Latest / Le Café du Sport Business / Saint-Michel Auber 93 : le pari iconoclaste de la priorité au cyclisme féminin
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:18Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:21Aujourd'hui, on se penche sur la gestion d'une crise de
- 0:25croissance assez brutale. Ouais, une situation vraiment
- 0:28complexe. En fait, imaginer une entreprise
- 0:31florissante depuis des décennies qui décide de licencier tout son
- 0:35département historique, tout ça pour financer une start-up
- 0:39interne créée il y a à peine 2 ans.
- 0:41C'est exactement la décision radicale que vient de prendre
- 0:43une institution du cyclisme français, l'équipe Saint Michel
- 0:47préférence homme Aubert, 93. C'est ça, et aujourd'hui on va
- 0:50décortiquer cette stratégie parce qu'au final, c'est un
- 0:53choix iconoclaste et presque inédit de couper l'équipe
- 0:56masculine plutôt que féminine. Même si ce n'est plus l'équipe
- 1:00de la fin des années 1990. C'est une réallocation totale
- 1:03des ressources qui illustré bien les mécaniques financières
- 1:06implacables du sport moderne. L'économie du cyclisme impose
- 1:09des choix d'une grand froideur mathématique.
- 1:12Complètement mais avant de plonger dans les chiffres,
- 1:14posons un peu le contexte de cet héritage.
- 1:17L'équipe masculine a été créée en 1994.
- 1:19C'est bien ça, Sam ? Ouais, 1994, on parle de la
- 1:22grande époque des petits gars d'aubert.
- 1:25Voilà avec 5 participations au Tour de France entre 1996 et
- 1:292001 et la fameuse victoire des tables de Cyril Saugrin.
- 1:34C'est un pan entier de l'histoire du vélo, donc rayer
- 1:37une telle structure de la carte, ça demande de très solides
- 1:40justifications. C'est clair comment ils ont pu
- 1:43passer de la gloire du tour à un mur financier infranchissable.
- 1:47Bah l'explication, elle se trouve dans l inflation
- 1:49vertigineuse des coûts opérationnels.
- 1:51Auber 93, ça a évolué en 3e division.
- 1:54Donc l Échelon continental. D'accord et.
- 1:56Il y a 15 ans, l'écart de budget entre une structure de ce niveau
- 1:59et une équipe de première division, le Wall Tour, c'était
- 2:02de un à 15. Ce qui est déjà pas mal, sauf
- 2:04qu. Aujourd'hui, cet écart est passé
- 2:06de un à 35. Ah oui, c'est énorme.
- 2:09Cette explosion s'explique mécaniquement, le cyclisme
- 2:12masculin s'est hyper mondialisé à l'arrivée de multinationales
- 2:15géantes, d'États souverains comme sponsors, et ça a fait
- 2:18exploser le marché des salaires. Et là logistique aussi, non ?
- 2:20Absolument. Y a une vraie course à
- 2:22l'armement technologique, que ce soit l'optimisation
- 2:24aérodynamique, le matériel, enfin tout ça propulsé les coups
- 2:27de base à des niveaux complètement hors de portée.
- 2:29C'est marrant, ça rappelle ni plus ni moins la formule un, le
- 2:31ticket d'entrée est devenu tellement astronomique qu'il est
- 2:34impossible pour une structure modeste de jouer sur 2 tableaux
- 2:37sans se noyer. C'est qu'une très bonne
- 2:39comparaison, Stéphane Gaudry, le directeur général, et Charlie
- 2:42nerzick, son adjoint. Ils ont dressé un constat très
- 2:45pragmatique, ils affirment qu'il est tout simplement plus
- 2:47soutenable d'avoir 2 équipes performantes.
- 2:50Face à des écuries qui opèrent comme des laboratoires ultra
- 2:53financés, le mythe de la petite équipe, ça ne tient plus.
- 2:56Exactement, donc la direction a dû trancher dans le vif.
- 2:59Ils ont programmé l'arrêt de la section professionnelle
- 3:02masculine fin 2027. Et ça implique quoi
- 3:05concrètement ? Une relégation en Nationale 2,
- 3:07c'est à dire le niveau élite amateur, les dirigeants
- 3:10concèdent que c'est un vrai choc pour les coureurs bien sûr.
- 3:12C'est sûr. Ils prévoient quelque chose pour
- 3:15les accompagner. Ouais, ils promettent un
- 3:16reclassement interne pour le staff, des aides à la formation
- 3:19pour les coureurs, mais ça reste une disparition chez les pros.
- 3:22Sauf si un miracle se produit, voilà.
- 3:25Il garde la porte ouverte si un mécène arrive avec 20000000
- 3:28d'euros sur la table. Mais bon, on n'y compte pas
- 3:31trop. Mais finalement, c'est un aveu
- 3:33de fait, bel sous un pivot d'entreprise ultra lucide.
- 3:37C'est surtout du pragmatisme, les acteurs du terrain voyaient
- 3:40l'évolution du cyclisme, donc ce n'est pas une surprise totale.
- 3:44C'est une réallocation nécessaire des ressources.
- 3:46Et ces ressources, elles ont une destination très claire,
- 3:49l'argent économisé part exclusivement vers l'équipe
- 3:52féminine. C'est ça, une équipe créée assez
- 3:54récemment, en 2022, qui évolue au 2e Échelon mondial.
- 3:58Et qui participe déjà à chaque édition du Tour de France
- 4:01femme ? Mais stratégiquement, pourquoi
- 4:04miser tout là dessus ? Parce que le cyclisme féminin,
- 4:07c'est le bon wagon aujourd'hui ? Le modèle économique est
- 4:10totalement différent. Avec une fraction du budget
- 4:12masculin, tu peux structurer un effectif de classe mondiale.
- 4:15D'accord donc cure. Donc l'ours sur investissement
- 4:18est beaucoup plus intéressant. Une comparablement plus élevée ?
- 4:21Oui, tu t'assures une présence télévisuelle internationale pour
- 4:25un coup bien moindre. La marge de progression y est
- 4:28beaucoup plus viable. C'est ce qui explique leurs
- 4:30objectifs pour la suite d'ici 2027200028, le plan c'est de
- 4:34passer à 15 ou 16 athlètes. Ouais, D élargir le staff, de
- 4:38multiplier les stages en altitude et.
- 4:40Ils ont déjà de solides arguments avec des têtes
- 4:42d'affiche comme Émilie mourier et là canadienne Alison Jackson,
- 4:45qui a quand même remporté Paris Roubaix en 2023.
- 4:48C'est du très haut niveau en concentrant leurs efforts ici.
- 4:51Ils ont les moyens de jouer les premiers rôles au.
- 4:53Lieu de stagner dans une Ligue masculine totalement saturée.
- 4:56Ça amène une dernière réflexion qui mérite qu'on s'y attardé
- 4:58tout. À fait, si une institution de
- 5:00plus de 70 ans comme le club d'Aubervilliers est prête à
- 5:03sacrifier son équipe masculine historique pour survivre,
- 5:06faut-il s'attendre à ce que d'autres structures
- 5:09traditionnelles fassent exactement pareil ?
- 5:12La question se pose vraiment. Le modèle économique du sport
- 5:15masculin est ce que c'est devenu un piège pour les équipes de
- 5:18taille moyenne. On laisse ça à la réflexion de
- 5:21chacun. À très vite pour un nouveau
- 5:22podcast, du café du sport business.