Latest / Archives / Le massacre d’Utøya (une île piégée)
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- 0:07La Norvège, c'est un pays où la vie est douce.
- 0:11Les fjords s'étirent jusqu'à la mer, les montagnes plongent dans
- 0:15l'eau et les villes sont calmes, presque endormies.
- 0:19L'été, les journées semblent ne jamais finir.
- 0:22La lumière dorée se reflète sur les lacs.
- 0:24Les familles se promènent en bord de mer.
- 0:26Et le silence n'est troublé que par le cri d'une mouette.
- 0:33Dans ce pays de 5000000 d'habitants, la criminalité est
- 0:37presque inexistante. Ici, on se sent en sécurité.
- 0:40Ce 22 juillet 2011, tout semble paisible.
- 0:43À Oslo, la capitale. Les employés du gouvernement
- 0:46travaillent tranquillement. Les rues sont calmes, à 40 km de
- 0:51là, sur une petite île boisée appelée Utoya.
- 0:55Des dizaines d'adolescents participent à un camp d'été
- 0:57organisé par le parti travailliste norvégien.
- 1:00Ils discutent politique, jouent au foot, se baignent pour eux.
- 1:04C'est juste une parenthèse joyeuse, loin du monde des
- 1:08adultes. Mais personne ne le sait encore.
- 1:12Dans quelques heures, le pays entier va basculer dans
- 1:15l'horreur et ce jour-là restera gravé dans l'histoire.
- 1:54Il est un peu plus de 15h30 à Oslo, dans le centre ville, tout
- 1:58est calme. C'est l'été.
- 1:59Beaucoup de Norvégiens sont en vacances.
- 2:02Les ministères tournent au ralenti, les rues sont presque
- 2:05vides. Et puis un bruit sourd, un
- 2:11souffle, un grondement. Qui fait vibrer le sol en une
- 2:25fraction de 2nde. Les vitres explosent, un nuage
- 2:28noir s'élève au-dessus de la capitale, des voitures sont en
- 2:31feu, des passants couverts de poussière se mettent à courir
- 2:35sans même comprendre ce qui se passe.
- 2:36Certains croient à un tremblement de terre, d'autres à
- 2:39une explosion de gaz. Mais très vite, la réalité
- 2:42frappe. Une bombe vient d'exploser.
- 2:53Le souffle a éventré les façades autour du siège du gouvernement,
- 2:58là même où travaille le Premier ministre.
- 3:00Le bilan est terrible, 8 morts, des dizaines de blessés.
- 3:05Oslo, d'ordinaire si paisible, ressemble soudain à une zone de
- 3:09guerre. La police boucle les rues, les
- 3:12sirènes hurlent dans tous les sens à la télévision, les
- 3:15programmes sont interrompus. Une explosion a frappé le cœur
- 3:19d'Oslo. Personne ne sait encore s'il
- 3:21s'agit d'un attentat ou d'un accident.
- 3:24Mais une chose est sûre, la peur vient de s'abattre sur la
- 3:27Norvège, à une quarantaine de kilomètres
- 3:44d'Oslo, loin du chaos qui secoue la capitale.
- 3:47L'été continue tranquillement sur le lac Thierry Fjorden, une
- 3:51petite île verte flotte au milieu de l'eau.
- 3:54Utoya, elle ne fait même pas 500 M de long.
- 4:05Mais pour les jeunes qui y viennent chaque année, c'est un
- 4:08petit paradis. Ce jour-là, plus de 500 ados
- 4:11débarquent pour le grand camp d'été du parti travailliste
- 4:14norvégien. En gros, c'est le grand parti de
- 4:18gauche du pays, celui qui défend l'égalité et ce fameux modèle
- 4:21norvégien où tout le monde doit avoir sa chance.
- 4:23Sur l'île, l'ambiance est joyeuse, des tentes colorées
- 4:27plantées un peu partout, des drapeaux qui flottent au vent,
- 4:30des éclats de rire qui se mêlent aux accords de Guitare.
- 4:32Pour beaucoup, ce camp, c'est le moment le plus attendu de
- 4:36l'année. On y vient pour se faire des
- 4:38potes, débattre, refaire le monde autour d'un feu de camp
- 4:41parce que ces ados là ne sont pas juste en colonie de
- 4:44vacances. Ce sont des jeunes militants qui
- 4:47croient à une Norvège ouverte, solidaire, où chacun à sa place.
- 4:51Les journées passent entre ateliers politiques, match de
- 4:54foot improvisé et veiller sous les étoiles.
- 4:57C'est une bulle d'optimisme, une jeunesse qui imagine un futur
- 5:00plus juste. Il est environ 17 h quand
- 5:02l'ambiance change. Une rumeur court, une bombe a
- 5:09explosé à Oslo, sur l'île, on reste sur le qui vive.
- 5:13Mais tout paraît encore sous contrôle.
- 5:15Au loin, on entend le moteur du petit ferry qui fait la navette.
- 5:19À bord, un homme en uniforme de policier.
- 5:22Les animateurs soufflent un peu, la police est là, la sécurité
- 5:27est assurée. Ils s'avancent vers le quai pour
- 5:30l'accueillir. Sauf que personne ne sait encore
- 5:34que l'été vient de basculer. Cette personne, ce n'est pas un
- 5:39policier. 16h57, le ferry Accoste doucement au quai du
- 5:53Toya. L'homme en uniforme de policier
- 5:56pose le pied sur l'île. Tout le monde croit voir un
- 5:59sauveur. La bombe d'Oslo a semé la
- 6:02panique jusque dans ce petit coin de paradis et un policier
- 6:05venu assurer la sécurité semble logique.
- 6:09Mais à peine quelque part sur la terre ferme.
- 6:13Le piège se referme sans un mot. L'homme sort une arme
- 6:16automatique et ouvre le feu à bout portant.
- 6:19La première balle frappe Tron Bernson, 51 ans, agent de
- 6:23sécurité bénévole du camp. Il s'écroule sans avoir pu
- 6:28réagir. La 2nde Rafale atteint Monica
- 6:36Bessai, 45 ans, responsable de l'île, surnommée la mère
- 6:40d'Utoya. Elle meurt sur le quai qu'elle a
- 6:44foulé des centaines de fois. En quelques secondes, l'île
- 6:48bascule en enfer. Il faut s'imaginer une petite
- 6:51île isolée, aucun échappatoire et un seul homme armé qui se met
- 6:56à tirer sur tout. Il était habillé en policier et
- 7:00tenté d'agir comme s'il était là pour nous aider.
- 7:05Le camp d'été joyeux se transforme en cauchemar.
- 7:08Les rires sont remplacés par des hurlements.
- 7:10Les adolescents courent dans tous les sens.
- 7:13Certains se jettent derrière les arbres, d'autres vers les
- 7:15cabanes ou encore les tentes. Les gens se faisaient tirer
- 7:18dessus, alors ils ont commencé. À sauter par les fenêtres et à
- 7:21courir partout, ils. Couraient pour survivre.
- 7:24L'homme avance, méthodique. Chaque mouvement est calculé.
- 7:28Il vise les jeunes qui fuient et tire sans hésiter.
- 7:31Le bruit sec des tirs résonne. Chaque détonation est un coup de
- 7:35tonnerre dans le silence des fjords.
- 7:4817h05, les survivants s'éparpillent dans la forêt.
- 7:52Certains se précipitent dans le lac glacé, tentant de rejoindre
- 7:56la rive à 600 M. Ils nagent en plein désespoir.
- 8:00Alors que les balles Sifflent sur l'eau, on voit que la
- 8:05personne va vers l'eau et commence à tirer.
- 8:08Vers les personnes alors on voit que les personnes coulent un par
- 8:11un sur l'île. Les coups de feu s'accompagnent
- 8:14de cris et d'appels à l'aide. Les jeunes se barricadent dans
- 8:16les cabanes, sous les lits, derrière les rochers.
- 8:19Beaucoup appellent leurs parents ou la police, parfois pour dire
- 8:23adieu. Y avait du monde ici, donc c'est
- 8:27très. C'était très très difficile de
- 8:31s'en échapper. Le tueur avance lentement, comme
- 8:34en terrain conquis. Il vise chaque silhouette qui
- 8:37bouge. Au même moment, à Oslo, les
- 8:40forces de l'ordre commencent à comprendre que le même homme
- 8:43pourrait être derrière la bombe et cette fusillade.
- 8:46Mais utoya est une île. Il faut organiser une
- 8:49intervention. 17h20, le tueur parcourt l'île comme un
- 8:56prédateur. Il marche lentement.
- 9:00Prend le temps de tirer une nouvelle fois sur les corps déjà
- 9:02au sol pour être sûr de son coup.
- 9:04Souvent, après un temps calme, il hausse la voix et se présente
- 9:08comme un policier en faisant croire que l'attaque est enfin
- 9:10finie, uniquement pour les faire sortir des cachettes avant de
- 9:14tirer. Le massacre continue sur l'île.
- 9:17Chaque bruit de pas, chaque craquement de branches glace le
- 9:21sang. Dans le lac, des dizaines
- 9:23d'adolescents nagent pour leur vie.
- 9:25Leur chaussure est vêtement lourd, les ralentissent dans une
- 9:27eau glaciale. À chaque tir qui résonne, ils
- 9:30craignent que la prochaine balle frappe l'eau à côté d'eux.
- 9:3717h30, les habitants du continent voient des silhouettes
- 9:41dans le lac. Certains prennent leur bateau
- 9:43privé pour sauver les adolescents, bravant les tirs
- 9:46qui résonnent toujours. 17h50, ça fait près d'une heure que la
- 9:56fusillade dure et sur la terre ferme.
- 9:59L'homme armé continue sa lente progression, cherchant
- 10:02méthodiquement ses proies. J'ai vu un tas de personnes
- 10:05mortes. Le tireur s'approchait de plus
- 10:08en plus de là où j'étais. Certains, terrorisés, se
- 10:11couchent à côté de leurs amis tombés à terre, espérant que le
- 10:14tueur les croira déjà morts. Parfois même, des survivants se
- 10:18glissent sous des corps sans vie pour se fondre dans le silence
- 10:21morbide de l'île. Le piège du toya est total, une
- 10:25île isolée, un seul homme armé. Aucune issue.
- 10:4918h27, après 72 Min d'horreur, la police d'élite arrive enfin.
- 10:56L'homme se rend sans résistance, comme s'il avait déjà accompli
- 10:59sa mission. Nous avons.
- 11:01Débouché dans la forêt et nous sommes tombés sur un tireur, les
- 11:05mains sur la tête. Nous l'avons appréhendé de façon
- 11:08normale. Ces armes étaient posées au sol,
- 11:10à 50 M de là. Au total, 69 personnes ont été
- 11:14tuées sur utoya, la plupart des adolescents.
- 11:31Les survivants sortent tétanisés, tremblant, certains
- 11:35couverts de sang, d'autres en hypothermie, après plus d'une
- 11:38heure dans l'eau glaciale. Utoya vient de subir le pire
- 12:06massacre que la Norvège ait connu depuis la 2nde Guerre
- 12:08mondiale. Quand les policiers le
- 12:24menottent, il est d'un calme glaçant.
- 12:28Pas un cri, pas un geste de panique.
- 12:31L'homme qui vient de semer la mort se laisse arrêter, presque
- 12:34avec soulagement. Et là, la Norvège découvre enfin
- 12:38son visage. Anders Bering Breivik, 32 ans un
- 12:43type banal en apparence, un norvégien comme les autres.
- 12:48Mais derrière ce visage lisse se cache un fanatique.
- 12:52Breivik s'est radicalisé tout seul, enfermé des années dans sa
- 12:56chambre, il passe ses journées sur des forums néonazis, se
- 12:59nourrit de théories complotistes sur l'invasion musulmane et le
- 13:03grand remplacement. Et son pire ennemi, c'est le
- 13:06parti travailliste, le grand parti de gauche du pays, celui
- 13:09qui défend la solidarité et une Norvège ouverte sur le monde.
- 13:13Pour lui, ces valeurs sont une trahison.
- 13:16Et Breivik ne se contente pas de râler derrière son écran pendant
- 13:20des années. Il prépare son passage à l'acte.
- 13:23Il rédige un manifeste délirant de 1500 pages qu'il appelle
- 13:262083, une déclaration d'indépendance européenne.
- 13:28C'est un mélange de morceaux d'autres textes extrémistes, de
- 13:32théories racistes et même de tutos pour fabriquer des
- 13:36explosifs. Tout ce qu'il décrit, il le met
- 13:39en pratique, il achète des armes et un gilet pare balles.
- 13:42Il loue une ferme isolée pour préparer sa bombe en toute
- 13:45discrétion. Pendant des mois, il Assemble
- 13:50une tonne d'explosifs à base d'engrais et de carburant qu'il
- 13:53cache dans une camionnette blanche.
- 13:55Il étudie les cartes, les horaires et même la manière dont
- 13:59la police va réagir. Son plan du 22 juillet 2011 est
- 14:03simple et monstrueux, d'abord, frapper à Oslo avec une bombe
- 14:08pour créer le chaos et occuper la police.
- 14:10Ensuite, profiter de la panique pour attaquer les jeunes du camp
- 14:14d'utoya, qu'ils considèrent comme les futurs traîtres de la
- 14:17nation. Jusqu'au bout, il pense à tout.
- 14:20Il se déguise en policier norvégien avec une fausse carte
- 14:24officielle. Comme ça, les jeunes lui feront
- 14:26confiance. Sur le ferry qui l'emmène vers
- 14:29l'île, il a l'air d'un sauveur. Et le plus glaçant, c'est
- 14:32qu'après son arrestation, Breivik ne montrera aucun
- 14:36remords. Au contraire, il dira avoir agi
- 14:39par devoir, persuadé d'avoir ouvert la voie à une révolution
- 14:42nationaliste en Europe. Le 23 juillet 2011, la Norvège
- 15:07se réveille en état de choc. Oslo n'est plus la même.
- 15:11Les façades du centre ville sont éventrées, des voitures
- 15:14calcinées jonchent les rues et un silence pesant s'abat sur la
- 15:18capitale. Le pays paisible vient de perdre
- 15:22son innocence. Très vite, la tristesse laisse
- 15:25place à un immense élan de solidarité.
- 15:28Dans tout le pays, des roses blanches apparaissent sur les
- 15:30trottoirs. Les places publiques sont
- 15:32couvertes de fleurs et de bougies.
- 15:34Des dizaines de milliers de Norvégiens défilent en silence,
- 15:37une rose à la main, pour rendre hommage aux victimes.
- 15:41L'objectif de ces actions est de répandre un vent de panique et
- 15:44de. Peur nous.
- 15:46N'y céderons pas. Les images de cette marée de
- 16:09fleur font le tour du monde. Mais au-delà de l'émotion, la
- 16:13colère monte. Comment un seul homme AT il pu
- 16:17tuer 77 personnes ? Pourquoi la police AT elle mis
- 16:20plus d'une heure pour arriver sur utoya ?
- 16:21Une commission d'enquête indépendante ?
- 16:25Est mise en place pour comprendre.
- 16:26Les conclusions sont accablantes, les hélicoptères de
- 16:29la police étaient indisponibles, les forces spéciales ont dû
- 16:33emprunter un bateau civil pour atteindre l'île et la
- 16:35coordination entre les services de sécurité a été défaillante.
- 16:39Autre révélation glaçante, dès janvier 2011, les douanes
- 16:43avaient signalé les achats massifs d'engrais de Breivik,
- 16:46utilisé pour fabriquer la bombe d'Oslo.
- 16:48Mais aucune mesure n'avait été prise.
- 16:51Face à ces révélations, l'État norvégien encaisse les
- 16:54critiques. Le Premier ministre Jens
- 16:56Stuttenberg reconnaît publiquement ces faits et promet
- 17:00que le pays en tirera toutes les leçons.
- 17:02Mais surtout, il prononce la phrase qui marquera l'histoire,
- 17:06notre réponse à la violence sera plus de démocratie, plus
- 17:11d'ouverture et plus d'humanité. la Norvège choisit de ne pas
- 17:16céder à la peur. Ni à la vengeance.
- 17:37Mais après les larmes et les roses, vient le temps de la
- 17:40justice. Le pays, encore sous le choc, se
- 17:43prépare à affronter l'homme qui l'a frappé en plein cœur.
- 17:46C'est ici que va commencer un autre combat, celui de la vérité
- 17:50et du droit face à la haine. la Norvège est suspendue à un
- 18:07silence lourd dans le tribunal d'Oslo.
- 18:10Tout le monde retient son souffle, puis la porte s'ouvre
- 18:15et. Anders Breivik apparaît costume
- 18:20impeccable, regard froid et se salue du bras droit.
- 18:25Grotesque et glaçant. Comme un écho aux heures les
- 18:28plus sombres de l'histoire, le pays tout entier collé à ses
- 18:32écrans ressent un frisson. L'homme qui a plongé la Norvège
- 18:36dans l'horreur est là, face à la justice.
- 18:39Dans cette salle, un homme attire l'attention, gerlips
- 18:43stade son avocat. Ce célèbre juriste, connu pour
- 18:47sa droiture, a accepté l'impensable, défendre l'ennemi
- 18:52public numéro un. Son objectif, montrer que la
- 18:55Norvège ne cédera pas à la haine ni à la vengeance.
- 18:58Ici même, le monstre a droit à un procès équitable.
- 19:02Au départ, la ligne de défense est simple, plaider la folie.
- 19:05Breivik serait un déséquilibré coupé du réel, incapable
- 19:10d'assumer ses actes. Mais très vite, il rejette cette
- 19:13idée. L'accusé veut être reconnu comme
- 19:15lucide, comme un soldat en guerre contre l'immigration et
- 19:19le multiculturalisme, selon ses propres mots, dit il lui même
- 19:23qu'il n'est pas fou, il l'est. Que dit il lui ?
- 19:28Qu'il est en guerre. Il affirme que le monde entier
- 19:31et surtout le monde occidental ne comprend pas son point de
- 19:34vue, mais que dans 60 ans de ça, tout le monde comprendra.
- 19:38C'est à ce moment que le public découvre l'ampleur de sa
- 19:41préparation. Pendant 9 ans, dans l'ombre,
- 19:44Breivik a planifié chaque détail.
- 19:47Durant l'audience, le monde découvre ce fameux manifeste de
- 19:501500 pages. Ce document, aussi glaçant que
- 19:53délirant, deviendra une pièce centrale du procès.
- 19:56Il reconnaît les faits, oui, mais pas sa culpabilité morale.
- 19:59Pour lui, il a agi en légitime défense.
- 20:03Contre un pays qui, selon ses fantasmes, trahissait ses
- 20:07racines. Je reconnais les faits, mais je
- 20:09plaide non coupable car j'ai agi en légitime défense.
- 20:11Il va même jusqu'à mentionner un supposé ordre du temple en
- 20:15Europe, une organisation imaginaire qui l'aurait soutenu,
- 20:18un pur délire. Et puis le procès va connaître
- 20:21un moment de tension extrême alors que la Cour présente les
- 20:24rapports d'autopsie des jeunes tués sur utoya.
- 20:27Le 17e jour du procès, un frère de victime craque.
- 20:30Cet homme d'origine irakienne, dont le frère a été tué sur
- 20:33l'île, bondit de son siège et Hurle, tuer un tueur va en
- 20:38enfer. En même temps, il lance sa
- 20:40chaussure noire en direction de Breivik.
- 20:43La salle explose. Des applaudissements, des
- 20:46bravos, des pleurs. La chaussure ne Touche pas
- 20:49Breivik mais atteint son avocate, wiebeke heinebeira,
- 20:53assise juste à côté de lui. Dans le chaos, elle relativise
- 20:57avec sang froid, heureusement que ce n'était qu'une chaussure.
- 21:00L'homme est rapidement maîtrisé et escorté vers la sortie en
- 21:04criant encore va en enfer. Le procès est suspendu quelques
- 21:08minutes. C'est le premier incident
- 21:10sérieux depuis le début des audiences.
- 21:12Et à la reprise, Breivik ose s'adresser au public, si
- 21:16quelqu'un veut me jeter quelque chose dessus, qu'il le fasse sur
- 21:20moi quand j'entre ou sort, pas sur mon avocat.
- 21:23Et puis. Viennent les témoignages des
- 21:26survivants. Ce n'est plus seulement le
- 21:29procès de Breivik, c'est celui de 72 Min d'enfer que la Norvège
- 21:32va revivre minute par minute à travers la voix des jeunes
- 21:36survivants du toya. Ils sont jeunes, souvent à peine
- 21:40majeurs. Certains arrivent en béquille,
- 21:43d'autres le regard éteint, ils racontent l'inconvable, les
- 21:48coups de feu, les cris, les amis tombés à côté d'eux.
- 21:51Ils décrivent comme certains ont dû glisser sous les corps de
- 21:54leurs camarades. Immobile.
- 21:56Prions pour que la mort les oublie.
- 21:58Chaque mot ravive les images de l'île.
- 22:01Dans la salle, les familles pleurent en silence.
- 22:04Au 22e jour du procès, Erin Kristin cher, aujourd'hui âgée
- 22:08de 20 ans, raconte à son tour son cauchemar.
- 22:10Au début de l'attaque, elle croit à un mauvais film
- 22:13d'horreur. Puis les premiers coups de feu
- 22:16éclatent et elle se met à courir.
- 22:18Une balle traverse son pull sans la toucher.
- 22:21Elle se réfugie derrière des rochers au bord de l'eau.
- 22:23Avec d'autres jeunes, elle se souvient avoir échangé de place
- 22:27avec une amie qui ne préférait pas aller sur l'île.
- 22:29Aujourd'hui encore, je suis heureuse de l'avoir fait, dit
- 22:32elle, même si ce choix lui a presque coûté la vie.
- 22:34Quelques secondes plus tard, elle est touchée au ventre, aux
- 22:37bras, aux genoux et à la cage thoracique.
- 22:40J'ai eu le sentiment que mon estomac explosait.
- 22:43Ça faisait terriblement mal, alors, dans un mélange de
- 22:46panique et de résignation. Elle se remet à courir, écrit
- 22:50s'il te plaît, ne me tire pas dessus, je ne veux pas mourir.
- 22:53Puis elle s'assoit, persuadée que tout est fini et ne tente
- 22:57même plus d'arrêter le sang qui coule de ses blessures.
- 23:00Elle sera finalement secourue par bateau.
- 23:02Depuis, elle a subi 11 opérations et d'autres suivront
- 23:06encore. Face à elle, Breivik reste de
- 23:09marbre, comme si la douleur de ses victimes ne l'atteignait
- 23:13pas. Puis arrive villar Hansen, 18
- 23:16ans. Il avance lentement à la barre,
- 23:26le visage marqué, Breivik l'a presque tué. 5 balles, dont une
- 23:32à la tête. Il a perdu un œil, garde des
- 23:35fragments de balle dans le cerveau qui pourraient lui
- 23:36coûter la vie s'il se déplace. Mais il est là et il regarde
- 23:40l'homme qui a tenté de l'effacer de ce monde.
- 23:42Avec une forme d'ironie, il s'adresse à la Cour, finalement
- 23:46perdre un œil. C'est presque un avantage ici,
- 23:49il n'est pas dans mon champ de vision.
- 23:51En parlant de Breivik, un murmure traverse la salle, même
- 23:55dans ce moment d'horreur. Ce trait d'humour est un acte de
- 23:57courage. Puis il parle de l'impact des
- 24:00balles, du froid, de l'eau, de la peur viscérale de mourir
- 24:04seul. Et il termine avec ses mots qui
- 24:06clouent la salle, j'ai le choix de me sentir vivant ou mort.
- 24:09Moi, j'ai encore ma famille, mes souvenirs, mes rêves, l'espoir
- 24:14et l'amour. Lui, il est complètement seul,
- 24:18il va pourrir en prison. Alors moi je choisis de vivre.
- 24:24Silence absolu. Même Breivik baisse les yeux.
- 24:28Ce jour-là, c'est villiard qui gagne.
- 24:30Après plusieurs mois d'audience, le verdict tombe, 21 ans de
- 24:34prison criminelle, la peine maximale en Norvège, avec
- 24:38possibilité de prolongation indéfinie tant qu'il est
- 24:40considéré comme dangereux. Breivik restera donc très
- 24:53probablement derrière les barreaux pour le reste de sa
- 24:56vie, seul face à son idéologie stérile.
- 25:21Les années ont passé, la vie a repris.
- 25:24Mais pour ceux qui ont survécu ou perdu un proche, rien n'est
- 25:27plus tout à fait comme avant. Vilia ransen, le jeune rescapé
- 25:32d'utoya est devenu le symbole de cette résilience.
- 25:35Il a choisi de transformer son traumatisme en force.
- 25:37Il s'est reconstruit, s'est engagé en politique et continue
- 25:41de témoigner pour maintenir vivante la mémoire des victimes.
- 25:44D'autres survivants ont eux aussi repris leur chemin.
- 25:47Certains ont fondé une famille, d'autres sont devenus
- 25:50enseignants, infirmiers. Entrepreneur ?
- 25:53En apparence, la vie suit son cours, mais derrière chaque
- 25:56sourire, il y a une cicatrice que personne ne voit.
- 25:59Gerlip stade, l'avocat qui avait accepté de défendre Breivik a
- 26:04lui aussi été marqué après le procès, il s'est un temps
- 26:07éloigné de la vie publique avant de revenir comme figure
- 26:10politique modérée. Incarnation d'un État de droit
- 26:13solide et Jens Stulttenberg, le Premier ministre de l'époque,
- 26:17est aujourd'hui secrétaire général de l'OTAN.
- 26:19Ces mots, prononcés le 23 juillet 2011, résonnent encore
- 26:23dans tout le pays. Il est aujourd'hui l'un des
- 26:25symboles de la résilience norvégienne.
- 26:27Utoya, l'île du drame a été restaurée et rouverte en 2015
- 26:32comme lieu de mémoire. À Oslo, un mémorial national
- 26:36avec 77 piliers rend hommage aux victimes.
- 26:43Pendant ce temps, Breivik est détenu dans la prison de haute
- 26:46sécurité de skien. Il vit isolé dans 3 petites
- 26:50cellules qui lui servent de chambre, salle de sport et
- 26:53bureau. Ces conditions font débat à
- 26:55l'international, certains jugeant qu'elles sont trop
- 26:59confortables, mais la Norvège maintient sa ligne.
- 27:02Même face à un terroriste, l'État de droit ne cède pas.
- 27:06En 2017, il tente un procès en appel.
- 27:09Se plaignant de ces conditions de détention, la Cour confirme
- 27:13sa peine. Il restera enfermé, considéré
- 27:16comme un danger extrême pour la société.
- 27:23Le 22 juillet 2011, la Norvège a basculé. 77 vies volées, des
- 27:29centaines de familles brisées. Et un traumatisme qui, encore
- 27:33aujourd'hui, reste inscrit dans chaque Pierre d'Oslo et sur
- 27:36chaque rive du toya. Mais de cette tragédie est née
- 27:40une leçon universelle. Face à la haine et au
- 27:43terrorisme, la Norvège a choisi l'unité, la dignité et la
- 27:48mémoire. Les survivants, comme Wiliard
- 27:51Hansen, incarnent cette force tranquille.
- 27:54Malgré la douleur, malgré les séquelles, ils ont choisi de
- 27:58vivre, de continuer et d'espérer.
- 28:01Aujourd'hui, chaque 22 juillet, une rose blanche rappelle ce
- 28:05serment silencieux, ne jamais oublier mais toujours avancer.
- 28:09Je vous remercie d'avoir suivi avec moi cette triste histoire.
- 28:13N'oubliez pas que vous pouvez partager cette vidéo, vous
- 28:15pouvez vous abonner à la chaîne si ce n'est pas encore fait.
- 28:17Et Pour rappel, toutes mes vidéos sont aussi disponibles en
- 28:20format podcast quelques semaines après leur publication sur
- 28:23Spotify, Apple Podcast et Deezer.
- 28:25Tout est dans la description. Merci à vous, je vous dis à la
- 28:28prochaine pour une nouvelle vidéo.