Latest / True Crime : L'Heure du Crime / L'Indice des Insectes : Un Meurtrier Barbare Trahi par l'Entomologie
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- 0:15Speaker 2: Des enquêteurs travaillent sur un cas complexe. Ils sont presque
- 0:18Speaker 2: sûrs de connaître l'identité de l'auteur d'un crime. Mais pour l'arrêter,
- 0:22Speaker 2: ils devront d'abord prendre au piège quelques témoins. Des experts
- 0:29Speaker 2: recueillent quelques minuscules fragments sur la scène d'un crime pour
- 0:32Speaker 2: capturer le meurtrier d'une jeune femme. Une femme est assassinée
- 0:38Speaker 2: dans sa chambre d'hôtel. Le personnel et les clients sont
- 0:41Speaker 2: tous suspects. Les enquêteurs espèrent que les mains du meurtrier
- 0:44Speaker 2: le trahiront. Les insectes et parfois même les microbes peuvent
- 0:51Speaker 2: faire de précieuses révélations. En l'absence de preuves formelles, les
- 0:55Speaker 2: experts tentent parfois de mettre les lois de la nature
- 0:58Speaker 2: à leur service. Dans cette affaire, certains noms ont été
- 1:34Speaker 2: changés
- 1:38Speaker 2: Le 4 août 1982, une jeune femme téléphona au bureau du shérif
- 1:41Speaker 2: de Ventura County en Californie pour signaler la disparition de
- 1:45Speaker 2: sa sœur. Elle était sans nouvelles de Marcy Davis, 24 ans,
- 1:49Speaker 2: depuis presque deux jours, et s'inquiétait. Quelques heures plus tard,
- 1:57Speaker 2: les détectives du bureau du shérif apprirent qu'un véhicule avait
- 2:00Speaker 2: été abandonné dans un fossé. La police vérifia la plaque
- 2:07Speaker 2: d'immatriculation et découvrit que la voiture appartenait à Marcy Davis.
- 2:13Speaker 2: Il n'y avait aucune trace d'elle. Peut-être était-elle partie à
- 2:18Speaker 2: pied pour demander de l'aide et avait-elle fait une rencontre dangereuse.
- 2:24Speaker 2: Ou alors quelqu'un avait abandonné la voiture de Marcy dans
- 2:27Speaker 2: le fossé. Malheureusement, le moteur était froid. Il était donc
- 2:32Speaker 2: impossible de déterminer depuis combien de temps la voiture se
- 2:35Speaker 2: trouvait là. La police découvrit une paire de jeans. Comme
- 2:45Speaker 2: l'endroit servait de dépotoir, il était difficile de déterminer si
- 2:49Speaker 2: ce vêtement était relié à la disparition de la jeune femme.
- 3:01Speaker 2: L'emplacement de la voiture était un indice important. Les agents
- 3:04Speaker 2: décidèrent donc d'examiner les environs à la recherche de nouveaux indices.
- 3:13Speaker 2: Ils étaient prêts à toute éventualité lorsqu'ils firent la macabre découverte.
- 3:18Speaker 2: Le sergent Larry Robertson était assigné à cette enquête.
- 3:24Speaker 4: La patrouille avait décidé de faire venir une équipe de
- 3:27Speaker 4: secours pour chercher Marcy Davis. Ils ont découvert son corps.
- 3:32Speaker 4: Elle avait été étranglée et laissée nue, enterrée sous des
- 3:34Speaker 4: feuilles et des
- 3:35Speaker 6: débris.
- 3:39Speaker 2: Son chemisier avait été déchiré et noué autour de son cou.
- 3:43Speaker 6: Elle
- 3:45Speaker 2: semblait avoir été violée. Les experts photographièrent le plus d'indices possible,
- 3:54Speaker 2: mais comme la nuit allait tomber, ils décidèrent d'interrompre leur
- 3:59Speaker 2: recherche et de revenir au lever du soleil. Un gardien
- 4:03Speaker 2: surveillerait les lieux jusqu'au lendemain. Les détectives pouvaient commencer leur
- 4:08Speaker 2: travail d'enquête d'ici là. La sœur de la victime déclara
- 4:17Speaker 2: aux policiers que Marcy avait quitté la maison dans la
- 4:19Speaker 2: soirée du 3 août pour aller chez des amis. Elle lui
- 4:24Speaker 2: avait dit qu'elle comptait ensuite se rendre au J. J., son
- 4:28Speaker 2: bar
- 4:28Speaker 8: préféré.
- 4:37Speaker 2: Les détectives se rendirent au J. J. et interrogèrent la serveuse.
- 4:42Speaker 2: Elle déclara que la victime était bienvenue vers 23h la
- 4:45Speaker 2: nuit de sa disparition
- 4:47Speaker 2: Elle se rappelait l'avoir vue prendre un verre et jouer
- 4:54Speaker 2: au billard avec un autre habitué de l'endroit, Michael Nottingham.
- 5:09Speaker 2: Ils étaient partis avec les derniers clients à la fermeture
- 5:12Speaker 2: du bar à 2 heures du matin. Les détectives se rendirent
- 5:16Speaker 2: donc chez Nottingham pour l'interroger. Nottingham était bien chez lui.
- 5:31Speaker 2: Il accepta de se rendre au poste pour un interrogatoire.
- 5:36Speaker 5: Tu la reconnais?
- 5:37Speaker 2: on lui montra des photographies de Marcy fournies par sa
- 5:39Speaker 5: sœur.
- 5:41Speaker 2: Il reconnaissait le visage, mais déclara la connaître sous le
- 5:44Speaker 2: nom de Teresa
- 5:46Speaker 2: Elle l'avait raccompagnée, était entrée chez lui environ 10 minutes, puis
- 5:51Speaker 2: était
- 5:51Speaker 5: repartie.
- 5:53Speaker 2: Il déclara qu'il ne l'avait plus revue
- 5:54Speaker 5: ensuite.
- 6:02Speaker 2: Après son départ, vers 3 heures du matin, il s'était rendu
- 6:05Speaker 2: à pied chez sa petite amie. Mais n'osant pas la réveiller,
- 6:08Speaker 2: il avait dormi à la belle étoile. À 9h30, après
- 6:11Speaker 2: le départ de sa mère, il avait sonné chez elle.
- 6:18Speaker 2: Les détectives interrogeaient ensuite la sœur de Nottingham pour vérifier
- 6:22Speaker 2: son alibi. La jeune femme reconnut le visage sur la photo.
- 6:34Speaker 2: Michael était bien rentré avec elle cette nuit-là. Il n'était
- 6:37Speaker 2: resté à la maison que quelques minutes. Il lui avait
- 6:40Speaker 2: présenté sa compagne sous le nom de Kelly. D'autres aspects
- 6:46Speaker 2: des événements différaient de la version de son frère
- 6:51Speaker 4: Elle se rappelait que Michael et Kelly étaient montés dans
- 6:54Speaker 4: la voiture de la jeune femme et étaient repartis ensemble
- 6:58Speaker 6: Ce
- 6:58Speaker 4: n'était pas ce que Michael avait déclaré à la police.
- 7:02Speaker 2: Ces déclarations contradictoires et le trou de 6 heures dans la
- 7:05Speaker 2: libide Michael Nottingham en faisaient un suspect
- 7:09Speaker 3: potentiel
- 7:13Speaker 2: Il faudrait cependant trouver de nouveaux indices. Même si on
- 7:22Speaker 2: trouvait des preuves de la présence de Nottingham dans la
- 7:24Speaker 2: voiture de la victime, on ne ferait que corroborer un
- 7:27Speaker 2: fait qu'il avait déjà admis. Les experts devraient donc tenter
- 7:31Speaker 2: de trouver des indices qui indiquaient que Nottingham s'était bien
- 7:35Speaker 2: trouvé sur la scène du crime. Dès l'aube, les détectives
- 7:48Speaker 2: se rendirent à nouveau sur les lieux du crime. Chacune
- 7:50Speaker 2: des pierres fut retournée pendant la recherche. Les experts découvrirent
- 8:08Speaker 2: bientôt un indice intéressant. Un mégot de cigarette avait été
- 8:11Speaker 2: jeté près de la voiture de la victime. La cigarette
- 8:15Speaker 2: était de la même marque que celle que Nottingham fumait.
- 8:19Speaker 2: En termes de preuves, c'était mince. Mais cet indice et
- 8:22Speaker 2: les déclarations contradictoires permettraient au moins à la police de
- 8:26Speaker 2: procéder à son arrestation. Il ne resterait plus qu'à découvrir
- 8:33Speaker 2: s'il était coupable. Nottingham fut mis en détention provisoire. Comme
- 8:45Speaker 2: l'exigeait la procédure dans les cas d'agression sexuelle, il fut
- 8:48Speaker 2: photographié
- 8:50Speaker 6: nu
- 8:53Speaker 2: Si on découvrait des égratignures ou des blessures sur son corps,
- 8:57Speaker 2: on pourrait peut-être démontrer qu'il s'était battu avec sa victime.
- 9:02Speaker 2: Les experts s'apprêtaient à faire une découverte d'une toute autre
- 9:05Speaker 2: nature
- 9:06Speaker 2: Le suspect avait une centaine de piqûres d'insectes sur les
- 9:09Speaker 2: chevilles et autour de la taille. Nottingham expliqua qu'il s'agissait
- 9:15Speaker 2: de piqûres de puces. Les experts ignoraient s'il s'agissait d'indices importants,
- 9:22Speaker 2: mais ils décidèrent tout de même de procéder à quelques analyses.
- 9:29Speaker 2: La même nuit, le sergent Robertson fut réveillé par une
- 9:32Speaker 2: démangeaison aiguë aux chevilles et à la taille. Il reconnut
- 9:36Speaker 2: tout de suite cette
- 9:36Speaker 5: démangeaison.
- 9:39Speaker 4: J'ai dit à ma femme que cela ressemblait à la
- 9:41Speaker 4: démangeaison de piqûres de
- 9:42Speaker 6: chic.
- 9:46Speaker 4: J'avais déjà été piqué pendant mon entraînement militaire au Kentucky,
- 9:50Speaker 4: à peu près à l'époque de la guerre du Vietnam.
- 9:59Speaker 2: Le docteur confirma son diagnostic
- 10:02Speaker 2: Il fallait espérer que ces petits insectes aideraient les détectives
- 10:05Speaker 2: dans leur
- 10:05Speaker 5: enquête.
- 10:08Speaker 2: Ils firent appel à un expert en la
- 10:10Speaker 5: matière
- 10:19Speaker 2: L'entomologiste James Webb est un spécialiste en parasites. Ce dernier
- 10:26Speaker 2: leur apprit que les chics sont les larves d'une certaine
- 10:29Speaker 2: sorte de mythe. Ces insectes ont un appétit féroce
- 10:44Speaker 8: Les chics insèrent leurs pièces buccales dans la peau de l'autre,
- 10:47Speaker 8: à l'aide de cette lame spéciale située de chaque côté. Puis,
- 10:50Speaker 8: elles injectent de la salive dans la blessure. Cette salive
- 10:56Speaker 8: a la propriété de dissoudre la protéine de la peau.
- 11:03Speaker 8: A l'aide d'une puissante pompe pharyngienne, la chique attire le
- 11:06Speaker 8: liquide dans ses
- 11:07Speaker 9: intestins.
- 11:14Speaker 2: La salive suscite une réaction immunitaire qui se manifeste par
- 11:18Speaker 2: une enflure rouge autour de la piqûre et qui apparaît
- 11:21Speaker 2: dans les 24 à 48 heures qui suivent. Les experts qui avaient
- 11:26Speaker 2: fouillé la scène du meurtre de Marcy Davis avaient tous
- 11:29Speaker 2: été piqués par des chics.
- 11:39Speaker 8: On reconnaît ces piqûres par leur quantité. Et en général,
- 11:42Speaker 8: les chics piquent là où les vêtements sont plus serrés.
- 11:47Speaker 8: La chic se déplace sur le corps et s'arrête sur
- 11:49Speaker 8: le bord d'une chaussette, d'un slip, ou encore près de
- 11:52Speaker 8: la ceinture.
- 11:57Speaker 2: L'enquête avait démarré lentement, mais ces piqûres allaient peut-être jouer
- 12:01Speaker 2: un rôle déterminant. On photographia à nouveau les piqûres sur
- 12:07Speaker 2: le corps de Michael Nottingham, cette fois grandeur nature. Le
- 12:12Speaker 2: meurtrier avait peut-être des dizaines de témoins après tout. Les
- 12:26Speaker 2: enquêteurs espéraient qu'en mettant la main sur quelques spécimens de Chic,
- 12:30Speaker 2: ils pourraient faire inculper le meurtrier de Marcy Davis
- 12:35Speaker 2: Le suspect Michael Nottingham avait juré ne jamais être allé
- 12:38Speaker 2: à l'endroit où le corps de la victime avait été découvert.
- 12:42Speaker 2: Mais les piqûres de Chic racontaient une toute autre histoire.
- 12:50Speaker 4: Je n'avais jamais été piqué par des chics depuis que
- 12:53Speaker 4: je vivais à Ventura, même lorsque je participais à des
- 12:56Speaker 4: opérations de sauvetage ou quand j'allais à la chasse ou
- 12:59Speaker 4: à la pêche
- 13:00Speaker 4: Je n'en avais jamais vu ni entendu dire qu'il y
- 13:03Speaker 4: en avait dans la région
- 13:10Speaker 2: En fait, les chics sont très rares dans cette partie
- 13:12Speaker 2: de la Californie. Si les experts parvenaient à démontrer qu'il
- 13:18Speaker 2: n'y avait des chics que sur la scène du crime,
- 13:21Speaker 2: la preuve de la présence de Nottingham serait indéniable. La
- 13:26Speaker 2: tâche fut confiée à James Webb
- 13:32Speaker 8: Nous voulions tout d'abord voir s'il y avait des chics
- 13:34Speaker 8: à cet endroit, afin de corroborer notre hypothèse. Nous savions
- 13:38Speaker 8: que la seule manière de vérifier s'il y en avait
- 13:40Speaker 8: serait de capturer des lézards
- 13:42Speaker 2: La chic est un parasite du lézard. Les experts capturèrent
- 13:48Speaker 2: quelques lézards afin de les examiner de plus près. Lorsqu'ils
- 13:52Speaker 2: découvraient des lézards infestés, Webb et son équipe sortaient leur
- 13:55Speaker 2: piège à chic. Un piège à chic n'est rien de
- 14:00Speaker 2: plus qu'une plaque de plastique noir placée au soleil.
- 14:06Speaker 8: Pour eux, la plaque chauffée par le soleil, c'est comme
- 14:07Speaker 8: un corps chaud, comme un animal. Donc s'il y a
- 14:11Speaker 8: des chics à proximité, elles se dirigeront vers la plaque
- 14:13Speaker 8: et essaieront de s'y accrocher.
- 14:18Speaker 2: L'équipe de Webb plaça des pièges près de la maison
- 14:21Speaker 2: de la petite amie de Nottingham, là où il avait
- 14:23Speaker 2: déclaré avoir dormi la nuit du meurtre. Ils placèrent une
- 14:29Speaker 2: autre vingtaine de pièges à environ 6 mètres de la scène
- 14:32Speaker 2: du crime et d'autres pièges encore à l'endroit exact où
- 14:35Speaker 2: le corps de la victime avait été découvert. On vérifia
- 14:40Speaker 2: ensuite les pièges toutes les 30 minutes pendant trois jours. Les
- 14:44Speaker 2: résultats
- 14:44Speaker 8: étaient concluants
- 14:46Speaker 8: Près de la scène du crime où le corps a
- 14:48Speaker 8: été découvert, nous en avons capturé des dizaines, des vingtaines
- 14:51Speaker 8: et même plus. Il y en avait vraiment beaucoup. Il
- 14:55Speaker 8: y en avait même qui s'accrochaient à nos chaussures et
- 14:57Speaker 8: cherchaient à grimper sur nous pendant que nous les
- 14:58Speaker 9: examinions.
- 15:05Speaker 2: Quant au piège situé à 6 mètres de la scène, il
- 15:08Speaker 2: ne contenait presque pas de chic. Et il n'y en
- 15:11Speaker 2: avait aucune près de la maison de la petite amie
- 15:13Speaker 2: de Nottingham. Il s'était donc trouvé sur la scène du crime.
- 15:24Speaker 2: La police reconstitua le crime. De gré ou de force,
- 15:28Speaker 2: la victime avait conduit son véhicule jusqu'à la forêt. Une
- 15:36Speaker 2: fois sur les lieux, Michael Nottingham et Marcy Davies avait
- 15:40Speaker 2: commencé à se disputer jusqu'à ce qu'il en vienne au
- 15:44Speaker 2: coup et la tue en l'étranglant avec son chemisier. Michael
- 15:57Speaker 2: Nottingham fut jugé coupable de viol et de meurtre au
- 16:01Speaker 2: premier degré. Il fut condamné à la prison à perpétuité
- 16:07Speaker 2: sans possibilité de libération conditionnelle. On le retrouva pendu dans
- 16:13Speaker 2: sa cellule après 15 années d'emprisonnement. Le danger peut rôder en
- 16:21Speaker 2: périphérie d'une grande ville, mais il peut aussi frapper chez soi,
- 16:25Speaker 2: dans le confort de son propre foyer. Seattle, état de Washington,
- 16:30Speaker 2: aux États-Unis. Cette contrée autrefois sauvage est aujourd'hui une ville
- 16:34Speaker 2: moderne de 500 000 habitants. Certains viennent ici pour profiter des perspectives
- 16:40Speaker 2: d'emploi d'une ville en plein essor, Malheureusement, d'autres personnes ne
- 16:44Speaker 2: s'y trouvent que pour profiter des autres. Molly McClure, 28 ans,
- 16:49Speaker 2: avait passé toute son enfance à Seattle, mais était partie
- 16:52Speaker 2: vivre ailleurs quelques années. En octobre 1985, elle avait décidé de
- 16:58Speaker 2: se rapprocher de sa famille. Elle loua un modeste appartement
- 17:03Speaker 2: et dénicha un emploi qu'elle adorait comme consultante en restauration
- 17:07Speaker 2: pour un hôtel. En janvier 1986, elle téléphona à la police
- 17:12Speaker 2: pour signaler une entrée par effraction dans son appartement. Son
- 17:16Speaker 2: voisin duo, Sherwood Knight, lui confia qu'il avait vu quelqu'un
- 17:20Speaker 2: en train de forcer sa fenêtre pendant son jogging matinal
- 17:24Speaker 2: Il avait alors effrayé l'intrus. Les policiers constatèrent qu'il y
- 17:28Speaker 2: avait bien des traces d'effraction sur le rebord de la fenêtre.
- 17:32Speaker 2: Ils firent un compte-rendu détaillé de
- 17:34Speaker 3: l'événement.
- 17:41Speaker 2: Le lendemain, le 17 janvier, la police reçut un nouvel appel
- 17:44Speaker 2: concernant Molly McClure. Des policiers furent dépêchés à son appartement.
- 17:50Speaker 2: C'est son patron qui les avait appelés lorsqu'il avait constaté
- 17:53Speaker 2: qu'elle n'était pas entrée au travail et qu'elle ne répondait
- 17:56Speaker 2: pas au téléphone. Les agents se heurtèrent à une porte verrouillée,
- 18:06Speaker 2: mais remarquèrent que la fenêtre semblait à nouveau avoir été forcée.
- 18:12Speaker 2: Craignant qu'il ne lui soit arrivé quelque chose de grave,
- 18:14Speaker 2: il se glissère chez elle par la fenêtre. À première vue,
- 18:34Speaker 2: rien ne semblait avoir été déplacé. Mais dans la chambre
- 18:51Speaker 2: à coucher, ils découvrirent le corps de Molly McClure, assassinée
- 18:55Speaker 2: dans son lit. L'équipe des homicides fut dépêchée sur les lieux.
- 19:02Speaker 2: C'est le détective Hank Gruber qui était assigné à cette
- 19:05Speaker 9: enquête.
- 19:08Speaker 2: Son
- 19:08Speaker 4: visage était contre le lit et elle était partiellement recouverte.
- 19:12Speaker 4: Mais on pouvait voir l'arrière de sa tête et les
- 19:14Speaker 4: blessures qui lui avaient été infligées. On l'avait baïonnée avec
- 19:22Speaker 4: un slip qui était maintenu par une chaussette
- 19:26Speaker 2: Des traces d'hémorragie dans ses yeux indiquaient qu'elle avait été étranglée.
- 19:36Speaker 2: Le médecin légiste détermina qu'elle était morte depuis 4 ou 5 heures.
- 19:45Speaker 2: La police fouilla à fond l'appartement à la recherche du
- 19:47Speaker 2: moindre indice ou d'une empreinte digitale. Pendant ce temps, les
- 19:51Speaker 2: fibres et cheveux qui se trouvaient sur la victime furent
- 19:54Speaker 2: recueillis par le médecin légiste. La fouille fut momentanément interrompue
- 20:01Speaker 2: par l'arrivée du voisin du haut, Sherwood Knight, qui venait
- 20:05Speaker 2: rendre un livre de cuisine
- 20:13Speaker 2: Il fut abasourdi d'apprendre le décès de Molly. Après lui
- 20:22Speaker 2: avoir demandé de quitter les lieux, les détectives se remirent
- 20:25Speaker 2: à la tâche. Les indices seraient ensuite envoyés au laboratoire
- 20:28Speaker 2: judiciaire de Washington pour y être analysés. Les détectives espéraient
- 20:35Speaker 2: que la clé de cet homicide se trouvait dans un
- 20:37Speaker 2: de ces petits sacs. La personne qui avait tenté d'entrer
- 20:43Speaker 2: par effraction chez Molly la veille était sans doute revenue
- 20:47Speaker 2: terminer ce qu'elle avait commencé. Le tueur semblait s'être introduit
- 20:57Speaker 2: par la fenêtre de la chambre d'amis. Il y avait
- 21:04Speaker 2: une empreinte de pied sur le rebord de la fenêtre.
- 21:09Speaker 2: Il était impératif de conserver cette pièce à conviction. Après
- 21:15Speaker 2: avoir photographié le rebord, les policiers le démontèrent.
- 21:24Speaker 4: Lorsqu'on a la chance de recueillir l'objet sur lequel se
- 21:26Speaker 4: trouve l'empreinte, on a de bien meilleures chances de faire
- 21:29Speaker 4: des comparaisons que si nous n'avons que des photos
- 21:33Speaker 4: Il est toujours préférable de disposer de l'objet lui-même.
- 21:36Speaker 3: Nous avons
- 21:37Speaker 4: donc pris le rebord de la fenêtre ainsi que d'autres
- 21:39Speaker 4: indices dans l'appartement
- 21:41Speaker 2: L'empreinte serait conservée jusqu'à ce que les détectives puissent la
- 21:44Speaker 2: comparer à la semelle d'une chaussure. Bien que l'appartement de
- 21:52Speaker 2: la victime n'ait pas été saccagé, les policiers avaient remarqué
- 21:56Speaker 2: que son coffret à bijoux était vide. Ils vérifièrent son
- 21:59Speaker 2: compte bancaire. Sa carte de guichet automatique avait été utilisée
- 22:03Speaker 2: aux environs de l'heure de sa mort. En plus de
- 22:08Speaker 2: violer et de tuer sa victime, le meurtrier avait-il commis
- 22:11Speaker 2: un vol? Lors de l'autopsie, le médecin légiste détermina que
- 22:19Speaker 2: le groupe sanguin du violeur était de type O. Malheureusement,
- 22:23Speaker 2: on ne pouvait pas procéder à des analyses plus poussées.
- 22:31Speaker 2: On envoya les fibres recueillies sur les draps au laboratoire
- 22:34Speaker 2: judiciaire de l'État, où elles furent examinées par la spécialiste
- 22:38Speaker 2: Chesterine Swicklick. Madame Swicklick, peut tirer quantité d'informations à partir
- 22:44Speaker 2: de quelques fibres seulement
- 22:47Speaker 9: ou micro-indices.
- 22:52Speaker 10: Nous transportons tous des fibres caractéristiques sur nous. Chacun de
- 22:56Speaker 10: nous est couvert d'un ensemble de particules et de fibres
- 22:59Speaker 10: qui ne pourront se retrouver sur aucune autre personne. Nous
- 23:04Speaker 10: perdons nos cheveux.
- 23:07Speaker 8: Au
- 23:07Speaker 10: travail, si un de nos collègues a un chien et
- 23:10Speaker 10: qu'il s'est assis sur notre fauteuil, Nous prélèverons ces poils
- 23:13Speaker 10: de chien et ils feront alors partie des particules que
- 23:16Speaker 10: nous transportons
- 23:22Speaker 2: Chaque fois que nous sommes en contact avec quelqu'un, nous
- 23:25Speaker 2: laissons des fibres derrière nous. Les experts en homicide doivent
- 23:29Speaker 2: déterminer à qui appartiennent ces micro-indices. Madame Swicklik identifia une
- 23:38Speaker 2: fibre provenant d'un vêtement, des fibres synthétiques de couleur bleue,
- 23:42Speaker 2: un grain de tabac qui se trouvait sous l'ongle de
- 23:44Speaker 2: la victime, des poils de chat et 18 fragments de cheveux
- 23:48Speaker 2: humains de couleur foncée. Les cheveux présentaient les caractéristiques des
- 23:54Speaker 2: cheveux d'un homme de race noire. Il ne pouvait pas
- 23:57Speaker 2: provenir de Molly McClure puisque cette dernière avait les cheveux blonds.
- 24:05Speaker 2: Les experts retournèrent sur la scène du crime pour recueillir
- 24:08Speaker 2: de nouveaux indices. Les particules analysées par Madame Zwicklik ne
- 24:13Speaker 2: semblaient pas provenir de la victime car elle ne fumait
- 24:15Speaker 2: pas et souffrait d'allergie au chat. Si le meurtrier avait
- 24:19Speaker 2: bien laissé ses fibres, il était logique de présumer qu'on
- 24:21Speaker 2: ne les retrouverait que près du corps de la victime.
- 24:25Speaker 2: Ils recueillirent des échantillons de particules sur le sol de
- 24:28Speaker 2: chacune des pièces et plus particulièrement dans les coins où
- 24:32Speaker 2: les fibres ont tendance à s'amasser. Il n'y avait aucune
- 24:35Speaker 2: trace de poils de chat, de tabac ou de cheveux noirs.
- 24:39Speaker 2: Peu à peu, les experts commençaient à dresser un portrait
- 24:42Speaker 2: du meurtrier. Il pouvait autant s'agir d'un étranger anonyme que
- 24:50Speaker 2: d'une connaissance de la victime. Les détectives devaient d'abord éliminer
- 24:54Speaker 2: les suspects proches. La police décida de vérifier les antécédents
- 25:00Speaker 2: du voisin de la victime, Sherwood Knight. Le collègue de Gruber,
- 25:07Speaker 2: le détective Rudy Satlovich, découvrit que ce dernier avait un
- 25:11Speaker 2: dossier criminel.
- 25:14Speaker 8: Il avait déjà commis plusieurs cambriolages, vols et délits mineurs.
- 25:18Speaker 8: Il avait été libéré de prison environ trois mois avant
- 25:22Speaker 8: ce meurtre
- 25:26Speaker 2: Les détectives rendirent visite à Knight et à sa petite amie.
- 25:30Speaker 2: Le couple vivait juste au-dessus de la victime. La Midnight
- 25:34Speaker 2: déclara qu'ils s'étaient disputés la nuit du meurtre de Molly
- 25:37Speaker 2: et que Sherwood avait passé la nuit sur le canapé
- 25:39Speaker 2: du
- 25:39Speaker 6: salon.
- 25:43Speaker 2: Elle s'était réveillée vers 5h30 du matin
- 25:47Speaker 2: Sherwood était déjà parti faire son jogging quotidien. Il était
- 25:51Speaker 2: rentré un peu plus tard, vêtu de son habituel pantalon
- 25:54Speaker 2: de jogging, puis était parti à toute vitesse au North
- 25:57Speaker 2: Seattle College, où il étudiait.
- 26:00Speaker 3: Il
- 26:01Speaker 4: était inscrit à cette université, mais personne ne se souvenait
- 26:04Speaker 4: l'avoir vu car il ne se présentait jamais à ses cours.
- 26:07Speaker 4: Il disait pourtant à sa petite amie y aller pendant
- 26:09Speaker 4: la journée
- 26:10Speaker 2: Knight avait peut-être commis une faute plus grave que sécher
- 26:16Speaker 2: ses cours
- 26:24Speaker 7: Bonjour.
- 26:35Speaker 2: Le 21 janvier, soit quatre jours après le meurtre, les détectives
- 26:39Speaker 2: perquisitionnèrent l'appartement de Knight. Ils avaient reçu l'autorisation de recueillir
- 26:45Speaker 2: des micro-indices dans toutes les pièces de son appartement. Ils
- 26:49Speaker 2: prélevèrent des échantillons de fibre des couvertures, des poils de chat,
- 26:52Speaker 2: des vêtements que Knight portait la nuit du meurtre et
- 26:55Speaker 2: de ceux qu'il portait au moment de la perquisition. Ce
- 27:01Speaker 2: dernier était d'ailleurs vêtu du sweatshirt qu'il avait l'habitude de
- 27:04Speaker 2: porter pendant son jogging. Quant à son pantalon de jogging,
- 27:10Speaker 2: il avait été mis à tremper dans un seau. Les
- 27:13Speaker 2: détectives recueillirent le pantalon ainsi que le seau et l'eau.
- 27:29Speaker 2: La police fit à Knight la lecture de ses droits,
- 27:32Speaker 2: puis le mit en détention provisoire. On préleva des échantillons
- 27:37Speaker 2: de ses cheveux, de son sang et de sa salive.
- 27:40Speaker 2: Les autorités disposaient de 48 heures pour déterminer si les fibres
- 27:43Speaker 2: prélevées chez lui étaient reliées à la scène du
- 27:46Speaker 3: crime.
- 27:48Speaker 2: L'empreinte de chaussures découvertes sur le rebord de la fenêtre
- 27:51Speaker 2: correspondait au smell des chaussures de course perquisitionnées chez le suspect.
- 27:56Speaker 2: Mais cette marque de chaussures était plutôt courante. Des milliers
- 27:59Speaker 2: de personnes en portaient à Seattle. L'analyse des fibres demanderait
- 28:04Speaker 2: plus de temps. Les pantalons furent d'abord séchés avant d'être examinés.
- 28:09Speaker 2: Les fibres devaient être analysées une à une. Quant aux cheveux,
- 28:14Speaker 2: la tâche serait plus délicate puisque deux cheveux prélevés sur
- 28:18Speaker 2: la même personne peuvent être différents. Les analystes ne parvinrent
- 28:25Speaker 2: pas à terminer leur travail dans un délai de 48 heures.
- 28:29Speaker 2: Knight fut remis en liberté. Mais peu à peu, les
- 28:34Speaker 2: fibres commencèrent à livrer leurs secrets. La forme caractéristique de
- 28:43Speaker 2: certains poils indiquait qu'ils provenaient bien d'un chat. Leur longueur
- 28:49Speaker 2: et couleur étaient identiques à ceux du chat de Knight.
- 28:53Speaker 2: Chesterine Swicklick analysa ensuite les pantalons de Knight. Des fibres
- 28:58Speaker 2: de coton rouge et des poils de chat s'enchevêtraient dans
- 29:01Speaker 2: les parcelles de pluches accrochées aux pantalons. La pluche concordait
- 29:06Speaker 2: avec celle qu'on avait recueillie sur la victime. Madame Swicklick
- 29:10Speaker 2: poursuivit son examen.
- 29:13Speaker 10: Même si ces indices étaient très importants, il y avait
- 29:16Speaker 10: toujours la possibilité qu'ils proviennent d'une autre paire de pantalons
- 29:19Speaker 10: de coton rouge et d'un autre chat. Les chats et
- 29:22Speaker 10: les tissus de coton rouge sont plutôt courants.
- 29:26Speaker 2: Chesterine Swicklick parvint à relier d'autres fibres recueillies sur la
- 29:30Speaker 2: scène du crime à celles prélevées dans l'appartement du suspect.
- 29:34Speaker 2: Quant à ses cheveux, ils étaient également identiques. Ces indices
- 29:40Speaker 2: étaient très incriminants, mais les détectives craignaient que le jury
- 29:43Speaker 2: n'ait du mal à faire condamner quelqu'un sur la base
- 29:46Speaker 2: de quelques fibres seulement. En l'absence d'une seule preuve irréfutable,
- 29:51Speaker 2: peut-être qu'une batterie d'indices pourrait faire la différence. Les enquêteurs
- 29:57Speaker 2: approchaient du but. On découvrit alors des traces de sang
- 30:01Speaker 2: sur la bande élastique du sweatshirt de Knight. Les gouttelettes
- 30:05Speaker 2: semblaient avoir échappé à l'attention du suspect. Des spécialistes en
- 30:09Speaker 2: analyse sanguine comparèrent ce sang à celui de Knight et
- 30:12Speaker 2: de la victime. La technologie dans les années 80 n'était pas
- 30:16Speaker 2: celle qu'elle est aujourd'hui, mais ils parvinrent tout de même
- 30:18Speaker 2: à déterminer que le groupe sanguin était de type O
- 30:21Speaker 2: et qu'il provenait d'une personne de race blanche, tout comme
- 30:24Speaker 2: la victime. La présence de sang en plus des cheveux
- 30:27Speaker 2: et des fibres démontrait l'implication du suspect
- 30:32Speaker 4: Toutes ces petites preuves indirectes et isolées n'auraient pas suffi
- 30:35Speaker 4: à faire accuser un homme de meurtre ou de tout
- 30:37Speaker 4: autre crime. Mais l'accumulation de ces indices était si importante
- 30:42Speaker 4: que nous ne pouvions arriver qu'à une seule conclusion, que
- 30:44Speaker 4: Sherwood Knight s'était bien trouvé dans l'appartement de Morley ce
- 30:47Speaker 4: matin-là et que c'était lui qui l'avait tué.
- 30:54Speaker 2: Maintenant, les détectives pouvaient procéder à son arrestation. Mais d'abord,
- 30:58Speaker 2: il faudrait qu'il retrouve sa trace. Lorsque la police de
- 31:04Speaker 2: Seattle se présenta chez Sherwood Knight pour l'arrêter pour le
- 31:07Speaker 2: meurtre de Molly McClure, ce dernier avait disparu. Mais un
- 31:11Speaker 2: informateur leur apprit bientôt où il se trouvait. C'est toi,
- 31:14Speaker 7: mon ami? C'est toi, mon ami?
- 31:24Speaker 2: Le 23 avril, Sherwood Knight
- 31:25Speaker 3: fut arrêté
- 31:34Speaker 2: La police reconstitua les dernières heures de la victime à
- 31:37Speaker 2: partir des éléments de preuve et des dépositions des proches
- 31:40Speaker 2: de Knight. La première entrée par effraction était une manœuvre
- 31:49Speaker 2: qui lui avait permis de voir l'intérieur de l'appartement. La
- 32:17Speaker 2: nuit suivante, il y était retourné, avait attaqué et tué
- 32:20Speaker 2: la jeune femme, mais auparavant, il l'avait forcé à lui
- 32:24Speaker 2: donner le code d'accès de sa carte de guichet automatique.
- 32:30Speaker 2: Pour son crime, Sherwood Knight fut condamné à la prison
- 32:33Speaker 2: à vie, sans possibilité de libération conditionnelle. L'enquête de Molly
- 32:39Speaker 2: McClure avait été résolue grâce à de minuscules fibres, une
- 32:43Speaker 2: goutte de sang et quelques poils de chat. Dans un
- 32:46Speaker 2: hôtel de l'Ohio, des détectives avaient encore moins de preuves
- 32:49Speaker 2: pour démontrer la présence d'un suspect sur la scène du crime.
- 32:54Speaker 2: Blue Ash, en Ohio, est une ville paisible en banlieue
- 32:57Speaker 2: de Cincinnati. Les gens ici tiennent beaucoup à leur intimité.
- 33:01Speaker 2: Le nom de la victime et ceux des membres de
- 33:03Speaker 2: sa famille ont donc été changés. Le 3 septembre 1994, dans un
- 33:07Speaker 2: hôtel de Blue Ash, Bert Stein et June Mays descendirent
- 33:14Speaker 2: prendre leur petit déjeuner pendant que Rose Levy, la sœur
- 33:17Speaker 2: de June, faisait sa toilette. Elle leur avait promis de
- 33:20Speaker 2: les rejoindre dès qu'elle aurait terminé
- 33:30Speaker 2: Cette réunion tourna au drame lorsque le couple découvrit le
- 33:34Speaker 2: corps de Rose, 68 ans, gisant sur le sol de la chambre.
- 33:40Speaker 2: Il n'était sorti que 30 minutes. Rose était entre la vie
- 33:47Speaker 2: et la mort. Elle semblait avoir été victime d'une crise
- 33:51Speaker 2: cardiaque
- 33:55Speaker 2: Ils appelaient l'ambulance. La police fut également dépêchée sur les lieux,
- 34:02Speaker 2: comme le voulait la procédure. Rose Levy mourut à l'hôpital.
- 34:11Speaker 2: les médecins découvrirent qu'elle n'avait pas été victime d'une crise cardiaque,
- 34:14Speaker 2: mais plutôt qu'elle avait été battue à mort. Des échymoses
- 34:22Speaker 2: et d'autres marques de coups avaient commencé à apparaître sur
- 34:25Speaker 2: son corps pendant le trajet à l'hôpital. Il y avait
- 34:28Speaker 2: notamment la marque d'un talon de chaussure sur sa poitrine
- 34:31Speaker 2: et une étrange blessure rectangulaire qui, de toute évidence, avait
- 34:35Speaker 2: été causée par l'arme du crime. L'analyste ne pouvait pas
- 34:39Speaker 2: déterminer de quel objet il s'agissait. Un examen plus approfondi
- 34:44Speaker 2: permit au médecin légiste de constater que la victime avait
- 34:47Speaker 2: eu quelques dents cassées et que plusieurs os de son
- 34:50Speaker 2: visage avaient été fracturés. Elle avait subi le même traumatisme
- 34:54Speaker 2: que si elle avait heurté un mur de briques à 65
- 34:57Speaker 2: km heure. Il ne pouvait s'agir que d'un homicide. la
- 35:08Speaker 2: police ouvrit une enquête. Un périmètre de sécurité fut établi
- 35:13Speaker 2: autour de la chambre et on la fouilla méticuleusement. Trouver
- 35:18Speaker 2: des indices ne serait pas facile. Les détectives Jim Schaefer
- 35:22Speaker 2: et Larry Stokes étaient chargés de mener cette
- 35:24Speaker 8: enquête.
- 35:27Speaker 11: Lorsque
- 35:27Speaker 8: les experts sont arrivés sur la scène, elle
- 35:29Speaker 11: avait été
- 35:29Speaker 8: contaminée à cause des
- 35:30Speaker 11: ambulanciers.
- 35:33Speaker 8: Le
- 35:33Speaker 2: détective Jim Schaefer
- 35:36Speaker 11: En
- 35:39Speaker 4: plus du sang, nous avons découvert une empreinte de pied
- 35:41Speaker 4: dans la salle de bain et plusieurs autres éléments laissés
- 35:44Speaker 4: par l'équipe de
- 35:45Speaker 11: secours
- 35:52Speaker 2: Selon June Mays et Bert Stein, Rose était en train
- 35:55Speaker 2: de s'habiller quand ils étaient descendus déjeuner. Elle avait dit
- 35:59Speaker 2: au couple de ne pas l'attendre, qu'elle les rejoindrait dans
- 36:02Speaker 2: une minute.
- 36:03Speaker 7: Mais elle n'en avait
- 36:09Speaker 2: pas eu le
- 36:10Speaker 7: temps
- 36:21Speaker 2: Certains effets personnels avaient disparu. June Mays, qui avait laissé
- 36:28Speaker 2: son sac à main dans la chambre pendant le petit déjeuner,
- 36:31Speaker 2: constata qu'il lui manquait 500 dollars À l'hôpital, le couple remarqua
- 36:37Speaker 2: que Rose ne portait pas sa bague ni son pendentif,
- 36:40Speaker 2: qu'elle n'enlevait pourtant jamais. Les experts ne retrouvèrent pas ses
- 36:44Speaker 2: bijoux lors de la fouille de la chambre. Une des
- 36:51Speaker 2: dents de la victime avait été retrouvée sur la moquette. Malheureusement,
- 36:55Speaker 2: il ne semblait pas y avoir d'indice sur l'identité du meurtrier.
- 37:03Speaker 2: Stokes et Schaefer connaissaient la marche à suivre. Les clients
- 37:10Speaker 2: et les employés de l'hôtel étaient tous des suspects potentiels.
- 37:14Speaker 2: Il faudrait les interroger un à
- 37:20Speaker 11: un. Nous
- 37:23Speaker 4: avions 100 employés et 300 clients. Nous avons dressé un tableau sur
- 37:29Speaker 4: lequel nous notions les alibis et les allées et venues
- 37:32Speaker 4: de chacun d'entre eux.
- 37:36Speaker 2: Après avoir passé en revue employés et clients, la police
- 37:39Speaker 2: se retrouva avec une liste de suspects
- 37:41Speaker 11: potentiels
- 37:45Speaker 2: Bert et June ne s'étaient absentés que 30 minutes. Comme la
- 37:51Speaker 2: porte de la chambre se verrouillait automatiquement, cela signifiait que
- 37:54Speaker 2: l'intrus détenait une clé pour y entrer ou qu'on lui
- 37:57Speaker 2: avait ouvert. les détectives concentrèrent leurs efforts sur les employés
- 38:04Speaker 2: qui travaillaient au moment du meurtre et qui avaient accès
- 38:07Speaker 2: à des passe-partout. Ils demandèrent à chacun d'entre eux de
- 38:11Speaker 2: préciser où ils se trouvaient pendant les 30 minutes et de
- 38:15Speaker 2: donner le nom de quelqu'un qui pouvait confirmer leur alibi.
- 38:19Speaker 2: Pour les détectives, la brutalité du meurtrier laissait croire qu'il
- 38:22Speaker 2: était peut-être malade ou dérangé. Ils étaient plus près de
- 38:26Speaker 2: la vérité qu'ils ne le croyaient. L'enquête des détectives Schaefer
- 38:34Speaker 2: et Stokes sur la mort de Rose Levy progressait à
- 38:37Speaker 2: mesure que la liste des suspects diminuait. Un des employés
- 38:45Speaker 2: de l'hôtel mentionna le nom de Elwood Jones. Il avait
- 38:48Speaker 2: été absent pendant quelques jours parce qu'il s'était blessé à
- 38:50Speaker 2: la main. Jones avait demandé une compensation financière parce qu'il
- 38:54Speaker 2: s'était coupé sur une rampe d'escalier de métal au travail.
- 38:58Speaker 2: Les détectives le convoquèrent à un interrogatoire. C'était l'un des
- 39:03Speaker 2: rares employés à ne pas avoir d'alibi vérifiable au moment
- 39:06Speaker 2: du meurtre. Ils l'interrogèrent à propos de sa blessure. Les
- 39:13Speaker 2: détectives se rendirent ensuite à l'hôpital de Bethesda Oak, muni
- 39:17Speaker 2: d'un ordre de la cour qui leur donnait accès au
- 39:19Speaker 2: dossier médical d'Elwood Jones. Ce dernier s'était présenté à l'urgence
- 39:24Speaker 2: trois jours après le meurtre avec une grave blessure à
- 39:27Speaker 2: la main. La petite coupure au-dessus de la jointure de
- 39:32Speaker 2: l'index de sa main gauche s'était cicatrisée, mais elle s'était
- 39:36Speaker 2: infectée
- 39:37Speaker 2: La main de Jones était très enflée et lui faisait
- 39:40Speaker 6: mal
- 39:42Speaker 2: Il avait
- 39:43Speaker 9: de la fièvre
- 39:47Speaker 2: C'est le chirurgien John McDonough qui examina sa blessure
- 39:52Speaker 8: C'était un très mauvais coup qu'il avait eu à la main.
- 39:55Speaker 8: La capsule articulaire avait été déchirée et une bactérie avait
- 39:58Speaker 8: été inoculée directement dans l'articulation du doigt. Il fallait que
- 40:02Speaker 8: la pression soit très forte pour qu'une telle blessure se
- 40:04Speaker 6: produise.
- 40:09Speaker 2: Lorsque McDonough demanda à Jones ce qui était arrivé, ce
- 40:13Speaker 2: dernier déclara qu'il s'était coupé sur une benne à ordures
- 40:15Speaker 2: au travail. Cela semblait peu probable. De plus, cela contredisait
- 40:21Speaker 2: les déclarations qu'il avait faites à ses collègues de travail
- 40:23Speaker 2: plus tôt. Jones était gaucher. Selon McDonough, l'emplacement de la
- 40:29Speaker 2: blessure juste au-dessus de la jointure de la main gauche
- 40:32Speaker 2: pouvait indiquer qu'il s'était blessé en assénant un coup sur
- 40:34Speaker 2: la bouche de quelqu'un. La blessure ressemblait tellement à une
- 40:38Speaker 2: morsure que McDonough avait décidé de la photographier pour la
- 40:42Speaker 2: montrer à ses élèves. Il ne fut donc pas du
- 40:46Speaker 2: tout surpris d'apprendre par les policiers qu'Elwood Jones avait peut-être menti.
- 40:52Speaker 8: Les gens qui se font mordre essaient de cacher leur
- 40:53Speaker 8: blessure ou tentent de l'expliquer en disant qu'ils se sont
- 40:56Speaker 8: blessés sur un mur ou contre une benne à
- 40:58Speaker 11: ordures
- 41:09Speaker 2: La blessure devait être opérée rapidement. McDonough l'ouvrit et l'adrena.
- 41:20Speaker 2: Il fit une culture de la bactérie afin de prescrire
- 41:23Speaker 2: l'antibiotique approprié. La bouche d'un être humain, même propre, peut
- 41:36Speaker 2: contenir jusqu'à 42 sortes de bactéries. Quelqu'un qui néglige son hygiène
- 41:41Speaker 2: dentaire peut même en avoir plus. Il peut être aussi
- 41:45Speaker 2: dangereux de se faire mordre par quelqu'un que de se
- 41:48Speaker 2: couper sur un objet trouvé au fond d'un égout. Au
- 41:53Speaker 2: laboratoire de microbiologie, on mit dans un incubateur la bactérie
- 41:57Speaker 2: prélevée dans la plaie de Jones pour en faire une
- 42:00Speaker 2: culture et l'identifier
- 42:03Speaker 2: La culture de certaines bactéries se fait en seulement quelques heures,
- 42:06Speaker 2: alors que d'autres peuvent prendre plus d'une semaine. Larry Gray
- 42:10Speaker 2: est le directeur du laboratoire.
- 42:14Speaker 11: Le
- 42:14Speaker 4: technicien qui s'occupe des cultures examine les lamelles. Il étudie
- 42:19Speaker 4: les organismes, les colonies, leurs textures, leurs couleurs et leurs
- 42:22Speaker 4: tailles
- 42:25Speaker 2: On applique ensuite une teinture à la culture obtenue afin
- 42:28Speaker 2: de faire ressortir certaines caractéristiques qui pourront alors être observées
- 42:32Speaker 2: au microscope. Une fois la bactérie identifiée, on peut prescrire
- 42:37Speaker 2: l'antibiotique approprié. Jones fut hospitalisé pendant le traitement de son infection.
- 42:43Speaker 2: Après cinq jours, on lui donna
- 42:45Speaker 11: congé.
- 42:47Speaker 2: L'infection de la main de Jones était due à une
- 42:49Speaker 2: bactérie du nom de Aikenella cordens. Cette bactérie, plutôt rare,
- 42:54Speaker 2: se développe juste sous les gencives, dans la plaque
- 42:57Speaker 11: dentaire.
- 43:01Speaker 2: Pour McDonough, la présence d'Aikenella dans l'articulation de la main
- 43:05Speaker 2: d'un homme était
- 43:05Speaker 11: suspecte.
- 43:09Speaker 8: Lorsqu'on frappe une dent et qu'elle est brisée, Le rebord
- 43:12Speaker 8: tranchant va inoculer la bactérie. Dans ce cas-ci, il s'agissait
- 43:15Speaker 8: d'Echenella corrodens, et la bactérie était ancrée très profondément dans
- 43:19Speaker 8: le
- 43:19Speaker 6: tissu
- 43:21Speaker 8: La chirurgie de la main est ma spécialité depuis 25 ans.
- 43:24Speaker 8: Je n'ai diagnostiqué des infections au Echenella que trois fois,
- 43:28Speaker 8: et à chaque fois, l'infection avait été causée par une
- 43:30Speaker 8: morsure
- 43:33Speaker 2: La rareté d'une infection à l'Echenella, ajoutée aux blessures infligées
- 43:36Speaker 2: à Rose Levy, suffisait amplement aux enquêteurs pour obtenir un
- 43:40Speaker 2: mandat de perquisition de l'appartement de Jones. Les chaussures du
- 43:48Speaker 2: suspect furent confisquées pour être comparées aux blessures et échymoses
- 43:51Speaker 2: de la victime. La voiture de Jones fut remorquée à
- 43:57Speaker 2: la fourrière de la police et fouillée. Avec quelques traces
- 44:00Speaker 2: de fibres ou de sang, on pourrait peut-être déterminer qu'il
- 44:03Speaker 2: se trouvait sur la scène du crime. Mais l'indice le
- 44:06Speaker 2: plus évident se voyait à l'œil nu. Le suspect possédait
- 44:09Speaker 2: un passe-partout et dans le coffre arrière de sa voiture
- 44:11Speaker 2: se trouvait une boîte à outils dans laquelle il avait
- 44:13Speaker 2: caché le pendentif de la victime. Jones fut arrêté pour
- 44:21Speaker 2: le meurtre de Rose Levy. Juste avant son procès, des
- 44:26Speaker 2: techniciens avaient numérisé les blessures de la victime afin d'identifier
- 44:30Speaker 2: l'arme du crime. Les marques correspondaient à celles d'un Tokiwoki
- 44:34Speaker 2: que Jones utilisait au travail. Ses chaussures correspondaient également aux
- 44:39Speaker 2: marques et équimauses découvertes sur le corps. La poursuite reconstitua
- 44:45Speaker 2: les événements qui s'étaient produits dans la chambre d'hôtel. Jones
- 44:50Speaker 2: avait aperçu Birdstein et June Mays quitter la chambre et
- 44:53Speaker 2: présumé que personne d'autre ne s'y trouvait. La voie était
- 44:57Speaker 2: donc libre pour commettre un vol. La chambre n'accommodait pas
- 45:07Speaker 2: plus de deux personnes d'habitude. Il n'y avait aucune raison
- 45:10Speaker 2: de croire que ce serait différent cette fois-ci. Jones avait
- 45:19Speaker 2: utilisé son passe-partout pour entrer. Et il ne s'attendait pas
- 45:40Speaker 2: à trouver quelqu'un. Ironie du sort, l'accusation était venue de
- 45:58Speaker 2: la bouche de la victime elle-même. Le 11 décembre 1996, Elwood Jones
- 46:04Speaker 2: fut jugé coupable de cambriolage, d'assaut et de meurtre. A
- 46:10Speaker 2: cause de l'extrême violence de son meurtre, il fut condamné
- 46:13Speaker 2: à la peine de mort. Le crime parfait n'a pas
- 46:17Speaker 2: de témoin. Le tueur parfait ne devrait laisser aucune trace
- 46:21Speaker 2: de sa présence. Mais commettre un homicide transgresse l'ordre naturel
- 46:27Speaker 2: des choses et il en reste toujours des indices. Les
- 46:31Speaker 2: experts de la criminalistique ont appris à les décoder pour
- 46:35Speaker 2: découvrir la vérité.