Latest / Chroniques étranges - Histoires d'Horreur & Mystères / 5 enfants, un incendie, aucun corps retrouvé : Affaire Sodder [MYSTERE]
Transcript
- 0:03Chronique d'une image, une photo, une histoire, un mystère.
- 0:11Pendant près de 40 ans, au bord d'une route de Virginie
- 0:14occidentale, les automobilistes pouvaient voir les visages de 5
- 0:18enfants. 5 photos en noir et blanc alignées sur un grand
- 0:22panneau au bord de la route 16. Avec en dessous une question,
- 0:26qu'est ce qui leur est arrivé ? C'est cette image que vous voyez
- 0:29en couverture de ce podcast et aujourd'hui, je vous raconte en
- 0:33détail leur histoire. Parce que ce n'est pas juste une
- 0:35histoire d'enfants disparus, c'est bien plus que ça.
- 0:39L'épisode d'aujourd'hui sera sans doute long, voire peut être
- 0:43le plus long chronique d'une image de la chaîne, mais
- 0:45l'histoire est trop fascinante pour vous la résumer en 10 Min.
- 0:49Et vous allez le voir, chaque détail aura son importance.
- 0:53Bienvenue donc chronique d'une image.
- 0:59On est le 24 décembre 1945 à Fayetteville, en Virginie
- 1:04occidentale. Fayetteville, c'est le genre de
- 1:07petite ville où tout le monde se connaît, où les nouvelles
- 1:10circulent plus vite que le courrier et où la nuit tombe
- 1:12plutôt en hiver. Ce soir-là, la neige recouvre
- 1:15les toits, les routes sont calmes et dans la grande maison
- 1:19en bois des saudeurs, au bord de la route 16, c'est agité.
- 1:23Et pour cause, Georges et génie sauder.
- 1:26Vivent ici avec 9 de leurs 10 enfants.
- 1:30Le 10e, Joe, 21 ans, vient tout juste d'être démobilisé de
- 1:34l'armée et n'est pas encore rentré.
- 1:35C'est une famille nombreuse, bruyante et soudée, connue dans
- 1:40le quartier. Et ce soir-là, comme dans toutes
- 1:43les familles avec des enfants, c'est le chaos joyeux de la
- 1:46veille de Noël. Marion, la fille aînée, 17 ans,
- 1:49est rentrée de son travail au magasin en centre ville avec des
- 1:52cadeaux qu'elle a acheté elle même pour ses petites sœurs,
- 1:54Martha. Jenny et Betty, les gamines ont
- 1:58ouvert les jouets immédiatement et depuis, personne ne veut
- 2:01aller dormir. La mère, Jenny finit par céder.
- 2:06Les enfants peuvent rester debout encore un peu, mais elle
- 2:09pose une condition à Maurice, 14 ans, et à Louis, 9 ans, avant de
- 2:13monter se coucher, ils doivent aller fermer le poulailler et
- 2:16nourrir les bâches. Et oui, on est en 1945 dans une
- 2:19famille de 10. Vers 22h30, Jenny prend la
- 2:21petite Sylvia dans ses bras, qui a 2 ans.
- 2:25Et montent se coucher. Georges et les 2 aînés, John, 23
- 2:29ans, et Georges Junior, 16 ans, dorment déjà, épuisés par une
- 2:34journée de boulot dans l'entreprise de transport de
- 2:36charbon de la famille. En bas, les 5 plus jeunes sont
- 2:39encore debout. Marion s'est endormie sur le
- 2:42canapé du salon et la maison, petit à petit, finit par se
- 2:46taire. Il est un peu plus de 00h00
- 2:53quand le téléphone réveille Jenny.
- 2:56Elle descend dans le couloir et décroche.
- 3:00Au bout du fil, elle entend une voix de femme qu'elle ne
- 3:03reconnaît pas. La femme demande à parler à
- 3:05quelqu'un dont Jenny n'a jamais entendu le nom.
- 3:08En arrière-plan, elle entend du monde, des rires et des vers qui
- 3:11s'entrechoquent comme une fête. Je n'y réponds que la femme
- 3:15s'est trompée de numéro et celle-ci éclate de rire.
- 3:19Un rire bizarre, presque moqueur, dira t elle plus tard.
- 3:22Puis elle raccroche. C'est un appel a priori étrange,
- 3:26mais elle ne s'inquiète pas vraiment.
- 3:28Un appel au mauvais numéro un soir de réveillon, ça peut
- 3:31arriver, mais vous allez le voir, ce n'est pas la seule
- 3:34chose étrange et inattendue qui va se passer ce soir-là.
- 3:38En remontant, elle jette un œil au rez-de-chaussée et plusieurs
- 3:41choses la font tiquer. Les Lumières sont encore
- 3:44allumées, les rideaux n'ont pas été tirés et la porte d'entrée
- 3:47n'est pas verrouillée. Marion dort sur le canapé, mais
- 3:50des 5 plus jeunes, il n'y a aucune trace en bas.
- 3:53Eugénie se dit qu'ils ont dû monter, se coucher sans éteindre
- 3:55derrière eux. Comme d'habitude.
- 3:58Elle coupe les Lumières, ferme les rideaux, verrouille la porte
- 4:01et retourne dans sa chambre. Quelques minutes passent et puis
- 4:06elle entend un bruit. Quelque chose a frappé le toit,
- 4:10un choc sec suivi d'un roulement, comme une espèce de
- 4:13balle en caoutchouc qu'on aurait lancé là-haut et qui roule le
- 4:16long de la pente avant de tomber au sol avec un bruit sourd.
- 4:20Sur le moment, elle ne se lève pas.
- 4:22Ce n'est pas suffisamment alarmant pour sortir du lit en
- 4:25pleine nuit de Noël. Ce n'est qu'après coup, bien
- 4:28après, que ce bruit prendra un tout autre sens.
- 4:33Il est environ 1 h du matin quand Jenny ouvre les yeux pour
- 4:36la 3e fois. Cette fois, c'est ni le
- 4:39téléphone ni un bruit sur le toit qui l'attire de son
- 4:42sommeil. C'est l'odeur, une odeur de
- 4:46fumée qui s'infiltre jusque dans la Chambre.
- 4:49Elle se lève, elle descend. Et elle voit que le bureau de
- 4:52Georges au rez-de-chaussée est en feu.
- 4:55Les flammes embrassent déjà les murs autour du boîtier
- 4:58électrique et de la ligne téléphonique.
- 5:00Le Bureau est adjacent au salon et à la cuisine et le feu
- 5:03commence à s'étendre. Jenny réveille Georges, il
- 5:06bondit, ils crient tous les 2 et ils appellent leurs enfants.
- 5:10Marion se réveille en sursaut. Sur le canapé, John et George
- 5:13Junior dévalent de l'étage par leur chambre, les cheveux à
- 5:16moitié roussi par la chaleur. Au passage, Jenny attrape
- 5:19Sylvia. 6 personnes sortent de la maison et c'est dehors, dans
- 5:23le froid, pieds nus dans la neige.
- 5:24En regardant autour d'eux et en comptant les visages qu'ils
- 5:27comprennent, Maurice, Martin, Louis, Jenny et Betty ne sont
- 5:32pas là. Georges, le père, ne réfléchit
- 5:35pas. Il fait demi-tour, il rentre
- 5:37dans la maison par la porte et il essaie de monter l'escalier
- 5:39vers l'étage, là où se trouvent les chambres des enfants.
- 5:42Mais l'escalier est déjà pris par les flammes.
- 5:45Le feu est monté trop vite et il ne peut pas passer.
- 5:48Il ressort immédiatement, il brise une fenêtre du
- 5:51rez-de-chaussée à mains nues et il essaie de se hisser à
- 5:54l'intérieur pour trouver un autre accès.
- 5:56Il s'arrache la peau de l'avant, bras sur le verre en passant,
- 5:59mais à l'intérieur, c'est déjà trop tard.
- 6:01La fumée a tout envahi, le feu coupe chaque passage et il n'y a
- 6:05plus de chemin vers l'étage. Alors il pense à l'échelle.
- 6:09Il la laisse toujours appuyée contre le mur extérieur de la
- 6:12maison, justement pour pouvoir accéder aux fenêtres du premier
- 6:15étage. Il fait alors le tour en
- 6:17courant. L'échelle n'est plus là, elle
- 6:20n'est pas tombée, elle n'est pas au sol, le long du mur, elle a
- 6:23disparu. Georges continue de tourner
- 6:26autour de la maison, il hurle les prénoms de ses enfants vers
- 6:29les fenêtres de l'étage. Dehors, Jenny fait la même
- 6:33chose, Marion aussi, tout le monde crie, aucune réponse ne
- 6:37vient de là-haut, aucune silhouette n'apparaît aux
- 6:40fenêtres. Et ça, c'est un détail que
- 6:42Marion relèvera plus tard. Elle n'a jamais vu un seul de
- 6:45ses frères et sœurs se montrer à une fenêtre cette nuit-là.
- 6:48Elle n'a rien entendu venir de l'étage et elle n'a jamais senti
- 6:51cette odeur que l'on associe à un corps en train de brûler.
- 6:55Georges pense alors au camion. Il en a 2 garés juste à côté de
- 6:59la maison. Son idée, c'est d'en approcher
- 7:01un contre la façade, de grimper sur la cabine et d'atteindre les
- 7:05fenêtres de l'étage par là. Il saute alors dans le premier
- 7:08camion et il tourne la clé. Le moteur ne répond pas, tant
- 7:13pis, il court vers le 2e. Même chose, le moteur ne démarre
- 7:23pas. Les 2 camions fonctionnaient
- 7:25pourtant parfaitement la veille. Georges essaie alors de
- 7:29récupérer de l'eau dans un baril de pluie posé dans la Cour, au
- 7:32moins pour gagner quelques secondes et ralentir les flammes
- 7:35sur un côté. Mais l'eau est gelée.
- 7:38Pendant ce temps, Marion court chez le voisin le plus proche
- 7:41pour appeler les pompiers. Elle décroche le téléphone et
- 7:44essaie de joindre un opérateur. Personne ne lui répond.
- 7:48Un autre voisin qui a vu les flammes depuis sa fenêtre,
- 7:51essaie d'appeler depuis une taverne du coin, mais lui non
- 7:54plus n'obtient aucune réponse. Finalement, quelqu'un du coin
- 7:57décide de prendre sa voiture et de rouler jusqu'en ville pour
- 8:00aller chercher le chef des pompiers en personne.
- 8:03Il s'appelle FJ Maurice Maurice lance le système d'alerte de
- 8:08Fayad ville, un Phone tri, une chaîne d'appel, c'est à dire
- 8:12qu'un pompier appelle le suivant qui appelle le suivant, et
- 8:14cetera. Parce qu'à l'époque.
- 8:16La caserne de Fayette ville n'a même pas de sirène et les
- 8:19pompiers sont tous des volontaires et il YA1 problème
- 8:22supplémentaire dont on ne parle pas souvent.
- 8:25Alors c'est un comble. Mais Maurice lui même, le chef
- 8:28des pompiers ne sait pas conduire le camion de pompiers,
- 8:32du moins c'est ce qu'il donnera comme explication.
- 8:34Je tiens à préciser que c'est ce qu'il a déclaré lui même dans
- 8:37toutes les sources que j'ai pu trouver, même Wikipédia, mais en
- 8:40aucun cas c'est un fait avéré. Il doit donc attendre qu'un
- 8:44pompier qui sait le conduire soit disponible.
- 8:49Les minutes passent, le feu gagne tout l'étage, le toit
- 8:53s'effondre, les fenêtres disparaissent derrière les
- 8:55flammes et la famille sauder est toujours là, dehors, dans la
- 9:00neige, à regarder leur maison se Consumer en hurlant.
- 9:03Des prénoms qui n'obtiennent aucune réponse.
- 9:07Les pompiers de Fayette ville arrivent à 08h00 du matin, 7 H
- 9:11après l'alerte. Pour une caserne à à peine 4 km.
- 9:16Quand ils arrivent, il n'y a plus de maison.
- 9:18Il n'y a plus qu'un tas de cendres fumantes sur un champ de
- 9:21neige blanche. Je vous laisse imaginer le
- 9:24supplice de la famille contraint d'attendre 7 h, spectateurs d'un
- 9:28incendie qui ravage leur foyer et tue leurs enfants.
- 9:32Du moins, c'est ce qu'ils pensaient à ce moment-là.
- 9:36Le matin de Noël, les pompiers fouillent les décombres.
- 9:40On retrouve des restes de meubles, de la tôle, des
- 9:42appareils ménagers déformés par la chaleur, des pièces de
- 9:45monnaie fondue et un dictionnaire à moitié calciné.
- 9:48Des objets du quotidien que le feu n'a pas complètement
- 9:50détruit. Mais il n'y a aucune trace des 5
- 9:53enfants. Je veux dire, vraiment aucune.
- 10:00Le chef des pompiers, Maurice, donne sa version qui est la
- 10:03suivante, le feu aurait été tellement intense qu'il aurait
- 10:06réduit leur corps en cendres. Intégralement et sur le moment,
- 10:11Georges et Jenny n'ont pas les moyens de contester quoi que ce
- 10:13soit. Ils viennent de passer la pire
- 10:15nuit de leur vie. Ils sont debout depuis 07h00
- 10:18dans le froid, couverts de suie, et Georges saigne encore du
- 10:22bras, alors ils encaissent ce qu'on leur dit.
- 10:26Le 30 décembre 1945, 5 certificats de décès sont
- 10:31établis. La cause officielle est, je
- 10:33cite, feu et suffocation dans la case lieu d'inhumation.
- 10:38C'est l'adresse de la maison qui est inscrite.
- 10:40La date de l'enterrement, le 27 décembre.
- 10:43Sauf qu'il n'y a pas eu d'enterrement parce qu'il n'y a
- 10:46pas eu de corps à enterrer. Et quelques jours plus tard,
- 10:50submergé par le chagrin, Georges fait venir un bulldozer.
- 10:54Il recouvre les ruines avec 1m50 de terre et transforme
- 10:58l'emplacement de la maison en jardin mémorial pour ses 5
- 11:01enfants disparus. Jenny y plantera des fleurs
- 11:04qu'elle entretiendra jusqu'à la fin de sa vie.
- 11:08Sur le papier, l'affaire est close.
- 11:10En réalité, c'est là qu'elle commence.
- 11:14Mais avant d'aller plus loin, il faut que je vous raconte qui
- 11:18sont les sauts d'air et surtout ce qui s'est passé dans les
- 11:21semaines avant cette nuit de Noël.
- 11:23Parce que c'est là que les choses deviennent vraiment
- 11:26étranges. laissez-moi remonter encore le temps 50 ans en
- 11:33arrière car ça a son importance. George Soder est né en 1895 sur
- 11:39l'île de Sardaigne, en Italie. En 1908, à 13 ans à peine, il
- 11:44monte sur un bateau pour l'Amérique avec un de ses frères
- 11:46aîné. Ils arrivent à Ellis Island, le
- 11:51point d'entrée de tous les immigrés à New York.
- 11:54Et là, je ne pourrai pas vous donner plus de détails sur le
- 11:56sujet. Mais le frère fait demi-tour, il
- 11:59rentre en Italie et Georges, 13 ans, se retrouve seul aux
- 12:03États-Unis. Ce gosse va se construire à la
- 12:06force du poignet. Il commence par travailler sur
- 12:09les chantiers de chemin de fer en Pennsylvanie.
- 12:11Il porte de l'eau et des matériaux pour les ouvriers,
- 12:14puis il finit par s'installer en Virginie occidentale.
- 12:17Il devient d'abord chauffeur, puis il monte sa propre boîte de
- 12:20transport, d'abord de terre et de gravats pour les chantiers,
- 12:23puis de charbon et de fret. Un jour, il entre dans un
- 12:27magasin qui s'appelle le Music Box et il rencontre la fille des
- 12:30propriétaires, une certaine Jenny cipriani.
- 12:34Elle aussi arrivée d'Italie quand elle était toute petite.
- 12:37Ils se marient, ils s'installent à fayetteville et entre 1923 et
- 12:411943, ils ont 10 enfants. Georges devient un notable
- 12:46local. On le décrit comme l'une des
- 12:49familles de la classe moyenne les plus respectées du coin.
- 12:52Mais Georges a un défaut, si on peut appeler ça un défaut, il
- 12:55dit ce qu'il pense et il le dit fort, il ne recule devant
- 12:58personne. Et en particulier, il ne cache
- 13:01pas qu'il déteste Benito Mussolini, le dictateur fasciste
- 13:06italien. Sauf que dans la communauté
- 13:08italienne de fayetteville, tout le monde n'est pas du même avis.
- 13:12Le sujet est brûlant, surtout pendant la guerre.
- 13:15Mussolini n'est renversé qu'en 1943 et exécuté en 1945.
- 13:20Les débats sont violents, les engueulades fréquentent et
- 13:23Georges se fait des ennemis sans forcément s'en rendre compte.
- 13:27Et c'est là que les premiers signaux d'alerte apparaissent.
- 13:36Quelques semaines avant Noël, 109451 vendeur d'assurance vie
- 13:40passe chez les soder pour leur proposer un produit.
- 13:45Georges refuse. Alors le vendeur s'énerve.
- 13:49Et d'après ce que la famille racontera plus tard aux
- 13:52enquêteurs, il lâche cette phrase, et je cite, ta putain de
- 13:55baraque va partir en fumée et tes enfants seront détruits.
- 13:59Tu vas payer pour les saloperies que tu racontes sur Mussolini,
- 14:02Georges, sur le moment, il ne prend pas la menace au sérieux,
- 14:06c'est une engueulade comme il en a déjà eu d'autres.
- 14:09À peu près à la même période, un autre homme se présente à la
- 14:12maison, il dit qu'il cherche du boulot comme transporteur.
- 14:15Georges n'a rien à lui proposer, mais l'homme au lieu de
- 14:18repartir. Fait le tour de la maison, va
- 14:21jusqu'à l'arrière, s'arrête devant le boîtier électrique et
- 14:24dit à Georges, comme ça, sans qu'on ne lui ait rien demandé,
- 14:27ça va provoquer un incendie un jour, ça.
- 14:30Georges trouve la remarque bizarre.
- 14:32Le réseau électrique venait d'être vérifié par la compagnie
- 14:35d'électricité quand ils avaient installé une nouvelle cuisinière
- 14:38et tout avait été déclaré conforme.
- 14:41Mais ils laissent couler. Et puis, dans les derniers jours
- 14:43avant Noël, les fils aînés de Georges commencent à remarquer
- 14:47quelque chose. Une voiture inconnue est garée
- 14:50le long de la route principale avec des gens à l'intérieur, et
- 14:54il semble observer les plus jeunes enfants sodèrent quand
- 14:57ils reviennent de l'école. Donc si on résume, voiture
- 15:01inconnue inconnue, qui surveille les enfants ?
- 15:03Menace explicite, commentaires suspects sur les boîtiers
- 15:07électriques pris individuellement.
- 15:09Chacun de ces éléments peuvent passer pour un hasard, un
- 15:12malentendu ou une coïncidence. Mais quand on les met bout à
- 15:16bout en sachant ce qui va suivre.
- 15:18Le tableau change complètement de couleur dans les semaines qui
- 15:25suivent l'incendie. La version officielle est assez
- 15:28simple, un défaut électrique dans le bureau de Georges a
- 15:30provoqué le feu. Les 5 enfants sont morts dans
- 15:33l'incendie. Leurs corps ont été consumés par
- 15:35les flammes. Fin de l'histoire sauf que
- 15:37Georges hégénie, une fois le choc passé, commence à tirer les
- 15:41fils et chaque fil qu'il tire fait apparaître une nouvelle
- 15:44incohérence. D'abord, l'histoire du défaut
- 15:47électrique ne tient pas debout. Georges le sait parce que le
- 15:50réseau avait été refait récemment et déclaré conforme,
- 15:53mais il YA1. Élément encore plus parlant, les
- 15:56guirlandes de Noël étaient encore allumées quand le feu
- 15:58s'est déclaré. souvenez-vous, Jenny les a vus en descendant.
- 16:02Si le départ de feu venait d'un court circuit sur le réseau
- 16:05électrique, le courant aurait sauté et les guirlandes se
- 16:09seraient éteintes. Or, elles fonctionnaient encore.
- 16:12Ensuite, déterminée, génie commence à se renseigner sur la
- 16:15crémation, elle contacte un crématorium et elle pose des
- 16:19questions pour comparer ce qu'elle apprend la choque.
- 16:23Mais vous c'est peut être un élément qui a dû vous faire
- 16:25tiquer précédemment, dans un four crématoire professionnel
- 16:29conçu pour ça, il faut 2 h à plus de 1000° pour réduire un
- 16:34corps et même après il reste toujours des fragments d'os, des
- 16:38dents ou des morceaux reconnaissables.
- 16:41La maison des soder a brûlé en 45 Min environ.
- 16:44C'était un feu de maison de bois, pas un four industriel.
- 16:48Et dans les décombres, on a retrouvé des appareils ménagers,
- 16:51de la vaisselle, un dictionnaire et des pièces de monnaie.
- 16:53Comment est-il possible que le feu ait détruit 5 corps humains
- 16:57intégralement, sans laisser un seul os, un seul crâne ou une
- 17:02seule dent, mais qu'il est épargné ?
- 17:03Un dictionnaire en papier génie ira même jusqu'à faire ses
- 17:08propres expériences. Elle brûle des os d'animaux dans
- 17:11un feu de bois ouvert, aussi chaud qu'elle peut le faire.
- 17:15Les os ne disparaissent jamais. Et puis il y a tout ce qui
- 17:19entoure. Cette nuit-là, la ligne
- 17:21téléphonique, on s'en souvient, ne fonctionnait plus.
- 17:23Comme Marion a voulu appeler les secours pendant un temps, tout
- 17:27le monde a supposé qu'elle avait brûlé dans l'incendie.
- 17:29Mais un réparateur téléphonique va constater quelque chose de
- 17:32différent, la ligne n'avait pas fondu, elle avait été coupée,
- 17:36sectionnée proprement. Et là, ça change tout parce
- 17:41qu'un téléphone qui grille dans un incendie, c'est normal.
- 17:44Une ligne coupée avant l'incendie, ça s'appelle de la
- 17:47préméditation. D'autant qu'un détail encore
- 17:49plus trouble va remonter à la surface.
- 17:52Un homme avouera plus tard avoir effectivement coupé les lignes
- 17:55téléphoniques des sauts d'air cette nuit-là, pendant qu'il se
- 17:58trouvait dans un bâtiment annexe de la propriété en train de
- 18:02voler un palan mécanique. Est ce qu'il a aussi déclenché
- 18:05le feu pour créer une diversion ?
- 18:07Est ce qu'il faisait partie de quelque chose de plus large ?
- 18:10Personne n'a jamais pu le déterminer et l'homme n'a jamais
- 18:14été poursuivi pour incendie criminel.
- 18:17L'échelle que le père cherchait partout pour monter à l'étage.
- 18:21Elle sera retrouvée plus tard en contrebas de la propriété, jetée
- 18:26dans un talus, à une vingtaine de mètres de la maison.
- 18:29Ce qui veut clairement dire que quelqu'un l'avait déplacé
- 18:32volontairement. Et puis il y a ce bruit que
- 18:35Jenny a entendu sur le toit. Juste avant le feu, ce choc dont
- 18:38je vous ai parlé, suivi d'un roulement plus tard, Sylvia, la
- 18:43petite dernière, retrouvera dans le jardin un objet Sphérique en
- 18:46caoutchouc dur Georges l'examinera et conclura qu'il
- 18:49s'agit d'un engin incendiaire artisanal, une sorte de bombe au
- 18:54napalm. Un chauffeur de bus local
- 18:56déclarera lui aussi avoir vu cette nuit-là des je cite boule
- 19:01de feu lancée en direction de la Maison des sautères.
- 19:06Bon, avec tout ça, Georges Eugénie font appel à un
- 19:09détective privé. Il s'appelle Sissy Tinsley, il
- 19:13vient d'une ville voisine, et ce que tinsley va mettre au jour,
- 19:16c'est le genre de chose qui donne des frissons.
- 19:19Vous vous souvenez du vendeur d'assurance, celui qui avait
- 19:22menacé Georges en lui disant que sa maison partirait en fumée et
- 19:25que ses enfants seraient détruits à cause de ses
- 19:27critiques contre Mussolini ? Tinsley découvre que cet homme
- 19:31faisait partie du jury du coroner.
- 19:35Le jury qui a conclu que l'incendie était accidentel,
- 19:39donc l'homme qui a proféré une menace explicite contre la
- 19:42famille quelques semaines avant le drame, siégeait dans le jury
- 19:46chargé de déterminer la cause du feu.
- 19:49Et ce n'est pas tout. Tinsley apprend que ce même
- 19:52individu avait été employé par Georges auparavant, qu'il avait
- 19:56cosigné l'assurance habitation de la famille et qu'il avait
- 19:59augmenté le montant de la couverture peu avant le feu de
- 20:031500. À 1750$ sans que Georges Jenny
- 20:06en ait été informé, n'y ait donné leur accord.
- 20:09Et puis stevensley tombe sur autre chose, une rumeur qui
- 20:12circule en ville au sujet du chef des pompiers, FJ Maurice.
- 20:16Officiellement, Maurice avait déclaré au Soder qu'aucun reste
- 20:19humain n'avait été retrouvé dans les cendres.
- 20:21Mais en coulisses, il racontait une toute autre histoire.
- 20:24Il avait confié à un pasteur local qu'il avait trouvé un
- 20:28organe humain dans les décombres.
- 20:32Un cœur, disait il et qu'il l'avait caché dans une boîte de
- 20:36dynamite avant de l'enterrer sur le site.
- 20:38Il y aurait donc possiblement réellement des restes humains.
- 20:42Georges Etinsley confronte Maurice.
- 20:45Le chef des pompiers accepte de les mener à l'endroit où il dit
- 20:48avoir enterré la boîte. Alors il creuse, il la sorte et
- 20:52il la porte directement chez le directeur des pompes funèbres de
- 20:55fayatville. Le pompe funèbre ouvre la boîte,
- 20:58examine le contenu et donne son verdict.
- 21:01Ce n'est pas un corps humain, c'est un foie de bœuf frais qui
- 21:05n'a jamais été exposé au feu. Et le pire, c'est la suite.
- 21:09Parce que des rumeurs vont remonter selon lesquelles
- 21:12Maurice aurait admis avoir enterré ce foie de bœuf lui
- 21:15même. En espérant que la découverte de
- 21:18restes humains pousserait les soder à accepter la mort de
- 21:21leurs enfants et à lâcher l'affaire.
- 21:24Quand j'ai lu ça dans un article en préparant cet épisode, j'ai
- 21:27dû le relire 3 fois. Le chef des pompiers d'une ville
- 21:30enterre un foie de bœuf dans les cendres d'un incendie en le
- 21:33faisant passer pour un organe humain pour convaincre une
- 21:36famille de ne plus poser de questions sur la mort de ses
- 21:39propres enfants. Et personne n'est inquiété.
- 21:42Alors je sais ça commence à faire beaucoup mais figurez-vous
- 21:45que ce n'est pas la seule chose qu'ils vont retrouver sous les
- 21:48décombres en 109494 ans. Après l'incendie, Georges décide
- 21:57de reprendre les fouilles. Cette fois, il fait les choses
- 22:01sérieusement. Il fait venir un pathologiste de
- 22:04Washington, un certain Oscar B Hunter, pour superviser une
- 22:09excavation en profondeur du terrain.
- 22:11L'équipe fouille méticuleusement.
- 22:13On retrouve encore des objets du quotidien, des pièces de monnaie
- 22:16endommagées et le dictionnaire qui avait appartenu aux enfants
- 22:19et quelques fragments osseux des vertèbres.
- 22:23Plus précisément, Hunter envoie alors les os à la smithsonian
- 22:27institution, l'un des plus grands centres scientifiques des
- 22:30États-Unis. Le rapport qui revient va
- 22:33soulever plus de questions qu'il n'en résout.
- 22:35Les fragments sont 4 vertèbres lombaires et elles appartiennent
- 22:39à un seul individu dont l'âge au moment de la mort est estimé
- 22:43entre 16 et 22 ans. Or, le plus âgé des 5 enfants
- 22:47disparus, Maurice, n'avait que 14 ans la nuit de l'incendie.
- 22:52Les os ne correspondent pas, mais ce n'est pas ça le plus
- 22:55troublant. Ce qui va marquer les sauts
- 22:57d'air et tous ceux qui s'intéresseront à cette affaire.
- 23:00C'est une phrase du rapport du Smithsonian, les vertèbres ne
- 23:04présentent aucune trace d'exposition au feu et le
- 23:07scientifique précise qu'il trouve très étrange que seules 4
- 23:11vertèbres aient été retrouvées. Si 5 enfants avaient réellement
- 23:14péri dans cette maison avec un feu de cette durée, écrit il, on
- 23:18devrait retrouver des squelettes entiers, pas 4 os isolés.
- 23:23Sa conclusion est la suivante, les vertèbres proviennent très
- 23:26bablement de la terre que Georges avait fait apporter en
- 23:291946. Pour couvrir les ruines, et de
- 23:32fait, le détective tinsley confirmera plus tard que les
- 23:36fragments semblaient provenir d'un cimetière voisin à Mont
- 23:39Hope, sans que personne ne puisse expliquer comment ils
- 23:42avaient atterri dans le remblai. Autrement dit, même en creusant
- 23:46leur propre terrain pendant des jours, les saudeurs ne trouvent
- 23:50aucune preuve que leurs enfants sont morts là.
- 23:53L'affaire remonte jusqu'à la capitale de l'État.
- 23:56Le Parlement de Virginie occidentale organise 2 auditions
- 24:00en 1950 et le résultat est à la hauteur de tout le reste de
- 24:03cette histoire. Le gouverneur est le chef de la
- 24:06police d'État, déclare le dossier je cite sans espoir et
- 24:11il ferme l'enquête. La famille avait aussi écrit au
- 24:15FBI. Le directeur en personne a
- 24:18répondu au courrier de Georges, mais le bureau a refusé de
- 24:21prendre l'affaire. Mais les sauder n'abandonnent
- 24:26pas, ils ne ferment rien. Vous l'aurez compris, ils sont
- 24:30déterminés à découvrir la vérité.
- 24:33En 1952, Georges et Jenny font installer un grand panneau
- 24:35publicitaire le long de la route 16 sur le site même de
- 24:39laurencienne maison. Dessus, les photos des 5
- 24:41enfants, un résumé de l'incendie et une récompense. 5000$, puis
- 24:4510000 pour toute information qui permettrait de les retrouver.
- 24:53Ce panneau devient presque une légende dans la région.
- 24:56Les automobilistes ralentissent, certains s'arrêtent, descendent
- 24:59de voiture et se retrouvent nez à nez avec les visages de 5
- 25:02enfants disparus un soir de Noël.
- 25:05Un écrivain local, Georges Brague, racontera que quand on
- 25:08marchait jusqu'au panneau, on avait l'impression de regarder
- 25:11les enfants droit dans les yeux. Et à partir du moment où
- 25:14l'histoire circule dans les journaux, où le panneau est
- 25:17visible par tous ceux qui empruntent la route 16, les
- 25:20témoignages commencent à affluer.
- 25:23Et certains d'entre eux méritent clairement qu'on s'y attarde.
- 25:26Le premier témoignage vient d'une femme qui tient un hôtel à
- 25:29Charleston, la plus grande ville de Virginie occidentale, à une
- 25:33centaine de kilomètres de fayadvil.
- 25:36Cette femme raconte qu'elle a vu les photos des enfants s'odèrent
- 25:38dans un journal et qu'elle les a immédiatement reconnues.
- 25:42D'après sa déclaration, 2 ou 3 jours après l'incendie, un
- 25:45groupe est arrivé à son hôtel en pleine nuit, 4 adultes, 2 hommes
- 25:49et 2 femmes. Qu'elle décrit comme étant
- 25:52d'origine italienne, accompagnée de 4 enfants.
- 25:56Les adultes se sont enregistrés vers 00h00.
- 25:58Et quand cette femme a essayé d'adresser la parole aux
- 26:01enfants, de leur dire Bonjour, les adultes ont immédiatement
- 26:04coupé court. Ils l'ont empêché de leur parler
- 26:08pendant le reste de leur séjour. Le groupe n'a plus échanger un
- 26:11mot avec le personnel. Une autre femme qui tenait un
- 26:15arrêt touristique sur la route entre Fayet ville et Charler
- 26:18Stone. Affirme avoir servi un petit
- 26:20déjeuner à ce même groupe le lendemain matin de l'incendie.
- 26:24Et puis il YA1. Témoignage encore plus
- 26:26troublant, quelqu'un prétend avoir vu les enfants sauder
- 26:29cette nuit-là pendant que la maison brûlait à l'intérieur
- 26:32d'une voiture qui s'éloignait de la propriété.
- 26:35Alors on est dans une petite ville.
- 26:38Les rumeurs vont vite. Forcément, on ne peut pas
- 26:42prendre chacun de ces témoignages comme une preuve.
- 26:45Les gens parlent, les gens projettent, surtout quand les
- 26:47photos circulent dans la presse. Mais pour Georges et Jenny,
- 26:50chaque signalement est une raison pour ne pas lâcher.
- 26:54Ils suivent des pistes en Floride, au Texas, à New York.
- 26:57Georges prend sa voiture et roule à travers le pays sur la
- 27:00base d'un simple coup de fil ou d'une lettre anonyme.
- 27:03Un jour, il tombe sur une photo d'écoliers dans un journal de
- 27:06New York et se convainc que l'une des petites filles est sa
- 27:10Betty. Il fait la route jusqu'à
- 27:12Manhattan, retrouve la famille de l'enfant.
- 27:14Et se présentent chez eux. Les parents refusent de lui
- 27:17parler. Il repart sans rien.
- 27:20Un jour, une lettre arrive de Saint Louis.
- 27:23Quelqu'un affirme que Martha, l'aînée des filles disparues,
- 27:26vit dans un couvent. Une autre piste arrive du Texas
- 27:30ou un habitué d'un bar dit avoir entendu une conversation
- 27:33compromettante sur un incendie en Virginie occidentale un soir
- 27:37de Noël. Un autre encore vient de
- 27:39Floride, prétendant que les enfants vivent chez un parent
- 27:41éloigné de génie. Je ne vous développerai pas plus
- 27:44ces pistes, car aucune n'aboutit, mais aucune ne suffit
- 27:50non plus à les faire arrêter, parce qu'à chaque fois, c'est la
- 27:53même chose. On n'arrive pas à prouver que
- 27:55les enfants sont vivants, mais on n'arrive pas non plus à
- 27:58prouver qu'ils sont morts. Et puis arrive 1968, plus de 20
- 28:02ans après l'incendie, Jenny ouvre sa boîte aux lettres et
- 28:06trouve une enveloppe sans adresse d'expéditeur avec un
- 28:08cachet postal du Kentucky. À l'intérieur, il y a une photo.
- 28:16Un homme dans la vingtaine, peut être le début de la trentaine,
- 28:19cheveux noirs et bouclés, yeux sombres, un nez droit et fort et
- 28:23se léger. Haussement du sorcier de gauche.
- 28:25Elle connaît ce visage au dos. Un message est écrit à la main,
- 28:29Louise Sauder, I Love Brothers, Franky, Lil Boys.
- 28:34Quand George et Jenny regardent cette photo, ils voient Louis,
- 28:38le Louis qu'ils ont connu à 9 ans, avec 23 ans de plus.
- 28:42La ressemblance est saisissante, même si bien sûr, après tant
- 28:46d'années, il est impossible d'en être certain.
- 28:49Ils engagent alors un nouveau détective privé et l'envoient au
- 28:52Kentucky pour remonter la trace de cette lettre.
- 28:55Et tenez-vous bien, le détective disparaît du jour au lendemain.
- 29:01Il ne donnera plus aucune nouvelle, jamais Georges
- 29:06Eugénie, par peur de mettre leur fille sans danger s'il est
- 29:09vraiment vivant. Décide de ne pas révéler le nom
- 29:12de la ville inscrite sur le cachet de la poste.
- 29:15À la place, ils ajoutent la photo du jeune homme adulte sur
- 29:18le panneau au bord de la route, à côté des visages des 5
- 29:21enfants. Georges meurt un an plus tard,
- 29:24en 109691 an. Après avoir reçu cette photo, il
- 29:28avait confié à l'Associated Press qui lui arrivait encore de
- 29:31ne pas trouver le sommeil simplement à force de penser à
- 29:34eux. Jenny, elle, continue.
- 29:38Après la mort de Georges, elle fait construire une clôture
- 29:40autour de leur maison, puis des pièces supplémentaires, comme
- 29:43pour se couper du monde. Elle porte du noir tous les
- 29:47jours, du matin au soir jusqu'à la fin.
- 29:50Elle ne quittera jamais le deuil.
- 29:52Le panneau reste en place jusqu'à sa mort en 1989.
- 29:55Ses enfants survivants le retirent peu de temps après,
- 29:58usés par le temps, décolorés par des décennies de soleil et de
- 30:02pluie. Bon, on a posé tous les
- 30:10éléments, maintenant essayons de réfléchir parce que dans cette
- 30:13affaire, il y a essentiellement 3 grandes théories.
- 30:16Je vais vous les passer en revue et à la fin je vous dirai
- 30:18laquelle me semble tenir le mieux la route.
- 30:21La première, c'est la version officielle.
- 30:23Les 5 enfants sont morts dans l'incendie, leurs corps ont été
- 30:26entièrement consumés par les flammes.
- 30:28Et tout le reste, les camions, les chaînes, la ligne
- 30:30téléphonique et les témoignages. N'est qu'un enchaînement de
- 30:33coïncidences amplifiées par le chagrin d'une famille qui ne
- 30:36voulait pas accepter la réalité. C'est la position des autorités
- 30:39de l'époque et c'est aussi celles que défendent certains
- 30:42enquêteurs modernes. Et honnêtement, on peut
- 30:44t'entendre cet argument. Le deuil est une force puissante
- 30:47et est vécu par chacun à sa manière.
- 30:50Quand on perd 5 enfants d'un coup dans des circonstances
- 30:53aussi violentes, le cerveau peut refuser d'y croire et être
- 30:56coincé dans le déni. Et à partir de là.
- 31:00Chaque détail un peu bizarre est réinterprété comme une preuve
- 31:02que les enfants sont vivants. Sauf que cette théorie a un
- 31:05problème fondamental et on en a parlé, les corps.
- 31:10Un feu de maison en bois de 45 Min ne fait pas disparaître 5
- 31:14squelettes humains. Des crématoriums professionnels
- 31:17n'y arrivent pas. En dessous de 02h00 à plus de
- 31:191000°, on a retrouvé un dictionnaire en papier dans les
- 31:22décombres, mais pas un seul os, ni même une seule dent.
- 31:26Même le smithsonian, l'Institut de recherche, a trouvé ça très
- 31:30étrange. Et Jenny Sauder, qui a brûlé des
- 31:33os animaux elle même pour vérifier, l'a constaté de ses
- 31:36propres yeux, les os ne disparaissent pas dans un feu
- 31:39comme celui-là. Alors soit il y a quelque chose
- 31:42qu'on ne comprend pas sur la physique de cet incendie précis,
- 31:45ce qui n'est pas impossible, soit les enfants n'étaient tout
- 31:48simplement pas dans la maison quand elle a brûlé.
- 31:51Et ça m'amène à la 2e théorie, celle de l'enlèvement par la
- 31:54mafia sicilienne. Et c'est celle à laquelle
- 31:57Georges et Jenny ont fini par croire.
- 32:00L'idée, c'est la suivante, Georges, par ses prises de
- 32:03position publiques contre Mussolini, s'est mise à dos une
- 32:06partie de la communauté italienne de fayeteville.
- 32:09Certains de ces gens avaient des liens réels ou supposés avec le
- 32:12crime organisé sicilien qui était actif dans les communautés
- 32:15d'immigrés italiens aux États-Unis à cette époque.
- 32:18La menace du vendeur d'assurance prendrait alors un sens très
- 32:21concret. Ce n'était pas une figure de
- 32:23style, c'était un avertissement. L'incendie n'aurait pas été un
- 32:27accident, mais un acte d'intimidation, voire une
- 32:30diversion pour couvrir l'enlèvement des enfants.
- 32:33Quelqu'un serait entré dans la maison pendant que les petits
- 32:35étaient encore debout. On se souvient que la porte
- 32:37n'était pas verrouillée quand génie est descendu après l'appel
- 32:39téléphonique, il les aurait fait sortir et les aurait emmenés
- 32:42avant que le feu ne soit déclenché.
- 32:44Les enfants auraient ensuite été confiés à des familles
- 32:46italiennes ou peut être même envoyés en Italie et élevés sous
- 32:50de nouvelles identités. Ça expliquerait pas mal de
- 32:53choses. L'appel téléphonique à 00h30.
- 32:55Avec des bruits de fetes en fond pourraient avoir été un moyen de
- 32:58vérifier que les adultes étaient bien couchés et que les enfants
- 33:01étaient encore debout. Il y a aussi le fait que les
- 33:04rideaux étaient ouverts et les lumières allumées, ce qui
- 33:06permettait de voir l'intérieur de la maison depuis l'extérieur.
- 33:10Le fait qu'aucun des enfants ne se soit manifesté aux fenêtres
- 33:13pendant l'incendie, qu'aucun cri ne soit venu de l'étage,
- 33:17l'échelle déplacée, les camions sabotés, la ligne coupée.
- 33:20Tout ça pour s'assurer que personne ne puisse intervenir
- 33:22une fois le feu allumé. Et les témoignages de gens qui
- 33:25disent avoir vu les enfants dans une voiture cette nuit-là, puis
- 33:28dans un hôtel le lendemain, avec des adultes italiens qui les
- 33:31empêchent de parler à quiconque. La force de cette théorie, c'est
- 33:34qu'elle donne un sens à l'ensemble du tableau.
- 33:37Chaque anomalie isolée trouve sa place dans un scénario cohérent.
- 33:41Sa faiblesse, c'est qu'on n'a jamais identifié les ravisseurs,
- 33:44jamais retrouvé les enfants et jamais produit de preuves
- 33:46matérielles directes. On est plus dans le domaine du
- 33:49faisceau d'indices que de la preuve formelle.
- 33:53La 3e théorie, c'est celle de la complicité locale, pas forcément
- 33:57de la mafia au sens strict, mais un groupe d'individus de
- 33:59fayetteville peut être le vendeur d'assurance et quelques
- 34:02sympathisants fascistes du coin qui auraient agi par vengeance
- 34:05personnelle contre Georges en coordination avec des gens qui
- 34:07avaient accès à la propriété et à la chaîne de commandement
- 34:10local. Le fait que le vendeur
- 34:13d'assurance se soit retrouvé dans le jury du coroner, que
- 34:16Maurice, le chef des pompiers, ait essayé d'enterrer un faux
- 34:19organe pour étouffer l'affaire. Que les pompiers aient mis 7 h à
- 34:23arriver, tout ça dessine un tableau où les institutions
- 34:26locales, au minimum, ont fermé les yeux et au pire ont
- 34:30participé. Le fils aîné de Georges, John,
- 34:35Résumera cette théorie, des années plus tard, en 10 ans, et
- 34:38je le cite, le chef des pompiers a été acheté.
- 34:41Ou alors ils n'ont pas voulu creuser.
- 34:44Si vous voulez mon avis, et encore une fois ce n'est que mon
- 34:47avis, je pense que la vérité se situe quelque part entre la 2e
- 34:50et la 3e théorie. Les enfants n'étaient
- 34:52probablement pas dans la maison quand elle a brûlé.
- 34:54Quelqu'un les a sortis ou les a fait sortir avant l'incendie, et
- 34:59localement, assez de gens étaient au courant ou assez de
- 35:01gens avaient intérêt à ce que l'enquête n'avance pas pour que
- 35:05le dossier soit enterré. Ce qui rend cette affaire aussi
- 35:08frustrante, c'est qu'on ne saura probablement jamais.
- 35:11Les principaux acteurs sont morts.
- 35:13Les preuves matérielles ont disparu, les fragments d'os
- 35:15analysés par la Smithsonia n'ont été restitués à Georges en 1949
- 35:20et personne ne sait où il se trouve aujourd'hui.
- 35:23Aucun test ADN n'a pu être mené et les enfants solaires, s'ils
- 35:27ont survécu, auraient aujourd'hui entre 85 et 94 ans.
- 35:32Il est presque certain qu'ils ne soient plus de ce monde.
- 35:36Mais la question, elle est toujours vivante.
- 35:41Sylvia solder. La petite dernière, celle que
- 35:44Jenny portait dans ses bras en sortant de la maison cette
- 35:46nuit-là, est morte en 2021. Elle avait 79 ans.
- 35:50Son premier souvenir disait elle, c'était cette nuit, la
- 35:54fumée, le sang sur les bras de son père, les cris de tout le
- 35:57monde. Elle avait 2 ans, elle avait
- 36:00promis à ses parents de ne jamais laisser l'histoire mourir
- 36:03et elle a tenu sa parole pendant des décennies, elle a organisé
- 36:07des commémorations au Fayet ville, elle a répondu aux
- 36:09journalistes, participé à des forums en ligne.
- 36:12Échanger avec des passionnés qui essayaient encore de comprendre
- 36:14ce qui s'était passé. Sa propre fille a dit un jour,
- 36:17je cite, elle avait promis à mes grands-parents qu'elle ne
- 36:20laisserait pas l'histoire s'éteindre et qu'elle ferait
- 36:22tout ce qu'elle pourrait. Sylvia n'a jamais cru que ses
- 36:25frères et sœurs étaient morts dans l'incendie.
- 36:27Alors que s'est t il passé cette nuit là ?
- 36:29Honnêtement, personne ne le sait.
- 36:32Même certains enquêteurs modernes pensent que les enfants
- 36:34sont bel et bien morts dans le feu cette nuit-là.
- 36:36Et que le reste n'est qu'une accumulation de coïncidences
- 36:38malheureuses, amplifiées par le chagrin d'une famille qui
- 36:41refusait de faire son deuil. Mais quand on reprend les faits
- 36:44un par un, le vendeur d'assurance qui menace Georges
- 36:46puis se retrouve dans le jury du coroner.
- 36:48L'échelle déplacée, les camions sabotés, la ligne téléphonique
- 36:52coupée, le bruit sur le toit, les guirlandes encore allumées,
- 36:55le chef des pompiers qui enterre un foie de bœuf en le faisant
- 36:58passer pour un cœur humain. 7 h de délai pour une caserne à 4
- 37:02km. Aucun os retrouvé dans un feu
- 37:04qui a épargné un dictionnaire, les témoignages de gens qui
- 37:08disent avoir vu les enfants encore vivant le lendemain et 23
- 37:11ans plus tard, une photo envoyée depuis le Kentucky avec le nom
- 37:14de Louis Sauder et Criodo. Quand on met tout ça ensemble,
- 37:18il faut reconnaître que la version officielle demande un
- 37:21sacré acte de foi. Regardez cette image une
- 37:24dernière fois. Le panneau au bord de la route
- 37:2616, 5 visages d'enfants et à côté, la photo d'un homme
- 37:30adulte. Que de parents.
- 37:32Jusqu'à la fin de leur vie, ont espéré reconnaître comme leur
- 37:35fils ce panneau n'est plus là aujourd'hui.
- 37:38Mais la question qu'il portait, elle, n'a toujours pas trouvé de
- 37:41réponse. Je finirai simplement par un
- 37:47proverbe italien qui dit Quichirka trova qui nonchirka
- 37:51siperde, ce qui veut dire Celui qui cherche trouve celui qui ne
- 37:56cherche pas se perd. George et Jenny Soder ont
- 38:01cherché toute leur vie. Ils n'ont jamais réellement
- 38:03trouvé quoi que ce soit mais ils ne se sont jamais vraiment
- 38:05perdus non plus car c'est peut être cette détermination, leur
- 38:09abnégation et leur courage qui leur a permis de tenir.
- 38:14Je vous remercie de m'avoir écouté, cet épisode a demandé un
- 38:17gros travail de recherche, j'ai essayé d'y ajouter le plus
- 38:20d'informations possible sans en faire un épisode de 02h00 pour
- 38:23autant pour essayer de ne pas vous lasser non plus, j'espère
- 38:26que ce compromis vous convient. N'hésitez pas à me le dire en
- 38:29commentaire, vos retours sont précieux.
- 38:31N'hésitez pas à vous abonner à Spotify, Instagram ou le site
- 38:34Internet pour être notifié dès qu'un nouvel épisode sort ou
- 38:37simplement pour soutenir mon travail.
- 38:39Merci pour votre attention, merci pour votre soutien.
- 38:43En attendant, je vous dis à bientôt pour une nouvelle image,
- 38:47une nouvelle histoire, un nouveau mystère.