:37et cetera.
- 12:38Donc pour l'instant,
- 12:39la base
- 12:39de Donald Trump
- 12:41le suit,
- 12:41quoi qu'on en dise et quoi qu'on
- 12:42aimerait déceler comme indice
- 12:45ailleurs. Peut être aussi parce que l'opposition,
- 12:47pour l'instant,
- 12:48qu'elle soit politique ou les autres
- 12:49ou les contre-pouvoirs,
- 12:51est extrêmement atone aux
- 12:52États-Unis. Et donc
- 12:53non seulement la base voit en lui le leader qu'elle qu'elle attendait,
- 12:57mais en plus il n'y a pas vraiment de
- 12:58voix pour s'opposer à tout ce.
- 13:00Il fait
- 13:01faut quand même souligner que la base de Trump,
- 13:02ça on l'a aussi beaucoup dit,
- 13:04a voté pour lui,
- 13:05notamment pour le pouvoir d'achat,
- 13:07pour qu'il améliore le pouvoir d'achat.
- 13:08Et là,
- 13:09pour l'instant,
- 13:09le pouvoir d'achat est toujours en crise aux États-Unis.
- 13:12Et donc il a
- 13:12pas fait baisser le prix des œufs
- 13:13comme il l'avait promis directement.
- 13:15Alors là aussi,
- 13:15on touche à un
- 13:16autre problème de Donald Trump,
- 13:17c'est que
- 13:18tout l'aspect économique est devenu
- 13:20un champ de mines au niveau statistique puisque
- 13:22il réinvente
- 13:23toutes les données à sa sauce.
- 13:25Il vire des fonctionnaires qui
- 13:27élaborent des statistiques avec toute la rigueur scientifique requise.
- 13:30Mais donc,
- 13:30il est quand même assez avéré que le pouvoir d'achat des Américains
- 13:34ne s'est pas drastiquement amélioré.
- 13:36Et à cet égard,
- 13:37un des premiers tests,
- 13:37ce sera les élections de mi-mandat
- 13:39en novembre prochain.
- 13:40Ça, c'est une évidence.
- 13:41Par ailleurs,
- 13:42il y a une série de
- 13:43mesures qui ont été prises,
- 13:44notamment la suppression
- 13:45d'aides sociales
- 13:46qui vont peser encore plus lourdement sur le pouvoir d'achat de toute une catégorie d'Américains,
- 13:50dont certains avaient peut être cru en Donald Trump
- 13:53et espéraient peut être
- 13:55qu'il allait être effectivement le sauveur de leur portefeuille.
- 13:57Mais pour l'instant,
- 13:58il est faux de dire qu'il est lâché.
- 14:00par sa base,
- 14:01et celles et ceux qui ne voulaient pas de Trump
- 14:02n'en veulent,
- 14:03je pense,
- 14:03toujours pas.
- 14:04J'ai lu,
- 14:05c'était un
- 14:05papier d'opinion
- 14:06dans Le Monde
- 14:08qui parlait du camp démocrate en disant le camp démocrate
- 14:11attend la fin de Donald Trump en espérant que
- 14:13personne ne prenne
- 14:14la relève.
- 14:15C'est dramatique,
- 14:15la fin de Donald Trump,
- 14:16c'est en 2028.
- 14:17Je veux dire,
- 14:17il reste
- 14:18trois ans.
- 14:19Déjà c'est long,
- 14:19Béatrice. Je
- 14:21veux dire que
- 14:21à la fois tout ça est
- 14:23très noir,
- 14:24mais c'est vrai qu'il y a des figures solaires,
- 14:26en fait,
- 14:27Des figures courageuses qui se sont
- 14:29imposées à nous aussi,
- 14:30qu'on suit peut-être de façon excessive,
- 14:33mais qui sont
- 14:34des gens qui sont là où ils sont font le job.
- 14:36Alors c'est la société civile,
- 14:37on le voit,
- 14:38la ce qui se passe à Minneapolis,
- 14:39je trouve,
- 14:39est très fort.
- 14:40Et la figure de
- 14:41cette Madame Good
- 14:42va marquer quand même une forme de figure emblématique de la résistance
- 14:46à l'arbitraire,
- 14:47à l'imprévisibilité,
- 14:47à la violence,
- 14:48au meurtre en fait.
- 14:49Et on a des figures qu'on doit citer le maire de New York,
- 14:52le maire de Minneapolis,
- 14:53le gouverneur de Californie,
- 14:55le gouverneur de la Banque centrale
- 14:56sont des gens qui.
- 14:57qui ont dit quelque chose comme "we don't retreat".
- 14:59C'est ce que le maire de Minneapolis a
- 15:01dit récemment en disant "Je suis tellement fier
- 15:03de ces
- 15:04citoyens qui aident leurs voisins,
- 15:05qui stand for the
- 15:06others, qui se
- 15:07tiennent pour les
- 15:07autres." Et
- 15:08moi j'aime bien cette phrase de ce maire qui a dit
- 15:11"it's not
- 15:11OK". Il y a
- 15:12dans différents
- 15:13endroits des États-Unis des gens qui se lèvent et qui
- 15:15disent "it's not OK" au péril de leur vie,
- 15:17au péril de leur
- 15:18citoyenneté, au péril de leur
- 15:21emploi. C'était vrai aussi dans les universités,
- 15:23mais ça ne fait peut-être pas un renversement
- 15:25et ça ne rend pas les exmocrates courageux.
- 15:27Qui sifflent aussi puisqu on entendait quand on voit la vidéo.
- 15:30Moi je trouvais que ça m'a vraiment marqué.
- 15:31Je crois ce sera un des sons
- 15:32qui m'a marqué cette année,
- 15:33c'est les gens qui sifflent pour signaler que Ice Hay dans la rue.
- 15:37Imaginez-vous faire ça ici,
- 15:39ce sont les États-Unis,
- 15:40c'est un pays
- 15:40qui nous ressemble normalement
- 15:42sur certains aspect et là.
- 15:43Des actes de résistance en
- 15:44fait, ce
- 15:45qui est terrible
- 15:45en démocratie.
- 15:46Sur la question de la succession,
- 15:49il est
- 15:49en train d'y penser,
- 15:50Donald Trump,
- 15:51ou c'est hors de
- 15:52son, hors de
- 15:53son, de sa façon de réfléchir.
- 15:55Comme on a dit que c'était quelqu'un qui pensait essentiellement
- 15:58à travers le prisme de lui même,
- 16:00il doit pas vraiment réfléchir à ce que ce sera après lui.
- 16:02Alors, je ne sais pas ce que Donald
- 16:04Trump pense.
- 16:04Je pense que d'autres autour de lui y pensent,
- 16:06notamment le vice-président JD Vence qui donne beaucoup de
- 16:09signes de
- 16:09déjà pensés
- 16:10à la à l'après Trump,
- 16:11ou en tout cas,
- 16:12pour l'instant,
- 16:13JD Vence est un peu celui qui fédère
- 16:15les différents clans qui soutiennent Donald Trump,
- 16:17et quelque part,
- 16:18il était un peu à équidistance.
- 16:20C'est l'un des enjeux,
- 16:22je pense,
- 16:22de l'année,
- 16:23c'est de voir comment la relation entre Donald Trump
- 16:26et les différentes personnes qui sont autour de lui,
- 16:27JD Vence,
- 16:28Marco Rubio,
- 16:28et cetera,.
- 16:29va évoluer
- 16:30parce que Donald Trump,
- 16:30tel qu'on le perçoit,
- 16:32ne semble.
- 16:32On peut pas être quelqu'un qui partage la lumière.
- 16:34Or, quelque part,
- 16:36à un moment,
- 16:36son camp,
- 16:37les le mouvement MAGA,
- 16:39les républicains ou ce qu'il en reste,
- 16:41voudront quand
- 16:41même eux préparer la suite.
- 16:43Et la suite,
- 16:43elle commence,
- 16:43je le répète,
- 16:44en novembre avec les élections de mi-mandat.
- 16:46Juste une
- 16:47dernière petite chose,
- 16:48je sais que c'est pas toujours une question très confortable,
- 16:50mais je vais vous demander de
- 16:51jouer au jeu des prévisions de la boule de cristal.
- 16:55Maxime, est ce que vous pouvez faire un pari
- 16:56sur une chose qui pourrait arriver à Donald Trump
- 16:59en 2022 ?
- 16:59Véro en parlait.
- 17:01Le pari que
- 17:01j'ai envie de faire,
- 17:02c'est que
- 17:03il perde les midterms
- 17:05puisque on le sent quand même,
- 17:06c'est pas
- 17:07du tout gagné pour Trump.
- 17:08À ce stade,
- 17:09on ne sait pas exactement comment la population.
- 17:12À l'échelle
- 17:13de la population,
- 17:13va réagir au moment de voter et en plus,
- 17:15en fait,
- 17:15c'est dans
- 17:16une éternité puisque c'est SN
- 17:17avec tout ce qui se passe
- 17:19l'automne, c'est
- 17:19une éternité.
- 17:20Mais moi,
- 17:21j'ai envie de
- 17:21croire qu'il va perdre.
- 17:23Béatrice, quelle est votre prédiction ?
- 17:24Prévision ? Oui,
- 17:26ça c'est possible.
- 17:27Tout concourt à se dire qu'il va les perdre,
- 17:29mais comme il peut tout manipuler et qu'en plus même les perdre
- 17:31ne voudrait pas dire que ça change quelque chose de fondamental,
- 17:34sauf peut être à son.
- 17:36À l'équilibre
- 17:36dont il disposerait et à la
- 17:38l'opposition interne que ça pourrait susciter le doute sur lui.
- 17:41Mais voilà,
- 17:42il y a tellement de choses qui peuvent se passer d'ici là.
- 17:44Véronique, votre
- 17:46petite prévision ?
- 17:47Moi, je pense quand même que
- 17:49la vision qu'on peut avoir d'une administration Trump avec quelques figures clés,
- 17:52je viens d'en parler,
- 17:53Vans et Rubio,
- 17:54qui pour l'instant ne montrent pas trop de signes de clivage,
- 17:57je pense que ça ne peut pas durer
- 17:59encore 3 ans.
- 18:00Et sans doute pas
- 18:0112 mois.
- 18:02Et donc je pense qu'on va voir émerger,
- 18:04pour des raisons d'appétit,
- 18:05de succession,
- 18:06de quand
- 18:07même de certains intérêts divergents,
- 18:09parce que
- 18:10Trump est à la tête d'une coalition extrêmement hétéroclite.
- 18:12Je veux dire,
- 18:13vu d'ici,
- 18:13ça apparaît comme monolithique,
- 18:14mais ce n'est pas du tout monolithique.
- 18:15Entre les Elon Musk,
- 18:17les enfin,
- 18:17entre les géants de la tech,
- 18:19entre les gens qui ont un agenda
- 18:21de catholiques
- 18:22extrêmement conservateurs,
- 18:24et cetera,.
- 18:25y a quand même quelques nuances.
- 18:26Et donc je ne peux pas croire que ce bloc monolithique
- 18:28ne va pas se fissurer au cours de cette année.
- 18:30C'est peut être.
- 18:30J'en veux plus,
- 18:31mais en tout cas,
- 18:31on y sera extrêmement attentif.
- 18:34Merci beaucoup à tous les 3 d'avoir participé à ce débat.
- 18:37On renvoie évidemment
- 18:39nos spectateurs au site,
- 18:41à notre application et au journal
- 18:43parce qu'on vous prépare tout
- 18:44un dossier sur la première année
- 18:46de cette 2e élection
- 18:48de Donald Trump.
- 18:53À propos,
- 18:53c'est fini pour aujourd'hui,
- 18:55mais on revient demain matin.
- 18:56Merci de votre écoute.
- 18:57Si vous en voulez encore,
- 18:59tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 19:02Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 19:04ou de votre tablette pour la télécharger.
- 19:07À demain.