Latest / L'état d'esprit / L'état d'esprit :Didier Gadou : 40 ans de basket avec l’Élan Béarnais, victoires, défaites et nouveau départ
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- 0:03Bonjour et bienvenue dans l'état d'esprit,
- 0:06aujourd'hui je reçois l'ancien basketteur Didier Gadou.
- 0:09Il a tout gagné avec les Lambernais,
- 0:117 titres de champion de France,
- 0:13une coupe courage,
- 0:1470 élections en équipe nationale.
- 0:17Le numéro 10 c'est Didier Gadou,
- 0:19mais derrière les trophées,
- 0:21il y a aussi les défaites,
- 0:22la fin d'une histoire de 40 ans avec son club de cœur,
- 0:25et un nouveau départ chez FMS.
- 0:28Dans cet épisode on revient avec lui sur les hauts,
- 0:30les bas et l'art de tourner la page.
- 0:32sans jamais perdre le sens du jeu.
- 0:35Didier,
- 0:35vous arrivez à Hortès à 15 ans pour venir jouer avec l'élan béarné.
- 0:40Vous souvenez-vous de ce que vous avez ressenti quand vous êtes arrivé à Hortès ?
- 0:44Je me souviens très bien puisque c'était peut-être le premier grand déplacement de ma vie,
- 0:48partir d'Élande pour venir jusqu'à Hortès,
- 0:52d'un garçon de 15 ans,
- 0:53grand,
- 0:53pratiquement 2 mètres,
- 0:54complexé par sa taille,
- 0:56puisqu'en Élande à 2 mètres c'était une exception comme on dit.
- 1:01J'ai eu mon frère aîné,
- 1:02donc on est deux.
- 1:04Et puis j'y vais sur un défi puisque j'ai été recruté,
- 1:07repéré pour ma taille,
- 1:09pour venir intégrer une équipe qui est prestigieuse,
- 1:11celle de Léon Bernet.
- 1:13À ce moment-là,
- 1:13on pense à quoi ?
- 1:14On se dit,
- 1:15je vais avoir une activité sportive et puis le reste on verra,
- 1:19ou je veux vraiment percer ?
- 1:21Il y a un vrai défi.
- 1:22sur les attentes qu'on peut avoir auprès de moi,
- 1:24au niveau sportif,
- 1:25mais aussi au niveau scolaire.
- 1:27Et je me souviens toujours d'une question d'un prof de maths qui me dit,
- 1:29dans la classe,
- 1:29il dit « qui a demandé à venir en section ? »
- 1:31Et je suis parti sur du brevet,
- 1:33sur un BEP,
- 1:34CAP,
- 1:35un micro-mécanique,
- 1:35« qui a demandé à venir dans cette classe ? »
- 1:37Et qui n'a pas demandé.
- 1:39Moi,
- 1:39j'étais le seul à lever le doigt.
- 1:40« Et t'es venu pourquoi ? »
- 1:40« Pour le basket. »
- 1:41Alors,
- 1:41ça a fait sourire tout le monde à l'époque.
- 1:43Mais je me suis engagé à la fois dans la notion de mon brevet,
- 1:47le CAP que j'ai eu,
- 1:49et puis dans le basket,
- 1:50où j'ai découvert à Hortès une famille.
- 1:52Très jeune,
- 1:53vous avez participé à des victoires,
- 1:59coup pour hâte,
- 2:00championnat de France.
- 2:01Vous avez,
- 2:01je crois,
- 2:02maxi 19 ans.
- 2:03Comment on gère ça à cet âge-là ?
- 2:05Ça a été quelque chose d'inespéré,
- 2:08mais pas forcément.
- 2:09Parce qu'en fait,
- 2:09je jouais à côté de grands champions et je me suis aperçu qu'en arrivant hors test,
- 2:14dans les années qui ont suivi mon intégration,
- 2:16pour gagner sa place,
- 2:17j'étais peut-être pas le plus fort,
- 2:18mais j'étais quand même assez malin.
- 2:20J'avais puisé dans mes connaissances.
- 2:23de gérer des valeurs que m'avait inculquées ma famille,
- 2:26ce que j'avais appris aussi de la nature,
- 2:27j'étais un garçon de la nature,
- 2:29un petit peu malin,
- 2:29rusé,
- 2:31et donc oui,
- 2:32les victoires sont venues,
- 2:33et j'ai su être aussi,
- 2:35m'incorporer dans une équipe pour aller vers la victoire,
- 2:37un petit peu le maillon manquant,
- 2:39et c'est ce qui a fait aussi toute ma force,
- 2:41toute ma carrière.
- 2:42Alors pardon pour le jeu de mots,
- 2:43mais est-ce qu'à un moment donné,
- 2:44vous vous êtes dit,
- 2:44je ne suis pas à la hauteur ?
- 2:46Oui,
- 2:47parce que quand on arrive,
- 2:48quand on débarque dans le milieu...
- 2:51Semi-professionnel dans les années 80,
- 2:54on joue avec des adultes.
- 2:55Quand on a 16-17 ans,
- 2:57on joue avec des adultes et ça va beaucoup plus vite,
- 2:59c'est fort.
- 3:01Et on se dit,
- 3:02waouh,
- 3:03la marche à franchir,
- 3:04elle est juste énorme.
- 3:05Comment ils vous accueillent ?
- 3:06Comme un petit frère,
- 3:07comme un sportif,
- 3:09comme un collègue ?
- 3:10J'ai eu
- 3:11Mathieu Bissiné qui m'appelait fils,
- 3:12Frédéric Fnagel qui me considérait comme un jeune parce qu'il arrivait de l'Hôtel-Garonne,
- 3:16il avait connu ça donc il m'a pris comme un frère aussi.
- 3:21et puis ceux qui voient un concurrent puisqu'on est quand même une nation de concurrence.
- 3:26Mais Hortense c'était une grande famille où les gens restaient très longtemps.
- 3:31Donc on avait une traçabilité,
- 3:32on avait créé cette notion de famille avec des gens en périphérie qui étaient au service des joueurs.
- 3:39Est-ce qu'il y a des moments où on doute ou en tout cas comment on passe outre ce doute ?
- 3:44Le doute il vient surtout quand un entraîneur vous fait moins confiance.
- 3:49Vous avez des confiances,
- 3:49vous avez du temps de jeu qui diminue quand vous avez des défaites ou des échecs.
- 3:55Donc ça peut effectivement avoir une influence.
- 3:58Et puis on a l'impression qu'on est toujours à la recherche du meilleur de soi.
- 4:04Et parfois,
- 4:07on se dit que même en se donnant un fond,
- 4:10est-ce qu'on va y arriver ?
- 4:11Il faut avoir du caractère,
- 4:12j'avoue que j'ai quand même du caractère.
- 4:16toujours de façon,
- 4:18j'allais dire,
- 4:18avec du recul,
- 4:19plutôt intelligente et plutôt malin,
- 4:22me dire qu'est-ce qu'ils ne feront pas les autres,
- 4:24que je ferai,
- 4:25que l'entraîneur dirait,
- 4:26finalement,
- 4:27lui le fait et il mérite de jouer.
- 4:29Donc je suis venu prendre les intervalles et combler les intervalles assez vides qui ont fait que l'équipe était très forte.
- 4:36Le basket est un sport collectif.
- 4:38Il y a vraiment un esprit de solidarité ou ça se cultive ?
- 4:41Il a évolué en fonction des années,
- 4:43des décennies.
- 4:46Je vous rappelle,
- 4:46j'ai 40 ans des lambernais derrière.
- 4:49Je dirais que la solidarité,
- 4:50la fraternité,
- 4:50on l'a connue tout au début.
- 4:53Pourquoi ?
- 4:53Parce que les joueurs s'engageaient dans le temps.
- 4:55Les joueurs vivaient ensemble.
- 4:56C'est-à-dire qu'on était sur un terrain,
- 4:58on était juste en dehors du terrain.
- 5:00Sur les paris de douche,
- 5:00on allait manger ensemble,
- 5:01on sortait ensemble,
- 5:02on voyageait bien sûr ensemble.
- 5:04Donc tout ce qui était extra-basket consolidait cette notion d'appartenance à une tribu.
- 5:15Et ça se répercutait sur le terrain puisqu'on gérait beaucoup la communication en externe pour être performant sur le terrain.
- 5:22Quand on dit que ce qui reste dans les vestiaires doit rester dans les vestiaires,
- 5:25est-ce qu'il y a eu des moments de heurts ?
- 5:28Oui,
- 5:28il y en a toujours,
- 5:29parce qu'on peut juger qu'un coéquipier n'a pas su faire la passe alors qu'il a forcé un tir parce que son copain a été démarqué.
- 5:39Ça fait partie de la vie.
- 5:40Je crois qu'aujourd'hui,
- 5:41c'est les choses pour avancer.
- 5:42Oui,
- 5:43dans le vestiaire,
- 5:44il se dit des choses qui sont importantes.
- 5:48Pourquoi ?
- 5:48Parce que dans un cadre clos,
- 5:52je dirais qu'aujourd'hui,
- 5:53trop de caméras de télé dans les vestiaires tuent,
- 5:56j'irais.
- 5:57C'est justement l'expression de tous,
- 5:58parce que les gens ont peur de s'exprimer devant la caméra.
- 6:01Et d'ailleurs,
- 6:01c'est ce que vient chercher la caméra.
- 6:04On aimait bien dire,
- 6:06on ne sait pas ce qui se passait dans le vestiaire,
- 6:07mais quand ils sont sortis,
- 6:08c'était des lions.
- 6:09Et aujourd'hui,
- 6:10on vient chercher un petit peu cet endroit magique.
- 6:12Et moi,
- 6:12j'ai connu cet endroit magique où,
- 6:14quand on était mené à la mi-temps,
- 6:16on n'était pas performant défensivement ou autre,
- 6:18on se faisait remonter les bretelles et chacun prenait la parole.
- 6:20Et souvent,
- 6:21c'était parfois incompréhensible,
- 6:23mais on avait monté deux ou trois crans.
- 6:26en tension positive.
- 6:28C'était quand même des choses,
- 6:30je dirais,
- 6:30qui étaient...
- 6:31Oui,
- 6:32il y en a eu plusieurs,
- 6:32mais ça fait partie de la vie.
- 6:33Justement,
- 6:34comment on l'explique qu'à un moment donné,
- 6:36surtout sur le basket,
- 6:38des moments où il y a une adresse parfaite,
- 6:41et puis à un moment donné,
- 6:43plus rien ?
- 6:44Oui,
- 6:44on l'explique.
- 6:45D'abord,
- 6:46par le travail,
- 6:46mais il y a un sport qui nous ressemble beaucoup,
- 6:48c'est le golf.
- 6:48Il n'y a pas que ça,
- 6:49il y a aussi le tennis.
- 6:50Il y a beaucoup de sports d'adresse.
- 6:53C'est vraiment tout ce qui est...
- 6:54Ça se joue dans la tête.
- 6:57il faut être bien mais ça passe par le travail aujourd'hui les gens ont compris,
- 7:00ça passe par le travail c'est avoir cette mécanique qui fait que on va s'obliger sur des longues séries sur de la répétition et souvent j'ai comparé le basket au partenariat artistique de l'époque où il y avait des figures imposées et les gens perdaient les titres sur les figures imposées et dans le basket c'est pareil il y a des protocoles d'échauffement,
- 7:19il y a des protocoles de tir de défense et c'était des choses imposées où il faut se faire mal pas que physiquement
- 7:25mais aussi au niveau de la tête,
- 7:28et ça construit.
- 7:29Et ça construit,
- 7:30et le tir aujourd'hui,
- 7:32c'est les gens qui sont forts dans la régularité du tir,
- 7:35c'est ceux qui pratiquent énormément et qui vont jusqu'à un moment donné où ils acquièrent une assurance.
- 7:40Ils acquièrent une assurance,
- 7:41et dans l'adversité,
- 7:42et par rapport à un public qui peut être hostile.
- 7:45Comment on fait pour rester les pieds sur terre ?
- 7:48D'abord,
- 7:48une éducation.
- 7:49Je crois qu'il faut se rappeler d'où on vient,
- 7:50et je pense que...
- 7:52Plusieurs fois,
- 7:53il y a eu des mots qui ont résonné dans ma tête,
- 7:54ceux de mon père ou de ma mère et de mes grands-parents,
- 7:59qui nous disaient un petit peu que quand on est dans le monde agricole,
- 8:07il faut tous les jours aller travailler la terre et il faut la retourner.
- 8:10Donc c'était des choses importantes et,
- 8:11comme je dis,
- 8:12des choses imposées.
- 8:13Donc oui,
- 8:14j'ai beaucoup gagné,
- 8:15mais j'ai toujours eu cette envie de gagner.
- 8:18Qu'est-ce qu'on ressent quand on gagne,
- 8:20quand on...
- 8:21porte des trophées.
- 8:22C'est jubilatoire sur le début de carrière parce que pourquoi ce n'est aboutissement quand on est enfant on rêve et ce rêve que moi il est devenu réalité quand vous arrivez à 15 ans à l'élan béarné quand quatre ans après vous gagnez la coupe couraq vous êtes champion d'europe à paris devant le peuple béarné à
- 8:37coubertin devant les télés en direct sur à 20 heures sur la télévision publique bon c'était un rêve éveillé mais je me suis aperçu aussi que dans le monde du sport la page se tourne très très très vite.
- 8:49Le match qui suit est un match important.
- 8:50La joie,
- 8:51elle est de très courte durée.
- 8:53C'est vrai qu'elle se situe au coup de sifflet final.
- 8:56Elle va jusqu'au vestiaire,
- 8:57mais vous avez une décompression physique,
- 8:59parce qu'il faut retomber.
- 9:01Vous avez un briefing,
- 9:03une synthèse du match par le coach et une joie collective,
- 9:06la douche.
- 9:07Et puis,
- 9:07bien sûr,
- 9:08le contact du supporter.
- 9:09Et puis quand vous rentrez,
- 9:10vous avez un sentiment de devoir accompli.
- 9:13Mais il y a toujours le mot dans le vestiaire du coach qui dit rendez-vous demain à l'entraînement.
- 9:18Dans trois jours,
- 9:18on va aller jouer là-bas.
- 9:20Est-ce qu'il y a un match qui vous a le plus marqué humainement et pourquoi ?
- 9:26C'est le jour où on passe la bague aux doigts de Pau.
- 9:30Quand on vient faire le match le 12 janvier 1991,
- 9:35premier match devant le CSP Limoges dans le palais d'Espan de Pau,
- 9:37qui nous est construit et dédié.
- 9:39Ce match,
- 9:40c'est le match à ne pas perdre.
- 9:41Le jour de l'anniversaire d'André Labarère,
- 9:43match retransmis,
- 9:448000 personnes dans le palais.
- 9:46C'est d'une fierté,
- 9:47j'étais capitaine à ce moment-là.
- 9:50d'avoir gagné ce match-là,
- 9:51qui était un match bascule pour la suite et la survie de Léon Bernet.
- 9:56Justement,
- 9:56le rôle du capitaine dans une équipe,
- 9:58c'est quoi ?
- 9:58C'est celui qui absorbe...
- 10:00Je dirais les craintes de ses coéquipiers et qui rassurent par sa présence.
- 10:04C'est celui qui rappelle les consignes données.
- 10:08C'est celui qui recadre,
- 10:09celui qui peut s'en éloigner.
- 10:12C'est celui qui anime l'équipe aussi,
- 10:13qui se fait le porte-parole.
- 10:14On prenait l'entraîneur sur des recherches de travail.
- 10:17J'ai un souvenir souvent que j'allais voir
- 10:20Michel Gomez à l'époque.
- 10:21J'ai dit voilà,
- 10:22le syndicat s'est réuni alors que le syndicat,
- 10:24il demanderait une matinée de repos.
- 10:27Voilà,
- 10:27on a créé des liens.
- 10:29Le capitaine c'est vraiment celui qui a la température parfaite de l'équipe.
- 10:36La relation avec le coach,
- 10:38vous en avez connu beaucoup,
- 10:39avec des profils différents,
- 10:41des personnalités différentes,
- 10:43comment on s'adapte à lui ?
- 10:46Quelle est cette relation ?
- 10:48Un joueur de basket,
- 10:49il a envie de se développer,
- 10:50il a envie d'être performant.
- 10:51Donc il attend d'un entraîneur d'être entraînant,
- 10:53on le dit souvent,
- 10:54être entraînant.
- 10:55Et je n'ai jamais pris autant de plaisir,
- 10:57même si j'en ai bavé.
- 10:59C'est d'être accompagné dans ma progression permanente,
- 11:02même quand on gagnait,
- 11:03d'avoir envie de franchir et d'avancer.
- 11:05Qu'est ce qui se passe dans votre tête lors de votre dernier match en tant que joueur ?
- 11:11C'est un soulagement physique.
- 11:13J'étais au bout,
- 11:14il y avait des générations qui arrivaient,
- 11:15les frères Pietrus,
- 11:16Boris Duhaut,
- 11:16Arthur Drozdov,
- 11:18ça allait vite,
- 11:18ça allait haut,
- 11:19je trichais,
- 11:20j'accrochais les maillots,
- 11:20donc j'ai pris conscience qu'il fallait pas aller plus loin.
- 11:25Voilà,
- 11:26il fallait que je sois honnête vis-à-vis de ce...
- 11:28de moi-même et vis-à-vis des jeunes.
- 11:30Les jours qui ont suivi,
- 11:31mon corps me disait merci tous les matins et j'avais l'impression de retrouver une jeunesse,
- 11:36même si je n'étais pas très âgé,
- 11:38de 20 ans.
- 11:39L'agro-conversion,
- 11:39on y pense sur les années qui passent et quand on s'en rapproche.
- 11:43J'étais donc international,
- 11:44j'étais dans la liste des joueurs de haut niveau.
- 11:47Je bénéficiais de formations dans le monde du sport.
- 11:48La liste de haut niveau ouvre des portes à des formations,
- 11:50notamment au monde d'entraîneur brevet d'état du basket.
- 11:54Je suis sorti diplômé dans un monde...
- 11:57Je connaissais parfaitement ce qu'était le basket.
- 11:59J'avais toujours en tête que j'avais joué mon BEP CAP
- 12:01Micromécanique, qui m'a appris beaucoup de choses sur la précision,
- 12:07le respect,
- 12:07le timing,
- 12:09les choses millimétrées,
- 12:10au micron.
- 12:12Mais je me suis préparé dans la reconvention via le monde du sport.
- 12:16Je suis tombé dans ce que je combats un peu aujourd'hui,
- 12:20ce qu'on appelle l'évidence.
- 12:23Vous étiez un joueur titré.
- 12:25Vous passez votre diplôme d'entraîneur et vous êtes dans un entourage où les gens se disent,
- 12:28voilà,
- 12:29lui,
- 12:30il peut être l'entraîneur de demain.
- 12:32Et je viens prendre la place de quelqu'un qui m'était cher,
- 12:37qui m'est cher,
- 12:38qui était Fred Sarr,
- 12:39qui avait trois titres.
- 12:40Et on me confie à la mi-saison l'équipe de Léon Bernet.
- 12:43Et oui,
- 12:43un titre d'entraîneur professionnel à ce moment-là.
- 12:46Je découvre aussi l'envers du décor.
- 12:48On fait ce qu'on appelle les trois enveloppes.
- 12:50C'est vrai que quand vous arrivez en trainant,
- 12:51on vous remet trois enveloppes et on te dit,
- 12:53voilà,
- 12:53c'est un problème,
- 12:54la première enveloppe tu l'ouvres,
- 12:55il y a écrit dedans,
- 12:56les Américains ils sont nuls,
- 12:57donc tu critiques les joueurs américains.
- 13:00Si tu as un souci de perdre quelques matchs,
- 13:02tu ouvres la seconde enveloppe,
- 13:04tu commences à critiquer,
- 13:05je dirais,
- 13:07que les conditions de déplacement ne sont pas bonnes ou ce que tu veux,
- 13:10donc tu dis,
- 13:10voilà,
- 13:10les joueurs ne récupèrent pas assez.
- 13:12À la troisième enveloppe,
- 13:14quand tu l'ouvres,
- 13:14quand tu perds encore des matchs,
- 13:15il y a écrit « Prépare à trois enveloppes » .
- 13:18Ce système-là,
- 13:19quand on est entraîneur,
- 13:20on sait qu'on est proche.
- 13:23Et au bout de trois saisons,
- 13:24j'ai été remercié,
- 13:26malgré le nombre de victoires conséquentes,
- 13:27des classements.
- 13:28Mais bon,
- 13:28c'était l'élan,
- 13:29il fallait qu'on soit toujours au top.
- 13:31J'ai grandi avec l'élan,
- 13:32avec tous les gens qui entourent l'élan,
- 13:34et ça a été une déchirure.
- 13:35Parce que celui qui m'a gentiment remercié à l'époque était celui qui m'avait fait venir.
- 13:41qui était le président historique.
- 13:43C'était mon père adoptif.
- 13:45Mais ça m'a renforcé.
- 13:46Je suis quelque part en dur à cuire.
- 13:49J'internalise beaucoup mes sentiments.
- 13:51Ça m'a challengé pour la suite.
- 13:52J'ai rejoint le cabinet de l'ancien basketeur,
- 13:54qui était Jean-Luc Ducanis.
- 13:55Et derrière,
- 13:56oui,
- 13:56je reviens avec Claude Bergeau à la présidence du club,
- 14:01sur l'après-André Labarère.
- 14:02Sur l'après-André Labarère.
- 14:05Puis je fais pratiquement un an et demi à la présidence et je deviens pendant 14 ans après directeur général.
- 14:11Ça m'a été reproché parce que dans ce monde-là,
- 14:14dans le monde professionnel,
- 14:15on a beaucoup de jaloux.
- 14:16On vous trouve et on pointe du doigt beaucoup de vos défauts.
- 14:20On m'a reproché dans mon cadre d'autodidacte de ne pas être diplômé,
- 14:26de ne pas avoir.
- 14:27Ce qui était pour moi assez rigolo par la suite,
- 14:30c'est que je me suis aperçu qu'on est plus reconnu par le monde extérieur que par le monde intérieur.
- 14:34Il a fallu que je me forme,
- 14:36que j'aille vite me former,
- 14:37que je m'entoure.
- 14:39Prendre un héritage où on vous dit que quand on le prend,
- 14:42il y a du bon et du mauvais,
- 14:43il faut rien dire,
- 14:44il faut juste avancer,
- 14:46chose que j'ai fait aussi.
- 14:48De mon mieux,
- 14:48j'ai essayé de faire de mon mieux.
- 14:50Vous avez passé en tout 40 ans quasiment au sein du club,
- 14:54et puis un jour on vous a dit merci et au revoir.
- 14:58Déjà,
- 14:59comment vous l'avez fait ?
- 15:00J'ai vécu très mal dans la manière,
- 15:03parce que j'ai toujours été loyal.
- 15:05C'est la période d'arrivée du groupe CSG,
- 15:08les Américains.
- 15:09Franchement,
- 15:10j'étais trahi.
- 15:11Mais ça fait partie de la vie,
- 15:12j'ai appris.
- 15:12Trahi par des proches,
- 15:15par des gens pour qui j'avais beaucoup d'amitié et de reconnaissance.
- 15:20Donc j'ai pas été bien,
- 15:22physiquement,
- 15:25j'ai passé une période...
- 15:27où je me refusais d'aller au conflit pour le club,
- 15:32pour ma famille,
- 15:33pour les biens.
- 15:34Donc il fallait que le coffre-fort reste bien fermé.
- 15:37Mais il fallait que dedans,
- 15:38ça boulinait beaucoup.
- 15:39Donc voilà,
- 15:39c'est une période très difficile,
- 15:42très très difficile.
- 15:42Je pense que le basket,
- 15:43à un certain niveau,
- 15:44a perdu les pieds sur terre.
- 15:46On est décorrélés de ce qu'aujourd'hui je ressens.
- 15:50Il y a un système sur lequel je ne me reconnais plus.
- 15:54C'est un système aujourd'hui.
- 15:57qui est vraiment lié à une identité.
- 16:00Il y a peut-être un club aujourd'hui sur lequel je me reconnais,
- 16:02c'est le basket de l'Ande féminin.
- 16:05C'est assez rigolo d'ailleurs.
- 16:07Mais j'y reconnais un petit peu l'esprit cathédral que j'ai connu à Hortès,
- 16:11même au Palais des Sports dans certaines années,
- 16:12dans les premières années.
- 16:14Donc le système aujourd'hui,
- 16:15sport pro en général,
- 16:18il tient qu'à des personnes qui ont envie d'aider le territoire.
- 16:21Et ces gens-là,
- 16:22il faut les remercier.
- 16:23Là,
- 16:23je ne suis plus en capacité.
- 16:24Ça ne vous manque pas ?
- 16:25Non.
- 16:26J'ai passé à autre chose.
- 16:27Vous avez rejoint une entreprise qui s'appelle FMS.
- 16:32C'est quoi exactement FMS ?
- 16:34Alors,
- 16:35c'est une société sociale et solidaire,
- 16:37société en droits adaptés.
- 16:40Un vrai défi,
- 16:42d'une main tendue par Cyril Guesso et Fabrice Abadia,
- 16:44les deux créateurs,
- 16:45qui étaient partenaires de Léon Bernet.
- 16:47En sortant de Léon Bernet,
- 16:48j'ai candidaté à Paris 2024.
- 16:50J'ai candidaté dans un club de rugby pour la gestion du stade,
- 16:53en dehors des événements sportifs,
- 16:54on m'a dit.
- 16:55tu as une plusieurs à 35 ans,
- 16:58tu as tout ce qu'il faut,
- 16:58mais tu es trop calibré.
- 17:02Et je me suis trouvé confronté à mon âge.
- 17:06À 56 ans,
- 17:06j'étais un senior.
- 17:07Moi qui avais toujours l'impression d'être le petit dernier d'une famille dans le monde du sport,
- 17:12je me suis vite rendu compte qu'il fallait aussi accepter des défis.
- 17:16Et puis,
- 17:17la même tendue,
- 17:18c'était une reconnaissance aussi de ce que pouvaient percevoir des personnes,
- 17:23et c'est notamment Cyril.
- 17:26à ce niveau-là.
- 17:27Et puis j'ai dit banco,
- 17:29on y va.
- 17:30Et puis j'ai découvert des challenges,
- 17:32des nouveaux challenges,
- 17:32des vrais challenges où ce que j'ai appris dans le sport m'a aidé énormément.
- 17:36Aujourd'hui,
- 17:36je suis directeur commercial de la partie logistique.
- 17:40FMS,
- 17:40c'est une entreprise sociale et solidaire qui a cinq pôles,
- 17:43donc de l'informatique,
- 17:44de la logistique,
- 17:45au monde textile,
- 17:45au monde du second œuvre et au monde,
- 17:48je dirais,
- 17:48de la partie académie.
- 17:53Donc aujourd'hui,
- 17:53j'ai une mission.
- 17:54qui est pour moi,
- 17:55qui m'a fait accepter,
- 17:57c'est ma mission aujourd'hui,
- 17:58c'est de garder une ligne de production et de créer de l'emploi.
- 18:02Donc je recherche des clients pour garder la structure et la développer.
- 18:06J'y trouve un vrai très beau challenge.
- 18:09Quand un match de basket ou un match de sport se termine,
- 18:12on peut refaire le match,
- 18:14mais en fait il faut que c'est plié,
- 18:15c'est plié,
- 18:15comme je vous le disais déjà,
- 18:16on se projette,
- 18:17il faut se projeter sur le show.
- 18:18Et puis ce que j'essaye de dire aussi souvent dans le monde de l'entreprise,
- 18:22c'est...
- 18:22Il faut délester les caravanes,
- 18:23c'est bon,
- 18:24on apprend des erreurs très rapidement,
- 18:26mais il faut arrêter de broder sur le passé.
- 18:30Ce qui est de bon est devant.
- 18:32Une fois que tu as compris que l'échec va te permettre d'être meilleur,
- 18:35il y a des analyses à faire,
- 18:36bien sûr,
- 18:37mais il faut toujours regarder devant.
- 18:38Qu'est-ce qui vous stimule aujourd'hui ?
- 18:40La réussite,
- 18:40le challenge.
- 18:41Aujourd'hui,
- 18:43j'ai gagné beaucoup de trophées,
- 18:44vous l'avez dit,
- 18:45des titres.
- 18:46Ce qui m'intéresse aujourd'hui,
- 18:47c'est de gagner des titres pour toute l'équipe FMS.
- 18:51Pour l'ensemble,
- 18:52c'est ça qui me challenge.
- 18:54J'ai juste envie de faire que le club,
- 18:58la société,
- 19:00soit en haut.
- 19:01C'est ça le challenge.
- 19:02Est-ce qu'il y a des ressorts que vous utilisez pour développer cette énergie ?
- 19:07J'ai toujours dit,
- 19:07j'essaie de trouver l'endroit,
- 19:11comme dit un ami,
- 19:12c'est où est-ce que mon futur client ou mon client,
- 19:15il est pin dans le pied,
- 19:16comment je vais faire pour l'enlever,
- 19:18pour être la solution qu'il attend.
- 19:21Avec tout le recul,
- 19:22avec toute l'expérience que vous avez,
- 19:24qu'est-ce que vous auriez envie de dire à un jeune de 15 ans,
- 19:28soit qui veut faire une carrière de sportif,
- 19:30soit qui rentre prochainement dans la vie professionnelle ?
- 19:36Alors,
- 19:36un sportif,
- 19:36je dirais qu'il a le droit d'avoir un rêve,
- 19:39d'accord ?
- 19:41Mais qu'une vie,
- 19:43ce rêve-là,
- 19:43souvent,
- 19:44ça ressemble à un chemin.
- 19:45Mais que la vie,
- 19:46ce n'est pas simplement un chemin,
- 19:48c'est un chemin avec des croisés de chemin.
- 19:50Et chez un sportif,
- 19:52il peut y arriver une blessure qui va l'obliger à bifurquer.
- 19:55Il peut y avoir une rencontre,
- 19:57il peut y avoir une fin de carrière qui va lui donner un autre chemin à suivre.
- 20:00Donc c'est de sourire un petit peu et anticiper ce qu'il peut trouver au bout de chaque issue,
- 20:05chaque chemin.
- 20:06Et quelqu'un qui rentre dans la vie active,
- 20:09c'est de s'investir dans la vie active.
- 20:10C'est dès le plus jeune âge,
- 20:11être dans le monde associatif.
- 20:13Il faut aller comprendre ce qui se passe dans la vraie vie.
- 20:16Il faut se mettre au contact des personnes qui ont 20,
- 20:1830,
- 20:1940 ans de plus.
- 20:20qui vont lui partager des expériences,
- 20:22qui vont peut-être le motiver,
- 20:23qui vont peut-être le démotiver sur des ports de charge,
- 20:26sur des pénibilités,
- 20:29de la mobilité,
- 20:31mais il doit s'imprégner très rapidement parce que ça va lui faire gagner du temps.
- 20:35Aujourd'hui,
- 20:35nos jeunes sont beaucoup sur de la théorie,
- 20:39la vraie vie c'est la pratique.
- 20:40Qu'est-ce qui vous a le plus construit dans votre vie,
- 20:43les victoires ou les défaites ?
- 20:45Les deux,
- 20:45mon capitaine,
- 20:47parce que bien sûr on apprend des échecs,
- 20:48mais j'ai beaucoup gagné.
- 20:50Et la victoire,
- 20:50parce que j'ai tout fait pour rester,
- 20:53je dirais,
- 20:54avec mon équipe,
- 20:54avec mes coéquipiers en haut.
- 20:57Ce podcast s'appelle L'État d'Esprit.
- 20:59Quel est votre état d'esprit ?
- 21:01Celui d'un leader,
- 21:01celui d'un quelqu'un qui veut des défis et les relever chacun les uns après les autres.
- 21:08Merci Didier pour ce moment d'échange.
- 21:10N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous et surtout à découvrir les autres conversations de L'État d'Esprit sur toutes les bonnes plateformes de podcast.
- 21:19Spotify,
- 21:20Apple,
- 21:20Google ou encore Ausha,
- 21:22on se retrouve très vite pour un nouvel épisode.