Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Pascal Gautrand - Le Collectif Tricolor - La filière laine en France ou plutôt les filières laines en France [couleur végétale]
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Alors bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast Pascal Gautran du collectif Tricolore.
- 0:50Bonjour Pascal.
- 0:52Pauline,
- 0:53merci pour cette invitation.
- 0:55C'est un plaisir.
- 0:56Alors donc du coup Pascal,
- 0:57ce que je voulais vous demander d'abord,
- 0:59c'était est-ce que vous pouviez nous raconter votre parcours,
- 1:02vous présenter et nous dire comment vous êtes arrivé sur la laine ?
- 1:08Alors,
- 1:10un parcours qui a commencé hier.
- 1:12Pas mal de temps,
- 1:13je suis designer,
- 1:15j'ai une formation au départ en design textile et design de mode.
- 1:21J'ai toujours été passionné par ce secteur-là,
- 1:24sans trop savoir pourquoi au départ.
- 1:27C'est rapidement...
- 1:32j'ai découvert une attraction particulière pour la notion de savoir-faire.
- 1:42Finalement,
- 1:42plus que simplement le produit final,
- 1:47qui génère ce que sont les filières.
- 2:04Pourquoi ?
- 2:04Parce que sur ces dernières décennies,
- 2:07sur la fin du XXe siècle,
- 2:10on a probablement beaucoup valorisé la notion de création,
- 2:14de créativité,
- 2:16et ça s'est fait beaucoup au détriment de la notion de savoir-faire,
- 2:20de fabrication.
- 2:22Évidemment,
- 2:22on a beaucoup délocalisé aussi,
- 2:25puisque depuis les années 90,
- 2:26notre industrie textile française a perdu
- 2:2990% de ses effectifs.
- 2:34mais en même temps on a perdu une certaine connaissance,
- 2:37une certaine culture qui s'est transférée sur d'autres éléments plutôt liés à l'image au style donc c'est intéressant aussi mais disons que j'ai petit à petit abordé mon rôle de designer comme le
- 2:55fait de pouvoir remettre du bien entre ces deux éléments là de l'autre côté la création et de l'autre côté les savoir-faire donc
- 3:04En 2008,
- 3:05j'ai d'ailleurs obtenu une résidence à la Ville de la Médicis à Rome,
- 3:10dans laquelle j'ai vraiment...
- 3:13Ça fait tout mon temps et approfondir cette réflexion-là.
- 3:19Et en 2009,
- 3:20quand je suis rentré en France à nouveau,
- 3:22j'ai lancé mon propre cabinet de conseil qui me permet d'accompagner...
- 3:32des acteurs assez variés,
- 3:33ça peut être des groupements professionnels autour d'un métier,
- 3:38je ne sais pas,
- 3:39la dentelle de Calais par exemple,
- 3:40ou bien des territoires.
- 3:54sur leur périmètre,
- 3:56ou bien des salons professionnels également.
- 3:59Et donc,
- 4:01avec nous,
- 4:03on commence en fait,
- 4:05je dirais,
- 4:06à croiser la notion de salontaire,
- 4:09évidemment,
- 4:10mais aussi de territoire,
- 4:12parce qu'on se rend compte que quel que soit où on se place sur la planète,
- 4:18finalement,
- 4:20le territoire est aussi une composante.
- 4:23importante de la promotion de fabrication parce que ça a plein d'impacts évidemment des impacts plus lésés,
- 4:33moins faciles à voir,
- 4:34qui sont des impacts culturels aussi des impacts du développement durable donc tout cela en fait c'est très difficile de détacher un savoir-faire d'un territoire
- 4:51Voilà,
- 4:51et donc c'est dans ce cadre qu'en 2018,
- 4:56déjà dès 2016,
- 4:58j'ai commencé...
- 4:59plusieurs projets avec des territoires d'agglomération de Castres-Mazamé,
- 5:05Mazamé étant une grande capitale textile et de la laine en particulier,
- 5:10la laine carlée.
- 5:13Et ensuite avec la région Occitanie,
- 5:15à Montpellier...
- 5:18Par exemple,
- 5:18pour le pouvoir économique,
- 5:19j'ai participé à la structuration d'événements qui mettaient en avant des acteurs de ces territoires respectifs.
- 5:31Et au fil de ces rencontres-là que j'ai commencé à prendre conscience des enjeux de la filière laine ou des filières lénières françaises,
- 5:43notamment au travers d'une personne qui est pour moi emblématique de cette filière aujourd'hui,
- 5:49qui s'appelle Éric Carlier,
- 5:50qui est le fondateur du
- 5:51Passe-Arme, un atelier de tissage situé justement à côté de ma vallée.
- 5:59à l'époque s'était lancé dans la transformation de différentes races qui ont des propriétés de couleurs naturelles alors on est sur un podcast dédié à
- 6:14couleur naturelle,
- 6:15celle-ci ne provient pas directement des plantes,
- 6:18même si j'imagine que l'alimentation du mouton joue sur sa pigmentation,
- 6:23mais c'est directement la race qui produit des toisons pigmentées,
- 6:32ça peut être le noir du velay,
- 6:34ça peut être l'orécampan,
- 6:36la solignote,
- 6:38autant de races qui ont des particularités temporielles.
- 6:44intéressante et qui du coup transformée par Eric Carlier donnait des tas de tissus sans teinture du tout qui est quand même une étape assez gourmande en eau,
- 6:58en énergie et donc ça permet de mettre en valeur ce patrimoine et on revient à la notion de territoire comme vous l'avez entendu dans le nom des races,
- 7:10elles ont souvent le nom des territoires
- 7:13qui font un peu leur bateau,
- 7:15donc c'est
- 7:16Cologne ou l'île de Puy-en-Velay par le nom de l'île,
- 7:22c'est encore une fois complètement lié,
- 7:26la notion de territoire est très présente.
- 7:28C'est grâce à Eric que j'ai réuni un peu là-dedans.
- 7:35J'ai trouvé à l'époque que sa démarche était très contemporaine.
- 7:43Elle était très confidentielle.
- 7:45C'est un petit atelier.
- 7:47C'est gagné sans doute par un public reconnu.
- 7:56Donc en 2018,
- 7:58il est proposé au salon
- 8:00Medi-France, qui se tient chaque année au carreau du temple,
- 8:05de...
- 8:07mettre en scène en fait cette filière en faisant connaître la problématique au plus grand nombre de marques et donc pendant quelques mois on a un peu battu le rappel on est allé à la rencontre de nombreuses marques de nombreux designers pour
- 8:26leur raconter un peu ce qu'était cette filière avec donc à l'époque c'est peu de valeur pour la laine
- 8:37puisqu'aujourd'hui,
- 8:38encore,
- 8:39la plupart de nos éleveurs tendent à perte,
- 8:42donc on préfère ne tendre que ce qu'on leur offre pour les poisons correspondantes,
- 8:49et ce parce qu'on a un peu laissé cette filière se désagréver.
- 8:54Il existait jusqu'à la fin des années 80,
- 8:57la profession qui régissait un peu le dialogue entre l'élevage en amont,
- 9:03l'industrie un peu plus en aval,
- 9:05et on a pu voir que les élevages étaient plus en aval,
- 9:11parce que à ce moment-là,
- 9:14on était en interne de la dégénéalisation,
- 9:20la santé éthique était bien plus pratique et bien moins ferme que l'ALN.
- 9:25On ne se posait pas encore les questions d'impact environnementaux que l'on se pose aujourd'hui.
- 9:32Donc on…
- 9:35on a laissé se désagréger cette interprofession et toute l'organisation qui existait à l'époque et qui permettait d'avoir notamment un paiement à la qualité qui
- 9:50est indissociable de l'amélioration qualité s'il n'y a pas de rémunération conséquente,
- 9:57suffisante pour...
- 9:59pour mieux travailler.
- 10:03Et bien,
- 10:04c'est vrai que la tombe aujourd'hui,
- 10:06c'est devenu très banal.
- 10:10Les éleveurs ont perdu la victime de la tombe depuis 7 ans.
- 10:20C'est très compliqué et chronophage,
- 10:23mais ça demande quand même un petit effort,
- 10:25une petite attention suivie,
- 10:27au long de l'année,
- 10:28sur la conduite du troupeau et en particulier le jour de la pompe,
- 10:31pour éviter qu'il se retrouve trop de paille dans les poisons.
- 10:37C'est le plus complexe à relever par la suite.
- 10:44A l'époque,
- 10:47en mars 2019,
- 10:48nous avons rassemblé sur le salon
- 10:5068 marques,
- 10:52créateurs,
- 10:53designers,
- 10:54qui avaient travaillé sur plus de 130 prototypes ou produits déjà commercialisés exclusivement en le même concept.
- 11:02avec une petite dizaine de races différentes.
- 11:06Ces produits étaient sans teinture,
- 11:08en fait,
- 11:09on tirait un peu parti des...
- 11:13des...
- 11:14des diverses...
- 11:17des...
- 11:20Donc,
- 11:20voilà,
- 11:20ça,
- 11:20ça a été un peu un...
- 11:22Un moment fort pour moi parce que ça m'a permis de confronter l'idée ou l'intuition que j'avais,
- 11:34que j'avais l'intuition d'Éric Carrier,
- 11:35par exemple,
- 11:36mais pas seulement,
- 11:38parce qu'on est également les nature du parc,
- 11:43ça dans le Tarn s'était aussi engagé dans le développement d'une petite gamme de fields.
- 11:49pour le tricotage,
- 11:50ce qui nous permettait d'avoir un peu les deux aspects,
- 11:53c'est-à-dire la laine tissée,
- 11:55foulonnée ensuite sous forme de gras de laine par un carlier,
- 11:59et également des fils destinés au tricotage développé par une température de temps.
- 12:08Donc ça a permis de...
- 12:13vérifier cette intuition qui avait un intérêt pour le marché,
- 12:17que les marques pouvaient s'emparer un peu de cette matière première,
- 12:22faire des choses intéressantes,
- 12:23créatives avec,
- 12:25et également dépoussiérer un peu l'image de l'haleine,
- 12:29qui est souvent associée à un petit artisanat très local,
- 12:35en petite quantité.
- 12:37Donc là,
- 12:38l'idée,
- 12:38c'est que c'est
- 12:40c'est de pouvoir avoir un impact,
- 12:42puisqu'on a quand même 25 000 éleveurs en France,
- 12:46avec entre 10 et 12 000 tonnes de poison qui sont tombées chaque année,
- 12:52ce qui est une masse énorme et qui évidemment n'est pas absorbable uniquement par l'artisanat local,
- 13:01qui vous envoie...
- 13:02Je ne suis pas du tout à ces activités-là,
- 13:06mais disons que si on veut vraiment trouver une solution qui puisse convenir et surtout impacter le plus grand nombre d'éleveurs,
- 13:19il faut vraiment travailler à cette échelle.
- 13:22Donc voilà.
- 13:25Et du coup,
- 13:25l'année suivante,
- 13:27en plein Covid,
- 13:29j'ai profité de mon temps pour pouvoir un peu rassembler une partie des acteurs qui avaient joué le jeu,
- 13:37qui avaient sorti des collections qui avaient été mises sur le marché l'hiver suivant et rassembler des acteurs autour notamment de la Fédération Nationale Ovime.
- 13:54qui nous a accompagnés pour Bono pendant une année,
- 14:04le VNH également,
- 14:06et l'association Paris Good Fashion a fait un axe de travail sur les filières lénières françaises.
- 14:17Et c'est là que nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il fallait construire quelque part un...
- 14:23un vaisseau pour cette profession en rassemblant trois grands univers.
- 14:30Donc en amont l'univers de l'éleveur,
- 14:35au centre l'univers des savoir-faire de transformation,
- 14:39et ils sont très nombreux,
- 14:40on en retrouve beaucoup,
- 14:42mais la laine en fait elle peut être utilisée dans beaucoup de...
- 14:50type de produits en passant par des types de transformations très variées on pense souvent au fil,
- 14:57au tricot
- 15:00On peut s'étrer,
- 15:02on peut l'éviter,
- 15:03on peut l'utiliser en vrac,
- 15:08on peut aussi la transformer,
- 15:09tirer parti de ses composés.
- 15:14notamment la kératine donc il y a énormément d'usages traditionnels puisque il faut quand même rappeler que cette matière elle accompagne l'humanité depuis 10 000 ans puisqu'on a une classe de
- 15:30textiles réalisés à base de laine il y a déjà 10 000 ans
- 15:38et aussi au travers d'usages complètement innovants avec des startups aujourd'hui ou même des plus grosses entreprises qui inventent une oeuvre pour mettre à profit avec la laine différemment voilà
- 15:56je pense que c'est un peu long mais c'est un peu
- 16:00ce qui vit le collectif sur les rails puisque en fin 2020 nous avons fait le lancement officiel du collectif tricolore sous forme d'association loi 1901 à
- 16:16l'époque nous avions une bonne trentaine de membres fondateurs qui se sont investis à tout niveau soit des fédérations professionnelles
- 16:29soit des institutions comme la Bergerie Nationale ou le Mobilité Nationale soit directement des entreprises les tentrices de savoir-faire ou qui développent la distribution de certains types de produits souhaiter
- 16:45en fait s'engager participer à une réflexion sur comment est-ce qu'on peut reconstruire
- 16:54je pense qu'à tout court un système vertueux,
- 16:58valorisant pour cette matière première aujourd'hui en France et avec nos partenaires européens puisque certains maillons sont très affaiblis sur notre territoire donc il faut réfléchir de manière plus large encore que
- 17:16les frontières de notre pays pour une chance de construire quelque chose de durable
- 17:23Ok,
- 17:24alors vous avez dit fin 2020 la création du collectif Tricolore,
- 17:27vous avez parlé de trois univers,
- 17:29j'en ai loupé un,
- 17:29j'ai l'élevage,
- 17:30le savoir-faire de la transformation,
- 17:32et vous avez parlé,
- 17:33le troisième c'est quoi ?
- 17:34Le troisième univers du collectif Tricolore ?
- 17:38Le troisième univers du collectif Tricolore c'est la distribution.
- 17:42et c'est important d'emmener les marques,
- 17:46les metteurs sur le marché à réfléchir dès l'amont et à mieux connaître l'amont,
- 17:54ce qui se passe dans l'élevage.
- 17:57Donc une des grandes fiertés que je peux retirer de ce collectif,
- 18:02c'est cette mise en dialogue d'univers qui ne se connaissent plus.
- 18:08qui ne se connaissent plus,
- 18:09qui sont assez distants,
- 18:11qui ont des cultures très différentes,
- 18:14mais aussi très complémentaires,
- 18:15et qui,
- 18:16au travers de cette thématique de l'haleine,
- 18:19se retrouvent finalement avec un point commun,
- 18:23des projets communs,
- 18:24des idées communes,
- 18:25des valeurs communes.
- 18:27Donc c'est ce qui fait un peu l'énergie du collectif écolaire aujourd'hui.
- 18:34Et donc vous avez dit qu'il y a une trentaine de membres à peu près.
- 18:37Vous êtes basé où exactement ?
- 18:40Alors l'association est domiciliée à la Maison Nationale des Éleveurs à Paris.
- 18:48Et nos membres,
- 18:49eux,
- 18:49sont partout en France,
- 18:51et un petit peu aussi dans certains pays limitrophes.
- 18:56Et aujourd'hui nous avons un peu plus d'une soixantaine.
- 19:02métiers d'accord ok et donc c'est un système comme une fédération en fait il y a une contribution,
- 19:11une adhésion des personnes et des événements qui sont organisés des rassemblements des événements c'est un peu comme ça que ça fonctionne ?
- 19:21absolument tout au long de l'année on coordonne beaucoup en visio mais aussi
- 19:30Le travail selon les thématiques,
- 19:35on coordonne donc les rencontres,
- 19:40les questions pour pouvoir traduire des projets concrets.
- 19:44On travaille sur la mise en place d'outils et de méthodes communes.
- 19:49La première phase,
- 19:50c'est vraiment la rencontre,
- 19:52c'est-à-dire le dialogue entre chacun des membres,
- 19:57les aider.
- 20:00les étapes avant,
- 20:02les enjeux qui correspondent aux différents métiers,
- 20:06pour pouvoir réfléchir avec une vision plus large sur les métiers ou leurs segments.
- 20:15Et aujourd'hui,
- 20:16on a deux ans et demi de travail collectif sur la mise en place d'outils communs.
- 20:27notamment un outil digital de plus en plus long,
- 20:30qui va permettre de moderniser l'armée,
- 20:33de garantir une forme de traçabilité,
- 20:35mais aussi de permettre aux compagnons,
- 20:38aux compagnons de la ferme,
- 20:43jusqu'à leur transformation en produits finis,
- 20:45les accompagner en fait de données qui sont cruciales pour la qualité,
- 20:51pour une rémunération plus équitable,
- 20:53pour...
- 20:55On a aussi des questions de responsabilité,
- 20:57puisque comme je l'ai dit en introduction,
- 21:00aujourd'hui,
- 21:03nous sommes dans un moment historique,
- 21:07dans le sens où nos industries,
- 21:10notre consommation est en train d'évoluer.
- 21:13de manière très forte,
- 21:15avec beaucoup plus de conscience des impacts de cette consommation,
- 21:22de ces productions qui n'étaient pas mesurées jusqu'à présent,
- 21:26et qui aujourd'hui,
- 21:31chaque entreprise,
- 21:33chaque maillon de la filière a devoir...
- 21:36déjà connaître ses impacts pour pouvoir les maîtriser,
- 21:41les réduire si possible.
- 21:45Donc là,
- 21:45dans ce cadre-là,
- 21:47la filière laine française a vraiment un rôle à jouer.
- 21:50Je dirais même que son rôle est vaste parce qu'il s'inscrit dans une musique qui est la même pour tout l'élevage européen,
- 22:00qui est uniquement dédiée à la production de gendres ou de lait.
- 22:06et qui fait que la laine étant sous-produite,
- 22:10presque un déchet,
- 22:14et pourtant paradoxalement c'est ce qui lui confère déjà une valeur supérieure dans le sens où son impact sur la planète,
- 22:23du fait qu'elle n'a pas besoin,
- 22:24que ce n'est pas un élevage qui est élevé pour sa production fait qu'elle n'a qu'une petite partie des impacts de l'élevage ce qui fait que finalement c'est une matière qui en soi est
- 22:40déjà là
- 22:41qu'on n'a pas besoin de produire et qui donc est quelque part plus vertueuse que d'autres matières pour lesquelles il faut engendrer un livage ou une production donc là déjà on part d'un d'un
- 22:58point positif dès le départ
- 23:04et je voulais justement vous demander dans votre outil digital de filière c'est un genre de blockchain comme on a sur l'alimentaire avec chaque acteur ou chaque étape qui est renseignée avec des informations digitales disponibles pour toute la chaîne,
- 23:19c'est un peu ce genre d'outil là que vous aimeriez développer ?
- 23:23Oui c'est un peu sur le style sur le principe de la blockchain effectivement avec des informations qui sont qui sont
- 23:32transmises d'un maillon à l'autre.
- 23:35Alors,
- 23:36toutes les informations ne sont pas transmises parce qu'il y a aussi des questions de confidentialité sur certains types de données,
- 23:42sur certains maillons.
- 23:44Mais ça permet effectivement de pouvoir remonter la chaîne si besoin,
- 23:50si nécessaire,
- 23:51pour des questions d'amélioration de qualité,
- 23:54de traçabilité de courbe,
- 23:55de garantie de proclamations.
- 24:00pour un calcul des impacts responsables.
- 24:05Ouais,
- 24:05c'est ce que j'allais dire.
- 24:06Donc du coup,
- 24:08si je vois bien votre objectif,
- 24:12vu que pour avoir fait ça dans ma vie passée,
- 24:16sur des sujets comme ça,
- 24:18où il y avait des histoires de blockchain,
- 24:21et en fait,
- 24:21l'idée,
- 24:22c'est que grâce à ça,
- 24:23vous puissiez avoir une certaine réassurance sur la qualité des lèvres,
- 24:28la traçabilité,
- 24:29les origines pour les grandes marques qui en ont besoin.
- 24:32mais aussi que vous puissiez,
- 24:34par exemple,
- 24:34calculer un impact carbone ou un impact tout court de cette filière lame pour des marques qui ont les moyens de mettre en avant ces arguments-là,
- 24:47si je comprends bien.
- 24:48C'est un peu ça ?
- 24:49C'est ça,
- 24:50avec un paramètre supplémentaire qui est la gestion de la qualité,
- 24:54qui est intrinsèquement liée à la notion d'équité aussi,
- 24:57c'est-à-dire que si on veut...
- 25:00composer un paiement à la qualité,
- 25:03certes,
- 25:03on peut vérifier la qualité dès le départ,
- 25:10mais souvent,
- 25:11c'est plus tard que se fait la valorisation.
- 25:14Et si on n'est pas capable de pouvoir remonter l'achat,
- 25:17on ne sera pas non plus capable de pouvoir valoriser en fonction des niveaux de valorisation derrière,
- 25:23auprès des éleveurs.
- 25:28Et alors du coup,
- 25:29Pascal,
- 25:29une question toute bête.
- 25:31Comment ?
- 25:33Non,
- 25:33non,
- 25:33c'est qu'on a un petit décalage de réseau,
- 25:35mais c'est pas grave.
- 25:37Ah d'accord,
- 25:38j'entends pas le bruit autour de vous mais il y a un petit décalage dans notre conversation mais du coup je voulais vous poser la question et en fait ça fait la transition avec la question d'après c'est quelles sont toutes les étapes on va dire de l'élevage jusqu'à la tonte les
- 25:54différentes étapes qui suivent cette tonte ça c'était ma première question et la deuxième question c'était qu'est-ce qui définit
- 26:01une qualité de laine,
- 26:02parce que si vous souhaitez rémunérer vos partenaires par rapport à la qualité de la laine,
- 26:06je suppose que vous avez mis un cahier des charges,
- 26:08et ça doit être sûrement en lien avec,
- 26:11déjà,
- 26:12la race,
- 26:13je pense que les races,
- 26:14toutes les races ne se valent pas,
- 26:16et après vous aviez dit la présence d'impureté,
- 26:19j'ai vu qu'il y avait aussi une histoire de sioux dans la toison,
- 26:24des poils différents qui n'étaient pas valorisés par elle,
- 26:26etc.
- 26:27Est-ce que vous pouvez nous expliquer
- 26:29du coup les différentes étapes après la tonte et aussi ce qui fait la qualité d'une bonne laine ou d'une laine un peu moins qualitative alors beaucoup d'acteurs aiment bien dire que il n'y a pas de mauvaise laine mais
- 26:46il n'y a que des bons usages pour les bonnes laines donc c'est vrai que déjà il convient d'utiliser le pluriel
- 26:54tant pour la laine,
- 26:56on devrait dire les laines,
- 26:57parce qu'en réalité,
- 26:58d'une race de moutons à l'autre,
- 27:00d'un type d'élevage à l'autre,
- 27:03on peut avoir une très forte différence.
- 27:07Donc souvent,
- 27:08les paramètres sont le moutonnage,
- 27:11la longueur des fils,
- 27:11le baril,
- 27:13le normand.
- 27:19également les types de transformation et les types d'usages sont aussi très variés ce qui veut dire qu'une bonne laine pour faire un bon tapis,
- 27:27c'est pas forcément une bonne laine pour faire un bon fil donc ce dans quoi il faut arriver à remettre un peu d'ordre,
- 27:35c'est déjà comprendre quels usages pour quelle typologie de laine
- 27:42et ensuite c'est pas juste une race un usage c'est un peu plus complexe que ça puisque au sein d'une même toison on peut avoir des types de laine différents
- 27:57donc selon le niveau de valorisation possible il va falloir mettre en oeuvre des types de tris différents
- 28:05ça peut être un tri à la toison ou ça peut être un tri précis encore où on va découper une poison en plusieurs morceaux.
- 28:15Cela dépend évidemment du type d'usage et du cahier des charges.
- 28:18Là non plus,
- 28:19il n'y a pas un seul cahier des charges,
- 28:20il y a énormément de cahiers des charges.
- 28:23Le cahier des charges traditionnel,
- 28:26jusqu'à présent notre industrie ne s'appuie pas du tout sur des usages de laine locale ou très très peu.
- 28:35ce sont des laines qui sont réunies,
- 28:43standardisées d'une certaine manière,
- 28:46ce qui les rend plus faciles en fait de transformer,
- 28:51plus faciles à traiter.
- 28:53Nous aujourd'hui on part un peu de zéro avec la nécessité de devoir aussi inventer des catégories de laines
- 29:01inventer des systèmes pour pouvoir les catégoriser d'une part et ensuite faire suivre la logistique derrière.
- 29:08C'est là où,
- 29:09encore une fois,
- 29:10l'outil digital lui peut permettre en fait de gagner du temps,
- 29:15de pouvoir agglomérer des lots similaires plus vite sans avoir à systématiquement réouvrir des ballots pour etc.
- 29:26Donc l'idée c'est aussi de fournir au travers de cet outil
- 29:32de facilité,
- 29:33de fluidité dans le système logistique,
- 29:37qui aujourd'hui porte tout le poids,
- 29:41tout le coût de la laine finalement.
- 29:43Et la raison pour laquelle on offre très peu à l'éleveur,
- 29:46c'est que derrière ça coûte très cher d'aller chercher.
- 29:51La collecte ?
- 29:53La collecte,
- 29:54ce sont des lots en moyenne de 500 kilos.
- 29:57par bergerie,
- 29:58puisqu'on est sur
- 29:59250 têtes en moyenne par bergerie en France,
- 30:03en Europe de manière générale donc ça produit à peu près 2 kilos en fonction des races là encore,
- 30:10c'est variable dans les typologies de laine sur la laine elle-même mais effectivement vous avez mentionné le soin
- 30:27qui est la transpiration de montant qui se retrouve en vue,
- 30:32prise dans l'œuvre.
- 30:35Là aussi ça donne lieu à des types de valorisation possibles,
- 30:40notamment l'anoline,
- 30:41qui est un composé qui est inscrit historiquement dans la composition cosmétique,
- 30:48parce que l'anoline a de très bonnes caractéristiques de...
- 30:56il a de très bonnes caractéristiques d'hydratation c'est vraiment un avantage on
- 31:13peut valoriser certes la laine mais en réalité dans une poison on peut avoir aussi un ensemble de coproduits à explorer sur des usages qui peuvent être innovants aujourd'hui
- 31:30Donc votre principal,
- 31:32on va dire,
- 31:33concurrent,
- 31:34c'est en fait peut-être la laine d'Australie,
- 31:36le Mérinos qui vient complètement...
- 31:39Non,
- 31:39c'est pas ça ?
- 31:40absolument pas absolument pas parce qu'on n'a pas du tout les mêmes caractéristiques donc il n'est absolument pas question que les laines françaises se mettent à concurrencer le merinos australien on est sur des micronages qui n'ont rien à voir on
- 31:57est sur une forme de standardisation en Australie qui n'a rien à voir et en termes d'impact on est aussi sur un ça va faire grincer mais on est sur un sur un
- 32:11je dirais,
- 32:11nous sommes sur un coproduit là où l'Australie,
- 32:14en fait,
- 32:14élève ses moutons pour de la laine.
- 32:16Que pour ça ?
- 32:17Oui,
- 32:18d'accord.
- 32:19Il est attribué à la laine à autre chose,
- 32:22ce qui fait que finalement,
- 32:24cette laine,
- 32:24elle est plus fine,
- 32:26elle est plus standard,
- 32:27je ne sais pas si c'est un avantage,
- 32:29mais en tout cas,
- 32:29elle a un impact environnemental qui est moins bon que l'impact théorique,
- 32:35qui aujourd'hui reste théorique,
- 32:37puisque l'impact de...
- 32:40français ou européen parce que je pense que c'est vers là qu'il faut aller,
- 32:45vers une conscience européenne ensemble parce que juste la laine française même au niveau national c'est très peu c'est finalement une micro goutte d'eau il faut quand même rappeler que la laine ça représente
- 32:581% seulement des fibres qui sont utilisées sur le marché aujourd'hui donc on se dit 1% c'est un coup toute la laine australienne qui représente
- 33:09les trois quarts de la baisse qui est produite dans le monde.
- 33:14Donc,
- 33:15plus on sera d'acteurs européens,
- 33:17ce serait d'ailleurs davantage massifié,
- 33:20un peu plus la production.
- 33:22D'accord,
- 33:22je comprends mieux.
- 33:24J'avais une question,
- 33:25du coup,
- 33:26je viens de la perdre.
- 33:29Ah,
- 33:29ça y est,
- 33:30ça a l'air que ça bug.
- 33:31Je ne sais plus ce que j'allais vous dire.
- 33:33J'avais une bonne question que j'avais perdue,
- 33:36c'est pas grave.
- 33:37continuons donc du coup on a parlé la laine représente 1% des fibres textiles mondiales l'idée c'est d'aller multiplier le nombre d'acteurs est-ce que avant qu'on passe sur la filière laine en
- 33:53France et plutôt en Europe et ouvrir est-ce qu'on pourrait parler des différentes étapes suite à la tonte donc on a bien compris vous votre particularité c'est que vous travaillez des laines qui sont en fait comme des déchets
- 34:07puisque les animaux sont élevés pour la viande ou pour le lait,
- 34:11vous,
- 34:11ce n'est pas le bon terme.
- 34:12On va dire sous-produit.
- 34:14Vous avez dit déchet tout à l'heure,
- 34:15mais là,
- 34:16le but,
- 34:16c'est que ce soit un sous-produit,
- 34:18un coproduit,
- 34:19on va dire.
- 34:21Ça serait le Graal.
- 34:23Bon,
- 34:23OK.
- 34:24Alors,
- 34:24je coupe parce que je me suis plantée.
- 34:26Donc,
- 34:26un coproduit.
- 34:29Comment vous faites ?
- 34:31Moi,
- 34:31j'ai beaucoup de questions parce qu'il y a plein d'exploitations.
- 34:35Donc les périodes de tonte sont à peu près quasi les mêmes ?
- 34:42C'est une fourchette commune au moins ?
- 34:456 mois à peu près.
- 34:47Ah oui d'accord.
- 34:48Parfois fin décembre dans le sud de la France et vont se poursuivre jusqu'en juin,
- 34:55début juillet.
- 34:57D'accord.
- 34:57Voilà,
- 34:58le gros est concentré.
- 35:00Mais vous avez raison,
- 35:00une grande partie,
- 35:02plus de la moitié va se dérouler au printemps,
- 35:06dans le temps de Sabri en ce moment.
- 35:09D'accord,
- 35:09donc les animaux sont tondus,
- 35:13qu'est-ce qui se passe après en fait ?
- 35:14Comment c'est collecté ?
- 35:16Est-ce que c'est l'agriculteur qui envoie ça à un point particulier ?
- 35:19Est-ce que c'est un canon comme un canon de lait qui passe collecter les oiseaux ?
- 35:25Sachant que vous avez parlé de 500 kilos,
- 35:26il faut quand même être équipé,
- 35:27il faut avoir un système logistique.
- 35:29Comment ça fonctionne ?
- 35:31Alors là encore,
- 35:33il n'y a pas de standard,
- 35:35puisque selon les types de laine,
- 35:39selon l'accessibilité des laines,
- 35:44les exploitations agricoles,
- 35:46en fait,
- 35:47il peut y avoir vraiment des choses très...
- 35:49Les cas de figure sont incomparables.
- 35:52Donc,
- 35:54ce n'est pas l'éleveur qui se déplace.
- 35:56Généralement,
- 35:57on vient plutôt collecter sa laine,
- 35:59même si on a tendance aujourd'hui à voir que peut-être,
- 36:02comme en Grande-Bretagne,
- 36:04ça pourrait être une première étape.
- 36:07qui aiderait,
- 36:09que d'aller déposer sa laine dans des dépôts,
- 36:12mais ne le fait pas beaucoup.
- 36:14Donc c'est souvent soit des collecteurs privés.
- 36:17qui vont passer dans les fermes pour pouvoir ramasser le produit de la tente qui est stocké dans des curons,
- 36:23ce qu'on appelle des curons.
- 36:25C'est d'assez gros sacs avec
- 36:2750-60 kg de laine à l'intérieur chaque fois.
- 36:30Donc ça fait à peu près une dizaine par bergerie.
- 36:34C'est assez volumineux parce qu'on ne la tasse pas beaucoup.
- 36:39On la tasse,
- 36:39on saute à pieds joints sur les...
- 36:43sur les sacs mais bon la laine c'est très expansif et les laines françaises sont reconnues pour ça justement elles ont beaucoup de gonflants ce qui leur confère notamment en literie des usages assez vertueux et
- 36:58ensuite ça peut être également collecté directement par des coopératives ovines par exemple qui vont rendre service à leurs éleveurs en allant chercher cette matière première chez eux pour les débarrasser un peu
- 37:11Il faut dire que notre système fonctionne très mal,
- 37:13parce que ces dernières années,
- 37:15ils sont très très très mal.
- 37:18Depuis que le marché s'est effondré,
- 37:21avec la désorganisation due au Covid.
- 37:26nos éleveurs stockent parfois trois années de comptes consécutives sans avoir d'acheteurs ou d'offres sérieuses en face.
- 37:37Donc,
- 37:39il y a un malfonctionnement,
- 37:41un dysfonctionnement de cette logistique qui est assurée par des collecteurs privés ou des coopératives.
- 37:48Grosso modo,
- 37:49c'est ça.
- 37:50On essaie de mutualiser,
- 37:51c'est-à-dire
- 37:52peut-être la coopérative vient livrer du grain et repart avec les toisons mais encore une fois il n'y a pas vraiment de logistique dans
- 38:07certains cas ce sont les tourbillons qui récupèrent la laine donc il y a vraiment des cas de figures très variés aujourd'hui
- 38:21Voilà,
- 38:21après les étapes suivantes,
- 38:25pour un usage,
- 38:26en fait,
- 38:29depuis quelques années,
- 38:30la laine est classée sous produit animal de catégorie 3,
- 38:35donc avec un risque sanitaire moyen,
- 38:39mais quand même présent.
- 38:42qui fait que si on veut l'utiliser que ce soit même pour faire du paillage sur sa propre exploitation il faut l'hygiéniser d'abord il y a plein de méthodes d'hygiénisation possibles mais le lavage c'est la méthode la plus conventionnelle et
- 39:01le lavage utilise pas mal d'eau pas mal d'énergie puisqu'il faut monter au moins à
- 39:0760°C pendant une heure pour hygiéniser
- 39:10donc la laine contient pas mal de graisse donc il y a un système de saponification qui se met en place et elle génère son propre savon en fait une fois qu'on a lancé ce système mais il faut quand même pas mal de énergie
- 39:26pour la mécanique et pour ce panneau évidemment c'est un maillon très particulier en France parce qu'on a quasiment perdu
- 39:34les acteurs.
- 39:35En tout cas,
- 39:36tous les acteurs industriels ont disparu,
- 39:38ont fermé leurs portes au début des années 2000,
- 39:40en l'année dernière,
- 39:41au milieu des années 2000.
- 39:44Il en reste un,
- 39:45à l'avance,
- 39:46qui est l'avance des évodants,
- 39:49qui est un semi-industriel,
- 39:53on va dire,
- 39:54ou semi-artisanal,
- 39:55avec une capacité extrêmement réduite.
- 40:00On pourrait pas laver,
- 40:01on va se réaliser à quelques mois.
- 40:04En 3-8,
- 40:05pendant toute l'année,
- 40:07ils seraient capables de laver à peu près 2% de la veine française.
- 40:11Ouais,
- 40:11d'accord.
- 40:11Là,
- 40:11ils ne travaillent pas en 3-8.
- 40:13Donc,
- 40:13on va se réaliser à peu près 2%.
- 40:19C'est un maillon qui peut être aussi intéressant si on se place de l'autre côté.
- 40:25C'est-à-dire si on se dit que le fait qu'ils aient tous disparu,
- 40:28et ils ont souvent disparu parce qu'il y avait des contraintes de retraitement des eaux très fortes.
- 40:35très coûteuse sur un maillon,
- 40:38sur une étape finalement qui,
- 40:40à part l'hygiénisation,
- 40:41n'apporte rien en termes de valorisation.
- 40:44Donc c'est ce qui a probablement signé le déclin de nos lavages industriels.
- 40:52Aujourd'hui,
- 40:52il en reste quelques-uns en Proche-Europe,
- 40:54donc en Belgique,
- 40:56en Grande-Bretagne,
- 40:57en Italie,
- 40:58en Espagne,
- 40:59au Portugal.
- 41:02taille assez diverse aussi.
- 41:06Donc il y a quand même une petite capacité de lavage en local,
- 41:10on va dire.
- 41:11Mais c'est tout.
- 41:14et je disais donc que cette méthode qui est la méthode traditionnelle qui utilise beaucoup d'eau,
- 41:21qu'il faut retraiter après qui utilise beaucoup d'énergie si elle a disparu c'est peut-être aussi le moment opportun de la réinventer et donc ça c'est aussi un axe sur lequel le collectif tricolore s'est positionné il y a deux ans nous avons obtenu une aide de la part de France Provence pour
- 41:40nous aider dans cette...
- 41:42top
- 41:43dans cette recherche,
- 41:49avec une technologie un peu,
- 41:52alternative,
- 41:55qui est déjà une technologie qui s'appelle le CO2 supercritique,
- 41:58qui est déjà utilisée dans d'autres secteurs de l'industrie,
- 42:02mais pas dans le lavage de la laine,
- 42:04et qui...
- 42:06peut contribuer à ce lavage sans pour autant consommer autant d'eau,
- 42:13autant d'énergie.
- 42:15Donc là,
- 42:16on est en… les acteurs,
- 42:19nos adhérents qui sont impliqués dans ce développement-là sont en train d'étudier la fusibilité.
- 42:28C'est quoi le principe ?
- 42:30C'est quoi le principe du...
- 42:32Le CO2 supercritique,
- 42:33c'est que,
- 42:35en fait,
- 42:35on nous a souvent appris qu'il y avait trois états solides,
- 42:41liquides,
- 42:41gazeux.
- 42:42En réalité,
- 42:42il y en a quatre.
- 42:43Il y a aussi un état supercritique qui intervient sur les molécules à très forte pression.
- 42:51Donc là,
- 42:51il s'agit en fait de mettre sous CO2 une dimension.
- 42:58et de très forte pression pas forcément pas obligé de générer de la chaleur et ça va en fait permettre d'exprimer une grande partie des matières organiques qui sont dans le poison
- 43:18et ça n'abîme pas la laine ?
- 43:22Non,
- 43:23d'accord.
- 43:24C'est ce qu'il a fallu vérifier en laboratoire.
- 43:25Donc on a fait un peu toutes les recherches labo,
- 43:32et aujourd'hui on est en phase d'industrialisation,
- 43:35enfin les acteurs sont en phase d'industrialisation,
- 43:38donc on espère très fortement que d'ici peut-être deux ans,
- 43:43on pourrait avoir...
- 43:46un lavage qui serait d'un nouveau type avec des impacts environnementaux bien moindres ce qui nous ce qui nous permettrait d'être encore plus de s'inscrire encore mieux en fait dans
- 44:00cette transition environnementale qui est à l'oeuvre et pour laquelle la laine pourrait jouer un rôle intéressant
- 44:12alors du coup ce serait un pardon il y a un décalage,
- 44:16allez-y si je continue dans la filière les étapes qui suivent le lavage là elles sont diverses il ne faut pas imaginer la filière laine comme une filière très linéaire je préfère parler des filières laines parce que elles
- 44:33sont très variées très imbriquées les unes dans les autres avec des
- 44:40des étapes qui donnent lieu à des écarts je pense par exemple souvent l'étape suivante c'est le cardage peignage
- 44:52au cardage,
- 44:53on a des pertes,
- 44:54au peignage également,
- 44:55mais ce ne sont pas forcément des pertes,
- 44:57parce que les pertes d'une filière peuvent devenir les produits d'une autre.
- 45:02Donc là aussi,
- 45:03on a tout à gagner à reconstruire un écosystème complet,
- 45:07parce que plus on valorisera,
- 45:09moins il y aura de pertes,
- 45:10et parce qu'on valorisera mieux les coproduits à chaque stade de la transformation.
- 45:18on arrivera à valoriser la matière auprès des éleveurs.
- 45:23Donc c'est important de considérer cette pluralité des transformations.
- 45:29Et après,
- 45:30une fois qu'on a cardé,
- 45:32on peut peigner si on veut faire un film,
- 45:37on peut aiguïter si on veut faire des matelas par exemple,
- 45:41on peut feutrer si on veut faire du feutre pour des usages.
- 45:45plus technique ou même pour des usages un peu design en défaut.
- 45:51Après,
- 45:52sur les étapes de filature,
- 45:55si on reste sur le fil,
- 45:57il y a des filatures peignées ou des filatures cardées.
- 46:01C'est des types de filatures différentes qui donnent des résultats de fils différents pour des usages différents.
- 46:09Donc là,
- 46:09encore,
- 46:10il faut quelque part,
- 46:11presque parfois,
- 46:12réinventer l'usage de la laine dans ces métiers,
- 46:15parce qu'on a des entreprises en France qui...
- 46:18qui ont pu être spécialistes de la laine il y a
- 46:2250 ans,
- 46:23mais qui se sont beaucoup tournés ces dernières décennies vers d'autres types de fibres,
- 46:29synthétiques en particulier,
- 46:31qui ne nécessitent pas autant d'excellence et de connaissances que les matières naturelles.
- 46:39Les matières naturelles,
- 46:40c'est complexe en fait,
- 46:41parce que...
- 46:43la météo,
- 46:44le taux d'hygrométrie,
- 46:46tout peut influer,
- 46:47en fait,
- 46:47c'est aussi vrai pour les colorants naturels,
- 46:51mais tout peut influer sur les réglages des machines,
- 46:58sur le résultat final.
- 47:00Donc,
- 47:00ça demande une connaissance très fine,
- 47:02en fait,
- 47:04des process de transformation,
- 47:05des machines,
- 47:06de la conduite des machines.
- 47:08Et là,
- 47:09c'est là où...
- 47:10Finalement,
- 47:11notre premier écueil,
- 47:12c'est la formation,
- 47:13c'est la transmission de certaines connaissances,
- 47:16de certains savoir-faire,
- 47:18parce que plusieurs décennies à se consacrer à la transformation d'autres fibres font que l'haleine est très méconnue.
- 47:30et quand je dis la laine la seule laine qui est connue c'est quelque part c'est la laine mérinoise standardisée qui arrive d'Australie là il faut apprendre à connaître des catégories de laine française qu'on
- 47:44n'avait jamais testé en fait que nos industriels ces dernières 50-100 ans n'ont jamais testé en fait donc il y a un vrai challenge aussi de collectif d'innovation,
- 47:57de
- 47:58R&D
- 47:59qui doit se faire et ça c'est aussi dans le dialogue parce qu'un certain type de lavage peut permettre un certain type de transformation un certain type de filature peut permettre un certain type de trottage ou de tissage donc
- 48:13ça demande aux acteurs de se syntoniser entre eux pour mettre au point des produits à chaque étape de la filière qui soient en route
- 48:25les utilisables possibles,
- 48:27les mieux possibles pour les maillons suivants.
- 48:30Donc,
- 48:30c'est là où on voit que cette chaîne est assez longue,
- 48:35qu'elle peut être assez complexe,
- 48:36parce qu'après,
- 48:37du foulateur,
- 48:38on va passer chez des tricoteurs ou des tisseurs.
- 48:42Il va falloir aussi inclure des étapes d'ennoblissement.
- 48:45Alors,
- 48:45ça peut être la teinture,
- 48:46bien sûr.
- 48:47Alors,
- 48:47la laine,
- 48:49elle est parfaite pour...
- 48:53elle se teint très facilement historiquement sur les colorants naturels on a des archives incroyables avec des coloris somptueux et très profonds mais
- 49:09elle se teint très bien également avec des procédés chimiques pétrochimiques actuels mais il y en a un qui est très bien
- 49:21Voilà,
- 49:22c'est encore une fois,
- 49:23il faut savoir maîtriser ces effets de teinture ou d'ennoblissement quels qu'ils soient.
- 49:29On peut foulonner la laine,
- 49:31on peut la faire fêtrer,
- 49:33on peut l'émériser,
- 49:34on peut faire plein de choses.
- 49:36Mais encore faut-il adapter les réglages des machines à ces laines françaises.
- 49:45C'est tout l'art que déploie actuellement une grande partie de nos adhérents.
- 49:51D'accord.
- 49:52Et justement,
- 49:53je voulais savoir,
- 49:54les utilisations principales de la laine aujourd'hui,
- 49:57c'est quoi avec le collectif tricolore ?
- 49:59C'est principalement une débouchée textile ou il y en a plusieurs ?
- 50:05Non,
- 50:05on a,
- 50:06bon alors en majorité,
- 50:07c'est vrai qu'on a beaucoup de marques inscrites qui vont utiliser les laines françaises dans un but de développer des produits d'habillement,
- 50:19des accessoires ou des vêtements,
- 50:23mais on sait par expérience,
- 50:25enfin on sait par analyse que ça va correspondre finalement à un pourcentage de...
- 50:31de notre gisement global qui est très faible peut-être 10,
- 50:3615% dans le temps mais pas beaucoup plus on a aussi pas mal d'adhérents qui sont issus du monde de la literie ça a été d'Iber par exemple qui a développé un matelas qui
- 50:51utilise une grande partie de l'âne avec la marque Kepeda qui également a mis en place
- 51:01on a en place un sourcing tracé pour s'assurer que demain leur utilisation de fibres naturelles seront purement françaises quels qu'elles soient ils ont aussi le lin pour ne pas tomber dans leur stop donc
- 51:21c'est intéressant
- 51:25voilà après là on vient de lancer un groupe de travail sur les géotextiles avec plusieurs de nos adhérents qui s'intéressent à la question pour mettre à profit d'autres l'aspect
- 51:41notamment biodégradable de la laine le fait qu'elle contienne également beaucoup d'azote ce qui est enrichissant en fait pour les plantes donc c'est une sorte d'engrais naturel on va dire
- 51:54voilà donc il y a des choses et puis aussi j'ai parlé des coproduits des toisons aussi des startups qui nous rejoignent avec l'idée de tirer profit différemment en fait avec
- 52:09des usages très innovants en fait de l'haleine ou des toisons comme quoi par exemple ?
- 52:18l'usage de la kératine d'accord
- 52:24des azotes il y a plein de composés qu'on peut extraire en fait de laine ou d'étoison selon le cas ok c'est hyper intéressant du coup j'arrivais à la partie sur vos
- 52:40partenaires en France et ailleurs et venir sur comment se porte la filière laine en France,
- 52:48un petit peu sa place ses volumes et cette notion d'Europe qui est
- 52:53Plus importante,
- 52:54j'ai l'impression,
- 52:55sur les fibres naturelles,
- 52:56parce que,
- 52:56pareil,
- 52:56sur le chanvre,
- 52:57il y avait une notion de gagner une échelle supplémentaire,
- 53:01de mutualiser les outils,
- 53:02de mutualiser les...
- 53:03Et en fait,
- 53:04j'ai l'impression que c'est...
- 53:05Dans le discours,
- 53:05j'entends à peu près les mêmes problématiques.
- 53:07Donc voilà,
- 53:07ça m'intéresserait de savoir,
- 53:09vos partenaires en France et plus loin,
- 53:12on en a quand même cité pas mal d'acteurs,
- 53:14et comment se porte la filière laine en France et les avantages à avoir une vision plus globale européenne.
- 53:26La filière française,
- 53:28nous au-delà de nos adhérents,
- 53:30donc une soixantaine d'adhérents,
- 53:32on a aussi quelques partenaires qui sont souvent des territoires,
- 53:36qui ont envie de s'engager pour accompagner les acteurs,
- 53:40faire partie de ces mouvements.
- 53:43Donc ça peut générer des emplois,
- 53:45ça peut générer une visibilité aussi pour un territoire.
- 53:50une résonance avec la culture locale,
- 53:53le météorisme.
- 53:54Donc,
- 53:55c'est vraiment...
- 53:57Les cuillères de noix sont très imbriquées finalement à l'économie culturelle,
- 54:04à la société de manière générale.
- 54:06Donc,
- 54:07c'est sous cet angle-là.
- 54:11Ensuite,
- 54:13on établit en ce moment pas mal de partenariats...
- 54:17Je pense avec nos homologues ailleurs en Europe,
- 54:22avec des pays comme l'Irlande,
- 54:23la Grande-Bretagne,
- 54:25la Belgique,
- 54:26l'Espagne,
- 54:28qui réfléchissent également.
- 54:30Alors,
- 54:31la Grande-Bretagne s'est bien avancée,
- 54:34parce qu'ils sont très bien structurés,
- 54:37mais justement,
- 54:38ils souhaiteraient que le reste de l'Europe se structure également,
- 54:41parce que...
- 54:44plus il y aura de l'aime qui sera mieux traité,
- 54:47mieux valorisé,
- 54:47de meilleure qualité.
- 54:51la rémunération sera conséquente les prix seront conséquents aujourd'hui le fait qu'il y ait pléthore de possibilités pour acheter de la laine à bas coût de mauvaise qualité ça tient le marché vers le bas donc
- 55:07c'est important de s'inscrire dans un mouvement plus vaste et d'être bien conscient que l'échelle nationale elle est toute petite,
- 55:17elle est minuscule et que si on veut
- 55:21avoir une vraie voix et un vrai impact.
- 55:26Peut-être à l'image,
- 55:27vous avez cité le chambre,
- 55:28mais je citerai le lin européen qui est très bien structuré aussi depuis les années 50.
- 55:37Ça fait que,
- 55:38du coup,
- 55:40ils ont une force qui est de structuration qui va créer des transformations pro-locaux.
- 55:52Donc l'union fait la force et je crois beaucoup que pour la laine,
- 55:57cette union doit être européenne parce qu'on est dans un cadre commun de valeurs,
- 56:04à la fois parce que tous nos éleveurs sont soumis aux aides de la PAC,
- 56:10la politique agricole commune,
- 56:13avec des cahiers des charges qu'ils doivent respecter.
- 56:18notamment d'un point de vue social ou même bien être animal donc on est déjà soumis à des règles qui ne sont pas valorisées pour la laine mais qui pourraient être et c'est ce que l'on souhaite faire parce que finalement c'est facile ça existe déjà,
- 56:32nos éleveurs font déjà des efforts pour la viande,
- 56:35pour le lait et ces efforts là ils sont aussi valables pour le coproduit de laine donc ça c'est un bon point et puis aussi pour les étapes de transformation parce que
- 56:48toutes nos entreprises sont également soumises à des traitements des os par exemple qui sont interdits dans le sur le périmètre de la oui
- 57:03riche par exemple mais il y a beaucoup tous les labels et toutes les certifications ouais d'accord
- 57:12Donc tout ça fait que plus aussi je dirais toute une démarche de décarbonation qui est entreprise aujourd'hui par le monde de l'élevage et par le monde de l'industrie aussi.
- 57:23Donc voilà,
- 57:24on voit bien que tout converge un peu et que dans un cercle européen,
- 57:33on partage ces valeurs-là,
- 57:34on va dans le même sens.
- 57:36Donc finalement…
- 57:38pourquoi pas réussir à labelliser ces laines européennes d'une certaine manière d'accord on sait que ça va être une façon de rajouter cette piste là si
- 57:53on ne veut pas que ce soit
- 57:55supporté par un petit nombre,
- 57:58il faut découper le coût en plus grand nombre.
- 58:03Donc,
- 58:03travailler ensemble de concert sur une vision européenne,
- 58:09ça serait sans doute ce qui pourrait nous arriver de mieux et de plus impactant à court terme.
- 58:16d'accord ok et sinon point de vue j'entends moi mais je sais pas ce que vous en pensez qu'il y a quand même un redémarrage ou en tout cas une réactivation sur la filière laine est-ce que ça vous le ressentez ou c'est juste ou
- 58:32pas comment vous sentez un peu cette filière bah depuis 2018 je pense que on a commencé à le ressentir mais on y contribue également enfin
- 58:44dans une large mesure en étant présents sur les salons en étant présents à travers nos membres et chacun leur réseau ça permet vraiment de faire rayonner au maximum ce qui se fait les
- 59:00avancées individuelles de chacun et d'entreprendre des projets collectifs qui sont gagnants donc oui c'est sûr,
- 59:10je pense qu'on bénéficie comme je le disais tout à l'heure
- 59:14d'un réintérêt de la fabrication locale qui se double d'un réintérêt pour les biomatériaux quels qu'ils soient et donc la laine rentre finalement,
- 59:27là on cumule les deux donc c'est vrai qu'on coche pas mal de cases donc c'est vrai que ça attive
- 59:40pas mal d'intérêt après ce qui est complexe c'est de faire converger cet intérêt cette attraction avec la réalité du marché,
- 59:53les coûts la chaîne de transformation que je vous ai décrite elle est longue donc elle est coûteuse la mène c'est cette fois plus simple que le coton et en plus aujourd'hui c'est très facile de se fournir en fibre
- 1:00:06qui arrivent de l'autre bout de la planète,
- 1:00:08qui sont cultivées ou produites dans des conditions qui ne sont pas du tout celles de la communauté européenne,
- 1:00:17et qui,
- 1:00:17voilà,
- 1:00:18on a des scandales chaque semaine.
- 1:00:22Donc,
- 1:00:22c'est...
- 1:00:26mais pourtant,
- 1:00:27nous sommes en concurrence quand même avec toutes ces autres fibres,
- 1:00:31toutes ces autres sources possibles,
- 1:00:33et c'est souvent le prix qui est un souci.
- 1:00:36Même si on ne revalorise pas auprès des éleveurs,
- 1:00:39eh bien,
- 1:00:40toutes les étapes de logistique,
- 1:00:41de transformation sont en droit,
- 1:00:45vu qu'elles sont réalisées en local,
- 1:00:47qui bien sûr est bien plus supérieure à...
- 1:00:52d'autres filières organisées différemment ailleurs.
- 1:00:59D'accord,
- 1:00:59c'est hyper clair.
- 1:01:01Est-ce que vous auriez un...
- 1:01:04En gros,
- 1:01:04quels sont les prochains projets pour le collectif tricolore et qu'est-ce que vous,
- 1:01:10vous souhaitez personnellement à la filière laine pour les années à venir ?
- 1:01:16Alors,
- 1:01:17nos prochaines étapes,
- 1:01:18c'est...
- 1:01:20C'est en particulier de réussir un peu le lien avec nos partenaires européens et de pouvoir...
- 1:01:30implémenter au maximum les outils qu'on a développés,
- 1:01:34notamment l'outil digital,
- 1:01:37faire en sorte qu'il soit le mieux compris par l'ensemble des maillons,
- 1:01:42parce que ce n'est pas facile.
- 1:01:44Les Français adorent la nouveauté,
- 1:01:46mais ils détestent le changement.
- 1:01:47Donc,
- 1:01:49ça ne va pas forcément être très simple de...
- 1:01:56de faire la promotion de cet outil.
- 1:01:57C'est pour ça qu'on voudrait qu'il soit le plus gratuit possible,
- 1:02:01en tout cas pour les éleveurs,
- 1:02:02ça c'est certain,
- 1:02:03mais le moins coûteux possible,
- 1:02:06pour que ça ne soit pas un frein à son usage,
- 1:02:09et qu'on puisse enfin avoir une photographie de ce qu'est ce gisement.
- 1:02:14qui est méconnu.
- 1:02:17Aujourd'hui,
- 1:02:17les éleveurs ont le droit d'élever un peu les races qu'ils souhaitent.
- 1:02:22Ils déclarent le nombre de têtes,
- 1:02:24mais pas nécessairement les ronces.
- 1:02:26et pas les croisements donc ils ont tout à fait le choix de faire les croisements qu'ils veulent et en fait dans les races les croisements,
- 1:02:35les conduits de délevage ce sont que des paramètres qui ont une importance très forte sur la qualité de la laine la typologie de la laine qu'on va obtenir à la fin,
- 1:02:47une même race dans deux modes de délevage c'est pas la même laine donc tout ça en fait,
- 1:02:53toutes ces données
- 1:02:56tant qu'on les a pas en fait on est obligé de faire ce qu'on fait c'est à dire on mélange le pire et le meilleur parce que c'est connecté à proximité et ça tire tout vers le bas
- 1:03:07donc voilà,
- 1:03:08ça c'est vraiment un challenge pour les années à venir c'est à dire à quel point on va réussir à implanter l'usage d'un outil digital alors paradoxalement c'est pas tellement le monde de l'élevage qui m'inquiète parce qu'en fait le monde de l'élevage il est déjà pas mal digitalisé pour les produits lait et viande finalement
- 1:03:29c'est pas là où il y a la...
- 1:03:33à mon avis,
- 1:03:34où il y aurait le plus de freins.
- 1:03:35En revanche,
- 1:03:37sur la collecte,
- 1:03:39c'est là où,
- 1:03:40en fait,
- 1:03:42on passe dans une boîte noire aujourd'hui,
- 1:03:45où on perd la salarité parce que,
- 1:03:50voilà,
- 1:03:50c'est une maudité.
- 1:03:51Oui.
- 1:03:56Que ce soit,
- 1:03:58mais,
- 1:03:58en tout cas,
- 1:04:01ça génère,
- 1:04:01oui,
- 1:04:03plein d'inconnus,
- 1:04:04des mélanges qui sont bénéfiques sur un marché mondialisé à bas coût,
- 1:04:13de gros volumes à très bas coût,
- 1:04:14puisqu'aujourd'hui,
- 1:04:16si on regarde les chiffres des douanes,
- 1:04:17on exporte notre laine,
- 1:04:20les chiffres de l'an dernier montraient 75% de la laine exportée vers la Chine,
- 1:04:27à 1 euro à peu près.
- 1:04:33Il est payé en ce moment 10 centimes aux élevages.
- 1:04:41c'est un marché de gros,
- 1:04:42de volume,
- 1:04:44à très bas coût.
- 1:04:48Il faudrait rémunérer les éleveurs à 1 euro à peu près pour leur permettre d'arriver à couvrir les frais de compte dans la plupart des cas.
- 1:05:00Donc,
- 1:05:011 euro par kilo,
- 1:05:02ça veut dire 2 euros par brebis.
- 1:05:07puisqu'il y a à peu près 2 kilos sur une brebis.
- 1:05:10Donc,
- 1:05:10voilà,
- 1:05:12on est loin d'en être là.
- 1:05:17Et donc,
- 1:05:18voilà.
- 1:05:19Donc,
- 1:05:19c'est plutôt les maillons suivants,
- 1:05:21en fait,
- 1:05:21qui ne sont pas trop habitués à la sensibilité,
- 1:05:23à la sensibilité et à la digitalisation,
- 1:05:27parce que c'est incroyable.
- 1:05:29Ces ballots se transportent avec des petits papiers.
- 1:05:35agrafés,
- 1:05:36qui se détachent,
- 1:05:38remplis à la main.
- 1:05:40C'est quelque part très archaïque.
- 1:05:43Là aussi,
- 1:05:43il y a un vrai challenge,
- 1:05:45c'est de pouvoir moderniser cette collecte,
- 1:05:48moderniser les pratiques pour les rendre plus actuelles,
- 1:05:52pour les fluidifier,
- 1:05:53pour pouvoir faire des économies d'échelle aussi,
- 1:05:55qui seront bénéfiques à tout le monde.
- 1:05:57Un top.
- 1:06:00Voilà,
- 1:06:00je pense que c'est un peu les deux grands axes.
- 1:06:05la digitalisation de la filière et l'amélioration de la collecte.
- 1:06:11Et puis le lien à l'Europe avec une vision plus ample sur les questions de responsabilité.
- 1:06:19Je pense que c'est vraiment incontournable.
- 1:06:23c'était top ma dernière question du coup Pascal c'est si vous aviez quelqu'un que vous aimeriez que j'aille interroger sur cette filière laine à qui vous aimeriez passer le micro pour que j'aille pareil poser ce genre de questions et continuer à approfondir ou
- 1:06:38amener un regard différent ou une spécificité à qui vous aimeriez que j'aille voir
- 1:06:48J'ai commencé par le citer.
- 1:06:51Éric Carlier ?
- 1:06:52La boucle de l'aile serait bouclée.
- 1:06:55Même s'il n'aime pas tellement donner des interviews,
- 1:06:58je dirais effectivement Éric Carlier parce que lui,
- 1:07:01la laine,
- 1:07:04il l'appréhende de manière directe.
- 1:07:08C'est un prix de connaissance qu'il s'est constitué.
- 1:07:11Voilà.
- 1:07:16C'est quelqu'un qui parle très bien de son métier avec beaucoup de passion.
- 1:07:22Je vous encouragerai effectivement à passer à un rencontre et pouvoir échanger avec lui sur ce qu'il doit être intéressé à cette matière.
- 1:07:35Il a beaucoup travaillé le mohair pendant longtemps,
- 1:07:37il travaille toujours,
- 1:07:39mais il doit avoir un grand but.
- 1:07:45son métier,
- 1:07:46ses tests,
- 1:07:48quelqu'un qui est vraiment férue de tester des choses.
- 1:07:55Ce qu'il déteste le plus,
- 1:07:56c'est de refaire deux fois la même chose.
- 1:07:59Donc tester une nouvelle race,
- 1:08:01une nouvelle...
- 1:08:03un nouveau mélange un nouveau type de tissage c'est un centre je pense pour lui de recherche et développement qui le passionne et le fait que ça parte du lien avec les éleveurs je crois ça
- 1:08:20le rend très concret,
- 1:08:21très humain mais il en parlera mieux que moi
- 1:08:26Ok, bon bah écoutez j'irai contacter Eric Carlier est-ce que vous avez un mot de la fin Pascal ou vous voulez qu'on s'arrête là ?
- 1:08:34Le mot de la fin,
- 1:08:36je n'ai pas réfléchi,
- 1:08:37alors vous me prenez un peu de cours.
- 1:08:40Ça peut être quoi le mot de la fin ?
- 1:08:41Non,
- 1:08:41il n'y a pas de fin,
- 1:08:42c'est une filière sans fin.
- 1:08:45Il ne faut surtout pas s'arrêter en fait,
- 1:08:46c'est ça que je dirais.
- 1:08:47Ce n'est pas facile,
- 1:08:48ça ne marche pas du premier coup l'haleine,
- 1:08:51parce qu'on la connaît mal,
- 1:08:52parce que c'est une matière vivante.
- 1:08:55mais il ne faut surtout pas s'arrêter il ne faut pas lâcher je pense que ce travail de structuration si on ne le pratique pas là maintenant
- 1:09:065 ans on en a perdu ils sont déjà souvent retraités comme ça peut être
- 1:09:14qui n'est pas à la retraite,
- 1:09:15mais qui est largement en âge d'y être.
- 1:09:21Et si on perd cette connaissance-là,
- 1:09:23sans passage de relais,
- 1:09:25parce qu'il n'y aurait pas d'intérêt de la part du marché,
- 1:09:28de la part des consommateurs,
- 1:09:30on va perdre une grande part de notre culture.
- 1:09:34Et surtout une grande part de potentiel économique,
- 1:09:36d'emploi,
- 1:09:38de biens au sein de la cuillère.
- 1:09:41c'est de faire un lien,
- 1:09:44un dialogue entre la population la plus rurale et la population la plus urbaine.
- 1:09:55C'est magique,
- 1:09:57ça fait la laine,
- 1:09:58ça fait société.
- 1:10:00C'est ça.
- 1:10:03Ok,
- 1:10:03merci beaucoup Pascal.
- 1:10:06Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 1:10:10ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:10:16Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:10:24C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale