Latest / Québécois et Canadien / Jules Chiasson : Le peuple acadien en Nouvelle-Écosse
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02canadiens, où on discute des enjeux de notre
- 0:04pays. Aujourd 'hui, on rencontre Gilles Chiasson,
- 0:07directeur général de la Fédération acadienne
- 0:09de Nouvelle -Écosse. En écoutant notre discussion,
- 0:11vous comprendrez un peu mieux comment ils font
- 0:13pour vivre en français dans une province majoritairement
- 0:15anglophone. Bonne écoute. Alors, bonjour à tous.
- 0:27Bien heureux d 'avoir Jules Chiasson aujourd
- 0:28'hui avec nous. Bonjour, Monsieur Chiasson. Bonjour,
- 0:31M. Tremblay Michaud. Vous êtes directeur général
- 0:34de la Fédération acadienne de la Nouvelle -Écosse
- 0:37depuis trois ans. Pour commencer, dites -moi,
- 0:41qu 'est -ce qu 'un acadien? La dernière définition
- 0:45qu 'on a d 'un acadien, si on va sur le site
- 0:47web de la Fédération acadienne de la Nouvelle
- 0:50-Écosse, on le définit toute personne qui vit
- 0:55en Nouvelle -Écosse, qui parle français, fait
- 0:59la promotion du français et de la culture acadienne
- 1:02et de la culture francophone, qui veut vraiment
- 1:06voir à l 'avancement de l 'Acadie de la Nouvelle
- 1:09-Écosse. Ça, c 'est la dernière définition qu
- 1:13'on a sur notre site internet. Parlez -moi un
- 1:16peu de l 'historique parce que je sais, je pense
- 1:17qu 'on est un peu familier au Québec avec les
- 1:20déportations acadiennes, peut -être un peu moins
- 1:22avec votre histoire, votre culture. Alors dites
- 1:26-moi, vous, premièrement les Acadiens qui arrivent
- 1:29en... J 'imagine à l 'époque, ça s 'appelle la
- 1:31Nouvelle -France, qui arrive ici. Eux autres
- 1:33ne viennent pas nécessairement des mêmes régions
- 1:35que ceux qui peuplent le Québec. Est -ce que
- 1:37c 'est ça? C 'est tout à fait ça, oui. Vous avez
- 1:41tout à fait raison. Les Acadiens sont arrivés
- 1:44en 1604, puis je pense qu 'Yves -René Blubreuse,
- 1:46il venait surtout de la région de Poitou -Charent,
- 1:49toute seule dans cette région -là. Ils sont arrivés
- 1:53en 1604, avec bien sûr l 'expédition de Champlain,
- 1:57la première année. Ils se sont installés sur
- 1:59l 'île Sainte Croix. Ça a été une année très
- 2:01très difficile. Il y en a plusieurs qui sont
- 2:03morts du scorebut. Et l 'année suivante, ils
- 2:05sont venus à Port -Royal. Ils ont établi la forteresse
- 2:10de Port -Royal. Ils se sont installés là. Et
- 2:13au cours des années qui ont suivi, ils se sont
- 2:17installés dans toute la région de la vallée d
- 2:19'Adampolis. Et à ce moment -là, les Acadiens
- 2:22étaient très très prospères. C 'était d 'abord
- 2:23des fermiers. et ils ont su comment apprivoiser
- 2:27le terrain, parce que c 'était un terrain qui
- 2:30était un peu, je dirais, morécageux, où il y
- 2:34avait beaucoup d 'eau. Ils ont construit des
- 2:37aboiteaux pour essayer d 'enlever l 'eau des
- 2:44terres. Et ils empêchaient, parce que c 'est
- 2:46les grandes marées, la baie de Fondé, il y avait
- 2:49des clapets qui empêchaient l 'eau d 'entrée.
- 2:52Alors, ça a été très très fertile. Les Acadiens,
- 2:56à ce moment -là, avaient des fermes qui étaient
- 2:59très productives. Même au niveau du bétail, on
- 3:07pouvait trouver 10 à 15 000 pièces de bétail.
- 3:12Il était assez riche, assez bien hantie au niveau...
- 3:18de leur vie, d 'un style de vie, puis de leur
- 3:22bien -être au niveau alimentaire, au niveau des
- 3:26maisons, au niveau de leur vie, leur style de
- 3:28vie. Et ils faisaient un marché, leur marché
- 3:30naturel était la région de Boston, de Massachusetts.
- 3:33Ça fait qu 'il y avait vraiment un commerce qui
- 3:35se faisait à ce moment -là. Et là, les Anglais
- 3:38sont arrivés, ils ont vu que les Acadiens étaient
- 3:42très productifs, ils devenaient de plus en plus
- 3:44nombreux, ils occupaient une terre riche. Et
- 3:48avec la guerre de Sept -1, enfin la guerre entre
- 3:51l 'Angleterre et la France, ils ont... Ils ont
- 3:56eu peur que les Acadiens, ici, parce qu 'ils
- 3:59venaient pour coloniser, bien sûr, la Nouvelle
- 4:07-France, mais en même temps, déjà, on parlait
- 4:09de l 'Acadie à ce moment -là. Quand ils ont vu
- 4:14la richesse des Acadiens, ils ont été les voir
- 4:17pour leur demander de signer un serment d 'allégeance
- 4:22au roi d 'Angleterre. et en signant le serment
- 4:26d 'allégeance des rois dans l 'Angleterre, on
- 4:28les empêchait de prendre les armes contre les
- 4:31Anglais, mais on leur demandait aussi, en plus
- 4:36de prendre allégeance aux rois, de prendre la
- 4:40religion anglicaine. Et les Acadiens étaient
- 4:44très catholiques, ils ont refusé. et on dit non,
- 4:48il n 'y a pas question qu 'on renie notre religion,
- 4:51mais on est prêt à signer pour ne pas prendre
- 4:55les armes contre les Anglais. À ce moment -là,
- 5:00étant donné qu 'on a refusé de signer la légence,
- 5:03les Anglais ont décidé de les déporter. Alors
- 5:07la déportation de 1755, ça a duré de 1755 jusqu
- 5:12'à 1763. Ça fait sur plusieurs années. Les premiers
- 5:18qui ont embarqué dans des bateaux, ils sont partis.
- 5:21Il y a eu plusieurs bateaux qui sont partis.
- 5:22La moitié sont morts en mer par des naufrages,
- 5:26par la famine. Enfin, il y a eu au -delà de 10
- 5:30mènes acadiens qui ont été déportés à ce moment
- 5:32-là. Puis il y a eu aussi des prisons. L 'Île
- 5:38-Georges, si vous venez à Halifax, il y a l 'Île
- 5:40-Georges dans le hort d 'Halifax. Ça, c 'était
- 5:42une prison. où on gardait les Acadiens, qui attendaient
- 5:47pour les bateaux pour les déporter. Il y avait
- 5:49aussi dans la vallée d 'Annapolis le fort Edward,
- 5:54qui était aussi une autre prison. Et souvent,
- 5:59les Anglais avaient pris les terres des Acadiens,
- 6:03mais ils n 'étaient pas habitués au niveau de
- 6:05la construction. au niveau des aboiteaux, comment
- 6:09vraiment gérer ces fermes -là. Alors, ils pouvaient
- 6:12faire appel aux Acadiens qui étaient prisonniers
- 6:14pour venir les aider. Ils pouvaient même prendre
- 6:17des prisonniers qui étaient sur l 'Île -Georges,
- 6:19les ramener au Fort -Edouard, puis travailler
- 6:22sur les fermes des Anglais et les renvoyer en
- 6:25prison. Et même moi, au niveau de mes ancêtres,
- 6:28j 'ai deux de mes ancêtres qui ont été fait prisonniers
- 6:31sur l 'Île -Georges. Ils ont réussi à s 'échapper
- 6:34parce qu 'il y a plusieurs prisonniers qui se
- 6:36sont échappés dans les bois. Ils ont nageé de
- 6:40l 'île Georges sur la côte de Darkmouth. Ils
- 6:45se sont promenés dans les bois avec l 'aide d
- 6:46'Emitma. Emitma était ami des Acadiens dans le
- 6:50temps. Ils se sont promenés dans le bois. Ils
- 6:54ont marché jusqu 'à l 'île Saint -Jean, qui est
- 6:57l 'île du prince Édouard actuellement. et qu
- 6:59'il y avait une habitation d 'Acadiens sur l
- 7:04'île Saint -Jean, ceux qui ont été là pour quelques
- 7:05années. Et finalement, ils ont traversé le détroit
- 7:09de London -Bowlin, ils se sont rendus à Shetikan.
- 7:12qui est sur l 'île du Cap -Breton. Et en 1785,
- 7:15ils ont fondé le village de Shetikan. C 'est
- 7:18-à -dire qu 'on voit, il y a la déportation de
- 7:201755. 30 ans plus tard, on a fondé Shetikan.
- 7:24Puis on a fondé, enfin, les Acadiens se sont
- 7:26établis un peu partout et par pied. Mais ça a
- 7:30pris du temps. Il y en a qui ont été déportés.
- 7:33aux États -Unis, en France, en Angleterre. Ils
- 7:36sont revenus tranquillement pas vite après la
- 7:39déportation qu 'ils ont suivie. Mais à ce moment
- 7:42-là, les Anglais qui gouvernaient aussi bien
- 7:49dire la Nouvelle -Écosse dans le temps ont...
- 7:53se sont assurés que les Acadiens n 'aillent pas
- 7:56à un lieu, à un endroit, et qu 'ils forment une
- 7:59autre force. Alors c 'est pour ça qu 'on voit
- 8:01des Acadiens éparpillés à la baie Sainte -Marie,
- 8:04dans la région d 'Argal, où on retrouve Pobnico,
- 8:07Ouacheport, d 'autres communautés, la région
- 8:09du Cap -Breton avec Chétiquant, avec la région
- 8:12de l 'Île -Madame. On est éparpillés un peu partout.
- 8:15Et à ce moment -là aussi, les Acadiens ont resté
- 8:20tranquilles. Il y avait peur. des Anglais, à
- 8:23cause de la déportation. Le machin tiquant, quand
- 8:25ils ont fondé le machin tiquant en 1785, ils
- 8:29se sont établis sur le bord de la montagne, pas
- 8:31sur le bord des palaises, parce qu 'ils voulaient
- 8:34pas que les bateaux britanniques qui passent
- 8:37puissent voir qu 'il y avait quelqu 'un, qu 'il
- 8:38y avait une habitation acadienne qui était là.
- 8:42Alors ils étaient sur le bord des montagnes.
- 8:44Et ils construisaient des petites cabanes de
- 8:47pêcheurs sur le bord de la côte, ils faisaient
- 8:49la pêche, et ils retournaient à la maison après
- 8:52trois ou quatre jours, c 'est -à -dire qu 'ils
- 8:53se promenaient entre leurs maisons et les cabanes.
- 8:56Et ça prit un siècle avant que les Acadiens s
- 9:01'affirment et sortent de leur cachette dans les
- 9:07beaux pour revenir sur le bord de la côte puis
- 9:10qu 'ils s 'affirment. En 1881, il y a eu la première
- 9:15convention nationale des Acadiens. Il y a 5 000
- 9:21Acadiens qui sont venus à la convention nationale
- 9:25de 1881 à Memramco. Alors imaginez ça, il n 'y
- 9:30a pas de voiture, il n 'y a pas d 'avion, il
- 9:34n 'y a pas de train. 5 000 personnes des Maritimes
- 9:38vont à Memramco en cheval, en marchand. en bateau
- 9:44et, même aujourd 'hui, réunir 200 personnes pour
- 9:48une réunion, c 'est tout un exploit avec toute
- 9:51la technologie d 'aujourd 'hui, 5 000 personnes
- 9:55en 1881. Et qu 'est -ce qu 'on a décidé à la
- 9:59Première Convention nationale? On a décidé à
- 10:02ce moment -là qu 'on était différent des Canadiens
- 10:05français. Les Québécois, dans le temps, c 'était
- 10:08des Canadiens français. et ils ont décidé que
- 10:12la fête nationale de l 'Acadie, ça serait le
- 10:1515 août, la fête nationale de l 'Assomption,
- 10:20et non pas le 24 juin. Et ça, c 'était pour dire
- 10:23que nous sommes un peuple, nous sommes une nation
- 10:26différente de celle des Canadiens français. Alors
- 10:31déjà, ils s 'affirmaient et ils étaient fiers
- 10:35de leur identité, de qui ils étaient. et ils
- 10:39s 'affirment bien comme acadiens. Et après ça,
- 10:42trois ans, tu pars en vie. Ben attends, juste
- 10:43arrête un instant -là, juste pour nos auditeurs,
- 10:46là, fait qu 'essentiellement, on a un peuple
- 10:48qui vient coloniser l 'Acadie, se développe économiquement,
- 10:54apprend à vivre avec son terrain, apprend à tirer
- 10:58le plus qu 'il peut de la terre qui est... parfois
- 11:00marécageuse, pas toujours facile à exploiter,
- 11:03devient prospère. Les Britanniques viennent,
- 11:06on leur demande de renoncer à leur religion,
- 11:08on leur demande de renoncer à leur valeur, à
- 11:11ne pas prendre armes contre l 'État britannique,
- 11:15ce qu 'ils sont prêts à faire de ne pas prendre
- 11:17armes, mais ils ne veulent pas devenir anglicains
- 11:19pour autant. Alors on décide de les déporter,
- 11:22mais malgré tout, le peuple acadienne, en toute
- 11:24sa résilience, est capable de soit revenir ici
- 11:29par la suite, soit aller se cacher comme vos
- 11:31ancêtres, s 'enfuir, créer des villages un peu
- 11:34furtifs derrière les montagnes pour ne pas se
- 11:37faire identifier, et ça prend pratiquement 100
- 11:39ans, 120 ans plus tard pour qu 'enfin ils s 'affirment
- 11:43et décident, à travers une convention en 1881,
- 11:48de se donner une fête nationale. Ça fait que
- 11:50c 'est un peu là où on en est, ça fait que je
- 11:51vais vous laisser poursuivre. Je vais vous laisser
- 11:52faire un petit récapitulatif de ce que vous venez
- 11:54de nous dire. Oui, non, c 'est bien résumé. Et
- 11:57en 1884, il y a eu la deuxième convention nationale
- 12:00et c 'est à cette convention -là qu 'on a choisi
- 12:03le drapeau acadien, qu 'on a choisi l 'hymne
- 12:06national de l 'Acadie, c 'est -à -dire l 'Ave
- 12:09Marie Stella, et qu 'on a choisi la devise L
- 12:12'Union fait la force. Puis à partir de ces deux
- 12:15conventions nationales, c 'est là qu 'on voit...
- 12:18le peuple acadien qui est en train de vraiment
- 12:23s 'installer, s 'établir, s 'affirmer. On a,
- 12:27en 1891, la fondation du Collège Saint -Anne,
- 12:33qui est aujourd 'hui l 'Université Saint -Anne.
- 12:35Les mêmes dates, on a la fondation de... la création
- 12:40du Collège Saint -Joseph à Membramco, qui est
- 12:42aujourd 'hui l 'Université de Moncton. Il y avait
- 12:44aussi le Collège de Bathurst qui fait partie
- 12:49maintenant avec le campus et plus à Chippagan,
- 12:53mais ça fait partie de l 'Université de Moncton.
- 12:55Alors on commençait à établir des institutions
- 12:58pour s 'affirmer, pour démontrer que l 'Acadie
- 13:06existait. et était en train de vraiment prendre
- 13:09forme, de s 'affirmer. Puis, on a eu aussi la
- 13:17compagnie d 'assurance, l 'Assomption -Vie, pour
- 13:19aider le côté économique. Quelques années plus
- 13:23tard, le journal L 'Évangéline, qui a été fondé,
- 13:27puis c 'est vrai qu 'on a développé des instruments
- 13:30de communication, des institutions de communication,
- 13:33des institutions d 'enseignement. Et aussi, même
- 13:38sur le plan économique, une institution d 'assurance
- 13:42vie, mais qui était là pour aider les caisses
- 13:44populaires aussi, le mouvement coop aussi, qui
- 13:46s 'établissait tout ce moment -là. Je peux juste
- 13:50me permettre, parce que vous, alors que les Québécois,
- 13:53disons les Canadiens -Français avaient le bénéfice
- 13:55de contrôler... leur gouvernement. Vous, vous
- 13:59n 'aviez pas le choix parce que, de ce que je
- 14:00comprends, il y avait quand même une bonne partie
- 14:02d 'anglophones au niveau du gouvernement de la
- 14:04Nouvelle -Écosse. Vous deviez utiliser la société
- 14:07civile pour faire vos infrastructures, vos institutions.
- 14:11Oui, c 'est ça. C 'était plus par le mouvement
- 14:15co -op, le mouvement coopératif qu 'on le faisait
- 14:18par les organismes aussi. Et à ce moment -là
- 14:21aussi, au niveau des institutions avec les gouvernements,
- 14:24il y a eu l 'ordre de Jacques Cartier, la patente,
- 14:28il y a un film qui est sorti dernièrement, mais
- 14:30qui était les plus instruits, ceux qui avaient
- 14:34réussi à aller à l 'université et revenir et
- 14:38prendre des positions d 'influence, mais qui
- 14:41étaient sous le gouvernement anglais, ont pu
- 14:44s 'installer puis essayer de placer des développements
- 14:51au niveau de la communauté, surtout au niveau
- 14:54de l 'éducation, parce qu 'après ça, le gros
- 14:56débat, ça a été d 'avoir des écoles françaises,
- 14:59d 'avoir des... L 'université, les collèges,
- 15:04on a pu les placer avec l 'aide aussi des congrégations
- 15:08religieuses. Les Pères Sainte Croix, les Pères
- 15:11Udice sont venus et ils se sont installés dans
- 15:15les régions, puis c 'est eux qui ont... qui charge
- 15:17du Collège Saint -Anne et du Collège Saint -Joseph
- 15:22et aussi même au niveau de la santé. On a fait
- 15:26appel à des congrégations religieuses qui sont
- 15:29venues s 'installer puis qui ont partit des hôpitaux
- 15:33à Moncton, même au village natal à Chetikan.
- 15:36On a eu un hôpital qui a été créé par les filles
- 15:39de Jésus et on faisait appel aussi aux congrégations
- 15:43religieuses pour les écoles à ce moment -là.
- 15:46C 'est un peu comme ça que l 'Acadie s 'est bâtie,
- 15:49c 'est avec l 'aide aussi des congrégations religieuses.
- 15:53Justement, parlons -en de cette implantation
- 15:56-là. Fait que disons qu 'on se place, parce que
- 15:58là vous avez mentionné deux conférences forts
- 16:02pour le peuple acadien dans les années 1880.
- 16:06Si on se place au début du 20e siècle, c 'est
- 16:09quoi un peu l 'état des lieux en termes d 'infrastructures
- 16:12ou d 'institutions francophones pour les Acadiens
- 16:16dans les années 1900? À partir des années 1900,
- 16:21c 'est que là on a commencé à mettre en place
- 16:26des sociétés de préservation de la culture. En
- 16:35Nouvelle -Écosse, si je parle de ma province
- 16:38natale, la Fédération acadienne de la Nouvelle
- 16:41-Écosse a été fondée en 1968. J 'étais là à la
- 16:47première réunion de fondation. de la Fédération
- 16:53acadienne en 1968. Et ça, juste pour vous placer
- 16:59dans le contexte, c 'est dans le contexte du
- 17:02FLQ. On est pas loin d 'octobre 1970, il y avait
- 17:07le FLQ qui faisait exploser des bombes un peu
- 17:14partout, dans les boîtes à mal, ainsi de suite.
- 17:17Quand on a fondé la fédération accrédienne, ça
- 17:21a commencé, c 'était la fédération francophone
- 17:23de la Nouvelle -Écosse. Quand on a fondé, c 'est
- 17:25sûr que dès qu 'on a sorti de l 'autel, on n
- 17:30'a pas rédigé un communiqué de presse, puis on
- 17:32n 'a pas fait une grosse annonce auprès de la
- 17:36population anglophone. Il aurait cru qu 'on aurait
- 17:39été une cellule de la FLQ. Alors... On a fait
- 17:44ça de façon bien, bien silencieuse et tranquille,
- 17:48mais on avait quand même l 'appui du gouvernement
- 17:50fédéral, c 'est -à -dire qu 'il y avait le secrétariat
- 17:52d 'État dans le temps, qui, parce que la loi
- 17:57sur les bilingues aussi a été adoptée en 1968.
- 18:01Alors ça suivait cette loi -là pour mettre sur
- 18:04pied des organismes provinciaux pour protéger
- 18:08la langue française. Et c 'est à cette année
- 18:11-là qu 'on a fondé la Fédération francophone
- 18:14dans le TAM, qui a changé en 1972 à la Fédération
- 18:17acadienne de la Nouvelle -Écosse. Et j 'étais
- 18:19même le premier représentant jeunesse sur le
- 18:22conseil d 'administration de la Fédération acadienne
- 18:25en 1968. Alors, ça fait longtemps que je suis
- 18:30la cause acadienne et francophone en Nouvelle
- 18:34-Écosse, puis même en Acadie. Alors, j 'ai siégeé
- 18:38là, après ça, la Fédération acadienne, dès qu
- 18:42'elle a été mise en place, sa première mission,
- 18:47ses objectifs, c 'était de créer des écoles françaises,
- 18:51des écoles acadiennes. Dans le temps, on avait
- 18:55des écoles dans nos régions, mais tous les cours
- 18:58étaient en anglais, sauf un cours de français.
- 19:01Et moi, quand j 'ai grandi, quand j 'étais à
- 19:03l 'école, Tous mes cours étaient enseignés en
- 19:05français, mais tous les textes étaient en anglais.
- 19:10Et le professeur devait même faire un effort
- 19:17pour qu 'on parle en anglais durant le cours
- 19:18d 'anglais. Tout était en français, mais tous
- 19:21les textes étaient en anglais. Par contre, il
- 19:25n 'y avait pas vraiment de curriculum d 'école
- 19:28française, d 'école acadienne. Ça, ça a pris
- 19:30quand même un certain temps avant que... on arrive
- 19:34à établir des écoles acadiennes. Parce que c
- 19:36'était essentiellement un lègue culturel. Vous
- 19:40vous étiez organisé parmi vos communautés pour
- 19:43faire des écoles où vous pouviez parler français,
- 19:47mais c 'était pas réglementé, c 'était pas régi.
- 19:50Vous aviez des outils anglais, j 'imagine, fournis
- 19:53par le gouvernement. provincial, mais vous avez
- 19:57décidé bien nous, on va faire des écoles en français.
- 19:59Fait que là, vous vous faisiez un peu avec les
- 20:00moyens du bar pour être capable de fournir de
- 20:02l 'enseignement français. Oui, c 'était les textes
- 20:05qu 'on recevait de la province. C 'était vraiment
- 20:07les textes qui étaient donnés à l 'ensemble des
- 20:09écoles de la province. C 'était tous des textes
- 20:10anglophones. Sauf le cours de français, il donnait
- 20:12une certaine liberté à ce moment -là, aller aux
- 20:15écoles, de choisir les textes que eux voulaient.
- 20:20Mais ça prit du temps avant même que le ministère
- 20:23mette en place une section pour l 'éducation
- 20:27française et qu 'on commence à vraiment créer
- 20:31un curriculum pour les écoles françaises. Ça,
- 20:35ça se fait au cours des années 70, des années
- 20:3880. On a eu les premières écoles acadiennes.
- 20:41et le conseil scolaire acadien provincial a été
- 20:47créé en 1996. Ça a pris un certain temps avant
- 20:52d 'y arriver à avoir un conseil scolaire, même
- 20:55qu 'on a été obligé d 'aller en cours puis se
- 20:56battre pour avoir notre conseil scolaire acadien
- 21:00provincial. Les écoles acadiennes commençaient
- 21:07par région. Ça a été chez Tikan, les régions,
- 21:10les quatre régions piliers, j 'appelle les régions
- 21:14piliers de l 'Acadie, de la Nouvelle -Écosse,
- 21:16chez Tikan, Lille, Madame, la région de l 'Abbé
- 21:19Sainte -Paris, Clare, la municipalité de Clare,
- 21:21la municipalité d 'Argal. Eux autres ont commencé
- 21:24à avoir des écoles acadiennes qui commençaient
- 21:29tranquillement, pas vite, à avoir des... un curriculum
- 21:34spécialisé, mais ça s 'est pas fait en toute
- 21:37douceur. Parce qu 'il y avait une partie de la
- 21:40population, même dans les régions, qui était
- 21:42contre les écoles acadiennes. Il y avait peur
- 21:44que si le programme était entièrement français,
- 21:51que leurs enfants ne seraient pas capables de
- 21:55parler l 'anglais et d 'aller aux écoles, aux
- 21:57universités anglaises. Et qu 'il y avait toute
- 21:59une contreverse. J 'ai revenu travailler avec
- 22:04la Fédération acadienne en 1979 -1980. Puis,
- 22:11à ce moment -là, quand j 'étais à Shetland, j
- 22:13'ai siégeé sur le conseil scolaire, qui était
- 22:16un conseil scolaire anglophone, dans le temps.
- 22:19Puis, j 'ai proposé à ce moment -là que l 'école
- 22:22de Shetland soit reconnue comme une école acadienne.
- 22:25avec un curriculum pour une école acadienne.
- 22:29Et il y a une partie de la population qui s 'est
- 22:31soulevée contre, tu sais, un peu comme toute
- 22:35une contreverse comme vous avez au Québec quand
- 22:37c 'est le pour et le oui et pour le non pour
- 22:42devenir... Le référendum, le mouvement souverain.
- 22:46Oui, un référendum c 'est presque ça, mais tu
- 22:49sais, ce n 'était pas un référendum, mais les
- 22:51régions de la communauté se soulevaient. Il y
- 22:55avait toutes les familles qui étaient pour et
- 22:56toutes les familles qui étaient contre. Est -ce
- 22:57que c 'était les francophones, les francophones
- 23:00ou les anglophones? Les francophones ou les anglophones?
- 23:01Les francophones, oui, les acadiens. Oui, il
- 23:04y avait des familles même que les frères et des
- 23:06sœurs ne se parlaient plus à cause de ça, parce
- 23:09qu 'il y en avait qui étaient pour et il y en
- 23:10avait qui étaient contre. Ceux qui étaient contre
- 23:12disaient nos enfants, on veut qu 'ils puissent
- 23:14aller aux universités anglaises, on veut qu 'ils
- 23:16puissent aller à l 'Université Saint -Evec qui
- 23:18est la plus proche. On ne peut pas les envoyer
- 23:20à Moncton, au Québec. Et si on a une école acadienne,
- 23:24ils ne seront pas capables de le faire. Puis
- 23:27les autres disaient, non, non, voyons, l 'anglais,
- 23:30ça s 'attrape, t 'as même pas besoin de leur
- 23:31enseigner l 'anglais. Avant qu 'ils aillent à
- 23:33l 'école, ils parlent l 'anglais. Et il y a eu
- 23:37cette bataille -là. Mais finalement, on a réussi
- 23:40à avoir des écoles acadiennes avec un curriculum
- 23:43complètement français. Puis, à côté, il y a des
- 23:47écoles anglophones qui sont là, qui les parents
- 23:51peuvent choisir. On voit leurs enfants à l 'école
- 23:54acadienne ou à l 'école anglophone. C 'est leur
- 23:57choix. Puis, en 1996, finalement, on a vraiment
- 24:04un conseil scolaire acadien provincial qui gère
- 24:09l 'ensemble des écoles acadiennes. Et actuellement,
- 24:13on est rendu à 23 écoles acadiennes partout dans
- 24:16la région. Et la fédération acadienne de la Nouvelle
- 24:20-Écosse s 'est développée. On a eu à un moment
- 24:23donné, on avait des membres individuels et des
- 24:29organismes, les deux. Finalement, on est devenu
- 24:32une fédération d 'organismes. Et la fédération
- 24:37acadienne de la Nouvelle -Écosse a 12 organismes
- 24:41régionaux. qui sont membres à la 15 organistes
- 24:45provinciaux et sectoriels et même deux institutions,
- 24:49l 'Université Saint -Anne et le Conseil scolaire
- 24:52acadien provincial est également membre de la
- 24:54Fédération acadienne de la Nouvelle -Écosse.
- 24:57Alors, quand la Fédération acadienne va parler
- 24:59au gouvernement, elle dit je parle au nom de
- 25:0129 organismes membres, 12 régionaux, 15 provinciaux
- 25:06et deux institutions. Alors, et on travaille,
- 25:10je dirais, de façon assez concertée avec des
- 25:13rencontres hebdomadaires avec les DG, puis deux
- 25:18grandes rencontres par année pour établir les
- 25:22priorités de la communauté acadienne et francophone
- 25:25de la Nouvelle -Écosse. Et est -ce que, juste
- 25:28avant qu 'on aille sur les organismes, puis dans
- 25:30le détail, juste savoir, fait qu 'aujourd 'hui
- 25:31est -ce que... Toutes les enfants qui veulent
- 25:34aller en français à l 'école peuvent aller en
- 25:37français à l 'école, en Nouvelle -Écosse. Oui,
- 25:40absolument. Tous les Français qui veulent aller
- 25:44à l 'école acadienne peuvent. Seulement, on a
- 25:47encore quelques problèmes par contre parce qu
- 25:48'on a 23 écoles, mais s 'il y a des régions qui
- 25:53sont éloignées de ces écoles -là, OK? Des régions
- 25:56un peu... Je prends par exemple la ville de New
- 25:59Glasgow, OK? entre Intigenish et Truro. Quasiment
- 26:04une heure entre les deux. Et t 'as des familles
- 26:07francophones là, des familles acadiennes d 'ailleurs.
- 26:09T 'as Michelin qui est là. Si eux veulent envoyer
- 26:14leurs enfants à l 'école, faut qu 'ils les transportent
- 26:18une heure pour aller à l 'école et une heure
- 26:20pour revenir. Et le conseil scolaire acadien...
- 26:28se plaint auprès du gouvernement que ça prendra
- 26:30en cours plus d 'écoles, plus de places. On a
- 26:34actuellement le conseil scolaire acadien provincial
- 26:36à 6 1600 élèves au niveau provincial, mais les
- 26:42ayant droit, ceux qui auraient droit à y aller,
- 26:44il y en a 27 000. Alors dans les 27 000, il y
- 26:50en a qui sont dans ces régions éloignées -là.
- 26:52qui vont dire, ils vont pas mettre leur enfant
- 26:54à voyager à tous les jours, un heure pour aller
- 26:57à l 'école, puis une heure pour revenir. C 'est
- 26:58trop pénible. Alors ils vont choisir de l 'envoyer
- 27:00à l 'école anglophone. S 'il y a des écoles,
- 27:03s 'il y a des classes d 'immersion en français,
- 27:05ils vont les mettre dans des classes d 'immersion
- 27:06en français. Mais on a encore, disons, 20 000
- 27:11élèves qui, des ayants droits, qui pourraient
- 27:14aller à l 'école, qui n 'y vont pas pour divers
- 27:17raisons, mais entre autres, les raisons de transport,
- 27:20raisons aussi. pas nécessairement les mêmes facilités
- 27:26que les écoles anglophones, parce que les écoles
- 27:28anglophones peuvent être munies de laboratoires
- 27:31au niveau de sciences plus que les écoles francophones,
- 27:34avoir plus de facilités, et surtout au niveau
- 27:36du sport, avoir plus d 'accessibilité à différents
- 27:41sports. Et aussi, c 'est que même dans les grandes
- 27:44villes, même où on a accès, par exemple, à la
- 27:46ville d 'Alifax, il y a huit écoles francophones.
- 27:49Mais si un parent peut décider qu 'il va envoyer
- 27:53son école au lieu de le mettre sur un autobus
- 27:55pour voyager pendant demi -heure pour aller à
- 27:57l 'école puis une demi -heure pour revenir, il
- 28:00peut envoyer son enfant à juste l 'autre côté
- 28:03de la rue. Dans l 'école anglaise, oui, avec
- 28:08un cours d 'immersion français. Il y a aussi
- 28:10ces raisons -là qui peuvent... disons, motiver
- 28:17les parents à les envoyer à une école anglophone
- 28:18plutôt que l 'école francophone. Est -ce que
- 28:20tu travailles actuellement qui est faite pour
- 28:22combler ces lacunes -là? Est -ce que vous voyez
- 28:24le jour où tous les enfants à l 'Académie pourraient
- 28:27aller à l 'école française selon leur bon vouloir?
- 28:32Oui, ben, je veux dire, on poursuit la promotion
- 28:35et la... On essaye d 'encourager les parents
- 28:41à envoyer leurs enfants en français en leur disant
- 28:44tous les bénéfices qu 'ils vont recevoir en allant
- 28:47à une école acadienne et francophone. Apprendre
- 28:51l 'anglais ici en Nouvelle -Écosse, comme je
- 28:53l 'ai dit tantôt, ça s 'apprend. Il n 'y a aucune
- 28:56façon que tu vas empêcher ton enfant de parler
- 28:58en anglais. Il faudrait le renfermer dans une
- 29:01chambre puis faire sûr qu 'il ne sort pas de
- 29:04là, puis juste lui de mettre la télévision française,
- 29:08puis des films en français. Dès qu 'il sort,
- 29:10puis dès qu 'il s 'amuse avec les enfants du
- 29:12voisinage, il apprend l 'anglais automatiquement.
- 29:16Ça fait que les enfants qui vont à l 'école acadienne,
- 29:20automatiquement, d 'ailleurs si on va dans les
- 29:22cours des écoles, souvent on va entendre plus
- 29:26l 'anglais que le français parce que... Entre
- 29:28eux autres, ils sont plus habitués à se parler
- 29:30en anglais. Ils vont parler le français aussi.
- 29:32L 'autre phénomène aussi qui se produit ici à
- 29:36l 'FAC, c 'est l 'immigration francophone, les
- 29:38nouveaux arrivants. Il y en a de plus en plus.
- 29:40Puis eux autres aussi vont dans les écoles acadiennes.
- 29:45Il y a une école ici à Bedford, l 'école du sommet.
- 29:51Jusqu 'à tout dernièrement, il y avait 52 drapeaux
- 29:55de différents pays. qui représentaient 52 nationalités
- 29:59différentes. Puis là, bien, il a été obligé de
- 30:02les enlever par cause que le chef des pompiers
- 30:06a dit que c 'était trop dangereux pour le feu.
- 30:08Trop de drapeaux. Et parlez -moi un peu de...
- 30:13parce que là, je comprends un peu mieux la réalité
- 30:15au niveau de l 'enseignement. Si on regarde les
- 30:18autres services publics, hôpitaux ou services
- 30:22gouvernementaux, est -ce que vous êtes capable
- 30:23d 'avoir des services en français? Disons que
- 30:26ça s 'améliore, mais on est loin d 'avoir les
- 30:28services qu 'on mériterait d 'avoir. Disons,
- 30:33au niveau de la province, en 2004, on a eu le
- 30:37premier congrès mondial acadien. Le congrès mondial
- 30:41acadien se tient tous les cinq ans, puis un peu
- 30:43partout en Acadie. Il y a déjà été une année
- 30:46en Louisiane. Il est souvent plus au Nouveau
- 30:51-Brunswick. Ici, le congrès mondial acadien s
- 30:53'est tenu à deux reprises en Nouvelle -Écosse.
- 30:56En 2004, on a eu le premier congrès mondial acadien
- 31:00et, à cette année -là, le gouvernement a passé
- 31:03la loi sur les services en français. Alors, la
- 31:06loi sur les services en français en Nouvelle
- 31:08-Écosse stipule qu 'on a droit d 'être servi
- 31:12en français quand on fait affaire avec la province
- 31:15de la Nouvelle -Écosse. Disons que parfois, il
- 31:20faut être patient si on veut avoir des services
- 31:21en français. Il faut tomber sur la bonne journée
- 31:24quand on va pour son permis de conduire, puis...
- 31:26C 'est ça. Roger, en arrière, parle français,
- 31:29mais il est occupé avec quelqu 'un d 'autre.
- 31:31Attendez 15 minutes, puis il va venir vous donner.
- 31:32Oui, c 'est ça où il est malade aujourd 'hui.
- 31:35Ça, il n 'est pas là. Alors, pouvez -vous venir
- 31:37demain? Alors, c 'est un peu le service qu 'on
- 31:41a jusqu 'à maintenant. Disons que ça s 'améliore
- 31:43quand même, OK? Je dirais un progrès. Au niveau
- 31:46de la province, ce qui est assez, je dirais,
- 31:49impressionnant, c 'est que selon les statistiques
- 31:53Canada de 2021, il y a quand même 100 000 citoyens
- 31:58et citoyennes de la Nouvelle -Écosse qui parlent
- 32:00français en Nouvelle -Écosse, ce qui n 'était
- 32:01pas le cas les années passées. On a 34 000 francophones,
- 32:07mais il y en a 100 000 qui parlent français,
- 32:11avec les écoles d 'immersion en français. on
- 32:15voit des résultats positifs. Et de plus en plus,
- 32:18quand on se promène dans la ville d 'Alifax,
- 32:20où il y a un restaurant, on est moi et vous,
- 32:24puis on se parle en français, le serveur va arriver,
- 32:26puis ça va être un anglophone, mais il va commencer
- 32:28à nous parler en français. Il veut pratiquer
- 32:30son français, il veut démontrer, puis il va pas
- 32:32nécessairement bien parler français, mais on
- 32:34va avoir le service en français. Et au niveau
- 32:37du gouvernement, de plus en plus aussi, on offre
- 32:41des services, on est capable de se faire servir
- 32:43en français. Au niveau de la santé, là aussi,
- 32:48il y a des efforts qui s 'en faire. Si on demande
- 32:50un service en français, peut -être qu 'on sera
- 32:53obligé d 'aller chercher un net après. Il y a
- 32:57quand même de plus en plus de médecins qui parlent
- 33:01français, d 'infirmières, des gens qui sont...
- 33:05Mais comme vous venez de le dire, il faut qu
- 33:09'ils soient accessibles. pour nous servir en
- 33:12français. Il faut qu 'ils soient au travail.
- 33:14C 'est pas nécessairement évident la journée
- 33:17même qu 'on a un rendez -vous qu 'on va pouvoir
- 33:21se faire servir en français. On n 'est pas en
- 33:24courant du long. Mais il y a un effort qui est
- 33:27fait. Depuis 2004, il y a eu la loi sur les services
- 33:31en français. Il y a eu des enseignes. Si on se
- 33:34promène sur la grande route transcanadienne à
- 33:37travers la province... Il y a des enseignes qui
- 33:39indiquent, avant chaque région acadienne, qu
- 33:42'on arrive dans la région de Clare, la municipalité
- 33:44de Clare, qu 'on arrive de la région de Argyll,
- 33:47mais là, ils l 'appellent de par en bas, de par
- 33:49en bas. C 'est une belle enseigne. À Grand Pré,
- 33:53il y a une belle enseigne d 'Évangeline, puis
- 33:55pour dire qu 'on arrive à Grand Pré. Chez Ticasse,
- 33:58à Memphose, l 'Île Madame. On a ces enseignes
- 34:01-là sur les autoroutes pour nous dire que si
- 34:05on prend cette sortie ici, on arrive dans une
- 34:08région acadienne. Après ça, donc, depuis 20 ans,
- 34:13il y a eu des développements qui se sont faits
- 34:16au niveau de l 'école, des écoles, il y a eu
- 34:19plus d 'écoles qui ont été mises sur pied. On
- 34:21a ajouté quelques régions, comme je le mentionnais
- 34:25avant dans la pré -entrevue, comme Torbay, dans
- 34:28la région de Guy'sboro, qui est à peu près une
- 34:31heure de Pumquette, parce que Pumquette, c 'est
- 34:32une région qui est là depuis des années, une
- 34:34région acadienne, la région d 'Indienish. Et
- 34:37Torbay... Ça fait seulement deux ans qu 'on a
- 34:40une école acadienne. Ça faisait longtemps qu
- 34:43'ils demandaient d 'abord d 'être reconnus comme
- 34:45une communauté acadienne par la fédération acadienne.
- 34:48La fédération acadienne a reconnu Torbé comme
- 34:50une région acadienne, parce que quand on se rend
- 34:53dans cette région -là, ce sont des acadiens,
- 34:55mais surtout anglicisés, qui parlent l 'anglais.
- 34:57Il y en a quelques -uns, les plus vieux, qui
- 34:59parlent français. Mais quand on se promène, on
- 35:02voit sur toutes les affiches, on voit des noms
- 35:07français. On voit même sur la route, le rivière
- 35:11bourgeois, la rivière, la région des Leblancs,
- 35:20ainsi de suite. Puis, il y a un festival français,
- 35:25Savilet. qui était un ancien Français qui s 'est
- 35:30carréter dans la région de Torbé durant les années
- 35:341600, qui a rencontré les habitants de là, puis
- 35:37ils ont décidé d 'en faire un festival. L 'hiver
- 35:41durant le carême, ils ont le festival du tamarin.
- 35:46La tire, tu sais, c 'est de la tire de sucre,
- 35:48c 'est un festival du tamarin. Et ils ont aussi
- 35:54des... lieux historiques qui racontent l 'histoire
- 36:01de la région. C 'est qu 'on voit, ils sont vraiment
- 36:04en train de renaître de leur centre, puis de
- 36:07s 'affirmer et de s 'afficher fièrement comme
- 36:09une région acadienne. La même chose aussi pour
- 36:12Chesapeake qui est arrivée plusieurs années avant.
- 36:16Puis aux autres aussi, c 'est la même chose,
- 36:17il a demandé des écoles et ça a commencé par
- 36:20quelques classes. Et maintenant, il y a une école
- 36:23qui est remplie à craquer avec 350 élèves. Puis
- 36:27il faut même ajouter une autre école parce que
- 36:30l 'école est trop petite pour le nombre d 'élèves
- 36:33de la région. Ce sont des régions qui... comme
- 36:37qui disent, tu sais, tu as juste à le construire,
- 36:40puis les gens vont venir, vont le faire. Et les
- 36:44gens sont très, très fiers de leur patrimoine,
- 36:48de leur histoire. Je vous lève mon chapeau pour
- 36:50ça, puis je suis curieux, parce que moi, je regarde
- 36:53un peu en parallèle ce qui se passe au Québec,
- 36:55puis je pense que la peur de l 'assimilation
- 36:57est une peur qui est profondément ancrée chez
- 37:00les Québécois, mais on demeure quand même...
- 37:04largement majoritaire comme francophone, on contrôle
- 37:06nos institutions, on contrôle notre gouvernement
- 37:08et cette part -là est toujours mise de l 'avant.
- 37:12Elle est ressentie, je pense, au sein de la nation
- 37:14québécoise. Mais de l 'autre côté, vous êtes
- 37:16une minorité francophone en Nouvelle -Écosse.
- 37:21Et là, j 'écoute ce que vous me dites, puis vous
- 37:22êtes en croissance, vous avez semblé avoir une
- 37:25très grande vitalité, vous avez plus de gens
- 37:28qui veulent apprendre le français. Qu 'est -ce
- 37:30qui fait qu 'alors que peut -être au Québec,
- 37:33on a une peur de disparaître, vous, vous êtes
- 37:35en croissance dans un monde pratiquement majoritairement
- 37:38anglophone? C 'est la société civile qui... C
- 37:42'est la vitalité de la société civile qui fait...
- 37:45Oui, je dirais que... enfin, il y a plusieurs
- 37:48facteurs, tu sais. Mais un des facteurs, par
- 37:50contre, on voit par exemple... Ici, la population
- 37:53anglophone n 'est pas contre. Il y a un temps,
- 37:56tu sais, on n 'osait même pas parler français
- 37:58à Halifax par... On se ferait regarder de travers,
- 38:04tu sais, d 'où vous venez, et ainsi de suite.
- 38:06Mais maintenant, je pense que la population générale
- 38:09accepte que le français, ça fait partie de la
- 38:12culture canadienne, parce que le Canada est un
- 38:14pays bilingue, et qu 'il y a de plus en plus
- 38:17d 'anglophones qui veulent apprendre l 'anglais,
- 38:20qui... Le gouvernement est assez favorable aussi
- 38:22à la communauté francophone, sans nécessairement
- 38:25investir, qu 'est -ce qu 'il devrait investir.
- 38:26Mais tu sais, on a eu le Congrès mondial... mais
- 38:30on a eu le congrès mondial aussi en 2024. Puis
- 38:32en 2024, le leg du congrès mondial de 2024, c
- 38:36'est que d 'abord, cette année -là, on a nommé
- 38:40le mois du patrimoine acadien, le mois d 'août,
- 38:43puis on célèbre, et là, la province fait aussi
- 38:47une publicité et une promotion. On a, disons,
- 38:54la Nouvelle -Écosse a demandé d 'être... reconnus
- 38:58d 'être membres observateurs de l 'OIF, de l
- 39:02'Organisation internationale de la francophonie.
- 39:04Ça fait qu 'on a entré dans l 'Organisation internationale
- 39:06de la francophonie. C 'est déjà intéressant.
- 39:11En plus, cette année -là, même que TV5 est venu,
- 39:16puis on fait deux émissions sur l 'Acadie de
- 39:18la Nouvelle -Écosse, qui a été diffusée en TV5,
- 39:21un public, tu sais, un auditoire de 45 millions.
- 39:24Avec ça, ça a donné une certaine fierté aussi
- 39:28aux gens d 'ici de se voir sur la scène internationale.
- 39:32Quoi d 'autre ? On vient de gagner une bataille,
- 39:36puis là, on a été obligé d 'aller en cours, mais
- 39:39la communauté de Chetika, qui est mon village
- 39:42natal, voulait être reconnue pour une circonscription
- 39:47électorale protégée, circonscription électorale
- 39:51acadienne protégée. On a été en cours. on a gagné
- 39:55et le gouvernement n 'a pas contesté immédiatement.
- 39:58La loi est en train de passer à l 'Assemblée
- 40:00législative pour que Chetikant puisse élire son
- 40:04premier député provincial à l 'Assemblée législative
- 40:10et ça devrait se faire au cours de l 'année.
- 40:12Il y a quand même un certain réveil au niveau
- 40:17politique, au niveau de la communauté. puis une
- 40:22certaine fierté aussi qui s 'affirme que je dirais
- 40:24que... parce que moi j 'ai eu l 'occasion de...
- 40:27j 'ai vécu en Nouvelle -Écosse mais j 'ai vécu
- 40:29aussi un peu partout au Canada. J 'ai même vécu
- 40:32au Québec, dans la région des Laurentines, pendant
- 40:35une dizaine d 'années à Valmorin, que j 'ai bien
- 40:37apprécié, que j 'ai bien aimé et que j 'ai beaucoup
- 40:39d 'amis là -bas que j 'apprécie. Puis, j 'ai
- 40:42vécu... J 'ai eu une carrière à Radio -Canada
- 40:45pendant 28 ans, alors je me suis promené à Toronto,
- 40:48à Sudbury, tu sais, j 'ai travaillé à Trois -Rivières
- 40:51et Roines -en -Rendort, puis revenu la région
- 40:54de Moncton aussi, que j 'ai étudié à l 'Université
- 40:56de Moncton, j 'ai travaillé dans la région de
- 40:58Moncton, je connais bien le Nouveau -Brunswick,
- 40:59puis je me revois en... me revoici en Nouvelle
- 41:02-Écosse. Mais ça m 'a permis de prendre une distance
- 41:07et de revenir et de voir le réveil que je trouve
- 41:10qui s 'est fait au cours des années. On sent
- 41:15qu 'il y a une fierté et qu 'on n 'est plus gêné
- 41:18de s 'afficher et de dire « on est à Cadia, on
- 41:21a des droits, on voudrait qu 'ils soient respectés
- 41:24». Et dites -moi, le Québec a peut -être une
- 41:27relation un peu particulière avec la loi fédérale
- 41:29sur le bilinguisme, parce que c 'est perçu un
- 41:32peu comme un outil pour promouvoir l 'anglais
- 41:34au Québec. Mais de ce que je comprends, vous,
- 41:37c 'est un outil qui vous a aidé à protéger le
- 41:40français. Définitivement. Ça ne serait pas de
- 41:43cette loi -là, puis la loi sur les langues officielles,
- 41:46et surtout maintenant avec la modernisation aussi
- 41:48de la loi sur les langues officielles qui a été
- 41:51adoptée deux ans passés. ou trois ans passés,
- 41:55ça, ça nous aide énormément. Puis c 'est à partir
- 41:59de la loi sur les langues officielles aussi qu
- 42:01'on va chercher des fonds du fédéral pour développer
- 42:07notre système d 'éducation, pour aussi aller
- 42:11chercher certains droits au niveau juridique.
- 42:16Puis on en compte du chemin à faire parce qu
- 42:18'on se dit dernièrement, c 'est pas une blague,
- 42:23c 'est une réalité, ici en Nouvelle -Écosse,
- 42:25tu peux te marier en français, mais tu peux pas
- 42:27te divorcer en français. La loi ne le permet
- 42:31pas encore. Ça fait qu 'on est en train de se
- 42:33dire, ça veut -tu dire que les Acadiens ne se
- 42:36divorcent pas, qu 'ils restent ensemble, ou pourquoi
- 42:39est -ce qu 'on ne peut pas se divorcer en français?
- 42:41Ça fait qu 'on est en train d 'essayer de régler
- 42:46ce problème -là. Ça devrait se faire d 'une journée
- 42:48à l 'autre, mais on n 'est pas encore arrivé
- 42:50à avoir l 'équité sur l 'ensemble des services.
- 42:56Mais la loi sur les langues officielles, justement,
- 43:00nous permet d 'avancer puis ça va nous permettre
- 43:01éventuellement de nous divorcer en français.
- 43:05La loi sur les langues officielles aussi, surtout
- 43:09avec la modification qu 'on a eue trois ans passés,
- 43:13où ce qu 'on stipple au niveau de l 'immigration
- 43:16francophone, qu 'on devrait essayer de ramener
- 43:20les communautés en langues officielles en situation
- 43:24minoritaire, à la démographie qu 'on avait en
- 43:291971. Alors en 1971, en Nouvelle -Écosse, on
- 43:35représentait 5 % de la population. En 2025, on
- 43:41représente seulement 3 % de la population. Alors,
- 43:45ça nous permet aussi d 'aller chercher des fonds
- 43:48au niveau de nos programmes d 'immigration francophones.
- 43:51de travailler pour faire le recrutement, de travailler
- 43:54pour les intégrer et essayer de les retenir dans
- 43:58nos communautés pour essayer d 'augmenter notre
- 44:02démographie au 5 %. C 'est sûr qu 'on ne peut
- 44:09pas le faire par les Acadiens, les francophones
- 44:12qu 'on a actuellement. On n 'a plus des familles
- 44:13de 10 enfants dont je suis issu. C 'est des familles
- 44:18de 2 ou 3 enfants. contient d 'autres enfants.
- 44:21Souvent, il y en a même moins que ça. Alors,
- 44:23on est obligé de faire appel à l 'immigration
- 44:25francophone. Et ce programme -là, disons, ça
- 44:30fonctionne assez bien, mais on a encore du chemin
- 44:32à faire. On a encore besoin de l 'appui pour
- 44:35pouvoir bien, bien faire le recrutement et retenir
- 44:43l 'immigration francophone chez nous. C 'est
- 44:45pas facile, c 'est pas évident, mais... On a
- 44:48du travail encore pour des années. Oui, puis
- 44:50j 'aimerais ça savoir, parce que... Puis une
- 44:53des raisons pour laquelle je vous invite sur
- 44:54le podcast, c 'est que je trouve que, malheureusement,
- 44:56au Québec, on porte trop peu attention aux autres
- 44:59francophones à travers le pays, puis on n 'est
- 45:01pas assez à l 'écoute ou à disons, on regarde
- 45:04pas assez ce qui se passe ailleurs, parce que
- 45:06vous aussi, vous avez des réalités qui sont similaires
- 45:08aux nôtres, des réalités qui sont différentes
- 45:09aussi, mais des réalités qui sont similaires,
- 45:11puis on... On a toutes des sources historiques
- 45:15similaires, disons, à un certain niveau. Fait
- 45:18que je voulais savoir, c 'est quoi la perception
- 45:19des Québécois par les Acadiens? Comment est -ce
- 45:23que vous nous percevez? Est -ce que vous suivez
- 45:27ce qu 'on fait? Est -ce que c 'est de l 'indifférence?
- 45:29Comment est -ce que vous percevez les Québécois
- 45:31en Acadie? Oh non, je veux dire, on perçoit le
- 45:34Québec comme vraiment un appui, puis c 'est une...
- 45:39Je vais vous appeler une nation nécessaire. pour
- 45:42dire une province, parce que nous, c 'est une
- 45:44province, vous autres, dans votre côté, de votre
- 45:46côté, c 'est une nation, nous, c 'est une province.
- 45:49Ou, non, ça peut être une nation aussi, parce
- 45:50qu 'on veut être connu aussi, nous, comme une
- 45:52nation. OK? Parce qu 'on est, à partir de 1881,
- 45:57on s 'est établi comme nation, puis on essaye
- 45:59de faire en sorte que même au niveau... de reconnaissance
- 46:03au niveau du fédéral, qu 'on puisse reconnaître
- 46:06l 'Acadie comme une nation ou les Acadiens comme
- 46:08une nation. Mais notre perception pour revenir
- 46:12à votre question, c 'est que oui, le Québec,
- 46:15pour nous, ce sont des amis, ce sont des alliés.
- 46:19Si le Québec n 'était pas là, c 'est sûr que
- 46:23les francophones hors Québec auraient beaucoup
- 46:27plus de difficultés à revendiquer et à défendre
- 46:32ces droits et ces... à essayer d 'aller chercher
- 46:39les outils nécessaires pour survivre, pour rayonner,
- 46:43pour pouvoir vraiment se développer. Alors non,
- 46:46le Québec, puis on a de bonnes relations aussi,
- 46:48on le fait parce que nous autres au niveau de
- 46:50la fédération acadienne, on est quand même membres
- 46:52de la fédération des communautés francophonées
- 46:54acadiennes. qui a une relation, quand même, on
- 46:57a un bureau à Québec de cette fédération -là,
- 47:00on a des relations avec le gouvernement du Québec,
- 47:03on a des activités avec le Québec, et la même
- 47:07chose avec la Société nationale de l 'Acadie,
- 47:10qui regroupe aussi les quatre organismes porte
- 47:14-parole de la Nouvelle -Écosse, du Nouveau -Brunswick,
- 47:16de l 'Île -du -Prince -Édouard et de Terre -Neuve,
- 47:18et là aussi, on a une relation... avec le Québec,
- 47:21on a aussi une relation au niveau de l 'ASNO,
- 47:23même au niveau international avec la France,
- 47:25où on a des programmes de bourse étudiante et
- 47:29aussi des programmes où les mousartistes vont
- 47:31se produire en France et on essaie de développer
- 47:35ces relations -là. Puis non, le Québec comme
- 47:40la France, sans des alliés, des alliés très importants
- 47:43pour le développement de nos communautés, sans
- 47:48le Québec, Je ne pense pas qu 'on pourrait vraiment
- 47:53exiger des anglophones de poursuivre à nous financer
- 48:01pour toutes nos activités, pour notre survie,
- 48:04pour notre développement. Si le fédéral a passé
- 48:08la loi sur les langues officielles en grande
- 48:11partie, ça veut dire que pour le Québec, c 'est...
- 48:13pour protéger les anglophones, mais c 'est surtout
- 48:18pour protéger les communautés francophones hors
- 48:20Québec. Et pour nous protéger aussi, on le fait
- 48:24parce que le Québec est là aussi. C 'est quand
- 48:27il veut essayer de faire rayonner le français
- 48:31partout au Canada. Et vous pensez que faire rayonner
- 48:35le français, vous avez parlé d 'immigration hors...
- 48:39émigration francophone hors Québec, vous avez
- 48:43parlé de la refonte de la loi sur le bilinguisme,
- 48:47vous avez parlé de collaboration. J 'imagine
- 48:49aussi, il y a quand même des... Est -ce qu 'il
- 48:51y a des liens commerciaux forts entre les communautés
- 48:54acadiennes et le Québec? Parce que si on voulait
- 48:56faire plus de commerce en français, par exemple...
- 48:59On pourrait le faire avec vous, le plus. Oui,
- 49:02c 'est peut -être déjà le cas. Est -ce qu 'il
- 49:03y a une chambre de commerce québéco -acadienne?
- 49:08Est -ce qu 'on collabore au niveau commercial?
- 49:12Je dirais peut -être plus sur le Nouveau -Brunswick,
- 49:14les acadènes du Nouveau -Brunswick avec le Québec.
- 49:16D 'abord, ils sont plus proches. Je dirais qu
- 49:19'il y a les académiens du Nouveau -Brunswick
- 49:22ou les francophones du Nouveau -Brunswick, il
- 49:24y a des commerces, c 'est sûr et certain, qui
- 49:26font affaire avec le Québec. Ici, en Nouvelle
- 49:29-Écosse, il y en a certains. On a une chambre
- 49:31de commerce francophone ici à Halifax, OK, mais
- 49:34qui regroupe seulement et surtout sur la ville
- 49:36d 'Halifax, disant que ça ne dépasse pas les
- 49:39frontières. On a quand même des entreprises qui
- 49:41sont au niveau international. mais qu 'il faut
- 49:44en faire un peu partout. Il y a une grosse compagnie
- 49:46acadienne, les ALG acadiennes, qu 'il faut en
- 49:49faire dans cinq continents différents. Il y a
- 49:52des bureaux, des entreprises partout. Mais au
- 50:01niveau des entreprises comme telles, ce serait
- 50:04plutôt... Les entreprises... nationales qui peuvent
- 50:10avoir leur siège au Québec quelque part, qui
- 50:14font en faire ici dans les Maritimes, dans les
- 50:17provinces de l 'Atlantique. Puis là, on va retrouver
- 50:19des bureaux avec des Acadia et des francophones.
- 50:22La relation peut se faire à ce niveau -là. C
- 50:24'est sûr qu 'il y a le Bureau du Québec dans
- 50:28les provinces de l 'Atlantique où on essaye de
- 50:30développer des relations, des jumelages qui se
- 50:34font entre certaines entreprises. entre les organismes
- 50:39aussi, entre les institutions. Ça fait que s
- 50:43'il y a des jumellages, il y a des relations
- 50:49à ce niveau -là, mais qui pourraient être encore
- 50:51beaucoup plus développées que ça l 'est. En terminant,
- 50:55si je vous donnais une baguette magique francophone
- 50:58et je vous disais que vous pouvez changer n 'importe
- 51:00quoi pour améliorer le sort des francophones
- 51:05en Nouvelle -Écosse, des Acadia en Nouvelle -Écosse,
- 51:07c 'est quoi la chose que vous changeriez demain
- 51:10matin si vous aviez le pouvoir de le faire? Oh
- 51:12là là, c 'est une grosse question Alexandre.
- 51:17D 'ailleurs, actuellement, on est en train de
- 51:20faire notre plan de développement global de l
- 51:23'Acadie de la Nouvelle -Écosse. Et ce plan -là,
- 51:26on l 'appelle le plan global de l 'Acadie de
- 51:28la Nouvelle -Écosse, pas de la Fédération acadienne,
- 51:31pas des membres de la Fédération acadienne, mais
- 51:33de l 'ensemble de l 'Acadie, de l 'ensemble des
- 51:34régions, et on veut que ce plan -là, les communautés
- 51:39puissent se l 'approprier. Et ce plan -là, on
- 51:42le fait avec des chercheurs de l 'Université
- 51:46Saint -Anne et il y a un des chercheurs de l
- 51:48'Université du Cap -Botan. On va avoir des rencontres,
- 51:52consultations publiques qui s 'en viennent au
- 51:54mois d 'avril et au mois de mai. On a déjà eu
- 51:56un sondage. On va avoir un gros forum à l 'automne
- 52:002026. Puis les chercheurs vont rédiger leur rapport
- 52:05sur l 'état de la situation de la francophonie
- 52:08en Nouvelle -Écosse dans tous les secteurs. Et
- 52:10nous, à partir de ce rapport -là, on va rédiger
- 52:13notre plan de développement global de la qualité
- 52:17de la Nouvelle -Écosse pour les cinq prochaines
- 52:18années et les dix prochaines années. Alors...
- 52:21Si j 'avais une baguette magique, puis que je
- 52:24pourrais dire, qu 'est -ce que je voudrais qu
- 52:25'on puisse voir dans le plan et qu 'on puisse
- 52:28réaliser dans 5 -10 ans, je dirais que j 'aimerais
- 52:32voir que les services en français soit, au niveau
- 52:36de la province, soit un fait accompli, qu 'on
- 52:39puisse y aller, puis qu 'on n 'a pas besoin de
- 52:41demander, que ce soit eux qui nous demandent,
- 52:44voulez -vous un service en français ou en anglais?
- 52:47Parfois, ça se fait, mais très rarement. Je voudrais
- 52:50voir que l 'ensemble de la communauté acadienne
- 52:55puisse, au niveau politique, on ait nos cinq
- 52:58ou six représentants au niveau de la province
- 53:01qui forment un noyau ensemble pour le développement
- 53:06de la communauté acadienne sur le plan politique.
- 53:10Sur le plan économique, j 'aimerais voir que
- 53:13les communautés puissent réellement se développer
- 53:16que les entreprises se développent et qu 'ils
- 53:18se développent avec le souci d 'offrir des services
- 53:21en français. Parce que si on ne fait pas attention,
- 53:25actuellement, il y a de l 'immigration qui se
- 53:28fait dans nos régions, parce qu 'il y a un manque
- 53:30de main -d 'oeuvre, mais ils vont chercher n
- 53:33'importe qui, puis là, si je m 'en vais à ma
- 53:34communauté chez Tigard, pour prendre comme exemple,
- 53:37je vais au café du coin, puis je vais me faire
- 53:39servir en anglais par un immigrant anglophone.
- 53:42Pourquoi est -ce que ce n 'est pas un immigrant
- 53:44francophone ? Au magasin de l 'épicerie, à la
- 53:47caisse, ça peut être un immigrant anglophone
- 53:50qui est là ou à la régie des alcools. Pourquoi
- 53:52est -ce que ce n 'est pas des immigrants francophones
- 53:54? Je voudrais voir des immigrants francophones
- 53:55partout dans tous nos régions qui sont là, qui
- 53:59sont intégrés, qui font partie de notre communauté,
- 54:03qu 'on voit que l 'Acadie de la Nouvelle -Écosse,
- 54:05dans dix ans, c 'est une acadie qui est... disons,
- 54:15qu 'ils sont diversifiés, qu 'ils sont inclusifs,
- 54:19qu 'ils sont développés, que tu vois réellement
- 54:21que l 'Acadie, c 'est l 'Acadien qui a 607, date
- 54:26de 1600, mais c 'est aussi les nouveaux arrivants,
- 54:29les immigrants qui sont là, puis qui se disent
- 54:31acadiens, mais en même temps qui ne réunissent
- 54:33pas leur culture et leur langue. et qui sont
- 54:37intégrés dans la communauté et que la communauté
- 54:40les reçoit à brose ouverte. Merci beaucoup, M.
- 54:44Chiasson, d 'avoir pris le temps de nous expliquer
- 54:47un peu votre réalité et de mieux comprendre comment
- 54:51vous réussissez à faire avancer le fait français
- 54:54en Nouvelle -Écosse. Bravo pour votre travail.
- 54:57Je sais qu 'il n 'est pas toujours facile. Je
- 54:59vous lève mon chapeau. Et meilleure des chances
- 55:01à tous les Acadiens pour des services en français.
- 55:05Merci beaucoup pour votre entrevue et votre intérêt
- 55:08pour l 'Acadie de la Nouvelle -Écosse. Merci
- 55:11d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé notre
- 55:13épisode, abonnez -vous et laissez -nous vos commentaires
- 55:15pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 55:17prochaine.