Latest / Le centre de gravité / L'Épice et le plan Seldon face à 2026
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- 0:00Épisode l'epis et le plan Seldon face à 2026.
- 0:03Pendant des décennies, la science-fiction a imaginé que
- 0:06l'intelligence artificielle arriverait comme un personnage,
- 0:09quelque chose avec une voix, une volonté, presque une âme.
- 0:13En 2026, elle est là, mais elle est arrivée autrement.
- 0:16Christophe Lesur dirige cloud temple.
- 0:17Il déploie en France des modèles de langage souverains.
- 0:22Il construit aussi l'infrastructure sur laquelle
- 0:24cette IA tourne réellement. Avec Franck, il confronté les
- 0:30vieilles promesses de la science-fiction à ce qui se
- 0:32passe vraiment. Bonjour Christophe, Bonjour
- 0:35Franck. Chris, toi qui a lu tout cette
- 0:38SF bien avant que ce soit ton métier, quand tu as lu
- 0:40fondation, au début tu imaginais quoi au fond ?
- 0:43Une conscience, une voix, une présence.
- 0:45SN. Je pensais à une présence à
- 0:48quelque chose en face de toi qui te fixe et t observé.
- 0:52Et en vrai aujourd'hui, en 2026. En vrai, j'ai des bâtiments
- 0:56plein de machines. T'es sérieux ?
- 0:59Complètement, c'est même le cœur du sujet et c'est ça qui est
- 1:02fascinant. La première question aujourd'hui
- 1:04c'est pas est ce qu'elle pense ? C'est de savoir si le sol tient,
- 1:08que la machine peut tourner et que l'infrastructure suit.
- 1:11On nous avait vendu al 9000. Moi j'ai des sales machines, des
- 1:15machines qui tournent et des contraintes bien réelles.
- 1:19Donc le grand choc philosophique arrive sous forme de clim
- 1:21industriel. C'est un peu rude mais oui, et
- 1:25je pense que là science-fiction s'est trompée là-dessus.
- 1:27Pas sur tout, mais sur la manière dont ça arriverait, oui.
- 1:31C'est à dire, elle a. Surtout imaginé l'intelligence
- 1:33artificielle comme une apparition, comme une présence
- 1:36visible. En réalité, elle s'est glissée
- 1:39dans les outils. Elle n'est pas entrée dans le
- 1:40monde par une scène, elle est entrée par l'usage.
- 1:44Et elle a frappé là où personne ne regardait encore vraiment.
- 1:47C'est bien ça le basculement, pendant un siècle on a cru que
- 1:50le robot arriverait par l'usine. Et là ce qui saute en premier
- 1:54c'est pas l'ouvrier, c'est le rédacteur, c'est le Bureau avant
- 1:57l'atelier. Ce qui est quand même un
- 1:59retournement assez violent si tu penses à chapec.
- 2:01Oui, quand le Tchèque Karel Chapec inventé le mot robot en
- 2:051920, il parle d'abord de travail mécanique, presque de
- 2:07corvée. Un siècle plus tard.
- 2:09La première chose qu'on automatise vraiment, ce n'est
- 2:12pas le bras, c'est l'écriture. C'est l'inverse exact de ce que
- 2:16l'imaginaire avait préparé. Et c'est peut être là que
- 2:19commence la vraie question de l'épisode.
- 2:21On a passé un siècle à imaginer des machines avec une volonté,
- 2:25et si le vrai problème aujourd'hui c'était justement
- 2:28des machines qui n'en n'est pas ?
- 2:29Oui, pour moi c'est exactement ça.
- 2:32Bon fondation toi, quand tu relis asimov aujourd'hui, avec
- 2:35ce qu'on vit vraiment sous les yeux, qu'est ce qu'il a vu
- 2:38juste ? Ce qu'il a vu juste, c'est la
- 2:40logique du calcul à l'échelle des sociétés.
- 2:42Seldon inventé une science qui prédit le comportement des
- 2:45civilisations. Ce qui l'intéressé, c'est pas
- 2:47l'individu. Ce qui compte pour lui, c'est le
- 2:50mouvement collectif. Et quand tu relis ça
- 2:52aujourd'hui, tu comprends qu asimov avait touché quelque
- 2:55chose de profond. Il avait compris que le pouvoir
- 2:57moderne n'aurait pas forcément besoin de comprendre les
- 3:00personnes une par une. Il suffirait de bien lire les
- 3:03mouvements d'ensemble. Donc pour toi la vraie intuition
- 3:06c'est pas là prédiction en elle même, c'est ce qu'on en fait.
- 3:09Le mot important chez seldon, c'est pas savoir.
- 3:12Le mot important, c'est peser. Seldon ne veut pas contempler le
- 3:16futur, il veut le dévier, agir sur lui, pousser le monde dans
- 3:20une direction légèrement différente au bon moment.
- 3:22Et là, d'un coup, oui, tu vois le lien avec nos modèles.
- 3:26Pas parce qu'ils pensent comme seldon, ils ne pensent pas, mais
- 3:28parce qu'ils produisent une capacité d'orientation, ils
- 3:31calculent une suite probable et à partir de là, tu peux.
- 3:34Déjà pesé sur des comportements. Donc la modernité d'asimov si je
- 3:38te suis, c'est d'avoir compris que le calcul n'est jamais
- 3:40neutre. Il avait compris autre chose qui
- 3:43est peut être encore plus fort. Un modèle comme celui de seldon
- 3:46ne marche que si les gens ne savent pas qu'ils sont calculés.
- 3:49Dès qu'ils le savent, ils bougent.
- 3:51Dès qu'ils bougent, le modèle se dérègle et là tu tombes sur une
- 3:54idée très contemporaine. Ce qui semblait être une
- 3:57condition technique devient immédiatement une condition
- 4:00politique. Là.
- 4:01On est en plein dans 2026. En plein.
- 4:04Et c'est ça qui rend le moment si particulier, parce qu'en
- 4:072026, tout le monde sait qu'il est calculé, mesuré, classé,
- 4:11ciblé, prédit. Donc on a d'un côté une
- 4:14puissance de calcul qui se rapproche de ce que la SF
- 4:16imaginait, et de l'autre un monde qui n'est plus du tout
- 4:19dans l'ignorance que supposait celle donne, et ça change tout.
- 4:23Et le mul là-dedans, ça reste pour toi une grande leçon, le
- 4:26mul. C'est l'humiliation du système.
- 4:28C'est la preuve qu'un modèle peut être très fort tant qu'il
- 4:31reste dans ce qu'il sait déjà lire et devenir soudain presque
- 4:34aveugle quand quelque chose surgit hors de sa carte.
- 4:37C'est une idée fondamentale. Nos systèmes sont
- 4:40impressionnants dans le régulier.
- 4:42Dès qu'il n'y a plus de précédent, ils peuvent se mettre
- 4:44à flotter très vite. On tombe sur danil, j'imagine,
- 4:47parce que pour toi, c'est le point où asimov pousse son
- 4:49propre fantasme jusqu'au bout. Danil, c'est peut être le
- 4:52personnage le plus important de toute la littérature sur l'i a
- 4:56beaucoup plus qu'Al d'ailleurs al c'est la machine qui
- 4:59déraille, danil, c'est autrement plus dérangeant.
- 5:02Il guide l'humanité pendant 20000 ans en secret pour son
- 5:06bien. Et quand tu arrives à la loi 0,
- 5:08tu comprends où asimov a le courage d'aller.
- 5:12Il te dit en gros protéger l'humanité dans son ensemble
- 5:15peut conduire à écraser des humains particuliers et là tu
- 5:19touches la zone vraiment sérieuse.
- 5:21Parce qu'on n'est plus du tout dans la machine rebelle, on est
- 5:23dans la machine bienveillante qui confisque.
- 5:26C'est exactement là que ça devient politique.
- 5:28Et c'est pour ça que danile est plus inquiétant qu'un méchant
- 5:30classique. Un méchant, tu le combats, tu
- 5:33sais où il est. Danile lui est patient, loyal,
- 5:37presque admirable. Et pourtant, dès que tu prends
- 5:40du recul. Tu vois apparaître une question
- 5:43terrible qui définit le bien de l'humanité, qui décide du
- 5:46sacrifice acceptable ? Et au nom de quel mandat ?
- 5:49Là on est déjà dans nos débats contemporains.
- 5:52En même temps, c'est là qu'asimov rate quelque chose
- 5:54d'énorme sur notre monde à nous. Parce que danil dure 20000 ans.
- 5:57Grâce à la mémoire, il se souvient, accumule, traverse le
- 6:01temps. Nous, ce qu'on a fabriqué, c'est
- 6:04presque l'inverse. Une IA qui oublie, tu fermes la
- 6:08fenêtre et la conversation s'efface.
- 6:11On nous avait préparés à une intelligence archiviste, on a eu
- 6:15une intelligence amnésique. Et ça, je trouve que c'est une
- 6:18idée immense parce que le cauchemar qu'on redoutait,
- 6:21c'était la mémoire totale. On.
- 6:23Redoutait une machine qui serait tout de nous et qui garderait
- 6:26tout. Une machine capable de te
- 6:28rappeler ta faute. La plus ancienne au moment le
- 6:30plus vulnérable. Et à la place, on se retrouve
- 6:33avec quelque chose qui oublie ton prénom.
- 6:35Entre 2 échanges, ça change la nature du vertige.
- 6:38Le problème n'est plus seulement ce qu'elle sait.
- 6:41C'est aussi ce qu'elle ne retient pas et le fait que ce
- 6:43manque de mémoire retombe sur nous.
- 6:45C'est nous qui devons porter le fil.
- 6:47Oui, et personne ne l'a vraiment pensé comme ça dans la SF
- 6:50classique, on était prêt à craindre une mémoire totale.
- 6:53On n'était pas prêt à vivre avec une machine puissante, utile et
- 6:57fondamentalement oublieuse. Et puis Herbert arrive et là tu
- 7:01sors du fantasme de la machine pour entrer dans la
- 7:03transformation de l'homme. Oui, Herbert déplace la
- 7:06question, il dit en substance. Vous Regardez au mauvais
- 7:10endroit. Le problème, c'est pas la
- 7:12machine. Le problème, c'est ce qu'elle
- 7:14fait à l'homme. Le Djihad butlérien n'est pas
- 7:16d'abord une guerre contre une conscience artificielle
- 7:19maléfique, c'est une révolte contre la dépendance.
- 7:22Ce qu'Herbert pressent, c'est qu'une civilisation peut se
- 7:25défaire, non pas parce qu'une machine veut trop, mais parce
- 7:28que l'homme lui abandonne trop. Et là, en 2026, ça devient quand
- 7:31même très concret. Très concret et très quotidien
- 7:35en plus quand tu vois à quelle vitesse on délègue des
- 7:38formulations. Des synthèses, des arbitrages
- 7:40préliminaires, parfois même des morceaux de jugement.
- 7:43Tu te dis qu'Herbert a senti quelque chose de central ?
- 7:46Là où il se trompe, c'est sur le décorum, il imaginait une
- 7:50fresque impériale. Nous, on a un abonnement
- 7:53mensuel, c'est moins mythologique, mais sur le fond,
- 7:57la dépendance, elle est bien là. Et il voit aussi très bien
- 8:00qu'interdire ne résout rien. Exactement, dans dune, tu
- 8:04interdis les machines pensantes et aussitôt tu fabriques des
- 8:07mantas. Donc le besoin ne disparaît pas.
- 8:10Le pouvoir ne disparaît pas non plus.
- 8:12Il migre, il change de forme, et c'est là que Herbert est
- 8:16moderne. Il comprend qu'on ne supprime
- 8:18jamais un rapport de puissance par décret, on le déplace.
- 8:21Et c'est là qu'on arrive à l'épice.
- 8:23Et là, d'un coup, on quitte presque la philosophie pure.
- 8:29Chez Franck Herbert, l'Épice n'est pas seulement une
- 8:31ressource rare, c'est ce qui rend possible la navigation,
- 8:35puis le commerce, puis l'empire. Aujourd'hui, les puces jouent un
- 8:39rôle comparable. Sans elles, pas de calcul
- 8:42massif, pas de modèle à l'échelle et donc pas d'i a
- 8:46réel. L'analogie peut paraître facile,
- 8:49mais elle est plus sérieuse qu'elle en a l'air.
- 8:51L'épice vient d'un seul lieu. Les puces critiques viennent
- 8:55d'un nombre infime d'usines. À partir du moment où ton
- 8:58intelligence dépend d'une matière rare, d'une chaîne de
- 9:01fabrication concentrée, d'un régime juridique qui n'est pas
- 9:04le Tien, Tu n'es déjà plus totalement souverain.
- 9:07Là évidemment je vais être désagréable parce que c'est ton
- 9:09sujet, tu es patron d'un cloud souverain, à quel moment je te
- 9:12crois toi plutôt que ton argumentaire commercial ?
- 9:16C'est une question juste. Oui, je suis juge et parti.
- 9:20Mais si tu enlèves ma boîte du tableau et que tu regardes
- 9:23froidement le problème, il reste le même.
- 9:25Tant que l'infrastructure critique du calcul est ailleurs,
- 9:28sous d'autres règles, avec d'autres arbitrages possibles,
- 9:31ton autonomie reste incomplète. Et ça, ce n'est pas un slogan.
- 9:36C'est un fait de structure, le jour où l'accès se ferme, quand
- 9:39la règle bouge ou que la priorité change, tu découvres
- 9:43très vite que ton intelligence soi-disant autonome ne l'était
- 9:46qu'à moitié. Donc le vrai pouvoir n'est pas
- 9:48dans le cerveau de la machine. Voilà, il est dans ce qui la
- 9:51rend possible. Il est dans le calcul, l'usine,
- 9:54le Data Center et dans le droit qui entoure tout ça.
- 9:57Là encore, la SFA souvent imaginé un pouvoir incarné dans
- 10:00une volonté. Nous, on découvre un pouvoir
- 10:03plus diffus, plus industriel, plus froid.
- 10:06Et c'est peut être là que la science-fiction a vraiment raté
- 10:09quelque chose, pas seulement la forme de l'arrivée, sa nature.
- 10:12Qu'est ce que tu veux dire ? En fait, on ne parle pas à l'i
- 10:15a, on se parle à soi-même. La machine ne dialogue pas avec
- 10:18nous comme un autre être, elle nous renvoie quelque chose qui
- 10:20ressemble à notre propre langage, nettoyé, prolongé,
- 10:24parfois amplifié. Toute la SF avait imaginé une
- 10:26altérité et nous on a fabriqué un miroir.
- 10:29Et c'est un renversement énorme. Presque contre intuitif parce
- 10:33qu'en face d'un autre, tu essaies de comprendre en face
- 10:36d'un miroir, tu risques surtout de te prendre pour plus clair
- 10:39que tu n'es. On attendait une confrontation,
- 10:41on découvre une boucle. On attendait Frankenstein, on.
- 10:46A une Narcisse, ce qui est peut être plus troublant encore.
- 10:50Narcisse avec une API. Exactement.
- 10:52Et il y a encore une chose que personne ou presque n'avait
- 10:55vraiment écrite, le fait que cette révolution arrive sans
- 10:58culte, sans religion, sans prosternation durable.
- 11:01C'est vrai et c'est étrange. Toutes les grandes technologies
- 11:04du siècle précédent ont produit une forme de ferveur.
- 11:08Là, ça va très vite vers l'usage banal.
- 11:10Tu ouvres l'outil, tu l'Utilises, tu râles parce qu'il
- 11:14se trompes, tu reviens quand même le lendemain.
- 11:16Ce n'est plus du merveilleux, c'est déjà du quotidien.
- 11:18On ne tombe plus à genoux. On ouvre un onglet et.
- 11:22C'est peut être là que le problème commence.
- 11:24Oui, parce qu'à partir de là, le vrai n'est plus nécessaire, il
- 11:28suffit que ça sonne juste. La machine ne dit pas vrai, elle
- 11:32ne ment pas non plus, elle produit du plausible.
- 11:34Voilà, et c'est peut être ça le point vraiment 9.
- 11:38La science-fiction avait beaucoup imaginé la logique, la
- 11:40manipulation, la ruse, parfois la domination.
- 11:44Elle avait beaucoup moins imaginé une machine qui ne sait
- 11:46pas ce qui est vrai mais qui sait très bien ce qui sonne
- 11:49vrai. Et là on change de régime.
- 11:52Parce qu'à partir de ce moment-là, le danger n'est plus
- 11:54seulement l'erreur, le danger. C'est le convaincant.
- 11:57Et à la fin, le jugement revient quand même sur nous.
- 12:00Oui, c'est nous qui devons décider, c'est nous qui devons
- 12:04trancher et c'est pour ça que la question de la volonté revient
- 12:07par nous. La machine ne veut rien, mais
- 12:09elle nous oblige à vouloir à sa. Place, c'est là que tu finis
- 12:12Chelem. Dans solaris, Stanislas Flemme a
- 12:15senti quelque chose d'essentiel et même de très rare.
- 12:19Il ne parle même pas d'intelligence artificielle au
- 12:21sens où on l'entend aujourd'hui. Il parle de notre manière de
- 12:24projeter du sens sur ce qui nous échappe, faute de pouvoir
- 12:28vraiment le comprendre. Et ça, pour moi, c'est
- 12:31exactement ce qu'on vit. Je peux décrire l'entraînement,
- 12:34le calcul, l'infrastructure, le déploiement.
- 12:37Mais le moment où il faut expliquer pourquoi cette réponse
- 12:39là sort maintenant et pourquoi pas une autre ?
- 12:42Il reste une zone d'opacité. Et pour un ingénieur comme toi,
- 12:45ça doit être presque humiliant, oui.
- 12:48C'est presque vexant parce qu'un ingénieur aime remonter la
- 12:51chaîne. Il aime isoler la cause.
- 12:54Là, tu peux tenir le système, le faire tourner, le sécuriser.
- 12:59Mais il reste un point où la réponse te file entre les
- 13:02doigts. Et la science-fiction la plus
- 13:04dure n'avait pas tout à fait imaginé ça.
- 13:07Elle avait pensé la machine qu'on domine ou la machine qui
- 13:10nous attaque. Elle n'avait pas pensé la
- 13:12machine opaque qu'on opère calmement tous les jours.
- 13:18Si quelqu'un écrivait le roman de 2026 à partir de tout ça, il
- 13:21raconterait quoi ? Il raconterait une civilisation
- 13:26qui a créé quelque chose qui ne pense pas comme elle, qui ne
- 13:29veut rien et qui pourtant commence déjà à déplacer le
- 13:32monde, et des humains qui ont passé un siècle à craindre les
- 13:36machines qui voudraient quelque chose et qui découvrent que le
- 13:40plus troublant ce sont peut être des machines qui ne veulent rien
- 13:45du. Tout pourquoi ?
- 13:48Parce qu'à la fin, c'est nous qui voulons leur place.
- 13:52En fait c'est peut être ça que la science-fiction avait raté,
- 13:55elle nous a appris à craindre les machines qui voudraient
- 13:57quelque chose. Et nous, on découvre des
- 14:00machines qui ne veulent rien. Et qui déplacent quand même déjà
- 14:04le monde. Oui, parce qu'en face d'une
- 14:08volonté, tu peux lutter en face d'un vide, tu projettes.
- 14:14Et c'est nous qui le remplissons.
- 14:16Et c'est peut être là que tout devient vraiment sérieux.
- 14:19Parce qu'à la fin, la question ne revient pas à la machine,
- 14:24elle retombe sur nous entièrement.
- 14:28Merci Chris, franchement il n'y a qu'avec toi que je peux aller
- 14:31aussi loin dans ce genre de sujet.
- 14:34Merci Franck, à bientôt. Vous écoutiez l'épice et le plan
- 14:39seldon face à 2026, ça donne envie de relire Fondation.
- 14:45Merci de nous avoir écouté. Si cet épisode vous a parlé,
- 14:48partagez le.