Latest / Africa Fashion Tour / Vanessa Azar, fondatrice de Muse Atelier
Transcript
- 0:00On n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence.
- 0:05Ce n'est pas comme si on a la culture du mall ou la culture de la marche ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité,
- 0:18en tout cas son plan d'action.
- 0:20Donc,
- 0:21les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien.
- 0:25Donc,
- 0:25pour l'instant,
- 0:26jusqu'à ce qu'il y ait la culture du mall ou des boutiques suffisamment sophistiquées,
- 0:30ou développées pour accélérer l'attention,
- 0:32nos moyens de communication sont principalement par l'influence,
- 0:35par le média.
- 0:40Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:43Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:47Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:49Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:54responsables et ambitieux.
- 0:56Au fil des interviews,
- 0:57je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:04Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:10de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:15Je suis Ramatha Diallo,
- 1:16je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:25En 2017,
- 1:26j'ai attité à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:29Et depuis,
- 1:29je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:36Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:44Aujourd'hui,
- 1:45je suis en compagnie de Vanessa Hazard.
- 1:47Elle est experte en business development sur les secteurs de la beauté et du parfum en Afrique.
- 1:52Elle est également créatrice de la marque de mode Musatelier.
- 1:55Valessa Hazard est basée à Lagos.
- 1:57Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes entreprises.
- 2:02Bienvenue Valessa,
- 2:03comment vas-tu ?
- 2:04Hello Ramatha,
- 2:05écoute,
- 2:05je vais super bien.
- 2:07Comme tu as dit,
- 2:07je vais bien depuis Lagos,
- 2:08la capitale de
- 2:10Beloisir, si on peut dire ça comme ça en Afrique,
- 2:12et de l'enjaillement et de l'entertainment.
- 2:14Donc je vais relativement bien.
- 2:16Ok,
- 2:17écoute,
- 2:17ça fait plaisir de t'entendre.
- 2:19Nous,
- 2:19on s'est déjà vus à Lagos justement.
- 2:22lors de la
- 2:22Fashion Week de Lego et de divers autres événements.
- 2:25Donc,
- 2:25comme tu le dis,
- 2:26effectivement,
- 2:26la capitale de l'entertainment,
- 2:28je suis tout à fait d'accord avec toi,
- 2:29une capitale qui me manque.
- 2:31Donc,
- 2:31aujourd'hui,
- 2:32l'idée,
- 2:32c'est de parler de toi et de ton parcours.
- 2:35Et pour commencer,
- 2:36je vais le faire comme je le fais toujours avec mes invités.
- 2:38Je vais te demander de te présenter.
- 2:40Je m'appelle Vanessa Hazard,
- 2:41je suis Camerounaise-Libanaise.
- 2:43J'ai grandi entre le Cameroun et Paris,
- 2:45donc première partie.
- 2:47jusqu'en terminale au Cameroun et ensuite je suis partie à Paris pour mes études où j'ai eu deux masters en business et marketing à l'ICP et le SCCI qui sont des écoles de business et de pubs donc
- 3:02voilà et de marketing plutôt.
- 3:05Entre temps,
- 3:07j'adore faire ça parce que c'est tellement le squelette de ma profession,
- 3:11j'ai été blogueuse très longtemps.
- 3:12Alors les réseaux sociaux n'existaient pas comme on les connaît,
- 3:15c'était Skyrock,
- 3:16etc.
- 3:17MySpace à l'époque.
- 3:19Donc je m'étais ouvert un blog,
- 3:21c'était mon passe-temps,
- 3:22je prenais des photos,
- 3:22je donnais des reusses sur des produits de beauté,
- 3:24principalement après ça s'est développé en lifestyle.
- 3:27Mais je me souviens que ma mère me disait
- 3:30« Pourquoi tu fais ce genre de choses ?
- 3:32Tu ne veux pas trouver un job qui paye ? »
- 3:34Parce qu'à l'époque les blogs n'étaient pas du tout rémunérés.
- 3:37D'ailleurs on ne savait même pas que c'était possible.
- 3:39Jusqu'au jour où je...
- 3:41reçoit un email d'une marque,
- 3:44je ne me souviens même plus laquelle,
- 3:45c'est dommage,
- 3:46qui me propose de payer 80 euros.
- 3:48À l'époque,
- 3:49ça faisait beaucoup,
- 3:49j'étais étudiante.
- 3:51Et surtout,
- 3:51quand on ne savait pas qu'on pouvait gagner de l'argent grâce à l'influence,
- 3:56c'était incroyable de savoir qu'il y avait des profils qui voulaient nous rémunérer pour parler de leurs produits.
- 4:02Donc ça,
- 4:02c'était vraiment l'origine de l'influence.
- 4:07Et puis finalement,
- 4:08petit à petit,
- 4:09je me suis rendue compte que ma mère n'avait pas toujours raison.
- 4:13Et que j'avais raison de continuer sur ce sentier qui n'était pas connu du tout,
- 4:21qui était la beauté en ligne,
- 4:23plus ou moins vue par des consommateurs.
- 4:28On n'appelait pas ça des influenceurs,
- 4:30ça n'existait pas,
- 4:31je précise,
- 4:32par des consommateurs.
- 4:33C'était revu vraiment du blogueur.
- 4:36Et donc voilà,
- 4:37j'ai commencé mon petit bout de chemin.
- 4:38Ensuite,
- 4:39j'ai été prise pour être rédactrice de contenu beauté dans un magazine de mode qui s'appelait Stiletto Magazine,
- 4:45qui s'appelle toujours Stiletto Magazine,
- 4:46qui fait un petit peu le Vogue de France.
- 4:49Et j'ai voulu rentrer en Afrique.
- 4:52Et je me disais,
- 4:53comment je fais ?
- 4:54Où je vais ?
- 4:55Je ne savais pas.
- 4:56Je ne voulais pas rentrer au Cameroun,
- 4:58je voulais aller quelque part.
- 4:59où il y a autant de vibrations et d'énergie que mon ambition,
- 5:07en fait.
- 5:08Et pourquoi pas chez les African Giants,
- 5:10a.k.a.
- 5:11les gosses.
- 5:13Et c'est là que mon parcours commence.
- 5:16Je vais me permettre d'interrompre,
- 5:18parce que quand tu parles,
- 5:19tu dis ça n'existait pas.
- 5:20On a l'impression qu'il y a un dinosaure.
- 5:22Doucement,
- 5:23doucement.
- 5:23Il n'y a pas si longtemps que ça non plus,
- 5:25ou c'était à partir de quelle époque que tu as commencé ton blog ?
- 5:28Ça fait facilement il y a 15 ans,
- 5:32il y a 20 ans.
- 5:34Mais écoute,
- 5:34tu as fait partie des précurseurs de la création de contenu.
- 5:3815 ans,
- 5:3820 ans,
- 5:39oui,
- 5:39parce qu'à l'époque de Skype Blog,
- 5:41on était encore au lycée.
- 5:43On était au lycée,
- 5:44donc on n'avait même pas 17 ans.
- 5:46Aujourd'hui,
- 5:46j'en ai 37.
- 5:47Ça fait 20 ans.
- 5:48Oui,
- 5:48oui,
- 5:48le temps passe.
- 5:51Donc oui,
- 5:51et donc les réseaux sociaux,
- 5:53Instagram et tout,
- 5:53c'est peut-être arrivé,
- 5:54je ne sais plus,
- 5:55peut-être en 2011.
- 5:57pas mais c'est l'origine de l'influence.
- 6:03Donc voilà,
- 6:05j'arrive à l'égos.
- 6:06Des nouveaux métiers de la communication.
- 6:08Exactement.
- 6:09Et le pire,
- 6:09c'est que je me souviens,
- 6:10dans nos premiers cours de marketing,
- 6:12notre professeur nous disait à l'époque,
- 6:15tout se fera à partir du téléphone.
- 6:16Ça nous paraissait dingue.
- 6:17Il disait,
- 6:18vous pourrez payer à partir des téléphones,
- 6:20vous pourrez…
- 6:21voir des nouveautés à partir des téléphones,
- 6:23créer du contenu à partir des téléphones.
- 6:24On trouvait ça dingue d'avoir des cours de marketing où on parlait du téléphone quand on était encore avec des appareils photos.
- 6:30Oui,
- 6:30on était encore avec des appareils photos,
- 6:32tous les téléphones photos,
- 6:34etc.
- 6:34n'existaient pas,
- 6:35mais on avait nos caméras,
- 6:37on faisait des tirages,
- 6:39on imprimait nos photos.
- 6:40Après,
- 6:40il y avait les caméras digitales où on connectait avec les clés USB sur l'ordinateur,
- 6:45les pages s'ouvraient lentement,
- 6:47on uploadait les photos.
- 6:49C'était ça.
- 6:51C'est ce qu'on oublie,
- 6:51c'est pour ça que quand tu dis dinosaure,
- 6:52la réalité c'est que c'est vrai.
- 6:55Et j'ai commencé très très jeune avec les polaroïds à l'époque.
- 6:59Donc c'était vraiment la naissance des réseaux sociaux.
- 7:02Je faisais des polaroïds,
- 7:02je les collais sur des papiers,
- 7:07et je faisais des petits carnets entre photos avec des citations,
- 7:10des quotes,
- 7:11et plus ou moins le descriptif de ce que la photo représentait.
- 7:16J'avais juste pas les hashtags,
- 7:17mais c'est ça l'origine des réseaux sociaux.
- 7:19Complètement.
- 7:21Et donc,
- 7:21de ce,
- 7:23comment dire,
- 7:24première passion pour à la fois la beauté,
- 7:27le lifestyle et la création de contenu,
- 7:29comment est-ce que tu es venue vers,
- 7:32comment dire,
- 7:33des jobs qui sont plutôt des jobs au sein de marques dans le secteur de la beauté ?
- 7:37Comment ça se fait cette transition ?
- 7:39Alors,
- 7:39en bossant chez Cielito Magazine en tant que rédactrice beauté,
- 7:42comme je l'ai dit dans le magazine de mode,
- 7:44Je finis par démissionner,
- 7:46mais littéralement du jour au lendemain,
- 7:48j'arrive devant mon PC,
- 7:49j'ai un saignement donné.
- 7:50En fait,
- 7:50c'était ça mon élément déclencheur.
- 7:52C'était tellement...
- 7:53Je ne sais pas si tu as regardé le Diab Sleby en Prada,
- 7:55mais pour celles qui ont regardé le Diab Sleby en Prada,
- 7:58le monde de la mode,
- 7:59c'est comme ça.
- 8:00J'ai vécu littéralement ce qu'Anna Hathaway vivait dans ce film.
- 8:05Et j'arrive un jour de trop,
- 8:08et là je commence à avoir des saignements donnés le matin en ouvrant mon PC.
- 8:11Et j'ai dit non,
- 8:12c'est bon,
- 8:12je suis partie sans mon salaire.
- 8:14j'ai fermé mon PC et j'ai démissionné sans préavis,
- 8:17sans rien.
- 8:18Et donc en partant,
- 8:21mon collègue en plus,
- 8:22le pauvre,
- 8:22il m'a suivi des mois après pour me donner mon chèque,
- 8:26pour vous dire tellement je suis partie sans rien.
- 8:31Et donc en partant,
- 8:32je me fais contacter,
- 8:32je continuais à avoir des contacts avec qui je m'entendais très bien,
- 8:35et je me fais contacter par Estée Lauder,
- 8:37qui me dit « oui,
- 8:38on aimerait que tu rédiges ce... »
- 8:41cet article pour des nouveaux produits,
- 8:43on veut te les faire découvrir.
- 8:44Et là,
- 8:44je leur dis,
- 8:44écoutez,
- 8:45je ne travaille plus pour Siletto,
- 8:46par contre j'ai mon blog.
- 8:48Ah oui ?
- 8:48Est-ce que tu peux nous envoyer ton blog ?
- 8:50Je présente mon blog et là,
- 8:51je me mets à bosser avec Estée Lauder.
- 8:53Ce qui était donc mon gros départ avec une grande marque d'un grand groupe.
- 8:57Donc le groupe Estée Lauder avec la marque Estée Lauder.
- 8:59Et donc là,
- 9:00on a une amitié,
- 9:02un amour fou l'un envers l'autre.
- 9:04Et donc,
- 9:04je ne jure que par Double Wear,
- 9:06etc.
- 9:07Donc,
- 9:07je découvre vraiment...
- 9:08le monde,
- 9:09l'univers de la mode dans les backstage,
- 9:11c'est-à-dire invitations PR,
- 9:14stratégie marketing,
- 9:15stratégie de développement,
- 9:17etc.
- 9:17Donc,
- 9:18je n'étais pas consultante,
- 9:20mais j'avais accès à tous ces dossiers.
- 9:22J'avais des articles que je recevais avant qu'ils soient disponibles,
- 9:28j'avais des embargos à signer,
- 9:30etc.
- 9:31Et c'est là que j'apprends tellement plus que ce qu'on enseigne à l'école,
- 9:35parce que la passion mène toujours plus loin.
- 9:38Et je décide de faire ce voyage au Nigeria en me disant,
- 9:42oui,
- 9:42je vais aller en Afrique,
- 9:43je vais d'abord au Kenya,
- 9:44rien d'intéressant,
- 9:45ensuite je vais au Nigeria.
- 9:47J'ai African Giants et là,
- 9:48je me rends compte du milieu incroyable.
- 9:51que les gosses emmènent,
- 9:53c'est-à-dire,
- 9:54comme j'ai dit,
- 9:55le milieu de l'entertainment,
- 9:57avec les fashion week,
- 9:59les make-up artist industry,
- 10:01le oil and gas,
- 10:02et tout le monde avec leur abadal,
- 10:04le wedding ceremony.
- 10:06C'était juste incroyable.
- 10:07Je n'avais jamais vu ça de ma vie.
- 10:09Le plus gros choc culturel,
- 10:10je le dis toujours,
- 10:11c'est au Nigeria.
- 10:13Et là,
- 10:13je me dis,
- 10:14mais les femmes et les hommes sont tellement sophistiqués.
- 10:18dans la manière dont ils voient la beauté,
- 10:21que ce soit en parfumerie,
- 10:22en cosmétique,
- 10:24en maquillage,
- 10:24je me dis que c'est ici que je veux rester.
- 10:26Mais je n'ai pas de boulot,
- 10:27donc du coup je ne sais pas quoi faire.
- 10:29Je me fais embaucher par Très,
- 10:30je refuse même d'y être parce que je me dis,
- 10:33ouais,
- 10:35j'avais pas prévu de bosser pour Très en project manager du tout,
- 10:38en plus c'était avec Junior.
- 10:41Mais au moins,
- 10:42ça me permet de rester un peu plus au Nigeria,
- 10:44ça me permet de payer mes factures.
- 10:46Parce qu'en plus,
- 10:47quand je ne veux pas bosser,
- 10:48je leur donne un gros salaire,
- 10:49je leur dis que je vais être payée en euros,
- 10:51alors qu'ici,
- 10:51ce sont les dollars,
- 10:52parce que je leur dis que je n'ai pas de compte,
- 10:54machin.
- 10:55Et puis finalement,
- 10:56ils acceptent.
- 10:56Quand on croit finalement le culot,
- 10:58ça paie toujours.
- 10:59Je suis partie dans la négociation en me disant,
- 11:02peut-être qu'ils disent non,
- 11:02j'en ai rien à faire.
- 11:03Donc,
- 11:03je suis partie littéralement avec un concept assez détaillé de ce que je voulais pour qu'ils me disent non,
- 11:12en fait.
- 11:13Donc c'est le culot qui a fait que je sois bien payée,
- 11:15que je sois bien logée,
- 11:16que j'ai un chauffeur privé,
- 11:18etc.
- 11:20Et en restant à Lagos,
- 11:21je me dis que je vais aller dans des centres commerciaux et voir la différence entre la beauté légotielle,
- 11:29la beauté parisienne et les critères.
- 11:31Et juste tout simplement étudier la beauté sur des dynamiques différentes.
- 11:35Europe et
- 11:36Afrique, je vais dire ça comme ça,
- 11:37mais plutôt Nigeria,
- 11:40France.
- 11:41et Legos Paris plus précisément.
- 11:43Et là je me fais contacter par la distribution de L'Oréal Luxe et par un membre de la direction de L'Oréal qui me propose d'être manager pour le Nigeria.
- 11:55Mais mon rôle n'existe pas,
- 11:56ma carrière n'existe pas,
- 11:58il n'y a pas de manager distribution,
- 12:00marketing,
- 12:01etc.
- 12:02Et donc créer un job pour moi avec...
- 12:04Donc d'une telle manière je devais presque faire mes tâches,
- 12:07aider à remplir les tâches que je devais.
- 12:10porté et mené dans la capitale.
- 12:14Et donc,
- 12:14c'est là que je commence à représenter,
- 12:16après des entretiens,
- 12:17c'est pas comme si on m'appelait,
- 12:18et puis non,
- 12:19je suis passée trois,
- 12:19quatre entretiens,
- 12:20et puis le dernier,
- 12:21c'est avec l'équipe L'Oréal directement,
- 12:23L'Oréal-Lupes,
- 12:24excuse-moi.
- 12:25Et là,
- 12:26je suis prise,
- 12:27et je commence donc à représenter les marques Armani,
- 12:31Lanco,
- 12:31Missa Laurent,
- 12:33Polo Ralph Lauren,
- 12:34Azaro,
- 12:35et tout le reste sur l'Afrique de l'Ouest,
- 12:38donc Ghana y compris.
- 12:41Et donc voilà,
- 12:42passionnant,
- 12:43j'apprends un peu tous les jours parce que moi n'ayant jamais travaillé en Afrique à part en parler,
- 12:49j'apprends sur la culture d'entreprise qui est quasiment inexistante,
- 12:54l'intégrité,
- 12:57tout,
- 12:57tout,
- 12:57tout,
- 12:58tout,
- 12:58les décalages,
- 13:00l'approche au retard,
- 13:01mais ce sont vraiment la gestion humaine et la plus complexe en Afrique et là j'apprends vraiment.
- 13:07à adapter les qualités de manager localement,
- 13:10ce qui n'a rien à voir avec Paris.
- 13:12Rien.
- 13:13Donc,
- 13:14passionnant,
- 13:15passionnant.
- 13:16Tout s'est appris sur le terrain.
- 13:19Et j'ai l'impression de t'en parler.
- 13:25Vraiment,
- 13:25cet épisode est à toi.
- 13:27J'ai des amis qui me disent ça.
- 13:28Je dis,
- 13:28mais tu as une heure pour parler de toi,
- 13:30profite !
- 13:34Moi,
- 13:34j'aimerais que tu nous expliques,
- 13:36en fait,
- 13:37c'est quoi le métier d'un manager afrique,
- 13:40d'un EREA manager ?
- 13:42C'est quoi tes différentes missions ?
- 13:44C'est quoi l'objectif ?
- 13:45J'imagine que c'est de s'assurer que les marques,
- 13:47elles soient bien distribuées,
- 13:48bien développées.
- 13:49Mais est-ce que tu peux nous décrire un petit peu en quoi consistent les différentes missions qu'on a pu te confier chez L'Oréal,
- 13:57par exemple ?
- 13:58Oui,
- 13:58tout à fait.
- 13:59Alors déjà,
- 13:59il y a des missions de distribution.
- 14:02pleinement,
- 14:03ça c'est du trade,
- 14:05de produit A à Paris au produit
- 14:07A à Légos,
- 14:09comment il se représente en boutique,
- 14:10est-ce qu'il y a suffisamment de stock,
- 14:12quelle est la demande,
- 14:13est-ce que les produits sont adaptés ?
- 14:15On a des cas où,
- 14:16par exemple,
- 14:17si une marque veut venir mettre des produits bronzants,
- 14:22dans les étagères en boutique,
- 14:23ce sera notre expertise qui va leur dire non,
- 14:26parce que c'est 89%
- 14:27de la population des Gaussiennes,
- 14:29c'est clair,
- 14:29c'est la peau,
- 14:29donc c'est pas la peine.
- 14:32On a donc,
- 14:33oui,
- 14:34ce rôle de distributeur,
- 14:36on a le rôle d'expert,
- 14:37de conseiller,
- 14:39on a un rôle d'accompagnement,
- 14:40de développement avec des nouvelles opportunités terrain,
- 14:42par exemple,
- 14:43s'il y a une nouvelle boutique qui ouvre dans la capitale,
- 14:46est-ce que,
- 14:46oui ou non,
- 14:46les produits y seront ?
- 14:49On a l'étiquette aussi de la crédibilité d'une maison,
- 14:54le fait de s'implanter officiellement,
- 14:56parce qu'il y a beaucoup de fonds.
- 14:58Alors on n'a pas les chiffres pour le luxe en termes de produits factices,
- 15:02mais pour la parapharmacie par exemple,
- 15:04c'est 89%
- 15:05ou 86%
- 15:06des produits qui sont contrefaits.
- 15:09Donc,
- 15:09il y a plus de chances d'avoir du faux que du vrai.
- 15:11On a aussi le développement marketing,
- 15:14bien entendu,
- 15:16l'influence,
- 15:17avec tous les rapports aux influenceurs,
- 15:22aux leaders d'opinion,
- 15:24aux influences de consommation.
- 15:27On a les lancements produits,
- 15:29que ce soit des lancements boutiques ou des lancements extérieurs.
- 15:33On a tout ce qui est le développement médiatique.
- 15:37des campagnes publicitaires,
- 15:39que ce soit des campagnes en ligne,
- 15:41que ce soit des campagnes sur de l'affichage TV.
- 15:48En gros,
- 15:50c'est éduquer le consommateur à l'arrivée de la nouvelle marque.
- 15:55Et puis,
- 15:56surtout,
- 15:56surtout,
- 15:58faire attention à ce que la marque ne tombe pas en termes d'images une fois qu'elle est implantée au Nigeria.
- 16:05Parce que si on voit en termes de statistiques,
- 16:08par exemple,
- 16:09de la consommation globale des Africains,
- 16:14où il y a une concentration de Nigeria,
- 16:15par exemple,
- 16:16Atlanta,
- 16:17Lagos,
- 16:19Londres,
- 16:21les Nigéreux représentent 46%
- 16:22des consommateurs africains,
- 16:26où ils sont représentés à l'étranger.
- 16:28Ce qui veut dire que si on fait tomber les marques ici,
- 16:31on part au chiffre à l'heure.
- 16:33Donc c'est très important de garder ça en avant une fois qu'on arrive dans les stores,
- 16:39de se rendre compte est-ce que le produit est bien représenté,
- 16:42est-ce qu'il est marchandé exactement comme une boutique ailleurs,
- 16:47est-ce qu'il y a suffisamment de testeurs,
- 16:48est-ce que les testeurs ne sont pas vendus,
- 16:51parce que souvent on a des retailers qui gardent les testeurs et qui les vendent,
- 16:54souvent on a des produits sur le marché qui viennent d'ailleurs et qui sont vendus moins cher,
- 16:58mais il faut regarder aussi les références au prix,
- 17:02savoir si...
- 17:03vérité,
- 17:03leur les vendent au même prix ou plutôt le double,
- 17:06ou plutôt moins cher.
- 17:07Donc,
- 17:07garder quand même une image de marque.
- 17:09Donc,
- 17:09c'est vraiment entre du micromanagement et du due diligence,
- 17:15si on peut dire ça comme ça aussi.
- 17:18Et tout faire un rapport de concurrence,
- 17:20un rapport de progression,
- 17:21un rapport chiffré du marché et puis du business.
- 17:26Et du coup,
- 17:27est-ce que tu peux nous parler de la distribution à Lingus ?
- 17:31Parce que du coup,
- 17:32voilà.
- 17:33J'imagine que,
- 17:34enfin je sais qu'il n'y a pas un Sephora,
- 17:36un Mariano ou un Ocidé là-bas,
- 17:37mais du coup,
- 17:38quels sont les enseignes de distribution de beauté qu'on peut retrouver à l'égo,
- 17:44c'est même ailleurs,
- 17:45puisque toi tu t'occupais pas seulement du Nigeria.
- 17:49Donc quand on cherche à s'implanter en fait dans le secteur de la beauté,
- 17:53quels sont les enseignes de référence vers lesquelles on peut aller ?
- 17:57Alors je vais donner des équivalences,
- 17:59même si c'est...
- 18:00pas du tout le même niveau ni d'expertise,
- 18:02ni de développement,
- 18:03ni chiffré.
- 18:05On a ce que je vais considérer comme le Sephora de Lagos,
- 18:09qui s'appelle Essenza,
- 18:10ils ont des boutiques un peu partout,
- 18:11ils en ont à peu près une trentaine,
- 18:16une quarantaine dans le pays,
- 18:19en partant d'Aboudia,
- 18:20Lagos,
- 18:21Port-à-Court,
- 18:22qui sont plus ou moins les plus grandes villes,
- 18:27donc ça s'appelle Essenza.
- 18:29Ils tiennent
- 18:3370 à 80%
- 18:35des projets commerciaux.
- 18:3670 à 80%.
- 18:38Donc ils ont toutes les marques quasiment,
- 18:40certaines marques en exclusivité,
- 18:41notamment Fenty qui est en exclusivité avec Essenza.
- 18:46Parfums,
- 18:46ils n'ont pas Parfumel,
- 18:47ils ont d'autres parfums,
- 18:49Armani Privé.
- 18:51Et ensuite on a l'équivalent de Marionno,
- 18:54qui est au Nigeria,
- 18:56représenté par...
- 18:58Mountain Place,
- 19:00qui tient un petit peu le reste aussi,
- 19:02qui font aussi des parfums de niche,
- 19:03mais le plus,
- 19:04c'est commercial.
- 19:06Et ensuite,
- 19:07on a des boutiques qui ne font que du parfum de niche,
- 19:11un peu le Ausha,
- 19:13mais pas du tout.
- 19:14Je précise,
- 19:14c'est pour donner vraiment un comparatif.
- 19:18On a le Ausha,
- 19:19donc ils ont moins de boutiques dans la ville.
- 19:23Et ils n'ont que des parfums de niche,
- 19:25pour le coup.
- 19:26C'est pour ça que je fais ce comparatif.
- 19:28Et ça s'appelle Cascade.
- 19:30Et ensuite,
- 19:31on en a un,
- 19:32ça m'échappe là tout de suite parce qu'on bosse vraiment,
- 19:34vraiment moins avec lui.
- 19:36Ça me reviendra.
- 19:37Mais ce sont les quatre plus gros retailers.
- 19:40Et ensuite,
- 19:41ce sont des petits micro par-ci,
- 19:43micro par-là avec qui on ne bosse pas parce que malheureusement,
- 19:45ceux qui ont le monopole ou qui ont la dominance sur le marché ne veulent pas que les marques,
- 19:54en tout cas que moi,
- 19:54j'ai eu à tenir.
- 19:55ou que le tien soit distribué chez eux.
- 19:59Donc,
- 20:00parce que c'est aussi du politique,
- 20:01on va dire ça comme ça,
- 20:03on reste avec ceux qui nous font le plus de chiffres.
- 20:06Très bien.
- 20:08Concentration du marché avec un certain nombre de leaders,
- 20:12ça paraît cohérent.
- 20:13Et en termes de lancement,
- 20:14quand une marque arrive,
- 20:16je sais qu'il y a souvent des événements de lancement avec des créateurs de contenu,
- 20:23des célébrités,
- 20:25soit dans le milieu de la musique ou dans le milieu du cinéma.
- 20:29Est-ce que ça fait aussi partie de stratégies sur lesquelles tu travailles pour pouvoir assurer,
- 20:35comment dire,
- 20:35pour pouvoir...
- 20:36Pour s'assurer qu'en termes informés,
- 20:39en tout cas,
- 20:39du lancement d'un nouveau produit,
- 20:42d'une nouvelle marque sur un territoire ?
- 20:45Oui,
- 20:45absolument.
- 20:46C'est très important déjà parce qu'on n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence.
- 20:54Ce n'est pas comme si on a la culture du MOL ou la culture de la marche,
- 20:58ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça.
- 21:04pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité,
- 21:08en tout cas son plan d'action.
- 21:10Donc les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien.
- 21:15Donc pour l'instant,
- 21:15jusqu'à ce qu'il y ait la culture du MOL ou des boutiques suffisamment sophistiquées ou développées pour attirer l'attention,
- 21:22nos moyens de communication sont principalement par l'influence,
- 21:25par le média.
- 21:26Et oui,
- 21:29on a des façons différentes de communiquer selon les marques ou les maisons qu'on représente.
- 21:34Si on prend des marques un peu plus simples,
- 21:39enfin pas un peu plus simples,
- 21:41ça manque de temps,
- 21:43des marques plus organiques dans leur lancement,
- 21:48on va prendre,
- 21:49quand je dis organique,
- 21:50c'est en termes de façon d'ADN déjà.
- 21:53Si je pense à Dior par exemple,
- 21:55je pense à Fancy,
- 21:56qui sont des marques qui auront de manière organique une facilité d'implantation.
- 22:02Tout simplement parce que
- 22:03Fenty peut se retrouver à la plage comme genre sauvage,
- 22:06comme genre backstage peut se retrouver à la Fashion Week.
- 22:09Ce sont des marques qui aisément épousent le système qui est déjà mis en place.
- 22:14Il y a des marques plus complexes à gérer comme Armani,
- 22:17qui est une marque très pointue en termes d'esthétisme,
- 22:21qui fait quand même appel au costume,
- 22:23qui ne peut pas s'implanter partout.
- 22:24Il y a des maisons comme Clave Christian aussi,
- 22:27qui est une maison de niche où les entrées de...
- 22:32Les produits sont à 500 pounds,
- 22:35donc on ne va pas les inventer de la même manière.
- 22:37On a des influenceurs ou même des personnes d'influence qu'on ne pourrait pas forcément représenter dans ces maisons également.
- 22:44Si on prend
- 22:45Fancy, par exemple,
- 22:46qui s'en fiche un peu à raison du code vestimentaire de son client,
- 22:54parce qu'ils sont très edgy,
- 22:55ils sont très libres,
- 22:57ils sont très inclusifs.
- 23:02On a des marques plus élitistes,
- 23:05si on peut dire ça comme ça.
- 23:06Et donc,
- 23:06on ne fera pas la même démarche de lancement.
- 23:08C'est Franck-Leif
- 23:09Christian, qui est une marque pour qui j'ai fait du consulting.
- 23:13Lorsqu'on a fait le lancement,
- 23:14les influenceurs étaient triés sur le volet.
- 23:16Il fallait regarder la réputation de l'influenceur,
- 23:19savoir ce qu'il faisait dans la vie,
- 23:20qui avait accès à lui,
- 23:23quelle était sa classe sociale.
- 23:26Ensuite,
- 23:26le lancement,
- 23:27on l'a fait accompagné d'une banque en utilisant les datas clientèles de cette banque en question pour prendre les meilleurs de leurs clients parce que le projet était à
- 23:37500 pounds,
- 23:38c'est-à-dire 600-700 euros en montant.
- 23:40Ça,
- 23:40c'est l'entrée de gamme.
- 23:42Donc,
- 23:43on ne vendra pas un gloss ou un parfum de niche comme on vendra du commercial.
- 23:52Pas du tout.
- 23:53Ce n'est pas le même développement,
- 23:54ce n'est pas la même attraction,
- 23:55ce n'est pas la même stratégie.
- 24:00Très bien.
- 24:00Donc,
- 24:01du coup,
- 24:02toi,
- 24:02tu vas intervenir autant sur la partie commerciale,
- 24:05distribution,
- 24:06dans les stratégies,
- 24:07mais également sur la partie communication,
- 24:09puisque communication influence l'autorité de la marque,
- 24:12puisque les deux sont complètement liés pour pouvoir assurer le développement et le succès d'une stratégie de lancement en Afrique.
- 24:21Absolument.
- 24:23Je micromanage quasiment tout.
- 24:25Et ça,
- 24:25c'est mon côté perfectionniste,
- 24:27qui n'apparaît pas toujours en ligne,
- 24:29je sais,
- 24:29parce que je suis très spontanée,
- 24:31très drôle,
- 24:32très bubbly,
- 24:34si on peut dire ça comme ça,
- 24:35parce que ça,
- 24:35c'est mon côté loisir.
- 24:37Mais au travail,
- 24:38je suis très pointue,
- 24:40très constante.
- 24:40Et surtout,
- 24:42je déteste l'incompétence.
- 24:45S'il y a vraiment une chose que je déteste,
- 24:48c'est l'incompétence.
- 24:49Et quand on travaille en Afrique,
- 24:51On a un gros choc culturel d'expertise.
- 24:55Et je précise,
- 24:56parce que je ne vais pas dire que c'est de l'incompétence,
- 24:59mais si je ne vérifie pas tout ça,
- 25:02ce que j'ai appris sur le tas,
- 25:03justement,
- 25:03c'est moi qui deviens compétente.
- 25:05Alors,
- 25:05on a une grosse problématique de recrutement.
- 25:07Parce qu'on a une distribution qui,
- 25:09en général,
- 25:10il cherche des exécutants.
- 25:12Et dans une compagnie,
- 25:13il faut de tout.
- 25:14Il faut des stratégistes,
- 25:15il faut des exécutants.
- 25:16Et tout le monde a un rôle bien précis pour le bien-être ou le bon fonctionnement des tâches quotidiennes.
- 25:25La problématique,
- 25:26c'est que la distribution ne développe pas les talents.
- 25:29Et donc,
- 25:30quand on arrive en Afrique,
- 25:32il faut avoir son expertise.
- 25:33Parce que ce ne sont pas les entreprises,
- 25:36en tout cas dans les...
- 25:36avec lesquels j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui,
- 25:38qui développeront,
- 25:39par exemple,
- 25:40je n'ai pas bossé avec L'Oréal directement,
- 25:42j'ai bossé avec la distribution qui représentait L'Oréal.
- 25:44L'Oréal développe des talents,
- 25:48L'AMH développe des talents,
- 25:49vous avez des formations,
- 25:50vous avez des trainings,
- 25:51vous avez des upgrades ou des programmes d'entraînement,
- 25:57etc.
- 25:58ou des best practices auxquels vous avez accès,
- 26:01que nous,
- 26:01on n'a pas.
- 26:02Donc,
- 26:02quand on arrive,
- 26:03c'est quasiment avec son talent,
- 26:05bon,
- 26:06avec son expertise,
- 26:07et c'est à nous de le développer.
- 26:09La problématique,
- 26:10c'est que comme ces entreprises ne recrutent pas beaucoup de talents de management,
- 26:16ou de...
- 26:18comment on appelle ça ?
- 26:20En tout cas,
- 26:20un niveau de master qui a été à l'international de la diaspora,
- 26:26qui a quand même été très exposé au code luxe,
- 26:29ou qui a été très exposé à une éducation,
- 26:32je dis bien une éducation scolaire,
- 26:34on ne parle pas d'éducation personnelle,
- 26:35mais...
- 26:36L'éducation scolaire qui a pu développer cet accès à l'expertise du raffinement ou de la sophistication,
- 26:44ça fait que leur regard sur le marché n'est pas le même.
- 26:50Si je donne un exemple,
- 26:52la dernière fois,
- 26:52il y avait une masterclass en produits.
- 26:54Les produits que nous,
- 26:56on manage étaient par terre,
- 26:58dans des sacs shopping bags au sol.
- 27:01Et ça ne dérangeait personne parce que leur...
- 27:03œil,
- 27:04leur regard professionnel n'est pas affûté pour voir ce genre de détails.
- 27:09Donc si moi,
- 27:10du haut de mon bureau,
- 27:12je ne suis pas poète et paysanne,
- 27:15je vais tomber les marches,
- 27:16parce qu'il est hors de question de voir des produits qui sont aussi bien tenus ailleurs être par terre en Afrique ou en Géant,
- 27:25en tout cas dans tous les marchés que j'analyse.
- 27:30Et...
- 27:31Et...
- 27:32même en termes de chefs,
- 27:33en termes de construction,
- 27:35s'il y a la poussière à gauche,
- 27:36à droite,
- 27:36la selling ceremony,
- 27:38comment le client est accueilli en boutique,
- 27:43il faut être attentif au training,
- 27:45est-ce qu'ils ont bien retenu ?
- 27:46Est-ce que là,
- 27:47c'est vraiment ça ?
- 27:48C'est qu'il y a une disparité dans les classes sociales qui fait qu'entre la vendeuse et la cliente,
- 27:54il y a une mille et une mille lumières d'intérêts communs.
- 27:56Il y en a une qui voyage tous les mois et l'autre qui n'a jamais...
- 27:59Pour qui l'égo,
- 28:00c'est déjà un voyage hors normes.
- 28:02Donc c'est très compliqué,
- 28:04c'est comme aller à Paris chez Guerlain et peut-être se faire vendre un produit par quelqu'un qui vient d'une 93.
- 28:11C'est vraiment pour donner cette disparité.
- 28:13Quelqu'un qui vient d'une 93,
- 28:14qui ne s'est pas fait les ongles,
- 28:16qui a une perruque.
- 28:18Mais ce genre de détails,
- 28:19ça paraît très primaire ce que je dis,
- 28:22mais c'est la réalité.
- 28:24Et comme la distribution ou les retailers n'ont pas cette notion de...
- 28:32comment dire,
- 28:33cette notion de développement humain.
- 28:37Oui,
- 28:37on va leur donner des tenues vestimentaires,
- 28:39mais on n'aura pas,
- 28:40comme par exemple chez Emirates,
- 28:42un cours de beauté,
- 28:44un cours de maquillage pour les make-up artists,
- 28:48un cours de,
- 28:49comment dire,
- 28:51d'hygiène de cours.
- 28:53La manière dont les doigts peuvent être faits,
- 28:55quand on tient un parfum,
- 28:56comment est-ce qu'on l'expose,
- 28:59etc.
- 28:59C'est très important.
- 29:00Et donc,
- 29:01si on a...
- 29:01pas comme moi cette connaissance par curiosité,
- 29:05par passion,
- 29:05par expérience,
- 29:10par chance peut-être.
- 29:11Si on n'a pas ça et qu'on reste derrière son bureau,
- 29:15on laisse un marché tomber.
- 29:17Et donc au fur et à mesure,
- 29:20une personne par une,
- 29:21on change un peu la donne.
- 29:23Donc on remartèle des leçons,
- 29:26on remartèle des cours,
- 29:27on remartèle des fonctionnements.
- 29:30Puis,
- 29:30dans un autre marché,
- 29:32je n'aurais pas besoin de le faire.
- 29:33Parce qu'il y a d'autres équipes qui s'occupent de ça.
- 29:36Mais quand on est one in a million à savoir le faire et à devoir le faire,
- 29:40eh bien,
- 29:40on le fait.
- 29:41Je comprends,
- 29:42il y a une dimension managériale qui est du coup super importante dans ton job que potentiellement,
- 29:47tu n'aurais pas si tu travaillais dans une autre région du monde.
- 29:52Toi,
- 29:52tu as une...
- 29:54Tu as une bonne expertise du marché de la beauté en Afrique et particulièrement en Nigeria.
- 30:01C'est quoi les évolutions que tu as pu constater,
- 30:05ça peut être en termes de produits,
- 30:06comme en termes de comportement des consommateurs,
- 30:09qui toi ont pu te frapper dans la manière dont...
- 30:13Alors pour moi,
- 30:14ce n'est pas en comparaison par rapport à ce qui se passe en Occident,
- 30:16mais c'est plutôt,
- 30:18qu'est-ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la beauté en Afrique,
- 30:20si tu devais nous donner trois petits insights à retenir ?
- 30:24Alors déjà il y a une grosse vague skin care,
- 30:29qui est maintenant une des grandes modes,
- 30:31c'est d'avoir un teint zéro défaut,
- 30:35avoir le teint brillant en se mettant des produits skin care et d'avoir vraiment ce côté,
- 30:40on n'est plus dans la couvrance.
- 30:41Quand je venais d'arriver,
- 30:42c'était vraiment,
- 30:43ça fallait toujours à un certain extent,
- 30:45mais c'était vraiment tout cacher,
- 30:47tout couvrir,
- 30:48tout voiler.
- 30:49Donc là on a changé,
- 30:50on n'est plus dans les fonds de teint hyper couvrants,
- 30:52on est dans des crèmes teintées,
- 30:54on est dans des fonds de teint allégés,
- 30:56on est dans vraiment le côté soin,
- 31:00on est dans une grosse phase soin.
- 31:03Il y a aussi des maquillages plus légers,
- 31:06forcément,
- 31:08le développement de tout le côté marin,
- 31:11tout le côté plage,
- 31:12le lifestyle qui se tourne autour de laquelle je pense aussi faciliter cette envie.
- 31:16de voir sa peau un peu plus reposée,
- 31:18d'être un peu plus naturelle.
- 31:20Les nid de géant ne sont pas très naturelles,
- 31:22mais on remarque quand même une différence de sophistication dans la manière dont c'est fait.
- 31:27Donc ça,
- 31:28j'ai ça.
- 31:30Ensuite,
- 31:30il y a eu un gros changement que moi je pensais être très lié au type de consommation,
- 31:36c'est la chute du Naira,
- 31:38qui a quand même baissé de
- 31:4070% en valeur.
- 31:41Et donc là,
- 31:42on a eu une grosse chute de consommation également.
- 31:46Et puis au final,
- 31:47je me suis rendue compte que non.
- 31:50En fait,
- 31:50ce qui énerve,
- 31:51je veux dire,
- 31:51qui commence à mettre les sociétés en colère,
- 31:58si on peut dire ça comme ça,
- 32:00dans le milieu de la beauté,
- 32:02c'est qu'elles se disent que les marques internationales arrivent simplement pour faire leur argent et partir sans prendre part à la culture,
- 32:11sans investir,
- 32:12sans être curieux et juste font les choses comme ça.
- 32:14Donc...
- 32:15ils décident de ne quasiment plus acheter,
- 32:17même pas parce que c'est plus cher,
- 32:18mais juste parce qu'ils ont perdu l'intérêt d'acheter localement,
- 32:21qui est quand même le premier challenge auquel on fait face,
- 32:26c'est qu'il faut acheter localement,
- 32:27ils préfèrent pas.
- 32:29Donc ils se disent,
- 32:30tant qu'à faire,
- 32:30je préfère acheter à Londres et me faire livrer à Lagos que d'acheter à Lagos parce que les marques ici ne nous respectent pas.
- 32:36Et ils ont bien compris que le système des marques internationales
- 32:42au Nigeria,
- 32:43en tout cas en Afrique,
- 32:43n'est pas le même.
- 32:44Donc si on prend les mêmes marques à Paris et les mêmes marques à Lagos,
- 32:48ils n'auront pas du tout le même intérêt pour le consommateur,
- 32:51ils ne seront pas dans le fichier client,
- 32:53ils n'auront pas un meilleur traitement.
- 32:56Donc en gros,
- 32:56ils ont compris qu'il n'y a aucun,
- 32:58je précise et je l'en dis,
- 32:59il n'y a aucun intérêt à acheter un produit international en Afrique.
- 33:04Il n'y en a pas un.
- 33:05Pas le fichier client,
- 33:06la réception est mauvaise,
- 33:07le service n'est pas bon.
- 33:09Le produit se demande s'il est vrai ou pas,
- 33:11s'il a tourné ou non,
- 33:12mais ça c'est psychologique.
- 33:14Acheter avec une monnaie qui n'est pas intéressante,
- 33:17même la psychologie de l'argent par exemple,
- 33:19il y a une différence entre un billet de 100 euros et 150 000 l'aira ou 250 000 l'aira,
- 33:25ça fait quand même beaucoup plus en pensée que prévu.
- 33:30Non,
- 33:30il n'y a aucun intérêt,
- 33:31donc pourquoi le faire après les emboutées à HMH,
- 33:33à revenir ?
- 33:34Non,
- 33:34il n'y a aucun intérêt.
- 33:36Donc ça c'est quelque chose que les marques,
- 33:38je pense,
- 33:38n'ont pas encore compris,
- 33:39parce que leur objectif premier c'est de vendre,
- 33:41alors qu'en fait on n'achève pas pour un produit,
- 33:43on achève pour une promesse.
- 33:45Quelle est la promesse qu'on a quand on pense une boutique au Nigeria ?
- 33:49Il n'y en a pas.
- 33:50Donc quel est l'intérêt ?
- 33:51Aucun.
- 33:53Et je pense qu'ils ont perdu l'intérêt,
- 33:55ni même l'intention,
- 33:56en fait ils n'y pensent même plus,
- 33:57ça paraît trop distant.
- 33:59Et je pense que si les marques étaient au courant de cette...
- 34:03Cette façon d'agir localement qui est toujours très mauvaise,
- 34:06on a certains retailers qui demandent des contrats avec des influenceurs,
- 34:10de ce que j'ai cru comprendre là.
- 34:12Et une fois que le produit,
- 34:14le contenu est fait,
- 34:15ils leur demandent de leur rendre les produits et tout.
- 34:18Il y a tellement de choses qui se font,
- 34:19c'est un peu la mafia,
- 34:21si on peut dire ça par moments,
- 34:22c'est un peu la mafia du traitement qui en défaveur des marques à l'international.
- 34:29Et comme il n'y a pas de pont...
- 34:31entre,
- 34:31c'est pour ça que j'ai créé mon entreprise d'ailleurs,
- 34:34pour éviter d'être derrière la distribution et plutôt avoir ma propre compagnie où je peux avoir un accès direct aux maisons et leur expliquer avec une certaine cohérence et une bienveillance les travers du business du marché local.
- 34:50C'est ce que j'essaie de faire à chaque fois que je fais du consulting pour l'EMA.
- 34:52Parce que quand on travaille avec la distribution par exemple,
- 34:55on a du mal à passer au-dessus de la hiérarchie pour expliquer une problématique qui de toute manière finira par être agressée si on la partage.
- 35:04Donc voilà.
- 35:07Très bien,
- 35:07merci pour ces insights extrêmement précis sur le marché africain parce qu'à chaque fois en fait on déplore le manque de data.
- 35:14Et moi,
- 35:15je trouve ça toujours intéressant de poser des questions à des gens qui sont sur place et qui travaillent pour des marques,
- 35:20tant que tu es au fait de vraiment ce qui se passe localement.
- 35:24Ce n'est pas un regard externe,
- 35:29en fait,
- 35:30ou rapporté.
- 35:31Donc ça,
- 35:31je trouve ça super intéressant.
- 35:34Surtout que je me permets juste de rajouter un truc pour les datas.
- 35:38Oui,
- 35:38on déplore qu'il n'y ait pas de data,
- 35:40mais en fait,
- 35:40on ne cherche pas les datas non plus.
- 35:41On veut.
- 35:42On ne crée pas de data,
- 35:44on veut juste que les marques en général veulent juste arriver et que les data soient toutes faites.
- 35:48Non.
- 35:49En fait,
- 35:49au lieu de payer une compagnie qui va faire du faux collecte data,
- 36:00je ne sais pas comment dire ça,
- 36:01la collection de données,
- 36:03une étude,
- 36:06je recommande toujours à ces maisons d'avoir un système opérationnel.
- 36:11La problématique,
- 36:12c'est qu'aucune de ces maisons n'a une plateforme opérationnelle.
- 36:16C'est-à-dire que dès qu'il y a un local ou un lieu ou un événement où il peut se passer beaucoup de choses pour la marque,
- 36:24elle ne peut pas avoir cette dynamique d'implantation ou de participation parce qu'elle n'a pas de budget opérationnel,
- 36:32tout simplement.
- 36:33Alors,
- 36:34en ayant un budget opérationnel,
- 36:35ça permet qu'elle soit présente à l'endroit et qu'elle puisse justement créer leurs datas à partir de là.
- 36:40créer leur base de données à partir de ça.
- 36:42Après,
- 36:43dire qu'il n'y a pas de data,
- 36:44ce n'est pas tout à fait vrai.
- 36:46Ne pas savoir comment utiliser les datas,
- 36:48c'est une autre chose.
- 36:49Et comme ces marques ne font aucun partenariat avec d'autres maisons,
- 36:52d'autres instituts,
- 36:55d'autres événements,
- 36:57elles n'auront jamais les datas.
- 36:58Parce que si une marque arrive et se dit,
- 37:00comme on avait fait une fois,
- 37:02il y a des concerts,
- 37:03tous ces concerts ont des bases de données incroyables de tous les consommateurs.
- 37:07Il y a des centres d'esthétique.
- 37:08Le Nigeria est reconnu pour ses centres d'esthétique.
- 37:11Toute l'Afrique voyage pour aller au Nigeria pour avoir des soins de peau.
- 37:14Il y a des datas incroyables.
- 37:15Dans les banques,
- 37:16il y a des datas incroyables.
- 37:17Nous,
- 37:17on a fait un lancement avec des banques.
- 37:20Donc,
- 37:20ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de data.
- 37:21C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où les chercher,
- 37:23comment les traiter et quoi en faire.
- 37:26Oui,
- 37:28il y en a.
- 37:29Merci pour cette précision.
- 37:32Du coup,
- 37:33effectivement,
- 37:33il y a un sujet de l'accessibilité de la data et de prendre le temps de la chercher,
- 37:37en fait,
- 37:38parce que là où on va être habitué à,
- 37:40surtout ce qui est le marché occidental,
- 37:42il va y avoir énormément,
- 37:45il y a presque trop de data.
- 37:46Il y a
- 37:47Business of Fashion qui sort un livre blanc gratuit,
- 37:51il y a McKinsey qui sort un livre blanc,
- 37:53il y a
- 37:54Bain Company qui sort un livre blanc.
- 37:55Il y a des infos de toutes parts.
- 37:58Et c'est vrai que sur le marché africain,
- 38:00il n'y a pas cette facilité d'accès qui peut nous donner l'impression qu'il n'y en a pas.
- 38:04Mais effectivement,
- 38:05l'idée,
- 38:05c'est d'aller prendre le temps d'aller chercher et aussi de mettre en place des choses,
- 38:10comme tu le disais,
- 38:11pour pouvoir créer de la data et en collecter de manière régulière pour le faire évoluer.
- 38:19Maintenant,
- 38:19je voulais en venir à toi.
- 38:22Donc,
- 38:22tu as ce parcours dans la beauté où tu travailles en tant que consultante,
- 38:25tu travailles en direct.
- 38:26pour un certain nombre de groupes experts dans la beauté ou de marque.
- 38:30En parallèle,
- 38:31tu as la création de contenu et tu as la création de ta marque.
- 38:35Donc la création de contenu,
- 38:36c'est quelque chose que je suis depuis longtemps,
- 38:40parce que ta passion pour la beauté,
- 38:44tu l'as exprimée à travers de l'écriture,
- 38:47à travers le blog.
- 38:48Et puis la marque,
- 38:49c'est venu un peu après,
- 38:51parce que tu as une passion pour la beauté,
- 38:52mais tu as aussi une passion pour la mode.
- 38:54J'appelle ça des passions...
- 38:55Toi,
- 38:56tu me diras si c'est le terme que tu emploies,
- 38:57mais en tout cas,
- 39:00je pense que la mode,
- 39:01c'est aussi assez important pour toi.
- 39:03Donc,
- 39:04est-ce que tu peux nous parler du côté,
- 39:07je dirais,
- 39:08on peut commencer par la partie création de ta marque.
- 39:10Parce que là,
- 39:11ça fait quelques années qu'elle est créée,
- 39:12ta marque de mode,
- 39:13Muse Atelier.
- 39:14Oui,
- 39:15tout à fait.
- 39:16Alors Muse,
- 39:17je l'ai pensé il y a très,
- 39:18très longtemps et je n'avais pas le temps.
- 39:21Je n'avais pas le temps de la créer.
- 39:22Et je me dis,
- 39:23je dis toujours ça,
- 39:24mais ce qui est le pire,
- 39:24c'est que je l'ai créée à l'époque où j'étais le plus occupée.
- 39:28C'est durant le Covid.
- 39:29Et durant le Covid,
- 39:30on n'avait pas une seule seconde.
- 39:31Et je pense qu'à force de travailler,
- 39:33parce que durant le Covid,
- 39:34je managais encore
- 39:36L'Oréal, lui,
- 39:37ça a plein de temps,
- 39:39pas à travers ma compagnie,
- 39:40mais à plein de temps,
- 39:41et on n'avait pas une seule seconde.
- 39:43Et en fait,
- 39:44je pense qu'à force,
- 39:45comme on dit,
- 39:46l'appétit vient en mangeant.
- 39:47J'avais déjà déposé
- 39:49Muse Atelier,
- 39:51Muse pour le coup,
- 39:52j'avais déjà déposé Muse,
- 39:54et je sors d'une rupture,
- 39:58et là je suis triste,
- 40:00je n'en pouvais plus de ma vie,
- 40:03et je me dis,
- 40:05j'étais hyper occupée,
- 40:06donc à chaque fois que j'étais en meeting avec L'Oréal,
- 40:08je mettais Mute,
- 40:08je pleurais,
- 40:09je remettais Mute.
- 40:11J'explique ça,
- 40:11mais vraiment,
- 40:12c'est très important d'avoir une dimension psychologique dans mon approche,
- 40:15parce que je ne veux pas que tout le monde pense « oui,
- 40:17elle fait ça et tout d'un coup,
- 40:18ça fonctionne »
- 40:19ou « elle fait ça,
- 40:20tout va toujours bien dans sa vie » ,
- 40:21etc.
- 40:22C'est toujours important d'avoir une transparence sur son habilité à rebondir quand ça ne va pas,
- 40:29ou son état d'esprit.
- 40:31Je sors d'une rupture,
- 40:32je suis à Dubaï,
- 40:34et le jour de ma rupture,
- 40:36je reçois enfin,
- 40:37alors que j'avais fait un dépôt de...
- 40:39de marque pour le Nigeria,
- 40:42pour Muse.
- 40:43Je reçois,
- 40:44je pense que c'était le 19 décembre,
- 40:47je ne sais plus exactement,
- 40:48le 19 ou le 23,
- 40:48je ne sais plus.
- 40:49Je reçois le jour de ma rupture mon certificat d'enregistrement de ma marque.
- 40:57Je me dis,
- 40:57quel cadeau !
- 40:59Quel cadeau !
- 41:00Et finalement,
- 41:00je pleure à moitié,
- 41:02mais je pleure quand même.
- 41:03Enfin bref,
- 41:04on déprime pendant des mois et des mois.
- 41:05Et pendant des mois,
- 41:06je fais tout en pleurant.
- 41:08Et je suis occupée avec L'Oréal et je pense qu'à force de bosser,
- 41:12ça m'a donné envie de continuer.
- 41:14Et je me dis,
- 41:15écoute,
- 41:15c'est quoi au lieu de pleurer,
- 41:17rester seule dans ma chambre,
- 41:18je vais commencer à dessiner mes dessins.
- 41:20Et je commence à chercher tous mes tissus,
- 41:23en plus il y a le Covid.
- 41:24Donc au départ,
- 41:25mes tissus,
- 41:25je les prenais au marché et je me suis rendue compte que j'étais juste en train de me divertir et que ça me poussait à me lever à des heures où je n'aurais peut-être rien fait,
- 41:33où je ne serais peut-être,
- 41:35je serais restée dans ma chambre à pleurer.
- 41:36Et je me suis dit,
- 41:36voilà,
- 41:36je suis en train de me divertir.
- 41:37tous les jours où j'aurais envie d'être mal,
- 41:39je vais marcher.
- 41:40Donc,
- 41:40comme j'allais au marché dans tous les cas,
- 41:42j'avais une activité physique.
- 41:44Je pense que ça a contribué parfaitement à ma petite guérison,
- 41:52si on peut dire ça comme ça,
- 41:53parce que finalement,
- 41:53la confiance en soi,
- 41:54c'est le fait d'accomplir des choses et d'en être fière.
- 41:58Et du coup,
- 41:58je pense que ça a vraiment participé à ma « recovery » ,
- 42:02si on peut dire ça comme ça.
- 42:05Et je lance donc Muse et je lance ma collection.
- 42:07Et en plus,
- 42:07je ne lance pas ma collection en étant certaine que ça va fonctionner.
- 42:12Je garde un gros stock et à chaque fois,
- 42:14je me dis non,
- 42:15je ne suis pas prête,
- 42:15je ne suis pas prête,
- 42:16je ne suis pas prête.
- 42:17Et je ne la lance jamais alors que j'ai toute une collection.
- 42:20J'ai quasiment tout été fait quasiment.
- 42:22Et là,
- 42:22j'ai une amie qui a une boutique ici à l'égo.
- 42:24C'est une amie nigériane,
- 42:26nigériane,
- 42:27nigérique.
- 42:28Elle arrive chez moi.
- 42:30Et elle me dit « Mais Vanessa,
- 42:31t'es prête ? »
- 42:31Et elle,
- 42:31elle a une boutique de prête à porter,
- 42:33elle a un molle,
- 42:34etc.
- 42:35Et je lui dis « Non,
- 42:35je ne suis pas prête. »
- 42:36Et je pense qu'en fait,
- 42:38je pense que si je dois pointer une émotion,
- 42:42je pense que c'était de la peur,
- 42:44alors que je ne considérais pas que c'était de la peur,
- 42:46j'avais juste l'impression que je n'étais pas prête.
- 42:48Et je pense aujourd'hui,
- 42:49avec un peu de recul,
- 42:51que j'avais juste peur de me lancer officiellement.
- 42:53Elle me dit « Mais non,
- 42:54attends,
- 42:54je t'achète ça,
- 42:55ça,
- 42:55ça. »
- 42:56Donc elle me dit...
- 42:56regarde où sont les shopping bags,
- 42:59tout était prêt.
- 43:00Et donc je lui donne tout,
- 43:02je mets tout sur le shopping bag et je lui vends.
- 43:05Et je lui dis,
- 43:06mais alors pourquoi tu n'étais pas prêt ?
- 43:07Tout était prêt,
- 43:07vends tes produits.
- 43:09Et donc là je dis,
- 43:10c'est vrai.
- 43:11Et toi tu dis non,
- 43:11non,
- 43:11non,
- 43:12on nous tape pas,
- 43:13etc.
- 43:14Et donc c'est là que Muse commence.
- 43:17Et puis de toute manière,
- 43:17il y a une citation que j'adore qui dit que quand tu lances ton produit et qu'il n'y a plus rien à changer,
- 43:23c'est que tu l'as lancé trop tard.
- 43:26Et donc je lui disais mais il manque ça,
- 43:27il manque ça,
- 43:27il dit non regarde tu as réussi à me vendre des articles là c'est que c'est bon,
- 43:31allez tu te lances.
- 43:32Et donc là je lance Muse et Muse Atelier pour le coup et belle réception du public,
- 43:39si ça fonctionne jusqu'aujourd'hui donc tant mieux.
- 43:42Là je vais lancer mon premier,
- 43:43je vais faire,
- 43:44c'est encore,
- 43:45j'ai juste accepté mais je n'ai encore rien signé,
- 43:47je vais faire mon premier défilé pour octobre,
- 43:50octobre,
- 43:50novembre.
- 43:52Je suis déjà en train de préparer la collection donc j'aurais peut-être pas...
- 43:54collection d'été là parce que c'est mon premier fashion show,
- 43:58on ne sait pas,
- 43:59mais là j'essaie de jongler un petit peu entre mes différents projets et surtout mes différentes entreprises pour voir ce que je peux faire à mon rythme ou en tout cas je dis toujours l'essentiel c'est d'avancer à son rythme.
- 44:14Il n'y a pas de pression,
- 44:15je ne suis pas en train de faire la concurrence avec la fashion week et tous les lancements ni même Zara à mon rythme et puis...
- 44:21tant que j'avance et que j'ai une vision,
- 44:26ça va.
- 44:27C'est une bonne philosophie.
- 44:29On fait la course contre personne à part nous-mêmes,
- 44:31donc c'est à nous de définir le rythme,
- 44:33en fait,
- 44:34et pas de se laisser finalement stresser par le bruit autour.
- 44:41On n'a pas les mêmes ressources,
- 44:42les mêmes moyens,
- 44:43donc des fois,
- 44:44on se compare à des gens qui n'ont pas du tout.
- 44:47On compare des choses qui ne sont pas comparables.
- 44:50En tout cas,
- 44:50je te remercie dans ton témoignage de faire preuve de vulnérabilité parce que je suis assez d'accord avec toi.
- 44:55On a tendance à raconter des success stories,
- 44:57à montrer des belles photos,
- 44:59à montrer tout ce qui va bien.
- 45:00Et effectivement,
- 45:01on a l'impression que tout va bien pour cette personne.
- 45:04Regarde,
- 45:04elle a une marque,
- 45:05elle est totale,
- 45:06elle sourit tout le temps.
- 45:08Donc,
- 45:09tout va bien.
- 45:10Et en fait,
- 45:11c'est ce qu'on souhaite.
- 45:12Mais c'est vrai que le parcours d'entrepreneur,
- 45:15effectivement,
- 45:15il y a des challenges,
- 45:16il y a des défis.
- 45:17Il faut gérer le perso,
- 45:18et ce n'est pas toujours évident.
- 45:22Et même le trou,
- 45:23il faut le gérer.
- 45:25Je vais donner cet exemple parce que c'est tellement important de ne pas faire la même chose.
- 45:29C'était une de mes grosses erreurs de débutant.
- 45:33Donc,
- 45:34je lance Muse,
- 45:35et je pense qu'un de mes premiers chiffres au lancement de Muse,
- 45:37c'était dans les
- 45:3830K.
- 45:40Et je me dis,
- 45:42oh,
- 45:42tout cet argent pour moi,
- 45:43etc.
- 45:44Mais délire total.
- 45:46Quand je dis délire total,
- 45:48délire total.
- 45:49Et là,
- 45:50je vais à Dubaï,
- 45:51je prends mes vacances.
- 45:52Je vais à Dubaï,
- 45:53je m'achète une chauffard.
- 45:55Je demande,
- 45:55j'appelle ma soeur,
- 45:56une montre,
- 45:57je précise.
- 45:58J'appelle ma soeur,
- 45:59je dis,
- 45:59qu'est-ce que tu veux et tout.
- 46:00J'ai fait beaucoup d'argent,
- 46:01machin.
- 46:02J'appelle mon autre soeur,
- 46:03je leur achète un peu toutes les choses.
- 46:06Et là,
- 46:07il faut créer l'autre collection.
- 46:09Mais Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu.
- 46:15Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu parce qu'elle a manqué de discipline.
- 46:19Parce que c'était la première fois que d'un coup,
- 46:22je gagnais autant.
- 46:23Et je précise,
- 46:24d'un coup,
- 46:25je ne gagnais pas progressivement.
- 46:28Et je me dis,
- 46:29c'est ouf.
- 46:30Et je regarde,
- 46:32pendant que je regrette un petit peu,
- 46:34je regarde une interview de Dengueté.
- 46:38C'est pour ça que j'en parle,
- 46:39parce que pour celles qui ne regardent pas Longoté,
- 46:41pour celles qui ne suivent pas son parcours,
- 46:44pour celles qui suivent mon parcours,
- 46:46je regarde donc Vanessa,
- 46:47donc regarde l'interview de Longoté et on lui demande quelle erreur un jeune entrepreneur fait en général.
- 46:53Et il dit la première erreur qu'un jeune entrepreneur fait en général,
- 46:56c'est de gagner ses revenus et de les dépenser dans des consommations qui n'ont rien à voir avec le business.
- 47:06chose exactement que j'ai faite.
- 47:08Et c'est pour ça que je donne toujours ce conseil à toute personne,
- 47:11c'est de garder la même discipline que vous avez eue pour commencer.
- 47:15Ne vous laissez pas séduire ou flatter par les chiffres.
- 47:21C'est cet argent dont vous avez besoin pour construire la suite.
- 47:25Et si je n'avais pas dépensé cet argent,
- 47:28je suis persuadée,
- 47:29mais persuadée,
- 47:30après,
- 47:30toutes les erreurs sont utiles,
- 47:32que j'aurais eues en...
- 47:33plus gros développement en retailing.
- 47:35Par exemple,
- 47:36là,
- 47:36j'ai été contactée pour un autre retailer à Paris,
- 47:38un autre retailer en Côte d'Ivoire,
- 47:40un autre retailer à Cape Town,
- 47:43en Afrique du Sud,
- 47:44un retailer au Sénégal et au Cameroun.
- 47:46Et malheureusement,
- 47:47ma production est trop petite pour l'instant pour pouvoir faire plus de développement ou avoir une présence plus importante ou des ventes plus importantes.
- 47:57Et je peux te garantir que j'en reste convaincue que si je n'avais pas joué
- 48:05jouer avec ces bénéfices-là,
- 48:09je n'en serais pas à devoir exprimer cette erreur aujourd'hui.
- 48:14Donc,
- 48:15je double down sur garder vos intérêts pour réinjecter dans le travail.
- 48:21Merci pour cette masterclass et merci pour l'honnêteté,
- 48:23parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément nous raconter l'erreur,
- 48:27en fait.
- 48:27Il y en a qui ne sont pas trop à l'aise avec ça.
- 48:29C'est bien de dire que c'est comme ça qu'on apprend.
- 48:32Et c'est clair que ça peut aider énormément de porteurs de projets,
- 48:35de gens qui se lancent.
- 48:38Ou effectivement,
- 48:41les premiers euros gagnés sont les premiers à réinvestir dans la boîte.
- 48:46Puisque si tes consommateurs répondent bien à ce que tu offres,
- 48:50c'est une excellente réponse.
- 48:51Il faut réinjecter.
- 48:54Mais bon,
- 48:55je pense que tu es quelqu'un plein de ressources.
- 48:57Donc,
- 48:58on ne s'inquiète pas.
- 48:59J'ai hâte de voir la marque.
- 49:01à Paris bientôt.
- 49:02Et de toute façon,
- 49:03en attendant,
- 49:04via ton site internet...
- 49:05Non,
- 49:05alors je ne sais plus si tu as un site internet.
- 49:06Je sais que tu es sur Instagram.
- 49:08Tout à fait,
- 49:09oui.
- 49:09Alors là,
- 49:09ma marque via site internet,
- 49:11oui.
- 49:11Elle est aussi disponible à Couleur Concept à Lydian et à Paris chez Esaris pour l'instant.
- 49:20Je mettrai les liens en note de bas de l'épisode et également dans l'article que j'écrirai pour,
- 49:26comment dire,
- 49:26en même temps que l'épisode du podcast.
- 49:28Je mettrai les liens pour que vous puissiez...
- 49:30aller voir la collection.
- 49:31Et du coup,
- 49:33la marque Muse,
- 49:34c'était quoi tes inspirations ?
- 49:36C'est quoi ta cliente,
- 49:38en fait ?
- 49:39Donc,
- 49:39on sait que la principale est gérée.
- 49:40Enfin,
- 49:40je dis on sait.
- 49:41Moi,
- 49:41je te suis,
- 49:42donc je sais que la principale est gérée l'une.
- 49:43En tout cas,
- 49:44c'est toi.
- 49:45Mais du coup,
- 49:45toi,
- 49:46quand tu imagines cette marque,
- 49:48tu cimes le qui,
- 49:49en fait ?
- 49:50Alors,
- 49:50le nom de mon enseigne,
- 49:53c'est Muse,
- 49:54Muse qui représente une source d'inspiration.
- 49:58À l'époque,
- 49:59quand j'étais à l'époque du blog,
- 50:00je détestais dire les fans parce que je n'ai jamais...
- 50:03Non,
- 50:04ce n'est pas des femmes,
- 50:04la majorité de mes lectrices ou de mes muses,
- 50:06comme je les appelle,
- 50:08sont d'exceptionnelles femmes de qualité,
- 50:10certaines que je connais un peu plus parce qu'à force d'échanger chaque année.
- 50:16Je vois les profils de femmes qui me suivent,
- 50:18j'ai beaucoup de chance d'avoir des femmes intellectuelles,
- 50:21magnifiques dans leur mouvement de pensée,
- 50:23dans leurs actions si généreuses,
- 50:25gentilles,
- 50:26bienveillantes,
- 50:27donc je les ai toujours appelées les muses.
- 50:30Et donc je décide de lancer une marque et le nom de mon enseigne c'est
- 50:37« De l'émotion capturée dans du textile » .
- 50:40Emotions Capturing Textile.
- 50:42Et j'avais envie de faire une marque qui était nomade,
- 50:47nomade dans la pensée et très colorée.
- 50:50Je ne voulais pas que les couleurs unies tout le temps.
- 50:53D'ailleurs,
- 50:54je m'habillais tout le temps,
- 50:55tout le temps quasiment en couleur.
- 50:57C'est très rare que je sois en noir.
- 50:59Pas parce que le noir,
- 51:00c'est une couleur moins sympa.
- 51:01C'est juste que je suis timide de nature.
- 51:06Je sais,
- 51:06ça ne se voit pas.
- 51:08Je suis timide de nature et la couleur attire.
- 51:11Et quand on a de la couleur,
- 51:12on n'a plus besoin de faire son introduction.
- 51:16Et donc,
- 51:17j'avais envie de faire une marque,
- 51:19comme j'ai dit,
- 51:20nomade en pensée,
- 51:21qui puisse s'adapter à tous les pays chauds en général,
- 51:25qui puisse être fleurie aussi,
- 51:27qui puisse avoir de la couleur,
- 51:30de la vie,
- 51:31du mouvement.
- 51:32Et je ne voulais pas qu'elle soit figée dans une époque précise.
- 51:37Je voulais que le mus d'aujourd'hui,
- 51:39on peut le mettre hier,
- 51:40on peut le mettre demain,
- 51:41et puis qu'il y ait un accès à l'intemporalité de la femme.
- 51:48Et je trouvais que ce qu'on faisait,
- 51:50en tout cas jusqu'alors,
- 51:51au moment où je créais Mus,
- 51:53ce qu'on faisait des marques africaines,
- 51:54en général,
- 51:54c'était trop dans le cliché tout le temps.
- 51:56À l'époque,
- 51:57c'était le dashiki,
- 52:00ou alors le panne,
- 52:02etc.
- 52:03Et en plus,
- 52:04quelle panne !
- 52:05Et je me disais,
- 52:06mais attends...
- 52:08Nous sommes des Africains de la diaspora,
- 52:10nous sommes des Africains qui véhiculons aussi nos codes,
- 52:14et nos codes ne sont pas que du traditionnel tout le temps,
- 52:17enfin moi je ne m'habille jamais en traditionnel,
- 52:19sauf peut-être,
- 52:20oui,
- 52:20pour un mariage,
- 52:22ou pour la journée de la femme,
- 52:23et encore ça c'est ma mère qui nous fait les vêtements,
- 52:25je me suis dit j'aimerais un vêtement qui puisse ressembler à la femme sans le cliché,
- 52:29voilà,
- 52:31sans le cliché,
- 52:32avec le mouvement de sa vie quoi.
- 52:36Et donc j'ai créé Muse.
- 52:38J'ai créé,
- 52:39j'ai capturé de l'émotion dans du textile.
- 52:42Et du coup,
- 52:43tout ça s'est fabriqué à Lagos.
- 52:45Exactement,
- 52:46c'est fabriqué à Lagos.
- 52:47Le pari est compliqué de produire en Afrique,
- 52:52parce que chaque pièce a sa différence.
- 52:56Et ce qui dit que chaque pièce a sa différence,
- 52:58dit que chaque pièce doit être contrôlée.
- 53:01Parce que,
- 53:02en termes de qualité,
- 53:03parce que...
- 53:04d'une pièce à une autre,
- 53:05il peut y avoir un défaut de fabrication,
- 53:07il peut y avoir une différence de taille,
- 53:09il peut y avoir souvent de belles surprises aussi.
- 53:14Souvent,
- 53:14en faisant des pièces,
- 53:17on se rend compte que le tissu tourne mieux avec cette couture et pas l'autre,
- 53:21et donc on va réajuster la production.
- 53:23Donc il y a aussi du positif,
- 53:24il n'y a pas que du négatif.
- 53:26Il y a du positif de pouvoir changer les détails et puis de reprendre dans les trois premiers...
- 53:34on s'est rendu compte qu'on voulait rajouter un détail en plus,
- 53:39et bien les modèles suivants peuvent totalement être faits.
- 53:43Donc ça c'est aussi le côté un peu sympa,
- 53:47je veux dire localement.
- 53:49Et puis d'encourager les communautés aussi.
- 53:54Encourager les communautés,
- 53:55alors s'il y a une problématique à laquelle je fais tout le temps face,
- 53:59en Afrique,
- 53:59même pas que dans la mode,
- 54:02mais dans la beauté aussi,
- 54:04Mais dans la mode surtout,
- 54:06c'est cet état d'esprit de dire je ne peux pas,
- 54:11je ne sais pas faire,
- 54:12je n'y arriverai pas.
- 54:13Et en fait,
- 54:15au départ,
- 54:15je me disais oui,
- 54:16ils ont raison,
- 54:17c'est mieux de se dire,
- 54:18de dire tout simplement qu'est-ce qu'on sait faire et qu'est-ce qu'on ne sait pas faire.
- 54:21Ça,
- 54:21c'est le point fort.
- 54:22En général,
- 54:22les équipes à être lesquelles je travaille dans la beauté,
- 54:25même s'ils ont du mal à le reconnaître.
- 54:28Au départ,
- 54:29quand j'avais accès,
- 54:30quand j'avais plutôt une conversation avec...
- 54:32des personnes de la production ou de mon équipe,
- 54:35et qu'elles me disaient qu'elles ne savaient pas faire ou qu'elles ne pouvaient pas faire,
- 54:37je disais « Ok,
- 54:38si tu ne peux pas faire,
- 54:39ce n'est pas grave,
- 54:40on passe à autre chose,
- 54:41on essaiera un modèle plus facile. »
- 54:42On essaiera un modèle plus facile,
- 54:44je les ai tout le temps.
- 54:45Et en fait,
- 54:45mon ambition ne me permet pas d'accepter la facilité.
- 54:50Comme je dis,
- 54:50je suis pointue,
- 54:51je suis curieuse,
- 54:53j'ai beaucoup de drive.
- 54:54Et la fatalité m'embête profondément.
- 54:59Parce qu'en gros,
- 54:59c'est que tu n'as pas su mieux faire.
- 55:02Ce n'est pas que tu as fait de ton mieux,
- 55:03c'est que tu n'as pas su mieux faire.
- 55:04Il y a une différence entre peu mieux faire et fait de son mieux.
- 55:09Et donc là,
- 55:11j'ai fait d'ailleurs ça avec une jeune fille pour qui je fais du mentoring.
- 55:17Et je lui ai dit,
- 55:18OK,
- 55:18tu ne sais pas faire.
- 55:20mais je vais te payer pour rater.
- 55:22Donc,
- 55:22essaye et je te paye quand même.
- 55:25En fait,
- 55:25je me rends compte que localement,
- 55:28c'est une culture de se dire,
- 55:29je ne sais pas faire parce qu'on a peur de ne pas être payé si on rate.
- 55:33Et c'est cette peur qui emmène les gens localement à dire,
- 55:37je ne sais pas faire.
- 55:38Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas faire,
- 55:40c'est parce qu'ils se disent,
- 55:41si c'est mal fait,
- 55:42je ne serai pas payée.
- 55:43Et donc aujourd'hui,
- 55:45j'envoie en général une panoplie de sketchs aux équipes ou des gens que je mentor.
- 55:49en disant qu'est-ce que vous pouvez faire ?
- 55:51Donc déjà d'office,
- 55:52il me dit ce qu'il veut faire,
- 55:53j'ai dit qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire ?
- 55:55Donc là on regarde ce qu'il ne peut pas faire,
- 55:58et je pointe un article,
- 56:00et je dis je vais te payer pour essayer de faire ça.
- 56:03Et ainsi de suite.
- 56:04Et j'ai fait ça avec une grande créatrice en maroquinerie aujourd'hui,
- 56:08qui me remercie jusqu'à présent,
- 56:10parce que si ce qu'elle ne savait pas faire est devenu son best-seller,
- 56:13elle est rendue au Maroc,
- 56:15en Côte d'Ivoire,
- 56:16à Paris,
- 56:17au Nigeria.
- 56:18dans les aéroports,
- 56:20et c'était son best-seller,
- 56:21et on est parti du principe qu'elle ne savait pas faire non plus,
- 56:24et que je l'ai payé en disant,
- 56:25vas-y,
- 56:26échoue,
- 56:27tu n'as rien à perdre.
- 56:29Parce qu'à la fin de la journée,
- 56:30une réussite,
- 56:31c'est un échec qui a fonctionné.
- 56:35C'est ça.
- 56:36C'est un essai qui a fonctionné,
- 56:37donc si on va sur le principe qu'on a raté,
- 56:40et bien,
- 56:42oui,
- 56:43donc c'est ça.
- 56:44Il faut vraiment...
- 56:47Le plus gros du Nigeria,
- 56:49c'est la capacité de la pensée.
- 56:52C'est le management d'une marque compliquée.
- 56:54Super intéressant,
- 56:55c'est une bonne philosophie.
- 56:57Une réussite,
- 56:58c'est un essai qui a fonctionné en fait.
- 57:01C'est assez intéressant cette démarche-là.
- 57:04Et du coup,
- 57:05toi en perspective d'avenir pour Muse,
- 57:08c'est quoi tes ambitions en fait pour ta marque ?
- 57:11J'aimerais que Muse soit représentée un peu partout dans le monde,
- 57:15bien et net.
- 57:16Alors,
- 57:16être dans le retail et créer une boutique Muse,
- 57:18pas nécessairement.
- 57:19J'aimerais que Muse se développe,
- 57:21si je devais créer une boutique,
- 57:22c'est une boutique de beauté,
- 57:25un concept de beauté incroyable pour l'Afrique et pour les Africains,
- 57:28et qui se renchaîne un peu partout.
- 57:30Et où
- 57:31Muse serait développée,
- 57:32mais plus du côté cosmétique,
- 57:35plus du côté maquillage,
- 57:36beauté,
- 57:37parfum,
- 57:37etc.
- 57:38Le côté prêt-à-porter,
- 57:40je veux principalement que Muse soit représentée partout dans le monde,
- 57:43que ce soit dans les resorts,
- 57:44les hôtels.
- 57:46les retailings de toutes les belles boutiques,
- 57:50avec toujours,
- 57:50j'espère,
- 57:52un jour pouvoir enfin réduire.
- 57:54MUSE n'était pas parti pour être un produit qui devait coûter
- 57:58200 euros ou 180 euros.
- 58:00Et quand on se rend compte des réalités du marché,
- 58:04avec les coûts de production,
- 58:05ne serait-ce que pour faire des tissus,
- 58:06parce que j'importe mes tissus,
- 58:08donc il y a les taxes,
- 58:08la livraison des produits pour le Nigeria,
- 58:12la fabrication,
- 58:13donc la production.
- 58:14les packagings et ensuite le renvoi ailleurs,
- 58:17sachant que DHL prend déjà 60 euros de frais d'une raison,
- 58:22c'est très compliqué de rentrer dans ces frais en ajoutant même ne serait-ce qu'un peu de marge.
- 58:28Et à long terme,
- 58:29si je pouvais trouver des chaînes de production de muses beaucoup plus proches que de la production des tissus,
- 58:41ce serait l'idéal.
- 58:42Parce que je ne veux pas,
- 58:45même dans les marques que je fais,
- 58:46oui,
- 58:46j'aime le luxe,
- 58:47oui,
- 58:47j'ai les codes de luxe,
- 58:48oui,
- 58:48je les connais,
- 58:49oui,
- 58:49je m'y associe,
- 58:50oui,
- 58:50ça fait partie de moi parce que j'ai grandi dedans et c'est quelque chose dont je suis habituée.
- 58:56J'estime aussi que le luxe,
- 58:59ça n'a rien à voir avec le prix.
- 59:03Souvent,
- 59:03c'est la considération,
- 59:04c'est un feeling,
- 59:06c'est la promesse qu'on donne,
- 59:08c'est le respect qu'on attribue.
- 59:10Et j'aimerais vraiment,
- 59:12dans tout ce que j'entreprends,
- 59:13pouvoir offrir cette dynamique à ma clientèle,
- 59:16donc à mes muses,
- 59:17parce que je connais la qualité des femmes qui achètent chez moi.
- 59:24Et ce sont des femmes qui ont quasiment les mêmes critères ou alors qui aspirent à ces critères.
- 59:28Parce que je sais que j'ai beaucoup de jeunes filles qui me disent qu'elles espèrent un jour pouvoir s'offrir une pièce muse.
- 59:34Et ça me fend toujours le cœur parce que forcément,
- 59:38j'ai envie de...
- 59:39de leur faire un moins 60 ou un moins 70%,
- 59:41il faut que je reste dissonance aussi,
- 59:43et surtout que ce n'est pas dans l'offre.
- 59:48En termes de pricing,
- 59:50comme il se trouve,
- 59:51c'est dans la promesse.
- 59:53Et j'espère qu'un jour,
- 59:54elles pourront mettre du Muse à des prix plus adaptés à l'image de marque que j'ai envie de donner à Muse.
- 1:00:05Je n'ai pas envie que ce soit une marque luxe qui coûte 1 000 euros.
- 1:00:09Non,
- 1:00:10pas du tout.
- 1:00:11Je veux que ce soit une marque qui épouse les conditions et les réalités du terrain.
- 1:00:15Et oui,
- 1:00:16elle est...
- 1:00:17peut-être faites pour les 1%,
- 1:00:18les 3%,
- 1:00:19mais je ne veux pas qu'elle soit inaccessible en image de marque.
- 1:00:24Non,
- 1:00:24je veux qu'elle ait un ADN plus premium et populaire,
- 1:00:28si on peut dire ça comme ça.
- 1:00:30Très bien,
- 1:00:30c'est tout ce qu'on te souhaite.
- 1:00:32J'ai bien entendu le discours sur Muse Beauté,
- 1:00:35donc on est prêts à...
- 1:00:36Ah mais bien sûr !
- 1:00:38Bien sûr !
- 1:00:39Ah non,
- 1:00:40mais bien sûr,
- 1:00:40je suis sur un bon,
- 1:00:42beau projet.
- 1:00:44Là je vais à Bologne pour le salon de la beauté,
- 1:00:48le plus grand salon de cosmétiques du monde.
- 1:00:51J'y étais déjà il y a 2-3 ans,
- 1:00:53mais là comme mon projet devient de plus en plus fin sur sa dynamique,
- 1:01:00je veux y retourner pour être certaine.
- 1:01:02La première fois que je suis allée à Bologne,
- 1:01:03je ne savais pas trop ce que j'attendais de ma demande.
- 1:01:06Je suis un petit peu allée avec une curiosité générale.
- 1:01:08Là je vais dans le détail pour trouver la distribution.
- 1:01:11J'ai déjà plus ou moins...
- 1:01:13les sous-traitants avec qui j'ai envie de travailler.
- 1:01:17Oui,
- 1:01:17il faut maintenant que j'aille dans le détail de ce que j'ai envie de lancer,
- 1:01:22les formulations,
- 1:01:23c'est très important,
- 1:01:25de ce que j'ai envie de faire.
- 1:01:29On a des conditions différentes,
- 1:01:31ne serait-ce qu'en vivant sur le continent.
- 1:01:34On a des ponts qui réagissent différemment aux formules.
- 1:01:41que partout ailleurs.
- 1:01:42Parce qu'on a un terrain très humide,
- 1:01:44très chaud,
- 1:01:45on est souvent dans la cligne,
- 1:01:46il y a des choses qui fonctionnent plus ou moins ailleurs et qui donneront de l'acné ici par exemple.
- 1:01:51Je ne vais pas donner ça parce que je n'ai pas envie que ma concurrence aille se connecter et directement trouver mes formules.
- 1:02:00Mais il y a des choses que j'ai vraiment envie de faire avec précision pour notre continent et pour notre diaspora.
- 1:02:08Et je travaille depuis quelques années dessus.
- 1:02:12Mais là,
- 1:02:12il faut que je fasse une petite action.
- 1:02:15Écoute,
- 1:02:16on attend,
- 1:02:16on est pressé.
- 1:02:17Nous,
- 1:02:17on est sur les starting blocks.
- 1:02:19Dès que tu as l'information,
- 1:02:22à la jeune tour,
- 1:02:22ce sera un plaisir de partager.
- 1:02:25Merci.
- 1:02:26Avec plaisir.
- 1:02:27Écoute,
- 1:02:27on arrive à la fin de cette interview.
- 1:02:29C'était important pour moi de faire un overview.
- 1:02:31À la fois ton parcours en tant que blogueuse,
- 1:02:37créatrice de contenu,
- 1:02:39à la fois le côté expert beauté,
- 1:02:41business development pour des marques,
- 1:02:43et aussi le côté créatrice de sa marque de mode.
- 1:02:48Parfois,
- 1:02:49on se dit que cumuler plusieurs activités,
- 1:02:51ce n'est pas possible.
- 1:02:53Et du coup,
- 1:02:54on se limite.
- 1:02:56Moi,
- 1:02:56je trouvais ça intéressant que tu puisses partager ton parcours.
- 1:02:59Moi,
- 1:03:00je...
- 1:03:00Et tu l'as dit toi-même,
- 1:03:01ce n'est pas simple.
- 1:03:02C'est beaucoup de choses à gérer,
- 1:03:03mais en même temps,
- 1:03:04je pense que c'est vraiment le reflet aussi d'une personnalité.
- 1:03:09Tu vas vers des choses qui te plaisent et c'est ça qui fonctionne.
- 1:03:13Absolument.
- 1:03:14Et surtout,
- 1:03:15elles sont complémentaires.
- 1:03:16Voilà,
- 1:03:17ce n'est pas comme si tu étais dans des secteurs totalement différents.
- 1:03:20Écoute,
- 1:03:22à mon audience,
- 1:03:23je pense qu'il y en a certains qui te suivent déjà et qui te connaissent déjà,
- 1:03:25à continuer à te suivre sur Instagram.
- 1:03:28pour avoir des news sur la sortie de la beauté.
- 1:03:31Merci beaucoup.
- 1:03:35Et puis,
- 1:03:36aussi suivre tes insights sur tes recommandations de produits,
- 1:03:41beauté et parfum sur le compte Instagram.
- 1:03:45Merci beaucoup.
- 1:03:46Merci,
- 1:03:47Ramatha.
- 1:03:48Je vois le plaisir de t'avoir.
- 1:03:49Et puis finalement,
- 1:03:50à chaque fois que je te parle,
- 1:03:51tu sais quoi,
- 1:03:52je trouve ça thérapeutique,
- 1:03:53parce qu'on ne se rend pas compte de son progrès jusqu'à ce qu'on en parle.
- 1:03:56Et j'en parle rarement.
- 1:04:00on remet ça l'année prochaine alors là je peux faire une thérapie il y aura plein de choses qui se seront passées et puis on aura l'opportunité de discuter à ce moment là et on se verra peut-être comme je dis toujours on
- 1:04:13se voit en Afrique ou ailleurs et probablement à Lagos merci merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout
- 1:04:27Je vous invite à faire quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:04:33Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 1:04:36Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 1:04:40Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:04:44Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.