Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / PME - se démarquer, innover ou disparaître : Cibler juste pour mieux croître
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- 0:00Le monde des petites entreprises est fascinant.
- 0:02C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité.
- 0:05Mais parfois,
- 0:06on manque de compétences clés pour aller plus loin.
- 0:08Tu le ressens aussi ?
- 0:09Alors ce podcast est fait pour toi.
- 0:11Je suis Perrine Thiébaut,
- 0:12consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils,
- 0:16méthodes et technologies pour gagner en efficacité.
- 0:19Seule ou avec mes invités,
- 0:20je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité.
- 0:24Alors,
- 0:25prêt à oser l'efficacité ?
- 0:29La question du jour,
- 0:30on est toujours sur notre thématique des leviers de croissance pour PME et aujourd'hui on parle de comment se différencier dans le monde concurrentiel d'aujourd'hui.
- 0:39Et pour ça,
- 0:40je vais te proposer un petit jeu de rôle,
- 0:42je suis dirigeante de PME et j'ai quelques questions pour toi sur le sujet de ma différenciation dans le monde actuel.
- 0:50Est-ce que tu es prêt ?
- 0:52Ça marche,
- 0:52ravi de partager ce petit jeu.
- 0:54Alors déjà,
- 0:55moi je ne comprends pas pourquoi il faut absolument se différencier.
- 0:57Je veux dire,
- 0:57on a toujours fait comme ça,
- 0:59ça a toujours fonctionné.
- 1:00Pourquoi est-ce que je changerais maintenant ?
- 1:02Par définition,
- 1:03si tu ne te différencies pas,
- 1:05ça veut dire que tu vas simplement jouer uniquement sur les prix.
- 1:09Et malheureusement,
- 1:10en général,
- 1:11en tout cas pour une entreprise française,
- 1:13quand tu joues sur les prix,
- 1:14tu trouveras toujours un concurrent moins cher.
- 1:16Donc la stratégie de jouer uniquement sur les prix n'est tout simplement pas viable.
- 1:21Et donc se différencier,
- 1:22c'est pérenniser sa PME,
- 1:24c'est pérenniser son développement.
- 1:26Après...
- 1:27On peut se différencier de plein de manières.
- 1:29On peut se différencier par l'offre des produits et des services.
- 1:33On peut se différencier par sa capacité d'innover.
- 1:36On peut se différencier par une relation client qui est extrêmement forte,
- 1:41qui est extrêmement performante.
- 1:44On peut se différencier par son positionnement et son impact RSE.
- 1:47On peut se positionner sur une marque très forte et donc se différencier à travers sa marque.
- 1:53Donc,
- 1:53il y a plein de leviers de différenciation.
- 1:56Mais avant tout,
- 1:57ce qui est important,
- 1:57c'est de véritablement se différencier.
- 1:59Sinon,
- 2:00on n'a tout simplement pas d'avantage concurrentiel.
- 2:03Ce que tu dis,
- 2:03ça me parle parce qu'effectivement,
- 2:05je me sens un peu limitée en ressources,
- 2:06qu'elles soient humaines ou financières,
- 2:08parce que je suis petite.
- 2:09Je n'arrive pas à me battre sur les prix face aux grands groupes ou même sur les volumes.
- 2:13Donc,
- 2:13de ce côté-là,
- 2:15la stratégie,
- 2:16elle est quand même complexe.
- 2:17Du coup,
- 2:17tu me donnes plein de stratégies pour se démarquer.
- 2:22J'avoue que je suis…
- 2:23Je me sens un petit peu perdue sur les différentes possibilités.
- 2:25Encore une fois,
- 2:26je n'ai pas beaucoup de monde en interne.
- 2:28Comment je fais,
- 2:28moi,
- 2:28concrètement,
- 2:29pour choisir la bonne stratégie pour moi ?
- 2:31Oui,
- 2:31en termes de boîte à outils,
- 2:33encore une fois,
- 2:34c'est de partir des forces et des savoir-faire,
- 2:37des expertises de ta PME et puis de choisir un axe parmi ceux que j'ai évoqués.
- 2:41Donc,
- 2:43soit ta PME a une capacité à innover et c'est comment poursuivre.
- 2:49Cette capacité d'innovation est régulièrement amenée des innovations sur le marché.
- 2:53Soit ta PME est très forte,
- 2:57très performante dans la qualité des produits qui sont proposés.
- 3:01Et à ce moment-là,
- 3:01c'est comment je maintiens ce différentiel qualité.
- 3:05Ça peut être encore une fois des différenciations sur la relation client.
- 3:10Il y a des entreprises,
- 3:11des PME qui sont très fortes sur comment elles gèrent cette relation client.
- 3:14Et ça peut être un vrai outil différentiel aussi.
- 3:18Donc,
- 3:19L'essentiel,
- 3:20c'est de partir des forces,
- 3:21des savoir-faire,
- 3:22des expertises de la PME et tout simplement de les accentuer,
- 3:27de les valoriser et puis évidemment de combattre ces axes d'amélioration et de les transformer peut-être en opportunités.
- 3:36Est-ce que c'est ça qu'on appelle aujourd'hui la proposition de valeur ?
- 3:38Parce que j'en entends parler partout,
- 3:40il faut formaliser sa proposition de valeur pour avoir une valeur claire par rapport au marché.
- 3:44Du coup,
- 3:45si c'est ça,
- 3:45comment j'établis la mienne ?
- 3:47Je formalise finalement ce sur quoi je suis forte pour aller justement prouver que c'est avec moi qu'il faut travailler.
- 3:55Oui,
- 3:55alors une proposition de valeur,
- 3:56effectivement,
- 3:57c'est une thématique à la mode dont beaucoup d'entreprises parlent.
- 4:02Une proposition de valeur,
- 4:03c'est ni plus ni moins que finalement une déclaration claire et concise qui explique pourquoi un client devrait choisir ton entreprise,
- 4:10tes produits ou tes services plutôt qu'un autre.
- 4:13Donc c'est...
- 4:14finalement une mise en avant des bénéfices offerts aux clients et comment tu te différencies par rapport à la concurrence.
- 4:21Donc voilà,
- 4:21la proposition de valeur,
- 4:23il y a deux éléments clés.
- 4:24Beaucoup d'entreprises font l'erreur de ce qu'on appelle le technology push,
- 4:29de partir de leur savoir-faire produit technologie,
- 4:32au lieu de se concentrer sur les bénéfices que ces produits ou ces services apportent à leurs clients.
- 4:38Donc la proposition de valeur,
- 4:40par définition,
- 4:41ça...
- 4:41se focalise,
- 4:42ça met en avant les bénéfices offerts aux clients et aussi l'élément différenciant,
- 4:46c'est-à-dire en quoi je me différencie de ma concurrence.
- 4:50Donc finalement,
- 4:50si j'avais à résumer une bonne proposition de valeur,
- 4:53elle doit être claire et concise,
- 4:56elle doit répondre à un besoin,
- 4:57à un problème client,
- 4:58apporter une solution.
- 4:59Donc,
- 5:00c'est vraiment les bénéfices clients qu'il faut mettre en avant,
- 5:02plus que les fonctionnalités produits.
- 5:04Et puis,
- 5:05s'assurer qu'il y ait bien un élément différenciant.
- 5:08Ok,
- 5:08du coup,
- 5:08je comprends que pour l'établir,
- 5:09il va falloir que je connaisse bien mon marché.
- 5:11Normalement,
- 5:11mes clients,
- 5:12je les connais bien,
- 5:13je travaille avec eux.
- 5:14Mais j'ai comme l'impression que normalement,
- 5:16ça ne va pas suffire.
- 5:17Parce que tu commences à me dire que j'ai toujours fait comme ça,
- 5:20ça ne va plus.
- 5:21Donc,
- 5:21on va dire que normalement,
- 5:22ça ne va pas suffire.
- 5:23Alors,
- 5:23quels sont les points clés que je dois analyser pour éviter de me lancer à l'aveugle ?
- 5:28Oui,
- 5:28alors là-dessus,
- 5:28tu touches effectivement un point sensible.
- 5:31Je t'avoue que je suis parfois surpris de voir que les entreprises,
- 5:38et là on parle de PME,
- 5:39mais ça arrive aussi dans des grands groupes,
- 5:41que les entreprises ne fassent pas suffisamment l'effort de constamment écouter,
- 5:47observer leurs clients,
- 5:48identifier des besoins et des problèmes à résoudre,
- 5:51apporter des solutions.
- 5:53Et donc,
- 5:54effectivement,
- 5:55j'encourage.
- 5:56ceux et celles qui nous écoutent à s'assurer de constamment écouter et observer ses clients.
- 6:03Du coup,
- 6:03comment j'identifie les problèmes de mes clients et comment je les adresse ?
- 6:08Comment je sais quelles solutions je peux leur apporter ?
- 6:10Comment je creuse ces sujets-là avec eux ?
- 6:12Oui,
- 6:13on vient de l'évoquer.
- 6:13Pour moi,
- 6:14il y a deux mots clés.
- 6:15Il y a tout simplement l'écoute et l'observation.
- 6:17Il faut être constamment à l'écoute de son marché,
- 6:19de ses clients,
- 6:20de faire de la veille,
- 6:22d'aller sur des salons,
- 6:22des événements clés.
- 6:24observer comment le marché évolue,
- 6:26comment les concurrents bougent,
- 6:28écouter ses clients,
- 6:30les solliciter aussi.
- 6:32Moi,
- 6:32j'accompagne souvent mes clients sur des interviews,
- 6:35des entretiens.
- 6:36Allons écouter vos clients,
- 6:37allons écouter ce qu'ils ont à dire sur leurs besoins,
- 6:39sur leurs points de friction.
- 6:41C'est assez simple,
- 6:42c'est assez basique,
- 6:44mais c'est un élément essentiel.
- 6:45Écouter et observer ses clients.
- 6:47Est-ce que pour autant,
- 6:48ça suffit ?
- 6:49Parce que c'est vrai que j'aime bien citer...
- 6:52Je crois que c'était Henry Ford qui disait que si on avait demandé aux gens,
- 6:56avant que l'automobile soit inventée,
- 6:59ce dont ils avaient besoin,
- 7:00ils auraient demandé des chevaux plus rapides.
- 7:02Donc,
- 7:02il y a ce que les clients vont bien vouloir me dire,
- 7:05mais il y a aussi l'interprétation que je vais en faire,
- 7:08je suppose.
- 7:09Oui,
- 7:09alors là,
- 7:09tu touches effectivement un point critique.
- 7:11C'est ce qui fait d'ailleurs la différence entre innovation de rupture et innovation incrémentale.
- 7:16Quand on fait de l'innovation incrémentale,
- 7:18c'est souvent,
- 7:19comme le terme le dit,
- 7:20c'est de l'évolution.
- 7:22Innovation de rupture,
- 7:24on est passé à l'automobile dans les années
- 7:2730-40 ou 20.
- 7:29Mais je dirais que finalement,
- 7:32la question,
- 7:33le problème est toujours le même.
- 7:34C'est-à-dire que le besoin sous-jacent,
- 7:37c'était de se déplacer d'un point A à un point B plus rapidement.
- 7:42Alors effectivement,
- 7:42tu peux entraîner tes chevaux pour qu'ils aillent plus vite,
- 7:45mais tu as forcément...
- 7:48des limites sur la capacité du cheval à aller vite,
- 7:52sur la qualité de la charrette et de ses roues,
- 7:55ou du carrosse que les chevaux tirent.
- 7:57Et donc,
- 7:58l'automobile est venue de ce principe de se dire qu'on a besoin de se déplacer plus rapidement d'un point A à un point B.
- 8:05Et c'est comme ça que l'automobile est née.
- 8:07Oui,
- 8:07en soi,
- 8:07la problématique n'a pas changé.
- 8:08C'est juste que finalement,
- 8:10je vais y répondre avec mon savoir-faire,
- 8:13finalement.
- 8:13Oui,
- 8:14tout à fait.
- 8:14Et encore une fois,
- 8:15c'est...
- 8:16Le besoin est sous-jacent,
- 8:17peut-être qu'il n'est pas exprimé tel quel par le client ou le prospect ou la cible visée,
- 8:24mais encore une fois,
- 8:26à travers des techniques d'observation et d'écoute,
- 8:30d'entretien,
- 8:31d'échange,
- 8:32on arrive à capter des choses que le client ne va pas forcément exprimer d'une manière spontanée.
- 8:38Ok,
- 8:39super,
- 8:39c'est beaucoup plus clair pour moi.
- 8:41Bon,
- 8:41par contre,
- 8:41il y a un truc qui est…
- 8:42beaucoup moins clair,
- 8:43c'est le concept de marché adressable.
- 8:45Pour moi,
- 8:45c'est un peu flou et en plus,
- 8:46il y a plein d'acronymes que j'entends un petit peu partout.
- 8:50TAM,
- 8:50SAM,
- 8:51SOM,
- 8:51c'est quoi la différence ?
- 8:52Est-ce que tu peux un peu m'éclairer là-dessus ?
- 8:54Oui,
- 8:54alors là,
- 8:55on rentre dans du jargon marketing de la complexité.
- 8:58Si je veux essayer de simplifier les choses pour notre audience,
- 9:02en fait,
- 9:02souvent,
- 9:02les entreprises font l'erreur de regarder seulement ce qu'on appelle le TAM,
- 9:06le marché adressable total en français.
- 9:09Total ...
- 9:09« addressable »
- 9:10ou « accessible market »
- 9:12en anglais,
- 9:13sans prendre en compte les spécificités du marché,
- 9:15la concurrence,
- 9:16les produits et les services que l'entreprise est capable de développer ou d'offrir.
- 9:20Et finalement,
- 9:21le
- 9:22SOM, c'est finalement le marché qui est réellement exploitable par l'entreprise X en fonction de son positionnement,
- 9:32en fonction de ses produits,
- 9:33de ses services,
- 9:34en fonction de ses marchés géographiques qu'elle couvre ou qu'elle ne couvre pas.
- 9:38Et donc,
- 9:38évidemment,
- 9:39on part du TAM qui souvent fait dans des jolis Canva ou PowerPoint,
- 9:45va faire écho parce qu'il y a des gros chiffres.
- 9:48Et puis,
- 9:49quand on commence à regarder ce qui est vraiment le marché réellement exploitable par l'entreprise,
- 9:54évidemment,
- 9:55tout ça va se réduire parce qu'on va devoir prendre en compte les spécificités géographiques ou positionnements.
- 10:03Si on parle parfois de premium,
- 10:05mid-range,
- 10:06low-range en anglais,
- 10:09des produits haut de gamme à bas de gamme,
- 10:12une entreprise n'a pas vocation forcément à être du haut de gamme au bas de gamme.
- 10:16Et donc,
- 10:16il va devoir regarder ses spécificités des marchés géographiques ou en termes de positionnement pour calculer son vrai marché adressable.
- 10:25Et c'est ça qui est important à retenir.
- 10:27Est-ce que ça joue aussi la culture d'un marché potentiellement adressable ?
- 10:33J'ai peut-être un produit qui,
- 10:34en théorie,
- 10:35pourrait se vendre,
- 10:35mais il n'est pas dans la culture en face,
- 10:38ou en tout cas,
- 10:38le format sous lequel je le commercialise ne parlera pas du tout au marché en face.
- 10:43Ça joue dans le calcul de ces marchés potentiels ?
- 10:45Oui,
- 10:46totalement,
- 10:46oui.
- 10:46Donc,
- 10:47ça fera,
- 10:48je crois,
- 10:49l'objet d'une de tes prochaines questions.
- 10:51C'est ce qu'on appelle le MRL en anglais pour Market
- 10:56Readiness Level.
- 10:58Quand on innove,
- 10:58il faut s'assurer évidemment que la technologie est prête,
- 11:02que l'industrialisation,
- 11:04le manufacturing est prêt,
- 11:06mais aussi que le marché est adressable,
- 11:09le marché est qualifié,
- 11:10est quantifié et que les facteurs clés de succès pour réussir à accéder à ce marché sont…
- 11:15sont clairement définies.
- 11:17Donc,
- 11:18c'est toujours des éléments importants quand on innove,
- 11:21encore une fois,
- 11:21de s'assurer qu'il y a une demande.
- 11:23Elle peut être sous-jacente,
- 11:25mais qu'il y a une demande et d'essayer de qualifier,
- 11:27de quantifier cette demande ou ce marché potentiel.
- 11:30Alors,
- 11:30je n'étais pas tout à fait sur ce sujet-là,
- 11:31mais effectivement,
- 11:32celui-là,
- 11:32on y reviendra.
- 11:33J'étais sur des produits comme des balles de golf conditionnées par 4 qui ont fait des flops au Japon parce que c'est un nombre porte-malheur là-bas.
- 11:41Ce genre de choses qui fait que le produit
- 11:43tel qu'il existe en tout cas aujourd'hui,
- 11:45ne permettra jamais d'accéder à certains marchés et qu'il faut soit s'adapter,
- 11:48soit refuser le marché finalement.
- 11:49Ah oui,
- 11:50effectivement.
- 11:50Donc là,
- 11:51tu évoques une autre problématique qui est de toujours s'assurer qu'on s'adapte aux différents marchés qu'on souhaite attaquer.
- 11:58Parce que pour des raisons culturelles,
- 12:00pour des raisons de religion,
- 12:02pour des raisons d'accès au marché,
- 12:04la solution unique n'existe pas.
- 12:06Donc,
- 12:07c'est souvent une erreur que de penser que son produit ou sa technologie
- 12:11peut être vendu partout dans le monde sans un minimum d'adaptation et d'évolution au marché local que l'on souhaite pénétrer.
- 12:19Oui,parfois sur des petits détails aussi bêtes qu'un packaging ou qu'un nom de produit d'ailleurs.
- 12:23Ça se joue parfois à pas grand-chose.
- 12:25Du packaging,
- 12:26de la quantité,
- 12:28des couleurs.
- 12:30Pourquoi,
- 12:31on n'est pas du tout dans le monde industriel,
- 12:32mais pourquoi McDonald's a basculé de couleur rouge à couleur verte ?
- 12:36C'est parce que dans certains pays,
- 12:37la couleur rouge est à connotation extrêmement...
- 12:41négatives.
- 12:44Ça peut être parfois des choses toutes bêtes comme les couleurs ou les typographies utilisées et parfois des choses beaucoup plus complexes sur le produit ou la technologie.
- 12:51Mais le point à retenir de notre échange,
- 12:54c'est effectivement toujours s'assurer que ces produits et ces technologies sont adaptés au marché local que l'on souhaite attaquer.
- 13:01Je suis un petit peu sortie de mon rôle de dirigeante PME,
- 13:03je reprends ma casquette.
- 13:05Du coup,
- 13:05j'entends souvent dire que parler à tout le monde,
- 13:07c'est un peu parler à personne.
- 13:09Comment je définis la bonne taille de marché pour éviter de tomber dans le piège d'un marché trop vaste et que je risque de ne pas trouver une audience qui a bien envie de m'écouter parce qu'elle ne va pas se sentir concernée,
- 13:19ou trop restreint et je ne serai pas rentable ?
- 13:22De nouveau,
- 13:23une question très sensible et pas toujours évidente à répondre.
- 13:28Je dirais que pour notre audience,
- 13:31il est toujours sage de bien cibler.
- 13:33Bien cibler,
- 13:34ça veut dire faire un travail de segmentation.
- 13:36On ne peut pas regarder un marché...
- 13:38d'une manière générale et globale,
- 13:41il faut segmenter ce marché,
- 13:43il faut le saucissonner,
- 13:44le couper en tranches,
- 13:46si on fait une analogie à des parts de gâteau,
- 13:50parce que souvent l'entreprise n'a pas vocation à répondre à tous les segments de marché.
- 13:55Donc je dirais que ma recommandation serait,
- 13:58il vaut mieux faire un travail de ciblage,
- 14:00de s'assurer qu'on a clairement identifié un bon maillage entre les segments
- 14:07de marcher leurs besoins,
- 14:08leurs attentes et ce que l'entreprise est capable d'offrir plutôt que de viser trop large et finalement d'avoir un produit ou un service moyen qui répondra à un peu près à tout le monde mais d'une manière un peu par défaut.
- 14:22Donc il vaut mieux avoir un marché restreint mais sur lequel il y a une vraie différenciation,
- 14:29une vraie valeur ajoutée à se positionner,
- 14:31quitte à dans un deuxième temps aller chercher de l'expansion géographique.
- 14:35ou des marchés avec d'autres applications.
- 14:38Mais en tout cas,
- 14:39la leçon à retenir,
- 14:40c'est plutôt,
- 14:41assurez-vous de faire un travail de segmentation et de ciblage plutôt que d'aller shooter de partout,
- 14:47tous azimuts.
- 14:49Ok,
- 14:49très clair.
- 14:50J'ai une dernière question sur ce sujet-là,
- 14:53c'est que j'ai bien envie de savoir comment on limite les risques au moment de se lancer quand même,
- 14:58parce que je veux bien,
- 14:59j'ai étudié mon marché,
- 15:01j'ai mis un budget de côté,
- 15:02mais je...
- 15:03Mais c'est vrai que j'ai quand même envie de mettre toutes les chances de mon côté,
- 15:05parce que quand on voit des exemples aujourd'hui,
- 15:10comme un entrepreneur hyper aguerri comme Marc Simoncini,
- 15:13qui se plante avec ses angel bikes,
- 15:15ça a de quoi reproduire un peu.
- 15:16Alors oui,
- 15:16d'accord,
- 15:17tant qu'on ne se lance pas,
- 15:18on ne peut pas finalement faire quelque chose.
- 15:21Si on ne fait rien...
- 15:23On ne peut pas bouger,
- 15:24mais quand même,
- 15:25moi,
- 15:25j'ai bien envie de réussir.
- 15:26Donc,
- 15:26je fais comment pour limiter les risques ?
- 15:28Question complexe de nouveau,
- 15:30mais je n'ai pas de baguette magique ou de recette magique.
- 15:36Sinon,
- 15:37je serais milliardaire.
- 15:38Mais non,
- 15:40encore une fois,
- 15:41les éléments pour…
- 15:43Par définition,
- 15:43quand tu innoves,
- 15:44tu prends des risques.
- 15:45Donc,
- 15:45de toute façon,
- 15:46c'est dans ta capacité à accepter ces risques et aussi à les financer.
- 15:51Mais je dirais que si j'avais un point à mettre en avant,
- 15:55c'est encore une fois,
- 15:57beaucoup de startups et beaucoup de PME font l'erreur de se focaliser sur les produits,
- 16:02sur les technologies.
- 16:03Donc le Technology Readiness Level,
- 16:06le TRL,
- 16:07ou le côté manufacturing.
- 16:09On est en capacité d'industrialiser,
- 16:12mais parfois font l'erreur de ne pas adresser ou de ne pas suffisamment adresser le MRL,
- 16:17le Market Readiness Level.
- 16:19Est-ce que le marché existe ?
- 16:21Est-ce qu'on l'a qualifié ?
- 16:22Est-ce qu'on l'a quantifié ?
- 16:23Est-ce qu'il est suffisant ?
- 16:24Est-ce qu'il est suffisamment mature ?
- 16:26Quels sont les facteurs clés de succès pour réussir sur ce marché-là ?
- 16:30Parce qu'il peut y avoir plein de choses.
- 16:31Il peut y avoir des aspects réglementaires,
- 16:33des aspects culturels,
- 16:35des aspects de positionnement de prix.
- 16:39Donc oui,
- 16:40je n'ai pas de baguette magique,
- 16:41mais je dirais pour réduire tes risques,
- 16:44il faut s'assurer d'avoir répondu à...
- 16:46À toutes ces questions,
- 16:47alors évidemment,
- 16:48le risque sera toujours là à partir du moment où tu es neuf.
- 16:51Le risque est présent,
- 16:53mais en tout cas,
- 16:54un risque modéré ou contrôlé quand il s'agit d'avoir répondu à ces questions d'un point de vue marché et maturité et facteur clé de succès du marché.
- 17:08On ne peut pas totalement supprimer le risque,
- 17:10mais il y a quand même des questions à répondre.
- 17:11Et puis après ?
- 17:12J'ai peur,
- 17:13mais j'y vais.
- 17:13Et c'est d'ailleurs parce que j'ai peur que j'y vais,
- 17:15en général,
- 17:16avec l'innovation.
- 17:17Exactement.
- 17:18Ça marche.
- 17:18Écoute,
- 17:19ça va clore notre épisode sur ce sujet.
- 17:22En tout cas,
- 17:22je suis rassurée.
- 17:23Je reprends ma casquette d'hôte de podcast.
- 17:25Et comme ça,
- 17:26je peux introduire l'épisode suivant où on répondra à la question
- 17:31« Comment est-ce qu'on passe de sous-traitant à innovateur en propre ? »
- 17:34Comment est-ce qu'on devient le propre maître de son innovation ?
- 17:38Et j'ai hâte d'en savoir plus sur le sujet.
- 17:40Sujet passionnant.
- 17:42Ce sera donc dans l'épisode de demain.
- 17:43À plus tard !