Latest / MÉMO DUO : Santé au Travail & décisions RH / Gestion des émotions au travail : pourquoi certains conflits nous dépassent complètement
Transcript
- 0:03Bienvenue dans MemoDio,
- 0:06le podcast dédié à la santé au travail et aux décisions RH pour adapter le quotidien des entreprises.
- 0:12Écoutez des regards croisés,
- 0:14des expériences concrètes et trouvez des repères pour agir avec justesse.
- 0:19Dans cet épisode,
- 0:20c'est une mise en situation.
- 0:23Autour d'un cas métier,
- 0:24on explore les différentes options,
- 0:26les nuances et les points d'attention à maintenir.
- 0:31Bonjour,
- 0:32c'est Olivier,
- 0:33je suis coordinateur RH au sein de la société Préviat et donc j'accompagne des salariés qui sont en arrêt de travail de longue durée.
- 0:40Olivier,
- 0:41est-ce que tu peux nous raconter une situation concrète ou un échange ou une réunion qui a basculé à cause des émotions ?
- 0:48On a tous connu des moments comme ça,
- 0:51des moments de bascule.
- 0:52J'ai été sapeur-pompier militaire et lorsqu'on partait en intervention,
- 0:57moi j'étais frappé en fait.
- 0:58par les visages dans le camion.
- 1:01Et ceux qui,
- 1:03sans rien dire,
- 1:04on savait d'avance qu'ils avaient peur,
- 1:05qu'ils angoissaient,
- 1:06puis certains qui étaient très à l'aise avec ça.
- 1:09Et du coup,
- 1:10je vais vous parler d'une expérience que j'ai vécue moi,
- 1:12personnellement,
- 1:13où on était en intervention,
- 1:15on avait massé la personne,
- 1:17elle était en arrêt cardiaque,
- 1:18on n'a pas réussi à la ramener,
- 1:20donc on était tous forcément tristes.
- 1:23Mais ce qui s'est passé après,
- 1:24pour moi,
- 1:24c'était...
- 1:26Justement le moment de bascule,
- 1:27c'est-à-dire qu'on a recouvert le corps de cette personne avec le drap mortuaire,
- 1:32mais dépassé les chaussures.
- 1:35Et quand moi j'ai regardé ces chaussures-là,
- 1:37j'ai vu les chaussures de ma mère.
- 1:39Donc finalement le déclencheur de l'émotion pour moi,
- 1:42ça a été cette paire de chaussures et qui m'a ramené à quelque chose de beaucoup plus fort en termes d'intensité et de valance.
- 1:49C'est-à-dire que l'émotion,
- 1:50elle se traduit par son intensité,
- 1:52la valance,
- 1:52et là c'était compliqué.
- 1:54Et dans ces moments-là,
- 1:55comme l'exemple que tu viens de donner,
- 1:57on a souvent le réflexe de vouloir en parler comme de vider son sac.
- 2:02Est-ce que ça aide vraiment ?
- 2:04Alors oui,
- 2:05ça aide vraiment.
- 2:06Et là,
- 2:06je vais reprendre une autre partie de ma vie,
- 2:10un autre moment,
- 2:11où je suis responsable des ressources humaines sur un site industriel.
- 2:15Et un jour,
- 2:16on va avoir un grave accident au sein d'un atelier,
- 2:19un salarié qui va passer la main dans une machine.
- 2:23Finalement,
- 2:23les secours se mettent en place,
- 2:25mais beaucoup d'intensité de charge émotionnelle liée à cet accident.
- 2:30Et donc,
- 2:31l'ensemble des personnes qui étaient au sein de cet atelier vont se retrouver après en salle où on gérait la crise avec le comité de direction.
- 2:39Et là,
- 2:39les salariés ont commencé à partager ce qu'ils avaient vécu,
- 2:42ce qu'ils ont vu,
- 2:43et on les a simplement laissés parler.
- 2:45Et le fait d'exprimer,
- 2:47ça permet de diminuer l'intensité de l'émotion.
- 2:50Ça ne vient pas tout régler quand l'émotion est négative,
- 2:53forcément,
- 2:54parce qu'elle va rebondir plus tard.
- 2:55Mais en l'occurrence,
- 2:57ça permet de se décharger un petit peu de cette intensité.
- 3:00C'est ce qu'on voit aussi lorsqu'il y a des attentats.
- 3:02Le simple fait d'écouter les gens victimes,
- 3:05ça les aide.
- 3:05On n'a pas forcément besoin de parler,
- 3:07mais le partage de l'émotion est important pour se défaire de cette intensité.
- 3:11Et si je prends le biais du travail,
- 3:13comme tu viens de l'expliquer,
- 3:15on a tous plus ou moins vécu une réunion où l'ambiance change.
- 3:20Juste à cause d'une personne.
- 3:21Est-ce que tu peux nous raconter une situation où ça t'a marqué ?
- 3:24C'est une situation qui m'a marqué et c'est aussi une personne qui m'a marqué.
- 3:28Toujours en responsabilité des ressources humaines,
- 3:31je suis à ce moment-là sur un site où on envisage la fermeture.
- 3:35Donc des perspectives pas très agréables pour les salariés en question.
- 3:39Mais à ce moment-là,
- 3:39il y a un homme,
- 3:40le directeur de l'usine,
- 3:43qui vient de changer et qui arrive avec lui une autre vision de la situation.
- 3:50Et en indiquant que ça peut être aussi finalement une opportunité,
- 3:53on va essayer d'en faire une opportunité.
- 3:55Lui et son comité de direction allons échanger auprès du comité exécutif pour faire valoir l'intérêt de maintenir ce site pour telle et telle raison.
- 4:05Et du coup,
- 4:06ça s'est vu tout de suite que son engagement,
- 4:09sa motivation,
- 4:11son énergie et les émotions qu'il venait de donner,
- 4:14qui étaient beaucoup plus positives qu'une fermeture,
- 4:16s'étaient propagées.
- 4:17Et du coup,
- 4:18les salariés auront accepté par la suite de faire des sacrifices.
- 4:21Tout le monde allait derrière lui.
- 4:22Il y en a souvent l'impression qu'il faut mettre des émotions de côté pour décider.
- 4:27Mais en réalité,
- 4:27c'est l'inverse.
- 4:28Tu viens de le dire avec le directeur.
- 4:30Moi,
- 4:30il y avait cette histoire que j'aimais bien.
- 4:32Est-ce que tu peux nous partager l'histoire d'Eliott ?
- 4:35Oui.
- 4:35Alors,
- 4:35l'histoire d'Eliott,
- 4:36elle est fantastique pour comprendre l'impact des émotions sur la prise de décision.
- 4:40En fait,
- 4:41Eliott,
- 4:41il est cadre.
- 4:42Il a réussi parfaitement sa carrière.
- 4:44Il est intelligent.
- 4:45Il est apprécié de tous.
- 4:47Mais un jour,
- 4:47on va devoir l'opérer.
- 4:50Il a une tumeur cérébrale,
- 4:51donc il va être opéré.
- 4:52Et donc,
- 4:52l'opération se passe très,
- 4:53très bien.
- 4:54QI intacte,
- 4:56capacité de mémorisation parfaite.
- 4:58Donc,
- 4:59en apparence...
- 5:00Je pense qu'Eliott est toujours le même.
- 5:01Mais finalement,
- 5:02on se rend compte assez vite,
- 5:03il se rend compte assez vite qu'il est incapable de prendre des décisions.
- 5:08Pour aller au restaurant,
- 5:09il va peser les pours,
- 5:10les contres,
- 5:11mais il ne va pas réussir à se décider.
- 5:14Donc au final,
- 5:14il va perdre son travail,
- 5:16il va perdre sa femme,
- 5:17il va perdre ses économies.
- 5:19Et en fait,
- 5:20on s'est rendu compte que lors de l'intervention,
- 5:22une partie de son cerveau a été abîmée,
- 5:25et c'était la partie qui était en charge de la gestion des émotions,
- 5:28de la régulation des émotions.
- 5:30Et donc finalement,
- 5:30on se rend compte que les émotions,
- 5:33bien loin de nous polluer finalement,
- 5:35sont là aussi pour nous aider et nous permettre de prendre des décisions notamment.
- 5:40Quand on est dans une situation tendue,
- 5:42quand on sent que ça monte,
- 5:43qu'est-ce qu'on peut faire concrètement pour ne pas se laisser embarquer ?
- 5:47Alors il y a plein de petites choses après.
- 5:48Ce qui est important,
- 5:48c'est de trouver ces techniques à soi.
- 5:52Mais ce qui me semble important déjà,
- 5:53c'est de savoir que de simplement nommer l'émotion que l'on ressent.
- 5:57Parce que parfois,
- 5:57on est envahi,
- 5:58il y a plein de choses qui se passent.
- 5:59Pour autant,
- 6:00on n'arrive pas forcément à nommer l'émotion.
- 6:02Déjà,
- 6:02le simple fait de la nommer permet de diminuer l'activation de l'amidale qui est en charge,
- 6:07justement,
- 6:08en partie,
- 6:09de la gestion des émotions.
- 6:10Donc ça,
- 6:10déjà,
- 6:11c'est important,
- 6:12savoir nommer les émotions,
- 6:13donc se connaître soi-même.
- 6:14Après,
- 6:14c'est d'essayer de faire une réévaluation aussi cognitive.
- 6:17C'est-à-dire qu'au final,
- 6:18les émotions,
- 6:19qu'est-ce que c'est ?
- 6:19Ce sont des signaux qu'on nous adresse,
- 6:21que le corps nous adresse,
- 6:22pour nous préparer à une action,
- 6:24en tout cas pour nous permettre d'être dans l'action,
- 6:26parce qu'émotion,
- 6:27ça vient du mot émovéré.
- 6:29Ça veut dire se mettre en mouvement,
- 6:31donc il y a une énergie qui est là.
- 6:33C'est un signal,
- 6:34qu'est-ce que j'en fais ?
- 6:35Quand ma voiture indique qu'il manque de l'huile,
- 6:38je rajoute simplement de l'huile dans le moteur et tout va bien.
- 6:41Les émotions sont là pour ça aussi.
- 6:42Faire une réévaluation cognitive pour se dire,
- 6:45qu'est-ce que je fais de cette émotion qui n'est pas forcément très agréable ?
- 6:49Elle me dit simplement peut-être de me préparer,
- 6:50et dans ce cas-là,
- 6:51qu'est-ce que je mets en place pour m'y préparer ?
- 6:53Et puis il y a aussi quelque chose que j'aime beaucoup,
- 6:55qui a été...
- 6:56notamment beaucoup analysée par Fredrickson,
- 7:00et qui,
- 7:00pour elle,
- 7:01pense qu'en fait,
- 7:02s'attacher le plus possible à vivre des émotions positives permet de venir compléter sa bibliothèque des ressources dont on dispose.
- 7:10Ça permet aussi,
- 7:11et on s'en rend bien compte,
- 7:12lorsqu'on vit des émotions positives,
- 7:14le champ s'élargit,
- 7:15le focus est moins grand.
- 7:17Lorsqu'on est dans l'émotion négative,
- 7:19désagréable,
- 7:20on est focus sur ce qui est en train de nous arriver,
- 7:22et donc on a beaucoup moins de prise de hauteur et de champ d'action.
- 7:26Merci pour l'écoute de cet épisode.
- 7:29Il vous a plu ?
- 7:30Alors pourquoi ne pas nous laisser 5 étoiles sur votre application d'écoute et partagez vos retours en commentaire.
- 7:36Un grand merci à notre invité et à notre équipe qui rendent cette émission possible.
- 7:40Memo Duo,
- 7:41un podcast prévia,
- 7:43le partenaire qui apporte les solutions aux entreprises et aux salariés pour améliorer la santé et la qualité de vie au travail.
- 7:50Retrouvez toutes les informations pour échanger avec nous en description.