Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Julien : un financement participatif pour un métier unique !
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- Julien : un financement participatif pour un métier unique ! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’invite un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité Julien Caradant nous raconte qu’il suit d’abord un parcours tout tracé. Bon élève, il devient ingénieur et intègre une entreprise dans laquelle il occupe différents postes. Dix ans plus tard, en lien avec son goût de plus en plus affirmé pour les montres, il initie sa propre activité de créateur horloger ; il devient artisan d’art. Comment Julien a-t-il procédé ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s’est-il appuyé ? N’ayant pas l’occasion de nous croiser dans les prochains mois, nous faisons le choix d’un échange à distance et je remercie Julien pour son indulgence compte tenu des problèmes techniques que nous avons rencontrés. Lila : Bonjour Julien ! Julien : Bonjour Lila Lila : Merci de m’accorder cet entretien pour nous raconter votre itinéraire. Je vous propose de commencer par nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse Julien : Je suis né en 1984 et enfant, j'étais plutôt bon élève. J'avais un intérêt certain pour la compréhension et le fonctionnement des choses. Je démontais beaucoup d'objets, des jouets. Parfois je les remontais avec plus ou moins de succès, mais j'ai toujours eu enfant, cette appétence pour le comment et le pourquoi et le bricolage. De manière générale, voilà, j'étais bon élève et surtout dans les matières scientifiques, un parcours classique. J'ai fait une terminale scientifique qui m'a mené jusqu'à une école d'ingénieur. On va dire, j'ai tracé ma voie dans le schéma classique en étant guidé par le discours et les parcours classiques qui m'entouraient. Intermède musical Lila : Et après cette formation, quel est votre parcours ? Julien : Alors, j'ai un premier travail, premier emploi comme ingénieur projet en 2007 dans une société d'ingénierie qui était une filiale du grand groupe ferroviaire qu'on connaît qui était spécialisée dans la construction des nouvelles lignes grande vitesse. Donc c'était essentiellement un travail de bureau, même si c'était vraiment beaucoup de projets concrets de chantier avec une première approche de la gestion de projet, analyser les données des projets pour aider les chefs de projet, les guider et donner des conseils. Donc j'ai fait ça à peu près une dizaine d'années sur différents postes, différents projets, différentes spécialités dans la gestion de projet, gestion des coûts, planning, qualité, risque. Il y a tous les domaines de la gestion de projet. J'ai fait aussi un petit peu de gestion d'équipe, un petit peu de management. Intermède musical Lila : Et qu'est-ce qui vous amène à changer d'activité Julien ? Julien : Plusieurs choses ont joué. La première, c'est que en ayant fait plusieurs postes sur les différents domaines de mon métier, j'ai dans un premier temps, une sensation d'avoir fait le tour ou du moins d'avoir touché ce que j'avais à voir en gestion de projet. Et en même temps, la structure d'entreprise, en 10 ans, elle avait énormément changé parce que d'une petite structure de quelques centaines de personnes, on était passé à quelque chose d'international avec plusieurs milliers de personnes, des chaînes de décision et de management qui étaient plus longues, plus grandes, plus lentes aussi, et on va dire une dilution du sens de mon travail et de ce que je faisais dans ce changement d'envergure d'entreprise. Cette situation-là finalement, elle m'a amené à, on va dire, un moment de réflexion dans ma vie professionnelle. Ça faisait 10 ans que j'y étais. La maturité aidant, des envies personnelles de construire quelque chose avec une maison, des enfants. Je m'étais marié. J'avais envie de me poser réellement la question de ce que je voulais faire d'un point de vue professionnel pour que ce soit compatible avec mes projets personnels et en parallèle le fait de se poser, ça m'a aussi créé un petit peu de temps personnel pour revenir à mes premières passions, à me recentrer sur mes centres d'intérêt personnel et du coup l'horlogerie en était un. Mon histoire avec les montres, c'est on me les offre ou je les récupère et je les garde. Je ne m'en débarrasse pas. C'est des objets qui ont un sens pour moi. J'avais envie d'une montre pilote à ce moment-là, mais je ne trouvais pas sur les forums horlogers dans mon budget la montre qui m'allait ou la marque qui m'allait ou les caractéristiques techniques qui me convenaient. Du coup, j'ai dérivé dans les forums où il y avait des passionnés qui faisaient de la modification de montre ou de l'assemblage de montre et permettait d'avoir une montre qui était différente de ce qui était disponible en catalogue chez la plupart des marques. Et ça m'a mis, en fait, en tête qu’il était possible de ne pas acheter une montre toute faite et quand on avait des envies un peu particulières d'aller éventuellement fabriquer soi-même sa montre. Donc ça m'a ouvert une porte que je n'avais pas au tout début. Un matin, je me suis dit, je veux faire quelque chose de mes mains. J'ai découvert d'un point de vue personnel quelque chose qui intéresse plein de gens, mais voilà, ces gens-là n'ont pas d'entreprise qui permette ça. Moi, je vais créer une structure, une marque, une activité où je vais proposer qu'on puisse fabriquer sa montre ou du moins avoir une flexibilité sur une montre dont on rêve ou qu'on s'imagine. Et ce sera mon nouveau travail. J'en parle à mon épouse qui m'a soutenu dans cette idée de me diriger vers quelque chose qui me correspondait mieux. Donc elle me l'a dit si tu veux le faire, tu le fais sérieusement. On avait déjà à l'époque deux enfants, une maison en construction. Ce n'était pas le moment de faire n'importe quoi. Et elle m'a guidé vers cette idée de si c'est un changement aussi drastique, gère ça comme un projet. Donc c'est ce que j'ai fait. J'ai cherché une formation. En fait, je suis tombé assez rapidement sur tout ce qui était reconversion professionnelle en voyant qu'il existait plein de dispositifs. D'une part institutionnellement pour changer de métier, mais aussi dans les écoles et donc je suis tombé sur l'école d'horlogerie de Paris qui permettait de faire un CAP en 1 an. Puis j'ai passé un test et donc après ce premier test concluant, j'ai fait un dépôt d'un premier dossier auprès du Fongecif qui a été refusé parce qu’étant ingénieur, c'est un dossier pas forcément prioritaire d'un point de vue reconversion. Et donc, j'ai fait un recours sur ce premier dossier et j'ai appris que c'était OK une ou deux semaines avant la rentrée des classes. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé voilà au lycée et c'était super. Une redécouverte de qui j'étais, de ce que j'aimais vraiment faire. Et juin qui s'est conclu par l'obtention du diplôme, mon 3è enfant et le retour dans mon entreprise histoire de re-peaufiner, on va dire, mon projet de création d'entreprise et de savoir ce que je voulais vraiment faire. Donc je reprends le travail et un an et demi plus tard, pensant que ma situation est stabilisée avec les enfants qui ont grandi, avec l'envie plus grande de me projeter dans ma nouvelle activité, je me dis qu'il est temps de partir et j'en discute avec mon entreprise, on n’arrive pas à se mettre d'accord et arrive fin 2019 la circulaire qui permettait de démissionner avec projet de création d'entreprise. Et donc je quitte mon entreprise en juin 2020. Pas forcément la bonne période pour se lancer dans quelque chose. On rentrait dans les confinements, on était en construction de maison et le chantier s'arrête et pendant à peu près 2 ans, j'ai dû continuer une partie du chantier nous-même, gérer le confinement avec les enfants qui étaient à la maison. Donc du coup, ça a été 2 ans de conception développement plus compliqués que ce que je pensais mais qui se sont fait quand même. J'ai mûri le concept, les moyens techniques pour y parvenir et pu définir toutes les solutions de financement pour la création de l'entreprise. Intermède musical Lila : Alors quelle est votre activité aujourd'hui ? Julien : Alors aujourd'hui, je suis ce que moi j'appelle créateur horloger. Donc créateur pour la partie design, création conception de cadran et horloger pour la partie réalisation ensuite du cadran et de l'assemblage complet des montres qui sortent de l'atelier. Je suis ce qu'on appelle aujourd'hui artisan d'art. Dans cette activité-là, je vais aller de la création d'un concept d'un dessin jusqu'à la réalisation complète de la montre qui sera portée au poignet de la personne qui l'a commandée ou imaginée. Lila : Vous nous dites que vous faites des produits un peu sur mesure, en gros. Comment faites-vous pour vous faire connaître ? Julien : Alors pour me contacter ou me trouver, on va dire que j'ai un premier canal qui sont les réseaux sociaux Instagram, Facebook où je me crée, on va dire, une vitrine virtuelle, une visibilité en publiant mon travail, en publiant mes concepts. J'ai aussi une présence sur certains événements de type salon et puis finalement en recherchant sur Google montre sur mesure ou montre personnalisée, on va me trouver assez facilement parce que ce n'est pas une activité que beaucoup de marques ou beaucoup d'artisans d'art font. Lila : Comment s'appelle votre entreprise ou votre marque ? Julien : Alors ma marque c'est Atelier Caradant. Donc j'ai choisi de de mettre mon nom dedans vraiment dans le sens de j'image. Je m'engage vraiment dans le travail que je fais, dans le résultat que j'apporte et le nom de l'atelier c'est atelier Caradant. Lila : Est-ce qu'il y a un nom à votre site ? Julien : Alors j'ai fait aussi très facile et direct, c'est atelier Caradant tout attaché. Lila : Donc si j'ai bien compris, on vous contacte pour avoir une montre qui va être conçue en fonction de ce que l'on vous dit. C'est ça ? Julien : Alors, c'est ça en fait mon site internet, c'est à la fois une vitrine de ce que je fais déjà et aussi le point de contact, c'est une vitrine qui permet d'aller s'inspirer ou de comprendre ce que je fais pour pouvoir se projeter dans un projet horloger et pouvoir me l'expliquer. Derrière sur le site, j'ai des produits que je fais, moi jusqu'au bout. Donc on peut aller choisir si on n’a pas d'inspiration particulière ou si ça plaît de base, on prend la montre, on met une gravure ou quelque chose de personnel pour la rendre unique. Mais voilà, il n’y a pas de travail particulier sur l'esthétique ou intégrer son histoire dans l'esthétique. Ou alors on peut aller sur le site, se dire que le concept plaît et on me contacte. Et là, on part de la page blanche. C'est vraiment l'autre extrême. On conçoit ensemble tout ce qui va être contenu dans la montre en termes d'histoire. Et ce que je souhaite, c'est que cet objet renferme le plus d'émotions et de sens pour la personne qui va la porter. Lila : Est-ce que ces montres-là sont des montres accessibles finalement d'un point de vue financier pour des personnes qui vous contactent ? Julien : Moi, les montres, elles s'échelonnent, on va dire de 600 € jusqu'à 1500 €. Et ce qui va faire le prix c'est, il y a une base technique et après, il y a mon temps passé qui va être du temps de conception, du temps de test, du temps d'échange avec la personne pour valider chaque étape de la montre. Lila : Est-ce que vous vivez aujourd'hui de cette activité, Julien ? Julien : Alors non, pas tout à fait. Je me rémunère un petit peu. Je n'ai pas le salaire minimum aujourd'hui avec cette activité-là. Moi, je suis plutôt positif parce que je suis le seul à proposer ça en France et même je pense en Europe et dans le monde. J'ai quelques particularités notamment l'utilisation du papier, le fait que mes prix sont, pour du sur mesure, plutôt très accessibles. Je sais qu'il y a une demande. J'ai que des retours positifs sur ce que je fais. Le travail que j'ai à faire, c'est sur la visibilité, sur le fait de pouvoir mettre dans les mains ce que je fais pour que les gens vraiment puissent se projeter et comprendre que ce sont de beaux objets avec un vrai travail derrière de fond et de réflexion et de réalisation sur le contenu de la montre et sur la valeur sentimentale qu'on va mettre dans cet objet-là. Lila : Comment est-ce que vous avez démarré cette activité ? Comment est-ce que la première montre est sortie ? Enfin, comment ça s'est passé au tout début ? Julien : Pendant 2 ans, il y a eu cette période où j'ai affiné mon concept. Et donc quand j'ai créé en juin 2022 l'entreprise. Je l'ai créée avec l'idée que j'allais faire un financement de deux façons. Une avec un financement participatif. Donc j'ai créé sur une plateforme qui s'appelle Kickstarter. C'est classiquement la plateforme privilégiée pour les lancements de marques de montres. J'expliquais ce que je voulais faire, de combien j'avais besoin pour lancer mon activité. Et donc à l'époque, je demandais 10000 €. En 8h, j'ai dû récolter 20 ou 22000 € qui m'a permis ensuite du coup de convaincre les banques que oui, effectivement, il y avait un marché et d'avoir tous les prêts complémentaires qui m'ont permis de commander mon matériel. Donc ça c'était juillet 2022, le financement participatif réussi et première montre, elle est sortie en décembre 2022. Lila : Comment vous en êtes arrivé à un financement participatif ? Comment vous est venue l'idée ? Julien : Je suivais un certain nombre de financements participatifs. Je savais aussi que depuis 2014 déjà, il y avait un certain nombre de marques de montres qui s'étaient lancées comme ça. Et l'idée c'était d'une part d'avoir un financement qui n'était pas dépendant du bon vouloir de la stratégie de financement d'une banque et d'autre part ça permettait de tester en continu le concept. L'avantage du financement participatif c'est un projet qui évolue au rythme des échanges qu'on a avec les gens qui vont apporter un soutien financier. Il y a une partie un peu création du concept et on est plus dans l'engagement moral en face de gens qui vous font confiance. Pas des gens qui s'attendent à un retour sur investissement mais des gens qui comptent sur le succès parce qu'ils croient au concept qu'on leur a présenté. Lila : Quel conseil vous donneriez quand on se lance dans un financement participatif ? Julien : Un financement participatif au final ça se prépare très, très en amont. Il faut en faire la publicité avant. Il faut essayer de bien s'entourer avec des gens qui connaissent bien comment ça fonctionne, des gens qui savent faire une communication propre. Et encore une fois, tout dépend de la somme. Si c'est pour juste quelques milliers d'euros, on peut se contenter de cercles plus restreints. Mais si c'est un financement de quelque chose qui est vraiment dimensionné à plusieurs dizaines de milliers d'euros, oui, il faut s'y préparer très en avance. Lila : Pour vous, vous visiez 10000 € vous étiez finalement dans une situation où ça aurait pu ne pas être nécessaire. Julien : Ça m'a permis de rassurer des banques qui avaient dit oui qu'à moitié. Maintenant, moi c'était surtout nécessaire pour valider le projet et de se redonner un boost de confiance sur le fait qu’il y a un public en face et que les gens ont compris ce que je voulais faire. Lila : Et dans quelle situation est-ce que le financement participatif vous semble pertinent ? Julien : Alors, je pense qu'il est pertinent quand on souhaite sortir quelque chose en dehors des clous et le faire confirmer par des gens qui le découvrent de but en blanc. Et c'est bien en fait pour les produits qui sortent de l'ordinaire dans le sens où quand on va voir une banque par exemple, quand on vient avec un produit qui n’est pas connu avec un modèle en disant Je vais vendre en ligne et ma spécificité c'est ça, on ne va pas financer un projet qu'on ne comprend pas pour lequel il y a une incertitude forte. Le financement participatif, pour ça c'est bien, parce qu'on va trouver des profils de gens qui vont être prêts à donner juste pour le soutien juste pour la nouveauté et pour plein de raisons différentes. Lila : Est-ce qu’il faut faire un métier vraiment unique pour solliciter un financement participatif de votre point de vue ? Julien : Euh non, il y a plein de projets qui se lancent sont des équipes projets. Il y a des gens qui proposent un projet où ils font totalement sous-traiter. Je pense que l'important c'est que les gens comprennent qu'est-ce qu'ils vont soutenir. Est-ce qu'ils soutiennent un projet ? Est-ce qu’ils soutiennent un produit, une personne, juste une collaboration ou toute une entreprise. Intermède musical : Lila : Julien, que retenez-vous de votre parcours ? Julien : Un premier point, c'est que je ne regrette aucun élément qui m'ont amené jusqu'à ma situation actuelle. Je note juste qu’avec le recul, je me suis beaucoup laissé guider par les effets de d'habitude ou des parcours naturels du système avec le fait d'avoir des bonnes notes et de s'orienter vers des métiers scientifiques et pas forcément vers des métiers manuels. Ce que j'en retiens c'est que moi je ne savais pas forcément ce que je voulais faire. Donc finalement de m’être laisser guidé ce n'est pas forcément une mauvaise chose puisque ça m'a amené à une situation qui m'a permis de toute façon de bifurquer à un moment dans ma vie professionnelle. Mais je me dis qu’à cet âge-là, si on sait déjà ce qu'on veut faire, c'est bien d'aller vers des métiers manuels si c'est ça qui plaît. Il n’y a pas de mauvais parcours sur le sujet. Par contre, il n’y a pas forcément une bonne connaissance ou une dynamique qui mène vers les métiers manuels pour les gens qui n'ont pas encore décidé ou ne savent pas encore ce qui ce qu'ils veulent faire. Et sinon, en termes de formation, si on se laisse guider jusqu'à par exemple une école d'ingénieur, un conseil que je donnerai, c'est essayer quand même dans la mesure du possible de s'approcher ou de côtoyer le plus possible le monde de l'entreprise pour comprendre ce que c'est. Et notamment pour ça, l'alternance, c'est un bon moyen de mettre un pied en entreprise et dans le milieu professionnel pour se rendre compte s’il y a une vraie cohérence entre ce qu'on apprend sur les bancs de l'école et sur ce qu'on aime faire ou pas en entreprise. Lila : Est-ce que finalement vous pensez que vous auriez pu apprécier de faire un parcours sans passer par l'école d'ingénieur ? Julien : cette question-là, la réponse, je n'arrive pas à me la formuler sans me dire à côté de quoi je serais passé. Je n'aurais pas connu les amis que j'ai connus aujourd'hui. Je n'aurais peut-être pas rencontré mon épouse, je ne serais peut-être pas arrivé à une situation où je me serais dit tiens, je vais monter mon atelier et faire mon activité d’artisan d'art et de créateur horloger. Donc c'est dur à dire. Lila : Qu'est-ce que vous aimeriez que l'on retienne ? Julien : J'aimerais qu'on retienne que c'est compliqué, je pense pour tout le monde de savoir ce qu'on veut faire dans la vie d'un point de vue professionnel que quand on le tient ou quand on a une première piste ou une appétence pour quelque chose de particulier, c'est important de creuser le sujet et de s'y accrocher si c'est vraiment un intérêt, voire une passion forte, mais que si ce n'est pas le cas, ce n'est pas bien grave. On est dans un pays, on peut revenir en arrière, on a cette chance-là de pouvoir bifurquer en France et c'est important de le faire quand on sent que c'est utile ou que c'est le bon choix à faire. Lila : Et si vous aviez à refaire quelque chose, est-ce que vous referiez de façon identique ou différente ? Julien : Je referai probablement tout de manière quasi identique. Peut-être que j'irai un peu plus vite sur certains choix ou un peu plus vite sur des demandes ou des exigences. Mais c'est à la marge. Je pense que j'aurais fait un parcours qui serait vraiment très similaire. Lila : Merci Julien pour votre témoignage. Avec l’expérience, vous avez acquis la confiance en vos capacités. Pour redonner du sens à votre activité professionnelle, vous vous recentrez sur votre vie personnelle, allez vers un nouveau réseau qui partage les mêmes aspirations et redécouvrez vos valeurs. Vous créez votre métier. Vous vous éloignez des standards et réalisez en lien avec votre propre voyage intérieur, un produit personnalisé pour et avec le client. Ce sont vos clés. Elles pourront ouvrir d’autres chemins. Qui sait ! Je vous souhaite Julien de faire savoir votre savoir-faire pour toucher votre cible et parvenir à vivre de votre activité. Julien : Merci Lila. Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de Vie et Voix, les Interviews de Lila. Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !