Latest / À propos / « En vrai » : Sarah, voyager en tant que femme seule en Amérique latine
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- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre quotidien.
- 0:08Bonjour, c'est Sarah,
- 0:09j'ai 28
- 0:10ans, j'ai voyagé pendant un an et demi
- 0:12en Amérique latine et en vrai,
- 0:14je pense que c'est le plus beau cadeau que j'ai pu me faire.
- 0:24Vous écoutez en vrai le podcast du journal Le Soir,
- 0:28dans lequel les 18 30 racontent une tranche de vie ou une expérience qui les
- 0:32a changés.
- 0:33Épisode après épisode,
- 0:35ils brossent un portrait de leur génération et de la société.
- 0:38Cet épisode a été réalisé par moi
- 0:41lors de 8.
- 0:49Je m'appelle Sarah,
- 0:51j'ai 28 ans,
- 0:52je suis namuroise,
- 0:53je sais
- 0:54pas si je suis namuroise ou bruxelloise.
- 0:55D'ailleurs, ça fait 10 ans que je vis ici à Bruxelles.
- 0:58Je suis venue parler de mon voyage
- 1:00d'un an
- 1:00et demi
- 1:01en backpack,
- 1:02seule en Amérique latine.
- 1:04En fait,
- 1:04c'est un voyage que j'ai toujours eu envie de faire.
- 1:08Enfin, toujours.
- 1:09Ça a commencé quand j'avais 16 ans,
- 1:10je pense.
- 1:11Puis tu es vite dans un tunnel,
- 1:14études, et cetera,.
- 1:16et t'as l'impression que.
- 1:17Toutes les choses
- 1:18vont s'enchaîner,
- 1:18que tu vas jamais faire de pause et que tu vas jamais réaliser ton rêve.
- 1:21Je travaillais
- 1:23dans une ASBL,
- 1:24mon contrat allait se terminer et
- 1:26je me suis dit OK,
- 1:27c'est maintenant
- 1:28ou jamais parce que sinon je vais continuer dans ce
- 1:30tunnel, je vais avoir 50 ans et je vais je vais le regretter.
- 1:33Je suis partie,
- 1:34j'avais 26 ans,
- 1:35j'étais une personne pas sûre de moi qui avait envie de découvrir un
- 1:40autre monde,
- 1:40pas uniquement en terme de
- 1:42paysage ou de culture,
- 1:43sinon de moi même aussi.
- 1:46Je suis partie de Bruxelles vers Santiago
- 1:48de Chili.
- 1:49Je devais partir si moi je m'étais plus ou moins dit ça.
- 1:52Et puis
- 1:53ça se passe bien,
- 1:54je prolonge,
- 1:55ça se passe pas bien,
- 1:56je reviens.
- 1:58En fait,
- 1:58y a rien non plus qui me
- 1:59qui m'arrête.
- 2:01Je suis partie en janvier 2024 et
- 2:03je suis revenue en
- 2:04avril 2025,
- 2:05donc 15 mois plus ou moins.
- 2:07Je suis arrivée à Santiago en
- 2:10janvier. J'étais super stressée.
- 2:12J'avais quelques bases
- 2:14en espagnol,
- 2:15mais pas de quoi
- 2:16me faire des amis.
- 2:18J'avais la chance d'avoir une
- 2:20connaissance d'un de mes parents
- 2:22qui vivait à Santiago,
- 2:24donc au
- 2:24moins j'arrivais pas en terre inconnue totale.
- 2:27Et donc ils m'ont,
- 2:28ils m'ont accueillie chez
- 2:29eux. Ça a été très difficile,
- 2:31en fait,
- 2:31de me mettre à voyager seule réellement.
- 2:33C'est dur de
- 2:35prendre distance avec les on dit et notamment des personnes qui ont jamais voyagé.
- 2:39T'es une femme seule,
- 2:41tu parles pas bien la langue,
- 2:42fais attention,
- 2:43fais attention,
- 2:43fais attention.
- 2:44J'étais en vigilance tout le temps,
- 2:46je j'avais un peu peur en fait.
- 2:49Mais pas
- 2:50vraiment à raison.
- 2:51Et donc j'ai un peu mis du temps avant de sortir de cette maison,
- 2:55d'aller dans la ville toute seule,
- 2:57de commencer en fait vraiment en tant que
- 2:59tel le voyage et de sortir quelque part
- 3:01de sa zone de confort.
- 3:02Et puis à un moment,
- 3:02c'est bon,
- 3:03j'ai j'avais passé le cap,
- 3:05j'avais fait un petit,
- 3:06je m'étais donné
- 3:07mon petit itinéraire à faire en 2
- 3:09semaines, vu que
- 3:11donc au Chili,
- 3:11je savais que
- 3:134 semaines après,
- 3:14je rejoignais une amie en au Brésil qui me recevait.
- 3:17C'est une amie brésilienne.
- 3:18donc. Au début,
- 3:19en fait,
- 3:19quand j'ai commencé mon voyage,
- 3:20j'avais un ou deux points de chute
- 3:23qui me rassuraient.
- 3:24J'ai senti ensuite,
- 3:25à partir du moment où mon voyage a
- 3:28commencé à devenir mon quotidien.
- 3:30Je prenais l'habitude d'écrire dans un carnet de voyage,
- 3:33d'enregistrer des sons,
- 3:34de dessiner,
- 3:35pouvoir apprécier vraiment un moment seul sans
- 3:38avoir besoin de mettre de
- 3:39la musique,
- 3:39sans avoir même
- 3:41parfois besoin de le dessiner,
- 3:43d'écrire, juste de
- 3:44rester en contemplation totale.
- 3:47Ça m'est arrivé après
- 3:49cinq mois de voyage.
- 3:50En fait,
- 3:50il y a un moment précis qui m'a vraiment marqué.
- 3:53Au lac Titicaca,
- 3:54il y a une île qui s'appelle Isla del Sol,
- 3:56qui est
- 3:57du côté bolivien.
- 3:58Et en fait,
- 3:58c'était c'était vraiment magnifique.
- 4:00Il y
- 4:01avait cette étendue d'eau qui paraissait la mer et qui
- 4:04avait l'impression que ça se confondait avec le ciel.
- 4:06Et je suis restée là
- 4:08vraiment des
- 4:08heures. En fait,
- 4:09en réalité,
- 4:10j'en sais rien,
- 4:10j'ai pas regardé l'heure,
- 4:11j'avais pas d'intention derrière en fait,
- 4:13et je pense que c'est
- 4:15la première fois,
- 4:16peut être même une des
- 4:17les seules fois de ma vie où ça m'est arrivée.
- 4:19Et là,
- 4:19je me suis dit waouh,
- 4:20il y a un changement.
- 4:21À ce moment-là,
- 4:22j'avais une réelle paix intérieure.
- 4:31C'est un peu un melting pot le tour que j'ai fait,
- 4:33c'est à dire que j'ai commencé à Centellago.
- 4:35Je suis restée
- 4:36rien moins d'un mois.
- 4:37Je suis partie au Brésil.
- 4:39Ensuite, je suis allée au Pérou,
- 4:41en Colombie.
- 4:41Là, je suis vraiment restée longtemps.
- 4:43Puis j'ai décidé de retourner au Pérou pour faire un projet
- 4:47de la gastronomie péruvienne en reportage.
- 4:49Puis je suis retournée
- 4:51au Brésil,
- 4:52je suis descendue
- 4:53en Uruguay.
- 4:54J'ai terminé par la Patagonie
- 4:56entre l'Argentine et le Chili avant de revenir en Belgique.
- 5:05Ça va paraître
- 5:06vraiment très bateau,
- 5:08c'est vrai.
- 5:08Je pense que c'est ça aussi qui fait la richesse du voyage,
- 5:11c'est la rencontre avec
- 5:13d'autres personnes.
- 5:14J'allais parfois loger chez l'habitant,
- 5:16j'allais, j'ai fait des
- 5:18j'ai fait des volontariats où j'ai travaillé
- 5:21comme aide-ménagère,
- 5:22j'ai travaillé comme baby-sitter,
- 5:24j'ai travaillé comme
- 5:25à la récolte du café,
- 5:27puis j'ai travaillé aussi
- 5:29dans une organisation.
- 5:31À la frontière
- 5:32Venezuela Colombie
- 5:34de soutien
- 5:35aux caminantes,
- 5:36qui sont donc les migrants vénézuéliens.
- 5:38C'est aussi et surtout en ça que ça a été riche.
- 5:40En fait,
- 5:41dans la maison où on me recevait,
- 5:43il y avait une personne qui aidait à l'entretien de la maison.
- 5:46Elle s'appelle Ruth.
- 5:47J'ai noué un lien très particulier avec Ruth,
- 5:50malgré la barrière de la langue
- 5:52et malgré aussi un âge qui est complètement différent.
- 5:55Elle m'a fait comprendre que l'espagnol pouvait ne
- 5:57pas être une barrière.
- 5:58Juste avant de revenir en Belgique,
- 5:59je suis repassée par cette fameuse maison
- 6:02dans laquelle j'étais arrivée et donc c'est comme si la boucle se bouclait.
- 6:11Il y a quand même quelque chose qu'il faut savoir,
- 6:13c'est que
- 6:13honnêtement, il
- 6:14y a quand même énormément d'endroits en Amérique latine dans lesquels je
- 6:18me suis sentie plus en sécurité qu'à Paris ou à Bruxelles.
- 6:21Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas être prudent.
- 6:23Oui, tu as un peu des règles quelque part à suivre.
- 6:27Tu as une petite pochette secrète que tu mets
- 6:29à l'intérieur de ton pantalon ou ton short
- 6:32et où tu mets
- 6:33ta carte bancaire et ton téléphone.
- 6:35Quand tu dois aller regarder
- 6:36ton chemin,
- 6:37tu vas dans une pharmacie ou dans un lieu sûr.
- 6:40Il ne faut pas être complètement paranoïaque.
- 6:42Ce qui veut pas dire que j'ai pas vécu des moments qui
- 6:45ont pu
- 6:46être un peu dangereux
- 6:47dans certains endroits spécifiques,
- 6:49notamment au Brésil.
- 6:51En Colombie aussi,
- 6:52on dit que vaut mieux pas trop sortir quand
- 6:55le soleil commençait à se coucher.
- 6:57Et donc
- 6:58c'est vrai que à un moment,
- 7:00à 18h00,
- 7:00le soleil commençait à se coucher.
- 7:02Et j'étais dans la rue,
- 7:04j'étais seule
- 7:05et j'ai vu 2 personnes
- 7:06qui me regardaient fixement,
- 7:09où en fait,
- 7:09elles étaient en chaîne et
- 7:11elles se sifflaient
- 7:12en me regardant.
- 7:13Donc j'ai compris que
- 7:14il valait mieux
- 7:15que je me
- 7:16tire de là.
- 7:17Voilà, je suis partie,
- 7:18il ne m'est rien arrivé.
- 7:19Ce qui a été le plus compliqué,
- 7:21honnêtement, et à nouveau,
- 7:22je pense que c'est systémique.
- 7:23Je le
- 7:24mets pas sur
- 7:25loin de l'Amérique latine,
- 7:28ça a été les hommes parce qu'il y avait vraiment des
- 7:30endroits où les
- 7:30hommes étaient super lourds.
- 7:31Il y a eu vraiment des jours où j'ai
- 7:33pas eu envie de sortir plusieurs jours parce que
- 7:36je pouvais plus croiser d'hommes,
- 7:38parce que c'était impossible de marcher dans la rue sans se faire siffler,
- 7:41mais à outrance.
- 7:42Parfois, tu as aussi cette barrière de la langue où
- 7:44en fait justement tu sais pas comment répondre à ça.
- 7:51En fait,
- 7:51si bien que je me suis
- 7:53lancée dans l'aventure et que j'avais mis un pas
- 7:57dans le voyage
- 7:58et j'ai compris que
- 7:59c'était pas si
- 8:01dangereux que ce que
- 8:02mes proches
- 8:03voulaient bien
- 8:04me dire ou me faire croire.
- 8:06J'ai vite pris goût et j'étais là "Mais
- 8:08pourquoi je suis pas partie plus tôt
- 8:09?" Un
- 8:09autre moment qui est plus
- 8:11social, c'est au moment où j'ai réussi à
- 8:15avoir un
- 8:16réel lien
- 8:17d'amitié avec
- 8:18des personnes qui parlent espagnol.
- 8:20Et à ce moment-là,
- 8:21je me suis dit "Ah ok,
- 8:22t'as atteint un
- 8:23autre level."
- 8:24Je me suis vraiment dit ces personnes-là,
- 8:25si on vivait dans la même ville,
- 8:27ce serait.
- 8:27mes meilleurs
- 8:28amis. L'Amérique latine,
- 8:31c'est aussi un
- 8:32endroit qui est vraiment marqué par
- 8:35les conquêtes,
- 8:36la colonisation,
- 8:37etc. Comment est-ce que le néocolonialisme aussi se traduit encore ?
- 8:42En Colombie,
- 8:42il y avait dans
- 8:43un hostel,
- 8:44il y avait une phrase qui était écrite sur un tableau,
- 8:46il était écrit "Tourism is the new
- 8:48colonialism" et ça m'a vachement fait réfléchir.
- 8:51Parce que du coup,
- 8:52comment est-ce que tu participes ou comment est-ce que tu participes pas ?
- 8:55Et c'est vrai que tu le vois à certains endroits,
- 8:58au Pérou,
- 8:58dans la vallée sacrée,
- 8:59etc. où t'as en fait,
- 9:01t'as des
- 9:01endroits qui sont
- 9:02totalement faits par des Occidentaux,
- 9:05pour les
- 9:05Occidentaux, en reprenant des codes
- 9:07de la vallée sacrée avec des codes incas où on
- 9:11va te proposer des rites ayahuasca et du yoga
- 9:14à des prix exorbitants.
- 9:16Pareil en Colombie,
- 9:17où t'as des endroits où on va te proposer des surf camps,
- 9:21etc. Et en fait c'est
- 9:23assez hallucinant.
- 9:24Je m'étais levée super tôt ce matin-là pour aller voir
- 9:27un lever de soleil.
- 9:28Et en fait tu vois
- 9:29des locaux
- 9:31qui se réveillent pour aller nettoyer la ville et le centre de
- 9:34la ville qui est un village en fait qui est
- 9:36à nouveau fait par et pour des Occidentaux.
- 9:38Donc oui tu vas avoir une
- 9:40boulangerie où on te vend
- 9:41des croissants alors que les croissants ça se trouve pas vraiment
- 9:44en Colombie
- 9:45où c'est pas local.
- 9:47Mais en fait
- 9:47eux ils vivent aux alentours donc ils sont là pour nettoyer le
- 9:50centre et si bien que les touristes
- 9:51ils se réveillent,
- 9:52ils ne sont plus là.
- 9:53Et donc
- 9:53il y a aussi une invisibilisation.
- 9:55Il y a beaucoup de gentrification.
- 9:57Ces Occidentaux qui ouvrent leur propre hostel en
- 10:00se disant "Ah mais c'est génial de vivre
- 10:01ici, c'est paradisiaque,
- 10:04etc. Mais de
- 10:04facto t'as plus de sous,
- 10:06donc tu
- 10:06sais attirer une clientèle qui est occidentale parce que t'es occidentale,
- 10:10tu sais faire un
- 10:11autre type
- 10:11de communication
- 10:13et ça a un
- 10:14énorme impact.
- 10:15Mais ça,
- 10:15je ne m'en rendais pas compte avant d'être partie.
- 10:21Il y a un moment qui m'a particulièrement marquée,
- 10:25c'était en Patagonie.
- 10:26Dans ce voyage tout est un peu nouveau.
- 10:28En fait tu as l'impression que
- 10:31tu vas jamais voir des choses plus belles et
- 10:32puis chaque jour tu vois des choses plus belles.
- 10:34Quand tu es arrivée justement par exemple à Santiago,
- 10:37je voyais
- 10:38ces montagnes.
- 10:39En fait tu arrives déjà rien qu'à l'aéroport et tu vois ces
- 10:41énormes montagnes.
- 10:42Et donc déjà rien que ce premier jour j'étais fascinée.
- 10:46J'ai terminé mon voyage avec la Patagonie.
- 10:47On a terminé un endroit qui s'appelle
- 10:50Calafate, qui est un énorme glacier très au sud
- 10:53de l'Argentine.
- 10:55Et c'était,
- 10:56je sais pas les mots justement,
- 10:57je suis restée là inerte,
- 11:00j'ai pas parlé.
- 11:01T'as cette
- 11:02immense étendue de glace,
- 11:04t'as vraiment l'impression d'être à la fin,
- 11:06à la fin du monde,
- 11:07vraiment littéralement.
- 11:08Et c'était marquant parce que y avait beaucoup de déflagration.
- 11:11Enfin, la glace se
- 11:13fondait, donc t'entendait des gros
- 11:15boum. Et au début,
- 11:17je pensais que c'était des bruits de
- 11:20des enfin de l'orage quoi,
- 11:21qui arrivait
- 11:22jusqu'à ce que je comprenne que c'était la glace qui était en train de fondre.
- 11:26Et je me
- 11:26suis mise à pleurer.
- 11:27Et ce sentiment,
- 11:28il m'a jamais vraiment
- 11:30quittée parce que j'arrive toujours pas à savoir si je
- 11:33pleurais pour cette glace qui fondait
- 11:35et pour
- 11:36aussi réfléchir à l'impact que t'as sur cette glace qui fond.
- 11:39En l'occurrence,
- 11:40en plus de ça,
- 11:40moi qui suis à l'autre bout du monde
- 11:42aussi. Et en même temps,
- 11:44c'est sublime quoi.
- 11:45C'est fou,
- 11:46c'est vraiment dingue.
- 11:47Je pense que cet endroit m'a particulièrement marquée et je crois que
- 11:52même en parlant maintenant,
- 11:53je ressens presque
- 11:55la même émotion qui me traversait à ce moment-là.
- 12:04Je pense que j'avais besoin d'aller pousser mes limites.
- 12:08Je pense que c'est ça aussi ce voyage,
- 12:10c'est vraiment savoir jusqu'où tu peux aller,
- 12:12comprendre que
- 12:13t'es capable,
- 12:15se faire confiance,
- 12:16gérer l'inconnu,
- 12:17gérer ton logement
- 12:19et l'inconfort aussi.
- 12:21J'avais décidé de partir sac au dos avec
- 12:24un budget qui était pas énorme,
- 12:25donc ça nécessitait de se
- 12:27dire que je dormais.
- 12:28En auberge de jeunesse.
- 12:29Enfin voilà,
- 12:30dans certaines conditions finalement,
- 12:32c'était aussi se dire que je repoussais tout le temps mes limites.
- 12:35Ça veut pas dire que je suis rentrée parce que je me suis dit OK,
- 12:37ça va,
- 12:38je suis une personne parfaite et déjà ce serait très prétentieux de ma part.
- 12:41Mais c'est surtout déjà y avait un point de vue financier.
- 12:44Je pense que j'avais besoin de retrouver un foyer
- 12:46parce que c'est pas toujours le lieu.
- 12:48physique en foyer,
- 12:49mais c'est parfois aussi un besoin de se poser,
- 12:51de retrouver ses
- 12:52affaires. Et donc j'avais besoin d'une certaine forme de stabilité
- 12:55que j'ai pas eue pendant un an
- 12:57et demi et qui a été géniale et qui a à nouveau été un choix.
- 13:00Mais où là,
- 13:01je me suis dit OK,
- 13:02là, j'ai besoin de me poser,
- 13:03j'ai besoin de
- 13:04faire des choses avec ce que j'ai appris,
- 13:06ce que j'ai compris.
- 13:13En fait,
- 13:14c'est un peu drôle parce que
- 13:15il y a une hâte de rentrer,
- 13:18parce que tu as pas vu tes proches pendant un
- 13:20an et demi et
- 13:21tu as
- 13:22envie de les retrouver,
- 13:23de les serrer dans les bras,
- 13:24et cetera.
- 13:25Et puis
- 13:26tu as cette grande tristesse
- 13:28de quitter quelque part quelque chose que tu as
- 13:30profondément aimé
- 13:32et qui est pas tellement
- 13:33un lieu,
- 13:33sinon une expérience réelle,
- 13:35et presque une personne que
- 13:37j'étais aussi
- 13:38et qui m'a.
- 13:39Que à moi,
- 13:40cette peur aussi de retomber dans certains travers quelque part que
- 13:43j'avais avant ou de retomber sur cette entre guillemets ancienne Sarah.
- 13:46Puis c'est vrai que on s'imagine quand on
- 13:49rentre que tout va s'aligner directement.
- 13:51J'avais pas de travail,
- 13:52donc voilà que voilà,
- 13:53on va trouver facilement un travail.
- 13:55que. Tout le monde va t'attendre les bras ouverts et que quelque part,
- 14:00la vie elle a été mise sur pause pour
- 14:02tout le monde parce que tout le monde t'attend.
- 14:03C'est évidemment
- 14:05pas le cas et c'est logique.
- 14:07Et heureusement pour les
- 14:08gens, les choses seraient très tournées vers moi si
- 14:11ça avait été le cas.
- 14:12Et en l'occurrence,
- 14:13je suis revenue,
- 14:14j'ai j'étais très contente de revoir mes proches,
- 14:17mais il
- 14:18y a des relations qui ont changé.
- 14:20J'avais pas de travail et avec la conjoncture actuelle,
- 14:23ça a été très difficile de trouver un travail.
- 14:25J'avais plus de logement.
- 14:26Donc j'ai dû trouver aussi un logement.
- 14:28Donc en fait,
- 14:29je suis rentrée dans un endroit où j'avais j'avais pas de foyer.
- 14:32J'avais l'impression que il y avait
- 14:34tout qui me repoussait
- 14:36en dehors de la Belgique,
- 14:37comme si la Belgique voulait pas de moi.
- 14:39Et donc ça a été assez violent.
- 14:41Honnêtement, ici,
- 14:42ça fait 9 mois aujourd'hui que je suis
- 14:45revenue plus ou moins.
- 14:46Je pense que ça fait 3 4 semaines que j'ai
- 14:49l'impression d'être réellement rentrée parce que là j'ai un travail,
- 14:52j'ai un un
- 14:53foyer, enfin j'ai
- 14:54un appart,
- 14:55il y a vraiment une dépression.
- 14:57post voyage qui s'est
- 14:59installée. Je crois que le fait
- 15:01d'être éloignée m'a aidée ou m'aide
- 15:04à vivre les choses
- 15:05pour moi.
- 15:06Et donc en rentrant quelque part,
- 15:08c'est vrai que j'ai pu retomber dans certains,
- 15:10entre guillemets,
- 15:11travers, dans le sens où
- 15:13je connais tout le monde ici.
- 15:15Et donc le regard,
- 15:16il est plus vite porté sur moi,
- 15:17pas comme si j'étais le centre du monde,
- 15:19mais parce que quand je vois des proches,
- 15:20etc., on va
- 15:22poser des questions.
- 15:24Et donc j'ai l'impression de
- 15:25comptes à rendre beaucoup plus
- 15:26importante que quand j'étais là-bas toute seule,
- 15:28ce qui me permettait finalement de faire plus de choses parce que
- 15:31je j'avais envie de le faire,
- 15:33donc je le faisais et donc j'avais moins de blocages.
- 15:35Néanmoins, je pense que j'ai beaucoup plus confiance en moi,
- 15:38que j'ai vraiment
- 15:39pris en
- 15:40autonomie et en résilience et en
- 15:43acceptation. Je pense que ça m'a aidé de pas tout le temps être dans l'anticipation
- 15:47et dans le stress du futur.
- 15:49Ça m'a aidé aussi à beaucoup plus suivre mon
- 15:52instinct. Il faut vivre des
- 15:57choses avec soi-même parce qu'on est les seules
- 15:59personnes avec qui on vivra toute notre vie.
- 16:01Il faut se créer nos propres souvenirs qui
- 16:03nous rendent fiers et qui nous font grandir.
- 16:06Ça ne veut pas dire qu'il faut partir à l'autre bout du monde pour ça.
- 16:09En l'occurrence,
- 16:09moi ça a été mon cas
- 16:11et ça aurait pu être autre chose.
- 16:12Mais je sais que je suis une autre personne,
- 16:13enfin en tout cas
- 16:15que j'ai grandi
- 16:16durant ce voyage.
- 16:22Si vous aussi vous voulez raconter une tranche de
- 16:25vie ou une expérience qui vous a changé,
- 16:27si par exemple vous avez repris des études après avoir terminé médecine
- 16:31ou vous avez enfin osé dire non pour la première fois,
- 16:35envoyez-nous un message ou une note vocale par WhatsApp
- 16:38au 0477784158.
- 16:43Le lien est dans la description de cet épisode.
- 16:46À bientôt.