Latest / Africa Fashion Tour / Aïsha Deme, fondatrice de Siriworo
Transcript
- 0:00Pour moi,
- 0:01c'est de dire comment survivre à la biennale.
- 0:04D'abord,
- 0:04savoir déjà les dates exactes,
- 0:07qui vient,
- 0:07qui ne vient pas.
- 0:08Savoir comment réserver un hôtel,
- 0:10savoir comment accéder.
- 0:13Parce qu'il y a des gens qui vont vraiment demander est-ce qu'il faut payer.
- 0:17Alors que pour certaines personnes,
- 0:19c'est une information évidente.
- 0:21Et moi,
- 0:22je découvre avec tous les messages que je reçois de personnes que je ne connais pas,
- 0:26qu'en fait,
- 0:27les gens ne savent pas.
- 0:28Les gens ne savent pas ce que nous pensons être évident et que nous ne communiquons pas.
- 0:33Qu'il faut s'accréditer juste pour aller voir un île.
- 0:36Que pour le festival de jazz,
- 0:37le même bat,
- 0:38je peux marcher par-ci,
- 0:39par-là.
- 0:40Mais qu'aussi,
- 0:41il faut s'y mettre très tôt pour trouver un hébergement.
- 0:46Mais comment le trouver ?
- 0:47Il y a des personnes à Saint-Louis qui peuvent aider.
- 0:49Donc,
- 0:50des petites choses comme ça qui te font survivre dans ce festival,
- 0:55d'où le nom de survie.
- 1:00Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:04Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:08Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:10Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:15responsables et ambitieux.
- 1:17Au fil des interviews,
- 1:18je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:25Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax.
- 1:29pour représenter un éventail de tissus,
- 1:31de savoir-faire et de créativité,
- 1:33trop souvent sous-représentés.
- 1:36Je suis Ramata Diallo.
- 1:37Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:46En 2017,
- 1:47j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:49Et depuis,
- 1:50je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:57Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:05Aujourd'hui,
- 2:05je suis en compagnie d'Aïcha Deme.
- 2:07Elle est spécialiste des arts et des industries culturelles en Afrique.
- 2:10Elle a fondé Siriworo,
- 2:12une structure d'ingénierie culturelle qui accompagne des artistes et des organisations dans leurs initiatives créatives.
- 2:19Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes initiatives.
- 2:23Bienvenue Aïcha,
- 2:24comment vas-tu ?
- 2:26Merci beaucoup Ramata,
- 2:28je vais très bien,
- 2:28merci.
- 2:30Alors,
- 2:30on va commencer cette interview comme je le fais avec chacun de mes invités.
- 2:34Je vais te demander de te présenter.
- 2:36Alors,
- 2:37je pense que tu m'as déjà présenté et tu as dit l'essentiel.
- 2:41Je rajouterai que je suis une grande,
- 2:43grande passionnée d'art et de culture,
- 2:46très heureuse et fière de travailler dans ce domaine en Afrique.
- 2:51Quoi d'autre ?
- 2:51Je suis Sénégalaise,
- 2:52je suis née et j'ai grandi au Sénégal,
- 2:54j'ai étudié là-bas.
- 2:58je suis contente de travailler de ma passion,
- 3:01on en reparlera plus tard parce que j'ai changé de métier pour ça sinon je pense que tu as dit l'essentiel dans ta présentation
- 3:09Très bien,
- 3:10ben écoute tu m'offres une belle transition,
- 3:14tu dis que t'es contente de travailler dans ta passion et donc a priori t'es peut-être pas dans ce secteur-là le secteur des industries culturelles et de l'art au départ Ah !
- 3:22Donc,
- 3:22comment est-ce que ta carrière a commencé ?
- 3:24Quel a été ton parcours au niveau de tes études ?
- 3:27Et ensuite,
- 3:27quels ont été tes premiers métiers ?
- 3:30Alors,
- 3:31moi,
- 3:31je suis une scientifique,
- 3:33une informaticienne.
- 3:35Et je viens de la banque.
- 3:36J'ai fait 50 banques en tant qu'informaticienne.
- 3:40J'ai fait des études informatiques,
- 3:41donc.
- 3:43Mais j'ai toujours été très,
- 3:44très passionnée d'art et de culture.
- 3:46Depuis enfant,
- 3:47j'allais beaucoup voir les expos.
- 3:49J'allais beaucoup dans les concerts.
- 3:51au cinéma,
- 3:51au théâtre.
- 3:53Et puis un jour,
- 3:54il y a eu plusieurs choses.
- 3:55C'est d'abord l'envie de changer de métier,
- 3:58même si c'est un métier que j'aimais beaucoup au début,
- 4:00mais à un moment,
- 4:01ça a devenu routinier.
- 4:03Et puis je me suis rendue compte qu'il n'y avait rien sur Internet au Sénégal qui était destiné à parler d'art et de culture.
- 4:13Mais vraiment rien.
- 4:13C'est-à-dire que quand on voulait sortir voir une exposition,
- 4:16il fallait chercher.
- 4:18J'ai décidé donc de monter une plateforme,
- 4:20la première au Sénégal,
- 4:22qui faisait la promotion des événements culturels,
- 4:24qui était un agenda.
- 4:25Agenda Dakar,
- 4:26ça s'appelait en 2009,
- 4:28avec un ami,
- 4:29nous avons fait ça ensemble.
- 4:32Et c'est comme ça que je suis arrivée dans la culture,
- 4:34Ramata.
- 4:35Très bien,
- 4:36donc tu as toujours eu cette passion,
- 4:38comme tu le dis,
- 4:41pour l'art,
- 4:41pour la culture.
- 4:43Toi,
- 4:43est-ce que tu avais une âme d'artiste ou tu étais plutôt spectatrice ?
- 4:48Non,
- 4:48toujours spectatrice,
- 4:50toujours.
- 4:51Grande consommatrice,
- 4:54mais tellement passionnée que vraiment j'allais à la recherche.
- 4:58Je me suis rendue compte que je faisais tout,
- 5:00tout,
- 5:00tout pour avoir les informations.
- 5:02Je sortais de la banque à 18h,
- 5:04j'allais chercher des expos.
- 5:06Et j'ai fini aussi par connaître les artistes à force d'être présente dans le milieu.
- 5:11Ce qui m'a beaucoup aidée par la suite,
- 5:12parce que quand j'ai monté cette plateforme,
- 5:14je les appelais personnellement pour avoir leur programme,
- 5:17pour le mettre sur mon site.
- 5:19J'ai commencé à les interviewer et donc à écrire.
- 5:22Beaucoup pensent que je suis journaliste en passant,
- 5:24mais je n'ai pas fait d'études de journalisme.
- 5:28mais j'ai beaucoup écrit j'ai beaucoup chroniqué j'ai été chroniqueuse du monde afrique j'ai beaucoup écrit sur mes plateformes personnelles et j'ai fait un livre aussi
- 5:41dédié à l'art à Dakar,
- 5:44qui a été nominé sélection du monde justement en 2022.
- 5:50Et donc c'est juste,
- 5:52je consommais beaucoup.
- 5:53À force de consommer,
- 5:54je connaissais plus,
- 5:55j'apprenais plus,
- 5:56je connaissais mieux les pratiques.
- 5:58Et moi-même,
- 5:59j'ai commencé à pratiquer certaines choses,
- 6:02comme écrire,
- 6:03comme faire de la curation,
- 6:05organiser des expositions.
- 6:08C'est avec le temps.
- 6:10Et à partir de...
- 6:11Donc,
- 6:12il y a eu toute une partie où tu faisais ça un peu en side.
- 6:15Ce n'était même pas un business,
- 6:17c'était une passion.
- 6:18Donc,
- 6:18en parallèle de la banque,
- 6:19à partir de quel moment tu te dis,
- 6:21bon là,
- 6:22j'arrête,
- 6:23je vais me consacrer,
- 6:24je vais consacrer en tout cas mon temps à cette passion ?
- 6:28C'est comme j'ai dit,
- 6:29c'est à partir du moment où à un instant,
- 6:32parce que j'ai toujours besoin justement d'être passionnée quand je fais quelque chose.
- 6:37C'est à partir du moment où je ne le ressentais pas.
- 6:39plus à la banque et dans mon métier d'informaticienne que j'ai décidé d'aller faire ce qui me passionnait vraiment.
- 6:46Et donc,
- 6:47c'était une bonne transition,
- 6:48on va dire,
- 6:49parce que je suis restée dans le digital quand même avec la plateforme Agence Dakar,
- 6:54mais je ne m'occupais que de culture.
- 6:56Mais c'est vraiment ce moment-là,
- 6:58en 2009,
- 6:59où j'ai dit,
- 7:00bon,
- 7:00d'accord,
- 7:01on va y aller.
- 7:03Ce qui était très risqué parce que c'était quitter un...
- 7:06travail très stable et commencer à zéro une vie d'entrepreneur.
- 7:11Et je n'avais aucune idée de ce que c'était en réalité.
- 7:14Je suis juste partie avec ma passion,
- 7:16mon meilleur ami et moi.
- 7:19On a été un peu fous,
- 7:20mais voilà.
- 7:22Et du coup,
- 7:23c'est intéressant ce que tu dis là.
- 7:24Est-ce que tu avais une idée d'un business model,
- 7:27de comment est-ce que tu allais te rémunérer ?
- 7:30Comment dire ?
- 7:31Parce qu'au départ,
- 7:31on est...
- 7:32passionnés par la culture,
- 7:33par l'art,
- 7:34il y a un côté créatif qui nous fait vibrer,
- 7:37mais à un moment donné,
- 7:38il faut relier ça à un business model et il faut des rentrées d'argent.
- 7:42Donc toi,
- 7:42tu avais une idée précise de comment tu voulais faire les choses ?
- 7:47Absolument pas.
- 7:48C'était une catastrophe.
- 7:50Je n'avais aucune idée et on était naïfs,
- 7:53on va dire,
- 7:54et rêveurs,
- 7:55parce qu'on connaissait une plateforme très connue au Sénégal où tout le monde se connectait tous les jours,
- 8:01qui se faisait beaucoup
- 8:02Beaucoup d'argent,
- 8:03c'était une plateforme d'information en ligne qui se faisait beaucoup d'argent avec la publicité,
- 8:09les bannières à l'époque de publicité.
- 8:12Et nous,
- 8:12on se disait,
- 8:13on fait une plateforme gratuite parce que la culture,
- 8:15on sait que ça ne paie pas beaucoup et qu'on allait se faire rémunérer avec les pubs.
- 8:20Mais c'était une catastrophe parce que pendant une année et demie ou deux ans,
- 8:25nous n'avons pas eu de salaire parce que les pubs ne venaient pas.
- 8:29Au début,
- 8:30les gens étaient assez réticents.
- 8:32sur une plateforme culturelle.
- 8:35Ce qu'ils connaissaient,
- 8:36c'était les flyers,
- 8:37les affiches.
- 8:38C'était 2009 dont je parle.
- 8:39Donc même Facebook,
- 8:41c'était juste parler entre amis.
- 8:43Il n'y avait pas encore les événements pour promouvoir.
- 8:46Et donc il fallait shifter cela.
- 8:48Et c'est de ça dont je suis fière parce que nous sommes arrivés à le faire.
- 8:51Au bout de deux ans quand même.
- 8:53Au bout de deux ans,
- 8:54les expats ont commencé beaucoup à utiliser le site et les partenaires ont commencé à arriver et c'est à partir de là.
- 9:01À partir de là,
- 9:02nous avons pu réaliser quelque chose.
- 9:03Mais nous sommes restés deux ans où on fonctionnait avec nos économies.
- 9:08Et à un moment,
- 9:08bien évidemment,
- 9:09c'était difficile.
- 9:12C'était très dur au début.
- 9:13Il faut dire la vérité quand même.
- 9:16Donc,
- 9:16c'est intéressant de revenir sur un petit peu la naïveté que l'on a quand on se lance dans un projet de passion,
- 9:22même si toi,
- 9:22tu avais un background de banquier quelque part.
- 9:24Donc,
- 9:24on aurait pu supposer que tu avais un business plan.
- 9:27Mais finalement,
- 9:27de ce que tu me dis,
- 9:29tu es un peu allé avec...
- 9:30beaucoup de naïveté au départ.
- 9:35C'est fou,
- 9:35mais ça continue.
- 9:36Et c'est pour ça que j'en parle souvent dans mes talks et dans mes...
- 9:40partout où je suis invitée à parler.
- 9:42L'entrepreneuriat,
- 9:42on fonce toujours en disant que c'est beau.
- 9:46Tu vois,
- 9:46on montre toujours le côté très rêveur.
- 9:49Mais il faut dire la vérité.
- 9:50Il faut vraiment que si on décide d'entreprendre,
- 9:53qu'on soit sûr au moins d'avoir un modèle qui marche.
- 9:56Parce que sinon,
- 9:57clairement,
- 9:58on n'y arrive pas.
- 10:01J'étais dans une banque,
- 10:02je suis scientifique,
- 10:03ingénieur informatique,
- 10:04structuré et tout,
- 10:05mais là,
- 10:06j'arrive avec une passion,
- 10:09beaucoup de rêves.
- 10:10Et avec un ami aussi rêveur que moi,
- 10:14on a vraiment raté le crochet au début.
- 10:17C'est intéressant aussi parce que souvent,
- 10:19quand il y a des associés,
- 10:20on dit qu'il faut qu'il y ait quelqu'un de plus pragmatique,
- 10:22rationnel et quelqu'un peut-être de plus créatif.
- 10:25Comme ça,
- 10:26le duo va marcher parce qu'on a le financé d'un côté et puis le créatif.
- 10:31Mais là,
- 10:31de ce que tu dis,
- 10:32il y a deux rêveurs créatifs.
- 10:34Oui,
- 10:35exactement.
- 10:37C'est ça qui a été le cas,
- 10:38mais en même temps.
- 10:41Ça apporte aussi,
- 10:42il faut dire la vérité,
- 10:43parce que plusieurs fois,
- 10:45par exemple,
- 10:46moi j'ai été découragée,
- 10:47j'ai voulu abandonner.
- 10:49Et en réalité,
- 10:50mon associé était beaucoup plus rêveur que moi et beaucoup plus optimiste.
- 10:54Et tout le temps,
- 10:56il me disait non,
- 10:57non,
- 10:57non,
- 10:57on ne peut pas,
- 10:57ça va marcher,
- 10:58ça va marcher.
- 10:59Si j'avais été toute seule,
- 11:01je pense qu'au bout d'une année,
- 11:02j'aurais laissé tomber.
- 11:04Mais lui a continué de croire et c'est lui qui d'ailleurs continue de chercher des partenariats.
- 11:09sponsor et c'est comme ça qu'on a réussi en fait finalement à exploser d'un coup.
- 11:15Nous avons même eu une subvention de la coopération espagnole qui nous a permis de recruter une grosse équipe de nous organiser mieux et de dérouler d'autres projets qui en fait nous ont permis d'avoir de l'argent.
- 11:28Et sans son côté tellement rêveur,
- 11:32tellement optimiste qui croit que tout toujours va bien se passer.
- 11:37Je pense que j'aurais abandonné en réalité.
- 11:40Je serais restée dans la culture,
- 11:42mais je serais peut-être allée trouver un poste où je serais salariée et travaillée dans la culture,
- 11:48je pense.
- 11:49Très bien.
- 11:50Donc,
- 11:50dans ce que tu évoques,
- 11:51en fait,
- 11:51c'est quand tu parles de 2009 pour le lancement de cette plateforme en ligne qui va recenser tous les événements du Sénégal.
- 12:00C'est vrai que c'était très précurseur.
- 12:01C'était vraiment les débuts de ce type de plateforme-là.
- 12:05Oui,
- 12:05vraiment.
- 12:06Et tu expliques que du coup,
- 12:08pour faire vivre cette plateforme,
- 12:10l'idée c'est que tu t'es mise à rechercher les informations,
- 12:14à écrire des chroniques,
- 12:15à rencontrer les différents artistes.
- 12:18Du coup,
- 12:19c'est des nouveaux métiers que tu as appris.
- 12:22Absolument,
- 12:23c'est des nouveaux métiers.
- 12:24Et je me découvre des capacités que je ne connaissais pas.
- 12:29Mais c'était tellement exaltant pour moi de faire ça.
- 12:34que je ne me rendais même pas compte en réalité.
- 12:36Je travaillais énormément,
- 12:38énormément.
- 12:39Je passais mes nuits à créer le contenu,
- 12:42c'est-à-dire à écrire,
- 12:43à fermer,
- 12:44à mettre le contenu de l'agenda,
- 12:46les journées à travailler au bureau.
- 12:48Je ne dormais littéralement pas.
- 12:50Mais effectivement,
- 12:51c'est des métiers que j'ai appris sur le tard.
- 12:54Et alors,
- 12:55vous avez finalement,
- 12:56quand on dit pendant deux ans,
- 12:58vous n'avez pas gagné d'argent,
- 12:59et puis ensuite...
- 13:01on va dire les graines que vous avez semées,
- 13:03elles ont commencé à pousser,
- 13:05mais au bout d'un certain temps,
- 13:06finalement,
- 13:07quand on prend du recul,
- 13:08deux ans,
- 13:08c'est assez long que ça.
- 13:11Ça dépend.
- 13:11Ce n'est pas si long peut-être,
- 13:14mais quand c'est sans salaire,
- 13:15c'est quand même,
- 13:16ça paraît 10.
- 13:18Je vais être sincère.
- 13:20Mais finalement,
- 13:23on aurait pu attendre plus.
- 13:26On aurait pu attendre plus que ça.
- 13:27Et comme tu as dit,
- 13:28c'était semer des graines.
- 13:30Je suis contente que tu dises cette expression que j'utilise énormément.
- 13:35J'ai même un hashtag,
- 13:36c'est mes des graines.
- 13:37Parce que quand on insiste finalement,
- 13:39ça finit toujours par payer.
- 13:41Et aujourd'hui,
- 13:42l'agenda,
- 13:42c'est toujours une plateforme qui est d'actualité ou comment ça a évolué finalement cette plateforme ?
- 13:49Puisque vous avez eu des subventions,
- 13:52vous avez eu vos sponsors.
- 13:53J'imagine qu'il y avait une audience.
- 13:55Si c'était une plateforme précurseur ?
- 13:58Tout de suite,
- 13:58vous avez une audience assez importante qui s'habitue à venir sur ton site,
- 14:02qui veut lire tes chroniques.
- 14:04Et du coup,
- 14:05ça fait vraiment une monnaie d'échange avec des sponsors.
- 14:08Comment est-ce qu'elle a évolué,
- 14:09la plateforme,
- 14:10et où elle en est aujourd'hui ?
- 14:12Alors,
- 14:12on a eu une audience à partir de 2010.
- 14:15D'ailleurs,
- 14:15ça a commencé avec le Festival,
- 14:17le Festman,
- 14:19le Festival
- 14:20Mondial des Arts Nègres qui avait été organisé par le président Wad.
- 14:25Et l'organisation était très compliquée,
- 14:27très.
- 14:28Ça s'est fait vraiment,
- 14:29il y a des choses qui se faisaient à la dernière minute.
- 14:32Et donc,
- 14:32côté communication,
- 14:34ils avaient un problème.
- 14:35Et moi,
- 14:36j'étais très tenace.
- 14:37Moi,
- 14:38je trouvais l'info comme d'habitude.
- 14:39Et finalement,
- 14:41notre plateforme était devenue la plateforme où on savait ce qui se passait pendant tout un mois au Sénégal,
- 14:47où c'était bouillonnant,
- 14:48où on avait tous les grands artistes du monde,
- 14:52que ce soit dans le rap.
- 14:54dans le jazz,
- 14:55dans les arts visuels et tout ça,
- 14:58vraiment.
- 14:59Et donc là,
- 14:59il y a eu un rush.
- 15:01Après ça,
- 15:01ça a un peu baissé,
- 15:02mais comme tu viens de dire...
- 15:05Nous avons eu donc ces partenaires et puis surtout la subvention qui était assez grosse,
- 15:11qui nous a permis de recruter des équipes et de développer d'autres choses.
- 15:15Parce que les gens ont commencé à nous contacter en nous disant vous communiquez bien,
- 15:19vous communiquez très bien sur Internet,
- 15:22ce qui ne se faisait pas beaucoup.
- 15:24Et c'est là que les artistes venaient me voir,
- 15:26Aïcha je veux que tu communiques sur mon projet,
- 15:29Aïcha je veux que tu fasses ceci avec moi.
- 15:32Et donc,
- 15:32on a continué avec la plateforme et ces nouvelles équipes.
- 15:35Nous sommes passés de deux personnes à douze personnes.
- 15:40Au bout de cinq années,
- 15:41c'était vraiment au top,
- 15:43ça marchait bien.
- 15:44C'était en 2014.
- 15:46Et comme j'avais beaucoup ces sollicitations-là dont je parle aussi,
- 15:50j'ai décidé de laisser l'équipe continuer la plateforme Agence Dakar.
- 15:55Et moi,
- 15:55j'ai monté.
- 15:56Je suis allée faire de la consultance.
- 15:59Et donc,
- 15:59d'aller travailler justement avec...
- 16:01tel artiste sur tel album,
- 16:03avec tel artiste sur son expo,
- 16:06avec l'autre sur son film.
- 16:09Malheureusement,
- 16:10ce qui est un peu triste,
- 16:11c'est qu'après,
- 16:12la plateforme a perdu son...
- 16:16Avec les équipes,
- 16:17c'était devenu un peu difficile parce qu'il y avait les autres projets à gérer,
- 16:21il y avait...
- 16:21Voilà,
- 16:22ça arrive.
- 16:23Et finalement,
- 16:24elle est juste,
- 16:24elle ne marche plus depuis.
- 16:27Le site existe,
- 16:29le nom existe.
- 16:30Mais ils ont été concentrés parce que moi,
- 16:32j'ai cédé,
- 16:33j'ai passé la main pour faire la consultance,
- 16:37ce que je fais toujours.
- 16:40Mon bonheur est que ma communauté est restée parce que cette communauté était très fidèle et très belle.
- 16:46Et c'est pour elle que j'écrivais énormément pour faire découvrir qui est l'artiste,
- 16:52pour faire découvrir ce qui se passe,
- 16:53pour dire qu'il y a tel espace qu'il faut absolument visiter.
- 16:57Et ça,
- 16:58j'ai dû continuer à le faire sur mes réseaux sociaux parce que la communauté était toujours là.
- 17:03Chaque fois qu'il y a un événement majeur comme la Biennale,
- 17:06comme le Festival de jazz,
- 17:08la communauté est là qui me demande,
- 17:10Aïcha,
- 17:10qu'est-ce que tu nous recommandes ?
- 17:12Quel expo nous devons aller voir ?
- 17:14Et là,
- 17:15donc,
- 17:15j'ai développé au-delà de mon activité de consultante avec l'agence,
- 17:20je suis restée quand même celle qui faisait quand même l'agenda sur mes réseaux sociaux,
- 17:25beaucoup.
- 17:26J'écris beaucoup toujours et j'ai des kits de survie pour chaque grand événement culturel au Sénégal.
- 17:34Par exemple,
- 17:34il y a un kit de survie de la Biennale qui dira sur 500 expos qui se passent à Dakar,
- 17:40voici celles que je recommande,
- 17:42voici les artistes à découvrir,
- 17:44ce genre de choses.
- 17:46Parce que ça aide beaucoup de personnes qui ne savent pas.
- 17:50L'information est toujours assez difficile.
- 17:54Et surtout que c'est juste qu'ils sont là,
- 17:56ils sont là constamment,
- 17:57et qu'au final,
- 17:59je pense que je leur dois un peu.
- 18:00Et il y a cette relation entre nous qui est très belle.
- 18:04Donc,
- 18:04je continue de faire ça.
- 18:05Je regrette un peu que l'agenda ne marche plus,
- 18:08mais à un moment,
- 18:10il faut accepter que c'est comme ça,
- 18:12puisque j'étais partie de toute façon.
- 18:14C'est intéressant que tu partages,
- 18:17en fait,
- 18:18que tu continues,
- 18:18finalement,
- 18:19tu restes sur ta passion de départ,
- 18:20finalement.
- 18:20Ce que tu as commencé par toi,
- 18:22tu continues à le faire à travers...
- 18:24tes réseaux sociaux,
- 18:24que la plateforme allait continuer ou pas.
- 18:28Et pourquoi est-ce que tu as appelé ça des kits de survie ?
- 18:31Parce que c'est une expression qui est quand même très particulière.
- 18:34C'est littéralement ça.
- 18:37Là,
- 18:38je vais être très franche.
- 18:40J'ai commencé avec,
- 18:43comme j'ai dit,
- 18:43le festival de jazz et la biennale.
- 18:46Organiser des événements de cette envergure,
- 18:49c'est très difficile.
- 18:51Et dans nos pays,
- 18:52on est
- 18:53tellement concentré,
- 18:55tellement pris par les choses au jour le jour,
- 18:58c'est-à-dire les espaces,
- 19:01les artistes,
- 19:02comment faire venir les œuvres,
- 19:04la logistique,
- 19:05qu'on oublie souvent la com.
- 19:07Les gens s'y mettent en général vers la fin,
- 19:10à la dernière minute.
- 19:12Il se trouve que des événements comme ça,
- 19:13c'est aussi des événements qui attirent du monde.
- 19:15Par exemple,
- 19:16à la Biennale,
- 19:16les gens viennent de partout dans le monde pour venir visiter.
- 19:22Le festival de jazz aussi.
- 19:24Donc,
- 19:24des mois avant,
- 19:25ils ont besoin de savoir ce qui se passe,
- 19:27comment ça se passe,
- 19:28qui vient,
- 19:29qui ne vient pas.
- 19:31Mais c'est un foulard tard à sortir.
- 19:33Et c'est pour ça que j'ai appelé le kit le kit de survie,
- 19:36parce que pour moi,
- 19:39c'est de dire comment survivre à la biennale.
- 19:41D'abord,
- 19:41savoir déjà les dates exactes,
- 19:44qui vient,
- 19:44qui ne vient pas.
- 19:46Savoir comment réserver un hôtel,
- 19:48savoir comment accéder.
- 19:50Parce qu'il y a des gens qui vont vraiment demander est-ce qu'il faut payer,
- 19:54alors que pour certaines personnes c'est une information évidente.
- 19:59Et moi je découvre avec tous les messages que je reçois de personnes que je ne connais pas.
- 20:04En fait,
- 20:04les gens ne savent pas.
- 20:06Les gens ne savent pas ce que nous pensons être évident et que nous ne communiquons pas.
- 20:10Il faut s'accréditer juste pour aller voir,
- 20:13que pour le festival de jazz,
- 20:15le même badge peut marcher par-ci,
- 20:17par-là.
- 20:18Mais aussi,
- 20:18il faut s'y mettre très tôt pour trouver un hébergement.
- 20:23Mais comment le trouver ?
- 20:24Il y a des personnes à Saint-Louis qui peuvent aider.
- 20:26Donc,
- 20:28des petites choses comme ça...
- 20:29te font survivre dans ce festival,
- 20:32d'où le nom Kit de survie,
- 20:35que finalement les gens apprécient beaucoup.
- 20:36Et c'est aussi comme un kit,
- 20:38c'est comme quand on va en forêt faire du camping.
- 20:45Je le vois un peu comme ça.
- 20:47Les outils qui permettent de traverser ces moments-là.
- 20:52Et ce que tu évoques aussi,
- 20:53tu évoques tes missions de conseil.
- 20:56Donc,
- 20:57au service des artistes,
- 20:58je pense qu'aussi au service d'un certain nombre d'organisations,
- 21:01est-ce que tu peux évoquer ces parties-là ?
- 21:04Parce qu'encore une fois,
- 21:05toi,
- 21:05tu as un background scientifique,
- 21:07informatique,
- 21:08banquier.
- 21:10Même si tu as pu faire du conseil,
- 21:12ça n'a vraiment rien à voir avec le conseil auprès d'artistes.
- 21:16Donc,
- 21:17est-ce que tu peux parler de comment tu as pris cette casquette ?
- 21:23Ça aussi,
- 21:23c'est venu naturellement,
- 21:25c'est venu par leur demande.
- 21:27Quand je suis allée,
- 21:28moi,
- 21:28faire du consulting,
- 21:29c'était plus,
- 21:32par exemple,
- 21:33quelqu'un qui lance un album,
- 21:36je l'aide dans la communication,
- 21:37dans tout le déroulement du process,
- 21:40ce que je sais faire très bien.
- 21:42Mais au fur et à mesure,
- 21:43comme j'ai dit,
- 21:45j'ai appris beaucoup sur le tard et aussi j'ai appris à connaître très bien le milieu,
- 21:51vraiment.
- 21:53Mais parce que je suis plongée dedans constamment.
- 21:56C'est-à-dire,
- 21:57je suis constamment dedans.
- 21:58Si je n'écris pas,
- 21:59si je ne suis pas devant l'ordinateur en train de travailler sur les projets culturels,
- 22:05c'est-à-dire,
- 22:05je suis dans une expo,
- 22:06je suis à un festival.
- 22:08Et c'est là que je me rends compte qu'à force de les côtoyer,
- 22:12qu'à force d'être là,
- 22:13j'observe aussi.
- 22:14C'est peut-être le côté,
- 22:15justement,
- 22:15scientifique.
- 22:17J'observe et j'apprends avec tout,
- 22:19dans tout,
- 22:20partout.
- 22:21Là,
- 22:21en ce moment,
- 22:21je te parle,
- 22:22j'apprends.
- 22:23C'est ma nature.
- 22:24Et donc,
- 22:25je suis arrivée à vraiment connaître très,
- 22:27très bien le milieu et connaître très,
- 22:29très bien aussi les artistes.
- 22:31Je connais bien les profils,
- 22:33je connais leurs points forts,
- 22:34leurs points faibles.
- 22:36Et ce qui fait que spontanément aussi,
- 22:39je donnais même des conseils.
- 22:40J'ai beaucoup fait de bénévolat.
- 22:42J'en fais toujours,
- 22:43je décide d'arrêter,
- 22:44mais c'est difficile.
- 22:46Dès que je vois même un artiste que je ne connais pas,
- 22:48je peux voir sur ses réseaux sociaux quelque chose et puis lui écrire derrière.
- 22:53pour dire je pense que là ce serait bien si tu faisais ci,
- 22:55si tu faisais ça.
- 22:57Mais souvent ils sont venus vers moi donc pour me dire Aïcha,
- 23:00j'aimerais bien qu'on travaille ensemble sur tel projet.
- 23:04Et je me retrouve soit à structurer un projet,
- 23:07soit à organiser,
- 23:08soit à mobiliser parce que je mobilise beaucoup aussi.
- 23:12Mais c'est très naturellement que c'est arrivé.
- 23:14Au fur et à mesure,
- 23:16je rajoute dans mes services.
- 23:18Quand je vois que je maîtrise bien quelque chose,
- 23:20je me dis d'accord,
- 23:21ça maintenant je peux.
- 23:22je peux en faire un service.
- 23:24Parce qu'il est aussi très important pour moi que quand je travaille,
- 23:28que ce soit bien fait.
- 23:30Parce que j'ai réussi avec les années à construire une crédibilité et qu'au Sénégal,
- 23:36dès qu'on dit Aïcha Dem,
- 23:37tout le monde dira,
- 23:38ah d'accord,
- 23:38ça veut dire que ça va bien se passer.
- 23:40Et que ça,
- 23:41je le dis d'ailleurs toujours à mes équipes,
- 23:43je n'ai pas le droit de le gâcher ou de le perdre.
- 23:49Donc je travaille sur des choses et des projets très différents,
- 23:53mais je ne m'engage que là où je suis sûre que je peux bien faire le travail,
- 23:57que j'ai les compétences.
- 23:59Très bien,
- 23:59c'est une éthique qui est indispensable pour pouvoir se préserver et durer en fait,
- 24:06parce que quand il y a un partenariat,
- 24:09une collaboration qui ne se passe pas bien,
- 24:11en fait du coup on n'est pas rappelé.
- 24:15Et puis par contre,
- 24:16quand on est reconnu,
- 24:18identifié,
- 24:20C'est ça,
- 24:20c'est un petit mot.
- 24:21Les gens se disent les choses.
- 24:24Et donc,
- 24:24quand ça se passe mal,
- 24:25tout le monde le sait.
- 24:26Quand ça se passe bien,
- 24:27tout le monde le sait.
- 24:28Et souvent,
- 24:28cela se voit aussi dans le travail.
- 24:32Est-ce que,
- 24:33donc,
- 24:33tu évoquais le kit de survie pour quelqu'un qui vient,
- 24:35j'imagine,
- 24:36visiter une expo,
- 24:38qui parle de conseil.
- 24:40Quels sont les conseils pour un artiste contemporain africain qui se lance ?
- 24:46Pour toi,
- 24:47quelles sont les priorités ?
- 24:49Je ne vais pas te demander une mission de conseil gratuite.
- 24:54Je mettrai tes coordonnées avec toutes les informations.
- 24:58Comment accéder à tes services ?
- 25:00Est-ce que tu peux nous partager des conseils clés pour quelqu'un qui se lance ?
- 25:06Alors pour Dakar,
- 25:07par exemple,
- 25:08je dirais tout faire d'abord pour se faire connaître.
- 25:12Et c'est là que ça va être la communication.
- 25:14Parce que quand l'artiste arrive,
- 25:16il arrive avec son talent et sur sa créativité.
- 25:20Je ne peux pas me permettre de faire des remarques parce que chacun a son...
- 25:29Voilà,
- 25:30le travail de l'artiste,
- 25:31c'est le travail de l'artiste qui s'exprime.
- 25:33Maintenant,
- 25:34il arrive à Dakar,
- 25:35il démarre.
- 25:36C'est souvent ça le problème avec ces artistes qui démarrent ou qui travaillent depuis longtemps.
- 25:42C'est d'abord la communication et ensuite l'entourage,
- 25:48l'équipe,
- 25:49parce qu'ils sont seuls.
- 25:51Ils sont seuls,
- 25:51ils veulent tout faire.
- 25:54L'artiste,
- 25:54il doit créer.
- 25:56Maintenant,
- 25:56s'il veut à la fois créer,
- 25:59faire son marketing,
- 26:01faire son networking.
- 26:03trouver les partenaires,
- 26:07forcément,
- 26:07il ne peut pas y arriver.
- 26:09Ce qu'il va faire,
- 26:09il va appeler un ami,
- 26:11il va appeler un frère,
- 26:12il va appeler la famille,
- 26:13il va s'entourer de ces gens-là qui n'ont pas forcément les compétences,
- 26:17donc cela finit mal.
- 26:19Donc moi,
- 26:20souvent,
- 26:20ce que je conseille,
- 26:21c'est de justement trouver une personne qui peut aider à faire cela.
- 26:26Mais quelles sont les compétences,
- 26:28même si c'est la famille en fait,
- 26:30mais de trouver la bonne personne.
- 26:32et ensuite de se faire connaître par les personnes clés.
- 26:35Quand je dis les personnes clés,
- 26:37c'est les galeristes,
- 26:39les curateurs.
- 26:40C'est d'aller les voir,
- 26:41c'est de faire un bon dossier qui présente son travail,
- 26:44qui présente l'artiste,
- 26:45c'est-à-dire un portfolio,
- 26:47de dire qui il est,
- 26:48de se présenter,
- 26:49de faire le bon document qui est correct,
- 26:51qu'il va envoyer,
- 26:52de ne pas être paresseux,
- 26:53de faire en sorte de voir tout le monde,
- 26:57de rencontrer tout le monde autant que possible.
- 27:02Pour moi,
- 27:02c'est d'abord ça.
- 27:03Et après,
- 27:03dès qu'il y en a un qui connaît quelqu'un comme moi,
- 27:06quand je vois un bon dossier ou un bon artiste que je trouve intéressant,
- 27:10je vais le recommander aux autres.
- 27:12Et ils font tout ça.
- 27:14Je pense que déjà,
- 27:15pour commencer,
- 27:16ça,
- 27:16c'est important.
- 27:18Je ne sais pas si ça répond à ta question.
- 27:21Complètement.
- 27:22Ce que tu vois vraiment,
- 27:23c'est cette notion de communication.
- 27:24Et aujourd'hui...
- 27:26Donc,
- 27:27quand tu évoques la communication aujourd'hui avec les réseaux sociaux,
- 27:30c'est vrai qu'on a vu des artistes gagner en notoriété parce qu'ils vont partager leurs œuvres à travers les réseaux sociaux.
- 27:37C'est ça que tu évoques ?
- 27:38Ou est-ce que tu as parlé du fait de se faire connaître en allant dans les galeries,
- 27:43en allant se présenter ?
- 27:44Mais il y a aussi les réseaux sociaux.
- 27:46Pour toi,
- 27:47les deux sont aussi importants l'un que l'autre ?
- 27:49Ou est-ce qu'il faut privilégier plutôt le côté galerie ?
- 27:53d'un,
- 27:54voilà,
- 27:54être...
- 27:55Aller prospecter auprès des galeries,
- 27:56j'ai envie de dire ça,
- 27:57même si quand on est dans l'environnement de l'art,
- 28:00on n'aime peut-être pas trop utiliser des termes très commerciaux.
- 28:04La priorité,
- 28:05c'est les galeries ou ce sera les réseaux sociaux ou les deux sont aussi importants que l'autre ?
- 28:11Les deux sont importants parce que les cibles sont différentes et l'objectif est différent.
- 28:17Les réseaux sociaux,
- 28:18c'est le public.
- 28:20Mais ça marche très bien parce qu'une fois qu'on a fédéré le public,
- 28:24C'est le public qui va demander des expositions.
- 28:28Les galeries,
- 28:29ça c'est le pilier.
- 28:30Quand je dis les galeries,
- 28:31c'est les curateurs aussi,
- 28:33les centres culturels,
- 28:35les gens du secteur.
- 28:37Il faut vraiment qu'ils vous connaissent.
- 28:41Mais ça,
- 28:43ce sera plus pour le côté professionnel.
- 28:46Pour moi,
- 28:46les deux sont importants.
- 28:47D'où l'importance aussi d'avoir au moins une personne qui aide,
- 28:51parce que faire les deux,
- 28:52c'est dur.
- 28:53animer des réseaux sociaux,
- 28:54ce n'est pas simple.
- 28:56Mais je pense que les deux sont importants.
- 28:59Tu as évoqué aussi le fait que tu fais de la curation et que tu as organisé des expositions,
- 29:03des événements.
- 29:04Est-ce que tu peux nous parler justement de cette autre casquette ?
- 29:08Parce que là,
- 29:09ça fait à peine une demi-heure qu'on parle et j'ai affaire à une banquière informaticienne,
- 29:14écrivain,
- 29:16journaliste.
- 29:21Pour moi,
- 29:21c'est qu'une heure d'interview.
- 29:23On va programmer une autre interview pour pouvoir parler de tout.
- 29:26Au moins,
- 29:26si tu peux,
- 29:30je suis d'accord.
- 29:31J'ai beaucoup de casquettes.
- 29:32Mais c'est toujours la passion,
- 29:34comme je dis.
- 29:34En réalité,
- 29:35ça ne sort pas.
- 29:36Tout est dans le même sac.
- 29:38Il y a aussi cette fondation dont ils font que je te parle de musique en Afrique.
- 29:42Je ne t'en ai pas parlé.
- 29:43Je ne suis pas sûre que c'était dans ma bio.
- 29:50Je reviendrai dessus,
- 29:52je réponds à ta question.
- 29:53La curation donc.
- 29:55La curation,
- 29:57c'est aussi à force,
- 30:00j'adore les expos vraiment,
- 30:02c'est ce que je préfère.
- 30:04Et à force d'aller dans les expositions et à force de connaître les artistes,
- 30:07de faire leur promotion,
- 30:10de parler de leur travail,
- 30:12de devenir amie avec eux.
- 30:14De temps en temps,
- 30:15je dis tiens,
- 30:16venez,
- 30:16on fait une expo.
- 30:17Donc j'appelle deux,
- 30:18trois amis qui sont des artistes souvent.
- 30:22C'est souvent à la Biennale en fait,
- 30:23parce qu'à la Biennale,
- 30:24il y a...
- 30:25C'est un événement qui dure un mois.
- 30:27Il y a des événements in,
- 30:29organisés par l'État,
- 30:31mais il y a beaucoup de off.
- 30:33Les off,
- 30:33c'est quand je dis il y en a 500 dans la ville,
- 30:36il y en a 500.
- 30:37C'est tous les artistes qui vont organiser quelque chose,
- 30:42tous les espaces culturels.
- 30:44Et ça bouillonne partout dans Dakar.
- 30:46Et donc c'est toujours cet engouement-là qui fait qu'on a envie de partager,
- 30:50on a envie d'être ensemble,
- 30:51on a envie de faire,
- 30:53de créer ensemble.
- 30:55Et là,
- 30:55souvent,
- 30:56je dis,
- 30:56tenez,
- 30:57venez,
- 30:57on va faire quelque chose.
- 30:58Et souvent,
- 30:59c'est des expos collectives.
- 31:01Donc,
- 31:01j'appelle quelques amis et on se retrouve et on organise.
- 31:06Et je me retrouve à faire la curation,
- 31:08ce que je n'ai pas appris non plus,
- 31:10et à faire du commissariat.
- 31:12Et j'ai fait trois biennales.
- 31:15Et d'ailleurs,
- 31:15la dernière,
- 31:16c'était...
- 31:19il y a quelques mois,
- 31:20à la dernière Biennale de Dakar.
- 31:22C'était ma plus grosse expo parce que c'était mon livre qui contient 100 artistes de Dakar que j'ai mis en expo.
- 31:31C'était une expo gigantesque avec de très grands artistes où il y avait des installations,
- 31:40où il y avait de la peinture,
- 31:41où il y avait du graffiti et où on organisait des événements ponctuels chaque semaine.
- 31:47du slam,
- 31:48des concerts,
- 31:49c'était incroyable.
- 31:52Mais ce sont des choses qui se sont faites aussi vraiment spontanément,
- 31:56avec beaucoup d'esprit de partage,
- 32:01de partage et d'échange surtout.
- 32:03C'est ça qui est très beau.
- 32:06Et est-ce que tu peux nous parler,
- 32:08moi je vais profiter de ta présence ici,
- 32:11d'artistes vraiment qui t'ont particulièrement touchée,
- 32:15que tu suis ?
- 32:17tu suis le parcours depuis longtemps et que tu apprécies.
- 32:19Est-ce que tu as des recommandations d'artistes à nous faire ?
- 32:23Dis-moi un domaine,
- 32:24je te dis un artiste.
- 32:28C'est dans quel domaine ?
- 32:30J'en ai beaucoup.
- 32:32Je sais bien,
- 32:33je sais bien.
- 32:33La peinture ?
- 32:36La peinture.
- 32:37Je vais vous dire Fanny Senso,
- 32:40qui d'ailleurs expose en ce moment à Paris,
- 32:42à la galerie
- 32:45Christophe Palletier.
- 32:45personnes,
- 32:46quelque chose comme ça,
- 32:47dans le mari.
- 32:48Ok.
- 32:50Qui a été une...
- 32:53Il y a deux biennales,
- 32:55c'est-à-dire il y a quatre ans,
- 32:56c'était vraiment la star de la biennale.
- 32:59Incroyable artiste que j'aime beaucoup,
- 33:01qui retrace le quotidien d'un marché où il habite,
- 33:05avec des maquettes,
- 33:06avec des peintures,
- 33:07bref,
- 33:07je ne veux pas passer beaucoup de temps sur chaque artiste.
- 33:10Fali Senso.
- 33:12Ensuite,
- 33:12il y a...
- 33:14Kiné Aou,
- 33:15qui est une des femmes les plus connues dans son domaine,
- 33:21qu'on appelle l'application sénégalaise,
- 33:24qui est extraordinaire.
- 33:28Il y a aussi,
- 33:30parmi les anciens,
- 33:31la dame Anta Germaine Gaye,
- 33:33qui fait de la peinture sous-vert,
- 33:34c'est-à-dire qu'elle peint sur le vert,
- 33:36et c'est la pionnière.
- 33:38Je ne peux en citer encore des dizaines.
- 33:40De toute façon,
- 33:41si on veut plus d'infos...
- 33:43Tout à fait,
- 33:43je suis sur les réseaux sociaux.
- 33:45Je mets les liens de tes réseaux pour qu'on puisse avoir accès aux informations en live.
- 33:55Toi,
- 33:55depuis que tu t'intéresses à l'art,
- 33:57donc tu as évoqué 2009,
- 33:59est-ce que tu as vu,
- 34:00on parle beaucoup de l'évolution de la cote des artistes contemporains africains,
- 34:06on voit de plus en plus de créateurs africains qui ont l'opportunité d'être
- 34:11présents dans des galeries,
- 34:13pas seulement en France,
- 34:14à Paris,
- 34:15mais à l'international.
- 34:16Il y a de plus en plus d'événements d'envergure qui vont faire la part belle à l'art contemporain africain.
- 34:24Toi,
- 34:24de la fenêtre,
- 34:25vu que c'est vraiment,
- 34:27comment dire,
- 34:27tu es plongée dedans depuis 2009,
- 34:29en tout cas,
- 34:30ta plateforme a été créée en 2009,
- 34:31mais c'est un sujet qui t'intéressait déjà depuis longtemps.
- 34:35Comment est-ce que tu perçois cette évolution ?
- 34:37Écoute,
- 34:38moi je pense qu'en ce moment,
- 34:39c'est comme dans tout.
- 34:42C'est l'Afrique qui est là,
- 34:43en réalité.
- 34:44C'est vrai qu'en art contemporain,
- 34:47comme la peinture,
- 34:49tout ce qui est galerie et tout ça,
- 34:50c'est plus difficile parce que...
- 34:53Parce que voilà,
- 34:54on va dire qu'à Paris,
- 34:55par exemple,
- 34:56avoir des expos d'Africains,
- 34:58ce n'est pas aussi commun,
- 34:59mais ça a beaucoup changé,
- 35:02effectivement.
- 35:03Mais ce que j'ai observé,
- 35:05c'est que les gens retournent beaucoup à l'art africain,
- 35:09que ce soit dans la peinture,
- 35:11dans la mode,
- 35:12dans la musique.
- 35:14Tu as vu la mode,
- 35:15on s'est rencontrés au Galerie Lafayette parce qu'il y avait tous ces créateurs sénégalais.
- 35:20C'est parce que cette créativité africaine...
- 35:23en ce moment,
- 35:24elle est tellement,
- 35:25tellement,
- 35:26tellement bouillonnante et incroyable et belle.
- 35:31Et que les autres,
- 35:33je pense,
- 35:33je le dis souvent,
- 35:36ils ont fait le tour,
- 35:37mais l'Afrique,
- 35:38nous sommes...
- 35:40C'est-à-dire que tu marches dans les rues de Dakar,
- 35:42partout tu vois de l'art,
- 35:44et c'est comme ça.
- 35:45Tu vois les femmes habillées,
- 35:47c'est de l'art.
- 35:48Tu vois les murs,
- 35:49les graffitis,
- 35:49c'est de l'art.
- 35:50Et ça,
- 35:50ça ne se perd pas,
- 35:51c'est là,
- 35:51c'est jusque...
- 35:54il faut en faire quelque chose.
- 35:55Et donc,
- 35:56en ce moment,
- 35:57je ne veux pas dire tendance,
- 35:59c'est péjoratif,
- 36:01mais c'est ça,
- 36:02la créativité est en Afrique.
- 36:04Donc déjà,
- 36:05et ça,
- 36:05les gens l'ont compris,
- 36:06le monde l'a compris.
- 36:09J'ai parlé de monde de tout à l'heure,
- 36:10Chanel est venue à Dakar faire son défilé.
- 36:15On voit tous les gens qui reviennent,
- 36:16qui viennent,
- 36:17qui viennent parce que l'art est là.
- 36:18Après,
- 36:19côté c'est...
- 36:21Côté art contemporain,
- 36:22côté peinture,
- 36:23côté galerie,
- 36:25c'est un peu plus dur,
- 36:26mais je vois la différence effectivement.
- 36:29Je le vois du côté des artistes,
- 36:30je le vois du côté de ceux qui vendent.
- 36:35Et même chez le public,
- 36:36il s'y intéresse de plus en plus,
- 36:38mais aussi parce qu'il y a les réseaux sociaux,
- 36:41qu'il n'y a plus de barrières,
- 36:43que maintenant les jeunes,
- 36:44les artistes les plus jeunes et ceux dans tous les domaines,
- 36:47surtout dans le milieu de la mode,
- 36:50ils s'exposent.
- 36:51et ils montrent et il n'y a aucune barrière,
- 36:54il n'y a aucun complexe.
- 36:56Avant,
- 36:58nos artistes étaient un peu complexés parce que chez nous,
- 37:01faire de l'art,
- 37:02ce n'est pas bien vu.
- 37:04Chez nous,
- 37:04nos sociétés sont très dures.
- 37:07Être dans la culture,
- 37:08ce n'est pas quelque chose dont les parents rêvent pour leurs enfants.
- 37:12Maintenant,
- 37:13ça change.
- 37:14Maintenant,
- 37:14les jeunes s'expriment et assument d'être artistes et le montrent et se connectent.
- 37:19avec les autres à travers le monde.
- 37:20Et il faut connaître leur travail et on voit que les autres découvrent.
- 37:25Et je pense que ça,
- 37:26ça fait évoluer l'art et ça fait évoluer aussi les artistes partout dans le monde.
- 37:36Toi,
- 37:36je pense que tu es jugée partie.
- 37:39Ce que tu évoques là,
- 37:40c'est qu'effectivement,
- 37:41on parle d'Africa Rising,
- 37:43il y a beaucoup de choses qui se passent sur le continent et quelque part.
- 37:46Est-ce que...
- 37:47Tu as le sentiment qu'il y a vraiment quelque chose de beaucoup plus puissant en Afrique.
- 37:52Alors sans être,
- 37:53on va être un peu chauvin,
- 37:54on a tendance à dire,
- 37:55oui,
- 37:56tout est au Sénégal,
- 37:57mais en essayant d'avoir un regard objectif,
- 38:00même si tu es sénégalaise et que tu vas me dire que c'est Dakar qui est devant.
- 38:03Mais est-ce que tu as vraiment le sentiment qu'il y a un engouement vers la créativité africaine,
- 38:10mais parce qu'il y a vraiment énormément de propositions,
- 38:14énormément d'artistes qui émergent ?
- 38:16et qu'il y a une vraie différence par rapport à ce que l'Europe peut proposer,
- 38:19par rapport à ce que la Corée ou d'autres continents ou d'autres régions du monde peuvent proposer.
- 38:25Donc,
- 38:26c'est ce qui fait qu'il y a une différence.
- 38:27Ou est-ce que,
- 38:29quelque part,
- 38:29il y a un essor global de tout ce qui ne vient pas de l'Occident ?
- 38:33C'est une bonne question.
- 38:35C'est une bonne question.
- 38:36Je réfléchis en même temps.
- 38:38Spontanément,
- 38:39je dirais que oui,
- 38:40moi,
- 38:40je pense qu'il y a un essor en Afrique.
- 38:44Mais maintenant que tu le dis,
- 38:45peut-être aussi que c'est de façon générale l'envie de découvrir autre chose que l'Occident.
- 38:54Mais sincèrement,
- 38:55moi,
- 38:55le talent que je vois en Afrique,
- 38:56la créativité étant plongée dedans,
- 39:00sincèrement,
- 39:01je suis assez bluffée par ce que je vois.
- 39:03Et je me dis que c'est parce que c'est là.
- 39:06Et comme je dis encore une fois,
- 39:07l'Occident a fait le tour.
- 39:11La preuve,
- 39:11il revient beaucoup.
- 39:12ils reviennent beaucoup en Afrique pour s'inspirer et donc moi je crois qu'il y a vraiment quelque chose,
- 39:18je ne sais pas ce qui se passe vraiment mais il se passe un truc en Afrique en ce moment,
- 39:24en art.
- 39:25J'ai l'impression aussi,
- 39:26je me dis peut-être qu'on n'est pas objectif mais c'est absolument correct.
- 39:32Peut-être,
- 39:33je le sens mais peut-être on est chez nous,
- 39:36on voit mais moi je vois qu'il y a cette créativité,
- 39:41c'est incroyable quand même.
- 39:43Surtout chez les jeunes,
- 39:44c'est incroyable.
- 39:48Moi,
- 39:48j'y crois.
- 39:49Je suis du même avec toi.
- 39:51Ce que je trouve intéressant,
- 39:52c'est que c'est comme s'il y a énormément de courants qui existent,
- 39:57qui ont été classifiés par l'Occident de plein de façons différentes.
- 40:02Et ce qui arrive d'Afrique,
- 40:03c'est complètement différent.
- 40:05Et puis,
- 40:05c'est un mélange plein d'influences différentes avec,
- 40:10bien sûr,
- 40:11les racines qui sont en Afrique,
- 40:13mais qui peuvent parler à quelqu'un aux États-Unis,
- 40:15en Corée,
- 40:16en Amérique latine.
- 40:17Et c'est ça aussi qui fait la force de la créativité africaine,
- 40:21c'est que ça vient du continent,
- 40:23mais ça peut vraiment toucher tout le monde,
- 40:24en fait.
- 40:26C'est ce que je suis en train de te dire tout à l'heure.
- 40:28C'est-à-dire,
- 40:29ils sont assis dans un village quelque part au Kenya,
- 40:32ils font leurs choses qu'ils mettent sur Internet,
- 40:35et ça touche un jeune Chinois,
- 40:38un jeune Américain,
- 40:39parce que finalement,
- 40:41ils sont connectés.
- 40:43Alors,
- 40:43en termes de créativité à Dakar,
- 40:45Merci.
- 40:45tu parlais de la Biennale et de tes réseaux sociaux qui te permettent un peu de faire la liste de tous les événements qui peuvent se passer au Sénégal.
- 40:54Est-ce que tu déplaces les frontières du Sénégal et est-ce que tu vas aussi parler d'événements qui peuvent se passer en Côte d'Ivoire ?
- 41:04Je sais qu'il y a une grande foire d'art contemporain à l'Écosse,
- 41:08au Nigeria.
- 41:11Est-ce que tu fais aussi une veille sur ce puissant...
- 41:13ce qui peut se passer en dehors de Dakar ?
- 41:17Une veille,
- 41:18je ne sais pas,
- 41:18mais quand je vois des choses importantes que je pense que les gens doivent savoir,
- 41:25j'en parle.
- 41:26À l'extérieur,
- 41:27c'est souvent le travail,
- 41:28c'est souvent des missions,
- 41:30c'est souvent des choses où on m'invite à venir participer,
- 41:39souvent des conférences,
- 41:40des panels.
- 41:43Mais en même temps,
- 41:44on est en Afrique et quand je vois un événement,
- 41:47un grand événement africain,
- 41:51forcément,
- 41:52je peux en parler.
- 41:54Mais vraiment,
- 41:54c'est plus,
- 41:55tu vois,
- 41:55à Côte d'Ivoire,
- 41:56Afrique du Sud,
- 41:57dont j'ai parlé tout à l'heure,
- 41:59j'en parle pas mal,
- 42:00mais parce que je suis souvent là-bas pour le travail avec cette fondation de musique.
- 42:05Et donc,
- 42:06c'est aussi ça qui est beau,
- 42:07parce que cela me permet de découvrir.
- 42:11Les autres pays africains,
- 42:12c'est à travers la culture,
- 42:13moi,
- 42:13que j'ai commencé à voyager autant.
- 42:17À la banque,
- 42:18je prenais mon congé,
- 42:19je venais à Paris et puis c'est tout.
- 42:22Quand j'ai commencé à faire ce travail,
- 42:24donc,
- 42:28au bout de deux ans,
- 42:29par exemple,
- 42:29j'ai été appelée en Afrique du Sud pour rejoindre un projet qui est une plateforme dédiée à l'industrie musicale.
- 42:38Et comme j'avais l'expérience à Jean-Dakar...
- 42:40et m'ont d'abord appelée juste pour voir si je pouvais collaborer avec eux.
- 42:46Donc maintenant,
- 42:46j'aimerais que tu nous parles de la fondation que tu évoquais tout à l'heure.
- 42:50Puisque c'est une de tes dernières initiatives liées à l'art et la culture,
- 42:55mais là,
- 42:56on est plus centré sur la musique.
- 42:57Donc,
- 42:58est-ce que tu peux nous parler de cette fondation et de ton rôle dans cette fondation ?
- 43:02Musique in Africa.
- 43:05Je suis cofondatrice de la fondation parce que...
- 43:09Il y a eu d'abord la plateforme online et puis il y a eu la fondation.
- 43:13C'est destiné à booster l'industrie de la musique en Afrique.
- 43:17L'idée était de dire que c'est bien beau d'être connecté au reste du monde avec les grands,
- 43:24mais c'est bien que les Africains se connaissent et se retrouvent entre eux.
- 43:30C'était quand même il y a un moment,
- 43:31c'était en 2012,
- 43:34que nous avons fondé Musique in Africa.
- 43:36Je suis rentrée dans le board et j'ai été...
- 43:39J'étais dans le Bode pendant cinq ans,
- 43:42dans deux où j'étais présidente.
- 43:45C'est un milieu très,
- 43:46très masculin dans la fondation.
- 43:51Il y avait les membres,
- 43:52c'était vraiment,
- 43:52il y avait pratiquement cinq femmes sur peut-être une centaine.
- 43:58Et je me suis retrouvée présidente,
- 44:00donc entourée d'hommes du secteur dans un milieu très,
- 44:04très masculin.
- 44:07C'était une très belle expérience.
- 44:09Et je suis très fière parce que ça a tellement grandi en dix ans,
- 44:13c'est devenu vraiment incontournable.
- 44:16Et la Fondation développe de magnifiques projets qui soutiennent la musique en Afrique.
- 44:23Mais là aussi,
- 44:24récemment,
- 44:25quand j'ai fini mon mandat,
- 44:26j'ai décidé de me consacrer entièrement à mon agence.
- 44:31Donc je suis,
- 44:31on va dire,
- 44:32membre d'honneur.
- 44:34Maintenant,
- 44:35on n'est pas vraiment dans les décisions.
- 44:38mais très très fiers de ce que nous avons accompli jusqu'ici.
- 44:42Très bien.
- 44:43Et est-ce que tu as dit,
- 44:46c'est quoi les next projets pour Aïcha ?
- 44:50Est-ce qu'il y a des choses dont tu peux nous parler ?
- 44:52J'imagine que tu es toujours dans le milieu de l'art et de la culture,
- 44:56mais comme on peut le voir là,
- 44:58tu as commencé par créer une plateforme,
- 45:01tu as endossé cette casquette de journaliste,
- 45:04puis curatrice,
- 45:07de consultante,
- 45:08de conférencière,
- 45:09d'écrivain.
- 45:11Donc,
- 45:11tu as été à la tête de cette fondation avec ce focus sur la musique.
- 45:15Qu'est-ce que tu nous prépares ?
- 45:20Alors,
- 45:21j'ai beaucoup de choses que je voudrais faire.
- 45:25Il y a quelques années,
- 45:26j'avais commencé un projet d'incubateur,
- 45:29juste avant de commencer mon livre.
- 45:31Donc,
- 45:31j'avais ce projet d'incubateur culturel et le livre m'est tombé dessus presque.
- 45:36Et je me suis consacrée au livre qui m'a pris trois ans d'années de travail.
- 45:40Et après ces trois années,
- 45:42j'étais en promo constamment.
- 45:44Donc là,
- 45:45j'aimerais beaucoup reprendre l'incubateur et un fonds pour les artistes.
- 45:52J'ai beaucoup de projets personnels avec Sylvie Woro,
- 45:55mais dont je ne peux pas parler maintenant.
- 45:58Ici en France,
- 45:59j'ai rejoint un autre board d'une organisation dédiée à l'art aussi.
- 46:04Ça aussi,
- 46:04j'en suis très fière.
- 46:06Mais ils n'ont pas encore communiqué officiellement.
- 46:09Je te tiendrai au courant.
- 46:11Et donc,
- 46:11il y a tous ces petits projets aussi qui ne sont pas gros,
- 46:15mais auxquels je tiens au Sénégal à accompagner des femmes artistes,
- 46:20à mentorer la transmission.
- 46:22Ça compte beaucoup pour moi.
- 46:24Je le fais beaucoup de façon officieuse,
- 46:28on va dire.
- 46:29Je cherche de voir un moyen de le rendre plus officiel pour que je...
- 46:36puisse accorder vraiment du temps à ça,
- 46:40au-delà de ce que je fais en ce moment comme accompagnement de jeunes artistes.
- 46:44Et en parlant justement des autres pays,
- 46:46ça aussi,
- 46:46tu vois,
- 46:47je reçois beaucoup de messages de gens qui sont en Côte d'Ivoire,
- 46:51au Burkina,
- 46:53qui me disent,
- 46:54on est inspiré par votre travail,
- 46:57est-ce que vous pouvez nous mentorer ?
- 46:58Donc je le fais pas mal et ça me touche beaucoup et j'aime beaucoup cela,
- 47:03cette connexion avec ces autres
- 47:05pays-là,
- 47:06de cette façon-là,
- 47:07plutôt que par la communication ou en parlant juste d'un artiste.
- 47:15Il y a ce côté où il y a une vraie connexion que j'aime beaucoup.
- 47:19Très bien,
- 47:20on a hâte de voir la suite.
- 47:23On arrive à la fin de cette interview.
- 47:24Moi,
- 47:24j'étais ravie d'avoir l'opportunité de découvrir ton profil et d'en savoir un peu plus sur toutes tes initiatives.
- 47:31Je mettrais bien,
- 47:32comme je l'évoquais tout à l'heure,
- 47:33en note de l'épisode,
- 47:36les liens vers tes comptes sur les réseaux sociaux et également le lien vers ton livre,
- 47:43de manière à ce qu'on puisse vraiment en savoir encore davantage sur tout ce que tu peux partager.
- 47:49Et puis,
- 47:50je te dis merci.
- 47:52Mais c'est moi qui te remercie,
- 47:53Ramatha.
- 47:54Je suis très contente aussi de t'avoir rencontrée déjà.
- 47:59de découvrir ce que tu fais.
- 48:00Et merci de donner la parole parce que c'est important.
- 48:03Et c'est un secteur où on ne parle pas assez.
- 48:08Et tu as beaucoup de générosité et une très belle écoute que j'apprécie beaucoup,
- 48:13beaucoup,
- 48:13beaucoup.
- 48:14Et j'ai été très,
- 48:15très contente de venir,
- 48:17de faire cette discussion avec toi.
- 48:20Merci infiniment.
- 48:21Écoute,
- 48:21merci à toi.
- 48:22Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 48:24À très vite.
- 48:26Merci.
- 48:31Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 48:33Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
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- 48:42Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
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- 48:50Je vous dis à très vite en Afrique.
- 48:52Bye.