Latest / Le Café du Sport Business / Edgar Grospiron défend un modèle économique sobre et ambitieux pour les Alpes 2030
Transcript
- 0:03Le café du sport business on parle pas des sports du week-end
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:10Euh toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:19Bonjour et Bienvenue dans le café du sport business.
- 0:22Bonjour, nous sommes le 1 février 2026.
- 0:26Et dans 4 ans jour pour jour, S ouvrira la cérémonie des Jeux
- 0:29olympiques d'hiver de 2030 dans nos Alpes françaises.
- 0:32Un moment très attendu. Oui, et un moment charnière
- 0:35surtout, car Edgar Grospiron, le président du comité
- 0:38d'organisation, vient tout juste de présenter sa feuille de
- 0:41route. Et en la lisant, une question se
- 0:43pose, peut-on encore aujourd'hui organiser des jeux à la fois
- 0:48grandioses et responsables ? C'est toute la question.
- 0:51Et c'est un enjeu qui dépasse largement les Alpes d'ailleurs,
- 0:54hein ? Ah oui, absolument.
- 0:56Ce n'est pas un hasard si grosse.
- 0:57Piron lui même parle des jeux de Milan Cortina, qui débute cette
- 1:00semaine comme d'un laboratoire. Un laboratoire pour la France ?
- 1:04Exactement. Tout le monde va observer de
- 1:05très près comment les Italiens gèrent leur plus grand défi qui
- 1:08est aussi le nôtre. Des sites éclatés sur des
- 1:11centaines de kilomètres, c'est un vrai casse-tête logistique.
- 1:14D'accord ? Alors justement, entrons dans le
- 1:16vif du sujet, à 4 ans de l'échéance, où en est on ?
- 1:19Concrètement ? La pièce maîtresse qui semble
- 1:21manquer, c'est cette fameuse carte définitive des sites.
- 1:24C'est ça cette carte, c'est le cœur du réacteur, à la fois
- 1:27politique et opérationnel. Grosse piron se dit satisfait de
- 1:30l'avancée, mais il admet, oui, qu'il aurait espéré que ce
- 1:33puzzle soit déjà assemblé et. On a une date.
- 1:36L'annonce est fixée pour le mois de juin.
- 1:37Pour l'instant, il reste ce qu'il appelle 4 chantiers à
- 1:40finaliser. 4 chantiers. J'imagine que derrière ce mot se
- 1:43cachent de sacrées discussions, Oh.
- 1:44Oui, le premier, il est presque symbolique, c'est la volonté de
- 1:47réintégrer Val d'Isère. Une station mythique.
- 1:50Voilà le 2e chantier, lui est beaucoup plus radical.
- 1:54L'anneau de patinage de vitesse, la décision est acté, il ne sera
- 1:59pas construit en France. Ah oui, ça c'est une décision
- 2:02spectaculaire, choisir de ne pas avoir une épreuve sur son sol
- 2:06pour une raison de coût. C'est une petite révolution
- 2:09pragmatique. Gros spiron est très clair
- 2:11là-dessus. Il dit n'avoir pas de préférence
- 2:13entre l'Italie et les Pays-Bas. Le message est simple, pourquoi
- 2:17dépenser une fortune pour un éléphant blanc ?
- 2:19C'est un premier acte fort de sobriété en somme.
- 2:22C'est exactement ça. Et les 2 derniers chantiers sont
- 2:26le regroupement des sites pour les Jeux paralympiques pour
- 2:29optimiser l'expérience des athlètes et enfin le choix des
- 2:33sports additionnels. Un point fascinant sur lequel on
- 2:36reviendra. Mais en parlant de construction,
- 2:37on a aussi entendu parler de départ au sein du comité.
- 2:41Est ce qu'il faut s'en inquiéter alors ?
- 2:43La réponse de gros Spiron est un pas d'école, on minimise, on
- 2:47rassure. Il parle de 2 départs sur 12
- 2:50directeurs. D'accord et.
- 2:52Il qualifié le battage médiatique de totalement
- 2:54disproportionné. Pour lui, ce sont juste des
- 2:57ajustements normaux pour une organisation qui grandit très
- 3:00vite. Il préparé un peu le terrain
- 3:01pour la suite, non ? Tout à fait.
- 3:03Sa phrase clés, c'est, organiser des JO n'est pas un long fleuve
- 3:07tranquille. C'est un message clair, attachez
- 3:09vos ceintures, ça va secouer. Et il insiste sur l'ambition.
- 3:12Oui, et c'est le plus important. Il martèle qu'il ne veut pas
- 3:16juste livrer les jeux, mais livrer de grands jeux.
- 3:19Pour lui, baisser l'ambition pour éviter les difficultés
- 3:22serait dommageable. C'est une posture de leader qui
- 3:25fixe un cap. Et ce cap, il doit s'appuyer sur
- 3:28un modèle économique solide. Alors parlons en du nerf de la
- 3:32guerre, l'argent. Le budget est de 2,1 milliards
- 3:36d'euros. Comment est ce qu'il compte
- 3:38éviter la fameuse explosion des coûts ?
- 3:42En changeant complètement le narratif, le mot clé, c'est
- 3:45investissement, pas coût. Toute la stratégie repose
- 3:49là-dessus. C'est facile à dire ?
- 3:51Oui, mais derrière, il y a une structure.
- 3:53Le chiffre fondamental à retenir, c'est que le budget
- 3:55sera financé à 74% par des ressources privées.
- 3:59Ah 74%. Donc l'argent public ne
- 4:02représente qu'un quart du total, c'est ça le changement de
- 4:05paradigme ? C'est le cœur de la promesse,
- 4:07l'État n'est plus le banquier principal et ça permet à gros
- 4:11spiron de mettre en avant son argument massu, l'effet de
- 4:13levier. C'est à dire ?
- 4:15Il le résume avec une formule choc.
- 4:17Quand l'État investit 1€, partenaire, CIO et sponsor met
- 4:213,00€, l'idée c'est que l'argent public est un déclencheur, pas
- 4:25une dépense à fonds perdus. D'accord pour la structure, mais
- 4:29un investissement ça suppose un retour, est ce qu'on a des
- 4:32projections sur les retombées économiques ?
- 4:34Oui, il s'appuie sur une étude du cabinet astérez pour ça.
- 4:37Alors bien sûr, ce sont des projections.
- 4:40Il faut toujours être prudent avec ces chiffres.
- 4:42Toujours, mais ça donne un ordre de grandeur. 48000 emplois
- 4:45créés, 3,6 milliards d'euros de valeur ajoutée et surtout un
- 4:50retour pour l'état estimé à 1,6 milliards en recette fiscales et
- 4:54sociales. L'investissement public serait
- 4:55donc remboursé. C'est l argumentaire.
- 4:57Et ils ajoutent une autre corde à leur arc, très habilement.
- 5:01Laquelle ? La notion des coûts évités,
- 5:04c'est un héritage de la philosophie de Paris, 2024.
- 5:07Ah oui, l'idée qu'un euro investi dans le sport permet d
- 5:10économiser sur la santé. C'est ça ?
- 5:12On parle de 13,00€ d'économie en dépenses de santé pour 1€
- 5:15investi dans le sport. Ça permet de sortir de la
- 5:18logique purement comptable et de défendre un impact sociétal.
- 5:21Ce modèle économique est donc très lié à l'autre grand mantra
- 5:24du projet Gaia, la sobriété. Mais concrètement, qu'est ce que
- 5:28ça veut dire sobre pour un méga événement en montagne ?
- 5:31Ben ça doit être un principe opérationnel, pas juste du
- 5:34marketing. Et la sobriété ici, elle repose
- 5:37sur un atout majeur des Alpes françaises. 95% des
- 5:40infrastructures existent déjà, on ne.
- 5:42Construit quasiment rien. Très peu.
- 5:44Comme le dit gros spiron, on a déjà une piste de Bob soley, un
- 5:47tremplin de saut, quasiment toutes les pistes de ski
- 5:49homologuées. On n'est pas à Sotchi où il a
- 5:51fallu tout sortir de terre. Il.
- 5:52Y a quand même une construction neuve, la Patinoire à Nice.
- 5:56Comment est ce qu'elle s'intègre dans ce discours ?
- 5:59C'est une des finesses de l argumentaire.
- 6:01Il ne la présente pas comme une dépense olympique mais comme un
- 6:04projet de rénovation urbaine. Comment ça ce nouveau complexe ?
- 6:08Va remplacer une patinoire existante qui est une véritable
- 6:11passoire thermique. L'investissement est donc
- 6:14justifié par un héritage durable pour la ville de Nice.
- 6:16On transforme une dépense en un legs positif.
- 6:19C'est bien pensé et pour que ce ne soit pas que des paroles, est
- 6:22ce qu'il y a des engagements formels.
- 6:24Oui, et c'est essentiel. Une charte sociale et
- 6:27environnementale a déjà été signée et d'ici juin, le comité
- 6:30doit publier une stratégie responsable des achats et une
- 6:33feuille de route de sobriété. C'est là qu'on pourra juger sur
- 6:36pièce. D'accord, on a donc un modèle
- 6:38économique et infrastructurel qui se veut très pragmatique.
- 6:42Mais là où le projet devient vraiment audacieux, je trouve,
- 6:45c'est dans sa vision sportive, cette idée de transformer les
- 6:48Jeux d'hiver en. En jeux de la montagne, c'est
- 6:51exactement ça. C'est un vrai coup de poker.
- 6:53C'est un pari stratégique sur l'avenir.
- 6:56Ils ont compris que les Jeux ne pouvaient plus se résumer à la
- 6:58neige et à la drasse, surtout avec le changement climatique.
- 7:01Libye, c'est d élargir la palette pour refléter la réalité
- 7:04de la montagne aujourd'hui. En intégrant des sports comme le
- 7:07Trail, le VTT. Tout à fait.
- 7:09Le Trail, le VTT, le Gravel, c'est une façon de moderniser
- 7:12l'image des jeux, de toucher de nouveaux publics.
- 7:15Et le Focus sur le Trail est particulièrement marqué.
- 7:18On sent que ça lui tient à cœur. Ah oui, et derrière, il y a une
- 7:20stratégie économique absolument centrale.
- 7:23Laquelle ? La Désaisonnalisation, c'est le
- 7:25défi numéro un pour l'économie des Alpes.
- 7:28Il faut sortir de la dépendance total au ski en faisant du
- 7:30travail une vitrine mondiale. On promeut un tourisme sur 4
- 7:33saisons, c'est vital. Et ça culmine avec son rêve, un
- 7:36trail pour tous, sur le modèle du marathon pour tous de Paris
- 7:402024. C'est la touche finale, celle
- 7:42qui transforme les jeux d'un spectacle qu'on regarde à la
- 7:45télé en une expérience à laquelle on peut participer.
- 7:48C'est l'incarnation du mot partagé dans leur slogan.
- 7:50C'est une belle image en effet, hein, et quand ?
- 7:51Grospire, on conclut en disant, oui, ça peut être sympa, j'en
- 7:54rêve. On sent que c'est une conviction
- 7:56profonde, pas juste une formule. Donc pour résumer, on a un
- 7:59projet à 2 visages, d'un côté un pragmatisme presque austère,
- 8:03sobriété, réutilisation, financement privé et de l'autre
- 8:07une ambition créative immense. Réinventer l'identité même des
- 8:11Jeux, c'est. Précisément cet équilibre qui va
- 8:13être fascinant à observer, réussir à être spectaculaire et
- 8:17pionnier, tout en restant sobre et responsable, c'est le grand
- 8:20défi. Ce qui nous amène à la question
- 8:23de fond, en voulant concevoir les jeux modernes, parfaits,
- 8:26viables, écolos, ne risque-t-on pas de faire disparaître une
- 8:30part de la magie ? L'olympisme, c'est aussi une
- 8:33part de démesure. Des jeux sobres peuvent-ils
- 8:35encore faire rêver le monde entier ?
- 8:37La question reste ouverte. La question reste ouverte, merci
- 8:40beaucoup. Merci à vous.
- 8:41Et à très vite pour un nouveau podcast du café du sport
- 8:44business.