Latest / Les invités de Radio des Ballons / Lutte contre le harcèlement scolaire au collège de Rupt/Moselle
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- Stéphane Villemin est principal du Collège de Rue-sur-Moselle. Aujourd'hui, le lycée Malraux a envoyé quelques ambassadeurs spéciaux. Oui, en effet. Donc dans le cadre du programme phare de lutte contre le harcèlement scolaire, on met en place différentes activités, différents projets. Et on a eu l'idée d'inviter les ambassadeurs du lycée Malraux, qui ont le même travail que nos ambassadeurs ici, qui luttent contre le harcèlement scolaire. On a trouvé que c'était intéressant aussi de diversifier les personnes qui interviennent. Et quand ce sont des jeunes, quand ce sont leurs pères qui interviennent, ça marche aussi. Ça peut aussi bien fonctionner. Voilà pourquoi on les a invités. Oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, là, j'ai vu, c'est des élèves aussi bien de la seconde que de la première, que de la terminale. Donc est-ce qu'il y en a qui viennent d'ici, avant ? Oui, il y en a quelques-unes qui étaient élèves ici. Donc ça leur fait plaisir de revenir aussi, mais pas que. Il y en a d'autres qui viennent d'autres collèges. En tout cas, ce sont des enfants, enfin des élèves, qui viennent de seconde et de terminale. Et pourquoi cette action ? C'est une opération, c'est un programme qu'on doit mettre en place dans tous les collèges de France. Donc, on doit prévoir des activités, des informations, des formations aussi. Donc, voilà, c'est pas propre à un collège. C'est pas de notre propre initiative. Par contre, les différentes actions qu'on met en place, là, c'est nous qui avons décidé. Et là, cet après-midi, j'ai vu que les élèves de cinquième, je crois, qui sont répartis sur deux salles, qu'ils écoutent des ambassadeurs du lycée Malraux, ils vont apprendre quoi et quelle sera la suite, surtout ? Alors, ce qu'ils apprennent, c'est surtout, ils ont écouté ce que disait leur père. Ils ont parlé des actions qui se font dans leur lycée. Ils les conseillent également. Ils les mettent dans des situations où ils peuvent intervenir pour aider tel ou tel élève qui est en souffrance. Voilà, c'est un échange, surtout, entre ce qu'ils peuvent faire entre eux et ce qui peut se faire dans un collège. Et la question est obligée d'arriver. Y a-t-il des cas de harcèlement approuvé au collège Jean Montaignon ? Alors, il y a très, très peu. Et puis, encore une fois, je dis souvent, le mot harcèlement ne doit pas être employé n'importe comment. D'ailleurs, c'est que la justice qui peut dire si un moment donné, il y a harcèlement. Mais nous, il y arrive quelquefois des intimidations. Je préfère employer le mot d'intimidation. Il y a des élèves qui souffrent, qui peuvent souffrir dans n'importe quel collège de France. Alors, ici, au collège Jean Montaignon, on n'a pas de gros cas particuliers, mais ça peut arriver n'importe où. Donc, on préfère anticiper, former. Et puis, si jamais on s'aperçoit qu'il y a un élève qui est en souffrance, on met en place ce programme et on aide l'élève qui souffre de cet état de fait. C'est plutôt la prévention ? C'est exactement la prévention. Mais encore une fois, on n'est pas à l'abri de l'intimidation de la part d'élèves. On sait très bien que l'effet de groupe, quelquefois, est terrible pour tel ou tel enfant. Donc, il vaut mieux prévenir, comme vous dites. Et cet après-midi, la prévention sera renouvelée ou c'est prévu déjà à la fin de l'année, ici, ou l'année prochaine ? Non, cette année, cette intervention des élèves de Malraux, c'était que cette journée-là. Il y aura d'autres interventions. On a fait des concours d'affiches, on a fait passer des vidéos, etc. Donc, il y a plusieurs activités. Mais pour Malraux, c'est terminé. Vous parliez d'autres actions par rapport au harcèlement. Il y a eu quoi et il y aura quoi d'ici la fin de l'année ? Alors, il y a le concours d'affiches. On a créé des affiches. Et puis, il y a aussi des actions en faveur des personnels. Il y a des formations auxquelles ils doivent se soumettre, entre guillemets, pour participer à ce programme. Donc, il y a des vidéos qui vont passer dans les classes et des vidéos de formation également pour les enseignants ou pour les surveillants. Et septembre 2025, ça continue ? Ça continue, parce que chaque année, on a une nouvelle cohorte qui arrive, des petits sixièmes qui arrivent, mais qui sont aussi sensibilisés dans les écoles primaires. Le programme phare existe de la maternelle, même si on n'a pas beaucoup de cas de harcèlement, j'espère, en maternelle, jusqu'au lycée. Cécile Kublen, vous êtes aujourd'hui au lycée Jean-Montaigneau de Rue-sur-Moselle. Il me semble, pour le harcèlement, avec une fonction bien précise. Déjà, quelle est votre fonction d'un établissement Malraux ? Je suis AED, donc au lycée André Malraux, c'est assistant d'éducation, donc surveillant pour les intimes. Et je fais la formation phare, à côté, qui permet de lutter contre le harcèlement, pour ensuite être référent dans le lycée et continuer à pouvoir amener des élèves du lycée à intervenir dans les collèges du coin. La formation phare, en fait, qu'est-ce que c'est ? C'est une formation qui nous permet de pouvoir intervenir, d'être référent auprès des élèves, s'ils voient quelque chose qui concerne potentiellement du harcèlement. Du coup, on devient vraiment leur... Poids de liaison ? Oui, c'est ça, oui. Ils savent exactement, donc nous, on est identifiés, ils savent exactement vers qui ils peuvent se tourner si jamais ils voient du harcèlement, si jamais ils sont victimes de harcèlement, et si même, potentiellement, ils pensent harceler quelqu'un, on est toujours à leur écoute, quel que soit leur rôle dans le harcèlement. Avant de développer sur le harcèlement, qui malheureusement est toujours présent, pourquoi au collège Armand Thibault ? Alors, parce qu'on a une élève qui était anciennement dans ce collège-là, et qui, du coup, nous a dit que ce serait sympa de pouvoir intervenir dans ce collège-là. On est intervenus dans d'autres collèges aussi, comme Éloi et Plombière. Et les séances comme aujourd'hui, vous en faites plusieurs par an dans le même collège ? Et comment elle se déroule ? Non, on en fait une par an, à part demande du collège. Par exemple, à Éloi, on a intervenu deux fois pour sensibiliser les élèves au harcèlement. Et ensuite, on a intervenu une deuxième fois pour former les futurs référents phares dans les collégiens, à leur rôle au sein de l'établissement. Et donc, si je comprends bien, vous avez des référents phares déjà au collège, au lycée, malheureux, et vous vouliez en avoir dans les collèges ? Oui, c'est ça. Les collèges mettent aussi en place maintenant beaucoup d'équipes phares, ce qui est très important pour que les élèves puissent aussi avoir des soutiens au même niveau qu'eux, et pas forcément dans les adultes. Et du coup, nous, nos élèves sont formés au fur et à mesure, et du coup, ensuite, ils vont former dans les collèges pour pouvoir lutter contre le harcèlement. Et en gros, cet après-midi, au Collège de Montaignement, ça se passe comment ? Je vois que les élèves du Collège Malraux sont sur deux salles. Donc, qu'est-ce qui est proposé dans chaque salle ? Et puis, pour quels élèves ? Alors là, ils interviennent auprès des deux classes de cinquième. Ça se déroule sur une heure et demie. Ils ont des petits ateliers pendant une heure et demie. Donc, pour, par exemple, pouvoir identifier un certain type de harcèlement. Ensuite, ils regardent des vidéos qui sont décortiquées par les élèves du lycée, qui sont coupées afin que les élèves voient bien ce qui peut être problématique ou non dans les vidéos. Et à la fin, ils ont pareil un petit jeu pour qu'ils puissent se mettre à la place du harceleur, du témoin et de la victime, pour qu'ils puissent avoir tous les points de vue, pour pouvoir tout comprendre, toutes les situations. Généralement, tu dis que tu as déjà passé dans des autres collèges. Il y a des retombées après ? Il y a des, comment dire, des analyses, des comptes rendus ? Par exemple, à Plombière, ils sont en train de faire un compte rendu pour pouvoir montrer tout ce qu'ils ont fait tout au long de l'année par rapport aux affaires. Et du coup, on peut avoir des retombées, des élèves qui viennent voir leur assistant d'éducation sur place après les interventions pour dire qu'ils se sont rendus compte qu'effectivement, il y avait des choses qu'ils voyaient ou qu'ils subissaient et que ce n'était pas normal. Et donc, du coup, ensuite, toutes les équipes sur place peuvent prendre les situations en main. Et sans trop développer sur le harcèlement, comme j'ai dit tout à l'heure, on y revient. Le harcèlement scolaire, c'est quoi ? Ça peut être sous énormément de formes. Ça peut être du harcèlement moral. Donc ça, ce sera surtout des moqueries. Parmi tant d'autres exemples, on peut avoir du harcèlement physique. Donc ça peut être de la bousculade. Ça peut être faire tomber un camarade, lui bourrifer les cheveux. Enfin voilà, pareil, beaucoup d'exemples. Ça peut aussi malheureusement être du cyber harcèlement maintenant, que nous, on prend en compte parce que souvent, ça peut être sur les groupes de classe. Donc maintenant, ils sont tous équipés de téléphones. Nous, on sait que, par exemple, au lycée, ils ont tous des groupes de classe sur les réseaux sociaux dans lesquels ils communiquent. Et du coup, ça peut parfois être sur ces supports-là que certains élèves peuvent subir du harcèlement, des moqueries de groupe, etc. Donc ça, c'est tous les types de harcèlement que nous, on prend bien en charge pour qu'on puisse régler les problèmes des élèves au plus vite. Oui, mais si c'est des harcèlements par groupe sur n'importe quel réseau social, ça reste un peu à être un à eux. Comment vous pouvez y faire pour le traiter ? Nous, les élèves qui voient ou qui subissent du harcèlement quand c'est sur les réseaux, souvent, ce qu'ils font, c'est qu'ils nous font des captures d'écran parce que c'est du cyber harcèlement qui concerne les établissements parce que c'est souvent sur les groupes de classe. Donc du coup, c'est pas un cyber harcèlement qu'on peut laisser de côté parce que ça nous concerne directement. Donc du coup, les élèves, souvent, viennent avec des captures d'écran, nous donnent les conversations et nous, ensuite, on peut convoquer les élèves qui sont concernés afin de régler le problème au plus vite. Et pour conclure, il y a des ambassadeurs de harcèlement à Malraux. Vous voulez aboutir à quoi en faisant ça ? Donc là, du coup, on a des terminales qui vont partir à la fin de l'année et qu'on n'aura plus. Souvent, les nouveaux qui arrivent, c'est des collégiens qui arrivent en seconde qui faisaient déjà partie de l'équipe phare et qui, du coup, vont pouvoir s'intégrer directement dans l'équipe phare que nous, on a au lycée. Donc souvent, ils sont déjà formés. Ils n'ont plus qu'à prendre le programme que nous, on a prévu d'être formés par ceux qui sont sur place. Et puis comme ça, ils peuvent ensuite intervenir dans les collèges et puis être référents dans le lycée aussi. Nous, on met ça en place pour que les élèves se sentent en sécurité dans les établissements, qu'ils se sentent écoutés aussi, que ce soit par les élèves qui font partie de l'équipe phare ou par les adultes qui sont référents phare au sein des établissements pour qu'on puisse effectivement régler les problèmes avant que ça s'envenime, pour qu'il n'y ait pas trop de dégâts. Un dispositif phare au lycée Malraux, c'est depuis quand ? Donc ça va devenir pérenne ? On espère que ça va devenir pérenne. Je ne veux pas dire de bêtises parce que c'est ma collègue qui a mis ça en place. Ça fait 3-4 ans que c'est mis en place. Il faut que ce soit pérenne dans les établissements scolaires. Il faut que ce soit obligatoire pour qu'il n'y ait aucun élève qui soit laissé sur le carreau en cas de malmenage de la part de ses camarades.