Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E26 Anne De La Sayette - CRITT Horticole et Couleurs de plantes sur les plantes tinctoriales
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale dans toute la chaîne de Valais.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Alors bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast Anne de La Sayette.
- 0:49Bonjour Anne.
- 0:50Bonjour.
- 0:51Alors première question,
- 0:53Anne,
- 0:53est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours et vous présenter ?
- 0:58Oui,
- 0:58alors je suis Anne de La Sayette.
- 1:03Je suis la créatrice...
- 1:06Le crit horticole que j'ai créé il y a plusieurs dizaines d'années,
- 1:11on va dire 35 ans,
- 1:14quand j'étais jeune petite agronome fraîchement sortie de mes études.
- 1:18Et un peu par hasard,
- 1:20je me suis retrouvée,
- 1:21si je peux dire,
- 1:22dans la région Nouvelle-Aquitaine,
- 1:23à Angoulême très exactement,
- 1:25où j'ai créé avec un autre ingénieur,
- 1:29thermicien lui,
- 1:30le crit horticole.
- 1:32qui est une structure associative,
- 1:35innovation et transfert de technologies dans le domaine horticole,
- 1:39au sens large du terme.
- 1:41Et il se trouve qu'un concours de circonstances bienheureuse nous a fait nous installer à Rochefort-sur-Mer,
- 1:48car la ville de Rochefort avait un projet de développement de serres pour produire des produits horticoles sous serres,
- 1:57et pour accompagner un projet très intéressant de production de serres.
- 2:02Comment dirais-je ?
- 2:02L'hébergement d'une collection de Bégonia.
- 2:05Parce que Rochefort était un port d'importation de nouveaux végétaux venus du Nouveau Monde au XVIIe,
- 2:13XVIIIe et un peu XIXe siècle.
- 2:15Beaucoup de végétaux ont été introduits en Europe par le port de Rochefort,
- 2:19il y a aussi celui de Nantes et de Bordeaux.
- 2:22Il y avait à Rochefort toute une communauté scientifique,
- 2:25un hôpital de la marine,
- 2:27un musée de médecine navale et un jardin botanique qui n'était autre que l'antichambre de celui de Paris.
- 2:33Donc il y avait toute une réflexion de développement économique il y a 30 ans à Rochefort autour du végétal,
- 2:41de l'horticulture,
- 2:43des plantes au sens large.
- 2:45Et nous,
- 2:46petits agronomes,
- 2:47on était en train de monter cette structure technologique et c'est assez naturellement que nous avons été recueillis,
- 2:53accueillis à Rochefort pour développer un certain nombre d'activités économiques.
- 3:00D'accord.
- 3:01Et alors,
- 3:01le crit horticole,
- 3:02du coup,
- 3:03c'est combien de personnes ?
- 3:05Quelles sont les activités ?
- 3:06Qu'est-ce que vous y faites ?
- 3:07Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu ?
- 3:09Oui.
- 3:09Alors,
- 3:10au bout de quelques années de développement,
- 3:12nous sommes arrivés à une maturité,
- 3:14si on peut le dire,
- 3:15évidemment.
- 3:16Donc,
- 3:16c'est une équipe actuellement de 16 personnes qui ont toute une formation autour de la plante.
- 3:24Alors,
- 3:24on a...
- 3:25On a pas mal d'ingénieurs agronomes,
- 3:27on a des ingénieurs horticoles,
- 3:28on a des botanistes et on a des gens qui sont spécialisés en physiologie végétale.
- 3:34C'est quand même une équipe de scientifiques d'abord.
- 3:38On a quatre grands thèmes d'activité.
- 3:41L'un,
- 3:42historiquement,
- 3:43est lié à la serre.
- 3:45Nous sommes des spécialistes de la serre et de ses équipements.
- 3:49Nous concevons,
- 3:50nous dessinons des serres.
- 3:55Nous concevons aussi les équipements dessous,
- 3:57c'est-à-dire l'irrigation,
- 3:58la fertilisation,
- 3:59les automatismes qui vont permettre de produire les plantes dans les meilleures conditions.
- 4:05On est,
- 4:05je pense,
- 4:06en France,
- 4:06le bureau d'études le plus connu dans ce domaine de l'ingénierie serre.
- 4:10Ce sont des serres de production horticole,
- 4:13ornementale ou des serres de maraîchage,
- 4:15pas mal de serres botaniques.
- 4:18Par exemple,
- 4:18en ce moment,
- 4:19on rénove les serres du parc de la Tête d'Or à Lyon.
- 4:24On vient de livrer les serres de recherche de l'agro-paritech à Saclay,
- 4:29qui sont des serres confinées.
- 4:31Ça,
- 4:31c'est le premier grand type d'activité.
- 4:33Un deuxième grand type a trait à ce qu'on appelle l'agriculture urbaine ou les green cities,
- 4:39qu'on pratique depuis une dizaine d'années,
- 4:40mais il se trouve que c'est très dans le vent en ce moment.
- 4:45Donc c'est tout ce qui va concerner justement des serres sur des toits,
- 4:48en ville,
- 4:48pour la production maraîchère notamment.
- 4:51Mais c'est aussi toute la problématique autour des îlots de chaleur et du rafraîchissement des villes.
- 4:57D'accord
- 4:58Voilà, ça c'est assez innovant et troisième volet très agronomique aussi on a à Rochefort la chance d'avoir une zone horticole où on a accueilli un certain nombre d'horticulteurs et maraîchers et nous-mêmes nous possédons une serre de 3500 m² sous
- 5:15laquelle on fait un certain nombre d'expérimentations par exemple en ce moment nous nous appliquons à acclimater la vigne la culture de la vigne sous serre par exemple
- 5:26avec le centre interprofessionnel de la vignée du vin.
- 5:29Donc,
- 5:30on fait un certain nombre d'expérimentations sous notre serre.
- 5:33Et puis,
- 5:33bien sûr,
- 5:34le quatrième volet de notre activité,
- 5:36qui est arrivé finalement assez vite,
- 5:37il y a 25 ans,
- 5:39c'est la partie colorant végétaux.
- 5:42Alors,
- 5:42ce qui relie tout ça,
- 5:43c'est le mot végétal,
- 5:44c'est la connaissance du végétal.
- 5:47Voilà nos activités actuellement.
- 5:50d'accord ok c'est très clair alors du coup sur la partie colorant végétaux si j'ai bien compris du coup il y a une entité à part spécifique c'est bien ça c'est couleur de plante
- 6:00Alors,
- 6:01non.
- 6:02Il y a deux entités.
- 6:03C'est-à-dire que le CRI torticole est toujours la structure qui mène et qui continue à mener des travaux de recherche et développement dans le domaine des plantes colorantes et des colorants végétaux au sens large.
- 6:15C'est-à-dire que le CRI torticole continue à mener des expérimentations agronomiques et botaniques,
- 6:22du sourcing de nouvelles plantes et au laboratoire,
- 6:26mais au point de nouveaux extraits végétaux.
- 6:30ça c'est toujours au CRIT Horticole et puis le CRIT comme je l'ai dit au tout début est une association il est labellisé centre de ressources technologiques donc il n'a pas une vocation commerciale
- 6:45au sens propre du terme c'est vraiment une structure qui fait l'interface qui va travailler avec d'autres structures avec des PME,
- 6:51avec un certain nombre de gens et il va mettre à profit ces technologies pour ces entreprises là
- 6:58Il se trouve que sur la partie colorant naturel,
- 7:00on commençait à avoir des contrats de recherche,
- 7:02ça nous va bien,
- 7:04mais aussi s'est posé très rapidement la question de la production en grand de ces colorants et pigments.
- 7:11Développement qu'on a fait au sein du CRIT et à partir du moment où il a fallu vendre et commercialiser ces colorants,
- 7:17ce n'était plus le job d'une structure telle que la nôtre,
- 7:21nous avons créé la société privée couleur de plante en 2005.
- 7:28qui,
- 7:28elle,
- 7:29a comme mission de produire en grande quantité et surtout de commercialiser,
- 7:34de vendre ces colorants et ces pigments végétaux.
- 7:37Donc,
- 7:37il y a bien deux structures dont je suis la directrice.
- 7:42Et les équipes,
- 7:43c'est vrai,
- 7:44sont quand même très proches,
- 7:45puisque nous partageons des locaux dans les magnifiques bâtiments
- 7:4918e de l'Arsenal de Rochefort.
- 7:51On a cette chance-là,
- 7:52au bord de la Charente.
- 7:54le laboratoire est partagé,
- 7:56et donc au CRIT,
- 7:56il y a 16 personnes,
- 7:58et chez Couleurs de Plantes,
- 7:59il y a maintenant 4 personnes.
- 8:00C'est cette équipe-là qui travaille ensemble.
- 8:03D'accord,
- 8:04c'est plus clair pour moi.
- 8:06D'accord,
- 8:06et donc du coup,
- 8:07là,
- 8:07si on parle sur la partie produit,
- 8:09donc de Couleurs de Plantes,
- 8:11je voulais savoir,
- 8:12quel type de produit propose Couleurs de Plantes ?
- 8:15Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence entre les types de produits ?
- 8:19Oui,
- 8:20alors il y a un peu un jargon dans le domaine des colorants naturels et il y a quelques difficultés parce que les termes français ne sont pas forcément les mêmes en anglais.
- 8:32Alors,
- 8:34nous produisons,
- 8:35pour être simple,
- 8:36à partir de plantes,
- 8:38de végétaux,
- 8:40nous allons produire des extraits solubles,
- 8:44très concentrés,
- 8:47que nous appelons extraits.
- 8:49A partir d'une même plante,
- 8:50on va prendre la bien connue garance que nous produisons ici dans la région,
- 8:55j'en parlerai peut-être un peu après.
- 8:57Nous allons produire un extrait très concentré soluble qui va donc être utilisable pour tout ce qui se teint.
- 9:06Qu'est-ce qui se teint ?
- 9:07Du textile évidemment,
- 9:09du cheveu,
- 9:10du papier,
- 9:11du cuir,
- 9:12éventuellement des produits cosmétiques.
- 9:16Donc,
- 9:16extrait soluble.
- 9:18A partir de la même plante,
- 9:20cet extrait,
- 9:21on peut aussi l'insolubiliser,
- 9:24c'est-à-dire former ce qu'on appelait autrefois une laque,
- 9:27ce que nous appelons un pigment,
- 9:29qui est une forme technologique insoluble de ce colorant.
- 9:35Ce pigment insoluble va être utilisé pour des applications qui demandent une couvrance,
- 9:41par exemple de la peinture,
- 9:43du maquillage.
- 9:44ou plus récemment de la coloration,
- 9:46ça c'est notre grand cheval de bataille en ce moment,
- 9:50de bioplastiques et de biomatériaux.
- 9:54Donc on a deux formes technologiques,
- 9:55on propose des extraits solubles.
- 9:58et des pigments insolubles.
- 9:59Les pigments peuvent aussi d'ailleurs être utilisés dans le domaine de l'impression textile,
- 10:03quand on a besoin de pigments.
- 10:07Pour aller un peu plus loin sur ces formes technologiques,
- 10:10certains de nos pigments,
- 10:12notamment pour la cosmétique,
- 10:13nous les avons sous forme d'huile pigmentaire.
- 10:17Comme ils sont assez difficiles à disperser,
- 10:20notamment dans des matières lipidiques,
- 10:24Nous avons un tricylindre qui est un appareil qui permet de mélanger un pigment insoluble et une huile,
- 10:29en général une huile de tournesol,
- 10:32et qui va aider à broyer très finement ce pigment.
- 10:36Et au bout du compte,
- 10:37on a donc un troisième type de produit qui est ce qu'on appelle nous une huile pigmentaire.
- 10:43qui va par exemple faciliter l'incorporation dans des formules cosmétiques et dans la savonnerie,
- 10:49puisqu'on a pas mal de clients qui sont des savonniers et qui utilisent donc l'huile pigmentaire.
- 10:55D'accord,
- 10:56ok,
- 10:56c'est une nouvelle application que je ne connaissais pas,
- 10:58donc huile pigmentaire,
- 11:00ok très bien,
- 11:01et alors du coup,
- 11:02je ne sais pas dans quel ordre la poser cette question,
- 11:04parce qu'elle est un peu,
- 11:06on va voir comment on la prend,
- 11:08mais vous travaillez,
- 11:11il y a la production que vous vous faites au critorticole dans vos serres,
- 11:14qui sert pour la réalisation des colorants,
- 11:18pigments et huiles pigmentaires,
- 11:20ou c'est de l'approvisionnement auprès d'agriculteurs de la région ?
- 11:25d'Europe et du monde.
- 11:26Comment ça fonctionne ?
- 11:28Sourcing,
- 11:28je vais un peu vous décrire ça.
- 11:30Alors,
- 11:30non,
- 11:30sous les serres,
- 11:32nos serres à nous,
- 11:34elles ne servent pas à produire,
- 11:36elles sont
- 11:373000 m²,
- 11:37c'est déjà pas mal,
- 11:38mais ce n'est pas suffisant.
- 11:39Elles ne servent pas à produire des plantes dites tectoriales.
- 11:42En revanche,
- 11:43elles nous servent pour faire des essais de germination.
- 11:47Quand on a du nouveau matériel végétal,
- 11:49on fait nos tests sous la serre,
- 11:51on peut faire un peu de multiplication.
- 11:53mais la majorité évidemment de la production de plantes tectoriales,
- 11:57elle est faite majoritairement dans notre région,
- 12:01donc dans les départements de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres.
- 12:04qui présente l'avantage d'être très ensoleillé comme département et de ne pas avoir pour le moment trop de problèmes de sécheresse.
- 12:15Enfin,
- 12:15ça,
- 12:15c'est quand même un des problèmes,
- 12:17on en parlera peut-être un peu après.
- 12:19Donc,
- 12:19nous avons des agriculteurs,
- 12:22un groupe d'agriculteurs qui sont fidèles depuis plusieurs années.
- 12:26qui,
- 12:27pour nous,
- 12:28produisent des plantes dites tinctoriales.
- 12:30Alors évidemment,
- 12:31au début,
- 12:32on avait nos parcelles d'expérimentation.
- 12:34On a d'abord essayé sur des parcelles de
- 12:3710 sur 10,
- 12:38ce qui n'est déjà pas si mal,
- 12:39sur 100 mètres carrés.
- 12:40et au bout de 4,
- 12:415,
- 12:416,
- 12:427 ans de travail acharné sur le plan agronomique,
- 12:45on a pu transférer ces savoir-faire auprès d'agriculteurs locaux.
- 12:49Donc ça,
- 12:49c'est un travail qui est vraiment derrière nous depuis pas mal de temps.
- 12:54Je le décris très rapidement,
- 12:55mais en fait,
- 12:55il a demandé beaucoup de temps,
- 12:56parce que remettre,
- 12:58je reprends l'exemple de la garance,
- 13:02faire une version moderne des procédés,
- 13:05des process de production d'une garance,
- 13:07ce n'est pas facile.
- 13:10il a fallu retrouver des espèces,
- 13:12les comparer,
- 13:14sélectionner celles qui étaient le mieux adaptées à notre sol et à nos climats ici,
- 13:18et puis réapprendre le process de production d'une crite sur 2,
- 13:213,
- 13:224,
- 13:225 ans,
- 13:23mettre en place le matériel agronomique qui permet de récolter non pas manuellement mais mécaniquement ces produits,
- 13:31puisque dès l'origine,
- 13:33l'objectif du crite était une production en grande quantité de ces plantes et de ces colorants.
- 13:40Ce travail-là est derrière nous pour un certain nombre d'espèces.
- 13:44Donc on a des agriculteurs qui sont maintenant très habitués et on va donc leur demander tous les ans de produire 2,
- 13:503,
- 13:515 hectares,
- 13:52par exemple pour la garance,
- 13:53d'une garance que nous ne récolterons avec eux que dans 3,
- 13:574 ou 5 ans,
- 13:58évidemment.
- 14:03Excusez-moi,
- 14:03ces agriculteurs,
- 14:04ils ont des cultures combinées,
- 14:06c'est-à-dire ils font par exemple du maraîchage ou d'autres cultures que de la plante panctoriale ?
- 14:10Évidemment.
- 14:12Voilà,
- 14:12c'était ça que je voulais savoir.
- 14:13Je ne recommanderais à personne de se lancer dans une production unique de plantes territoriales.
- 14:20Je pense qu'il faut que ce soit un atelier qui soit pensé au milieu d'autres.
- 14:24En l'occurrence,
- 14:25on a des agriculteurs ici qui sont soit dans de la polyculture,
- 14:32du maïs,
- 14:32du tournesol,
- 14:34du sorgho,
- 14:35des porte-graines,
- 14:37et qui...
- 14:37dans leurs assolements,
- 14:39introduisent 2 hectares de garances,
- 14:412 hectares de résédats,
- 14:423 hectares de genêts,
- 14:43des choses comme ça,
- 14:44du sorgho,
- 14:45pas mal,
- 14:45sorgho des teinturiers.
- 14:47Donc ça rentre dans la rotation.
- 14:49Ça ne remplace pas et ça ne nuit pas aux cultures alimentaires,
- 14:53parce que c'est une question qu'on nous pose souvent.
- 14:55Pas du tout,
- 14:56ça rentre dans une rotation.
- 14:59Une garance avec ses racines sympathiques et développées a tendance par exemple à ameubler le sol,
- 15:06ce qui est bénéfique à la culture suivante,
- 15:07qui va par exemple être un tournesol ou une légumineuse.
- 15:12Donc ça rentre dans la rotation de façon assez naturelle.
- 15:16On a d'autres agriculteurs qui sont en polyculture élevage,
- 15:19c'est-à-dire qu'ils ont,
- 15:20eux,
- 15:21des ateliers,
- 15:22par exemple,
- 15:22dans le Marais Poitvin,
- 15:23là,
- 15:23on a un agriculteur...
- 15:25C'est d'ailleurs chouette parce que ces deux fils sont en train de reprendre l'exploitation,
- 15:30non loin des fameuses bassines dont on a entendu parler.
- 15:35Exactement à côté.
- 15:37Et donc dans leur rotation,
- 15:39ils ont des vaches charolaises en l'occurrence,
- 15:43et aussi des cultures de porte-graines.
- 15:45Et donc les plantes tinctoriales sont un atelier parmi d'autres.
- 15:48D'accord,
- 15:49ok.
- 15:50Et donc...
- 15:51Euh...
- 15:52C'est quoi le pourcentage de la part de plantes qui viennent de France ?
- 15:57Parce que je suppose que tout ne vient pas de France.
- 16:01Non,
- 16:02alors tout ce qu'on peut faire,
- 16:04tout ce qui peut être de climat tempéré,
- 16:06bien évidemment,
- 16:07est fait ici.
- 16:08Je dirais que ça représente à peu près 60 à
- 16:1170% des plantes qu'on utilise.
- 16:16ça c'est vraiment une particularité ça nous est vraiment propre et ensuite bien évidemment 30 ou 40% ce sont des plantes ou des colorants tout faits qui viennent évidemment de l'extérieur alors il y a un peu je
- 16:29dirais 2 à 3 types il y a évidemment l'indigo l'indigo ferra-tinctoria que nous ne savons encore pas faire en Poitou-Charentes ou en Nouvelle-Aquitaine bien que les températures montent quand même terriblement mais
- 16:44on a décidé nous de continuer à travailler sur cette plante-là,
- 16:48même si on a fait beaucoup d'essais sur l'utilisation du polygonome des tincturiers,
- 16:52qui est une très intéressante plante à indigo.
- 16:57Donc l'indigo ferra tincturia,
- 17:00ce bleu royal,
- 17:01il vient d'Inde,
- 17:02c'est vraiment sa région d'origine,
- 17:03donc je vais de façon à peu près une fois tous les deux à trois ans en Inde,
- 17:08voir le producteur,
- 17:09qui est un infirmier.
- 17:12qui lui-même cultive je crois que c'est à peu près 300 ou 400 hectares d'indigo.
- 17:18Et là aussi,
- 17:18c'est en rotation de culture,
- 17:20c'est très intéressant.
- 17:21ça vient derrière de l'arachide.
- 17:24Il cultive beaucoup d'arachide,
- 17:25de cacahuètes.
- 17:26Puis,
- 17:27l'année d'après,
- 17:28il va cultiver de l'indigo,
- 17:29qui sont dans les deux cas des plantes qui fixent l'azote,
- 17:32d'ailleurs,
- 17:32qui sont très intéressantes.
- 17:34C'est la même famille.
- 17:36Voilà pour l'indigo.
- 17:37Après,
- 17:38on a évidemment les tannins.
- 17:40Alors,
- 17:40les tannins,
- 17:41hormis le tannin de châtaignier qui vient soit d'Italie,
- 17:44soit de France.
- 17:45Les tannins,
- 17:46c'est quand même des matériels végétaux qui sont originaires de...
- 17:50Les pays chauds,
- 17:51c'est-à-dire en gros c'est soit l'Inde,
- 17:53soit l'Amérique du Sud.
- 17:55Avec chacun leur particularité,
- 17:57par exemple le quebracho,
- 17:58comme son nom l'indique,
- 18:00c'est un tannin qui vient d'Argentine,
- 18:03d'Amérique du Sud,
- 18:05qui est issu d'un arbre.
- 18:06Et nous,
- 18:07on achète la matière première chez les producteurs de ces régions-là.
- 18:15d'accord un troisième grand type c'est le campèche mais c'est pareil alors c'est pas un tannin mais enfin c'est vraiment un arbre aussi d'un arbre qui vient d'Amérique centrale en l'occurrence que vraiment je ne peux pas sourcer ailleurs
- 18:30non je ne peux pas et alors du coup j'ai une question Anne moi qui viens plutôt du monde de l'alimentaire c'est une question sur donc l'origine des produits vous nous les avez indiqués la traçabilité et
- 18:44C'est une question sur la traçabilité et comment vous vous assurez qu'il n'y ait pas de fraude,
- 18:56notamment sur l'indigo,
- 18:59dont on m'a expliqué qu'il était possible de mixer de l'indigo de synthèse dans de l'indigo naturel.
- 19:09Est-ce que c'est que sur l'indigo ou est-ce que c'est présent dans d'autres exemples ?
- 19:14Et comment vous,
- 19:15vous appréhendez le sujet ?
- 19:17Est-ce que ça vous inquiète ?
- 19:19Est-ce que finalement,
- 19:20il suffit avec votre labo parce que vous êtes équipé aussi ?
- 19:24Comment vous appréhendez ce sujet-là ?
- 19:25Alors,
- 19:26c'est un sujet,
- 19:26bien évidemment,
- 19:27qu'on abordait depuis pas mal d'années,
- 19:30poussé principalement par nos clients de la cosmétique.
- 19:34Parce que c'est vraiment,
- 19:35je dois dire,
- 19:36eux qui nous ont finalement fait faire le plus grand nombre de progrès.
- 19:40au début,
- 19:41et je trouve que c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui,
- 19:43finalement.
- 19:44Donc,
- 19:45traçabilité absolument obligatoire.
- 19:47Il y a deux types.
- 19:48Il y a les colorants qu'on achète tout fait.
- 19:50C'est-à-dire que l'indigo,
- 19:51on achète tout fait.
- 19:52Je n'importe pas la plante,
- 19:54la feuille d'indigo que je transforme ici en pigment.
- 19:56Ce n'est pas possible.
- 19:57Donc,
- 19:57j'achète directement du pigment en Inde.
- 20:00Et j'ai été voir plusieurs fois le...
- 20:03le producteur,
- 20:04donc je sais qu'il produit de l'indigo,
- 20:06restait à savoir si ce qu'il m'envoyait était de son pur indigo ou du mélange.
- 20:10Donc il y a une technique qui s'est relativement démocratisée depuis quelques années,
- 20:14c'est la technique du carbone 14.
- 20:17C'est-à-dire qu'un indigo naturel...
- 20:22donc c'est du matériel vivant,
- 20:24il va obligatoirement contenir un certain pourcentage de carbone 14.
- 20:29Un indigo de synthèse,
- 20:31minéral totalement de synthèse,
- 20:34ne va quasiment pas en contenir.
- 20:39Donc on va doser le pourcentage de carbone de synthèse par rapport au carbone biosourcé.
- 20:46Et j'ai donc acheté de l'indigo de synthèse que j'ai envoyé à mon labo,
- 20:52j'ai cultivé quand même un petit peu ici de l'indigo tropical,
- 20:56alors là effectivement sous serre,
- 20:57où j'ai fait un tout petit peu de pigments,
- 20:58je savais que c'était 100% naturel,
- 21:00je l'aurais envoyé,
- 21:01et puis j'ai envoyé différents indigos achetés à droite à gauche,
- 21:05dits naturels,
- 21:06et à l'aveugle j'ai envoyé ça au labo.
- 21:09c'était très intéressant.
- 21:10La synthèse,
- 21:11c'était 100% de la synthèse.
- 21:12Mon indigo,
- 21:13c'était 100% du biosourcé.
- 21:15Et j'ai eu des surprises quant à ce qui m'est revenu des soi-disant indigos 100% naturels.
- 21:22Donc,
- 21:22je ne vous donnerai pas les fournisseurs indélicats qui m'ont envoyé ça,
- 21:27mais ça a été réglé avec eux.
- 21:28Et je sais maintenant que ce que j'achète,
- 21:31notamment chez mon fameux producteur,
- 21:32est 100% biosourcé.
- 21:34Quand ils m'envoient un batch,
- 21:37En général,
- 21:38j'achète entre 200 et 400 kilos.
- 21:40Je contrôle et je ne le paye qu'une fois que je sais que c'est 100% naturel.
- 21:44Ça,
- 21:45c'est pour le biosourcé.
- 21:46Après,
- 21:47par exemple,
- 21:48j'achète aussi du hainé.
- 21:49Alors,
- 21:49le hainé,
- 21:51c'est du hainé.
- 21:52Mais je ne sais pas s'il n'est pas mélangé avec une autre plante,
- 21:55ce qui est autre chose.
- 21:55C'est-à-dire que là,
- 21:56je vais effectivement dire 100% de biosourcé.
- 22:00Mais suis-je certaine que ce soit de l'indigo ?
- 22:03Alors là,
- 22:03nous utilisons une autre méthode qui est l'ADN.
- 22:08Donc il y a des méthodes qui se sont tout à fait là aussi démocratisées qu'un labo français d'ailleurs de Lyon,
- 22:12qui est capable de me dire si c'est que du hainé ou si c'est du hainé avec autre chose.
- 22:17Et il est même capable de me dire si c'est du hainé d'Inde ou du hainé du Maroc.
- 22:22Donc là,
- 22:24on est clean.
- 22:25D'accord,
- 22:26génial et donc c'est surtout sur les extraits en poudre qu'il peut y avoir justement cette c'est pour ça que je préfère en général acheter du produit du produit semi par exemple je vais préférer acheter des copeaux de bois que d'acheter une poudre de bois toute faite,
- 22:45c'est à dire déjà des copeaux de bois je vois à quoi ça ressemble,
- 22:48c'est à dire que moins la matière est broyée,
- 22:50mieux plus on a de contrôle au moins visuel
- 22:55d'accord ok et alors donc cette partie traçabilité qualité analyse et contrefaçon on y a bien répondu j'avais une question vous avez parlé du domaine de la cosmétique on a parlé de la teinture est-ce que vous pourriez nous dire dans votre activité les différents domaines et le poids à peu près qu'ils représentent parce que j'étais surprise dans notre conversation pour préparer ce podcast en
- 23:18fait de choses qu'on ne sait pas du tout dans les proportions donc
- 23:22Quels sont les domaines d'activité et à peu près les tailles que vous vous rencontrez dans votre entreprise ?
- 23:28Alors les domaines d'activité,
- 23:29je dirais qu'il y en a à peu près quatre.
- 23:31Le premier d'entre eux,
- 23:32et très nettement,
- 23:33c'est la cosmétique.
- 23:34C'est vraiment la cosmétique qui tire ce monde des colorants naturels.
- 23:39On en pense ce qu'on en veut,
- 23:40il y a du greenwashing certainement,
- 23:42mais il y a vraiment des sociétés qui achètent des colorants naturels,
- 23:47beaucoup sur la partie teinture cheveux.
- 23:50qui est vraiment extrêmement...
- 23:53une énorme demande des consommateurs.
- 23:56Ce n'est pas facile,
- 23:57parce que les colorants naturels n'ont évidemment pas les mêmes résultats que les colorants de synthèse.
- 24:01Par contre,
- 24:02ils ont des tas de bienfaits sur la tenue du cheveu,
- 24:04sur leur non-toxicité,
- 24:06bien évidemment.
- 24:07Il y a des colorants capillaires qui vont être bientôt interdits.
- 24:11Il y en a certains qui le sont déjà.
- 24:13Mais c'est vraiment le premier domaine.
- 24:15Ensuite,
- 24:15c'est la coloration des produits de soins et d'hygiène.
- 24:19Ça peut être des shampoings,
- 24:21des crèmes de soins,
- 24:23Ça peut être...
- 24:26des après-shampoings,
- 24:28voilà.
- 24:28Et puis,
- 24:29le domaine du maquillage aussi,
- 24:30beaucoup,
- 24:31pas mal de demandes dans le domaine du maquillage,
- 24:33même si finalement,
- 24:34on est un peu déçu là-dessus,
- 24:35parce que c'est un domaine,
- 24:37par exemple,
- 24:37pour des rouges à lèvres,
- 24:38finalement,
- 24:39on utilise assez peu de quantité de pigments,
- 24:43beaucoup moins que pour se teindre les cheveux,
- 24:46par exemple.
- 24:47Donc,
- 24:47c'est vraiment ce secteur-là qui est premier,
- 24:50c'est à peu près 60%.
- 24:52Ensuite,
- 24:53on a un deuxième secteur
- 24:55C'est celui des matériaux,
- 24:58la teinture des matériaux,
- 25:01qu'ils soient plastiques,
- 25:02bioplastiques ou encore d'autres matériaux dont je ne peux pas trop décrire.
- 25:10Il y a des confidentialités,
- 25:11mais on est vraiment très accaparé par les développements dans le domaine de la coloration des bioplastiques,
- 25:19notamment des plastiques recyclés.
- 25:22Donc du coup,
- 25:23par exemple,
- 25:24moi qui viens de l'alimentaire,
- 25:25je sais qu'il y avait les sujets des 30% de RPET,
- 25:28donc de plastique recyclé pour les bouteilles.
- 25:29Ça peut être,
- 25:30par exemple,
- 25:31une utilisation de retintes des micro-plastiques,
- 25:35les injecter,
- 25:37je ne connais pas le process,
- 25:37mais ça peut être ce genre d'utilisation-là ?
- 25:40Complètement.
- 25:40Et ça,
- 25:41c'est des pigments qu'on utilise pour faire ce qu'on appelle des master batchs,
- 25:44c'est-à-dire des petits granulés de plastique avec des pigments très concentrés à peu près.
- 25:4920% d'incorporation d'un pigment dans un masterbatch.
- 25:52Et ce sont ces masterbatchs-là qui vont ensuite colorer des plastiques recyclés ou nouveaux.
- 25:57avec la difficulté pour les plastiques pour l'alimentaire qu'il faut que tout ça soit contact alimentaire donc il faut que nous prouvions que nos pigments ne migrent pas dans l'alimentaire dans le yaourt,
- 26:10la pizza et qu'ils ne soient évidemment pas toxiques donc tous les pigments végétaux ne passent pas certains ne passent pas c'est pas parce que c'est végétal que c'est non toxique donc il y a tout ça et après il y a des plastiques pour des...
- 26:27Les colorants de plastique pour de l'emballage qui n'est pas alimentaire,
- 26:30on est sur des produits jouets,
- 26:32des trottinettes,
- 26:33des produits électroménagers.
- 26:36Et quel est l'intérêt pour une entreprise de choisir plutôt des colorants végétaux pour ces plastiques,
- 26:43on va dire ?
- 26:46Bioplastiques ou plastiques recyclés,
- 26:48moindre impact sur l'environnement,
- 26:50et on sait très bien que les colorants...
- 26:52font quand même partie,
- 26:53peut-être un peu moins dans le domaine du plastique que sur le textile,
- 26:55je pense,
- 26:56mais quand même des produits qui ne sont pas terribles.
- 26:59Donc ça va,
- 27:01bien évidemment,
- 27:03avec le plastique bio.
- 27:05Ok.
- 27:06C'est assez évident,
- 27:08en fait.
- 27:09D'accord,
- 27:09donc on a dit les cosmétiques,
- 27:11la partie matériaux.
- 27:12Ensuite,
- 27:13on a une partie textile qui représente à peu près 15%.
- 27:15Et puis,
- 27:16je vais revenir dessus après.
- 27:18Et 10% autres.
- 27:20Alors,
- 27:20autres,
- 27:20c'est par exemple la partie peinture.
- 27:24Ou qu'elle soit plutôt peinture pour artistes.
- 27:29Beaux-arts.
- 27:29Des gouaches,
- 27:30des beaux-arts.
- 27:31Et puis,
- 27:32quelques travaux avec des artistes peintres qui sont vraiment très,
- 27:35très intéressants.
- 27:36Par exemple,
- 27:36on a des...
- 27:37Des travaux avec une coréenne qui utilise nos pigments,
- 27:42qui s'appelle Ji Yoon.
- 27:42Alors je ne sais pas,
- 27:43il faudra qu'un jour je vous l'enverrai parce que c'est absolument magnifique.
- 27:47Elle fait des peintures traditionnelles coréennes sur des papiers coréens.
- 27:51Et elle est en train d'exposer en ce moment à la Galerie d'Art du Louvre.
- 27:55et elle utilise en l'occurrence nos extraits pour faire des choses absolument admirables.
- 28:04Ça,
- 28:04c'est 10% à peu près de nos ventes,
- 28:07et dans ce 10%,
- 28:08je mets...
- 28:10tout ce qui est demande boutique en ligne parce qu'en fait on a je reviendrai sur le textile peut-être après mais on a deux types de ventes on a une vente boutique en ligne donc on nous trouve à couleur de plantes boutique en ligne où on peut acheter des toutes petites quantités et ça je sais que les gens achètent pas
- 28:27seulement pour du textile mais pour un tas d'usages que j'ignore moi-même quelques fois et donc le textile c'est environ 15% de ce qu'on vend alors là pour le coup sur le plan industriel alors
- 28:39puisque donc on a deux sites,
- 28:41le site boutique en ligne où on a des tout petits contenants,
- 28:43des toutes petites quantités de je crois que c'est 20 grammes ou 50 le démarrage,
- 28:48je ne me souviens plus il faut aller voir sur la boutique et après sur le plan industriel évidemment on vend 1 kg,
- 28:5410 kg,
- 28:54100 kg
- 28:57Ok, et alors du coup dans le textile c'est textile habillement,
- 29:02ça peut être aussi ameublement,
- 29:04c'est tous les types de textiles ou vous sentez plutôt que dans la mode ?
- 29:08Alors le textile,
- 29:10c'est le serpent de mer de notre aventure colorant naturel qui à la fois me déçoit et me motive parce que je trouve quand même que c'est le secteur sur lequel le visuel est le plus admirable.
- 29:23Je préfère un beau textile coloré avec nos magnifiques colorants que...
- 29:27qu'un rouge à lèvres ou qu'un cosmétique dans le fond ou qu'un aîné sur mes cheveux je trouve que c'est le médium si je peux dire qui est le plus génial et d'un autre côté c'est ce qui depuis 20 ans nous déçoit le plus c'est vraiment une industrie qui a
- 29:42beaucoup beaucoup de mal à évoluer
- 29:47Comme on le sait bien,
- 29:48elle a quand même été beaucoup délocalisée.
- 29:51Autant on a des entreprises cosmétiques,
- 29:53voire même dans le domaine de la peinture,
- 29:54ou même des plastiques,
- 29:55beaucoup en Europe,
- 29:56autant le textile,
- 29:57on le sait bien,
- 29:58il a été délocalisé depuis vraiment longtemps.
- 30:01Or,
- 30:01il y a un acteur complètement incontournable dans le milieu du textile,
- 30:04c'est l'ennoblisseur,
- 30:05c'est-à-dire le teinturier.
- 30:07Et les teinturiers,
- 30:08il y en a très peu,
- 30:09finalement,
- 30:10qui ont résisté en Europe.
- 30:13Donc,
- 30:14on a quand même un savoir-faire.
- 30:16qui est un peu partie ailleurs.
- 30:19On a des grosses maisons d'habillement,
- 30:22dont on sait qu'elles ont d'ailleurs en ce moment quand même beaucoup de difficultés,
- 30:25on le sait tous,
- 30:26qui font teindre partout dans le monde,
- 30:29sauf en Europe.
- 30:30On a eu,
- 30:31nous,
- 30:31des contacts avec des naturiers dans ces pays lointains.
- 30:35qui se sont quasiment tous soldés par des échecs.
- 30:39Beaucoup de difficultés à envoyer nos colorants,
- 30:43à envoyer nos recettes,
- 30:44parce que vendre un colorant,
- 30:45ça ne suffit pas.
- 30:46On a fait un énorme travail sur le process de teinture et on est très déçus de ce qu'il en est peu sorti.
- 30:55Donc actuellement,
- 30:56il y a quand même un recentrage sur des demandes qui sont des demandes d'entreprises de plus petite taille.
- 31:04deux choses quelques ennoblisseurs qui restent en France avec lesquels on est quand même en train de sortir des choses je pense que le Covid aussi est passé par là donc il y a vraiment une demande locale,
- 31:14etc on peut répondre puisqu'on a la quantité qu'il faut,
- 31:18au moins en quantité je reviendrai après sur les solidités les couleurs et puis aussi de jeunes créateurs je pense que c'est vraiment le salut viendra
- 31:29de jeunes créateurs qui veulent vraiment et avec sincérité lancer des choses,
- 31:35peut-être sur des fibres dites nouvelles.
- 31:38On parle beaucoup du chanvre,
- 31:39donc on a par exemple un beau projet chanvre,
- 31:41là,
- 31:42en Nouvelle-Aquitaine,
- 31:43sur du lin,
- 31:44sur d'autres fibres,
- 31:46et là,
- 31:46on voit que ça commence à bouger de nouveau,
- 31:49à bouger un petit peu.
- 31:52Donc nous,
- 31:53on accompagne ça.
- 31:56on travaille beaucoup sur les recettes de teinture en essayant de les optimiser.
- 32:04On est beaucoup en train de travailler sur les mordants et sur le fait de pouvoir peut-être,
- 32:08et on va peut-être sortir ça l'année prochaine,
- 32:10remplacer certains mordants métalliques pour certains colorants par d'autres choses.
- 32:17On est bien conscient qu'il y a quand même un frein,
- 32:20on va dire ça.
- 32:23Voilà,
- 32:23pour la partie teinture.
- 32:25Vous entendez des mordants à base de plantes ?
- 32:29Non.
- 32:30Non,
- 32:31encore d'autres choses.
- 32:31Ok,
- 32:31d'accord.
- 32:33On va dire biotech.
- 32:35D'accord,
- 32:35ok.
- 32:35Biotech.
- 32:36On va dire biotech.
- 32:37Oui,
- 32:37ça peut être à base de plantes,
- 32:40mais pas que.
- 32:41D'accord,
- 32:42ok.
- 32:43Est-ce que vous travaillez dans les commandes que vous recevez ?
- 32:46Je suppose qu'il n'y a pas que des commandes de France.
- 32:49Vous travaillez avec d'autres pays ?
- 32:51Il y a d'autres pays qui vous… Oui.
- 32:53Oui,
- 32:54alors on travaille un peu avec l'Italie,
- 33:00qui est quand même un pays de teinture et de textile et de maquillage.
- 33:04Il faut savoir que la plupart des maquillages faits en Europe sont en fait fabriqués en Italie,
- 33:08y compris pour les grandes marques.
- 33:11Chanel,
- 33:12Dior et autres.
- 33:15On travaille avec les Etats-Unis depuis pas très longtemps sur de l'impression,
- 33:25une fabrication d'encre,
- 33:26d'impression textile à base de pigments.
- 33:30Donc ça devrait sortir là,
- 33:31c'est un gros marché qui s'ouvre pour nous.
- 33:34Le frein à l'entrée,
- 33:36c'est la réglementation américaine,
- 33:38bien sûr.
- 33:40l'équivalent de Rich chez nous.
- 33:43Mais ils ont un équivalent qui s'appelle la TSCA.
- 33:46Et donc,
- 33:46il faut répondre à ça si on veut vendre aux Etats-Unis.
- 33:51Et curieusement,
- 33:52nous avons un client chinois depuis 6-7 ans maintenant avec lequel ça marche bien en teinture de cachemire.
- 34:03Donc,
- 34:03je suis allé là-bas.
- 34:04Ils y sont venus.
- 34:06et en fait on fait des affaires qui ne sont pas mauvaises avec eux sur la teinture de cachemire sachant que c'est eux qui produisent le cachemire et ça aide beaucoup une teinturerie intégrée ce qui aide beaucoup quand on a un donneur d'ordre qui fait lui-même sa teinture et la
- 34:23confection et la vente ce qui évite d'avoir plein d'intermédiaires et de la déperdition d'informations et d'argent finalement au bout du compte
- 34:35ça fait parfaitement la transition avec ma question d'après avec votre expérience votre recul,
- 34:40vous avez dit que ça fait 35 ans que le crit est créé 25 ans si je ne dis pas de bêtises sur l'ordre de vos plans selon vous quels sont les verrous qui pourraient encore sauter dans l'industrie textile parce que c'est là où comme vous disiez vous êtes un peu plus
- 34:59on va dire un peu plus
- 35:00déçus par rapport à l'émergence de ce secteur.
- 35:07Qu'est-ce qui pourrait,
- 35:08selon vous,
- 35:09faire sauter tous ces verrous et faire qu'on s'y remette et que ce soit une réelle alternative sérieuse aux colorants de synthèse ?
- 35:20Il y a plusieurs verrous et je les ai un peu exposés,
- 35:26j'anticipe peut-être un peu,
- 35:27mais dans une conférence que j'ai faite au mois d'août,
- 35:31qui est publiée depuis la semaine dernière,
- 35:34avec bien d'autres conférences,
- 35:36où on me demandait très exactement ça,
- 35:38les verrous dans les différents types d'industries.
- 35:40C'est une conférence que j'ai faite à IHC.
- 35:44le Symposium International de l'Horticulture qui a lieu tous les 4 ans et qui au mois d'août dernier a eu lieu à Angers en France je pourrais faire passer les liens je peux les mettre je vous donnerai ça peut-être
- 36:00avant de parler des verrous une petite on a fait une approche que souvent les gens nous demandent mais en fait si on remplaçait les colorants de synthèse par des colorants végétaux
- 36:13quelle surface faudrait ?
- 36:15Et donc,
- 36:15je me suis livrée à une évaluation assez amusante,
- 36:20en prenant des chiffres de consommation 2018,
- 36:23sur des fibres naturelles,
- 36:25c'est-à-dire coton,
- 36:26laine et lin,
- 36:27en sachant que dans les fibres naturelles,
- 36:29le coton est majoritaire à 90%.
- 36:32S'il fallait teindre tout le coton produit en 2018,
- 36:37par des colorants naturels,
- 36:38il faudrait la surface de la Belgique.
- 36:42Alors,
- 36:42ce n'est pas beaucoup.
- 36:44Ce n'est pas beaucoup la surface de la Belgique.
- 36:46Et la surface de la Belgique,
- 36:48c'est à peu près la surface cultivée en tabac dans le monde entier.
- 36:53Donc,
- 36:53ce que je veux dire par là,
- 36:54c'est qu'il est possible de produire des colorants naturels en quantité avec lesquels on pourrait teindre beaucoup de textiles sans empiéter tant que ça.
- 37:05sans empiéter beaucoup,
- 37:06dans le fond,
- 37:07sur la surface agricole utile mondiale.
- 37:10Voilà,
- 37:11je fais une parenthèse là-dessus,
- 37:12c'est souvent une question qu'on nous pose,
- 37:14et bien évidemment,
- 37:14c'est une question que nous oppose l'industrie chimique,
- 37:17qui nous dit,
- 37:19ok les gars,
- 37:19mais on remplace par quoi ?
- 37:23Crise alimentaire,
- 37:24pénurie,
- 37:24etc.
- 37:25Non,
- 37:25c'est un faux argument,
- 37:27donc celui-là,
- 37:27déjà,
- 37:28il faut le démolir.
- 37:29Donc les freins,
- 37:30ils viennent beaucoup de gens qui ont intérêt à ce qu'on freine.
- 37:34Je suis désolée de le dire,
- 37:35mais les freins...
- 37:36Non,
- 37:36non,
- 37:36mais les lobbies ?
- 37:37Bien sûr,
- 37:38ils viennent beaucoup des lobbies chimiques.
- 37:40On voit bien actuellement les lobbies de l'industrie des pesticides,
- 37:43c'est terrifiant.
- 37:45Donc imaginez bien que l'industrie chimique,
- 37:46c'est pareil,
- 37:47elle n'a pas très envie de perdre sa production de colorants de chimie.
- 37:50Bon,
- 37:51une fois qu'on a dit ça,
- 37:52les teinturiers et les gens du textile,
- 37:55ils ont des outils qui ne permettent pas forcément de teindre convenablement des colorants naturels.
- 38:03Donc quelquefois,
- 38:03il faut quand même adapter les machines chez les industriels,
- 38:07donc ça demande un effort.
- 38:09Et puis,
- 38:10mais ça,
- 38:10à la limite,
- 38:11ce n'est pas le plus important.
- 38:13La quantité,
- 38:14on nous demande,
- 38:15mais oui,
- 38:15mais les volumes,
- 38:16on les a.
- 38:17Enfin,
- 38:18c'est plus ça.
- 38:19Donc ensuite,
- 38:20il y a le process.
- 38:21Alors le process,
- 38:22les eaux usées.
- 38:23Alors les eaux usées,
- 38:25vous teignez avec un colorant naturel,
- 38:26même s'il a quelques...
- 38:31des traces de mordant,
- 38:32parce qu'on a beaucoup réduit ça,
- 38:34on a fait des analyses,
- 38:35c'est de toute façon moins toxique qu'un colorant chimique.
- 38:38Et puis,
- 38:39c'est un matériel qui est biodégradable.
- 38:43Donc après,
- 38:45il y a les deux questions principales,
- 38:48qui sont la question du coût et des solidités.
- 38:51Alors,
- 38:51les solidités,
- 38:52là aussi,
- 38:53c'est le mythe,
- 38:54si je peux dire,
- 38:55des réglementations qui ont été faites pour les colorants de synthèse,
- 39:00quand les colorants naturels n'existaient plus,
- 39:04et on veut comparer l'un et l'autre.
- 39:07Est-ce que le consommateur est vraiment si attaché que ça aux fameuses solidités ?
- 39:16vous portez un t-shirt mettons en colorant en coton,
- 39:21mettons coton recyclé puisqu'il y a quand même de plus en plus de recyclés avez-vous envie qu'il soit solide à la lumière pendant 20 ans ou même pendant 10 je ne crois pas je pense qu'en fait on a mis des standards qui sont ceux des colorants chimiques,
- 39:36qu'on les impose aux colorants naturels,
- 39:37c'est absolument débile de même les solidités lavage par facilité,
- 39:44on va vous vendre un
- 39:46un vêtement que vous pourriez peut-être éventuellement laver à 60,
- 39:5170,
- 39:5280,
- 39:5290 degrés.
- 39:54Y a-t-il beaucoup de consommateurs qui lavent maintenant leurs vêtements à 90 degrés ?
- 39:59Je ne le crois pas.
- 40:00Je pense que le t-shirt,
- 40:01maintenant,
- 40:01on va tous les mettre maintenant,
- 40:02une machine à 40 ou 50,
- 40:05gentiment et avec un savon qui ne soit pas trop abrasif.
- 40:12Voilà.
- 40:13Donc,
- 40:13on a un frein qui est de comparer ces colorants naturels et des chimiques avec des réglementations qui ont été faites pour les colorants chimiques.
- 40:21Et ça,
- 40:21on nous l'oppose.
- 40:23Alors,
- 40:23les services marketing nous l'opposent parce qu'ils ont peur des retours clients.
- 40:27Mais je pense en fait que le consommateur,
- 40:28que les clients sont dans le fait,
- 40:30plus on avance que ne le sont les industriels eux-mêmes.
- 40:33Et je pense que le jour où il y en aura un vraiment qui se lancera,
- 40:36ce qui pourrait peut-être être le cas d'ici un an ou deux,
- 40:39les autres suivront.
- 40:40Donc je pense que c'est beaucoup d'arguments mauvais pour préserver le marché des colorants de synthèse.
- 40:56Je pense que c'est quand même beaucoup ça.
- 40:58Donc des freins,
- 41:00techniquement,
- 41:01je n'en vois pas beaucoup.
- 41:03Ensuite,
- 41:03prix,
- 41:04oui,
- 41:05ce sont des colorants qui sont plus chers que les colorants de synthèse.
- 41:09mais encore faut-il calculer l'impact du cost in use,
- 41:13ce qu'on appelle le cost in use,
- 41:14c'est-à-dire l'impact du colorant dans le produit fini.
- 41:18En fait,
- 41:18quand vous commencez à faire le calcul,
- 41:21vous êtes étonné de son très faible coût.
- 41:24Donc même si votre colorant végétal est trois fois plus cher que le colorant de synthèse,
- 41:28s'il passe de
- 41:290,5% à 1,5% dans le produit fini,
- 41:33ça impacte peu.
- 41:35Je ne dis pas que ce ne sont pas des marchés pour lesquels ce ne soit pas très impactant.
- 41:42Non mais c'est hyper intéressant je voudrais rebondir sur le premier levier dont vous avez parlé sur les terres qu'il faudrait pour cultiver des plantes tectoriales j'avais un échange avec Marie Marquet sur le fait,
- 41:54enfin on se posait la question sur le fait de moi je suis beaucoup dans l'alimentaire c'est mon parcours il y avait donc tout ce qui est les réglementations HVE et la demande que les exploitations aient beaucoup plus de biodiversité sur leur parcelle
- 42:11et en fait ma question c'était est-ce que
- 42:14purement ça pourrait être combiné quand on parle de bandes enherbées,
- 42:18de haies de tout ce qu'on veut,
- 42:20est-ce que pour vous ce serait envisageable de combiner comme vous vous le faites en fait donc de la polyculture,
- 42:27de l'élevage avec des espaces dans les exploitations qui sont dédiés à accueillir soit des plantes territoriales,
- 42:34soit des arbres aussi qui ont ces vertus là est-ce que pour vous c'est complètement stupide de réfléchir comme ça et ça augmenterait le travail de l'agriculteur ou est-ce qu'en fait
- 42:43C'est un modèle qu'il faudrait réfléchir et peut-être poser.
- 42:47Non,
- 42:48comme je le disais au début,
- 42:50c'est une culture de diversification qui rentre dans une rotation de culture et c'est tout à fait logique.
- 42:56Il n'y a aucun frein à rentrer ces productions-là dans un itinéraire cultural total.
- 43:04Et les haies,
- 43:06on avait planté il y a plusieurs années des haies dites tinctoriales.
- 43:09On a plein d'espèces tinctoriales qu'on peut faire produire dans des haies,
- 43:14comme on a des haies de fruitiers.
- 43:16ou d'arbres de tiges d'alignement,
- 43:18on peut tout à fait avoir des arbustes tantorio,
- 43:21bien évidemment.
- 43:22Et alors,
- 43:22qui incite ou parle de ces choses-là ?
- 43:27Personne.
- 43:28C'est ma question.
- 43:30Je serai un jeune agronome.
- 43:33J'en rêve de revenir à mes chères études.
- 43:36Il y a un monde à explorer à ce niveau-là.
- 43:40Mais pas seulement avec les plantes panctoriales.
- 43:42Ça vient dans la réflexion globale sur la biodiversité des exploitations et sur le fait de replanter des haies et de diversifier des espèces.
- 43:51Et ça va aussi avec la réflexion sur...
- 43:55On en parle beaucoup en ce moment.
- 43:57les cultures non irriguées,
- 43:59parce que la plupart des cultures dont je vous parle et qu'on cultive ici,
- 44:03elles sont...
- 44:04On a besoin d'un début d'irrigation pour l'implantation en général,
- 44:07au semis,
- 44:08et ensuite,
- 44:09elles n'ont plus besoin d'être irriguées.
- 44:11donc ça va dans cette réflexion globale et de même je parlais d'agronomie il y a tout à faire encore à mon avis à se saisir d'une culture comme la garance nous on a fait une sélection massale d'un certain nombre d'espèces qu'on a juste comparé parce qu'elles venaient de divers jardins botaniques en gros d'Europe quasiment
- 44:31on pourrait très bien créer une variété donc on y réfléchit nous à créer des variétés de garances voilà
- 44:38ça peut inspirer des agros et j'en veux bien chez moi le message est passé alors du coup sur la partie dans chaque épisode comme je vous le disais on parle de la partie transmission ça
- 44:53ça m'est venu l'idée suite à l'épisode de Dominique Cardon qui alertait sur le fait qu'on était en train de perdre cette transmission de savoir qu'il y avait beaucoup de choses qui étaient faites soit à l'oral etc mais qu'il fallait transmettre davantage
- 45:08Ma question,
- 45:08c'est qu'est-ce que vous,
- 45:10avec tout votre savoir,
- 45:11toute votre expérience,
- 45:12comment vous transmettez ?
- 45:14Alors,
- 45:14vous avez donné une piste avec les colloques,
- 45:18les interventions.
- 45:22Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu qui vous sollicite,
- 45:28comment vous intervenez pour passer ce message-là et transmettre votre savoir ?
- 45:33Alors déjà,
- 45:34le savoir,
- 45:34on le transmet d'abord de façon égoïste,
- 45:38si je peux dire,
- 45:38à l'équipe en interne.
- 45:41L'équipe a grossi,
- 45:42elle s'est rajeunie assez considérablement depuis 5-6 ans.
- 45:45Donc déjà,
- 45:46on s'attache à ce que l'équipe,
- 45:49petit à petit,
- 45:50soit très formée,
- 45:52à la fois sur la partie agronomie,
- 45:53mais aussi sur la partie biochimie.
- 45:56Donc là,
- 45:56on a un jeune docteur depuis pas longtemps dont c'est le boulot maintenant.
- 46:01Et puis,
- 46:01il ne faut pas oublier qu'on a la société commerciale couleur de plante qui doit vivre et se développer.
- 46:07On l'espère.
- 46:08Donc,
- 46:08c'est vrai que d'abord,
- 46:09on réserve ce qu'on sait à nous-mêmes.
- 46:12Je dois le dire.
- 46:13Ensuite,
- 46:14en tant que Crite Innovation,
- 46:15transfert de techno.
- 46:16Alors,
- 46:17je interviens pas mal dans des congrès.
- 46:20Alors,
- 46:21un peu moins avec le Covid,
- 46:23mais ça a repris.
- 46:24Le grand congrès IHC,
- 46:26vraiment,
- 46:26j'invite vos auditeurs à acquérir,
- 46:30je crois que c'est 60 euros,
- 46:31quelque chose comme ça.
- 46:32Je vous donnerai les...
- 46:35Il y a d'autres congrès qui vont venir.
- 46:37Il y en a un du même tonneau au Japon dans trois ans.
- 46:41On est assez fiers finalement dans ce congrès horticole qui comprend 21 petits symposiums sur les plantes aromatiques,
- 46:50sur les plantes médicinales,
- 46:51sur les carottes,
- 46:54la génétique de la banane,
- 46:56etc.
- 46:57Pour la première fois,
- 46:58il y a eu un symposium sur les natural dyes.
- 47:01Donc on a fait rentrer dans la Société Internationale d'Horticulture,
- 47:05ISHS,
- 47:07la thématique des natural dyes.
- 47:10c'est pas rien,
- 47:12parce qu'on était parents pauvres,
- 47:14on ne savait pas où aller mettre ces fichus plantes tectoriales.
- 47:17Elles sont maintenant dans un symposium et dans un groupe de travail international,
- 47:22et donc au Japon,
- 47:23dans trois ans,
- 47:24qui reprend le prochain grand colloque,
- 47:27l'organisateur qui était à Angers est venu me voir,
- 47:29et je pense qu'on va continuer ça.
- 47:32Donc déjà,
- 47:33il y a des réseaux scientifiques qui existent,
- 47:35il faut que ces colorants naturels rentrent dans ces réseaux scientifiques.
- 47:38C'est absolument indispensable.
- 47:40On ne peut pas faire dans notre coin tout seul.
- 47:43Il faut que ça devienne,
- 47:45au même titre que les plantes aromatiques et médicinales finalement,
- 47:48une...
- 47:50Et comment on fait ça concrètement ?
- 47:53Ça veut dire qu'il faut aller frapper à la porte des gens qui organisent des événements scientifiques ou qui sont dans des sujets agricoles et leur dire
- 48:01Attendez, il existe autre chose,
- 48:03est-ce qu'on peut vous faire découvrir ?
- 48:04Donc c'est en gros prendre son bâton de pèlerin et aller défendre.
- 48:08Beaucoup quand même dans les écoles,
- 48:10ça commence dans les écoles et dans les universités,
- 48:12pas mal dans les écoles d'agronomie à mon sens,
- 48:14ça commence à venir un peu.
- 48:16Un peu au même titre que ça n'a rien à voir,
- 48:17mais sur l'agriculture urbaine,
- 48:19dont on s'occupe aussi,
- 48:20on a fait ça depuis 10 ans,
- 48:22nous.
- 48:23Il y a maintenant des masters d'agriculture urbaine.
- 48:26Il faudrait des masters de colorants naturels.
- 48:29Dans les domaines de la biochimie,
- 48:31de la botanique,
- 48:31de l'agronomie.
- 48:33Je pense qu'on n'en sortira pas sans ça.
- 48:35Il y a quand même beaucoup de biotech actuellement aussi.
- 48:37Il y a aussi des colorants qui sont maintenant produits,
- 48:40non pas par des végétaux,
- 48:41mais par des bactéries.
- 48:42On ne peut absolument pas mettre ça à la poubelle.
- 48:44Au contraire.
- 48:45il faut que tout ce monde-là il se parle sinon on ne fera aucun progrès et on stagnera alors j'ai essayé de contacter l'entreprise Pili qui apparemment si j'ai bien tout saisi travaille sur les bactéries pour l'instant ils sont trop occupés je pense mais j'aimerais vraiment avoir quelqu'un qui travaille oui
- 49:01on les connaît on les connaît bien Pili donc je trouve intéressant de contacter Pili je trouve aussi intéressant les sociétés qui font des colorants à base d'algues
- 49:10Oui,
- 49:11en termes de transmission,
- 49:15est-ce que vous aviez d'autres choses à nous partager ?
- 49:19En termes de transmission,
- 49:23on a des stagiaires bien évidemment,
- 49:25on a toujours au labo un ou deux stagiaires par an.
- 49:30On est en ce moment en train de faire une thèse sur des comparaisons de techniques d'extraction.
- 49:40avec l'Université de Bordeaux,
- 49:42qui j'espère débouchera sur des innovations,
- 49:44parce que je pense en fait qu'on a besoin d'innovations.
- 49:47Je pense qu'on a besoin d'innovations scientifiques et techniques,
- 49:51y compris dans le monde du textile,
- 49:55pour que ces colorants accrochent mieux,
- 49:57pour qu'on remplace ces mordants.
- 49:59Et voilà,
- 50:00je pense que maintenant,
- 50:02on a trop stagné depuis 20-25 ans.
- 50:05D'accord.
- 50:07Dans la partie plutôt des inspirations,
- 50:10je voulais savoir vous qui…
- 50:13Déjà, juste,
- 50:14Anne,
- 50:15une question.
- 50:16Moi,
- 50:16sortie de mon école d'ING agro,
- 50:18je n'ai pas eu cette voix,
- 50:21ce que vous avez créé.
- 50:25Comment d'un coup vous vous êtes dit moi,
- 50:26je veux me mettre là-dedans,
- 50:27c'est ça que je veux faire C'est quand même hallucinant.
- 50:31Vous voyez ce que je veux dire direct,
- 50:33de savoir la voix tout de suite.
- 50:36Écoutez,
- 50:37la vie,
- 50:38c'est un concours de circonstances et des rencontres.
- 50:41Donc c'est vrai que mon école,
- 50:44sortant de Nancy puis après de Paris,
- 50:47j'avais fait un master d'agronomie comparé avec l'élève de René Dumont quand même.
- 50:53J'ai eu cette chance-là.
- 50:56Très écolo à l'époque,
- 50:58j'étais babe,
- 50:58il n'y a pas de souci.
- 51:00et puis j'ai été balancée un peu par hasard dans la région et là c'est un concours de circonstances d'abord je tombe dans le domaine d'horticoles,
- 51:07des serres cette histoire extraordinaire de Rochefort mais qui allait aussi avec mon appétence pour l'histoire j'ai fait aussi une licence d'histoire donc j'étais un petit peu frustrée finalement d'être que scientifique si je peux dire donc j'aimais beaucoup cette idée du bégonien de Rochefort de l'horticulture,
- 51:24de joindre tout ça et puis encore une belle rencontre avec une dame qui faisait de la restauration d'oeuvres d'art à Poitiers et puis j'ai été en
- 51:30qui restaurait les fresques de Notre-Dame-la-Grande avec des pigments synthétiques,
- 51:33et qui me dit Mais moi,
- 51:34je fais des pigments végétaux,
- 51:36et ça va être vachement mieux,
- 51:37c'est comme ça qu'ils faisaient avant,
- 51:38etc.
- 51:38Je me dis Mais pigments végétaux ?
- 51:40Mais de quoi elle me parle ?
- 51:41Moi,
- 51:42je connaissais les pigments minéraux,
- 51:43évidemment,
- 51:43mais pas végétaux.
- 51:44Et là,
- 51:45j'ai mis le doigt là-dedans,
- 51:46j'ai bien évidemment,
- 51:48et immédiatement,
- 51:49je suis tombée sur Dominique.
- 51:50On ne peut pas faire un podcast sans parler de Dominique.
- 51:54Rendons à César ce qui appartient à Dominique,
- 51:56ce qui appartient à Dominique,
- 51:57très cher ami.
- 51:58Et là,
- 51:59je m'aperçois qu'il y avait des gens qui retravaillaient là-dessus,
- 52:02mais plutôt du côté sciences sociales,
- 52:03du côté des techniques,
- 52:04du côté des textiles,
- 52:05mais du côté de l'agronomie,
- 52:06pas.
- 52:07Et donc,
- 52:07comme nous,
- 52:08on est un crit,
- 52:08c'est l'idée d'un crit quand même,
- 52:10innovation,
- 52:11on a foncé avec la naïveté de notre jeune âge,
- 52:15on va dire.
- 52:15Et tant mieux,
- 52:17on a foncé.
- 52:17C'est vraiment une question d'opportunité.
- 52:19Et par contre,
- 52:19ensuite,
- 52:20on a été déterminés et patients.
- 52:22et heureusement qu'on avait d'autres activités à côté sinon on n'existerait pas donc c'est un peu comme ce que je vous disais tout à l'heure des ateliers de plantes territoriales il faut que ce soit au milieu d'autres choses il faut des sujets polyvalents
- 52:38et pluriculturels pour avancer donc on a foncé là-dedans
- 52:43et on a eu la chance d'avoir des activités à côté qui marchaient bien,
- 52:47donc on a pu développer celle-là avec l'aide de la région,
- 52:50il ne faut quand même pas oublier l'aide du ministère de la Recherche,
- 52:52et de la région
- 52:54Poitou-Charentes, puis Nouvelle-Aquitaine,
- 52:56voilà,
- 52:57on s'est lancé,
- 52:57et donc c'est vrai qu'on est très pionniers,
- 52:59et que,
- 53:00alors,
- 53:00la question de la transmission,
- 53:01elle est essentielle,
- 53:04donc je sais qu'on n'a pas,
- 53:06et on n'est pas des chercheurs...
- 53:09au sens du terme,
- 53:10on ne publie pas.
- 53:11On ne publie sans doute pas assez.
- 53:13Donc,
- 53:13on a commencé cet été,
- 53:15puisqu'il y a trois publis qui viennent du CRIT et une de couleur de plante.
- 53:18Je pense qu'il va falloir qu'on s'y attelle.
- 53:20Et je pense que ce serait bien qu'on puisse intervenir dans des écoles d'agro.
- 53:25Ça,
- 53:26c'est évident.
- 53:27Donc,
- 53:27la porte est ouverte et je pense qu'il va falloir le faire,
- 53:30notamment de ma part,
- 53:31puisque là,
- 53:31je suis quand même en train de transmettre aussi aux jeunes qui arrivent au labo.
- 53:35Je vais peut-être avoir un peu plus de temps pour ça.
- 53:37D'accord.
- 53:39Dans les personnes inspirantes pour vous,
- 53:41Anne,
- 53:41dans votre parcours,
- 53:42et des personnes qui sont pour vous des personnes ressources,
- 53:48qui citeriez-vous ?
- 53:51C'est difficile parce que vous en avez déjà…
- 53:54Il est évident que Dominique,
- 53:56on était encore là ensemble la semaine dernière,
- 54:00est vraiment la personne,
- 54:01à mon avis,
- 54:04que je citerais,
- 54:05d'autant plus qu'on est très complémentaires.
- 54:07On ne vient pas des mêmes champs scientifiques.
- 54:10Donc ça,
- 54:10c'est vraiment génial.
- 54:15pas tant que ça dans le fond je suis un peu en panne des personnes inspirantes cette dame qui est maintenant en retraite qui faisait de la restauration d'oeuvres d'art elle m'a inspirée elle a inspiré,
- 54:26elle a donné,
- 54:27elle a impulsé les gens qui m'ont inspirée les agriculteurs avec lesquels on a travaillé certains qu'on dit ok Bangkok qui ne savaient pas on a fait des essais avec eux on s'y est repris à dix fois ils n'ont pas baissé les bras ils ont pas baissé les bras
- 54:44les personnes inspirantes aussi,
- 54:45et j'en ai pas parlé de la manière dont on est organisé pour produire nos...
- 54:50On produit les plantes,
- 54:51mais ensuite,
- 54:51il faut quand même produire les colorants et les pigments.
- 54:53Et là,
- 54:54on a des partenaires industriels qui font...
- 54:58On leur confie nos plantes et avec nos process,
- 55:01ils fabriquent des batchs importants.
- 55:03Et il y a dans la société Allemands Muller International,
- 55:07une personne qui est partie en retraite maintenant,
- 55:09mais qui m'a été...
- 55:10qui a été très inspirante,
- 55:12c'est
- 55:12Jean-Marc Seigneuret,
- 55:14qui était le directeur de la recherche de Allemand Muller International.
- 55:17Il est en retraite depuis 2-3 ans,
- 55:19Jean-Marc,
- 55:20mais c'est quelqu'un qui m'a inspiré,
- 55:22ou en tout cas avec lequel on a pu avoir des échanges très importants.
- 55:26Ok,
- 55:27est-ce que vous pourriez faire le choix difficile d'être...
- 55:31Quelle plante colorante seriez-vous et pourquoi ?
- 55:34Parmi toutes celles que vous connaissez ?
- 55:37Je serai l'indigo ferra Tancoria.
- 55:40Parce que j'adore le bleu,
- 55:42parce que c'est la couleur de mes yeux,
- 55:44parce que c'est la couleur de la mer et du ciel qui nous entourent ici,
- 55:49parce que l'Inde m'a fascinée,
- 55:51parce que j'ai trouvé l'accueil là-bas extraordinaire et parce que c'est le roi des bleus.
- 55:55On n'en démord pas.
- 55:57C'est dommage parce qu'on ne l'a pas ici.
- 56:00c'est l'attrait de l'ailleurs et puis ces champs d'indigo on parlait des à la balaise c'est des cocotiers c'est dans un écosystème magnifique et qui est très préservé en plus donc voilà pour moi c'est l'indigo ferra,
- 56:14teint teurière ok alors une question un peu difficile que je veux vous poser
- 56:22Anne de quoi vous êtes le plus fière en 35 ans de travail quel est pour vous le...
- 56:28le projet ou ce que vous avez fait qui vous rend le plus fier ?
- 56:33Je crois quand même que c'est le
- 56:35Symposium International
- 56:37East End 2011,
- 56:39International Symposium and Exhibition on Natural Dyes que nous avons organisé,
- 56:45co-organisé avec Dominique en 2011 à La Rochelle.
- 56:49Colloques internationaux qui finalement n'ont plus eu lieu.
- 56:53Le premier était en Inde,
- 56:54il y en a eu un en Corée,
- 56:55un ici.
- 56:57qui a réuni
- 56:58600 personnes sous l'égide de l'UNESCO,
- 57:01qui a duré une semaine aux alentours de Pâques,
- 57:03exactement là,
- 57:04on commençait quasiment en avril en même temps,
- 57:07qui a été un rassemblement fraternel et scientifique et technique et coloré,
- 57:15qui a fait la part belle à des agriculteurs,
- 57:18à des gens de l'industrie,
- 57:20à des artisans du monde entier.
- 57:23On a beaucoup échangé,
- 57:25on a très bien mangé.
- 57:27on a dansé c'était un moment exceptionnel c'était sous l'égide de l'UNESCO on a été récompensé du prix du plus beau symposium international organisé en France en 2011 c'était le premier donc
- 57:41oui c'est ça c'est l'aventure humaine qu'il y a eu autour de ce colloque dont je ne suis plus fière et les gens nous en parlent encore et nous demandent en pleurant quand est-ce qu'on en réorganise un autre et bien je pense qu'il faut passer le flambeau à ceux qui auraient l'énergie pour le faire merci
- 57:57Est-ce que vous auriez un ou plusieurs livres à nous conseiller dans le domaine des plantes tinctoriales ou de la teinture végétale ?
- 58:08Un livre qui vous a,
- 58:09vous,
- 58:10aidé plus,
- 58:11sur lequel vous revenez souvent ou qui vous inspire ?
- 58:16Alors,
- 58:16au risque de vous décevoir,
- 58:18je lis beaucoup,
- 58:19mais j'essaie d'avoir des lectures tout à fait différentes de mon travail professionnel,
- 58:25même si j'adore la couleur.
- 58:27Vous vous reposez un petit peu.
- 58:29Pour me reposer.
- 58:30Alors bon,
- 58:30j'étais dans Pastoureau l'autre jour,
- 58:32mais ce n'est pas ma tasse de thé complètement.
- 58:36Sur le plan professionnel,
- 58:38je vais plutôt aller lire.
- 58:40J'ai beaucoup aimé toutes les recettes de départ qui avaient été transmises d'ailleurs par
- 58:45Dominique, mais ça aussi,
- 58:46c'est mon côté poétique littéraire qui revient.
- 58:50la manière dont ces recettes étaient décrites,
- 58:52qui sont à la fois très amusantes,
- 58:54techniquement très intéressantes,
- 58:55et si joliment décrites.
- 58:57Donc non,
- 58:57je ne recommanderais pas de livres.
- 58:59Je recommanderais de lire beaucoup de choses et de s'ouvrir l'esprit de manière générale.
- 59:04Ok,
- 59:04super.
- 59:05Et si vous aviez un rêve ou un souhait pour la suite,
- 59:11par rapport à votre activité,
- 59:13qu'est-ce que vous aimeriez ?
- 59:16Qu'est-ce que vous souhaiteriez pour cette activité que vous avez aujourd'hui ?
- 59:19Qu'est-ce que vous aimeriez qu'il en découle,
- 59:21qu'il la relève ou la suite ?
- 59:24Qu'est-ce que vous rêveriez de voir ?
- 59:26Sur l'activité colorante,
- 59:28évidemment.
- 59:29Je suppose que vous vous centrez plutôt sur ça.
- 59:35on a quand même une société privée qui s'appelle Couleur de Plante,
- 59:38qui va beaucoup mieux depuis une petite dizaine d'années,
- 59:43qui a atteint une rentabilité économique,
- 59:45mais j'aimerais bien,
- 59:46soyons clairs,
- 59:47vu tous les efforts déployés,
- 59:48qu'elle décolle vraiment,
- 59:50non pas pour gagner beaucoup de sous,
- 59:51parce que ça,
- 59:52je pense que ça ne se fera pas rapidement,
- 59:56mais pour que ces magnifiques colorants puissent être utilisés par un plus grand nombre de gens.
- 1:00:00Enfin,
- 1:00:01voilà,
- 1:00:02la beauté et le...
- 1:00:05la participation ce serait notre pierre à l'édifice d'un environnement plus sain pour les générations qui suivent c'est évident qu'il faut virer la plupart des colorants de synthèse et est-ce que vous auriez quelqu'un à qui vous aimeriez que je passe le micro une
- 1:00:21personne,
- 1:00:22plusieurs personnes à qui vous aimeriez passer le relais pour votre podcast ?
- 1:00:30oui
- 1:00:33Avez-vous
- 1:00:35Oui, je ne sais pas Qui vous avez déjà en fait
- 1:00:39Allez-y
- 1:00:41Donnez des noms et je vais vous dire
- 1:00:43Avez-vous parlé avec Sandrine Rosier
- 1:00:47Je n'arrive pas à avoir Sandrine Rosier,
- 1:00:48je suis à ma cinquième relance
- 1:00:50Je n'arrive pas à l'avoir
- 1:00:51Alors vous allez demander à Sandrine De la part d'Anne Pour répondre
- 1:00:57Encore une personne que j'adore Et qui est
- 1:01:01Là aussi on a des parcours très différents,
- 1:01:02c'est ce qui fait la richesse.
- 1:01:06D'accord,
- 1:01:07ok,
- 1:01:07très clair.
- 1:01:08Bon,
- 1:01:08écoutez,
- 1:01:08merci beaucoup Anne.
- 1:01:10Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 1:01:15ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:01:21Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:01:28C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale
- 1:01:34Merci à tous. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale