Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E166 - Audrey Kuhn - Médiplant - Des plantes aromatiques et médicinales à la couleur, l’indigo des Alpes
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre,
- 0:06structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel.
- 0:11Je suis Pauline Leroux,
- 0:12ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans,
- 0:16chaque jeudi,
- 0:17je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant.
- 0:20On part de la graine à la couleur finale.
- 0:23On parle plantes et autres sources tectoriales,
- 0:26usage concret,
- 0:28filière,
- 0:29santé.
- 0:29environnement,
- 0:30innovation et biotechnologie.
- 0:33Du textile à la cosmétique,
- 0:35de l'artisanat à l'industrie,
- 0:37du design aux fibres naturelles,
- 0:40une seule approche,
- 0:41relier la couleur du vivant aux usages réels.
- 0:45L'objectif est clair,
- 0:46fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous.
- 0:52Belle écoute !
- 0:53Bonjour à tous,
- 0:54je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Audrey Kuhn.
- 0:58Je suis ravie de...
- 0:59de te rencontrer parce que tu es la première représentante de la Suisse qui vient parler sur le podcast.
- 1:04Quelle honneur !
- 1:06Et je voudrais qu'on commence par une première question pour reposer le cadre pour les auditeurs.
- 1:11On va parler avec toi de plein de choses.
- 1:13On va parler de l'Indigo des Alpes,
- 1:15mais pas que,
- 1:16et plein d'autres choses.
- 1:18Mais j'aimerais d'abord que tu puisses nous resituer un petit peu qui tu es et comment t'en es arrivé à travailler chez Mediplan,
- 1:24ce que tu y fais et on parlera aussi de Mediplan pour savoir leur mission.
- 1:28Vas-y Audrey.
- 1:29Je vais parler pour la Suisse,
- 1:34même si effectivement je suis d'origine française alsacienne
- 1:39Mais je suis basée sur le canton du Valais depuis 25 ans.
- 1:46Et puis il faut savoir que mon parcours a débuté par les études de biotechnologie et j'ai passé presque 20 années dans le domaine de la biopharma.
- 1:58La grande industrie biopharmaceutique,
- 2:03j'en ai fait le tour.
- 2:06C'était passionnant.
- 2:07Et puis un jour,
- 2:10peut-être crise de la quarantaine,
- 2:11j'en sais rien,
- 2:12mais ça s'est passé autour de 40 ans.
- 2:14Je me suis souvenue de mes amours d'enfant dans le jardin,
- 2:19à préparer les décoctions,
- 2:21l'amour pour les plantes,
- 2:22la nature,
- 2:23etc.
- 2:25Tout ça est revenu à moi et je me suis dit non,
- 2:27non,
- 2:27c'est fini.
- 2:27Moi,
- 2:31qui ai plus de sens dans ma vie pour la suite,
- 2:36la pharmaceutique ne correspondait plus à ma philosophie de vie.
- 2:39Puis j'ai eu la chance d'être presque invitée par
- 2:43Julien Héritier,
- 2:44le directeur de Mediplan.
- 2:46à rejoindre l'équipe 2020,
- 2:48qui a été une année difficile pour la plupart,
- 2:50mais en fait,
- 2:51là,
- 2:51moi,
- 2:51c'était un nouveau départ exceptionnel.
- 2:56Et puis,
- 2:57je suis chargée de projet en recherche et développement,
- 3:01depuis ce moment-là,
- 3:02chez Mediplan.
- 3:02Et Mediplan est donc un centre de recherche et de compétences sur les plantes médicinales et aromatiques.
- 3:11Nous sommes une association.
- 3:14Cette association a été fondée en 88 déjà.
- 3:19Par Médiplan ont été développées les variétés d'Artemisia annua.
- 3:26C'est la plante du paludisme en fait,
- 3:28anti-paludisme,
- 3:29entre autres.
- 3:30Parce qu'entre-temps,
- 3:31on connaît des propriétés encore plus intéressantes dans l'antiviral,
- 3:35l'antitumoral,
- 3:35etc.
- 3:38Mais voilà,
- 3:39la variété qui est aujourd'hui cultivée,
- 3:41notamment en Afrique,
- 3:42contre le paludisme,
- 3:43elle a été développée chez Mediplan à l'époque.
- 3:47Mais est-ce que tu peux me dire le lien entre biotechnologie et biopharma ?
- 3:51Qu'est-ce que tu...
- 3:53Donnez des exemples un peu de ce qu'était l'usage de la biotechnologie dans la biopharma.
- 3:57Dans les biotech,
- 3:58dans la biotechnologie,
- 3:59tu vas de la biologie moléculaire,
- 4:01c'était plutôt mon domaine justement,
- 4:03donc génie génétique,
- 4:04clonage,
- 4:05voilà.
- 4:07jusqu'à la biologie cellulaire,
- 4:10microbiologie.
- 4:11Là aussi,
- 4:12c'était l'autre microbiologie où tu touches à la fermentation.
- 4:15La fermentation,
- 4:15c'est un gros domaine des biotech.
- 4:18Et là,
- 4:18c'était de la fermentation de micro-organismes en tant que producteur de futurs actifs pharmaceutiques,
- 4:26on va dire,
- 4:26ou d'ingrédients pharmaceutiques.
- 4:29C'était plutôt dans les actifs,
- 4:30ce n'était pas dans la couleur ?
- 4:33Ah non,
- 4:33pas du tout.
- 4:33Tu n'as pas eu de sujet fermentation et couleur ?
- 4:36parce que je sais qu'il y a des projets en cours,
- 4:37du coup je te pose la question.
- 4:39Donc ça,
- 4:40c'est pour les biotech.
- 4:41Alors donc si on revient à Mediplant,
- 4:43donc on a déjà un développement avec la plante antipaludisme,
- 4:47il y a d'autres exemples que tu voudrais citer de Mediplant ?
- 4:51Il y a eu un super boulot qui continue,
- 4:54là maintenant qui perdure d'ailleurs,
- 4:55avec une toute petite équipe dont je fais partie,
- 4:58sur l'Orpain Rose,
- 5:00Rodiola rosea.
- 5:02Il y a eu un gros travail aussi de sélection sur des variétés endémiques.
- 5:07Et il se trouve que la variété la plus riche en principes actifs adaptogènes,
- 5:14on parle aujourd'hui des plantes adaptogènes comme le ginseng,
- 5:16la chavadanda.
- 5:18Et donc,
- 5:19l'orpe rose,
- 5:19il y a une variété valaisanne,
- 5:22qui est la variété matemarque et qui est la plus riche en principes actifs adaptogènes.
- 5:27Donc là,
- 5:27on a une petite société.
- 5:30On dirige une petite société de la semence jusqu'au produit chini en complément alimentaire à base d'orfin rose.
- 5:40Génial.
- 5:40La culture se trouve à peu près,
- 5:42si tu vois mon doigt là,
- 5:45à 2000 mètres d'altitude.
- 5:46On a une culture en biodéméthère parce que la plante doit geler.
- 5:51Au jour d'aujourd'hui,
- 5:52cette altitude est encore adaptée parce que la plante soit couverte de neige.
- 5:56Mais voilà,
- 5:57on verra pour l'instant.
- 6:00pour les dix prochaines années,
- 6:01on est bon.
- 6:01Selon nos estimations,
- 6:04après,
- 6:04on verra.
- 6:05J'avais entendu une notion que tous les...
- 6:08Je ne sais plus,
- 6:09ce n'était pas tous les ans,
- 6:10les climats remontaient de 15 kilomètres,
- 6:12ou je ne sais plus,
- 6:13je ne sais pas si tu as cette donnée-là,
- 6:14mais comment vous anticipez ce réchauffement climatique et justement vos cultures ?
- 6:20On se fie aussi,
- 6:21on suit aussi pour l'instant les estimations des spécialistes,
- 6:25mais on voit bien que ça...
- 6:28peut éventuellement s'accélérer finalement quand même d'année en année.
- 6:31À ce moment-là,
- 6:32on verra si on doit déplacer...
- 6:35C'est à l'observation.
- 6:37Oui.
- 6:38De toute façon,
- 6:40pour nous,
- 6:40le domaine en général des plantes,
- 6:43ça demande énormément d'observation.
- 6:46On travaille avec l'observation,
- 6:48avec l'attention,
- 6:49et moi je dirais avec la contemplation.
- 6:52Voilà.
- 6:52C'est ça pour les passionnés.
- 6:54Est-ce que tu peux définir le rôle des recherches agronomiques ?
- 6:58Parce que pour pas mal de monde,
- 6:59c'est un peu abstrait.
- 7:01Nous,
- 7:02clairement,
- 7:02dans la filière tinctoriale,
- 7:03c'est quand même une chose qui nous manque,
- 7:05qui n'est pas beaucoup développée.
- 7:07Je sais que pour vous,
- 7:08les pâmes et les plantes médicinales,
- 7:09vous êtes beaucoup plus avancés.
- 7:11Est-ce que tu peux expliquer pour les auditeurs,
- 7:13en gros,
- 7:14les grandes lignes ?
- 7:14En quoi ça consiste ?
- 7:16Comment ça vous aide ?
- 7:17Comment ça vous fait avancer ?
- 7:18Alors,
- 7:20ce sera effectivement...
- 7:21uniquement dans les grandes lignes,
- 7:22parce qu'il se trouve que quand même,
- 7:23Mediplan s'est spécialisé déjà depuis...
- 7:27ça fait dix ans en tout cas,
- 7:28même un peu plus,
- 7:29sur vraiment l'extraction.
- 7:31Donc cette partie agronomique,
- 7:35ça faisait partie des premières années de Mediplan,
- 7:38et maintenant,
- 7:40elle a été reléguée au Centre de Recherche Agronomique Suisse,
- 7:43qui s'appelle Agroscope.
- 7:44C'est un peu comme l'INRA.
- 7:46Mais en revanche,
- 7:46on collabore toujours étroitement avec eux sur l'essentiel des projets.
- 7:49Donc,
- 7:50par exemple,
- 7:50pour le pastel,
- 7:52puisqu'on va y venir,
- 7:53il a été essentiel pour nous de travailler avec ces experts en agronomie pour,
- 7:58déjà,
- 7:58premièrement,
- 7:59les localisations de différents spots.
- 8:01Parce que,
- 8:01bien sûr,
- 8:02on est parti,
- 8:03pourquoi le pastel ?
- 8:04Tu vas me le redemander,
- 8:05mais en fait,
- 8:05parce qu'il est indigène.
- 8:07Donc,
- 8:08en Valais,
- 8:08il y a énormément de vignes.
- 8:09Le pastel,
- 8:11c'est une mauvaise herbe qui peut-être commence à être envahissante.
- 8:15Mais,
- 8:17voilà,
- 8:17pour nous,
- 8:17c'était plutôt...
- 8:19On a le pastel de teinturier,
- 8:21c'est une herbe indigène qui s'épanouit chez nous,
- 8:26mais alors on va faire un test d'extraction de l'indigo,
- 8:29ce n'est pas possible autrement.
- 8:32En revanche,
- 8:32pour localiser des spots avec des conditions climatiques différentes,
- 8:40même sur un secteur assez restreint,
- 8:43on trouve quand même bien sûr des conditions climatiques différentes,
- 8:45donc des semences,
- 8:46des variétés différentes.
- 8:47sur vue.
- 8:48Donc,
- 8:48il y a eu...
- 8:48Déjà par les collaborations avec AgroScope,
- 8:55donc la collecte de différentes semences.
- 8:58Ensuite,
- 8:59des essais de mise en culture,
- 9:00parce que voilà,
- 9:02nous aussi,
- 9:04le développement pour lequel on bosse,
- 9:06c'est de proposer la mise en culture du pastel des teinturiers,
- 9:13simplement pour des questions de reproductibilité,
- 9:15mais aussi surtout d'avoir un...
- 9:18un projet viable et pérenne pour les agriculteurs de diversification.
- 9:23Parce que,
- 9:23voilà,
- 9:24plantes à valeur ajoutée,
- 9:25etc.
- 9:26Donc,
- 9:27toutes ces mises en,
- 9:30des essais de germination à partir des graines,
- 9:33voir si ça fonctionne,
- 9:34ensuite,
- 9:34mise en culture sur le terrain,
- 9:36ensuite,
- 9:36selon le terrain,
- 9:37et ensuite aussi,
- 9:38quelles conditions hydriques,
- 9:40quelles conditions dans le soleil,
- 9:43etc.
- 9:44Voilà.
- 9:46Pour ça,
- 9:47ils sont super experts et là,
- 9:49c'est vraiment génial de pouvoir avoir cette étroite collaboration.
- 9:52Elle nous fait gagner beaucoup de temps parce que parfois aussi,
- 9:55on est confronté peut-être à une plante qui…
- 9:58C'est rare,
- 9:59mais si ça arrive quand même,
- 10:00on est obligé de…
- 10:02On est devant la culture,
- 10:03elle ne va pas fonctionner.
- 10:05C'est vraiment trop compliqué.
- 10:06Cette plante,
- 10:07ses conditions de croissance sont spécifiques au point où ça va être un casse-tête.
- 10:13Il faut la laisser vivre sa vie de plante sauvage et c'est fini.
- 10:17On arrête là.
- 10:18Et par exemple,
- 10:19l'artemisianois,
- 10:20pareil,
- 10:20il y a eu ce développement.
- 10:22C'était plus ensuite aussi sur un dosage des principes actifs,
- 10:26par exemple,
- 10:26de sélectionner la meilleure variété sur sa teneur en principe actif.
- 10:31Et alors du coup,
- 10:33si on revient sur la filière...
- 10:34PAM avant de passer aux plantes tinctoriales,
- 10:35parce qu'on a pas mal de choses à dire,
- 10:36mais sur les PAM,
- 10:39plantes à parfum aromatiques et médicinales,
- 10:40comment vous calculez notamment cette teneur en bioactivité ?
- 10:44Est-ce qu'elle se fait tout au long de la culture ?
- 10:46Est-ce que vous avez des stades précis où vous faites des relevés ?
- 10:49Comment ça fonctionne cette analyse pour que tu puisses dire,
- 10:52tiens,
- 10:53dans telle condition,
- 10:54c'est là où elle donne le max,
- 10:55entre guillemets ?
- 10:58Par exemple,
- 10:59on prend l'orquin rose.
- 11:00Donc effectivement,
- 11:01il y a des stades ou des étapes clés,
- 11:08des étapes à laquelle on fait des prélèvements,
- 11:13des échantillonnages ou même de la carotte en fait,
- 11:15parce que l'orpe rose,
- 11:17ce qui nous intéresse,
- 11:18c'est la partie souterraine.
- 11:20Et donc,
- 11:21il y a avant récoltage,
- 11:23on fait un petit prélèvement,
- 11:24une petite carotte sur un rhizome.
- 11:29Voilà.
- 11:30pour savoir si cette année de culture sera assez bonne pour être récoltée ou peut-être nécessitera-t-elle une année de plus.
- 11:43D'accord.
- 11:44Et quand tu dis une carotte,
- 11:45c'est que vous prenez un morceau dans le rhizome pour l'analyser,
- 11:48c'est ça ?
- 11:49D'accord.
- 11:51On a quand même assez de plan pour…
- 11:53Voilà,
- 11:53on prélève un rhizome et ensuite,
- 11:55à partir d'un morceau de ce rhizome,
- 11:57on fait une petite extraction au labo.
- 12:00Les principes actifs,
- 12:02il faut les connaître quand même.
- 12:04On a aussi l'équipement,
- 12:06on a le labo qui permet de faire ce dosage en chromatographie liquide.
- 12:12On a aussi des principes actifs.
- 12:15Avant la récolte et aussi au moment de la récolte,
- 12:17on vérifie aussi.
- 12:20On vérifie,
- 12:21on fait aussi des...
- 12:23Puisqu'en fait,
- 12:24on a même cette chance,
- 12:26ce challenge d'aller jusqu'au produit fini.
- 12:30On effectue aussi tous les contrôles qualité nécessaires sur les produits,
- 12:33on finit les extraits.
- 12:38Il y a presque trois étapes d'échantillonnage.
- 12:43Vérifier la bioactivité.
- 12:45Et donc du coup,
- 12:46tu l'extrapoles au rang de culture.
- 12:48Et donc si un des échantillons est bon et prêt,
- 12:52vous faites l'extraction.
- 12:55Je fais un parallèle avec les tinctoriales.
- 12:58On se rend compte que ce qui permet à la plante de produire les colorants qu'elle contient,
- 13:05c'est notamment un peu les agressions,
- 13:08trop de soleil,
- 13:09du frottement,
- 13:10des attaques,
- 13:11etc.
- 13:12Est-ce que pour les pâmes,
- 13:13plantes à parfum aromatiques et médicinales,
- 13:15c'est la même chose ?
- 13:16Est-ce qu'il y a des fois où vous ne torturez pas vos plantes,
- 13:19mais vous les stimulez un peu pour les aider à produire plus et plus ou pas ?
- 13:27Pas du tout.
- 13:28Mais en revanche,
- 13:30on est plutôt du genre à s'adapter.
- 13:33On s'adapte à ce que la nature aura permis ou pas.
- 13:37En revanche,
- 13:39souvent quand même,
- 13:40quand on leur permet d'être dans les conditions optimales,
- 13:44comme par exemple cette hors-parose qui sera à 2000 et qui a le droit d'hiberner,
- 13:49avoir du soleil à plus savoir qu'en faire de mai jusqu'à septembre.
- 13:58effectivement,
- 13:58là,
- 13:58lui,
- 13:59il a les conditions optimales pour avoir cette concentration de principes actifs dans les...
- 14:06Mais vous n'avez pas fait d'essai de...
- 14:08Tiens,
- 14:09si on l'expose 15 jours à intense...
- 14:11Enfin,
- 14:12si on attend...
- 14:12Tiens,
- 14:12on regarde la météo,
- 14:13il y a une fenêtre de 15 jours d'exposition intense.
- 14:15On va attendre,
- 14:16on va récolter après pour être sûr que...
- 14:18Est-ce que ça,
- 14:19vous regardez un peu les paramètres,
- 14:20les facteurs agronomiques ?
- 14:22Alors oui,
- 14:23bien sûr,
- 14:24tout ça,
- 14:24ce sont des métabolites secondaires.
- 14:26Et les métabolites secondaires,
- 14:27effectivement,
- 14:28on sait,
- 14:28vous le savez encore mieux que moi,
- 14:31tous ceux qui sont dans le réseau,
- 14:32effectivement,
- 14:33ils sont produits par les plantes,
- 14:34soit pour se défendre,
- 14:35se protéger ou pour attirer les pollinisateurs,
- 14:38des choses comme ça.
- 14:39Donc,
- 14:41effectivement,
- 14:42ça,
- 14:42c'était par exemple aussi,
- 14:44ça faisait partie un peu du job des chercheurs en agronomie,
- 14:48d'ingénieur agronome,
- 14:49par exemple sur les conditions.
- 14:51de gel des semences pour leur pain rose.
- 14:55Est-ce qu'on peut avoir un aussi bon résultat en faisant...
- 15:01Je vais dire bêtement,
- 15:01mais ils ont fait ça quand même sur certaines variétés,
- 15:05en les mettant au congélateur au lieu de les...
- 15:08Voilà.
- 15:10Et ouais,
- 15:12ça peut fonctionner,
- 15:13ça peut donner,
- 15:14mais...
- 15:15Ça ne remplace pas la nature.
- 15:16On pourrait si on voulait,
- 15:18mais puisqu'on a la chance,
- 15:19on a l'expérience d'avoir cette culture vraiment exceptionnelle qui fonctionne.
- 15:26Bien sûr,
- 15:26c'est une question d'organisation,
- 15:27de logistique,
- 15:29mais qui n'est pas non plus...
- 15:31puisqu'on la réalise depuis depuis 2000,
- 15:33ça fait 10 ans même plus que cette culture existe donc voilà c'est tout à fait faisable et puis c'est dans ces conditions qu'on a les meilleurs au final le meilleur produit c'est ça après on a quand même la
- 15:49satisfaction de voir un retour phénoménal des gens qui sont tellement
- 15:55soulagés par ces produits ou qui se rendent compte de l'effet.
- 16:00Il n'y a pas seulement l'histoire de la concentration en principe actif qui est,
- 16:04elle,
- 16:04prouvée,
- 16:05démontrée par les résultats labos,
- 16:08mais au final aussi,
- 16:10on a la chance d'avoir des clients,
- 16:12des gens qui sont vraiment aidés,
- 16:16soulagés.
- 16:18Soit une phase.
- 16:20Oui.
- 16:20qui sont en bonne forme avec ça.
- 16:23Les recherches agronomiques vous aident à mettre les plantes dans les meilleures conditions pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes.
- 16:29En plus,
- 16:29vous avez donc un cadre particulier.
- 16:31On va parler,
- 16:32vous êtes dans le domaine alpin,
- 16:34je ne sais pas si on peut dire ça,
- 16:35des plantes alpines,
- 16:36etc.
- 16:37Donc,
- 16:37une fois que la plante est au top,
- 16:40on va dire,
- 16:40est au top de sa culture,
- 16:43là,
- 16:43vous avez une étape de maîtrise qui est l'extraction chez Mediplant.
- 16:47Est-ce que tu peux nous raconter aussi ?
- 16:50Maintenant qu'on a vu à quel moment vous déclenchez les récoltes,
- 16:55vous vous spécialisez dans quelle extraction ?
- 16:56Parce que pareil,
- 16:57il y a plein de choses à raconter.
- 16:59Oui,
- 17:01en plus,
- 17:01ce qui est essentiel et indispensable,
- 17:04une condition sine qua non chez nous,
- 17:05c'est la chimie verte.
- 17:07C'est-à-dire,
- 17:08pour simplifier,
- 17:09nos seuls solvants sont l'eau ou l'alcool.
- 17:11On se focalise sur des extractions écologiques,
- 17:18comme je disais,
- 17:19alcooliques.
- 17:19ou aqueuse.
- 17:22Ensuite,
- 17:22l'équipement nécessaire pour travailler sur des macérations,
- 17:26des coctions basiques,
- 17:27ou alors on a un peu de distillation,
- 17:30un peu d'ultrasons,
- 17:34qui lui est un peu en pause parce que il est un peu trop gourmand en énergie électrique.
- 17:42Et alors il fait quoi celui-là ?
- 17:44Le lyophilisateur ?
- 17:51Il y a une autre technique qui est un peu plus à la mode en ce moment,
- 17:55c'est l'atomisation.
- 17:56C'est un séchage,
- 17:59une déshydratation.
- 18:02On passe d'un extrait liquide congelé à de la poudre sèche en déshydratant.
- 18:09Tu vois,
- 18:10l'hyophilisé,
- 18:11si je parle des soupes ou des produits,
- 18:14on rajoute de l'eau pour les réhydrater.
- 18:17Oui,
- 18:18voilà,
- 18:18exactement.
- 18:18Le café est soluble ?
- 18:20Soluble,
- 18:20voilà.
- 18:21Le moins bon café.
- 18:22On est d'accord.
- 18:23On est bien d'accord.
- 18:24D'accord,
- 18:24donc le liésophilateur.
- 18:26Je n'arrive pas à le dire.
- 18:27C'est vraiment une méthode qui préserve de façon...
- 18:31Pour nous,
- 18:32c'est une vraie belle méthode de préservation des principes actifs.
- 18:35Et donc là,
- 18:36c'est des principes actifs que tu conserves sous forme de poudre ?
- 18:40En fait,
- 18:41d'abord,
- 18:42on aura passé par une extraction,
- 18:43un liquide.
- 18:45Et cette extraction...
- 18:46Donc on a ce liquide qui doit d'abord être congelé,
- 18:51ça se passe sur des plateaux,
- 18:53tu congèles les plateaux et ensuite ces plateaux congelés,
- 18:55tu les glisses dans le lyophilisateur,
- 18:57et ensuite c'est par sublimation que les molécules d'eau vont être évaporées par l'état gazeux de vapeur.
- 19:10Donc voilà,
- 19:10vraiment ça,
- 19:11l'eau sera évaporée,
- 19:12on se retrouvera avec de la poudre,
- 19:15un extrait sec.
- 19:16D'accord,
- 19:17ok.
- 19:18Est-ce que vous faites des choses au CO2 supercritique ?
- 19:21Tout le monde me parle de ça en ce moment,
- 19:22non ?
- 19:23Non,
- 19:23on a fait le choix.
- 19:24Alors,
- 19:24c'est juste qu'on a ces questions de moyens.
- 19:28Il faut faire des choix.
- 19:29Il y a eu un moment,
- 19:30les équipements et le CO2 supercritique.
- 19:33Alors,
- 19:33c'est une méthode qu'on a choisie de ne pas faire cet investissement chez nous.
- 19:37D'accord,
- 19:38ok.
- 19:38Mais bon,
- 19:38de toute façon,
- 19:40vous arrivez au même rendu.
- 19:42Ok,
- 19:43alors,
- 19:44donc...
- 19:44vous êtes spécialisé dans l'extraction,
- 19:47vous avez plusieurs méthodes,
- 19:48vous avez les labos,
- 19:52les labos l'analysent.
- 19:54Alors c'est là où il ne faut pas trop parler avec la couleur,
- 19:56mais du coup,
- 19:57vous avez des extraits de concentrés bioactifs.
- 20:02différents usages.
- 20:05C'est quoi les domaines d'application que vous couvrez aujourd'hui ?
- 20:08Tout ce dont tu parles...
- 20:10C'est vrai ?
- 20:11Tout ce dont tes invités parlent,
- 20:13de la cosmétique jusqu'à l'alimentaire,
- 20:16en passant par les compléments alimentaires,
- 20:18que c'est à cet intermédiaire entre pharma et alimentaire.
- 20:22Nutraceutique.
- 20:23Voilà,
- 20:24nutraceutique,
- 20:24exactement.
- 20:25Et puis,
- 20:26on essaye de développer maintenant les pigments colorants naturels spéciaux.
- 20:33Comme on débute là-dedans et qu'on a débuté avec le pastel,
- 20:37et ensuite on a été invité aussi à participer à un projet européen sur les textiles.
- 20:42Donc voilà,
- 20:44il y a ce focus textile aujourd'hui.
- 20:47On en parlera,
- 20:48ça,
- 20:49du projet européen.
- 20:50Il y a quand même aussi,
- 20:51par exemple,
- 20:51des acteurs cosmétiques qui s'intéressent à nous.
- 20:55D'accord.
- 20:55Et alors,
- 20:56si on reste encore sur les principes actifs,
- 20:58les PAM.
- 20:59vous avez une particularité,
- 21:01c'est donc la flore alpine que vous valorisez.
- 21:04Et du coup,
- 21:04c'est aussi pour ça qu'on vient chercher Mediplan,
- 21:06c'est par rapport à son expertise et par rapport à cette flore particulière ?
- 21:11Totalement.
- 21:11En fait,
- 21:12on est pluridisciplinaire.
- 21:14Il y a effectivement,
- 21:16comme je te l'ai dit,
- 21:17en aparté,
- 21:18on a la chance en Valais d'avoir 3500 espèces végétales présentes sur les
- 21:25350 000 espèces mondiales,
- 21:26donc ça représente 1%.
- 21:27Euh...
- 21:29des espèces mondiales,
- 21:30donc c'est pas mal pour un petit secteur.
- 21:32Donc il y a vraiment un intérêt à valoriser cette flore alpine locale.
- 21:35La possibilité qui est rare est recherchée de proposer des développements de moyenne échelle,
- 21:43enfin on peut dire des développements de niche,
- 21:45mais surtout de proposer une production d'un premier batch commercial.
- 21:51La plupart des clients qui arrivent chez nous ont été stoppés ou freinés dans leur projet.
- 21:59Parce que,
- 21:59voilà.
- 22:00Ils n'apportent pas assez de quantité pour faire fonctionner les machines.
- 22:03Ou les minimas de production chez les industriels,
- 22:06c'est beaucoup.
- 22:07C'est un budget,
- 22:09une quantité juste énorme.
- 22:12Et vous,
- 22:13vous arrivez pour combien de quantité ?
- 22:15En gros,
- 22:15quelqu'un,
- 22:16donc là,
- 22:17je parle aux agris qui nous écoutent beaucoup.
- 22:19En gros,
- 22:20on peut venir chez vous avec quelle quantité de biomasse à travailler environ ?
- 22:26Mais...
- 22:27Bon,
- 22:27alors,
- 22:27ça dépend plutôt du produit final souhaité.
- 22:33Ça dépend du produit.
- 22:35Est-ce qu'on parle d'une boisson ?
- 22:37Est-ce qu'on parle d'une crème cosmétique ?
- 22:41Là,
- 22:41ce n'est pas du tout le même travail.
- 22:47Par exemple,
- 22:48sur de la boisson,
- 22:49on pourra proposer un...
- 22:52Je ne vais pas dire de bêtises.
- 22:53Je sais qu'on est dans les 3000.
- 22:56Parce qu'on a...
- 22:56Alors nous,
- 22:59on travaille sur l'extrait de plantes qui sera contenu dans la boisson et ensuite on a quand même encore un partenaire de conditionnement pour les boissons.
- 23:14Donc il faut s'adapter à lui,
- 23:15mais c'est vrai qu'on a aussi cette chance d'avoir vraiment aussi un riche réseau de partenaires dans les différents domaines dont on a,
- 23:23qui eux aussi travaillent à cette échelle intermédiaire.
- 23:26On ne part pas tout de suite dans ces productions industrielles,
- 23:30cette définition qui,
- 23:31moi,
- 23:31aujourd'hui,
- 23:33presque me révulse.
- 23:35Et puis freine,
- 23:36freine clairement les projets,
- 23:37l'innovation.
- 23:40Simplement,
- 23:41on pourrait parler d'une production utile,
- 23:45développement déjà local.
- 23:50Et ça,
- 23:50c'est possible.
- 23:51En tout cas,
- 23:52en parlant de cosmétique,
- 23:53on peut déjà avoir plus...
- 23:55On le fait,
- 23:56nous.
- 23:58quand c'est vraiment un bon projet où on voit qu'on est prêt à proposer pour un premier batch d'une centaine de crèmes,
- 24:09idéalement,
- 24:11on situe autour des 300 quand même,
- 24:13pour se situer dans un développement cosmétique.
- 24:16Et puis ensuite,
- 24:17les boissons,
- 24:18c'est plus quand même 3000 litres,
- 24:20je crois que ce n'est pas une erreur.
- 24:22Mais en tout cas,
- 24:23je sais que ce sont toujours des conditions qui sont...
- 24:26impossible à trouver chez les industriels en proposition.
- 24:29C'est votre vrai plus de permettre justement un niveau intermédiaire génial.
- 24:34Ok.
- 24:35Donc,
- 24:36tu as parlé d'un écosystème.
- 24:37Donc,
- 24:37tu as derrière ce système d'extraction.
- 24:39Donc,
- 24:39on a vu en amont les ingés agronomes,
- 24:42la connaissance de la plante,
- 24:43l'observation.
- 24:44Vous avez l'extraction avec plusieurs méthodes développées,
- 24:46donc pour plusieurs cahiers des charges,
- 24:48on va dire.
- 24:49Vous avez cette notion aussi de niveau intermédiaire pour permettre...
- 24:54l'innovation,
- 24:55les nouveaux projets,
- 24:56etc.
- 24:57Tu as parlé d'un réseau derrière pour la mise,
- 24:59on va dire,
- 25:00le packaging ou pour la valorisation.
- 25:04Qui ces acteurs ?
- 25:06Cet écosystème que vous avez autour de vous,
- 25:09plutôt sur l'après-extraction,
- 25:11vous travaillez avec qui ?
- 25:12Comment vous pouvez ?
- 25:14Si tu peux me raconter la suite,
- 25:15vu qu'on a vu l'amont.
- 25:17Alors,
- 25:18on a déjà la chance de se trouver sur un écosystème hyper concentré,
- 25:27c'est-à-dire le même bâtiment qui s'appelle le phyto-arc.
- 25:32Et ce phyto-arc,
- 25:34il regroupe...
- 25:38C'est un bâtiment.
- 25:39À une extrémité,
- 25:40on a
- 25:41Mediplan avec cette partie extraction du labo jusqu'à l'échelle pilote.
- 25:46À l'autre extrémité,
- 25:48on a un atelier cosmétique qui engage des personnes en situation de handicap.
- 25:55Cet atelier propose du conditionnement,
- 25:58du codage et de l'étiquetage.
- 26:02Ça marche top.
- 26:04On fonctionne depuis longtemps avec eux pour,
- 26:08typiquement,
- 26:09étiquetage,
- 26:09codage et conditionnement de compléments alimentaires dans des boîtes.
- 26:13Donc,
- 26:14on produit de l'huile aussi parce que l'huile est aussi un extrait.
- 26:17Donc,
- 26:17on a une presse à huile.
- 26:19Ça,
- 26:19c'est hyper intéressant.
- 26:21C'est hyper important,
- 26:22la presse à huile,
- 26:23la peau.
- 26:23J'ai failli oublier.
- 26:25Donc,
- 26:25on a une presse à huile.
- 26:27Voilà.
- 26:28Et au milieu de ce bâtiment,
- 26:30il y a encore des labos,
- 26:32des partenaires en cosmétologie,
- 26:35aussi plus du développement pour travailler en collaboration sur le développement cosmétique.
- 26:42Ce qui fait vraiment que juste sur ces
- 26:45150...
- 26:47C'est juste que je dis ?
- 26:47Non,
- 26:47ce n'est pas possible.
- 26:48Nous,
- 26:48on met des plans à 150 mètres,
- 26:49donc 500 mètres carrés,
- 26:51allez,
- 26:52on va dire.
- 26:52Vous avez toute la chaîne.
- 26:54Voilà,
- 26:54là,
- 26:55il faut la matière première.
- 26:57Oui,
- 26:57je veux dire,
- 26:58après,
- 26:58tu as toute la chaîne.
- 26:59Pour la transformation,
- 27:01la chaîne de transformation jusqu'au produit fini,
- 27:03là,
- 27:04on ne peut pas faire plus court.
- 27:07Et puis,
- 27:08effectivement,
- 27:09on travaille avec des producteurs aussi du Valais.
- 27:14On a le plus grand producteur du Valais,
- 27:17des pommes,
- 27:18qui s'appelle Valplante.
- 27:20Son plus gros client,
- 27:21c'est Ricola.
- 27:25Et ensuite,
- 27:25il y en a quand même plusieurs autour aussi.
- 27:28Donc,
- 27:28on peut travailler avec ses partenaires pour une demande spécifique de mise en culture.
- 27:32D'ailleurs,
- 27:34après,
- 27:34j'en parlerai pour l'alchimie.
- 27:38Donc,
- 27:39voilà.
- 27:39Ou alors,
- 27:39on a aussi des producteurs ou des personnes,
- 27:45des particuliers qui ont une plante spécifique à valoriser.
- 27:53Et puis,
- 27:53ils viennent vers nous pour savoir quelle serait la meilleure valorisation pour cette matière première végétale ou cette plante.
- 28:07On peut être confronté à des développements clients,
- 28:13soit pour aboutir à un produit fini,
- 28:16une recette,
- 28:17une formulation définie,
- 28:19ou alors en partant d'une matière première,
- 28:21voire…
- 28:26On va parler quand même des huiles.
- 28:27C'est très important.
- 28:29Donc,
- 28:29presse à huile.
- 28:30Bon,
- 28:31sur le pastel,
- 28:32ça me semble évident parce qu'on peut faire des choses avec les graines.
- 28:35Ce n'est pas secret.
- 28:37Mais je sais que dans les pâmes,
- 28:38pareil,
- 28:38il y a plein de graines qui peuvent être valorisées.
- 28:41Donc là,
- 28:42c'est une presse à huile,
- 28:45tu disais ?
- 28:46Première pression à froid.
- 28:48Première pression à froid.
- 28:49non dénaturées,
- 28:51non désodorisées,
- 28:51etc.
- 28:52Vraiment brutes,
- 28:53de chez brutes.
- 28:55On en a
- 28:575, maintenant 6,
- 28:59commercialisées en huile alimentaire.
- 29:01Et pour certains,
- 29:02on a aussi le partenariat dans le réseau cosmétique,
- 29:06on a aussi la possibilité de commercialiser certaines huiles en cosmétique.
- 29:13De toute façon...
- 29:16En fait,
- 29:17l'huile de tournesol,
- 29:18l'huile de lin,
- 29:22l'huile de pin de raisin,
- 29:23finalement,
- 29:24elles sont presque toutes aussi intéressantes en cosmétique.
- 29:27Mais on a quand même la chance d'avoir cet approvisionnement en graines bio.
- 29:37Alors,
- 29:38c'est vrai que je ne l'ai pas dit,
- 29:39mais on travaille aussi,
- 29:40outre le fait de ne travailler qu'avec...
- 29:45L'eau ou l'alcool pour les extractions,
- 29:47on favorise vraiment les plantes culture bio,
- 29:51si possible.
- 29:52Et donc,
- 29:56huile alimentaire bio,
- 29:57de tournesol,
- 29:58de colza.
- 30:01Ensuite,
- 30:02on a pépins de raisin,
- 30:03mais là,
- 30:04ce n'est pas encore facile d'avoir du
- 30:05100% bio.
- 30:06Mais on a fait pépins de raisin blanc et pépins de raisin rouge.
- 30:10Et là,
- 30:11c'était suite à un petit projet cantonal sur une idée géniale de Médipens,
- 30:20de faire un test de pressage selon cépage.
- 30:24Donc là,
- 30:25on a retrouvé ou en tout cas identifié...
- 30:29La spécificité des huiles selon le cépage.
- 30:35Chaque huile était différente selon le cépage.
- 30:39Et le cépage,
- 30:40il est quand même lié au terroir.
- 30:41Là,
- 30:41on est clairement là-dessus.
- 30:43Donc,
- 30:44ça valide l'hypothèse que le terroir a énormément d'importance.
- 30:48C'est clair.
- 30:48Mais en tout cas,
- 30:49c'était sympa.
- 30:50On ne retrouve pas seulement les spécificités du cépage dans le vin,
- 30:53mais également dans les huiles.
- 30:55Des parfums,
- 30:56des arômes.
- 30:58C'est dingue.
- 30:59C'est dingue.
- 31:00Mais ensuite,
- 31:01on s'est empêché de la commercialisation.
- 31:02Il y a l'huile de pépin maintenant,
- 31:04les blancs.
- 31:05On sépare le blanc et le rouge,
- 31:06mais quand même.
- 31:07Il y a différents cépages blancs qui sont mélangés pour l'huile de pépin.
- 31:10Blanc et pareil pour le rouge.
- 31:12Et puis,
- 31:14on va continuer.
- 31:15À quel moment vous avez décidé de vous dire,
- 31:18il y a de la bioactivité et il y a la couleur ?
- 31:21Et à quel moment la couleur est devenue intéressante pour vous ?
- 31:25Est-ce que c'est récent ?
- 31:26Ou est-ce que depuis le début,
- 31:27quand vous faites vos extractions,
- 31:28vous constatez qu'il y a de la couleur ?
- 31:30Parce que j'ai des extracteurs qui m'ont dit,
- 31:32on a vu qu'il y a de la couleur,
- 31:33mais nous,
- 31:33il fallait qu'on l'enlève,
- 31:35entre guillemets,
- 31:35puisque les autres acteurs voulaient de la cosmétique blanche ou des actifs transparents,
- 31:41où chacun peut venir mettre sa couleur derrière.
- 31:43Ça,
- 31:43j'avoue,
- 31:44j'ai un peu de mal avec ça aujourd'hui,
- 31:45puisque moi,
- 31:46je cherche la couleur partout,
- 31:47donc ça me perturbe.
- 31:49Et est-ce que tu peux nous dire à quel moment Mediplan s'est dit,
- 31:51tiens,
- 31:52il y a quelque chose à faire avec la couleur ?
- 31:54Et pourquoi vous y allez ?
- 31:56Et pourquoi vous y allez ?
- 31:57Alors,
- 31:58c'est le pastel quand même.
- 31:59Ce n'est pas spécifiquement les couleurs qu'on a observées dans nos extraits ou extractions.
- 32:05C'est le premier projet.
- 32:07C'était commencé en 2021,
- 32:10un projet soutenu par le canton,
- 32:13par la fondation The Arc,
- 32:14qui fait aussi partie de cet écosystème phyto-arc.
- 32:19Et puis,
- 32:21sur deux,
- 32:21trois années,
- 32:23on a pu faire le pastel d'indigo.
- 32:25d'indigo de pastel.
- 32:27Et c'est comme ça,
- 32:28c'est vraiment par le bleu que la couleur est rentrée.
- 32:32Mais c'est vrai que maintenant,
- 32:33à partir de ce moment-là,
- 32:36on se rend compte de tout.
- 32:37On voit les choses différemment maintenant.
- 32:41On essaie de mettre de côté chacune de nos biomasses,
- 32:46les biomasses d'extraits.
- 32:48Je ne sais pas,
- 32:50le camérisé,
- 32:51par exemple,
- 32:52c'est la baie de mai.
- 32:54Elle est bien plus riche en antioxydants que la canneberge.
- 33:01Ah oui,
- 33:01d'accord.
- 33:02Il y a aussi l'aronia,
- 33:03mais il y a une petite concurrence entre les deux.
- 33:08Et donc là,
- 33:10on se retrouve avec des biomasses de déchets,
- 33:13mais encore pleines de pigments ou de colorants.
- 33:15Exactement.
- 33:17Et vous faites de la bioéconomie en récupérant les...
- 33:21C'est le gros sujet.
- 33:22Moi,
- 33:22c'est le truc qui m'obsède.
- 33:25C'est de me dire,
- 33:25une fois que vous avez extrait les principes actifs,
- 33:28par exemple pour les pommes,
- 33:30qu'est-ce que vous faites de cette biomasse ?
- 33:31Est-ce que vous extrayez au max pour obtenir la couleur ?
- 33:34Parce que franchement,
- 33:35c'est dommage de jeter ça alors que c'est une richesse.
- 33:38Alors,
- 33:38au jour d'aujourd'hui,
- 33:39elle va au compost.
- 33:42C'est un compost naturel.
- 33:43Mais voilà,
- 33:44c'était justement la couleur.
- 33:45C'est pas perdu déjà.
- 33:46Non,
- 33:46mais la couleur n'était pas encore arrivée.
- 33:48Et maintenant...
- 33:49Après,
- 33:49c'est une question toujours,
- 33:50c'est la même chose.
- 33:52De valorisation financière.
- 33:54Oui,
- 33:54enfin,
- 33:54surtout aussi d'avoir le temps,
- 33:56le personnel.
- 33:57Il faut que ce soit valorisable.
- 33:59Oui.
- 34:00Donc,
- 34:01on a quand même,
- 34:02on a eu cette idée.
- 34:03Donc,
- 34:03après,
- 34:04suite au projet Indigo,
- 34:06le premier,
- 34:07on a été invité à participer à un projet européen intitulé Alp Textiles,
- 34:14qui vient de ce...
- 34:15Merci.
- 34:17arrivé à son terme en fin 2025,
- 34:25qui a fonctionné.
- 34:25Il y a eu 12 partenaires européens,
- 34:29de l'arc alpin,
- 34:31de la France à la Slovénie,
- 34:32de l'Autriche à l'Italie,
- 34:35passant par l'Allemagne et la Suisse.
- 34:37Donc,
- 34:38production de textiles,
- 34:40de la fibre naturelle jusqu'à la teinture naturelle,
- 34:43et en se basant sur le patrimoine,
- 34:45sur les savoir-faire ancestraux.
- 34:47et en dynamisant la transmission aux jeunes générations.
- 34:54Ce projet était un pack complet,
- 34:56merveilleusement mené par
- 34:58Cassiano Luminati,
- 35:00si je peux le citer.
- 35:01Non,
- 35:01mais c'était vraiment exceptionnel.
- 35:02Bien sûr,
- 35:03tu peux le citer.
- 35:08C'est ton projet européen sur le textile.
- 35:10L'idée,
- 35:10c'était de produire les fibres naturelles,
- 35:12de les teindre et de valoriser le produit fini.
- 35:15Finalement,
- 35:15Mediplan était invité pour la partie teinture naturelle,
- 35:19enfin plantes tinctoriales,
- 35:20mais pas forcément le travail sur les fibres végétales parce que là,
- 35:24ça aurait fait un trop gros paquet finalement sur trois ans.
- 35:27Le projet s'est concentré sur la laine finalement parce que bien sûr il y a cette problématique.
- 35:31Alors on rejoint beaucoup,
- 35:32on est très en lien,
- 35:34en collaboration,
- 35:35en contact avec les réseaux laines d'Europe mais de France notamment.
- 35:41Donc voilà,
- 35:43focus sur la laine et ensuite essai de teinture sur la laine.
- 35:46Mais voilà,
- 35:47je reviens sur le camérisier.
- 35:49Donc on a quand même fait des essais de teinture de la laine avec cette biomasse de déchets.
- 35:55des baies de camériser et ça fonctionne en fait ça fonctionne alors il faut bien sûr là maintenant cette expertise cette expertise sur les teintures naturelles sur les plantes tinctoriales sur la chimie des complexes qui agit entre la fibre et la couleur nous
- 36:15on vraiment je me mets comme ça je suis toute débutante mais tu découvres le champ des possibles du coup c'est un truc bien fini Merci.
- 36:24Puis on a vraiment envie de développer nos connaissances là-dedans.
- 36:29Pour l'instant,
- 36:30j'ai été sélectionnée pour l'école de la couleur avec Sandrine Rosier et Dominique Cardon au mois de juin.
- 36:37En principe,
- 36:39je vais y participer.
- 36:41Et puis je pense que ça,
- 36:42c'est essentiel.
- 36:43C'est sûr que quand on parle de toute façon,
- 36:45on parle de transmission.
- 36:47Enfin,
- 36:47on n'est pas là pour faire n'importe quoi.
- 36:52On veut transmettre.
- 36:56des vraies méthodes.
- 36:58C'est aussi intéressant d'allier la science à l'art,
- 37:00finalement.
- 37:00C'est plusieurs disciplines qu'il faut maîtriser et mettre en lien pour des projets complets autour de la couleur.
- 37:06C'est ça qui est passionnant,
- 37:07c'est que le champ des possibles est incroyable.
- 37:11Valoriser des biomasses,
- 37:12faire de la bioéconomie,
- 37:14mailler avec les laines,
- 37:15et toutes les filières naturelles,
- 37:18que ce soit animales ou végétales,
- 37:19il y a tellement de choses à faire.
- 37:21Il y a tellement de pros en Europe.
- 37:23espère en Europe sur les sujets,
- 37:25que ce serait dommage de s'en priver.
- 37:26Donc,
- 37:26c'est génial.
- 37:27Tous ces projets-là,
- 37:28transverses,
- 37:29projets européens,
- 37:29comme tu dis,
- 37:30qui font travailler plein de pays du patrimoine et de la transmission,
- 37:35c'est la clé,
- 37:36en fait.
- 37:36C'est vraiment ça qu'il faut faire.
- 37:37Donc,
- 37:37c'est génial.
- 37:38Et du coup,
- 37:38tu vas parler à l'École de la couleur de ce projet-là,
- 37:41de l'Indigo des Alpes.
- 37:42Alors,
- 37:43moi,
- 37:43j'y vais pour apprendre,
- 37:44moi,
- 37:44déjà.
- 37:46Ben ouais,
- 37:47justement,
- 37:49je vais être vraiment humble là-dessus.
- 37:50C'est pas du tout mon...
- 37:52Enfin,
- 37:52Mediplant rentre là-dedans par la toute petite porte.
- 37:56On a nos connaissances en phytochimie,
- 37:58mais ils sont beaucoup plus orientés plantes médicinales.
- 38:01Oui,
- 38:01d'accord.
- 38:03Voilà,
- 38:04cosmétiques,
- 38:04plantes médicinales,
- 38:05mais les principes actifs qui auront un intérêt vraiment beaucoup plus médicinal ou alors dans l'aromatisation alimentaire.
- 38:11Ce qui fait le grand lien entre les plantes aromatiques et médicinales,
- 38:15c'est que quand il y a de la bioactivité,
- 38:16généralement,
- 38:17il y a de la couleur et inversement.
- 38:18On est bien d'accord.
- 38:19Merci.
- 38:20Merci parce que...
- 38:21Je suis contente que tu le dises.
- 38:22On retombe sur les métabolites secondaires de toute façon.
- 38:24Voilà,
- 38:25exactement.
- 38:26Oui,
- 38:26c'est clair.
- 38:26Donc ça,
- 38:27c'est de toute façon l'intérêt de...
- 38:29C'est aussi notre façon de travailler.
- 38:31Lorsqu'on a un végétal,
- 38:34une plante devant nous,
- 38:36on le contemple dans sa globalité.
- 38:39Par exemple,
- 38:39on va dire,
- 38:40il n'a pas que ses feuilles,
- 38:42il n'a pas que ses fleurs,
- 38:43ses parties d'âne,
- 38:44il a de la racine aux graines.
- 38:47Donc effectivement,
- 38:47maintenant,
- 38:48avec notre...
- 38:50pluridisciplinarité d'extraction.
- 38:53C'est vrai que ça,
- 38:54c'est vraiment un peu plus phénoménal et aussi hyper motivant.
- 39:01On a des possibilités d'application très vastes.
- 39:05Exactement.
- 39:06Et je pense qu'on ne fait que découvrir le champ des possibles là parce que comme il y a beaucoup d'investissements qui ont été faits dans les couleurs de synthèse plutôt que les colorants naturels,
- 39:19Je veux dire,
- 39:19on a un gros retard là-dessus,
- 39:22mais on est quand même bien en avance sur les plantes médicinales.
- 39:26Donc,
- 39:26les principes bioactifs,
- 39:27en fait,
- 39:27il faut que les deux pièces de pulse,
- 39:29bioactive et couleur,
- 39:30soient mises ensemble.
- 39:32On est d'accord.
- 39:33Moi,
- 39:33je le vois comme ça.
- 39:35Donc,
- 39:35on a parlé de valorisation de la biomasse,
- 39:38qui peut être aussi une piste pour tout ce qui est,
- 39:40nous,
- 39:40on appelle ça en France,
- 39:41bioéconomie.
- 39:42Je ne sais pas si en Suisse,
- 39:42c'est le même mot.
- 39:44Le risque des biomasses pour en extraire,
- 39:47c'est le même mot.
- 39:48Donc tu vas à l'école de la couleur,
- 39:49top.
- 39:50Qu'est-ce qu'on a dit ?
- 39:51On a parlé des huiles,
- 39:52qu'est-ce que je m'étais notée ?
- 39:54Oui,
- 39:54est-ce qu'on peut venir maintenant du coup à la couleur ?
- 39:57Vous y êtes rentré par le pastel,
- 39:59parce que vous avez découvert,
- 40:00et c'est là où le malheur des uns fait le bonheur des autres.
- 40:03Pour les acteurs du vin,
- 40:05c'était une mauvaise herbe,
- 40:06et pour vous c'était un trésor juste à vos pieds.
- 40:11Est-ce que tu peux nous raconter du coup cette histoire de l'indigo des Alpes ?
- 40:15Comme je te disais,
- 40:162021 a débuté ce projet cantonal pour lequel on a choisi la dénomination Indigo des Alpes par le fait d'avoir la chance de voir pousser,
- 40:32croître le pastel des teinturiers de façon sauvage en Valais chez nous.
- 40:39porte,
- 40:39on traverse la rue et là en ce moment c'est la pleine période.
- 40:42D'ailleurs j'étais en récolte ce matin,
- 40:44j'ai encore les doigts.
- 40:48Et puis voilà simplement en ayant fait cette observation,
- 40:55en ayant ce savoir,
- 40:56en ayant la plante sous nos yeux,
- 41:02bon il paraissait trop excitant de ne pas tester.
- 41:08ne pas tester l'extraction de l'indigo et puis pouvoir vraiment...
- 41:15De toute façon,
- 41:15pour la plupart des personnes,
- 41:17maintenant,
- 41:18ça commence gentiment grâce à cette médiatisation,
- 41:22les petites médiatisations autour de l'indigo des Alpes ou de notre travail.
- 41:29Les gens commencent à poser des questions ou à nous dire...
- 41:34Mais c'est génial !
- 41:36De quelle plante vous parlez ?
- 41:38C'est là,
- 41:38à côté de chez moi,
- 41:41dans mon jardin,
- 41:42en face.
- 41:42Là,
- 41:42c'est ça,
- 41:43c'est ça.
- 41:44Il y a du bleu dans cette plante,
- 41:45mais pourtant les fleurs sont jaunes.
- 41:47C'est génial.
- 41:49Les gens s'intéressent,
- 41:50posent des questions.
- 41:52Tout est vraiment né d'un...
- 41:54C'était l'idée de Julien Héritier,
- 41:56le directeur de Mediplant,
- 41:58de faire ces essais.
- 41:59Et ensuite,
- 41:59on a été soutenus,
- 42:00comme je te le disais,
- 42:01par le canton,
- 42:02des essais de mise en culture avec AgroScope,
- 42:05ce qui fonctionne très bien,
- 42:06en fait.
- 42:07Il faut aussi dire que c'est une plante zéro thermophile,
- 42:12le sec et le chaud.
- 42:13Là,
- 42:14en Valais,
- 42:14ici,
- 42:15on l'appelle la Provence de la Suisse.
- 42:17Du côté sud,
- 42:18la rive droite du Rhône est extrêmement sèche.
- 42:21Cette rive est extrêmement sèche et chaude.
- 42:25Exposition parfaite pour lui.
- 42:26Donc,
- 42:26il s'épanouit.
- 42:28Donc,
- 42:28du coup,
- 42:29tu l'as cultivé.
- 42:31Vous avez monté des cuves ou vous avez extrait l'indigo ?
- 42:35Donc.
- 42:37Nous aussi,
- 42:37pour des raisons de capacité,
- 42:40mais aussi de personnel et de temps,
- 42:43on s'arrête à l'extraction.
- 42:48On n'a pas pu monter,
- 42:49nous,
- 42:49de cul,
- 42:50mais on n'a pas non plus les ressources nécessaires pour pouvoir,
- 42:54nous,
- 42:56mettre en place des essais de teinture à échelle conséquente.
- 43:01En revanche,
- 43:02on fait des...
- 43:03Au labo,
- 43:05on fait des petits tests vraiment à l'échelle labo sur quelques fibres de laine ou de lin.
- 43:09Mais c'est tout ce qu'on peut faire avec nos ressources.
- 43:12Donc,
- 43:13c'est pour cette raison,
- 43:13par exemple,
- 43:14qu'il y a eu,
- 43:15grâce au projet européen,
- 43:16on a pu collaborer avec Sandrine Rosier,
- 43:19entre autres.
- 43:20C'est vrai qu'on a aussi commencé à faire la connaissance de petits acteurs locaux,
- 43:27locaux échelles CHMIS,
- 43:28en fait.
- 43:29en teinture naturelle.
- 43:30Donc,
- 43:30on a collaboré avec un chimique alias,
- 43:33c'est un ancien chimiste passionné de teinture naturelle sur le canton de Fribourg.
- 43:37Lui s'intéressait au pastel déjà avant nous,
- 43:41probablement.
- 43:42Donc,
- 43:42il a tout de suite voulu le tester.
- 43:44Et lui,
- 43:45il travaillait à échelle un peu plus importante,
- 43:49en tout cas de façon plus régulière avec d'autres indigos naturels,
- 43:54mais vraiment dans la teinture,
- 43:56pas dans l'extraction.
- 43:58C'est vrai que tout cet...
- 44:00Nous,
- 44:01Mediplan a besoin de ce partenariat avec les teinturières et teinturiers.
- 44:06Ce n'est pas notre domaine de compétition.
- 44:08Vous faites l'extraction et donc vous le proposez sous quelle forme,
- 44:12cette extraction ?
- 44:13Alors l'indigo,
- 44:14pour l'instant,
- 44:15on ne le propose pas vraiment parce que l'indigo,
- 44:20c'est un challenge.
- 44:22Des centaines de grammes,
- 44:23mais voilà,
- 44:24on n'a pas...
- 44:25pas encore décidé de le commercialiser parce qu'on n'est pas suffisante pour pouvoir le faire.
- 44:31En revanche,
- 44:33j'espère qu'un prochain projet à l'échelle nationale suisse va passer pour pouvoir travailler plus sur la mise en culture chez les agriculteurs,
- 44:42par des producteurs.
- 44:43Quelques agriculteurs bio qui sont maintenant intéressés à des tests de culture à plus grande échelle.
- 44:50Ensuite,
- 44:51si on peut récolter des quantités tout ça.
- 44:54plus représentative,
- 44:55ça devient plus intéressant forcément pour la suite.
- 44:59En revanche,
- 44:59on a un extrait de...
- 45:01Alors,
- 45:02voilà,
- 45:02maintenant,
- 45:02je vais t'amener sur une autre piste.
- 45:04Vas-y,
- 45:05vas-y.
- 45:05De matière biosourcée de sous-produits,
- 45:09un sous-produit,
- 45:11l'écorce de mélèze.
- 45:12L'écorce de mélèze sur la laine ou le lin.
- 45:16Ça fonctionne très bien.
- 45:18On est sur les tannins condensés,
- 45:20donc pas de mordansage,
- 45:22pas de post-traitement.
- 45:25Et puis là,
- 45:26l'écorce de Mélès,
- 45:27c'est l'espèce de conifère la plus pendue.
- 45:32Ça représente des milliers de mètres cubes par triage forestier,
- 45:37donc par année,
- 45:38c'est vraiment une quantité énorme qui aujourd'hui est simplement soit mise à composter,
- 45:43soit mise à composter.
- 45:44composté ou éventuellement un peu de chauffage,
- 45:47mais il n'y a vraiment rien de similaire à la teinture naturelle.
- 45:52Alors qu'on a aussi la chance d'avoir des étroites collaborations avec des herboristes,
- 46:00des herboristes aussi de renommée,
- 46:03André Fauchère,
- 46:05une dame qui a une histoire folle avec ses passés 80 ans.
- 46:14Et puis,
- 46:17avec le mélèze est revenu à nous l'histoire traditionnelle que c'était la couleur des pantalons des hommes dans les montagnes.
- 46:26Dans ces montagnes valaisannes,
- 46:29on trouvait des stations de teinture au mélèze,
- 46:32comme dans le sud des stations de lavande.
- 46:35Donc il faut imaginer remplacer la lavande par le mélèze.
- 46:41remplacer le paysage du sud de la France par le paysage alpin.
- 46:47Donc,
- 46:49tes petites stations de teinture au Mélèze,
- 46:52c'était...
- 46:54Patrimoine.
- 46:56C'était partie du patrimoine des villages de montagne,
- 47:01pour teindre les pantalons.
- 47:04Sur la valorisation de ce sous-produit,
- 47:06l'écorce de Mélèze,
- 47:08que nous avons là maintenant.
- 47:09maintenant à disposition en concentré liquide.
- 47:14D'accord,
- 47:15ok.
- 47:16Produit ainsi que le concentré liquide d'alchimie.
- 47:21L'alchimie,
- 47:23elle aussi,
- 47:24plus connue comme plante médicinale.
- 47:28Alchimie ou manteau de Notre-Dame,
- 47:30comme toutes ces belles plantes,
- 47:32elles ont plusieurs...
- 47:35Selon les régions,
- 47:36on leur aura donné un autre petit nom.
- 47:38Et là,
- 47:38on est sur un mordansage à la lin,
- 47:41sur la soie.
- 47:42Ça,
- 47:42ça a été réalisé par Sandrine Rosier.
- 47:46On reconnaît la qualité du travail.
- 47:49Non,
- 47:50mais c'est vrai.
- 47:57Un jaune éclatant qui a très bien fonctionné aussi sur du drap de laine.
- 48:02Et ceci a même été réalisé,
- 48:03on va dire,
- 48:04à l'échelle semi-industrielle,
- 48:05parce que je ne sais pas si dans un époscade...
- 48:07podcast,
- 48:08Sandrine aurait parlé de la Nature ADS,
- 48:10cette machine.
- 48:12Oui,
- 48:12elle en a reparlé même dans nos tables rondes.
- 48:15Les tables rondes,
- 48:16c'est pour les adhérents à Récovert.
- 48:17Et elle en a reparlé du fonctionnement de la Nature ADS.
- 48:20On a même reçu celui qui l'a conçu.
- 48:25Il y a des épisodes,
- 48:25mais on en parle souvent de la Nature ADS.
- 48:27Mais oui,
- 48:27elle en a reparlé qu'elle,
- 48:28elle continue à s'en servir régulièrement.
- 48:31Donc,
- 48:31vous avez fait avec ça.
- 48:32Et aussi sur des échevaux de laine avec le mélaise.
- 48:35Donc,
- 48:35on a...
- 48:37puisqu'on est capable de nous produire les volumes de concentrés liquides adaptés notamment à cette échelle semi-industrielle.
- 48:45Donc ça,
- 48:46ça a été testé,
- 48:47ça fonctionne.
- 48:48En tout cas,
- 48:49pour l'instant,
- 48:50avec Alchimie et Mélaise.
- 48:52Donc ces deux extraits liquides sont à disposition.
- 48:56Donc si on a des teinturières qui veulent essayer,
- 48:58en gros,
- 48:59elles peuvent passer ?
- 49:01J'ai préparé des flyers qui vont être publiés.
- 49:07Je vais poster sur LinkedIn ou Insta.
- 49:09Tu me diras aussi,
- 49:10comme ça je relairai la communauté.
- 49:13Ok.
- 49:14Voilà,
- 49:14en conditionnement,
- 49:16en 5.
- 49:17Nous,
- 49:17on parle en kilos parce qu'on pèse tous nos produits finis sont pesés.
- 49:23Donc,
- 49:23on parle en kilos,
- 49:24mais c'est équivalent au litre.
- 49:25Donc,
- 49:25on peut dire 5,
- 49:2610 ou 20 litres.
- 49:28Pour l'instant,
- 49:28c'est ce qu'on pense.
- 49:31Mélèze,
- 49:31pas de mordant.
- 49:32Alchémil,
- 49:33mordant d'Alain,
- 49:34par exemple.
- 49:36Sandrine a obtenu ce jaune avec la lin,
- 49:38mais elle a obtenu du orange,
- 49:41du gris foncé,
- 49:44du kaki,
- 49:46entre titane et fer.
- 49:48Les métaux avec lesquels elle travaille,
- 49:52elle a son savoir.
- 49:53Je dis Sandrine,
- 49:54je pourrais dire Dominique,
- 49:55je pourrais dire aussi
- 49:56Michel Gartin.
- 49:57Nos teinturières.
- 50:00Je cite les personnes que j'ai eu la chance de rencontrer.
- 50:03Oui,
- 50:04je comprends.
- 50:06mais voilà moi je sais vraiment je suis tellement admirative je suis admirative de ce savoir ouais c'est magnifique
- 50:13C'est juste,
- 50:14c'est infini et c'est merveilleux.
- 50:16Non,
- 50:16mais c'est top.
- 50:16Puis en plus,
- 50:17c'est ce que je te disais,
- 50:18c'est assez rare,
- 50:19le mélèze,
- 50:19etc.
- 50:20Enfin,
- 50:20ce n'est pas des noms courants.
- 50:22Tu vois,
- 50:23ce n'est pas les premières plantes tectoriales auxquelles on pense.
- 50:26Ma question,
- 50:26c'est,
- 50:27est-ce que vous avez donc mes dix plans sur le virage de la couleur,
- 50:31là ?
- 50:32Vous avez envie de développer d'autres plantes,
- 50:35valoriser des plantes alpines,
- 50:37etc.
- 50:37C'est quoi votre vision de la suite sur la couleur,
- 50:40vu que...
- 50:41La porte est ouverte maintenant,
- 50:42donc je pense que vous avez plein de tests à faire et de choses à proposer.
- 50:47Si on peut développer avec la plus grande des motivations,
- 50:53encore une fois,
- 50:53en revanche,
- 50:55on est curieux de voir comment vont se comporter ces premiers appels à intéresser pour justement l'alchimie et mélèze.
- 51:08C'est vrai que là...
- 51:10on est quand même obligé de voir un potentiel intérêt au développement commerce derrière pour pouvoir continuer à produire ou produire plus.
- 51:20Alors ce que je voulais dire là,
- 51:21c'est un sous-produit.
- 51:22Donc oui,
- 51:24il faut simplement organiser l'approvisionnement à la gestion des forêts.
- 51:30En revanche,
- 51:31l'alchimie,
- 51:31elle,
- 51:31c'est aussi une potentielle culture.
- 51:35Donc elle est en revanche...
- 51:38L'avantage qu'on a sur le pastel,
- 51:40c'est que celle-ci,
- 51:42comme elle est une plante médicinale déjà connue et mise en culture,
- 51:46notamment par
- 51:47Valplante, comme je te disais,
- 51:50le plus gros producteur valaisan local,
- 51:53on sait qu'on aura cette année l'approvisionnement de plantes en culture pour cette couleur.
- 52:02Si il y a de la demande régulière...
- 52:09Ça débloque ce rouage de mise en place.
- 52:12Carrément.
- 52:13C'est exactement ce qu'on essaye de faire là avec la filière.
- 52:16C'est hyper intéressant que tu le dises.
- 52:19S'il y a de la demande,
- 52:20on peut mettre en culture,
- 52:21on peut mettre les procédés et on peut faire fonctionner.
- 52:24Toi,
- 52:24tu es côté suisse,
- 52:25donc je pense qu'on peut peut-être demander aux acteurs teinturières et acteurs de la couleur au niveau de la Suisse,
- 52:32s'il y en a qui se manifestent.
- 52:33Nous,
- 52:33on a le système de l'annuaire.
- 52:35À Récovert,
- 52:36tu sais,
- 52:36où les gens se renseignent en disant « moi je suis teinturier,
- 52:38moi je fais ci,
- 52:39moi je fais là » .
- 52:41Et tous ces gens-là,
- 52:41on leur dit
- 52:43« il y a du mélèze,
- 52:44de l'alchimie,
- 52:45ça se passe en Suisse,
- 52:46c'est local,
- 52:47c'est bio » .
- 52:48Et donc en fait,
- 52:48c'est en parlant et en motivant les troupes,
- 52:51entre guillemets,
- 52:51que ces filières peuvent exister.
- 52:53Mais c'est hyper bien que tu le reposes là,
- 52:55parce que je pense que des fois les gens se disent « ah c'est cool,
- 52:57mélèze,
- 52:58j'entends pas souvent » .
- 52:59Oui,
- 52:59mais si on veut que ça perdure,
- 53:01il faut qu'il y ait de la demande,
- 53:02il faut qu'il y ait des essais,
- 53:03il faut qu'il y ait des retours.
- 53:04aussi.
- 53:06Non,
- 53:06mais c'est chouette.
- 53:07C'est hyper chouette.
- 53:10Après,
- 53:10question prix,
- 53:13une fois que ce sera posté,
- 53:14publié,
- 53:14on verra si on a aussi un potentiel retour d'autres acteurs européens.
- 53:21Parce que même en étant en Suisse,
- 53:23il me semble qu'on a pour des extraits concentrés 100%
- 53:27naturels locaux,
- 53:29on est sur des prix qui ne sont pas non plus...
- 53:31Tu vois,
- 53:32parce que forcément,
- 53:33entre Euro et France-Suisse...
- 53:35Il y a cette crainte d'être sur un trop gros décalage.
- 53:39Il ne me semble pas qu'on soit trop décalés,
- 53:41il ne me semble pas qu'on soit sur un trop gros décalage.
- 53:44Et ce sera pareil pour le pastel au moment où on pourra proposer notre pastel naturel
- 53:51100% local.
- 53:52Notre volonté,
- 53:53c'est quand même de débloquer ce...
- 53:58Cette filière ?
- 53:59Quand je disais ce poids,
- 54:00la filière,
- 54:01que la dynamique prenne.
- 54:03Notre volonté,
- 54:04c'est quand même de pouvoir proposer à un plus large public.
- 54:09D'accord,
- 54:09ok.
- 54:10Écoute,
- 54:11dès que tu as mis tes flyers,
- 54:12on les reliera avec grand plaisir.
- 54:14Donc,
- 54:14Meles et Alchemil.
- 54:16J'ai des questions sur les agriculteurs.
- 54:18Donc,
- 54:18nous,
- 54:19tu vois,
- 54:20côté France,
- 54:21je dis France,
- 54:22mais finalement,
- 54:22c'est toute l'Europe francophone.
- 54:23Tous les gens qui parlent français,
- 54:25globalement,
- 54:26les Ols,
- 54:26les Canadiens,
- 54:27etc.
- 54:27On a même Madagascar qui nous a parlé de la Suisse pour te dire.
- 54:32Vous avez des liens ?
- 54:33Non,
- 54:33mais ça ne m'étonne pas parce qu'en fait,
- 54:35ça rejoint aussi les plantes médicinales.
- 54:37Parce qu'on vient de développer une boisson énergisante naturelle,
- 54:42mais avec une…
- 54:43Une plante malgache ?
- 54:45Non,
- 54:45ce n'est pas malgache,
- 54:46mais en tout cas…
- 54:48Alors attends,
- 54:49c'est Cameroun,
- 54:49je crois.
- 54:50Mais enfin,
- 54:51voilà.
- 54:52Il y a pas mal…
- 54:53L'Afrique,
- 54:54oui,
- 54:54bien sûr.
- 54:55Il y a plein de ressources.
- 54:57Tout le continent africain.
- 54:59En tout cas,
- 55:00je te dis,
- 55:00les malgaches m'ont parlé de la Suisse.
- 55:01Je dis quand même que c'est un peu étonnant,
- 55:03mais bon,
- 55:03OK.
- 55:04J'ai bien écouté,
- 55:05mais bon.
- 55:06Ce que je voulais dire,
- 55:07c'est que ce qu'on essaye de faire avec Arécovert,
- 55:10etc.,
- 55:10c'est de déjà...
- 55:13Comment on va dire ?
- 55:14les acteurs.
- 55:15Parce qu'en fait,
- 55:15tu vois,
- 55:16ce boulot-là n'a jamais été fait.
- 55:18De recenser les agriculteurs,
- 55:20les cultivateurs.
- 55:21Donc,
- 55:21agriculteurs,
- 55:22c'est grande surface.
- 55:23Cultivateurs,
- 55:24c'est plus petite surface.
- 55:25Et ensuite,
- 55:26on a les jardins tanctoriaux qui sont avec des thématiques.
- 55:28Tu vois,
- 55:29on a des franco-mexicaines,
- 55:30on a des...
- 55:31Voilà,
- 55:31qui amènent leur culture,
- 55:32leur patrimoine,
- 55:33leur transmission.
- 55:34Donc déjà,
- 55:35trouver les acteurs.
- 55:35Donc ça,
- 55:36franchement,
- 55:36ça prend du temps.
- 55:38Tu vois,
- 55:38moi,
- 55:39ça fait...
- 55:40Ça fait plus de trois ans que je suis là-dessus.
- 55:42Donc,
- 55:42trouver les acteurs.
- 55:43Ensuite,
- 55:44les faire se parler entre eux,
- 55:46parce qu'il y en a qui cultivent,
- 55:47qui ont des astuces de culture,
- 55:48et avant d'avoir des budgets pour des recherches agronomiques,
- 55:52comme tu dis,
- 55:52c'est l'observation,
- 55:53le bon sens,
- 55:55les essais,
- 55:56la curiosité qu'ont les gens.
- 55:58Mais ensuite,
- 55:59moi,
- 55:59ce que j'aimerais vraiment,
- 56:00c'est qu'on ait,
- 56:02comme tu dis,
- 56:02des débouchés,
- 56:04qu'on trouve des domaines d'application dans lesquels ces plantes sont utilisées.
- 56:07Du coup,
- 56:08on peut faire fonctionner des machines pour les extraire,
- 56:10et du coup,
- 56:11on peut payer des agriculteurs,
- 56:12leur faire des plants.
- 56:13pluriannuelles pour de la mise en culture et valoriser correctement leur travail parce que pareil,
- 56:18il y a beaucoup de...
- 56:19En France,
- 56:20c'est beaucoup en bio aussi,
- 56:22d'emblée.
- 56:23Donc,
- 56:23on est complètement raccord sur le process.
- 56:26Après,
- 56:27c'est...
- 56:28Là,
- 56:28vous,
- 56:28le point hyper positif que vous avez,
- 56:31c'est que vous êtes PAM et TINCTORIAL.
- 56:34C'est-à-dire que l'alchimie,
- 56:35tu la cultives pour les PAM,
- 56:37mais s'il en reste ou si c'est une année où ça sera plus intéressant de la passer en couleur,
- 56:42ben voilà.
- 56:43Et en fait,
- 56:44c'est là où c'est hyper intéressant d'avoir les deux casquettes,
- 56:47parce que du coup,
- 56:48ça fait deux potentiels.
- 56:50Là,
- 56:50on en revient à l'intérêt quand même de ne jamais oublier les savoir-faire ancestraux,
- 56:57le patrimoine,
- 56:57les traditions,
- 56:58parce que finalement,
- 56:59on y revient toujours tout par-delà.
- 57:02Et avant,
- 57:02tu disais,
- 57:02OK,
- 57:03le pastel,
- 57:04je le disais moi aussi,
- 57:05on a commencé parce qu'on a observé,
- 57:06on a vu.
- 57:08Mais c'est surtout parce que c'est intérêt pour l'herboristerie.
- 57:14pour les remèdes de grand-mère,
- 57:16pour les recettes et les savoirs souvent de ces femmes.
- 57:22C'était souvent transmission de mère à fille,
- 57:24ou de grand-mère à petite-fille,
- 57:25etc.
- 57:27Et donc,
- 57:29la plante médicinale est aussi une plante tectoriale,
- 57:33est aussi,
- 57:34pas toujours,
- 57:34si elle est toxique ça ne va pas,
- 57:36mais peut aussi être une plante alimentaire.
- 57:38C'est le pouvoir des plantes,
- 57:39c'est tout ce qu'elles nous apportent.
- 57:42Connaître son environnement peut remettre en avant l'intérêt d'observer la nature,
- 57:55de la comprendre,
- 57:57de la connaître,
- 57:57de savoir quels sont les potentiels cachés.
- 58:03Mais ils ne sont pas cachés,
- 58:04ils sont sous nos yeux.
- 58:05On ne les connaît plus,
- 58:06on n'apprend plus,
- 58:07on n'a plus l'oreille ouverte.
- 58:10Puis on a une certaine défiance aussi,
- 58:11tu vois,
- 58:12sur les plantes.
- 58:13En fait,
- 58:13t'as des gens qui ont...
- 58:14C'est comme pour les champignons.
- 58:16On nous a tellement dit attention,
- 58:17attention,
- 58:18on peut mourir avec les champignons.
- 58:20Et aussi,
- 58:22j'ai l'impression,
- 58:22cette croyance que les plantes,
- 58:24attention,
- 58:25attention,
- 58:25c'est dangereux.
- 58:26Oui,
- 58:27une plante n'est pas inoffensive,
- 58:28il faut s'y connaître,
- 58:30mais il ne faut pas non plus être dans la panique totale et il faut s'y intéresser.
- 58:34Et ça,
- 58:34c'est complètement perdu.
- 58:36Ça revient parce que les gens,
- 58:38avec le Covid,
- 58:38ont pris le temps de redécouvrir.
- 58:40Mais je veux dire,
- 58:42si on n'est pas amoureux des plantes,
- 58:43on ne va pas dire qu'on est aidé à aller s'y intéresser,
- 58:46etc.
- 58:48En plus,
- 58:48on leur rajoute un pouvoir avec le podcast à récouvrir qui est la couleur.
- 58:52Je sais que ce biais-là aussi est hyper magique et donne envie aux gens d'aller creuser les plantes.
- 58:58Donc,
- 58:58c'est top.
- 58:59Qu'est-ce que j'allais dire ?
- 59:01Par rapport aux agriculteurs,
- 59:03le schéma que vous avez,
- 59:04en gros,
- 59:04c'est vraiment...
- 59:06qu'ils aient deux cultures pour qu'il y ait deux débouchés possibles en fonction de l'aléa de la saison,
- 59:12s'il y en a plus,
- 59:12s'il y en a moins,
- 59:13d'avoir des pistes de valorisation.
- 59:17Ça,
- 59:17c'est l'exemple maintenant vraiment réel pour l'alchimie.
- 59:22C'est un exemple réel d'alchimie où effectivement,
- 59:24on a cette plante qui est cultivée en tant que plante médicinale et en tant que PAM,
- 59:31il va y avoir la disponibilité parce qu'il y en a trop cette année.
- 59:34pour faire de l'extrait territorial.
- 59:38C'est une option,
- 59:39mais ce n'est pas forcément...
- 59:42Oui,
- 59:42ce ne sera pas forcément toujours le cas.
- 59:44Ce ne sera pas forcément toujours le cas.
- 59:45Par exemple,
- 59:47je veux dire,
- 59:48la culture de pastel,
- 59:50elle sera vraiment essentiellement orientée,
- 59:54en tout cas pour les parties aériennes.
- 59:57pour la coulée,
- 59:58pour l'indigo.
- 1:00:00En revanche,
- 1:00:01la deuxième année,
- 1:00:04il faut choisir son timing.
- 1:00:06Il faut savoir que ce sont aussi les racines du pastel qui ont un énorme intérêt médicinal.
- 1:00:12Les deux.
- 1:00:15Probablement pour les principes actifs,
- 1:00:18mais il y a d'énormes recherches sur des actifs anticancéreux,
- 1:00:24antiviraux.
- 1:00:28Dans les racines du pastel,
- 1:00:29il y a des traits très fidèles.
- 1:00:31Elle est valorisable à 100%
- 1:00:33cette plante.
- 1:00:34Oui,
- 1:00:35et puis la graine,
- 1:00:35tu l'as mentionné aussi,
- 1:00:37l'huile.
- 1:00:37Pour l'huile,
- 1:00:38pour la cosmétique.
- 1:00:39Après,
- 1:00:39il faut simplement réfléchir à cette rotation.
- 1:00:43Oui,
- 1:00:43c'est une bise annuelle.
- 1:00:44Une bise annuelle,
- 1:00:45voilà.
- 1:00:45C'est important.
- 1:00:48Mais tout ça,
- 1:00:48ça se...
- 1:00:50Oui,
- 1:00:50c'est du bon sens,
- 1:00:51la logistique,
- 1:00:52etc.
- 1:00:52Ça se développe carrément.
- 1:00:53Et alors,
- 1:00:54est-ce que là,
- 1:00:54dans la projection que vous...
- 1:00:56faites,
- 1:00:57c'est un revenu complémentaire pour les agriculteurs ?
- 1:01:00Dans le sens,
- 1:01:01vous leur proposez par exemple,
- 1:01:03si elle pousse entre les vignes,
- 1:01:04de la laisser et de la récolter ?
- 1:01:06Ou est-ce qu'il faut des parcelles dédiées ?
- 1:01:08Comment vous voyez les choses sur le pastel ?
- 1:01:10Vu que vous voulez quand même le laisser,
- 1:01:12il est naturel,
- 1:01:13là,
- 1:01:13il est présent.
- 1:01:14Comment vous voyez les choses ?
- 1:01:16Alors,
- 1:01:17il y a essentiellement la problématique aujourd'hui,
- 1:01:20comme en France aussi,
- 1:01:22mais là,
- 1:01:22vraiment,
- 1:01:22le canton du Valais,
- 1:01:25Le canton du Valais arrache les vignes.
- 1:01:27Il y a,
- 1:01:29il me semble même,
- 1:01:29je ne vais pas dire des bêtises,
- 1:01:31mais un soutien en ce moment régional pour l'arrachage des vignes.
- 1:01:37Quelle raison ?
- 1:01:38Le vin,
- 1:01:39la viticulture,
- 1:01:41il y en a trop.
- 1:01:43Il y a la problématique des maladies.
- 1:01:46Voilà,
- 1:01:47les problématiques des maladies.
- 1:01:48Tout ça,
- 1:01:49ça représente finalement un poids finant.
- 1:01:54Voilà,
- 1:01:55c'est du poids financier trop important pour tous les propriétaires de vignes,
- 1:02:00on va dire,
- 1:02:00parce qu'il y a de ceux qui mettent en…
- 1:02:03Voilà,
- 1:02:04tous les propriétaires de vignes connaissent une période assez difficile,
- 1:02:08en tout cas ici en Valais.
- 1:02:11Et voilà,
- 1:02:15il y a des diversifications de mise en culture de plantes à forte valeur ajoutée.
- 1:02:23C'est là leur proposer une option.
- 1:02:26C'est une option,
- 1:02:27oui.
- 1:02:29En revanche,
- 1:02:32après,
- 1:02:34je pense qu'il serait bien plus judicieux de pouvoir partir,
- 1:02:39surtout de partir toujours sur des...
- 1:02:43Pas toujours,
- 1:02:43mais de partir sur des plantes de culture pour avoir quand même une reproductibilité sur l'individu.
- 1:02:52D'accord,
- 1:02:52ok.
- 1:02:53Donc,
- 1:02:54si dans quelques années,
- 1:02:56en Valais,
- 1:02:57on a assez de cultivateurs ou de producteurs de pastels,
- 1:03:03on peut proposer de l'indigo des Alpes,
- 1:03:08100%
- 1:03:09local,
- 1:03:10100%
- 1:03:10naturel.
- 1:03:11Génial.
- 1:03:12Franchement,
- 1:03:13génial.
- 1:03:14Alors,
- 1:03:14écoute Audrey,
- 1:03:15franchement,
- 1:03:16je trouve ça top.
- 1:03:17Je voudrais un peu m'attarder sur la Suisse,
- 1:03:19dans le sens couleur végétale et Suisse.
- 1:03:22Est-ce que tu connais,
- 1:03:23toi,
- 1:03:23des acteurs ?
- 1:03:24Qu'est-ce qui se passe en Suisse ?
- 1:03:28Est-ce qu'il y a un regain ?
- 1:03:29Est-ce qu'il y a des animateurs en Suisse,
- 1:03:31du réseau ?
- 1:03:32Qu'est-ce qui se passe en Suisse autour de la couleur végétale ?
- 1:03:35Alors,
- 1:03:36des acteurs,
- 1:03:37j'en connais...
- 1:03:40J'en vois et j'en connais moins que de ce que je vois en France.
- 1:03:45En revanche,
- 1:03:46le regain d'intérêt,
- 1:03:47oui,
- 1:03:48il est bien présent à une échelle peut-être encore...
- 1:03:52inférieure.
- 1:03:54La Suisse,
- 1:03:56c'est intéressant parce qu'il y a la Suisse francophone et la Suisse germanophone.
- 1:04:01Moi,
- 1:04:01je parle très bien l'allemand et puis ça ne me pose pas du tout de problème de transiter.
- 1:04:07Et grâce au projet européen,
- 1:04:09quand même,
- 1:04:09on a pu aussi entrer en contact gentiment avec des acteurs du domaine textile côté
- 1:04:19Suisse allemande.
- 1:04:21Et il me semble qu'effectivement,
- 1:04:22par exemple,
- 1:04:23il y a certains cantons singales qui sont encore actifs,
- 1:04:28assez actifs en textile.
- 1:04:31Et ce qui fait qu'il y a quand même une dynamique aussi teinture naturelle présente.
- 1:04:38Et l'intérêt,
- 1:04:41maintenant,
- 1:04:41gentiment,
- 1:04:42vient à nous.
- 1:04:45Il y a une personne qui s'appelle,
- 1:04:47une petite entreprise Botanitex,
- 1:04:49par exemple.
- 1:04:50Le Tanitex qui,
- 1:04:52elle,
- 1:04:52vraiment vit de ses propositions de teinture naturelle.
- 1:04:58à différents privés.
- 1:05:00Et ensuite,
- 1:05:02il y a énormément de teinturières,
- 1:05:04surtout des teinturières naturelles.
- 1:05:07C'est vrai,
- 1:05:07c'est beaucoup des femmes.
- 1:05:08Oui,
- 1:05:08c'est beaucoup des femmes qui,
- 1:05:11en fait,
- 1:05:11aussi ont un savoir énorme.
- 1:05:13Je ne connais pas l'histoire de chacune,
- 1:05:16mais elles font ça par passion.
- 1:05:19Et puis parfois,
- 1:05:20elles proposent des objets sur les marchés.
- 1:05:23Après,
- 1:05:24c'est beaucoup aussi de l'artistique.
- 1:05:25Oui.
- 1:05:27Ça part dans le...
- 1:05:27Oui,
- 1:05:28artistique.
- 1:05:28Alors là aussi,
- 1:05:29c'est intéressant.
- 1:05:30On peut partir avec les colorants naturels.
- 1:05:32On peut aussi,
- 1:05:34pour les arts,
- 1:05:35de manière générale,
- 1:05:36pour les peintures,
- 1:05:39tout ça.
- 1:05:41Et donc là,
- 1:05:42maintenant,
- 1:05:45petit à petit,
- 1:05:48ce réseau et cet intérêt s'élargit.
- 1:05:51Et c'est là que je découvre aussi les petites...
- 1:05:53activités qui sont finalement quand même aussi présentes en Suisse,
- 1:05:57un peu partout,
- 1:05:58à petite échelle,
- 1:05:59mais il y a des intérêts bien dispatchés sur toute la Suisse finalement.
- 1:06:06C'était juste la même,
- 1:06:09comme ton travail,
- 1:06:10la mise en lien.
- 1:06:12La mise en lien,
- 1:06:13la mise en contact.
- 1:06:15Tu sais que l'Italie,
- 1:06:17j'ai eu,
- 1:06:18c'est marrant,
- 1:06:19un courant de ce mois-là.
- 1:06:21J'ai eu une Italienne qui me dit « Ah,
- 1:06:22c'est dommage,
- 1:06:23on n'a pas de personnes qui rassemblent le réseau italien.
- 1:06:27On n'est pas maillé.
- 1:06:28Il y a des démarches à Venise,
- 1:06:29il y a des trucs à Rome.
- 1:06:30Il y a des trucs là,
- 1:06:31mais en fait,
- 1:06:32les gens ne se parlent pas. »
- 1:06:33J'ai eu le Portugal,
- 1:06:34parce qu'on a des membres du Portugal.
- 1:06:37« Ah,
- 1:06:37mais les gens ne se parlent pas.
- 1:06:38Ils ont peur parce qu'eux savent et ils pensent que… »
- 1:06:42Encore un peu,
- 1:06:42tu sais,
- 1:06:43la France,
- 1:06:43il y a trois ans,
- 1:06:45où quand moi,
- 1:06:46j'arrivais avec mon podcast,
- 1:06:47tu sais,
- 1:06:48les gens,
- 1:06:48ils se disaient « Attends,
- 1:06:48on ne va pas lui dire. »
- 1:06:50Non,
- 1:06:51tu sais,
- 1:06:53peur de la concurrence.
- 1:06:54Et puis peur,
- 1:06:55en fait,
- 1:06:55comme les gens ne savent pas qu'ils sont nombreux,
- 1:06:57ils pensent qu'ils sont isolés,
- 1:06:58qu'ils sont les seuls à savoir ça.
- 1:06:59On n'est jamais les seuls à penser.
- 1:07:02Exactement.
- 1:07:03Lorsqu'on pense à quelque chose,
- 1:07:05une idée,
- 1:07:05lorsqu'on pense à avoir une illumination,
- 1:07:09on est les seuls sur la planète.
- 1:07:12Tu vois,
- 1:07:12il y a trois ans,
- 1:07:13c'était ça.
- 1:07:14C'était des gens qui disaient,
- 1:07:15non,
- 1:07:15Maintenant que les gens se rendent compte,
- 1:07:17tu vois,
- 1:07:17sur le podcast,
- 1:07:17on est à maintenant...
- 1:07:18Il y a plus de 420 épisodes,
- 1:07:20il y a eu 200 experts.
- 1:07:22Tu vois,
- 1:07:22moi,
- 1:07:22de mon travail de rechercher,
- 1:07:24j'ai dépassé les 1000 personnes contactées.
- 1:07:26T'imagines,
- 1:07:27rien qu'en France,
- 1:07:27je reste sur le français.
- 1:07:29Donc,
- 1:07:29en fait,
- 1:07:30non,
- 1:07:30ne croyez pas qu'on est tout seul.
- 1:07:31Par contre,
- 1:07:32il faut qu'on parle,
- 1:07:33c'est ça.
- 1:07:33Et que chaque maillon de la chaîne,
- 1:07:35comme on vient de le retracer toutes les deux,
- 1:07:37est indispensable.
- 1:07:38Et il faut se parler pour qu'on ait des retours sur est-ce que le mélèze est intéressant ?
- 1:07:42Est-ce que l'alchimie est intéressante ?
- 1:07:44Est-ce qu'il y a de la demande ?
- 1:07:45Est-ce qu'on met en culture ?
- 1:07:46Est-ce qu'on fait avancer les choses ?
- 1:07:47Et en fait,
- 1:07:47tu vois,
- 1:07:48là,
- 1:07:48avec l'Italie,
- 1:07:48ce qu'on a fait,
- 1:07:49c'est que,
- 1:07:51pareil,
- 1:07:53on va faire un événement pour recenser les Italiens,
- 1:07:55pour,
- 1:07:56pareil,
- 1:07:56qu'ils se renseignent,
- 1:07:57qu'ils se mettent en lien,
- 1:07:58etc.
- 1:07:58Mais moi,
- 1:07:59je ne vais pas le faire pour tous les pays.
- 1:08:00Donc,
- 1:08:00on a des relais dans les pays.
- 1:08:02Donc,
- 1:08:02tu vois,
- 1:08:02j'ai quelqu'un pour l'Italie,
- 1:08:03j'ai quelqu'un pour l'Espagne,
- 1:08:05j'ai même quelqu'un pour les îles Canaries,
- 1:08:06il y en a un pour le Portugal.
- 1:08:07Et en fait,
- 1:08:08tu vois,
- 1:08:08en Suisse,
- 1:08:08je sais que j'en ai quelques-unes,
- 1:08:10mais pareil.
- 1:08:11Le retour,
- 1:08:12c'était que les gens ne se parlent pas trop,
- 1:08:15on ne sait pas trop se retrouver.
- 1:08:18Même au Canada,
- 1:08:19le Canada,
- 1:08:19c'est énorme.
- 1:08:21Il y a quelqu'un qui s'occupe d'aller répertorier toutes les personnes au Canada.
- 1:08:25Je pense que c'est ça la première clé,
- 1:08:27c'est de se mettre en réseau.
- 1:08:28Parce qu'en fait,
- 1:08:29c'est comme ça que tu as la chance.
- 1:08:30Moi,
- 1:08:30je pense que c'est la seule chance d'être à cette fois.
- 1:08:37La force,
- 1:08:39la seule force.
- 1:08:41à utiliser.
- 1:08:42Et c'est la plus grande des forces.
- 1:08:45Oui,
- 1:08:46carrément.
- 1:08:47Se rassembler,
- 1:08:48se mettre ensemble.
- 1:08:49On est plus fort nombreux,
- 1:08:52on sera plus fort.
- 1:08:53Et de toute façon,
- 1:08:55il y a bien assez de milliards de personnes sur la planète pour justement créer cette force et être source de création.
- 1:09:08Et autre chose,
- 1:09:08Audrey ?
- 1:09:10Pour parler du contexte qui nous occupe en ce moment,
- 1:09:13tu vois tout ce qui se passe avec les problématiques du pétrole,
- 1:09:15il faut rappeler quand même aux gens que 99%
- 1:09:19des colorants sont issus de pétrole,
- 1:09:22de dérivés de pétrole.
- 1:09:25Et que c'est un petit peu...
- 1:09:26Enfin,
- 1:09:27tu vois,
- 1:09:27moi,
- 1:09:27l'effervescence,
- 1:09:28le retour à l'intérêt de la couleur végétale,
- 1:09:31globalement,
- 1:09:32alors je ne vais pas dire que je le vois à trois ans parce que j'ai démarré,
- 1:09:34ça semble un peu...
- 1:09:35Mais de ce que me disent les gens...
- 1:09:36C'est aux alentours de 3 à 5 ans.
- 1:09:38Ça fait 3 à 5 ans que ça redémarre.
- 1:09:41Là,
- 1:09:41moi,
- 1:09:42je trouve que ça s'accélère par rapport aux problématiques environnementales,
- 1:09:45etc.
- 1:09:45Mais alors là,
- 1:09:46avec l'histoire de la crise du détroit d'Hormuz,
- 1:09:49etc.,
- 1:09:49où tout le monde en entend...
- 1:09:50En fait,
- 1:09:51maintenant,
- 1:09:51les gens prennent conscience que la couleur vient du pétrole,
- 1:09:55que ça va se tendre.
- 1:09:57que ce n'est pas quelque chose qui pousse dans un champ,
- 1:09:59c'est quelque chose qui est fait en laboratoire.
- 1:10:02Et en plus,
- 1:10:03cerise sur le gâteau,
- 1:10:04il y a plein de parutions scientifiques qui nous montrent que les colorants de synthèse créent des problèmes de santé et d'environnement.
- 1:10:12Donc,
- 1:10:13je ne dis pas que la couleur végétale,
- 1:10:15c'est la solution.
- 1:10:16Je dis que c'est une des solutions.
- 1:10:17Tu as parlé tout à l'heure de biotechnologie,
- 1:10:19de fermentation,
- 1:10:20etc.
- 1:10:21C'est aussi une des solutions.
- 1:10:24Les fongiques,
- 1:10:25l'algal.
- 1:10:26Tout ça,
- 1:10:26ce sont des solutions.
- 1:10:27Et franchement,
- 1:10:28si vous êtes acteur dans ce domaine-là et qu'il y en a en Suisse,
- 1:10:31n'hésitez pas à venir parce que franchement,
- 1:10:33l'objectif ici,
- 1:10:34ce n'est pas de dire la couleur végétale,
- 1:10:36c'est la solution,
- 1:10:37c'est de dire que c'est une des solutions.
- 1:10:38Mais commençons à questionner nos couleurs et on va se rendre compte qu'en fait,
- 1:10:42c'est très intéressant finalement de se plonger dans les couleurs végétales et les autres solutions de couleurs.
- 1:10:50Ce sont vraiment ces matières...
- 1:10:54La matière végétale,
- 1:10:55de manière générale,
- 1:10:56les matières biosourcées,
- 1:10:58représentent un potentiel d'indépendance.
- 1:11:03Indépendance de se libérer.
- 1:11:09Retrouver une souveraineté.
- 1:11:11Cette dépendance de matières absolument pas locales.
- 1:11:16De remettre en avant les connaissances.
- 1:11:21L'Europe a cette chance,
- 1:11:24encore ce potentiel créatif,
- 1:11:26cette liberté de pouvoir avoir une ouverture d'esprit,
- 1:11:33cette ouverture de tous les sens vers ce qui nous entoure,
- 1:11:40vers les ressources.
- 1:11:44Les ressources locales,
- 1:11:45c'est vraiment une chance.
- 1:11:49de se libérer de la dépendance d'autres.
- 1:11:52Hyper clean et on est d'accord.
- 1:11:55Bon,
- 1:11:55super Audrey.
- 1:11:56Franchement,
- 1:11:57c'est hyper intéressant.
- 1:11:57Est-ce qu'on a oublié des choses que tu voulais aborder ?
- 1:12:02Est-ce qu'on a parlé de tout ce que tu voulais nous raconter ?
- 1:12:06Je crois qu'on a fait le tour.
- 1:12:10J'espère aussi avoir cité toutes les personnes importantes,
- 1:12:12mais je crois que ça a été entre agroscope,
- 1:12:15j'ai des phyto-arcs,
- 1:12:16tu vois,
- 1:12:17les soutiens cantonaux.
- 1:12:20textiles.
- 1:12:21Voilà,
- 1:12:21ça,
- 1:12:22c'était un soutien national et cantonal.
- 1:12:27Tu as parlé de Valplante.
- 1:12:28C'était tous les petits producteurs cultivateurs locaux,
- 1:12:31mais là,
- 1:12:31c'est...
- 1:12:32Ouais,
- 1:12:32voilà.
- 1:12:33Il faut qu'ils viennent,
- 1:12:34il faut qu'ils nous rejoignent.
- 1:12:35Il faut qu'ils rejoignent le connectif parce que là,
- 1:12:37ça se bouge bien en France.
- 1:12:38Les agriculteurs sont chauds.
- 1:12:40Il y a pas mal de projets autour d'un récouvert de groupes de travail,
- 1:12:44de gens qui...
- 1:12:44Tu vois,
- 1:12:45on est passé du « je suis tout seul dans mon coin,
- 1:12:47je crois que je suis tout seul »
- 1:12:48En fait,
- 1:12:49on est plusieurs.
- 1:12:49En fait,
- 1:12:50on est nombreux et on va bosser ensemble.
- 1:12:52Et en fait,
- 1:12:53on fait gagner du temps à tout le monde.
- 1:12:54Vraiment,
- 1:12:55c'est incroyable.
- 1:12:56Donc non,
- 1:12:57vraiment,
- 1:12:57il faut rejoindre cette dynamique.
- 1:13:00Et franchement,
- 1:13:01je le salue.
- 1:13:01Je suis chauvine.
- 1:13:02Oui,
- 1:13:03je reconnais.
- 1:13:04Mais on a quand même des experts en France.
- 1:13:05T'as cité Dominique Cardon,
- 1:13:06t'as cité Sandrine Rosier.
- 1:13:08Je te reparle de Michel Garcia.
- 1:13:11On a plein de gens experts en France.
- 1:13:14En France et en Europe,
- 1:13:15finalement,
- 1:13:16parce que c'est vrai que tu as raison,
- 1:13:17ça bouge beaucoup en Europe,
- 1:13:18on ne va pas se mentir.
- 1:13:19Donc voilà,
- 1:13:20profitons d'avoir les experts,
- 1:13:21profitons d'avoir l'énergie et profitons du contexte,
- 1:13:25parce que c'est maintenant.
- 1:13:26C'est clair,
- 1:13:27c'est vraiment ça.
- 1:13:33Je crois qu'on a fait le tour.
- 1:13:34C'est super,
- 1:13:35tu m'as fait super bien l'idée.
- 1:13:38J'ai bien fait mon travail.
- 1:13:41Je te félicite pour ton travail déjà,
- 1:13:43parce que ça doit être pas tous les jours facile,
- 1:13:45et puis à le temps.
- 1:13:47Franchement,
- 1:13:48c'est passionnant,
- 1:13:49tu vois,
- 1:13:49de rencontrer des gens qui sont passionnés,
- 1:13:51et de gens qui,
- 1:13:52à chaque maillon,
- 1:13:54qui font leur part,
- 1:13:55et puis ça bouge,
- 1:13:56ça bouge de dingue.
- 1:13:58C'est ça le truc.
- 1:13:59Je voudrais vraiment te remercier.
- 1:14:00Est-ce qu'on peut résumer les bouteilles à la mer,
- 1:14:02entre guillemets,
- 1:14:03de notre épisode ?
- 1:14:04C'est le mélèze,
- 1:14:07l'alchimie,
- 1:14:08en format concentré liquide.
- 1:14:09T'aimerais bien avoir des retours,
- 1:14:10t'aimerais bien savoir si ça intéresse.
- 1:14:12Que nous,
- 1:14:13on est les acteurs suisses.
- 1:14:15Ils peuvent venir sur le haricot vert,
- 1:14:20l'annuaire,
- 1:14:20etc.,
- 1:14:21se mettre en lien dans les groupes de travail.
- 1:14:22Franchement,
- 1:14:23on sera plus forts tous ensemble,
- 1:14:24il n'y a pas de problème.
- 1:14:25Est-ce que tu as d'autres bouteilles à la mer que tu veux partager avant qu'on ne se quitte ?
- 1:14:29Moi,
- 1:14:29j'aime bien dire que croyons en nos utopies réalistes.
- 1:14:34Super bien.
- 1:14:35Ok,
- 1:14:37tu as raison,
- 1:14:38mais je pense qu'on n'est pas...
- 1:14:39n'est pas loin d'y arriver,
- 1:14:41là,
- 1:14:41vraiment.
- 1:14:42Top.
- 1:14:43Bon,
- 1:14:43écoute,
- 1:14:43Audrey,
- 1:14:44il ne me reste plus qu'à te dire merci.
- 1:14:46pour ton partage et de nous avoir fait découvrir tout ce qui se passe,
- 1:14:51tout ce champ des possibles aussi en Suisse.
- 1:14:54Un grand merci,
- 1:14:54Audrey.
- 1:14:56Merci pour votre écoute.
- 1:14:57Pour soutenir La Couleur Végétale,
- 1:14:59abonnez-vous au podcast Aréco Vert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose.
- 1:15:09Ça soutient vraiment le podcast.
- 1:15:11Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin,
- 1:15:14vous pouvez rejoindre
- 1:15:15la plateforme Patreon ou la communauté ArtEcoVert à vie.
- 1:15:20Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale,
- 1:15:26me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux,
- 1:15:31on se retrouve sur artecovert.kit.com Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant